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Vierge

Variantes Singulier Pluriel
Masculin et féminin vierge vierges

Définitions de « vierge »

Trésor de la Langue Française informatisé

VIERGE, subst. fém. et adj.

I. − Subst. fém.
A. −
1. Vieilli, littér. Très jeune fille qui n'a jamais eu de relations sexuelles. Synon. pucelle.Et surtout cette netteté du teint et cette pureté de formes, j'entends cet arrêté, ce tendu de la peau qui n'appartient qu'à une vierge (Delacroix, Journal, 1824, p. 44).Il n'y a pas de demoiselles dans les livres de l'antiquité. Les vierges portent des offrandes (Vallès, J. Vingtras, Bachel., 1881, p. 305).
Plais. Chœur des vierges. Ensemble de voix naïves, effarouchées. (Ds Rob. 1985).
Demi-vierge*.
2. ANTIQ. Personne du sexe féminin, ayant toujours vécu dans la continence et chargée du service d'une divinité. Sur nos luths veille encor La vierge Athénienne, Pallas au casque d'or! (Moréas, Sylves, 1896, p. 175).Jamais il n'eût osé prétendre à épouser la pythonisse, la vierge sacrée (Cocteau, Enfants, 1929, p. 22).
La Vierge Blanche. Diane. L'hymne à la Vierge Blanche (Chateaubr., Martyrs, t. 1, 1810, p. 132).
3. [En représentation dans l'art] Les vierges sages et les vierges folles des portails français qui vinrent à Strasbourg porter la bonne nouvelle à l'Allemagne (Faure, Hist. art, 1912, p. 306).
B. − RELIG. CATH.
1. Femme célibataire vivant dans une continence parfaite, consacrée au service de Dieu, et reconnue par l'Église. Vierge chrétienne; commun des vierges; messe d'une vierge non martyre; palme des vierges. Elle paraissait destinée (...) à coiffer sainte Catherine, patronne des vierges martyres (Feuillet, Sibylle, 1863, p. 7).
Onze mille vierges. Compagnes de sainte Ursule massacrées avec elle par les Barbares à Cologne, selon la Légende dorée. Les statues innombrables qui habitent son église ressemblent aux onze mille vierges de Cologne, ressuscitées dans de pâles corps de marbre, que la mort païenne a ciselés (Quinet, All. et Ital., 1836, p. 143).
(Homme) amoureux des onze mille vierges. (Homme) volage qui s'éprend facilement et souvent de femmes qu'il oublie rapidement. V. amoureux ex. 128.
Vierges sages, vierges folles. V. fou1I C 1 a α et supra I A 3.
2. [Avec art. déf. et majuscule] La (Sainte) Vierge; la Très Sainte Vierge (Marie); la Vierge Marie; la Vierge Mère; la Vierge des vierges. Marie, mère de Dieu, du Christ. Synon. Madone (vieilli), Notre-Dame (s.v. dame1).Autel, chapelle, couronnement, culte, offices de la Vierge; fêtes de la Bienheureuse Vierge Marie; messe du commun de la Sainte Vierge; antiennes, prières à la (Sainte) Vierge. Charles se mit à lire les litanies de la Vierge dans le paroissien de madame Grandet (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 175).Beau soleil levant.Moins belle lumière que de voir la sainte Vierge Mère de Dieu servie par les anges (Dupanloup, Journal, 1865, p. 270).
Fil de la Vierge. V. fil I C 2 a.
3. [En appellation; avec majuscule]
a) Vierge immaculée, Vierge sainte. [Titre donné dans une prière] Vierge immaculée, Puisque ton chaste sein conçut le dernier Dieu, Règne auprès de ton fils, rayonnante, étoilée, Les pieds sur la lune, au fond du ciel bleu (L. Ménard, Rêv. païen, 1876, p. 208).
b) Bonne Vierge! Sainte Vierge! [Exclam. d'étonnement, d'imploration] « Vierge Sainte », murmura-t-elle machinalement, « Marie, mon Guide et ma Souveraine... je remets entre Vos mains toutes mes espérances et mes consolations... toutes mes peines et mes misères... » (Martin du G., Thib., Mort père, 1929, p. 1324).Bonne Vierge! Qu'est-ce que je vois, dans la cour! C'est lui (Audiberti, Femmes Bœuf, 1948, p. 119).
4. [En représentation dans l'art] Synon. madone.Image, médaille, statue, statuette de la Vierge; Vierge gothique, romane; Vierge assise, à l'Enfant, en majesté; Vierge de Miséricorde, de Pitié, du Bon Secours, du Perpétuel Secours; Vierge du Rosaire, des Sept Douleurs. Sa vierge n'est ni la vierge céleste de Fra Angelico de Fiesole, ni la vierge extatique de Murillo, mais l'épouse chaste, la suavement tendre mère des saintes familles de Raphaël (L. Ménard, Rêv. païen, 1876, p. 22).Le Divin Fils (...) en jupon tissé d'or, le chef couronné de diamants et la main tenant le sceptre (...) apparut, au faîte du petit autel, sur le bras droit d'une sainte Vierge également couronnée de pierreries, vêtue d'une ample robe d'or et d'un manteau de velours (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 44).
Vierge noire. Statue de la Vierge exécutée dans un matériau sombre ou dans du bois devenu plus foncé au cours du temps. La vierge noire, la vierge des temps barbares, haute d'une coudée, à la tremblante couronne de fil d'or, à la robe raide d'empois et de perle, la vierge miraculeuse devant qui grésille une lampe d'argent (Bertrand, Gaspard, 1841, p. 58).Cette visite que nous fîmes ensemble (...) à votre Vierge Noire la Madone de Czestochowa (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 326).
C. − [Gén. avec majuscule]
1. ASTRON. ,,Sixième constellation zodiacale, l'une des plus étendues, exactement à cheval sur l'équateur`` (Muller 1980). Quand la vierge et le bouvier tombent sous l'horizon du couchant, Persée monte de l'autre côté (Volney, Ruines, 1791, p. 307).
Épi de la Vierge. Étoile de première grandeur. Maître Rolland l'Écrivain (...) qui la nuit (...) observait le ciel, vit (...) l'Épi de la Vierge en l'ascendant, Vénus, Mercure et le Soleil au mi-ciel (A. France, J. d'Arc, t. 1, 1908, p. 191).
2. ASTROL. Signe du Zodiaque (signe de terre), le sixième à partir du Bélier, dans lequel le Soleil entre le 23 août pour en sortir le 22 septembre et auquel appartiennent les personnes nées durant cette période. La Vierge (...). Caractères astrologiques. Nature élémentaire: Terre. Stabilité: signe commun ou mutable. Situation des planètes: situation heureuse: Mercure en domicile nocturne et en exaltation. situation malheureuse: Vénus en chute Jupiter et Neptune en exil.situation neutre: Mars et Soleil pérégrins (Divin.1964, p. 196).
II. − Adjectif
A. −
1. Qui n'a jamais eu de rapports sexuels.
a) [En parlant d'une femme] Qui possède encore l'hymen. Synon. pucelle.Des vieilles filles vierges, elle garde, en toute sa personne, je ne sais quoi d'aigre et de suri, je ne sais quoi de desséché, de momifié, ce qui est rare chez les blondes (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 27).
b) [En parlant d'un homme] Synon. puceau.M'aimes-tu?Mais oui (...)Tu n'en as pas aimé d'autres, hein?Crois-tu m'avoir pris vierge? exclamait-il en riant (Flaub., MmeBovary, t. 2, 1857, p. 29).Seulement M. de Coëtquidan, à soixante-quatre ans, était vierge (Montherl., Célibataires, 1934, p. 743).
2. [En parlant d'un animal ou d'un végétal] Qui n'a pas été fécondé. Qui sait si ce n'était pas celui [le bourdon] attendu depuis si longtemps par l'orchidée, et qui venait lui apporter le pollen si rare sans lequel elle resterait vierge (Proust, Sodome, 1922, p. 606).Boursier (1847), Tichomirov (1885) prétendent, le premier qu'une femelle vierge de Bombyx du mûrier a pondu des œufs féconds après être restée au soleil, et le second que le traitement rapide des œufs vierges du même insecte par l'acide sulfurique concentré provoque un commencement de développement (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1,1961, p. 526).
Vigne(-)vierge. V. vigne1B 1.
B. − [En parlant d'une chose]
1. Qui est à l'état pur, primitif, naturel; qui n'a jamais été foulé aux pieds, parcouru, conquis par l'homme. Cime, nature, neige, sol vierge. L'on ne refait pas des forêts: pour qu'elles puissent prospérer, il faut une situation territoriale primitive, dirai-je, qu'un état très-civilisé ne peut rétablir sans renoncer précisément à tous les avantages que présente cet état primitif, vierge (Viollet-Le-Duc,Archit., 1872, p. 340).L'histoire exemplaire de Kaspar Mooser, celle de sa passion sur la Paroi Nord, la Paroi Vierge que Kaspar avait voulu en vain être le premier à fouler (Peyré, Matterhorn, 1939, p. 125).
Forêt vierge. Forêt qui n'a jamais été exploitée. (Dict. xixeet xxes.).
Terre vierge. Terre qui n'a jamais été labourée. Courage! ajouta-t-il, ne vous rebutez pas: persuadez-vous bien que vous avez là une terre vierge à défricher (Dusaulx, Voy. Barège, t. 1, 1796, p. 262).
2. Qui est pur, sans altération; qui n'a pas été mélangé, souillé. L'air du vierge azur (Mallarmé, Poés., 1898, p. 40).L'air vierge venu du large (Hamp, Champagne, 1909, p. 205).
[En parlant d'un métal] Argent, cuivre, mercure, or vierge. Argent, cuivre, mercure, or qui n'est pas passé par le feu, qui n'a pas été fondu. Synon. natif.Des mines de cuivre vierge (Crèvecœur, Voyage, t. 2, 1801, p. 78).Vous n'avez pas oublié (...) les galons d'or vierge que je vous ai demandés pour ma casaque couleur de feu (Hugo, Han d'Isl., 1823, p. 120).Le cuivre rouge doit donc être employé, l'or fin et l'argent vierge (A. Meyer, Art émail Limoges, 1895, p. 1).L'union du soufre naissant (...) et du mercure commun, appelé vierge (Fulcanelli, Demeures philosophales, t. 1, 1929, p. 205).
PEINT. Couleurs, teintes vierges. Teintes employées sans mélange et qui n'ont pas été fondues ni noyées les unes dans les autres. (Dict. xixeet xxes.).
3. Qui n'a pas été manipulé; qui ne résulte pas de l'industrie humaine. Tout était décrété vierge, sans fraude, sans altération, sans duperie, le vin loyal, le miel de Narbonne et du Loiret, l'huile d'origine (Arnoux, Paris, 1939, p. 268).
Cire vierge. Cire naturelle appelée également cire blanche. On emploie [pour l'encaustique] la cire jaune pour les tons foncés et la cire vierge pour les peintures claires (Robinot, Vérif., métré et prat. trav. bât., t. 6, 1930, p. 54).
Huile* vierge. Parchemin* vierge.
4. Qui est neuf; qui n'a pas encore été utilisé, imprimé. Cahier, papier, pellicule, plaque vierge. [Les] feuilles [de celluloïd sensibilisées étant partagées] (...) en bandes (...), on a ce que l'on appelle les films vierges prêts à être impressionnés (Graffigny, Cin., 1923, p. 143).V. moleskine B ex. de Valéry.
INFORMAT. [En parlant d'un support (carte, bande)] Qui ne contient aucun élément d'information (d'apr. Luca Micro-informat. 1984).
C. − Au fig.
1. Qui n'a jamais éprouvé de sentiment, d'amour (pour quelqu'un de l'autre sexe). Je ne donnerai pas mon cœur vierge et entier en échange d'un cœur flétri et ruiné (Sand, Indiana, 1832, p. 123).
2. Qui a gardé son intégrité, qui n'a jamais été confronté à d'autres. M. Josserand (...) eut une révolte, lorsqu'il vit les grâces vierges de ses filles se frotter à ces hontes ramassées sur tous les trottoirs (Zola, Pot-Bouille, 1882, p. 40).Idées vierges, parées d'une beauté prophétique (Alain, Propos, 1921, p. 281).
3. Qui n'a jamais été attaqué, partagé; qui est intact. En livrant Metz, la cité vierge, il [Bazaine] avait livré Paris, la ville héroïque (Hugo, Actes et par., 3, 1876, p. 336).
Casier judiciaire vierge. Casier judiciaire sur lequel ne figure aucune condamnation. Pour accéder à certains emplois, il faut être majeur et posséder un casier judiciaire vierge (Warusfel, Math. mod., 1969, p. 57).
Réputation vierge. Réputation qui n'a jamais été attaquée, qui est intacte. (Ds Ac. 1835-1935).
4. Vierge de + compl. (indiquant le trouble, l'atteinte, la souillure éventuelle).Exempt de. Vierge de tuberculose, d'infection; vierge de tout soupçon. Elle m'a proposé d'abord d'emprunter sur Saint-Gratien, qui est vierge d'hypothèques (Flaub., Corresp., 1871, p. 303).Un Renoir, aussi vierge qu'un Rabelais d'intentions littéraires (L. Febvre, La Vie, cette enquête continue, [1935] ds Combats, 1953, p. 47).
Prononc. et Orth.: [vjε ʀ ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Empl. adj. 1. « (en parlant d'une fille) qui n'a eu de relation avec aucun homme » [fin xes. lat. (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 353: la soa madre [du Christ] virgo fu)] 1119 virjne (Philippe de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 1356); 2. en parlant d'une chose a) 1269-78 « intact, qui n'a pas été utilisé » cire vierge (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 19460); b) 1588 « qui n'a pas été souillé » suivi de de [maison] vierge de sang et de sac (Montaigne, Essais, III, 9, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 966); c) 1611 « pur de tout mélange » or vierge (Cotgr.); d) 1780 « (d'un sol) qui n'a pas été cultivé » terres vierges (Raynal, Hist. phil., XI, 25 ds Littré); 1868 alpin. cimes vierges (Annuaire du Club alpin suisse, p. 76 ds Quem. DDL t. 27); 3. 1588 « (en parlant d'une abstraction) qui ne peut faillir, incorruptible » volonté si vierge et si froide (Montaigne, op. cit., III, 5, p. 866); 1686 [justice] vierge et incorruptible (Bossuet, Oraison funèbre Le Tellier ds Œuvres, éd. B. Velat et Y. Champailler, 1961, p. 186). B. Subst. 1. a) « fille qui n'a eu de relation avec aucun homme » ca 1050 en parlant de la mère du Christ (St Alexis, éd. Chr. Storey, 89: El num la virgine ki portat salvetet); 1130-40 (Wace, Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 595; 604: Al temple Deu remest Marie, O altres virgenes fu norrie); b) id. en parlant d'un homme [St Jean] (Id., ibid., 1228; 1589); c) fin xiies. [les] sottes virgines désigne les vierges folles [Matth. XXV, 1-13] (Sermons de St Bernard, éd. W. Foerster, p. 17, 1); 2. a) 1130-40 la Sainte Virgene (Wace, op. cit., 1798); b) 1643 « représentation de la mère du Christ » (Poussin, Corresp., 235 ds Quem. DDL t. 18); 3. ca 1140 « femme célibataire consacrée au service de Dieu, dont la chasteté est reconnue par l'Église » (Voyage de Charlemagne, éd. G. Favati, 125: de martires et de virgines); 4. 1512 désigne le signe du zodiaque (J. Lemaire de Belges, Illustrations, I, 184 ds Quem. DDL t. 3). Empr. au lat.virgo, -inis « jeune fille, vierge », en appos. virgo filia « fille vierge »; désigne spéc. les Vestales (Virgines), Diane (Virgo); terme de cosmographie « constellation de la Vierge » (Cicéron); fig. en appos. « vierge, qui n'a pas encore servi » (terra virgo, Pline). Le développement sém. du mot se fait en rel. avec la théol. chrét., notamment en parlant du Christ et de sa Mère, cf. ives., Hier., Iov., 2, 8: ille [Christus] virgo de virgine; Virgo immaculata « la Vierge Marie » (Ambr., Ep., 42, 4 ds Blaise Lat. chrét.). Virginem a été rendu par virgene, puis virge par élimination de la syll. finale; devenu vierge par développement de e entre i et r suivi de cons. (Pope, § 644 et § 500). Fréq. abs. littér.: 5 272. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 8 367, b) 8 359; xxes.: a) 10 248, b) 4 637. Bbg. Ducháček (O.). Les Microstructures lex. In: Congrès Internat. de Ling. et Philol. Rom. 13.1971. Québec, 1976, t. 1, pp. 586-589. − Quem. DDL t. 6, 22.

Wiktionnaire

Nom commun - français

vierge \vjɛʁʒ\ féminin

  1. Fille qui n’a eu commerce charnel avec aucun homme.
    • Je crus que c’était la « Vierge des dernières amours », cette vierge qu’on envoie au prisonnier de guerre pour enchanter sa tombe. Dans cette persuasion, je lui dis en balbutiant, et avec un trouble qui pourtant ne venait pas de la crainte du bûcher : Vierge, vous êtes digne des premières amours, et vous n’êtes pas faite pour les dernières. — (François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert)
    • La race des Brankovan est maudite, jusqu’à la troisième et quatrième génération […] Mais le terme de la malédiction est arrivé ; car, quoique épouse, vous êtes vierge, et en moi la race s’éteint. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Sous l’ombrelle de soie blanche qui la garantissait des chauds rayons du soleil, elle ressemblait à une jeune mariée sous son voile, à une vierge prête à se livrer aux enchantements de l’amour. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Telle est la chair des femmes, un abîme où s’engloutir sans recours, et celle des vierges un brasier qui consume l’âme. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (En particulier) (Christianisme) Marie, mère de Jésus-Christ. — Note d’usage : Souvent avec une majuscule : → voir Vierge
    • La Sainte vierge. La vierge Marie. Le culte de la Vierge.
  3. (Par extension) (Religion) Représentation de la vierge Marie.
    • Les Vierges de Raphaël. - Une vierge du treizième siècle.
  4. (Plus rare) (Zoologie) Femelle qui n’est ni ne fut jamais fécondée par un mâle ; femelle qui se reproduit par parthénogenèse.
    • Dès ce premier essai, Bonnet obtint cinq générations de vierges provenant les unes des autres. Plus tard, en revenant au puceron du fusain, il atteignit le nombre de dix, et ce chiffre a depuis été dépassé. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, Les Métamorphoses et la généagénèse, Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 3, 1856, pages 496-519)

Adjectif - français

vierge \vjɛʁʒ\ masculin et féminin identiques

  1. Qualifie des hommes ou des femmes qui n’ont jamais eu de relations sexuelles.
    • L’histoire ne dit pas pourquoi ;
      Mais elle avait rêvé, je gage,
      Et crut après de bonne foi
      Qu’être vierge c’est être sage
      — (Évariste Parny, La Journée champêtre, 1808)
    • Elle savait aussi les amours d’Atalante et comment, à leur exemple, des joueuses de flûte encore vierges épuisent les hommes les plus robustes. — (Pierre Louÿs, Aphrodite, Mercure de France, Paris, 1896)
    • Elle était vierge de corps seulement. Même quand le robuste travailleur de la glaise l’eut initiée aux délicats titillements de la fornication sans apprêts, il ne parut pas qu’elle eût gagné ou perdu à l’opération. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 30)
    • Or Belle de Candeur était vierge, et au moment de la défloration, elle ne manqua pas de ressentir une douleur passablement désagréable. — (Belle de Candeur : Roman érotique de la dynastie Ming, traduit du chinois par Christine Barbier-Kontler, éditions Philippe Picquier, Arles, 1990, 1994, page25)
    • (Par extension) - J’avais vingt ans alors, une âme vierge comme celle d’une jeune fille. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
  2. (Figuré) Qui n’a jamais été touché, qui est intact.
    • Un sol, une nature, une terre vierge.
  3. (Par extension) (Avec la préposition de) Qui n’a pas été touché, atteint, marqué par quelque chose.
    • Or, dans l’observation première , un traitement dont l’expérience m’avait démontré l’efficacité avait été institué ; tandis qu’ici la tumeur était vierge de tout traitement curatif. — (Bulletin de l'Académie royale de médecine de Belgique, tome XII, J.-B. De Mortier, Bruxelles, 1852, page 264)
    • Mais la neige, sur la calotte sommitale, était vierge de toute trace : le mystère demeurait entier. — (Fernand Lambert, La corde était coupée, Robert Laffont, 1971)
    • L’île de Nusa Penida apparaissait très nette à l’est ; l’Agung était vierge de nuages et son cône grisâtre, bleui par l’éloignement, se détachait à l’emporte-pièce sur le ciel bleu. — (André Sernin, Les lotus de Bali, France-Empire, 1987)
  4. (En particulier) Qui n’est pas entaché, qui est au-dessus de tout soupçon.
    • Car leurs yeux contemplant de lointains horizons
      Se fermèrent parmi des visions sublimes,
      Vierges de lâcheté comme de trahison,
      Et ne virent jamais, jamais, ce que nous vîmes.
      — (Paul Verlaine, Des morts, in Premiers vers, 1864)
  5. (En particulier) Qualifie les métaux qui se trouvent purs et sans mélange dans le sein de la terre.
  6. (En particulier) Qualifie la cire préparée, ordinairement mise en pain, et qui n’a encore été employée à aucun ouvrage.
  7. (En particulier) Qualifie la première huile qui sort des olives, sans qu’on les ait encore pressées.
  8. (En particulier) Qualifie le parchemin qui est fait de la peau des agneaux ou des chevreaux mort-nés.
  9. (En particulier) Qualifie une page qui n’est pas encore écrite.
  10. (En particulier) (Informatique) Qualifie un support qui n’a pas encore subi d’écriture.
    • En un tour de main, j'insérai une K7 vierge dans la caméra, attrapai mon voile noir et dévalai l'escalier, me retenant à la rampe tant mes jambes mollissaient. — (Anne-Isabelle Tollet, La mort n'est pas une solution: Asia Bibi condamnée à la pendaison pour blasphème, Éditions du Rocher, 2015)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VIERGE. n. f.
Fille qui n'a eu commerce avec aucun homme. Une vierge consacrée à Dieu. La parabole des vierges sages et des vierges folles. Sainte Catherine, vierge et martyre. Il se dit par excellence de Marie, mère de Dieu. La Sainte Vierge. La Vierge Marie. Le culte de la Vierge. Fil de la Vierge. Voyez FIL.

VIERGE se dit, par extension, d'une Représentation de la Vierge Marie. Les Vierges de Raphaël. Une Vierge du treizième siècle.

VIERGE est aussi adjectif des deux genres et se dit des Hommes qui n'ont eu commerce avec aucune femme, des femmes qui n'ont eu commerce avec aucun homme. Ce garçon est encore vierge. Il signifie figurément, Qui n'a jamais été touché, qui est intact. Un sol vierge. Une nature vierge. Une terre vierge. Forêt vierge. Métaux vierges, Ceux qui se trouvent purs et sans mélange dans le sein de la terre. De l'argent vierge, de l'or vierge, du mercure vierge, De l'argent, de l'or, du mercure qui n'ont point passé par le feu. Cire vierge, Cire préparée, ordinairement mise en pain, et qui n'a encore été employée à aucun ouvrage. Huile vierge, Première huile qui sort des olives, sans qu'on les ait encore pressées. Parchemin vierge, Parchemin qui est fait de la peau des agneaux ou des chevreaux mort-nés. Fig., Une réputation vierge, Une réputation intacte. En termes de Botanique, Vigne vierge, Arbrisseau sarmenteux et grimpant, qui a il feuilles ressemblant à celles de la vigne.

Littré (1872-1877)

VIERGE (vièr-j') s. f.
  • 1Jeune fille intacte de tout commerce avec un homme. La couronne des vierges. Une jeune vierge. Il est temps de partir, la nuit vient, et pour guide, Mon père, vous n'avez qu'une vierge timide, Delavigne, Paria, v, 7.
  • 2 Par extension, femme qui a vécu dans la continence. Ils la mènent au temple, où depuis tant d'années Au culte des autels nos vierges destinées Gardent fidèlement le dépôt précieux Du feu toujours ardent qui brûle pour nos dieux, Racine, Brit. v, 8. Il [Dieu] m'a ouvert les portes de la sainte Sion, et m'a placée au milieu des vierges fidèles qui le servent, Massillon, Profess. relig. serm. 1.

    Les onze mille vierges, légende d'après laquelle onze mille vierges auraient été massacrées par les barbares à Cologne.

    Fig. et familièrement. Amoureux des onze mille vierges, se dit d'un homme amoureux de toutes les femmes qu'il voit.

    Vierge de fer, instrument de supplice représentant une femme, dont les bras se serraient par un mécanisme sur le condamné et le déchiraient.

  • 3Absolument et par excellence, Marie, mère de Dieu (on met un V majuscule). Être dévot à la Vierge. La sainte Vierge. La Vierge Marie. Qu'ont-ils [les sages] rien à dire contre la résurrection et contre l'enfantement de la Vierge ? qu'est-il plus difficile de produire un homme ou un animal, que de le reproduire ? Pascal, Pens. XXIV, 20. Lorsque le peuple d'Ephèse eut appris que les pères du concile avaient décidé qu'on pouvait appeler la Vierge mère de Dieu, il fut transporté de joie ; il baisait les mains des évêques ; il embrassait leurs genoux ; tout retentissait d'acclamations, Montesquieu, Esp. XXV, 2. Mais va, ma belle enfant, offrir un nouveau don à la Vierge des Bois dont tu portes le nom, Delavigne, Louis XI, II, 10.

    La Vierge d'août [le 15 août, fête de l'Assomption] démet le temps ou le remet, dicton des environs de Douai.

    Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie, communauté de religieuses de Sainte-Jeanne, appelées aussi Annonciades.

  • 4Une image de la sainte Vierge. Que [Louis XI]… Ce roi bigot, pour se soûler de crimes, Mette sa Vierge entre le diable et lui, Béranger, Censeur.
  • 5 Terme d'astronomie. Un des douze signes du zodiaque, celui qui, par suite de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru à peu près du 20 août au 20 septembre par le soleil (avec un V majuscule).
  • 6 Terme d'alchimie. Vierge épouse, le mercure.
  • 7 Adj. Il se dit des personnes, filles ou garçons, qui ont vécu dans la continence. Cet apôtre vierge [saint Jean]…, Bossuet, Anne de Gonz. Il [le père de Montaigne] jurait s'être marié vierge à trente-trois ans, Rousseau, Ém. IV.

    Fig. Âmes pures et innocentes, âmes vierges comme les appelle saint Jean, Bossuet, Mar.-Thér. La justice demeurer constante, et pour ainsi dire toujours vierge et incorruptible parmi des occasions si délicates, quelle merveille de la grâce ! Bossuet, le Tellier. Ô solitude, cher asile des âmes vierges, dérobe au monde trompeur les filles de saint Bernard, Fénelon, t. XVII, p. 231. Elle [mon âme] m'a dit : tu me dois un beau cierge, Car sans mon souffle au néant tu restais ; Mais jusqu'à toi je n'arrivai point vierge, Béranger, Métemps.

    Fig. Réputation vierge, réputation intacte.

  • 8 Fig. Il se dit de choses qui n'ont encore été soumises à aucun usage, à aucun travail. Quand Galilée et Bacon parurent après tant d'esprits sublimes que l'antiquité avait produits, ils trouvèrent la carrière des sciences encore vierge, Biot, Instit. Mém. scienc. t. III, p. CIII.

    Terre vierge, terre qui n'a jamais été cultivée. Toutes les terres des îles étaient vierges, lorsque les Européens entreprirent de les défricher, Raynal, Hist. phil. XI, 25.

    On dit de même : un sol vierge, une nature vierge.

    Forêt vierge, forêt où l'on n'a jamais coupé de bois. Les forêts vierges de l'Amérique.

    Épée vierge, épée qui n'a fait encore de mal à personne, qu'on n'a pas encore tirée du fourreau pour se battre.

    Cire vierge, cire qui n'a été employée à aucun usage. Tenant en la main droite un cierge De cire noire, et non pas vierge, Scarron, Virg. VI.

  • 9Qui n'a subi aucune préparation.

    Huile vierge, huile qui sort des olives sans qu'on les ait pressées.

    Métaux vierges, synonyme de métaux natifs.

    Il se dit aussi des métaux qui n'ont point passé par le feu. De l'argent vierge. De l'or vierge. Du mercure vierge.

  • 10Parchemin vierge, parchemin qui est fait avec la peau de jeunes agneaux, de jeunes chevreaux. Du sel, du pain bénit… pliés en du parchemin vierge, Régnier, Sat. X.
  • 11 Terme de peinture. Teinte vierge ou en couleur vierge, celle qui n'est ni fondue ni noyée dans les autres.
  • 12Vigne vierge, voy. VIGNE.

HISTORIQUE

XIIIe s. Cil Dieu qui de la virge en Belleem naquit, Berte, LIII. Por plus enforcier l'anatesme, Quand il aura finé son tesme, Li met ou poing ung ardant cierge Qui ne fu pas de cire vierge, la Rose, 19790. Lors [Jacob] engendra Joseph le vierge, Qui fu plus simples que n'est sierge, Hist. des trois Maries, ms. p. 48, dans LACURNE. Tos sains et totes virgenes aime, Roi Guillaume, p. 57, dans DU CANGE, à la Table française.

XVe s. Il estoit doux, courtois et debonnaire, vierge et chaste de son corps, et large aumosmer, Froissart, II, III, 96. Si l'assiegeriez voulentiers, Si n'eussiez paour qu'endementiers [pendant ce temps] Aucuns vous chantassent des vierges [ne vous jouassent un mauvais tour], Ou que l'en vous donnast des verges, Comme à gens mauldiz et haïz, Chartier, p. 719.

XVIe s. Et se bouterent dedans ledit chasteau [Brescia] les Espaignols, pensant les Venitiens que ce fust en leurs privez noms ; mais, quand lesdits Espaignols furent dedans, leur chanterent l'evangile des vierges, c'est du demené de la guerre, P. Desrey, à la suite de Monstrelet, p. 116, dans LACURNE. Ne fin papier, ne vierge parchemin, Pour mon propos escrire rien ne valent, Marot, I, 361. Car il n'affiert à garses diffamées User des droits de vierges bien famées, Marot, I, 362. [Le père de Montaigne] de soy, juroit sainctement estre venu vierge à son mariage, et si avoit eu fort longue part aux guerres delà les monts, Montaigne, II, 17.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VIERGE, s. f. (Gramm.) fille qui n’a jamais eu commerce avec aucun homme, & qui a conservé la fleur de sa virginité. Voyez Virginité.

Vierge chez les Hébreux, (Critiq. sacrée.) le mot hébreu signifie une personne cachée, parce que les filles qui n’étoient pas mariées, demeuroient dans des appartemens séparés & ne sortoient que voilées, sans paroître jamais à découvert, excepté devant leurs proches parens ; c’est l’usage de tous les pays orientaux. C’étoit chez les juifs une espece d’opprobre pour une fille, de n’être pas mariée, de-là vient que la fille de Jephté va pleurer sa virginité sur les montagnes. Juges, xj. 37.

Il ne faut pas croire que dans le nouveau Testament, les Apôtres ayent élevé l’état du célibat des filles au-dessus de celui de leur mariage. Quand S. Paul dit, 1. Cor. vij. 38. que celui qui marie sa fille fait bien, mais que celui qui ne la marie point fait mieux ; c’est que, suivant la remarque d’Epiphane, comme il y avoit dans ce tems là peu de chrétiens, & tous fort pauvres, il étoit encore plus à-propos de garder sa fille, que de la marier à un payen ou à un juif ; cependant, ajoute l’apôtre, si le pere craint encore d’être deshonoré par sa fille, en la laissant venir dans un âge avancé sans la marier, qu’il la marie, à celui qui se présentera. Epiph. hæres. c. ixj. p. 510. (D. J.)

Vierge chez les premiers chrétiens, (Critiq. sacrée.) παρθένος ; le célibat auquel une vierge se dévoue, commença de prendre faveur dès le second siecle. Les chrétiens se glorifioient déja d’avoir plusieurs hommes & filles qui professoient la continence. Les faux actes de Paul & de Thecle qui couroient alors, y contribuerent beaucoup. Il paroît par le livre de Tertullien, de velandis virginibus, que de son tems les filles faisoient déja vœu de chasteté ; elles n’étoient pas enfermées dans des maisons, cette précaution n’est venue que dans la suite des tems ; mais elles ne portoient point de voile, & tandis que les femmes mariées ne paroissoient jamais en public sans voile, les filles avoient droit, & ne manquoient pas de paroître dans les temples & ailleurs le visage découvert. Elles étoient installées dans la profession de vierges par une espece de consécration. On les produisoit à l’église ; & là en présence des fidèles, elles déclaroient leur dessein ; alors l’évêque instruisoit toute l’assemblée, qu’une telle fille se dévouoit à demeurer vierge le reste de sa vie. On les combloit pour cette action, d’honneurs & de bienfaits.

Cependant le sévere Tertullien ne fait pas trop l’éloge de ces vierges de son tems ; il les représente beaucoup moins modestes que les femmes mariées. Non seulement elles se montroient en public sans voile, mais extrèmement ajustées & parées, se donnant tout le soin possible d’étaler leur beauté, mieux coëffées, mieux chaussées qu’aucune femme, consultant soigneusement leur miroir, usant du bain pour être encore plus propres. Ce pere de l’Eglise va même jusqu’à soupçonner qu’elles mettoient du fard ; nous devons citer ici ses propres paroles : Vertunt capillum, & in acu lasciviore comam sibi inferunt, crinibus à fronte divisis.... Jam & concilium formæ à speculo petunt, & faciem morosiorem lavacro macerant, forsitan & aliquo eam medicamine interpolant, pallium intrinsecus jactant, calceum stipant multiformem, plus instrumenti ad balnea deferunt, cap. xij. de velandis virginibus. Nos religieuses ne connoissent point cet attirail de luxe : elles sont pauvres, cloîtrées, & trop souvent forcées à faire des vœux malgré elles. (D. J.)

Vierge sainte, la, (Hist. & critiq. sacrée.) c’est ainsi qu’on nomme par excellence la mere de Notre-Seigneur. Les hommes naturellement cherchent toujours à joindre aux idées spirituelles de leur culte, des idées sensibles qui les flattent, & qui bientôt après étouffent les premieres. Voilà l’origine du culte de la sainte Vierge. Lorsque le peuple d’Ephese eut appris que les peres du concile avoient décidé, qu’on pouvoit appeller la Ste Vierge, mere de Dieu, il fut transporté de joie, il baisoit les mains des évêques, il embrassoit leurs genoux ; tout retentissoit d’acclamations ; toutes les meres étoient comblées d’aise. Tel est l’effet du penchant naturel des peuples pour les choses sensibles qui entrent dans ses dévotions. Le titre de mere de Dieu, qu’on donna la premiere fois dans ce concile à la Ste Vierge, étoit une relation qui s’accommodoit aux idées grossieres dont ils étoient remplis. Aussi dès-lors on rendit des hommages singuliers à la mere de Dieu ; toutes les aumônes étoient pour elle, & dans certains tems Jesus-Christ notre rédempteur n’avoit aucune offrande.

En France, pays plus éclairé que l’Espagne, il y a six églises métropolitaines & trente-trois cathédrales, dediées à la mere de Dieu. Chaque roi à son avénement à la couronne, fait présent à Notre-Dame de Boulogne sur mer, d’un cœur d’or, valant 6 mille livres. Louis XIII. en 1638 consacra sa personne, sa famille royale & son royaume à la Ste Vierge, par un vœu dont il ordonna la publication dans toute la France. Le chœur de Notre-Dame de Paris achevé par Louis XIV. est l’effet de ce vœu solemnel ; enfin, c’est à ce culte, que sont dûes tant de processions solemnelles en l’honneur de la mere de Dieu, & où assistent les corps les plus illustres des villes où elles se font. (D. J.)

Vierge sainte, (Peint.) tous les Peintres se sont exercé à l’envie à faire des tableaux de la Ste Vierge ; & plusieurs d’eux ont pris leurs maîtresses pour modele. Raphaël qu’on doit mettre de ce nombre, a perfectionné la nature, en peignant une multitude de Vierges, qui sont d’une beauté admirable ; mais son chef-d’œuvre, au jugement de tous les connoisseurs, est celui du palais Chigi, représentant la Ste Vierge, tenant l’enfant Jésus par la main, & Joseph qui s’approche pour le baiser. (D. J.)

Vierge, (Astronomie.) nom d’une constellation d’un des signes du zodiaque dans lequel le soleil entre au commencement d’Août.

Les étoiles de la constellation de la Vierge, suivant le catalogue de Ptolomée, sont au nombre de 32, suivant celui de Tycho de 39, & suivant le catalogue britannique, de 89.

Vierge, la, (Mythol.) ce signe du zodiaque où le soleil entre au mois de Septembre, est chez les poëtes, la maison de Mercure. Hésiode disoit que la Vierge étoit fille de Jupiter & de Thétis ; Aratus la prétendoit fille d’Astrée & de l’Aurore. Hygin soutient que c’est Erigone fille d’Icare, & d’autres que c’est Cérès. (D. J.)

Vierge, la, (Iconolog.) les uns ont cru qu’elle étoit Cérès, Manilius dit Isis, la même que la Cérés des Grecs ou Erigone. D’autres auteurs ont pensé que la Vierge étoit déesse de la justice. Les orientaux donnent aussi à ce signe le nom de la Vierge ; les Arabes l’appellent Eladari, qui signifie une vierge ; les Persans la nomment secdeidos de darzama qu’on traduit par virgo munda puella.

Sur les monumens anciens & modernes, la Vierge tient tantôt un épi, & tantôt une balance ; quelquefois elle est représentée avec les attributs de la paix, portant d’une main une branche d’olivier, & de l’autre un caducée.

On ne connoît presque qu’une pierre gravée du cabinet du roi, & un camée du cabinet de M. le duc d’Orléans, où la Vierge soit représentée avec la licorne. C’étoit une opinion presque générale que la licorne naturellement sauvage & féroce ne pouvoit être prise que par une fille vierge. La licorne que les naturalistes modernes regardent comme un animal fabuleux, étoit représentée par les anciens comme le symbole de la pureté, & c’est d’après une ancienne tradition sans doute, que la Vierge, signe du zodiaque, a été représentée sur quelques monumens sous l’image d’une fille qui prend une licorne. (D. J.)

Vierge salienne, (Antiq. rom.) prêtresse de la suite des Saliens ; ces sortes de femmes portoient des especes d’habits de guerre avec des bonnets élevés comme les Saliens, & les aidoient dans leurs sacrifices. Voyez Rosinus, l. III. c. vj.

Vierge, île des, (Géog. mod.) c’est un amas de petites îles & de rochers situés en Amérique, dans la partie du nord-ouest & du nord-ouest quart de nord des îles Antilles, à l’orient de celle de S. Jean de Portorico ; les principales sont S. Thomas, S. Jean, Paneston ou la grande Vierge, Anegade, Sombrero & plusieurs autres. Voyez S. Thomas, Sombrero & l’épithete Saint ou Sainte. Les passages qui se trouvent entre ces îles servent de débouquement aux vaisseaux qui retournent des Antilles en Europe, lorsqu’étant contrariés par les vents & les courans, ils ne peuvent débouquer entre Nieves & Mont-Serate.

On ne croit pas hors de propos d’avertir ici que le mot débouquer s’emploie dans ces parages pour dire franchir un détroit, & s’éloigner des terres, afin de pouvoir cingler en haute-mer. Sur les côtes d’Europe on dit décaper, se mettre au large des caps.

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Étymologie de « vierge »

Bressan, viorze ; provenç. verge, vergi, virgi ; espagn. virgen ; portug. virgem ; ital. vergine ; du lat. virginem. Dans l'historique, virgene n'est qu'orthographique et étymologique ; la prononciation n'en est pas moins de deux syllabes.

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(milieu XIIIe siècle) Du latin virgo. (980) virge.
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Phonétique du mot « vierge »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vierge vjɛrʒ

Fréquence d'apparition du mot « vierge » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « vierge »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « vierge »

  • J'attends la mort avec l'impatience d'une vierge au soir de ces noces : pour passer ma première nuit avec Dieu !
    Romano Celli — Petites miettes de Dieu
  • Détache la ceinture à la belle étrangère, Et la vierge en ses bras devient épouse et mère.
    André Chénier — Les Bucoliques
  • Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n'a laissé son empreinte.
    Virginia Woolf — De la maladie
  • Les ailes impalpables sont celles qui volent le plus loin. Toute vierge peut être une messagère.
    Gabriele D’Annunzio — La ville morte
  • Pour le poète, le monde est toujours vierge... Il recommence tout à partir des fondements.
    Ralph Waldo Emerson
  • Ce que les hommes désirent, c'est une vierge qui soit putain.
    Edward Dahlberg
  • Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui […].
    Stéphane Mallarmé — Poésies, Plusieurs sonnets
  • L'homme cherche, la vierge attend, la femme attire.
    Victor Hugo — La légende des siècles
  • Un loup est mieux caché parmi d'autres loups, que dans une forêt vierge seul, si vierge fut-elle.
    Andrée Maillet — Profil de l'original
  • Un sexologue vierge n’est qu’un théoricien des parties.
    José Artur
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Images d'illustration du mot « vierge »

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Traductions du mot « vierge »

Langue Traduction
Anglais virgin
Espagnol virgen
Italien vergine
Allemand jungfrau
Chinois 处女
Arabe عذراء
Portugais virgem
Russe девственница
Japonais バージン
Basque virgin
Corse vèrgine
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Synonymes de « vierge »

Source : synonymes de vierge sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « vierge »

Combien de points fait le mot vierge au Scrabble ?

Nombre de points du mot vierge au scrabble : 10 points

Vierge

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