La langue française

Sujet

Sommaire

Définitions du mot sujet

Trésor de la Langue Française informatisé

SUJET1, -ETTE, adj. et subst.

I. − Adjectif
A. − Rare. [En parlant d'une pers. ou d'une collectivité] Qui est soumis à une autorité souveraine. Le peuple est souverain, dit-on; et de qui? De lui-même apparemment. Le peuple est donc sujet (J. de Maistre, Souveraineté, 1821, p. 311).
P. métaph. Ces sortes de grandeurs n'appartiennent qu'à ces illustres et sublimes trompeuses, elles restent royales encore là où les autres femmes deviennent sujettes (Balzac, Secrets Cadignan,1839, p. 363).
B. − [En parlant d'une pers. ou d'une chose] Sujet à
1. [Le compl. désigne une force, un agent, un phénomène, un processus ou son effet indésirable, une règle, une obligation] Soumis à.
a) [Le compl. désigne une force, un agent déterminant et inévitable] Lorsque les pays traversés sont sujets à des hivers rigoureux, ces stations intermédiaires sont munies de dispositifs de réchauffage (Chartrou, Pétroles natur. et artif., 1931, p. 69).Le seul bien qui ne soit pas sujet au hasard est celui qui est hors du monde (S. Weil, Pesanteur, 1943, p. 111).
Rem. ,,On dit pop. être sujet à sa bouche, pour dire, avoir l'habitude de la gourmandise`` (J.-F. Rolland, Dict. mauv. lang., 1813, p. 126).
− Domaine de la pathol.Qui est fréquemment soumis à un mal ou à un trouble donné. Sujet à des maux de tête, au vertige. Elle fit signe à son mari qu'elle avait un saignement de nez, accident auquel elle était assez sujette (Stendhal, Nouv. inéd., 1842, p. 365).Nerveuse et sujette à des vapeurs, elle jetait des cris pour un claquement de porte et se lamentait au son de l'angélus (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 153).
Rare. [Dans un cont. favorable] Ne soyez pas triste, répondit-elle, je suis sujette aux bons souvenirs (L. de Vilmorin, Julietta, 1951, p. 230).
b) [Le compl. désigne un phénomène, un processus dont l'être ou l'objet désigné par le subst. déterminé est exposé à subir les effets contraires] Ta qualité de fille du fils naturel de mon beau-père pourrait rendre des dispositions testamentaires faites en ta faveur sujettes à contestation (Balzac, U. Mirouët, 1841, p. 181).Dans le cas d'un texte long et sujet à controverse (Lidderdale, Parlement fr., 1954, p. 200).
c) [Le compl. désigne une règle, une obligation] La Reine des provinces est sujette au tribut (Chateaubr., Martyrs, t. 3, 1810, p. 47).
Sujet à caution*.
2. Disposé à.
a) [Suivi d'un subst.] J'ai ouvert un gros dictionnaire, comptant y retremper ma mémoire sujette à l'erreur (Colette, Pays. et portr., 1954, p. 250).
b) [Suivi d'un inf.]
[En parlant de pers. ou d'animaux] Vingt-quatre lévriers barbaresques, plus véloces que des gazelles, mais sujets à s'emporter (Flaub., St Julien l'Hospitalier, 1877, p. 88).Plus nous nous rapprochons du sommeil plein, plus nous sommes sujets à confondre ce qui vient de nous avec ce qui vient des autres (Alain, Propos, 1921, p. 331).
Vieilli. [En parlant de choses] Les ébauches épaisses sont (...) sujettes à se fendre en séchant (Al. Brongniart, Arts céram., t. 1, 1844, p. 163).Tous ces métaux étant sujets à se trouver dans les roches éruptives (Élie de Beaumont, B. de la Sté géol. Fr., t. 4, 1847, p. 18).
II. − Substantif
A. − Celui, celle qui est soumis(e) à une autorité souveraine, absolue. Sujet fidèle; fidèle sujet. Par scrupule religieux, les souverains de Russie ne prenaient femme (..) que parmi leurs sujettes, et la beauté était le principal titre au choix du prince (Mérimée, Hist. règne Pierre le Gdds Journal des Savants, 1867, p. 361).L'échec retentissant de Joseph II avait encouragé ses sujets à la révolte, au point que l'État habsbourgeois paraissait se décomposer quand son souverain mourut en février 1790 (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 221).
P. anal. Rien ne démontrera mieux la singulière puissance que communiquent les vices, et à laquelle on doit les tours de force qu'accomplissent de temps en temps les ambitieux, les voluptueux, enfin tous les sujets du diable (Balzac, Cous. Bette, 1846, p. 126).
P. métaph. Qu'est-ce que la vie? un amas de petites circonstances, et les plus grandes passions en sont les humbles sujettes (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1846, p. 648).
B. − Ressortissant(e) d'un État donné. Synon. citoyen.Il existe désormais un « Anglicanisme » japonais et chinois, dont les chefs et les fidèles, sans répudier la dette spirituelle qu'ils ont contractée envers les Églises-mères d'Europe ou d'Amérique, n'ont point pour autant le sentiment d'être devenus sujets britanniques ou américains (Philos., Relig., 1957, p. 50-13).
Prononc. et Orth.: [syʒ ε], fém. [-εt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1remoit. xiies. « soumis, subordonné » sugete a Deu (Psautier Oxford, 61, 1 ds T.-L.); en partic. 1155 « soumis à une autorité politique » a un rei ... suget (Wace, Rou, éd. I. Arnold, 13666); d'où 1325 subst. « celui qui est sous la domination d'un prince ou d'un état souverain » commandons à touz nos subgiés (Lettre de Jeanne, comtesse de Rethel... ds Trésor des Chartes du Comté de Rethel, éd. G. Saige et H. Lacaille, t. 1, p. 697); 2. a) 1485 « astreint par la loi à une obligation, à une charge » (Myst. Vieux Testament, 31197, éd. J. de Rothschild, t. 4, p. 181: Tu es subgect de la garder [la femme de ton servant] Ainsi comme ung pasteur son ouaille); b) 1579 subject à caution (H. Estienne, La Précellence du langage françois, éd. E. Huguet, p. 16); 3. a) 1485 « astreint par sa condition à une nécessité de nature » (Myst. Vieux Testament, 1933, t. 1, p. 77); b) 1485 « exposé par sa constitution à éprouver certaines maladies, à présenter certains états » subgects sommes a la malladie (ibid., 34820, t. 4, p. 337); c) 1536 « porté par une tendance naturelle ou l'habitude de ressentir, subir ou faire quelque chose » subgect n'estoit à nulle tromperye (R. de Collerye, Epitaphe de feu noble ... Estienne Fichet ds Œuvres, éd. Ch. d'Héricault, p. 282); 4. a) 1531 « (d'un inanimé) exposé par sa nature à présenter certains inconvénients » Vostre argent ... est subject à la pince (Marot, Epitre, XXV, 48, éd. C. A. Mayer, p. 173); b) 1579 « qui fournit matière ou occasion à, qui donne lieu à » subjectes à preuve (H. Estienne, op. cit., p. 184). Empr. au lat. class.subjectus « soumis, assujetti », part. passé adj. de subjicere « placer dessous, mettre sous, soumettre, assujettir » comp. du préf. sub-, v. l'élém. formant sub- et de jacĕre « jeter ».

SUJET2, subst. masc.

I. − Ce qui constitue la matière, le thème ou bien le motif d'une activité ou d'un état.
A. − Ce qui constitue la matière, le thème principal d'une activité intellectuelle ou artistique, indépendamment de l'interprétation qui en est faite ou du résultat obtenu. Anton. objet.Beau, bon, excellent, grand sujet; sujet concret, difficile, important, grave; sujet historique, religieux; choisir, traiter un sujet.
1. Ce qui est proposé à la réflexion, à l'étude, à la critique, au débat. Sujet de comparaison, de méditation(s), de recherche(s), de réflexion; sujet brûlant, délicat, inépuisable; sujet d'actualité; bibliographie sur un sujet donné; aborder, connaître, épuiser le sujet; donner son opinion sur un sujet. L'hyperthyroïdien passe allégrement d'un sujet à l'autre, tour à tour affirme et nie (Mounier, Traité caract., 1946, p. 168):
1. Chaque jour, il [l'élève] reçoit de la nature une leçon nouvelle; chaque proie qu'il poursuit lui est un sujet d'étude, chacun de ses repas est le prix de son adresse ou de ses réflexions. Laclos, Éduc. femmes, 1803, p. 436.
Sujet (battu et) rebattu. Sujet déjà très souvent traité et qui ne présente plus d'intérêt. M. Cazin a trouvé moyen de faire, avec des sujets battus et rebattus depuis des siècles, une œuvre très originale, très hardie (Huysmans, Art mod., 1883, p. 156).
Sujet tabou*.
[Le compl. désigne la manifestation, l'expression, le domaine, le résultat de la réflexion] Sujet de débat, de discussion; sujet d'une conférence, d'un discours, d'un exposé. Lorsque le sujet de la conversation fut épuisé, le comte me mit encore en scène au détriment de Monsieur de Chessel (Balzac, Lys, 1836, p. 51).Dans certains d'entre eux [les bulletins paroissiaux], on trouve des articles bien documentés sur des sujets d'histoire locale (Civilis. écr., 1939, p. 16-14).
Sujet à + subst.Tout lui était sujet à dissertation lorsqu'il entreprenait quelqu'un (Aymé, Brûlebois, 1926, p. 116).
Rare. [Le compl. désigne la matière traitée] Si je voulais, non pas épuiser le sujet des facultés réceptives, mais seulement le traiter un peu à fond (Broussais, Phrénol., leçon 17, 1836, p. 624).
Rem. Sujet est parfois empl. dans un sens voisin de celui de objet, sujet désignant plutôt ce dont il s'agit, et objet ce qu'on en dit. Il arrive que les deux mots soient empl. à peu près indifféremment: Cependant l'amour qui avait fait le principal objet des conversations de la matinée était dans l'air de la journée. Il revint tout naturellement dans l'entretien: c'est avec l'ambition le sujet de prédilection des jeunes hommes (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 101).
BIBLIOTHÉCON., DOCUMENTOL. Classement par sujets. Un catalogue par sujets ne peut être établi que dans des conditions rarement réalisées. Les rédacteurs doivent être assez au fait des diverses disciplines scientifiques pour distinguer nettement le sujet de chaque œuvre (Civilis. écr., 1939, p. 52-1).
PRESSE. ,,Thème de reportage. Thème de la prise de vue en général. Toute partie d'une émission formant un tout`` (cfpj Presse 1982).
2. Locutions
a) À ce sujet. En ce qui concerne ce thème de réflexion ou de débat. Synon. à ce propos.Les travaux modernes (...) ont conduit à abandonner les idées anciennes à ce sujet (Maurain, Météor., 1950, p. 60).
b) Loc. prép. Au sujet de. À propos de, en ce qui concerne.
[Le subst. déterm. désigne un animé] Déjà d'infâmes suggestions s'élevaient au sujet des combattants (Villiers de L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 169).Hubert te demanda je ne sais plus quel renseignement au sujet de Dreyfus (Mauriac, Nœud vip., 1932, p. 109).
[Le subst. déterm. désigne un inanimé] Je posai à Swann, au sujet de cette autre partie de la maison, des questions savamment voilées (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 529).
C'est au sujet de qqn/qqc.; c'est à quel sujet? Ce n'est pas au sujet de ma femme que je viens vous voir (Simenon, Vac. Maigret, 1948, p. 108).
3. [Dans le domaine de l'enseign., de l'apprentissage, dans le cadre d'une compétition] Matière, thème imposé sur lequel porte un exercice, l'épreuve d'un examen, d'un concours. Ce n'est pas le sujet; hors sujet.
[Le compl. désigne la forme de l'épreuve] Sujet de dissertation, de mémoire, de thèse. Que les collègues qui donnent des sujets de diplôme choisissent, sans attendre le client, des sujets moins académiques que « la route de Trifouillis à Cucugnan » (Colloque géogr. appl., 1962, p. 87).
[Le compl. désigne la matière à traiter] Sujet de mathématiques. Avoir obtenu le diplôme d'études supérieures sur un sujet de français (Encyclop. éduc., 1960, p. 370).
[Le compl. désigne un examen, un concours, un prix] Sujet d'agrégation, de licence, de maîtrise. Un Corps savant vient de proposer, cette année, pour sujet de prix, de rechercher s'il existe une circulation dans les radiaires (Lamarck, Philos. zool., t. 2, 1809, p. 129).V. proposer I B 1 ex. de Encyclop. éduc.
4. LITT., ARTS
a) LITT. Fond principal, historique ou fictif, d'une œuvre. Sujet d'un livre, d'une pièce; sujet intimiste, légendaire, mythologique. Un thème fréquent est l'exaltation des gens humbles mais honnêtes, qui constitue également un sujet favori de notre littérature enfantine (Lowie, Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 223):
2. Les sujets choisis par M. Zola sont toujours très généraux, peuvent être compris de tout le monde, n'ont rien de spécial, d'exceptionnel, de « curieux »: c'est l'histoire d'une famille d'ouvriers qui sombre dans l'ivrognerie, d'une fille galante qui affole et ruine les hommes, d'une fille sage qui finit par épouser son patron, d'une grève de mineurs, etc... Lemaitre, Contemp., 1885, p. 282.
b) MUS. Thème principal d'une œuvre contrapuntique, notamment d'une fugue. [La fugue est une] forme de composition à plusieurs parties, entièrement basée sur le principe de l'imitation et dans laquelle un thème principal, ou sujet, et un ou plusieurs thèmes secondaires, ou contre-sujets, semblent fuir sans cesse de voix en voix (BrenetMus.1926, p. 166).
P. anal., CHORÉGR. Thème principal d'un ballet. J'étais libre de choisir le sujet et le scénario du ballet (Stravinsky, Chron. vie, 1931, p. 127).
c) ARTS PLAST. ,,Se dit de l'ensemble d'objets, ou de l'événement que le peintre ou le sculpteur prétendent imiter ou représenter, ou dont ils s'inspirent pour exécuter une décoration quelconque`` (Havard 1890):
3. Un signe plastique est, toujours, une reconstitution et jamais une restitution. La double recherche qui conduit à faire l'inventaire des sujets figuratifs entrant en combinaison et la reconstitution du processus mental qui a suscité l'activité combinatoire de l'artiste créateur est possible. Traité sociol., 1968, p. 290.
α) DESSIN, PEINT. Élément dominant d'une figure, d'un tableau. Des peintures sans sujet, sinon le plus général, le plus anonyme: la servante, la montagne, le torchon, quelques murs, quelques pommes, et finalement les cônes et les cylindres. Rapprochons de ces sujets les sujets du cubisme. Car il faut, dans toute école, étudier ses sujets puisqu'il y a toujours sujet, même lorsque cette école a résolu de déprécier et de restreindre le sujet (Cassou, Arts plast. contemp., 1960, p. 178).
P. anal., PHOT. Les limites du sujet photographié sont déterminées par l'angle de champ (Prinet, Phot., 1945, p. 25).
β) SCULPT., GRAV. Les stalles sont autant de merveilles; elles représentent des sujets de l'Ancien Testament en bas-reliefs (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 44).La différence entre le sujet gravé sur le premier sceau, anonyme, et celui gravé sur le second sceau, nominatif (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 419).
En partic. ,,Nom qu'on donne aux groupes allégoriques, emblématiques ou historiques, qui ornent certains meubles, les pendules, principalement`` (Havard 1890). Pendule à sujet. A-t-elle beaucoup souffert? demanda Lucy, qui s'était absorbée devant le sujet de la pendule, les trois Grâces, nues (Zola, Nana, 1880, p. 1479).P. métaph. Sujet de pendule. V. pendule2.
P. ext. Représentation souvent miniaturisée de personnages ou d'animaux dans l'évocation d'une scène, dans un décor. Sujet de crèche. Fort garni de sujets en aluminium (Catal. jouets (Trois-Quartiers), 1936).
B. − [Souvent dans un cont. à connotation défavorable] Motif, raison.
1. [Suivi d'un compl. déterminatif]
a) [À propos de choses] Sujet d'affliction, d'alarme, d'amertume, de chagrin, de crainte, de discorde, d'émerveillement, d'étonnement, de fierté, d'inquiétude, de jalousie, de joie, de mécontentement. D'après les économistes, les partisans de la balance du commerce devront être satisfaits; ils n'auront plus aucun sujet de plainte (Proudhon, Syst. contrad. écon., t. 2, 1846, p. 70).Aussitôt que des situations se présenteront qui paraîtront menacer le bien-être général, elles devront être un sujet de préoccupation pour l'assemblée générale (Charte Nations Unies, 1946, p. 22).
b) [À propos d'une pers.] Lucien, dit madame Chardon à son fils, tu as beaucoup à réparer ici. Parti pour être un sujet d'orgueil pour ta famille, tu nous a plongés dans la misère (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 650).
2.
a) Avoir (grand, tout) sujet de + inf. J'ai eu tout sujet de m'applaudir (...) de mon courage (Delacroix, Journal, 1850, p. 404).La Suisse n'a donc pas, en définitive, grand sujet de craindre les radicaux (Gobineau, Corresp.[avec Tocqueville], 1850, p. 118).Ma chère maman (...) demanda si l'on a bien sujet de dire que les perroquets sont gais (A. France, Pt Pierre, 1918, p. 158).
b) Donner sujet de + inf. Blanchet voulut le renvoyer, et il pleura, ce qui donna sujet à son père de dire qu'il était mal élevé (Sand, Fr. le Champi, 1848, p. 78).
3. Sans sujet. Rire sans sujet. Lorsque ces jeunes personnes sont attaquées de cette maladie (...), elles aiment à dormir, et sont tristes sans sujet (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p. 219).
Rem. [Par jeu sur le sens A et B] Margerie, géologue et savant, a lu les livres, les mémoires, les articles que Margerie bibliographe a recensés (nouveau sujet de réflexion et d'étonnement) (L. Febvre, De Margerie, [1924] ds Combats, 1953, p. 315).
C. − LOG., LING.
1. LOG. (log. class.). Support du prédicat. V. prédicat A et infra I C 2 d.
2. LINGUISTIQUE
a) Sujet (grammatical)
α) [En gramm. traditionnelle] Fonction qui désigne l'être ou la chose qui fait l'action exprimée par un verbe, que détermine un verbe d'état ou qui supporte l'action exprimée par un verbe au passif. Accord du sujet et du verbe; inversion, place du sujet:
4. Nous avons trouvé dans les mots qui composent les langues parlées, les interjections qui expriment des propositions tout entières, les noms et pronoms qui expriment les sujets des propositions, et les verbes qui expriment les attributs de ces mêmes propositions. Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 102.
Sujet apparent, sujet réel. Dans les constructions dites impersonnelles (il m'est impossible de finir ce travail, il n'est pas étonnant qu'il soit malade), on appelle sujet réel la complétive (qu'il soit malade) ou l'infinitif (de finir ce travail); quant au il, on l'appelle sujet apparent (d'apr. Ling. 1972).
En appos.
Cas sujet. En ancien français, cas exprimant la fonction grammaticale de sujet ou d'attribut du sujet (le cas sujet est marqué dans le plus grand nombre de déclinaisons par la désinence s). À une certaine époque presque toutes les formes de l'ancien cas sujet ont disparu en français (...). C'est la notion particulière de cas sujet qui a été atteinte et sa disparition a entraîné naturellement celle de toute une série de formes (Sauss.1916, p. 132).
Fonction sujet (p. oppos. à substantif, pronom, proposition... sujet, qui désignent non pas la fonction mais l'élément qui la remplit).Des phrases (...) où la fonction sujet et la fonction prédicat sont réalisées, non par un mot, mais par un groupe de mots, un syntagme (Grev.1986, § 227).
β) [Dans une ling. fonctionaliste] Syntagme nominal qui détermine l'accord du verbe et qui constitue avec lui un énoncé minimal (Pierre lit un livre peut se réduire à Pierre lit, mais non à lit un livre ou à lit).
Rem. Dans l'énoncé minimum à deux termes, ,,l'un, qui désigne normalement un état de choses ou un événement sur lequel on attire l'attention, reçoit le nom de prédicat (...) l'autre, dit sujet, désigne un participant, actif ou passif (...). Formellement (...) le sujet est toujours caractérisé soit par un monème fonctionnel, soit par sa position (...)`` (Martinet 1969, pp. 125-126). Ce qui le distingue des compléments, ,,c'est sa présence obligatoire dans un certain type d'énoncé`` (ibid.).
γ) [En gramm. générative] Fonction du SN (syntagme nominal) dans la règle de base qui réécrit P (symbole de la phrase) par SN + SV (SV = syntagme verbal). On distingue le sujet de la phrase de structure profonde du sujet de la phrase de structure de surface. Dans la phrase La voiture renverse le passant, la voiture est en même temps le sujet de la structure profonde et le sujet de la structure de surface dérivée. Mais dans la phrase passive Le passant est renversé par la voiture, le sujet de la structure de surface le passant n'est pas le sujet de la structure profonde (Ling.1972).
δ) [Dans une ling. sémantico-logique; p. oppos. à sujet profond (v. infra I C 2 b), sujet thématique ou thème, sujet logique (v. infra I C 2 d)] Fonction du syntagme nominal qui, dans la phrase active, exprime la donnée première, le point de départ de la prédication (le prédicat verbal est considéré comme une relation orientée dont le sujet représente le premier argument). Voir R. Martin, Pour une log. du sens, 1983, pp. 217-218.
b) Sujet profond. Représentation de l'agent, de celui qui fait l'action (le sujet grammatical se confond souvent avec le sujet profond: Pierre a appris à Marie que..., mais pas toujours: Pierre a appris (par Marie) que...). Synon. agent.Le « sujet profond » est le premier argument qui suit le prédicat le plus élevé dans la représentation profonde/logique de la phrase (S. Starostads Langages. Paris1975no38, p. 118).
Rem. Notion abandonnée, remplacée par celle d'agent.
c) Synon. de thème.Le sujet est alors conçu comme le « point d'appui » du jugement, sa « source », son « point de départ dans la pensée ». C'est à cette conception que correspond la notion de « thème », fréquemment utilisée pour décrire le rôle du sujet (Gramm. auj.1986, p. 657).
Sujet psychologique. Synon. vieilli de thème.Dans Demain, je sortirai, répondant à une question du type Que ferez-vous demain?, le sujet psychologique, ou thème, est constitué par demain (Lang.1973).
d) Sujet logique. Toute langue suppose, dans une approche sémantico-logique, qu'une place soit faite à la notion de « sujet logique ». Si je dis: Le facteur vient de passer, alors je parle d'un être d'univers (au sens le plus général), d'un objet du monde si l'on préfère, dont on dit qu'il est facteur, c'est-à-dire qu'il est un être animé, doué de raison, jouant un certain rôle dans l'organisation sociale, et de qui l'on affirme qu'il vient de passer. Facteur (F) et vient de passer (V) sont des prédications complexes sur x : V(Fx). On dira de x, qui n'a pas en soi de sens et dont la raison d'être unique est dans la référence à l'univers, qu'il est le sujet logique de F, ainsi que de la prédication du second ordre de V sur Fx. Le sujet ainsi conçu n'est rien d'autre que le lieu de la désignation (R. Martin,Pour une log. du sens,1983,p. 215).
3. SÉMIOT. ,,L'une des grandes fonctions du récit; celle qui regroupe tous les attributs et toutes les actions du héros principal, lequel désire et recherche l'objet; par exemple Ulysse dans son retour vers Ithaque`` (Media 1971).
En partic. [Dans le schéma actantiel de A. J. Greimas] Actant en quête d'un objet. Le schéma narratif, modèle hypothétique d'une organisation générale de la narrativité, qui cherche à rendre compte des formes à l'aide desquelles le sujet conçoit sa vie en tant que projet, réalisation et destin (Greimas-Courtés1979).
II. − Être vivant considéré dans son individualité.
A. − Être vivant considéré dans son individualité et du point de vue de ses qualités, de ses besoins, de ses actions ou de son évolution.
1. [À propos de pers.] Brillant sujet; sujet doué; sujet d'élite. La comtesse mène une vie héroïque (...). Elle s'est consacrée à l'éducation de ses enfants qu'elle a parfaitement élevés. L'aîné est un charmant sujet (Balzac, Gobseck, 1830, p. 436).Saint-Nicolas fut sous sa direction [de l'abbé Frère] (...) un séminaire par anticipation, ouvert aux seuls sujets qui se destinaient à l'état ecclésiastique (Renan, Souv. enf., 1883, p. 165).
Bon, mauvais sujet. Avec un homme comme le sien, bon sujet, ne buvant pas, elle était certaine de faire ses affaires et de ne pas être mangée (Zola, Assommoir, 1877, p. 478).Caire débaucha Zerbin et en fit en peu de temps un mauvais sujet (A. France, Pt Pierre, 1918, p. 208).
P. plaisant. [Forme fam. d'interpellation] Elle interpella de nouveau le jeune homme à la barbe blonde.Allons, mauvais sujet, reprit-elle, invitez vite une de ces demoiselles et faites-nous vis-à-vis (Theuriet, Mariage Gérard, 1875, p. 11).
CHORÉGR. ,,Se dit d'une danseuse qui quitte le corps de ballet pour entrer dans les pas. Elle devient sujet de la danse. Il y a des degrés: premier sujet, deuxième sujet`` (Bouchard 1878). L'élégance de madame Colleville allait de pair avec celle de Tullia, premier sujet de l'Opéra, qu'elle voyait beaucoup (Balzac, Pts bourg., 1850, p. 28).La seconde partie [du corps de ballet comprend] : les petits sujets, les grands sujets, les premières danseuses et les Étoiles (Meunier, Danse class., 1931, p. 123).
LING. Sujet parlant
,,Émetteur d'un message oral`` (D.D.L. 1976). Synon. locuteur.L'activité du sujet parlant doit être étudiée dans un ensemble de disciplines qui n'ont de place dans la linguistique que par leur relation avec la langue (Sauss.1916, p. 37).
,,Être humain capable de langage et possédant une compétence linguistique qui est la grammaire de sa langue`` (Ling. 1972).
2. [À propos d'animaux] Sujet reproducteur. Un vol de pigeons bien organisé se compose d'une bande de 12 à 16 sujets (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. nav., t. 2, 1890, p. 463).
3. SYLVIC. Arbrisseau apte à recevoir une greffe. Synon. porte-greffe.Le greffage a pour objet de souder une portion de végétal, que l'on nomme greffon, sur une autre portion de végétal, que l'on désigne sous le nom de porte-greffe ou de sujet et qui fournit les aliments nécessaires au développement du greffon (Brunet, Matér. vitic., 1909, p. 47).
Sujets co-dominants. ,,Arbres dont les sommets forment le niveau général de la voûte foliacée et qui reçoivent pleine lumière du haut`` (Forest. 1946). Sujets dominés. ,,Arbres dont la cime est entièrement en-dessous du niveau général de la voûte foliacée et complètement privée de lumière directe`` (Forest. 1946).
B. − En partic. Être soumis à l'observation scientifique, notamment biologique, psychologique, sociologique. Sujet jeune, normal, sain, vivant; sujet âgé de. J'ai essayé de saisir en lui, comme en un « sujet » particulièrement favorable à cette observation, une infirmité essentielle à l'esprit humain (Proust, Past. et mél., 1919, p. 187).Il est curieux de noter que l'antipathie semble avoir été, dans les expériences de Casper, le facteur le plus favorable. Les sujets masculins ou féminins réussissaient mieux avec la personne de l'autre sexe pour laquelle ils avaient le moindre attachement (Amadou, Parapsychol., 1954, p. 233).
MÉD. Sujet déprimé, nerveux; sujet vacciné. Ces lésions du larynx sont fréquentes chez les sujets atteints de phtisie chronique (Calmette, Infection bacill. et tubercul., 1920, p. 173).
En compos. Sujet-contact, subst. masc. ,,Individu vivant dans l'entourage d'un malade contagieux, susceptible d'avoir été contaminé et devant faire l'objet d'une surveillance attentive ou de mesures prophylactiques`` (Méd. Flamm. 1975).
C. − PHILOS. Être ou principe actif susceptible de posséder des qualités ou d'effectuer des actes. La raison n'est pas subjective; le sujet, c'est le moi, c'est la personne, la liberté, la volonté (Cousin, Hist. philos. mod., t. 1, 1846, p. 139).
Sujet de la connaissance. ,,Être qui connaît, considéré, non dans ses particularités individuelles, mais en tant que condition nécessaire à l'unité d'éléments représentatifs divers, unité en vertu de laquelle ces représentations apparaissent comme constituant un objet`` (Lal. 1968). Kant entreprit de faire porter sur le sujet même de la connaissance les recherches qui jusque-là ne s'étaient appliquées qu'à ses objets (Cousin, Philos. Kant, 1857, p. 33).
En partic. [Chez Kant] Sujet transcendantal. ,,Faculté a priori qui en tant que telle agit sur le réel et détermine les conditions de l'expérience`` (Thinès-Lemp. 1975).
PSYCHOL. Sujet secondaire. ,,Processus inconscient qui possède une énergie suffisante pour exercer une action sur la conscience du Moi sans parvenir à la prise de conscience. Il constitue une sorte de conscience secondaire qui représente une composante de la personnalité dissociée du Moi conscient primaire`` (Virel Psych. 1977).
P. ext. Celui, celle qui agit, qui a l'initiative d'une action. Paradoxalement, ces femmes qui exploitent à l'extrême leur féminité se créent une situation presque équivalente à celle d'un homme; à partir de ce sexe qui les livre aux mâles comme objets, elles se retrouvent sujets (Beauvoir, Deux. sexe, t. 2, 1949, p. 392).
Prononc. et Orth.: [syʒ ε]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Subst masc. A. 1. ca 1370 « ce dont on parle, ce qui est soumis à la réflexion et constitue le support de qualités, de caractères » suject et cause matériel (Oresme, Ethiques, X, 6, éd. A. D. Menut, p. 507, note 7); 2. 1680 gramm. le sujet de la proposition (Rich.). B. 1. 1532 « ce qui, dans une œuvre littéraire, constitue le contenu de la pensée sur lequel s'est exercé le talent créateur d'un auteur » (Cl. Marot, Préface des poésies de Villon ds Œuvres compl., éd. P. Jannet, t. 4, p. 192); 2. 1556 « idée centrale autour de laquelle se développe une conversation, s'organisent des propos écrits ou oraux » suyvre son sujet (Ronsard, Hymne de Calaïs, et de Zetes, 25 ds Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 8, p. 256); 1656 sortir ... de notre sujet (Pascal, Provinciale, VIII ds Œuvres compl., éd. L. Lafuma, p. 405); 3. a) 1580 « ce à propos de quoi s'exerce la pensée, la réflexion; ce qui est soumis à l'esprit à fin d'examen » (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, Au lecteur, p. 3); 1636 le Suiet de l'Astrologie (Monet); b) 1580 « matière à réflexion » (Montaigne, op. cit., I, 8, p. 32); d'où av. 1783 « texte d'un exercice imposé à des candidats » la liste des sujets ... proposés pour le prix d'éloquence (D'Alemb., El. Mongin, note 1 ds Littré); 4. a) 1660 [éd.] « motif principal d'un tableau, d'un dessin, d'une œuvre plastique » (D'Aubigné, Divorce satyrique ds Œuvres compl., éd. Réaume et de Caussade, t. II, p. 666); 1777 spéc. « motif ornemental composé d'une ou plusieurs figurines représentant des personnages » pendule à sujets (Annonces, affiches divers, 26 juin ds Havard t. 4); b) 1690 mus. (Fur.). C. 1. 1562 « être vivant ou mort pris comme objet d'expérience ou d'étude » (Paré, Anatomie, I, 21 ds Œuvres compl., éd. J. Fr. Malgaigne, t. 1, p. 148); 2. av. 1585 « être individuel, personne considérée comme le support d'une action, d'une influence » (Ronsard, De l'envie ds Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 18, p. 463, ligne 59); 3. 1637 « individu faisant montre d'une personnalité déterminée et considérée par rapport à ses qualités » ce digne sujet (Corneille, Le Cid, I, 3, vers 167, var.); 1690 un bon sujet (Fur.); 1740 un mauvais sujet (Ac.); 4. 1703 bot. « sauvageon » (L. Liger, Dict. gén. des termes propres à l'agric., Paris, D. Beugnié, p. 341); 5. 1754 danse (Encyclop. t. 4, p. 629a, s.v. danseur); 6. 1775 « être animé faisant l'objet de soins » (Buffon, Hist. nat. des oiseaux, Paris, Impr. royale, t. 5, p. 205); 7. ca 1824 philos. « être pensant dans la mesure où il se saisit comme connaissant par une intuition interne » (Maine de Biran, Examen des leçons philosophiques, III ds Rob. 1985, s.v. réflexion); 8. 1916 sujet parlant (Sauss., loc. cit.); 9. 1936 sujet d'un droit (Cap.). D. 1. 1555 « ce qui fournit un motif ou prétexte à une action, un comportement, un sentiment » le sujet de douleur, de misère (Ronsard, Hymne de la mort, 144 ds Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 8, p. 170); a) 1574 avoir sujet pour + inf. « avoir un motif légitime de, avoir matière à » (Garnier, Cornélie, V, 1858 ds Tragédies, éd. W. Foerster, I, 144); fin xvies. avoir sujet de + inf. « id. » (Pasquier, 559 ds IGLF); b) fin xvies. prendre sujet de + inf. « saisir l'occasion de » (Id., 541, ibid.); c) 1604 sans sujet « sans motif » Sans sujet, sans raison (Montchrétien, Aman, II ds Tragédies, éd. L. Petit de Julleville, p. 260); d) 1626 donner sujet de + inf. « procurer une raison légitime de; fournir prétexte à » (Richelieu, Lettres, II, 215 ds Haschke Richelieu, p. 131); e) 1644 à quel sujet? (Scarron, Le Typhon, chant III ds Œuvres, Paris, J. Fr. Bastien, t. 5, p. 454); 2. 1578-83 « personne considérée comme la cause, le motif d'une action, d'un comportement, d'un sentiment » (D'Aubigné, Le Printemps, Préf. ds Œuvres compl., éd. Réaume et de Caussade, t. 3, p. 11: La plupart des Césars Sont les subgets de nos larmes). II. Loc. prép. 1580 sur le subject de « à propos de, relativement à » (Montaigne, op. cit., II, 12, p. 556); 1588 [éd.] au sujet de « id. » (Id., ibid., III, 3, p. 824). Empr. au b. lat.subjectum « substance », neutre subst. de subjectus (v. sujet) traduisant le gr. τ ο ̀ υ ̔ π ο κ ε ι ́ μ ε ν ο ν « ce qui sert de fondement à une discussion, texte, matière », opposé à accidens (v. accident) et distinct de objectum « objet », v. ce mot pour l'oppos. entre objet et sujet; l'empl. gramm. A 1 b est un empr. au lat. des grammairiens (Souter Later Latin).
STAT.Sujet1 et 2. Fréq. abs. littér.: 15 674. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 28 200, b) 15 456; xxes.: a) 14 786, b) 25 423.
BBG.Lagane (R.). Probl. de définition. Le Sujet. Lang. fr. 1969, no1, pp. 58-62. − Martinet (A.). Thème, propos, agent et sujet. Linguistique. Paris. 1985, no21, pp. 207-220. − Perrot (J.). Rem. sur la not. de sujet. Mél. Cohen (M.). The Hague. Paris, 1970, pp. 107-112. − Pottier (B.). Sujet et prédicat en fr. B. Soc. Ling. 1949, t. 45, pp. XVI-XVIII. − Quem. DDL t. 19, 30. − Ruwet (N.). Montée du sujet et extraposition. Fr. mod. 1975, t. 43, pp. 97-134. − Sauvageot (A.). Le Probl. du sujet. B. Soc. Ling. 1974, t. 69, pp. 225-246. − Sørensen (F.). La Position du sujet en fr. et en dan. Analyses gramm. du fr. pour le 50eanniversaire de C. Vikner. Copenhague, 1983, pp. 38-49. −Subjet and topic. Ed. by C. N. Li. New York, 1976, 594 p. − Vaillant (Ph.). À Propos de sujet et objet. Parlure. 1987, no3, pp. 59-63. − Zemb (J. M.). La Fallacieuse équipollence du sujet et du thème. Fr. mod. 1978, t. 46, pp. 333-346.

Wiktionnaire

Adjectif

sujet \sy.ʒɛ\

  1. (Vieilli) Soumis, subordonné, dépendant, obligé d’obéir.
    • Nous sommes tous sujets aux lois et aux coutumes du pays où nous vivons.
    • Être sujet aux ordres de quelqu’un.
  2. Soumis par la conquête.
    • Au lieu de quoi, l’Égypte, l’Inde et les contrées sujettes en général avaient enfanté des générations nouvelles qui vivaient dans un état d’indignation passionnée et faisaient preuve d’une énergie extrême, d’une activité toute moderne. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 123 de l’éd. de 1921)
    • L’Empire carthaginois, en Afrique du Nord, en Espagne du Sud, en Corse, en Sardaigne et en Sicile méridionale, était un État marchand qui tirait sa richesse des provinces sujettes. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p.163)
  3. (Vieilli) Assujetti.
    • Tout propriétaire est sujet à l’impôt foncier.
    • Il est sujet à telle servitude.
  4. Astreint à quelque nécessité inévitable.
    • Tous les hommes sont sujets à la mort.
    • La nature humaine est sujette à beaucoup d’infirmités.
  5. Accoutumé de faire quelque chose, porté par inclination, habitué.
    • Il ne rendait visite qu’à sa mère et encore, cette dernière, entourée de vieilles personnes ridicules et sujette elle-même à des radotages, lui agaçait les nerfs […]. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • J'ai grand-peur, confie-t-il un jour a des familiers, que cette dame débauchée ne la fasse devenir sujette au vin et aux femmes, et ne la mette sur les dents avant de me la rendre. — (Éric Le Nabour, La porteuse d'ombre: Madame de Maintenon et le Roi-Soleil, Éditions Tallandier, 1999, page 85)
  6. Exposé à éprouver fréquemment certains accidents.
    • II y a le bigarreau tardif ou de fer, qui mûrit plus tard, & qui n'est pas si sujet aux vers que l'ordinaire : il fait un bel arbre. — (La nouvelle Maison rustique, ou, Économie rurale pratique et générale de tous les biens de la campagne, par Louis Liger, tome 2, Paris : chez les Libraires associés, 1790, page 152)
    • M. le marquis de Dampierre objecte que malheureusement les Othellos sont trop sujets au phylloxera. Il a été obligé de sulfurer les siens. — (Comptes rendus des travaux de la Société des agriculteurs de France, vol.24, page 390, 1893)
    • Nous dirons en passant que les céréales sont beaucoup moins sujettes à la verse en Champagne que dans d’autres contrées. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 100)
    • De même que toutes les autres parties situées au fond de la bouche, les tonsilles sont sujettes à différentes sortes d’engorgements dont la nature varie autant que les suites. — (Samuel Cooper, Dictionnaire de chirurgie pratique, 2e partie (I-Z), traduit de l'anglais, Paris : chez Crevot, 1826, p.512)

Nom commun 1

sujet \sy.ʒɛ\ masculin

  1. Motif, matière ou thème d'une activité, d'un comportement ou d'un état.
    • Quelque sujet que j'aie de me plaindre d'eux, je ne suis pas assez cruel pour vouloir leur perte. — (Les Mille et Une Nuits, traduction Antoine Galland,1704. VIIe nuit)
    • Quand je revins vers Sylvie, je m'aperçus qu'elle pleurait. La couronne donnée par mes mains à la belle chanteuse était le sujet de ses larmes. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Sylvie, 1854)
    • Or j’eus comme voisin de lit un aumônier du genre fier et silencieux, qui s’équipait en musulman pour les tirailleurs marocains. Le croissant sur son calot était un beau sujet de plaisanterie ; […]. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 43, Hartmann, 1937)
  2. (Grammaire) Élément d’une phrase précisant l’acteur de l’action décrite par le verbe.
    • Un verbe conjugué est accordé avec son sujet.
  3. Thème d’un discours oral ou écrit.
    • J’ai eu une discussion au sujet de l’infiltration des organismes d’état par des loby du tabac.
  4. (Philosophie) Ce qui pense, l’être pensant, par opposition à l’objet, ce qui est pensé.
    • L’inconscient échappe en grande partie au sujet conscient.
  5. (Éducation) Questions écrites posées dans le cadre d’un examen scolaire ; voir aussi énoncé.
    • Le sujet de l’épreuve de mathématiques du baccalauréat série S de 2003.

Nom commun 2

sujet \sy.ʒɛ\ masculin (pour une femme on dit : sujette)

  1. (Politique) Personne soumise à l’autorité d’un roi, d'un empereur, d'un autocrate, etc.
    • L'archevêque défendit à ses sujets de payer au sire de Beaujeu le cens d’un brotteau, ou terre à faire paître le bétail, près du pont du Rhône , brotteau dont les sires de Beaujeu s’étaient emparés , […]. — (Pierre Clerjon, Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu'à nos jours, Lyon : Théodore Laurent éditeur, 1830, vol.1, page 77)
    • Alors, sire, dit Catherine, vos sujets les huguenots feront comme le sanglier à qui on ne met pas un épieu dans la gorge : ils découdront le trône. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
    • Miss Horatia Bluett représente une importante maison de Londres, […], à laquelle le Céleste-Empire expédie annuellement pour deux millions de chevelures féminines. Elle va à Pékin, au compte de ladite maison, fonder un comptoir, où se concentreront les produits récoltés sur les sujettes… et sans doute aussi sur les sujets du Fils du Ciel. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. IV, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • […], la comtesse fit incarcérer le meurtrier et, après jugement, celui-ci fut pendu. L’exécution eut lieu le jour de Pourim. Quand le roi, informé de l’événement, sut qu’un de ses sujets avait été hissé à la potence le jour où les juifs célébraient, par des réjouissances, le souvenir de la pendaison d’Aman, il entra en fureur. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
  2. (Spécialement) Nature juridique des divisions administratives de la fédération de Russie.
    • La fédération de Russie est composée de républiques, de territoires, de régions, de villes d'importance fédérale, d'une région autonome et de districts autonomes, sujets égaux en droits de la fédération de Russie (premier paragraphe de l'article 5 de la Constitution de la Fédération de Russie). — (Nikolaï Vitrouk, « La Fédération de Russie et l'autonomie : notions préliminaires », dans Autonomies locales, intégrité territoriale et protection des minorités, actes du Séminaire UniDem de Lausanne (25-27 avril 1996), Conseil de l'Europe, 1997, page 120)
  3. Celui ou celle qui est soumis à une expérience.
    • Au sein de chaque groupe, tous les participants étaient complices avec l’expérimentateur, sauf un, dénommé le sujet. L'expérience visait à observer comment ce dernier allait réagir au comportement des autres. — (Henri-Pierre Maders, Animer une équipe projet avec succès: les meilleures pratiques au service des chefs de projet, Éditions Eyrolles, 2012, page 145)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUJET, ETTE. adj.
Qui est soumis, subordonné, qui est dans la dépendance, qui est obligé d'obéir. Nous sommes tous sujets aux lois et aux coutumes du pays où nous vivons. Être sujet aux ordres de quelqu'un. Il est vieux en ce sens. Il signifie spécialement Qui est soumis par la conquête. L'Égypte était sujette des Perses. Il signifie aussi Qui est obligé à supporter certaines charges et à payer certains droits. Tout propriétaire est sujet à l'impôt foncier. Il est sujet à telle servitude. Il est vieux. Il signifie également Qui est astreint à quelque nécessité inévitable. Tous les hommes sont sujets à la mort. La nature humaine es sujette à beaucoup d'infirmités. Il signifie encore Qui a accoutumé de faire quelque chose, qui s'y trouve porté par inclination ou par habitude. Il est sujet à boire, à s'enivrer. Il est sujet à cette faute. Il signifie aussi Qui est exposé à éprouver fréquemment certains accidents. Tout homme est sujet à l'erreur, sujet à se tromper. Être sujet à la migraine. Ce pays est sujet aux inondations, aux tremblements de terre. Ces couleurs sont sujettes à changer. Cette démarche est sujette à bien des inconvénients, cette entreprise est sujette à bien des difficultés, Il y a bien des inconvénients à faire cette démarche, il y a bien des difficultés à surmonter pour réussir dans cette entreprise. Ce passage est sujet à plusieurs interprétations différentes, Il est susceptible de différentes interprétations. Fam., Il est sujet à caution se dit d'un Homme auquel il ne faut pas trop se fier.

SUJET s'emploie aussi comme nom et désigne Celui qui est soumis à une autorité souveraine. Il était né sujet de ce roi. C'est un prince qui aime ses sujets. Ce souverain fut le père de ses sujets.

Littré (1872-1877)

SUJET (su-jè, jè-t') adj.
  • 1Qui est dans la dépendance, qui est obligé d'obéir. Nous sommes tous sujets aux lois et aux coutumes du pays où nous vivons. Volontés sujettes, Corneille, Mél. II, 8. …que le pape est maître de l'un et de l'autre glaive, tant spirituel que temporel, et que toute humaine créature lui est sujette, Pascal, Prov. XIX. Celui-ci nomma pour général de son armée Cyrus, fils de Mandane sa sœur, et de Cambyse roi de Perse, sujet à l'empire des Mèdes, Bossuet, Hist. I, 7. Il n'y a point de religion qui ne reconnaisse que l'homme est pécheur, et qu'il est sujet à la colère du ciel, Fléchier, Serm. 1er dim. de l'Avent. Vous êtes, comme nous, Sujette à ce pouvoir qu'il [Néron] a reçu de vous, Racine, Brit. IV, 1. C'est une fille simple à mes désirs sujette, Regnard, Distr. I, 1.

    Être sujet à l'heure, au coup de marteau, au coup de cloche, au coup de sonnette, se dit des gens qui sont obligés d'être quelque part à heure fixe, ou de faire quelque chose à une heure précise, d'ouvrir leur porte et de laisser entrer quand on frappe, de se rendre où la cloche les appelle, de venir au bruit de la sonnette.

    Terme de féodalité. Pays sujet, fief dépendant d'un état souverain.

  • 2Soumis par conquête. Rome est sujette d'Albe, et vos fils sont défaits, Corneille, Hor. III, 6. N'eût-il que d'un moment reculé sa défaite, Rome eût été du moins un peu plus tard sujette, Corneille, ib. III, 6. L'Égypte, toute superbe qu'elle était, et de son antiquité, et de ses sages institutions, et des conquêtes de son Sésostris, devint sujette des Perses, Bossuet, Hist. III, 5.
  • 3 Absolument. Qui est tenu à un service fort assidu. Ce maître tient ses domestiques fort sujets. Les grands du monde tiennent leurs enfants sujets, parce qu'ils font consister leur gloire à les perfectionner selon le monde, Bourdaloue, Dominic. I, Oisiveté, 279.

    Qui ne peut s'éloigner, s'écarter. Cette femme est fort sujette auprès de son mari.

    Il se dit d'un emploi, d'un métier qui exige une grande assiduité. On est fort sujet dans cet emploi.

    Terme de manége. Tenir un cheval sujet, le soutenir quand il se traverse.

  • 4Assujetti à supporter quelque charge, à payer certains droits. Tout propriétaire est sujet à l'impôt foncier. Il est sujet à telle redevance, à telle servitude. Ils [les Athéniens] créèrent des gouverneurs ou présidents perpétuels, mais sujets à rendre compte de leur administration, Bossuet, Hist. I, 5.
  • 5Astreint à quelque nécessité inévitable. Dieu, en punition, le rendit [l'homme] sujet à la mort, Pascal, Prov. X.
  • 6En péril de. La vertu n'était pas sujette à l'ostracisme, Boileau, Sat. X.
  • 7Porté à… par inclination ou par habitude. Il est sujet à s'enivrer. L'ouvrier sujet au vice ne deviendra jamais riche, Sacy, Bible, Ecclésiastiq. XIX, 1. Certains poëtes sont sujets, dans le dramatique, à de longues suites de vers pompeux, La Bruyère, I. Et ce roi [Henri III], trop souvent sujet au repentir, Regrettait le héros qu'il avait fait partir, Voltaire, Henr. IV.

    On dit de même : sujet au vin ; sujet aux femmes ; sujet à ses goûts ; sujet à ses plaisirs, etc.

  • 8Qui est exposé à éprouver fréquemment certains accidents, en parlant des personnes. J'ai toujours été sujette à suer, Sévigné, 575. Je vous plains d'être sujette à des humeurs noires qui vous font assurément beaucoup de mal, Sévigné, 4 mai 1672. Vous me contez trop plaisamment votre malhonnête sermon… vous êtes sujets en Provence à d'étranges prédicateurs, Sévigné, 9 février 1689. Le pauvre homme me fait grand'pitié ; c'est un mal bien dangereux que celui d'être sujet à se marier, j'aimerais mieux boire, Sévigné, 18 déc. 1689. êtes-vous sujet à cette cruelle maladie ? lui dit-elle avec compassion, Voltaire, Zadig, 2. Quoiqu'il fût sujet à des emportements très féroces, je ne lui en vis jamais un pareil, Rousseau, Confess. VII.

    Il est sujet à caution, se dit d'un homme à qui il ne faut pas trop se fier.

    Cela est sujet à caution, cela est exposé à ne pas durer. Nous avons vu des fils de marchands et des fils de commis, qui avaient un peu d'argent et qui n'étaient pas mal faits, avoir entrée dans une des éclatantes cours de l'Europe… il est vrai que cela est sujet à caution, et qu'aussitôt que vous êtes découvert, vous passez d'une extrémité à l'autre, Lesage, Guzm. d'Alf. I, 3.

    Il se dit, en un sens analogue, des choses. Nous allons voguer sur la belle Loire ; elle est un peu sujette à se déborder…, Sévigné, 11 sept. 1675. La gloire d'un refus sujet au repentir, Racine, Brit. II, 3. Combien nos jugements sur les apparences sont sujets à l'illusion ; ne fût-ce que dans la perspective ! Rousseau, Ém. III. Peut-être tu sauras, par l'exemple d'un père, Que parfois aux héros la feinte est nécessaire ; Qu'elle est vertu souvent, et qu'avec le danger La forme du courage est sujette à changer, P. Lebrun, Ulysse, III, 2.

    Cette démarche est sujette à bien des inconvénients, cette entreprise est sujette à bien des difficultés, il y a des inconvénients à faire cette démarche, des difficultés à exécuter cette entreprise.

    Ce passage est sujet à plusieurs interprétations différentes, on peut l'interpréter de plusieurs manières différentes.

  • 9 S. m. et f. Celui, celle qui est soumis à une autorité souveraine, soit qu'il s'agisse d'un roi, d'une république ou de tout autre souverain. Aussitôt qu'un sujet s'est rendu trop puissant, Encor qu'il soit sans crime, il n'est pas innocent, Corneille, Nicom. II, 1. Le monarque prudent et sage De ses moindres sujets sait tirer quelque usage, La Fontaine, Fabl. v, 19. Louis a brisé les fers dont tu [Alger] accablais ses sujets, qui sont nés pour être libres sous son glorieux empire, Bossuet, Mar.-Thér. Dans le dessein de Dieu les princes sont bien plus aux sujets, que les sujets ne sont aux princes, Bourdaloue, 2e dim. après Pâques, Dominic. t. II, p. 10. Elle [Mme de Montausier] s'acquittait en même temps de tous les devoirs d'une fidèle épouse et d'une fidèle sujette, Fléchier, Mme de Mont. Cyrus avait raison de dire qu'il ne reconnaissait pour bons serviteurs et fidèles sujets que ceux qui avaient de la religion, et qui respectaient la divinité, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 476. Il faut [dans un état despotique] commencer par faire un mauvais sujet pour faire un bon esclave, Montesquieu, Esp. IV, 3. Padoue, autrefois la souveraine de Venise, mais qui alors était sa sujette, ainsi que Vicence et Vérone, Voltaire, Mœurs, 70. Les Flamands sont naturellement de bons sujets et de mauvais esclaves ; la seule crainte de l'inquisition fit plus de protestants que tous les livres de Calvin, Voltaire, Mœurs, 164. À l'égard du malheureux Patkul [ambassadeur mis à mort par Charles XII], il n'y eut pas une puissance qui interposât ses bons offices en sa faveur, et qui ne fît voir combien peu un sujet doit compter sur des rois, Voltaire, Charles XII, 3. Ce n'est que dans des temps de barbarie qu'on voit des sorciers, des possédés, des rois excommuniés, des sujets déliés de leur serment de fidélité par des docteurs, Voltaire, Pol. et lég. Voix du sage. Un évêque de Worcester a depuis peu prêché à Londres l'inoculation ; il a démontré en citoyen combien cette pratique avait conservé de sujets à l'État, Voltaire, Dict. phil. Inoculation. Il [Hobbes] fut honnête homme, sujet attaché à son roi, citoyen zélé, homme simple, droit, ouvert et bienfaisant, Diderot, Opin. des anc. phil. (hobbisme).

    Corneille l'a dit d'une ville. Corinthe est bon sujet ; mais il veut voir son roi, Et d'un prince éloigné rejetterait la loi, Corneille, Méd. II, 6.

    Fig. et familièrement. Il est bon prince, il ne foule pas ses sujets (voy. FOULER, n° 5).

HISTORIQUE

XIIe s. E tute Ydumée lui fud subjecte e rendid chevage et treüd, Rois, p. 148.

XIIIe s. À cui doi ge estre souzgiez se à Dieu non ? Psautier, f° 72. Li sires et si subjit ont relation ensemble aussi comme uns artiens à son instrument, Latini, Trésor, p. 314. Bestes i ot de grant maniere, Foibles et fors, granz et petites, Qui totes sont au roi sougites, Ren. 8262. Avez-vous guerre à lui emprise, Por ce que il vous aime et prise, Et que il est vostre subgiez ? la Rose, 3287. Ce fu l'omme du monde [St Louis] qui plus se traveilla de paiz entre ses sousgiz, Joinville, 292.

XVe s. Nous sommes subgietz à la couronne de France, Froissart, II, II, 170. Princes qui ont peuples à gouverner [St Louis] Ne se doivent pas trop humbles monstrer à leurs subgiez, Deschamps, Comm. les roys et les princes. Pour rien ne voudriez deshonorer une simple sujette comme je suis, Louis XI, Nouv. XXIV.

XVIe s. Ils prononcent qu'ils ont la puissance de commander, et que tous sont sujets à leur obeir, Calvin, Instit. 910. Ce jeune prince estoit fort sujet à son plaisir, Marguerite de Navarre, Nouv. IV. …Et n'entends pas que, pour un mot, soyons sujets [forcés] de vous croire, Marguerite de Navarre, ib. LVII. Merveilleusement subject à la goutte, Montaigne, I, 20. Aucuns escrivent qu'il estoit grand mesnager et fort subject à son profit, Amyot, Thém. 8. Homme eloquent, mais lasche de cueur et subject à l'argent, Amyot, ib. 11. La ville de Potidée pour lors subjette aux Atheniens se rebella, Amyot, Péric. 57. Le vray cuir est dit derma, pource qu'il se peut separer des autres parties sujettes, Paré, I, 3. Qui de ses subjects est haï n'est pas seigneur de son païs, Cotgrave

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUJET, s. m. (Gouvernement civil.) on nomme sujets tous les membres de l’état, par opposition au souverain, soit que l’autorité souveraine ait été déférée à un seul homme, comme dans une monarchie, ou à une multitude d’hommes réunis, comme dans une république : ainsi le premier magistrat de cette république même, est un sujet de l’état.

On devient membre ou sujet d’un état en deux manieres, ou par une convention expresse, ou par une convention tacite.

Si c’est par une convention expresse, la chose est sans difficulté ; à l’égard du consentement tacite, il faut remarquer que les premiers fondateurs des états, & tous ceux qui dans la suite en sont devenus membres, sont censés avoir stipulé que leurs enfans & leurs descendans auroient, en venant au monde, le droit de jouir des avantages communs à tous les membres de l’état, pourvu néanmoins que ces descendans, parvenus à l’âge de raison, voulussent de leur côté se soumettre au gouvernement, & reconnoître l’autorité du souverain.

Je dis pourvu que les descendans reconnoissent l’autorité du souverain, car la stipulation des peres ne sauroit avoir par elle-même la force d’assujettir les enfans malgré eux, à une autorité à laquelle ils ne voudroient pas se soumettre ; ainsi l’autorité du souverain sur les enfans des membres de l’état, & réciproquement les droits que ces enfans ont à la protection du souverain, & aux avantages du gouvernement, sont établis sur un consentement réciproque.

Or de cela seul, que les enfans des citoyens parvenus à un âge de discrétion, veulent vivre dans le lieu de leur famille, ou dans leur patrie, ils sont par cela même sensés se soumettre à la puissance qui gouverne l’état, & par conséquent ils doivent jouir, comme membres de l’état, des avantages qui en sont les suites ; c’est pourquoi aussi les souverains une fois reconnus, n’ont pas besoin de faire prêter serment de fidélité aux enfans qui naissent depuis dans leurs états.

Les sujets d’un état sont quelquefois appellés citoyens ; quelques-uns ne font aucune distinction entre ces deux termes, mais il est mieux de les distinguer. Celui de citoyen doit s’entendre de tous ceux qui ont part à tous les avantages, à tous les privileges de l’association, & qui sont proprement membres de l’état, ou par leur naissance, ou d’une autre maniere ; tous les autres sont plutôt de simples habitans, ou des étrangers passagers que des citoyens ; pour les serviteurs, le titre de citoyens ne leur convient qu’en tant qu’ils jouissent de certains droits, en qualité de membres de la famille d’un citoyen, proprement ainsi nommé, & en général, tout cela dépend des lois & des coutumes particulieres de chaque état.

Quant au devoir des sujets, nous nous contenterons de remarquer, qu’ils sont ou généraux ou particuliers, les uns & les autres découlent de leur état & de leur condition.

Tous les citoyens ont cela de commun, qu’ils sont soumis au même souverain, au même gouvernement, & qu’ils sont membres d’un même état ; c’est de ces relations que dérivent les devoirs généraux ; & comme ils occupent les uns & les autres différens emplois, différens postes dans l’état, qu’ils exercent aussi différentes professions, de-là naissent leurs devoirs particuliers. Il faut encore remarquer que les devoirs des sujets supposent & renferment les devoirs de l’homme considéré simplement comme tel, & comme membre de la société humaine en général.

Les devoirs généraux des sujets ont pour objet, ou les conducteurs de l’état, ou tout le corps du peuple & la patrie, ou les particuliers d’entre les concitoyens. A l’égard des conducteurs de l’état, tout sujet leur doit l’obéissance que demande leur caractere. Par rapport à la patrie, un bon citoyen se fait une loi de lui faire honneur par ses talens, sa probité, & son industrie : ces devoirs particuliers sont attachés aux différens emplois qu’il a dans la société.

Mais c’est un droit naturel à tous les peuples libres, que chaque sujet & citoyen a la liberté de se retirer ailleurs, s’il le juge convenable, pour s’y procurer la santé, les nécessités, & les commodités de la vie, qu’il ne trouve pas dans son pays natal.

Les Romains ne forçoient personne à demeurer dans leur état, & Cicéron appelle cette maxime, le fondement le plus ferme de la liberté, qui consiste à pouvoir retenir ou céder son droit sans y renoncer, comme on le juge à propos ; voici ses propres termes. O jura præclara atque divinitùs jam indè à principio romani nominis à majoribus nostris comparata… ne quis invitus civitate mutetur, neve in civitate maneat invitus ; hæc sunt enim fudamenta firmissima nostræ libertatis, sui quemqué juris & retinendi, & dimittendi esse dominum. Orat. pro L. Corn. Balbo.

On cesse aussi d’être sujet ou citoyen d’un état, quand on est banni à perpétuité, en punition de quelque crime ; car du moment que l’état ne veut plus reconnoître quelqu’un pour un de ses membres, & qu’il le chasse de ses terres, il le tient quitte des engagemens où il étoit en tant que citoyen ; les Jurisconsultes appellent cette peine mort civile. Au reste, il est bien évident que l’état, ou le souverain, ne peut pas chasser un citoyen de ses terres quand il lui plaît, & sans qu’il l’ait mérité par aucun crime.

On peut enfin perdre la qualité de sujet d’un état, par l’effet d’une force supérieure de la part d’un ennemi, par la quelle on est obligé de se soumettre à sa domination : c’est encore là un cas de nécessité, fondé sur le droit que chacun a de pourvoir à sa conservation.

Je finis par répondre à la question la plus importante qu’on fasse sur les sujets, vis-à-vis des souverains. On demande donc si un sujet peut exécuter innocemment un ordre qu’il sait être injuste, & que son souverain lui prescrit formellement ; ou s’il doit plutôt refuser constamment d’obéir, même au péril de perdre la vie.

Hobbes répond qu’il faut bien distinguer, si le souverain nous commande de faire, en notre propre nom, une action injuste qui soit réputée nôtre, ou bien s’il nous ordonne de l’exécuter en son nom & en qualité de simple instrument, & comme une action qu’il répute sienne. Au dernier cas, il prétend que l’on peut sans crainte exécuter l’action ordonnée par le souverain qui alors en doit être regardé comme l’unique auteur, & sur qui toute la faute en doit retomber. C’est ainsi, par exemple, que les soldats doivent toujours exécuter les ordres de leur prince, parce qu’ils agissent comme instrumens, & au nom de leur maître. Au contraire, il n’est jamais permis de faire en son propre nom une action injuste, directement opposée aux lumieres d’une conscience éclairée. C’est ainsi qu’un juge ne doit jamais, quelque ordre qu’il en ait du prince, condamner un innocent ni un témoin à déposer contre la vérité.

Mais, cette distinction ne leve point la difficulté ; car de quelque maniere qu’un sujet agisse dans tous les cas illicites, soit en son nom, soit au nom du souverain, sa volonté concourt à l’action injuste & criminelle qu’il exécute. Conséquemment, ou il faut toujours lui imputer en partie l’une & l’autre action, ou l’on ne doit lui en imputer aucune. Il est donc vrai que dans tout ordre du souverain évidemment injuste, ou qui nous paroît tel, il faut montrer un noble courage, refuser de l’exécuter, & résister de toutes ses forces à l’injustice, parce qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, quel que soit leur rang sur la terre. En promettant au souverain une fidelle obéissance, on n’a jamais pu le faire que sous la condition tacite qu’il n’ordonneroit rien qui fût contraire aux lois de Dieu, soit naturelles, soit revélées. « Je ne croyois pas, dit Antigone à Créon, roi de Thebes, que les édits d’un homme mortel tel que vous, eussent tant de force, qu’ils dûssent l’emporter sur les lois des dieux mêmes, lois non écrites à la vérité, mais certaines & immuables ; car elles ne sont pas d’hier ni d’aujourd’hui ; on les trouve établies de tems immémorial ; personne ne sait quand elles ont commencé ; je ne devois donc pas par la crainte d’aucun homme, m’exposer, en les violant, à la punition des dieux. » C’est un beau passage de Sophocle, Tragédie d’Antigone, vers. 463. (D. J.)

Sujet, s. m. (Log. Gram.) En Logique, le sujet d’un jugement, est l’être dont l’esprit apperçoit l’existence sous telle ou telle relation à quelque modification ou maniere d’être. En Grammaire, c’est la partie de la proposition qui exprime ce sujet logique. Le sujet peut être simple ou composé, incomplexe ou complexe ; propriétés qui ont été développées ailleurs, & dont il n’est plus nécessaire de parler ici. Voyez Construction & sur-tout Proposition. (B. E. R. M.)

Sujet, (Poésie.) c’est ce que les anciens ont nommé dans le poëme dramatique la fable, & ce que nous nommons encore l’histoire ou le roman. C’est le fond principal de l’action d’une tragédie ou d’une comédie. Tous les sujets frappans dans l’histoire ou dans la fable, ne peuvent point toujours paroître heureusement sur la scene ; en effet leur beauté dépend souvent de quelque circonstance que le théâtre ne peut souffrir. Le poëte peut retrancher ou ajouter à son sujet, parce qu’il n’est point d’une nécessité absolue, que la scene donne les choses comme elles ont été, mais seulement comme elles ont pu être.

On peut distinguer plusieurs sortes de sujets ; les uns sont d’incidens, les autres de passions ; il y a des sujets qui admettent tout-à-la-fois les incidens & les passions. Un sujet d’incidens, est lorsque d’acte en acte, & presque de scene en scene, il arrive quelque chose de nouveau dans l’action. Un sujet de passion, est quand d’un fond simple en apparence, le poëte a l’art de faire sortir des mouvemens rapides & extraordinaires, qui portent l’épouvante ou l’admiration dans l’ame des spectateurs.

Enfin les sujets mixtes sont ceux qui produisent en même tems la surprise des incidens & le trouble des passions. Il est hors de doute que les sujets mixtes sont les plus excellens & ceux qui se soutiennent le mieux. (D. J.)

Sujet, (Peinture.) On appelle sujets en Peinture, tout ce que l’art du pinceau peut imiter. Ainsi pour transcrire ici les judicieuses réflexions de M. l’abbé du Bos, nous dirons avec lui, que tout ce qui tombe sous le sens de la vue peut devenir un sujet d’imitation. Quand les imitations que la peinture nous en présente, ont le pouvoir de nous attacher ; tout le monde dit que ce sont là des sujets heureux. La représentation pathétique du sacrifice de la fille de Jephté, de la mort de Germanicus sont, par exemple, des sujets heureux. On néglige pour les contempler des sujets grotesques ; & même les paysages les plus rians & les plus gracieux. L’art de la peinture n’est jamais plus applaudi que lorsqu’elle réussit à nous affliger ; & si je ne me trompe fort, généralement parlant, les hommes trouvent encore plus de plaisir à pleurer qu’à rire au théâtre.

Il résulte de cette réflexion, que dès que l’attrait principal du peintre est de nous émouvoir par des imitations capables de produire cet effet, il ne sauroit trop choisir les sujets intéressans ; car comment serons-nous attachés par la copie d’un original incapable de nous affecter ?

Ce n’est pas assez que le sujet nous intéresse, il faut encore que ce sujet se comprenne distinctement & qu’il imite quelque vérité ; le vrai seul est aimable. De plus, le peintre ne doit introduire sur sa toile que des personnages dont tout le monde, du moins le monde devant lequel il doit produire ses ouvrages, ait entendu parler. Il faut que ce monde les connoisse déja ; car le peintre ne peut faire autre chose que de les lui faire reconnoître.

Il est des sujets généralement connus ; il en est d’autres qui ne sont bien connus que dans certains pays : les sujets les plus connus généralement dans toute l’Europe, sont tous les sujets tirés de l’Ecriture-sainte. Voilà pourquoi Raphaël & le Poussin ont préféré ces sujets aux autres. Les principaux événemens de l’histoire des Grecs & celle des Romains, ainsi que les aventures fabuleuses des dieux qu’adoroient ces deux nations, sont encore des sujets généralement connus.

Il n’en est pas ainsi de l’histoire moderne, tant ecclésiastique que prophane. Chaque pays a ses saints, ses rois, & ses grands personnages très-connus, & que tout le monde y reconnoît facilement, mais qui ne sont pas reconnus de même en d’autres pays. Saint Pierre vétu en évêque, & portant sur la main la ville de Bologne, caractérisée par ses principaux bâtimens & par ses tours, n’est pas une figure connue en France généralement comme elle l’est en Lombardie. Saint Martin coupant son manteau, action dans laquelle les Peintres & les Sculpteurs le représentent ordinairement, n’est pas d’un autre côté une figure aussi connue en Italie qu’elle l’est en France.

C’est à tort peut-être que les Peintres se plaignent de la disette des sujets, la nature est si variée, qu’elle fournit toujours des sujets neufs à ceux qui ont du génie. Un homme né avec du génie, voit la nature que son art imite, avec d’autres yeux que les personnes qui n’ont pas de génie. Il découvre une différence infinie entre des objets, qui aux yeux des autres hommes paroissent les mêmes. Il fait si bien sentir cette différence dans son imitation, que le sujet le plus rebattu, devient un sujet neuf sous sa plume ou son pinceau. Il est pour un grand peintre une infinité de joies & de douleurs différentes qu’il sait varier encore par les âges, par les tempéramens, par les caracteres des nations & des particuliers, & par mille autres moyens. Comme un tableau ne représente qu’un instant d’une action, un peintre né avec du génie, choisit l’instant que les autres n’ont pas encore saisi ; ou s’il prend les même instant, il l’enrichit de circonstances tirées de son imagination, qui font paroître l’action un sujet neuf. Or c’est l’invention de ces circonstances qui constitue le poëte en peinture.

Combien a-t-on fait de crucifimens depuis qu’il est des peintres ? Cependant les artistes doués de génie, n’ont pas trouvé que ce sujet fût épuisé par mille tableaux déja faits. Ils ont su l’orner par des traits nouveaux de poésie, & qui paroissent néanmoins tellement propres au sujet, qu’on est surpris que le premier peintre qui a médité sur la composition d’un crucifiment, ne se soit pas saisi de ces idées. C’est ce qu’ont prouvé Rubens, le Poussin & Coypel par leurs tableaux sur la crucifixion de Notre-Seigneur. En un mot, les peintres qui tiennent leur vocation du génie, trouveront toujours des sujets neufs dans la nature ; & pour parler figurément, leurs devanciers ont laissé plus de marbres dans les carrieres qu’ils n’en ont tiré pour le mettre en œuvre.

Ce n’est pas assez d’avoir trouvé des sujets heureux, intéressans, & connus à imiter ; les Peintres doivent observer en traitant les sujets qu’ils ont choisis, de n’y rien mettre contre la vraissemblance. Les hommes ne sont guere touchés d’un événement qui leur paroît sensiblement impossible.

Enfin, il est encore des sujets plus propres à chaque genre de peinture qu’à d’autres genres de peinture. Le sacrifice d’Iphigénie, par exemple, ne convient qu’à un tableau où le peintre puisse donner à ses figures une certaine grandeur. Un pareil sujet ne veut pas être représenté avec de petites figures destinées à l’embellissement d’un paysage. Un sujet grotesque ne veut pas être traité avec des figures aussi grandes que le naturel. Des figures plus grandes que nature, ne seroient point propres à représenter sur toile une Vénus. (D. J.)

Sujet, en Musique, se dit du chant principal, sur lequel roule toute la disposition d’une piece ou d’un morceau de musique, & dont toutes les autres parties ne sont que l’accompagnement. Quelquefois le sujet est à la basse, plus souvent dans les dessus, rarement dans les parties moyennes. Dans les musiques, qu’on appelle duo, trio, quatuor, &c. le sujet est ordinairement distribué entre plusieurs parties, ce qui le rend plus difficile à traiter.

Le sujet est la partie la plus importante du dessein. Voyez Dessein. Toutes les autres ne demandent que du raisonnement & de l’art. Celle-ci seule dépend uniquement du génie, & c’est en elle que consiste l’invention. Les principaux sujets en musique produisent des imitations, des fugues, des basses-contraintes, &c. Voyez ces mots.

Enfin, sujet se dit encore du texte ou des paroles sur lesquelles on compose de la musique. (S)

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Étymologie de « sujet »

Bourguig. seujai ; provenç. subjet, suget, sosget ; catal. subjecte ; espagn. sugeto ; portug. sujeito ; ital. soggetto ; du lat. subjectus, de sub, sous, et jacere, jeter.

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Du latin subjectus (« soumis, assujetti »), participe passé adjectivé de subjicere (« placer dessous, mettre sous, soumettre, assujettir ») formé de sub- (« sous ») et de jacere (« jeter »).
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Phonétique du mot « sujet »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sujet syʒɛ

Citations contenant le mot « sujet »

  • Comme tous ceux qui essaient d'épuiser un sujet, il épuisait ses auditeurs. De Oscar Wilde
  • La femme est un sujet dont on n'a pas fini de faire le tour. De Henri Jeanson
  • La femme est un sujet sur lequel on s'est beaucoup étendu. De Proverbe français
  • Le mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien. De Socrate
  • Les femmes sont un sujet sur lequel les hommes aiment à s’étendre. De Madame Aubernon de Nerville
  • Plus un conférencier est plein de son sujet, plus il est lent à se vider. De Pierre Véron
  • C'est encore en méditant l'objet que le sujet a le plus de chance de s'approfondir. Gaston Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, P.U.F.
  • Dans la pensée scientifique, la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet. Gaston Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, P.U.F.
  • L'imagination n'est rien autre que le sujet transporté dans les choses. Gaston Bachelard, La Terre et les Rêveries du repos, José Corti
  • Rien de ce qui nous entoure ne nous est objet, tout nous est sujet. André Breton, Le Surréalisme et la Peinture, Gallimard
  • On ne choisit pas son sujet. Voilà ce que le public et les critiques ne comprennent pas. Le secret des chefs-d'œuvre est là, dans la concordance du sujet et du tempérament de l'auteur. Gustave Flaubert, Correspondance, à Mme Roger des Genettes, 1861
  • C'est un extrême malheur que d'être assujetti à un maître, dont on ne peut être jamais assuré qu'il soit bon, puisqu'il est toujours en sa puissance d'être mauvais quand il voudra. Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire
  • Le sujet d'un ouvrage est à quoi se réduit un mauvais ouvrage. Paul Valéry, Autres Rhumbs, Gallimard
  • Mon sujet favori, moi-même. De James Boswell
  • Possède ton sujet, et les mots suivront. De Caton l’Ancien
  • La nouvelle critique : un sujet, un verbe, un compliment. De Anonyme
  • L'intellectuel est souvent sujet à quotient. De Jacques Pater / Le Petit Pater illustré
  • Un homme sans passion est un roi sans sujet. De Vauvenargues
  • La vie est un bon sujet mal écrit. De Gilles Veber / Gauthier
  • Dissimuler. Mettre une chemise propre sur le sujet. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du Diable
  • La religion est moins un sujet de sanctification qu'un sujet de disputes qui appartient à tout le monde. De Montesquieu / Lettres persanes
  • Deux catégories de raseurs : ceux qui ont un sujet qui leur tient à coeur et ceux qui n'ont absolument pas besoin de sujet. De Alan Alexander Milne
  • Trop loin ou pas assez ? Le placement du curseur est toujours compliqué s’agissant de la loi. La difficulté est exponentielle s’agissant des thèmes qui touchent à l’intimité familiale, donc personnelle, et par définition changeante selon l’échelle du temps. Naître, donner la vie, choisir sa mort… Ces sujets sont d’autant plus complexes à appréhender que la loi, en France, fixe une règle générale dans laquelle chaque citoyen, par définition unique, est invité à s’insérer… , Politique | Bioéthique, sujet complexe dans une société plurielle
  • Deux autres sujets ont été évoqués, notamment la création d’un fonds de soutien de 4 millions d’euros à destination de la culture fortement impactée en cette période de crise sanitaire. "La situation est très critique pour certains acteurs. Il y a des inquiétudes pour la rentrée", a assuré le maire de Lyon mettant en avant le critère géographique dans l’attribution de ces aides qui seront distribuées dès l’automne. Les différents acteurs pourront déposer des dossiers jusqu’au 10 septembre avant une analyse par une commission. Lyonmag.com, Indemnités, vidéoverbalisation, culture : Grégory Doucet veut entrer dans le vif du sujet
  • « Cette triste séquence du Covid a vraiment impacté notre département au sens large du terme, pas le Conseil départemental mais le pays. On a souhaité continuer à aider nos associations. C’est-à-dire qu’on a des associations qui ont été obligées de différer et d’annuler des manifestations. Mais nous prenons en charge les frais, qui ont été engagés. On les subventionne donc de façon très spécifique. Pourquoi je parle de tout ça ? Parce que c’est une logique globale. Le sport est vraiment un sujet qui nous préoccupe au plus point au Département. Donc nous avons souhaité apporter un bon signal aux jeunes sportifs en leur disant : ’’Dans le cadre de la carte ZAP, on va vous inciter à faire du sport. Voilà, on vous aide !’’ » , Sport lorrain | Vannson : « Le sport est un sujet qui nous préoccupe au plus haut point »

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Traductions du mot « sujet »

Langue Traduction
Anglais subject
Espagnol tema
Italien soggetto
Allemand gegenstand
Chinois 学科
Arabe فاعل
Portugais sujeito
Russe тема
Japonais 主題
Basque gaia
Corse sughjettu
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Synonymes de « sujet »

Source : synonymes de sujet sur lebonsynonyme.fr

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