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Racine

Variantes Singulier Pluriel
Féminin racine racines

Définitions de « racine »

Trésor de la Langue Française informatisé

RACINE, subst. fém.

I.
A. −
1. BOT. Partie inférieure, le plus souvent souterraine, d'une plante vasculaire, qui permet la fixation du végétal dans le sol tout en assurant son alimentation en eau et en sels minéraux. Racine principale, secondaire; racine charnue, ligneuse, tubéreuse; racine séminale; racine d'ancrage; collet, poils absorbants, coiffe d'une racine. Tout propriétaire peut couper lui-même, à la limite de sa propriété, les racines, ronces, brindilles qui empiètent sur son héritage (Réau-Rond.1951).[La racine d'un arbre] s'accroît chaque année en longueur et en diamètre. Elle se ramifie en racines secondaires de plus en plus petites dont les dernières s'appellent les radicelles (Cochet, Bois, 1963, p. 15):
1. ... sous l'influence de ce milieu tiède, humide, le gland se gonfle, l'écaille de sa robe se fend, (...). L'embryon (...) qui sommeillait s'éveille et émet sa radicule, sa racine filiforme aussitôt orientée perpendiculairement vers le fond. Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 14.
Racine pivotante. Racine principale formant pivot, beaucoup plus développée que ses ramifications. Les arbres à racines traçantes s'arrachent (...) plus aisément que ceux à racines pivotantes (Ballu, Mach. agric., 1933, p. 26).
Racine fasciculée. Racine principale produisant à sa base des racines secondaires de même taille, et dont l'ensemble forme une touffe étalée à peu de profondeur du sol. Les racines fasciculées d'un plant de blé sont étalées en surface (Encyclop. Sc. Techn.t. 91973, p. 283).
Racine traçante. Racine qui prend naissance à la partie supérieure du pivot et qui s'étend horizontalement sous la surface de la terre. Souvent il s'y joint des saules et des aunes, dont les racines traçantes sont semblables à des cordes. Si un de ces arbres vient à être renversé par quelque inondation fortuite, il pousse des rejetons de chacun de ses rameaux, et reproduit à lui seul une forêt (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 240).
Racines adventives. Racines qui prennent naissance latéralement sur une tige ou sur un rhizome. Le système des racines se complète par des racines dites adventives, parce que développées sur la partie souterraine de la tige. (...) par exemple (...) les racines qui paraissent là où les tiges des ronces touchent terre, ou sur les gourmands des fraisiers (Plantefol, Bot. et biol. végét., t. 1, 1931, p. 32).V. adventif ex. 4, 5.
Racines-crampons. ,,Racines adventives restant courtes et dures, et servant à fixer les plantes grimpantes au support`` (Gatin 1924).
Racines aériennes. ,,Racines naissant à une hauteur plus ou moins grande sur les branches d'une plante, et se développant tout d'abord dans l'air avant d'atteindre le sol`` (Gatin 1924). Certaines Monocotylédones, par exemple les Orchidées et les Aroïdées épiphytes, produisent d'abondantes racines aériennes; c'est le cas des Vanda des tropiques dont les racines ressemblent à de longs cordages enroulés autour des arbres (Encyclop. Sc. Techn.t. 91973, p. 284).
2. DR. CIVIL. ,,Fruits pendants par (les) racines. Fruits qui ne sont pas encore coupés et cueillis. Des fruits pendants par les racines font partie du fonds`` (Ac.).
3. Loc. verb.
a) Prendre racine. [Le suj. désigne un végétal] Se fixer au sol, commencer à se développer. Synon. s'enraciner.Cette bouture prend racine. Dans les disjoints de leur masse avaient pris racine des touffes de framboisiers et des sapins en aigrettes (Pourrat, Gaspard, 1930, p. 289).
Proverbe. À la Sainte Catherine, tout bois prend racine. Ce sont les morts qui veillent aux germinations durant ce long mois [de novembre] où « à la Sainte Catherine tout bois prend racine » (La Varende, Normandie en fl., 1950, p. 223).
P. anal. Demeurer longtemps debout et immobile. Autour d'eux, la foule semblait avoir pris racine, les yeux restaient obstinément tournés vers le mystère de cette façade obscure, gardée par la police (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 553).
Au fig.
α) [Le suj. désigne une pers.]
S'installer chez quelqu'un, prolonger trop longtemps une visite sans manifester l'intention de partir. Synon. s'implanter, s'incruster.Il prend racine chez vous (Ac.1935).
Se fixer dans un lieu, s'y créer des attaches solides. Me voici en chemin pour Naples, je n'y veux être qu'un mois si je puis, mais c'est un pays où je prends aisément racine (Courier, Lettres Fr. et Ital., 1811, p. 845).Le Survenant ne repartira pas. À la première nouvelle, il épousera Angélina Desmarais. À son tour il prendra racine au Chenal du Moine pour le reste de ses jours (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 196).
β) [Le suj. désigne une chose abstr.] Se fixer profondément, solidement. Mais ce que j'essaie de vous expliquer, c'est comment ces passions politiques ont pris racine dans la bourgeoisie et pourquoi elles sont au même degré d'exaspération alors qu'elles devraient être oubliées et déjà regrettées (Aymé, Confort, 1949, p. 160).
b) Jeter des racines. [Le suj. désigne un végétal] Émettre des racines. Les Corinthiens vénèrent cet arbre [un antique figuier] (...). Il a plongé dans la terre des branches qui y ont jeté des racines et se couronne encore d'un épais feuillage (A. France, Pierre bl., 1905, p. 132).
Au fig., vieilli. ,,S'attacher fortement`` (Littré).
c) Manger* les pissenlits par la racine.
4. Vieilli. Plante dont la seule partie souterraine est comestible (carotte, betterave, navet, etc.); partie souterraine que l'on mange. Se nourrir de racines. C'est un homme qui ne vit que de racines (Ac.).Potage aux racines (Ac.1798-1878).Julienne. Ce potage est composé de carottes, navets, poireaux (...) ces racines seront coupées en filets de la grosseur d'une demi-ligne (Viard, Cuisin. impérial, 1814, p. 4).La nouvelle arriva dans les gazettes qu'un brave homme, nommé Parmentier, avait planté de ces racines [la pomme de terre] aux environs de Paris (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 58).Le cultivateur de la Chine, vivant de riz, de fruits, de racines, de poisson (Faure, Espr. formes, 1927, p. 88).
B. − [Utilisation des racines]
1. PHARM. Partie souterraine de certains végétaux que l'on utilise le plus souvent en infusion ou en décoction, dans un but thérapeutique. Racines apéritives majeures, celles d'ache, d'asperge, de fenouil, de persil et du petit houx; racines apéritives mineures, celles de chiendent, de câprier, de garance (Littré).Plusieurs racines sont aussi employées en médecine. On peut citer la racine de la guimauve, qui est adoucissante et la racine de la gentiane, qui est amère (G. Bonnier, Élém. de Bot., Paris, P. Dupont, 1892, p. 16):
2. ... on fera boire abondamment d'une tisanne faite avec les racines de chiendent, fraisier et chicorée (...). Lorsque la fièvre sera tombée et que les douleurs seront diminuées, on nourrira un peu plus le malade... Geoffroy, Méd. prat., 1800, p. 410.
2. ÉBÉN. Partie souterraine de certains arbres ou végétaux que l'on utilise pour fabriquer meubles et objets divers. Un meuble de racine d'orme, d'if, d'olivier; pipe en racine de bruyère. Une boîte de racine de buis (Ac.).Dans le vestibule, (...) la canne en racine de chêne, (...) que mon grand-père avait rapporté d'Irlande (Green, Journal, 1933, p. 171).Le style du berceau pouvait changer, mais il avait en général la forme d'un coffre et il était en bois ou en fibres de racines de cèdre (Page, Dern. peuples primit., 1941, p. 112):
3. Les ébénistes surent tirer un parti merveilleux de bois qu'on avait jusqu'alors traités en parents pauvres. (...), les fabricants utilisèrent du frêne rosé, du thuya moucheté, (...), de la racine de buis... Viaux, Meuble Fr., 1962, p. 146.
En partic. Bois de racine. ,,Bois pris dans les racines ou le collet d'un arbre pour en faire des marqueteries`` (Fonv. 1974). Le bois de racine, comme celui de loupe, possède des fibres très serrées formant des mouvements variés qui ont un effet décoratif (Fonv.1974).
C. − Au fig.
1.
a) Origine, principe. Il faut couper le mal dans sa racine (Ac.1935).Je désire dégager la racine des causes diverses de ma défaite (Saint-Exup., Pilote guerre, 1942, p. 370).
Loc. verb.
Avoir sa racine dans. Avoir son origine dans. Je suis persuadé que le talent de MmeSand a sa racine dans la corruption (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 555).
Être à la racine de. Être à l'origine de:
4. Sur les photos de famille, je tire la langue, je tourne le dos: autour de moi on rit. Ces menues victoires m'encouragèrent à ne pas considérer comme insurmontables les règles, les rites, la routine; elles sont à la racine d'un certain optimisme qui devait survivre à tous les dressages. Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 18.
b) Au plur. Les racines (de qqn). Ses origines considérées sur le plan de l'hérédité sociale. Avoir des racines dans un lieu. C'est ici, c'est à Borville, c'est dans cet étroit sillon, que l'on s'enfonce jusqu'aux racines des trois Baillard (Barrès, Colline insp., 1913, p. 86).Sans doute à cause de ses racines paysannes, il [Proudhon] réagit violemment contre le mysticisme saint-simonien (Beauvoir, Deux. sexe, t. 1, 1949, p. 190).
2. Attache, lien profond. On est vieux sans avoir rien fait de ce que font les autres; sans aucune attache, aucune racine, aucun lien, presque sans amis, sans parents, sans femmes, sans enfants! (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Ermite, 1886, p. 1055):
5. ... ces attachements de l'enfance laissent de si profondes racines, qu'il nous suffisait d'être de nouveau ensemble pour que renaisse, chaque fois, d'emblée, notre confiante et affectueuse amitié d'autrefois. Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. LVIII.
II. − P. anal.
A. − [À propos d'un être vivant]
1. ANATOMIE
a) ,,Origine d'une structure`` (Méd. Biol. t. 3 1972). Racine nerveuse (Méd. Biol. t. 3 1972).
Racine rachidienne, du nerf rachidien. Chacune des deux parties par lesquelles chaque nerf rachidien se détache de la moelle épinière. Les expériences de Magendie établissaient pour la première fois qu'un nerf rachidien, formé par la réunion des fibres de ses deux racines, les unes sensitives (celles de la racine postérieure), les autres motrices (celles de la racine antérieure), est un nerf mixte (Camefort, Gama, Sc. nat., 1960, p. 257).
b) Partie constituant la base d'un organe. Synon. naissance.Racine du doigt, de la langue, des ongles. Ses sourcils s'étendaient comme des arcs d'ébène, et leurs pointes se rencontraient à la racine d'un nez mince, aquilin (Gautier, Rom. momie, 1858, p. 275).Figurez-vous, Suzanne, que nous avons tous une petite tache brune à la racine du cou (Duhamel, Suzanne, 1941, p. 242).C'est à cette période que se développe une obésité vraie portant surtout sur le visage, le ventre et la racine des membres (Quillet Méd.1965, p. 486).
ODONTO-STOMATOLOGIE. Racine dentaire, racine (de la dent). ,,Portion de la dent qui est incluse dans l'alvéole`` (Méd. Biol. t. 3 1972). Dent à une, deux, trois racines. Hier, (...) injection de novocaïne pour procéder à l'extraction assez pénible d'une racine de molaire (Gide, Journal, 1942, p. 128).
Racine d'un poil, d'un cheveu. Partie enfoncée dans le follicule pileux. Le poil naît (...) par une partie renflée formant la racine et portant le nom de bulbe (Richer, Nouv. anat. artist., t. 2, 1920, pp. 103-107).
À la racine de. À la base de. On s'est contenté de frapper trois coups (...) − au lieu d'aller ouvrir, il est resté assis, sentant sa peau se soulever à la racine de ses poils, dans ses cheveux, dans sa barbe (Ramuz, Gde peur mont., 1926, p. 142).La lampe lui chauffait le visage et faisait perler des gouttes de sueur à la racine de ses cheveux (Green, Moïra, 1950, p. 59).
Loc. fig. Jusqu'à la racine des cheveux, des ongles. Entièrement. Geneviève était Métidieu jusqu'à la racine des ongles (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 13).Il arpentait sa chambre d'un air méditatif, quand on entendit deux coups de sonnette impérieux; Lambert rougit jusqu'à la racine des cheveux: « Mon père! Je ne l'attendais pas si tôt! » (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 243).De la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. Même sens.
2. PATHOL., vx. Racine d'un cancer, d'un polype. Prolongement que ces tumeurs morbides envoient dans les parties voisines (d'apr. Nysten 1824).
Loc. verb.
Couper le mal dans sa racine. ,,En détruire la cause et l'empêcher de se reproduire`` (Nysten 1814).
Couper, trancher le mal dans/à sa racine (au fig.). Détruire, de manière définitive, ce qui peut être néfaste. Les Strozzi d'abord, qui, prévoyant l'avenir, ont voulu trancher le mal dans sa racine (Dumas père, Lorenzino, 1842, i, 13, p. 217).L'abbé: J'ai agi ainsi parce qu'il fallait couper le mal à sa racine (Montherl., Ville dont prince, 1951, i, 1, p. 855).
Aller à la racine du mal (au fig.). Attaquer ses bases, ses origines. Votre commission a proposé des amendements utiles sans doute, mais qui ne vont point à la racine du mal (Chateaubr., Disc. et opin., 1826, p. 484).Seulement ces mesures ne peuvent par elles-mêmes arrêter la crise de notre temps, parce qu'elles ne vont pas à la racine du mal (Maurois, Journal, 1946, p. 32).
B. − [À propos d'une chose]
1. Partie inférieure, base. La racine de la flamme près de l'arc subsiste longtemps, mais la partie médiane s'éteint plus vite que l'extrémité (J. Phys. et Radium, 1926, p. 115D). [Dans une hélice aérienne] la fraction de pas partielle est rarement constante de la racine de l'aile à son extrémité (Marchis, Nav. aér., 1904, p. 610).
a) MINES et CARR. ,,Partie enterrée d'une masse de pierres en cours d'exploitation`` (Noël 1968).
b) GÉOL. ,,Base d'un pli anticlinal qui a été couché puis étranglé par l'effort orogénique`` (Noël 1968).
Racine des montagnes. Base, pied. Le sol arrivait du bout de l'horizon (...) sans rencontrer l'obstacle d'une haie, et il s'étendait d'un seul tenant jusqu'à la racine des montagnes (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 54).
c) PÊCHE. Synon. de bas de ligne (v. bas1II A 1 d).La racine était faite autrefois en crin japonais ou de Florence (ou racine anglaise); la racine japonaise (...) disputait le marché à la racine anglaise. (...) le nylon (...) a détrôné définitivement les racines (Pollet1970).
2. RELIURE. ,,Veau utilisé en reliure dont la surface a été parsemée de taches foncées imitant les veines d'une planche de bois sciée dans le sens des fibres`` (Brun 1968).
III. − Spécialement
A. −
1. LING. ,,Élément irréductible récurrent dans les formes lexicales apparentées par le sens et considéré en linguistique historique comme la forme la plus ancienne expliquant tous les dérivés ultérieurs`` (D. D. L. 1976). Hovesh (...). C'est celui qui a le droit de mettre en prison, c'est le gouverneur. Le mot qui, en hébreu moderne, désigne le prisonnier est tiré de la même racine et se dit havoush (Green, Journal, 1939, p. 238):
6. La distinction entre racine et radical n'est pas toujours très claire. Le terme racine est souvent réservé à la linguistique diachronique: ainsi des « racines indo-européennes » sont reconstituées à partir de la comparaison du grec, du latin, etc. Lang.1973.
2. Racines grecques. Recueil de mots grecs classés par famille et destinés à être appris par cœur. Les leçons surtout étaient mon écueil; je passais des heures à apprendre deux stances de racines grecques (Michelet, Mémor., 1822, p. 203).Ces chapitres ne sont pas destinés à être régulièrement, et l'un après l'autre, appris par cœur, comme on faisait jadis des Racines grecques (M. Bréal, A. Bailly, Les Mots gr. groupés d'après la forme et le sens, 1911, p. vii).
Jardin des racines grecques. V. jardin B 7.
B. −
1. INFORMATIQUE
Racine d'un programme. ,,Segment principal, en mémoire centrale, pendant l'exécution d'un programme segmenté`` (Ging.-Lauret 1973). La racine contient notamment les données nécessaires à l'appel des autres segments (MorvanInformat.1981).
Racine d'un arbre. ,,Dans une structure en arbre, point de départ de la structure`` (Ging.-Lauret 1982).
2. MATHÉMATIQUES
a) Racine nièmed'un nombre. Nombre qui, élevé à la puissance n, donne le nombre proposé. Racine carrée, cubique, quatrième. Nous allons tout d'abord supposer, à seule fin de faciliter les calculs, que le refroidissement suit la loi particulière indiquée par la formule [X], (...): le rayon terrestre, avec cette loi, varierait comme l'inverse de la racine septième du temps (H. Poincaré, Hyp. cosmogon., 1911, p. 182).
Racine carrée d'un nombre positif a. Nombre positif dont le carré est égal à a. Claudine, au tableau. Extrayez la racine carrée de deux millions soixante-treize mille six cent vingt (Colette, Cl. école, 1900, p. 120).
Racine cubique d'un nombre a. Nombre dont le cube est égal à a. Toi, Tambour, tu vas m'additionner 3.977 et 7.896. Et toi, Gorgô, s'il te plaît, tu m'extrairas la racine cubique de 27. Allez, vous avez de quoi vous amuser (Claudel, Protée, 1914, i, 4, p. 320).
Extraire une racine. Calculer une racine. V. ex. de Colette et de Claudel supra.
b) Racine d'une équation algébrique. Toute valeur de la quantité inconnue qui satisfait à cette équation. La théorie de l'élimination algébrique permet de montrer immédiatement que toute racine d'une équation algébrique à coefficients algébriques est aussi racine d'une équation algébrique à coefficients entiers (E. Borel, Paradoxes de l'infini, 1946, p. 106).
REM. 1.
Mot-racine, subst. masc.,ling. Dérivé ayant une forme identique à celle du mot dont il dérive, ou plus brève encore (d'apr. Ling. 1972). Le mot-racine (...) est celui qu'on peut considérer comme constitué par l'élément irréductible dit racine, sans addition d'aucun élément de formation (Mar.Lex.1933).
2.
Racinaire, adj.,anat., bot. Qui se rapporte aux racines. En 1810, Rufz de Lavison établissait le rôle de l'endoderme dans la sélection des matières dissoutes. Celles-ci, refusées par le cytoplasme des parenchymes racinaires, peuvent cependant pénétrer dans les poils absorbants et circuler jusqu'à l'endoderme par le simple jeu des lois physiques (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 461).L'ensemble des racines d'une plante constitue l'appareil radiculaire, encore appelé système racinaire (Lar. agric.1981).
Prononc. et Orth.: [ʀasin]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1remoit. xiies. empl. p. im., désigne les provignements du peuple d'Israël (Psautier de Cambridge, éd. Fr. Michel, LXXIX, 9); 1188 id. (Aimon de Varennes, Florimont, 8395 ds T.-L.: Amors li ot el cuer planté Un arbre [...] Les racines sont de sospir, Et tuit li rain sont de desir); b) 1155 fig. « principe, source, cause » (Wace, Brut, 1883, ibid.); 1160-74 (Id., Rou, éd. A. J. Holden, III, 11287: coveitise [...] Ele est racine de pechié); c) 1155 id. « souche, origine (d'une personne) » (Id., Brut, 3927 ds T.-L.); 2. 1155 bot., cette partie de la plante étant utilisée comme nourriture (Id., op. cit., 237, ibid.: vivre de racines Come bestes e salvagines); ca 1160 comme médecine (Eneas, 7969, ibid.); spéc. ca 1256 rachine de fonoil, de fleurs de glai (Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 51, 11; 78, 19, ibid.). B. P. anal. « partie d'un élément implantée dans une autre » 1. dans le corps d'un être vivant ca 1200 (Li Dialoge Gregoire, 171, 1, ibid.: lur lengues jus trencier de la racine); xives. la racine dou col [des oiseaux] (Moamin et Ghatrif, III, 8, 2, ibid.); av. 1549 racine des cheveulx (Marguerite de Navarre, Heptaméron, LIV, éd. M. François, p. 342); 1575 racine [des dents] (Paré, Œuvres, XV, 26, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 444b); 1690 racine [de poil] (Fur.); id. pathol. racine [de cancer; de cor au pied] (ibid.); 2. 1269-78 « base, fondation d'une construction » la racine [de la forteresse] (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 7860). C. Fig. 1. xiiies. [ms.] math. la racine cube d'aucun nombre (Comput [Bibl. nat. fr. 7929], fol. 15 ds Littré); 2. 1578 ling. (H. Estienne, Deux Dialogues, éd. P.-M. Smith, p. 421: mot [...] qui est procedé de la mesme racine). Du b. lat. radicι ̄na « racine » (Pelagonius, mil. ives.), dér. de radix, -icis, d'où l'a. fr. raïs, v. raifort. Fréq. abs. littér.: 2 862. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 878, b) 3 278; xxes.: a) 3 194, b) 4 330.
DÉR.
Racinage, subst. masc.a) Bot. , rare. [En parlant d'un végétal] Fait de produire des racines et de se fixer au sol. Synon. enracinement.La vérification de la soudure [des greffes-boutures] et du bon racinage est faite [au printemps] (Brunet, Matér. vitic., 1909, p. 15).b) Agron. alim. Ensemble des racines alimentaires (carottes, salsifis, navets, betteraves, etc.) (d'apr. Fén. 1970). [ʀasina:ʒ]. 1reattest. 1869 « ensemble des racines alimentaires » (Littré); de racine, suff. -age*.

Wiktionnaire

Nom commun - français

racine \ʁa.sin\ féminin

  1. (Botanique) Partie souterraine, plus rarement aérienne, d’un végétal qui lui permet de puiser dans le sol les éléments nécessaires à sa nutrition (eau, sels minéraux) et d’assurer sa fixation à son support.
    • Ce chêne se cramponne au sol pierreux par des racines longues, à moitié hors de la terre, noueuses, couvertes de mousse, et semblables à de grands serpents endormis. — (Alphonse Karr, De loin et de près (1862).)
    • Les racines tordues s'accrochent entre les cailloux comme des pieds désespérés, […]. — (Hippolyte Taine, Voyage en Italie, volume 2, 1866)
    • Pour dormir ils étaient obligés de se hisser sur les racines de mangliers qui abondaient dans cette région. — (Washington Irving, Voyages et découvertes des compagnons de Colomb, Paris : librairie Hachette & Cie, 3e éd., 1893, chapitre 10)
    • Quel que soit l’instrument employé, la section doit toujours être faite rez sol, afin que les rejets qui se développent soient bien assis sur la souche, et puissent émettre des racines qui concourreront dans une large mesure à leur nutrition. — (P. Mouillefert, « Des travaux forestiers durant la mauvaise saison », dans le Journal d'Agriculture pratique, 38e année, tome 1, Paris : Librairie de la Maison rustique, 1874, page 26)
    • Ces sortes d’arbres jettent, poussent de profondes racines.
    • Les racines de certains arbres courent sous la terre, s’étendent bien loin sous terre.
    • Ce plant avait été coupé, il a repoussé de racine.
  2. (En particulier) Racine de certains arbres dont on fait des ouvrages d’ébénisterie et de tour.
    • Un meuble de racine d’orme, d’if, d’olivier, etc.
    • Une botte de racine de buis.
    • C’est du buis de racine.
  3. (En particulier) Plante, telle que les raves, les betteraves, les carottes, les navets, etc., dans lesquelles ce qui est comestible est ce qui vient en terre.
    • A la même époque, Malcolm Flemyng, médecin à Édimbourg, recommande lui aussi, en 1760, de manger avec frugalité, de préférence une alimentation monotone, riche en légumes, racines et verdure, mais sans adjonction de beurre, de tromper sa faim en se remplissant l’estomac de fruits de saison […]. — (Gérard Apfeldorfer, Maigrir, c'est fou !, Éditions Odile Jacob, 2000, 2006)
  4. (Anatomie) Partie des ongles, des dents, des cheveux, des poils par où ils tiennent à la chair.
    • Vers la racine, le poil de rétrécit régulièrement et les extrémités libres sont légèrement renflées ou obtuses. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
  5. (Anatomie) Point par lequel un nerf tient au cerveau ou à la moelle épinière.
  6. (Figuré) Principe du commencement de certaines choses ; origine.
    • Le dogme de l’incurable méchanceté de l'homme a, d'ailleurs, chez certains de ses adeptes, une autre racine : un plaisir romantique à évoquer la race humaine murée dans une misère fatale et éternelle. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, page 194)
    • Bien qu'il plonge ses racines dans le zen, le chanoyu ne prône donc pas de doctrine religieuse. Il faut plutôt le considérer comme l'amalgame d'un vaste ensemble d'idéaux philosophiques et esthétiques […]. — (Gretchen Mittwer, L'art du thé au Japon, dans Tea for 2: les rituels du thé dans le monde, Bruxelles : Crédit communal & Renaissance du Livre, 1999, page 118)
    • La racine indienne est ainsi un élément constitutif du nous majoritaire, et c’est sur cette organisation spécifique de l’altérité que les idées multiculturelles se greffent. — (Paula López CABALLERO, « Altérités intimes, altérités éloignées : la greffe du multiculturalisme en Amérique latine », Critique internationale, 2011, n°2, page 129-149.)
    • La coupe que j'ai donnée alors des environs de Roche-de-Vic pourrait aujourd'hui s'interpréter très aisément comme un pli couché dont la racine serait au Sud-Ouest et qui viendrait passer sur les roches écrasées d’Argentat. — (Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 156, Éditions Gauthier-Villars,, 1913, page 1437)
  7. (Linguistique, Morphologie) Mot primitif, d’où dérivent d’autres mots ; la plus petite et plus ancienne unité lexicale qui permette de former des mots apparentés.
    • Le mot Front en français est la racine des mots Frontal, Frontière, Frontispice, Affronter, Effronté, etc.
  8. (Linguistique, Morphologie) (Par extension) Étymon.
  9. (Mathématiques) Valeur d'une fonction pour laquelle cette dernière s'annule.
    • Lorsque le discriminant est strictement positif, la fonction admet deux racines.
    • Dans ce chapitre, nous énonçons uniquement des résultats d'intégralité pour les coefficients de Taylor de racines de coordonnées canoniques. — (Éric Delaygue, Propriétés arithmétiques des applications miroir, Institut Fourier, 2011, page 17 → lire en ligne)
  10. (Mathématiques) Nombre déduit d’un autre, de telle sorte que le second soit une puissance du premier.
    • Trois est la racine carrée de neuf.
    • Trois est la racine cubique de vingt-sept.
    • Extraire la racine carrée, la racine cubique d’un nombre.
  11. (Informatique, Programmation) Élément (« nœud ») de base d’une structure arborescente (« arbre »), qui n’a lui-même aucun nœud parent.
    • On peut alors reformuler la définition formelle d’un arbre de la manière suivante : il y a exactement un seul chemin entre la racine et chacun des autres nœuds de l’arbre. — (Sebastien Veigneau, Approches impérative et fonctionnelle de l’algorithmique, Springer, 1999, page 98)
  12. (Informatique) (Spécifiquement) Répertoire de base d’un système de fichiers.
    • La racine d’un disque dur.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RACINE. n. f.
Partie par laquelle les végétaux tiennent à la terre et en tirent leur principale nourriture. Racine chevelue. Racine bulbeuse. Racine pivotante. Racine traçante. La racine d'un arbre, d'une plante. La racine en est sèche, pourrie, gâtée. Ces sortes d'arbres jettent, poussent de profondes racines. Les racines de certains arbres courent sous la terre, s'étendent bien loin sous terre. Cet arbre est malade dans ses racines. Arbre séché dans sa racine. Ce plant avait été coupé, il a repoussé de racine. Prendre racine, Se fixer dans le sol. Il se dit figurément d'une Idée. Cette erreur a pris racine dans les esprits. Il se dit aussi familièrement d'une Personne qui prolonge trop sa visite, son séjour quelque part. Il prend racine chez vous. En termes de Jurisprudence, Fruits pendants par les racines, Fruits qui ne sont pas encore coupés et cueillis. Les fruits pendants par les racines font partie du fonds.

RACINE se dit particulièrement de la Racine de certains arbres dont on fait des ouvrages d'ébénisterie et de tour. Un meuble de racine d'orme, d'if, d'olivier, etc. Une botte de racine de buis. C'est du buis de racine. Il se dit aussi en parlant de Certaines plantes ou herbes, telles que les raves, les betteraves, les carottes, les navets, etc., dans lesquelles ce qui est comestible est ce qui vient en terre, C'est un homme qui ne vit que de racines.

RACINE désigne aussi la Partie des ongles, des dents, des cheveux, des poils par où Ils tiennent à la chair. La racine de la dent est gâtée, est ébranlée. L'ongle est découvert jusqu'à la racine. Il souffre depuis la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. La racine d'un nerf, Le point par lequel ce nerf tient au cerveau ou à la moelle épinière.

RACINE se dit figurément du Principe, du commencement de certaines choses. Il faut couper la racine de ce mal avant qu'il augmente. Il faut couper le mal dans sa racine. Il désigne, en termes de Grammaire, un Mot primitif, d'où dérivent d'autres mots. Le mot Front en français est la racine des mots Frontal, Frontière, Frontispice, Affronter, Effronté, etc. Les racines de la langue grecque ou simplement Les racines grecques. Aujourd'hui, dans l'usage des grammairiens, il désigne plutôt le Monosyllabe ou le dissyllabe auquel on arrive quand on dépouille un mot des préfixes, des suffixes et des flexions. En termes d'Arithmétique et d'Algèbre, La racine carrée d'un nombre proposé, Le nombre qui, multiplié par lui-même, produit le nombre proposé; La racine cubique, Le nombre qui, multiplié par son carré, produit le nombre proposé. Trois est la racine carrée de neuf. Trois est la racine cubique de vingt-sept. Extraire la racine carrée, la racine cubique d'un nombre. On dit de même Racine quatrième, Le nombre qui, multiplié par son cube, donne le nombre proposé. Racines d'une équation, Quantités qui, substituées aux inconnues, satisfont aux données de l'équation.

Littré (1872-1877)

RACINE (ra-si-n') s. f.
  • 1Partie inférieure d'un végétal plongée le plus ordinairement dans la terre, qui croît toujours en sens contraire de la tige, et sert tant à fixer la plante au sol qu'à pomper sa nourriture. Racine pivotante, à base unique, ramifiée ou non, s'enfonçant verticalement dans le sol ; racine à base multiple, fibreuse quand le faisceau qui part du collet se compose de filets minces, noueuse quand les fibres se renflent de distance en distance, tubéreuse quand les fibres sont très renflées à leur milieu ; racine adventive, naissant non du collet mais de la tige ; racine aérienne, racine adventive naissant loin du sol ; racine accessoire, racine naissant des tiges rampantes sur le sol ou sur un corps quelconque. Pousser de profondes racines. Jeter des racines. Duhamel planta un arbre les branches en terre et les racines en l'air, il vit alors les racines métamorphosées en branches et les branches en racines, Sennebier, Ess. art d'obs. t. I, p. 327, dans POUGENS.

    Fig. Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre [race de David] séché jusque dans ses racines ? Racine, Athal. I, 1.

    Terme de palais. Fruits pendants par les racines, par racines, récoltes qui sont encore sur pied, qui n'ont point encore été coupées. Les récoltes pendantes par les racines, et les fruits des arbres non encore recueillis, sont immeubles, Code Nap. art. 250.

    Fig. Prendre racine, jeter racine, se fixer, s'arrêter. Et comme si mes pieds eussent jeté racine, J'ai resté quelque temps immobile…, Mairet, Soliman, II, 4. Le fleuriste a un jardin dans le faubourg ; il y court au lever du soleil, et il en revient à son coucher ; vous le voyez planté et qui a pris racine au milieu de ses tulipes, La Bruyère, VIII. Pour moi, qui n'ai point pris racine sur la terre, Je m'en vais sans effort, comme l'herbe légère Qu'enlève le souffle du soir, Lamartine, Médit. II, 5.

    Familièrement. Prendre racine en un lieu, s'y établir, et aussi faire des visites trop longues et importunes. Son suffisant valet avec sa bonne mine Dans la chambre prochaine a, je crois, pris racine, Scarron, Jodelet ou le maît. val. III, 6. Cette Mme Artus a pris ici racine, Dancourt, Mme Artus, I, 2.

    Prendre racine, se dit aussi de ce qui se fixe, de ce qui devient invétéré. Ce que j'extirpe au loin dans ma cour prend racine, Rotrou, St Genest, III, 2. La tige du péché prendra racine en eux sans qu'ils le connaissent, Sacy, Bible, Ecclésiastiq. III, 30. D'abord le docteur grave qui l'a inventée [une opinion probable] l'expose au monde, et la jette comme une semence pour prendre racine, Pascal, Prov. VI. Il y a tant de liaison entre la spéculation et la pratique, que, quand l'une a pris racine, vous ne faites plus difficulté de permettre l'autre sans déguisement, Pascal, ib. XII.

    Fig. Jeter des racines, s'attacher fortement. Plus vous différez, plus vous jetez de profondes racines dans le crime, Massillon, Avent, Délai.

  • 2Racine de certains arbres dont on fait des ouvrages d'ébénisterie et de tour. Une boîte en racine de buis. Voilà une belle racine.
  • 3Certaines plantes dans lesquelles ce qu'il y a de bon à manger est ce qui vient en terre. Racines alimentaires. Les carottes, les navets, les betteraves sont des racines. Faire cuire des racines. Potage aux racines.
  • 4Nom donné, en pharmacie, à certaines racines qui ont des propriétés médicinales. Je connais la vertu de la moindre racine, Je suis par mon savoir dieu de la médecine, Fontenelle, Sonnet, Apollon à Daphné. Ils se vantèrent de chasser ces diables avec des exorcismes et une racine nommée barath, Voltaire, Philos. Hérode, pharisiens.

    Racines apéritives majeures, celles d'ache, d'asperge, de fenouil, de persil et du petit houx ; racines apéritives mineures, celles de chien-dent, de câprier, de garance, d'éryngion et d'ononis.

  • 5Racine du Brésil, l'ipécacuana.

    Racine d'or, la racine du pigamon tubéreux, appelée aussi racine jaune.

    Racine de Colombo, racine amère qui vient de Ceylan.

  • 6 Terme de teinture. Synonyme de racinage. Sous la racine seule, on doit aussi entendre l'écorce, feuille de noyer et coque de noix, qui sont trois ingrédients provenant du même arbre, et qui servent tous à la couleur du fauve, Instruct. gén. p. la teinture, 18 mars 1671, art. 219.

    Couleur fauve, qui se fait avec le racinage. La racine, écorce de noyer et coque de noix pour le fauve, autrement appellé couleur de racine ou noisette, ib. 1671, art. 257.

  • 7 Terme de reliure. Les taches noires qu'impriment à la peau ou la couperose ou le noir de racine, Lesné, la Reliure, p. 177. La racine est le plus beau marbre qu'on ait imaginé, Lesné, ib. p. 199.

    Noir de racine, noir peu coûteux, que quelques ouvriers préparent en mettant de vieilles ferrailles dans un pot de terre avec du vinaigre et de la bière, Lesné, ib. p. 199.

    Les bibliothécaires nomment racine la marbrure qui imite les veines des racines d'arbres débitées en planches et polies. Veau racine.

  • 8Portion d'un organe servant à son implantation dans un autre organe. La racine des dents, des poils, des cheveux, des ongles. La racine de l'ongle est malade. Ce que je vois de moment en moment me saisit d'épouvante depuis la racine des cheveux jusqu'à l'ongle du petit doigt du pied, Voltaire, Lett. d'Amabed, 4e lett. Les poils étaient blancs à la racine, et noirs à la pointe, Buffon, Quadrup. t. XII, p. 248. Il [le peintre] a placé la racine des cheveux trop loin des tempes, ce qui donne au front un contour moins agréable et moins de finesse au regard, Rousseau, Hél. II, 25.

    Terme d'anatomie. Racine d'un membre, la partie de ce membre la plus voisine du tronc.

  • 9Racine d'un polype, d'un cancer, d'un cor, d'une verrue, prolongement par lesquels ces productions morbides s'enfoncent dans les tissus.
  • 10Racine d'un nerf, point par lequel un nerf se détache d'un centre nerveux (cerveau ou moelle épinière).
  • 11Pied d'une montagne. Les Cordillères, dont les racines bordent, pour ainsi dire, la mer du Sud, Buffon, Add. théor. terre, Œuv. t. VII, p. 435. Ici, comme le remarque saint Jérôme, on est à la racine du mont Moria, sous les murs du temple, Chateaubriand, Itin. 4e part.
  • 12 Fig. Principe, origine de certaines choses. Comme si l'on pouvait couper la racine des doutes d'où naissent les procès, Pascal, Entret. avec M. de Saci. Toutes ces dispositions [au mensonge et au déguisement], si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son cœur [de l'homme], Pascal, Pens. II, 8, éd. HAVET. Le fond du cœur où il [l'ennui] a des racines naturelles, Pascal, ib. IV, 2. Chaque petite parcelle du bien que nous possédons tenant dans le fond du cœur par sa racine particulière, Bossuet, Sermons, Impénit. 1. Oh que de mon esprit… Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines, Et de défauts sans nombre arracher les racines ! Boileau, Ép. X. Pour peu qu'on perce ces dehors éclatants, on entrevoit aisément que cette prétendue modération des Romains avait des racines dans une profonds politique, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VIII, p. 437, dans POUGENS. Mais elle [la loi de Moïse sur le pardon] ne touchait point au cœur, et n'allait pas jusqu'à la racine des haines, Massillon, Carême, Pardon. Vous verrez la racine de mes honteuses passions encore vivantes au fond de mon âme, Massillon, Carême, Impén. fin. Le Seigneur fera sécher la racine de votre orgueilleuse postérité, Massillon, Or. fun. Villeroy. L'homme qui coupait la racine à tant d'abus ne pouvait manquer d'être haï, Marmontel, Mém. XI.
  • 13 Terme de grammaire. Dans l'ancien sens grammatical, mot primitif. Les racines de la langue grecque. Le Jardin des racines grecques de Lancelot. On connaît le liber memorialis à l'usage des écoliers allemands : c'est un petit dictionnaire où les mots latins sont rangés par ordre de racines, Dumarsais, Œuv. t. I, p. 93.

    Maintenant racine signifie le monosyllabe irréductible auquel on parvient en dépouillant les mots (dans notre système de langues) de leurs préfixes, suffixes et flexions.

    Racines prédicatives ou verbales, voy. PRÉDICATIF.

    Racines pronominales ou démonstratives, racines indiquant les êtres individuels et la place qu'ils occupent ; de là sont nés les pronoms, les articles et, en partie, les prépositions, les adverbes et les conjonctions.

    On distingue la racine et le radical, dans les langues synthétiques, telles que le sanscrit, le grec, le latin, etc. Le mot de racine reste appliqué exclusivement à la racine proprement dite, c'est-à-dire à l'élément irréductible ; celui de radical s'applique à la racine déjà munie de son suffixe de dérivation et prête à recevoir la flexion. Ainsi dans partus (l'accouchement), partu est radical, de la racine par, avec suffixe tu.

  • 14 Terme de mathématique. Nombre qui, multiplié par lui-même une ou plusieurs fois, en produit un autre. 5 est une racine de 625, parce qu'en le multipliant trois fois par lui-même, 5x5x5x5, on produit 625. Racine quatrième, racine cinquième, etc., nombre qui, multiplié trois fois, quatre fois par lui-même, donne le nombre proposé.

    Au lieu de racine deuxième, racine troisième, on dit racine carrée, racine cubique. Je m'étais donné à la philosophie, croyant y trouver le repos que Newton appelle rem prorsus substantialem ; mais je vis que la racine carrée du cube des révolutions des planètes et les carrés de leurs distances faisaient encore des ennemis, Voltaire, Mél. litt. Courte réponse.

    On appelait racines sourdes, les racines carrées ou cubiques des nombres qui ne sont ni carrés ni cubiques ; on les nomme aujourd'hui irrationnelles ou incommensurables.

    Terme d'algèbre. Nom qu'on donne aux valeurs des quantités inconnues qui entrent dans les équations au-dessus du premier degré.

  • 15 Terme d'astronomie. Époque ou instant d'où on commence à compter les mouvements des planètes.
  • 16Racine de bryone, espèce de coquille.
  • 17 Terme de minéralogie. Racine d'émeraude, prase.
  • 18 Terme de pêche. Filament transparent et très résistant, pour monter les hameçons destinés à prendre de gros poissons d'eau douce ; on dit aussi crin de Florence ; ces crins sont de la soie qu'on obtient en rompant le ver à soie vivant par le milieu et en étirant la matière soyeuse qu'il contient, et qui se sèche à l'air en un gros fil.

HISTORIQUE

XIIe s. Et si port ci [je porte ici] tel racine auvec mi, Raoul de C. 267. Moult y a poi [peu de] feme sans visse Et sans racine d'avarisse, Brut, v. 1931. Mius [mieux] voelent vivre de racines, Comme bestes en salvecines, ib. V. 237.

XIIIe s. Car pieça c'on dist ce proverbe : De pute racine pute herbe, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 696. Se tu veus la racine cube d'aucun nombre querre…, Comput, f° 15. Et envie est tele racine, Où touz li max prenent orine [origine], Ren. 185. Covoitise est racine de tos maus, Liv. de jost. 10. L'en apele coisins [cousins] ces qui sunt d'une meisme racine, ib. 230. Et par cel jugement apert il clerement que bois, tant comme il tient à racine, est heritages, Beaumanoir, XXVII, 13.

XIVe s. Et pour ce dit l'en que le sanc des freres est un, et la racine une, et teles choses, Oresme, Eth. 251. Et universelment la racine et la cause de toutes les differences dessus dites est que…, Oresme, ib. 64.

XVe s. Et pour ce que vous sachiez veritablement le commencement et la racine de cette guerre et dont elle se meut, Froissart, I, I, 146.

XVIe s. Il estoit sujet à une grande douleur au-dessous de la racine des cheveux, Marguerite de Navarre, Nouv. LIV. Seiche racine, de l'arbre la ruyne, Leroux de Lincy, Prov. II, 83. Ung a toute proprieté de nombre ; car il est parfaict comme 6 ; il est lineal, quarré, cube, solide, racine carrée, racine cube, racine de racine, De la Roche, Arismetique, f° 1. Racine de nombre est ung nombre qui, multiplié en soy une foys ou plusieurs, produit precisement le nombre dont il est racine ; et doyt-on sçavoir qu'il sont infinies especes de racines ; car aulcunes sont racines quarrées qui sont appelées racines secondes ; aulcunes sont racines cubiques qui s'appellent racines tierces ; aulcunes sont racines de racines qui sont dictes racines quartes ; ne plus avant sont entrés les anciens pour la souffisance d'icelles aux raysons d'arismetique et de geometrie ; mais les modernes sont entrés plus parfond en la mer des nombres, et ont trouvé racines quintes, sextes, septimes, etc. jusques ad infinitum, ID. ib. f° 29, verso. Tant de sang que les rois espanchent à ruisseaux S'exalle en douce pluie et en fontaines d'eaux, Qui, coulantes aux pieds de ces plantes divines, Donnent de prendre vie et de croistre aux racines, D'Aubigné, Tragiques, édit. LALANNE, p. 147.

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Étymologie de « racine »

Du bas latin radīcīna, diminutif du latin radix (« racine, base, source, fondement ») dont est issu l’ancien français rais (« racine ») qui donne raifort et radis.
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Picard, rachaine ; wallon, resseinn, carotte ; provenç. racina, razina ; du bas-latin radicina, diminutif du lat. radix, racine, de même radical que ῥίζα ; éolien βρίζα ; anc. scand. rôt ; angl. root ; goth. vaurts ; all. Wurzel ; kymri, gwraidd ; bas-bret. grizien. L'ancienne langue avait raïz, tiré du lat. radīcem.

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Phonétique du mot « racine »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
racine rasin

Fréquence d'apparition du mot « racine » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « racine »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « racine »

  • La racine est une fleur qui dégaine la gloire.
    Khalil Gibran — Le sable et l'écume
  • L’arbre suit sa racine.
    Proverbe berbère
  • Il faut couper le mal dans sa racine.
    Philonide
  • Pour détruire la racine du mythe, il faut anéantir la semence même de l'homme.
    Robert Marteau — Mont-Royal
  • Quand la racine est sauve, le feuillage revient étendre sur la maison son ombre.
    Eschyle — Agamemnon
  • Le fruit ne tombe pas loin de la racine.
    Proverbe bulgare
  • Le passé prend racine dans l’avenir.
    Hafid Aggoune — Les avenirs
  • En 2016, les pavés avaient été retirés lors des travaux de rénovation de la rue de Paris. La municipalité les avait conservés. Assemblés par l'artiste, ils ont repris la forme d'une racine, qui semble plonger sous terre pour resurgir quelques mètres plus loin.
    leparisien.fr — Lieusaint : une sculpture de pavés prend racine en ville - Le Parisien
  • Les candidatures sont ouvertes depuis le 22 juillet. Les dossiers doivent être complétés et envoyés avant le 30 septembre prochain à l'adresse suivante : [email protected].
    Affiches Parisiennes — Le cabinet d'avocats Racine lance un appel à candidatures original pour du coworking
  • Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines !
    Jean Racine — Athalie, I, 1, Abner
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Traductions du mot « racine »

Langue Traduction
Anglais root
Espagnol raíz
Italien radice
Allemand wurzel
Chinois
Arabe جذر
Portugais raiz
Russe корень
Japonais ルート
Basque erro
Corse radice
Source : Google Translate API

Synonymes de « racine »

Source : synonymes de racine sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « racine »

Combien de points fait le mot racine au Scrabble ?

Nombre de points du mot racine au scrabble : 8 points

Racine

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