Racine : définition de racine


Racine : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RACINE, subst. fém.

I.
A. −
1. BOT. Partie inférieure, le plus souvent souterraine, d'une plante vasculaire, qui permet la fixation du végétal dans le sol tout en assurant son alimentation en eau et en sels minéraux. Racine principale, secondaire; racine charnue, ligneuse, tubéreuse; racine séminale; racine d'ancrage; collet, poils absorbants, coiffe d'une racine. Tout propriétaire peut couper lui-même, à la limite de sa propriété, les racines, ronces, brindilles qui empiètent sur son héritage (Réau-Rond.1951).[La racine d'un arbre] s'accroît chaque année en longueur et en diamètre. Elle se ramifie en racines secondaires de plus en plus petites dont les dernières s'appellent les radicelles (Cochet, Bois, 1963, p. 15):
1. ... sous l'influence de ce milieu tiède, humide, le gland se gonfle, l'écaille de sa robe se fend, (...). L'embryon (...) qui sommeillait s'éveille et émet sa radicule, sa racine filiforme aussitôt orientée perpendiculairement vers le fond. Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 14.
Racine pivotante. Racine principale formant pivot, beaucoup plus développée que ses ramifications. Les arbres à racines traçantes s'arrachent (...) plus aisément que ceux à racines pivotantes (Ballu, Mach. agric., 1933, p. 26).
Racine fasciculée. Racine principale produisant à sa base des racines secondaires de même taille, et dont l'ensemble forme une touffe étalée à peu de profondeur du sol. Les racines fasciculées d'un plant de blé sont étalées en surface (Encyclop. Sc. Techn.t. 91973, p. 283).
Racine traçante. Racine qui prend naissance à la partie supérieure du pivot et qui s'étend horizontalement sous la surface de la terre. Souvent il s'y joint des saules et des aunes, dont les racines traçantes sont semblables à des cordes. Si un de ces arbres vient à être renversé par quelque inondation fortuite, il pousse des rejetons de chacun de ses rameaux, et reproduit à lui seul une forêt (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 240).
Racines adventives. Racines qui prennent naissance latéralement sur une tige ou sur un rhizome. Le système des racines se complète par des racines dites adventives, parce que développées sur la partie souterraine de la tige. (...) par exemple (...) les racines qui paraissent là où les tiges des ronces touchent terre, ou sur les gourmands des fraisiers (Plantefol, Bot. et biol. végét., t. 1, 1931, p. 32).V. adventif ex. 4, 5.
Racines-crampons. ,,Racines adventives restant courtes et dures, et servant à fixer les plantes grimpantes au support`` (Gatin 1924).
Racines aériennes. ,,Racines naissant à une hauteur plus ou moins grande sur les branches d'une plante, et se développant tout d'abord dans l'air avant d'atteindre le sol`` (Gatin 1924). Certaines Monocotylédones, par exemple les Orchidées et les Aroïdées épiphytes, produisent d'abondantes racines aériennes; c'est le cas des Vanda des tropiques dont les racines ressemblent à de longs cordages enroulés autour des arbres (Encyclop. Sc. Techn.t. 91973, p. 284).
2. DR. CIVIL. ,,Fruits pendants par (les) racines. Fruits qui ne sont pas encore coupés et cueillis. Des fruits pendants par les racines font partie du fonds`` (Ac.).
3. Loc. verb.
a) Prendre racine. [Le suj. désigne un végétal] Se fixer au sol, commencer à se développer. Synon. s'enraciner.Cette bouture prend racine. Dans les disjoints de leur masse avaient pris racine des touffes de framboisiers et des sapins en aigrettes (Pourrat, Gaspard, 1930, p. 289).
Proverbe. À la Sainte Catherine, tout bois prend racine. Ce sont les morts qui veillent aux germinations durant ce long mois [de novembre] où « à la Sainte Catherine tout bois prend racine » (La Varende, Normandie en fl., 1950, p. 223).
P. anal. Demeurer longtemps debout et immobile. Autour d'eux, la foule semblait avoir pris racine, les yeux restaient obstinément tournés vers le mystère de cette façade obscure, gardée par la police (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 553).
Au fig.
α) [Le suj. désigne une pers.]
S'installer chez quelqu'un, prolonger trop longtemps une visite sans manifester l'intention de partir. Synon. s'implanter, s'incruster.Il prend racine chez vous (Ac.1935).
Se fixer dans un lieu, s'y créer des attaches solides. Me voici en chemin pour Naples, je n'y veux être qu'un mois si je puis, mais c'est un pays où je prends aisément racine (Courier, Lettres Fr. et Ital., 1811, p. 845).Le Survenant ne repartira pas. À la première nouvelle, il épousera Angélina Desmarais. À son tour il prendra racine au Chenal du Moine pour le reste de ses jours (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 196).
β) [Le suj. désigne une chose abstr.] Se fixer profondément, solidement. Mais ce que j'essaie de vous expliquer, c'est comment ces passions politiques ont pris racine dans la bourgeoisie et pourquoi elles sont au même degré d'exaspération alors qu'elles devraient être oubliées et déjà regrettées (Aymé, Confort, 1949, p. 160).
b) Jeter des racines. [Le suj. désigne un végétal] Émettre des racines. Les Corinthiens vénèrent cet arbre [un antique figuier] (...). Il a plongé dans la terre des branches qui y ont jeté des racines et se couronne encore d'un épais feuillage (A. France, Pierre bl., 1905, p. 132).
Au fig., vieilli. ,,S'attacher fortement`` (Littré).
c) Manger* les pissenlits par la racine.
4. Vieilli. Plante dont la seule partie souterraine est comestible (carotte, betterave, navet, etc.); partie souterraine que l'on mange. Se nourrir de racines. C'est un homme qui ne vit que de racines (Ac.).Potage aux racines (Ac.1798-1878).Julienne. Ce potage est composé de carottes, navets, poireaux (...) ces racines seront coupées en filets de la grosseur d'une demi-ligne (Viard, Cuisin. impérial, 1814, p. 4).La nouvelle arriva dans les gazettes qu'un brave homme, nommé Parmentier, avait planté de ces racines [la pomme de terre] aux environs de Paris (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 58).Le cultivateur de la Chine, vivant de riz, de fruits, de racines, de poisson (Faure, Espr. formes, 1927, p. 88).
B. − [Utilisation des racines]
1. PHARM. Partie souterraine de certains végétaux que l'on utilise le plus souvent en infusion ou en décoction, dans un but thérapeutique. Racines apéritives majeures, celles d'ache, d'asperge, de fenouil, de persil et du petit houx; racines apéritives mineures, celles de chiendent, de câprier, de garance (Littré).Plusieurs racines sont aussi employées en médecine. On peut citer la racine de la guimauve, qui est adoucissante et la racine de la gentiane, qui est amère (G. Bonnier, Élém. de Bot., Paris, P. Dupont, 1892, p. 16):
2. ... on fera boire abondamment d'une tisanne faite avec les racines de chiendent, fraisier et chicorée (...). Lorsque la fièvre sera tombée et que les douleurs seront diminuées, on nourrira un peu plus le malade... Geoffroy, Méd. prat., 1800, p. 410.
2. ÉBÉN. Partie souterraine de certains arbres ou végétaux que l'on utilise pour fabriquer meubles et objets divers. Un meuble de racine d'orme, d'if, d'olivier; pipe en racine de bruyère. Une boîte de racine de buis (Ac.).Dans le vestibule, (...) la canne en racine de chêne, (...) que mon grand-père avait rapporté d'Irlande (Green, Journal, 1933, p. 171).Le style du berceau pouvait changer, mais il avait en général la forme d'un coffre et il était en bois ou en fibres de racines de cèdre (Page, Dern. peuples primit., 1941, p. 112):
3. Les ébénistes surent tirer un parti merveilleux de bois qu'on avait jusqu'alors traités en parents pauvres. (...), les fabricants utilisèrent du frêne rosé, du thuya moucheté, (...), de la racine de buis... Viaux, Meuble Fr., 1962, p. 146.
En partic. Bois de racine. ,,Bois pris dans les racines ou le collet d'un arbre pour en faire des marqueteries`` (Fonv. 1974). Le bois de racine, comme celui de loupe, possède des fibres très serrées formant des mouvements variés qui ont un effet décoratif (Fonv.1974).
C. − Au fig.
1.
a) Origine, principe. Il faut couper le mal dans sa racine (Ac.1935).Je désire dégager la racine des causes diverses de ma défaite (Saint-Exup., Pilote guerre, 1942, p. 370).
Loc. verb.
Avoir sa racine dans. Avoir son origine dans. Je suis persuadé que le talent de MmeSand a sa racine dans la corruption (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 555).
Être à la racine de. Être à l'origine de:
4. Sur les photos de famille, je tire la langue, je tourne le dos: autour de moi on rit. Ces menues victoires m'encouragèrent à ne pas considérer comme insurmontables les règles, les rites, la routine; elles sont à la racine d'un certain optimisme qui devait survivre à tous les dressages. Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 18.
b) Au plur. Les racines (de qqn). Ses origines considérées sur le plan de l'hérédité sociale. Avoir des racines dans un lieu. C'est ici, c'est à Borville, c'est dans cet étroit sillon, que l'on s'enfonce jusqu'aux racines des trois Baillard (Barrès, Colline insp., 1913, p. 86).Sans doute à cause de ses racines paysannes, il [Proudhon] réagit violemment contre le mysticisme saint-simonien (Beauvoir, Deux. sexe, t. 1, 1949, p. 190).
2. Attache, lien profond. On est vieux sans avoir rien fait de ce que font les autres; sans aucune attache, aucune racine, aucun lien, presque sans amis, sans parents, sans femmes, sans enfants! (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Ermite, 1886, p. 1055):
5. ... ces attachements de l'enfance laissent de si profondes racines, qu'il nous suffisait d'être de nouveau ensemble pour que renaisse, chaque fois, d'emblée, notre confiante et affectueuse amitié d'autrefois. Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. LVIII.
II. − P. anal.
A. − [À propos d'un être vivant]
1. ANATOMIE
a) ,,Origine d'une structure`` (Méd. Biol. t. 3 1972). Racine nerveuse (Méd. Biol. t. 3 1972).
Racine rachidienne, du nerf rachidien. Chacune des deux parties par lesquelles chaque nerf rachidien se détache de la moelle épinière. Les expériences de Magendie établissaient pour la première fois qu'un nerf rachidien, formé par la réunion des fibres de ses deux racines, les unes sensitives (celles de la racine postérieure), les autres motrices (celles de la racine antérieure), est un nerf mixte (Camefort, Gama, Sc. nat., 1960, p. 257).
b) Partie constituant la base d'un organe. Synon. naissance.Racine du doigt, de la langue, des ongles. Ses sourcils s'étendaient comme des arcs d'ébène, et leurs pointes se rencontraient à la racine d'un nez mince, aquilin (Gautier, Rom. momie, 1858, p. 275).Figurez-vous, Suzanne, que nous avons tous une petite tache brune à la racine du cou (Duhamel, Suzanne, 1941, p. 242).C'est à cette période que se développe une obésité vraie portant surtout sur le visage, le ventre et la racine des membres (Quillet Méd.1965, p. 486).
ODONTO-STOMATOLOGIE. Racine dentaire, racine (de la dent). ,,Portion de la dent qui est incluse dans l'alvéole`` (Méd. Biol. t. 3 1972). Dent à une, deux, trois racines. Hier, (...) injection de novocaïne pour procéder à l'extraction assez pénible d'une racine de molaire (Gide, Journal, 1942, p. 128).
Racine d'un poil, d'un cheveu. Partie enfoncée dans le follicule pileux. Le poil naît (...) par une partie renflée formant la racine et portant le nom de bulbe (Richer, Nouv. anat. artist., t. 2, 1920, pp. 103-107).
À la racine de. À la base de. On s'est contenté de frapper trois coups (...) − au lieu d'aller ouvrir, il est resté assis, sentant sa peau se soulever à la racine de ses poils, dans ses cheveux, dans sa barbe (Ramuz, Gde peur mont., 1926, p. 142).La lampe lui chauffait le visage et faisait perler des gouttes de sueur à la racine de ses cheveux (Green, Moïra, 1950, p. 59).
Loc. fig. Jusqu'à la racine des cheveux, des ongles. Entièrement. Geneviève était Métidieu jusqu'à la racine des ongles (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 13).Il arpentait sa chambre d'un air méditatif, quand on entendit deux coups de sonnette impérieux; Lambert rougit jusqu'à la racine des cheveux: « Mon père! Je ne l'attendais pas si tôt! » (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 243).De la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. Même sens.
2. PATHOL., vx. Racine d'un cancer, d'un polype. Prolongement que ces tumeurs morbides envoient dans les parties voisines (d'apr. Nysten 1824).
Loc. verb.
Couper le mal dans sa racine. ,,En détruire la cause et l'empêcher de se reproduire`` (Nysten 1814).
Couper, trancher le mal dans/à sa racine (au fig.). Détruire, de manière définitive, ce qui peut être néfaste. Les Strozzi d'abord, qui, prévoyant l'avenir, ont voulu trancher le mal dans sa racine (Dumas père, Lorenzino, 1842, i, 13, p. 217).L'abbé: J'ai agi ainsi parce qu'il fallait couper le mal à sa racine (Montherl., Ville dont prince, 1951, i, 1, p. 855).
Aller à la racine du mal (au fig.). Attaquer ses bases, ses origines. Votre commission a proposé des amendements utiles sans doute, mais qui ne vont point à la racine du mal (Chateaubr., Disc. et opin., 1826, p. 484).Seulement ces mesures ne peuvent par elles-mêmes arrêter la crise de notre temps, parce qu'elles ne vont pas à la racine du mal (Maurois, Journal, 1946, p. 32).
B. − [À propos d'une chose]
1. Partie inférieure, base. La racine de la flamme près de l'arc subsiste longtemps, mais la partie médiane s'éteint plus vite que l'extrémité (J. Phys. et Radium, 1926, p. 115D). [Dans une hélice aérienne] la fraction de pas partielle est rarement constante de la racine de l'aile à son extrémité (Marchis, Nav. aér., 1904, p. 610).
a) MINES et CARR. ,,Partie enterrée d'une masse de pierres en cours d'exploitation`` (Noël 1968).
b) GÉOL. ,,Base d'un pli anticlinal qui a été couché puis étranglé par l'effort orogénique`` (Noël 1968).
Racine des montagnes. Base, pied. Le sol arrivait du bout de l'horizon (...) sans rencontrer l'obstacle d'une haie, et il s'étendait d'un seul tenant jusqu'à la racine des montagnes (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 54).
c) PÊCHE. Synon. de bas de ligne (v. bas1II A 1 d).La racine était faite autrefois en crin japonais ou de Florence (ou racine anglaise); la racine japonaise (...) disputait le marché à la racine anglaise. (...) le nylon (...) a détrôné définitivement les racines (Pollet1970).
2. RELIURE. ,,Veau utilisé en reliure dont la surface a été parsemée de taches foncées imitant les veines d'une planche de bois sciée dans le sens des fibres`` (Brun 1968).
III. − Spécialement
A. −
1. LING. ,,Élément irréductible récurrent dans les formes lexicales apparentées par le sens et considéré en linguistique historique comme la forme la plus ancienne expliquant tous les dérivés ultérieurs`` (D. D. L. 1976). Hovesh (...). C'est celui qui a le droit de mettre en prison, c'est le gouverneur. Le mot qui, en hébreu moderne, désigne le prisonnier est tiré de la même racine et se dit havoush (Green, Journal, 1939, p. 238):
6. La distinction entre racine et radical n'est pas toujours très claire. Le terme racine est souvent réservé à la linguistique diachronique: ainsi des « racines indo-européennes » sont reconstituées à partir de la comparaison du grec, du latin, etc. Lang.1973.
2. Racines grecques. Recueil de mots grecs classés par famille et destinés à être appris par cœur. Les leçons surtout étaient mon écueil; je passais des heures à apprendre deux stances de racines grecques (Michelet, Mémor., 1822, p. 203).Ces chapitres ne sont pas destinés à être régulièrement, et l'un après l'autre, appris par cœur, comme on faisait jadis des Racines grecques (M. Bréal, A. Bailly, Les Mots gr. groupés d'après la forme et le sens, 1911, p. vii).
Jardin des racines grecques. V. jardin B 7.
B. −
1. INFORMATIQUE
Racine d'un programme. ,,Segment principal, en mémoire centrale, pendant l'exécution d'un programme segmenté`` (Ging.-Lauret 1973). La racine contient notamment les données nécessaires à l'appel des autres segments (MorvanInformat.1981).
Racine d'un arbre. ,,Dans une structure en arbre, point de départ de la structure`` (Ging.-Lauret 1982).
2. MATHÉMATIQUES
a) Racine nièmed'un nombre. Nombre qui, élevé à la puissance n, donne le nombre proposé. Racine carrée, cubique, quatrième. Nous allons tout d'abord supposer, à seule fin de faciliter les calculs, que le refroidissement suit la loi particulière indiquée par la formule [X], (...): le rayon terrestre, avec cette loi, varierait comme l'inverse de la racine septième du temps (H. Poincaré, Hyp. cosmogon., 1911, p. 182).
Racine carrée d'un nombre positif a. Nombre positif dont le carré est égal à a. Claudine, au tableau. Extrayez la racine carrée de deux millions soixante-treize mille six cent vingt (Colette, Cl. école, 1900, p. 120).
Racine cubique d'un nombre a. Nombre dont le cube est égal à a. Toi, Tambour, tu vas m'additionner 3.977 et 7.896. Et toi, Gorgô, s'il te plaît, tu m'extrairas la racine cubique de 27. Allez, vous avez de quoi vous amuser (Claudel, Protée, 1914, i, 4, p. 320).
Extraire une racine. Calculer une racine. V. ex. de Colette et de Claudel supra.
b) Racine d'une équation algébrique. Toute valeur de la quantité inconnue qui satisfait à cette équation. La théorie de l'élimination algébrique permet de montrer immédiatement que toute racine d'une équation algébrique à coefficients algébriques est aussi racine d'une équation algébrique à coefficients entiers (E. Borel, Paradoxes de l'infini, 1946, p. 106).
REM. 1.
Mot-racine, subst. masc.,ling. Dérivé ayant une forme identique à celle du mot dont il dérive, ou plus brève encore (d'apr. Ling. 1972). Le mot-racine (...) est celui qu'on peut considérer comme constitué par l'élément irréductible dit racine, sans addition d'aucun élément de formation (Mar.Lex.1933).
2.
Racinaire, adj.,anat., bot. Qui se rapporte aux racines. En 1810, Rufz de Lavison établissait le rôle de l'endoderme dans la sélection des matières dissoutes. Celles-ci, refusées par le cytoplasme des parenchymes racinaires, peuvent cependant pénétrer dans les poils absorbants et circuler jusqu'à l'endoderme par le simple jeu des lois physiques (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 461).L'ensemble des racines d'une plante constitue l'appareil radiculaire, encore appelé système racinaire (Lar. agric.1981).
Prononc. et Orth.: [ʀasin]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1remoit. xiies. empl. p. im., désigne les provignements du peuple d'Israël (Psautier de Cambridge, éd. Fr. Michel, LXXIX, 9); 1188 id. (Aimon de Varennes, Florimont, 8395 ds T.-L.: Amors li ot el cuer planté Un arbre [...] Les racines sont de sospir, Et tuit li rain sont de desir); b) 1155 fig. « principe, source, cause » (Wace, Brut, 1883, ibid.); 1160-74 (Id., Rou, éd. A. J. Holden, III, 11287: coveitise [...] Ele est racine de pechié); c) 1155 id. « souche, origine (d'une personne) » (Id., Brut, 3927 ds T.-L.); 2. 1155 bot., cette partie de la plante étant utilisée comme nourriture (Id., op. cit., 237, ibid.: vivre de racines Come bestes e salvagines); ca 1160 comme médecine (Eneas, 7969, ibid.); spéc. ca 1256 rachine de fonoil, de fleurs de glai (Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 51, 11; 78, 19, ibid.). B. P. anal. « partie d'un élément implantée dans une autre » 1. dans le corps d'un être vivant ca 1200 (Li Dialoge Gregoire, 171, 1, ibid.: lur lengues jus trencier de la racine); xives. la racine dou col [des oiseaux] (Moamin et Ghatrif, III, 8, 2, ibid.); av. 1549 racine des cheveulx (Marguerite de Navarre, Heptaméron, LIV, éd. M. François, p. 342); 1575 racine [des dents] (Paré, Œuvres, XV, 26, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 444b); 1690 racine [de poil] (Fur.); id. pathol. racine [de cancer; de cor au pied] (ibid.); 2. 1269-78 « base, fondation d'une construction » la racine [de la forteresse] (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 7860). C. Fig. 1. xiiies. [ms.] math. la racine cube d'aucun nombre (Comput [Bibl. nat. fr. 7929], fol. 15 ds Littré); 2. 1578 ling. (H. Estienne, Deux Dialogues, éd. P.-M. Smith, p. 421: mot [...] qui est procedé de la mesme racine). Du b. lat. radicι ̄na « racine » (Pelagonius, mil. ives.), dér. de radix, -icis, d'où l'a. fr. raïs, v. raifort. Fréq. abs. littér.: 2 862. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 878, b) 3 278; xxes.: a) 3 194, b) 4 330.
DÉR.
Racinage, subst. masc.a) Bot. , rare. [En parlant d'un végétal] Fait de produire des racines et de se fixer au sol. Synon. enracinement.La vérification de la soudure [des greffes-boutures] et du bon racinage est faite [au printemps] (Brunet, Matér. vitic., 1909, p. 15).b) Agron. alim. Ensemble des racines alimentaires (carottes, salsifis, navets, betteraves, etc.) (d'apr. Fén. 1970). [ʀasina:ʒ]. 1reattest. 1869 « ensemble des racines alimentaires » (Littré); de racine, suff. -age*.

Racine : définition du Wiktionnaire

Nom commun

racine \ʁa.sin\ féminin

  1. (Botanique) Partie souterraine, plus rarement aérienne, d’un végétal qui lui permet de puiser dans le sol les éléments nécessaires à sa nutrition (eau, sels minéraux) et d’assurer sa fixation à son support.
    • Les racines tordues s'accrochent entre les cailloux comme des pieds désespérés, […]. — (Hippolyte Taine, Voyage en Italie, volume 2, 1866)
    • Pour dormir ils étaient obligés de se hisser sur les racines de mangliers qui abondaient dans cette région. — (Washington Irving, Voyages et découvertes des compagnons de Colomb, Paris : librairie Hachette & Cie, 3e éd., 1893, chapitre 10)
    • Quel que soit l’instrument employé, la section doit toujours être faite rez sol, afin que les rejets qui se développent soient bien assis sur la souche, et puissent émettre des racines qui concourreront dans une large mesure à leur nutrition. — (P. Mouillefert, « Des travaux forestiers durant la mauvaise saison », dans le Journal d'Agriculture pratique, 38e année, tome 1, Paris : Librairie de la Maison rustique, 1874, page 26)
    • Ces sortes d’arbres jettent, poussent de profondes racines.
    • Les racines de certains arbres courent sous la terre, s’étendent bien loin sous terre.
    • Ce plant avait été coupé, il a repoussé de racine.
  2. (En particulier) Racine de certains arbres dont on fait des ouvrages d’ébénisterie et de tour.
    • Un meuble de racine d’orme, d’if, d’olivier, etc.
    • Une botte de racine de buis.
    • C’est du buis de racine.
  3. (En particulier) Plante, telle que les raves, les betteraves, les carottes, les navets, etc., dans lesquelles ce qui est comestible est ce qui vient en terre.
    • A la même époque, Malcolm Flemyng, médecin à Édimbourg, recommande lui aussi, en 1760, de manger avec frugalité, de préférence une alimentation monotone, riche en légumes, racines et verdure, mais sans adjonction de beurre, de tromper sa faim en se remplissant l’estomac de fruits de saison […]. — (Gérard Apfeldorfer, Maigrir, c'est fou !, Éditions Odile Jacob, 2000, 2006)
  4. (Anatomie) Partie des ongles, des dents, des cheveux, des poils par où ils tiennent à la chair.
    • Vers la racine, le poil de rétrécit régulièrement et les extrémités libres sont légèrement renflées ou obtuses. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
  5. (Anatomie) Point par lequel un nerf tient au cerveau ou à la moelle épinière.
  6. (Figuré) Principe du commencement de certaines choses ; origine.
    • Le dogme de l’incurable méchanceté de l'homme a, d'ailleurs, chez certains de ses adeptes, une autre racine : un plaisir romantique à évoquer la race humaine murée dans une misère fatale et éternelle. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, page 194)
    • Bien qu'il plonge ses racines dans le zen, le chanoyu ne prône donc pas de doctrine religieuse. Il faut plutôt le considérer comme l'amalgame d'un vaste ensemble d'idéaux philosophiques et esthétiques […]. — (Gretchen Mittwer, L'art du thé au Japon, dans Tea for 2: les rituels du thé dans le monde, Bruxelles : Crédit communal & Renaissance du Livre, 1999, page 118)
  7. (Linguistique) Mot primitif, d’où dérivent d’autres mots ; la plus petite et plus ancienne unité lexicale qui permette de former des mots apparentés.
    • Le mot Front en français est la racine des mots Frontal, Frontière, Frontispice, Affronter, Effronté, etc.
    1. Étymon.
      • Les racines grecques des mots en français.
  8. (Mathématiques) Valeur d'une fonction pour laquelle cette dernière s'annule.
    • Lorsque le discriminant est strictement positif, la fonction admet deux racines.
  9. (Mathématiques) Nombre déduit d’un autre, de telle sorte que le second soit une puissance du premier.
    • Trois est la racine carrée de neuf.
    • Trois est la racine cubique de vingt-sept.
    • Extraire la racine carrée, la racine cubique d’un nombre.
  10. (Informatique) (Programmation informatique) Élément (« nœud ») de base d’une structure arborescente (« arbre »), qui n’a lui-même aucun nœud parent.
    • On peut alors reformuler la définition formelle d’un arbre de la manière suivante : il y a exactement un seul chemin entre la racine et chacun des autres nœuds de l’arbre. — (Sebastien Veigneau, Approches impérative et fonctionnelle de l’algorithmique, Springer, 1999, page 98)
  11. (Informatique) (Spécifiquement) Répertoire de base d’un système de fichiers.
    • La racine d’un disque dur.

Forme de verbe

racine \ʁa.sin\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de raciner.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de raciner.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de raciner.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de raciner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de raciner.
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Racine : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RACINE. n. f.
Partie par laquelle les végétaux tiennent à la terre et en tirent leur principale nourriture. Racine chevelue. Racine bulbeuse. Racine pivotante. Racine traçante. La racine d'un arbre, d'une plante. La racine en est sèche, pourrie, gâtée. Ces sortes d'arbres jettent, poussent de profondes racines. Les racines de certains arbres courent sous la terre, s'étendent bien loin sous terre. Cet arbre est malade dans ses racines. Arbre séché dans sa racine. Ce plant avait été coupé, il a repoussé de racine. Prendre racine, Se fixer dans le sol. Il se dit figurément d'une Idée. Cette erreur a pris racine dans les esprits. Il se dit aussi familièrement d'une Personne qui prolonge trop sa visite, son séjour quelque part. Il prend racine chez vous. En termes de Jurisprudence, Fruits pendants par les racines, Fruits qui ne sont pas encore coupés et cueillis. Les fruits pendants par les racines font partie du fonds.

RACINE se dit particulièrement de la Racine de certains arbres dont on fait des ouvrages d'ébénisterie et de tour. Un meuble de racine d'orme, d'if, d'olivier, etc. Une botte de racine de buis. C'est du buis de racine. Il se dit aussi en parlant de Certaines plantes ou herbes, telles que les raves, les betteraves, les carottes, les navets, etc., dans lesquelles ce qui est comestible est ce qui vient en terre, C'est un homme qui ne vit que de racines.

RACINE désigne aussi la Partie des ongles, des dents, des cheveux, des poils par où Ils tiennent à la chair. La racine de la dent est gâtée, est ébranlée. L'ongle est découvert jusqu'à la racine. Il souffre depuis la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. La racine d'un nerf, Le point par lequel ce nerf tient au cerveau ou à la moelle épinière.

RACINE se dit figurément du Principe, du commencement de certaines choses. Il faut couper la racine de ce mal avant qu'il augmente. Il faut couper le mal dans sa racine. Il désigne, en termes de Grammaire, un Mot primitif, d'où dérivent d'autres mots. Le mot Front en français est la racine des mots Frontal, Frontière, Frontispice, Affronter, Effronté, etc. Les racines de la langue grecque ou simplement Les racines grecques. Aujourd'hui, dans l'usage des grammairiens, il désigne plutôt le Monosyllabe ou le dissyllabe auquel on arrive quand on dépouille un mot des préfixes, des suffixes et des flexions. En termes d'Arithmétique et d'Algèbre, La racine carrée d'un nombre proposé, Le nombre qui, multiplié par lui-même, produit le nombre proposé; La racine cubique, Le nombre qui, multiplié par son carré, produit le nombre proposé. Trois est la racine carrée de neuf. Trois est la racine cubique de vingt-sept. Extraire la racine carrée, la racine cubique d'un nombre. On dit de même Racine quatrième, Le nombre qui, multiplié par son cube, donne le nombre proposé. Racines d'une équation, Quantités qui, substituées aux inconnues, satisfont aux données de l'équation.

Racine : définition du Littré (1872-1877)

RACINE (ra-si-n') s. f.
  • 1Partie inférieure d'un végétal plongée le plus ordinairement dans la terre, qui croît toujours en sens contraire de la tige, et sert tant à fixer la plante au sol qu'à pomper sa nourriture. Racine pivotante, à base unique, ramifiée ou non, s'enfonçant verticalement dans le sol ; racine à base multiple, fibreuse quand le faisceau qui part du collet se compose de filets minces, noueuse quand les fibres se renflent de distance en distance, tubéreuse quand les fibres sont très renflées à leur milieu ; racine adventive, naissant non du collet mais de la tige ; racine aérienne, racine adventive naissant loin du sol ; racine accessoire, racine naissant des tiges rampantes sur le sol ou sur un corps quelconque. Pousser de profondes racines. Jeter des racines. Duhamel planta un arbre les branches en terre et les racines en l'air, il vit alors les racines métamorphosées en branches et les branches en racines, Sennebier, Ess. art d'obs. t. I, p. 327, dans POUGENS.

    Fig. Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre [race de David] séché jusque dans ses racines ? Racine, Athal. I, 1.

    Terme de palais. Fruits pendants par les racines, par racines, récoltes qui sont encore sur pied, qui n'ont point encore été coupées. Les récoltes pendantes par les racines, et les fruits des arbres non encore recueillis, sont immeubles, Code Nap. art. 250.

    Fig. Prendre racine, jeter racine, se fixer, s'arrêter. Et comme si mes pieds eussent jeté racine, J'ai resté quelque temps immobile…, Mairet, Soliman, II, 4. Le fleuriste a un jardin dans le faubourg ; il y court au lever du soleil, et il en revient à son coucher ; vous le voyez planté et qui a pris racine au milieu de ses tulipes, La Bruyère, VIII. Pour moi, qui n'ai point pris racine sur la terre, Je m'en vais sans effort, comme l'herbe légère Qu'enlève le souffle du soir, Lamartine, Médit. II, 5.

    Familièrement. Prendre racine en un lieu, s'y établir, et aussi faire des visites trop longues et importunes. Son suffisant valet avec sa bonne mine Dans la chambre prochaine a, je crois, pris racine, Scarron, Jodelet ou le maît. val. III, 6. Cette Mme Artus a pris ici racine, Dancourt, Mme Artus, I, 2.

    Prendre racine, se dit aussi de ce qui se fixe, de ce qui devient invétéré. Ce que j'extirpe au loin dans ma cour prend racine, Rotrou, St Genest, III, 2. La tige du péché prendra racine en eux sans qu'ils le connaissent, Sacy, Bible, Ecclésiastiq. III, 30. D'abord le docteur grave qui l'a inventée [une opinion probable] l'expose au monde, et la jette comme une semence pour prendre racine, Pascal, Prov. VI. Il y a tant de liaison entre la spéculation et la pratique, que, quand l'une a pris racine, vous ne faites plus difficulté de permettre l'autre sans déguisement, Pascal, ib. XII.

    Fig. Jeter des racines, s'attacher fortement. Plus vous différez, plus vous jetez de profondes racines dans le crime, Massillon, Avent, Délai.

  • 2Racine de certains arbres dont on fait des ouvrages d'ébénisterie et de tour. Une boîte en racine de buis. Voilà une belle racine.
  • 3Certaines plantes dans lesquelles ce qu'il y a de bon à manger est ce qui vient en terre. Racines alimentaires. Les carottes, les navets, les betteraves sont des racines. Faire cuire des racines. Potage aux racines.
  • 4Nom donné, en pharmacie, à certaines racines qui ont des propriétés médicinales. Je connais la vertu de la moindre racine, Je suis par mon savoir dieu de la médecine, Fontenelle, Sonnet, Apollon à Daphné. Ils se vantèrent de chasser ces diables avec des exorcismes et une racine nommée barath, Voltaire, Philos. Hérode, pharisiens.

    Racines apéritives majeures, celles d'ache, d'asperge, de fenouil, de persil et du petit houx ; racines apéritives mineures, celles de chien-dent, de câprier, de garance, d'éryngion et d'ononis.

  • 5Racine du Brésil, l'ipécacuana.

    Racine d'or, la racine du pigamon tubéreux, appelée aussi racine jaune.

    Racine de Colombo, racine amère qui vient de Ceylan.

  • 6 Terme de teinture. Synonyme de racinage. Sous la racine seule, on doit aussi entendre l'écorce, feuille de noyer et coque de noix, qui sont trois ingrédients provenant du même arbre, et qui servent tous à la couleur du fauve, Instruct. gén. p. la teinture, 18 mars 1671, art. 219.

    Couleur fauve, qui se fait avec le racinage. La racine, écorce de noyer et coque de noix pour le fauve, autrement appellé couleur de racine ou noisette, ib. 1671, art. 257.

  • 7 Terme de reliure. Les taches noires qu'impriment à la peau ou la couperose ou le noir de racine, Lesné, la Reliure, p. 177. La racine est le plus beau marbre qu'on ait imaginé, Lesné, ib. p. 199.

    Noir de racine, noir peu coûteux, que quelques ouvriers préparent en mettant de vieilles ferrailles dans un pot de terre avec du vinaigre et de la bière, Lesné, ib. p. 199.

    Les bibliothécaires nomment racine la marbrure qui imite les veines des racines d'arbres débitées en planches et polies. Veau racine.

  • 8Portion d'un organe servant à son implantation dans un autre organe. La racine des dents, des poils, des cheveux, des ongles. La racine de l'ongle est malade. Ce que je vois de moment en moment me saisit d'épouvante depuis la racine des cheveux jusqu'à l'ongle du petit doigt du pied, Voltaire, Lett. d'Amabed, 4e lett. Les poils étaient blancs à la racine, et noirs à la pointe, Buffon, Quadrup. t. XII, p. 248. Il [le peintre] a placé la racine des cheveux trop loin des tempes, ce qui donne au front un contour moins agréable et moins de finesse au regard, Rousseau, Hél. II, 25.

    Terme d'anatomie. Racine d'un membre, la partie de ce membre la plus voisine du tronc.

  • 9Racine d'un polype, d'un cancer, d'un cor, d'une verrue, prolongement par lesquels ces productions morbides s'enfoncent dans les tissus.
  • 10Racine d'un nerf, point par lequel un nerf se détache d'un centre nerveux (cerveau ou moelle épinière).
  • 11Pied d'une montagne. Les Cordillères, dont les racines bordent, pour ainsi dire, la mer du Sud, Buffon, Add. théor. terre, Œuv. t. VII, p. 435. Ici, comme le remarque saint Jérôme, on est à la racine du mont Moria, sous les murs du temple, Chateaubriand, Itin. 4e part.
  • 12 Fig. Principe, origine de certaines choses. Comme si l'on pouvait couper la racine des doutes d'où naissent les procès, Pascal, Entret. avec M. de Saci. Toutes ces dispositions [au mensonge et au déguisement], si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son cœur [de l'homme], Pascal, Pens. II, 8, éd. HAVET. Le fond du cœur où il [l'ennui] a des racines naturelles, Pascal, ib. IV, 2. Chaque petite parcelle du bien que nous possédons tenant dans le fond du cœur par sa racine particulière, Bossuet, Sermons, Impénit. 1. Oh que de mon esprit… Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines, Et de défauts sans nombre arracher les racines ! Boileau, Ép. X. Pour peu qu'on perce ces dehors éclatants, on entrevoit aisément que cette prétendue modération des Romains avait des racines dans une profonds politique, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VIII, p. 437, dans POUGENS. Mais elle [la loi de Moïse sur le pardon] ne touchait point au cœur, et n'allait pas jusqu'à la racine des haines, Massillon, Carême, Pardon. Vous verrez la racine de mes honteuses passions encore vivantes au fond de mon âme, Massillon, Carême, Impén. fin. Le Seigneur fera sécher la racine de votre orgueilleuse postérité, Massillon, Or. fun. Villeroy. L'homme qui coupait la racine à tant d'abus ne pouvait manquer d'être haï, Marmontel, Mém. XI.
  • 13 Terme de grammaire. Dans l'ancien sens grammatical, mot primitif. Les racines de la langue grecque. Le Jardin des racines grecques de Lancelot. On connaît le liber memorialis à l'usage des écoliers allemands : c'est un petit dictionnaire où les mots latins sont rangés par ordre de racines, Dumarsais, Œuv. t. I, p. 93.

    Maintenant racine signifie le monosyllabe irréductible auquel on parvient en dépouillant les mots (dans notre système de langues) de leurs préfixes, suffixes et flexions.

    Racines prédicatives ou verbales, voy. PRÉDICATIF.

    Racines pronominales ou démonstratives, racines indiquant les êtres individuels et la place qu'ils occupent ; de là sont nés les pronoms, les articles et, en partie, les prépositions, les adverbes et les conjonctions.

    On distingue la racine et le radical, dans les langues synthétiques, telles que le sanscrit, le grec, le latin, etc. Le mot de racine reste appliqué exclusivement à la racine proprement dite, c'est-à-dire à l'élément irréductible ; celui de radical s'applique à la racine déjà munie de son suffixe de dérivation et prête à recevoir la flexion. Ainsi dans partus (l'accouchement), partu est radical, de la racine par, avec suffixe tu.

  • 14 Terme de mathématique. Nombre qui, multiplié par lui-même une ou plusieurs fois, en produit un autre. 5 est une racine de 625, parce qu'en le multipliant trois fois par lui-même, 5x5x5x5, on produit 625. Racine quatrième, racine cinquième, etc., nombre qui, multiplié trois fois, quatre fois par lui-même, donne le nombre proposé.

    Au lieu de racine deuxième, racine troisième, on dit racine carrée, racine cubique. Je m'étais donné à la philosophie, croyant y trouver le repos que Newton appelle rem prorsus substantialem ; mais je vis que la racine carrée du cube des révolutions des planètes et les carrés de leurs distances faisaient encore des ennemis, Voltaire, Mél. litt. Courte réponse.

    On appelait racines sourdes, les racines carrées ou cubiques des nombres qui ne sont ni carrés ni cubiques ; on les nomme aujourd'hui irrationnelles ou incommensurables.

    Terme d'algèbre. Nom qu'on donne aux valeurs des quantités inconnues qui entrent dans les équations au-dessus du premier degré.

  • 15 Terme d'astronomie. Époque ou instant d'où on commence à compter les mouvements des planètes.
  • 16Racine de bryone, espèce de coquille.
  • 17 Terme de minéralogie. Racine d'émeraude, prase.
  • 18 Terme de pêche. Filament transparent et très résistant, pour monter les hameçons destinés à prendre de gros poissons d'eau douce ; on dit aussi crin de Florence ; ces crins sont de la soie qu'on obtient en rompant le ver à soie vivant par le milieu et en étirant la matière soyeuse qu'il contient, et qui se sèche à l'air en un gros fil.

HISTORIQUE

XIIe s. Et si port ci [je porte ici] tel racine auvec mi, Raoul de C. 267. Moult y a poi [peu de] feme sans visse Et sans racine d'avarisse, Brut, v. 1931. Mius [mieux] voelent vivre de racines, Comme bestes en salvecines, ib. V. 237.

XIIIe s. Car pieça c'on dist ce proverbe : De pute racine pute herbe, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 696. Se tu veus la racine cube d'aucun nombre querre…, Comput, f° 15. Et envie est tele racine, Où touz li max prenent orine [origine], Ren. 185. Covoitise est racine de tos maus, Liv. de jost. 10. L'en apele coisins [cousins] ces qui sunt d'une meisme racine, ib. 230. Et par cel jugement apert il clerement que bois, tant comme il tient à racine, est heritages, Beaumanoir, XXVII, 13.

XIVe s. Et pour ce dit l'en que le sanc des freres est un, et la racine une, et teles choses, Oresme, Eth. 251. Et universelment la racine et la cause de toutes les differences dessus dites est que…, Oresme, ib. 64.

XVe s. Et pour ce que vous sachiez veritablement le commencement et la racine de cette guerre et dont elle se meut, Froissart, I, I, 146.

XVIe s. Il estoit sujet à une grande douleur au-dessous de la racine des cheveux, Marguerite de Navarre, Nouv. LIV. Seiche racine, de l'arbre la ruyne, Leroux de Lincy, Prov. II, 83. Ung a toute proprieté de nombre ; car il est parfaict comme 6 ; il est lineal, quarré, cube, solide, racine carrée, racine cube, racine de racine, De la Roche, Arismetique, f° 1. Racine de nombre est ung nombre qui, multiplié en soy une foys ou plusieurs, produit precisement le nombre dont il est racine ; et doyt-on sçavoir qu'il sont infinies especes de racines ; car aulcunes sont racines quarrées qui sont appelées racines secondes ; aulcunes sont racines cubiques qui s'appellent racines tierces ; aulcunes sont racines de racines qui sont dictes racines quartes ; ne plus avant sont entrés les anciens pour la souffisance d'icelles aux raysons d'arismetique et de geometrie ; mais les modernes sont entrés plus parfond en la mer des nombres, et ont trouvé racines quintes, sextes, septimes, etc. jusques ad infinitum, ID. ib. f° 29, verso. Tant de sang que les rois espanchent à ruisseaux S'exalle en douce pluie et en fontaines d'eaux, Qui, coulantes aux pieds de ces plantes divines, Donnent de prendre vie et de croistre aux racines, D'Aubigné, Tragiques, édit. LALANNE, p. 147.

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Racine : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

RACINE, s. f. (Botan.) la racine est la partie de la plante qui reçoit la premiere le suc de la terre, & qui le transmet aux autres ; cette partie est presque toujours dans la terre ; il y a très-peu de plantes où elle soit hors de terre, & nous n’avons presque que le lierre & la cuscute qui ayent une partie de leurs racines découvertes ; mais on ne connoît aucune plante qui n’ait sa racine attachée à la terre ou à quelque corps terrestre.

Toutes les racines sont garnies de fibres & d’une écorce plus ou moins épaisse ; mais comme les différences des racines se tirent de leur principale partie, on n’emploie guere le terme de fibre que lorsqu’elles font cette principale partie.

On peut considérer les racines par rapport à leur tissu, à leur structure & à leur figure.

Le tissu des racines est ou charnu, ou composé de fibres sensibles. Les racines charnues, ou d’un tissu charnu, sont celles dont le corps est une espece de chair, dans laquelle on ne découvre pas de fibres sensibles ; telles sont les racines de l’iris, du cyclamen, du safran, du lis, &c.

Les racines dont le corps est tissu de fibres entrelassées & serrées à-peu-près comme des brins de filasse, sont ou molles ou dures. Les molles sont semblables à celles du fenouil, du chardon-roland ; on peut les appeller racines à trognons. Les racines dures & ligneuses sont celles du poirier, de l’amandier, du chêne, &c.

Par rapport à la structure, les racines sont composées ou de fibres, ou de plusieurs autres racines, ou d’écailles, ou enfin de tuniques.

Les racines composées de fibres sont ou chevelues ou fibrées ; on appelle chevelues celles dont les fibres sont très-menues & semblables aux cheveux, comme celles du froment, du seigle, &c. on nomme fibrées les racines dont les fibres sont d’une grosseur considérable, comme celles de la violette, de la primevere, &c. Il y en a quelques-unes parmi celles-ci qui poussent des jets qui courent entre deux terres ; on peut les appeller racines fibrées & troçantes.

Les racines composées d’autres racines ont les mêmes racines disposées en bottes, & se nomment racines en botte, comme celles de la guimauve, ou bien elles ont les mêmes racines disposées sans ordre dans leur longueur, comme celles du poirier. Lorsque ces racines sont plusieurs navets joints ensemble, on les appelle racines à navet, comme celles de l’asphodele, de la pivoine, &c. Si ce sont des grumeaux entassés, on les nomme racines grumeleuses, comme celles de plusieurs renoncules. Il y a quelques racines composées, qui sont des tubercules appliqués l’un sur l’autre, comme on le voit dans le safran & dans le glayeul. On en trouve quelques-unes qui sont des tubercules attachés l’un contre l’autre, savoir celles de la fritillaire, du colchique, &c.

Les racines à écailles ou écailleuses sont composées de plusieurs écailles attachées à un pivot. Il ne faut pas confondre les racines écailleuses avec les racines écaillées ; car les racines écaillées sont d’une seule piece, dont la surface est taillée en écailles comme celles de la dentaire, au lieu que les racines écailleuses sont à plusieurs écailles séparées les unes des autres.

Les racines bulbeuses ou les racines à oignons sont composées de plusieurs peaux ou tuniques appliquées les unes sur les autres, & emboîtées, pour ainsi dire, les unes dans les autres ; elles forment un massif presque rond ou oblong, telles sont les racines de l’oignon commun, du narcisse, de la jacinthe, &c.

Par rapport à la figure, les racines sont rondes & tubéreuses, comme celles du cyclamen, du safran, du bulbo-castanum ; ovales comme celles de plusieurs oignons, & de quelques especes d’orchis, longues & en pivot, que l’on appelle racines piquantes, comme celles de la rave ; à genouillet, comme celles de l’iris, du sceau de Salomon ; en perruque comme la plûpart des racines chevelues.

Les fonctions des racines & la maniere dont elles s’exercent, ne sont encore que fort peu connues. On peut seulement conjecturer que la racine est destinée à affermir la plante dans terre, ou à en tirer de la nourriture ; quelquefois même toute sa surface est propre à cette fonction, comme cela paroît dans les trufes ou dans les pommes de terre. Alors cette surface des racines est parsemée d’une infinité de petites bouches qui sucent le suc nourricier, & l’introduisent dans les vaisseaux dont elles sont les ouvertures, d’où ce suc se distribue dans tout le corps de la plante. Dès que le suc nourricier y est entré, il est crud, & retient la nature des corps qui le fournissent. Ces corps sont ordinairement la terre ou l’eau, qui reçoivent de nouveau tôt ou tard ce que les plantes en tirent ; car toutes celles qui naissent sur la terre ou dans l’eau, quand elles meurent, redeviennent partie de cette même terre ou de cette même eau, ou bien elles se dispersent dans l’air d’où elles retombent dans le sein de la terre ou dans l’eau en forme de rosée, de brouillard, de neige, de grêle, de gelée-blanche & de pluie. La terre est un chaos de tous les corps passés, présens & futurs dont ils tirent leur origine, ou dans lequel tous retombent.

L’eau, les esprits, les huiles, les sels, & toutes les autres choses qui entrent dans la formation des plantes sont renfermées dans la terre ; un feu souterrein, un feu artificiel, ou la chaleur du soleil les met en mouvement, fait qu’elles se mêlent avec l’eau, & s’appliquent aux racines des plantes qui pénetrent dans la terre. Ces sucs cruds circulent dans les plantes, sur tout au printems ; si pour-lors on les examine, on les trouve aqueux, fort délayés, & quelque peu acides ; on en a la preuve dans les liqueurs qui distilent au mois de Mars par des incisions faites au bouleau, à la vigne & au noyer.

Ensuite ces sucs poussés dans les divers organes de la plante, par un effet de sa fabrique, par la chaleur du soleil, par le ressort de l’air, par la vicissitude de son intempérie, qui est tantôt humide, tantôt seche, aujourd’hui froide & demain chaude, par le changement du jour & de la nuit, & par celui des saisons ; ces sucs, dis-je, se changent insensiblement, se cuisent, se perfectionnent par degrés, se distribuent dans chaque partie des plantes, & deviennent ainsi les sucs qui sont propres à leur végétation.

Ainsi les racines deviennent fécondes en trones, en branches & en rameaux. On le voit dans les ormes des avenues nouvelles ; car étant ordinairement fossoyées & les racines de cet arbre courant beaucoup entre deux terres, le fossé met à nud plusieurs branches de racines qui poussent des jets feuillés, d’où il arrive que ces fossés sont ordinairement tapissés de touffes, de bouquets, de feuilles d’ormes, qui sont l’effet d’un assez grand nombre de rameaux qui sortent de toutes parts des branches souterreines de ces racines. Si on coupoit au pié les arbres portés sur ces racines, il arriveroit qu’un ou plusieurs de ces jets deviendroient à leur tour des troncs du même arbre, & sur-tout si, laissant les plus forts, on retranchoit les plus foibles.

Comme les racines se trouvent fécondes en trones, & par conséquent en branches & en rameaux, &c. aussi les troncs & les branches sont réciproquement féconds en racines, lorsque l’occasion les met en état de montrer cette fécondité cachée, non-seulement dans les troncs, mais encore dans les branches ; on en a les preuves par les plantes rampantes, par les arbres enterrés au pié, & par les marcotes.

Enfin on sait depuis plus de deux mille ans, par le témoignage de Théophraste, hist. l. I. c. xij. & toutes les relations modernes confirment que les branches du figuier d’Inde jettent de racines pendantes, qui s’alongeant peu-à-peu, prennent terre, poussent une nouvelle tige, & couvrent ainsi la terre qui est autour du principal tronc d’une forêt très-épaisse. (D. J.)

Racine, (Agricult.) la culture qu’on donne aux productions de la terre agit principalement sur les racines. Les labours, les arrosemens, les améliorations ont un rapport plus immédiat à cette partie des plantes qu’à toute autre. On distingue les racines en pivotantes & rampantes ; les premieres s’enfoncent presque perpendiculairement dans le terrein, les autres s’étendent suivant une direction presque horisontale. Les racines qui sortent immédiatement de la semence sont toujours du genre des pivotantes, elles pénetrent perpendiculairement dans la terre jusqu’à ce qu’elles trouvent le sol trop dur. Ces racines pivotantes, quand la terre facile à percer a du fonds, pénetrent quelquefois à plusieurs brasses de profondeur, à-moins qu’on ne les coupe, ou qu’on ne les rompe, soit de dessein prémédité, soit par accident, car alors elles changent de direction. Quand ces sortes de racines s’étendent horisontalement, on les nomme rampantes ; celles-ci sont d’autant plus vigoureuses qu’elles sont moins profondes en terre, les plus fortes se trouvant à la superficie dans cette épaisseur de terre qui est remuée par la charrue. Elles s’éloignent quelquefois assez considérablement de la plante qui les a produites, & deviennent si fines qu’elles échappent à la vûe, sur-tout quand elles ont pris la couleur de la terre qui les environne, ce qui arrive assez souvent. (D. J.)

Racine, (Mat. méd.) on ignore généralement le tems propre à cueillir les racines de toutes les plantes qui sont employées dans la matiere médicale, ensorte que la plûpart ont perdu toute leur efficace, faute d’être tirées de terre à propos & avec connoissance. On les laisse gâter dans les jardins & les campagnes, dans l’idée qu’elles s’y conservent, & elles y pourrissent. Il faut les cueillir d’abord que les feuilles de leurs plantes tombent, & avant que les racines poussent de nouveau ; car c’est alors qu’elles ont plus de vertu, & qu’on peut les employer utilement. Mais tantôt le médecin fait une ordonnance de racines qui n’existent pas encore, & tantôt de celles qui sont vieilles, pourries & sans vertu. Telle est la honte de l’art ; ce que je dis des racines, on doit l’appliquer également aux feuilles, aux fleurs & aux graines des plantes ; cependant le vieux médecin clinique meurt dans sa routine & dans son ignorance, incapable de se corriger à un certain âge, & même trop occupé pour s’en donner la peine. (D. J.)

Racine de S. Charles, (Botan.) cette racine se trouve dans des climats tempérés, & spécialement dans Méchoacan, province de l’Amérique. Son écorce est d’une odeur aromatique, d’un goût amer, & tant-soit-peu âcre. La racine même est composée de fibrilles menues, qui se séparent aisément les unes des autres. L’écorce passe pour sudorifique, & fortifie l’estomac & les gencives. Les Espagnols lui attribuent de grandes vertus.

Racine de Ste Helene, (Bot.) Hernand la nomme cyperus americanus. Cette racine est longuette, pleine de nœuds, noire en-dehors, blanche en dedans, & d’un goût aromatique, à-peu-près semblable à celui de Calanga. On nous l’apporte du port de Ste Helene dans la Floride, province d’Amérique, où elle croît. Cette racine est extrèmement apéritive. On la recommande dans la colique néphrétique. Quelques-uns l’appliquent écrasée sur des parties foibles, pour les fortifier. (D. J.)

Racine de Rhodes, (Botan.) nom vulgaire de l’espece d’orpin nommé par Tournefort anacampseros radice rosam spirante ; cette plante pousse ses tiges à la hauteur d’environ un pié, revêtues de beaucoup de feuilles oblongues, pointues, dentellées en leur bord : ses sommités sont chargées d’ombelles ou bouquets qui soutiennent de petites fleurs à plusieurs pétales disposés en rose, de couleur jaune pâle ou rougeâtre, tirant sur le purpurin. Quand ces fleurs sont passées, il leur succede des fruits composés de gaînes rougeâtres, ramassées en maniere de tête, & remplies de semences oblongues & menues : sa racine est grosse, tabéreuse, blanche en-dedans, charnue, succulente, ayant le goût & l’odeur de la rose quand on l’a écrasée. Cette plante croît sur les Alpes. On nous envoie sa racine seche parce qu’elle est de quelque usage dans la Médecine. (D. J.)

Racine salivaire, (Botaniq.) voyez Pyrethre.

Racine, s. f. (terme de Grammaire.) on donne en général le nom de racine à tout mot dont un autre est formé, soit par dérivation ou par composition, soit dans la même langue ou dans une autre : avec cette différence néanmoins qu’on peut appeller racines génératrices les mots primitifs à l’égard de ceux qui en sont divisés ; & racines élémentaires, les mots simples à l’égard de ceux qui en sont composés. Voyez Formation.

L’étude d’une langue étrangere se réduit à deux objets principaux, qui sont le vocabulaire & la syntaxe ; c’est-à-dire, qu’il faut apprendre tous les mots autorisés par le bon usage de cette langue & le véritable sens qui y est attaché, & approfondir aussi la maniere usitée de combiner les mots pour former des phrases conformes au génie de la langue. Ce n’est pas de ce second objet qu’il est ici question ; c’est du premier.

L’étude des mots reçus dans une langue est d’une étendue prodigieuse ; & si on ne prétend retenir les mots que comme mots, c’est un travail infini, & peut-être inutile : les premiers appris seroient oubliés avant que l’on eût atteint le milieu de la carriere ; qu’en resteroit-il quand on seroit à la fin, si on y arrivoit ? L’abbé Danet, dans la preface de son Dictionnaire françois & latin, jugeant de cette tâche par son étendue physique, dit qu’elle ne paroît pas infinie, puisqu’on enferme tous les mots d’une langue dans un dictionnaire qui ne fait qu’un médiocre volume. « Et c’est en effet en cette maniere, selon lui, que Joseph Scaliger, Casaubon & autres savans hommes les apprenoient. Ils en lisoient les divers dictionnaires, ils les augmentoient même de divers mots qu’ils trouvoient dans le cours de leurs études, ils ne croyoient point les savoir qu’ils ne fussent arrivés à ce degré ». Il n’est pas croyable, & je ne croirai jamais que la lecture d’un dictionnaire, quelque répétée qu’elle puisse être, soit un moyen propre pour apprendre avec succès les mots d’une langue, si ce n’est peut-être qu’il ne s’agisse d’un esprit stupide à qui il ne reste que la mémoire organique, & qui l’a d’autant meilleure que toute la constitution méchanique est tournée à son profit.

« Les langues, dit l’auteur des racines greques, préface, ne s’apprennent que par l’usage ; & l’usage n’est autre chose qu’une répétition continuelle des mêmes mots appliqués en cent façons & en cent rencontres différentes. Il est à notre égard comme un sage maître, qui sait prudemment faire choix de ce qui nous est utile, & qui peut adroitement faire passer une infinité de fois devant nos yeux les mots les plus nécessaires, sans nous importuner beaucoup des plus rares, lesquels il nous apprend néanmoins peu à-peu, & sans peine, ou par le sens des choses, ou par la liaison qu’ils ont avec ceux dont nous avons déja la connoissance. Mais cet usage, pour les langues mortes, ne se peut trouver que dans les anciens auteurs. Et c’est ce qui nous montre clairement que ce qu’on peut appeller l’entrée des langues, allusion au Janua linguarum de Coménius, ne doit être qu’une méthode courte & facile, qui nous conduise au plutôt à la lecture des livres les mieux écrits ».

On a vu, article Méthode, qu’il faut commencer par de bons élemens, & passer tout d’abord à l’analyse de la phrase propre à la langue qu’on étudie. Mais comme cet exercice ne met pas dans la tête un fort grand nombre de mots, on a pensé à imaginer quelques moyens efficaces pour y suppléer. La connoissance des racines est pour cela d’une utilité dont tout le monde demeure d’accord ; & de très-habiles gens ont songé à préparer de leur mieux cette connoissance aux jeunes gens. Dom Lancelot est, à mon gré, celui qui a imaginé la meilleure forme dans son Jardin des racines greques mises en vers françois. M. Etienne Fourmont, cet homme né avec une mémoire prodigieuse & des dispositions extraordinaires pour étudier les langues, a fait pour le latin ce que dom Lancelot avoit fait pour le grec : les racines de la langue latine mises en vers françois, parurent en 1706, livre devenu rare, trop peu connu, & qui mériteroit d’être tiré de l’oubli où il semble enseveli. Un habile disciple de Masclef a donné depuis au public, sous la même forme, les Racines hébraïques sans points-voyelles.

Ces vers sont aisés à retenir, parce que l’ordre alphabétique qui y est suivi, la mesure & les rimes régulierement disposées, conspirent à les imprimer aisément & solidement dans la mémoire.

Or il est certain que quand on sait les racines primitives, & que l’on s’est mis un peu au fait des particules propres à une langue, on n’est plus guere arrêté par les mots dérivés & composés, qui font en effet la majeure partie du vocabulaire.

Racine d’une Equation, en Algebre, signifie la valeur de la quantité inconnue de l’équation. Voy. Equation.

Ainsi si l’équation est a2 + b2 = x2, la racine de l’équation est la racine quarrée de a2+b2, ainsi .

C’est une vérité reçue en Algebre, qu’une équation a toujours autant de racines qu’il y a d’unités dans la plus haute dimension de l’inconnue ; par exemple, une équation du deuxieme degré a deux racines, une du troisieme en a trois : ainsi l’équation x2 = a2 + b2, que nous venons de donner, a deux racines ou deux valeurs de x ; savoir , & . Cette propriété générale des équations peut se démontrer de la maniere suivante.

Soit , une équation d’un degré quelconque ; & soit c une valeur de l’inconnue x, telle que substituant c au lieu de x dans l’équation, tous les termes se détruisent par des signes contraires, je dis que , se divisera exactement par . Car soit Q le quotient de cette division, le reste r, s’il y en a un, ne contiendra point de x, puisque x ne passe pas le premier degré dans le diviseur, & on aura égal & identique à . Donc substituant c pour x dans , tous les termes doivent se détruire, & le résultat être . Donc cette substitution donnera & . Donc la division se fait sans reste.

On aura donc un quotient . Et s’il y a une petite quantité C qui étant substituée par x dans ce quotient, fasse évanouir tous les termes, on prouvera de même que ce quotient peut se diviser exactement par . En continuant ainsi, on trouvera que la quantité , &c. peut être regardée comme le produit d’un nombre n d’équations simples , , , , &c. Donc puisque &c. = o, on aura , &c. . Or ce produit sera dans tous les cas suivans : 1°. ; 2°. ; 3°. ; 4°. , &c. Donc x a autant de valeurs qu’il y a de facteurs linéaires , &c. c’est-à-dire autant qu’il y a d’unités dans n.

Au reste, il ne faut pas croire que toutes ces valeurs soient ni toujours réelles, ni toujours positives. On les distingue en vraies, fausses, & imaginaires.

Racine vraie. Si la valeur de x est positive, c’est-à-dire si x est égale à une quantité positive ; par exemple, si , la racine est appellée racine vraie ou positive. Voyez Positif.

Racine fausse. Si la valeur de x est négative, par exemple si , on dit que la racine est fausse ou négative. Voyez Négatif. Par exemple, l’équation , a deux racines, l’une vraie, l’autre fausse, savoir & .

Racine imaginaire. Si la valeur de x est la racine quarrée d’une quantité négative, par exemple, si , on dit alors que la racine est imaginaire.

C’est ce qui arrive dans l’équation x x + 5 = o, qui a deux racines imaginaires , & . Si on multiplioit l’équation par l’équation , on formeroit une équation du quatrieme degré, qui auroit deux racines imaginaires & & deux racines réelles, l’une vraie + 2, l’autre fausse-5.

Dans une équation quelconque, les racines imaginaires, s’il y en a, sont toujours en nombre pair. Cette proposition assez mal démontrée dans les livres d’Algebre, l’est beaucoup plus exactement dans une dissertation que j’ai imprimée au tome II. des Mém. françois de l’académie de Berlin. Voyez aussi Imaginaire & Equation. Delà il s’ensuit que dans toute équation d’un degré impair, il y a au-moins une racine réelle.

L’Algebre est principalement d’usage pour mettre les problèmes en équations, & ensuite pour réduire ces équations, ou les présenter dans la forme la plus simple qu’elles puissent avoir. Voyez Réduction.

Quand l’équation est réduite à la forme la plus simple, il ne reste plus, pour achever la solution du problème, que de chercher par les nombres ou par une construction géométrique, les racines de l’équation. Voyez Equation & Construction.

M. l’abbé de Gua, dans les mémoires de l’académie royale des sciences de Paris, année 1741, nous a donné deux excellentes dissertations sur les racines des équations. Le premier de ces mémoires a pour titre : Démonstration de la regle de Descartes pour connoître le nombre des racines positives & négatives dans les équations qui n’ont point de racines imaginaires ; nous allons rapporter en entier l’espece de préface que M. l’abbé de Gua a mise à la tête de cet ouvrage : elle contient une discussion historique très-intéressante.

« Descartes, dit M. l’abbé de Gua, a donné sans démonstration, à la pag. 108. de sa géométrie, édit. de Paris, année 1705, la fameuse regle que j’entreprens de démontrer. On connoît de ceci, dit cet auteur, combien il peut y avoir de racines vraies & combien de fausses en chaque équation ; à savoir, il y en peut avoir autant de vraies que les signes + &-s’y trouvent de fois être changés, & autant de fausses qu’il s’y trouve de fois deux signes +, ou deux signes-qui s’entresuivent, &c.

Ces mots il peut y avoir, que Descartes repete deux fois dans cette proposition, évitant au contraire constamment l’expression il y a, marquent assez qu’il n’a pas regardé la regle qu’il avoit découverte, comme absolument générale, & qu’il a vu au contraire qu’elle devroit seulement avoir lieu, lorsque les racines que les équations peuvent avoir seroient toutes réelles ». M. l’abbé de Gua prouve cette vérité par d’autres endroits du même ouvrage, & il ajoute : « cet auteur s’est expliqué lui-même dans la suite de ce point, d’une maniere précise. Il trouve cette explication dans la lxvij. lettre du troisieme tome. Sa seconde objection, dit Descartes dans cette lettre, en parlant de Fermat, est une fausseté manifeste ; car je n’ai pas dit dans l’article 8. du troisieme livre ce qu’il veut que j’aie dit, à savoir qu’il y a autant de vraies racines que les signes + &-se trouvent de fois changés, ni n’ai eu aucune intention de le dire : j’ai dit seulement qu’il y en peut autant avoir, & j’ai montré expressément, art. 17. du III. liv. quand c’est qu’il n’y en a pas tant, à savoir, quand quelques-unes de ces vraies racines sont imaginaires ».

Quelque nombre de disciples & de commentateurs qu’ait eu ce grand géometre dans l’espace de près d’un siecle, il paroît néanmoins que personne, avant M. l’abbé de Gua, n’étoit encore parvenu à démontrer la regle dont nous parlons.

C’est sans doute le xlj. chapitre du traité d’Algebre de Wallis, qui a été l’occasion de l’erreur de M. Wolf & de M. Saunderson, qui attribuent l’un & l’autre l’invention de cette regle à Harriot, algébriste anglois. On n’ignore pas que Wallis n’a rien oublié dans cet ouvrage pour arracher en quelque façon à Viete & à Descartes leurs découvertes algébriques, dont il se plait au contraire à revêtir Harriot son compatriote.

« Pour réfuter Wallis, sur l’article dont il est principalement question, nous ne nous servirons, continue M. l’abbé de Gua, que du témoignage de Wallis lui-même, & de Wallis parlant dans le même ouvrage. Il conteste, dans l’endroit que nous venons de citer, que la regle pour le discernement des racines, appartient à Descartes ; plus bas, au chap. lxiij. pag. 215. il continue à la vérité de proscrire cette regle à cause de son prétendu défaut de limitation, mais commençant alors à se contredire, il ne fait plus difficulté de la donner à son véritable auteur.

Wallis au reste n’est pas le seul qui ait attaqué la regle que nous nous proposons de démontrer.

Le journal des savans de l’année 1684, nous apprend, à la page 250. que Rolle la taxoit aussi de fausseté. Le journaliste donne ensuite deux exemples de ce genre ; mais dans ces exemples il se trouve des racines imaginaires.

C’est ce que remarque fort bien le pere Prestet de l’oratoire, dans la seconde édition des élém. liv. VIII. pag. 362.

La remarque de Rolle insérée dans le journal des savans, & la réponse du pere Prestet ne pouvoient manquer de réveiller l’attention de l’académie. Duhamel, qui en étoit alors secrétaire, fit donc mention dans son histoire, de l’observation de Rolle ; & il ajouta que l’académie ayant chargé Cassini & de la Hire d’examiner sa critique, ils avoient rapporté que Schooten avoit déja fait la même remarque, mais que cet auteur prétendoit que Descartes même n’avoit pas donné sa regle pour générale.

Si cette décision a dû en effet fixer le sens véritable de la regle de Descartes, n’auroit-elle pas dû exciter de plus en plus les géometres à chercher une démonstration rigoureuse de cette regle, au-lieu de se contenter de la déduire par induction, comme on doit présumer que Descartes l’avoit fait, ou de l’inspection seule des équations algébriques par la multiplication de leurs racines supposées connues ? Un silence si constant sur une vérité qu’on pouvoit désormais regarder presque comme un principe, & dont cependant on n’appercevoit point encore l’évidence, n’étoit-il point en quelque sorte peu honorable pour les mathématiques » ? Nous renvoyons le lecteur, pour la démonstration de cette regle, au mémoire de M. l’abbé de Gua, qui l’a démontré de deux manieres différentes. Voyez a l’article Algebre, l’histoire des obligations que cette science a aux différens mathématiciens qui l’ont perfectionnée, & sur-tout à Viete & à Dercartes.

Racine d’un nombre, en Mathématique, signifie un nombre qui étant multiplié par lui-même rend le nombre dont il est la racine ; ou en général le mot racine signifie une quantité considérée comme la base & le fondement d’une puissance plus élevée. Voyez Puissance, &c.

En général la racine prend la dénomination de la puissance dont elle est racine ; c’est-à-dire qu’elle s’appelle racine quarrée si la puissance est un quarré ; racine cubique si la puissance est un cube, &c. ainsi la racine quarrée de 4 est 2, parce que 2 multiplié par 2 donne 4. Le produit 4 est appellé le quarré de 2, & 2 en est la racine quarrée, ou simplement la racine.

Il est évident que l’unité est à la racine quarrée, comme la racine quarrée est au quarré : donc la racine quarrée est moyenne proportionnelle entre le quarré & l’unité ; ainsi .

Si un nombre quarré comme 4 est multiplié par sa racine 2, le produit 8 est appellé le cube ou la troisieme puissance de 2 ; & le nombre 2, considéré par rapport au nombre 8, en est la racine cubique.

Puisque l’unité est à la racine comme la racine est au quarré, & que l’unité est à la racine comme le quarré est au cube, il s’ensuit que l’unité, la racine, le quarré & le cube sont en proportion continue, c’est-à-dire que . par conséquent la racine cubique est la premiere de deux moyennes proportionnelles entre l’unité & le cube.

Extraire la racine d’un nombre ou d’une puissance donnée, comme 8, c’est la même chose que de trouver un nombre comme 2, qui étant multiplié par lui-même un certain nombre de fois, par exemple deux fois, produise ce nombre 8. Voyez Extraction.

Une racine quelconque, quarrée ou cubique, ou d’une puissance plus élevée, est appellée racine binome, ou simplement binome quand elle est composée de deux parties ; comme ou . Voyez Binome.

Si la racine est composée de trois parties, on l’appelle trinome, comme . Voyez Trinome. Si la racine a plus de trois parties, on l’appelle multinome, comme . Voyez Multinome.

M. l’abbé de Gua nous a donné de plus, dans un mémoire imprimé p. 455 du même vol. une méthode sur le nombre des racines imaginaires, réelles positives ou réelles négatives. Ne pouvant entrer dans aucun détail sur ce sujet, nous nous contenterons de dire avec l’auteur qu’on trouve sur cette méthode quelques vues générales, mais fort obscurément énoncées dans une lettre de Collins au docteur Wallis ; qu’en suite M. Stirling a poussé ces vues un peu plus loin dans son énumération des lignes du troisieme ordre ; mais qu’il s’en faut bien que la méthode de ce géometre ne laisse plus rien à desirer. Nous croyons pouvoir en dire autant de la méthode de M. l’abbé de Gua, puisque cette méthode, de son propre aveu, suppose la résolution des équations qui n’est pas même trouvée absolument pour le 3e degré. Nous avons parlé à la fin de l’art. Equation, du travail de M. Fontaine sur le même sujet. (O)

Racine, terme d’Astronomie, qui signifie une époque ou instant duquel on commence à compter les mouvemens des planetes. Il est avantageux chaque fois qu’on veut connoître le lieu moyen d’une planete, pour un tems donné, de le trouver calculé dans les tables astronomiques, où l’on a eu soin de reduire le lieu moyen ou l’anomalie moyenne des planetes au tems de quelque ere célebre, telle que l’ere chretienne, l’ere de Nabonassar, celle de la création du monde, la fondation de Rome, le commencement de la période julienne, &c. Il a donc fallu trouver dans ces tables le lieu moyen des planetes pour ces eres proposées, & sur-tout pour les midis de tems moyen, & non pas de tems vrai ou apparent. Ces lieux moyens des planetes ainsi déterminés, se nomment les époques ou les racines des moyens mouvemens, puisque ce sont autant de points fixes d’où l’on part pour calculer tous les autres mouvemens. Voyez Epoque & Tables. Inst. ast. p. 547. &c.

Racine, partie des plantes par laquelle elles s’attachent à la terre ; il y a des racines bulbeuses, des tubéreuses & des fibreuses. La racine bulbeuse est ce que l’on appelle vulgairement un oignon, qui est le plus souvent garnie à sa base de racines fibreuses : les bulbes sont solides, radices bulbosæ solidæ ; par couches, tunicatæ ; écailleuses, squamosæ ; deux à deux, duplicatæ ; ou plusieurs ensemble, aggregatæ : elles sont aussi de différentes figures. La racine tubéreuse ou en tubercule est charnue & solide, elle devient plus grosse que la tige, elle y adhere ou y est suspendue par un filet, elle a différentes figures. La racine sibreuse est composée de plusieurs autres racines plus petites que leur tronc ; elle est perpendiculaire ou horisontale, charnue ou filamenteuse, simple ou branchue. Floræ par. prod. par M. Dalibard.

Racine, en Anatomie, se dit assez ordinairement de l’endroit dans lequel les parties sont attachées.

On appelle racine des dents la partie de ces os qui est renfermée dans les alvéoles. Voyez Alvéole.

La racine du nez est cette partie qui répond à l’articulation des os du nez avec le coronal. Voyez Nez & Coronal.

Racine de la langue. Voyez Langue.

Racine, (Critique sacrée) ῥίζα ; ce mot se prend au figuré dans l’Ecriture, soit en bonne, soit en mauvaise part, pour origine, principes, descendans, soit au propre soit au figuré. Racine amere. Hébr. xij. 15. ῥίζα πικρά, c’est une méchante racine. Il y a, dit l’Ecclés. xxj. 15. une finesse pleine d’amertume, c’est-à-dire une méchanceté. L’auteur du I. liv. des Macch. j. 2. appelle Antiochus une racine criminelle, ῥίζα ἁμαρτωλός, c’est-à-dire un prince dont les actions sont criminelles. L’Ecriture donne aussi figurément des racines aux vertus. La racine de la sagesse, dit le fils de Syrach, c. j. 24. est la crainte du Seigneur, & ses branches donnent une longue vie. (D. J.)

Racines, (Chronolog.) certains points qu’on prend pour époques.

Racine, couleur de (terme de Teinturier) on appelle couleur de racine, en terme de teinturier, la couleur fauve qui est une des cinq couleurs simples & matrices. Elle se fait communément avec de l’écorce de noyer, de la feuille & de la coque de noix. (D. J.)

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Étymologie de « racine »

Étymologie de racine - Littré

Picard, rachaine ; wallon, resseinn, carotte ; provenç. racina, razina ; du bas-latin radicina, diminutif du lat. radix, racine, de même radical que ῥίζα ; éolien βρίζα ; anc. scand. rôt ; angl. root ; goth. vaurts ; all. Wurzel ; kymri, gwraidd ; bas-bret. grizien. L'ancienne langue avait raïz, tiré du lat. radīcem.

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Étymologie de racine - Wiktionnaire

Du bas latin radīcīna, diminutif du latin radix (« racine, base, source, fondement ») dont est issu l’ancien français rais (« racine ») qui donne raifort et radis.
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Phonétique du mot « racine »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
racine rasin play_arrow

Citations contenant le mot « racine »

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  • En 2016, les pavés avaient été retirés lors des travaux de rénovation de la rue de Paris. La municipalité les avait conservés. Assemblés par l'artiste, ils ont repris la forme d'une racine, qui semble plonger sous terre pour resurgir quelques mètres plus loin. leparisien.fr, Lieusaint : une sculpture de pavés prend racine en ville - Le Parisien
  • Pas n'importe quelles souches. Selon l'Institut Van Gogh, association œuvrant à la préservation de la mémoire de Vincent van Gogh, ces racines auraient servi de modèle au dernier tableau peint par l'artiste, le 27 juillet 1890, une toile inachevée intitulée Racines. Le peintre de 37 ans qui séjournait à Auvers-sur-Oise, se donne la mort ce soir-là d'une balle dans la poitrine. Il succombe, deux jours plus tard, après d'atroces souffrances, dans sa chambre de l'Auberge Ravoux. 130 ans se sont écoulés et la découverte du site de la toile Racines, inauguré à Auvers-sur-Oise mardi, semble dissiper le nuage de mystère qui entoure cette ultime journée. Franceinfo, "Racines", l'ultime toile inachevée de Vincent van Gogh, lève le mystère des dernières heures du peintre
  • Pour détruire la racine du mythe, il faut anéantir la semence même de l'homme. De Robert Marteau / Mont-Royal
  • La liberté est une plante qui croît vite, une fois qu'elle a pris racine. De George Washington / Discours
  • Quand la racine est sauve, le feuillage revient étendre sur la maison son ombre. De Eschyle / Agamemnon
  • La racine de la vie est la femme qu'on aime. De Anonyme / Hain-Teny : La racine de la vie
  • Etre radical, c'est prendre les choses par la racine. Et la racine de l'homme, c'est l'homme lui-même. De Karl Marx / Critique de “La philosophie du droit” de Hegel
  • La racine est une fleur qui dégaine la gloire. De Khalil Gibran / Le sable et l'écume
  • Le fruit ne tombe pas loin de la racine. De Proverbe bulgare
  • Il faut couper le mal dans sa racine. De Philonide
  • Le passé prend racine dans l’avenir. De Hafid Aggoune / Les avenirs
  • L’arbre suit sa racine. De Proverbe berbère
  • Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut. Frédéric Mistral, Les Îles d'or Lis Isclo d'or
  • Le sage donne son principal soin à la racine. Confucius en chinois Kongzi ou Kongfuzi [maître Kong], Entretiens, I, 1 (traduction S. Couvreur)
  • Fruits et racines ont même commune mesure qui est l'arbre. Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, Gallimard
  • Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines ! Jean Racine, Athalie, I, 1, Abner

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Traductions du mot « racine »

Langue Traduction
Corse radice
Basque erro
Japonais ルート
Russe корень
Portugais raiz
Arabe جذر
Chinois
Allemand wurzel
Italien radice
Espagnol raíz
Anglais root
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Synonymes de « racine »

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Antonymes de « racine »


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