La langue française

Blanc, blanche

Sommaire

  • Définitions du mot blanc, blanche
  • Étymologie de « blanc »
  • Phonétique de « blanc »
  • Évolution historique de l’usage du mot « blanc »
  • Citations contenant le mot « blanc »
  • Images d'illustration du mot « blanc »
  • Traductions du mot « blanc »
  • Synonymes de « blanc »
  • Antonymes de « blanc »

Définitions du mot blanc, blanche

Trésor de la Langue Française informatisé

BLANC, BLANCHE, adj. et subst.

I.− Adjectif
A.− [Blanc est inhérent à la qualité, la nature, la fonction, etc., du qualifié]
1. Qui, combinant toutes les couleurs du spectre solaire, a la couleur de la neige, du lait, etc.
a) [En parlant d'un inanimé]
[En parlant d'un produit de la nature] J'observais une crête neigeuse se détacher à l'horizon, blanche comme une traînée de lait (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 230):
1. En avant du petit bois dentelé par les obus, des flocons blancs, autour d'un avion, piquaient un ciel adorable, lac vert pâle bordé de bruyères. Maurois, Les Silences du colonel Bramble,1918, p. 19.
SYNT. a) Ciel, nuage blanc; une lumière blanche; des fleurs blanches, des lilas blancs; du marbre blanc. b) Blanc d'albâtre; blanc comme du lait; blanc comme la cire des cierges; blanc comme une colombe.
Spéc. Gelée* blanche. Le soleil blanc se lève au-dessus de la terre couverte de gelée blanche (Claudel, La jeune fille Violaine,1reversion, 1892, p. 554).
[En parlant d'un produit de l'industr. hum.] Un manteau blanc; des gants blancs :
2. Annie, ce jour-là, avait lessivé jusqu'à quatre heures, frotté sur son poignet sanglé d'une bande de toile tout le linge blanc. Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 301.
Spéc. dans le domaine de l'alim.De la farine blanche; fromage* blanc; sucre* blanc; sauce* blanche :
3. Les Gaulois préparaient un pain blanc réputé, et ils passaient déjà pour les plus grands mangeurs de pain du monde; ... R. Lalanne, L'Alim. hum.,1942, p. 21.
4. La nuit n'est jamais si froide qu'elle n'arrache à la cité des entrepôts des senteurs de blé moulé, de céréales pulvérisées, (...), de farine blanche et de pins résineux. G. Roy, Bonheur d'occasion,1945, p. 37.
5. ... nous faisons escale au café Ebro où nous venons (...) pour manger de savoureuses omelettes aux champignons et des écrevisses pimentées à point, avec ce vin blanc capiteux qui porte si bien son nom de diamante. T'Serstevens, L'Itinéraire espagnol,1963, p. 322.
b) [En parlant d'un animé]
[En parlant d'une pers.] Mais la nuit n'est plus noire et j'ai les cheveux blancs (Aragon, Le Roman inachevé,1956, p. 227):
6. Ton regard est celui d'une vierge timide. Ton sein blanc, que ta robe ose cacher au jour, Semble encore ignorer qu'on soupire d'amour. Chénier, Bucoliques,1794, p. 153.
7. C'était un gaillard, au cou puissant, aux poings énormes, blond, très blanc de peau, la barbe rare, à peine un duvet doré qui frisait, soyeux. Zola, La Bête humaine,1890, p. 90.
Être blanc. Avoir les cheveux blancs.
Loc. verbale. Devenir blanc. Pâlir. Henri devint blanc comme le foulard blanc qui lui servait de cravate (E. et J. de Goncourt, Renée Mauperin,1864, p. 240).
Au fig. :
8. Et ceux qui représentent l'ouvrier sont tous des doctrinaires aux mains blanches. Alain, Propos,1931, p. 987.
[En parlant d'un animal] Un cheval, un mouton, un papillon blanc; un ours* blanc :
9. Le bébé, ensaucissonné de molleton, semblait un gros ver blanc cylindrique, muni d'une paire de pattes qu'il agitait. Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 20.
c) Expr. diverses
Bonnet blanc et blanc bonnet. Se dit de deux choses, de deux personnes identiques malgré les apparences. Clérical ou franc-maçon, pour moi, c'est bonnet blanc et blanc bonnet (Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Mon oncle Sosthène, 1882, p. 28).
Cousu de fil blanc. Se dit de quelque chose dont on ne peut masquer l'évidence :
10. Je n'écrirais plus aujourd'hui... exagérations, naïvetés, petits mensonges inutiles, petites malices cousues de fil blanc! J'avais pourtant bien essayé de n'être pas dupe de moi-même; ... Larbaud, A. O. Barnabooth,1913, p. 339.
Connu comme le loup blanc. Se dit de quelqu'un qui est très connu :
11. Il porta le surnom de Gaspard de Sumontargues, surnom qui devint Gaspard Des Montagnes, quand il fut connu comme le loup blanc par tout le bas pays d'Auvergne. Pourrat, Gaspard des montagnes,Le Château des sept portes, 1922, p. 53.
Donner carte blanche. Laisser toute liberté de manœuvre :
12. « Lorsqu'une fois on m'a manqué essentiellement, je n'en reviens plus. » Cette réponse me donnait carte blanche, ... Restif de La Bretonne, M. Nicolas,1796, p. 17.
d) Loc. adv.
À blanc
Chauffer* à blanc. Jusqu'à ce que le métal de rouge devienne blanc. P. métaph. :
13. Au bout de quelque temps, on le retrouve gênant. Alors, − c'était la commune, − on chauffe à blanc son républicanisme, on le fait engager dans la garde nationale et il est fusillé au champ-de-mars... E. et J. de Goncourt, Journal,1882, p. 147.
Saigner à blanc. Jusqu'à la dernière goutte de sang. Au fig. :
14. Son mari est un petit professeur de français en Angleterre. Elle l'avait quitté pour venir à Pau. Elle était mariée depuis trois mois. Il avait dû se saigner à blanc pour l'envoyer là-bas. Gide, Les Faux-monnayeurs,1925, p. 970.
Couper à blanc. De façon à ne plus rien laisser :
15. [Le notaire] : − ... La forêt de Waignies vaut en ce moment près de quatorze cent mille francs; mais, qu'aujourd'hui pour demain, votre père la coupe à blanc, vos treize cents arpents ne vaudront pas trois cent mille francs. Balzac, La Recherche de l'absolu,1834, p. 239.
2. P. métaph. [Blanc comme symbole]
[De la pureté ou de l'honnêteté] :
16. ... Luizzi eut toutes les peines du monde à ne pas faire la grimace, mais il se remit dans son fauteuil, s'attendant à une histoire bien romanesque, d'où Madame De Farckley sortirait blanche comme une colombe; ... Soulié, Les Mémoires du diable,t. 2, 1837, p. 339.
17. Et elle ne savait même pas qu'elle avait eu des désirs que sa chair avait gémi d'amour, (...), tellement elle était cuirassée d'ignorance, l'âme blanche, toute blanche. Zola, Le Rêve,1888, p. 192.
18. Je ne sais plus du tout ce que je lui racontai, mais (...) il félicita maman de ma belle âme. Je m'épris de cette âme que j'imaginais blanche et rayonnante comme l'hostie dans l'ostensoir. S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée,1958, p. 32.
Bal* blanc.
[De l'ingénuité] :
19. Dame, ça dépend. C'est tout à fait les petites oies blanches. Ça a peut-être son charme. Si vous aimez les petites oies blanches, vous êtes servi à souhait. Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs,1918, p. 884.
3. Au fig. Qui a lieu ou se manifeste en dehors de ses conditions ou effets habituels :
20. ... depuis des années, je dresse sur le papier des projets d'opérations, − « blanches » naturellement. Mais cette fois-ci!... n'en parle pas à maman, je veux lui en faire la surprise. P. Bourget, Nos actes nous suivent,1926, p. 150.
VERSIF. Vers blancs. Vers qui ne riment pas entre eux :
21. Nous ne sommes pas assez heureux pour mêler dans la même scène la prose aux vers blancs et aux vers rimés; ... Vigny, Lettre à Lord ***,1829, p. 276.
SYNT. Examen* blanc; mariage* blanc; vote* blanc; nuit* blanche; colère blanche. Voix blanche. Voix sans timbre.
En partic. [En parlant de papier] Qui n'est pas écrit. Copie, page blanche.
Loc. verbale. Tirer à blanc. Sans que le fusil soit chargé :
22. ... et l'on peut se croire au milieu de la guerre, à se voir entouré de ces hommes, (...) faisant à blanc aujourd'hui le simulacre de la fusillade, qu'ils auront à faire demain. E. et J. de Goncourt, Journal,1870, p. 598.
B.− [Blanc s'oppose à ce qui est foncé, noir, rouge, parfois sale, etc.]
1. Qui est d'une teinte claire, parfois éclatante, par opposition à ce qui, dans la même espèce pourrait être foncé.
a) [En parlant d'un inanimé]
[En parlant d'un produit de la nature ou tiré de la nature] Du bois blanc; du vin blanc :
23. ... le sol, solide et sonore sous nos pas, quoique recouvert encore d'une légère couche de sable blanc, nous indiquait le rocher succédant aux vagues de sable : ... Lamartine, Voyage en Orient,t. 2, 1835, p. 93.
[En parlant d'un produit de l'industr. ou de l'activité hum.]
Spéc., TECHNOL. Arme* blanche; fer* blanc; verre* blanc.
♦ Dans le domaine de la vie culturelle, pol., etc.Livre* blanc; drapeau* blanc; magie* blanche.
b) [En parlant d'un animé] La race blanche; avoir le teint blanc.
Viande* blanche :
24. ... cet officier, (...) avait mangé sans le savoir d'un pâté fait avec la chair de son épouse et depuis, ne pouvait plus manger de viande blanche... E. et J. de Goncourt, Journal,1890, p. 1212.
25. ... il se mit à lire, d'une voix blanche et ânonnante d'écolier qui ne tient pas compte de la ponctuation. Zola, La Terre,1887, p. 77.
Spéc., BIOL., PATHOL. Globule* blanc; gorge, langue blanche; mal* blanc; pertes* blanches.
c) Expr. diverses
Faire chou blanc. Essuyer un échec :
26. ... mais le plus souvent l'on fait chou blanc et ce dernier rush ne vous libère pas : ... Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 165.
Marquer d'un caillou blanc, d'une pierre blanche. Signaler un jour heureux par opposition à un jour néfaste.
Montrer patte blanche. Fournir la preuve que l'on appartient ou que l'on est digne d'appartenir à un groupe (social, politique, etc.) par allusion à la fable de La Fontaine : Le loup, la chèvre et le chevreau.
Manger son pain blanc le premier. Commencer par ce qui est agréable.
2. [En parlant plus partic. de ce qui est propre p. oppos. à ce qui est sale] Une nappe blanche. Que d'autres soient, d'une main amie, sous un frais drap blanc, disposés pour le repas (Bernanos, Sous le soleil de Satan,1926, p. 307).
II.− Substantif
A.− Blanc, blanche. Homme, femme de race blanche. La traite* des blanches :
27. ... comment la dissemblance du nègre et du blanc accuserait-elle autre chose que la diversité de leur histoire religieuse, politique et naturelle? Lacordaire, Conf. de Notre-Dame,1848, p. 219.
28. Notre seul espoir est que les psychologues découvrent quelque jour des « tests » qui élimineront le facteur de l'éducation, pour établir des comparaisons entre les blancs et les races exotiques. R.-H. Lowie, Manuel d'anthropol. culturelle,1936, p. 17.
Rem. S'emploie encore pour désigner la droite conservatrice, p. oppos. aux rouges qui forment la gauche.
Au masc. Petit blanc (dans les anciennes colonies). Individu de race blanche mais de condition modeste :
29. ... nobles et roturiers se mêlaient dans une bourgeoisie moderne de propriétaires, caractérisée par la richesse, au-dessus des « petits blancs ». G. Lefebvre, La Révolution fr.,1963, p. 14.
Rem. 1. Autrefois, chouans p. oppos. aux républicains, dits les Bleus. 2. Au siècle dernier, partisan de la monarchie.
B.− Subst. masc.
1. Emploi abs.
a) [Indique la couleur] Il a peint en blanc la chambre depuis la bibliothèque jusqu'à la cheminée (Balzac, Correspondance,1819, p. 31);elle était vêtue de blanc et avait un voile blanc sur la tête (Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 416):
30. Quant au tien [portrait], chère bonne maman, il est parfait, sauf ce contraste du blanc et du noir qui − c'est la faute de la photographie − fait paraître le visage et les mains durs et blêmes. Mallarmé, Correspondance,1862, p. 21.
De but* en blanc. À l'improviste, brusquement. Il n'a pas tant de tort de s'aller marier de but en blanc avec une inconnue (Claudel, Le Ravissement de Scapin,1952, p. 1323).
SYNT. Friture de blancs (poissons de rivière); aimer le blanc; porter du blanc; avoir le blanc (maladie des végétaux); écrire noir sur blanc (fam.); cuisson au blanc (court-bouillon); poulet au blanc; siège en blanc (non couvert).
Passer du blanc au noir. Changer d'avis.
Spécialement
Le blanc. Le vin blanc; blanc de blanc(s). Vin fait exclusivement avec des raisins blancs :
31. J'aurais plus gagné à le vendre aux Allemands. Du beau blanc de blanc. Il nommait ainsi le vin blanc de raisin blanc. Hamp, Vin de Champagne,1909, p. 120.
Le blanc. Le linge blanc. Magasin, maison de blanc; la quinzaine du blanc :
32. En bas, enfin, l'exposition de blanc prenait, au fond des vitrines, une intensité de ton aveuglante. Rien que du blanc, un trousseau complet et une montagne de draps de lit à gauche, des rideaux en chapelle et des pyramides de mouchoirs à droite, ... Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 764.
SYNT. Porter du blanc; se marier en blanc; vouer un enfant au blanc. Lui faire porter des vêtements blancs en l'honneur de la Vierge.
Au fig., arg. :
33. Voué au blanc (être) : se dit − dans l'argot des faubouriens − d'un apprenti qui n'aime pas à travailler et qui préfère polissonner avec les voyous et les filles du faubourg. A. Delvau, Dict. de la lang. verte,1866, p. 399.
b) [Avec un idée d'espace vide] Laisser un nom en blanc; un acte en blanc; un blanc dans la conversation (un silence); chique* en blanc; promotion* en blanc.
TYPOGR. Espace vide entre deux lignes :
34. ... mon article a paru, coupé hélas! À la présence de Dieu, mais avec les blancs et les italiques que je demandais. J. Rivière, Correspondance[avec Alain-Fournier], 1907, p. 312.
2. [Suivi d'un groupe prép. déterminatif]
a) Blanc de + compl.Blanc de lait; blanc de marbre.
[En parlant de certains produits chim., céruse, oxyde de zinc, etc.] Blanc de chaux, de zinc; blanc d'espagne, d'antimoine, de bismuth. Les blancs de craie, ou sous-carbonates de chaux, sont assez abondants (Manuel du fabricant de couleurs,t. 1, 1884, p. 46).
P. compar. :
35. ... un matin, un homme d'une cinquantaine d'années, doué de cette figure de blanc de céruse que la vie du monde donne aux diplomates, ... Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes,1847, p. 162.
Blanc de baleine*.
ART MILIT. Blanc d'eau. Inondation provoquée artificiellement en avant d'une position.
Blanc de Hollande. Variété de peuplier blanc.
b) Blanc de + compl. partitif.Blanc d'une cible; blanc de maquereau; blanc de volaille, de poulet.
Blanc de champignon. Mycélium du champignon de couche, servant à sa multiplication dans les champignonnières.
Blanc de l'œil, blanc des yeux. Partie blanche de l'œil. Je rougis jusqu'au blanc des yeux (Stendhal, Vie de Henry Brulard,t. 1, 1836, p. 206):
36. C'était un grand maigre, sec comme un échalas, jaune de teint jusque dans le blanc des yeux, et qui demeurait secret, fermé, bouclé, cadenassé. Pourrat, Gaspard des Montagnes,Le Château des sept portes, 1922, p. 15.
37. ... il veut faire l'artiste lui aussi, et discute : « vous ne trouvez pas que les joues sont bien jaunes? » ou « le blanc de l'œil me semble un peu froid. » Romains, Les Hommes de bonne volonté,Le 6 octobre, 1932, p. 78.
Regarder qqn dans le blanc des yeux (de l'œil). Regarder fixement quelqu'un :
38. Il n'existe après tout que bien peu de raisons valables pour un civil inconnu de s'aventurer de ces côtés... espion, suspect, on trouva mille raisons pour me toiser de travers, les officiers dans le blanc des yeux, les femmes en souriant d'une manière entendue. Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 143.
Blanc d'œuf. Substance transparente qui entoure le jaune (cf. albumine) :
39. ... vous mêlez une livre et demie de sucre en poudre avec dix-huit blancs d' œufs fouettés bien fermes. Les Gdes heures de la cuis. fr., Carême, 1833, p. 146.
Absol. Blanc monté en neige.
C.− Subst. fém.
1. JEUX. La boule blanche au jeu du billard. Jouer, tirer sur la blanche :
40. ... le comte André, dirigeait les billes du billard à son gré, le soir où il m'avait comme médusé par ses moindres gestes? La blanche touche la rouge un peu à gauche, part sur la bande, revient sur l'autre blanche. P. Bourget, Le Disciple,1889, p. 138.
2. MUS. Cf. blanche.
3. Argot
a) ,,Cocaïne`` (Esn. 1966) :
41. J'vous ai préparé cinq kilos de blanche... − ... l'as reçu cinquante kilos de morphine base... Faut les traiter... − ... Tout en blanche? − Tout en blanche, oui. A. Le Breton, Razzia sur la Chnouf,1954, p. 53.
b) ,,Eau de vie de marc`` (La Rue 1954) :
42. L'homme tout de même est si drôle avec sa jambe raide qu'il l'a mis dans un roman. On lui paye parfois une « blanche », il est célèbre chez les étudiants. Claudel, Feuilles de Saints,1925, p. 594.
Rem. On rencontre dans les dict. les composés suiv. : a) Blanc-aune. ,,Nom vulgaire de l'alisier commun`` (Lar. 20e); blanc-bois. ,,Bois dont le revenu est presque nul`` (Ibid.); blanc-cul. ,,L'un des noms du bouvreuil`` (Littré); blanc-culet. ,,L'un des noms du Moteux`` (Ac. Compl. 1842); blanc-or. ,,Sorte de raie des mers du Canada, dont le dos est blanc et or`` (Lar. 19e); blanc-pendard. ,,Nom vulgaire de la pie-grièche`` (Littré); blanc-ployant. ,,Défaut du fer qui le rend peu propre à passer à la filière`` (Ibid.); blanc-poudré. ,,Poudré à blanc`` (Ibid.); blanc-whasis. ,,Onguent pour la brûlure`` (Ibid.); blanc-tapis. ,,Maison de jeu`` (Besch. 1845). b) Blanche-coiffe. ,,Espèce de corbeau`` (Littré); blanche-queue. ,,Un des noms du Jean-le-blanc, oiseau`` (Ibid.).
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [blɑ ̃], fém. [blɑ ̃:ʃ]. Pour le groupe final -nc, Fouché Prononc. 1959, p. 411, note : ,,c ne se prononce pas dans banc, blanc, flanc, franc, (il) convainc, (il) vainc, ajonc [cf. ce mot], jonc, tronc`` (cf. aussi Lab. 1881, p. 73). Littré : ,,Blanc et noir, dites : blan et noir; excepté dans cette locution où d'ordinaire on le fait entendre [le c] : du blanc au noir, dites : du blan-k au noir; l's au pluriel se lie : blancs et noirs, dites : blan-z et noirs. Palsgrave au xviesiècle dit qu'on prononce blan; et au xviie, Chifflet recommande de ne pas prononcer le c final même devant une voyelle.`` Enq. : /blã, -ʃ/. 2. Forme graph. − Ortho-vert 1966, p. 46, note que les adj. indiquant la couleur suivis d'un complément relatif à la nuance sont inv. Ex. : châtain clair, gris cendré, gris bleu, gris perle, rose tendre, blanc sale, bleu marine, jaune citron, rouge cerise, brun foncé, etc.
Étymol. ET HIST. I.− Adj. A.− 1. a) 950-1000 « de la couleur de la neige, sans aucune teinte » blanc vestimenz (Passion de Clermont-Ferrand, 396, éd. D'Arco Silvio Avalle, p. 119); b) 1174 « vêtu de blanc » relig. freres blancs (G. de Pont-Sainte-Maxence, Vie de Saint Thomas, 1966 dans T.-L.); 2. ca 1100 « brillant et de la couleur de l'argent » (Chanson de Roland, éd. J. Bédier, 2316); d'où armes blanches (v. arme). B.− Absence de qqc. 1. a) 1172-75 « peu ou pas coloré » vin blanc (Chrétien de Troyes, Chevalier à la Charette, éd. M. Roques, 991) et en partic. b) xives. « pâle » blanc de paour (Froissart, II, III, 13 dans Littré); 2. a) [ca 1180 a.flam. « non terni, propre » (d'apr. FEW t. 15, 1, p. 138b)]; xvies. « id. » main blanche (D'Aubigné, Trag., V dans Gdf. Compl.); b) 1678-79 « innocent » (La Fontaine, Fables, VII, 1 dans Littré) [c'est le subst. au sens de « dupe » qui est attesté dans le jargon de la Coquille chez Villon (P. Guiraud, Le Jargon de Villon, Paris, Gallimard, 1968, p. 50) et non pas l'adj. comme l'indique FEW t. 15, 1, p. 139a]. II.− Subst. A.− 1. Ca 1100 « couleur blanche » (Chanson de Roland, éd. J. Bédier, 1934); 2. ca 1340 « matière colorante blanche » blanc d'Espaingne (Dialog. fr.-flam., fo7c dans Gdf. Compl.); 3. a) xvies. à blanc « jusqu'à devenir blanc » (Amyot, Pomp. 99 dans Littré : [...] leur harnois fourbis à blanc). B. − 1. a) Ca 1210 « partie blanche de l'œil » (Raoul de Houdenc, Meraugis de Portlesguez, 4726 dans T.-L. : Ovri les ieuz, si l'esgarda Mout fierement, et en poi d'ore Li retorna li blans desore. Un plaint giete, si s'en revet); b) ca 1256 li blans des iex (Aldebrandin de Sienne, éd. L. Landouzy et R. Pépin, 48, 8); c) ca 1265 li blans d'un uef (Brunet Latin, Le Livre du Trésor, 112 dans T.-L.); d) [xives. d'apr. FEW t. 15, 1, p. 145a] 1534 blanc de chappon (Rabelais, Gargantua, I, 39 dans Littré); 2. ca 1230 « étoffe blanche » (Guillaume Le Clerc, Fergus, 16, 13 dans T.-L. : unes braies de blanc) − xives., E. Deschamps, Poés., éd. G. Raynaud, 9, 43; 1866 comm. Magasin de blanc (Lar. 19e); 3. a) 1306 « marge, partie non écrite » dans Du Cange, s.v. album; b) 1657 en blanc « se dit d'un document où les termes essentiels sont laissés en blanc » (Pascal, Prov. 17 dans Littré); c) 1751 typogr. (Encyclop.); 4. a) 1507-08 « espace blanc du centre d'une cible » d'où « but » (Eloy d'Amerval, Le Livre de la Deablerie, éd. Charles-Fréd. Ward dans IGLF : Je vueil que tu frappes au blanc); 1540 « cible » (B. de La Grise, trad. de Guevara, L'Orloge des Princes, II, 33 dans Hug.) d'où b) 1690 de butte en blanc (Fur.) au propre et au fig. v. aussi but. 5. 1678-79 « homme de race blanche » (La Fontaine, éd. A. Régnier, Gds Ecrivains de France, t. 10, p. 96). Du germ. *blank « blanc » (Brüch, p. 68, 100; REW3, no1152; FEW t. 15, 1, p. 146) à rattacher à l'ags. blanca et à l'a. nord. blakkr « pâle, blanc tirant sur le jaune (surtout d'un cheval) » (De Vries Anord.); le germ. est directement passé dans les domaines gallo-rom. (a. prov. blanc, xiies. dans Rayn. t. 1, p. 222) et ital. (lat. médiév. blancus, ca 942 dans Arnaldi, Latinitatis italicae medii aevi lexicon, 1939; it. bianco xiiies. dans DEI); l'a. cat. blanc (1176 dans Alc.-Moll) est de même plus prob. issu directement du germ. qui empr. à l'a. prov.; ainsi l'aire géogr. du mot exclut l'hyp. d'une orig. frq. Cf. les nombreux termes de couleur empr. au germ., v. bleu, blond, brun, fauve, gris; d'apr. Brüch, loc. cit., blanc aurait été comme ces 3 derniers termes, employé par les soldats germains pour qualifier les chevaux. Il a éliminé les 2 adj. lat. albus « d'un blanc mat » et candidus « d'un blanc éclatant ».
STAT. − Fréq. abs. littér. : 13 255. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 14 117, b) 26 332; xxes. : a) 22 398, b) 16 745.
BBG. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 28, 279; t. 2 1966, p. 111. − Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. Cah. Lexicol. 1970, no16, p. 73. − Guiraud (P.). Le Jargon de la Coquille. Cah. Lexicol. 1967, no11, p. 47. − Lajaunie (M.-A.). Préjugés et lang. Vie Lang. 1969, pp. 76-77. − Quem. 2es. t. 2 1971, p. 148; t. 3 1972, p. 24. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 61; pp. 69-70; p. 109. − Tournemille (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1956, pp. 530-531.

Wiktionnaire

Adjectif

blanc \blɑ̃\ masculin

  1. D’une couleur comme celle des os, de la craie ou de l’écume entre autre. — Note : Comme l’adjectif noir ou gris, qui ne sont que des différences de ton du blanc, il implique souvent une notion d’absence de couleur, de teinte. #FFFFFF
    • On ne pouvait voir de fille plus fraîche, plus riante ; elle était blonde, avec de beaux yeux bleus, des joues roses et des dents blanches comme du lait ; […]. — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
    • On traverse la place de la gare pour aller au bistro d’en face. Il neige dur. La place est toute blanche. — (Albert Vidalie, C'était donc vrai, éd. René Julliard, 1952, page 34)
    • La salle des fêtes était habillée pour une grande cérémonie, de somptueux rideaux blancs et pourpres qui tombaient du haut plafond jusqu'au bas des portes et des fenêtres. — (Maboa Bebe, Ewande Amours, peurs, espoir, L'Harmattan Cameroun, 2014, page 7)
  2. (Par extension) D’une couleur appartenant au champ chromatique du blanc, c’est-à-dire légèrement différente de la couleur originelle mais lié à celle-ci. #FFFFFF #FFFFD4 #FDE9E0 #FDE1B8 #F2FFFF #EFEFEF
  3. Très peu coloré, ou moins coloré que, en parlant de choses qui ne sont pas tout à fait blanches (1), pour les distinguer de celles de même espèce qui le sont moins, ou qui sont d’une autre couleur.
    • Il y a des betteraves blanches, il y en a de jaunes, de rouges, et de marbrées, et quelquefois la pellicule est rouge et la chair est blanche. — (Jean-Antoine Chaptal, Mémoire sur le sucre de betterave, Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 1, 1818 (pp. 347-388))
    • Bois blanc, métal blanc, mûrier blanc, pain blanc, poisson blanc, poivre blanc, raisin blanc, sauce blanche, sel blanc, viande blanche, vin blanc.
    • En sabots, les manches relevées sur leurs bras blancs, les filles balayaient le devant des boutiques. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 158)
    • Avoir le teint blanc, la gorge blanche, les mains blanches, la peau blanche.
    • Gelée blanche, Gelée qui, le matin, se forme de la rosée ou du brouillard congelé.
    • Faire des lotions avec de l’eau blanche.
    • Ver blanc, Larve du hanneton.
  4. (Sociologie) Relatif à la race blanche, au groupe social des Blancs.
    • C’est dans cette perspective que nous nous situerons, en nous inscrivant notamment dans le sillage des travaux conduits dans le champ anglophone des critical white studies, qui étudie la construction sociale des identités et subjectivités blanches. — (Maxime Cervulle, La conscience dominante. Rapports sociaux de race et subjectivation, n°53, Cahiers du Genre, 2012, p.38)
    • Cela étant dit, le privilège blanc n’est pas un sujet facile à aborder. — (Kevin Sweet, L'éveil du Blanc privilégié et sa fragilité, ici.radio-canada.ca, 2020)
    1. (Sociologie) Qui est affilié la race blanche.
      • Geoffroy, Maxime, Frédéric, Jérémy et Billy sont cinq hommes blancs dans la trentaine, travaillant dans le secteur manuel et originaires de l'Essonne. Ils ont été arrêtés en arrivant à Paris, samedi 1er décembre, alors qu'ils venaient de se garer non loin des Champs-Elysées.— (www.francetvinfo.fr, Le défilé des gilets jaunes au tribunal, 04/12/2018)
      • DiAngelo est une femme blanche qui a passé des dizaines d'années délibérément embourbée dans la question de la race. — (Bérengère Viennot, « La Fragilité blanche » brise les idées reçues sur les progressistes, slate.fr, 2019, p.38)
  5. (Spécialement) (Canada) Qui est allochtone, non amérindienne.
    • [Mme] Hunter […] a donné naissance à une fille ce matin, le premier enfant blanc dans Teslin. Ah ! Pourtant non, pas blanc, car c’est une famille de Noirs, et pourtant on s’obstine ici à dire que c’est la naissance du premier enfant blanc. On veut sans doute dire que c’est le premier enfant né à Teslin de parents civilisés. — (17 Eldorado, Journal de Lorenzo Létourneau (1899), Qualigram/Linguatech, Montréal, 2006)
  6. Vierge, sur lequel il n’y a rien d’écrit ou d’imprimé.
    • Un feuillet de papier blanc.
    • Une page blanche.
    • Un cahier blanc.
    • Livre blanc, livre dont tous les feuillets sont blancs.
  7. Vierge.
    • Bal blanc, bal où ne sont invitées que des jeunes filles.
    • Mariage blanc, mariage qui n’a pas été consommé.
  8. (Par extension) Vide de contenu.
    • Pour certains, ce taf était juste un moyen commode de remplir un blanc dans leur CV en attendant qu’un membre de leur famille leur trouve une meilleure place. — (David Graeber, traduit par Élise Roy, Bullshit jobs, Les liens qui libèrent, 2018, ISBN 979-10-209-0633-5)
  9. (Militaire) À lame d'acier.
    • Armes blanches, armes offensives, comme épées, sabres, baïonnettes, etc., par opposition aux armes à feu. On appelait autrefois aussi armes blanches les armes défensives qui n’étaient ni gravées, ni dorées, ni bronzées.
    • Se battre à l’arme blanche.
    • Combat à l’arme blanche.
  10. Clair.
    • Voix blanche, voix claire mais qui manque de timbre.
    • Il prenait pour parler une voix blanche, doucereuse, déclamait des bouts d’idées ramassées un peu partout, sur les droits de l’ouvrier, la tyrannie du capital. — (Alphonse Daudet, Arthur, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 168.)
    • Argent blanc, Bâton blanc, Bulletin blanc, Houille blanche, Magie blanche, Nuit blanche, Sauce blanche, Viande blanche. Voyez « argent », « bâton », « bulletin », etc.
  11. (Jeux) Coup qui ne produit rien.
    • Amener blanc, à certains jeux de Dés, se dit lorsque tous les dés présentent la face qui n’est marquée d’aucun point.
    • Coup blanc, coup nul.
    • Opération blanche, Opération qui n’a pas donné de résultat.
    • (Figuré) Vers blancs, en termes de Versification, Vers non rimés.
    • Le Paradis perdu " de Milton est en vers blancs.
  12. (Foresterie) Plusieurs termes d'exploitation forestière recourent à des locutions nominales employant l'adjectif blanc telles que
    1. Couper une forêt, faire une coupe à blanc estoc ou
    2. À blanc être, ou simplement
    3. À blanc: ces expressions signifient toutes en couper tout le bois, sans y laisser de baliveaux.
      • On dit dans le même sens: une coupe blanche, qui en est le résultat.
      • Couper un arbre à blanc estoc : le couper au pied sur la souche.
  13. (Proverbial) L'adjectif blanc s'emploie aussi dans des locutions verbales issues du vocabulaire des duels judiciaires du Moyen Âge et parfois utilisées dans le français moderne:
    1. Se faire tout blanc de son épée, se faire blanc de son épée, : répondre à une accusation, se justifier d’une accusation par l’épée, par la force.
    2. (Figuré) (Par extension) Faire blanc de son épée: s'emploie au figuré pour signifier se prévaloir de sa force, se vanter de faire quelque chose en se supposant un pouvoir ou un crédit qu’on n’a pas.
  14. Qui est propre, par opposition à sale.
    • Linge blanc.
    • Ces draps ont servi, ils ne sont pas blancs.
    • Chemise blanche.
    • Nappe blanche.
    • Serviette blanche.
    • Blanc de lessive se dit du Linge propre, tel qu’il est au sortir de la lessive.
    • Ces draps, ces rideaux sont blancs de lessive.
    • (Figuré) (Familier) Sortir d’une accusation, d’une affaire blanc comme neige, ou simplement
    • Sortir blanc d’une affaire, être déclaré innocent, être acquitté par un arrêt ou un jugement, en matière criminelle ou correctionnelle.
    • Vouer un enfant au blanc, Faire vœu qu’un enfant sera entièrement vêtu de blanc, jusqu’à tel âge, en l’honneur de la sainte Vierge.
    • Se vouer au blanc.

Nom commun 1

blanc \blɑ̃\ masculin

  1. (Au singulier) La couleur comme celle des os, de la craie ou de l’écume entre autre. #FFFFFF
    • L’Alcazar de Séville et la mosquée de Cordoue, maintenant la cathédrale, étaient couvertes du haut en bas d’arabesques de couleur ; maintenant on a recouvert tout cela d’une couche de plâtre ; c’est l’usage de peindre tout en blanc, c’est la seule propreté d’un pays où l’on mange des mouches dans la soupe dans les meilleures maisons. Par le même amour pour le blanc, ils nettoyent avec du sable des statues antiques et les rendent aussi éclatantes que les figures d’albâtre des pendules que vous voyez dans la rue de Richelieu. — (Prosper Mérimée, Lettres d’Espagne, 1832, rééd. Éditions Complexe, 1989, page 141)
    • Le Beerenberg apparut fier et arrogant dans une brusque et étroite déchirure des nuées ; le blanc immaculé de son sommet éclairé par le soleil se détachait dans une auréole d’azur. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • La façade était peinte en blanc et les arêtes de la corniche se rehaussaient d’un filet rouge qui en accentuait le profil. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Il déboucha bientôt devant plusieurs chalets, construits en planches comme le dernier, avec chacun une sorte de véranda mal peinte en blanc, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 381 de l’éd. de 1921)
  2. (Au singulier) (Par extension) Terme générique qualifiant un des onze champs chromatiques français, couvrant les différentes variantes de la couleur blanche. #FFFFFF #FFFFD4 #FDE9E0 #FDE1B8 #F2FFFF #EFEFEF
    • Voilà que le blanc regagne la faveur et suscite la ferveur quand il se teinte de tons chauds, de jaunes, de rouges et d’orangés. — (www.sico.ca)
  3. (Au pluriel) Les couleurs de ces variantes appartenant au champ chromatique du blanc.
    • L’avantage de cette diversification est de pouvoir marier et opposer les blancs, de jouer avec les effets, et de les accorder au mieux avec les couleurs. — (Olivier Waché, Mur blanc et couleurs : comment réveiller votre intérieur article paru dans Maison Magazine de mars-avril 2011)
    • Les blancs subtils, légèrement colorés, s’annoncent prédominants en véritables leaders des courants émergents. — (www.sico.ca)
  4. (En particulier) (Peinture) (Maçonnerie) (Cuisine) Couleur ou matière blanche que les peintres, les maçons, etc., emploient pour rendre une surface blanche.
    • Blanc de plomb (sous-carbonate de plomb), de zinc (oxyde de zinc), de céruse, de lait, de perles.
    • Nuance du blanc semblable à celle du lait, des perles.
    • Broyer, peindre du blanc.
    • Une couche de blanc.
    • Blanc sale : couleur blanche dont l’apparence est terne, sans éclat.
    • Cette étoffe, ce papier sont d’un blanc sale.
    • Mets au blanc : mets accommodé à une sauce blanche.
    • Un plat de cardons, des laitues, un poulet au blanc.
  5. Silence au cours d’une conversation.
    • Seuls les poumons d’un train ou d’un bateau auraient pu lancer le cri des joies qu’avaient soulevées dans nos ventres les éclats de sa petite voix fatiguée et les halètements doux de ses blancs de parole. — (Réjean Ducharme, L’hiver de force, Gallimard, 1973, page 85)
  6. Lacune, oubli, absence, vide.
    • Il faut dire qu’il y a eu un blanc dans son mode d’emploi de la vie. — (Annie Ernaux, La femme gelée, 1981, réédition Quarto Gallimard, page 344)
  7. Espace vide, sur une feuille de papier, sur un formulaire réservé pour être rempli plus tard ou intervalle sur une page.
    • Le notaire a laissé des blancs dans le contrat pour y mettre les noms des contractants et la somme dont ils conviendront.
    • Laisser beaucoup de blanc entre le titre et la matière.
    • Devancé par tous les autres clercs, il s’empara bravement d’une déclaration très difficile à rédiger et à laquelle personne n’avait voulu mordre; mais il n’avait pas encore parcouru la moitié des titres qu’il fallait analyser, que son imagination prit encore une fois la clé des champs, et lorsqu’après une heure de travail, M. Dumon vint regarder par-dessus son épaule, afin de voir comment il se tirait d’affaire, […].
      — Tiens, s’écria le patron, vous m’avez fait l’ouvrage d’un
      blanc.
      — C’est que M. Guérin ne travaille pas comme un
      nègre, observa malicieusement le premier clerc. — (Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Charles Guérin, G.H. Cherrier, éditeur, Montréal, 1853, I, 5, page 74)
  8. (Par ellipse) (Œnologie) (Familier) Vin blanc ou un verre de ce vin
    • Le vin rouge succéda au vin blanc et fut loué congrûment lui aussi, puis le blanc refit de nouveau son apparition, mais cette fois sous la forme d’une bouteille cachetée. — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
  9. (Cuisine) Chair cuite de la poitrine de certains oiseaux.
    • Un blanc de poulet, de dinde, de chapon, de perdrix.
  10. Colorants de couleur blanche.
    • Blanc de céruse, blanc de plomb, blanc de Troyes, blanc de bourre, etc.
  11. (Désuet) (Canada) Linge de fil ou de coton blanc[2].
    • Magasin, vente de blanc.
  12. (Botanique) Nom vulgaire de certains champignons parasites (Oïdium) produisant des taches blanches à la surface des plantes, ainsi qu’à la maladie elle-même.
  13. (Vieilli) Anciennement, petite monnaie qui valait cinq deniers.
  14. Albumen, ellipse de blanc d’œuf.
    • Battre les blancs en neige.
  15. (Par métonymie) Correcteur liquide.
  16. (Figuré) Par exagération, extrême opposé à noir
    • Si vous lui dites blanc, il répondra noir, il se plaît à contredire.
  17. (Par ellipse) Blanc de fard : sorte de fard, de cosmétique qui fait paraître la peau blanche.
    • Cette femme met du blanc, a du blanc.
  18. (Agriculture) Maladie de végétaux caractérisée par des moisissures.
  19. (Sport) Partie d’une cible la plus rapprochée du centre, partie qui est peinte en blanc.
    • Tirer au blanc.
    • Donner, mettre dans le blanc.
    • Tirer de but en blanc.
  20. (Militaire) Interruption périodique et très brève d’une émission de brouillage afin de contrôler l’émission de l’adversaire pour suivre ses variations de fréquence ou interrompre le brouillage en temps voulu.
  21. (Dominos) Zéro, le domino vide : 🀱
  22. (Typographie) (Familier) Espace entre deux mots.
  23. (Relations internationales) (Militaire) Note blanche.

Nom commun

blanche \blɑ̃ʃ\ féminin

  1. (Musique) Figure de note dont la valeur est égale à la moitié de la ronde ; et valant elle-même deux noires, quatre croches, ou huit doubles-croches.
    • Quand j’entends cette chanson là sur les ondes
      De ma FM j’téléphone à ma femme
      Pour lui offrir ce collier de secondes
      Deux noires une blanche, une blanche une ronde.
      — (Robert Charlebois, Les Ondes)
  2. (Billard) (Par ellipse) Boule blanche.
    • Jouer sur la blanche.
  3. (Brasserie) Type de bière dont le moût est obtenu à partir d’un mélange d’orge et de froment et qui est en général filtrée partiellement avant l’embouteillage ce qui lui donne un aspect trouble typique.
  4. Femme ou fille dont la peau est claire. Féminin de blanc.
  5. (Familier) Eau-de-vie non vieillie en tonneau.
    • Démentirez-vous ce fait désolant que, dans certaines fermes, l’ouvrier agricole touche une partie de son pauvre salaire sous la forme de bouteilles de blanche, c’est à dire d’eau-de-vie ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  6. (Argot) Cocaïne.
    • Tu te fais des lignes de blanche avec ta carte black. — (Seth Gueko, Avocat libre, sur l’album Michto, 2011.)
  7. Pizza mozzarella.

Forme d’adjectif

blanche \blɑ̃ʃ\

  1. Féminin singulier de blanc.
    • J’ai vu la blanche écume venir doucement lécher le rivage et mourir dans la langueur d’une dernière étreinte avec le sable chaud… — (Marcus Malte, Aires, 2020)
    • La porte s’ouvre. Entre un homme d’une cinquantaine d'années vêtu d’un costume sombre et strict comme celui d’un clergyman, chemise blanche et cravate noire, un air de componction et de suffisance, le visage rose et les cheveux gris teintés de violet. — (Philippe Labro, Un Été dans l’Ouest, 2013)

Nom commun

blanche \blɑ̃ʃ\ féminin

  1. (Musique) Figure de note dont la valeur est égale à la moitié de la ronde ; et valant elle-même deux noires, quatre croches, ou huit doubles-croches.
    • Quand j’entends cette chanson là sur les ondes
      De ma FM j’téléphone à ma femme
      Pour lui offrir ce collier de secondes
      Deux noires une blanche, une blanche une ronde.
      — (Robert Charlebois, Les Ondes)
  2. (Billard) (Par ellipse) Boule blanche.
    • Jouer sur la blanche.
  3. (Brasserie) Type de bière dont le moût est obtenu à partir d’un mélange d’orge et de froment et qui est en général filtrée partiellement avant l’embouteillage ce qui lui donne un aspect trouble typique.
  4. Femme ou fille dont la peau est claire. Féminin de blanc.
  5. (Familier) Eau-de-vie non vieillie en tonneau.
    • Démentirez-vous ce fait désolant que, dans certaines fermes, l’ouvrier agricole touche une partie de son pauvre salaire sous la forme de bouteilles de blanche, c’est à dire d’eau-de-vie ? — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  6. (Argot) Cocaïne.
    • Tu te fais des lignes de blanche avec ta carte black. — (Seth Gueko, Avocat libre, sur l’album Michto, 2011.)
  7. Pizza mozzarella.

Forme d’adjectif

blanche \blɑ̃ʃ\

  1. Féminin singulier de blanc.
    • J’ai vu la blanche écume venir doucement lécher le rivage et mourir dans la langueur d’une dernière étreinte avec le sable chaud… — (Marcus Malte, Aires, 2020)
    • La porte s’ouvre. Entre un homme d’une cinquantaine d'années vêtu d’un costume sombre et strict comme celui d’un clergyman, chemise blanche et cravate noire, un air de componction et de suffisance, le visage rose et les cheveux gris teintés de violet. — (Philippe Labro, Un Été dans l’Ouest, 2013)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BLANC, ANCHE. adj.
Qui est de la couleur du lait, de la neige, etc. Marbre blanc. Satin blanc. Plume blanche. Papier blanc. Couleur blanche. Ruban blanc. Écharpe blanche. Cheveux blancs. Barbe blanche. Il se dit aussi de Plusieurs choses qui ne sont pas tout à fait blanches, pour les distinguer de celles de même espèce qui ne le sont pas tant, ou qui sont d'une autre couleur. Vin blanc. Poivre blanc. Sel blanc. Verre blanc. Bière blanche. Raisin blanc. Figues blanches. Mûrier blanc. Bois blanc. Métal blanc. Poisson blanc. Chair blanche. Avoir le teint blanc, la gorge blanche, les mains blanches, la peau blanche. La race blanche. Drapeau blanc, Drapeau qu'un des partis belligérants arbore lorsqu'il demande à capituler. Il se disait aussi de l'Ancien drapeau national de la France. Gelée blanche, Gelée qui, le matin, se forme de la rosée ou du brouillard congelé. Eau blanche, Eau dans laquelle on a jeté du son pour la faire boire aux chevaux. Il se dit, en termes de Médecine, d'une Liqueur formée d'un mélange d'eau et d'extrait de Saturne. Faire des lotions avec de l'eau blanche. Ver blanc, Larve du hanneton. Terme populaire. Papier blanc se dit d'un Papier sur lequel il n'y a rien d'écrit ou d'imprimé. Un feuillet de papier blanc. On dit de même Une page blanche. Un cahier blanc. Livre blanc, Livre dont tous les feuillets sont blancs. Bal blanc, Bal où ne sont invitées que des jeunes filles. Armes blanches, Armes offensives, comme épées, sabres, baïonnettes, etc., par opposition aux armes à feu. Se battre à l'arme blanche. Combat à l'arme blanche. On appelait autrefois aussi Armes blanches des Armes défensives qui n'étaient ni gravées, ni dorées, ni bronzées. Voix blanche, Voix claire mais qui manque de timbre. Sur Argent blanc, Bâton blanc, Bulletin blanc, Houille blanche, Magie blanche, Nuit blanche, Sauce blanche, Viande blanche. Voyez ARGENT, BÂTON, BULLETIN, etc.

BLANC, en termes de Jeu, désigne un Coup qui ne produit rien. Ainsi, Amener blanc, à certains jeux de Dés, se dit lorsque tous les dés présentent la face qui n'est marquée d'aucun point. Coup blanc se dit quelquefois pour Coup nul. On dit dans le même sens Chou blanc. Faire chou blanc, au jeu de Quilles, Ne rien abattre; figurément, et dans un sens général, Manquer son but, ne pas réussir. On dit de même Mariage blanc, Mariage qui n'a pas été consommé. Opération blanche, Opération qui n'a pas donné de résultat. Fig., Vers blancs, en termes de Versification, Vers non rimés. " Le Paradis perdu " de Milton est en vers blancs. En termes d'Administration forestière, Couper une forêt, faire une coupe à blanc estoc ou à blanc être, ou simplement à blanc, En couper tout le bois, sans y laisser de baliveaux. On dit dans le même sens Coupe blanche. On dit aussi Couper un arbre à blanc estoc, Le couper au pied sur la souche. Prov. et fig., Se faire tout blanc de son épée, se faire blanc de son épée, Locution empruntée aux duels judiciaires du moyen âge et qui signifiait Répondre à une accusation, se justifier d'une accusation par l'épée, par la force. Elle signifie, par extension, Se prévaloir de sa force, se vanter de faire quelque chose en se supposant un pouvoir ou un crédit qu'on n'a pas. On dit dans ce sens Faire blanc de son épée. Prov., Rouge soir et blanc matin, ou Rouge au soir et blanc au matin, c'est la journée du pèlerin, Quand le ciel est rouge le soir et blanc le matin, c'est ordinairement un indice qu'il fera beau temps.

BLANC signifie aussi Qui est propre, par opposition à Sale. Linge blanc. Ces draps ont servi, ils ne sont pas blancs. Chemise blanche. Nappe blanche. Serviette blanche. Blanc de lessive se dit du Linge propre, tel qu'il est au sortir de la lessive. Ces draps, ces rideaux sont blancs de lessive. Fig. et fam., Sortir d'une accusation, d'une affaire blanc comme neige, ou simplement Sortir blanc d'une affaire, Être déclaré innocent, être acquitté par un arrêt ou un jugement, en matière criminelle ou correctionnelle.

BLANC s'emploie aussi comme nom et désigne la Couleur blanche et Ce qui est de cette couleur. Le blanc à côté du noir en a plus d'éclat. Cette couleur tire sur le blanc. Blanc mat. Le blanc est le symbole de l'innocence. S'habiller de blanc. Ne porter que du blanc, que des vêtements blancs. Être en blanc. Il y a autant de différence de l'un à l'autre que du blanc au noir. Vouer un enfant au blanc, Faire vœu qu'un enfant sera entièrement vêtu de blanc, jusqu'à tel âge, en l'honneur de la Sainte Vierge. On dit aussi Se vouer au blanc. Il désigne particulièrement la Couleur ou Matière blanche que les peintres, les maçons, etc., emploient pour rendre une surface blanche. Blanc de plomb. Blanc de céruse. Broyer du blanc. Peindre en blanc. Une couche de blanc. Blanc de lait, blanc de perles, Nuance du blanc semblable à celle du lait, des perles. Blanc sale, Couleur blanche dont l'apparence est terne, sans éclat. Cette étoffe, ce papier sont d'un blanc sale. Fig. et fam., Aller, passer, changer du blanc au noir, Passer d'une opinion à l'opinion contraire, passer d'une extrémité à l'autre. Fig. et par exagération, Si vous lui dites blanc, il répondra noir, Il se plaît à contredire. Fam., Mettre du noir sur du blanc, Écrire, composer. Depuis qu'il met du noir sur du blanc, il se croit un personnage. Par exagération, Saigner quelqu'un jusqu'au blanc, Le saigner abondamment, jusqu'à ce que le sang qui sort de la veine perde de sa couleur rouge. On dit plutôt aujourd'hui Saigner à blanc. Figurément, Saigner à blanc signifie Exploiter, pressurer une personne, un peuple, d'une façon violente et inique. Mets au blanc, Mets accommodé à une sauce blanche. Un plat de cardons au blanc. Des laitues au blanc. Poulet au blanc. Chauffer à blanc. Voyez CHAUFFER. Poudré à blanc, Extrêmement poudré, de manière que la poudre cache entièrement la couleur des cheveux. Il a gelé à blanc, Il y a eu une gelée blanche. Le blanc de l'œil, La partie de l'œil qui paraît blanche et qu'en termes d'Anatomie on appelle la SCLÉROTIQUE. Fig. et fam., Ils se sont mangé le blanc des yeux, Ils se sont fortement querellés. Regarder quelqu'un dans le blanc des yeux, Le regarder fixement, avec assurance ou impudence. Rougir jusqu'au blanc des yeux, Rougir beaucoup. Blanc d'œuf, Substance glaireuse de l'œuf qui entoure le jaune et qui devient blanche par la cuisson. Un blanc d'œuf. Le blanc d'un œuf. Battre des blancs d'œufs. Blanc de chapon, blanc de poulet, blanc de perdrix, La chair de l'estomac de ces oiseaux quand elle est cuite. Blanc de baleine, ou Sperma ceti, Matière grasse, blanche et cristalline que l'on retire du tissu cellulaire interposé entre les membranes du cerveau de certaines espèces de cachalots. Le blanc de baleine sert à faire des bougies demi-diaphanes. Blanc de fard, ou simplement Blanc, Sorte de fard, de cosmétique qui fait paraître la peau blanche. Cette femme met du blanc, a du blanc. Blanc d'Espagne, Craie pulvérisée. Le blanc d'Espagne est de la même nature que le marbre. Blanc de chaux, Eau dans laquelle on a délayé de la chaux et dont on peint les murailles. Faire un blanc de chaux. Donner un blanc de chaux à une muraille. Blanc de céruse ou Blanc de plomb, Sous-carbonate de plomb. Blanc de zinc, Oxyde de zinc.

BLANC désigne aussi les Étoffes de fil ou de coton blanc. Maison de blanc, Maison de commerce où l'on ne vend que des tissus de cette sorte. Le commerce du blanc. Exposition de blanc. En termes d'Imprimerie, il se dit d'un Intervalle plus grand que les espaces ou les interlignes ordinaires. Une ligne de blanc. Laisser beaucoup de blanc entre le titre et la matière. Il se dit encore d'un Espace réservé dans une pièce d'écriture pour être rempli plus tard. Le Code ne permet pas que les actes de l'état civil renferment aucun blanc. Le notaire a laissé des blancs dans le contrat pour y mettre les noms des contractants et la somme dont ils conviendront. En transcrivant ce manuscrit, le copiste a réservé un blanc pour une ligne qu'il n'a pas pu lire. On dit de même Laisser une ligne, deux lignes en blanc. Procuration en blanc, Procuration où le nom de celui qui doit en être chargé est laissé en blanc. Il se dit encore, en termes d'Agriculture, d'une Maladie de végétaux caractérisée par des moisissures. Il désigne encore la Partie d'une cible la plus rapprochée du centre, partie qui est peinte en blanc. Tirer au blanc. Donner dans le blanc. Mettre dans le blanc. Tirer de but en blanc. Voyez BUT.

BLANC, ANCHE, se dit en outre, comme nom, des Races d'hommes qui ont le teint blanc, ou même olivâtre, à la différence de celles qui l'ont noir, jaune ou rouge. Cet enfant est fils d'un blanc et d'une négresse. Il est né d'une blanche et d'un nègre. Il y a, dans cette colonie, moins de blancs que d'hommes de couleur. Traite des blanches, Racolage de femmes ou de jeunes filles en vue de la prostitution.

BLANCHE, n. f. s'emploie spécialement, en termes de Musique, pour désigner la Note qui vaut la moitié d'une ronde ou deux noires. Il s'emploie aussi, en termes de jeu de Billard, par abréviation de Bille blanche. Jouer sur la blanche.

Littré (1872-1877)

BLANC (blan, blan-ch' ; le c ne se lie pas : blanc et noir, dites : blan et noir ; excepté dans cette locution où d'ordinaire on le fait entendre : du blanc au noir, dites : du blan-k au noir ; l's au pluriel se lie : blancs et noirs, dites : blan-z et noirs. Palsgrave au XVIe siècle dit qu'on prononce blan ; et au XVIIe, Chifflet recommande de ne pas prononcer le c final, même devant une voyelle) adj.
  • 1Qui est de la couleur du lait, de la neige, des pétales de la marguerite. Blanc comme la neige. Cheveux blancs. Dents blanches. Barbe blanche. Vêtement blanc. Robe blanche. Gelée blanche. Suivre de loin de blanches voiles, Voir au ciel briller les étoiles Et sous l'herbe les vers luisants, Hugo, F. d'aut. 25. … Quand, selon ta prière, Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, Malherbe, VI, 18.

    Eau blanche, eau dans laquelle on a mis du son pour faire boire les chevaux.

    Terme de pharmacie. Eau blanche, eau dans laquelle on a mis de l'acétate de plomb ou extrait de Saturne.

  • 2 Par analogie, il se dit de toutes choses dont la couleur se rapproche du blanc. Du vin blanc. Pain blanc. De la bière blanche. Un teint blanc.

    Viande blanche, le veau, la volaille, le lapin, par opposition à la viande noire ou gibier.

    Sauce blanche, sauce faite avec de la farine et du beurre qu'on n'a pas fait roussir.

  • 3Propre, net. Mains blanches. Chemise blanche.

    Fig. Mettre quelqu'un en beaux draps blancs, le mettre dans l'embarras : dit par ironie ; car mettre dans des draps blancs, c'est bien mettre.

    En termes de marine, cordage blanc, cordage qui n'a pas été goudronné.

    Fer-blanc, tôle recouverte d'étain.

    Argent blanc, monnaie blanche, toute sorte de monnaie d'argent.

    Arme blanche, toute arme offensive autre que les armes à feu.

  • 4Qui n'est pas assez noir, assez foncé. L'encre devient blanche.
  • 5Sur quoi l'on n'a pas écrit. Papier blanc. Aussi blanche est la page où je notai mes jours ; Qu'aurais-je-écrit ?…, Lamartine, Joc. II, 56.

    Fig. Ah ! grâce aux passions que mon cœur se retranche, Puisse toute ma vie être une page blanche ! Lamartine, ib.

    Fig. Donner carte blanche à quelqu'un, lui laisser toute liberté. Carte blanche, papier non écrit où l'on met ce que l'on veut.

    Terme de jeu. Cartes blanches, cartes parmi lesquelles il n'y a pas de figures. J'avais cartes blanches.

    Armes blanches. C'étaient jadis les armes d'un jeune chevalier dont l'écu n'était chargé d'aucune armoirie.

    Blanc seing, voy. BLANC-SEING.

    Blanc signé, voy. BLANCSIGNÉ.

  • 6Vers blancs, vers qui ne riment pas. Poëme en vers blancs. Les vers blancs sont inusités dans la poésie française.
  • 7Au jeu de quilles, faire chou blanc, ne rien abattre ; et, au figuré, ne pas réussir.
  • 8Nuit blanche, nuit passée sans sommeil. J'ai passé trois nuits blanches. Dans ce beau bois… nous avons des nuits blanches comme à Sceaux, Voltaire, Lett. vers, 6. Peut-être cette locution provient-elle du jeu où l'on fait chou blanc, où l'on amène blanc : nuit blanche, nuit où l'on n'a pas réussi à gagner du sommeil.
  • 9 Fig. Innocent. Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir, La Fontaine, Fab. VII, 1.

    Sortir d'une affaire blanc comme neige, s'en tirer d'une manière tout à fait honorable. Mais n'est hérétique qui ne veut ; il n'y a qu'à partager le différend et donner une distinction ; quelle qu'elle soit, intelligible ou non, elle rendra un homme blanc comme de la neige, Montesquieu, Lett. pers. 29.

    Très familièrement. Il n'est pas blanc, il sera puni, blâmé.

    Fig. Se faire blanc de son épée, proprement, se justifier par son épée, comme on faisait dans les combats judiciaires, et, par suite, se prévaloir d'un crédit, d'un pouvoir qu'on n'a pas. Et se faisant tout blanc de son épée, La Fontaine, Diable.

  • 10 Terme d'eaux et forêts. Coupe à blanc être, coupe de bois où l'on ne réserve ni taillis ni baliveaux. On dit dans le même sens : coupe à blanc estoc, et coupe blanche.
  • 11Substantivement, un blanc, une blanche, homme, femme appartenant à la race blanche. Un blanc et un nègre ; une blanche et une négresse. Il y a sept lunes que les blancs de la Virginie se sont emparés de nos terres, Chateaubriand, Atala, 319.
  • 12Terme des troubles révolutionnaires de France. Un blanc, un homme du parti du drapeau blanc, de l'ancienne monarchie, de la dynastie des Bourbons.

    Dans l'antiquité, faction des blancs, une des deux factions secondaires du cirque à Rome et à Constantinople.

    Dans le moyen âge, les Gibelins de Florence.

PROVERBES

C'est bonnet blanc et blanc bonnet ; c'est-à-dire il n'y a pas de différence.

Il a mangé son pain blanc le premier ; c'est-à-dire il a été heureux d'abord, il ne l'est plus.

Rouge soir et blanc matin, c'est la journée du pèlerin ; c'est-à-dire, quand le ciel est rouge le soir et blanc le matin, la journée ordinairement sera belle.

HISTORIQUE

et ÉTYM. Voy. le suivant.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. BLANC.
9Ajoutez :

Au lieu de : Se faire blanc de son épée, on dit aussi elliptiquement : Se faire blanc de, se prévaloir. Vous vous êtes fait tout blanc d'Aristote et d'autres auteurs que vous ne lûtes ou n'entendîtes peut-être jamais, et qui vous manquent tous de garantie, Corneille, Lettre à Scudéri, dans Classiques français de G. Merlet, 1868, p. 27.

11Ajoutez :

Petit blanc, se disait, dans les colonies à esclaves, d'hommes blancs mais de petite condition. Dans le Sud, au-dessous de la classe riche, mais fort au-dessus des noirs esclaves ou affranchis, existait une classe spéciale, les petits blancs ou blancs pauvres, qui avaient bien des points de ressemblance avec la plebs de l'ancienne Rome, Edm. Villetard, Journ. offic. 9 août 1874, p. 5728, 1re col.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

BLANC, adj. pris subst. (Physiq.) l’une des couleurs des corps naturels. Voyez Couleur.

On ne peut pas dire exactement que le blanc soit une couleur simple & unique, car c’est le composé de toutes les couleurs ; ainsi que l’a prouvé M. Newton, qui a fait voir que les corps ne paroissent blancs qu’autant qu’ils refléchissent des rayons de toutes les couleurs. Voyez Couleur.

Les corps noirs s’échauffent plus aisément que les blancs, par la raison qu’ils absorbent les rayons de toutes les couleurs ; au lieu que les blancs en renvoyent de toute espece. Voyez Noir.

C’est ce qui fait qu’un papier noir est plûtôt enflammé qu’un papier blanc, lorsqu’on le présente au miroir ardent, & que les étoffes noires que les teinturiers exposent au soleil, sont bien plûtôt seches que les blanches. Voyez Chaleur. (O)

* Blanc, (couleur en Peinture.) Le plus commun est celui qu’on appelle blanc d’Espagne ou de Roüen : on le trouve chez les épiciers-droguistes par gros pains. Ce n’est qu’une terre ou marne blanche qui se fond très-facilement dans l’eau. Pour la purifier & lui ôter tout le gravier qui y est mélé, on la fait fondre ou dissoudre dans de l’eau claire dans quelque vaisseau bien net ; ce qui se fait trés-facilement sans aucune manipulation. Quand elle est dissoute avec beaucoup d’eau, on la remue bien, & on la laisse reposer un peu de tems, pour que tout le gravier tombe au fond du vaisseau : alors on verse toute l’eau blanche dans des vaisseaux bien nets, & on la laisse reposer jusqu’à de que l’eau soit devenue claire, & que tout le blanc soit tombé au fond du vaisseau : on ôte ensuite toute l’eau du vaisseau sans agiter le fond ; & quand elle est presque seche, on la met en pains, qu’on laisse sécher à l’air. Ce blanc est d’un grand usage pour la détrempe : mais il ne peut servir à l’huile, parce qu’il manque de corps quand il y est mêlé.

Le blanc qu’on appelle craie, est à-peu-près de la même nature, à la réserve qu’il est plus dur, & qu’on s’en sert en quelques lieux pour bâtir : mais on peut le réduire comme la marne. Ce blanc s’appelle blanc de craie.

Il y a un troisieme blanc fort commun ; c’est du marbre blanc bien pulvérisé : on ne l’employe que dans la peinture à fresque.

Blanc de plomb ou Céruse, est une sorte de rouille que donne le plomb, ou plûtôt c’est du plomb dissous par le vinaigre. Cette couleur est d’un grand usage pour les Peintres. Voyez Plomb.

Le blanc de plomb ou blanc de céruse, est un blanc parfaitement beau. Dans les ouvrages à détrempe, où il y a plusieurs teintes ou nuances à faire, on mêle le blanc de plomb avec le blanc de Roüen ; car il a plus de corps, & se travaille plus facilement. Mais pour la peinture à l’huile, on n’employe que du blanc de plomb.

On a deux manieres de faire le blanc de plomb : dans la premiere on réduit le plomb en lames minces qu’on trempe dans du vinaigre fort, & qu’on gratte tous les jours pour en ôter la rouille formée sur la surface ; répetant cette opération jusqu’à ce que le plomb ait entierement disparu : dans la seconde, on forme avec les petites lames de plomb des rouleaux semblables à des rouleaux de papier, en observant seulement de laisser un peu d’espace entre chaque feuille du rouleau ; on suspend ces lames dans le milieu d’un pot de terre, au fond duquel est du vinaigre ; on ferme ensuite exactement ce pot, & on l’enferme dans du fumier pendant trente jours, après quoi on l’ouvre, & on y trouve le plomb comme calciné & réduit en ce qu’on appelle céruse ou blanc de plomb ; on le divise en monceaux, & on le fait sécher au soleil.

On se sert du blanc de plomb dans la peinture à l’huile & dans la peinture en détrempe. La couleur qu’il donne est belle, mais il est un peu dangereux pour ceux qui le broyent & pour ceux qui l’employent, parce qu’il peut être mis au rang des poisons : il leur occasionne une maladie appellée colique de plomb. Voyez Couleur.

Le blanc de plomb est aussi un cosmétique : les femmes s’en servent pour se blanchir la peau ; on en fait le fard. Les revendeuses à la toilette font ce blanc de plomb en mettant du vinaigre & de l’orge perlé le plus beau, dans un vaisseau qui ait un couvercle de plomb. Elles placent le tout dans cet état dans un lieu chaud : la vapeur du vinaigre calcine le plomb, & fait un blanc que ces femmes détachent pour leur commerce : elles prétendent que l’orge qu’elles joignent au vinaigre, empêche que le blanc de plomb n’ait de mauvais effets. Celles qui n’ont pas le moyen d’avoir cette espece d’orge perlé, qui est la plus chere, y substituent le riz. (M)

La céruse ne doit être autre chose que le blanc de plomb broyé, si elle est bien pure : mais elle peut être mêlangée avec une partie du blanc de Roüen ou de craie, sans qu’on puisse s’en appercevoir facilement, si ce n’est par la suite ; car après qu’elle a été employée à l’huile, elle noircit. On peut absolument reconnoître si elle est mêlangée, parce que si l’huile avec laquelle on l’a broyée n’est pas vieille, & que le blanc soit gras, cela vient de la craie. C’est pourquoi ceux qui veulent avoir de beau blanc de plomb pour la peinture à l’huile, doivent toûjours le faire broyer quand il est en écaille.

Blanc, ou Magistere de Bismuth, (Chimie.) Voici, suivant M. Pott, la meilleure façon de le faire : on prend une partie de régule de bismuth pulvérisé, on verse par-dessus bien doucement & à plusieurs reprises deux parties d’esprit de nitre bien pur & bien dégagé de l’acide vitriolique, pour que le magistere soit bien blanc ; car sans cela il prendroit une couleur grise ; on prend garde qu’il n’arrive point d’effervescence. Peu de tems après la solution, il se formera des crystaux blancs ; ou si on ne veut pas attendre la formation de ces crystaux, on n’aura qu’à précipiter la solution avec huit parties d’eau claire toute pure ; on fait par là tomber une chaux blanche, qu’on lave dans plusieurs eaux pour l’édulcorer ; on la fait sécher ensuite à l’ombre : car si on le faisoit au soleil ou au feu, la chaux perdroit de sa blancheur. Si on met cette chaux calciner, elle devient blanche & brillante comme du talc folié ; c’est ce qu’on appelle blanc de bismuth, blanc d’Espagne, ou blanc de perles. Cette chaux est regardée comme un grand cosmétique ; on s’en sert comme d’un fard pour cacher les difformités du visage, & on prétend qu’elle blanchit le teint.

Lorsqu’on veut employer cette chaux pour des usages de medecine, on la met en distillation avec de l’eau-forte affoiblie par moitié ou plus d’eau commune, ou bien l’on en fait plusieurs cohobations avec l’esprit de vin. Cela produit, suivant quelques-uns, un bon remede pour les maladies inflammatoires : mais il vaut mieux de s’en défier à cause de l’arsénic qui est toûjours attaché au bismuth, & qui ne peut guere produire de bons effets dans le corps humain. Lorsqu’on applique extérieurement cette chaux, on trouve qu’elle est dessiccative, astringente, & propre à nettoyer les ulceres ; on en vante aussi beaucoup l’usage pour les maladies de la peau, comme galle, rougeurs, dartres & boutons, après avoir préalablement préparé le corps par des purgations. On la mêle pour cet effet avec des pommades ou du beurre de cacao, ou de l’eau-rose ; mais ce remede ne laisse pas d’endommager la peau à la longue, c’est pourquoi il vaut mieux en bannir entierement l’usage même extérieur.

Les fleurs de bismuth se tirent, suivant M. Lemery, en réduisant le bismuth en poudre, & y mêlant partie égale de sel ammoniac : on met ces deux matieres sur le feu, & il se fait une sublimation ; on prend ce qui a été sublimé, on le dissout dans de l’eau, on précipite la solution avec de l’esprit de sel ammoniac, ou de l’huile de tartre ; il tombe au fond une poudre blanche qu’on appelle fleur ou sucre de bismuth ; on s’en sert pour les mêmes usages que le magistere précédent. (—)

Blanc des Carmes ; ce blanc n’est autre chose que de la chaux de Senlis fort blanche & passée dans un tamis très-fin. Quand elle est claire comme du lait, on en donne cinq ou six couches : mais il faut que chacune de ces couches soit bien seche avant que d’en appliquer une nouvelle ; il faut aussi les bien frotter avec la brosse ; après cela on frotte l’ouvrage avec une brosse de poil de sanglier, ou avec la paume de la main ; c’est ce qui lui donne ce luisant qui en fait tout le prix.

On fait dans les Indes un blanc plus pur encore & plus luisant avec de la chaux vive mêlée avec du lait & du sucre, dont on enduit les murailles que l’on polit avec une pierre d’agate. Cet enduit les rend d’un poli qui imite la glace, & dont le plus beau blanc des Carmes n’approche pas.

Blanc, (chez les Batteurs d’or.) ce n’est autre chose que de l’argent dont ils allient quelquefois l’or, malgré l’infidélité qu’il y a & le danger de ne pouvoir plus le travailler & le mettre en feuilles. Voyez Batteur d’or.

Blanc, (en terme de Doreur sur bois.) se fait avec du plâtre bien battu qu’on sasse à un tamis très-fin, & qu’on affine à force de le noyer dans de l’eau. On en forme ensuite des pains qu’on laisse sécher ; on le délaye avec de l’eau pour s’en servir, & on l’applique à plusieurs couches sur les ouvrages destinés à être dorés, afin de remplir les traits des outils, & rendre la dorure égale & unie. Voyez Blanchir.

Blanc, donner le blanc, (chez les Fayenciers.) c’est couvrir le biscuit de l’émail de la fayence. Voyez Fayence.

Blanc, (chez les Fondeurs en lettres d’Imprimerie.) les blancs font partie du moule à fondre les caracteres d’Imprimerie, & en sont les deux principales pieces ; elles forment le corps du caractere : par exemple, si c’est un moule pour fondre du cicero, les blancs sont juste de l’épaisseur du corps de cicero. Voyez Corps. Ces blancs sont égaux entre eux & arrêtés sur la longue piece d’un bout par une vis, & de l’autre par une piece qu’on nomme potence, qui traverse ce blanc, la longue piece & la platine par un trou quarré, pratiqué égal dans ces trois pieces, dont cette potence remplit les vuides, & est fortement arrêtée par-dessous la platine avec une vis & un écrou qui les unit ensemble ; toutes ces parties sont de fer. Voyez Longue piece, Platine.

Blanc a encore une autre acception, chez les mêmes ouvriers : on dit des lettres en fonte qu’elles ont blanc dessus, dessous, ou dessus & dessous : une m, par exemple a blanc dessus & dessous, & le corps de cette lettre doit être coupé de ces deux côtés ; un b n’a blanc que dessous, parce que le trait s’éleve au-dessus de ceux de l’m ; on ne le coupe par conséquent que dessous : le q dont le trait occupe la partie inférieure du corps a blanc dessus, & se coupe de ce côté. Ainsi des autres lettres, dont les traits occupent les parties supérieures ou inférieures du corps ; les places vuides s’appellent blancs, & se coupent pour laisser l’œil isolé, & que rien ne nuise à l’impression. Voyez Couper.

On appelle encore blanc, des reglettes minces de fonte ou de bois que l’on met à l’Imprimerie entre chaque ligne de caractere, pour les éloigner un peu les unes des autres, & laisser par-là plus de blanc entre elles ; ce qui se fait ordinairement pour la poësie.

On dit une fonte portant son blanc, lors qu’un caractere est fondu sur un corps plus fort qu’il n’a coûtume d’être ; comme lorsqu’on fond le caractere de petit-romain sur le corps de cicero. Cet œil de petit-romain qui se trouve par-là sur un corps plus fort qu’il n’a coûtume d’être, laisse entre les lignes plus de blanc que s’il étoit fondu sur son corps naturel : cela évite d’ajoûter des choses étrangeres pour écarter les lignes, & est beaucoup plus propre & plus sûr. Voyez Corps.

Blanc, chez les Facteurs d’orgue, est une composition dont ils se servent pour blanchir les parties qu’ils veulent souder ; c’est un mêlange de colle, d’eau, & de blanc d’Espagne. Pour faire le blanc propre à blanchir les soudures, on met de l’eau dans une terrine, dans laquelle on jette du blanc d’Espagne réduit en poudre, voyez l’article Blanc : on met ensuite la terrine sur le feu, qui ne doit point échauffer la composition jusqu’à la faire bouillir, ce qui la rendroit inutile. On verse ensuite dedans un peu de colle fondue, que l’on mêle bien avec la composition, qui se trouve ainsi achevée. Pour en faire l’essai, on en met un peu sur une bande d’étain poli : si le blanc s’écaille, c’est une marque qu’il est trop collé, s’il s’efface, on connoît qu’il n’a pas assez de colle. Il vaut mieux mettre de la colle petit-à-petit, que d’en mettre trop, parce qu’il faudroit remettre de l’eau & du blanc, & faire rechauffer le mêlange, que l’on connoît être bon, lorsqu’en tortillant le morceau d’étain sur lequel on fait l’essai, il ne s’écaille ni ne s’efface point.

Autrement, prenez du blanc d’Espagne réduit en poudre dans une terrine de terre vernissée ; versez dessus du vinaigre en quantité suffisante pour détremper le blanc, vous aurez une composition qui n’a point besoin d’épreuve. Pour employer ce blanc, qui ne s’écaille ni ne s’efface jamais, il faut en prendre avec un pinceau, & passer ce pinceau sur les vives ou arrêtes des pieces que l’on veut souder, en sorte qu’elles en soient couvertes. On met une seconde couche sur l’étain, après que la premiere est sechée, ensuite on gratte, avec la pointe à gratter, le blanc & même la surface des pieces à souder, dans tout l’espace que l’on veut que la soudure occupe. Après que les pieces sont soudées, on fait chauffer de l’eau dans un chaudron, dans laquelle on trempe un linge, avec lequel on lave la soudure & le blanc, que l’on ôte par ce moyen. Lorsque ce sont des tuyaux d’étain que l’on soude, il faut qu’ils soient blanchis en-dedans pour empêcher la soudure d’y entrer. Lorsqu’on veut ôter le blanc qui est dedans les tuyaux où l’on ne peut pas fourrer la main, on attache au bout d’une baguette un linge, avec lequel on emporte le blanc que l’on veut ôter.

Blanc, en terme de Pratique, se dit en quelques phrases pour l’endroit d’un acte qui est resté non-écrit. C’est en ce sens qu’on dit qu’on a laissé deux, trois ou quatre lignes de blanc, qu’on a laissé un nom en blanc. (H)

Blanc, s. f. (Commerce.) petite monnoie de cuivre qui avoit autrefois cours en France, de la valeur de cinq deniers. Selon le prix réel du marc d’argent, le billon dont on fabriquoit les blancs avoit plus ou moins de titre. Le blanc n’a pas de cours dans le commerce, il n’y a plus que le bas peuple qui se sert de l’expression six blancs, pour marquer le prix de trente deniers.

Blanc, (Jardinage.) maladie qui survient aux concombres : on la remarque aussi dans l’œillet. Ce n’est autre chose qu’une altération dans les fibres de leurs fannes ou de leurs bras, qui n’étant plus en état de recevoir le suc qui les nourrit, les fait périr sans qu’on puisse y remédier. C’est une espece de rouille blanche, telle qu’on en voit sur les laitues, les chicorées, les melons, & les blés. Cette maladie vient d’une trop grande sécheresse, d’une mauvaise exposition, d’un arrosement fait mal-à-propos, de brouillards, & des nuits froides : une grande attention peut en garantir ces plantes. (K)

* Blanc-bois, (Œconomie rustiq.) on comprend sous ce nom tous les arbres qui ont non-seulement le bois blanc, mais encore léger & peu solide : tels sont le saule, le bouleau, le tremble, l’aune. Mais le châtaigner, le tilleul, le frêne, le sapin, &c. sont bois-blancs & non blancs-bois, parce que, quoique blanchâtres, ils sont fermes & propres aux grands ouvrages. Les blancs-bois viennent vîte, même en des terreins mauvais : mais ils n’ont point de consistance, ne sont bons qu’à de petits ouvrages, & ne peuvent entrer que pour un tiers au plus dans les bois à brûler.

* Blanc-en bourre, (Œconomie rustiq.) espece d’enduit fort en usage à la campagne ; il est fait de terre, & recouvert de chaux mêlée de bourre. On l’applique aux murs des granges, des bergeries, &c.

* Blanc-étoc ou Blanc-être, (Œconom. rust.) Couper une forêt à blanc-étoc ou blanc-être, c’est l’abattre sans y laisser ni baliveaux ni autres arbres retenus, ce qui est défendu sous peine de trois cents livres d’amende, à moins qu’on n’ait fait déclaration des baliveaux qu’on veut couper, au greffe de la maîtrise des eaux & forêts, dont les bois sont ressortissans, afin que les officiers puissent renonnoître avant la coupe l’âge & la qualité des baliveaux qu’on veut abattre. Cette loi s’étend aux taillis comme aux futaies.

Blanc-manger, (Pharmacie.) espece de gelée, dont Fuller donne la préparation suivante : Prenez quatre pintes de lait, les blancs d’un chapon bouilli, amandes douces blanchies, deux onces ; battez le tout ensemble, & faites-en une forte expression : faites bouillir l’extrait sur le feu, avec trois onces de farine de riz : lorsque le tout commencera à se coaguler, ajoûtez sucre blanc, huit onces, eau de roses rouges, dix cuillerées : mêlez bien le tout ensemble.

Cette composition est salutaire dans les consomptions, dans les gonorrhées, & dans d’autres maladies où l’on doit se proposer de corriger les humeurs & d’en tempérer l’acrimonie. (N)

Blancs-manteaux, s. m. pl. (Hist. ecclés.) c’est le nom qu’on donna aux religieux de l’ordre des Servites ou Serviteurs de la sainte Vierge mere de Jesus-Christ, à cause qu’ils avoient des habits & des manteaux blancs. Cet ordre avoit été institué à Marseille, & fut confirmé par le pape Alexandre IV. l’an 1257 ; & comme ils s’établirent à Paris, dans la rue de la vieille Parcheminerie, cette rue & le monastere ont depuis retenu le nom de Blancs-manteaux, quoique ce monastere ait été donné, dès l’an 1298, aux religieux Guillelmites, qui avoient des manteaux noirs, & que les religieux Bénédictins de Cluni, qui sont habillés de noir, y soient entrés en 1618, par la cession que leur en firent les Guillelmites de France, non sans opposition de la part de leur général. Les Bénédictins de Cluni l’ont encore cedé depuis aux Bénédictins de la congrégation de saint Maur, qui en sont presentement en possession. Du Breuil, Antiquit. de Paris. (G)

* Cette maison est aujourd’hui remplie de religieux très-savans & d’un grand mérite, auteurs d’ouvrages fort estimables & fort utiles ; comme l’art de vérifier des dates, qui a été si bien reçû du public ; la nouvelle Diplomatique, la collection des Historiens de France, &c. Nous saisissons avec plaisir cette occasion de célebrer leurs talens & leurs travaux.

Blanc de baleine, (Medecine.) matiere grasse & onctueuse, qui se tire de la tête & d’autres parties d’une espece de baleine. C’est un très-bon expectorant. Voyez Baleine & Cachalot.

Blanc de l’œil, (en Anatomie.) c’est la premiere tunique ou enveloppe de l’œil ; on l’appelle aussi l’albuginée, & on lui donne encore le nom de conjonctive, à cause qu’elle sert à unir les paupieres aux globes de l’œil. Voyez Conjonctive & Œil. (L)

Blanc d’œuf, c’est cette partie visqueuse & blanchâtre qui enveloppe le jaune, quand l’œuf est cru, & qui est consistante & blanche quand il est cuit : on l’employe, en Medecine, en qualité de glutineux & d’astringent. Dans cette vûe on le mêle souvent avec le bol d’Arménie, &c. pour empêcher l’enflure des parties qui ont souffert quelque violence, & pour rendre aux fibres leur ressort & leur élasticité ; c’est ce qu’on appelle un défensif. Il entre aussi dans quelques mêlanges pour consolider les plaies récentes & prévenir l’hemorrhagie. (N)

On se sert du blanc-d’œuf, chez les Relieurs-doreurs, pour englairer deux ou trois fois avec une éponge très-fine, les dos, & les autres endroits, avant d’y appliquer l’or, lorsque le blanc-d’œuf est sec. On dit passer au blanc-d’œuf. On se sert encore du blanc-d’œuf pour donner du lustre aux couvertures. Quand le livre est entierement achevé, on passe légerement une éponge fine trempée dans le blanc-d’œuf sur toute la couverture, & quand il est sec on y passe le fer à polir. Voyez Fer à polir & Polir

Blanc-signé ou Blanc-seing, s. m. en termes de Commerce, est un papier sur lequel on n’a mis que sa signature. Les blancs-signés ne se confient ordinairement qu’à des arbitres ou à des amis, pour les remplir de ce qu’ils jugeront à propos pour terminer quelque contestation ou procès, ou à des personnes de la probité desquelles on est extrèmement sûr. (G)

* Blanc (le), Géog. petite ville de France, en Berry, sur la Creuse. Longitude 18. 43. latitude 46. 38.

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Étymologie de « blanc »

Le bas-latin *blancus est postulé par les langues romanes[1] : blanco en espagnol, bianco en italien, branco en portugais, du vieux-francique *blank (« clair » → voir bleu), qui a remplacé le latin albus, candidus → voir blond, brun, fauve et gris pour d’autres noms de couleur empruntés au germanique.
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Phonétique du mot « blanc »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
blanc blɑ̃

Évolution historique de l’usage du mot « blanc »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « blanc »

  • Raciste, moi raciste ? En tout cas ma fille épouse un homme blanc, bien blanc !... Il est riche comme moi et catholique comme tout le monde. De Gérard Oury / Les Aventures de Rabbi Jacob
  • Il n’y a dans la nature que du noir et du blanc. De Francisco de Goya
  • L’alcool est blanc mais rougit le visage, l’or est jaune mais noircit le coeur. De Proverbe chinois
  • Même le pain blanc, s'il est rassis, fait des croûtons et perd sa mie. De Anonyme
  • Au matin, bois le vin blanc. Le rouge au soir, pour faire le sang. De Proverbe bourguignon
  • Ecrire, c'est déjà mettre du noir sur du blanc. De Stéphane Mallarmé
  • Une femme toute de blanc vêtue ne sera jamais trop belle. De Jane Austen
  • Qu’il soit noir, qu’il soit blanc, chaque chèvre aime son chevreau. De Proverbe breton
  • Le blanc sonne comme un silence, un rien avant tout commencement. De Vassily Kandinsky
  • On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler. De Proverbe africain
  • […] Les teintes inimitables du blanc qui fuient à perte de vue dans le blanc. Henri Bernardin de Saint-Pierre, Études de la nature
  • Même le lilas blanc a une ombre. De Proverbe français
  • Le blanc n’oublie pas l’Europe. De Proverbe mongol
  • Quand les Verts voient rouge, ils votent blanc. De Raymond Devos
  • Le savon est gris, mais il lave blanc. De Proverbe russe
  • Le papillon blanc annonce le printemps. De Proverbe français
  • Face au retentissement mondial des manifestations antiracistes, le géant français des cosmétiques a décidé de modifier son vocabulaire pour désigner ses produits qui blanchissent la peau. Franceinfo, Racisme : six questions sur le retrait des mots "blanc" et "clair" des produits L'Oréal
  • Un homme blanc a été licencié de son emploi dans la technologie après avoir empêché un jeune Mexicain-Américain d’entrer dans un complexe d’appartements à San Francisco où il vivait et peut-être d’avoir agressé un autre homme qui avait tenté d’intervenir. News 24, Un homme blanc est renvoyé après avoir empêché un Latino-américain de 28 ans d'entrer dans son propre complexe d'appartements - News 24
  • L’acteur blanc Hank Azaria avait déjà annoncé en janvier qu’il abandonnait le doublage de l’épicier d’origine indienne Apu Nahasapeemapetilon. Le Monde.fr, Dans les « Simpsons », les acteurs blancs ne doubleront plus les personnages de couleur
  • Pour cela, deux possibilités. Vous pouvez mettre dans votre enveloppe un bulletin blanc, dépourvu de tout nom de candidat, ou simplement déposer une enveloppe vide dans l'urne. Attention, pour que votre vote soit considéré comme un vote blanc, il y a plusieurs choses à éviter : mettre plusieurs bulletins dans l'enveloppe, mettre un bulletin de vote griffonné ou déchiré ou encore mettre un contenu qui n'est pas un bulletin officiel. On pourra alors croire à une erreur et votre vote sera considéré comme nul. RTL.fr, Municipales 2020 : comment voter blanc ?
  • La justice canadienne a reconnu coupable, vendredi 26 juin, un policier blanc de Toronto d’avoir battu et éborgné un jeune homme noir en 2016 ; un jugement très suivi au Canada en plein débat sur le racisme systémique dans la police. Le Monde.fr, Canada : un policier blanc reconnu coupable d’avoir battu un jeune homme noir
  • "Aujourd'hui, on nous dit qu'un Blanc est coupable parce qu'il est blanc, qu'un Noir est victime parce qu'il est noir", ajoute-il au micro d'Isabelle Morizet. D'après lui, une forme de "racisme" s'installe. "Il n'y a pas de raison que les Noirs soient supérieurs aux Blancs", affirme-t-il. Europe 1, Michel Onfray : "On nous dit qu'un Blanc est coupable parce qu'il est blanc"
  • Depuis une vingtaine d’années, un nouveau lexique s’est imposé dans le monde de l’antiracisme. « Privilège blanc », « personne racisée », « pensée décoloniale », « racisme d’Etat » : ces termes couramment employés par les collectifs militants de l’antiracisme « politique » nés dans les quartiers populaires à partir des années 2000 ne cessent d’engendrer d’ardentes controverses. Au nom de l’universalisme républicain, nombre d’intellectuels dénoncent cette « racialisation » et cette « essentialisation » du débat public. Le Monde.fr, « Racisé », « racisme d’Etat », « décolonial », « privilège blanc » : les mots neufs de l’antiracisme
  • WASHINGTON/CHICAGO (Reuters) - Les dirigeants des principales compagnies aériennes américaines doivent se réunir vendredi à la Maison blanche pour discuter des problématiques liées à la pandémie de coronavirus, notamment concernant les restrictions de voyage, ont indiqué trois sources au fait du dossier. Challenges, Les dirigeants des compagnies aériennes US attendus vendredi à la Maison blanche - Challenges
  • Difficile à digérer, notamment, à cause du gluten, la composition de la baguette blanche soulève aussi un problème environnemental. Le chef Thierry Marx explique d'ailleurs au Parisien : "une mauvaise baguette, on la paye trois fois : une fois à la caisse, une fois pour vous soigner et une fois pour nettoyer les intrants chimiques qu'on trouve dans la terre parce que ce sont des sols qui sont mal traités et qui finissent par fournir des blés qui ne sont pas de bonne qualité". Femme Actuelle, Pourquoi il ne faut pas acheter de baguette de pain blanche ? : Femme Actuelle Le MAG

Images d'illustration du mot « blanc »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « blanc »

Langue Traduction
Anglais white
Espagnol blanco
Italien bianco
Allemand weiß
Portugais branco
Source : Google Translate API

Synonymes de « blanc »

Source : synonymes de blanc sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « blanc »

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