La langue française

Marche

Sommaire

Définitions du mot marche

Trésor de la Langue Française informatisé

MARCHE1, subst. fém.

[Souvent sous la forme marche(-)frontière]
A. − Province frontalière particulièrement exposée en temps de guerre. La Lorraine, il ne faut pas se lasser de le redire, est une marche frontière, et les marches sont par définition des terres de résistance et de conflit, donc d'antithèse (Barrès,Maîtres,1923, p. 260).
En partic., HIST. District militaire établi au voisinage d'un pays ennemi, et ayant à sa tête des margraves ou des marquis. Les Marches d'Ancône, de Lorraine, de Bretagne, de l'Est. Un de mes ancêtres a commandé les Marches comtoises, au quatorzième siècle. Notre titre de marquis date de là (Ponson du Terr.,Rocambole,t. 5, 1859, p. 257):
. Chargés autrefois de défendre une Marche française, leur titre de marquis était à la fois un devoir, un honneur, et non le simulacre d'une charge supposée; le fief d'Esgrignon avait toujours été leur bien. Balzac,Cabinet ant.,1839, p. 4.
Rem. Dans ce sens, prend gén. une majuscule.
B. − P. ext. Toute province, région située en bordure d'un pays étranger ou d'une province voisine. Il faut aussi se le représenter [le peuplement] comme sporadique, c'est-à-dire avec des lacunes, des intervalles habituellement vides. (...) les marches frontières du désert nous offrent une image fidèle de cet état (Vidal de La Bl.,Princ. géogr. hum.,1921, p. 277).
P. métaph. Seuil, entrée. L'année en était alors aux marches de septembre (L. de Vilmorin,Belles am.,1954, p.181).
Prononc. et Orth.: [maʀ ʃ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1100 «province frontière d'un État» (Roland, éd. J. Bédier, 190). Empr. au germ. *marka «frontière», cf. l'a. h. all. marcha, all. Mark, got. marka, ags. mearc «id.». Cf. aussi le lat. médiév. marcha, marca «limite» (viiies. ds Nierm.; Nov. gloss.), «frontière» (ibid.), «région frontière placée sous le commandement d'un marquis» (fin du viiies. ds Nierm.). V. marquis.

MARCHE2, subst. fém.

I. − Action de marcher.
A. − [Appliqué à un animé]
1. Mode de progression naturel de l'homme qui s'exécute par une série de pas plus ou moins rapides mais plus lents que la course. La marche (...) vise un objet précis. Elle est un acte dirigé vers quelque chose que notre but est de joindre (Valéry,Variété V,1944, p. 149):
1. Ici, [l'homme] ne sera-t-il pas toujours M. Jourdain, faisant de la prose sans le savoir, marchant sans connaître tout ce que sa marche soulève de hautes questions? Pourquoi la marche de l'homme a-t-elle eu le dessous, et pourquoi s'est-on préférablement occupé de la marche des astres? Balzac,Théor. démarche,1833, p. 615.
En partic. Mode de déplacement chez certains animaux. Marche sur quatre pieds. Lorsqu'un quadrupède veut marcher, après avoir légèrement fléchi les articulations de ses pieds de derrière, il les étend pour porter son corps en avant (Cuvier,Anat. comp.,t. 1, 1805, p. 489).Les crabes à la marche oblique et les homards aux tâtonnements d'aveugles l'épouvantent (Renard,Journal,1890, p. 64).
2. Action de marcher, d'une certaine manière ou sous certaines conditions.
a) Allure générale d'une personne qui se déplace. Marche lente, précipitée, sûre; accélérer, précipiter, ralentir sa marche. Dans sa marche rapide sa bottine craquait avec mille séductions, elle avait une allure un peu cavalière et virile (Flaub.,1reÉduc. sent.,1845, p. 26).Sa marche assurée, sa taille souple, ses narines roses et ouvertes (...), dénotaient une de ces natures ardentes qui répandent autour d'elles un parfum de volupté (Dumas fils, Dame Camélias,1848, p. 89):
2. Après avoir chargé sur le dos son sac bourré de viande, de fromages et de bouteilles de vin (...) il partit, sa canne à la main. Il prit un pas de marche bien rythmé (celui des chasseurs, pensait-il), en sifflotant des airs gaillards qui rendaient plus légère son allure. Maupass.,Contes et nouv.,t. 1, Dimanches bourg. Paris, 1880, p. 289.
b) Manière particulière d'avancer. Synon. démarche.Marche hésitante, zigzagante. Il ne cessait pas sa marche de crabe (...) il avançait toujours (Malraux,Cond. hum.,1933, p. 250).
c) Loc. adj. [Dans un compl. de temps] Distance évaluée par le temps mis à la parcourir à une vitesse normale. C'est un lépreux. Chassé de son village, à trois jours de marche, il ne connaît ici personne (Gide,Voy. Congo,1927, p. 725).
d) Progression dans un certain sens. Marche ascendante, descendante, marche en avant. Péniblement, tirant la jambe, s'aidant dans leur marche ascensionnelle du geignement plaintif des mitrons au labeur, Croquebol et La Guillaumette atteignirent tant bien que mal au sommet du calvaire (Courteline,Train 8h47,1888, 2epart., v, p. 149).
Au fig.:
3. ... les chefs ont des sentiments actifs, et la jalousie se transforme chez eux en une soif d'arriver, coûte que coûte, aux positions les plus enviées, en employant tous les moyens qui permettent d'écarter les gens qui gênent leur marche en avant. Sorel,Réflex. violence,1908, p. 244.
e) Déplacement d'un groupe de personnes dans un certain ordre. Ordre de marche; ouvrir, fermer la marche; marche du cortège, du convoi. Passe donc en tête! C'est ridicule. Nous ne savons pas du tout où il faut aller; et c'est nous qui ouvrons la marche (Romains,Copains,1913, p. 265).V. aussi infra 4.
Au fig. Ouvrir la marche. Être le pionnier dans un certain domaine, donner l'exemple. Ce sont les Anglais qui ont ouvert la marche [pour la couleur locale], et nous nous sommes évertués, à leur suite, à donner l'assaut aux chefs-d'oeuvre du génie humain (Delacroix,Journal,1853, p. 139).
3. Exercice sportif pris volontairement dans un but de détente physique ou compétitif. Marche, marche à pied (pléonasme usuel).
a) Exercice de plein air fait sur le mode de la promenade. Anna fit entendre à son professeur que l'exercice de la marche pourrait seul la rétablir (Reider,MlleVallantin,1862, p. 159):
4. La marche aère l'esprit, rend la vision plus nette, l'observation plus claire. C'est en flânant que l'on fait aussi les plus pittoresques rencontres, et je crois avec Térence que rien de ce qui est humain ne nous est étranger. T'Serstevens,Itinér. esp.,1933, p. 38.
Chaussures, souliers de marche. Chaussures montantes conçues spécialement pour la marche à pied. Les boutiques de chaussures arboraient (...) des enseignes improvisées, qui tiraient l'œil. Les plus timides annonçaient : souliers de chasse, ou: souliers de marche. Quelques audacieux affichaient: godillots (Martin du G.,Thib.,Été 14, 1936, p. 506).
Région. (Canada). Prendre une marche (trad. littérale de l'angl.: to take a walk). Faire une promenade. Si j'allais vous reconduire? Je voulais justement «prendre une marche» (Ringuet,Le Poids du jour,Montréal, éd. Variétés, 1949, p.78).
b) Épreuve sportive dans laquelle les marcheurs s'engagent à parcourir une distance généralement longue à une allure accélérée (v. marcheur I A 2). Marche athlétique, sportive. Il propose d'occuper ces jeunes garçons à des exercices physiques qui les fatiguent, des entraînements militaires, du football, de la marche dans le vélodrome que le directeur (...) met volontiers à leur disposition (Gide,Journal,1914, p. 470).
4. Déplacement d'un groupe de personnes dans un ordre et un but déterminés.
a) ARMÉE. Mouvement des troupes. Ordre de marche, marche en avant; marche de l'armée, des alliés; marches et contremarches. Le colonel Rampon (...) ayant eu avis de la marche de l'ennemi, poussa une forte reconnaissance à sa rencontre (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 349):
5. ... parce qu'au dépôt, vous parlez si on se fait ch... des sous-off, qui nagent pour ne pas repartir et qui t'en font baver; des marches de jour, des marches de nuit, du service, de l'exercice. Dorgelès,Croix de bois,1919, p. 275.
Brigade, unité de marche. Brigade ou unité regroupant des éléments d'infanterie (artillerie, transmission, génie) et chargée de participer à une opération ou à une campagne déterminée. Le Régiment de marche du Tchad. Constituer, en Afrique française libre, 2 brigades coloniales de marche comprenant chacune: 3 bataillons d'infanterie; 1 compagnie de découverte et de combat; 1 batterie d'artillerie; 1 compagnie de transport; 1 section de transmission; 1 section du génie; des éléments de services (De Gaulle,Mém. guerre,1954, p. 654).
Marche forcée. Marche imposée au delà de la distance prévue dans le but de gagner du terrain sur l'ennemi. Des troupes nombreuses (...) s'avançaient à marches forcées pour détruire les bandes insurrectionnelles (Zola,Fortune Rougon,1871, p.212).
Au fig. Hélas rien ne peut changer l'esprit qui est en nous: notre vie est une marche forcée (L. de Vilmorin,Fin Villavide,1937, p. 68).
Marche sur (v. marcher II A 2 a).La guerre devint inévitable dès la marche sur Fez (Barrès,Cahiers,t. 11, 1916, p.184).
En marche! En avant, marche! [Commandement donné aux troupes pour les enjoindre à se mettre en route] «En avant! marche! division, tête, armée!» Exactement comme Bonaparte agonisant à Sainte-Hélène! (Baudel.,Paradis artif.,1860, p. 327).Il semble à chacun que c'est le pas de la fatalité qu'il emboîte, dès qu'on commande: «En avant... marche!» et que les sergents vous comptent: «Un!... Deux!...» (Benjamin,Gaspard,1915, p. 19).
Au fig. (dans l'expr. ) marches et contre-marches. Manoeuvres, démarches nombreuses pour parvenir à ses fins (v. contremarche).
b) Manifestation non violente destinée à attirer l'attention des autorités sur un problème, une revendication particulière. Marche de protestation; marche silencieuse; la Marche sur Rome. En 1960 et 1961, des «marches de la paix» entre Londres et le centre militaire d'Aldermaston sont souvent effectuées par quelques milliers de protestataires courageux (Goldschmidt,Avent. atom.,1962, p. 191).
B. − [Appliqué à un inanimé]
1. [Appliqué à une chose en mouvement] Action de se déplacer dans un sens déterminé. La marche d'un train, d'un bateau; aller, être en marche avant, en marche arrière. Je fis jeter à la mer tout ce qui pouvait retarder la marche du canot (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 213).
Aller, être dans le sens de la marche, dans le sens contraire (à, de) la marche. La stratégie ferroviaire et nocturne! Quand, à la tombée de la nuit, vous changez de place et vous installez à côté de l'objet, expliquant négligemment que c'est «pour être dans le sens de la marche», à moins que ce ne soit «pour être dans le sens contraire à la marche», raison plus délicate à donner (Montherl., Pte Inf. Castille, 1929, p. 594).
Marche avant, marche arrière (d'un véhicule). Position du levier d'engrenage des vitesses permettant de faire avancer ou reculer un véhicule. Quatre places (...) 22 kilomètres à l'heure, 7 vitesses et 2 marches arrière (Céline,Mort à crédit,1936, p. 441).
Marche d'un train, d'un navire. Degré de vitesse d'un train, d'un navire. Navire de marche. Navire qui a une grande vitesse (Lar. Lang. fr.). Marche à vue (d'un train). Allure d'un train que le mécanicien doit pouvoir arrêter dans la portion de voie qu'il voit directement. (Ds Lar. encyclop., Lar. Lang. fr.).
Faire marche (en) arrière. Au fig. Reculer, revenir sur sa décision. Le gouvernement (...) républicain fait ou laisse faire une marche en arrière, et se montre moins libéral que n'avait été l'empire (Viollet-Le-Duc, Archit.,1872, p. 401).
2. Mouvement régulier d'un mécanisme et p. ext., son fonctionnement général.
a) La marche d'une horloge, d'un mécanisme. V. marcher II B 1 b.Moteur en état de marche.
b) P. anal. Progression régulière dans le temps ou l'espace. La marche des saisons. Par ce charme du souvenir qui embaume le passé de douceur, tandis que les côtés tristes s'effacent ou plaisent, par la magie que la marche du temps apporte à ce qui a été et qui n'est plus, elle regrettait tout de sa jeunesse (Péladan,Vice supr.,1884, p. 54):
6. À la ville comme à la campagne, la vie de l'homme est réglée par la marche du soleil, qui, saison à saison et jour à jour, marque les temps du labeur, du repos et des plaisirs. Faral,Vie temps st Louis,1942, p. 20.
c) Vieilli. Démarche intellectuelle procédant par l'analyse de phénomènes successifs. Dès qu'on adopte la marche du physicien, on doit, à son exemple, ne s'occuper que du rapport et de la succession des phénomènes (Maine de Biran,Influence habit.,1803, p. 11).
C. − En marche
1. Loc. adj.
a) En action, en route. Il songea, un moment, à descendre du train en marche, avant la station (Rolland,J.-Chr.,Révolte, 1907, p. 626).La cadence des légions en marche (Van der Meersch,Invas. 14,1935, p. 389):
7. Nos compagnons ces hautes trombes en voyage, clepsydres en marche sur la terre, et les averses solennelles, d'une substance merveilleuse, tissées de poudres et d'insectes, qui poursuivaient nos peuples dans les sables comme l'impôt de capitation. Saint-John-Perse, Œuvre poétique,Anabase, t. 1, Paris, Gallimard, 1953, p. 179.
b) Au fig. Il ne faut pas d'acquittement! Joséphine: La justice est en marche! Tu l'as voulu! (Giraudoux,Folle,1944, ii, p. 139).Prendre le train* en marche.
(Se) mettre en marche. (Se) mettre en mouvement, en état de fonctionner. Mise en marche. Mise en route, en service. Le train s'était remis en marche et continuait sa route au milieu des fleurs qui exhalaient leur haleine pénétrante des soirées tièdes (Maupass.,Contes et nouv.,t. 2, Idylle, 1884, p. 1287).Tenez, regardez, jeunes-gens, comment se fait la mise en marche. Simplicité parfaite: je dévisse le robinet, je tourne le commutateur, et, maintenant, j'empoigne le volant de départ (Duhamel,Terre promise,1934, p. 84).
2. Loc. interjective. En marche! Exhortation à prendre la route (v. aussi supra A 4 a). En marche! Il est temps de quitter les plaines; Déjà les coteaux ont le front vermeil (Bouilhet,Dern. chans.,1869, p. 169).
D. − Au fig. Déroulement d'un processus ou d'une entité dynamique. Synon. évolution, progression.
1. [Le compl. désigne une discipline] :
8. ... au lieu de considérer la médecine dans son présent et dans ce qu'elle a acquis, nous devons la voir dans son avenir, suivre sa marche progressive, discuter les méthodes et indiquer les voies nouvelles dans lesquelles s'engage la science.Cl. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 25.
Marche en avant. Progrès. Le progrès c'est la marche en avant, toujours également belle dans ses multiples péripéties (Rivière,Corresp.[avec Alain-Fournier], 1906, p. 154).
2. Fonctionnement d'une entreprise, d'un organisme, d'un ménage. Marche d'une affaire, d'un service. Un homme public qui risque de sacrifier la bonne marche de sa carrière (...) pour rendre une femme heureuse (...), cela est rare (Montherl.,J. filles,1936, p. 1007).
3. Progression d'un mal. Le médecin expérimentateur veut, non seulement connaître la marche des maladies et leurs divers stades ou périodes, mais il veut en comprendre le mécanisme (Cl. Bernard,Princ. méd. exp.,1878, p. 100).
4. LITT. Progression de l'intrigue dans une pièce. La marche de la pièce est suspendue par cet intermède (Staël,Allemagne,t. 3, 1810, p. 112).
5. Marche à suivre. Conduite à tenir en des circonstances précises. P. méton. Notice explicative l'exprimant. Nous verrons la marche à suivre pour le travail du cuir gravé, incisé, repoussé, pyrogravé (Closset,Trav. artist. cuir,1930, p. 2).Ces papiers indiquent, entre autres choses, la marche à suivre dans le cas où l'on aurait une objection de conscience à formuler (Green,Journal,1942, p. 207).
II. − MUSIQUE
A. − P. anal. (avec le mouvement régulier d'un groupe de marcheurs, voir I). Air de musique dont le rythme binaire est adapté à celui de la marche, en particulier, à la cadence des troupes. Il était debout derrière une vitre, sur laquelle il tapotait une marche militaire (Daniel-Rops,Mort,1934, p. 426).Marche lorraine..., ma plus douce chanson (Triolet,Prem. accroc,1945, p. 87).
Battre la marche. [Il] commanda à ses tambours de battre la marche (Champfl.,Souffr. profess. Delteil,1855, p. 211).
En partic.
1. MUS. CLASS. Pièce de musique à caractère solennel ou religieux. On a toujours la manie de jouer, aux enterrements, cette marche de Chopin; mais elle est à peine funèbre (Martin du G.,Thib.,Mort père, 1929, p. 1355).Le cortège des mariés, précédé des ménétriers, jouant des marches nuptiales, prend le chemin de la future maison du ménage (Menon, Lecotté,Vill. de Fr.,t. 2, 1954, p. 52).
2. MUS. LÉGÈRE. Air de danse sur lequel chaque couple exécute une série de pas rythmés. Un petit peu de musique, une danse, les toutes petites notes claires tremblotantes (une marche, puis une valse, puis une polka) (Ramuz,Gde peur mont.,1926, p. 138).
B. − [Sans doute p. anal. avec les degrés d'un escalier, voir III] Marche d'harmonie (ou harmonique). Progression régulière d'un groupe d'accords reproduits à des intervalles égaux soit en montant (marche ascendante) soit en descendant (marche descendante). Songez aussi à nos «finals» des gloria et aux Cum Sancto Spiritu en fugues ou en marches d'harmonie, avec l'accent long et lourd (Potiron,Mus. église,1945, p. 30).
III. − Endroit où l'on pose le pied généralement pour monter ou pour descendre.
A. − Vx. Trace d'un animal. (Dict. xixeet xxes.).
B. − Surface plane faite de divers matériaux (pierre, béton, fer, bois), facilitant l'accès à un plan supérieur ou inférieur. Marche pleine. Ensemble formé par la surface plane (giron) et la hauteur de la marche (contremarche).
En partic.
1. Gradin de pierre (ou de bois) permettant d'accéder plus facilement à une estrade, une surface plane surélevée. Les marches d'un trône, d'un autel. On accédait à l'estrade par une seule marche (Duhamel,Cécile,1938, p. 11).
[Qqf. synon. de marchepied] Sa dame considérait le trône, un fauteuil un peu plus haut que les autres, garni d'une housse et placé sur une large marche (Zola,E. Rougon,1876, p. 356).
2. Degré d'un escalier de longueur variée, par lequel on accède à un étage supérieur ou inférieur. Descendre, gravir, monter les marches d'un escalier, d'un perron. Il a manqué une marche et a pu, juste à temps, saisir les barreaux de la rampe (Malraux,Conquér.,1928, p. 122).J'escalade les marches quatre à quatre... J'arrive là-haut dans ma chambre (Céline,Mort à crédit,1936, p. 383):
9. Puis, ce fut de nouveau un escalier, mais dans le comble celui-là, un étage de marches en bois qui craquaient, sans rampe, branlantes et raides comme les planches mal dégrossies d'une échelle de meunier. Zola, Œuvre,1886, p. 11.
CONSTR. Marche droite ou carrée, marche gironnée*. Marche palière. Dernière marche d'un escalier se trouvant au niveau d'un palier. Voir Robinot, Vérif., métré et prat. trav. bât., t. 2, 1928, p. 47.
P. métaph. Tu n'es qu'une marche de mon ascension vers Dieu (Saint-Exup.,Citad.,1944, p. 599).
C. − P. anal.
1. Pédale d'un métier à tisser. Quand l'ouvrier appuie sur la marche du métier il provoque un double mouvement (Araud, Ch. Thomas, Fabric. drap,1921, p. 35):
10. Là, se dressaient les boiseries compliquées d'un métier de tisserand. Elle s'assit (...) glissa ses deux pieds nus le long des marches, pédales grossières (...) posa la main à la poignée du battant et travailla. Fabre,Oncle Célestin,1881, p. 96.
2. Pédale d'un orgue. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth.: [maʀ ʃ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1359-60 «partie de l'escalier où on pose le pied» (doc. ap. J. Delaville Le Roulx, Registres des comptes municipaux de la ville de Tours, p. 161); 2. 1376 «traces d'un animal» (Modus et Ratio, 53, 20 ds T.-L.); 3. 1514 «pédale d'un métier à tisser» (Ordonnance, nov. ds Littré); 4. 1547 «touche du clavier (d'un orgue)» (J. Martin, trad. de Vitruve, Architecture, foB b 1 vo, B b 2 ro). B. 1. Ca 1508 «mode de locomotion naturel à l'homme et à certains animaux, constitué par une suite de pas; action de marcher» (d'apr. FEW t. 16, p. 531a); 1530 (Palsgr., p. 282b); 2. a) 1611 «déplacement d'une troupe» (Cotgr.); b) av. 1630 battre la marche (A. d'Aubigné, Livre des missives et discours milit. ds Œuvres compl., éd. E. Réaume et F. de Caussade, t. 1, p.167); c) 1690 sonner la marche (Fur.); d) 1718 marche mus. (Ac.); 3. 1690 «mouvement d'un certain nombre de personnes qui marchent dans un ordre déterminé» (Fur.); 4. 1718 «mode de déplacement propre à chacune des pièces d'un jeu» (Ac.); 5. 1736 «déplacement (d'un astre)» (Voltaire, Alzire, II, 2 ds Littré); 6. a) 1798 «déplacement (d'un bateau, d'un véhicule)» (Ac.); b) 1895 (Stapfer in La France automobile, no12, 92 ds Quem. DDL t. 5: la machine n'avait pas de marche arrière); 7. 1782 «fonctionnement (d'un mécanisme)» (Condorcet, Courtanvaux ds Littré). Déverbal de marcher1*.
DÉR.
Marchette, subst. fém.a) Vx. Petit tapis pour poser ses pieds. Marchette de salon, en queue de renard (Littré Add. 1872). b) Synon. de supra III B. (Dict. xixeet xxes.). [maʀ ʃ εt]. 1resattest. a) 1532 «touche d'un clavier d'orgue» (Rabelais, Pantagruel, prologue, éd. V.-L. Saulnier, p. 5), b) 1660 «petite marche qui fait baisser les lames du métier à tisser à bras» (Oudin Fr.-Esp.), c) 1872 «petit tapis pour poser les pieds» (Littré Add.); de marche2, suff. -ette (v. -et).
STAT. − Marche1 et 2. Fréq. abs. littér.: 8520. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 10524, b) 13066; xxes.: a) 13966, b) 11852.
BBG.Quem. DDL t. 4.

Wiktionnaire

Nom commun 1

marche \maʁʃ\ féminin

  1. (Vieilli) Province frontière, dirigée par un marquis.
    • Mais Salomon rassemble tous les « ultras » de l'époque et annexe les marches armoricaines jusqu’alors occupées de fait par ses prédécesseurs ; […]. — (Yann Poupinot, Les Bretons à l'heure de l'Europe, Nouvelles Éditions Latines, 1961, page 29)
  2. Toute région se trouvant proche d’un pays hostile.
    • En définitive, on ne peut plus considérer que le territoire s’étendant à l’ouest de la Mayenne fut de tout temps une marche déserte. — (Jacques Naveau, Recherches sur Jublains et sur la cité des Diablintes, Documents archéologiques de l’Ouest, Conseil général de la Mayenne, 1997, page 37)

Nom commun 2

marche \maʁʃ\ féminin

  1. Ensemble de pas réalisés pour se déplacer.
    • Après les heures d’une marche pénible, le voyageur s’assied tristement. — (François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert)
    • Ce fut en l’année 574 que les troupes du roi d’Austrasie, après plusieurs jours de marche, arrivèrent près d’Arcis-sur-Aube.— (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2e récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - éd. Union Générale d’Édition, 1965)
    • À ce tronc si court sont attachés des membres d’une longueur gigantesque : l’enjambée faite est ainsi profitable à une marche fort rapide ; […]. — (Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, Quelques Considérations sur la Girafe, 1827)
    • Pataud, toujours un tantinet grotesque, il avait repris sa marche de long en large […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  2. (Musique) Musique au rythme régulièrement cadencé, permettant de régler ou d'accompagner le déplacement d'un cortège lors d'une procession, d'un défilé ou d'une parade.
    • La première fois que la marche fut jouée devant les officiers autrichiens, ces derniers ont spontanément commencé à taper la pulsation de la musique avec leurs mains et leurs pieds à l'écoute du refrain. — (Marche de Radetzky sur l’encyclopédie Wikipédia Wikipedia-logo-v2.svg)
  3. (Musique) Forme courte de marche harmonique.
  4. (Musique) Touche diatonique dans les instruments de musique à clavier.
  5. Trajet réalisé à pied.
    • Après une longue marche nous arrivâmes à une espèce de broussaille, à des boyaux un peu plus creusés, et à un abri de capitaine, qui n'était guère solide. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 125, Hartmann, 1937)
    • En moins de dix heures nous avions parcouru 15 milles danois (115 kil.), y compris notre marche pédestre à travers les laves. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 223)
  6. Mouvement d’un véhicule, ou d'une troupe en déplacement.
    • Le train est en marche.
    • Cette marche avait pour but de s'assurer si l'ennemi, signalé à Vouziers et à Grandpré, ne rétrogradait pas vers Stenay ou s'il continuait sa marche sur Paris. — (Vicomte Ulric-Guelfe de Civry, Un engagement de cavalerie, le combat de Buzancy, 27 Août 1870, Londres : Arliss Andrews, 1878)
    • […] quelle campagne ! […] des marches, des contre-marches, une descente en Crimée, une bataille à Alma […]. — (Comtesse de Ségur, L’Auberge de l’Ange-Gardien, 1888)
    • Mais sa marche était lente et inégale ; poursuivie par l’ennemi, dont les bâtiments légers la harcelaient, elle vit son arrière-garde coupée le 21 juillet. — (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, p. 12)
  7. (Mathématiques) Cheminement suivi depuis la racine d'un arbre binaire, le long des arêtes, jusqu'à un sommet donné.
    • Cet arbre permet une représentation visuelle de l'ensemble des suites de Fibonacci aléatoires dont les deux premiers termes sont égaux à 1 via les « marches » possibles dans l'arbre. [...] À chaque marche correspond une suite, à chaque suite correspond une marche. — (Benoît Rittaud, Quand les maths se font discrètes, Éditions Le Pommier, Paris, 2008, p. 105)
  8. Manifestation sous forme de défilé pour attirer l’attention ou soutenir une cause.
    • Marche silencieuse.
    • Marche pour la paix.
  9. Fonctionnement d'une machine, d’un système quelconque.
    • Malgré la marche extrêmement régulière du moteur, malgré son déploiement absolu de puissance, j'ai dû arracher le manche de toute la force de mes deux bras. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
  10. Procédure de fonctionnement.
  11. Ensemble d'étapes nécessaires pour atteindre un but, pour réaliser un résultat voulu; une marche à suivre.
    • Pour atteindre ce but tous les moyens ne sont pas indifférents ; il y a des lois à observer et une marche rationnelle à suivre. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
  12. (Architecture) Surface plane surélevée qui constitue l'un des degrés d'un escalier, sur laquelle on pose le pied pour monter ou descendre.
    • Une femme à l’aspect farouche, avec des yeux noirs et une tête brune échevelée, était assise sur les marches, dorlotant un bébé ; […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 382 de l’éd. de 1921)
    • La jeune fille apparut comme il descendait les dernières marches du perron, encadrée par les branchages délicats des rosiers et des mimosas. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • Au bas de l'escalier, un homme venait à sa rencontre. Il avait mis le pied sur la première marche. Gaspard n'était séparé de lui que par une douzaine de degrés. — (André Dhôtel, Le Pays où l'on n'arrive jamais, 1955)
  13. (Figuré) (Par extension) Degré de difficulté.
    • Côté utilisateur, mettre en ligne une vidéo sur PeerTube est aussi simple et rapide que sur YouTube. Côté administrateur, il est vrai qu’il faut certaines connaissances techniques. La marche à l’entrée reste compliquée, mais pas insurmontable. — (Pierre-Yves Gosset, PeerTube : "Le logiciel libre est une alternative crédible à l’hyperpuissance des GAFA", La Tribune, 15 octobre 2018 → lire en ligne)
    • Pour avancer sur le sujet des rémunérations, la marche sera haute. Le second groupe de travail l’évalue à 2,4 milliards d’euros par an. — (David Larousserie, Le blues des chercheurs français, Le Monde. Mis en ligne le 14 octobre 2019)
  14. Ouvrage spécifiant les usages de composition orthotypographique d’un éditeur, d’une société ou d’un organisme ; partie proprement orthotypographique d’un manuel de style.
    • La marche maison de la Direction générale de la traduction et de l'Office des publications officielles de la Commission et des Communautés européennes est le Code de rédaction interinstitutionnel.
    • Les correcteurs, dont la première fonction consiste à faire respecter la langue, l’orthographe, la typographie, la syntaxe, sont aussi responsables de faire appliquer (et de faire évoluer, voire de créer) ce que l’on appelle la marche du journal. La marche est constituée d’un ensemble de décisions qui font partie de ce qui distingue dans sa forme un journal d’un autre. — (Muriel Gilbert, Au Bonheur des fautes, Vuibert, Paris, 2017)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MARCHE. n. f.
Il se disait d'une Province frontière exposée par sa situation aux incursions, aux attaques de l'État voisin. Les marches de Lorraine.

Littré (1872-1877)

MARCHE (mar-ch') s. f.
  • Frontière militaire d'un État. L'empereur confirme le vasselage de la Bohême et y établit la religion chrétienne ; tout ce qui était au delà était encore païen, excepté quelques marches de la Germanie, Voltaire, Ann. Emp. Othon 1er, 951.

    Usité surtout dans le nom de certains pays, comme la marche Trévisane, la marche d'Ancône, la marche de Brandebourg.

    Marche avantagère, nom qu'on donnait en Bretagne, en Poitou et en Anjou, aux limites qui séparent ces trois provinces, à cause de plusieurs priviléges dont jouissaient les habitants des lieux voisins.

    Lettres de marche, voy. MARQUE (LETTRES DE).

HISTORIQUE

XIe s. Il est mes fils, et si tiendra mes marches, Ch. de Rol. CCLXX.

XIIe s. E li reis teneit, tute la terre ultre l'ewe deled [du côté de] Tapsa, ki esteit marche de sun regne de cele part, Rois, p. 240.

XIIIe s. Et venoit [Richard] tournoyer es marches de France et de Poito, Ch. de Rains, p. 17.

XVe s. Les treves furent assez bien tenues, exceptées les marches lointaines, Froissart, I, I, 146. [Le châtel d'Aiguillon] estoit bien seant et en bonne marche, en la pointe de deux grosses rivieres portans navire, Froissart, I, I, 235.

XVIe s. Ceulx de la marque d'Ancone, Montaigne, III, 3. Il alla combattre le roi sur les marches d'Irlande et d'Angleterre, et le deffit, Carloix, II, 3.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

Marches, les, (Art milit.) dans les armées, sont une des parties les plus importantes du général ; elles font la principale science du maréchal général des logis de l’armée.

Les marches des armées doivent se regler sur le pays dans lequel on veut marcher, sur le tems qu’il faut à l’ennemi pour s’approcher, & sur le dessein qu’on a formé. On doit toujours marcher comme on est, ou comme on veut camper, ou comme on veut combattre.

« Il faut avoir une parfaite connoissance du pays, & beaucoup d’expérience pour bien disposer une marche, lorsqu’on veut s’avancer dans le pays ennemi, & s’approcher de lui pour le combattre. Il y a des marches que l’on fait sur quatre, six ou huit colonnes, suivant la facilité du pays ou la force de l’armée ; il y en a d’autres qui se font sans rien changer à la disposition de l’armée, en marchant par la droite ou par la gauche, sur autant de colonnes qu’il y a de lignes.

Ordinairement ces marches se font lorsqu’on est en présence de l’ennemi, & qu’il faut l’empêcher de passer une riviere, ou gagner quelque poste de conséquence. On a des travailleurs à la tête de chaque colonne pour leur ouvrir les passages nécessaires, & les faire toutes entrer en même tems dans le camp qu’elles doivent occuper. Il est très-utile de prévenir de bonne heure ces marches par des chemins que l’on doit faire à-travers champ, qui facilitent la marche des colonnes & leur arrivée au camp.

» Lorsqu’on marche en colonne dans un pays couvert, & que l’ennemi vous surprend & vous renverse, il est important de savoir prendre son parti sur le champ, en disposant promptement en bataille les troupes qui ne sont point encore attaquées, afin de donner le tems aux autres de se rallier. S’il y avoit dans cet endroit quelque terrein avantageux, on l’occuperoit aussi-tôt pour y combattre. Souvent les troupes qui ne sont pas soutenues à tems, se détruisent plus par la terreur que par le coup de main. On évite de semblables surprises en poussant en-avant des partis & de forts détachemens qui tiennent en respect l’ennemi, & donnent avis de ses mouvemens. Il faut encore qu’il y ait entre les intervalles des colonnes, de petits détachemens de cavalerie avec des officiers entendus pour les faire toutes marcher à même hauteur ; &, si l’ennemi paroissoit, les colonnes auroient le tems de se former en bataille & remplir le terrein.

» Il seroit bon de donner par écrit cet ordre de marche aux commandans de chaque colonne, & leur marquer celles qui marchent sur la droite & sur la gauche, afin qu’ils puissent apprendre les uns des autres l’ordre du général, & se conformer à ce qu’il leur est prescrit.

» On marche quelquefois à colonnes renversées, c’est-à-dire, la droite faisant la gauche, ou la gauche faisant la droite ; cette marche se fait suivant la disposition où l’on est, ou le dessein qu’on a de se porter brusquement dans un camp pour faire tête, en y arrivant, aux colonnes de la droite de l’armée ennemie, qui peut en arrivant engager une action. Nos troupes occupent d’abord le poste le plus avantageux, & donnent le tems aux autres colonnes d’arriver & de s’y mettre en bataille.

» On peut quitter de jour son camp, quoiqu’à portée de l’ennemi, lorsque l’on connoit qu’il est de conséquence de changer le premier de situation : pour faire cette marche, on met toutes les troupes en bataille, aussi-tôt on fait marcher la premiere ligne par les intervalles de la seconde pour passer diligemment les défilés ou les ponts, elle s’étend pour soutenir la seconde qui passe ensuite par les intervalles de la premiere, & se met derriere en bataille. Il faut que cette disposition de marche soit bien exécutée, & qu’il y ait au flanc de la droite & de la gauche des troupes pour observer les ennemis : les officiers de chaque régiment doivent être attentifs à contenir leur troupe. Si le terrein étoit trop désavantageux pour faire une semblable marche pendant le jour, il faudroit décamper à l’entrée de la nuit sur autant de colonnes que le terrein pourroit le permettre ; on laisseroit des feux au camp à l’ordinaire avec des détachemens de tous côtés, dont les sentinelles ou vedetes feroient alertes pour empêcher l’ennemi de s’en approcher, & lui ôter la connoissance de cette marche : il faut la rendre plus facile par des ouvertures que l’on fait pour chaque colonne, & que des officiers-majors les reconnoissent, afin de ne point prendre le change, & que les colonnes ne s’embarrassent point.

» Quand on veut décamper de jour & dérober ce mouvement aux ennemis, avant que de le faire, on envoie sur leur camp un gros corps de cavalerie avec les étendards, à dessein de les intriguer, & les amuser assez de tems pour donner à l’armée celui de se porter au poste qu’elle veut occuper, avant qu’il se puisse mettre en marche.

» Il y a des marches qu’il faut faire à l’entrée de la nuit pour empêcher que l’ennemi n’attaque notre arriere-garde dans ses défilés, & faciliter par ce moyen son arrivée dans un autre camp. Quoique l’on soit proche de l’ennemi, & qu’il n’y ait aucune riviere qui le sépare, un général qui connoît l’avantage de sa situation, & qui veut engager une affaire, peut reculer son armée des bords de cette riviere pour lui donner la tentation de la passer ; mais lorsqu’on fait ce mouvement, il ne faut pas lui laisser prendre assez de terrein pour placer deux lignes en bataille : on doit au contraire le resserrer. & profiter du piege qu’on lui a tendu, ne lui laisser passer de troupes qu’autant qu’on en peut combattre avec avantage, sans quoi il faudroit absolument garder les bords de la riviere ». Traité de la guerre par Vaultier.

Une marche de 3 ou 4 lieues est appellée marche ordinaire. Si l’on fait faire 6 ou 7 lieues à une armée, c’est-à-dire à peu près le double d’une marche ordinaire, on donne à cette marche le nom de marche forcée. Ces sortes de marches ne doivent se faire que dans des cas pressans, comme pour surprendre l’ennemi dans une position desavantageuse, ou pour gagner des postes où l’on puisse s’arrêter ou l’incommoder, ou enfin pour s’en éloigner ou pour s’en approcher, lorsqu’il a eu l’art de faire une marche secrette, c’est-à-dire lorsqu’il a su souffler ou dérober une marche.

Les marches forcées ont l’inconvénient de fatiguer beaucoup l’armée, par cette raison on ne doit point en faire sans grande nécessité. Celles qui sont occasionnées par les marches que l’ennemi a dérobées, sont les plus desagréables pour le général, attendu que ce n’est qu’à son peu d’attention qu’on peut les attribuer ; c’est pourquoi M. le chevalier de Folard prétend qu’il en est plus mortifié que de la perte d’une bataille, parce que rien ne prête plus à la glose des malins & des railleurs.

« Dans les marches vives & forcées, il faut faire trouver avec ordre & diligence, dans les lieux où passent les troupes, des vivres & toutes les choses nécessaires pour leur soulagement. Avec ces précautions, le général qui prévoit le dessein de son ennemi, est en état de le prévenir avec assez de forces dans les lieux qu’il veut occuper ; cette diligence l’étonne, & les obstacles à son entreprise augmentant à mesure que les troupes arrivent, il l’abandonne & se retire ». même Traité que ci-dessus.

Nous renvoyons ceux qui voudront entrer dans tous les détails des marches, à l’Art de la guerre par M. le maréchal de Puysegur, & à nos Elémens de Tactique.

Marche, (Archit.) en latin gradus, degré sur lequel on pose le pié pour monter ou descendre, ce qui fait partie d’un escalier.

Les anciens donnoient à leurs marches, & comme on disoit dans le dernier siecle, à leurs degrés, 10 pouces de hauteur de leur pié, qu’on appelle pié romain antique, ce qui revient environ à 9 pouces de notre pié de roi. Ils donnoient de giron à chaque marche les trois quarts de leur hauteur, c’est-à dire un de nos piés de roi, ce qui faisoit des marches trop hautes, & pas assez larges.

Aujourd’hui on donne à chaque marche 6 ou 7 pouces de hauteur, & 13 ou 14 de giron. Dans les grands escaliers, cette proportion rend nos marches beaucoup plus commodes que celles des anciens. Leurs sieges des théâtres étoient en façon de marches, & chaque marche servant de siege avoit deux fois la hauteur des degrés qui servoient à monter & à descendre. Voyez les Notes de Me. Perrault sur Vitruve, liv. III. & V.

On fait des marches de pierre, de bois, de marbre, non-seulement on distingue les marches ou degrés par leur hauteur & leur giron ou largeur, mais encore par d’autres différences, que Daviler explique dans son Cours d’Architecture.

On appelle, dit-il, marche carrée, ou droite, celle dont le giron est contenu entre deux lignes paralleles ; marche d’angle, celle qui est la plus longue d’un quartier tournant ; marches de demi-angle, les deux plus proches de la marche d’angle ; marches gironnées, celles des quartiers tournans des escaliers ronds ou ovales ; marches délardées, celles qui sont démaigries en chanfrain par dessous, & portent leur délardement pour former une coquille d’escalier ; marches moulées, celles qui ont une moulure avec filets au bord du giron ; marches courbes, celles qui sont ceintrées en dedans ou en arriere ; marches rampantes, celles dont le giron fort large est en pente, & où peuvent monter les chevaux ; on appelle marches de gason, celles qui forment des perrons de gason dans les jardins, & dont chacune est ordinairement retenue par une piece de bois qui en fait la hauteur. (D. J.)

Marches, les, (Rubaniers.) ce sont des morceaux de bois minces, étroits & longs, de 4 à 5 piés, au nombre de 24 ou 26 : cependant un maître dudit métier nommé Destappe, a imaginé d’en mettre jusqu’à 36, qui au moyen de leur extrême délicatesse n’occupent pas plus de place que 24, ce qui lui a parfaitement réussi. Ces marches sont percées & enfilées par un bout dans une broche ou boulon de fer, qui s’attache lui-même sous le pont du métier. Voyez Pont. Par l’autre bout elles portent les tirans des lames, & ces tirans servent à faire baisser les lames. Voyez Lames. Lorsqu’il y a 24, 26 ou plus de marches à un métier, il faut qu’il y ait autant de lames & de hautes-lisses qu’il y a de marches, puisque chaque marche tire sa lame, qui à son tour tire sa haute-lisse. Voyez Haute-lisse. On voit parfaitement tout ceci dans nos Pl. de Soirie & de Passementerie. Il faut, comme la figure le fait voir, que les marches soient d’inégale longueur, les plus longues au centre, comme devant tirer les lames les plus éloignées, cette longueur donnant la facilité d’attacher le tirant perpendiculairement à la lame que la marche doit faire agir ; on sent par ce qui vient d’être dit pourquoi les marches des extrémités doivent être plus courtes ; les marches ne doivent point être non plus suspendues à leurs tirans sur le même niveau, puisque l’on voit dans les figures que celles du centre pendent plus bas que les autres, & s’élevent petit-à-petit à mesure qu’elles approchent de l’extrémité, en voici la raison : lorsque l’ouvrier marche les marches des extrémités, il a les jambes fort écartées, ce qui doit indubitablement leur faire perdre de leur longueur, au lieu qu’en marchant celles du centre il les a dans toute leur longueur & dans toute leur force ; il est donc nécessaire de donner ce plan aux marches, outre que l’ouvrier y trouve encore une facilité pour les marcher. Comme elles sont fort serrées les unes contre les autres, sur-tout quand elles y sont toutes, cette inclinaison lui est favorable pour trouver celles dont il a besoin.

Marches, (Bas au métier) est une partie de cette machine. Voyez l’article Bas au métier.

Marche, (Soirie.) partie du bois de métier d’étoffe de soie. La marche est un litteau de 2 pouces à 3 pouces de largeur, sur 1 pouce d’épaisseur, il est de 5 piés à 6 piés de long, & percé à un bout ; ce trou est nécessaire pour y passer une broche de fer au travers pour les fixer & les rendre solides, lorsque l’ouvrier veut travailler.

Les marches servent à faire lever les lisses, tant de satin, gros-de-tours, que celles de poil.

Marche-basse, (Tapissier.) les ouvriers appellent quelquefois ainsi cette espece de tapisserie, qu’on nomme plus ordinairement basse-lisse. Ils lui donnent ce nom, qui n’est d’usage que dans les manufactures, à cause de deux marches que l’ouvrier a sous ses piés, pour hausser ou baisser les lisses. Voyez Basse-lisse.

Marchis, (Tisserand) partie inférieure du métier des Tisserands, Tissutiers, Rubaniers, &c. ce sont de simples tringles de bois, attachées par un bout à la traverse inférieure du métier, que l’ouvrier a sous ses piés, & suspendues par l’autre bout aux ficelles des lisses.

Les marches sont ainsi nommées parce que l’ouvrier met les piés dessus pour travailler. Les marches font hausser ou baisser les fils de la chaîne, à travers lesquels les fils de la trame doivent passer. Ainsi lorsque l’ouvrier met les piés sur une marche, tous les fils de la chaîne qui y répondent par le moyen des lisses se levent, & lorsqu’il ôte son pié ils retombent dans leur situation par le poids des plombs que les lisses ont à chaque extrémité.

Marche, terme de Tourneur, c’est la piece de bois sur laquelle le tourneur pose son pié, pour donner à la piece qu’il travaille un mouvement circulaire. Cette marche n’est dans les tours communs qu’une tringle de bois soulevée par l’extrémité la plus éloignée de l’ouvrier, par une corde attachée de l’autre bout à une perche qui pend du haut du plancher. Voyez Tour.

Marche du loup, (Vénerie.) c’est ce qu’on appelle en vrais termes, piste ou voie, faux marché, la biche y est sujette dans le cours de douze à quinze pas.

Marche, terme de Blason. Le P. Menetrier dit qu’il est employé dans les anciens manuscrits pour la corne du pié des vaches.

Marche, (Géog.) ce mot, dans la basse latinité, est exprimé par marca, marchia, & signifie limites, frontieres ; c’est pourquoi M. de Marca a intitulé ses savantes recherches sur les frontieres de l’Espagne & de la France, marca hispanica. Le seigneur qui commandoit aux frontieres étoit nommé marcheus ; de ce mot s’est formé celui de marchis, que nous disons aujourd’hui marquis, & que les Allemands expriment par margrave. Voyez Margrave.

Dans les auteurs de la basse latinité ; marchani & marchiani, sont les habitans de la frontiere. On a aussi nommé marchiones, des soldats employés sur la frontiere, & avec le tems ce mot a été affecté aux nobles, qui aprés avoir eu un gouvernement sur la frontiere qui leur donnoit ce titre, l’ont rendu héréditaire, & ont transmis à leurs enfans mâles ce gouvernement avec le titre. Enfin la qualification de marquis a été prise dans ces derniers tems en France par de simples gentilshommes, & même par des roturiers ennoblis, qui n’ont rien de commun avec le service, ni avec les frontieres de l’état. Voyez Marquis. (D. J.)

Marche, la, (Géog.) Marchia gallica, province de France, avec le titre de comté. Elle est bornée au septentrion par le Berry, à l’orient par l’Auvergne, à l’occident par le Poitou & l’Angoumois, & au midi par le Limousin, dont elle a autrefois fait partie, étant même encore à présent du diocèse de Limoges.

Son nom de Marche lui vient de ce qu’elle est située sur les confins ou marches du Poitou & du Berry. Elle a été réunie à la couronne par François I. l’an 1531.

La Marche a environ 22 lieues de longueur, sur 8 ou 10 de largeur. Elle donne du vin dans quelques endroits & du blé dans d’autres ; son commerce consiste principalement en bestiaux & en tapisseries que l’on fait à Aubusson, Felletin, & autres lieux.

Elle est arrosée par la Vienne, le Cher, la Creuse & la Cartempe.

On la divise en haute & basse, & on lui donne Guéret pour capitale. (D. J.)

Marche, (Géog.) petite ville, ou bourg de France, au duché de Bar, sur les confins de la Champagne, entre les sources de la Meuse & de la Saone, à 13 lieues de Toul. Long. 23. 26. lat. 48. 2. (D. J.)

Marche, (Géog.) petite ville des Pays-bas, au duché. de Luxembourg, aux confins du Liégeois, entre Dinant & la Roche, dans le petit pays de Famène. M. de Lisle ne devoit pas dire comme le peuple, Marche ou Famine. Long. 23. 15. lat. 50. 13. (D. J.)

Marche Trévisane, la, (Géograph.) province d’Italie, dans l’état de la république de Venise, bornée E. par le Frioul, S. par le golfe le Dogat, & le Padouan, O. par le Vicentin, N. par le Feltrin & le Belunese. On appelle cette province Marche trévisane, parce que dans la division de ce pays-là, sous les Lombards, l’état de Venise étoit gouverné par un marquis dont la résidence ordinaire étoit à Trévise (Trevigio). La Marche avoit alors une plus grande étendue qu’aujourd’hui. Sa principale riviere est la Piave ; mais elle est entrecoupée d’un grand nombre de ruisseaux : ses deux seules villes sont Trévise & Ceneda. (D. J.)

Marche, la, (Géog.) c’est ainsi que les François nomment une province maritime de l’Ecosse septentrionale, que les Anglois appellent Mers. Voyez Mers. (D. J.)

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Étymologie de « marche »

(Nom commun 1) D’une racine germanique marka (« frontière » mais aussi « signe de démarcation de la frontière ») d'où marque.
(Nom commun 2) Déverbal sans suffixe de marcher, lui-même du francique markon (« imprimer la marque du pied ») et étymologiquement apparenté au premier.
Note : La racine germanique est issu de l'indo-européen commun *mark (« limite ») dont dérive le latin margo (« bord ») qui a donné marge, marginal en français. Pour une analogie de construction, à partir d’un autre radical indo-européen commun, voyez terminus qui dérive de tero (« fouler »)
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Provenç. marcha, marca, marqua, frontière ; bas-latin, marchia ; du germanique : goth. marka ; anc. h. allem. marcha ; anglo-sax. mearc. C'est le même mot que marque.

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Phonétique du mot « marche »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
marche marʃ

Citations contenant le mot « marche »

  • Toute marche est une marche spirituelle. De Sagesse celte
  • Chien qui marche, os qui trouve. De Proverbe québécois
  • Celui qui pense droit marche de travers. De Jean Dypréau / Chemin des proverbes
  • Qui avale son parapluie marche forcément droit. De Anonyme / La Pomme de pins - 25 Février 1922
  • Dans un escalier, la marche la plus dangereuse, c'est la marche funèbre. De Marie-Christine Couffignal
  • Quand on marche lentement, on marche plus longtemps et on va donc plus loin. De Jirô Taniguchi / Le Figaro, 1er août 2009
  • Je marche parce que l'éducation marche mal. Je marche parce que trop de pères reculent. Je marche parce que l'intégration boîte. Je marche parce qu'il faut avancer. De Jean-Jacques Goldman / interview pour le Journal du Dimanche du 11 janvier 2015
  • La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. De Emile Zola / L’Affaire Dreyfus. La Vérité en marche
  • Le piston ne marche qu’avec les huiles. De Philippe Bouvard
  • Quand tu auras des chaussures ferrées, marche sur les épines. De Proverbe hébreu
  • Celui qui a besoin de feu marche vers la fumée. De Proverbe créole
  • Tout homme qui marche peut s'égarer. De Johann Wolfgang von Goethe / Faust
  • Le monde avec lenteur marche vers la sagesse. De Voltaire / Les Lois de Minos
  • L'abus marche souvent auprès de la puissance. De Antoine-François Le Bailly / Fables
  • De nombreuses animations musicales sont prévues pendant ces marchés. C’est un temps à vivre en famille ou entre amis. Mais c’est surtout un moment de partage entre consommateurs et producteurs, entre Mazamétains et vacanciers. L’idée est de retrouver du lien autour des bons produits du terroir et au travers d’un moment convivial, gourmand et festif. Et depuis douze ans ça marche ! ladepeche.fr, Mazamet. Convivialité au marché des producteurs - ladepeche.fr
  • "Dès que les informations manquantes seront fournies par les parties, le chronomètre sera remis en marche et la date limite pour que la Commission rende sa décision sera ensuite ajustée en conséquence", ajoute la Commission. BFM Bourse, Marché : La Commission européenne suspend son enquête sur Fiat-PSA - BFM Bourse
  • La quatrième marche annuelle en mémoire d’Adama Traoré a réuni plusieurs milliers de personnes le 18 juillet. Les soutiens se maintiennent… tandis que la liste des victimes s’allonge. Politis.fr, Marche pour Adama Traoré : Soldats malgré eux par Romain Haillard | Politis
  • la république en quoi ?? en marche ?? MDR ladepeche.fr, À Moissac, La République En Marche du Tarn-et-Garonne règle ses comptes sur les réseaux sociaux - ladepeche.fr
  • Avant la marche, les familles de Cédric Chouviat, Lamine Dieng, Ibrahima Bah, Babacar Gueye, Gaye Camara et Sabri ont pris la parole pour dénoncer la mort de leurs proches, à cause des « violences policières ». « Zineb, Bouna, Theo et Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas », a notamment scandé la foule, parfois le point levé, haranguée par Assa Traoré, juchée sur un camion. Le Monde.fr, Des centaines de personnes à la marche pour Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise
  • Ce marché des artistes sera aussi celui des métiers d’art. Souffleur de verre, tourneur sur bois, céramiste, sculpteur sur métal, relieur, origamiste… Ce sera donc l’occasion de découvrir ce secteur qui constitue une part essentielle dans l’économie de la création. Des hommes et des femmes animés par une démarche créatrice, par une liberté d’expression et par un rapport sensible à la matière. Nice-Matin, Tout savoir sur le nouveau marché dominical de Cagnes-sur-Mer - Nice-Matin

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Traductions du mot « marche »

Langue Traduction
Anglais market
Espagnol mercado
Italien mercato
Allemand markt
Chinois 市场
Arabe سوق
Portugais mercado
Russe рынок
Japonais 市場
Basque merkatua
Corse mercatu
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Synonymes de « marche »

Source : synonymes de marche sur lebonsynonyme.fr

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