Enlever : définition de enlever


Enlever : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ENLEVER, verbe trans.

I.− Soulever de terre.
A.− Porter en soulevant rapidement.
1. [L'obj. désigne un inanimé concr.] Enlever un cerf volant (Ac. 1932). Le ballon enlève la nacelle; les palans enlèvent les fardeaux. La chaloupe elle-même est enlevée et suspendue à la poupe du bâtiment (Chateaubr., Natchez,1826, p. 369).
2. [L'obj. désigne un animé] Enlever une femme, un enfant dans ses bras, comme une plume. Il se pencha, la prit, l'enleva, la porta sur son lit (Maupass., Contes et nouvelles,t. 1, Martine, 1883, p. 115).Marie (...) fut enlevée au ciel par les anges (Claudel, Processionnal,1910, p. 297):
1. Je lui sautai au cou [de l'abbé] Il m'enleva et me tint un instant suspendue en l'air, tandis que Madame de Curel (...) nous regardait horrifiée. Gyp, Souvenirs d'une petite fille,1928, p. 137.
Enlever un cheval. Le faire partir au galop. Elle enleva son petit attelage leun seul coup, avec une incomparable virtuosité (Halévy, Abbé Const.,1882, p. 117).P. anal. Enlever une barque (cf. canotier ex.).
Emploi pronom. réfl. MlleSpessivtseva et Serge Lifar (...) s'enlèvent et retombent sur le ressort plié de leurs souples jarrets (Levinson, Visages danse,1933, p. 142).
a) [Le suj. désigne un oiseau] Prendre son envol. Elles [les hirondelles] s'enlevaient, serrées et frémissantes, d'un vol plus rapide (Bourget, Disciple,1889, p. 179).
P. anal., à sens passif :
2. Souvent, il allait voir partir les ballons qui, tous les deux jours, s'enlevaient de la gare du Nord, emportant des pigeons voyageurs et des dépêches. Zola, La Débâcle,1892, p. 576.
b) [Le suj. désigne un cheval] Se dresser en levant les jambes de devant et partir au galop. Les chevaux s'enlèvent et sautent, à la manière souple et ramassée des félins (Pesquidoux, Chez nous,1921, p. 99).
[En parlant d'un trotteur] Prendre le galop. Là, patatras! sa jument s'enleva une seconde fois, perdant un terrain tel que ce n'était plus la peine de lutter (Zitrone, Courses,1962, p. 454).
B.− Au fig.
1. Transporter, soulever d'enthousiasme. Cet orateur enlève son auditoire (Ac.1878-1932).Cette péroraison enleva l'auditoire. Tout le monde en fut charmé, excepté moi (About, Roi mont.,1857, p. 226).
Emploi abs. L'air du matin, l'entrain de la besogne, la vision de la justice, cela enlève. La fureur d'une chanson le jetait de l'avant. Et il commençait de chanter (Pourrat, Gaspard,1930, p. 90).
2. LITT., MUS. Composer ou exécuter une œuvre avec rapidité ou puissance et justesse de ton, à la manière d'un virtuose, et de façon à susciter l'enthousiasme. Enlever un morceau de piano. C'est ainsi que le travail du Dictionnaire dit « de Richelet » fut enlevé en quinze ou seize mois (Sainte-Beuve, Causeries lundi,t. 5, 1851-62, p. 290):
3. J'écris avec toutes sortes de lenteurs la dernière scène dont le mouvement est extrêmement rapide. Je me suis toujours méfié de ce qui était « enlevé ». Green, Journal,1935, p. 45.
3. B.-A. Exécuter avec rapidité et d'un seul jet. Esquisses enlevées au pastel :
4. ... il esquissait sur une vieille toile, en deux heures, son tableau : « il n'y a que les choses qu'on enlève comme cela qui sont bonnes ». Goncourt, Journal,1875, p. 1090.
Emploi pronom. à sens passif. Se détacher sur le fond du tableau. Ce dernier [tableau] est d'un effet de lumière extraordinaire (...) au second [plan] il y a des personnages qui s'enlèvent sur un fond de tapisserie (Mérimée, Lettres à Mmede la Rochejacquelein,1870, p. 283).
P. métaph. C'est assurément parce que sa vie s'enlève sur un fond de révolte impuissante que la femme a tant de facilité à pleurer (Beauvoir, Deux. sexe,1949, p. 434).
II.− Déplacer un objet en le sortant de l'endroit qu'il occupait.
A.− [En le mettant ailleurs] Enlever le bouchon du réservoir, le couvercle d'une casserole, un échafaudage, la poussière avec un balai; enlever les assiettes, le couvert. Fréq. [L'obj. désigne ce qu'on porte sur soi] Enlever son chapeau, la cigarette de sa bouche, sa cravate, un vêtement. On ne sait comment se vêtir et, vingt fois le jour, j'enlève ou remets mon sweater (Gide, Journal,1943, p. 192):
5. Au lit ils enlevaient leurs lunettes d'abord et leurs râteliers ensuite dans un verre et plaçaient le tout en évidence. Ils n'avaient pas l'air de se parler entre eux, entre sexes, tout à fait comme dans la rue. Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 250.
Emploi pronom. à sens passif. Cette robe s'enlève facilement (cf. Michaux, Plume,1930, p. 147).
Spécialement
1. Au fig. et fam. Enlever un poids de sur le cœur, de derrière le cœur. Soulager. Cf. Flaub., Corresp., 1871, p. 245.
2. Enlever un corps. L'emporter à l'église, au cimetière. La justice a enlevé le corps. Elle s'est saisie du cadavre d'une personne décédée par mort violente (Ac. 1798-1878). Les vingt-quatre grenadiers sans armes enlevèrent le corps [de Napoléon] et eurent l'honneur de le porter sur leurs épaules jusqu'à la sépulture (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 668).
3. Enlever un corps d'armée, une division, le/la déplacer sur/vers le front. Cf. Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 172.
4. CHASSE. Enlever les chiens. Déplacer les chiens pour les remettre par un plus court chemin à l'endroit où on a vu le cerf. Enlever la meute (Ac.1798-1932).Cf. Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 174.
5. COMM. Enlever des marchandises. Les acheter et les emporter rapidement. C'était le triomphe : dix mille exemplaires enlevés en deux jours (Sartre, Mots,1964, p. 157).P. ext. Débarrasser rapidement de quelque chose. Enlever un paquet [à la gare].
Pop. Enlevez le bœuf. C'est prêt, vous pouvez emporter (attesté ds Rob. et Carabelli).
Emploi pronom. à sens passif. Marchandise qui s'enlève facilement, bien. La vente des ouvrages qu'a laissés Girodet en mourant se fait en ce moment. Tout s'enlève à des prix extravagants (Delécluze, Journal,1825, p. 180).Fam. S'enlever comme des petits pains. Être vendu très rapidement.
B.− [En le séparant] Enlever les bavures des bords d'une pièce au burin, la peau [d'un poisson], la pelure [d'un fruit]; le vent enlève les feuilles des arbres :
6. Le vieillard présenta son stylet à l'inconnu, qui le prit et tenta d'entamer la peau à l'endroit où les paroles se trouvaient écrites; mais, quand il eut enlevé une légère couche de cuir, les lettres y reparurent... Balzac, La Peau de chagrin,1831, p. 35.
Emploi pronom. à sens passif. La peau [des larves] qui s'enlève par couche, dans le temps de la mue (Cuvier, Anat. comp.,t. 2, 1805, p. 560).
Spécialement
1. [Avec l'idée de violence] Synon. de emporter.Un boulet lui enleva la cuisse (cf. Miomandre, Écrit sur eau,1908, p. 106).
Fréq. [L'obj. désigne une partie du corps, une grosseur] Enlever l'appendice, l'estomac, un kyste, une verrue; se faire enlever les amygdales. Synon. opérer.Je me suis fait enlever trois dents de la mâchoire (Flaub., Corresp.,1845, p. 159).
2. Au fig. et fam.
a) Enlever le pain de la bouche. Priver une personne de son entourage du nécessaire par sa faute. Cf. Zola, Bonh. dames, 1883, p. 556.
b) Fam. Enlever la peau des fesses. Enlever la peau du derrière (Zola, Germinal, 1885, p. 1205). Donner un coup de pied au derrière, battre quelqu'un.
Pop. Enlever le ballon. ,,Donner un coup de pied au derrière`` (Larch. 1880). Cf. Gyp, Souv. fille, 1928, p. 332 et v. aussi ballon ex. 14.Se faire enlever le ballon (cf. Aragon, Beaux quart.,1936, p. 358).
C.− [En l'effaçant, en le supprimant] Enlever un nom d'une liste, une phrase, un paragraphe dans un texte; médicament qui enlève la douleur; savon, produit qui enlève les taches. Elles [les femmes du monde] commentent, elles amplifient, elles querellent, et finissent par enlever leurs torts comme on enlève une tache par un petit savonnage (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 459).Il faut enlever deux dimanches et quatre jours de chômage : donc, ça vous fait neuf jours de travail (Zola, Germinal,1885, p. 1289):
7. Croyant rendre un service important à la géographie, si je parvenais à enlever des cartes ces noms oiseux qui désignent des îles qui n'existent pas (...) je voulus, (...) prolonger ma route... Voyage de La Pérouse,t. 2, 1797, p. 110.
Enlever une pièce de l'affiche. Ne plus la jouer. Cf. L. Schneider, Maîtres opérette fr., Lecocq, 1924, p. 226.
D.− Au fig. Priver quelqu'un d'une valeur morale, d'une qualité naturelle. Enlever [à qqn] son courage, l'envie de recommencer, l'espérance, ses illusions, la possibilité de ses prérogatives :
8. Il faut bien le dire, la peste avait enlevé à tous le pouvoir de l'amour et même de l'amitié. Car l'amour demande un peu d'avenir, et il n'y avait plus pour nous que des instants. Camus, La Peste,1947, p. 1365.
Ne rien enlever à qqn, à qqc. Laisser intact. L'ironie n'enlève rien au pathétique; elle l'outre au contraire (Flaub., Corresp.,1852, p. 43).
Rien ne m'enlèvera de l'idée que. Je suis sûr(e) que; je ne démordrai pas. Enlever une idée de la tête. Cf. Proust, Temps rétr., 1922, p. 765.
III.− Obtenir, gagner par la force, la ruse (ce qui ne vous appartient pas).
A.− [L'obj. désigne un inanimé]
1. S'emparer de quelque chose. Des voleurs ont enlevé sa voiture. Il (...) se contente de faire restituer aux Veïens les terres que les Romains leur avaient enlevées (Michelet, Hist. romaine,t. 1, 1831, p. 83).
Spéc. [une position milit.] Enlever un fort, une redoute, une tranchée; d'assaut, à la baïonnette. Drapeaux enlevés à l'ennemi. Il n'y a pas eu d'assaut donné au fort de Douaumont, enlevé par surprise (Bordeaux, Fort de Vaux,1916, p. 38):
9. ... toute l'armée, après avoir enlevé si vaillamment les meilleures positions de l'ennemi, les lui abandonna avec autant d'empressement qu'elle avait mis d'ardeur à les conquérir. Recueil textes hist.,1820, p. 180.
Enlever [un vaisseau]. S'en rendre maître par la force. La situation extérieure, en 1652, devient tragique : Cromwell fait enlever les vaisseaux français (Brasillach, Corneille,1938, p. 268).
2. Au fig. Obtenir, gagner ce qui fait l'objet d'une lutte, d'une compétition. Enlever de haute lutte, à la pointe de l'épée, par surprise qqc.; enlever une adhésion, une affaire, un contrat, un poste avantageux. Il me dit que je devais enlever, si je voulais, le premier prix d'histoire et de géographie à la fin de l'année (Renard, Poil carotte,1894, p. 168).
Enlever le morceau (cf. Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 349). Synon. de emporter le morceau.
B.− [L'obj. désigne une pers.] Se rendre maître d'une personne et la prendre avec soi. Enlever le duc d'Enghien sur la terre étrangère qui devait lui servir d'asile (Staël, Consid. Révol. fr.,t. 2, 1817, p. 106).
1. [En parlant d'une femme, consentante ou non, enlevée à sa famille, à son mari] Romulus a enlevé les Sabines; femme séduite et enlevée; jeune fille enlevée et séquestrée. Si! si! tu me seras fidèle! partons, veux-tu? je t'enlève! partons! (Feydeau, Dame Maxim's,1914, II, 9, p. 52):
10. Laurent voulait Thérèse; il la voulait à lui tout seul, toujours à portée de sa main. S'il ne faisait pas disparaître le mari, la femme lui échappait. Elle l'avait dit : elle ne pouvait revenir. Il l'aurait bien enlevée, emportée quelque part. Zola, Thérèse Raquin,1867, p. 54.
2. Spécialement
a) Enlever un mineur, un enfant. Quiconque aura, par fraude ou violence, enlevé ou fait enlever des mineurs, ou les aura entraînés, détournés ou déplacés, ou les aura fait entraîner, détourner ou déplacer des lieux où ils étaient mis par ceux à l'autorité ou à la direction desquels ils étaient soumis ou confiés, subira la peine de la réclusion criminelle à temps de cinq à dix ans (Code pénal, Paris, Dalloz, 1969-70, art. 354, p. 194).
b) Fam. Soustraire quelqu'un pour un temps à son entourage :
11. Oh! messieurs, vous permettez, j'enlève M. Mouret pour une minute. C'est bien le moins, puisqu'il m'a vendu un manteau affreux, qu'il me prête ses lumières. Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 691.
P. ext. Emmener à l'improviste. Enlever la bande en voiture (Cocteau, Enf. terr.,1929, p. 118).
c) Littér. La mort (soudaine), la maladie enlève quelqu'un (à l'affection des siens). Synon. emporter.Un second catarrhe s'est déclaré, en cinq jours il l'a enlevée malgré deux bons médecins (Lamart., Corresp.,1832, p. 322).Souvent au passif. L'ange céleste qui fut le nôtre vient de nous être enlevé en cinq jours de maladie de poitrine (Lamart., Corresp.,1832p. 322).
Rem. On relève ds la docum. a) Qq. emplois adj. du part. prés. au sens I B 1. Prédicateur, qui prêche avec un enthousiasme enlevant (E. de Guérin, Lettres, 1838, p. 221). b) Enlevée, subst. fém. (Correspond à enlever II B 2) signifiant « réprimande », chez L. Daudet : sous l'enlevée [de Marie-Antoinette], Manuel, éperdu baissait la tête (Lys sangl., 1938, p. 239). Cf. ci-dessus enlever le ballon.
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃lve], (j')enlève [ɑ ̃lε:v]. Enq. : /ãlev/ (il) enlève. Ds Ac. 1694-1932. Conjug. Devant syll. muette, change [ə] muet du rad. en [ε] ouvert. Étymol. et Hist. A. 1. [1130-60 « lever, élever (d'une position où on était) » (Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 997 : Tu l'en levas)]; 1260 enlevé « en relief » (E. Boileau, Métiers, 209 ds T.-L. : Toute euvre enlevee) − 1660, Oudin ds FEW t. 5, p. 277a, s.v. levare; 2. 1671 fig. « ravir, enthousiasmer » (Mmede Sévigné, Lettres, éd. A. Régnier, t. 2, p. 376 : Un plaisir qui m'enlève); 1838 part. passé adj., art, mus. « bien exécuté » (Ac. Compl. 1842). B. 1. [Ca 1215 « emporter avec soi » (R. de Houdenc, Eles, 395 ds T.-L., s.v. lever, 368, 41 : S'uns autres un bial don en lieve)]; 1611 « id. » (Cotgr.); 2. 1538 « ravir, détourner (quelqu'un) » (Est.); 3. 1573 « prendre d'assaut » (Garnier, Hippolyte, 688 : Je ne puis [...] luy enlever la place). C. xiiies. [ms.] « ôter, déplacer » (Merlin, BN fr. 747, fo74 ds Littré). Dér. de lever*; préf. en-*. Fréq. abs. littér. Enlever : 4 359. Enlevant : 235. Fréq. rel. littér. Enlever : xixes. : a) 6 204, b) 6 668; xxes. : a) 6 424, b) 5 807. Enlevant : xixes. : a) 299, b) 460; xxes. : a) 501, b) 195. Bbg. Gohin 1903, p. 254 (s.v. enlevée).La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 133, 277. − Quem. Fichier. − Repina (T.-A.). L'Emploi des prép. servant de compl. aux verbes. Učenye z̊apiski. Leningradskij gosudarstvennyj institut. 1961, t. 299, pp. 172-176.

Enlever : définition du Wiktionnaire

Verbe

enlever \ɑ̃l.ve\ ou \ɑ̃.lə.ve\ transitif ou pronominal 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’enlever)

  1. Déplacer vers le haut.
    • Ce plateau de la balance enlève l’autre. — On enlève les plus grosses pierres avec une grue.
    • (Pronominal) Le ballon s’enleva dans les airs. — Le cheval s’enlevait sur ses jambes de derrière.
  2. (En particulier) Lever avec rapidité, avec violence.
    • Partout des nuées d'oiseaux […]. Ces volatiles sont si peu farouches, que l'un d'eux, prestement, enleva le béret d'un des matelots. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Il vint un tourbillon qui l’enleva.
    • Un coup de vent a enlevé le toit de cette maison.
  3. Ravir ; emmener ; emporter par force.
    • On l’a enlevé de sa maison.
  4. (Spécialement) Soustraire par rapt un enfant à ses parents.
  5. (Spécialement) (Vieilli) Soustraire à l'autorité parentale ou à son mari, une jeune fille ou une femme, qu’on a réussi à séduire.
    • Il aimait cette jeune fille, il l’a enlevée.
  6. (Courant) Emporter, retirer ou ôter quelque chose d’un endroit.
    • Deux autres aides […] enlevèrent rapidement la camisole de Troppmann, lui placèrent les mains derrière le dos, les lièrent en croix et lui couvrirent le corps de courroies. — (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
    • Une seule boutique restait fermée. On avait enlevé simplement le volet de la porte et écarté à l'intérieur le rideau de satinette rose. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 158)
    • La vachette apparaissait aux portes du toril, elle fonçait au milieu de la piste, […]. Les razeteurs la contournaient, en sifflant, et d'une main ils essayaient de lui enlever la cocarde accrochée aux cornes. — (Nicole Sagnimorte, Le Mas Pastourel, Éditions Publibook, 2007, page 32)
  7. (Commerce) (Vieilli) Se hâter d'acheter des marchandises, s’en fournir, de sorte que les autres marchands n’en trouvent plus que difficilement.
    • On ne peut plus acheter de cette qualité de drap que chez un tel, il a enlevé tout ce qu’il y en avait dans les magasins.
    • Une marchandise est bientôt enlevée, s’enlève en moins de rien, etc. pour dire que Le débit en est prompt et qu’elle ne reste que fort peu de temps chez le marchand.
  8. (Figuré) Faire mourir quelqu’un promptement, prématurément, d’une manière inattendue, en parlant de maladie, etc.
    • Ce fut encore cette diarrhée verte qui faillit l’enlever, qui, d'une enfant « rêtue » déjà, et plaisante, fit une sorte de morte. — (Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 27)
    • Ce père fut enlevé à ses enfants, à l’affection des siens.
  9. (Militaire) Se rendre maitre rapidement d’une position, d’une place.
    • Ailles est placé au pied de la montagne où se livra, le 7 mars 1814, la bataille de Craonne, entre les Français et les troupes alliées. Les Français enlevèrent ce village de vive force, et gravissant la montagne sous un feu terrible, parvinrent à couronner le plateau et à en chasser l'ennemi. — (Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne, tome 1, Laon : bureau du Journal de l'Aisne, & Paris : chez Dumoulin & chez Didron, 1857, p. 7)
  10. Soulever du sol.
    • Il saisit Héloïse, l'enlève entre ses bras comme une balle de fougère, une sachée de linaigrettes floconneuses, et la transporte doucement, parmi les couvertures qu'il rabat sur elle. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Enlever un cerf-volant.
  11. (Cavalerie) Porter vigoureusement un cheval en avant.
  12. (Chasse) Entrainer les chiens, par le plus court chemin, où l’on a vu le cerf et où l’on retrouve la voie.
    • Enlever la meute,
  13. (Par extension) (Militaire) Porter vivement contre l’ennemi.
    • Ce colonel enleva son régiment.
  14. (Figuré) (Musique) Exécuter, rapidement et bien, un morceau de musique.
  15. Transporter d’enthousiasme.
    • Cet élégant et léger funambule parut à des jeux floraux donnés par l'empereur, et il enleva les suffrages de tout le peuple. — (Théâtre des funambules, dans La Nacelle du 1 Mars au 21 Juin 1823, page 5)
    • La musique enlève tout le monde. — Il y a dans cette pièce des passages qui enlèvent.
  16. Exciter l’enthousiasme, obtenir un succès brillant.
    • Cette pièce, cet auteur a enlevé tous les suffrages.
    • Cette proposition a enlevé l’approbation unanime.
  17. Séparer, détacher une chose de celle sur laquelle elle est appliquée, ou à laquelle elle adhère.
    • Enlever la croute d’un pâté. — Enlever la peau d’une partie du corps.
    • Enlever l’écorce d’un arbre, d’une branche.
  18. (En particulier) Ôter, faire disparaitre.
    • Je me livrais souvent à la pêche. L’humidité avait enlevé beaucoup d’élasticité à mon arc et je préférais harponner les dorades lorsqu’elles passaient à ma portée. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Ce savon enlève les taches. — Enlever de l’écriture à l’aide d’un agent chimique.
  19. (Vieilli) Parcourir rapidement d'une seule traite (avec, comme complément d'objet direct, l'indication d'une distance).
    • On repartit dès six heures du matin. Il n’y avait pas de temps à perdre, si l’on voulait enlever dans la journée les neuf milles qui séparaient Dike-creek de French-den. — (Jules Verne, Deux ans de vacances, chapitre XV ; Le livre de poche, coll. Jules Verne, Paris, 1967, page 260.)
  20. (Argot) Réprimander, engueuler.
    • Je me suis fait enlever par le patron du bistrot.
  21. Se vendre en parlant d'une marchandise.
    • Ces chemises en promotion s'enlèvent rapidement.
  22. (Marine) Enlever à courir : Ordre donné à une bordée qui à la main sur un cordage de tirer dessus.
  23. (Pronominal) (Sports hippiques) Pour un cheval de courses de trot, se mettre au galop, ce qui est susceptible d’entraîner sa disqualification.
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Enlever : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ENLEVER. (J'enlève; nous enlevons.) v. tr.
Déplacer vers le haut. Ce plateau de la balance enlève l'autre. On enlève les plus grosses pierres avec une grue. Le ballon s'enleva dans les airs. Le cheval s'enlevait sur ses jambes de derrière. Il signifie particulièrement Lever avec rapidité, avec violence. Il vint un tourbillon qui l'enleva. Un coup de vent a enlevé le toit de cette maison. Fig. et fam., Cela enlève la paille, Cela emporte l'objection, cela est décisif. On dit aussi Cela lève la paille. Il signifie aussi Ravir, emmener, emporter par force. On l'a enlevé de sa maison. Il se dit spécialement dans ce sens du Rapt d'un enfant qu'on soustrait à ses parents ou du rapt d'une femme, d'une jeune fille qu'on a réussi à séduire. Il aimait cette jeune fille, il l'a enlevée. Il signifie encore simplement Emporter, retirer, ôter quelque chose d'un endroit. Il faudra faire enlever ces matériaux. Enlevez cela de dessus la table. Enlever ce qui couvre quelque chose. On dit, par extension, Vous ne pourrez pas enlever vos meubles avant d'avoir payé votre loyer. Enlever des marchandises, Se hâter de les acheter, de s'en fournir, de sorte que les autres marchands n'en trouvent plus que difficilement. On ne peut plus acheter de cette qualité de drap que chez un tel, il a enlevé tout ce qu'il y en avait dans les magasins. On dit aussi, dans un sens voisin, qu'Une marchandise est bientôt enlevée, est enlevée ou s'enlève en moins de rien, etc., pour dire que Le débit en est prompt et qu'elle ne reste que fort peu de temps chez le marchand. Fig., Enlever quelqu'un se dit de Ce qui fait mourir quelqu'un promptement, prématurément, d'une manière inattendue. La fièvre l'a enlevé en peu de jours. La mort a enlevé ce jeune homme à la fleur de l'âge. Ce père fut enlevé à ses enfants, à l'affection des siens. En termes de Guerre, Enlever un poste, une place, Se rendre rapidement maître d'une position, d'une place. On dit aussi Enlever une patrouille.

ENLEVER signifie encore Soulever du sol. Enlever un cerf-volant. Enlever un cheval, Le porter vigoureusement en avant. En termes de Chasse, Enlever la meute, Entraîner les chiens, par le plus court chemin, où l'on a vu le cerf et où l'on retrouve la voie. Par extension, Ce colonel enleva son régiment, Il le porta vivement contre l'ennemi. Fig., Enlever un morceau de musique, L'exécuter rapidement et bien. Figurément,

ENLEVER signifie Transporter d'enthousiasme. Cet orateur enlève son auditoire. Ses vers enlèvent le lecteur. La musique enlève tout le monde. Il y a dans cette pièce des passages qui enlèvent. Adjectivement, Un discours, un orateur enlevant. On dit, dans la même acception, Enlever les suffrages, Exciter l'enthousiasme, obtenir un succès brillant. Cette pièce, cet auteur a enlevé tous les suffrages. Cette proposition a enlevé l'approbation unanime. Il signifie en outre Séparer, détacher une chose de celle sur laquelle elle est appliquée, ou à laquelle elle est adhérente. Enlever la croûte d'un pâté. Enlever la peau d'une partie du corps. Enlever l'écorce d'un arbre, d'une branche. Il signifie encore particulièrement Ôter, faire disparaître. Ce savon enlève les taches. Enlever de l'écriture à l'aide d'un agent chimique. Enlever la couleur d'une étoffe. Cette gomme élastique enlève très bien l'encre.

Enlever : définition du Littré (1872-1877)

ENLEVER (an-le-vé. La syllabe le prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'enlève, j'enlèverai) v. a.
  • 1Faire aller en haut. Ce plateau de la balance enlève l'autre.

    Fig. et familièrement. Cela enlève la paille, cela est au-dessus de tout, ou cela est décisif, ou cela est singulièrement vif, singulièrement libre ; on dit plus ordinairement cela lève la paille.

    Fig. Une force inconnue Enlevait jusqu'à lui mon âme prévenue, Voltaire, Fanat. III, 1.

  • 2Emporter, entraîner. Il vint un tourbillon qui l'enleva. Cette crue subite a enlevé tous les ponts.
  • 3Emporter d'un endroit dans un autre. Enlever des matériaux. Enlevez cela de dessus la table. S'ils avaient enlevé le corps, il leur était évident que Jésus-Christ n'était pas ressuscité et qu'il les avait trompés, Bourdaloue, Myst. Résurr. de J. C. t. I, p. 330.

    Il a été enlevé comme un corps saint (voy. CORPS et CORSIN).

    Enlever un corps, prendre un corps mort pour le porter en terre, ou pour le présenter à l'église. Un des archers courut au prochain village pour faire enlever le corps mort, et revint avec la nièce du curé et Julien, Scarron, Rom. com. I, 14.

    Enlever dans, conduire et transporter dans. À qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ? Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ? Racine, Andr. v, 5.

    Fig. De cette oraison simple où elle était déjà, Dieu l'enlève jusque dans la plus haute contemplation, Fénelon, Serm. pour la fête de Ste Thér.

  • 4Ôter à. Quelque appui qu'aujourd'hui son crime vous enlève, Corneille, Sertor. v, 7. Il fut par Josabeth à ta rage enlevé, Racine, Athal. v, 5.

    Fig. Qu'à ces tristes pensées mon amitié t'enlève, Ancelot, Fiesque, I, 2.

    Il se dit d'un amant, d'une maîtresse qu'on ôte à un autre et qu'on attire à soi. Oui, j'aime sa maîtresse… Cependant par mes mains je vois qu'il me l'enlève, Corneille, Cinna, III, 1. Cette même mademoiselle Choin enleva à la plus belle princesse du monde le cœur de M. de Clermont, en ce temps-là officier des gardes, Mme de Caylus, Souvenirs, p. 162, dans POUGENS. Si la comtesse croit l'aimer, elle se trompe : elle n'a voulu que me l'enlever, Marivaux, l'Heur. stratag. I, 8.

  • 5 Terme de guerre. Enlever un poste, une place, s'en emparer de vive force. Enlever des drapeaux à l'ennemi. Sur un pareil avis, le convoi fut enlevé, Rollin, Hist. anc. t. X, p. 145, dans POUGENS.

    Enlever une place, un régiment, un poste, s'en emparer vivement.

    Terme de marine. S'emparer d'un bâtiment ennemi.

  • 6Ravir, prendre par force. Les voleurs ont tout enlevé. Un rival odieux, Seigneur, vous enlevait le bien de vos aïeux, Voltaire, Tancr. III, 3.
  • 7Causer la mort, en parlant des maladies. Une pleurésie l'a enlevé en peu de jours. Ils se plaignaient que celui qui était leur roi leur fût si cruellement enlevé, Vaugelas, Q. C. liv. III, dans RICHELET. Elle [Madame] ne tourna jamais son esprit du côté de la vie ; jamais un mot de réflexion sur la cruauté de sa destinée, qui l'enlevait dans le plus beau de son âge, La Fayette, Hist. d'Henr. d'Angl. Œuvr. compl. t. III, p. 183, dans POUGENS. Tout semble me prouver que mon fils ne m'est enlevé que par le plus lâche des assassinats, Genlis, Théât. d'éduc. la Curieuse, III, 1.
  • 8 Terme de commerce. Enlever des marchandises, se hâter de les acheter. Deux cents exemplaires furent enlevés dans l'espace de douze heures, Genlis, Veillées du chât. t. III, p. 223, dans POUGENS.

    Il se dit aussi pour accaparer. Les gros négociants enlevèrent tout le sucre qui était sur le marché.

  • 9Commettre un rapt. Pâris enleva Hélène. Cette jeune fille s'est laissé enlever. Quand Mercure vint la reprendre, Notre époux sentit à la rendre Plus de plaisir qu'à l'enlever, Lamotte, Fabl. III, 12. Enlever, vous me faites rire… ce mot ne peut s'appliquer à une petite créature de cet état… on enlève une fille de qualité, mais on emmène une paysanne, Genlis, Théât. d'éduc. Vrai sage, II, 5.

    Se faire enlever, se dit d'une femme qui donne les mains à son enlèvement.

  • 10Ôter, arracher. Enlever la croûte d'un pâté, l'écorce d'un arbre.

    Faire disparaître. Ce savon enlève les taches. Recewinde voulait enlever les principales causes de séparation qui étaient entre les Goths et les Romains, Montesquieu, Espr. XXVIII, 7.

    Par exagération. Enlever le palais, se dit des mets trop chauds ou trop épicés.

  • 11Faire une arrestation. Il fit enlever cet homme en vertu d'un décret de prise de corps. Je fis enlever et exécuter le duc de Glocester, mon oncle, qui ralliait tous les mécontents contre moi, Fénelon, Dial. des morts mod. dial. 2.

    Par extension. S'il est prêt à partir, il peut en ce moment Enlever avec lui son otage aisément, Corneille, Nicom. v, 5. Cet Achille… Dont la sanglante main m'enleva prisonnière, Racine, Iphig. II, 1.

  • 12 Terme de chasse. Enlever la meute, l'entraîner par le plus court chemin là où un chasseur a vu la bête, au lieu de la laisser chasser en suivant la piste.

    Terme de manége. Enlever un cheval, le porter vigoureusement en avant.

    Familièrement, faire une chose rapidement. Enlevez-moi cela.

  • 13Ravir, transporter, animer au plus haut point. Cet orateur enlève son auditoire. Je lis M. Nicole avec un plaisir qui m'enlève, Sévigné, 87. Tout le monde eût aperçu sa peine et sa honte, si la lyre de Mentor n'eût enlevé l'âme de tous les assistants, Fénelon, Tél. VIII. C'est ainsi qu'avec une lyre il [Orphée] apprivoisait les bêtes farouches et enlevait les bois et les rochers, Fénelon, ib. Le charme de ses paroles enlevait les cœurs, Fénelon, ib. X. Ceux qui joignent le sublime au nouveau, le grand à l'extraordinaire, ne manquent presque jamais d'enlever et d'étourdir le commun des hommes, quand même ils ne diraient que des sottises, Malebranche, Rech. vér. v, 7. Elle est toute spirituelle dans ses mauvaises humeurs ; elle a des reparties brillantes, qui m'enlèvent, Lesage, Turcaret, I, 9.

    Absolument. On a déjà représenté à Saint-Cyr la comédie ou tragédie d'Esther, le roi l'a trouvée admirable, M. le prince y a pleuré ; Racine n'a rien fait de plus beau ni de plus touchant ; il y a une prière d'Esther pour Assuérus qui enlève, Sévigné, 512. Ils enlevaient par la beauté de leurs harangues, Sévigné, 592. Il était question de son cœur qui est enterré aux Jésuites, il en a donc parlé et avec une grâce et une éloquence qui entraîne ou qui enlève, comme vous voudrez, Sévigné, Lett. du 25 avril 1687. Madame de Fontevrault parlait à enlever, quand elle traitait de quelque matière, Saint-Simon, 411, 157.

    Dans un sens analogue. Obtenir par une sorte de violence. Où sont ceux qui possèdent le grand art d'enlever la persuasion et de remuer les cœurs de tout un peuple ? Fénelon, t. XXI, p. 166. Oh ! malheureux l'auteur… Qui, rempli d'une noble et constante fierté… Veut par ses talents seuls enlever les suffrages, Gilbert, Le 18e s.

    Il se dit aussi de l'action exercée sur une multitude, sur une troupe pour la décider, l'entraîner. Ces paroles enlevèrent la foule, qui courut aux barricades. Le colonel enleva son régiment, qui hésitait à marcher sur la batterie.

  • 14Battre le fond d'un chaudron avec le marteau rond.

    Enlever une pièce de cuivre, en aplanir les bosses au marteau.

    Terme de serrurerie. Séparer d'une barre de fer le morceau dont on veut faire quelque ouvrage. Enlever une clef.

  • 15S'enlever, v. réfl. Être levé en haut. Le ballon s'enleva dans les airs. Le cheval s'enlevait sur ses jambes de derrière.

    Être détaché, ôté. L'écorce de cet arbre commence à s'enlever.

    Être effacé. Les taches d'huile ne s'enlèvent pas facilement.

    Être acheté avec empressement. Cette marchandise s'enlève rapidement.

    Se dérober à soi-même. Quelques pages plus loin, vous retrouvez la vivacité impétueuse de Lovelace, son incorrigible folie, et cette gaîté non plus du vice mais du remords, qui cherche à s'étourdir, à se distraire, à s'enlever à lui-même, Villemain, Litt. fr. 18e siècle, 2e part. 1re leç.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et Artus prant l'espée ; si l'anlieve autresinc legierement, que rien nule ne li greva, Merlin, f° 74.

XIVe s. Faire et forgier v chaatons, IX virolles à bestelettes et à feuilles enlevées, De Laborde, Émaux, p. 310.

XVIe s. Les aureilles avoyent hault enlevées, grandes comme aureilles d'asne, Rabelais, Pant. IV, 32. Archelaus conjecturant par le poulcier que les chevaulx enlevoient, ce que c'estoit…, Amyot, Sylla, 42.

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Enlever : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

Enlever les chauderons, terme de Chauderonnier ; c’est en faire le fond avec le marteau rond. On donne cette façon sur la grande bigorne.

Enlever signifie aussi redresser un chauderon, en ôter les bosses, ce qu’on fait avec le marteau de buis & l’enclumeau. Voyez les Planches du Chauderonnier.

Enlever, en terme d’Eperonnier, se dit de l’action de séparer sur l’enclume à coups de marteau, la branche d’un mors, d’un barreau de fer de dix à onze lignes d’épaisseur. Cette branche s’appelle branche d’enlevûre, parce qu’elle est effectivement enlevée de ce barreau : on enleve aussi du même barreau l’embouchure du mors ; & cette embouchure s’appelle enlevûre pour la même raison. On enleve ces parties d’un mors au moyen d’un ciseau appellé tranche, que l’on frappe sur le barreau à demi-chaud pour les en séparer. Voyez Tranche, & les figures de l’Eperonnier.

Enlever, terme de Serrurier & de Taillandier ; c’est d’une barre de fer en faire la piece commandée ; & au lieu de dire forger une clé, une coignée, ils disent enlever une clé, une coignée.

Enlever la meute, (Vénerie.) c’est, lorsqu’au lieu de laisser chasser les chiens, on les entraîne par le plus court chemin au lieu où un chasseur a vû le cerf, & où on retrouve la voie.

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Étymologie de « enlever »

Étymologie de enlever - Littré

En 2, et lever ; provenç. enlevar.

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Étymologie de enlever - Wiktionnaire

De lever, avec le préfixe en-.
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Phonétique du mot « enlever »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
enlever ɑ̃lve play_arrow

Conjugaison du verbe « enlever »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe enlever

Évolution historique de l’usage du mot « enlever »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « enlever »

  • Au cours de la soirée, Sabrina insiste beaucoup sur le couple en devenir que représente Nathan et Barbara et leur offre même un bon pour un massage. Pendant ce temps, quelqu’un en profite pour enlever Léon… Mais qui est derrière cet enlèvement du bébé ? Stars Actu, Plus belle la vie en avance : le bébé se fait enlever ! (vidéo PBLV épisode n°4061) - Stars Actu
  • Je m’attendais à tout, mais pas au premier prix ! Je pense que j’ai un micro-avantage sur les autres, j’écris beaucoup, depuis environ deux ans. Mais depuis toute petite, j’ai toujours inventé des histoires que je racontais à mes grands-parents. Il me semble que ça m’aide à enlever le bazar qu’il y a dans ma tête ! midilibre.fr, Emma, 15 ans : "Écrire, ça m’aide à enlever tout le bazar qu’il y a dans ma tête !" - midilibre.fr
  • Un ferrailleur est intervenu en fin d’après-midi pour enlever une épave garée sur la place Emile-Zola en plein centre-ville de Salins-les-Bains (Jura). , Jura | Un ferrailleur intervient pour enlever une épave garée en plein centre-ville et trouve un obus à l’intérieur
  • - Changer de nom en est une selon vous?- Absolument. Comment peut-on se chercher une identité alors que les racines du parti remontent à la création de l’Etat fédéral, en 1848? Le C incarne les valeurs que nous défendons. L’enlever équivaudrait à amputer une partie de l’histoire de notre mouvement, à révoquer ses fondements. Ce serait le coup de grâce. , «Enlever le C donnerait le coup de grâce au PDC» | Illustré
  • Une strip-teaseuse prouve que si les femmes n’ont jamais rien à se mettre, il leur faut toujours du temps pour l’enlever. De Noctuel
  • Exprimer ses émotions, c'est comme d'enlever les nuages noirs devant le soleil pour laisser pousser les fleurs. De Tanya Sénécal
  • Le mari parfait est celui que toutes les amies de sa femme lui envient, sans parvenir à le lui enlever. De Marcel Bizos / Sondage sur la vie
  • Une phrase bien écrite est celle dont on ne saurait enlever une syllabe sans fausser la mesure de la phrase. De Pierre Louÿs
  • Mais ni vous ni mes plaies ne pourront m’enlever que je vous aie aimée. De Denys Gagnon / Les Noces de la bête
  • A ceux qui se taisent on ne peut enlever la parole. De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • Il faut rire de l'absurdité qu'on ne peut enlever au monde. De Jean-Pierre Martel / Les Oeuvres complètes de Marguerite T. Barné
  • L’arithmétique, c’est être capable de compter jusqu’à vingt sans enlever ses chaussures. De Walt Disney / Mickey Mouse
  • Rien de tel que des amis à la maison pour enlever les araignées du plafond. De Philippe Obrecht
  • Ce qu'on a vécu, personne ne peut nous l'enlever. De Julie Jeannin
  • Celui qui déplace la montagne, c'est celui qui commence à enlever les petites pierres. De Confucius
  • L’épine dans la chair d’autrui est facile à enlever. De Proverbe rundi
  • Une femme qui se laisse enlever est toujours ravie. De Anonyme / Dictionnaire de l’Amour
  • Nommer les choses, c’est leur enlever leur danger. De Amélie Nothomb / Péplum
  • On peut violer les lois sans enlever la culotte. De Professeur Choron

Traductions du mot « enlever »

Langue Traduction
Corse da falà
Basque kendu
Japonais 離陸する
Russe взлетать
Portugais decolar
Arabe للاقلاع
Chinois 起飞
Allemand abheben
Italien per decollare
Espagnol despegar
Anglais to take off
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Synonymes de « enlever »

Source : synonymes de enlever sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « enlever »


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