Train : définition de train


Train : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TRAIN, subst. masc.

I. − Suite d'êtres animés ou de choses formant un ensemble ou fonctionnant ensemble.
A. − Vieilli. [À propos d'animés]
1. File de bêtes destinées au transport de marchandises ou à la consommation. Un train de mulets. Un (grand) train de bœufs, de chevaux (Ac. 1835-1935).
2. Suite de domestiques, de familiers, de bêtes de somme, de voitures et de bagages accompagnant une personne de qualité dans ses déplacements. Synon. équipage, suite.Train fastueux, superbe. Le duc: (...) vous ne pouvez pas venir comme cela à la cour. (...) Il vous faut des chevaux, des habits, des laquais, des voitures, un train enfin (Dumas père, Laird de Dumbiky, 1844, i, 10, p. 30).
En partic. Personnel domestique, escorte. Le bailli de Gand ordonna à Aterman de renoncer à tout ce grand train qu'il avait, marchant toujours suivi de trente ou quarante valets armés, obéi et respecté de tous (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 335).
Train de maison. Personnel domestique. Le bâtonnier et ses amis ne tarissaient pas de sarcasmes au sujet d'une vieille dame riche et titrée, parce qu'elle ne se déplaçait qu'avec tout son train de maison (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 677).V. infra III B 2.
Expr., fam. Le diable et son train. [P. allus. au cortège bruyant qui accompagne le diable] Tout Montmorillon était là: le maire, le sous-préfet (...), enfin tout le diable et son train!... Jusqu'au curé qui était venu en chauffeur (Courteline, Conv. Alceste, Mentons bleus, 1906, p. 181).Au fig. Suite de difficultés, d'ennuis. Le notaire (...) te réclamera d'un coup toutes les créances: capital, intérêts, papier timbré, le diable et son train (Arène, Tor Entrays, 1876, p. 157).
B. − [À propos d'inanimés]
1. [Se déplaçant ensemble]
a) Train de bois. Ensemble des grumes, des pièces de bois élaguées réunies en radeaux attachés les uns aux autres, mis à flot sur une voie d'eau pour être acheminés à destination. Synon. flotte4.Il fallait donc profiter du reflux pour amener le train de bois à l'embouchure (Verne, Île myst., 1874, p. 34).
b) Ensemble de véhicules (wagons, bateaux, camions) attachés les uns aux autres pour être tractés ou se suivant à la file. Train de camions, de péniches, de wagonnets. Il vit passer (...) un gros cheval blanc, attelé à un train de berlines (Zola, Germinal, 1885, p. 1161).À ce moment, nous croisâmes un train de chalands. Notre bateau se prit à danser (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 40).V. aigrelet ex. 9.
c) DÉFENSE. Train régimentaire. Ensemble des véhicules transportant l'approvisionnement d'un corps de troupes. Le grondement et le martèlement des soixante voitures du train de combat et du train régimentaire qui suivent les deux bataillons (Barbusse, Feu, 1916, p. 68).Train de combat. Ensemble des véhicules transportant les munitions, le matériel et le ravitaillement d'une troupe en campagne. Après les mitrailleurs et leurs mulets crottés (...) passèrent les caissons cahotants du train de combat (Dorgelès, Croix de bois, 1919, p. 60).
P. méton. [Avec ou sans maj.] Train des équipages, train (mod.). Corps de troupe chargé des transports sur route d'une armée; depuis la seconde guerre mondiale, arme motorisée et mécanisée chargée des transports militaires et de la circulation routière. Cavalier, soldat, voitures du Train des équipages; compagnie, officier du Train. Ce beau service du train, ces bonnes voitures solides comme du fer, ces magnifiques chevaux (...) ces braves soldats (...) et le bel ordre des munitions dans les caissons (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 200).Le bureau de recrutement (...) me convoqua au 8eescadron du train (Billy, Introïbo, 1939, p. 169).
MAR. MILIT. Train d'escadre. ,,Réunion de navires-ateliers et de ravitailleurs de tous genres accompagnant une force navale`` (Gruss 1978). Beaucoup de bâtiments du train d'escadre, notamment les pétroliers, les transports de matériel, de vivres, les navires-hôpitaux, peuvent être (...) des navires de commerce réquisitionnés (Le Masson, Mar., 1951, p. 57).
2. [De même nature ou fonctionnant ensemble]
a) AGRIC. Train de culture (vx). Ensemble formé par l'attelage, les animaux de trait, les outils de labour; ensemble du matériel agricole d'une ferme. Petits propriétaires exploitants (...) dont les trésoreries difficultueuses sont insuffisantes pour leur permettre d'améliorer leur train de culture (Industr. fr. engrais chim., 1954, p. 6).
b) AUTOMOB. Train de pneumatiques, de pneus. Ensemble des pneumatiques qui équipent les roues d'un véhicule. Lors des courses d'automobiles (...) on voit des coureurs changer complètement leur train de pneumatiques (Chapelain, Techn. automob., 1956, p. 328).
c) BIBLIOTHÉCON. Train de reliure. Ensemble d'ouvrages que l'on donne à relier en une seule fois. Préparation d'un train de reliure. Les livres devant être envoyés à l'atelier de reliure seront soumis à une vérification. Le bibliothécaire s'assurera (...) qu'aucune page ne manque ou n'est déchirée (Bibliothèques, Paris, Éc. nat. sup. des bibl., 1971, p. 182).
d) BOUCH. Train de côtes. Partie d'un animal de boucherie contenant les côtes et les entrecôtes. Cette pièce [la côte de bœuf], désignée aussi sous le nom de train de côtes, est formée par les muscles qui recouvrent la partie supérieure des côtes et les vertèbres du dos (Mont.1967, s.v. bœuf).
e) IMPR. Train de presses. Série de presses que l'on emploie ensemble. (Dict. xixeet xxes.).
f) INDUSTR. Train de laminage. ,,Ensemble des cylindres d'un laminoir donnant des tôles d'une épaisseur voulue`` (Peyroux Techn. Métiers 1985). Train de sonde. ,,Ensemble des éléments et tiges de forage, portant de la surface du sol jusqu'au fond, les outils de forage et les dispositifs associés`` (Industries 1986).
g) INFORMAT. Train de travaux. Lot de programmes traités ensemble par l'ordinateur. Les programmes sont exécutés l'un après l'autre et les programmeurs ne prendront connaissance de leurs résultats que lorsque le train de travaux sera « passé » en machine (Val.Informat.1976, s.v. traitement par lots).
h) MÉCAN. Train d'engrenages. ,,Ensemble des roues dentées et des pignons engrenant entre eux`` (Boissier 1975). Avec les transmissions par courroies, il faut employer des courroies croisées ou des trains d'engrenages compliqués, comme cela se pratique sur les automobiles (Soulier, Gdes applic. électr., 1916, p. 131).
Train planétaire. ,,Ensemble cruciforme de palettes, rotatives et excentrées par rapport à l'axe du malaxeur`` (Industries 1986).
i) PÊCHE. Train de pêche. ,,Ensemble du dispositif de pêche (éléments de filets, filins, flotteurs) mis à l'eau par un bâtiment`` (Gruss 1952).
j) PHYS. Train d'ondes. ,,Groupe d'ondes successives qui se répètent d'une manière semblable`` (Pir. 1964). Il ne semble pas que l'on possède actuellement aucune notion expérimentale sur la longueur du train d'ondes régulier moyen des rayons X (Friedel, Cristallogr., 1926, p. 327).P. métaph. J'étais le corpuscule au début de sa trajectoire et le train d'ondes qui reflue sur lui après s'être heurté au butoir d'arrivée (Sartre, Mots, 1964, p. 203).
3. Au fig. Succession et enchaînement d'actes, de pensées. Train d'idées. La volonté anime un corps et un train de pensées qui, par leur organisation, ont une vitesse de mutation toujours inférieure à celle de la pensée pensante (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 287).V. bon ex. 59.
En partic. Série d'actes d'ordre administratif, politique, social effectués par décision législative ou gouvernementale. Train de mesures, d'ordonnances. [François allait] avoir sa propre imprimerie, sortir son hebdomadaire, se présenter à la députation avec un train de réformes publiques (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 43).
Région. (Canada). ,,Ensemble des travaux quotidiens d'une ferme; par extension ménage d'une maison, travaux domestiques`` (Richesses Québec, 1982, p. 2340). Durant la matinée, le temps fila vite. Alphonsine fit le train de la maison, et prépara le repas (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 150).
II.
A. − CH. DE FER, cour. Suite de voitures ou de wagons attelés les uns aux autres et traînés sur des rails par une locomotive ou une locomotrice. Prendre un train; monter dans le train. J'entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d'un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l'étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine (Proust, Swann, 1913, p. 3).V. attente ex. 1, former ex. 4:
1. J'ai couru à la gare; j'ai demandé à quelle heure le premier train; j'ai sauté dedans, en me disant: « Ça y est. J'arriverai avant elle! » Malheureusement, je n'ai pas réfléchi que le premier train était un omnibus, tandis que le second est un express... Feydeau, Dame Maxim's, 1914, II, 11, p. 54.
Train express. V. express1.Train rapide. V. ce mot II B.Train omnibus. V. ce mot I B.
SYNT. Train bondé, complet; train direct, international, régulier, supplémentaire; train postal; train à destination de, en provenance de; train d'affaires, de banlieue, de luxe; train de ballast; agent, chef, conducteur, contrôleur de train; tête, milieu, queue de/du train; compartiment, couloir, portière, soufflets, voiture d'un train; arrêt, arrivée, départ du train; billet de train; horaire des trains; tableau de composition des trains; le train s'arrête, démarre, entre en gare, part, passe, ralentit, roule, siffle, stoppe; le train déraille; le train est à telle heure, part à telle heure, dans cinq minutes; le train a dix minutes de retard; avoir le/son train; attraper le train (fam.) ; manquer ou rater le train; prendre le train de (telle ville), pour (telle) ville; monter dans un train; changer de train; descendre du train; arriver par le train de Paris, au train de Paris (fam.) ; faire (une visite) entre deux trains.
1. Train + adj. (qui précise la nature, la destination, le mode de fonctionnement)
Train automoteur. Train constitué par des véhicules automoteurs et des remorques. De véritables rames indéformables (trains automoteurs rapides représentés par deux motrices encadrant une remorque) (Bailleul, Matér. roulant ch. de fer, 1951, p. 155).
Premier train. Train partant de très bonne heure. Venant de Grenoble par le premier train, le train ouvrier, il a cru pouvoir s'arrêter à Saint-Romains et reprendre le train suivant (Bernanos, Crime, 1935, p. 827).Premier train en partance pour une direction donnée. V. supra ex. 1.Dernier train. Dernier train, en partance pour une direction donnée. L'« ombre portée » de la violence s'étend partout. Dans les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, les services de police montent des opérations « dernier train », « dernier métro », pour « sécuriser »comme on dit de plus en plusles banlieusards attardés (Le Nouvel Observateur, 16 févr. 1976, p. 36, col. 2).
Train mixte. Train comportant des voitures de voyageurs et des wagons de marchandises. Les trains ordinaires sont classés d'après leur composition, en trains de voyageurs, trains de marchandises et trains mixtes (Bricka, Cours ch. de fer, t. 2, 1894, p. 125).
Train spécial. Train mis en circulation dans des circonstances particulières. Les autorités allemandes (...) avaient (...) parlé (...) d'un train spécial, wagons Pullmann, qui nécessiterait une surveillance toute particulère (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 128).
En partic. Train bleu. Train de nuit, comportant des voitures-lits de couleur bleu foncé, à destination de la Côte d'azur. Les hommes attendent avec confiance comme on attend (...) le passage du train bleu (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 214).
DÉFENSE. Train blindé. Train protégé par un blindage, pourvu d'armes défensives et d'une escorte. Ramos prit une fois de plus conscience qu'un train blindé, ce n'est qu'un canon et quelques mitrailleuses (Malraux, Espoir, 1937, p. 484).Train sanitaire. Train aménagé pour le transport des blessés et des malades. C'est lui qui centralise les dons de cigarettes et de tabac, qui va les distribuer par les portières des trains sanitaires (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 154).
2. Train + prép. à ou de
Train à crémaillère. Train utilisé sur certaines voies à forte déclivité comportant un rail supplémentaire muni de dents. Le train à crémaillère se dirige vers le fond de la vallée, franchit la Lütschine-Blanche, puis oblique à gauche (Suisse, Paris, Hachette, 1967, p. 449 [Les Guides bleus]).
Train à grande vitesse (abrév. TGV). Rame de ligne continue constituée d'éléments automoteurs électriques encadrant des voitures de voyageurs et les transportant à vitesse accélérée. Les TGV, en 30 à 35 années de vie, ne devraient visiter que deux à trois fois Bischheim, parcourant entre chacune de leur révision quelque 2 800 000 km (La Vie du rail, 6 nov. 1986, p. 3).En appos. Rame TGV. V. rame3B 2 ex. de La Vie du rail.
Train de ceinture. Train qui contourne Paris. Je l'avais recontrée quelques jours auparavant dans le train de Ceinture. Elle voulut bien dénouer la sienne en faveur de ton serviteur (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 778).
Train de marchandises. Train composé de wagons assurant à vitesse réduite le transport des marchandises. Il fallait attendre que passe un de ces interminables trains de marchandises, des plates-formes ouvertes avec d'immenses tonneaux gonflés de vin, et des wagons fermés (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 226).V. marchandise A ex. de Zola.[P. oppos. à train de marchandises] Train de voyageurs. Train composé de voitures assurant le transport des voyageurs. L'hiver, elles [les machines BB 7 200] sont susceptibles de remorquer des trains supplémentaires de voyageurs entre Chambéry et Modane (La Vie du rail, oct. 1987, p. 49).
Train de messageries. Train assurant à marche accélérée le transport des denrées périssables. Les trains de marchandises circulent, on le sait, à 90 km/h, depuis le 28 septembre. Les trains de messageries continuent, pour leur part, à circuler à 100 km/h (La Vie du rail, 30 oct. 1986, p. 4).
Train de neige. Train de voyageurs à destination des stations de sports d'hiver. Pour les trains de neige, une arrivée vers 9 h avec l'installation à l'hôtel fait perdre en réalité une matinée de ski (Defert, Pol. tour. Fr., 1960, p. 68).
Train de plaisir (vieilli). Train de voyageurs à prix réduit organisé à l'occasion d'une fête ou pour une excursion. La semaine passée, 300 voyageurs (français) sont venus de Granville en train de plaisir (Hugo, Corresp., 1852, p. 129).
3. Train de
[Avec indication de l'heure de départ] Eux s'exclamèrent:Nous en avions [des billets] !Même, ajouta La Guillaumette, que nous avons pris l'train hier soir à Commercy, le train de huit heures quarante-sept! (Courteline, Train 8 h. 47, 1888, p. 193).
[Avec indication du point de départ] À Nice (...) je guettai l'arrivée du train de Paris dans lequel pouvait se trouver Brignolles (G. Leroux, Parfum, 1908, p. 66).
[Avec indication de la destination] Vingt francs de pourboire, dis-je au cocher, si tu arrives gare de Lyon pour le train de Marseille, six heures trente-sept (Benoit, Atlant., 1919, p. 221).
Rem. Pour éviter l'ambiguïté, on utilise parfois la prép. pour afin d'indiquer la destination: Il prit tranquillement le train pour Paris, maintes fois contrôlé en route, mais sûr de son fait (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 296).
4. [En compos. avec un subst. qui caractérise la nature ou la fonction du train]
Train auto(s)-couchette(s). Train composé de voitures-lits et de voitures-couchettes transportant sur des wagons spéciaux les automobiles des voyageurs. Une classe limitée (...) peut s'offrir ces raffinements (trains rapides à suppléments, trains auto-couchettes, location de voitures sans chauffeur dans les gares, etc.) (Defert, Pol. tour. Fr., 1960, p. 81).
Train auto-jour. Train comportant des voitures et des wagons pour les automobiles des voyageurs. Train auto-jour; uniquement sur Paris-Lyon ou Lyon-Paris, voyage de jour dans le même train que votre automobile (Le Point, 19 juill. 1976, p. 13, col. 4).
Train-balai. Dernier train de la soirée circulant en métropole et sur les lignes de banlieue. Dans le train-balai 5 079 entre Paris et le Midi, tu dormais auprès de moi sur la banquette. Nous avons très peu parlé mais je t'ai caressée et embrassée (Le Nouvel Observateur, 29 déc. 1980, p. 43, col. 1).
Train-bloc. Train de marchandises rapide constitué de wagons porte-conteneurs. Depuis le 3 octobre, des trains-blocs de marchandises relient deux fois par semaine, et dans chaque sens, le quart sud-est de la France à certaines zones de la Belgique et de la Flandre Zélandaise (La Vie du rail, 23 oct. 1986, p. 41).
Train-ferry. Transbordeur aménagé pour recevoir des trains de voyageurs. Des trains-ferries d'une capacité moyenne de quinze wagons, assurent, en vingt minutes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, cette traversée de deux kilomètres (Le Monde, 10 oct. 1976, p. 28, col. 1).
Train-parc. Train aménagé pour loger le personnel travaillant sur la voie et abriter son outillage. (Dict. xxes.).
Train-poste. Train aménagé pour transporter le courrier et les lettres. (Dict. xixeet xxes.).
5. [Dans un cont. métaph.] Entreprendre ses études, c'était, en quelque sorte, prendre un train qui menait quelque part (sauf accidents) (Valéry, Variétés IV, 1938, p. 196).Dès que cela fut possible, le peuple français fut donc invité à élire ses constituants (...). Puis, une fois le train mis sur les rails, nous-mêmes nous sommes retirés de la scène (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 649).
6. Loc. fig.
Manquer le train. Laisser échapper une occasion favorable. L'amour prend quand il veut et qui il veut. Il y a des gens qui aiment chaque matin, d'autres une seule fois dans leur vie, d'autresmais c'est rarequi manquent régulièrement le train (Estaunié, Ascension M. Baslèvre, 1919, p. 28).
Être dans le train en marche. Participer à une action. [Les femmes] sont, comme les hommes, dans le train en marche. Au stade du syndicalisme, il importe qu'elles restent dans le train (Debatisse, Révol. silenc., 1963, p. 153).
Monter dans, prendre le train en marche. S'associer tardivement et opportunément à une action en cours. Les fondateurs du cubisme, nul doute que ce sont Picasso et Braque. Juan Gris et Fernand Léger, à cet égard, ont « pris le train en marche » (Réalités, mars 1974, p. 71, col. 1).
7. Expr. fam.
Avoir l'air d'une vache qui regarde passer un train; comme une vache regarde passer un train. D'un air abruti, ahuri. Il se regardait soi-même, avec cet air qu'ont les vaches lorsqu'elles regardent passer un train (Montherl., Célibataires, 1934, p. 885).
Prendre le train onze*.
Un train peut en cacher un autre (au fig.). [P. allus. au panneau situé à l'intersection d'une voie ferrée et d'un passage à niveau] Une réalité peut en masquer une autre. Cette pollution [des eaux], on commence à bien la connaître (...). Un train pouvant toujours en cacher un autre, quelques formes relativement nouvelles de danger pesant sur la qualité des eaux potables défrayent la chronique, sans qu'il y ait pourtant lieu d'être alarmiste (Le Monde dimanche, 25 oct. 1981, p. xi).
B. −
1. P. ext. Transport ferroviaire. Synon. chemin de fer, rail.Voyager en train, par le train; les usagers du train. Le lendemain, on vit s'en venir les gars des champs. En carrioles, par le train, sur des vélos, à pied (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 8).
2. P. anal.
ASTRONAUT. [Avec infl. de I B 1] Train spatial. Ensemble des modules qui circulent, soit arrimés les uns aux autres, soit détachés, au cours d'une expédition spatiale. Il est aussi facile de séparer ensuite les « wagons » de ce train spatial qui, à l'aide de rétrofusées, sont en mesure de se séparer les uns des autres (Paris-Presse, 18 juin 1963, p. 6, col. 3 ds Guilb. Astronaut. 1967).
Train du ciel. Suite d'avions décollant à horaires rapprochés sur une même ligne et dont les voyageurs bénéficient de tarifs réduits. Le Sky-train, train du ciel, révolutionnaire pour les vols transatlantiques (...) attend encore l'autorisation du CAB, le bureau de l'Aviation civile américaine (L'Express, 9 mai 1977, p. 209, col. 1).
JEUX. Jouet d'enfant ou modèle réduit constitué par une locomotive en miniature et ses wagons et évoluant ou non sur un circuit. Train mécanique; train en bois; jouer au train. Il fait donc (...) semblant d'être chef de gare en faisant mouvoir son train électrique (Jeux et sports, 1967, p. 447).
LOISIRS. Train fantôme*.
TRANSP. Train routier. Véhicule industriel composé d'un tracteur, qui est lui-même un camion ou un semi-remorque, et d'une ou plusieurs remorques, le tout relié par des barres d'attelage (D'apr. Industries 1986). Des systèmes d'attelage perfectionnés ont permis d'obtenir une extrême souplesse de manœuvre, et l'on a pu constituer ainsi de véritables trains routiers d'une extraordinaire maniabilité (Tinard, Automob., 1951, p. 374).
III. − Allure, manière d'aller.
A. − [Gén. au sing., compl. d'un verbe de mouvement et déterminé par un adj. ou un compl. de nom]
1. Allure du cheval, d'un quadrupède; allure de l'attelage, de la voiture et des personnes transportées. Train furieux; accélérer, ralentir le, son train. La voiture prit un train plus rapide; le bruit des roues faisait se retourner les passants (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 2).
a) P. anal.
Allure d'un véhicule motorisé. La file descendante des camions qui arrivaient d'un train immuable comme des bêtes aveugles (Romains, Hommes bonne vol., 1938, p. 255).
Allure d'une personne, manière de se mouvoir, d'agir. [Zola] écrit toujours du même train et fait chaque jour le même nombre de pages (Lemaitre, Contemp., 1885, p. 268):
2. Je constate un désaccord entre mon rythme et celui de mon milieu. Il faudra bien qu'un des deux cède à l'autre, que je succombe ou que j'enseigne à mes contemporains, qui véritablement se traînent comme des escargots, à suivre mon train. Morand, Homme pressé, 1941, p. 17.
b) SPORTS
α) HIPPISME
,,Allure que le cheval au galop peut soutenir pendant un temps et sur une distance déterminée`` (Petiot 1982). Le duc allait à bonne allure, mais sans presser; un cavalier excellent n'est presque jamais un cavalier vite (...) On va « le train du cheval », dans sa meilleure utilisation (La Varende, Homme aux gants, 1943, p. 395).
Manquer de train, ne pas avoir de train. Ne pas avoir d'allure réglée ou de vitesse. Joli, non [le cheval] (...) mais il a de la ligne (...) c'est un pur sang qui manquait de train (Gyp, Pas jalouse, 1893, p. 154).
Vitesse soutenue à laquelle se déplace le peloton de tête dans une course de chevaux. Train rapide; mener le train. Un même mot sortait de toutes les bouches.Quel train! mes enfants!... un rude train, sacristi! À présent, le peloton arrivait de face, dans un coup de foudre (Zola, Nana, 1880, p. 1403).
β) CYCL., COURSE. Allure d'une course. Imposer, suivre le train. Ai-je bien fait d'abandonner?Vous avez mille fois bien fait. Le train était excessif pour vous (Montherl., Olymp., 1924, p. 239).
Assurer, faire, mener le train. Prendre la tête du peloton et en régler l'allure. L'échappée est ainsi lancée. Parmi les hommes de tête ou leaders, chacun mène le train à son tour, plus ou moins sèchement, en prenant le relais à intervalles réguliers (Comment parlent les sportifsds Vie Lang.1952, p. 175).
Faux train. ,,Allure qu'un concurrent impose à ses adversaires en menant le train « en dedans » de l'allure normale (afin de favoriser le retour d'un camarade attardé, de freiner la chasse donnée aux échappés, de se ménager pour le sprint final)`` (Petiot 1982).
2. Allure d'un inanimé en mouvement; allure à laquelle une chose se déroule, évolue. Il fallait qu'il se crût bien seul: toute sa personne épousait le train de l'archet; avec amour, il couchait sa joue sur l'instrument (Châteaubriant, Lourdines, 1911, p. 282).P. métaph. Si l'on vouloit faire aller les mots allemands du train de la conversation française, on leur ôteroit toute grâce et toute dignité (Staël, Allemagne, t. 1, 1810, p. 186).
En partic. Évolution du monde, de la vie. Train fastidieux, ordinaire. Aussi les progrès les meilleurs et les plus profonds sont-ils souvent les plus inaperçus, parce qu'ils font vraiment corps avec nous. C'est du détail ordinaire, du train quotidien de la vie qu'il importe de régler diligemment le sens (Blondel, Action, 1893, p. 196).
3. Expr. et loc.
a) Train de + subst.
Train d'enfer. Allure très rapide, excessive. Galoper, rouler à un train d'enfer. Voilà que Dorothée allait d'un train d'enfer aux derniers accords (...) et se levait du piano en rabattant le couvercle avec fracas! (Jouve, Scène capit., 1935, p. 146).V. enfer II B 2 ex. de Gide.
Train de poste. V. poste1A 1 B.
Train de sénateur (vieilli). Allure lente, grave et majestueuse. Pas de coup d'accélérateur pour la « loi Savary »: sa discussion à l'Assemblée poursuivra son train de sénateur (L'Est Républicain, 2 juin 1983, p. 1, col. 1).Le moteur [de la vedette] est bridé, et d'ailleurs le règlement des canaux interdit de dépasser ce train de sénateur. Protection des berges oblige (Le Monde loisirs, 11 août 1984, p. iii).
b) Expressions
Aller son train, son petit train. Continuer régulièrement sa marche, tranquillement, posément. Synon. suivre son cours*.Les commérages allaient leur train, se glissant de maison en maison et faisant la boule de neige dans le trajet (Theuriet, Mariage Gérard, 1875, p. 174).
Être en bon train (vieilli). Être en bonne voie, en bonne condition. À propos, mon procès marche, il est en bon train (Sand, Corresp., t. 1, 1835, p. 324).
Être dans le train (au fig., fam., vieilli). Être dans le mouvement général. Synon. fam. être à la coule, dans le coup, à la page, dans le vent.J'ai eu au baccalauréat un examinateur étonnant, sportif, tout à fait dans le train (Bernanos, Joie, 1929, p. 579).
Au train où l'on va; au train/du train où vont les choses; au train où va le monde, la science; à ce train-là. Si l'on continue, si quelque chose continue ainsi. À ce train-là, dans trois mois ce sera la paix nazie (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 13).
c) Loc. adv.
Bon train, grand train. Rapidement. Aller, revenir bon train; mener qqc. bon train. Elle avait un jeune gigolo qui jouait bon train (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 414).V. mener B 1 a β ex. de Giono.Au fig. Mener (qqn) bon train (vx). Contraindre (quelqu'un), ne pas ménager (quelqu'un). Colonel!Il n'y a pas de colonel, je vais vous mener bon train; et d'abord, vous ne serez jamais Député (Balzac, Pierrette, 1840, p. 133).
À fond de train. Très vite. Conduire une voiture, lancer un équipage à fond de train. Elle hâta le pas dès qu'elle me sentit sur ses talons, cravacha son cheval, et sans motif le lança à fond de train (Fromentin, Dominique, 1863, p. 262).
4. En train
a) [Notamment dans des loc. adj. ou adv.]
α) (Être) en train
[Le suj. désigne une pers.]
(Être) dans de bonnes dispositions, enclin à une activité, une action. Anton. (être) fatigué.J'aurais dû, après Salammbô, me mettre immédiatement à Saint Antoine; j'étais en train, ce serait fini maintenant (Flaub., Corresp., 1863, p. 91).[Fréq. à la forme nég.] Je ne suis pas en train... Ma main tremble... Je ne sais ce que j'ai (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 137).
(Être) dans une disposition agréable ou gaie. Dans la demeure du menuisier, la gaieté gardait un certain air de réserve (...). Rivet seul était en train et buvait outre mesure (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Mais. Tellier, 1881, p. 1198).
[Le suj. désigne un inanimé] (Être) commencé, en bonne voie d'exécution. Synon. (être) en cours.Travaux en train; la partie est en train. J'ai une grosse commande en train avec la compagnie du gaz, 10.000 kilomètres de tuyauterie (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 44).
β) Mettre en train
[L'obj. désigne une pers.] Se mettre en train. S'activer. Qu'elle fasse du feu, que l'eau chauffe. Allons, qu'on se mette en train, s'il vous plaît (Giono, Hussard, 1951, p. 154).Fam. Se mettre en train. S'exciter à la joie, au plaisir. Pour se mettre en train, il se versa une bonne rasade (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 145).
[L'obj. est un inanimé] Commencer l'exécution, l'utilisation de quelque chose. Synon. mettre* en chantier.Mettre un travail en train. Puis-je compter sur vous pour mettre cela en train [des comités] et établir des liaisons entre les comités et nous? (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 383).
γ) Mise en train
SPORTS. ,,Échauffement avant l'effort`` (Petiot 1982, s.v. mise).
Début d'exécution, de fonctionnement. Synon. lancement.Mise en train d'une affaire, d'une usine. La plus petite fortune, le plus mince établissement, la mise en train de la plus chétive industrie exigent un concours de travaux et de talents si divers que le même homme n'y suffirait jamais (Proudhon, Propriété, 1840, p. 215).Au fig. Le commencement et la mise en train de la paix sont plus obscurs que la paix même (Valéry, Variété[I], 1924, p. 23).
b) Loc. prép.
α) Vieilli. (Être) en train de (+ subst.).(Être) dans une disposition de, (être) en voie de. Être en train de confidence, d'énergie, d'optimisme. Puisque je suis en train de soleils couchants, de crépuscules et de clairs de lune, il faut que je vous raconte ma soirée d'avant-hier (Hugo, Rhin, 1842, p. 324).
β) (Être) en train de (+ inf.)
Vieilli. Être disposé à, en humeur de. Ne pas être en train de rire, de s'amuser. Le soir, promené à la jetée, pour laquelle je reprends du goût. J'étais en train d'être seul et n'ai point été chercher Chenavard (Delacroix, Journal, 1854, p. 250).Être en voie de. Être en train de se ruiner. Savez-vous qu'il n'est pas bien de mettre les gens en train de nous aimer et de les planter là? (Sénac de Meilhan, Émigré, 1797, p. 1713).
[Marquant l'aspect duratif de l'action, le procès en voie de s'accomplir ou l'évolution d'un état] Qqn est en train de parler, de voir; qqc. est en train d'évoluer; le gâteau est en train de cuire. Blessure au-dessous de la flottaison, dans les flancs d'un navire en train de couler (Goncourt, Journal, 1887, p. 710).Il lui semble que quelque chose est en train de changer (Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 92).
B. − P. ext.
1.
a) Vieilli. Manière dont on vit, genre de vie que l'on mène. Reprendre son train habituel. Je veux te parler un peu sur ce train que nous menons à la ferme pour que tu ne croies pas des choses qui ne sont pas (...) on est de gros malheureux (Giono, Baumugnes, 1929, p. 80).Depuis une semaine je me lève de nouveau et reprends peu à peu mon ancien train de vie (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 909).
b) Manière dont on vit par rapport aux moyens matériels dont on dispose, par rapport à la dépense. Train princier, somptueux; mener un train de souverain. Vous ne pourrez pas suffire au train qu'elle mène, avec vos pauvres petites vingt-cinq mille livres de rente (Augier, Contagion, 1866, p. 457).Menant un train des plus réduits, il ne recherchait pas les occasions de faire des largesses (A. France, Vie fleur, 1922, p. 339).
Mener grand train. Mener un genre de vie exigeant de grandes dépenses. Synon. vivre sur un grand pied*.Le comte de Chateaubriand (...) n'était pas riche et ne menait pas grand train (A. France, Génie lat., 1909, p. 265).
P. méton., vieilli. Élément de confort, de luxe permettant de tenir un rang dans la société; ensemble des éléments de confort qui permettent de vivre dans une maison. Avoir un train de chasse. C'était généralement (...) des châtelains un peu romanesques qu'on nommait capitaines de louveterie. Cela les autorisait à avoir un train et même un uniforme (Giono, Roi sans divertiss., 1947, p. 98).
c) Usuel. Train de vie. Façon de vivre d'une personne, d'une famille par rapport aux ressources dont elle dispose et à son milieu. MmeRezeau, qui trouvait le train de vie de feu sa belle-mère au-dessus de ses moyens, renvoya successivement tous les domestiques (H. Bazin, Vipère, 1948, p. 43).
2. Vieilli. [S'appliquant d'abord à la domesticité d'une maison, v. supra I A 3 b] Train de maison, train de (la) maison. Ensemble des services d'une maison, de ses commodités, du personnel; dépenses qui y sont attachées. Augmenter son train; prendre un train de maison. Afin de se poser comme le maître, il augmenta le train de la maison. Alors, on prit un groom, on changea de logement, et on eut un mobilier nouveau (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 241).Il répétait que (...) leur train de maison, leurs réceptions, les ruineraient et qu'ils finiraient « par se casser la gueule » (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 51).V. maison I A 3 b ex. de Larbaud.
3. Vx, fam. [P. réf. au bruit que font un grand nombre de pers.; v. supra I A 2] Tapage accompagné de désordre, animation. Synon. remue-ménage.Faire du train. Le jour, elle [une malade] est assez tranquille; mais quand la nuit vient, c'est un train, un vacarme (Cottin, Mathilde, t. 2, 1805, p. 230).
Train d'enfer. Bruit considérable. Trois écoliers (...) seuls dans ce compartiment, menaient un train d'enfer. Je les écoutais rire et se bousculer (Gide, Et nunc manet, 1951, p. 1134).
IV. − Partie qui assure le mouvement.
A. − [À propos d'un animé]
1. Partie antérieure ou postérieure d'un animal de trait, d'un quadrupède. Train avant, train de devant (synon. avant-train); train arrière, train de derrière (synon. arrière-train). Énorme, immobile, assis sur son train de derrière, il [le loup] était là (A. Daudet, Lettres moulin, 1869, p. 38).[Le chien écrasé] eut encore la force de traverser la chaussée se traînant sur le train avant, le train arrière presque complètement sectionné (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 118).
2. Partie antérieure ou postérieure d'une personne. Train avant ou supérieur (rare); train postérieur. Synon. derrière3, postérieur, arrière-train.C'est le train inférieur qui, dans la danse de scène, joue aujourd'hui le rôle principal. C'est lui qui assume ici le jeu et le bruit des rythmes, le train supérieur n'étant plus qu'un mime (Arts et litt., 1935, p. 44-7).
P. ell., fam. Derrière. Il ne pouvait plus apercevoir son beau train, sa forte poitrine ni ses lèvres humides, sans tendre les mains en avant (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p. 170).J'aurais pu épouser une bonne, une sage, une honnête jeune fille, et qui n'aurait jamais eu le feu au train avant que son mari fasse ce qu'il faut pour cela (Camus, Requiem, 1956, 1repart., 3etabl., p. 857).
Loc. pop. ou fam.
Botter le train à (qqn). Faire avancer à coups de pieds au derrière, forcer quelqu'un à se remuer. C'est le seul [prisonnier] à qui j'aie regretté d'avoir botté le train pour l'emmener! (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 204).
Filer le train à (qqn). Suivre (quelqu'un). Et méfie-toi qu'les poulets te filent pas le train (Le Breton, Rififi, 1953, p. 143).
Se manier ou se magner le train. Se dépêcher. Envol criard, merde, merde, maniez-vous le train, la rue se vida (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 83).
Coller (qqn) au train. Suivre (quelqu'un). Je sentais qu'il aurait bien voulu me coller au train. À deux, n'est-ce pas, l'arnaque est plus facile! (A. Boudard, La Métamorphose du cloporte, 1962, p. 21).
B. − [À propos d'une chose]
1. Partie sur laquelle repose le corps d'un véhicule et qui porte les roues. Train d'un carrosse, d'une voiture, d'un wagon. [Venture] alla jusqu'à la voiture, se glissa à plat-ventre sous le train, entre les roues (...) passa ses pieds entre le sol et le caisson de la voiture (Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 512).
AUTOMOB. Train (avant), train (arrière). Ensemble des pièces mécaniques situées sous le véhicule entre le châssis ou la coque et la route, comprenant les roues, la suspension, l'essieu, les organes de transmission du mouvement et le pont. La géométrie du train avant est caractérisée par un déport au sol positif de 15 mm, une forte inclinaison des pivots sur le plan transversal (14 20'), d'où il résulte un bon rappel statique de la direction (L'Équipe, sept. 1982, p. 1).
AVIAT. Train d'atterrissage. Ensemble des pièces métalliques portant les roues (ou des flotteurs, des patins) grâce auquel l'avion peut se déplacer sur le sol (ou le plan d'eau) avant le décollage ou à l'atterrissage. Train escamotable, fixe, à flotteurs. Des avions militaires passaient en fraude des vélos et des machines à coudre accrochés entre les roues du train d'atterrissage (Nizan, Conspir., 1938, p. 70).
2. IMPR., vieilli. Partie de la presse sur laquelle on posait la forme et qui avançait sous la platine et se retirait au moyen d'une manivelle. Les bandes d'une presse (...) servent à soutenir le train, composé du coffre et de ses accessoires (Momoro, Impr., 1793, p. 63).
Mise en train. V. mise I C 1 b impr.
Rem. En compos., v. arrière-train et avant-train.
Prononc. et Orth.: [trε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1165 traïn « ensemble d'objets jonchant le sol » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 14027); 2. ca 1220 « file de bêtes, de chariots qui suit avec les bagages et le ravitaillement » (Girart d'Amiens, Escanor, 16854 ds T.-L.); 3. ca 1225 « suite de domestiques, chevaux accompagnant une personne » (Gautier de Coincy, Mir. Vierge, éd. V. F. Koenig, II Chast 10, t. III, p. 468); 1806 train de maison « personnel domestique » (Picard, Manie de briller, III, 14 ds Littré); 4. a) 1660 train de marchandise, train de bois flotté (Oudin Fr.-Esp., p. 524); b) 1904 train de combat, train régimentaire (Nouv. Lar. ill.); 5. a) 1694 train d'artillerie (Ac.); 1806 lieutenant du train (Courier, Lettres Fr. et Ital., p. 728); 1835 train des équipages (Ac.); b) 1690 « en mécanique, ensemble d'organes accouplés » (Fur.); 1894 train d'engrenages (La Nature, II, 198 ds Fr. mod. t. 43, p. 56); c) 1759 « nombre de vibrations produites par un mouvement d'horlogerie en un temps déterminé » (Rich.); d) 1842 « dans l'imprimerie, nombre de presses en activité » (Ac. Compl.); e) 1863 bouch. train de côtes (Littré, s.v. côte); f) 1902 train d'ondes (Turpain, Applic. prat. ondes électr., p. 187); g) 1904 train de laminoir (Nouv. Lar. ill.); h) 1907 train routier (Nouv. Lar. ill. Suppl.); i) 1912 train de Pneumatiques (L'Illustration, 1erjuin, Annonces 2 ds Quem. DDL t. 20); 6. ca 1500 « ce qui va à la suite » (Commynes, Mém., éd. J. Calmette, II, 7, ligne 10); 1964 un train de décrets-lois (Lar. encyclop.). B. 1. 1829 « ensemble constitué par une locomotive entraînant une suite de véhicules de transport sur des rails » (Annales de l'industr. fr. et étrangères, 4, 549 ds Wexler, p. 123); 1837 train de voyageurs (Kermaingant, Mém. sur Lyon-Marseille, p. 143, ibid., p. 125); 1838 train de marchandises (Frimot, Modifications au projet Paris-Orléans, p. 4, ibid.); 1850 train de plaisir (Journal des ch. de fr, p. 507); 1851 train-express (ibid., p. 649); 1872 train-poste (Littré); 1873 train mixte (Tolhausen, Dict. technol. fr.-all.-angl., p. 772 ds Quem. DDL t. 25); 1890 train sanitaire (Lar. 19eSuppl.); 1894 trains de luxe (Bricka, Cours ch. de fer, t. 2, p. 432); 1905 trains-hôpitaux (Lectures pour tous, juill., p. 860 ds Quem. DDL t. 25); 1925 trains bleus (Morand, Eur. galante, p. 134); 1936 train-exposition (Lar. mens., mai, B. mens. du 14 mars au 16 avr.); 1947 train-ferry (P. Daninos, Les Carnets du bon Dieu, p. 131 ds Quem. DDL t. 13); 1955 train d'affaires (R. gén. des ch. de fer, p. 313); 1960 trains auto-couchettes (Defert, op. cit.); 1960 trains de neige (Id., ibid., p. 68); 2. 1833 le train onze « les jambes » (ds Esn.); 3. 1961 train spatial (A. Ducrocq ds L'Express, 13 avr., p. 11, col. 3 ds Guilb. Astronaut. 1967); 4. a) 1964 être comme une vache qui regarde passer un train (Rob.); b) 1966 fig. prendre le train en marche (Le Monde, 9 mars ds Gilb. 1980); 1969 monter dans le train en marche (Le Nouvel Observateur, 10 févr., ibid.). C. 1. a) Ca 1180 « manière d'agir, de vivre d'une personne » (Jeu d'Adam, éd. W. Noomen, 587); b) 1588 train de vie « conduite, mode d'existence » (Montaigne, Essais, III, 13, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 1083); 1872 mener grand train (Gautier, Guide Louvre, p. 202); 1879 train de vie « genre de vie déterminé par les ressources » (A. Daudet, Rois en exil, p. 193); c) 1739-47 faire du train « tapage, agitation » (Caylus, Œuvres badines, X, 558); 2. a) ca 1480 se mettre en train « en action, en mouvement » (Mistere Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 29340); ca 1500 être en train « id. » (Commynes, op. cit., I, p. 86); b) 1579 mettre en train qqn « l'inciter, lui donner de l'allant » (H. Estienne, Precellence, éd. E. Huguet, 15); 1656-57 être en train « être en bonne disposition, en bonne humeur » (Pascal, Provinciales, éd. Brunschvicg, VII, V, p. 92); c) 1512 être en train de faire qqc. « en pleine action » (Corresp. de l'empereur Maximilien Ieret de Marguerite d'Autriche, éd. M. Le Glay, t. 2, p. 66); 1567 être en train de « être en voie de » (Amyot, Démosthène, éd. L. Clément, p. 53); 1731 « id. » loc. servant à exprimer l'aspect duratif d'une action (Marivaux, Marianne, éd. J. Janin, 9); d) 1851 en train « en cours d'exécution » (Sand, Corresp., t. 3, p. 238); 1840 mise en train (Proudhon, loc. cit., p. 42); 3. a) xves. [1528 date de l'éd.] « allure d'un cheval » (Perceforest, t. II, fo46 ds Littré); 1678 train rompu « se dit d'un cheval qui n'a pas d'allure réglée » (Guillet, 1repart.); b) 1569 aller grand train « aller vite » (R. Estienne, Gramm. franç., p. 104 ds Littré); 1651 aller son petit train « sans se presser » (Scarron, Roman comique, éd. E. Magne, p. 75); 1668 aller son train de sénateur (La Fontaine, Fables, Le Lièvre et la tortue, L. VI, p. 10); 1680 avoir bon train, aller bon train « aller vite » (Rich.); 1842 aller à fond de train (Balzac, Début vie, p. 403); 1843 aller un train d'enfer (Gautier, Tra los montes, p. 57); c) 1855 hipp. « allure que le cheval au galop peut soutenir pendant un temps et sur une distance déterminée » (Le Sport, 23 févr. ds Petiot 1982); 1885 « allure soutenue du peloton des coureurs cyclistes » (Le Sport Vélocipédique, 20 mars, ibid.); d) ca 1480 être en bon train « se dérouler d'une certaine manière (des choses) » (Mistere Viel Testament, 17531); 1486 tout d'un train « sans discontinuer » (Arch. du Nord, B. 1703, fo154 vods IGLF); 1584 aller bon train « progresser rapidement (d'une affaire) » (Tournebu, Les Contens, V, 1 ds Gdf. Compl.); 1832 au train dont vont les choses (Dumas père, Mari veuve, 11, p. 265); 4. a) 1580 « manière d'aller, marche des choses » (Montaigne, Essais, I, 20, p. 95); b) 1671 aller son train « continuer de la même manière » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 390); 1718 mener bon train « ne point ménager quelqu'un dans une affaire » (Ac.); 1889 être dans le train « à la mode » (Bourget, Disciple, p. 27). D. 1. a) 1467 « charronage sur lequel porte le corps d'un véhicule quelconque » (5 févr., Exéc. test. de Jehan le Paon, laboureur, A. Tournai ds Gdf. Compl.); 1964 train avant, train arrière (Lar. encyclop.); b) 1922 train d'atterrissage (Lar. univ., s.v. atterrissage); 2. 1573 train de derrière « partie postérieure d'un quadrupède » (Paré, Œuvres, éd. J.-Fr. Malgaigne, L. XIX, chap. XX, p. 44); 1878 le train « le derrière » (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 331); 1917-18 se manier le train « se hâter » (ds Esn. Poilu 1919); 1928 filer le train « suivre quelqu'un » (Lacassagne, Arg. « milieu », p. 90); 3. 1680 train de presse « partie d'une presse d'imprimerie » (Rich.); 1835 mise en train « action de tout disposer pour le tirage d'une forme » (Ac.). Déverbal de traîner*. Fréq. abs. littér.: 8 150. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 825, b) 9 407; xxes.: a) 17 351, b) 16 774. Bbg. Gardies (J.-L.). Élém. pour une gramm. pure de l'aspect. Modèles Ling. 1981, pp. 112-134. − Quem. DDL t. 9, 13, 14, 16, 17, 18, 20, 21, 22, 25, 34, 36, 38. − Wexler 1955, p. 82; pp. 123-125; p. 129.

Train : définition du Wiktionnaire

Nom commun

train \tʁɛ̃\ masculin

  1. Allure, vitesse de chevaux et autres bêtes de trait.
    • Le train de ce cheval est doux.
    • Ce cheval va bon train, vite, avec entrain.
    • Ce cheval va à fond de train, il va aussi vite qu’il peut aller.
    • [Le cerf] emmena ainsi la chasse une heure, deux heures, sans trop se hâter, maintenant juste le train qu’il fallait pour distancer les chiens. Puis quand il sentit que la meute commençait à fléchir, il força brusquement son allure et disparut. — (Maurice Druon, Le Roi de fer)
    1. (Par extension) Allure, vitesse d’une marche ou d’un déplacement.
      • Aller bon train, aller vite.
      • C’est ici que ça se passe, 30°50’ de latitude nord, 30°50’ de longitude ouest… à une journée de distance pour nous, et ils filent sud-sud-ouest à toute vapeur. À ce train-là nous ne verrons rien. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 174 de l’éd. de 1921)
      • Au train dont il va, il aura bientôt fini son travail.
      • (Figuré) (Familier) Mener quelqu’un bon train, le faire aller bon train, grand train, ne le point ménager dans une affaire, l’obliger à faire ce qu’on veut, remporter sur lui l’avantage en peu de temps.
      • Mener sa fortune grand train, se ruiner.
      • Aller son train, continuer.
      • L’affaire va son train.
      • Mettre une affaire en train, la commencer, la faire commencer.
      • Mettre une affaire en bon train, en avancer le succès.
      • Être en train, être en action, en mouvement, être de bonne humeur, en bonne disposition.
      • Quand il est en train, rien ne lui coûte.
      • On a de la peine à le mettre en train.
      • Mise en train, action de tout disposer pour l’exécution d’un travail.
      • Être mal en train : Éprouver un état de malaise.
      • Ne vous est-il jamais arrivé de sortir de chez vous, le pied léger et l’âme heureuse, et, après deux heures de courses dans Paris, de rentrer tout mal en train, affaissé par une tristesse sans cause, un malaise incompréhensible ? — (Alphonse Daudet, Avec trois cent mille francs, que m’a promis Girardin, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 160.)
      • Être en train de jouer, de courir, etc. : Être en humeur de jouer, de courir; jouer, courir actuellement.
      • Il n’est pas en train de rire. : Il n’est pas disposé à rire.
      • Il est en train de se ruiner. : Il mène une vie qui finira par le ruiner.
    2. (Athlétisme) Allure régulière dans une course de fond ou de demi-fond.
      • L’emporter au train, distancer ses adversaires grâce à une allure soutenue et régulière.
  2. Courant, marche des affaires, de la vie.
    • C’était un vieux routier qui savait le train des affaires et qui les menait de routine, comme une rosse aveugle tourne la meule d'une brasserie. — (Charles Deulin, Martin et Martine)
  3. (Vieilli) Parties des bêtes de trait d’où partent les mouvements.
    • Si, au contraire, la claudication est dans le train postérieur, on débute par l’allure la plus lente, et, au retour, l’on vous gratifie d’un peu de trot. — (Gabriel Maury, Des ruses employées dans le commerce des solipèdes, Jules Pailhès, 1877)
  4. (Familier) Arrière-train, postérieur d’une personne.
    • Depuis l’affaire de Vincennes, Rappenne me garde une dent, il faut dire que deux jours après son scoop télévisé je l’ai viré de mon bureau à coups de botte dans le train. — (Jean-Michel Dagory, Les Aventures de Captain Élysée, Fleuve Noir, 1984)
  5. (Technique) Partie d’un véhicule comprenant les roues et les suspensions et qui porte la caisse, le corps du véhicule.
    • En heurtant violemment un trottoir, le train avant de cette voiture a été endommagé.
    • Train d’atterrissage d’un avion, ensemble des pièces métalliques portant les roues grâce auquel l'avion peut se déplacer avant le décollage ou à l'atterrissage.
    • Train de pneus, ensemble des pneus équipant une voiture.
    • (Imprimerie) Train de la presse, partie de la presse sur laquelle on pose la forme et qui avance sous la platine et s’en retire.
    • (Reliure) Train de livres, un certain nombre de livres qui sont reliés à la fois, et qui généralement ont une taille uniforme, mais forment au final des volumes différents.
  6. File, suite de personnes, d’animaux ou de choses allant d’un même mouvement.
    • D’ailleurs les militaires on ne les voit guère dans la montagne, dans le bled pour l’excellente raison que les troupes n’ont pas de train muletier. — (Bachaga Boualam, Les Harkis au service de la France, page 39, France-Empire, 1963)
    • Un chevaucheur arriva au galop, annonçant que le train de la reine d’Angleterre était en vue; aussitôt se refit un grand branle-bas. — (Maurice Druon, Le roi de fer)
    • De bon matin
      J’ai rencontré le train
      De trois grands rois qui partaient en voyage ;
      De bon matin
      J’ai rencontré le train
      De trois grands rois dessus le grand chemin.
      — (chanson Marche des rois de l’Arlésienne (Georges Bizet))
    • Un terminal de regazéification représente un investissement de l'ordre de 500 millions de dollars pour une capacité similaire à un train de liquéfaction (quelques MT). — (Guillaume Charon, Gaz de schiste : la nouvelle donne énergétique, Éditions TECHNIP, 2014, page 101)
    1. (En particulier) Long assemblage de bois, de rondins, en forme de radeau et qu’on fait flotter sur un canal ou une rivière.
      • La Loue est flottable depuis Cramans, sur une longueur de 37.600 mètres ; elle porte des trains de chênes et de sapins de grandes dimensions. — (Frère Ogérien, Histoire naturelle du Jura - Tome 1 : Géologie, 1er fasc., 1865, p.61)
      • Çà et là, sur la berge, une cabane d’éclusier, des enfants courant pieds nus sur les barres de l’écluse, et, dans les jaillissements d’écume, de grands trains de bois qui s’avançaient lentement en tenant toute la largeur du canal. — (Alphonse Daudet, Alsace ! Alsace !, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 109.)
  7. (Chemin de fer) Convoi ferroviaire constitué d’au moins une locomotive et de wagons. Note : S’emploie, plus rarement, en astronautique et dans les transports routiers.
    train
    • Venise aura le sort d’Alger, […]. Un jour, par mesure sanitaire, on comblera tous les canaux. Il y passera des tramways de banlieue, c’est à dire des trains de cinq voitures. — (Pierre Louÿs, La Ville plus belle que le monument, dans Archipel, 1932)
    • Les chevaux de Forcalquier seuls regimbent, trouvant la gare plus loin encore que d’habitude et prêts à prétendre que le train l’a emportée. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Dans le train de Cherbourg à Paris, le hasard voulu que je trouvasse comme compagnon de wagon un de mes anciens camarades. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Le débarquement d’une automobile à quai était une manœuvre peu familière aux employés de la petite station, et le train s’attardait, et Psyché devenait impatiente. — (Pierre Louÿs, Psyché, 1927, p.137)
    • Cette salle des machines est découpée en deux. Deux tiers de l’énergie sont distribués à une fréquence de 50 Hz pour alimenter des sites industriels en Bavière. Le tiers restant, qui affiche 16,7 Hz, est fourni à la Deutsche Bahn, pour faire rouler ses trains dans le land. — (Ludovic Dupin, La centrale qui a électrifié la Bavière, dans L’Usine nouvelle, n°3252, 8 septembre 2011, page 8)
    • (Figuré) Manquer le train, laisser passer l’occasion.
  8. (Familier) Bruit, tapage, vacarme.
    • Je comptais sur tout ce train pour gagner mon banc sans être vu ; mais, justement, ce jour-là, tout était tranquille, comme un matin de dimanche. — ( Alphonse Daudet, La dernière classe, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 10.)
    • Ces enfants-là [les mitrons] sont si habitués à marcher parmi les foules et le brouhaha de la rue ! C’est aux jours de fête et de train, dans l’encombrement des premiers de l’an, des dimanches gras, qu’ils ont le plus à courir ; aussi les révolutions ne les étonnent guère. — (Alphonse Daudet, Les petits pâtés, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, pages 138-139.)
    • Ma sœur et moi nous couchons là-haut ; c’est plus sûr […] si quelque mauvais sujet vient faire du train. — (Comtesse de Ségur, L’Auberge de l’Ange-Gardien, 1888)
    • Son vin aimait le train, les querelles. Et puis, comme cela, il s’échauffait, arrivait en colère, et sa rentrée lui faisait moins peur. — (Alphonse Daudet, Arthur, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 166.)
    • Ce train a duré toute la nuit.
    • Quel train !
  9. (Militaire) Partie de l’armée spécialisée dans les transports. Note : Le mot prend souvent dans ce cas une majuscule, troupe qui conduit les engins d'artillerie.
    • J’ai fait mon service dans un régiment du train.
    • Train des équipages.
    • Soldat du train.
    • Train de combat, ensemble des voitures affectées à un bataillon pour transporter les approvisionnements, les munitions, le matériel nécessaire au combat.
    • Train régimentaire, ensemble des voitures affectées à un régiment pour transporter les vivres.
  10. (Élevage) Action de traire, traite.
    • Tous les matins, il faut se lever tôt pour faire le train.
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Train : définition du Littré (1872-1877)

TRAIN (trin) s. m.
  • 1En parlant des chevaux et des bêtes de voiture, allure. Le train de ce cheval est doux. Ce que cette femme lui dit de ces gens de cheval qui avaient passé par son hameau, lui donna courage de passer outre, et lui fit hâter le train de sa bête, Scarron, Rom. com. II, 1. Il est plus difficile de réduire à un train modéré un cheval jeune et vigoureux… que de le laisser aller à bride abattue, Genlis, Maison rust. t. I, p. 177, dans POUGENS.

    Ce cheval n'a point de train, il n'a point d'allure réglée.

    Train rompu, celui qui est composé de deux allures.

    À fond de train, se dit d'un cheval qu'on pousse aussi vite qu'il peut aller.

    Aller bon train, aller fort vite à pied, à cheval, ou en voiture. J'espère vous tenir compagnie, quelque train que vous alliez, Hamilton, Gramm. 5.

    On dit dans le même sens : Ce cocher mène bon train.

    Aller son petit train, aller doucement, sans se presser. À une lieue et demie de la ville, comme le brancard allait son petit train, dans un chemin creux, Scarron, Rom. com. I, 14.

    Fig. Je ne parle point, ô hommes ! de vos légèretés, de vos folies et de vos caprices, qui vous mettent au-dessous de la taupe et de la tortue qui vont sagement leur petit train, et qui suivent, sans varier, l'instinct de leur nature, La Bruyère, XII.

    Un train de sénateur, un marcher lent et grave. Il laisse la tortue Aller son train de sénateur, La Fontaine, Fabl. VI, 10.

    Fig. C'est le train que Chamillart mena un homme [pour qui le roi avait déclaré qu'il ne ferait jamais rien], Saint-Simon, 129, 179.

    Au train dont nous allons, nous ne tarderons pas à les dépasser, nous allons si vite que nous ne tarderons pas à les dépasser.

    En un sens contraire, au train dont nous allons, nous n'arriverons jamais.

    Fig. Au train dont il va, il aura bientôt fini son travail, ou au train dont il y va, il aura bientôt fini, il avance si vite dans sa besogne qu'elle sera bientôt finie.

    En un sens contraire, au train dont il va, dont il y va, il n'aura pas fini de s tôt.

    Fig. Au train dont nous y allons, à la manière dont nous nous conduisons. C'est que du train dont nous y allons, on effleure tout et l'on n'approfondit rien, Diderot, Mém. Rêve d'Alembert.

    Aller un train de poste, aller fort vite.

    Fig. Mon ami, du train dont vous rêvez, savez-vous qu'un seul de vos rêves suffirait pour une galerie entière ? Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 285, dans POUGENS.

    Fig. Mener quelqu'un grand train, lui faire faire vite quelque chose. Quel train vous nous meniez, morbleu ! Béranger, Bedeau.

    Fig. et familièrement. Mener quelqu'un bon train, le faire aller bon train, beau train, grand train, ne le point ménager. De nous planter en France une nouvelle inquisition qui nous mènerait beau train, Pascal, Prov. XIX. Vous le menâtes beau train de la manière dont vous l'aviez pris, Sévigné, 55. Je vous assure que mes amis et moi, nous les mènerons [les pasteurs de Genève] beau train ; ils boiront le calice jusqu'à la lie, Voltaire, Lett. d'Alembert, 3 janv 1757.

    Tout d'un train, sans retard. Tout d'un train il marcha vers la ville des Oxidraques, Vaugelas, Q. C. 516. Il est à propos que je tâche ici tout d'un train de l'expliquer, Descartes, Dioptr. 2. Je veux qu'il [le jeune Grignan] aille vous voir au mois de novembre ; et, comme il aura dix-huit ans, il faudrait tout d'un train songer à le marier, Sévigné, 17 juill. 1689.

    Grand train, pris adverbialement, vite. Car le bon temps revient grand train Où les rois chantaient au lutrin, Béranger, Concordat.

  • 2 Terme de turf. Vitesse déployée par le peloton des chevaux concurrents.
  • 3Marche en général, mouvement. Du reste, en quoi répond au sort toujours divers Ce train toujours égal dont marche l'univers ? La Fontaine, Fabl. II, 13. Si les animaux vont toujours un même train comme les eaux et comme les arbres, c'est folie de leur donner un principe dont on ne voit parmi eux aucun effet, Bossuet, Connaiss. v, 8. Le nombre des souffrants est infini ; la nature se moque des individus ; pourvu que la grande machine de l'univers aille son train, les cirons qui l'habitent ne lui importent guère, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 8 févr. 1768. Me voici à Reims ; mais mon cœur, qui va un autre train que moi, est avec vous, Voltaire, Lett. d'Argental, 5 oct. 1749.

    Fig. Aller son train, continuer. Quant aux communions, allez votre train, Bossuet, Lett. Corn. 130.

    Il se dit des choses dans le même sens. L'affaire de la Brinvilliers va toujours son train, Sévigné, 292. Le temps est très beau ; mon voyage ira son train, Sévigné, 9 déc. 1671. Cette maladie allait beau train, si elle n'avait été arrêtée par les miracles ordinaires du quinquina, Sévigné, 1er déc. 1690. Votre santé va son train, la mienne décline, Maintenon, Lett. au duc de Noailles. t. v, p. 31, dans POUGENS. Au dehors les plaisirs, les jeux,… les excès mêmes de la bonne chère vont toujours leur train, Massillon, Carême, Mot. de conv. L'ordre que la nature a voulu établir dans l'univers va toujours son train, Fontenelle, Dial. 6, Morts anc. et mod. Corneille va son train [j'en continue le commentaire] ; ah ! le pauvre homme ! qu'il me fait trouver Racine divin ! Voltaire, Lett. d'Argental, 21 févr. 1763. Les loyers étaient arriérés, et les dettes allaient leur train, Rousseau, Confess VI. Et la coquetterie ira toujours son train, je gage ? Collin D'Harleville, Malice pour malice, I, 2.

    Être en train, mettre en train, être en action, en mouvement. Quand il est en train, rien ne lui coûte. On a de la peine à le mettre en train. Puisque vous êtes en train, vous connaîtrez par là les sentiments que votre famille a pour vous, Molière, Mal. imag. II, 19. Le bon père était si en train, qu'on lui eût fait tort de l'arrêter, de sorte qu'il poursuivit ainsi…, Pascal, Prov. VII. J'en avais tantôt commencé un [compliment à M. de Vivonne] ; ma plume n'était pas en train, j'ai tout planté là, Sévigné, 26 mars 1680. Quand une fois l'imagination est en train, malheur à l'esprit qu'elle gouverne, Marivaux, Marianne, 1re part. Qu'il nous vienne un gai refrain, Et voilà le monde en train, Béranger, Bon Franç.

    Être en train, un peu en train, avoir un léger commencement d'ivresse.

    Être en train de, être disposé à. Être en train de jouer, de courir. Je suis tellement en train de suer, que je sue toujours, Sévigné, 289. Je vous ai souhaité un lot à la loterie [une loterie tirée chez Mme de Montespan]… cela… vous aurait remis en train d'être moins malheureux, Sévigné, à Bussy, 3 avril 1681. Et moi, crois-tu que je ne sois pas très riche et en train de le devenir davantage ? Picard, Manie de briller, III, 4.

    Il n'est pas en train de rire, il n'est pas disposé à rire.

    Il est en train de se ruiner, il mène une vie propre à le ruiner.

    Mettre en train, exciter. Je fus, selon son conseil, trouver un bon casuiste de la Société… je n'eus pas de peine à le mettre en train, Pascal, Prov. v. Il aime à causer ; et, quand on me met en train, je ne fais pas trop mal aussi, Sévigné, 351. Il était le premier à nous mettre en train [de railler] sur son siége, Hamilton, Gramm. 8.

    Particulièrement. Mettre en train, exciter à la joie, au plaisir. Le valet de Verville de temps en temps buvait un coup avec eux, pour les mettre en train, Scarron, Rom. com. II, 12. Lubin est d'une figure Qui met tout le monde en train, Favart, Annette et Lubin, 1. Tous les gens gais ont le don merveilleux De mettre en train tous les gens sérieux, Voltaire, Droit du seign. II, 6. Fillettes, flûte et tambourin, Mettez les vendangeurs en train, Béranger, Vendang.

    Se remettre en train, se remettre à une partie de jeu, de table, de plaisir. On se remit en train, La Fontaine, Rém.

    Mettre une affaire en train, la commencer, la faire commencer. Je souhaite fort de pouvoir remettre en train mon commerce de la poste, Sévigné, 20 avr. 1672. Après avoir mis la partie en train, la rompre serait à moi de mauvaise grâce, Rousseau, Corresp. du Peyrou, t. III, p. 348, dans POUGENS.

    Mettre une affaire en bon train, en avancer le succès.

    On dit dans le même sens : L'affaire est en bon train. Voilà l'affaire en bon train, Molière, Fourber. I, 7. La trahison était en beau train, Hamilton, Gram. 4. L'affaire des Calas a été rapportée ; elle est en très bon train ; je réponds du succès, Voltaire, Lett. d'Argence, 2 mars 1763.

    Il est en bon train, il est sur la voie du rétablissement. Je le laisse en bon train [le chevalier de Grignan] ; les eaux lui font beaucoup de bien, Sévigné, 22 sept. 1677.

    Se mettre dans le train de, s'habituer à. S'il [le jeune Grignan] a pris de la hardiesse… et qu'il se soit mis dans le train de parler, il ne lui manque plus rien, Sévigné, 10 juill. 1689. Je serais désolé qu'elle [Mme Denis] se mît dans le train de donner au public des pièces médiocres, Voltaire, Lett. d'Argental, 5 oct. 1749.

  • 4Partie de devant ou de derrière des chevaux, des bœufs et autres quadrupèdes. Ce cheval a le train de devant faible. Dans le cerf, le train de derrière est plus haut que celui de devant ; dans l'élan, au contraire, le train de devant est plus haut, Buffon, Quadrup. t. XIII, p. 145.

    On dit aussi avant-train et arrière-train en parlant du cheval.

    Terme de boucherie. Train des côtes, dans le bœuf, Pa vache et le taureau, la partie de l'animal qui contient les côtes et entre-côtes, à partir de la troisième pièce de l'aloyau jusqu'à l'épaule.

  • 5 Terme de charron. Ce qui porte le corps d'un carrosse, d'un chariot. Faire mettre un train neuf à une voiture.
  • 6 Terme d'imprimerie. Train de la presse, la partie de la presse sur laquelle on pose la forme, et qui avance sous la platine et s'en retire par le moyen de la manivelle.

    Mise en train, action de tout disposer pour le tirage d'une forme.

    Train de devant, tout ce qui roule sur les bandes. Train de derrière, train qui reçoit celui de devant avec toutes ses pièces, quand ce dernier fait son passage sous la platine. uite de valets, de chevaux, de mulets, etc. Don Erancisque ne manqua pas de se rendre le lendemain a Douai… son train était grand ; il avait trente chevaux de main, les plus beaux du monde, Pellisson, Lett. hist. t. I, p. 24. Grosse maison, grand train, nombre de gens, La Fontaine, Belph. Tout son train [de Turenne mort] était arrivé… tous ces pauvres gens étaient fondus en larmes, Sévigné, 28 août 1675. Elle [Mme de Montespan] est dans une calèche à six chevaux, avec la petite de Thianges ; elle a un carrosse derrière, attelé de la même sorte, avec six filles, elle a deux fourgons, six mulets, et dix ou douze cavaliers à cheval, sans ses officiers : son train est de quarante-cinq personnes, Sévigné, 15 mai 1676. Il y a trois jours que cette femme [Mme de la Hamelinière] est plantée ici avec tout son monde… voilà le train qui m'est venu, et qui s'en ira quand il plaira à Dieu, Sévigné, 21 juin 1680. Anne de Boulen était logée chez Henri VIII avec le train d'une reine, et François Ier lui fit les mêmes présents et lui rendit les mêmes honneurs que si elle l'eût été, La Fayette, Princ. Clèves, Œuv. t. II, p. 103, dans POUGENS. J'aurais cinquante mille livres de rente, que je n'aurais pas le train de grande dame, ni un lit galonné d'or comme Mme de la Fayette, ni un valet de chambre comme Mme de Coulanges, Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 28 fév. 1678. Et pourquoi cette épargne enfin ? l'ignores-tu ? Afin qu'un héritier bien nourri, bien vêtu, Profitant d'un trésor en tes mains inutile, De son train quelque jour embarrasse la ville, Boileau, Sat. VIII. Comme elles [les dames de la cour] regorgent de train, de splendeur et de dignités, elles se délassent volontiers avec la philosophie ou la vertu, La Bruyère, VII. Réglez vos tables, vos parures, vos jeux, vos trains, vos édifices sur le pied de l'Évangile, Massillon, Carême, Aumône. …Ses soins zélés pour monsieur, pour madame, Pour enfants, valets, tout le train, Lamotte, Fabl. v, 4. Demande à ces dames quel train de maison je vais avoir, Picard, Manie de briller, III, 14.

    Fig. Il lui suffisait de se montrer avec l'appareil de ses vertus ; aussi les pauvres formaient-ils tout son train, Bossuet, Panégyr. St Sulpice, 2.

  • 7Suite de bêtes destinées soit au transport, soit à la subsistance. Un grand train de bœufs, de chevaux.
  • 8Train d'artillerie, troupes d'artillerie chargées de conduire les équipages de siége et de ponts et les approvisionnements d'artillerie. Portier, lieutenant du train, voit dans les mains de l'un d'eux [habitants de Cassano] ses propres pistolets, Courier, Lett. I, 154.

    Train des équipages, ou, simplement, train, corps de troupes qui est chargé du transport de tous les approvisionnements autres que les munitions de guerre, nécessaires à une armée en campagne.

  • 9 Terme de chemin de fer. Suite de voitures ou wagons qui se meuvent ensemble. Train de marchandises. Train d'aller. Train de retour. Train de grande vitesse.

    Train-poste (au plur. des trains-poste), train qui, sur les chemins de fer, emporte le courrier et les lettres.

    Train express, voy. EXPRESS.

    Train-éclair, train qui va très vite.

    Train de plaisir, train destiné à conduire directement un certain nombre de voyageurs dans un lieu déterminé, puis à les ramener.

  • 10Long assemblage de bois de chauffage ou de menuiserie, assujetti avec des perches et des liens, et qu'on fait flotter comme un radeau sur les rivières. Pour un train desdits bois de 40 à 44 voies faisant le double de l'éclusée, est dû auxdits officiers 34 livres 9 deniers, Déclar. 22 oct. 1715, Tarif.

    Train de bateaux, voy. TRAIT DE BATEAUX. Ces mots : Sur chacun train de sel, ne peuvent être entendus que des bateaux, tireaux et alléges qui passent sous les ponts de ladite ville, Arrêt du conseil, 17 juill. 1675.

  • 11Se dit d'un nombre considérable de métiers, et, particulièrement, en typographie, du nombre de presses que l'on emploie.
  • 12Il se dit aussi, dans certains métiers, d'une suite plus ou moins considérable d'objets à confectionner. Celui qui vise à la perfection, après avoir fait un train, je ne dis pas de 5 ou 600 volumes, mais seulement de 25 ou 30… se corrigera, dans les trains suivants, des défauts qu'il aura remarqués dans celui-ci, Lesné, la Reliure, p. 20.
  • 13 Terme de marine. Train de mât, espèce de traîneau dont on se sert dans les arsenaux pour transporter des pièces de mâture. On dit aussi traîneau.
  • 14Gens de vie peu exemplaire (sens vieilli). Cet homme a du train, du mauvais train chez lui. On sait qu'Orante mène une vie exemplaire ; Tous ses soins vont au ciel ; et j'ai su par des gens, Qu'elle condamne fort le train qui vient céans, Molière, Tart. I, 1.
  • 15 Par extension, bruit, tapage. On fait beaucoup de train dans cette maison. Quel train ici tous les matins ! l'antichambre est pleine de marchands, de commissionnaires et de créanciers, Genlis, Théât. d'éduc. Dangers du monde, I, 1.

    Faire le train, se réjouir avec bruit.

    Fig. Faire le train, faire du train, gronder, se fâcher. Si j'étais obligé de passer la nuit dans la forêt, il me ferait un train… il me ferait un train ! Collé, Part. de chasse de Henri IV, II, 9. Elle était plus grognon ; elle faisait un train à son valet de chambre, à ses femmes ! Genlis, Théât. d'éduc. March. de mode, sc. 2. On ne voulait pas m'entendre ; mais j'ai fait tant de train, qu'on n'a pu me refuser, Genlis, Théât. d'éduc. la Rosière, II, 8. Un service terrible, et toujours un train d'enfer, Beaumarchais, Barb. de Sév. II, 7.

    Fig. Faire du train se dit de quelque objet dont on parle beaucoup, qui agite l'opinion publique. Que dites-vous du train que fait Wilkes en Angleterre ? il me semble que le despotisme n'a pas plus beau jeu dans ce pays-là que la superstition, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 26 mai 1768.

  • 16 Fig. Enchaînement, suite des choses. On ne sait plus comment reprendre le train de la journée, Sévigné, 586. Je m'en vais reprendre le train de mes promenades, interrompues seulement pendant quatre jours, Sévigné, 7 mars 1685. Nous voici dans un vilain train de neiges, de pluies et de vents terribles, Sévigné, 1er févr. 1690. Je les ai vus [votre esprit et votre corps] trop subtils, trop diaphanes, pour pouvoir jamais être fâchée de les voir dans le train commun des esprits et des corps, Sévigné, à Mme de Grignan, 22 juill. 1685. Je suis fâchée que vous ayez perdu un de mes paquets ; comme ils sont pleins de nouvelles, cela nous dérange, et vous ôte du train de tout ce qui se passe, Sévigné, 3 juill. 1672. Il faut rentrer le plus tôt qu'on peut dans ce train ordinaire du gouvernement où les lois protègent tout et ne s'arment contre personne, Montesquieu, Esp. XII, 18. Je suppose… que Dieu conserve, après la mort de l'homme, ce qu'on appelle son âme, et qu'il abandonne l'âme de la brute au train ordinaire de la destruction de toutes choses, Voltaire, Métaph. 6.
  • 17Tournure que prennent les événements, les affaires. Nous verrons dans peu de jours quel train prendra le reste de la campagne, Pellisson, Lett. hist. t. I, p. 252. Sitôt que les choses furent dans le train qu'il voulait, Hamilton, Gram. 4.

    Prendre le train de, prendre une certaine tournure. L'époux voyant quel train prenait l'affaire, La Fontaine, Rém. Et contre le prochain La conversation prend un assez bon train, Molière, Mis. II, 5. Ses malheurs [de Vardes] prennent le train de ne finir jamais, Sévigné, 20 oct. 1682. Le carnaval ne prend pas le train d'être bien gaillard, Sévigné, 31 déc. 1688.

    L'affaire va bon train, va grand train, elle avance rapidement.

  • 18Habitude, manière d'être. Voilà le train du monde et de ses sectateurs ; On s'y sert du bienfait contre les bienfaiteurs, La Fontaine, Fabl XII, 16. Mon Dieu ! nous savons le train des enfants dont les pères se remarient, et de quel œil ils ont coutume de regarder ce qu'on appelle belle-mère, Molière, l'Av. III, 4. Le peuple et les habiles composent le train du monde, Pascal, Pens. III, 18, édit. HAVET. C'est une chose pitoyable de voir tant de Turcs, d'hérétiques, d'infidèles suivre le train de leurs pères, par cette seule raison qu'ils ont été prévenus chacun que c'est le meilleur, Pascal, ib. XXV, 80. Mais j'ai du train du monde un peu d'expérience, Boursault, Ésope à la cour, IV, 2. Quand on a commencé à prendre ce train [des hauts sentiments], les grands hommes se font les uns les autres, Bossuet, Hist. III, 6. Une certaine habitude, un certain train établi a beaucoup de pouvoir en toute matière, Fontenelle, Ozanam. J'admire le train de la vie humaine ! nous plumons une coquette, la coquette mange un homme d'affaires, l'homme d'affaires en pille d'autres, Lesage, Turcaret, I, 12. La société serait perdue, si l'on ne se moquait pas un peu de ceux qui vous sont le plus attachés ; c'est le train du monde, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 7 mars 1764.

    Prendre le train, prendre une certaine manière d'être. Si elle [ma tante] reçoit quelque soulagement, et qu'elle prenne le train de languir, je partirai dès que M. de Coulanges sera revenu, Sévigné, 126. J'aime votre fille à cause de vous ; mes entrailles n'ont point encore pris le train des tendresses d'une grand'mère, Sévigné, à Mme de Grignan, 11 mars 1671. Il prit le train du libertinage, même avant l'âge d'être un vrai libertin, Rousseau, Confess. I.

    Mener un train d'enfer, faire une grande dépense, user rapidement la vie.

  • 19Genre de vie. Si j'ai dit que je voulais corriger ma conduite et me jeter dans un train de vie exemplaire, Molière, Festin, v, 2. À l'égard de la cour de France, tout y était comme à l'ordinaire ; il y a un certain train qui ne change point ; toujours les mêmes plaisirs, toujours aux mêmes heures, et toujours avec les mêmes gens, La Fayette, Mém. cour de France, Œuv. t. II, p. 396, dans POUGENS. Ils marchent toujours du même pas, sans s'alarmer, et suivent toujours le même train de vie, jusqu'à ce qu'ils se soient enfin précipités dans l'abîme, Bourdaloue, Exhort. sur le jugem. du peuple contre J. C. t. II, p. 67. Les commerces recommencent ; les entretiens se renouent ; les passions se réveillent ; tout va même train, Massillon, Avent, Disp. à la comm. Allons mon gentilhomme, une superbe audace ! Un train de roi, cet air qui dit : faites-moi place ! Delavigne, Enf. d'Édouard, II, 3.
  • 20 Terme de fauconnerie. Faire le train à un oiseau, lui donner pour compagnon un oiseau tout dressé, afin de l'accoutumer à la chasse.
  • 21Nombre de vibrations qu'un mouvement d'horlogerie produit dans un temps déterminé.

HISTORIQUE

XIIIe s. Por ce qu'erent [ils étaient] si d'un traïn, Estoit Renart niés [neveu d'] Ysengrin, Ren. 153. Se il le trovent, seront li [à lui] mal voisin, De lui feront molt doleros trahin, Agolant, v. 28.

XIVe s. Et que, l'iver passé, Bertran ira de là à toute la poissance des François par deça ; Parmi la grant Guienne un tel traïn fera, de quoi jusqu'à mil ans parlé il en sera, Guesclin. 19414.

XVe s. Il issit hors du chastel tout armé, atout quarante compagnons d'armes, et suivit couvertement le dernier train [de l'armée qui venait de passer], Froissart, I, I, 162. Et amena avec lui quarante lances ; dont on en eut grand joye de sa venue ; car il fut mis au train du roy, Froissart, liv. III, p. 104, dans LACURNE. Ils avoient chevauché si fort que les trois quarts de leurs gens estoient demourez en train derriere eux, Monstrelet, t. I, ch. 217, p. 288, dans LACURNE. Le cheval sur quoi le roy estoit monté… ne daignoit aller ne trot, ne pas, ne emblure, ains alloit bondissant… adonc dist le roy Passavant : que a ce cheval, qui ne se daigne mettre en aucun train ? Perceforest, t. II, f° 46. Je me passerois bien de parler de ce fait, pour ce que ce n'est pas le train de ma matiere, mais je suis forcé d'en parler, Commines, IV, 1. [Il] amena madame de Savoye et tout son train en la plus prochaine place, Commines, v, 4. La chose prit autre train dont on a parlé ci-après, Commines, VII, 9. Quant maistre Françoys vit ce train, Dieu scet s'il fit piteuses lippes, Villon, 1re repue.

XVIe s. La vaillance a ses limites, comme les aultres vertus, lesquels franchis, on se trouve dans le train du vice, Montaigne, I, 53. Par ce train [en procédant ainsi] vous ne faictes jamais rien qui vaille, Montaigne, I, 58. Le monde va il pas mesme train que vous allez ? Montaigne, I, 88. [Archimède] meit soubdain en train des engins espouvantables, Montaigne, I, 141. Lui qui n'avoit pas veu ce train [troupe] qui le suyvoit, Montaigne, I, 187. Par là, j'enfilay tout d'un train Virgile en l'AEeide, et puis…, Montaigne, I, 197. La mesnagerie de la laine, pour en vestir le train de la maison, La Boétie, 162. Celuy qui feroit le train de dehors [les occupations des champs, etc.], La Boétie, 163. Ceux là mesmes [les chœurs], soit qu'ils facent quelque chose, ou qu'ils parlent, s'ils y vont d'un train en bon ordre, c'est plaisir de les veoir, La Boétie, 171. Ce monstre avoit les deux jambes et train de derriere de pourceau, Paré, XIX, 20. Tout ce qui noue [nage] au plus profond de l'onde, Deux qui d'une aile en l'air se font un train, Tout ce qui paist la terre au large sein…, Ronsard, 628. Nos lauriers sont sechez, et le train de nos vers Se presente à nos yeux boiteux et de travers, Ronsard, 703. … Je parle des rusées Qui ont au train d'amour leurs jeunesses usées, Ronsard, 125. Il va grand train, c'est à dire legierement, et il va à grand train pour il ha grande suitte après soy, R. Estienne, Gramm. franç. p. 104, dans LACURNE. Un qui fait train sur la mer [qui trafique], H. Estienne, Apol. d'Hérod. p. 36, dans LACURNE. Abaisser le train, ou, comme on dit par maniere de proverbe, tailler les morceaux plus menus, H. Estienne, ib. p. 304. Afin que le jeu print plus long train [durât plus longtemps], Nuits de Straparole, t. II, p. 94. Item est ordinairement à coustume que, quand on fait adjourner la femme mariée pour debte par elle deue ou pour autre cause, l'on fait du mesme train adjourner son mary, Coust. gén. t. II, p. 947. De grand train à l'estrain [à la paille], Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TRAIN.
11Ajoutez : Un train de bois se compose de 2 parts, de 18 coupons, de 72 branches et de 576 mises, Maxime du Camp, Rev. des Deux-Mondes, 1er nov. 1867, t. LXXII, p. 175.
23Petits trains, s'est dit pour petits ouvrages à la main destinés à un usage religieux. Vendre chapelets, oraisons, Petits trains, petits reliquaires, Cordons, ceintures, scapulaires, Harangue des habitants de Sarcelles au roi, 1733, dans CH. NISARD, Parisianismes, p. 203.
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Train : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TRAIN, s. m. (Gram.) se dit de la suite ou de ce qui accompagne un grand seigneur, ou d’une queue de robe, ou d’une robe d’état.

Train d’artillerie, (Fortification.) se dit du canon, des mortiers, & de toutes les especes de munitions concernant le détail de l’artillerie, qui sont à la suite des armées ; c’est aussi ce que l’on nomme équipage d’artillerie.

Il est difficile d’établir sur des principes sûrs & constans, quel doit être l’équipage ou le train d’artillerie d’une armée, parce que cet équipage doit être relatif à la force de l’armée, aux entreprises qu’elle doit exécuter, & à la nature du pays où elle doit agir.

La principale partie d’un train d’artillerie est le canon. Si l’on ne considere que les avantages qui en résultent dans les actions militaires, il paroîtra qu’on ne peut en avoir un trop grand nombre ; mais outre qu’une artillerie fort nombreuse est d’une très-grande dépense, elle cause du retardement & de l’embarras dans les marches, & elle donne lieu à une très grande consommation de fourrage par la quantité de chevaux nécessaires pour la transporter & pour voiturer toutes les différentes especes de munitions dont elle a besoin.

Les anciens ingénieurs estimoient qu’il suffisoit dans les armées d’une piece de canon par mille hommes ; mais aucun auteur au-moins que nous connoissions, ne donne les raisons de cette fixation.

Comme l’artillerie doit couvrir & protéger le front des armées, on peut présumer qu’ils croyoient qu’une piece de canon défendoit suffisamment le terrein occupé par mille hommes. L’infanterie étant alors à huit de hauteur, & les files étant moins serrées qu’elles ne le sont aujourd’hui, chaque homme pouvoit occuper à-peu-près deux piés & demi ; dans cette disposition, mille hommes occupoient environ un espace de 50 toises.

Les troupes étant actuellement en bataille sur moins de hauteur, ce qui en augmente le front, il est clair qu’il faut une artillerie plus nombreuse pour garnir le front d’une armée de la même maniere qu’il l’étoit lorsque les troupes étoient en bataille sur plus de profondeur. Aussi paroît-il qu’on ne suit plus, au-moins dans les pays où l’artillerie peut se transporter aisément, l’ancienne proportion d’une piece pour mille hommes. Dans l’armée de Flandres en 1748, il y avoit 116 pieces de canon.

savoir & 14 du calibre de 16
16 de celui de 12
30 de celui de 8
86 de celui de 4
10 pieces à la suédoise,
total 156 pieces.

Cette armée étoit d’environ 114 mille hommes, sans le corps détaché aux ordres de M. le comte de Clermont, qui avoit son artillerie particuliere, ce qui fait une piece de canon pour environ 740 hommes, mais cette armée étoit à portée d’augmenter son artillerie par les entrepôts des places voisines, si elle en avoit eu besoin.

Le choix des différentes pieces dont on compose le train ou l’équipage d’artillerie d’une armée, dépend des opérations qu’elle doit exécuter, & des pays qu’elle doit traverser. Dans un pays de montagnes, on ne peut se charger que de pieces légeres ; on y emploie même souvent une ou deux brigades de petites pieces à dos de mulet. Le goût du général influe aussi quelquefois dans le choix des pieces dont le train d’artillerie est composé ; mais en général il faut autant qu’il est possible, en avoir de toutes les especes pour en faire usage, suivant les différentes occasions. Il est à-propos d’y joindre aussi plusieurs obus ou obusiers, qui servent également dans les siéges & dans les batailles. Comme les bataillons ont actuellement chacun en campagne une piece de canon à la suédoise, ces pieces doivent diminuer le nombre de celles de 4 qu’on employoit auparavant dans la formation de l’équipage d’artillerie, & augmenter celui des pieces de 16 & de 12 qui sont suffisantes, lorsqu’il ne s’agit point de faire des siéges.

Dans les guerres du tems de Louis XIV, on se contentoit dans les équipages d’artillerie les plus considérables, d’avoir des munitions pour tirer cent coups de chaque piece, ce qui paroissoit suffisant pour une bataille quelque longue qu’elle pût être, mais dans les dernieres guerres, on a doublé ces munitions ; on a voulu qu’il y en eût pour tirer deux cens coups de chaque piece.

Dans la distribution de poudre que l’on fait aux troupes, on ne leur en donne qu’une demi-livre pour une livre de plomb. A l’égard de la poudre pour la consommation des boulets, on la regle au tiers de leur poids, & c’est en quoi les tables rapportées dans les mémoires d’artillerie de Saint-Remy se trouvent fautives. Nous renvoyons pour le détail de tout ce qui compose un équipage d’artillerie aux tables insérées dans les mémoires de Saint-Remy, ou à celles qu’on a jointes à la suite de l’article siége, qui sont suffisantes pour en donner une idée. On peut voir aussi sur ce même sujet, la seconde édition de notre Traité d’artillerie.

L’équipage de l’artillerie de l’armée est divisé en brigades, dont chacune contient ordinairement huit ou dix pieces de canon, avec toutes les munitions & les autres choses nécessaires pour leur service. Voici l’ordre de sa marche, suivant M. de Quincy.

« Le bataillon de royal artillerie qu’il y a dans l’armée marche à la tête de tout l’équipage. On en tire autant de détachemens de quinze hommes, commandé par un lieutenant, qu’il y a de brigades, lesquels détachemens doivent les accompagner. Lorsque l’artillerie marche avec l’armée, le trésor de l’armée marche à la tête de l’artillerie ».

On fait marcher un nombre de travailleurs plus ou moins considérable, suivant le besoin qu’on croit en avoir pour la réparation des chemins. Ils marchent après le premier bataillon de royal artillerie, & ils sont sous la conduite d’un officier entendu, & en état de leur commander ce qui peut être convenable pour la commodité de la marche.

Suit immédiatement après un chariot chargé de toutes sortes d’outils, une brigade legere, c’est-à-dire composée de pieces de moindre calibre ; ensuite l’équipage du commandant, celui du commandant en second, s’il y en a, celui du major du bataillon.

Suit après cela une autre brigade légere, avec les équipages des officiers du bataillon ; les équipages des autres officiers marchent à la tête des brigades où ils se trouvent.

Les autres brigades marchent ensuite, mais de maniere que la plus pesante qui a le plus gros canon, & qu’on nomme ordinairement la brigade du parc, marche toujours au centre ; ensorte que s’il y a six brigades, il s’en trouve trois devant cette brigade & autant derriere.

Toutes les brigades, excepté celle du parc, roulent entr’elles, c’est-à-dire qu’elles ont ordinairement la tête & la queue, afin de partager successivement la fatigue de chaque poste.

L’arriere-garde de l’équipage se fait par 50 hommes, tirés des bataillons de royal artillerie ; ils sont commandés par un capitaine.

Il y a à chaque brigade un capitaine de charroi, & deux conducteurs, avec quelques ouvriers pour remédier aux accidens qui peuvent arriver pendant la marche.

Les commissaires provinciaux marchent à la tête de leur brigade, & ils tiennent la main à ce que les officiers qui sont chargés de sa conduite, la fassent marcher avec ordre, & qu’ils ne la quittent point qu’elle ne soit arrivée au lieu qui lui est indiqué. (Q)

Train de bateaux, (Marine.) assemblage de plusieurs bateaux attachés l’un derriere l’autre pour les remonter tout-à-la-fois.

Train, terme de Charron ; c’est toutes les pieces qui composent la machine mobile d’une berline & qui supportent la berline. Voyez les Planches du Sellier.

Train, terme d’Horlogerie ; c’est le nombre des vibrations que produit un mouvement en une heure, ou autre tems déterminé. (D. J.)

Train de presse d’Imprimerie ; on distingue celui de devant d’avec celui de derriere ; celui de devant comprend tout ce qui roule sur les bandes, comme la table, le coffre, le marbre, le grand & le petit tympan : le train de derriere reçoit celui de devant avec toutes ces pieces, quand ce dernier fait son passage sous la platine : les pieces d’assemblage dont est construit celui de derriere, outre qu’elles sont faites pour recevoir dans leur centre, & maintenir celles dont nous venons de parler ; elles sont encore destinées à soutenir le corps entier de la presse : on pose de plus sur ce même train, qui est couvert de quelques planches, l’encrier. Voyez les Planches d’Imprimerie & leur explication.

Train, (Maréchal.) se dit des chevaux & autres bêtes de somme. C’est l’allure ou la démarche du cheval.

Le train ou la partie de devant du cheval sont les épaules & les jambes de devant ; le train de derriere sont les hanches & les jambes de derriere.

Train se dit aussi de ce qui sert à traîner, à porter & à voiturer. Le train d’un carrosse consiste en quatre roues, la fleche ou le brancard, le timon & les moutons.

Train se dit encore de la piste ou de la trace marquée par les piés des chevaux, ou des ornieres faites par les roues des carrosses ou des charrettes.

Train, (Marchand de bois.) est une masse de bois à brûler, dont les buches sont tellement liées ensemble, qu’on la fait flotter sur l’eau pour l’amener à Paris. Les trains ont 36 toises de longueur sur 14 ou 15 piés de large. D’abord le flotteur commence à poser trois buches distantes l’une de l’autre de 9 à 10 pouces, sur lesquelles il dispose neuf collures, dont le gros bout est environné d’une coche tout-autour. Dans cette coche il met une coupliere qui tient dans son anneau un morceau de bois d’un pié de long, planté dans terre pour contenir les trois buches & les neuf collieres. Voyez Collieres, Coche & Coupliere.

Il prend ensuite deux chantiers, qui sont cochés par le gros bout qui met de travers sur les collieres, & arrange du bois dessus de 15 à 16 pouces de hauteur, & d’un pié & demi de largeur. Après avoir fait mettre des couplieres dans chaque coche des chantiers de dessous ; le flotteur prend deux autres chantiers cochés comme les premiers, les met dans les couplieres à un demi-pié de chaque bout de buches, & lie les chantiers de dessous & de dessus avec une rouette à flotter : & ce qui résulte de cette premiere opération s’appelle la tête du train, ou premiere mise. Voyez Chantier & Rouette à flotter.

Comme le flotteur ne peut continuer sa seconde mise sans relever les deux chantiers de dessus, il a deux petites buches fourchues appellées chambrieres, qu’il plante en terre pour élever ces chantiers, & se donner la facilité de mettre le bois au milieu. Quand il a fait 7 mises de cette maniere, il pose à leurs extrémités trois ou quatre buches en rondains l’une sur l’autre, qu’il assure avec deux rouettes à flotter, les tournant à deux fois sur le chantier de dessous. Cette opération s’appelle acolure.

Il n’est guere possible de si bien lier & assembler le bois de ces mises, qu’il n’y ait toujours quelques vuides. Pour les remplir un ouvrier appellé pour cet effet garnisseur, choisit des buches droites, & de grosseur convenable. Il prépare la place d’abord avec une buche applatie par un bout, nommée desserroir, & y enfonce ensuite ses buches à force de bras avec une pidance ou gros maillet.

Cette premiere branche ainsi construite de sept mises, une ouvriere nommée tordeuse, parce qu’elle tord les rouettes, prend un chantier, qu’elle attache avec deux rouettes passées dans les anneaux des deux couplieres de la tête de cette branche, & accole lesdites rouettes autour du chantier où elle les lie. Ensuite elle met deux couplieres, l’une à la tête, & l’autre à la queue, au chantier de dessus du côté de la riviere, & le flotteur ayant piqué deux pieux à ces mêmes extrémités à environ deux piés de son attelier sur le côté, il attache à ces pieux deux prues par un bout, & par l’autre aux deux couplieres des chantiers de dessus, lesquelles prues il arrête avec un morceau de bois éguisé, & nommé fuseau. Ensuite le flotteur, le garnisseur, la tordeuse & l’approcheur qui amene le bois dans une brouette à l’endroit où on fait le train, prennent chacun une buche, qu’ils fourrent dessous ladite branche, & à l’épaule ; ils la font couler jusqu’à une distance de trois piés & demi pour former la seconde branche, & ainsi de toutes les autres branches. Voyez Prues.

Quand les quatre branches sont faites & traversinées à la tête & à la queue, c’est-à-dire, accouplées par des rouettes qui passent des chantiers de dessus aux chantiers de dessous, le coupon est fait & fini. Deux autres ouvriers, compagnons de riviere, viennent prendre ce coupon, le traversinant de nouveau avec trois chantiers, qu’ils attachent en trois endroits différens aux huit chantiers de dessus. On fait quatorze de ces coupons, qu’on appelle coupons simples.

Ensuite les flotteurs font quatre autres coupons, appellés labourages, pour les construire à mesure du flottage, & qu’on abat les piles de bois ; les compagnons choisissent le bois le plus leger, comme le bois blanc, & les font comme les autres coupons, excepté ce qui suit.

Le flotteur prend huit buches plates ou deux fais de bois, de chacun quatre rondins, qu’il pose sur les deux chantiers de dessous, puis il prend deux autres chantiers. Après que le compagnon a mis des couplieres dans les coches des chantiers de dessous, le flotteur met les deux derniers chantiers qu’il a pris dans les bouches de ces couplieres, & attache avec des rouettes à flotter ces deux fais de bois entre les chantiers ; c’est ce qui forme la premiere mise.

Ensuite on construit de la même maniere, mais de buches plates seulement, les secondes mises, dites boutage, c’est-à-dire, l’endroit où le compagnon se tient pour conduire le train.

A la tête de chacune des branches de ces coupons les compagnons mettent deux grosses couplieres. Quand cette tête est faite, & qu’on a mis deux cordeaux faits avec deux grosses rouettes dans chacun des chantiers de dessus ; on prend un morceau de bois d’un pié & demi, qu’on appelle habillot, après avoir posé deux chantiers traversins, cochés à l’envers, les avoir lié aux chantiers du dessus, & avoir passé les rouettes dans les deux premieres couplieres qu’il a mises, il rabat la grosse coupliere avec son habillot sur le traversin, dont on lie & arrête le bout au chantier de dessus.

Dans les branches des rives & à la tête, les compagnons mettent deux grosses couplieres aux chantiers de dessous ; savoir une à la premiere mise, où ils posent un gros & fort chantier éguisé par le bout, appellé nage, & par corruption nege ; & l’autre à la troisieme, où ils posent la fausse nage, qui n’est autre chose qu’une buche de neuf à dix pouces de rotondité, & applatie par le bout : ainsi, les quatre branches de chaque labourage étant faites, les compagnons plantent dans la riviere deux perches appellées darivottes, qu’ils attachent avec de bonnes rouettes sur la nage, & ensuite tous les ouvriers poussent avec force ce labourage, jusqu’à ce que les deux contrefiches ou darivottes fassent suffisamment lever ledit labourage, & lorsque la branche du dedans de la riviere est assez levée, ils reviennent à la branche qui est sur l’attelier, font des pesées pour la mettre à une hauteur proportionnée à celle qui est vers la riviere, & la tiennent ainsi suspendue avec de grosses buches qu’ils ont mises dessous. Les compagnons posent dessus quatre gros chantiers, & après avoir abattu sur le traversin de la tête les huit autres grosses couplieres, qu’ils ont mises aux huit chantiers de dessous, ils les arrêtent par-dessus le traversin de la tête avec des habillots attachés aux chantiers de dessus. Ils prennent les quatre gros chantiers traversins, & les ayant posés vers la nage & fausse nage, ils serrent & abattent les habillots, & les cordeaux qui ont été mis dans chacun des chantiers de dessus sur les traversins, & lient les habillots à ces chantiers.

Après avoir bien assuré les nages par des couplieres serrées & arrêtées par des habillots, ils les plient en demi-cercle jusqu’à la hauteur de la fausse nage, & les attachent par leur extrémité au chantier de dessus par des rouettes contiguës à la fausse nage.

Les quatorze coupons & quatre labourages ainsi faits, les compagnons assemblent sept simples coupons qu’ils mettent au milieu de deux labourages pour former une part ou demi-train. Pour faire cet assemblage, ils mettent au bout de chaque coupon simple, & à un bout seulement des labourages, neuf couplieres vis-à-vis les unes des autres ; ils passent des habillots dans les boucles des couplieres ; & par ce moyen, & à l’aide d’un morceau de bois de deux piés & demi, qui est éguisé & courbé par un bout, & qu’ils appellent troussebarbe, ils font joindre les coupons les uns aux autres avec de bonnes couplieres & des habillots arrêtés aux chantiers de dessus.

Devant le premier labourage de la premiere part, les compagnons font une chambre avec deux chantiers qu’ils passent sous le traversin de devant, & attachent un morceau de chantier, qu’ils appellent courge ; dans cette chambre ils mettent un muid ou un demi-muid futaille pour soulager le train.

La construction d’un train a été inventée par Jean Rouvet, en 1549, mais bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Il n’y a pas plus de 80 ans qu’à Clamecy on inventa les neges pour conduire & guider les trains. Avant ce tems-là, ceux qui les conduisoient avoient des plastrons de peaux rembourrés, & ils guidoient les trains par la seule force de leurs corps ; cela m’a été assuré, il y a une trentaine d’années, par de vieux compagnons.

Ce qui prouve qu’on ne flottoit point en trains avant 1549, c’est que par ordonnance rendue au parlement de Paris le dernier Juillet 1521, c. lxj. art. 1. la cour ordonna à tous marchands de faire charroyer en diligence aux ports de Paris tous les bois qu’ils avoient découpés, à peine de 500 liv. d’amende.

Mais quoiqu’on ne flottât point en 1527 en trains, on amenoit dès ce tems du bas de la riviere d’Yonne sut les port de Clamecy, Collange, & Château-Censoy des bois, dont on les chargeoit sur des bateaux. Coquille, en son histoire du Nivernois, fait mention en parlant de Clamecy, que la riviere d’Yonne portoit bateau jusqu’en cette ville, & elle n’a cessé de porter bateau que lorsque le flottage en trains a été inventé. On ne peut pas dire précisément l’année : dès-lors on amena à bois perdu des bois du haut de la riviere d’Yonne, de celle de Beuvron & de Fozay ; depuis on a même remonté plus haut, & l’on a pratiqué à la faveur des étangs, des petits ruisseaux qui portent bois & affluent dans les rivieres ci-dessus.

Train de l’oiseau, (terme de Fauconnerie.) le train de l’oiseau est son derriere ou son vol ; on dit aussi faire le train à un oiseau, lorsqu’on lui donne un oiseau dressé qui lui montre ce qu’il doit faire, & à quoi on le veut employer. Fouilloux. (D. J.)

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Étymologie de « train »

Étymologie de train - Littré

Provenç. trahi ; cat. tragi ; espagn. tragin, tragino ; ital. traino ; dérivés du lat. trahere, tirer (voy. TRAIRE). Le mot est de deux syllabes, tra-in, jusque vers le XVe siècle.

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Étymologie de train - Wiktionnaire

(XIIe siècle)[1] Déverbal de traîner.
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Phonétique du mot « train »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
train trɛ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « train »

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  • Alors que vous vous apprêtez à prendre le train dans les prochains jours pour partir (ou rentrer) de vacances, vous vous inquiétez certainement d’être contaminé par la Covid-19 pendant le voyage. Des chercheurs internationaux se sont intéressés à cette possible transmission du virus en réalisant une modélisation. Cette étude a été menée par une équipe de l’Université de Southampton (Royaume-Uni), elle a examiné le risque de contamination dans un wagon du train transportant une personne infectieuse.D’après leurs constatations, les passagers du train assis dans trois rangées (dans le sens de la largeur) et cinq colonnes (dans le sens de la longueur) d'une personne infectée ont un taux de contamination compris entre 0 et 10,3%. Le taux moyen de transmission pour ces voyageurs en contact étroit était de 0,32%. Les conclusions de cette recherche ont été publiées dans la revue Clinical Infectious Diseases.Cette étude a été menée en collaboration avec l'Académie chinoise des sciences, l'Académie chinoise de l'électronique et des technologies de l'information et le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies. Selon l’équipe scientifique, c’est pour les passagers voyageant dans des sièges directement à proximité d’un patient infecté par le virus que le niveau de transmission était le plus important. Il était en moyenne de 3,5%. Pour les passagers assis sur la même rangée, le chiffre était de 1,5%.Les chercheurs ont également déterminé un taux d’attaque pour chaque siège. Autrement dit, le nombre de passagers assis sur un siège donné ayant reçu un diagnostic de Covid-19 divisé par le nombre total de passagers voyageant dans le même siège augmente de 0,15% par heure passée à cette place pour chaque heure passée avec un voyageur malade. Pour ceux qui ont occupé des sièges directement à proximité du malade, ce taux d'augmentation était plus élevé à 1,3% par heure. Fait intéressant, les chercheurs ont constaté que seulement 0,075% des personnes qui utilisaient un siège précédemment occupé par un patient atteint par le virus ont également contracté la maladie. , Covid-19 : quel est le niveau de transmission dans un train ?
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  • Dans le train, un pervers réserve toujours sa place dans le wagon de queue. De José Artur
  • L'échelle des valeurs est en train de perdre ses barreaux. De Frédéric Dard
  • Un auteur classique est un auteur sans cesse en train de se former. De Azorin / Lectures espagnoles
  • Nous ne savons jamais si nous ne sommes pas en train de manquer notre vie. De Marcel Proust
  • Les histoires d'amour c'est comme les voyages en train. De Grand Corps Malade / Les Voyages en train
  • Le train de la vie, c'est un petit train, qui va des montagnes de l'ennui aux collines de la joie. De Gilbert Bécaud / Le Train de la vie
  • Le train-train quotidien va bientôt dérailler, qui veut rester dedans n'a qu'à bien s'accrocher. De Robert de Houx
  • Pense que maintenant, à cet instant, tu es en train de créer... En train de créer ton propre avenir. De Sara Paddison / The Hidden Power of the Heart
  • Quand le train est passé, on ne le rattrape pas. De Brice Hortefeux / VSD - Février 2005
  • Le christianisme en France est en train de devenir folklorique. De Hervé Bazin / Ce que je crois
  • On a les vices que son train de vie permet. De Jean Basile / Le grand Khan
  • Comment je suis arrivé à Hollywood ? Par le train ! De John Ford
  • Aujourd’hui rien d'extraordinaire, rien que le train-train du merveilleux… De François Coupry / Le Fils du concierge de l'opéra
  • Savez-vous bien que c'est le train de cette vie ? La fuite de la Vie, et la course à la Mort. Jean de Sponde, Sonnets d'amour, Sur la mort, IV
  • Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce, Ton glissement nocturne à travers l'Europe illuminée, Ô train de luxe ! […]. Valery Larbaud, A. O. Barnabooth, Ode , Gallimard
  • Si j'aime les trains c'est sans doute parce qu'ils vont plus vite que les enterrements. Robert Desnos, C'est les bottes de sept lieues cette phrase : Je me vois. , Éditions de la Galerie Simon
  • Les feuilles Qu'on foule Un train Qui roule La vie S'écoule. Guillaume Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, Alcools, Automne malade , Gallimard

Images d'illustration du mot « train »

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Traductions du mot « train »

Langue Traduction
Corse trenà
Basque trena
Japonais 列車
Russe поезд
Portugais trem
Arabe قطار
Chinois 培养
Allemand zug
Italien treno
Espagnol entrenar
Anglais train
Source : Google Translate API

Synonymes de « train »

Source : synonymes de train sur lebonsynonyme.fr

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