Mouvement : définition de mouvement


Mouvement : définition du Wiktionnaire

Nom commun

mouvement \mu.və.mɑ̃\ ou \muv.mɑ̃\ masculin

  1. Transport d’un corps ou d’une de ses parties d’un lieu, d’une place dans une autre.
    • Rien de gracieux comme ses mouvements d’épaules, lorsqu’elle attire le menton pour se cacher entièrement la figure, qui, par instants, se montre à la dérobée. — (Flora Tristan, Les Femmes de Lima, dans Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • La musique enivre et règle le danseur, tandis que le curieux voit le mouvement seul et rit de ce pantin qui s’agite sans raison, car le curieux, lui, n’entend pas la musique. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre I)
    • Il lui dit qu’il l’avait reconnue de loin au rythme de ses lignes et de ses mouvements, qui était bien à elle.
      — Les beaux mouvements, ajouta-t-il, c’est la musique des yeux.
      — (Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 75)
    • Depuis deux heures Rabalan travaillait avec acharnement. Son casse-pierres se levait et s’abaissait en un mouvement rythmique, sur les cailloux. — (Octave Mirbeau, Rabalan)
    • Dans la prairie, les vaches lentement avançaient, broutant devant elles sans hâte et sans trêve. Le fanon musculeux ballottait de droite et de gauche comme une épaisse draperie qu’agitaient les mouvements de mufle réguliers et lents […] — (Louis Pergaud, Un satyre, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
  2. (Mécanique) Changement de situation qu’un corps éprouve relativement à certains objets regardés comme fixes, par l’effet d’une force agissant sur lui.
    • […] et une vis de rappel micrométrique peut ensuite soulever ou abaisser la lunette par un mouvement doux et modérable , pour faire atteindre plus exactement à son axe optique la hauteur voulue. — (Gabriel Lamé, Cours de physique de l’École polytechnique, vol. 1, Bachelier, Paris, 1840, p. 225)
    • Ces mouvements sont assurés par un excentrique, sur la circonférence duquel court un galet qui est relié à une chaîne attachée au chariot avec un contrepoids. — (D. de Prat, Nouveau Manuel complet de filature ; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • Les grands floes épais mis en liberté sont usés par la friction, rongés par les mouvements de la mer et par le dégel, ils constituent fréquemment des masses aux formes bizarres et élégantes d’une glace bleue-verdâtre très dure. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • […] le progrès est un perpétuel devenir, nulle méthode ne saurait être considérée comme immuable, tout est en mouvement, tout est continuellement améliorable, tout ce qui existe aujourd’hui sera demain mieux encore… — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  3. (Astronomie) Révolution, marche, réelle ou apparente, des astres.
    • Mouvement d’un corps céleste autour de son centre. — Mouvement d’orient en occident, d’occident en orient.
    • Mouvement apparent. — Mouvement géocentrique, héliocentrique.
  4. (Médecine) Fonction animale qui change la situation, la figure, la grandeur de quelque partie intérieure ou extérieure du corps.
    • Mouvement du cœur, des artères. — Mouvement péristaltique des intestins.
  5. (Médecine) (Vieilli) Petit accès d’une chose bénigne.
    • Avoir un mouvement de fièvre.
  6. (Militaire) Ensemble des marches, des évolutions, des différentes manœuvres d’une armée, d’une troupe.
    • Mouvement stratégique. — Surveiller tous les mouvements de l’ennemi.
    • Le champ de bataille de la Chipotte [...] est lié à la guerre de mouvement, à la différence d'autres sites labellisés riches en vestiges et témoignages d'une longue guerre de tranchées ou de position. — (Jean-Claude Fombaron, Sortir d'une vision encore trop nationale, Vosges Matin, 1er juin 2016)
  7. Circulation des personnes et des choses.
    • Il semble donc qu’on est en droit de conclure à l’existence d’un large mouvement humain se dirigeant, vers l’époque quaternaire, de l’Est du vieux monde à l’Ouest du nouveau. — (René Thévenin & Paul Coze, Mœurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e éd., p. 15)
    • Ils avaient terminé leur repas et sirotaient un café-filtre, en regardant de loin le mouvement de la rue. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
  8. (En particulier) Circulation logistique et commerciale.
    • Le mouvement commercial, le mouvement des affaires.
  9. (Spécialement) L’entrée et la sortie des navires ou des aéronefs.
    • Le mouvement d’un port, d’un aéroport.
  10. (Administration) Ensemble des variations qui arrivent dans certains établissements publics, dans certains corps, par les changements de situation des personnes qui en font partie.
    • Le tableau du mouvement n’est pas encore achevé. — Mouvement du personnel, diplomatique, préfectoral.
  11. (Musique) Marche des sons du grave à l’aigu et de l’aigu au grave, entre des parties qui concertent ensemble.
    • Mouvement direct, contraire, oblique.
  12. (Musique) degré de vitesse ou de lenteur que le caractère de l’air doit donner à la mesure.
    • Cette pièce est d’un mouvement lent.
  13. (Musique) Partie d’une œuvre musicale séparée par un temps de silence.
    • Bach, Jean-Sébastien […] Symphonie n° 5, en do mineur, op. 67, premier mouvement : (§ 273) ; deuxième mouvement : 41.2 (§ 129-132, 163, 248) ; troisième mouvement : 41.1 (§ 129-132), 146.5 (§ 295, 297), (§ 322) ; quatrième mouvement : (§ 167).
    • Le troisième mouvement de cette pièce est magnifique.
  14. (Peinture) Expression des mouvements du corps et des sentiments.
    • Cette figure n’a pas de mouvement, est sans mouvement. — Ce tableau est plein de mouvement.
  15. (Topographie) La succession et la diversité des plans d’un terrain.
    • Le 21 et le 28, il rejeta les assaillants au-delà du premier mouvement du terrain qui entoure la ville, puis passa à l'offensive. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 160)
  16. (Littéraire) Ce qui anime le style, de ce qui fait qu’un récit intéresse les lecteurs, qu’un discours entraîne les auditeurs.
    • Il y a beaucoup de mouvement dans son style. — Un beau mouvement d’éloquence. — Les mouvements oratoires.
  17. (Figuré) Ensemble des variations, des changements, de l’évolution dans l’ordre intellectuel, moral, social, etc.
    • Mais la grande débâcle a commencé en 1875 et en 1876, quand, coïncidant avec le mouvement malthusien qui déjà gagnait les esprits, survint l’abominable phylloxera. […] Dès lors, tous les éléments jeunes et actifs s’orientèrent rapidement vers les villes […] — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • J’ai d’abord soutenu le mouvement lettriste à cause des idées économiques qu’il présentait. — (Maurice Lemaître, Où en est le mouvement lettriste ?, dans Le Monde libertaire, n°94, octobre 1963, p. 10)
    • Le Wahhabites, en Arabie, à la fin du XVIIIe siècle, par exemple, recourant à l’autorité de certains théologiens médiévaux, lancèrent un mouvement virulent d’islam purifié […] — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p. 96)
    • Chef de file du mouvement zazou, Charles Trenet n’adhérera pas pour autant à la révolution be-bop qui déferle à la Libération. — (Serge Loupien, Trenet, le centenaire, Libération, 20 février 2001 & 16 février 2013)
  18. Les différentes impulsions qui nous font agir.
    • Mais il fallait que ce bon mouvement ne demeurât point exceptionnel, et se prolongeât au-delà du succès. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Mouvements de l’âme. — On n’est pas maître d’un premier mouvement.
    • Il a fait cela par un bon mouvement, par un mouvement d’équité, de pitié.
    • Mouvement de colère, d’orgueil, de vanité.
  19. Agitation, fermentation dans les esprits, de nature à faire craindre des troubles, une révolte.
    • On peut indéfiniment parler de révoltes sans provoquer jamais aucun mouvement révolutionnaire, tant qu’il n’y a pas de mythes acceptés par les masses […] — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908, p. 38)
    • Pendant ce temps, dans la cité géante, le mouvement insurrectionnel échappait à tout contrôle. […] Au début, la rébellion ne se manifesta que par des vociférations isolées, des harangues sur les places et des excitations dans la presse. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 233 de l’éd. de 1921)
  20. (Horlogerie) Assemblage des parties qui animent une horloge, une pendule, une montre.
    • Le mouvement, excellent sans doute, n’avait pas été remonté depuis deux siècles. - Ce n’était pas pour savoir l’heure que j’avais acheté cette pendule en Touraine. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Sylvie, 1854)
    • Curieuse pendule en métal patiné représentant satyriquement Ménélik II, empereur d’Éthiopie entre 1889 et 1913. Le mouvement et le cadran inscrit dans son ventre. — (Delorme & Collin du Bocage - Maison de ventes aux enchères (http:/ /encheres.parisencheres.com) : catalogue Tableaux anciens, Souvenirs napoléoniens, Argenterie, Objets d'Art, Mobilier, vente du vendredi 04 avril 2008 à 14h00 à Drouot)
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Mouvement : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MOUVEMENT. n. m.
Déplacement d'un corps ou de quelqu'une de ses parties. Mouvement lent, rapide, doux, violent, égal, inégal, continu, progressif, périodique. Mettre une chose en mouvement. Donner, imprimer, communiquer le mouvement à quelque chose. Accélérer, ralentir, suspendre, arrêter un mouvement. Les mouvements du corps. Il fit un léger mouvement de tête. Le mouvement des doigts. Cet homme est brusque dans tous ses mouvements. Ce navire exécute bien ses mouvements. Pour se bien porter, il faut se donner du mouvement. Au propre et au figuré, Se donner bien du mouvement dans une affaire, Agir avec beaucoup d'empressement et d'ardeur pour la faire réussir. On dit aussi d'un Homme actif et intrigant : C'est un homme qui se donne bien du mouvement. On dit de même Être en mouvement, Être en action, montrer de l'activité. Il est toujours en mouvement.

MOUVEMENT se dit, en termes de Physique, du Changement par lequel un corps est successivement présent en différentes parties de l'espace. Mouvement absolu, relatif, propre, simple, composé, uniforme, varié, accéléré, retardé. Mouvement rectiligne, circulaire, droit, oblique, perpendiculaire. Mouvement d'ondulation, de vibration, de trépidation, de rotation. Les lois du mouvement. Mouvement perpétuel. Fig. et fam., Mouvement perpétuel se dit d'une Personne qui a une excessive activité de corps. Il ne saurait rester en place, c'est le mouvement perpétuel, c'est un mouvement perpétuel. En termes d'Astronomie, il se dit de la Révolution, de la marche, réelle ou apparente, des corps célestes. Mouvement des astres. Mouvement d'un corps céleste autour de son centre. Mouvement d'orient en occident, d'occident en orient. Mouvement apparent. Mouvement géocentrique, héliocentrique. En termes de Médecine, il se dit de Toute fonction animale qui change la situation, la figure, la grandeur de quelque partie intérieure ou extérieure du corps. Mouvement réflexe. Mouvement du cœur, des artères. Mouvement péristaltique des intestins. Avoir un mouvement de fièvre, Avoir un petit accès de fièvre.

MOUVEMENT se dit aussi, en termes d'Art militaire, des Marches, des évolutions, des différentes manœuvres d'une armée, d'une troupe. Mouvement stratégique. Ce mouvement a été bien exécuté. Surveiller tous les mouvements de l'ennemi. Guerre de mouvements, Guerre où les armées se déplacent en rase campagne, par opposition à Guerre de positions, Guerre où les armées restent fixées sur des positions organisées. Mouvement en avant signifie Mouvement qu'on fait pour s'approcher de l'ennemi, par opposition à Mouvement rétrograde, Celui qu'on fait pour s'en éloigner.

MOUVEMENT se dit encore de la Circulation des personnes et des choses. Il y a un grand mouvement dans cette rue. Le mouvement de la navigation, Ce qu'il passe de bateaux sur une rivière, un canal, etc. Le mouvement d'un port, L'entrée et la sortie des navires. Le mouvement commercial, le mouvement des affaires, Ce qu'il se vend de marchandises, ce qu'il se fait d'affaires. En termes de Chemins de fer, on dit absolument le Mouvement pour la Marche des trains dans les deux sens. Le chef du mouvement. Il se dit encore des Variations qui arrivent dans certains établissements publics, dans certains corps, par les changements de situation des personnes qui en font partie. Le tableau du mouvement n'est pas encore achevé. Mouvement du personnel. Mouvement diplomatique. Mouvement préfectoral. Le mouvement de la population, L'ensemble des chiffres qui indiquent que la population d'un pays, d'une ville a augmenté ou diminué. Il se dit aussi des Variations, des fluctuations dans la valeur ou le prix des choses. Le mouvement des valeurs. Un grand mouvement de hausse sur le blé. En termes de Musique, il désigne le Degré de vitesse ou de lenteur que le caractère de l'air doit donner à la mesure. Ce morceau est d'un mouvement lent, d'un mouvement animé. Absolument, Jouer dans le mouvement, Jouer en donnant à la mesure le degré de vitesse ou de lenteur qui convient. Presser, ralentir le mouvement, Battre la mesure plus ou moins vite, sans toutefois la changer ni l'altérer. Presser le mouvement se dit, dans le langage courant, pour signifier Se dépêcher, accélérer le rythme auquel s'exécute un travail, une opération, etc. En termes de Musique, Mouvement signifie aussi Marche des sons du grave à l'aigu et de l'aigu au grave, entre des parties qui concertent ensemble. Mouvement direct, contraire, oblique. En termes de Peinture, il désigne l'Expression des mouvements du corps et des sentiments. Cette figure n'a pas de mouvement, est sans mouvement. Ce tableau est plein de mouvement. En termes de Peinture ou de Sculpture, Le mouvement des draperies, La disposition, les plis des draperies. Le mouvement, les mouvements du terrain, La succession et la diversité des plans d'un terrain. Ce jardinier a tiré un grand parti des mouvements du terrain. En termes de Littérature, il se dit de Ce qui anime le style, de ce qui fait qu'un récit intéresse les lecteurs, qu'un discours entraîne les auditeurs. Il y a beaucoup de mouvement dans son style. Son style est sans mouvement. Ces vers ont du mouvement, n'ont point de mouvement. Un beau mouvement d'éloquence. Les mouvements oratoires.

MOUVEMENT se dit, figurément, des Variations, des changements, de l'évolution dans l'ordre intellectuel, moral, social, etc. Le mouvement des idées. Fam. et fig., Être dans le mouvement, Suivre les idées nouvelles, entrer dans le courant général d'une société, d'une époque. Il se dit en outre des Différentes impulsions qui nous font agir. Mouvements de l'âme. Mouvement naturel, volontaire, involontaire, impétueux. On n'est pas maître d'un premier mouvement. Il a fait cela par un bon mouvement, par un mouvement d'équité, de pitié. Mouvement de colère, d'orgueil, de vanité. De son propre mouvement, Par sa propre initiative, sans avoir pris conseil. Prov., Le premier mouvement est toujours le bon, On est généralement bien guidé par l'impulsion naturelle précédant la réflexion.

MOUVEMENT signifie encore Agitation, fermentation dans les esprits, de nature à faire craindre des troubles, une révolte. On annonce un mouvement dans Paris, des mouvements populaires dans cette ville. En termes d'Horlogerie, il signifie Assemblage des parties qui font aller une horloge, une pendule, une montre. Le mouvement de cette montre, de cette pendule est excellent.

Mouvement : définition du Littré (1872-1877)

MOUVEMENT (mou-ve-man) s. m.
  • 1Action par laquelle un corps ou quelqu'une de ses parties passe d'un lieu à un autre, d'une place à une autre. Accélérer, ralentir le mouvement. Donner, communiquer le mouvement. Mettre une chose en mouvement. Pour se bien porter, il faut se donner du mouvement. Sa force [de l'homme] est fort petite ; de sorte que, pour ses ouvrages un peu considérables, il est obligé de se servir des grands mouvements qu'il trouve dans la nature, qui sont ceux de l'eau, de l'air et du feu, Nicole, Ess. de mor. 1er traité, ch. 3. Notre nature est dans le mouvement ; le repos entier est la mort, Pascal, Pens. XXV, 7, éd. HAVET. Le moyen d'imaginer qu'un état [la langueur amoureuse]… puisse s'accommoder du mouvement immodéré de cette voiture [la diligence] ? Sévigné, 26 juill. 1677. C'est le ressort qui donne le mouvement à tout le corps, Massillon, Carême, Prosp. Conformer ses mouvements à la prononciation même et à l'action de l'orateur, Rollin, Traité des Ét. VI, 2e part. ch. 2, § 3. Il [le rat de Madagascar] avait les mouvements très vifs, mais un petit cri plus faible que celui de l'écureuil, et à peu près semblable, Buffon, Quadrup. t. VIII, p. 245. La nature est plus belle que l'art, et, dans un être animé, la liberté des mouvements fait la belle nature, Buffon, ib. t. I, p. 11. Nous réduirons à trois causes tous les mouvements convulsifs de la terre : la première et la plus simple est l'affaissement subit des cavernes ; la seconde, les orages et les coups de foudre souterraine ; et la troisième, l'action et les efforts des feux allumés dans l'intérieur du globe, Buffon, Addit. théor. ter. Œuv. t. XIII, p. 51. Nous avons attribué exclusivement à Roemer la découverte du mouvement progressif de la lumière ; ce n'est pas que ce mouvement n'eût été soupçonné par Dominique Cassini ; il avait une vue à laquelle rien n'échappait, Bailly, Hist. astr. mod. t. II, p. 419, dans POUGENS. Les premiers hommes ont donné une vie et une âme à tout ce qui avait du mouvement, Bailly, Hist. astr. anc. p. 187, dans POUGENS.

    Fig. Il se dit de la marche des siècles. Ces deux choses [la suite du peuple de Dieu et celle des empires] roulent ensemble dans ce grand mouvement des siècles où elles ont, pour ainsi dire, même cours, Bossuet, Hist. II, 1.

    Faire un mouvement, se dit d'un homme, d'un animal qui change de place, ou seulement qui remue un de ses membres. Elle se tourmente comme dans un songe : on veut parler, la voix ne se suit pas ; on veut faire de grands mouvements, on sent ses membres engourdis, Bossuet, la Vallière. Au mouvement que fit Tirésias, L'enfant roulant s'en va sur l'herbe épaisse Tomber près d'eux et ne s'éveille pas, Malfilâtre, Narcisse, ch. II.

    En mouvement, en action de se mouvoir, de changer de place. La côte était couverte d'hommes, de chariots en mouvement, Fénelon, Tél. X.

    Être toujours en mouvement, ne pas se reposer, s'agiter sans cesse. Quoiqu'il fût toujours en mouvement, dès que sa sœur paraissait, il devenait tranquille, Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie.

    Se donner bien du mouvement, des mouvements, s'agiter beaucoup, courir beaucoup. M. le comte de Kalkenstein, que nous n'avons plus depuis la fin de mai, s'est donné de son côté bien du mouvement pour voir la France, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 28 juill. 1777.

    Fig. Se donner bien du mouvement, bien des mouvements, agir avec beaucoup d'ardeur, avec beaucoup d'activité, être dans des occupations incessantes. Les effroyables mouvements que s'est donnés la cabale, Bossuet, Lett. quiét. 433. Un homme… qui regarde les mouvements éternels qu'il faut se donner pour parvenir, comme des soins sérieux et solides et seuls dignes de sa naissance et de son nom, Massillon, Carême, Evidence de la loi. Neuf mois se passèrent sans qu'il entendît parler de rien, et sans que, de son côté, il se donnât aucun mouvement, Rollin, Hist. anc. t. XII, p. 101, dans POUGENS. Umbrenus offre ses services et le crédit de ses amis, se donne quelques mouvements, et sollicite en apparence pour leur soulagement [des Allobroges], Vertot, Révol. rom. XII, 205. Non-seulement elle [la santé] résiste au mouvement prodigieux que Votre Majesté se donne, mais elle en est même affermie et fortifiée, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 28 juill. 1777. Je ne pus obtenir la permission de me promener dans les environs [de l'Acro-Corinthe], malgré les mouvements que se donna pour cela mon janissaire, Chateaubriand, Itin. 1re part.

    " Ce mot a une nouvelle signification qui est de la cour et du beau monde : on dit en parlant d'un homme d'intrigues : Il s'est donné bien du mouvement là-dessus ; ou au contraire : Il n'a eu aucun mouvement sur cela. Ces façons de parler sont nées durant les dernières campagnes, " BOUHOURS, Nouvelles remarques.

    Fig. Mettre en mouvement, faire agir activement. L'envie de plaire vous met en mouvement, Massillon, Panég. St Jean-Baptiste.

  • 2 Terme d'astronomie. La marche réelle ou apparente des corps célestes. Le mouvement de la terre autour du soleil, de la lune autour de la terre. Le mouvement du soleil dans l'espace vers quelque astre ou quelque région encore indéterminée. Le mouvement d'orient en occident. Ptolémée confirma la découverte qu'Hipparque avait faite du mouvement des étoiles en longitude, ou plutôt de la rétrogradation des points équinoxiaux ; il paraît que ce fut lui qui évalua ce mouvement à raison d'un degré en cent ans, Bailly, Hist. astr. mod. t. I, p. 198, dans POUGENS. L'hypothèse du mouvement de la terre laisse en repos des milliards d'étoiles, qui, sans ce mouvement, seraient obligées de circuler toutes les vingt-quatre heures autour de la terre avec des vitesses qui étonnent l'imagination, Delambre, Abr. astron. p. 248, dans POUGENS.
  • 3 Terme de mécanique. Changement par lequel un corps est successivement présent en différentes parties de l'espace ; état d'un corps dont la distance par rapport à un point fixe change continuellement. Combien y a-t-il de personnes qui croient avoir défini le temps quand ils ont dit que c'est la mesure du mouvement, en lui laissant cependant son sens ordinaire ! et néanmoins ils ont fait une proposition, et non pas une définition, Pascal, Géométr. 1. Elle [la géométrie] ne peut définir ni le mouvement, ni les nombres, ni l'espace ; et cependant ces trois choses sont celles qu'elle considère particulièrement, Pascal, ib. Cet Épicure était un grand homme pour son temps ; il vit ce que Descartes a nié, ce que Gassendi a affirmé, ce que Newton a démontré, qu'il n'y a point de mouvement sans vide, Voltaire, Dict. phil. Causes finales. Le mouvement d'une boule n'est que la boule changeant de place, Voltaire, Dial. XXIV, 2. Le mouvement ne se perd dans un corps que parce qu'il se communique à un autre, Bailly, Hist. astr. mod. t. II, p. 500. Copernic ne savait pas que le mouvement ne s'exécute jamais qu'en ligne droite ; que celui qui a lieu dans une courbe est le résultat de plusieurs mouvements, Bailly, ib. t. I, p. 354. C'est une idée sublime d'avoir tenté de ramener les lois du mouvement général de l'univers aux lois du mouvement des corps terrestres, Bailly, ib. Disc. prélim. p. 9. Le mouvement devient insensible à la vue lorsqu'il n'excède pas 20 secondes de degré par seconde de temps [le centre étant à l'œil, et le rayon étant la distance de l'œil à l'objet], Brisson, Traité de phys. t. II, p. 286, dans POUGENS. On sait que tout mouvement se fait en ligne droite, s'il n'est dérangé par aucune action étrangère, Destutt Tracy, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. I, p. 367. Elles [les lois de la mécanique] ont été ignorées jusqu'au commencement de l'avant-dernier siècle, époque à laquelle Galilée jeta les premiers fondements de la science du mouvement par ses belles découvertes sur la chute des corps, Laplace, Expos. III, Préface.

    Mouvement uniforme, celui qui s'effectue avec une vitesse invariable, c'est-à-dire dans lequel des espaces égaux sont décrits dans des temps égaux.

    Mouvement varié, celui dont la vitesse varie ou dans lequel des espaces inégaux sont décrits dans des temps égaux.

    Mouvement accéléré, celui qui reçoit continuellement de nouveaux accroissements de vitesse.

    Mouvement uniformément accéléré, celui dans lequel les accroissements de vitesse sont égaux dans des temps égaux.

    Mouvement retardé, celui dont la vitesse diminue continuellement.

    Mouvement uniformément retardé, celui dont la vitesse décroît proportionnellement au temps.

    Mouvement rectiligne, celui qui s'effectue en ligne droite.

    Mouvement curviligne, celui qui s'effectue en ligne courbe.

    Mouvement simple, mouvement produit par une seule force.

    Mouvement composé, mouvement produit par plusieurs forces.

    Mouvement relatif, mouvement d'un corps considéré relativement à d'autres corps qui ont aussi leur mouvement.

    Quantité du mouvement d'un corps, le produit de sa masse par sa vitesse actuelle. La quantité de mouvement dont la mesure est le produit de la masse par la vitesse, Fontenelle, Leibnitz.

    Mouvement perpétuel, chimère mécanique cherchée par quelques-uns, tout mouvement ayant des frottements et s'usant ainsi de lui-même.

    Fig. Chercher le mouvement perpétuel, chercher la solution d'une question insoluble. Qui aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire, aurait trouvé le point ; c'est le mouvement perpétuel, Pascal, Pens. VI, 63.

    Fig. et familièrement. Mouvement perpétuel, personne qui a une excessive activité de corps.

  • 4 Terme de métaphysique. Le mouvement abstraitement considéré, indépendamment des causes qui le produisent, et sur lequel on disputa beaucoup pour savoir s'il est essentiel à la matière. Nous savons les lois du mouvement ; mais la cause du mouvement, étant le premier principe, sera éternellement cachée, Voltaire, Lett. à M. L. C. 22 déc. 1768. Le mouvement est essentiel à la matière ; toutes les combinaisons sont possibles avec le mouvement ; donc, dans ce mouvement éternel, il fallait absolument que la combinaison de l'univers actuel eût sa place… il n'y a nulle preuve que le mouvement soit essentiel à la matière ; au contraire, tous les sages conviennent qu'elle est indifférente au mouvement et au repos, Voltaire, Philos. 1re hom. ath.
  • 5Mouvement de terre, transport de terres d'un lieu dans un autre. Les fouilles et les mouvements de terre que nécessite l'ouverture d'un canal présentent ordinairement moins de difficultés que les ouvrages de maçonnerie et de charpente, Girard, Instit. Mém. scienc. t. VIII, p. 167.
  • 6 Terme de physiologie. Toute fonction animale qui change la situation, la figure, la grandeur de quelque partie intérieure ou extérieure du corps. Le mouvement du sang dans les artères. Le mouvement péristaltique des intestins. Les mouvements volontaires, autrement dits musculaires. Les mouvements involontaires, mouvements appartenant à la vie organique. Il demeura sans pouls et sans mouvement.

    Terme de médecine. Avoir un mouvement de fièvre, avoir un léger accès de fièvre.

    Le mouvement des humeurs, ancien terme de médecine par lequel on désignait des éruptions à la peau, des hémorrhagies, des diarrhées, les attribuant à un trouble des humeurs. Mettre les humeurs en mouvement.

    On dit dans le même sens : mettre le sang en mouvement. Le café est tout à fait disgracié ; le chevalier croit qu'il l'échauffe, et qu'il met son sang en mouvement, Sévigné, Lett. du jour de la Toussaint 1688.

  • 7 Terme militaire. Marche, évolutions d'une armée, d'une troupe. Rien n'est si périlleux que de faire de grands mouvements devant un ennemi puissant sur le point d'en venir aux mains, La Chapelle, Relation des campagnes de Rocroi, dans RICHELET. L'archiduc, tiré d'un poste invincible par l'appât d'un succès trompeur, par un soudain mouvement du prince qui lui oppose des troupes fraîches à la place des troupes fatiguées, est contraint à prendre la fuite, Bossuet, Louis de Bourbon. Merci, que le prince de Condé et le vigilant Turenne n'ont jamais surpris dans un mouvement irrégulier, Bossuet, ib. Le résultat de tous mes mouvements réunira quatre cent mille hommes sur un seul point ; il n'y aura rien alors à espérer du pays, et il faudra tout avoir avec soi, Ségur, Hist. de Nap. III, 2.

    Mouvement en avant, en arrière, celui qu'on fait en avant ou en arrière de la première ligne de bataille.

    Mouvement en avant, signifie aussi le mouvement qu'on fait pour se rapprocher de l'ennemi. Mouvement rétrograde, celui qu'on fait pour s'en éloigner.

    S. m. plur. Terme de marine. Évolutions d'une flotte ; manœuvres d'un navire ; oscillations que lui fait éprouver la mer.

  • 8 Terme de chemin de fer. Disposition, suivant les heures, des différents trains montants et descendants. Le chef du mouvement.
  • 9Le mouvement d'un port, l'ensemble des navires qui y entrent et qui en sortent.

    Direction des mouvements d'un port, service relatif à l'armement, à l'entretien des navires dans un port militaire.

    On dit dans le même sens : le mouvement de la navigation sur une rivière. On a supposé que le mouvement de la navigation montante et descendante serait de trois bateaux par jour sur le canal de Saint-Denis, Girard, Instit. Mém. scienc. t. VIII, p. 202.

  • 10Variations qui arrivent dans certaines quantités. Mouvement de la population. Mouvement des prix du grain, des valeurs de la bourse.

    Mouvement d'un hôpital, d'une prison, variation du nombre des individus qui y sont.

    Mouvement d'une place de commerce, la quantité des affaires qui s'y font. Tout ce qu'elle [une ville] peut consommer de marchandises étrangères y entretient un mouvement rapide, et y a successivement élevé des fortunes fort considérables, Raynal, Hist. phil. XVIII, 17.

  • 11Avancement dans les corps civils ou militaires. Il y a du mouvement dans cette administration par la mise à la retraite de plusieurs employés.
  • 12 Terme de musique. Manière de battre la mesure pour hâter ou retarder le jeu des instruments ou la prononciation des paroles.

    Presser, ralentir le mouvement, battre la mesure plus ou moins vite, sans toutefois la changer ni l'altérer.

    Air de mouvement, air dont la mesure est très marquée.

    Chanter, jouer de mouvement, bien observer, bien marquer la mesure en chantant ou en jouant de quelque instrument.

    Mouvement direct ou semblable, se dit de la marche des intervalles dans les différentes parties d'un morceau, quand tous procèdent en même temps du grave à l'aigu ou de l'aigu au grave. Mouvement contraire, marche des intervalles qui procèdent de l'aigu au grave dans la basse, tandis qu'ils vont du grave à l'aigu dans le chant, ou réciproquement. Mouvement oblique, marche que suit l'harmonie, quand une des deux parties monte ou descend, et que l'autre reste au même degré.

    Se dit, en termes d'organiste, du fil de fer qui sert à presser la languette des tuyaux d'anche pour les accorder.

  • 13 Terme de peinture et de sculpture. Pose propre à l'individu agissant ou sentant. Si vous vous souvenez de la première lettre que je vous écrivis touchant le mouvement des figures que je vous promettais d'y faire, et que tout ensemble vous considériez ce tableau, je crois que facilement vous reconnaîtrez quelles sont celles qui languissent, qui admirent, celles qui ont pitié…, Poussin, Lett. 28 avril 1639. Ils disent d'une figure en repos qu'elle a du mouvement, c'est-à-dire qu'elle est prête à se mouvoir, Diderot, Pensées sur la peint. Œuv. t. XV, p. 175, dans POUGENS.

    Mouvement des arbres, la direction dans laquelle chaque arbre élève sa tige et pousse ses branches ; ou bien encore, la manière particulière dont sa tige et ses branches se courbent ou se tordent sous l'effort du vent.

    On dit qu'il y a du mouvement dans un tableau, pour indiquer que la scène qu'il représente est animée, et que cette animation est fidèlement reproduite.

    Lorsqu'il s'agit de paysages, mouvement signifie variété, diversité agréable.

    Terme de dessin. Le mouvement de toute ligne de dessin est la succession des inflexions par lesquelles elle trace un contour.

    Mouvement d'une draperie, la succession des inflexions suivant lesquelles elle s'étend sur le corps qu'elle enveloppe.

  • 14 Terme d'architecture. Variété dans les lignes du plan, de l'élévation et de la décoration d'un édifice.
  • 15Le mouvement, les mouvements du terrain, la succession et la diversité des plans d'un terrain, soit dans la nature, soit dans un tableau. Des jardins délicieux, un grand mouvement de terrain, point de ces allées droites qui glacent l'imagination, Genlis, Vœux téméraires, t. III, p. 125, dans POUGENS.
  • 16Fig. En termes de littérature, ce qui anime le style. Les mouvements oratoires. Son style est sans mouvement. Le style n'est que l'ordre et le mouvement qu'on met dans ses pensées, Buffon, Disc. de réception.
  • 17Fig Impulsion qui s'élève dans l'âme, ou qu'on fait naître dans l'esprit. … Par un mouvement commun à la nature Quelque maligne joie en son cœur s'élevait, Corneille, Mort de Pomp. III, 1. Un homme à qui la lecture de vos observations n'a donné aucun mouvement que de compassion, Corneille, Lett. apolog. …pour l'attribuer qu'aux mouvements secrets D'un zèle qui m'attache à tous vos intérêts, Molière, Mis. III, 4. Qui pourra croire que les épicuriens eussent des mouvements de prier Dieu ? Pascal, Prov. IV. Ces mouvements de l'horreur qui sont si naturels à l'homme [pour la mort], Pascal, Lett. sur la mort de son père. Les mouvements de grâce, la dureté de cœur, les circonstances extérieures, Pascal, Pens. XXV, 187. Observez [chez l'homme] tous les mouvements de grandeur et de gloire que l'épreuve de tant de misères ne peut étouffer, Pascal, ib. XII, 1. Trouvez-vous que ma fortune ait été fort heureuse ? j'en suis contente, et, si j'ai des mouvements de murmure, ce n'est pas par rapport à moi, Sévigné, 31 mai 1680. Moi qui sais que vous avez toujours quelque mouvement pour le jour du Seigneur [Mme de Grignan se dérobant pour aller prier], Sévigné, 9 mars 1689. Quel soulagement, ma fille, d'un moment à l'autre, et quel mouvement de passer de l'excès du trouble et de la douleur à une juste et raisonnable tranquillité ! Sévigné, 1er mars 1676. L'amour peut bien remuer le cœur des héros du monde ; il peut bien y soulever des tempêtes et y exciter des mouvements qui fassent trembler les politiques…, Bossuet, Mar.-Thér. Quand on dit qu'on ne saurait plus rien demander à Dieu, ni rien désirer de lui, qu'il n'en donne le mouvement, Bossuet, Ét. d'orais. III, 9. Je ne me sens aucun mouvement de changer, Bossuet, Lett. abb. 126. Ils [les libertins] regardent les conciles comme des assemblées purement humaines, où l'on suit les mouvements que donnent les cours et des raisons politiques, Bossuet, Rem. hist. conciles, II, 1. Le choix d'un évêque devait se faire par un mouvement du Saint-Esprit, et non par un caprice populaire, Fléchier, Hist. de Théodose, I, 35. Dans une affaire ecclésiastique nous ne devons avoir que le mouvement que notre pasteur nous donnera, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 29 août 1697. D'un mouvement jaloux je ne fus pas maîtresse, Racine, Bajaz. I, 4. Il [Mithridate] feint, il me caresse, il cache son dessein ; Mais moi, qui, dès l'enfance, élevé dans son sein, De tous ses mouvements ai trop d'intelligence, J'ai lu dans ses regards sa prochaine vengeance, Racine, Mithr. IV, 2. L'âme n'est qu'une suite continuelle d'idées et de sentiments qui se succèdent et se détruisent ; les mouvements qui reviennent le plus souvent forment ce qu'on appelle le caractère, Voltaire, Suppl. au Siècle de Louis XIV, 2e part. Mon cœur ne peut suffire à tant de mouvements, Voltaire, Fanat. III, 11. Il faut que je vous aime encore, pour n'avoir aucun mouvement de haine, Staël, Corinne, XX, 3.

    De son propre mouvement, et quelquefois, de son mouvement, spontanément, sans impulsion étrangère. S'il s'attache à me voir et me veut quelque bien, C'est de son mouvement, je ne l'y force en rien, Molière, Mélic. II, 4. Ce fut Louis XIV qui, de son propre mouvement, donna des pensions à Boileau, à Racine, à Pellisson, à beaucoup d'autres, Voltaire, Fragm. sur l'hist. art XXVIII.

    Arrêt du propre mouvement, nom donné à des arrêts du conseil qui étaient rendus sans que les parties eussent été entendues.

    Le premier mouvement, la première impulsion que l'on éprouve pour faire ou ne pas faire quelque chose. Un premier mouvement ne fut jamais un crime, Et la louange est due au lieu du châtiment Quand la vertu produit ce premier mouvement, Corneille, Hor. V, 3. Suivez le premier mouvement de votre conscience, Massillon, Carême, Évid. de la loi. On n'est pas maître enfin d'un premier mouvement, Boissy, Impatient, V, 1. De premier mouvement, ils [les princes] regardent toujours la moindre résistance comme une espèce de rébellion, Genlis, Mlle de la Fayette, p. 290, dans POUGENS. J'ai cédé au premier mouvement d'impatience, Genlis, Théât. d'éduc. les Dangers du monde, I, 3. Il n'admet pas d'excuse, Le bon seigneur Tristan, quand il veut qu'on s'amuse : Aussi vous concevez qu'on est venu gaiement, Et nous nous amusons de premier mouvement, Delavigne, Louis XI, III, 2.

    Le second mouvement, celui qui suit le premier mouvement, et qui lui est souvent opposé.

  • 18Agitation suscitée dans des personnes, ou dans un pays, ou dans des peuples. Tout se remue parce que vous faites entendre que tout est menacé ; c'est la cause secrète qui donne le branle à tous ces grands mouvements, qui cesseraient aussitôt qu'on aurait su le véritable état de vos disputes, Pascal, Prov. XVIII. Quel diantre d'homme que ce prince d'Orange, qui met lui seul toute l'Europe en mouvement ? Sévigné, 529. Mandez-moi… si votre esprit ne se rétrécit point, comme dit M. Nicole, par l'éloignement des objets qui le mettent en mouvement, Sévigné, à Bussy, 24 janv. 1692. Cette nouvelle [le départ d'une armée] est grande et fait un grand mouvement partout ; on ne sait où donner de la tête pour de l'argent, Sévigné, 29 déc. 1673. Je veux commencer par entrer dans le mouvement où vous êtes tous… de savoir vitement si le compliment de Mme de Maisons est bien fondé, Sévigné, 16 nov. 1689. Je suis dans le mouvement d'un commerce fort vif avec le mien [fils], qui est en Bretagne et sur le point d'épouser une fille de bonne maison, Sévigné, 4 déc. 1683. Le billard, et l'appartement, et la messe du roi… mon cher enfant, je vous fais mes compliments sur tous ces grands mouvements, Sévigné, au jeune de Grignan, 25 févr. 1685. Votre fils est occupé d'une mascarade pour dimanche au Palais-Royal… vous connaissez le mouvement de ces grandes affaires, Sévigné, 21 janv. 1689. L'Allemagne était toute en mouvement pour résister au Turc, Bossuet, Var. I. Cette ville où tout était en mouvement, Fénelon, Tél. III. La grandeur de l'entreprise, l'agitation de l'Europe… l'appareil imposant d'une armée… tant de bruits de guerre… exaltaient jusqu'aux vétérans ; les plus froids ne pouvaient échapper à ce mouvement général, à cet entraînement universel, Ségur, Hist. de Nap. III, 3.

    Fermentation dans les esprits, disposition au trouble, à la révolte. Pacifier les mouvements d'une province. Je serais en Bretagne où j'ai mille affaires, sans les mouvements de cette province qui la rendent peu sûre, Sévigné, Lett. du 6 août 1675. Le détail des intrigues [religieuses en France] ne me regarde pas ; et je n'aurais même point parlé de ces mouvements, si…, Bossuet, Var. X. Saint Grégoire de Nazianze lui avait appris que les troubles ne naissent pas dans l'Église par des âmes communes et faibles : ce sont, dit-il, de grands esprits, mais ardents et chauds qui causent ces mouvements et ces tumultes, Bossuet, Cornet.

  • 19Sorte d'agitation des corps et des esprits. Il y a dans Paris un mouvement qui étonne, qui étourdit les étrangers.
  • 20 Néologisme. Le parti du mouvement, celui des innovations.
  • 21 Terme d'équitation. Se dit de l'action de plier les jambes de devant, ainsi que de la liberté de l'avant-main.
  • 22 Terme d'horloger. La machine qui fait mouvoir l'aiguille d'une horloge, d'une pendule, d'une montre.

    Mouvement en blanc, le mouvement d'une montre lorsqu'il n'est qu'ébauché.

  • 23Levier coudé et tournant sur un clou fiché dans le mur, qui sert à changer la direction du fil moteur d'une sonnette.

PROVERBES

Il faut se défier de son premier mouvement.

Le premier mouvement est toujours le meilleur.

HISTORIQUE

XIIIe s. Dex dona u [au] ciel movement Qui va si tres parfeitement…, Image du monde, II, movement du ciel.

XIVe s. Pour cause que l'en veoit les principaulx de la cité, l'en pensoit bien que celui mouvement n'estoit mie sans cause, Bercheure, f. 27, recto. La XII rieulle [règle] est que nous devon deffendre au pacient le mouvement corporel et le mouvement de l'ame, si com sont ire et volenté de soi vengier, H. de Mondeville, f° 39, verso. Leur premier mouvement est passé et reffroidi, Oresme, Éth. 82.

XVe s. Le Barrois fut trop rejoui de ce mouvement, car trop lui ennuyoit à tant sejourner, Froissart, II, III, 55. Affin qu'il ne soit pas celé, mais sceu de tous ceulx qui ce present livre verront et orront, par quel mouvement il a esté faict et mis sus, Bouciq. I, 1. Et quand de son mouvement se prend à parler, tousjours est son devis de Dieu, ou des saincts, ib. IV, 7. Et est trop perilleuse chose à un roy de user de ses premiers movemens, et de par chaleur soudainement juger, Bibl. des ch. 6e série, t. II, p. 152. L'ung des chevaliers commis à la garde de Jesus dist : nous gardans le monument, mouvement de terre [tremblement] fut fait, et vismes l'ange de Dieu, Perceforest, t. VI, f° 124.

XVIe s. Ta parole [de Dieu] est seule asseurée : Et, quand plus n'aura de durée Du ciel l'assidu mouvement, Elle encor demeurera ferme, Desportes, Œuvres chrest. XVIII, Ode. Mais tout ainsi que qui gaste ou tormente Le mouvement et secret d'une monstre, L'aiguille faut, et l'heure ne rencontre, Saint-Gelais, 177. Il avoit le regard et mouvement des yeulx doux, Amyot, Pomp. II. Car changeans les ressorts, il faut bien que les mouvemens aussi changent, Charron, Sagesse, II, 3.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MOUVEMENT. Ajoutez : - REM. Outre la chimère d'un mouvement qui, à l'aide d'une impulsion première, se conserve indéfiniment, mais qui, dans le fait, s'use par le frottement, les chercheurs du mouvement perpétuel se proposent de produire à l'aide d'un travail moteur fini un travail utile infini. Cela est une absurdité mécanique, le travail utile étant toujours plus faible que le moteur.

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Mouvement : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

MOUVEMENT, s. m. (Méchan.) qu’on appelle aussi mouvement local ; c’est un changement continuel & successif de place de la part d’un corps, c’est-à-dire un état d’un corps par lequel il correspond successivement à différens lieux, ou par lequel il est successivement présent à différentes parties de l’espace. Voyez Lieu. La théorie & les lois du mouvement sont le principal sujet de la méchanique. Voyez Méchanique.

Les anciens philosophes ont considéré le mouvement dans un sens plus général & plus étendu, ils l’ont défini le passage d’un corps d’un état en un autre, & ils ont de cette sorte reconnu six especes de mouvement, la création, la génération, la corruption, l’augmentation, la diminution & le transport ou mouvement local.

Mais les philosophes modernes n’admettent que le mouvement local, & réduisent la plûpart des autres especes dont nous venons de faire mention, à celui-là seulement. Voyez Génération, Corruption, &c. De sorte que nous n’avons à parler ici que du transport ou mouvement local, dont toutes les autres especes de mouvement ne sont qu’autant de modification ou d’effets. Voyez Altération, &c.

On a contesté l’existence & même la possibilité du mouvement, mais par de purs sophismes. Il y a eu de tout tems des hommes qui se sont fait un honneur de contredire ce qu’il y a de plus évident, pour faire parade de leur prétendue force d’esprit, & il ne se trouve encore aujourd’hui que trop de gens de ce caractere. Voici un échantillon des difficultés que ces sortes de gens ont fait contre l’existence du mouvement. S’il y a du mouvement, il est dans la cause qui le produit, ou dans le corps mobile, ou dans l’une & dans l’autre. Il n’est pas dans la cause qui l’excite, car quand on jette une pierre, on ne peut pas dire que le mouvement résiste dans la cause qui le produit, mais il est dans la pierre que l’on a jettée. Cependant on ne sauroit guere établir non plus le mouvement dans le corps mobile, car le mouvement est l’effet de la cause qui agit, & le corps mobile est sans effet : donc il n’y a point de mouvement, puisqu’il ne se trouve ni dans la cause qui l’excite, ni dans le corps mobile. La réponse est que dans un certain tems le mouvement réside dans la cause qui le produit, & que dans un autre tems il se trouve dans le corps mobile. Ainsi lorsqu’on met une pierre dans une fronde, & qu’on vient à tourner la fronde, la main au-tour de laquelle est la corde, doit alors être regardée comme la cause qui produit le mouvement, & elle est même en mouvement ; de-là il passe dans la fronde qui tourne, & enfin dès que la fronde vient à se lâcher, la pierre est le siége du mouvement. Le défaut du sophisme est donc de ne pas faire attention aux différens tems dans lesquels tout ceci se passe. Diodore Cronus faisoit un autre raisonnement que voici. Le corps est mû dans la place où il est, ou dans celle où il n’est pas. L’un & l’autre est impossible, car s’il étoit mû dans la place où il est, il ne sortiroit jamais de cette place. Il n’est pas mû non plus dans la place où il n’est pas, & par conséquent il n’est jamais en mouvement. La définition du mouvement se tire de cette difficulté apparente ; un corps n’est pas mû dans la place où il est, mais de la place où il est dans celle qui suit immédiatement.

Le plus fameux de tous les sophismes contre le mouvement, est celui que Zénon avoit appellé l’Achille ; pour marquer sa force, qu’il croyoit invincible, il supposoit Achille courant après une tortue, & allant dix fois plus vite qu’elle. Il donnoit une lieue d’avance à la tortue, & raisonnoit ainsi : tandis qu’Achille parcourt la lieue que la tortue a d’avance sur lui, celle-ci parcourra un dixieme de lieue ; pendant qu’il parcourra le dixieme, la tortue parcourra la centieme partie d’une lieue ; ainsi de dixieme en dixieme, la tortue dévancera toujours Achille, qui ne l’atteindra jamais. Mais 1°. quand il seroit vrai qu’Achille n’attrapât jamais la tortue, il ne s’ensuivroit pas pour cela que le mouvement fût impossible, car Achille & la tortue se meuvent réellement, puisqu’Achille approche toujours de la tortue qui est supposée le dévancer toujours infiniment peu. 2°. On a répondu directement au sophisme de Zénon. Gregoire de Saint-Vincent fut le premier qui en démontra la fausseté, & qui assigna le point précis auquel Achille devoit atteindre la tortue, & ce point se trouve par le moyen des progressions géométriques infinies, au bout d’une lieue & d’un neuvieme de lieue ; car la somme de toute progression géométrique est finie, & cela parce qu’être fini, ou s’étendre à l’infini, sont deux choses très-différentes. Un tout fini quelconque, un pié par exemple, est composé de fini & d’infini. Le pié est fini en tant qu’il ne contient qu’un certain nombre d’êtres simples ; mais je puis le supposer divisé en une infinité, ou plûtôt en une quantité non finie de parties, en considérant ce pié comme une étendue abstraite ; ainsi si j’ai pris d’abord dans mon esprit la moitié de ce pié, & que je prenne ensuite la moitié de ce qui reste, ou un quart de pié, puis la moitié de ce quart, ou un huitieme de pié, je procéderai ainsi mentalement à l’infini, en prenant toujours de nouvelles moitiés des croissances, qui toutes ensemble ne feront jamais que ce pié : de même tous ces dixiemes de dixiemes à l’infini, ne font que 1/9 de lieue, & c’est au bout de cet espace qu’Achille doit attraper la tortue, & il l’attrape au bout d’un tems fini, parce que tous ces dixiemes de dixiemes sont parcourus durant des parties de tems des croissances, dont la somme fait un tems fini. M. Formey.

Les auteurs de Physique anciens & modernes, ont été fort embarrassés à définir la nature du mouvement local : les péripatéticiens disent qu’il est actus entis in potentia quatenus est in potentia. Aristote, 3. Phys. c. ij. Mais cette notion paroît trop obscure pour qu’on puisse s’en contenter aujourd’hui, & elle ne sauroit servir à expliquer les propriétés du mouvement.

Les Epicuriens définissoient le mouvement, le passage d’un corps ou d’une partie de corps d’un lieu en un autre, & quelques philosophes de nos jours suivent à peu près cette définition, & appellent le mouvement d’un corps, le passage de ce corps d’un espace à un autre espace, substituant ainsi le mot d’espace à celui de lieu.

Les Cartésiens définissent le mouvement, le passage ou l’éloignement d’une portion de matiere, du voisinage des parties qui lui étoient immédiatement contiguës dans le voisinage d’autres parties.

Cette définition est dans le fond conforme à celle des Epicuriens, & il n’y a entr’elles d’autre différence, sinon que ce que l’une l’appelle corps & lieu, l’autre l’appelle matiere & partie contiguë.

Borelli, & après lui d’autres auteurs modernes, définissent le mouvement, le passage successif d’un corps, d’un lieu en un autre, dans un certain tems déterminé, le corps étant successivement contigu à toutes les parties de l’espace intermédiaire.

On convient donc que le mouvement est le transport d’un corps d’un lieu en un autre ; mais les Philosophes sont très-peu d’accord lorsqu’il s’agit d’expliquer en quoi consiste ce transport ; ce qui fait que leurs divisions du mouvement sont très-différentes.

Aristote & les Péripatéticiens divisent le mouvement en naturel & violent.

Le naturel est celui dont le principe ou la force mouvante est renfermée dans le corps mû, tel est celui d’une pierre qui tombe vers le centre de la terre. Voyez Gravité.

Le mouvement violent est celui dont le principe est externe, & auquel le corps mû résiste ; tel est celui d’une pierre jettée en haut. Les modernes divisent généralement le mouvement en absolu & relatif.

Le mouvement absolu est le changement de lieu absolu d’un corps mû, dont la vitesse doit par conséquent se mesurer par la quantité de l’espace absolu que le mobile parcourt. Voyez Lieu.

Mouvement relatif, c’est le changement du lieu relatif ordinaire du corps mû, & sa vitesse s’estime par la quantité d’espace relatif qui est parcourue dans ce mouvement.

Pour faire sentir la différence de ces deux sortes de mouvemens, imaginons un corps qui se meuve dans un bateau ; si le bateau est en repos, le mouvement de ce corps sera, ou plûtôt sera censé mouvement absolu ; si au contraire le bateau est en mouvement, le mouvement de ce corps dans le bateau ne sera qu’un mouvement relatif, parce que ce corps outre son mouvement propre, participera encore au mouvement du bateau ; de sorte que si le bateau fait par exemple, deux piés de chemin pendant que le corps parcourt dans le bateau l’espace d’un pié dans le même sens, le mouvement absolu du corps sera de trois piés, & son mouvement relatif d’un pié.

Il est très-difficile de décider si le mouvement d’un corps est absolu ou relatif, parce qu’il seroit nécessaire d’avoir un corps que l’on sût certainement être en repos, & qui serviroit de point fixe pour connoître & juger de la quantité du mouvement des autres corps. M. Newton donne pourtant, ou plûtôt indique quelques moyens généraux pour cela dans le scholie qui est à la tête de ses principes mathématiques. Voici l’exemple qu’il nous donne pour expliquer ses idées sur ce sujet. Imaginons, dit ce grand philosophe, deux globes attachés à un fil, & qui tournent dans le vuide au tour de leur centre de gravité commun ; comme il n’y a point par la supposition, d’autres corps auquels on puisse les comparer, & que ces deux corps en tournant, conservent toujours la même situation l’un par rapport à l’autre, on ne peut juger ni s’ils sont en mouvement, ni de quel côté ils se meuvent, à moins qu’on n’examine la tension du fil qui les unit. Cette tension connue peut servir d’abord à connoître la force avec laquelle les globes tendent à s’éloigner de l’axe de leur mouvement, & par-là on peut connoître la quantité du mouvement de chacun des corps ; pour connoître présentement la direction de ce mouvement, qu’on donne des impulsions égales à chacun de ces corps en sens contraire, suivant les directions paralleles, la tension du fil doit augmenter ou diminuer, selon que les forces imprimées seront plus ou moins conspirantes avec le mouvement primitif, & cette tension sera la plus grande qu’il est possible lorsque les forces seront imprimées dans la direction même du mouvement primitif ; de sorte que si on imprime successivement à ces corps des mouvemens égaux & contraints dans différentes directions, on connoîtra, lorsque la tension du fil sera la plus augmentée, que les forces imprimées ont été dans la direction même du mouvement primitif, ce qui servira à faire connoître cette direction. Voilà de quelle maniere on peut trouver dans le vuide la quantité & la direction du mouvement de deux corps isolés. Présentement si autour de ces deux globes on place quelques autres corps qui soient en repos, on ne pourra savoir si le mouvement est dans les globes ou dans les corps adjacens, à moins qu’on n’examine de même qu’auparavant la tension du fil, & si cette tension se trouve être celle qui convient au mouvement apparent des deux globes ; on pourra conclure que le mouvement est dans les globes, & que les corps adjacens sont en repos.

D’autres divisent le mouvement en propre & impropre, ou externe.

Le mouvement propre est le transport d’un lieu propre en un autre qui par-là devient lui-même propre, parce qu’il est rempli par ce corps seul exclusivement à tout autre ; tel est le mouvement d’une roue d’horloge.

Le mouvement impropre, externe, étranger, ou commun, c’est le passage d’un corps hors d’un lieu commun dans un autre lieu commun ; tel est celui d’une montre qui se meut dans un vaisseau, &c.

La raison de toutes ces différentes divisions paroît venir des différens sens qu’on a attachés aux mots, en voulant tous les comprendre dans une même définition & division.

Il y en a par exemple, qui dans leur définition du mouvement, considerent le corps mû, non par rapport aux corps adjacens, mais par rapport à l’espace immuable & infini ; d’autres le considerent, non par rapport à l’espace infini, mais par rapport à d’autres corps fort éloignés, & d’autres enfin ne le considerent pas par rapport à des corps éloignés, mais seulement par rapport à la surface qui lui est contiguë. Mais ces différens sens une fois établis, la dispute s’éclaircit alors beaucoup ; car comme tout mobile peut être considéré de ces trois manieres, il s’ensuit de-là qu’il y a trois especes de mouvement, dont celle qui a rapport aux parties de l’espace infini & immuable, sans faire d’attention aux corps d’alentour, peut être nommée absolument & véritablement mouvement propre ; celle qui a rapport aux corps environnans & très-éloignés, lesquels peuvent eux-mêmes être en mouvement, s’appellera mouvement relativement commun ; & la derniere qui a rapport aux surfaces des corps contigus les plus proches, s’appellera mouvement relativement propre.

Le mouvement absolument & vraiment propre, est donc l’application d’un corps aux différentes parties de l’espace infini & immuable. Il n’y a que cette espece qui soit un mouvement propre & absolu, puisqu’elle est toujours engendrée & altérée par des forces imprimées au mobile lui-même, & qu’elle ne sauroit l’être que de la sorte, parce que c’est d’ailleurs à elle qu’on doit rapporter les forces réelles de tous les corps pour en mettre d’autres en mouvement par impulsion, & que ces mouvemens lui sont proportionnels.

Le mouvement relativement commun, c’est le changement de situation d’un corps par rapport à d’autres corps circonvoisins ; & c’est celui dont nous parlons lorsque nous disons que les hommes, les villes & la terre même se meuvent.

C’est celui qu’un corps éprouve, lorsqu’étant en repos par rapport aux corps qui l’entourent, il acquiert cependant avec eux des relations successives par rapport à d’autres corps, que l’on considere comme immobiles ; & c’est le cas dans lequel le lieu absolu des corps change, quand leur lieu relatif reste le même. C’est ce qui arrive à un pilote qui dort sur le tillac pendant que le vaisseau marche, ou à un poisson mort que le courant de l’eau entraine.

C’est aussi le mouvement dont nous entendons parler lorsque nous estimons la quantité de mouvement d’un corps, & la force qu’il a pour en pousser un autre ; par exemple, si on laisse tomber de la main une sphere de bois remplie de plomb pour la rendre plus pesante, on a coutume d’estimer alors la quantité du mouvement & la force qu’a la sphere pour pousser d’autres corps, par la vitesse de cette même sphere & le poids du plomb qu’elle renferme ; & on a raison en effet d’en user de la sorte pour juger de cette force en elle-même & de ses effets, en tant qu’ils peuvent tomber sous nos sens : mais que la sphere n’ait point d’autre mouvement que celui que nous lui voyons ; c’est, selon que nous l’avons déja observé, ce que nous ne sommes point en état de déterminer en employant la seule apparence de l’approche de la pierre vers la terre.

Le mouvement relativement propre, c’est l’application successive d’un corps aux différentes parties des corps contigus ; à quoi il faut ajouter que lorsqu’on parle de l’application successive d’un corps, on doit concevoir que toute sa surface prise ensemble, est appliquée aux differentes parties des corps contigus ; ainsi le mouvement relativement propre est celui qu’on éprouve lorsqu’étant transporté avec d’autres corps d’un mouvement relatif commun, on change cependant la relation, comme lorsque je marche dans un vaisseau qui fait voile ; car je change à tout moment ma relation avec les parties de ce vaisseau qui est transporté avec moi. Les parties de tout mobile sont dans un mouvement relatif commun ; mais si elles venoient à se séparer, & qu’elles continuassent à se mouvoir comme auparavant, elles acquerroient un mouvement relatif propre. Ajoutons que le mouvement vrai & le mouvement apparent different quelquefois beaucoup. Nous sommes trompés par nos sens quand nous croyons que le rivage que nous quittons s’enfuit, quoique ce soit le vaisseau qui nous porte qui s’en éloigne ; & cela vient de ce que nous jugeons les objets en repos, quand leurs images occupent toujours les mêmes points sur notre rétine.

De toutes ces définitions différentes du mouvement, il en résulte autant d’autres du lieu ; car quand nous parlons du mouvement & du repos véritablement & absolument propre, nous entendons alors par lieu, cette partie de l’espace infini & immuable que le corps remplit. Quand nous parlons de mouvement relativement commun, le lieu est alors une partie de quelqu’espace ou dimension mobile. Quand nous parlons enfin du mouvement relativement propre, qui réellement est très-impropre, le lieu est alors la surface des corps voisins adjacens, ou des espaces sensibles. Voyez Lieu.

La nature de cet ouvrage, où nous devons exposer les opinions des Philosophes, nous a obligés d’entrer dans le détail précédent sur la nature, l’existence & les divisions du mouvement ; mais nous ne devons pas oublier d’ajouter, comme nous l’avons déja fait à l’article Elémens des Sciences, que toutes ces discussions sort inutiles à la méchanique ; elle suppose l’existence du mouvement, & définit le mouvement, l’application successive d’un corps à différentes parties contiguës de l’espace indéfini que nous regardons comme le lieu des corps.

On convient assez de la définition du repos, mais les Philosophes disputent entr’eux pour savoir si le repos est une pure privation de mouvement, ou quelque chose de positif. Malebranche & d’autres soutiennent le premier sentiment ; Descartes & ses partisans le dernier. Ceux-ci prétendent qu’un corps en repos n’a point de force pour y rester, & ne sauroit résister aux corps qui feroient effort pour l’en tirer, & que le mouvement peut être aussi-bien appellé une cessation de repos, que le repos une cessation de mouvement. Voyez Repos.

Voici le plus fort argument des premiers ; supposons un globe en repos, & que Dieu cesse de vouloir son repos, que s’ensuivra-t-il de là ? il restera toujours en repos ; mais supposons le corps en mouvement, & que Dieu cesse de le vouloir en mouvement, que s’ensuivra-t-il maintenant ? que le corps cessera d’être en mouvement, c’est-à-dire qu’il sera en repos, & cela parce que la force par laquelle un corps qui est en mouvement, persévere dans cet état, est la volonté positive de Dieu ; au lieu que celle par laquelle un corps qui est en repos y persévere, n’est autre chose que la volonté générale par laquelle il veut qu’un corps existe. Mais ce n’est là qu’une pétition de principe ; car la force ou le conatus par lequel les corps soit en repos, soit en mouvement, perséverent dans leurs états, ne vient que de l’inertie de la matiere ; de sorte que s’il étoit possible pour un moment à Dieu de ne rien vouloir sur l’état du corps, quoiqu’il en voulût toujours l’existence, un corps qui auroit été auparavant en mouvement y continueroit toujours, comme un corps en repos resteroit toujours en cet état. C’est cette inactivité ou inertie de la matiere qui fait que tous les corps résistent suivant leur quantité de matiere, & que tout corps qui en choque un autre avec une vitesse donnée, le forcera de se mouvoir avec d’autant plus de vitesse, que la densité & quantité de matiere du corps choquant sera plus grande par rapport à la densité & quantité de matiere de l’autre. Voyez Force d’inertie.

On peut réduire les modifications de la force active & de la force passive des corps dans leur choc à trois lois principales, auxquelles les autres sont subordonnées. 1°. Un corps persévere dans l’état où il se trouve, soit de repos, soit de mouvement, à moins que quelque cause ne le tire de son mouvement ou de son repos. 2°. Le changement qui arrive dans le mouvement d’un corps est toujours proportionnel à la force motrice qui agit sur lui ; & il ne-peut arriver aucun changement dans la vitesse & la direction du corps en mouvement, que par une force extérieure ; car sans cela ce changement se feroit sans raison suffisante. 3°. La réaction est toujours égale à l’action ; car un corps ne pourroit agir sur un autre corps, si cet autre corps ne lui résistoit : ainsi l’action & la réaction sont toujours égales & opposées. Mais il y a encore bien des choses à considérer dans le mouvement, savoir :

1°. La force qui l’imprime au corps ; elle s’appelle force motrice : elle a pour premiere cause l’Être suprème, qui a imprimé le mouvement à ses ouvrages, après les avoir créés. L’idée de quelques philosophes qui prétendent que tout mouvement actuel que nous remarquons dans les corps, est produit immédiatement par le créateur, n’est pas philosophique. Quoique nous ne puissions concevoir comment le mouvement passe d’un corps dans un autre, le fait n’en est pas moins sensible & certain. Ainsi, après avoir posé l’impression générale du premier moteur, on peut faire attention aux diverses causes que les êtres sensibles nous présentent pour expliquer les mouvemens actuels ; tels sont la pesanteur, qui produit du mouvement tant dans les corps célestes que dans les corps terrestres ; la faculté de notre ame, par laquelle nous mettons en mouvement les membres de notre corps, & par leur moyen d’autres corps sur lesquels le nôtre agit ; les forces attractives, magnétiques & électriques répandues dans la nature, la force élastique, qui a une grande efficace ; & enfin les chocs continuels des corps qui se rencontrent. Quoi qu’il en soit, tout cela est compris sous le nom de force motrice, dont l’effet, quand elle n’est pas détruite par une résistance invincible, est de faire parcourir au corps un certain espace en un certain tems, dans un milieu qui ne résiste pas sensiblement ; & dans un milieu qui résiste, son effet est de lui faire surmonter une partie des obstacles qu’il rencontre. Cette cause communique au corps une force qu’il n’avoit pas lorsqu’il étoit en repos, puisqu’un corps ne change jamais d’état de lui-même. Un mouvement une fois commencé dans le vuide absolu, s’il étoit possible, continueroit pendant toute éternité dans ce vuide, & le corps mû y parcourroit à jamais des espaces égaux en tems égaux, puisque dans le vuide aucun obstacle ne consumeroit la force du corps.

2°. Le tems pendant lequel le corps se meut : si un corps parcourt un espace donné, il s’écoulera une portion quelconque de tems, tandis qu’il ira d’un point à l’autre, quelque court que soit l’espace en question ; car le moment où le corps sera au point A ne sera pas celui où il sera en B, un corps ne pouvant être en deux lieux à la fois. Ainsi tout espace parcouru l’est en un tems quelconque.

3°. L’espace que le corps parcourt, c’est la ligne droite décrite par ce corps pendant son mouvement. Si le corps qui se meut n’étoit qu’un point, l’espace parcouru ne seroit qu’une ligne mathématique ; mais comme il n’y a point de corps qui ne soit étendu, l’espace parcouru a toujours quelque largeur. Quand on mesure le chemin d’un corps, on ne fait attention qu’à la longueur.

4°. La vitesse du mouvement, c’est la propriété qu’a le mobile de parcourir un certain espace en un certain tems. La vitesse est d’autant plus grande que le mobile parcourt plus d’espace en moins de tems. Si le corps A parcourt en deux minutes un espace auquel le corps B emploie quatre minutes, la vitesse du corps A est double de celle du corps B. Il n’y a point de mouvement sans une vitesse quelconque, car tout espace parcouru est parcouru dans un certain tems ; mais ce tems peut être plus ou moins long à l’infini. Par exemple, un espace que je suppose être d’un pié, peut être parcouru par un corps en une heure ou dans une minute, qui est la 60e partie d’une heure, ou dans une seconde, qui en est la 3600e partie, &c. Le mouvement, c’est-à-dire la vitesse, peut être uniforme ou non uniforme, accélérée ou retardée, également ou inégalement accélérée & retardée. Voyez Vitesse.

5°. La masse des corps en vertu de laquelle ils résistent à la force qui tend à leur imprimer ou à leur ôter le mouvement. Les corps résistent également au mouvement & au repos. Cette résistance étant une suite nécessaire de leur force d’inertie, elle est proportionnelle à leur quantité de matiere propre, puisque la force d’inertie appartient à chaque particule de la matiere. Un corps résiste donc d’autant plus au mouvement qu’on veut lui imprimer, qu’il contient une plus grande quantité de matiere propre sous un même volume, c’est-à-dire d’autant plus qu’il a plus de masse, toutes choses d’ailleurs égales. Ainsi plus un corps a de masse, moins il acquiert de vitesse par la même pression, & vice versâ. Les vitesses des corps qui reçoivent des pressions égales sont donc en raison inverse de leur masse. Par la même raison le mouvement d’un corps est d’autant plus difficile à arrêter, que ce corps a plus de masse ; car il faut la même force pour arrêter le mouvement d’un corps qui se meut avec une vitesse quelconque, & pour communiquer à ce même corps le même degré de vitesse qu’on lui a fait perdre. Cette résistance-que tous les corps opposent lorsqu’on veut changer leur état présent, est le fondement de cette loi générale du mouvement, par laquelle la réaction est toujours égale à l’action. L’établissement de cette loi étoit nécessaire afin que les corps pussent agir les uns sur les autres, & que le mouvement étant une fois produit dans l’univers, il pût être communiqué d’un corps à un autre avec raison suffisante. Sans cette espece de lutte, il ne pourroit y avoir d’action ; car comment une force agiroit-elle sur ce qui ne lui oppose aucune résistance. Quand je tire un corps attaché à une corde, quelque aisément que je le tire, la corde est tendue également des deux côtés ; ce qui marque l’égalité de la réaction : & si cette corde n’étoit pas tendue, je ne pourrois tirer ce corps. Ceux qui demandent comment pouvez-vous faire avancer un corps, si vous êtes tiré par lui avec une force égale à celle que vous employez pour le tirer ; ceux, dis-je, qui font cette objection, ne remarquent pas que lorsque je tire ce corps, & que je le fais avancer, je n’emploie pas toute ma force à vaincre la résistance qu’il m’oppose ; mais lorsque je l’ai surmontée, il m’en reste encore une partie que j’emploie à avancer moi-même : & ce corps avance par la force que je lui ai communiquée, & que j’ai employée à surmonter sa résistance. Ainsi quoique les forces soient inégales, l’action & la réaction sont toujours égales. C’est cette égalité qui produit tous les mouvemens. Voyez Loi de la nature au mot Nature.

6°. La quantité de mouvement. La quantité dans un instant infiniment petit, est proportionnelle à la masse & à la vitesse du corps mû ; ensorte que le même corps a plus de mouvement quand il se meut plus vite, & que de deux corps dont la vitesse est égale, celui qui a le plus de masse a le plus de mouvement ; car le mouvement imprimé à un corps quelconque, peut être conçu divisé en autant de parties que ce corps contient de parties de matiere propre, & la force motrice appartient à chacune de ces parties, qui participent également au mouvement de ce corps en raison directe de leur grandeur. Ainsi le mouvement du tout est le résultat de toutes les parties, & par conséquent le mouvement est double dans un corps dont la masse est double de celle d’un autre, lorsque ces corps se meuvent avec la même vitesse.

7°. La direction du mouvement. Il n’y a point de mouvement sans une détermination particuliere ; ainsi tout mobile qui se meut tend vers quelque point. Lorsqu’un corps qui se meut n’obéit qu’à une seule force qui le dirige vers un seul point, ce corps se meut d’un mouvement simple. Le mouvement composé est celui dans lequel le mobile obéit à plusieurs forces : nous en parlerons plus bas. Dans le mouvement simple, la ligne droite tirée du mobile au point vers lequel il tend, représente la direction du mouvement de ce corps, & si ce corps se meut, il parcourra certainement cette ligne. Ainsi tout corps qui se meut d’un mouvement simple, décrit pendant qu’il se meut une ligne droite. M. Formey.

Le mouvement peut donc être regardé comme une espece de quantité, & sa quantité ou sa grandeur, qu’on appelle aussi quelquefois moment, s’estime 1°. par la longueur de la ligne que le mobile décrit ; ainsi un corps parcourant cent piés, la quantité de mouvement est plus grande que s’il n’en parcouroit que dix : 2°. par la quantité de matiere qui se meut ensemble ou en même tems, c’est-à-dire non par le volume ou l’étendue solide du corps, mais par sa masse ou son poids ; l’air & d’autres matieres subtiles, dont les pores du corps sont remplis, n’entrant point ici en ligne de compte : ainsi un corps de deux piés cubiques parcourant une ligne de cent piés, sa quantité de mouvement sera plus grande que celle d’un corps d’un pié cubique qui parcourra la même ligne ; car le mouvement que l’un des deux a en entier se trouve dans la moitié de l’autre, & le mouvement d’un corps total est la somme du mouvement de ses parties.

Il s’ensuit de-là qu’afin que deux corps aient des mouvemens ou des momens égaux, il faut que les lignes qu’ils parcourront soient en raison réciproque de leur masse, c’est-à-dire que si l’un de ces corps a trois fois plus de quantité de matiere que l’autre, la ligne qu’il parcourra doit être le tiers de la ligne qui sera parcourue par l’autre. C’est ainsi que deux corps attachés aux deux extrémités d’une balance ou d’un levier, & qui auront des masses en raison réciproque de leur distance du point d’appui, décriront s’ils viennent à se mouvoir, des lignes en raison réciproque de leur masse. Voyez Levier & Puissances méchaniques.

Par exemple si le corps A (Pl. de Méchan. fig. 30.) a trois fois plus de masse que B, & que chacun de ces corps soit attaché respectivement aux deux extrémités du levier AC, dont l’appui ou le point fixe est en C, de maniere que la distance BC soit triple de la distance CA, ce levier ne pourroit se mouvoir d’aucun côté sans que l’espace BE, que le plus petit corps parcourroit, fût triple de l’espace AD, que le plus grand parcourroit de son côté ; de sorte qu’ils ne pourroient se mouvoir qu’avec des forces égales. Or il ne sauroit y avoir de raison qui fît que le corps A tendant en bas par exemple, avec quatre degrés de mouvement, élevât le corps B ; plûtôt que le corps B tendant également en enbas avec ces quatre degrés de mouvement, n’éleveroit le corps A : on conclut donc avec raison qu’ils resteront en équilibre, & l’on peut déduire de ce principe toute la science de la méchanique.

On demande si la quantité de mouvement est toujours la même. Les Cartésiens soutiennent que le Créateur a imprimé d’abord aux corps une certaine quantité de mouvement, avec cette loi qu’il ne s’en perdroit aucune partie dans aucun corps particulier qui ne passât dans d’autres portions de matiere ; & ils concluent de-là que si un mobile en frappe un autre, le premier ne perdra de son mouvement que ce qu’il en communiquera au dernier. Voyez ce que nous avons dit sur ce sujet à l’article Percussion.

M. Newton renverse ce principe en ces termes. Les différentes compositions qu’on peut faire de deux mouvemens (voyez Composition), prouve invinciblement qu’il n’y a point toujours la même quantité de mouvement dans le monde ; car si nous supposons que deux boules jointes l’une à l’autre par un fil, tournent d’un mouvement uniforme autour de leur centre commun de gravité, & que ce centre soit emporté en même tems uniformément dans une droite tirée sur le plan de leur mouvement circulaire, la somme du mouvement des deux boules sera plus grande lorsque la ligne qui les joint sera perpendiculaire à la direction du centre, que lorsque cette ligne sera dans la direction même du centre, d’où il paroit que le mouvement peut & être produit & se perdre ; de plus, la tenacité des corps fluides & le frottement de leurs parties, ainsi que la foiblesse de leur force élastique, donne lieu de croire que la nature tend plûtôt à la destruction qu’à la production du mouvement ; aussi est-il vrai que la quantité de mouvement diminue toujours, car les corps qui sont ou si parfaitement durs, ou si mols, qu’ils n’ont point de force élastique, ne rejailliront pas après le choc, leur seule impénétrabilité les empêche de continuer à se mouvoir ; & si deux corps de cette espece égaux l’un à l’autre se rencontroient dans le vuide avec des vitesses égales, les lois du mouvement prouvent qu’ils devroient s’arrêter dans quelqu’endroit que ce fut, & qu’ils y perdroient leur mouvement ; ainsi des corps égaux, & qui ont des mouvemens opposés, ne peuvent recevoir un grand mouvement après le choc, que de la seule force élastique ; & s’ils en ont assez pour le faire rejaillir avec de la force avec laquelle ils se sont rencontrés, ils perdront en ces différens cas de leur mouvement. C’est aussi ce que les expériences confirment ; car si on laisse tomber deux pendules égaux d’égale hauteur & dans le même plan, de façon qu’ils se choquent, ces deux pendules, s’ils sont de plomb ou d’argille molle, perdront si-non tout, au moins une partie de leur mouvement ; & s’ils sont de quelque matiere élastique, ils ne retiendront de leur mouvement qu’autant qu’ils en reçoivent de leur force élastique. V. Elastique.

Si l’on demande comment il arrive que le mouvement qui se perd à tout moment se renouvelle continuellement, le même auteur ajoute qu’il est renouvellé par quelque principe actif, tel que la cause de la gravité par laquelle les planetes & les cometes conservent leur mouvement dans leur orbite, par laquelle aussi tous les corps acquierent dans la chute un degré de mouvement considérable, & par la cause de la fermentation qui fait conserver au cœur & au sang des animaux, une chaleur & un mouvement continuel, qui entretient continuellement dans la chaleur les parties intérieures de la terre, qui met en feu plusieurs corps, & le soleil lui-même ; comme aussi par l’élasticité au moyen de laquelle les corps se remettent dans leur premiere figure ; car nous ne trouvons guere d’autre mouvement dans le monde que celui qui dérive ou de ces principes actifs, ou du commandement de la volonté : Voyez Gravité, Fermentation, Elasticité, &c.

Quant à la continuation du mouvement, ou la cause qui fait qu’un corps une fois en mouvement persévere dans cet état, les Physiciens ont été fort partagés là-dessus, comme nous l’avons déja remarqué. C’est cependant un effet qui découle évidemment de l’une des grandes lois de la nature, savoir que tous les corps perséverent dans leur état de repos ou de mouvement, à moins qu’ils n’en soient empêchés par des forces étrangeres ; d’où il s’ensuit qu’un mouvement une fois commencé continueroit à l’infini, s’il n’étoit interrompu par différentes causes, comme la force de la gravité, la résistance du milieu, &c. de sorte que le principe d’Aristote, toute substance en mouvement affecte le repos, est sans fondement. Voyez Force d’inertie.

On n’a pas moins disputé sur la communication du mouvement, ou sur la maniere dont les corps mus viennent en affecter d’autres en repos, ou enfin sur la quantité de mouvement que les premiers communiquent aux autres ; on en peut voir les lois aux mots Percussion & Communication.

Nous avons observé que le mouvement est l’objet des méchaniques, & que les méchaniques sont la base de toute la philosophie naturelle, laquelle ne s’appelle méchanique que par cette raison. Voyez Méchanique.

En effet, tous les phénomenes de la nature, tous les changemens qui arrivent dans le système des corps, doivent s’attribuer au mouvement, & sont réglés par ses lois.

C’est ce qui a fait que les philosophes modernes se sont appliqués avec beaucoup de soin à cette science, & qu’ils ont cherché à découvrir les propriétés & les lois du mouvement, soit par l’expérience, soit en y employant la Géométrie. C’est à leur travail que nous sommes redevables des grands avantages que la Philosophie moderne a sur celle des anciens. Ceux-ci négligeoient fort le mouvement, quoiqu’ils parussent d’un autre côté en avoir si bien senti l’importance, qu’ils définissoient la nature, le premier principe du mouvement & du repos des substances. Voyez Nature.

Il n’y a rien sur le mouvement dans les livres des anciens, si l’on en excepte le peu que l’on trouve dans les livres d’Archimede, de æcquiponderantibus. On doit en grande partie la science du mouvement à Galilée ; c’est lui qui a découvert les regles générales du mouvement, & en particulier celle de la descente des graves qui tombent verticalement ou sur des plans inclinés ; celles du mouvement des projectiles, des vibrations des pendules, objets dont les anciens n’avoient que fort peu de connoissance. Voyez Descente, Pendule, Projectile, &c.

Torricelli son disciple, a perfectionné & augmenté les découvertes de son maître, & y a ajouté diverses expériences sur la force de percussion & l’équilibre des fluides. Voyez Percussion & Fluide. M. Huyghens a beaucoup perfectionné de son côté la science des pendules & la théorie de la percussion ; enfin Newton, Leibnitz, Varignon, Mariotte, &c. ont porté de plus en plus la science du mouvement à sa perfection. Voyez Méchanique, &c.

Le mouvement peut être regarde comme uniforme & comme varié, c’est-à-dire accéléré ou retardé ; de plus le mouvement uniforme peut être considéré comme simple ou comme composé, le composé comme rectiligne ou comme curviligne.

On peut encore considérer tous ces mouvemens ou en eux-mêmes, ou eu égard à leur production & à leur communication par le choc, &c.

Le mouvement uniforme est celui par lequel le corps se meut continuellement avec une même vitesse invariable. Voyez Uniforme.

Voici les lois du mouvement uniforme. Le lecteur doit observer d’abord que nous allons exprimer la masse ou la quantité de matiere par M, le moment ou la quantité de mouvement ou l’effort par E, le tems ou la durée du mouvement par T, la vitesse ou la rapidité du mouvement par V, & l’espace ou la ligne que le corps décrit, par S. Voyez Moment, Masse, Vitesse, &c.

De même l’espace étant = s & le tems = t, la vitesse sera exprimée par , & si la vitesse = u, & la masse = m, le moment sera pareillement = um.

Lois du mouvement uniforme. 1°. Les vitesse V & u de deux corps qui se meuvent uniformément sont en raison composée de la directe des espaces S & s & de l’inverse des tems T & t,

car , & ,

donc ,

donc .

C. Q. F. D.

Ce théoreme & les suivans peuvent être rendus sensibles en nombre de cette sorte : supposons qu’un corps A dont la masse est comme 7, c’est-à-dire de 7 livres, décrive dans 3″ de tems un espace de 12 piés, & qu’un autre corps B dont la masse est comme 5, décrive en 8″ un espace de 16 piés, nous aurons donc M = 7, T = 3, S = 12, m = 5, t = 8, s = 16, & par conséquent V = 4, u = 2 ; ce qui réduira notre formule

en cette forme
,


par conséquent si V = u on aura St = sT, & ainsi

,


c’est-à-dire que si deux corps se meuvent uniformément & avec la même vitesse, les espaces seront entr’eux comme les tems. On peut donner en nombre des exemples des corollaire, comme du théoreme, ainsi supposant S = 12, T = 6, s = 8, t = 4, on aura , &

par conséquent, puisque V = u,
,
.


Si V = u & t = T, on aura S = s, ainsi les corps qui se meuvent uniformément & avec la même vitesse, doivent décrire en tems égaux des espaces égaux.

2°. Les espaces S & s que les corps décrivent sont en raison composée des tems T & t & des vitesses V & u,

car V·u ∷ St·sT,
donc VsT = uSt,
& S·s ∷ VT·ut,


en nombres 12.8 ∷ 2×6·2×4,
par conséquent si S=s, on a VT=ut ; de façon que V·u ∷ t·T, c’est-à-dire si deux corps qui se meuvent uniformément, décrivent des espaces égaux, leurs vitesses seront en raison réciproque des tems. En nombres, si nous supposons S=12, & s=12, comme S=VT, & s=ut, si V=2, & u=3, on aura T=6, & t=4, de façon qu’il viendra aussi V·u=2·T ; de plus si t=T, 2·3 ∷ 4·6, on aura alors V=u, & par conséquent les corps qui se meuvent uniformément, & décrivent des espaces égaux dans des tems égaux, ont des vitesses égales.

3°. Les momens ou quantités de matiere E & e de deux corps qui se meuvent uniformément, sont en raison composée des vitesses V & u, & des masses ou quantités de matieres M & m, car si E=VM, e=um, on aura donc E·e ∷ VM·um ; c’est-à-dire que la raison de E à e est composée de celle de V à u, & de M à m.

Si E=e, on aura donc VM=um, & par conséquent V·u ∷ m·M, c’est-à dire que si les momens de deux corps qui se meuvent uniformément sont égaux, leurs vitesses seront en raison réciproque de leurs masses, & par conséquent si M est outre cela égale à m, V sera égal à u, c’est-à-dire que si les momens & les masses de deux corps sont égaux, leurs vitesses le seront aussi.

4°. Les vitesses V & u de deux corps qui se meuvent uniformément, sont en raison composée de là directe des momens E & e, & de la réciproque des masses M & m,

car puisque E·e ∷ VM·um,
donc Eum = eVM,
& V·u = Em·eM,


en nombres 4 : 2 ∷ 28×5 : 10×7 ∷ 4×1 : 2×1 ∷ 4·2, donc si V=u, on aura Em=eM, & par conséquent E·e ∷ M·m ; c’est-à-dire que si deux corps se meuvent uniformément & avec la même vitesse, leurs momens seront dans la même raison que leurs masses. Si de plus M=m, alors E=e, & par conséquent deux corps dont les masses sont égales, & qui se meuvent uniformément avec des vitesses égales, ont nécessairement des momens égaux.

5°. Dans un mouvement uniforme les masses M & m des corps sont en raison composée de la directe des momens E & e, & de la réciproque des vitesses V & u,

car puisque E. e ∷ VM·um,
donc Eum=eMV,
M·m = Eu·eV,


en nombres 7 : 5 ∷ 28×2 : 10×4 ∷ 7×1 : 5×1 ∷ 7 : 5. Si M=m, on aura alors Eu=eV, & par conséquent E·e ∷ V·u, c’est-à-dire que si deux corps qui se meuvent uniforme ment ont des masses égales, leurs momens seront entr’eux comme leurs vitesses, supposons en nombres E=12, e=8, M=4, m=4,

on aura V = , & u = ,
donc E·e ∷ V·u,
12·8 ∷ 3·2.

6°. Dans un mouvement uniforme les momens E & c, sont en raison composée des directes des masses M & m, & des espaces S & s, & de la réciproque des tems T & t,

car à cause que V·u ∷ St·sT,
& E·e ∷ VM·um,
donc VE·ue ∷ VMSt·umsT,
donc E·e ∷ MSt·msT,


par conséquent si E=e, on aura MSt=msT, & ainsi , , & , c’est-à-dire si deux corps qui se meuvent uniformément, ont outre cela des momens égaux, 1°. leurs masses seront en raison composée de la directe des tems & de la réciproque des espaces : 2°. les espaces seront en raison composée de la directe des tems & de la réciproque des masses : 3°. les tems seront en raison composée des masses & des espaces. Que si de plus M=m, on aura alors sT=St, & par conséquent S·s ∷ T·t, c’est-à-dire que si deux corps qui se meuvent uniformément ont des momens égaux & des masses égales, les espaces qu’ils parcourront seront proportionnels aux tems.

Si de plus T=t, on aura aussi S=s, & ainsi deux corps qui se meuvent avec des masses & des momens égaux, décrivent des espaces égaux en tems égaux.

Si E=e, & S=s, on aura Mt=mT, & par conséquent M·m ∷ T·t, c’est-à-dire que deux corps qui se meuvent uniformément avec des momens égaux, & qui décrivent des espaces égaux, doivent avoir des masses proportionnelles aux tems qu’ils emploient à décrire ces espaces.

Si outre cela T=t, on aura aussi M=m, & par conséquent des corps dont les momens sont égaux, & qui se mouvant uniformément, décrivent des espaces égaux dans des tems égaux, doivent aussi avoir des masses égales.

Si E=e, & T=t, on aura alors MS=ms, & par conséquent S : s ∷ m·M ; c’est-à-dire que les espaces parcourus dans un même tems, & d’un mouvement uniforme par deux corps dont les momens sont égaux, sont en raison réciproque des masses.

7°. Dans un mouvement uniforme les espaces S & s sont en raison composée des directes des momens E & e, & des tems T & t, & de la réciproque des masses m & M,

car puisque E·e ∷ MSt·msT,
EmsT = eMSt,
par conséquent S·s ∷ ETm·etM,


en nombres 12 : 16 ∷ 3×28×5 : 8×10×7 ∷ 3×4×1 : 8×2×1 ∷ 12 : 16, d’où il s’ensuit que si S=s, ETm sera égal à etM, & que par conséquent E·e ∷ tM·Tm, M·m ∷ ET·et·T·t ∷ eM·Em.

Ainsi en supposant que deux corps parcourent des espaces égaux d’un mouvement uniforme, 1°. leurs momens seront en raison composée de la directe des masses & de la réciproque des tems : 2°. leurs masses seront en raison composée des momens & des tems : 3°. les tems seront en raison composée de la directe des masses & de la réciproque des momens.

Si outre S=s, on suppose encore M=m, on aura aussi ET=et, & par conséquent E·e ∷ t·T. c’est-à-dire que des corps dont les masses sont égales, & qui parcourent des espaces égaux, ont des momens réciproquement proportionnels aux tems qu’ils emploient à parcourir ces espaces.

Si outre S=s, on suppose encore T=t, il s’ensuivra que eM=Em, & par conséquent deux corps qui se meuvent uniformément, en parcourant les mêmes espaces dans les mêmes tems, ont des momens proportionnels à leurs masses.

8°. Deux corps qui se meuvent uniformément ont des masses M & m en raison composée des directes des momens E & e, & des tems T & t, & de la réciproque des espaces s & S,

car puisque E·e ∷ MSt·msT, EmsT = eMSt,
donc M·m ∷ ETs·etS,


en nombres 7 : 5 ∷ 3×28×16 : 8×10×12 ∷ 3×7×2 : 1×10×3 ∷ 7 : 5,

de plus E·e ∷ MSt·msT, en nombres 28 : 10 ∷ 7×12×8 : 5×16×3 ∷ 7×4×1 : 5×2×1 ∷ 28 : 10, & par conséquent si M=m, on aura ETs=etS, & par conséquent E·e ∷ tS·Ts, S·s ∷ ET. et, & T·t ∷ eS·Es, c’est-à-dire que si deux mobiles ont des masses égales, 1°. les momens seront en raison composée de la directe des espaces & de la réciproque des tems : 2°. les espaces seront en raison composée des momens & des tems : 3°. les tems seront en raison composée de la directe des espaces & de la réciproque des momens.

Si outre M=m, on suppose encore T=t, on aura donc eS=Es, & par conséquent e·E ∷ s·S, c’est-à-dire que dans le mouvement uniforme, les momens de deux corps dom les masses sont égales, sont proportionnels aux espaces parcourus dans des tems égaux.

9°. Dans des mouvemens uniformes, les tems T & t sont en raison composée des directes des masses M & m, & des espaces S & s, & de la réciproque des momens E & e,

car puisque E·e ∷ MSt·msT, EmsT=eMSt,
donc T·t ∷e MS·Ems,


d’où il s’ensuit que si T=t, on aura eMS=Ems, & par conséquent E·e ∷ MS·ms, M·m ∷ Es·eS & S·s ∷ Em·eM, c’est-à dire que si deux corps se meuvent uniformément dans des tems égaux, 1°. leurs momens seront en raison composée des masses & des espaces : 2°. les masses seront en raison composée de la directe des momens & de la réciproque des espaces : 3°. les espaces seront en raison composée de la directe des momens & de la réciproque des masses.

Mouvement accéléré ; c’est celui qui reçoit continuellement de nouveaux accroissemens de vitesse ; il est dit uniformément accéléré quand ces accroissemens de vitesses sont égaux en tems égaux. Voyez Accélération.

Mouvement retardé ; c’est celui dont la vitesse diminue continuellement ; il est dit uniformément retardé, lorsque la vitesse décroît proportionnellement aux tems. Voyez Retardation.

En général on peut représenter les lois du mouvement uniforme, ou varié, suivant une loi quelcônque, par l’équation d’une courbe, dont les abscisses expriment les tems t, & les ordonnées correspondantes les espaces parcourus pendant ces tems. Si e=nt, n, étant un nombre constant, les espaces seront comme les tems, & le mouvement sera uniforme. S’il y a entre e & t quelqu’autre équation, le mouvement sera varié ; si on n’a point d’équation finie entre e & t, on pourra exprimer le rapport de e à t par une équation différentielle, de=Rdt, R étant une fonction de e & de t, laquelle représente la vitesse ; & il est à remarquer que puisque , le mouvement sera accéléré si la différence de R est positive, & retardé si elle est négative (voyez Vitesse & Force) ; car dans le premier cas, la vitesse R ira en croissant, & dans le second, en décroissant.

C’est un axiome de méchanique, comme on l’a déjà remarqué, qu’un corps qui est une fois en repos ne se mouvera jamais, à moins qu’il ne soit mis en mouvement par quelqu’autre corps, & que tout corps qui est une fois en mouvement, continuera toujours à se mouvoir avec la même vitesse & dans la même direction, à moins que quelqu’autre corps ne le force à changer d’état.

On doit conclure de là-qu’un corps mu par une seule impulsion doit continuer à se mouvoir en ligne droite, & que s’il est emporté dans une courbe, il doit être poussé au moins par deux forces, dont l’une, si elle étoit seule, le feroit continuer en ligne droite, & dont l’autre, ou les autres, l’en détournent continuellement.

Si l’action & la réaction de deux corps (non élastiques) est égale, il ne s’ensuivra aucun mouvement de leur choc ; mais les corps resteront après le choc en repos l’un contre l’autre.

Si un mobile est poussé dans la direction de son mouvement, il sera accéléré ; s’il est poussé par une force qui résiste à son mouvement, il sera alors retardé ; les graves descendent par un mouvement accéléré.

10°. Si un corps se meut avec une vitesse uniformément accélérée, les espaces qu’il parcourra seront en raison doublée des tems qu’il aura employés à les franchir ; car que la vitesse acquise dans les tems t soit=u, celle que le grave acquerra dans le tems 2t, sera 2u, dans le tems 3t, sera 3u, &c. & les espaces correspondans à ces tems t, 2t, 3t, seront proportionnels à tu, 4tu, 9tu, par conséquent ces espaces seront comme 1, 4, 9, &c. Les tems étant de leur côté comme 1, 2, 3, &c. il est donc vrai que les espaces seront en raison doublée des tems. Voyez Accélération.

D’où il s’ensuit que dans le mouvement uniformément accéléré, les tems sont en raison soudoublée des espaces.

11°. Les espaces parcourus par un corps qui se meut d’un mouvement uniformément accéléré, croissent dans des tems égaux comme les nombres impairs 1, 3, 5, 7, &c.

Car si les tems qu’un mobile uniformément accéléré emploie dans son mouvement, sont comme 1, 2, 3, 4, 5, &c. on a vû que les espaces qu’il parcourra seront dans le premter tems 1 comme 1, dans 2 comme 4, dans 3 comme 9, dans 4 comme 16, dans 5 comme 25 (10e loi), & ainsi soustrayant l’espace parcouru dans le premier tems, savoir 1, de l’espace parcouru en 2, savoir 4, il restera l’espace parcouru dans le second moment seulement, savoir 3. On trouvera semblablement que l’espace parcouru dans le troisieme tems seulement, sera 9−4=5, que l’espace parcouru dans le quatrieme, sera 16−9=7, & ainsi des autres. L’espace correspondant au premier tems, sera donc 1, celui du second 3, celui du troisieme 5, celui du quatrieme 7, celui du cinquieme 9, &c. & ainsi les espaces parcourus par un mobile qui se meut d’un mouvement uniformément accéléré, croissent dans des tems égaux comme les nombres impairs 1, 3, 5, 7, &c. C. Q. F. D.

12°. Les espaces parcourus par un corps qui se meut d’un mouvement uniformement accéléré, & en commençant par partir du repos, sont en raison doublée des vitesses.

Car nommons les vitesses V & u, les tems T & t, les espaces S & s ; puisque le corps part du repos, la quantité de vitesse à chaque instant ne dépend que du nombre d’accélération que le corps a reçu ; & comme il en reçoit par hypothese, d’égales en tems égaux, & par conséquent un nombre proportionnel au tems, il s’ensuit de là que les vitesses à chaque instant doivent être proportionnelles aux tems ; ainsi V est à u comme T est à t : donc puisqu’en vertu de la 10e loi  ; on aura . C. Q. F. D.

Donc dans les mouvemens uniformément accélérés, les vitesses sont en raison soudoublée des espaces.

13°. Dans les milieux non résistans, & dans des espaces peu grands, les graves descendent d’un mouvement uniformément accéléré, ou qui doit être censé tel ; car les graves ne descendent avec une vitesse accélérée, qu’autant que quelque force étrangere agit continuellement sur eux pour augmenter leur vitesse, & on n’en sauroit imaginer d’autre ici que celle de la gravité ; mais la force de la gravité doit être censée par tout la même près de la surface de la terre, parce qu’on y est toujours à des intervalles du centre fort grands, & peu différens les uns des autres ; & les expériences qu’on a pu faire à quelque distance que ç’ait été de la terre, n’y ont fait trouver en effet aucune différence sensible ; les corps graves doivent par conséquent être sollicités en embas d’une maniere semblable en tems égaux : donc si dans le premier moment de tems, cette forcè leur donne la vitesse V, elle leur donnera encore la même vitesse dans le moment suivant, ainsi du troisieme, du quatrieme, &c. De plus, comme nous supposons le milieu sans résistance, les graves conserveront la vitesse qu’ils auront acquise ; & ainsi comme ils acquerront à tout moment de nouvelles augmentations égales, il faudra qu’ils descendent d’un mouvement uniformément accéléré, C. Q. F. D. Voyez Gravité.

Les espaces dont les corps seront descendus, seront donc dans les mêmes suppositions, comme les quarrés des tems & des vitesses, & leurs différences croîtront comme la suite des nombres impairs, 1, 3, 5, 7, &c. & les tems ainsi que les vitesses seront en raison soudoublée des espaces.

Quand nous supposons que le grave descend dans un milieu non résistant, nous entendons exclure aussi toutes sortes d’empêchemens de quelque espece que ce soit, ou de quelque cause qu’ils procedent, & généralement nous faisons abstraction de toutes les causes qui pourroient altérer le mouvement produit par la seule gravité.

C’est Galilée qui a découvert le premier la loi de la descente des graves par le raisonnement, quoiqu’il ait ensuite confirmé sa découverte par des expériences ; il les répéta plusieurs fois, sur-tout sur des plans inclinés, & trouva toujours les espaces parcourus proportionnels aux quarrés des tems. Riccioli & Grimaldi ont fait aussi les mêmes expériences, mais d’une maniere différente. Voyez Descente.

14°. Si un grave tombe dans un milieu sans résistance, l’espace qu’il décrira sera soudouble de celui qu’il auroit décrit dans le même tems par un mouvement uniforme, & avec une vitesse égale à celle qu’il se trouve avoir acquise à la fin de la chûte. Car (voyez Pl. de Méchan. fig. 31.) que la ligne AB représente le tems total de la descente d’un grave, & qu’elle soit divisée en un nombre quelconque de parties égales ; tirez aux extrémités des abcisses AP, AQ, AS, AB ; des ordonnées droites PM, QI, SH, BC, qui puissent représenter les vitesses acquises par la descente à la fin de ces tems, puisque AP est à AQ comme PM est à QI, & AP est à AS, comme PM est à SH, &c. Si l’on conçoit donc que la hauteur du triangle soit divisée en parties égales & infiniment petites, le mouvement pouvant être censé uniforme dans un moment de tems infiniment petit, la petite aire PpMm égale à , sera proportionnelle à l’espace parcouru dans le tems Pp ; ainsi l’espace parcouru dans le tems Ap, sera comme la somme de toutes les petites aires, c’est-à-dire comme le triangle ABC. Mais l’espace qui auroit été décrit dans le même tems AB avec la vitesse uniforme BC auroit été proportionnelle au rectangle ABCD ; le premier de ces espaces est donc à l’autre comme 1 à 2 ; ainsi l’espace que le mobile pourroit parcourir uniformément avec la vitesse BC dans la moitié du tems AB, est égal à l’espace qu’il parcourt avec une accélération uniforme, après être tombé du repos & dans le tems total AB.

15°. Si un corps se meut d’un mouvement uniformément retardé, il ne parcourra en remontant que la moitié de l’espace qu’il auroit parcouru s’il s’étoit mu uniformément avec la même vitesse initiale, car supposons le tems donné divisé en un nombre quelconque de parties égales, & tirons les droites BC, SH, QI, PM qui représenteront les vitesses correspondantes aux parties de tems exprimées par O, BS, BQ, BP, BA ; de façon qu’abaissant les perpendiculaires HE, IF, MG, les droites CE, CF, CG, CB, soient comme les vitesses perdues dans les tems HE, FI, GM, AB, c’est-à-dire BS, BQ, BF, BA. Or puisque CE est à CF comme EH est à FI, & que CG est à CB comme GM est à BA, ABC sera donc par conséquent un triangle. Si donc BPp est un moment de tems infiniment petit, le mouvement sera uniforme, & par conséquent l’espace décrit par le mobile sera comme le petit espace BbcC, ou PpmM ; donc tout l’espace décrit par ce même mobile dans le tems AB, sera comme le triangle CBA ; or l’espace que le mobile auroit décrit uniformément avec la vitesse BC, est comme le rectangle ABCD : le premier est donc la moitié de l’autre.

16°. Les espaces décrits dans des tems égaux par un mouvement uniformément retardé, décroissent comme les nombres impairs : car que les parties égales BS, SQ, QP, PA, de l’axe du triangle soient comme les tems, & que les demi-ordonnées BC, SH, QI, PM, soient comme les vitesses au commencement de chaque tems, les trapeses BSHC, SQIH, QPMI, & le triangle PAM seront donc comme les espaces décrits en ces tems là ; soit maintenant , & que , SH sera donc=3, ,  ; BSHC sera  ; SqIH sera , , , & par conséquent les espaces décrits en tems égaux seront comme , , , , c’est-à-dire comme 7, 5, 3, 1.

Pour la cause de l’accélération du mouvement, voyez Gravité & Accélération.

Pour la cause de la retardation, voyez Résistance & Retardation.

Les lois de la communication du mouvement par le choc sont fort différentes, suivant que les corps sont ou élastiques ou non, & que la direction du choc est directe ou oblique, eu égard à la ligne qui joint le centre de gravité des deux corps.

Les corps qui reçoivent ou qui communiquent le mouvement, peuvent être ou entierement durs, c’est-à-dire incapables de compression, ou entierement mous, c’est-à-dire incapables de restitution après la compression de leurs parties ; ou enfin à ressort, c’est-à-dire capables de reprendre leur premiere forme après la compression. Ces derniers peuvent encore être à ressort parfait ; de sorte qu’après la compression, ils reprennent entierement leur figure ; ou à ressort imparfait, c’est-à-dire capables de la reprendre seulement en partie. Nous ne connoissons point de corps entierement durs ni entierement mous, ni à ressort parfait ; car comme dit M. de Fontenelle, la nature ne souffre point de précision.

Lorsqu’un corps en mouvement rencontre un obstacle, il fait effort pour déranger cet obstacle : si cet effort est détruit par une résistance invincible, la force de ce corps est une force morte, c’est-à-dire qu’elle ne produit aucun effet, mais qu’elle tend seulement à en produire un. Si la résistance n’est pas invincible, la force est alors une force vive, car elle produit un effet réel, & cet effet est ce qu’on appelle force vive dans les corps. Sa quantité se connoît par la grandeur & le nombre des obstacles que le corps en mouvement peut déranger en épuisant sa force. Voyez Force.

Voici à quoi peut se réduire tout ce qui a rapport au choc des corps non élastiques, lorsque le coup ou le choc est direct.

17°. Un mobile qui en frappe un en repos lui communiquera une portion de mouvement telle qu’après le choc ils aillent tous deux de compagnie, & dans la direction du premier, & que le moment ou la quantité de mouvement des deux corps après le choc, se trouve être la même que le premier d’entr’eux avoit seul avant le choc.

Car c’est l’action du premier de ces corps qui donne à l’autre tout le mouvement que celui-ci prend à l’occasion du choc, & c’est la réaction du dernier qui enleve au premier une partie de son mouvement ; or comme l’action & la réaction doivent être toujours égales, le moment acquis par l’un doit être précisément égal au moment perdu par l’autre ; de façon que le choc n’augmente ni ne diminue le moment des deux corps pris ensemble.

Il s’ensuit de-là que la vitesse après le choc, laquelle est comme on vient de le remarquer, la même dans les deux corps, se trouve en multipliant la masse du premier corps par la vitesse avant le choc, & divisant ensuite le produit par la somme des masses : on peut conclure encore de-là, que si un corps en mouvement en choque un autre qui se meuve dans la même direction, mais plus lentement, ils continueront tous deux après le choc à se mouvoir dans la même direction, mais avec une vitesse différente de celle qu’ils avoient, & qui sera la même pour les deux, & les momens ou les sommes des mouvemens resteront les mêmes après le choc qu’avant le choc.

Si deux corps égaux se meuvent l’un contre l’autre avec des vitesses égales, ils resteront tous deux en repos après le choc. Voyez les articles Communication & Percussion.

Mouvement simple est celui-qui est produit par une seule force ou puissance.

Mouvement composé est celui qui est produit par plusieurs forces ou puissances qui conspirent à un même effet. Voyez Composition.

Les forces ou puissances sont dites conspirer, lorsque la direction de l’une n’est pas absolument opposée à celle de l’autre ; comme lorsqu’on imagine que le rayon d’un cercle tourne autour de son centre, & que l’un des points du rayon est en même tems poussé le long de ce même rayon.

Tout mouvement curviligne est composé, comme réciproquement tout mouvement simple est rectiligne.

18°. Si un mobile A (fig. 26.) est poussé par une double puissance, l’une suivant la direction AB, l’autre suivant la direction AC, il décrira en vertu du mouvement composé de ces deux-là, la diagonale d’un parallélogramme AD, dont il auroit décrit les côtés AB ou AC, s’il n’avoit été animé que de l’une des deux forces, & dans le même tems qu’il auroit employé en ce cas à parcourir ces deux côtés.

Car si le corps A n’étoit poussé que par la force imprimée suivant AB, il se trouveroit dans le premier instant dans quelques points de la droite AB comme en H, & par conséquent dans la ligne HL parallele à AC ; & s’il n’étoit animé que de la seule force qui lui est imprimée selon AC, il se trouveroit au même instant dans quelque point de la ligne AC comme en I, lequel point I est tel que AI est à AH comme AB est à AC ; c’est ce qu’on peut déduire aisément des lois du mouvement uniforme exposées ci-dessus : & par conséquent le corps se trouveroit dans la ligne IL parallele à AE. Mais puisque les directions des puissances ne sont point opposées l’une à l’autre, nulle d’elles ne sauroit empêcher l’effet de l’autre, & par conséquent le corps arrivera dans le même instant de tems dans HL & dans IL. Il faudra donc qu’il se trouve à la fin de ce tems au point L, où ces deux droites se rencontrent. On verra de même que si on tire KM & MG paralleles à AB & AC, le corps se trouvera à la fin dans un autre instant en M, & enfin au bout du tems total en D. C. Q. F. D.

Donc puisqu’on peut construire un parallélogramme ABCD autour de toute droite AD, en faisant deux triangles égaux & opposés sur cette droite AD prise pour base commune, il s’ensuit de-là que tout mouvement rectiligne peut toujours s’il en est besoin, être considéré comme composé de deux autres.

Mais comme dans cette formation d’un parallélogramme autour de la droite AD, la proportion des côtés ACAD peut varier & être prise à volonté, de même aussi le mouvement selon AD peut être composé d’une infinité de manieres différentes, & ainsi un même mouvement rectiligne peut être composé d’une infinité de divers mouvemens simples, & par conséquent peut être décomposé suivant le besoin d’une infinité de manieres.

De-là il s’ensuit encore que si un mobile est tiré par trois puissances différentes, dont deux soient équivalentes à la troisieme, & cela suivant les directions BA, AC, AD (fig. 33.), ces puissances seront les unes aux autres en raison des droites BD, DA, DC, paralleles à leurs directions, c’est à dire en raison inverse des sinus des angles renfermés par les lignes de leur direction & la ligne de direction de la troisieme : car DB est à AD comme le sinus de l’angle BAD aux sinus de l’angle ABD.

19°. Dans le mouvement composé uniforme, la vitesse produite par les mouvemens qui conspirent est à la vitesse de chacun des deux pris séparément, comme la diagonale AD (fig. 26.), du parallélogramme ABCD, suivant les côtés desquels ils agissent, est à chacun de ces côtés AB ou AC.

Car en même tems que l’une des puissances emporteroit le mobile dans le côté AB du parallélograme, & l’autre dans le côté AC, elles l’emportent à elles deux lorsqu’elles le réunissent le long de la diagonale AD ; la diagonale AD est donc l’espace décrit par les forces conspirantes dans le même tems. Mais dans le mouvement uniforme, les vitesses sont comme les espaces parcourus dans un tems donné ; donc la vitesse provenant des forces conspirantes, est à la vitesse de chacune des forces en particulier comme AD à AB, ou à AC.

Ainsi les forces conspirantes étant données, c’est-à-dire la raison des vitesses étant donnée par les droites AB, AC données de grandeur, & la direction de ces forces étant donnée de position par ces lignes ou par l’angle qu’elles doivent faire, la vitesse & la direction du mouvement oblique sera aussi donnée, parce que la diagonale est alors donnée de grandeur & de position.

Néanmoins le mouvement oblique étant donné, les mouvemens simples ne le sont pas par-là réciproquement, parce qu’un même mouvement oblique peut être composé de plusieurs différens mouvemens simples.

20°. Dans les mouvemens composés produits par les mêmes forces, la vitesse est d’autant plus grande, que l’angle de direction est moindre, & elle est d’autant moindre qu’il est plus grand.

Car soit BAC le plus grand angle de direction (fig. 34.), & FAC le moindre, puisque les forces sont supposées les mêmes dans les deux cas, AC sera commun aux deux parallelogrames AFCE & BACD, & outre cela AB sera = AF : or il est évident que la diagonale AD appartient au cas du plus grand angle, & que la diagonale AE appartient au cas du plus petit, & qu’enfin ces diagonales sont décrites dans un même tems, parce que AB = AF : les vitesses sont donc entr’elles comme AD est à AE, c’est pourquoi AD étant moindre que AE, la vitesse dans le cas du plus grand angle est moindre que dans le cas du plus petit.

Ainsi la vitesse des forces conspirantes & l’angle de leur direction dans un cas particulier étant donnés, on peut dèslors déterminer la vitesse du mouvement composé, & par conséquent les rapports des vitesses produites par les mêmes forces sous différens angles de direction.

Donc 1°. si les forces composantes agissent dans la même direction, le mobile se meut plus vite ; mais la direction de son mouvement n’étant point changée, ce corps se meut d’un mouvement simple. 2°. Si ces deux forces sont égales & opposées l’une à l’autre, elles se détruisent mutuellement ; alors le corps ne sort point de sa place, & il n’y a aucun mouvement produit. 3°. Si les forces opposées sont inégales, elles ne se détruisent qu’en partie, & le mouvement qui en résulte est l’effet de la différence de ces deux forces, c’est-à-dire de l’excès de la plus grande sur la plus petite. 4°. Si ces deux forces font angle l’une avec l’autre, elles retarderont ou accéléreront le mouvement l’une de l’autre, selon que l’obliquité des lignes qui les représentent sera dirigée.

On voit aussi que l’on peut également considérer toutes les forces comme étant réunies dans une force qui les représente, ou cette force unique, comme étant divisée dans celles qui la composent. Cette méthode est d’un grand usage & d’une grande utilité dans les méchaniques, pour découvrir la quantité de l’action des corps qui agissent obliquement les uns sur les autres.

Par ce même principe on connoît le chemin d’un corps qui obéit a un nombre quelconque de forces qui agissent sur lui à la fois ; car lorsqu’on a déterminé le chemin que deux de ces forces font parcourir au mobile, ce chemin devient le côté d’un nouveau triangle, dont la ligne qui représente la troisieme force, devient le second côté, & le chemin du mobile la base. En procédant ainsi jusqu’à la derniere force, on connoîtra le chemin du mobile par l’action réunie de toutes les forces qui agissent sur lui.

Un corps peut éprouver plusieurs mouvemens à la fois, par exemple un corps que l’on jette horisontalement dans un bateau éprouve le mouvement de projectile qu’on lui communique, & celui que la pesanteur lui imprime à tout moment vers la terre ; il participe outre cela au mouvement du vaisseau dans lequel il est. La riviere sur laquelle est ce vaisseau s’écoule sans cesse, & ce corps participe à ce mouvement. La terre sur laquelle coule cette riviere tourne sur son axe en vingt-quatre heures : voilà encore un mouvement nouveau que le corps partage. Enfin la terre a encore son mouvement annuel autour du soleil, la révolution de ses poles, le balancement de son équateur, &c. & le corps que nous considérons participe à tous ces mouvemens ; néanmoins il n’y a que les deux premiers qui lui appartiennent, par rapport à ceux qui sont transportés avec le corps dans ce bateau ; car tous les corps qui ont un mouvement commun avec nous, sont comme en repos par rapport à nous.

La ligne courbe désigne toujours un mouvement composé. Décrire une ligne courbe, c’est changer à tout moment de direction. Si deux forces qui poussent un corps sont inégalement accélérées, ou bien si l’une est accélérée tandis que l’autre est uniforme, la ligne décrite par le corps en mouvement ne sera plus une ligne droite, mais une ligne courbe, dont la courbure est différente, selon la combinaison des inégalités des forces qui la font décrire ; car ce corps obéira à chacune des forces qui le poussent selon la quantité de leur action sur lui. Ainsi par exemple, s’il y a une des forces qui renouvelle son action à chaque instant, tandis que l’action de l’autre force reste la même, le chemin du mobile sera changé à tout moment ; & c’est de cette façon que tous les corps que l’on jette obliquement retombent vers la terre.

Le mouvement instantané d’un corps est toujours en ligne droite : la petitesse des droites que ce mobile parcourt à chaque instant nous empêche de les distinguer chacune en particulier, & tout cet assemblage de lignes droites infiniment petites, & inclinées les unes aux autres, nous paroît une seule ligne courbe. Mais chacune de ces petites droites représente la direction du mouvement à chaque instant infiniment petit, & elle est la diagonale d’un parallélogramme formé sur la direction des forces actuelles qui agissent sur ce corps. Ainsi le mouvement est toujours en ligne droite à chaque instant infiniment petit, de même qu’il est toujours uniforme.

Il y a un mouvement dans lequel les parties changent de place, quoique le tout n’en change point. C’est le mouvement relatif d’un corps qui tourne sur lui-même, comme la terre, par exemple, dans son mouvement journalier. Ce sont alors les parties de ce corps qui tendent à décrire les droites infiniment petites, dont nous venons de parler. Il y auroit encore bien des observations à faire sur ce vaste sujet, mais cet ouvrage n’est pas susceptible de détails plus amples. On peut lire les chapitres xj. & sij. des Institutions physiques de madame du Châtelet, dont nous avons extrait une partie de cet article ; la Physique de M. Muschembrock ; l’essai de M. de Crousaz sur le mouvement, qui fut couronné par l’académie des Sciences, & plusieurs autres ouvrages.

Sur les lois particulieres du mouvement qui est produit par la collision des corps élastiques ou non élastiques, soit que leurs directions soient perpendiculaires, soit qu’elles soient obliques. Voyez Percussion.

Sur les mouvemens circulaires & les lois des projectiles, voyez Force centrale & Projectile.

Sur les mouvemens des pendules & leur oscillation, voyez Pendule & Oscillation.

Le célebre problème du mouvement perpétuel consiste à imaginer une machine qui renferme en elle-même le principe de son mouvement. M. de la Hire en soutient l’impossibilité, & dit que ce problème revient à celui-ci, trouver un corps qui soit en même tems plus pesant & plus leger, ou bien un corps qui soit plus pesant que lui-même. Voyez Machine & Perpètuel.

Mouvement intestin marque une agitation intérieure des parties dont un corps est composé. Voyez Fermentation, Effervescence, &c.

Quelques philosophes pensent que toutes les particules des fluides sont dans un mouvement continuel, & cette propriété est contenue dans la définition même que plusieurs d’entr’eux donnent de la fluidité (voyez Fluidité) ; & quant aux solides, ils jugent que leurs parties sont aussi en mouvement par les émissions qui sortent continuellement de leurs pores. Voyez Emission.

Suivant cette idée le mouvement intestin ne seroit autre chose qu’un mouvement des plus petites parties intestines de la matiere, excitées continuellement par quelque agent extérieur & caché, qui de lui-même seroit insensible, mais qui se découvriroit néanmoins par ses effets, & que la nature auroit destiné à être le grand instrument des changemens des corps.

Mouvement en Astronomie se dit particulierement du cours régulier des corps célestes. Voyez Soleil, Planete, Comete, &c.

Le mouvement de la terre d’occident en orient est une chose dont les Astronomes conviennent aujourd’hui généralement. Voyez Terre & Copernic.

Les mouvemens des corps célestes sont de deux especes, le diurne ou commun, le secondaire ou propre.

Le mouvement diurne, ou principal, c’est celui par lequel tous les corps célestes paroissent tourner chaque jour au-tour de la terre d’orient en occident. Voyez Diurne & Étoile.

Les divers phénomenes qui résultent de ce mouvement font l’objet principal de l’Astronomie.

Mouvement secondaire ou propre est celui par lequel une planete avance chaque jour d’occident en orient d’une certaine quantité. Voyez Planete. Voyez aussi les différens mouvemens de chaque planete, avec leurs irrégularités, aux articles Terre, Lune, Étoile, &c.

Mouvement angulaire, voyez Angulaire. (O)

Mouvement de l’apogée, dans le système de Ptolomée, est un arc du zodiaque du premier mobile, compris entre la ligne de l’apogée & le commencement du bélier.

Dans la nouvelle Astronomie, le mouvement de l’apogée de la lune est la quantité ou l’arc de l’écliptique, dont l’apogée de la lune avance à chaque révolution. Ce mouvement est d’environ 3°. 3′. desorte que la révolution totale de l’apogée se fait à-peu-près en neuf ans. Voyez Lune & Apogée. (O)

Mouvement animal, c’est celui qui change la situation, la figure, la grandeur des parties des membres des animaux. Sous ces mouvemens sont comprises toutes les fonctions animales, comme la respiration, la circulation du sang, l’excrétion, l’action de marcher, &c. Voyez Fonction.

Les mouvemens animaux se divisent d’ordinaire en deux especes, en spontanés & naturels.

Les spontanés ou musculaires sont ceux qui s’exécutent par le moyen des muscles & au gré de la volonté, ce qui les fait appeller volontaires. Voyez Mouvement musculaire.

Le mouvement naturel ou involontaire est celui auquel la volonté n’a pas de part, & qui s’exécute par le pur-méchanisme des parties, tels sont le mouvement du cœur, des arteres, le mouvement péristaltique des intéstins. Voyez Cœur & Péristaltique, &c.

Mouvement, (Méd. Diete.) se dit de l’action du corps, ou de l’exercice qui est nécessaire pour la conservation de la santé, & dont le défaut comme l’excès lui sont extrèmement préjudiciables.

C’est, en ce sens, une des choses de la vie qu’on appelle non-naturelles, qui influe le plus sur l’économie animale par ses bons ou par ses mauvais effets. Voyez Exercice, Hygieine, Non-naturelles (choses), Régime .

Mouvement, se dit dans l’Art militaire des évolutions, des marches, & des différentes manœuvres des troupes, soit pour s’approcher ou s’éloigner de l’ennemi, soit pour faire ou pour changer quelques dispositions particulieres dans l’ordre de bataille.

La science du mouvement des troupes est une des principales parties de celle du général. Celui qui la possede supérieurement, peut souvent vaincre son ennemi sans combat. Aussi les mouvemens savans & judicieux qu’un général fait exécuter à son armée, sont-ils des marques plus certaines de son intelligence & de son génie, que le succès d’une bataille où le hasard a quelquefois plus de part que l’habileté du commandant.

C’est par des mouvemens de cette espece que César sut réduire, en Espagne, Afranius sans combat ; que M. de Turenne étoit au moment de triompher de Montecuculi lorsqu’il fut tué ; & que M. le maréchal de Crequi trouva le moyen, en 1677, d’empêcher le duc de Lorraine, qui avoit une armée supérieure, de rien entreprendre contre lui.

Dans les différens mouvemens que l’on fait exécuter aux troupes deux choses méritent beaucoup d’attention ; la simplicité & la vivacité de ces mouvemens. Il est dangereux d’en faire devant l’ennemi, qui dérangent l’ordre de bataille, lorsqu’il est à portée de tomber sur les troupes qui les exécutent ; mais le danger disparoît lorsqu’on est assuré qu’il est trop éloigné pour pouvoir en profiter : le tems, pour cet effet, doit être apprécié avec la plus grande justesse. C’est par des mouvemens bien exactement combinés qu’on peut surprendre l’ennemi, lui cacher ses desseins, & l’obliger souvent de quitter un poste avantageux où il seroit très-difficile de le combattre & de le vaincre. Mais pour qu’ils puissent répondre aux yûes du général, il faut que les troupes y soient parfaitement exercées, ensorte qu’elles soient en état de les exécuter sans confusion & avec beaucoup de vîtesse ou de célérité.

Un général habile compasse avec soin tous ses différens mouvemens. Il n’en fait aucun qui n’ait un objet d’utilité, soit pour arrêter les démarches de l’ennemi, ou pour cacher le véritable objet qu’il se propose. Les mouvemens en-avant, ou pour s’approcher de l’ennemi, ne doivent se faire qu’avec beaucoup de circonspection. On ne doit s’avancer qu’autant qu’on a fait toutes les dispositions nécessaires pour n’être point obligé à rétrograder ; démarche qui décourage toûjours le soldat, & qui donne de la confiance à l’ennemi. Il est un cas particulier où le mouvement rétrogradé, loin d’avoir aucun inconvénient, peut être très-avantageux. C’est lorsqu’on l’emploie pour attirer l’ennemi au combat au moyen d’une retraite simulée ; alors, s’il se met à la poursuite de l’armée & qu’il abandonne ses postes, on se met aussi en bataille en état de le recevoir ; on lui fait perdre ainsi l’avantage du lieu où il auroit été difficile de l’attaquer.

Mouvement, s. m. en Musique, est le degré de vîtesse ou de lenteur qu’on donne à la mesure selon le caractere de l’air. Le mouvement s’exprime ordinairement par les mots gai, vîte, grave, lent, &c. ou par les mots italiens allegro, presto, grave, adagio, &c. qui leur correspondent. Voyez tous ces mots.

Mouvement, est encore la marche ou le progrès des sons de chaque partie du grave à l’aigu, ou de l’aigu au grave. Ainsi quand on dit qu’il faut autant qu’on peut faire marcher la basse & le dessus par mouvement contraire, cela signifie que l’une de ces parties doit monter tandis que l’autre descend. Mouvement semblable, c’est quand les deux parties montent ou descendent à-la-fois. Quelques-uns ont encore appellé mouvement oblique, celui où l’une des parties reste en place, tandis que l’autre monte ou descend. (S)

Mouvement, (Hydr.) dans une machine, est ce qui la met en branle ; une manivelle fait monter les tringles des corps de pompe ; les aîles d’un moulin le font tourner ; le balancier fait aller une pompe à bras. (K)

Mouvement, terme de Manége. Cheval qui a un beau mouvement. Cette expression désigne particulierement la liberté du mouvement des jambes de devant, lorsqu’en maniant il les plie bien. On se sert du même terme pour désigner la liberté de l’action de la main en-avant, lorsque le cheval, trotant par le droit, se soutient le corps droit & la tête haute, & qu’il plie les jambes de devant.

Mouvement de registres des clavecins, sont de petites bascules de fer ou de cuivre, attachées par leur partie du milieu par le moyen d’une cheville. A l’une de leurs extrémités, est une pointe ou crochet qui prend dans le registre ; de l’autre côté, est une petite poignée, par le moyen de laquelle on fait mouvoir le registre, en poussant dans un sens opposé à celui selon lequel on veut faire mouvoir le registre. Voyez l’article Clavecin, & la figure de cet instrument, Pl. XIV. de Lutherie.

Mouvemens de l’Orgue, sont les pieces par le moyen desquelles on ouvre & on ferme les registres. Un mouvement est composé d’un rouleau vertical BQ, Planche d’Org. fig. premiere. Ces rouleaux sont faits de bois de chene & a huit pans d’un pouce & demi ou environ de diametre. On met à chaque bout du rouleau une pointe de gros fil de fer pour servir de pivots. Ces pivots entrent dans deux sablieres ou pieces de bois Pp, Qq, qui traversent le fust d’orgue, & qui entrent à queue d’aronde dans des tasseaux disposés pour cet effet aux faces intérieures du fust d’orgue, qui est la menuiserie ou carcasse de l’orgue. Chaque rouleau a deux pattes de fer R, T, qui sont applaties & percées de plusieurs trous. Ces pattes qui ont un demi-pié ou environ de long sont rivées, après avoir traversé le rouleau que l’on perce avant de faire entrer la patte qui feroit fendre le rouleau sans cette précaution. Le plat de la patte inférieure R est tourné horisontalement, & la longueur de cette patte est parallele à la face du fust d’orgue ; l’extrémité de cette patte R doit répondre vis-à-vis & au même niveau que le trou par où passe le bâton quarré SR d’un pouce d’équarrissage. Ce bâton quarré est fendu en fourchette pour recevoir la patte R qui est arrêtée dans cette fourchette par une pioche de fil de fer, qui traverse le bâton quarré & la patte qui peut se mouvoir horisontalement dans cette fourchette ; à l’autre extrémité du bâton quarré qui sort du fust d’orgue auprès du clavier, est un trou percé selon l’axe du bâton. Ce trou reçoit la pomelle S faite au tour, qui est de buis, ou d’ébene, ou d’ivoire. Vers le haut du rouleau, est une autre patte T rivée comme la premiere ; la longueur de cette patte est perpendiculaire à la face du fust d’orgue, ensorte que les directions de ces deux pattes R, T font un angle droit. Cette patte T entre par sa palette qui est horisontale dans la fourchette du bâton quarré TV, & y est arrêtée par une cheville ou une pioche. L’autre extrémité de ce bâton quarré qui est fendu en fourchette verticalement, reçoit l’extrémité inférieure de la bascule uV qui y est retenue par une cheville ; la bascule Vu traverse-une piece de bois vr le long de laquelle regne une gravure rv, dans laquelle entrent les chevilles de fer sur lesquelles les bascules se meuvent ; l’extrémité u des bascules entre dans les trous qui sont aux épaulemens des registres. Voyez Registre.

Il suit de cette construction que si l’organiste tire le bâton quarré SR par la pomelle S que la patte R fera tourner le rouleau, le rouleau fera tourner la patte T qui tirera le bâton TV, le bâton tirera l’extrémité V de la bascule de fer Vu, dont l’extrémité u, à cause que c’est une bascule, s’éloignera du sommier, en tirant avec elle le registre dont la marche sera limitée par l’épaulement opposé. Lorsque l’organiste repoussera le bâton quarré SR, il fera tourner le rouleau en sens contraire ; & par conséquent le bâton quarré TV repoussera l’extrémité V de la bascule Vu, dont l’extrémité supérieure u repoussera le registre, jusqu’à ce que l’épaulement de ce côté porte contre le sommier. Chaque jeu de l’orgue a ce mouvement particulier, qui est en tout semblable à celui que l’on vient de décrire ; ainsi il suffit d’en entendre un seul pour être au fait de tous les autres. Les mouvemens des jeux du positif, lorsque les bâtons quarrés des pomelles sortent du grand orgue, sont composé, de deux rouleaux verticaux ; celui qui communique au bâton quarré de la pomelle est dans le grand orgue, & descend dans le pié où il communique par une patte à un bâton quarré qui passe sous le clavier de pédale, le siege de l’organiste, & va joindre une patte du rouleau qui est dans le positif : ce rouleau tire le registre par son autre patte.

Mouvement du coup de pié, dans la Danse, c’est celui qui consiste dans l’élévation & l’abaissement de la pointe du pié. De tous les mouvemens c’est le plus nécessaire, parce qu’il soutient le corps entier dans son équilibre. Si vous sautez, le coup de pié par sa force vous releve avec vivacité, & vous fait retomber sur les pointes : si vous dansez, il perfectionne le pas en le faisant couler avec légéreté.

Mouvement du genou, (Danse.) Ce mouvement ne differe de celui du coup de pié, qu’en ce qu’il n’est parfait qu’autant que la jambe est étendue & la pointe basse. Il est inséparable du mouvement du coup de pié.

Mouvement de la hanche, (Danse) est un mouvement qui conduit celui du coup de pié & du genou. Il est impossible que les genoux & les piés se meuvent, si les hanches ne se tournent les premieres. Il y a des pas où la hanche seule agit, comme dans les entrechats, les battemens terre à terre, &c.

Mouvement, terme d’Horlogerie, se dit en général de l’assemblage des parties qui composent une horloge, a l’exclusion de la boîte, du cadran, &c. mais il signifie plus particulierement parmi les Horlogers, cette partie qui sert à mesurer le tems.

Les Horlogers appellent mouvement en blanc celui d’une montre ou d’une pendule lorsqu’il n’est qu’ébauche ; dans ces sortes de mouvemens la fusée n’est point taillée, les pieces de laiton ne sont ni polies ni dorées, les engrenages, l’échappement & les pivots ne sont point finis. Voyez Montre, Pendule, Horloge, Échappement, Engrenage, Pivots, &c.

Mouvement, ou Émotion, en Rhétorique. Voyez Passion.

Mouvement, propre, (Jurispr.) On distingue les arrets rendus par le roi en son conseil, émanes de son propre mouvement, de ceux qui sont rendus sur la requête d’une partie. Les premiers ne sont pas susceptibles d’opposition. Le pape emploie quelquefois dans des bulles & brevets la clause motu proprio. Cette clause qui annonce un pouvoir absolu, est regardé en France comme contraire à nos libertés. On s’éleva contre cette clause en 1623 & en 1646. Le pape avoit aussi employé ces mots dans le bref du 12 Mars 1699, portant condamnation de 23 propositions tirées du livre de l’archevêque de Cambrai ; mais le parlement, en enregistrant ce bref, par arrêt du 14 Août suivant, mit que c’étoit sans approbation de cette clause du propre mouvement de sa sainteté. (A)

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Mouvement : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « mouvement » les plus populaires.

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Étymologie de « mouvement »

Étymologie de mouvement - Littré

Provenç. movemen ; catal. moviment ; espagn. movimiento ; ital. movimento ; du lat. movimentum, de movere, mouvoir.

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Étymologie de mouvement - Wiktionnaire

(XIVe siècle)[1] Du moyen français mouvement[1]. De l’ancien français movement (1190)[2], du latin movimentum (« mouvement »)[3] issu du verbe latin movere (« remuer »)[3].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « mouvement »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mouvement muvœmɑ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « mouvement »

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  • Initialement, je n’étais pas obsédé par le cheveu ; ce n’est qu’en travaillant dès mon plus jeune âge dans le salon de coiffure de ma tante que j’ai compris que par le cheveu, il était possible de rendre les gens heureux et c’est ce que je souhaitais avant tout. Je percevais qu’en touchant le cheveu, qui est une matière très intime, et tout en discutant avec le client, ma tante avait cette capacité de leur permettre de se sentir bien dans leur corps et dans leur tête, je voyais ainsi dans le coiffeur la figure du psychologue plus que celle du styliste. C’est par la suite que le cheveu est devenu une véritable obsession pour moi : il présente différentes textures et densités qui vont créer tel ou tel mouvements sur le corps. J’ai alors souhaité créer des vêtements et des costumes pour danseurs en cheveux. J’apprécie le fait qu’on remplace par exemple la douceur d’une fourrure par celle du cheveu pour lequel de surcroît aucun être vivant n’a été tué. J’ai toutefois bien conscience que le processus d’obtention de cheveux peut être dur : ils viennent souvent de femmes dans les temples en Inde, de femmes incarcérées ou de personnes décédées. Artistikrezo, Charlie Le Mindu : "Je demeure fasciné par le mouvement du cheveu et du corps en général" - Artistikrezo
  • Début juillet, des associations à l’origine de #StopHateForProfit, un mouvement de boycott publicitaire contre Facebook, et les dirigeants du réseau social se sont réunis en visioconférence pour essayer d’apaiser certaines tensions… en vain. Loin de s’essouffler, le mouvement est rejoint par de nouvelles entreprises, dont Walt Disney…   , ▷ Boycott publicitaire contre Facebook : Disney suit le mouvement
  • La danse, c’est de l’architecture en mouvement. De Jérôme Touzalin / Le Pommier
  • On est toujours prisonnier de son dernier mouvement d'enthousiasme. De Achille Chavée / Aphorisme
  • Tout mouvement de quelque nature qu'il soit est créateur. De Edgar Allan Poe
  • Le premier mouvement des uns est de consulter les livres ; le premier mouvement des autres est de regarder les choses. De Paul Valéry
  • Il faut créer l’action, parce que l’action crée le mouvement, et que le mouvement entraîne des individus. De Christian Le Guillochet
  • L’individualité s’exprime magnifiquement dans le mouvement. De Sylvain Tesson / Lire, 1er janvier 2015
  • Les antipathies sont un premier mouvement et une seconde vue. De Edmond et Jules de Goncourt / Idées et sensations
  • Le style a le mouvement et l’image. De Anatole France / Le Lys rouge
  • L'immobilité est le plus beau mouvement du soldat. De Caran d'Ache
  • Le but n'est rien, le mouvement est tout. De Anonyme
  • Notre vie n'est que mouvement. De Michel de Montaigne / Essais
  • Orgasme. Un mouvement collectif à deux. De Francesco Alberoni / Le Choc amoureux
  • Ne jamais confondre mouvement et action. De Ernest Hemingway
  • Le mouvement des marées et le mouvement des capitaux sont les deux mamelles du mouvement perpétuel. De Pierre Dac
  • Ingres aurait, dit-on, introduit l'ordre dans le repos ; moi, je voudrais, au-delà du pathos, introduire l'ordre dans le mouvement. Paul Klee, Journal, septembre 1914 Tagebuch
  • Baisers, baves d'amour, basses béatitudes, Ô mouvements marins des amants confondus […]. Paul Valéry, Album de vers anciens, Air de Sémiramis , Gallimard
  • Méfiez-vous du premier mouvement, il est toujours généreux. Charles Maurice de Talleyrand-Périgord,
  • Je me souviens du mot de monsieur de Talleyrand aux jeunes secrétaires d'ambassade : Méfiez-vous du premier mouvement, il est toujours généreux. Henri Beyle, dit Stendhal, Mémoires d'un touriste
  • M. de Montrond dit qu'il faut se garder des premiers mouvements parce qu'ils sont presque toujours honnêtes. Prosper Mérimée, Lettres, à Jenny Dacquin, décembre 1840
  • Le mouvement dort au milieu d'une roue qui tourne. Jean Cocteau, Poésie critique, Gallimard
  • La soumission implique la possibilité de l'arrogance et de la révolte : de la stabilité sort le mouvement. Roger Caillois, L'Homme et le sacré, Gallimard
  • Je hais le mouvement qui déplace les lignes […]. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, la Beauté

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Traductions du mot « mouvement »

Langue Traduction
Corse muvimentu
Basque mugimendu
Japonais 移動
Russe движение
Portugais movimento
Arabe حركة
Chinois 运动
Allemand bewegung
Italien movimento
Espagnol movimiento
Anglais movement
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Synonymes de « mouvement »

Source : synonymes de mouvement sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « mouvement »


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