Casse : définition de casse


Casse : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CASSE1, subst. fém.

A.− Action de casser, de se casser; résultat de cette action. Répondre de la casse, payer la casse. Le voiturier ne répond pas de la casse (Ac.1878-1932).Ces objets sont mal emballés, il y aura de la casse (Ac.1878-1932).Le bruit de casse strident des vitres se brisant sur le pavé (E. et J. de Goncourt, Journal,1870, p. 597):
1. ... j'ai acheté un lustre à Venise qui m'est arrivé avant-hier avec trois pièces cassées. Le juif qui me l'a vendu s'est engagé à me remplacer la casse; mais quel moyen de le contraindre? Mérimée, Lettres à une inconnue,t. 2, 1870, p. 25.
[Inscription dans certains restaurants, débits de boisson] La casse se paie (par le client responsable).
P. euphém. [Au front de guerre] Il y aura de la casse. Il y aura beaucoup de morts.
P. métaph. Des voyous faisant de la casse politique (E. et J. de Goncourt, Journal,1870, p. 691).
P. méton. Surface coupante produite par la cassure d'un objet, d'un métal. La casse de ce métal est brillante (Ac. Compl.1842).
Rem. On rencontre en arg. le subst. masc. le casse. Cambriolage, vol par effraction. Faire un casse.
B.− Emplois spéc.
1. COMM. et INDUSTR. Fait de démonter des objets en vue de récupérer les déchets encore utilisables :
2. On lui savait en affaires une audace, une brutalité d'homme résolu à se frayer sa route à travers tout obstacle. Ces achats d'usines à démolir, de métiers pour la casse, de vieux métaux, tout ce trafic un peu en dehors des affaires normales et où l'audacieux se taille rapidement une fortune, le nouvel essor donné à ses affaires immédiatement après la guerre, légitimaient les suspicions. Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 459.
Vendre à la casse. Vendre un objet en tenant compte uniquement du poids de la matière première.
2. VITIC. et ŒNOLOGIE. Altération, dégradation de la couleur du vin. Des oxydations nombreuses amenant souvent la casse [du vin] (R. Brunet, Le Matériel vinicole,1925, p. 427).
C.− Au fig.
1. Domaine milit., vx.Peine militaire qui consiste à dégrader un officier. Il craint la casse (Ac.1798-1878).Cela mérite la casse (Ac.1798-1878).Lettres de casse (Ac. 1798-1878, Besch. 1845, Lar. 19e). Lettres par lesquelles le roi avertissait l'officier en disgrâce.
2. P. ext. Donner de la casse à qqn. Lui enlever son emploi.
Rem. Expr. attestée encore ds Rob.
Prononc. et Orth. : [kɑ:s]. Pour la prononc. avec [ɑ] post. (donnée par tous les dict.) cf. Fouché Prononc. 1959, p. 60 : ,,On prononce un [ɑ] long dans : il casse, casse (action de briser; objets brisés) (une, il) classe, il déclasse, une tasse``; cf. aussi Kamm. 1964, p. 93. Pour l'explication du timbre post. de [ɑ] dans ce mot cf. Buben 1935, § 54 : ,,Devant -sse d'origine latine on prononce [ɑ]``. Cf. encore G. Straka, Syst. des voyelles du fr. mod., Strasbourg, Inst. de Phonét., 1950, p. 21 : ,,[o] et [ɑ] des finales -osse et -asse sont analogiques d'après -o(s) et -a(s) où la chute de l's avait normalement fermé la voyelle précédente``. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. I. 1. 1640 donner de la casse aux soldats « les licencier » (Oudin Curiositez), considéré comme bas de Fur. 1690 à Ac. 1718 et qualifié de ,,pop.`` par Lar. 19eet Lar. 20e; 1640 donner de la casse à qqn « lui enlever son emploi, sa situation » (Sorel, Hist. comique de Francion, éd. de la Sté des textes fr. mod. d'apr. FEW t. 2, p. 1434a); 1740 casse « dégradation militaire » (Ac.); 2. 1721 « surface de brisure d'un objet » (Trév.); 3. 1821 « action de briser qqc., résultat de cette action » (Goug. Lang. pop., p. 150); 4. 1935 « dépeçage d'objets », supra. II. 1899 arg. « cambriolage » (Nouguier ds Esn.). III. 1906 (Nouv. Lar. ill. Suppl. : casse. Maladie des vins due à l'action de ferments solubles ou d'agents chimiques). I déverbal de casser*, 1 au sens de « licencier, priver d'emploi »; 2, 3 et 4 au sens de « briser »; II peut-être plutôt dér. régr. de cassement* que déverbal de casser*; III p. ext. de I en raison de l'idée de dégradation. Bbg. Darm. 1877, p. 51. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 150. − Moulira (L.). Les Jeunes et la moto. Fr. Monde. 1972, no89, p. 38. − Quem. Fichier. − Sar. 1920, p. 24. − Wind 1928, p. 144, 200.

CASSE2, subst. fém.

BOTANIQUE
A.− Longue gousse de légumineuse, dont la pulpe a des propriétés laxatives douces.
B.− P. méton. Cette pulpe. Casse en bâton. Pulpe encore en gousse (cf. Ac. 1798-1932, Lar. 19e, Guérin 1892). Se purger avec de la casse (Ac. 1798-1878). Synon. canéfice (cf. canéficier).
Proverbe. Je vous passe la casse, passez-moi le séné. Je vous fais des concessions, faites-en à votre tour :
− (...) Pour réussir, il faut attendre le moment où l'on me demandera quelque service, à moi. Je pourrai dire alors : « Je vous passe la casse, passez-moi le séné... » Balzac, La Cousine Bette.1846, p. 242.
Prononc. et Orth. : [kɑ:s] ou [kas]. [ɑ] post. ds Barbeau-Rodhe 1930 et Lar. Lang. fr. [a] ant. ds Nod. 1844, Littré et DG; cf. aussi Buben 1935, § 54. [ɑ] ou [a] ds Passy 1914, Pt Rob. et Warn. 1968. Ds Ac. 1694-1932. Les dict. indiquent également la forme latine cassia utilisée de préférence par les botanistes. Étymol. et Hist. 1256 cassee « fruit du cassier » (Aldebrant de Sienne, 52, ds Quem. : Ki vient le melancolie purgier [...] si convient destremper demie once de cassee et demie once de dyasené laxatif) − 1365 cassie (Psaut. de Metz ds Quem.); repris au xives. (av. 1382) sous la forme régr. casse (Raoul de Presles, Bible, fo422 vods Berger, Bible au moyen âge, p. 251). Empr. au lat. cassia « plante aromatique, arbre à cannelle », var. de casia, attestée en b. lat. (TLL s.v., 514, 58 sq.) lui-même empr. au gr. κ α σ ι ́ α, κ α σ σ ι ́ α désignant la plante.
DÉR.
Cassier, subst. masc.Arbre qui produit la casse, en particulier arbre des Antilles produisant la casse médicinale. Synon. canéficier.L'élégant cassier qui se pare de faisceaux de fleurs jaunes semblables à celles du cytise (MmeCottin, Mathilde, t. 1, 1805, p. 294). [kasje] ou [kɑ-] (Pt Rob. et Warn. 1968) Lar. Lang. fr. transcrit uniquement [a] ant. Ds Ac. 1694-1932. 1reattest. 1512 (Thénaud ds Delb. Notes); du rad. de casse2, suff. -ier*. Fréq. abs. littér. : 1.

CASSE3, subst. fém.

IMPR. Boîte ou meuble divisé en petites cases contenant les caractères typographiques.
Haut de casse. Partie supérieure où sont rangées les lettres à l'emploi le moins fréquent (capitales, lettres accentuées, etc.).
Bas de casse. Partie inférieure du meuble proche de la main du typographe et contenant les caractères les plus courants, rangés par ordre de fréquence, en particulier minuscules. P. méton. Les minuscules (en abrégé bdc) :
Parfois je passe à la petite composition : je manie les bas de casse et je caresse le marbre. A. Arnoux, Paris-sur-Seine,1939, p. 41.
Prononc. et Orth. : [kɑ:s] ou [kas]. [ɑ:] post. long. ds la majorité des dict.; cf. Littré, DG, Barbeau-Rodhe 1930, Lar. Lang. fr. [ɑ] ou [a] ant. ds Passy 1914, Pt Rob. et Warn. 1968. En ce qui concerne les ouvrages on trouve [ɑ] ds Buben 1935, § 55 et ds Mart. Comment prononce 1913, p. 22. L'hésitation entre les 2 timbres est exprimée ds Fouché Prononc. 1959, p. 61 : ,,Il y a hésitation entre [ɑ] long et [a] bref dans brasse (mesure de longueur), calebasse, casse (de l'imprimeur), il compasse, il damasse, échasse, une embrasse, impasse, nasse, il se prélasse, il ressasse, il sasse, sasse (sorte de selle)``. Ds Ac. 1718, 1762-1932; absent de Ac. 1740. Étymol. et Hist. 1675 imprim. (J.-H. Widerhold, Nouv. Dict. fr.-all. et all.-fr., Bâle, p. 175); 1680 « partie de l'écritoire de poche où l'on met les plumes » (Rich.). Empr. à l'ital. cassa attesté au sens de « caisse » au xiiie-xives. (DEI; Boccace ds Batt.); l'ital. cassa connaît divers emplois techn. dont celui d'imprim. cf. Carena ds Batt. L'ital. cassa est issu du lat. capsa, v. caisse; casse a été en ce sens, supplanté par caisse, v. FEW, loc. cit., p. 314b [Est. 1539 n'atteste pas casse, terme d'imprim.].
DÉR. 1.
Casseau, subst. masc.Compartiment spécial servant à conserver le trop-plein des caractères; chacun des deux grands compartiments de la casse. Casseau supérieur ou haut de casse, casseau inférieur ou bas de casse. Pour la prononc. cf. casseau dér. s.v. casser. Ds Ac. 1798-1932 1reattest. 1723 (Savary des Bruslons, Dict. univ. de comm., d'hist. nat., d'arts et de métiers, Paris); de casse3, suff. -eau*.
2.
Cassier, subst. masc.Armoire où l'on range les casses. [kɑsje]. 1reattest. [1797 Restif de la Bretonne d'apr. Dauzat 1973], 1800 (Boiste); de casse3, suff. -ier*.
BBG. − Kohlm. 1902, p. 38.

CASSE4, subst. fém.

A.− Récipient ou poêlon à usage domestique ressemblant à une cuillère et dont on se sert pour puiser l'eau. Les grands seaux où on va puiser l'eau avec la casse en cuivre rouge (Ramuz, Aimé Pache, peintre vaudois,1911, p. 289).
Casse à rôt. Lèche-frite; plat allant au four.
B.− TECHNOL. [Dans les fonderies] Récipient en forme de bassin ou de poêlon qui reçoit le métal en fusion sortant du fourneau.
P. ext. [Dans les verreries, les savonneries] Récipient ou cuillère servant à puiser. Casse de verrier, casse de savonnier (Rob.).
Prononc. et Orth. : [kɑ:s] ou [kas]. [ɑ] post. ds Barbeau-Rodhe 1930 et Lar. Lang. fr. [a] ant. ds Littré et DG. [ɑ] ou [a] ds Passy 1914, Pt Rob. et Warn. 1968. En ce qui concerne les ouvrages [a] ds Buben 1935, § 54; cf. aussi Mart. Comment prononce 1913, p. 22 qui juge que [ɑ] ,,n'est point du tout indispensable [...] pour la casse du pharmacien ou la casse de la cuisinière``. Pour Fouché Prononc. 1959, p. 61, il y a hésitation entre [ɑ] et [a]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1. 1341 « récipient » (Arch. Dijon d'apr. Dauzat 1973); 1372 (B. Prost, Inventaires mobiliers et extraits des comptes des ducs de Bourgogne de la Maison de Valois, t. 1, p. 277 ds IGLF); 1704 technol. (verrerie) (Trév.); 2. 1373 « cuiller à manche pour puiser l'eau » (Reg. du chap. de S. J. de Jérus., A.N. MM 29, fo99 vods Gdf. Compl.). Empr. à l'a. prov. cassa « grande cuillère » (?) 1327, Leudaire de Saverdun ds R. Lang. rom., 1879, 3esérie, t. 1, p. 108 et « récipient, casserole » (1349, Moissac, ibid.) issu du lat. médiév. cattia attesté au sens de « creuset » (viie-viiies. ds Mittellat. W. s.v., 383, 66), de « cuiller à pot » (xiies. ds CGL t. 2, p. 521, 54) transformation du gr. κ υ α ́ θ ι ο ν (v. Brüch ds Z. rom. Philol., t. 55, p. 504 et G. Baist ds Rom. Forsch., t. 1, pp. 106-107), dimin. du gr. κ υ α ́ θ ο ς « vase pour puiser » par l'intermédiaire d'une forme *ciattia avec dissimilation du 1er-i-. L'hyp. d'un empr. à l'ar. ḳaṣa (G. Rohlfs ds R. Ling. rom., t. 2, p. 287) fait difficulté du point de vue phonétique.
STAT. − Casse1, 2, 3 et 4.Fréq. abs. littér. : 237. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 199, b) 404; xxes. : a) 438, b) 361.

Casse : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

casse \kɑs\ ou \kas\ féminin

  1. (Imprimerie) Boîte plate et découverte, composée de deux parties, le haut de casse (majuscules) et le bas de casse (minuscules), et divisée en petites cases pour chaque caractère.
    • La justification prise , le compositeur prend une galée ou in-fol. ou in-4° ou in-8°. suivant le format de l’ouvrage sur lequel il va travailler , & la place sur les petites capitales de sa casse de romain. — (Encyclopédie méthodique : Arts et métiers mécaniques, Paris : Charles-Joseph Panckoucke & Liège : Clément Plomteux, 1784, vol. 3, p. 495)
  2. La partie de l’écritoire de poche où l’on met les plumes.
    • La casse de l’écritoire est rompue.
  3. (Informatique) La distinction entre les lettres majuscules et des lettres minuscules, avec ou sans accents ou signes, dans un mot.
    • Le langage de ce logiciel est sensible à la casse.
    • Attention à la casse.
  4. (Baby-foot) Règle de jeu qui interdit la déviation de la balle jouée par les demis (milieux) adverses avec ses propres demis.

Nom commun 2

casse \kɑs\ ou \kas\ féminin

  1. Récipient, poêlon ou cuiller.
    • Casse à rôt, lèchefrite.
    1. Poêlon de cuivre, servant dans une savonnerie pour puiser l’eau ou le savon.
      • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
    2. Grande cuiller de fer à l’usage des verriers.
      • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
    3. Coupelle pour affiner l’or.
      • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
    4. Chaudière de fer ou de potin.
      • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. (Suisse) (Jura bernois) Casserole.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  3. (Métallurgie) Bassin formé vis-à-vis de l’œil ou de l’ouverture d’un fourneau dans lequel est reçu le métal fondu qui découle du fourneau.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)

Nom commun 3

casse \kas\ féminin

  1. Action de casser ; état de ce qui est cassé.
    • Au point de vue réparations, le renvideur, étant un métier plus délicat, demande plus de réparations. Le continu, quand il est bien réglé, n’a presque plus de casses. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature ; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
  2. Débris, objets brisés.
    • Dans un déménagement il y a toujours de la casse.
  3. (France) (Mécanique automobile) Lieu où sont entreposées et revendues des épaves d’automobiles, entières ou en pièces détachées.
    • Il est temps d’envoyer cette bagnole à la casse.
  4. (Figuré) Destruction ; problème grave.
    • Deux mois de home-trainer, cela exige de vraies ressources mentales. Psychologiquement, il peut y avoir de la casse. Cela me semble soutenable sur quatre à six semaines. — (Anthony Hernandez , Adrien Pécout et Clément Guillou, Carnets de sport : « C’est l’une des premières fois que j’ai le sentiment d’avoir une vie normale », Le Monde. Mis en ligne le 31 mars 2020)
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Casse : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CASSE. n. f.
Fruit du cassier dont la pulpe noire, douce et un peu sucrée est contenue dans des gousses longues, cylindriques et ligneuses. L'ancienne médecine faisait grand usage de la casse et du séné.

Casse : définition du Littré (1872-1877)

CASSE (kâ-s') s. f.
  • 1 Terme d'imprimerie. Sorte de boîte plate et découverte, composée de deux parties, le haut de casse et le bas de casse, et divisée en petites cases pour chaque caractère. Haut de casse, la partie supérieure, qui contient les capitales et différents autres caractères. Bas de casse, la partie qui est sous la main du compositeur, et qui contient les lettres ordinaires, dites pour cette raison, lettres du bas de casse.
  • 2La partie de l'écritoire de poche où l'on met les plumes. La casse de l'écritoire est rompue.

HISTORIQUE

XIVe s. La casse qui soutient la lunette du miroir, Modus, f° LXIII.

XVIe s. Que les escus seroient nombrés et mis en des casses de bois, puis seroient emballées les dites casses et scellées, Du Bellay, M. 159.

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Casse : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

CASSE, s. f. cassia, (Hist. nat. bot. & mat. med.) genre de plante dont la fleur est le plus souvent composée de cinq feuilles disposées en rond : le pistil devient dans la suite une silique cylindrique ou applatie, divisée en plusieurs loges par des cloisons transversales, enduite d’une sorte de moelle noirâtre pour l’ordinaire : cette silique renferme des semences arrondies & noires. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

* La casse solutive est une espece de gousse différente de la casse syrinx aromatique des Grecs, & de la casse ligneuse des modernes. Les Arabes ont connu les premiers les propriétés de la casse solutive : c’est un fruit exotique, qu’on reconnoîtra à la description qui précede. Il y en a de deux sortes dans les boutiques ; l’une qui vient d’Egypte, & qu’on appelle casse orientale ; & l’autre qui vient d’Amérique, & qu’on appelle casse occidentale : celle-ci n’est pas la meilleure ; son écorce est plus épaisse, plus rude, & plus ridée, & sa moelle acre & desagréable au goût : il faut lui préférer l’orientale, & prendre les gousses de celle-ci, qui sont pesantes, nouvelles, & pleines, dont les graines ne résonnent pas au-dedans, & qui a la moelle grasse, douce, & d’un noir vif ; c’est la seule partie dont on fasse usage : on la tire de la gousse, on la passe par un tamis, & on l’appelle fleur de casse, ou casse mondée. L’arbre qui la produit s’appelle cassia fistula alexandrina.

Le pere Plumier dit que cet arbre ressemble assez à notre noyer, quant à l’ordre de ses feuilles, & à l’arrangement de ses branches ; qu’il a l’écorce du tronc plus fine, plus polie, d’un gris cendré en-dehors, & de couleur de chair en-dedans ; que son bois est dur, noirâtre intérieurement, & environné d’un aubier pâle ; que les feuilles disposées deux à deux sur des côtes menues, vertes, longues d’environ un pié & demi, & plus grosses à leur origine, ont à peu-près la forme, la couleur, & la consistance de celles du noyer ; qu’il y a souvent cinq ou six conjugaisons de feuilles sur chaque côte, sans que cela empêche qu’elles soient terminées par une seule feuille ; que ces feuilles sont plus unies en dessus, à cause de la petitesse de leurs nervures ; qu’elles ont à peu près la figure d’un fer de lance de quatre à cinq pouces de long sur deux de large ; qu’elles ont la pointe aiguë, & la base arrondie ; que proche des côtes il sort trois ou quatre pédicules un peu plus longs, chargés de fleurs ; que chaque fleur a son pédicule long d’environ deux pouces, son calice concave, & formé de cinq petites feuilles presqu’ovales, d’un verd jaunâtre, & de la grandeur au plus de la moitié de l’ongle ; qu’il part de ce calice cinq pétales placés en rond, d’un beau jaune, creusés & arrondis en cuilliere ; que des cinq il y en a deux un peu plus grands que les autres ; qu’aucun n’excede la grandeur d’un pouce ; qu’ils sont veinés dans toute leur étendue ; qu’il s’éleve aussi du calice dix petites étamines, d’un jaune pâle, inégales, trois recourbées, & les autres droites ; qu’on voit au milieu d’elles un pistil long, cylindrique, verdâtre, & recourbé en crochet ; que ce pistil dégénere en une gousse cylindrique, droite, longue d’un pié & demi, & d’un peu moins d’un pouce d’épaisseur ; d’une substance ligneuse & mince, couverte d’une pellicule d’un noir châtain, ridée transversalement, excepté du côté du ventre & du dos, portant sur toute sa longueur une côte saillante, lisse & unie, divisée en plusieurs petites cellules séparées par des lames minces, ligneuses, orbiculaires, paralleles, & couvertes d’une pulpe moelleuse, douce, blanchâtre, jaune ensuite, puis noire ; que chaque cellule contient une graine dure, arrondie, plate, à peu-près en cœur, d’une couleur voisine du châtain, & attachée par un fil délié aux parois de chaque cellule ; que l’arbre fleurit en Mai & en Avril dans les îles de l’Amérique, & qu’il est sans feuilles quand il est en fleur.

On confit des bâtons de cette casse, quand ils sont encore jeunes & tendres ; on les appelle cannificium, cannefice. On en mange quand on veut se lâcher le ventre.

La moelle mondée s’aigrit quand on la garde : elle contient beaucoup de phlegme, de sel essentiel, & d’huile : elle purge doucement les humeurs bilieuses, & échauffe peu ; mais elle est venteuse, & donne des vapeurs à ceux qui y sont sujets. Pour lui ôter cette qualité, on l’atténue ave le sel végétal ou autre, & on la fait bouillir légerement : la dose est depuis demi-once jusqu’à une once & demie. Le quarteron en bâton équivaut à l’once en moelle. Geoffroy, Mat. med..

Préparations de casse officinale. L’extrait de casse se fait en passant la moelle à travers un tamis : après l’avoir dissous dans une liqueur convenable, on l’aromatise avec la fleur d’orange, le sucre, l’anis, le fenouil ; on le fait évaporer pour lui donner la consistance de bol, & l’on en donne dix gros.

La préparation appellée diacassia cum manna, quoique de peu d’usage, a son utilité en plusieurs cas.

Pour la faire, prenez prunes de damas deux onces ; fleurs de violette, une poignée & demie ; eau de fontaine, une livre & demie : faites bouillir le tout jusqu’à diminution de moitié, & dissolvez dans la colature, de la pulpe de casse, six onces ; du sirop violat, huit onces ; de la pulpe de tamarin, une once ; de sucre candi, une once & demie ; de la meilleure manne, deux onces : faites du tout un électuaire.

L’extrait de casse avec les feuilles de séné se prépare de la maniere suivante.

Prenez du diacassia cum manna, deux livres ; feuilles de séné pulvérisées, deux onces ; semence de carvi, une once ; sirop violat, quantité suffisante : faites un électuaire.

La pulpe de casse s’employe aussi à l’extérieur dans les cataplasmes résolutifs & émolliens. Quincy, Pharmacop.

La casse du Bresil est une gousse plus courte que celle de la casse d’Egypte, un peu plus applatie, & très-dure. L’arbre qui la porte s’appelle cassia fistula Brasiliana : il est grand & beau ; son tronc est droit, lisse, & cendré ; il étend ses branches au loin ; il est couvert de feuilles portées sur une côte de neuf pouces, & attachées à de petites queues fort courtes : elles sont d’un verd clair, velues, un peu inclinées, traversées longitudinalement d’une nervure rougeâtre, & transversalement de plusieurs autres qui s’étendent des deux côtés, se recourbant vers leurs extrémités, & se réunissant au bord de la feuille. Les fleurs naissent de l’aisselle des feuilles ; elles sont disposées en forme d’épi sur des pédicules qui ont près d’un palme & demi de long : chaque fleur a son pédicule propre, foible, velu, long d’un pouce. Les boutons de ces fleurs ressemblent à la capre, & les fleurs épanoüies sont plus petites que celles de la casse ordinaire : elles ont cinq pétales de couleur de chair ; le milieu en est occupé par dix étamines recourbées, garnies de longs sommets ; les trois inférieures en sont une fois plus longues que les supérieures : il se trouve parmi elles un style en croissant, long & velu ; ce style dégénere en une gousse verte, puis noire, ensuite brune, pendante quand elle est mûre, longue d’environ deux piés, épaisse de cinq doigts, un peu courbée, bordée d’un côté & dans toute sa longueur de deux côtes, & de l’autre, d’une seule côte qu’on prendroit pour une corde collée sous l’écorce. L’écorce en est rude en-dehors, ligneuse, & blanche en-dedans ; elle est si ferme, qu’on ne la peut casser qu’avec le marteau : l’intérieur en est séparé en loges, chacune de deux lignes ou environ d’épaisseur, & contenant une graine de la grandeur & figure d’une amande, d’un blanc jaunâtre, luisante, luisante, lisse, dure, & divisée d’un côté dans toute sa longueur par une ligne roussâtre, dont l’intérieur est blanc, & d’une substance de corne. Outre cela chaque cellule renferme une pulpe gluante, brune ou noirâtre, pareille à la casse ordinaire, mais amere & desagréable : cette pulpe est très-purgative, au jugement de Lobel & de Tournefort. Geoff. Mat. med.

La casse en bois, cassia lignea offic. est une écorce roulée en tuyau, tout-à-fait ressemblante par l’extérieur à la canelle, dont elle a la couleur, l’odeur & le goût, & dépouillée comme elle de sa pellicule extérieure. On la distingue de la canelle par la foiblesse de son goût aromatique, & par une glutinosité qu’on lui trouve en la mâchant : elle est tantôt jaune, tantôt jaune rougeâtre : la meilleure est celle qui décele les qualités les plus voisines de la canelle. L’arbre qui la donne s’appelle cinnamomum, ou canella Malabarica & Javensis : c’est la même espece de plante que celle qui donne la canelle de Ceylan. On fait peu d’usage de cette casse. Geoffroy présume qu’elle a été connue des anciens. Elle passe pour alexipharmaque & stomachique. On la préfere à la canelle quand il s’agit de resserrer. On la conseille dans l’asthme, la toux, les diarrhées, & les dyssenteries. On l’employe dans la thériaque, le mithridat, &c..

La casse giroflée, cassia caryophillate off. est aussi une écorce comme la canelle, dont l’odeur de girofle devient si vive & si forte, que la langue en est affectée comme d’un caustique léger ; du reste elle ressemble à la canelle : c’est l’arbre appellé caninga qui la donne : il est grand & haut ; son tronc est gros & brun ; ses feuilles, semblables par la forme à celles du canellier, sont plus grandes : il est commun dans l’île de Cuba, & dans les contrées méridionales de la Guyane. On attribue à l’écorce les propriétés du girofle, auquel on la substitue dans les assaisonnemens. Geoffroy prétend que les anciens Grecs & Arabes ne l’ont point connue. On la croit stomachique & alexipharmaque, mais dans un degré fort au-dessous du clou de girofle. Geoff. Mat. med.

* Casse, s. m. (Métallurgie.) on donne ce nom en général en plusieurs endroits à une grande poelle : mais il désigne particulierement à Sainte-Marie aux mines, & en différentes autres usines où l’on travaille les mines de cuivre, de plomb, & d’argent, une cavité préparée au-dehors des fourneaux d’affinage, dans laquelle le métal se rend au sortir du fourneau, par un trou pratiqué à sa partie inférieure. Voyez Cuivre.

Les Orfevres & les Monnoyeurs donnent aussi le nom de casse à un vaisseau fait de cendres de lessive & d’os de mouton calcinés, dont ils se servent dans l’affinage de l’or & de l’argent, ou lorsqu’il s’agit d’asseoir le cuivre en bain.

Casse des Rubaniers, espece de peigne qui se fait de la maniere suivante. On prend un morceau de corne long de quatre jusqu’à six pouces, large de cinq à six lignes, assez épais pour être coupé en deux ; ce morceau de corne se refend dans toute son épaisseur, mais non pas dans toute sa largeur, & cela à peu près comme les Tablettiers refendent leurs peignes ; il est ensuite scié en deux dans son épaisseur, ce qui donne deux parties dont les dentures sont parfaitement égales ; l’une forme le haut de la casse, & l’autre le bas : ces deux morceaux sont ensuite assemblés à queue d’aronde avec deux morceaux de bois de pareille épaisseur, & arrêtés & fixés ensemble par les angles avec de la petite ficelle : ainsi voilà un quarré dont toutes les dentures sont remplies chacune d’une dent d’acier qui trouve sa place en haut & en-bas dans chacun des interstices de cette denture. Quand toutes les dents sont ainsi placées, on couche sur le devant de la denture & à plat une de ces mêmes dents, que l’on lie par les bouts ; par ce moyen toutes les dents sont tenues dans leur situation : on garnit le dessus & le dessous d’une bande de papier ou de carton, pour empêcher les dents de s’échapper par les ouvertures des morceaux de corne. La casse sert ainsi de peigne dans les forts ouvrages, où les dents de canne seroient trop foibles, & ne résisteroient pas.

* Casses, s. f. (Commerce.) c’est ainsi qu’on appelle des mousselines ou des toiles de coton blanches & fines, qui viennent des Indes orientales, mais surtout de Bengale : c’est pour cette raison qu’on les appelle casses Bengales. Elles ont seize aunes de long, sur huit de large.

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Étymologie de « casse »

Étymologie de casse - Wiktionnaire

(Nom 1) (XVIIe siècle) De l’italien cassa issu du latin capsa (« boite »), doublet de caisse, cash.
(Nom 2) (XIVe siècle) Apparenté à l’espagnol cazo, à l’italien cazza, cazzuola, à l’occitan caça. Ce qui fait que casse ne peut avoir la même étymologie que caisse, c’est que, dans les langues congénères, le premier de ces mots prend un ou deux z, tandis que le second prend deux s ; d’où l’on est conduit à des radicaux différents. Plus avant :
  1. Du latin cyathus (« puisette »)[1] → voir cyathe devenu *cattia en bas-latin ;
  2. Du gotique[2] qui donne aussi Kessel (« chaudron ») en allemand moderne ;
  3. Devic écarte l’origine allemande et dérive le mot de l’arabe كاس, kas (« coupe à boire »)[3].
(Nom 3, nom 4) Déverbal de casser.
(Nom 5) (XIVe siècle) Du latin cassia (« cannelle »), forme régressive de cassier.
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Étymologie de casse - Littré

Le même que caisse.

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Phonétique du mot « casse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
casse kas play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « casse »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « casse »

  • Selon les premiers éléments, elle aurait été agressée à la sortie d'un bar par un homme muni d'une bouteille. L'individu en question se serait montré particulièrement grossier, et la jeune fille lui aurait fait remarquer. Une contradiction qui a quelque peu irrité sa susceptibilité. Pour exprimer son mécontentement, il n'a trouvé d'autre moyen que de lui casser une bouteille d'alcool sur la tête. ladepeche.fr, Il casse une bouteille sur la tête d'une jeune femme à la sortie d'un bar d'Agen - ladepeche.fr
  • L'ennemi, lui aussi, fait vibrer notre corde sensible. Pour qu'elle casse. De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • La vie ne cesse pas après les ruptures, le fil du temps ne casse pas. De Monique Larue / Copies conformes
  • Qui se casse les dents sur le noyau mange rarement l'amande. De Georg Christoph Lichtenberg / Aphorismes
  • Le fait d’être accessible ne casse pas du tout le mythe De Michel Polnareff / M6
  • Il faut se débarrasser des casse-tête. On ne vit qu'une fois. De Charles Aznavour
  • La vérité est un serviteur maladroit qui , en nettoyant, casse les assiettes. De Karl Kraus
  • Qui enfonce les portes ouvertes n’a pas à redouter qu’on lui casse les vitres. De Karl Kraus
  • Un chercheur est celui qui risque sa vérité et qui se casse la figure. De Michel Serres
  • Un chapeau de paille : un casse-croûte de cheval. De Pierre Perret
  • La conscience est un tribunal qui casse vite ses sentences. De Maurice Druon
  • Sans la casse, la poterie n’existerait plus. De Proverbe arabe
  • Qui boit la gnôle casse la bagnole ! De Laurent Leloup
  • Tout lasse, tout casse, tout passe. De Proverbe français
  • Doucement ne casse pas le cou. De Proverbe guadeloupéen
  • Trop tendue, la corde casse. De Proverbe français

Traductions du mot « casse »

Langue Traduction
Portugais ferro-velho
Allemand schrottplatz
Italien colpo
Espagnol desguace
Anglais breakage
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Synonymes de « casse »

Source : synonymes de casse sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « casse »



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