Arracher : définition de arracher


Arracher : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ARRACHER, verbe trans.

I.− Emploi trans.
A.− [Le suj. désigne gén. une pers., une manifestation de la pers., parfois une force naturelle ou mécanique; un obj. secondaire, la prép. à précise, quand il y a lieu, la pers. à qui on a enlevé qqc.] Arracher qqc. (à qqn).
1. [L'obj. désigne une chose concr.]
a) [Une plante qui tient au sol par ses racines ou ses tubercules, etc.] Déraciner, extraire du sol avec effort. Arracher les pommes de terre, arracher les vignes. Anton. planter :
1. Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties. Il regarda ce tas de plantes déracinées et déjà desséchées, et dit : − c'est mort. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 206.
2. D'autres fois, il s'apaisait dans son cher jardinage. Jardinage simple, sorte de bricolage horticole, qui consistait à arracher les mauvaises herbes, tailler les arbrisseaux, tondre la pelouse, tailler le bois. Toujours détruire, comme dans sa vie. Il est vrai que, lorsqu'on surprend au travail des jardiniers professionnels, ils sont toujours eux aussi en train de couper quelque chose. Montherlant, Les Célibataires,1934, p. 827.
P. métaph., emploi abs. :
3. Imitez le temps; il détruit tout avec lenteur; il mine, il use, il déracine, il détache et n'arrache pas. Joubert (Lar. 19e,1866).
Pop. En arracher. Avoir des difficultés.
b) P. anal. [Une partie du corps munie d'une racine ou de tout autre élément qui l'attache] Extraire avec effort de son logement naturel. Arracher une dent à qqn.
P. métaph. [La pers. à qui on arrache est un avare qui donne difficilement] Je lui ai arraché une dent (Ac.1835-1932).
Par euphémisme, vieilli. Arracher la vie à qqn. Le faire périr de mort violente (Ac. 1835-1932).
Détacher violemment. La machine lui a arraché un bras; arracher qqc. des mains de qqn.
Syntagmes (emplois métaph.)
Arracher le cœur à qqn. Lui causer une grande peine :
4. Son orgueil la cloua sur sa chaise. Elle voulut paraître calme, ne pas montrer au jeune homme, qui sifflait avec tranquillité, à quel point son départ lui arrachait le cœur. Zola, Madeleine Férat,1868, p. 41.
Arracher à qqn une épine du pied. Tirer (quelqu'un, soi-même) d'affaire, d'embarras.
Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez (Ac. 1798-1932). Il vaut mieux supporter un petit mal que d'y remédier par de grands moyens qui peuvent en causer un plus grand.
Vous lui arracheriez plutôt la vie (Ac. 1798-1932). Sous-entendu : que d'obtenir qu'il fasse telle chose qui lui inspire une répugnance extrême.
Arracher les yeux à qqn. Être à la vue de quelqu'un dans une irritation telle qu'on est capable d'en venir aux mains :
5. − Pauvre Gilbert, quel supplice, n'est-ce pas? Vous avez peur qu'on ne vous rencontre ainsi? Savez-vous que je ne suis pas rassurée non plus! Si l'une de vos belles connaissances nous voit, elle va m'arracher les yeux. Cette main qui s'appuyait sur le bras de Gilbert, ce corps que le hasard de la marche pressait parfois contre lui, et ces longues plaisanteries... quel énervement! Arland, L'Ordre,1929, p. 229.
Rem. Cette expr. s'emploie dans le même sens avec la tournure pronom. S'arracher les yeux (infra II A 2).
P. anal. Arracher le masque à qqn. Démystifier, faire connaître au grand jour les intentions de quelqu'un :
6. « − C'est faux! hurla Paulus, cette danseuse ment! J'arracherai son masque et le ferai connaître! ... » Bouilhet, Melaenis,Chant cinquième, 1857, p. 193.
Arracher à qqn le pain de la bouche. Lui enlever son gagne-pain.
c) P. ext. [L'obj. désigne une chose concr. fixée, attachée ou adhérant à qqc.] Enlever avec effort ou avec violence. Arracher une affiche, une page, un fil :
7. L'hôtel du Nord fut livré à un entrepreneur de démolitions. Des ouvriers arrachèrent les fils électriques, les tuyaux de plomb, enlevèrent les portes, les fenêtres, démantibulèrent la maison pièce par pièce, comme une machine, et entassèrent le matériel dans la cour de Latouche. Dabit, L'Hôtel du Nord,1929, p. 240.
Spécialement
CHAPELLERIE. Arracher le jarre. Arracher le poil luisant sur les peaux de castor.
GÉOMORPHOLOGIE. [Le suj. désigne le courant d'un fleuve] Arracher des fragments de roche. Provoquer une érosion rapide.
GRAV. Enlever des parties déjà gravées d'une plaque de cuivre afin de modifier l'ensemble de celle-ci.
SP., au fig. HALTÉROPHILIE. Faire le mouvement de l'arraché avec un poids (cf. arraché). SP. CYCLISTE. Arracher une côte. La grimper rapidement et avec une remarquable énergie.
Rem. S'il y a une indication de lieu, elle est gén. introduite par la prép. de. Arracher un clou d'une muraille (Ac. 1835-1932).
P. métaph. Arracher une opinion de l'esprit, de la tête de quelqu'un (Ac. 1835-1932) :
8. Caderousse regarda le jeune homme comme pour arracher la vérité du fond de son cœur. Mais Andrea tira une boîte à cigares de sa poche, y prit un havane, l'alluma tranquillement et commença à le fumer sans affectation. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 335.
2. [L'obj. désigne une chose plus ou moins abstr.]
a) [Une faveur, une chose difficile à obtenir] Obtenir péniblement, après un gros effort personnel. Arracher à qqn une somme d'argent, un aveu :
9. Les peuples murmuraient de ce qu'on leur arrachait ainsi leur argent, qui ne profitait jamais à la chose publique. Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 2, 1821-24, p. 331.
10. On ne pouvait lui arracher une parole. Ses lèvres amincies et serrées semblaient arrêter au passage des plaintes et des reproches. A. France, La Vie en fleur,1922, p. 313.
SYNT. Arracher à qqn une approbation, une audience, une concession, une parole, une promesse, un secret.
b) [Le suj. désigne un événement très intense, gén. pénible; l'obj. désigne une réaction intense de la sensibilité] Obtenir péniblement grâce à la charge affective de l'événement. Arracher à qqn une exclamation, des larmes, un sourire :
11. La garde a tiré Le sang a coulé... Mille blessés, cent morts, Est-ce assez? L'affreux souvenir nous arrache Des cris d'horreur. Larbaud, Journal,1934, p. 298.
SYNT. Arracher à qqn une exclamation, une plainte, des soupirs.
B.− Arracher qqn à qqn, à qqc.Ôter en usant de violence.
1. [Avec un obj. secondaire précisant la pers. qui tient à la pers. arrachée] Arracher un enfant à sa mère :
12. Si elle avait vraiment voulu... Jacques Malessert... elle le savait bien : il lui aurait suffi de profiter du trouble que sa seule présence mettait au cœur du jeune homme; elle aurait pu le tenir en son pouvoir, le dominer, le lier à elle par les liens de la chair, et alors, en dépit de tout, l'entraîner, l'arracher à Irène... Elle haussa les épaules : il n'en valait pas la peine. Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire?1934, p. 110.
[Emploi de la prép. de]
a) [Lorsque l'obj. secondaire désigne non pas la pers. mais la partie (le lieu) de son être qui tient la pers. qu'on lui enlève, la prép. est d'ordinaire de] Arracher un enfant des (d'entre les) bras de sa mère. (Au fig.) arracher un peuple des mains de l'occupant, de l'envahisseur :
13. ... le faux nègre s'était dit : « il est évident que Rocambole est mort, qu'il a livré le secret de sir Williams, et que, à cette heure, le comte et Baccarat ont pris toutes les mesures nécessaires pour sauver monsieur de Kergaz et l'arracher des griffes de son frère. (...) » Ponson du Terrail, Rocambole,t. 3, Le Club des valets de cœur, 1859, p. 518.
b) [Il en est de même lorsque l'obj. secondaire désigne un lieu] :
14. le baron. − Fais-les avancer. Valentin se met à la tête de sa troupe, qui s'avance en bon ordre, et vient se ranger en bataille. Mes amis, le chef des brigands qui désolent l'Allemagne, Roger ose me menacer; il prétend arracher de ces lieux une victime que vous avez soustraite à sa fureur, mais je compte sur votre courage pour défendre une aussi juste cause. Guilbert de Pixerécourt, Victor,1798, I, 13, p. 22.
15. ... La cloche avant le jour m'arrache de mon lit : Je crois entendre, au son de sa voix balancée L'ange qui du sommeil appelle ma pensée, Et lui donne à porter son fardeau pour le jour; Lamartine, Jocelyn,1836, p. 705.
16. Et c'était lui, maintenant, dont l'accent frémissait, tandis que Jacques, ramassé dans son fauteuil, tendait vers le poêle une figure farouche qui semblait dire : « Père va mourir, tu viens m'arracher d'ici, c'est bien, je partirai, mais qu'on ne m'en demande pas plus. » R. Martin du Gard, Les Thibault,La Sorellina, 1928, p. 1204.
2. [Avec un obj. secondaire exprimant une chose abstr.] Détacher en usant de violence ou d'énergie (et parfois) délivrer quelqu'un de quelque chose.
a) [L'obj. secondaire désigne une occupation] Arracher qqn à ses études :
17. Il semble qu'un rêve soit dissipé, qu'une captivité magique arrive à son terme, que le chant du coq fasse évaporer les fantômes, dont nous entouraient la solitude et le crépuscule. Le milieu du jour nous plonge dans la réalité, et nous arrache à la contemplation. Cela est bon aussi à son heure. « Travaille pendant qu'il fait jour. » Amiel, Journal intime,1866, p. 106.
b) [Il désigne une chose qui pèse sur un être comme une fatalité] Arracher l'homme à la tyrannie, à la solitude, à la torpeur morale :
18. « ... Je veux arracher mes frères à la misère et à l'ignorance! Je veux les instruire, les amener à connaître et à aimer Dieu! Je veux être missionnaire! » Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 2, 1868, p. 138.
19. On peut imaginer beaucoup de moyens propres à donner satisfaction aux désirs les plus pressants des classes malheureuses. Pendant longtemps ces projets d'amélioration furent inspirés par un esprit conservateur, féodal ou catholique; on voulait, disaient les inventeurs, arracher les masses à l'influence des radicaux. Sorel, Réflexions sur la violence,1908, p. 194.
20. Ma vie − dans les premiers instants − n'avait qu'une idée; l'arracher à la mort, l'enlever, morte, à la mort, la forcer à revivre quelque part, en moi, en nous, la ressusciter, par force, au moyen d'une concentration de moi-même. Elle était peut-être morte pour d'autres; pas pour moi. Jouve, La Scène capitale,1935, p. 253.
II.− Emplois pronom. S'arracher.
A.− [Le pronom exprime la pers., obj. second. indir. (me, se, etc.; à moi, à soi, etc.)] S'arracher qqn ou qqc.
1. [Le pronom a valeur de réciprocité; l'obj. dir. désigne une pers. ou une chose très appréciées] S'arracher qqc. ou qqn.Le rechercher avec empressement comme si on avait à se le disputer les uns aux autres :
21. zoé. − Oui, mais comment avoir ces quatre voix? On a tant de peine à en avoir une! césarine. − Tout le monde se les arrache. bernardet. − Souvent la même sert à deux ou trois ministères successifs. Scribe, La Camaraderie,1837, III, 8, p. 306.
22. Ce qui offensait Antoine, c'était l'abominable imagerie religieuse que les pèlerins s'arrachaient, ces Jésus de bonbonnière, la poitrine ouverte, montrant leur cœur sanguinolent. Zola, Paris,1898, p. 244.
Loc. proverbiale, fam. [L'obj. dir. désigne une pers. très recherchée pour toutes les formes de la vie de société] On se l'arrache.
2. [Le pronom a valeur de réfléchi; l'obj. dir. exprime une chose concr. ou abstr.; supra I A] S'arracher une épine du pied, etc.
Loc. proverbiales
Au sens littér. ou p. métaph. S'arracher les cheveux. Être au comble du désespoir :
23. John prévit que leur ivresse allait bientôt amener des scènes terribles. On ne pouvait compter sur le capitaine pour les retenir. Le misérable s'arrachait les cheveux et se tordait les bras. Il ne pensait qu'à sa cargaison qui n'était pas assurée. Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 3, 1868, p. 42.
S'arracher les yeux.
a) S'irriter :
24. Sous l'Empire, les personnes d'opinions contraires pouvaient se voir sans s'arracher les yeux... Mmede Chateaubriand, Mémoires et lettres,1847, p. 19.
b) Éprouver de la difficulté à déchiffrer un texte mal écrit ou mal imprimé.
S'arracher les yeux de la tête. Se priver d'un être précieux :
25. Je me suis arraché les yeux de la tête en me privant de mes vieux conseillers. Vitet (Lar. 19e,1866).
B.− [Le pronom exprime l'obj. dir.]
1. Emploi passif :
26. Les plumes d'un oiseau mort s'arrachent difficilement. Lar. 19e,1866.
2. Emploi réfléchi (cf. tous les cas mentionnés sous I B) :
27. Vois : − je l'ai fait emplir de reliques, ma chère; Puis je vais l'envoyer à Neubourg, à mon père; Il sera très content! (Elle rêve un instant, puis s'arrache vivement à sa rêverie. À part.) Je ne veux pas penser! Ce que j'ai dans l'esprit, je voudrais le chasser. Hugo, Ruy Blas,1838, II, 1, p. 368.
28. Gemon, crie, tentant de s'arracher à son étreinte. Mais père, tu vois bien qu'ils l'emmènent! Père, ne laisse pas ces hommes l'emmener! Anouilh, Antigone,1946, p. 197.
Emploi abs., arg. milit. Il s'arrache (Esn. 1966). Il se distingue, accomplit une performance.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [aʀaʃe], j'arrache [ʒaʀaʃ]. Enq. : /aʀaʃ/ (il) arrache. 2. Hist. − Fér. Crit. t. 1 1787 propose la graph. âracher (1resyllabe longue) et Gattel 1841 note : ,,dans ce mot et ses dérivés, on ne prononce qu'une r mais fortement``. Mart. Comment prononce 1913, p. 297 écrit à ce sujet : ,,Les composés qui commencent par ar-, notamment, ne font entendre qu'un r, sauf quelquefois, par exemple, dans ar-racher, ar-rogance ou ar-roger.``
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Début xiies. « enlever de terre (une plante qui y tient par ses racines) » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, 128, 5 ds T.-L. : ainz que seit arachié, assecha [priusquam evellatur, exaruit]); 2. a) 1169 « détacher avec effort, enlever une chose qui tient ou adhère à une autre » (Chr. de Troyes, Chevalier charette, 3070 ds Gdf. Compl. : Mout tost rompus et arachiez Les membres du cors vous auront); d'où 1636 fig. « extirper, ôter (un inanimé abstr.) » (Corneille, Cid, IV, 2 ds Rob.); 1668 « enlever à qqn une pers. » (Racine, Andr., I, 1 ds Littré); b) av. 1564 « obtenir de qqn par un grand effort » (Calv., Lett., II, 221 ds Gdf. Compl. : Vous n'ignorez pas a quoy ont pretendu ceulx qui ont arraché de vous d'estre present a leurs idolatries); 1671 « id., en parlant de l'argent » (Molière, Scapin, V, 11 ds Rob.); c) 1665 « faire quitter un lieu à qqn par la force » (Id., Dom Juan ou Fest. [in de Pierre], II, 2 ds Littré); 1669 pronom. « se détacher, s'éloigner » (Pascal, Pensées, t. II, sect. VII, 553 ds Rob.). Empr. au lat. eradicare (Varron, Rust., 1, 27, 2 ds TLL s.v., 741, 35); 2 a, Plaute, Rud., 1346, ibid., 742, 2; fig. (inanimé abstr.) fréquent en lat. chrét. (Cassien, Inst., 8, 22, p. 150, 23, ibid., 742, 64); 2 c, Itala, Deut., 4, 38, ibid., 742, 25. Issu par substitution de préf. (a-* indiquant l'action de tirer à soi) de l'a. fr. esrachier (ca 1150, Charroi Nîmes, éd. Jonckbloet, 1318 ds T.-L.) qui s'est maintenu parallèlement à arrachier, arracher jusqu'au xvies. (Hug.).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 5 335. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 758, b) 8 287; xxes. : a) 7 498, b) 7 116.
BBG. − Baulig 1956. − Bruant 1901. − Canada 1930. − Criqui 1967 →. − Darm. Vie 1932, p. 61. − Esn. 1966. − Dul. 1968. − France 1907. − Fromh.-King 1968. − Gottsch. Redens. 1930, passim.Grand. 1962, col. XXVIII. − Gruss 1952. − Jossier 1881. − Larch. 1880. − Larch. Suppl. 1880. − La Rue 1954. − Le Breton 1960. − Le Clère 1960. − Le Roux 1752. − Noël 1968. − Noter-Léc. 1912. − Nysten 1814-20. − Pierreh. Suppl. 1926. − Pope 1961 [1952] § 349. − Repina (T.A.). K voprosu ob ispol'zovanii predlogov pri glagol' nom dopolnenii vo francuzwskom jazyke (Predlog à pri dopolnenii k glagolam prendre, enlever, emprunter, voler, ôter, arracher it. n). [L'Emploi des prépositions servant de complément aux verbes. Préposition à jointe aux verbes : prendre... etc.]. Ucenye źapiski. Leningradskij gosudarstvennyj institut. 1961, t. 299, vyp. 50, pp. 172-176. − Sandry-Carr. Cycl. 1963. − Timm. 1892.

Arracher : définition du Wiktionnaire

Verbe

arracher \a.ʁa.ʃe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’arracher)

  1. Détacher avec effort ; ôter de force.
    • On commence d’abord par nettoyer le sol en arrachant les ronces, les épines, les bruyères, etc., puis on procède à l’abattage du taillis. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 162)
    • Il y a des engueulades qui rougissent les yeux, bleuissent les joues, crispent les poings, arrachent les cheveux, cassent les œufs, renversent les éventaires, dépoitraillent les matrones, et me remplissent d’une joie pure. — (Jules Vallès, L’Enfant, chap. 8, Le Siècle, 1878 & Éditions Charpentier, 1879)
    • Alors, je commençai à torturer le colporteur. Je lui arrachai, un par un, tous les ongles des mains et tous les ongles des pieds […] — (Octave Mirbeau, Le Colporteur)
    • À de grandes altitudes planaient les frégates et les phaétons, qui tombaient souvent avec une rapidité vertigineuse pour arracher en l’air leur proie aux oiseaux de mer plongeurs. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • L’élevage des vers à soie « ne paie plus ». Voilà pourquoi, aujourd’hui, dans le Gard, on arrache les mûriers : on les remplace imprudemment par des vignes […] — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Brusquement, je sentis comme la morsure sauvage d’une bête qui m’aurait arraché la chair par saccades […] Ja..... m’avait branché la pince au sexe. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • (Pronominal)S’arracher les cheveux.
    • Une bourrasque lui arrache presque son parapluie.
  2. (Agriculture) Détacher ou enlever une récolte du sol.
    • On récolte les échalotes lorsque les feuilles jaunissent ; on arrache les plants et on les laisse ressuyer deux ou trois jours sur le sol ; cela fait, on les monte au grenier où on les suspend en paquets. — (« Le Jardin de l’école », dans Journal des instituteurs et des institutrices, vol. 60, éd. Fernand Nathan, 1914, p. 319)
    • Il n’y avait plus qu’à faucher le blé noir, arracher les pommes de terre et gauler noix et châtaignes ; de ceci les gamins se chargeaient le jeudi et le dimanche, pour se distraire. — (Henri Bachelin, Le Village, Marivole Éditions, 2013, chap. 3)
  3. (Figuré) En parlant d’un avare de qui on a tiré de l’argent.
    • Je lui ai arraché une dent.
  4. (Figuré) Marque l’extrême répugnance d’une personne à faire quelque chose et combien il serait difficile de l’y contraindre.
    • Vous lui arracheriez plutôt la vie.
    • Ce serait lui arracher l’âme.
  5. (Figuré) Détacher quelqu’un d’une opinion, l’y faire renoncer.
    • Arracher une opinion de l’esprit, de la tête de quelqu’un.
    • Arracher de son cœur un sentiment, une passion, un souvenir, etc.
  6. (Figuré) Obtenir avec peine quelque chose de quelqu’un.
    • Andréa fouillait das sa coiffeuse. Elle l’avait trouvée dans une salle des ventes à Saumur et arrachée de haute lutte à une équipe de brocanteurs rapaces pour la somme de trois cent cinquante francs. — (Patrick Cauvin, Haute-Pierre, éditions Albin Michel, 1985)
    • Il ne rend pas facilement l’argent qu’on lui a prêté, il faut le lui arracher.
    • Il n’y a pas moyen d’arracher une parole de lui.
    • Il m’a arraché mon secret, mon consentement à force d’importunité.
    • Il a fallu vous arracher cette louange.
  7. (Figuré) Causer une réaction physique ou émotionnelle intense (usage idiomatique).
    • Arracher des larmes, des cris, des soupirs, des plaintes à quelqu’un.
    • Ce récit m’arracha des larmes.
  8. (Sens propre) ou (Figuré) Détourner, écarter, éloigner avec effort, en parlant des personnes.
    • Un monsieur, courant, une serviette sous le bras, le heurta sans ménagements et l’arracha à son hébétude. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 21)
    • Il a fallu l’arracher de ce lieu, de dessus le corps de son fils. — On ne saurait l’arracher à l’étude, l’arracher du jeu.
    • Il ne peut pas s’arracher à cette ville. (Pronominal)
  9. (Figuré) Préserver ; soustraire à un danger.
    • Arracher quelqu’un à la misère, à la mort, etc.
  10. (Pronominal) (Par hyperbole) Se disputer à qui l’aura, en parlant d’une personne ou d’une chose qui est extrêmement recherchée.
    • En même temps plusieurs Chouans se jettent sur les provisions, se les disputent, se les arrachent, et donnent enfin tout l’ignoble spectacle d’une scène de bandits. — (Jacques Duchemin Descepeaux, Lettres sur l’origine de la Chouannerie et sur les Chouans du Bas-Maine, tome 1, Imprimerie royale, 1825, p. 325)
    • Il pensait que ça allait le lancer… Il n’avait pas tort. C’est de là qu’il en est sorti définitivement et qu’on se l’est arraché de tous les côtés. — (Jo Barnais [Georges Auguste Charles Guibourg, dit Georgius], Mort aux ténors, ch. XI, Série noire, Gallimard, 1956, p. 100)
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Arracher : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ARRACHER. v. tr.
Détacher avec effort, Ôter de force. Arracher des arbres. Arracher des herbes. Arracher les cheveux. S'arracher les cheveux. Arracher un clou d'une muraille. Arracher quelque chose des mains de quelqu'un. Arracher un enfant à sa mère, des bras de sa mère, d'entre les bras de sa mère. Ils s'arrachaient les lambeaux de son vêtement. Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez, Il est sage de tolérer un petit mal, lorsqu'on risque, en voulant y remédier, d'en causer un plus grand. Fig., Je lui ai arraché une dent, se dit en parlant d'un Avare de qui on a tiré de l'argent. Par exagération, On se l'arrache, se dit en parlant d'une Personne ou d'une Chose qui est extrêmement recherchée, et signifie On se dispute à qui l'aura. Il est fort aimable en société, on se l'arrache. Ce roman a le plus grand succès, on se l'arrache. Il est familier. Fig., Vous lui arracheriez plutôt la vie, se dit pour marquer l'extrême répugnance d'une personne à faire quelque chose et combien il serait difficile de l'y contraindre. On dit de même Vous lui arracheriez plutôt le cœur. Ce serait lui arracher l'âme. Fig., Arracher une opinion de l'esprit, de la tête de quelqu'un, Détacher quelqu'un d'une opinion, l'y faire renoncer. On dit dans un sens analogue Arracher de son cœur un sentiment, une passion, un souvenir, etc. Il signifie aussi figurément Obtenir avec peine quelque chose de quelqu'un. Il ne rend pas facilement l'argent qu'on lui a prêté, il faut le lui arracher. On ne saurait arracher quelque argent de lui. On ne peut arracher un sou de personne. Il n'y a pas moyen d'arracher une parole de lui. On ne peut lui arracher une parole. J'ai eu bien de la peine à arracher de lui cette promesse, cette parole. Il m'a arraché mon secret, mon consentement à force d'importunité. Vous m'arrachez cet aveu. Les révélations que les tourments lui arrachèrent. Il a fallu vous arracher cette louange. Je n'ai pu lui arracher cette grâce. Fig., Arracher des larmes, des cris, des soupirs, des plaintes à quelqu'un, Le faire pleurer, le faire crier, etc. Ce récit m'arracha des larmes. La douleur m'a arraché des cris. Ce souvenir pénible lui arrache des plaintes, des soupirs. En parlant des Personnes, il signifie souvent, tant au propre qu'au figuré, Détourner, écarter, éloigner avec effort. Il a fallu l'arracher de ce lieu, de dessus le corps de son fils. On ne saurait l'arracher à l'étude, l'arracher du jeu. Il ne peut pas s'arracher à cette ville. Je ne saurais m'arracher d'auprès de vous. Il s'arracha aux embrassements de sa mère. Arracher quelqu'un à la misère, à la mort, etc., Le retirer de la misère, le préserver d'une mort imminente, etc.

D'ARRACHE-PIED, loc. adv. et fam. Tout d'une suite, sans intermission, sans discontinuer. Je l'ai attendu trois heures d'arrache-pied. Il a travaillé six heures d'arrache-pied.

Arracher : définition du Littré (1872-1877)

ARRACHER (a-ra-ché) v. a.
  • 1Enlever de terre avec les racines, et, par extension, ôter ou enlever quelque chose qui adhère. Arracher les plantes, les mauvaises herbes. Arracher la vigne, un arbre. Il se fit arracher une dent. Arracher les yeux, les oreilles, la langue, la queue. On arrachait les affiches.

    Fig. et familièrement. Je lui ai arraché une dent, en parlant d'un avare à qui on a soutiré de l'argent.

  • 2Employer effort, violence pour ôter, pour faire lâcher, faire quitter, faire sortir, au propre et au figuré. On lui arracha le poignard des mains. Arracher quelqu'un des mains des ennemis. Arracher la victoire à l'ennemi. Il ne put jamais arracher de sa mémoire les injures qu'il avait reçues. Arrachez de votre cœur la passion de l'argent. On lui arrachera le pouvoir. Arracher un prêtre de l'autel. On arracha ce citoyen de chez lui. Je l'ai arraché d'avec elle. Je viens voir si l'on peut arracher de ses bras Cet enfant dont la vie alarme tant d'États, Racine, Andr. I, 1. Le cruel ne la prend que pour me l'arracher, Racine, ib. III, 1. Le ciel, dit-il, m'arrache une innocente vie, Racine, Phèd. V, 6. Tu n'auras pas regret de m'arracher la vie, Molière, l'Étour. II, 7. Vous seul vous lui pouvez arracher cette envie, Racine, Bérén. IV, 7. Je te voudrais moi-même en arracher l'envie, Corneille, Cid, IV, 2. Arrache-lui du cœur ce dessein de mourir, Corneille, Cinna, III, 5. Belle Charlotte, je vous aime de tout mon cœur ; et il ne tiendra qu'à vous que je vous arrache de ce misérable lieu, Molière, le Fest. II, 2. Ils m'arrachent d'un trône où votre choix m'élève, Corneille, Agésil. V, 4. Je ne vois plus en lui les restes de mon sang, S'il m'arrache du trône et la met en mon rang, Corneille, Rod. V, 1. La reine Bérénice Vous arrache, seigneur, du sein de vos États, Racine, Bérén. I, 2. Un désordre éternel règne dans son esprit, Un chagrin inquiet l'arrache de son lit, Racine, Phèd. I, 2. Une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, Racine, Brit. II, 2.

    Arracher le cœur, causer une vive affliction. Voilà ce qui me fit écrire cinq à six lignes qui m'arrachaient le cœur, Sévigné, 329.

  • 3Tirer quelque chose de quelqu'un, obtenir avec peine. Arracher de l'argent à quelqu'un. Elle arrachait des pleurs même aux indifférents. Arracher les réponses une à une. On ne peut lui arracher un mot. La plèbe arracha cette loi aux patriciens. Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli qui coûte tant à notre orgueil, Bossuet, Reine d'Angl. Ces soupirs que la tristesse m'arrache, Massillon, Affl. Les larmes que ce souvenir lui arrache, Massillon, Mort. Ainsi vous retombez dans les mêmes alarmes Qui vous ont dans la Grèce arraché tant de larmes, Racine, Mithr. II, 1. Ne te fais pas arracher les mots de la bouche, Molière, Fourb. I, 1. Quelques années s'écoulèrent, sans que les deux vieillards [Chactas et le prêtre] lui pussent arracher son secret, Chateaubriand, René, 166. Je t'ai même puni de l'avoir arraché [mon secret], Racine, Mithr. IV, I. Vous m'avez arraché cet affreux sacrifice, Voltaire, Alz. I, 4. Mes bienfaits, mon respect, mes soins, ma confiance Ont arraché de vous quelque reconnaissance, Voltaire, Zaïre, IV, 6. Ce secret m'importune, il faut que je l'arrache, Voltaire, Mérope, IV, 1. Tandis que des soldats, de moments en moments, Vont arracher pour lui des applaudissements, Racine, Brit. IV, 4. Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle, Boileau, Sat. VII.
  • 4Détourner de ; faire échapper à. La vieillesse m'arrache aux affaires. L'espoir du butin les arrachait aux travaux de la terre. Arracher quelqu'un à ses travaux. On l'arracha à une mort imminente. … Vous seul vous m'avez arrachée à cette obéissance où j'étais attachée, Racine, Mithr. IV, 4.
  • 5S'ar racher, arracher à soi. Il s'arrachait les cheveux.

    Familièrement. S'arracher les yeux, se disputer avec violence. Ils s'arrachaient les yeux.

    Fig. S'arracher une épine du pied, se délivrer d'un embarras.

    Familièrement. On se l'arrache, se dit d'une chose ou d'une personne très recherchée. On s'arrache ce livre nouveau. Je le retrouvai brillant, les dames se l'arrachaient, Rousseau, Conf. IV.

  • 6 En termes de gravure, enlever de dessus le cuivre des parties déjà gravées qu'on veut corriger.

    En termes de chapellerie, enlever, éplucher le jarre ou poil luisant qu'on remarque sur les peaux de castor.

  • 7S'arracher, v. réfl. S'éloigner, se détacher difficilement, avec peine. Je ne puis m'arracher à mes livres. Arrachez-vous d'un lieu funeste et profané, Où la vertu respire un air empoisonné, Racine, Phèd. V, 1. Je l'ai vu quelquefois s'arracher de ces lieux, Racine, Brit. II, 2. Vous ne pouvez vous arracher à la nymphe que vous aimez, Fénelon, Tél. VII. J'ai résolu de m'arracher de Paris, Voiture, Lett. 15.
  • 8 Fig. Se soustraire. S'arracher aux affronts. S'arracher au sommeil.

    PROVERBE

    Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez ; c'est-à-dire il faut tolérer un petit mal, pour en éviter ou de peur d'en faire un plus grand.

SYNONYME

1. ARRACHER, RAVIR., Ce qui distingue ces deux mots, c'est que arracher implique résistance de celui à qui on arrache ; tandis que ravir est à la vérité un acte de violence, mais qui peut s'exercer sur des personnes ou des choses non défendues ou mal défendues.

2° ARRACHER DE, ARRACHER, à. Arracher de indique l'endroit ou la chose d'où l'on arrache ; c'est la séparation violente d'une chose d'avec une autre à laquelle elle tenait : arracher un clou d'une muraille, arracher un homme d'un lieu. Quand on arrache de, c'est la personne ou la chose que l'on arrache qui résiste. Arracher à est suivi d'un nom de personne ou d'un nom de chose personnifiée en quelque sorte, et marque que cette personne ou cette chose est le but de l'action, que c'est à elle qu'on veut ôter l'objet dont il s'agit : arracher un œil à une personne ; un enfant à sa mère ; de l'argent à un avare ; arracher quelqu'un à la mort, à la vengeance de ses ennemis. Quand on arrache à, c'est la personne ou la chose à laquelle on arrache qui résiste.

HISTORIQUE

XIIe s. Quant nostre sire esracerad tuz tes enemis de la terre, Rois, 79. Mout tost rompus et arachiez Les membres du cors [ils] vous auront, La charrette, 3070.

XIIIe s. Il ot un fevre en Normandie Qui trop bel arrachoit les denz, Barbazan, Fabliaux, dans l'Ordene de chevalerie, p. 161. Fain, qui ne voit ne blé ne arbres, Les erbes en errache pures As trenchans ongles, as dens dures, la Rose, 10189. Il y a encore un cas de crieme, dont je ne parloie pas devant, c'est de bonnes [bornes] esracier et puis rasseir, en autrui desheritant por soi aheriter, Beaumanoir, XXX, 27.

XIVe s. Il se efforça de les esracier, Oresme, Eth. 44. Li diz Adam avoit arresgié une bonne [borne] en terroir de Tours, Du Cange, arrancare.

XVIe s. Ce masque arraché, rapportant les choses à la raison et…, Montaigne, I, 118. Arracher les enfants du sommeil tout à coup et par violence…, Montaigne, I, 195. On ne me pouvoit arracher de l'oisifveté, Montaigne, I, 195. On leur arrache le cœur et les entrailles, Montaigne, I, 129. Tout cela se faict pour arracher de leur bouche quelque parole…, Montaigne, I, 242. Un soldat luy avoit arraché ce peu de bouillie qui luy restoit, Montaigne, II, 48. Elle s'arracha d'alentour de la teste son bandeau royal, Amyot, Lucull. 32. … Un dueil que le temps n'a pouvoir D'arracher de ta souvenance, Ronsard, 399.

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Arracher : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

ARRACHER, v. act. (Jardinage.) ce terme s’employe à exprimer l’action de tirer de terre avec force, quelque plante qui y est morte. (K)

Arracher le jarre, terme de Chapelier, qui signifie éplucher une peau de castor, ou en arracher avec des pinces les poils longs & luisans qui s’y rencontrent. Voyez Jarre.

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Étymologie de « arracher »

Étymologie de arracher - Littré

Provenç. araigar, araizar, arasignar, esraigar ; anc. catal. arraygar ; espagn. Arraigar ; portug. arreigar. La forme arracher répond à abradicare ; la forme esrachier à exradicare, de radix, racine (comp. RACINE).

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Étymologie de arracher - Wiktionnaire

De l’ancien français arrachier, altération de esrachier, issu du latin exrādīcāre « déraciner », variante de ērādīcāre, dérivé de rādīx, rādīcis « racine ». En ancien français, les préfixes a- et es- étaient souvent interchangeables.
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Phonétique du mot « arracher »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
arracher araʃe play_arrow

Conjugaison du verbe « arracher »

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Évolution historique de l’usage du mot « arracher »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « arracher »

  • Un petit morceau de votre semi-permanent s’est enlevé et forcément vous n’avez qu’une envie, tout arracher. C’est un piège et voici pourquoi. , Pourquoi il ne faut jamais arracher son vernis semi-permanent - Elle
  • À la veille d'un nouveau Conseil européen, la Commission reste confiante dans sa capacité à arracher un accord aux États dits «frugaux». Interrogé sur France 2 ce jeudi, le commissaire à l'Économie, Paolo Gentiloni, a estimé que Bruxelles «réussira» à faire valoir le consensus autour de la proposition de plan de relance de 750 milliards d'euros porté par l'exécutif européen. Les négociations devraient se poursuivre demain, et l'accord n'est pas attendu vendredi, sauf surprise : «je pense que ce sera plutôt une étape intermédiaire pour rapprocher les positions et comprendre mieux les différences entre les chefs d'État et de gouvernement», a-t-il déclaré. Le Figaro.fr, Fonds de relance européen : Bruxelles espère arracher un accord en juillet
  • Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes. De Georges Perec / Espèce d’espaces
  • Il n'y a pas pire châtiment, pire horreur que de transformer un instant en éternité, d'arracher l'homme au temps et à son mouvement continu. De Milan Kundera / L’Immortalité
  • La mort est la plus sûre compagne de toute de l'homme, la seule sur qui tu peux compter en dernière instance pour t'arracher aux dangers de la vie. De Antonine Maillet / Pélagie-la-charrette
  • Il est rationnel, étant donné notre conception de l’individu et de l’univers, que le désir se manifeste en nous. L’arracher de vive force, en torturant notre chair et notre âme, c’est rompre l’harmonie. De Alexandra David-Néel
  • Nous sommes dans les broussailles ; croît en nous l’herbe mauvaise, un crin mental qu’il faut arracher par poignées pour découvrir le paysage qui nous entoure. De Christian Charrière / Le Maître d’âme
  • Que d'hommes avant nous n'ont-ils rêvé d'arracher l'histoire à sa lourde fatalité du sacrifice. De Serge Rezvani
  • C'est contrarier les desseins du maître que d'arracher à la branche le fruit qu'elle veut nourrir encore. De Proverbe persan
  • Notre destin, quand nous voulons l’isoler, ressemble à ces plantes qu’il est impossible d’arracher avec toutes leurs racines. De François Mauriac / Thérèse Desqueyroux
  • Écrire consiste à rêver avec une intensité telle que nous parvenons à arracher au monde un morceau. De Pierre Jourde / La Littérature sans estomac
  • Nous ne pouvons attendre de bienfaits de la nature ; notre devoir est de les lui arracher. De Ivan Vladimirovitch Mitchourine / Résultats de soixante ans de travaux pour la création de nouvelles espèces de plantes à fruits
  • Mieux vaut laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez. De Michel de Montaigne / Essais
  • Qui peut mieux qu'un enfant nous arracher à toutes nos amarres ? De Christiane Singer
  • Il vaut mieux se laisser mourir de faim que d'arracher le pain des pauvres. De Proverbe oriental
  • Arracher une montagne avec la pointe d'une aiguille est plus facile que d'arracher du coeur la vilenie de l'orgueil. De Djâmi / Béharistan
  • Vous pouvez arracher l’homme du pays, mais vous ne pouvez pas arracher le pays du coeur de l’homme. De John Dos Passos / Bilan d’une nation

Traductions du mot « arracher »

Langue Traduction
Corse arrabbiatu
Basque snatch
Japonais スナッチ
Russe рывке
Portugais arrebatar
Arabe انتزاع
Chinois 抢夺
Allemand schnappen
Italien strappare
Espagnol arrebatar
Anglais snatch
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Synonymes de « arracher »

Source : synonymes de arracher sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « arracher »



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