Flatter : définition de flatter


Flatter : définition du Wiktionnaire

Verbe

flatter \fla.te\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se flatter)

  1. Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire, d’exploiter.
    • Et tous de le flatter, et de l’entourer d’une cour dont il ne peut être dupe, mais dont se gonfle sa vanité. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Les hommes aiment ordinairement ceux qui les flattent.
    • Elle aime à s’entendre flatter.
    • (Absolument) Il ne sait point flatter.
  2. Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts de quelqu’un, leur donner son approbation, des louanges.
    • Comment l’amant prime-t-il sur le mari? moins par la passion, le plus souvent, que par l’assiduité et la complaisance, en flattant la fantaisie. — (Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3e éd., Hachette & Paulin, 1845, p.83)
    • Cet orateur flattait les passions de la multitude.
    • Il flatte jusqu’aux caprices du prince.
    • Il flatte tous ses goûts.
  3. (Par analogie) Dépeindre, représenter une personne plus belle qu’elle n’est.
    • Le peintre l’a un peu flattée.
    • Portrait flatté, portrait où la personne est peinte en beau.
    • Flatter une personne, en faire de vive voix ou par écrit un portrait flatté, en dire plus de bien qu’elle ne mérite.
    • Vous nous l’avez représenté comme un homme de beaucoup d’esprit, ne l’avez-vous point flatté ?
    • Il a fait de ce ministre un portrait qui n’est point flatté.
  4. Caresser.
    • Les femmes « youyoutèrent » à gorge déployée, et nous échangeâmes congratulations et compliments, l’un flattant l’encolure du mulet, notre héros, l’autre exagérant les mérites du conducteur bédouin, […]. — (Évelyne Berriot-Salvadore, La Méditerranée et ses cultures, Éd. du Cerf,, 1992, p.184)
    • Une musique qui flatte l’oreille.
    • Un spectacle qui flatte les yeux.
  5. Entrer dans les vues, partager les sentiments de quelqu’un.
    • Flatter la peine, les ennuis, la douleur, le chagrin de quelqu’un.
    • Flatter les manies, la folie de quelqu’un.
    • Flatter quelqu’un de quelque chose, Lui faire espérer quelque chose, l’amuser de l’espérance de quelque chose.
    • Il y a longtemps qu’on le flatte de cette espérance.
  6. Causer un vif plaisir, une grande satisfaction.
    • Voilà qui est bien capable de flatter le cœur d’une mère.
    • Une telle préférence me flatte et m’honore.
    • Flatter l’orgueil, la vanité, l’ambition, les désirs, les espérances.
    • Ce petit succès a flatté son amour-propre.
    • Tout flatte vos désirs, votre ambition.
    • Voici un événement qui flatte mes espérances.
  7. (Pronominal) Avoir ou vouloir donner une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources, etc.
    • C’est un homme vain qui se flatte toujours.
    • Il est ridicule de se flatter.
    • Je ne me flatte point, je connais mes défauts.
    • Je puis dire, sans me flatter, que j’ai raison.
  8. (Pronominal) S’entretenir dans l’espérance, s’amuser de l’espérance de quelque chose, prétendre, espérer à tort ou à raison.
    • D’abord Mme Brochard fit quelque résistance. Elle s’était flattée qu’Hélène épouserait un avocat, ou un notaire, ou un officier de cavalerie, car son éducation avait été soignée par les demoiselles Hermeline qui tenaient une pension très bien. — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 23)
    • Chaque coup m’abrutissait davantage mais en même temps me raffermissait dans ma décision : ne pas céder à ces brutes qui se flattaient d’être les émules de la Gestapo. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Elle s’était flattée de réussir.
    • Il se flatte qu’on aura besoin de lui.
    • J’y parviendrai, je m’en flatte.
    • Il se flatte que vous approuverez sa conduite.
    • Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments.

Nom commun

flatter \flæ.tə(ɹ)\

  1. (Métallurgie) Type de marteau utilisé par les forgerons.

Verbe

flatter \flæ.tə(ɹ)\

  1. Embellir, rendre plus beau.
  2. Flatter, aduler, amadouer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Flatter : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FLATTER. v. tr.
Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire, d'exploiter. Ceux qui flattent les princes les corrompent. Les hommes aiment ordinairement ceux qui les flattent. Elle aime à s'entendre flatter. Absolument, Il ne sait point flatter. Flatter les passions, les caprices, les goûts de quelqu'un, Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts de quelqu'un, leur donner son approbation, des louanges. Cet orateur flattait les passions de la multitude. Il flatte jusqu'aux caprices du prince. Il flatte tous ses goûts. Par analogie, en termes de Peinture, Flatter une personne, La peindre, la représenter plus belle qu'elle n'est. Le peintre l'a un peu flattée. Par extension, Portrait flatté, Portrait où la personne est peinte en beau. Dans un sens plus général, Flatter une personne, En faire de vive voix ou par écrit un portrait flatté, en dire plus de bien qu'elle ne mérite. Vous nous l'avez représenté comme un homme de beaucoup d'esprit, ne l'avez-vous point flatté? Il a fait de ce ministre un portrait qui n'est point flatté. Il signifie aussi Caresser. Flatter un cheval de la main, avec la main. Flatter un chien. Par extension, Une musique qui flatte l'oreille. Un spectacle qui flatte les yeux. Il signifie encore Entrer dans les vues, partager les sentiments de quelqu'un. Flatter la peine, les ennuis, la douleur, le chagrin de quelqu'un. Flatter les manies, la folie de quelqu'un. Flatter quelqu'un de quelque chose, Lui faire espérer quelque chose, l'amuser de l'espérance de quelque chose. Il y a longtemps qu'on le flatte de cette espérance. Il signifie quelquefois Causer un vif plaisir, une grande satisfaction. Voilà qui est bien capable de flatter le cœur d'une mère. Une telle préférence me flatte et m'honore. On dit dans un sens analogue Flatter l'orgueil, la vanité, l'ambition, les désirs, les espérances. Ce petit succès a flatté son amour-propre. Tout flatte vos désirs, votre ambition. Voici un événement qui flatte mes espérances.

SE FLATTER signifie Avoir ou vouloir donner une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources, etc. C'est un homme vain qui se flatte toujours. Il est ridicule de se flatter. Je ne me flatte point, je connais mes défauts. Je puis dire, sans me flatter, que j'ai raison.

SE FLATTER DE, SE FLATTER QUE signifie S'entretenir dans l'espérance, s'amuser de l'espérance de quelque chose, prétendre, espérer à tort ou à raison. Elle s'était flattée de réussir. Il se flatte qu'on aura besoin de lui. J'y parviendrai, je m'en flatte. Il se flatte que vous approuverez sa conduite. Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments.

Flatter : définition du Littré (1872-1877)

FLATTER (fla-té) v. a.
  • 1Caresser par quelque attouchement (sens étymologique et primitif). Flatter un enfant. Flatter un cheval avec la main. Le chien flatte avec la queue. Puis, me flattant l'épaule, il me fit librement L'honneur que d'approuver mon petit jugement, Régnier, Sat. VIII. De la main qui le flatte, il se croit redouté, Voltaire, Alz. I, 1. Ce qui prouve que c'est le besoin qui le rendait souple et caressant [un chien métis de loup], c'est que dans d'autres circonstances il cherchait souvent à mordre la main qui le flattait, Buffon, Quadrup. t. XII, p. 237, dans POUGENS. Ton cou nerveux [d'un cheval] de sa main fut flatté ; Moins douce était la timide gazelle, Millevoye, Chants élégiaques, l'Arabe. Cymodocée flattait son vieux père de sa belle main, et, caressant sa barbe argentée…, Chateaubriand, Mart. I.

    Se flatter, flatter, caresser à soi-même. Thibouville à son tour parla, et en se flattant le menton de la main pour faire admirer sa turquoise, Marmontel, Mém. III.

    Par extension. Que cette parole m'est douce, et qu'elle flatte mes désirs ! Molière, Bourg. gent. III, 11. Lui parmi les transports, affable en son orgueil, à l'un tendait la main, flattait l'autre de l'œil, Racine, Athal. V, 1.

    Terme de manége. Flatter un cheval fougueux, céder à sa fantaisie, de manière à ralentir peu à peu ses mouvements.

    Flatter la corde d'un instrument de musique, la toucher doucement.

    Terme de jeu. Flatter le dé, jeter doucement les dés dans l'espoir illusoire de n'amener qu'un petit nombre de points.

    Fig. Flatter le dé, déguiser, adoucir quelque chose de fâcheux pour quelqu'un. Il ne faut pas flatter le dé, c'est-à-dire il faut parler franchement.

    Flatter le courant d'une rivière qu'on veut détourner d'un bord qu'elle menace, lui opposer non une digue qui résiste en face, mais une surface qui, ne faisant d'abord qu'un angle léger avec son courant, l'écarte peu à peu du bord.

    Flatter les vagues, opposer des digues à l'impétuosité des eaux en formant un talus sur lequel elles glissent sans briser.

  • 2Traiter avec trop de douceur et de ménagement. On ne guérit point les grands maux en les flattant, Dict. de l'Acad. Je ne cherche point à flatter mon mal, Rousseau, Hél. I, 1.

    Flatter une plaie, n'y appliquer que des remèdes trop doux.

  • 3Adoucir. Mais que je tâche en vain de flatter nos tourments, Corneille, Rodog. III, 5. Tant qu'un espoir de paix a pu flatter ma peine, Corneille, Hor. I, 1. Mais je n'en conçois rien qui flatte mon ennui, Corneille, ib. III, 2. Ne croyez pas que, pour consoler ou pour flatter votre douleur, je veuille exagérer la vertu de celle que vous pleurez, Fléchier, Mme de Montansier. Bérénice d'un mot flatterait mes douleurs, Racine, Bérén. III, 2. Mais toujours quelque espoir flattait mes déplaisirs, Racine, ib. I, 4.
  • 4Charmer, délecter, en parlant des sens. La musique flatte l'oreille. Le bon vin flatte le palais. Les biens qui flattent les sens, Bossuet, Hist. II, 6. Les plaisirs dont vous flattez les hommes, Fénelon, Tél. IX. Tout y flattait son goût, Hamilton, Gramm. 6. La terre des Gangarides produit tout ce qui peut flatter les désirs de l'homme, Voltaire, Princ. de Babyl. 3.
  • 5Causer une vive satisfaction. Une telle préférence me flatte. Cela doit bien flatter le cœur d'une mère.

    En un sens analogue. Les douceurs de l'amour, celles de la vengeance, N'ont point assez d'appas pour flatter ma raison, Corneille, Cinna, II, 3. Les Juifs pleins des biens qui flattaient leur cupidité, Pascal, Figuratifs, 27, édit. FAUGÈRE. Je me laisse flatter à cette aimable vérité, Sévigné, 128. Et Mathan par ce bruit qui flatte sa fureur [d'Athalie], Racine, Athal. III, 4. Quoi ! tu crois, cher Osmin, que ma gloire passée Flatte encor leur valeur et vit dans leur pensée ? Racine, Baj. I, 1. …Non, non, je le connais, mon désespoir le flatte, Racine, Andr. III, 1. L'amour avidement croit tout ce qui le flatte, Racine, Mithrid. III, 4. Le joug du devoir n'a rien qui flatte l'orgueil, Massillon, Carême, Culte. Il ne faut pas croire que les rois soient bien flattés de toutes les flatteries dont on les accable ; la plupart ne viennent pas jusqu'à eux, Voltaire, Dict. phil. Flatterie. Ces fables flattent la crédulité, mais malheureusement ce ne sont que des fables, Buffon, Ois. t. XIII, p. 263, dans POUGENS. Les réponses qu'elle y faisait, pleines d'esprit, de grâce et de délicatesse, flattaient son amour-propre [d'un homme] sans jamais flatter son amour, Marmontel, Mém. VIII.

  • 6Favoriser. Ceux que flatte la fortune. Le vent qui nous flattait nous laisse dans le port, Racine, Iphig. I, 1.
  • 7Donner des louanges vraies ou fausses dans le dessein de plaire, de séduire. Un chef de conjurés flatte la tyrannie ! Corneille, Cinna, II, 3. Flattez-les [les rois], payez-les d'agréables mensonges, La Fontaine, Fabl. VIII, 14. Plus on aime quelqu'un, moins il faut qu'on le flatte ; à ne rien pardonner le pur amour éclate, Molière, Misanth. II, 5. Je vous conjure de ne me point flatter du tout et de me dire nettement votre pensée, Molière, Mar. forcé, sc. 2. Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piége adroit…, Boileau, Art p. 1.

    Absolument. Il ne sut jamais flatter.

    Substantivement. Les muses hautaines et braves Tiennent le flatter odieux, Et, comme parentes des dieux, Ne parlent jamais en esclaves, Malherbe, IV, 5.

  • 8Excuser par une complaisance répréhensible. Flatter les défauts de quelqu'un. Je flattais ta manie afin de t'arracher Du honteux précipice où tu vas trébucher, Corneille, Poly. v, 2. J'étudiai leur cœur, je flattai leurs caprices, Racine, Ath. III, 3. Ils [les saints] nous ont appris par la vie pénitente qu'ils ont menée à ne pas flatter notre négligence, Fléchier, t. I, p. 29. J'ai compris que ce père aimait d'un amour raisonnable un de ses enfants qui a de la vertu, et qu'il ne flattait point l'autre dans ses déréglements, Fénelon, Tél. VI.
  • 9 Terme de peinture. Flatter une personne, la représenter plus belle qu'elle n'est. Vous avez un portrait de moi qui me flatte beaucoup, Sévigné, 133. L'estampe que nous en avons dans les hommes illustres de Perrault, le [la Fontaine] flatte un peu, D'Olivet, Hist. Acad. t. II, p. 332, dans POUGENS.

    Ce miroir flatte, il fait paraître les traits plus agréables.

    Par extension. Ta muse, en le flattant, réfléchit mon génie, Lamartine, Harm. Pièces diverses, A un poëte anglais qui avait traduit une harmonie.

    Il se dit d'un portrait fait de vive voix ou par écrit. Clitandre : Voilà, ma sœur, madame Dorothée, Dont mon père tantôt nous a dit tant de bien. - Angélique : Nul mérite, je crois, n'est comparable au sien ; Mon père ne l'a point flattée, Dancourt, Enfant de Paris, III, 13.

  • 10Tromper en déguisant la vérité d'une manière avantageuse pour celui à qui on s'adresse. Vous me flattez dans cette affaire-là. Pour ne vous point flatter, je n'en veux pas répondre, Corneille, Nicom. IV, 5. J'ai su qu'elle avait exigé du médecin et de nos tantes de me flatter sur son état, et de ne m'en laisser aucune inquiétude, Marmontel, Mém. II.

    Il se dit, en un sens analogue, des choses qui trompent, qui font illusion. Maurice à quelque espoir se laissant lors flatter, Corneille, Héracl. II, 6. Et mon cœur qui sans cesse en sa faveur me flatte, Corneille, ib. v, 2. Messieurs de cour, adieu ; Suivez jusques au bout une ombre qui vous flatte, La Fontaine, Fabl. VII, 12. Vain espeir qui me flatte ! Racine, Mithr. III, 4. … Je vois ce qui la flatte : Sa beauté la rassure, Racine, Andr. Il, 5.

  • 11Faire espérer. L'esprit de l'homme, étant si faible, si sujet à s'égarer, est en même temps si présomptueux, qu'il n'y a rien dont il ne se puisse croire capable, pourvu qu'il se trouve des gens qui l'en flattent, Nicole, Ess. mor. 1er traité, ch. 9. La distribution dont il flattait le peuple, Bossuet, Hist. I, 9. C'est toi qui me flattant d'une vengeance aisée…, Racine, Athal. v, 6. Ne m'as-tu pas flatté d'une fausse espérance ? Racine, Brit. III, 6. De quoi viens-tu flatter mon esprit désolé ? Racine, Phèdre, III, 1. Néoptolème l'avait flatté que, dès qu'il se montrerait, tous les Macédoniens du parti opposé se rangeraient sous ses drapeaux, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 81, dans POUGENS. On m'a flatté que vous pourriez venir dans nos retraites, Voltaire, Lett. Mlle Clairon, 7 août 1761.
  • 12Se flatter, v. réfl. Être trop prévenu à son avantage. La jeunesse se flatte et croit tout obtenir, La Fontaine, Fabl. XII, 5. Il ne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales, Bossuet, Reine d'Anglet. Un roi qui se flatte sur ses prétentions, Fénelon, Tél. XXIII.

    Tirer vanité. Se flatter de sa naissance, de ses talents. J'ai vu Éphraïm comme une autre Tyr, se flattant de sa force et de sa beauté, Sacy, Bible, Osée, IX, 13.

    Tirer contentement. …Je l'ai trop informé Qu'il peut bien se flatter du bonheur d'être aimé, Molière, D. Garcie, I, 1. Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix, Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix, Racine, Androm. I, 2. Je ne me flatte point d'une gloire insensée, Racine, Brit. II, 3. Ils se flattent tous deux du choix de votre mère, Racine, Brit. IV, 2.

  • 13Se donner l'un à l'autre des louanges excessives. Si les hommes ne se flattaient point les uns les autres, il n'y aurait point de société, Vauvenargues, Max.
  • 14S'entretenir d'une espérance. Il se flatte qu'on aura besoin de lui. Quoi ! voilà donc enfin de quoi vous vous flattez ! Corneille, Don Sanche, I, 1. Vous vous flattez peut-être, en votre vanité, D'aller comme un Horace à l'immortalité, Boileau, Sat. IX. S'est-il flatté de plaire et connaît-il l'amour ? Voltaire, Sémiram. II, 1. Je ne me flattais pas d'y rencontrer un port, Voltaire, Triumv. IV, 5. Puis-je encor me flatter de régner dans ton cœur ? Voltaire, Alz. III, 4. Mais ton orgueil ici se serait-il flatté D'effacer Orosmane en générosité ? Voltaire, Zaïre, I, 4.

    Absolument. Conserver des espérances au sujet d'un malade en danger. Ma mère eut alors un courage au-dessus du mien ; car elle ne se flattait plus, et moi je me flattais encore, Marmontel, Mém. II.

    Entretenir quelque sentiment qui plaît. Ne vous flattez point tant que de le présumer, Corneille, Nicom. v, 8. Je n'ose me flatter de cette pensée, Sévigné, 427. Toute autre raison n'est qu'un vain prétexte dont nous nous flattons, Bourdaloue, Avent, Nativ. de J. C. 247. Les papes se flattaient alors de donner l'empire d'Orient et d'Occident, Voltaire, Mœurs, 59.

  • 15Se persuader, aimer à croire. Il se flatte que vous approuverez sa conduite. Je me flatte, j'espère… Qu'on verra de David l'héritier détestable Abolir tes autels.. Racine, Athal. v, 6. J'ose me flatter Que le vengeur du trône a seul droit d'y monter, Voltaire, Mérope, I, 3. Je me flatte que cette lettre arrivera à bon port, Voltaire, Lett. d'Argental, 4 août 1775.

    Ce malade se flatte, il croit être moins mal qu'il n'est réellement.

    Il se dit aussi de ceux qui espèrent qu'un malade est moins mal qu'il n'est réellement. La veille, ma tante était extraordinairement mal… Mlle de la Trousse se flattait et croyait que c'était qu'elle avait besoin de nourriture, Sévigné, 151.

HISTORIQUE

XIIe s. Onc [je] ne la soi [sus] losengier ne flater, Couci, XII.

XIIIe s. Quant li moiens devient granz sires, Lor vient flaters et nait mesdires ; Qui plus en seit, plus a sa grace, Rutebeuf, 21.

XVIe s. Un adultere condamnera paillardise en general : cependant il se flattera en sa paillardise, Calvin, Instit. 201. Ce n'est pas raison que Dieu pardonne les pechez ausquels nous nous flattons, Calvin, ib. 475. Le dez ne ira point à soubhayct, quoy que on le flatte, Rabelais, Progn. Pant. 2. Nous ne prestons volontiers à la devotion que les choses qui flattent nos passions, Montaigne, II, 144. Un atheïste se flatte à ramener touts aucteurs à l'atheisme…, Montaigne, II, 150. Les bestes nous flattent, nous menacent et nous requierent, Montaigne, II, 157. Ou je me flatte, ou encores y a il en cet estat dequoy se soubtenir, Montaigne, III, 198. Je cherche à flatter [adoucir] la mort par ces frivoles circonstances, Montaigne, IV, 120. Chacun se flatte en son affection, Du Bellay, J. p. 490, dans LACURNE. Pour ne vous point flatter le dos, c'est trop longtemps temporiser, Contes de Cholières, f° 233, dans LACURNE. Qui flate, il grate, Cotgrave

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Flatter : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « flatter » les plus populaires.

✍️

Étymologie de « flatter »

Étymologie de flatter - Littré

Bourguign. flaittai ; provenç aflatar ; d'après Diez, du germanique : scandinave, flat, plat, uni ; anc. h. allem. flaz ; de sorte que flatter serait proprement rendre uni, comme quand on passe la main. Ainsi la série des sens est : caresser avec la main, adoucir, charmer, délecter, aduler. Le germanique flat correspond au grec πλατὺς, large, au sanscrit prĭthu, étendu.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de flatter - Wiktionnaire

(Nom commun) De l’ancien français flateur.
(Verbe) De l’ancien français flater[1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de flatter - Wiktionnaire

De l’ancien français flater → voir flat.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « flatter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
flatter flɛtœr play_arrow

Conjugaison du verbe « flatter »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe flatter

Évolution historique de l’usage du mot « flatter »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « flatter »

  • Autour de Callie, jeune rebelle qui est mise dans le secret du travail de son père, mais ne le devrait pas, gravite également son frère (Adain Bradley), qui suit aveuglément son père en quête d’une approbation qu’il n’obtiendra jamais. C’est tout ce qui le définit, et rien n’est fait ou presque pour que l’on puisse au moins développer une once de sympathie pour ce qui le ronge clairement de l’intérieur et l’empêche de s’émanciper. Nous sommes ainsi au niveau d’un endoctrinement qui est par ailleurs évoqué pour les gens du bunker qui vouent un culte à Bill, mais dont la dimension n’est pas visible. Reste la mère de la famille (Crystal Balint) qui semble être plus modérée, mais n’a aucun pouvoir ou contrôle et tente juste de maintenir un équilibre en vain entre sa fille et son père, deux personnalités opposées incapables de négocier quoi que ce soit. Callie ne pense jamais à flatter l’égo de son père et Bill est trop imbu de sa personne pour penser nécessaire de garder sa propre fille sous contrôle. Critictoo (Séries), The 100 Saison 7 Episode 8 : Anaconda, le backdoor pilote - Critictoo Séries TV
  • Poutine, bien sûr, n’est donc pas du tout Pinochet, même si une telle comparaison peut le flatter. Pressenza, Poutine et Pinochet
  • on nous interdit certains lieux de baignades à l'écart de tous, mais on se tape la bise pour flatter son ego midilibre.fr, Le bâtonnier de Montpellier positif au Covid-19, le maire Michaël Delafosse testé en urgence - midilibre.fr
  • ➤ On peut légitimement se demander s'il ne s'agit pas de flatter les troupes avant une nouvelle vague de répression pour matter les mobilisations, qui arriveront nécessairement lorsque le gouvernement relancera la réforme des retraites, entre autres attaques sociales. Club de Mediapart, Jean Castex - Allégance à la police du 93 | Le Club de Mediapart
  • Sophie Vénétitay : Pas tant que ça. C'est la confirmation que, vraisemblablement, le président de la République a bien peu d'estime pour les personnels de l'Éducation nationale. On sort d'une année extrêmement difficile, marquée par plein de paroles un peu méprisantes, d'atermoiements sur le confinement et le déconfinement, et finalement, confirmer Jean-Michel Blanquer, avec même des compétences élargies puisqu'il récupère le sport, c'est davantage un acte électoral visant peut-être à flatter sa base électorale. Et c'est peut-être aussi une façon de faire une croix sur le vote enseignant en vue de 2022. Franceinfo, Jean-Michel Blanquer reconduit : Emmanuel Macron fait "une croix sur le vote enseignant en vue de 2022", estime la secrétaire générale adjointe du Snes-FSU
  • En politique, on ne flétrit le mensonge d'hier que pour flatter le mensonge d'aujourd'hui. De Jean Rostand / Pensées d’un biologiste
  • Le meilleur médecin est celui qui, connaissant nos passions, sait les flatter quand il ne peut les guérir. De Jean-Baptiste Louvet de Couvray / Le Chevalier de Faublas
  • Trop d'instruction équivaut à une incapacité totale à flatter la vanité des autres. De Jane Austen / Northanger Abbey
  • Mieux vaut louer les vertus d'un ennemi que flatter les vices d'un ami. De Proverbe anglais
  • Prier Dieu c'est se flatter qu'avec des paroles, on changera toute la nature. De Voltaire / Le Sottisier
  • Qu'aisément un esprit qui se laisse flatter s'imagine un bonheur qu'il pense mériter ! De Pierre Corneille / La suivante
  • Mieux vaut être méprisé et le savoir qu’être méprisé et s’entendre flatter. De William Shakespeare / Le roi Lear
  • On croit quelquefois haïr la flatterie, mais on ne hait que la manière de flatter. De François de La Rochefoucauld / Maximes
  • Outrager est d'un fou, flatter est d'un esclave. De Cardinal de Bernis / Epîtres
  • Dire du mal des autres est une façon malhonnête de se flatter. De Oscar Wilde
  • Sans liberté de flatter, il n’est pas d’éloge blâmeur. De Michel Chrestien
  • La première probité est de ne point flatter. De Pierre de La Gorce / Réception à l’Académie Française - 25 Janvier 1917
  • Il faut flatter la vache avant de la traire. De Proverbe arabe
  • Qui sait flatter sait aussi calomnier. De Napoléon Bonaparte
  • L'être humain a besoin d'être flatté, sinon il ne devient pas ce qu'il est destiné à devenir, pas même à ses propres yeux. Pär Lagerkvist, Le Nain
  • Aimons la vérité qui nous reprend, et défions-nous de celle qui nous flatte. Louis Bourdaloue, Sermon sur l'amour et la crainte de la vérité

Images d'illustration du mot « flatter »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « flatter »

Langue Traduction
Corse più flattu
Basque flatter
Japonais お世辞
Russe льстить
Portugais bajular
Arabe أكثر تسطحا
Chinois 奉承
Allemand schmeicheln
Italien lusingare
Espagnol halagar
Anglais flatter
Source : Google Translate API

Synonymes de « flatter »

Source : synonymes de flatter sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « flatter »


Mots similaires