Haut : définition de haut


Haut : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

HAUT1, HAUTE, adj. et adv.

Anton. bas pour la plupart des sens.
I. − Emploi adj.
A. − [Dans l'espace]
1. [Postposé] Qui a une dimension déterminée dans le sens vertical, de telle taille, de telle hauteur.
a) Haut de + compl. de mesure.Mur haut de deux mètres. Placquevent, le garde champêtre, haut de cinq pieds huit pouces (Flaub., Bouvard, t. 2, 1880, p. 24).La case, souvent haute de sept à huit mètres (Gide, Retour Tchad,1928, p. 880) :
1. Entre les avancements massifs des bastions carrés qui le flanquent, et derrière la tranchée profonde et définitive du troisième ru, un mur ne laisse point douter que ce soit ici le terme de la route. Un mur et rien qu'un mur, haut de cent pieds et large de deux cents. Claudel, Connaiss. Est,1907, p. 73.
b) Haut + comparaison (en partic. pour suggérer une très petite taille).Haut comme trois pommes, haut comme une botte, haut comme ça (cf. cela, ça C 5 a). Tout petit ou tout jeune. Sœur Ernestine a une poupée aussi haute qu'elle, plus haute (Renard, Poil Carotte,1894, p. 116).J'y pense depuis onze ans (...). Tu n'étais pas plus haute qu'un pot de fleurs! (Pagnol, Marius,1931, IV, 12, p. 258) :
2. − Oh! les amours! regardez donc! Un, pas plus haut qu'une botte, trois ans à peine, chancelant et fier sur ses petits pieds... Zola, Rêve,1888, p. 117.
2. [Antéposé ou parfois postposé] Qui a une grande hauteur, qui est d'une taille supérieure à la moyenne. Synon. élevé.Haute chaîne de montagnes, homme de haute taille; haute tour, haute cheminée, hautes herbes; front haut, talons hauts; pièce haute de plafond; haut sur pattes, haut de jambes (en parlant d'un cheval), haut sur jambes (rare), haut sur roues, haute sur tige. Au fond du cimetière (...) dans ce coin abandonné où l'herbe est si haute qu'on ne distingue plus les tombes (Bernanos, Journal curé camp.,1936, p. 1138).Le professeur Rohner était de taille médiocre. Il s'efforçait de remédier à cette disposition naturelle en portant des talons très hauts et en se tenant parfaitement droit (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 204) :
3. Il ne lui vient pas à l'esprit d'examiner s'il reste dans nos campagnes beaucoup d'exemplaires du puissant type lorrain, large d'épaules, haut de stature, épanoui de visage et de propos, bizarre, audacieux, qui fournit à toutes les armées de l'Europe de si beaux hommes d'armes. Barrès, Colline insp.,1913, p. 95.
4. La prison était close d'un haut mur. Entre cette muraille et un second mur plus élevé encore était le chemin de ronde. Le mur intérieur était percé d'une porte qui donnait sur la buanderie. Il fallait se procurer la clef de cette porte. Le mur extérieur était très haut. Il faudrait un crochet et une échelle de cordes. Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 292.
SYNT. Haut building, clocher, col, rempart; haute armoire, bâtisse, cime, muraille; hauts arbres, peupliers; hautes cathédrales, forêts, roues; chaise, écriture, flamme haute.
3. Qui est d'une grande profondeur. La haute mer. La partie la plus éloignée des côtes où la mer est profonde. Synon. le large.En haute mer. Synon. en pleine mer.Naviguer en haute mer. Une petite bise au goût de sel, venue de la haute mer (Bernanos, Soleil Satan,1926, p. 80).Les navires des Drake (...) s'élançaient de l'estuaire, voiles ouvertes comme des éventails, fraises au vent, vers la haute mer (Morand, Londres,1933, p. 323).
Vaisseau de haute mer. Vaisseau qui peut naviguer hors de vue des côtes. Anton. caboteur, navire côtier.À la pointe extrême de l'eau saumâtre où les vaisseaux de haute mer ne sont plus portés par le flux, naquit le Londres historique (Morand, Londres,1933p. 2).D'autres types de remorqueurs, les remorqueurs « côtiers », « d'assistance », et « de haute mer ». Parmi ces derniers, on citera « l'Abeille 26 », du port du Havre (M. Benoist, Pettier, Transp. mar.,1961, p. 195).
Rem. La mer est haute (infra 4 b β).
4. Qui est situé à la partie la plus élevée ou au-dessus des choses de même espèce. En haute montagne, en haute altitude; les hautes régions de l'air. Devant les deux tableaux indicateurs, très hauts sur leur colonne de fonte, la foule se pressait (Zola, Nana,1880, p. 1396).
En partic.
a) Domaine géographique,dans des syntagmes
[Suivi d'un nom de chaînes de montagnes] La partie la plus élevée de ces montagnes. Anton. bas (cf. bas11 2b).Pareille à toutes les hôtelleries de bois plantées dans les hautes Alpes, au pied des glaciers (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Aub., 1886, p. 1073).Les Hauts-Plateaux, qu'avec raison et par des raisons climatologiques les Arabes regardent comme appartenant au Sahara, sont le domaine de l'Arabe pasteur (L. Piesse, Algérie et Tunisie, Paris, Hachette, 1896, p. xxxv).Dans l'odeur des vaches et des foires, sur une route du Haut-Cantal (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 249).
[Suivi d'un nom de fleuve ou de rivière] La partie la plus proche de la source, la plus éloignée de l'embouchure. La haute Loire; en haute Seine. Cropette (...) calligraphie laborieusement, du côté de la haute Volga, le nom de Nijni-Novgorod, alias Gorki (H. Bazin, Vipère,1948, p. 165).
Rem. Les noms de départements, provinces, etc. comportent des majuscules et un trait d'union. Le département de la Haute-Saône. À la limite aujourd'hui du Gers, des Landes, des Hautes et Basses-Pyrénées (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 64). Comités de libération des départements du Rhône, de l'Isère, de la Haute-Savoie, de la Savoie, de la Drôme et de l'Ain (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 319).
P. anal. [Suivi d'un nom de pays ou d'une région bordant la mer] La partie la plus éloignée de la mer, ou la plus reculée (et parfois montagneuse). La haute Normandie, le haut pays breton. Tous ceux qui avaient pris à cœur le plébiscite de Haute-Silésie s'étaient cru, par leur passion même, naturalisés Hauts Silésiens et étaient partis là-bas (Giraudoux, Siegfried et Lim.,1922, p. 199).Il sortit nuitamment de la ville et alla avec le reste de ses troupes fourrager en Haute Égypte (Grousset, Croisades,1939, p. 200).
[P. rapport au pôle Nord]
Hautes latitudes. Latitudes Nord, boréales, septentrionales (le Nord étant jadis considéré comme plus élevé que le Sud). Même dans les humidités pénétrantes, continues des hautes latitudes, jamais on ne se chauffe, jamais on ne se sèche (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 23).
Région. ,,Vent haut``. ,,Vent qui souffle du nord`` (Réz.-Tuaillon 1969). Écoute (...) le doux vent haut placé entre l'est et le nord (Colette, Naiss. jour,1928, p. 47).On entendait un vent haut qui voyageait de nuit dans la direction de l'Afrique (Giono, Baumugnes,1929, p. 164).Proverbe. Vent solaire rend tous les œufs clairs, vent haut produit des côs [coqs], vent bas produit des poules (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 132).
b) Domaine physiqueQui est à son état le plus élevé.
α) Proche de ou à son zénith, avant son déclin. Le soleil est déjà/encore haut dans le ciel; la lune est haute. Jupiter, déjà déclinant (...) et Véga l'étoile bleue, l'étoile des beaux jours, haute maintenant dans le ciel (Alain, Propos,1910,p. 75).Le soleil était maintenant assez haut dans le ciel et commençait de lui dévorer le front (Camus, Exil et Roy.,1957, p. 1621).
P. anal., au fig. :
5. Le naturalisme et le Parnasse étant au plus haut période, ils devenaient la proie passive de l'inertie; ils se trouvaient sans le savoir dans toute la faiblesse des apogées. Valéry, Variété IV,1938, p. 13.
β) Au maximum du flux (de la marée, ou d'un cours d'eau en crue). Anton. bas (v. ce mot ex. 6).Les hautes eaux d'un fleuve. Ces flots où le flux et le reflux se font sentir deux fois par jour, et qui tour à tour recouvrent à marée haute et découvrent à marée basse les magnifiques escaliers extérieurs des palais (Proust, Fugit.,1922, p. 629).Les eaux (...) sont destinées à assurer entre elles l'équilibre de production d'énergie, la période d'étiage des unes correspondant à l'époque des hautes crues des autres (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 196).La Lys (...) était haute, gonflée de pluie, grasse et rapide, et tournant avec des tourbillons et des remous (Van der Meersch, Empreinte dieu,1936, p. 66) :
6. Quand la mer était basse, il avait toute la grève sur plusieurs kilomètres. Quand la mer était haute, le même espace était à lui : accroupi sur un rocher, il se perdait dans la contemplation. Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 190.
γ) AGRIC. Synon. de levé.Le blé, le seigle etc. est déjà haut. Nos vieux champs légèrement en pente, avec leurs grands carrés de cultures où l'avoine surtout était déjà haute (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 86) :
7. Il regardait éperdument l'ondulation des seigles mûrs, si hauts maintenant qu'ils lui cachaient le miroir clair du Chanteloup, semblaient frôler de leurs premiers épis les pins bleus debout sur l'horizon. Genevoix, Raboliot,1925, p. 306.
5. Qui est situé ou porté à un niveau supérieur à la hauteur normale ou moyenne. Haut plafond, plafond haut; robe à taille haute; oiseaux de haut vol; escroc de haut vol, de haute volée (au fig.). Tenez! rentrez donc ça derrière l'oreille... Le chignon est trop haut (Zola, Bonh. dames,1883, p. 503).Les danseuses étaient vêtues de l'ordinaire tutu, et je voyais sa taille très haute, et ses longues jambes (Montherl., Pte Inf. Castille,1929, p. 606) :
8. Les pommettes hautes et plates si caractéristiques des peuples de l'Extrême-Orient se rencontrent chez les anciens Hongrois et parfois parmi les Hongrois modernes. Haddon, Races hum.,1930, p. 133.
MAR. Bâtiment de haut bord*. Au fig. De haut bord*.
6. Qui est relevé, dressé. Synon. levé; anton. penché, baissé.Pavillon haut (mar.); garde haute (escr.); croix haute, épée haute (blas.); marcher le front haut, la tête haute. Tu vois, Folcoche, que j'ai mille raisons de tenir le coup, la paupière haute et ne daignant même pas ciller (H. Bazin, Vipère,1948, p. 81).La prisonnière reste debout, très droite, les yeux baissés, mais le front haut (Bernanos, Dialog. Carm.,1948, 5etabl., 2, p. 1695) :
9. ... puis elle a posé sa faux, manche à terre, lame haute et elle s'est mise à passer la pierre : une vieille pierre à aiguiser bleue et où ses doigts ont retrouvé l'empreinte des doigts du Joseph. Giono, Gd troupeau,1931, p. 146.
Vieilli. La main haute. La main levée en un geste de menace. Son frère Sauvagnat, ayant un soir entendu une voix d'homme, était entré la main haute, pour la corriger (Zola, Bête hum.,1890, p. 196).Ils s'espacèrent et au pas, courbés, mais l'arme haute, prêts à épauler, ils défilèrent (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 240) :
10. Alors un concert de hurlements s'élevait, et une nuée d'Ukrainiens, bâtons haut [sic], se précipitait pour rétablir l'ordre. Ils cognaient dur et longtemps, sans choisir, au hasard du tas. Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 167.
Loc. fig.
Pouvoir aller la tête haute, le front haut. Avoir la conscience tranquille, agir sans craindre de reproches. Quand on est honnête, la récompense est de marcher le front haut (Zola, Terre,1887, p. 509).Méfiez-vous de l'homme mûr qui répète sans cesse : « Je puis marcher la tête haute... Je n'ai rien à me reprocher » (Coppée, Bonne souffr.,1898, p. 154).
Tenir la bride haute, les guides hautes à qqn (cf. bride A 2 b). Encore un « bon tyran » qui prétendait mener tout le monde comme elle tenait son mari, la main ferme et les guides hautes (A. Daudet, Pte paroisse,1895, p. 112).Tenir la dragée haute à qqn (cf. dragée1A 2). Tenir la main* haute à qqn.
Avoir la haute main dans une affaire. La diriger, y avoir l'autorité prépondérante. D'ici à très peu de temps, l'armée doit devenir le corps influent de l'État et avoir la haute main dans le gouvernement et les modifications du gouvernement (Goncourt, Journal,1887, p. 629).En fait d'instruction, de religion, de sports variés, Monsieur Merrywin avait la haute main, il se chargeait de tout, il était seul (Céline, Mort à crédit,1936, p. 276).
Avoir la haute main sur. Avoir tout le contrôle sur, commander. Le secrétaire général, M. Camy-Lamotte, personnage considérable, ayant la haute main sur le personnel, chargé des nominations, en continuel rapport avec les Tuileries (Zola, Bête hum.,1890, p. 73).Il a eu la haute main sur l'Étudiant d'avant-garde, il a été directeur de Clarté (Breton, Manif. Surréal., 2eManif., 1930, p. 124).
7. Qui est situé à la partie supérieure d'une chose. Les hautes branches d'un arbre; le plus haut étage d'un immeuble; les hautes marches d'un escalier, d'un perron; les hauts rayons d'une bibliothèque; le plus haut point, degré, période; au plus haut point. Quarante-neuf accusés remplissaient les gradins. Maurice Brotteaux occupait la droite du plus haut degré, la place d'honneur (A. France, Dieux ont soif,1912, p. 265).Dans le placard, sur la planche la plus haute, il trouve un plateau, le couvert tout mis, sous une serviette, avec de la viande froide, des œufs durs (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 253) :
11. ... à mesure que l'on s'élève, et que la pierre porte un moindre poids, mais ajoute à la charge des autres, il y a avantage à la creuser et travailler. Aussi voyons-nous que l'ornement des cathédrales se montre surtout dans les parties hautes... Alain, Beaux-arts,1920, p. 196.
Emploi subst., au superl. neutre. Le plus haut de, au plus haut de
a) Le sommet de; la cime de. Le merle retrouve son joyeux chant de flûte (...). Et le loriot déjà, sur le plus haut de l'arbre, crie une sorte de joyeuse nouvelle (Alain, Propos,1933, p. 1139).Et lui, déjà dans les étages supérieurs, devinait les remous fluant, au plus haut de l'éther, comme des courants marins (Psichari, Voy. centur.,1914, p. 19).Chante au plus haut du ciel, alouette de France! (Claudel, Annonce,1948, prol., p. 142).
Gloire à Dieu au plus haut des cieux. Car la prière a le pouvoir spécial et le privilège divin de monter au plus haut des cieux (Cottin, Mathilde, t. 2, 1805, p. 94).Gloria in excelsis mihi : au plus haut des cieux, les anges, j'entends leur voix, me glorifient (G. Bataille, Exp. int.,1943, p. 245).
b) L'état le plus élevé (d'un mouvement), l'apogée, le zénith, le summum. La fête du blé. C'est dans le temps que l'on voit jaunir les moissons, quand le soleil est au plus haut de sa course (Alain, Propos, 1922, p. 417).
MARINE
Les hautes voiles (d'un navire). Les voiles supérieures. Une grande barque à pierres (...) avec (...) ses deux hautes voiles pointues montant jusqu'au milieu du ciel (Ramuz, A. Pache,1911, p. 170).
Le haut pont. Le pont supérieur. Nos manteaux sur nos genoux ramenés comme des couvertures aux souffles libres de la nuit fraîche, comme sur le haut pont d'un transatlantique (Gracq, Beau tén.,1945, p. 98).
La ville haute. La partie de certaines villes (fortifiées) qui est bâtie sur une hauteur. Synon. rare citadelle, cité; anton. ville basse.Il avait loué un appartement très modeste, dans le haut Montrouge (Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1257).La haute ville, qui avait été le noyau primitif d'Orsenna, serrée sur une colline abrupte au milieu des marécages (Gracq, Syrtes,1951, p. 320).V. cité ex. 14.
Les hautes terres, le haut pays, le pays haut. Que les ports s'ouvrent pour recevoir les cargaisons de bois et de grains qui s'en viennent du pays haut (Claudel, Connaiss. Est,1907, p. 60).Les plateaux et hautes terres, entre 700 et 1 000 mètres d'altitude (Vidal de La Bl., Tabl. géogr. Fr.,1908, p. 290).Et des filles étaient descendues du haut pays pour ramasser (Ramuz, A. Pache,1911p. 29).
Le haut bout de la table. Anton. bas (v. ce mot ex. 33 et 34).Cf. bout 1 A 1 b.
B. − [Dans le temps; l'adj. est antéposé] Qui est le plus éloigné de nous, le plus ancien, le plus reculé. De, dès, depuis la plus haute antiquité; le Haut-Empire romain; le haut moyen âge, la haute féodalité. Un lettré du xviiesiècle connaissait beaucoup mieux qu'un lettré du nôtre les événements du Bas-Empire et les narrateurs du haut moyen-âge (Brasillach, Corneille,1938, p. 300).La haute antiquité grecque ignorait la représentation de l'immortalité (J. Vuillemin, Essai signif. mort,1949, p. 256) :
12. ... il est possible de trouver dès la plus haute époque de la préhistoire, des « œuvres d'art », où le souci de la représentation du réel et celui de la construction plastique se marient étroitement. Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 113.
De haute époque. Datant des époques anciennes. La maison de M. Georges Eumorfopoulos, qui renferme une incomparable collection d'objets chinois de haute époque (Morand, Londres,1933, p. 161).
Spécialement
a) Le carême est haut (Ac. 1835-1935). Cf. carême A synt. a.
b) LING. Le haut allemand* (v. ce mot II B), le moyen haut allemand, le vieux haut allemand; le haut saxon. La « patte de grenouille » figure (...) dans le moyen haut allemand, froscfusz (Gourmont, Esthét. lang. fr.,1899, p. 195).On trouve, en vieux haut allemand, des noms comme Hadumar, Hadurik, Haduwahl qui sont des noms gaulois (L'Hist. et ses méth.,1961, p. 719).
C. − [Dans l'ordre de la perception]
1. Domaine de l'ouïe.[Sur l'échelle des sons, dans le registre musical] Placé dans la région élevée de l'échelle musicale, de fréquence élevée. Synon. aigu, élevé; anton. bas, grave.Son haut, ton haut; notes hautes de la gamme. Le chœur répète son appel, que le soprano domine de sa belle phrase déchirante, prolongée sur un haut la bémol, pendant quatre mesures (Rolland, Beethoven, t. 2, 1937, p. 410).Suivent diverses interjections, toutes proférées par Folcoche, dont la voix se promène maintenant dans les plus hautes notes de la gamme et va, si ça continue, dépasser l'audible (H. Bazin, Vipère,1948, p. 196) :
13. ... sa voix (...) était monotone et, bien que forte, indistincte. Bouvard, plein d'expérience, lui conseilla, pour l'assouplir, de la déployer depuis le ton le plus bas jusqu'au plus haut, et de la replier, − en émettant deux gammes, l'un montante, l'autre descendante... Flaub., Bouvard, t. 2, 1880, p. 5.
P. méton. Les touches hautes (d'un clavier). La mélodie choisit l'extrémité du clavier, les touches hautes (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 193).
Emploi subst. fém. La haute. La partie haute, les notes hautes. Le piano (...) avait des notes étonnamment fausses dans le registre supérieur, ce qui modérait mon désir de prendre la haute de préférence, lorsque nous jouions à quatre mains (Gide, Si le grain, 1924, p. 358).
P. anal. [En parlant d'un instrument de mus.] Dont le ton est plus haut que le diapason normal. Violon haut, flûte haute.
P. ext. [Sur l'échelle des degrés d'intensité, de puissance de la voix] Synon. fort, éclatant.Voix haute; à voix haute. On l'entendait de deux pièces maintenant; ce parler haut ne baissait pas de ton, même pour les choses les plus intimes (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p. 113).Nous secouons le prunier, quand, à un brouhaha plus haut dans la cour d'entrée, nous devinons l'arrivée de nos tourmenteurs (Colette, Cl. école,1900, p. 192) :
14. Les enfants de chœur parcourent la nef au grand galop, s'interpellent à haute voix, et Dieu sait ce que c'est que la « haute voix » d'un moutard espagnol. Montherl., Pte Inf. Castille,1929, p. 622.
Vieilli. Messe haute. Messe chantée. Synon. grand'messe; anton. messe basse.Je ferais dire une messe haute devant les enfants de Marie (Giraudoux, Suzanne,1921, p. 118).
Loc. verb.
Parler, lire... à haute et claire voix, à haute et intelligible voix. Parler de manière à être clairement compris, d'une voix nette, bien perceptible. Anton. à voix basse, à demi-voix, bas.Je la condamne à réciter, à haute et intelligible voix, le récit de Théramène (Colette, Cl. école,1900p. 63).Il avait ramassé sur le bureau un journal du jour qu'il parcourait d'un air détaché, et, comiquement, à haute et intelligible voix, il lut... (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 536).Cf. clair I A 2 a.
Avoir le verbe* haut (au fig.).
N'avoir, ne dire jamais un mot, une parole plus haute que l'autre (au fig., fam.). Ne jamais hausser le ton, garder son calme ou son sang-froid, ne jamais s'emporter, se quereller. Un petit ménage si gentil, et propre, et qui s'adorait, et où l'on n'entendait jamais un mot plus haut l'un que l'autre! (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 62).Toujours poli, jamais un mot plus haut que l'autre, ne salissant jamais rien (Proust, Guermantes 1,1920, p. 310).
Jeter, pousser les hauts cris (au fig., fam.). Cf. cri B 3.
Prendre le haut ton; le prendre d'un ton haut, sur un ton haut, sur le haut ton (au fig., fam., vx). Prendre un ton arrogant, menaçant. Synon. le prendre de haut.Le duc avait affaire à des gens qui montraient beaucoup de fierté et le prenaient sur un ton bien haut. Ils voulaient absolument qu'on leur rendît Audenarde pour en démolir les murailles (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 163).Une autre fois, il [le comte de Clermont] voulut le prendre sur un haut ton avec le procureur général Joly de Fleury pour une odieuse affaire (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 11, 1867, p. 120).
Faire haute profession* de.
2. Domaine de la vue.Haut en couleur (au propre et au fig.). Cf. couleur B 1 a.
3. Domaine du goût
a) De haut goût. Très relevé. Et bien poivrées [les écrevisses], j'espère! dit le capitaine. Mon épouse aime les mets du haut goût (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t. 2, 1857, p. 126).Il s'accommode de régimes copieux et cherche spontanément à corriger l'inertie de ses réactions organiques par des aliments de haut goût ou riches en calories (Mounier, Traité caract.,1946, p. 186).V. goût ex. 4.
Au fig. Servigny interrompait son clairon pour hurler des commandements. Le prince et le chevalier s'amusaient beaucoup, trouvaient ça très drôle et de haut goût (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Yvette, 1884, p. 544).
b) De haute graisse. Cf. graisse A 1 a.
c) Rare. [En parlant de vins] De première qualité, de choix. Les hauts vins, les hauts(-)crus. Les grands crus. Tout gourmet se délecte aujourd'hui, dans les restaurants renommés par l'excellence de leurs caves, en buvant les hauts crus fabriqués avec de basses vinasses (Huysmans, À rebours,1884, p. 29).Quatre plats (...) flanqués d'autant de hauts crus savamment choisis suivant les viandes (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 177).
P. iron. Il faut rester au seuil un moment pour s'habituer à l'ombre, au froid, à ce haut vinaigre de pissat et de paille pourrie (Giono, Gd troupeau,1931, p. 149).
4. [Sur l'échelle des degrés d'intensité, en partic. en parlant d'une chose susceptible de variations rythmiques, thermiques, etc., et mesurable] Synon. grand, fort, intense; anton. bas (cf. bas11 C 1 b), faible.Haute pression, haute fréquence, haute tension; à haute dose. De l'air qui a préalablement subi l'action d'une très haute température (350 degrés) (J. Rostand, Genèse vie,1943, p. 77).La construction et la mise en marche, en 1957, de la nouvelle pile de recherche à haut flux EL3 (Goldschmidt, Avent. atom.,1962, p. 119) :
15. ... cette sous-préfecture arbitrairement rejetée en Maine-et-Loire par les Conventionnels et dont les mines de fer à haute teneur ne seront jamais exploitées à fond, tant que les mineurs seront perméables aux idées subversives d'un sous-chef de gare. H. Bazin, Vipère,1948, p. 225.
Loc. verb. (L'emporter, acquérir qqc.) de haute lutte. Cf. emporter 11 B 2.
D. − [Dans une échelle qualitative ou quantitative de valeurs] Le plus grand, le plus abondant; particulièrement important. Anton. bas.Haute conjoncture. La plus haute distinction, c'était la « nomination d'honneur », accordée dans chaque classe à une poignée d'élues qui excellaient en tout (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 125).
Haute paie, haute rémunération, haut salaire. Paie plus importante que la paie ordinaire. Hautes payes de rengagement et (...) soldes supplémentaires afférentes aux diverses colonies (J.O., Loi organ. troupes coloniales, 1900, p. 4374).Au xxe, l'industrie, les hauts salaires, une plus grande tolérance sociale, attirèrent de nouveau les gens de couleur vers le nord (Morand, New-York,1930, p. 232).
En partic. [Sur l'échelle des prix, des valeurs cotées] . Haut prix, à très haut prix; le change est haut, les cours sont hauts; les cotons sont hauts. Ils [les paysans] ne songent pas au lendemain, ils payent l'intérêt aussi haut qu'on veut le leur faire payer (Sand, Mauprat,1837, p.229) :
16. Depuis quand est-il défendu à un marchand de faire provision d'une denrée quelconque et de ne la revendre que lorsqu'elle atteint son plus haut cours? Que reprochez-vous, en définitive, à ces millionnaires? D'avoir joué? Ce n'est pas un crime. D'avoir gagné? C'est une chance. Avec vous, que deviendrait la liberté du commerce?... Coppée, Bonne souffr.,1898, p. 46.
JEUX. Les hautes cartes. Celles qui ont le plus de valeur. Au piquet, l'as est la plus haute carte. Il a toutes les hautes cartes (Ac. 1835-1935).
E. − Domaine abstrait.[L'adj. est antéposé; dans l'ordre de la puissance, dans la hiérarchie soc. et pol.] Qui occupe une position supérieure, un rang éminent et qui est investi de responsabilités, d'honneurs. Synon. grand, puissant, important, éminent.Haut personnage, haut fonctionnaire, haut magistrat; haute administration, haute banque, haute noblesse, haute bourgeoisie; hautes sphères. La Cour de Cassation, interprète le plus haut de la loi (Thibaudet, Réflex, litt.,1936, p. 48).Toutes les épouses de la puissance, de la finance, du monde, du haut journalisme, de l'oisiveté luxueuse étaient rassemblées (Druon, Gdes-fam., t. 1, 1948, p. 101) :
17. La citoyenne veuve Gamelin donna, en réponse, un bon témoignage de son fils, sans toutefois s'enorgueillir de lui devant une dame de haut parage, car elle avait appris dans son enfance que le premier devoir des petits est l'humilité envers (...) les grands. A. France, Dieux ont soif,1912, p. 94.
18. Leurs petits-fils formaient une classe sociale, une caste solidaire, un front continu. Ce front allait des hautes charges de l'État aux hautes charges de la finance, des hauts commandements militaires aux hauts commandements industriels, des salons aux Conseils d'Administration, de la Présidence de Suez à la Présidence de la République. J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p. 63.
SYNT. Haut baron, clergé, dignitaire; haut personnel administratif, judiciaire, haute personnalité; haut commerce, emploi, grade, négoce, haute police; (de) haut rang, (de) haut lignage; haut patronage; haute autorité, condition, diplomatie, direction, distinction, finance; haute charge, fonction, industrie, influence, lignée, magistrature, mission, naissance, place, position, protection, situation, sommité; sous le haut patronage, la haute présidence de.
1. Expressions
Les hautes classes de la société, la haute société et p. ell., emploi subst., pop., la haute. Le grand monde. Les gens de la haute, ceux de la haute. Les gens de la haute, comme disent aujourd'hui les bonnes gens, trouvèrent le milieu trop roturier, et la vogue des beaux noms se porta sur le Sacré-Cœur et sur l'Abbaye-aux-Bois (Sand, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 250).La haute société de New-York parle français couramment, surtout les femmes, comme l'aristocratie russe d'avant-guerre; parler français est élégant (Morand, New-York,1930, p. 221).
P. anal. La haute pègre. Fil-de-Soie (il avait trente noms et autant de passeports), ne sera plus désigné que par ce sobriquet, le seul qu'on lui donnât dans la haute pègre (Balzac, Splend. et mis.,1847, p. 536).
En haut lieu*.
La Chambre haute. Cf. chambre II B 2 b et bas11 C 2 a.
La Haute Église anglicane*.
Haute Assemblée*.
Haute et basse justice*, haut justicier*.
L'exécuteur des hautes œuvres (cf. exécuteur I B 2), l'exécuteur de la haute justice (cf. exécuteur I B 3).
Haut comité de la langue française. Organisme, créé en 1966, qui a pour tâche de protéger et de promouvoir le patrimoine linguistique français. Les membres du haut comité de la langue française, dont le président est statutairement le premier ministre (Le Monde,16 janv. 1981, p. 14, col. 1).
(Très) haut et (très) puissant seigneur, (très) haute et (très) puissante dame. Titre honorifique dans des actes officiels (vx). P. iron. Pourvu que très haute et très puissante dame Anastasie ne nous caviarde pas! (Proust, Temps retr.,1922, p. 767).
Le Dieu très (-) haut. [Terme biblique, cf. Genèse 14, 18, 19, 20; Daniel III 93; V 18, 21] Que le Dieu très haut et très bon, Père, Fils et Saint-Esprit, vous accorde sa bénédiction (Barrès, Colline insp.,1913, p. 332).L'évêque (...) entonna le Veni Creator (...). On vous nomme le Consolateur, le Don du Dieu très-haut (Billy, Introïbo,1939, p. 148).
P. ell. Le Très-Haut, subst. masc. [Dans la Bible Nombres XXIV, 16. Deutéronome XXXII, 8; Psaume 96, verset 9; Daniel IV, 14, 21, 22, 31, etc.] Jésus, qui nous a dévoilé avec amour tous les secrets de son cœur (...) qui est la preuve unique du Très-Haut (Psichari, Voy. centur.,1914, p. 230).La vertu du Très-Haut vous couvre de son ombre, disait l'ange à Marie (Mounier, Traité caract.,1946, p. 689).
2. Loc. verb., [où haut exprime l'idée de puissance, d'influence].
[Formule consacrée, dans une lettre adressée à une personne éminente, puissante] Je sollicite, j'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance (v. ce mot ex. 10).
Prendre qqn sous sa haute protection*.
Exercer le haut commandement*.
F. − Dans le domaine de la hiérarchie des valeurs esthétiques ou intellectuelles.Qui est nettement au-dessus de la moyenne. Synon. supérieur, grand.Haute intelligence, hautes capacités, haute compétence, haut talent; au plus haut point; haute difficulté. On veut à toute force que je sois un très-grand et très-haut artiste, dont la principale affaire est d'agiter l'âme de ses contemporains, alors que je suis bonnement un pauvre homme qui cherche son Dieu (Bloy, Journal,1898, p. 283).Les élèves (...) se servent des commentateurs hérétiques et arabes (...) des alexandrins, avec une virtuosité et un libéralisme qu'on ne peut concevoir qu'en ces temps de foi solide et de haut savoir (Brasillach, Corneille,1938, p. 29) :
19. ... car la bienveillance des hauts esprits a pour corollaire l'incompréhension et l'hostilité des médiocres; or, on est beaucoup moins heureux de l'amabilité d'un grand écrivain, qu'on trouve à la rigueur dans ses livres, qu'on ne souffre de l'hostilité d'une femme qu'on n'a pas choisie pour son intelligence, mais qu'on ne peut s'empêcher d'aimer. Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 568.
Très noble ou supérieur en son genre. Haute poésie, haute tragédie, haut lyrisme, haute critique, haute sagesse, haute perfection, haute spiritualité. Un mélange savoureux de haut mysticisme et de rouerie de vieux notaire (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1533).L'évasion par la lecture... Mais il y a là quelque chose de plus qu'une évasion : un retour à ce qui constitue notre plus haut titre de gloire, notre éminente dignité (Mauriac, Journal occup.,1944, p. 320) :
20. ... un émoi d'enfant toujours émerveillé de sa découverte du monde, et une simplicité constante à en dire les circonstances (...). C'est la situation de La Fontaine, qui appartient comme Shakespeare à la haute littérature, mais préfère causer avec son jardinier de la poussée de ses laitues et des mœurs de l'escargot. Faure, Espr. formes,1927, p. 134.
Le haut style. Le style noble, soutenu, oratoire. Voltaire (...) a été plus près du haut style poétique dans Mérope, la Mort de César, Sémiramis et surtout dans Rome sauvée que dans la Henriade (Chênedollé, Journal,1820, p. 103).Dans l'impossibilité (...) de contraindre les compositeurs à abandonner le haut style (...) on recourrait au moins à des librettistes gais (Berlioz, Grotesques mus.,1869, p. 88).
Haut comique. Cf. comique II B 1 a.Du plus haut comique (p. iron.). Cf. comique II B 2.
Supérieur par la difficulté, très difficile. Haute philosophie, hautes questions, hauts problèmes; hautes classes d'un lycée. Les spéculations des hautes mathématiques sont utiles à l'industrie, au commerce, même à notre bien-être matériel (Barrès, Cahiers, t. 9, 1911, p. 118).La formation des cadres supérieurs (...) une formation générale approfondie, puis une formation spécialisée de haut niveau (Capelle, Éc. demain,1966, p. 99).
Le haut enseignement. L'enseignement supérieur des facultés, universités et grandes écoles. Son goût réel de la linguistique le poussait vers les carrières studieuses et sédentaires, telles que le haut enseignement (A. France, Vie fleur,1922, p. 396).Son enseignement ne se séparerait pas de la recherche même, comme il doit se faire dans tout haut enseignement (Valéry, Variété V,1944, p. 292).
Les hautes études. Les études les plus difficiles terminant l'enseignement supérieur ou servant à la formation des cadres supérieurs, des plus grands spécialistes d'un domaine. École des hautes études industrielles des facultés catholiques de Lille (Encyclop. éduc.,1960, p. 86).
École des Hautes Études Commerciales (H.E.C.). Il suivait à Paris les cours de l'École des Hautes Études Commerciales (Hamp, Marée,1908, p. 70).
École (pratique) des Hautes Études. Établissement d'enseignement supérieur complétant l'enseignement des universités. Il est en même temps professeur, à l'École des Hautes Études, d'histoire des religions grecques et romaines (Barrès, Cahiers, t. 1, 1898, p. 271).M. Maurice Vernes, directeur à l'École pratique des Hautes Études (section des sciences religieuses) (Barrès, Cahiers, t. 5, 1907, p. 259).
Exercices de haute école*, de haute voltige*.
Haute couture*, haute coiffure* (domaine du commerce).Cf. couture II A.J'ai jeté les yeux sur toi pour fonder une maison de commerce de haute droguerie (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 92).
G. − Dans le domaine de la hiérarchie des valeurs morales.
1. Élevé, noble, beau. Âme haute, esprit haut (vx); haute vertu, entreprise, figure; hauts sentiments, hautes passions; haut devoir, haute leçon, haut idéal, haute valeur, conscience, moralité, piété, réputation; raisons de haute convenance. Vous qui semblable à la Vierge Marie M'êtes apparue, ô Dame au cœur haut (Moréas, Pèlerin pass.,1891, p. 49).Il avait du devoir un sentiment qui n'était pas moins haut que celui de sa femme (Rolland, J.-Chr., Maison, 1909, p. 975).C'est un homme d'une haute élévation d'esprit, et avec cela un lettré. Les dominicains sont l'élite de l'Église (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 146) :
21. ... l'ouvrier parisien paraît s'être désintéressé de la question. Sans comprendre le haut devoir de solidarité humaine, sans découvrir dans la violation du droit d'un seul la violation de tous, il a laissé la rue libre aux gourdins de l'antisémitisme. Clemenceau, Iniquité,1899, p. 217.
En partic. Héroïque. Haute action, haut(s) fait(s). Cf. fait2A 1 b.La gloire militaire (...) seule est impérissable qui s'inscrit avec le sang des batailles (...) elle récompense le plus haut sacrifice que l'homme puisse faire, celui de la vie, pour une idée (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 512).
2. Vieilli, péj. Fier, orgueilleux. Synon. hautain.Prendre des airs trop hauts (Ac.). Excepté madame, qui est un peu haute, c'est une famille de braves gens (Sand, Valentine, 1832, p. 25).Des académiciens, de grands seigneurs (...) naturellement hauts et distants (A. France, Vie fleur,1922, p. 511).
H. − [Dans un sens affaibli, plus gén., souvent dans des expr.]
1. Très grand; extrême. Haute sécurité; instrument de haute précision; communication, événement de la plus haute importance, de la plus haute gravité. Les fromages ont une haute valeur nutritive, principalement à cause de leur richesse en protéines, en matières grasses, en chaux et en vitamines (R. Lalanne, Alim. hum.,1942, p. 78).Si la grève générale syndicaliste évoque l'idée d'une ère de haut progrès économique, la grève générale politique évoque plutôt celle d'une dégénérescence (Sorel, Réflex. violence,1908, p. 235) :
22. ... Zidore, familiarisé depuis longtemps avec toute cette crapule, servi d'autre part par une force musculaire appréciable et la connaissance approfondie de la boxe, jouissait parmi les détenus d'un haut prestige, et ses avis faisaient autorité. Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 162.
C'est de la plus haute fantaisie. C'est inventé de toutes pièces, c'est sans fondement. Synon. c'est de la pure imagination.MmeDandillot (...) lui dit incidemment qu'il avait « un peu l'air d'un Italien », ce qui était de la haute fantaisie (Montherl., Démon bien,1937, p. 1263).
2. Loc. verb.
Avoir une haute idée, une haute opinion de qqn, une haute considération, une haute estime pour qqn. L'estimer beaucoup. Il était tenu en très haute estime par ses maîtres, de grands noms scientifiques de la Sorbonne et de l'Institut (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 245).Si l'on se mêle de tenir un journal, il faut avoir le courage de s'avouer les vérités, même celles qui ne vous donnent pas spécialement une haute idée de vous-même (Romains, Homme bonne vol.,1939, p. 191).
Avoir une haute idée de qqc. L'estimer grandement, la respecter. La concierge (...) ne se résout pas à s'asseoir en ma présence et me parle très soigneusement à la troisième personne. Fichtre! ces Pluvignec ont une haute idée de l'étiquette (H. Bazin, Vipère,1948, p. 209).
Avoir une trop haute opinion de soi (même). S'estimer de façon exagérée. Il eut une trop haute opinion de sa qualité d'homme pour accepter leur infériorité et consentir à leur bassesse (Faure, Hist. art,1914, p. 409).Il faut avoir, avec beaucoup de vanité et une trop haute opinion de soi, le sentiment confus d'une infériorité sociale (Larbaud, Journal,1934, p. 335).
[Formule consacrée, dans une lettre adressée à un supérieur ou une pers. distinguée que l'on veut honorer] Veuillez agréer (...) l'assurance de ma haute considération (v. ce mot B spéc.).
3. En partic. Très grave ou très sévère (dans des expressions). Or un mariage où l'Église n'interviendrait pas serait de ma part un acte de haute inconvenance (Renan, Drames philos., Abbesse Jouarre, 1886, p. 674).Il est du plus haut danger à cette heure de laisser croire à nos maîtres qu'il leur est loisible de violer les lois au nom de la raison d'État (Clemenceau, Iniquité,1899,p. 40).
Le haut (-) mal (vieilli). L'épilepsie. Synon. vx le mal caduc.Tomber du haut mal. La pivoine dont la racine broyée guérit à jamais du haut mal (Huysmans, À rebours,1884, p. 53).Puis, brusquement, [elles] s'écroulent en arrière comme si elles tombaient de haut-mal, l'écume aux lèvres et les mains tordues (Gide, Journal,1895-96, p. 85) :
23. Quand ça me démange entre les épaules, je sais qu'il faut que je fonce, ou mon cœur risquerait d'éclater, je tomberais faible. Remarque bien que la chose m'est arrivée plus d'une fois. Les bonnes gens appellent ça le haut-mal, l'épilepsie. Bernanos, Mouchette,1937, p. 1285.
P. exagér. À la fin d'un repas de fête, bon-papa voulut me faire trinquer : je tombai du haut mal (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 17).
(Crime, accusé, coupable) de haute trahison. Qui intéresse la sûreté de l'État. Vous venez de toucher la garde de votre épée en présence du roi, et c'est crime de haute trahison (Dumas père, C. Howard,1834, II, 2, p. 261).Fusille-t-on ce mystérieux officier des Seaforth Highlanders inculpé de haute trahison (Morand, Londres,1933, p. 313).
Quartier de haute surveillance. Locaux pénitentiaires à surveillance très étroite.
II. − Emploi adv.
A. − [Dans l'espace]
1. À un point élevé sur la verticale; à une grande hauteur.
a) [Sans mouvement] Haut perché, haut placé, haut situé; c'est (trop) haut. Et le midi, assis haut sur un madrier, les jambes pendantes, il ouvrait la boîte (Roy, Bonheur occas.,1945, p. 193).À la clarté d'une ridicule petite lampe, coiffée d'un abat-jour rose et placée très haut sur une étagère (Bernanos, Mauv. rêve,1948, p. 1016).
Être pendu haut et court (fam.). Être exécuté à la potence de façon expéditive (autrefois en un lieu élevé pour servir d'exemple à tous). J'opine pour qu'il soit pendu haut et court le plus incessamment possible (Nodier, Fée Miettes,1831, p. 129).Le capitaine Macabre fut condamné à être pendu haut et court, comme bandit, rebelle et traître (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t. 2, 1857, p. 207).
Péter plus haut que son derrière, que son cul (au fig., vulg.); v. cul II B ex. 7.
Tendre ses filets trop haut (au fig.). Cf. filet3A.
b) [Avec mouvement] Sauter, monter haut, assez, bien, très, plus haut. Mais pourquoi avez-vous élevé si haut votre tour de Babel (Quinet, Ahasvérus,1833, 4ejournée, p. 357).Une nourrice, au plus épais, levait très haut son poupon, qui riait d'aise (Zola, Bonh. dames,1883, p. 618) :
24. ... les hommes, de place en place, prenaient et jetaient en l'air le grain, dans le vent, à grands coups de pelle de bois. Ils le jetaient haut, le plus haut possible, pour montrer leur force et aussi parce que le souffle emportait plus loin la balle. Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 52.
SYNT. Grimper, jaillir, lancer, placer, porter, pousser, remonter, soulever, transporter, viser haut, très haut, plus haut; mettre haut qqc.; chercher plus haut; haut troussé, haut relevé; lever très haut les sourcils.
c) En partic. À haute altitude (avec et sans mouvement). Planer, voler, s'élancer, s'élever, monter haut; le soleil brille haut; gagner plus haut dans l'azur; soleil monté haut sur l'horizon; haut dans le ciel, dans l'éther, dans le firmament. Toujours plus haut, enflant son vol tranquille et fier, Il [un aigle] monte vers l'orage où l'attire l'éclair (Heredia, Trophées,1893, p. 151).De leur milieu, monte une fumée subtile qui s'en va composer très haut dans l'air, plus haut que la région des cloches, une image d'or et de bleu (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 14) :
25. Une explosion atomique aérienne donne lieu à trois sortes de retombées radioactives (...) celle de matériaux relativement lourds dans un voisinage de quelques dizaines de kilomètres du point d'impact, puis celle des poussières qui sont projetées à dix ou douze mille mètres d'altitude dans la troposphère et enfin celle des poussières les plus fines qui sont projetées encore plus haut dans la stratosphère. Goldschmidt, Avent. atom.,1962, p. 192.
2. À la partie supérieure d'une chose; à un niveau (plus) élevé. Louise bavardait dans le hall de l'immeuble avec la fille de la concierge; deux étages plus haut, maman, assise à son piano, chantait (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 22).
En partic.
a) Au sommet (infra en haut, tout en haut). Alors, ô saints élans, ô prière, arrivez; Vite, emportez-moi haut sous la céleste voûte, À la troisième enceinte, aux parvis réservés! (Sainte-Beuve, Poés.,1829, p. 127).
b) Vers la source, en amont (d'un cours d'eau). Remonter plus haut un fleuve. Et je pars demain pour Cologne. De là, je compte remonter le Rhin le plus haut possible (Hugo, Corresp.,1840, p. 573).
3. En position haute, ou relevé, dressé à la verticale. Lever haut le(s) bras, le menton, un verre; brandir haut une épée; tenir, porter haut la tête; trousser haut sa jupe, sa chemise, croiser haut les jambes. Elle leva ses bras le plus haut possible, en se cambrant la taille (Flaub., Salammbô, t. 1, 1863, p. 51).Les clergeons en robe rouge balançaient haut l'encensoir dans un cliquetis, pour « faire la couronne » (Pourrat, Gaspard,1930, p. 262).
a) Loc. verb.
Porter haut son cheval (vieilli). Le faire aller la tête haute.
Cheval qui porte haut, qui trotte haut. Cheval qui va la tête haute, d'une fière allure, ou d'un trot enlevé. Une paire de cobs irlandais, qui trottaient haut et vite, secouant leurs frontaux fleuris d'œillets saumon (Gyp, Leurs âmes,1895, p. 78).
Lever, tenir, porter haut la tête, le menton (au fig.). Avoir une attitude fière, altière; être fier. Et ces hommes se prétendaient honnêtes, levaient haut la tête, prêchaient la vertu, étaient honorés! (Arland, Ordre,1929, p. 100).C'est grand-pitié de voir M. le comte (...) avec des chausses toutes rapiécées. − Sœur Alice : Parions qu'il n'en lève pas moins haut le menton (Bernanos, Dialog. Carm.,1948, 3etabl., 6, p. 1623).Jeunes gens, portez haut la tête parce que vous êtes Français. En considérant le passé, soyez impatients de ce que sera demain, car devant la France luit l'aurore de nouvelles et glorieuses destinées (Ce que la Fr. a apporté à la méd.,1946, p. 216).
Le porter haut (au fig., vieilli). Se montrer hautain, dédaigneux. Quelqu'un qui voyait chez elle des chenets de fer ou de cuivre lui dit un jour que c'était le porter bien haut (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 4, 1859, p. 522).
Tenir haut le drapeau de (au fig., rare). Synon. défendre les couleurs de.Pour tenir haut le drapeau de l'administration en face de la magistrature, son irréconciliable ennemie (...) Lorie-Dufresne n'avait de pareil que Chemineau (A. Daudet, Évangéliste,1883, p. 26-27).
b) Expr. exclam., interjectives de commandement ou d'injonction (à l'action ou à l'attaque; pour former des loc. verb. ell. avec l'adj. haut).
Vieilli
Haut le bras! (commandement d'artillerie). (Ds Littré, Rob.).
Haut la barre! (commandement de marine).
Haut les dagues! Sus! À l'attaque! − Holà! − Jésus! − Tombons sur l'homme! Alerte! Tue! − Haut les dagues! − Par Dieu! toque et crâne, du coup, Sont fendus jusqu'aux dents. − En avant! sus au loup! (Leconte de Lisle, Poèmes barb.,1878, p. 290).
Haut la patte! Haut! Debout! Au travail! (cf. haut-le-pied). − Allons, haut la patte! À l'ouvrage, cria-t-il en la chargeant de sacs (Balzac, E. Grandet,1834, p. 192).Allons, haut! à la paille, et plus vite que ça (A. Daudet, Jack, t. 2, 1876, p. 266).
Haut(-)le(-)pied! (v. ce mot).
Usuel
Haut les cœurs! Cf. cœur II C 1.
Haut les mains! Ordre de menace donné à quelqu'un pour l'obliger à lever les mains ouvertes, le désarmer, l'empêcher de résister. Synon. les mains en l'air!Il fouilla dans la poche intérieure de son veston, calmement, en tira d'un coup son revolver (...). Au même instant, il entendit derrière lui : « Haut les mains! » Katow, par la fenêtre ouverte sur la coursive, le tenait en joue (Malraux, Cond. hum.,1933, p. 233).Nous sommes entrés au secrétariat : «Haut les mains ». Tout le monde a rigolé, surtout les étudiants qui étaient en train de faire la queue devant le guichet. Le secrétaire s'est dépêché de nous passer les paquets de fiches (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 46).
c) Loc. adv. (emploi de l'adj. haut à valeur adv.)
MAN. Haut(-)la(-)main. En tenant la bride haute, courte, la main levée. Mener un cheval haut la main (Ac., Rob.).
Au fig., fam. D'une manière aisée, en surmontant tous les obstacles et sans discussion possible. Synon. aisément, avec brio.Gagner, voter, réussir, l'emporter haut la main. L'enfant, durant ce temps, pensait à l'examen, En affrontait l'épreuve et passait haut-la-main (Pommier, Qq. vers pour elle,1877, p. 21).Il en est qui seront reçus haut la main... Comprends-tu ce que c'est maintenant de se sentir toujours « sur la limite »? Il me manquera toujours un point (Gide, Faux-monn.,1925, p. 1163).
Vieilli ou rare. [En parlant d'une évaluation] En comptant largement, facilement. Elle n'est rien moins que jolie (...) et je lui vois, haut la main, trente-sept ans (Gobineau, Pléiades,1874, p. 83).
Haut(-)le(-)pied (v. ce mot).
Haut le coude. Le coude levé pour boire cul-sec. Féodor et Matrena burent leur eau-de-vie à la russe, d'un seul coup, haut le coude, la vidant à fond et en envoyant carrément le contenu au fond de la gorge (Leroux, Roul. tsar,1912, p. 119).
Haut de ça, haut comme cela, comme ça. V. cela, ça ex. 14.
B. − [Dans le temps]
1. Dans un temps reculé, à un point éloigné dans l'ordre chronologique des faits. Synon. loin.Remonter haut pour trouver un exemple semblable; origine qui remonte haut; si haut qu'on remonte dans l'histoire, dans le passé, dans une généalogie. Et quoi si, remontant plus haut, vous découvrez que vos frères sont vos pères! (Michelet, Journal,1849, p. 38).Les couvents, conventi, étaient les maisons des ordres mendiants. Leur origine ne remonte pas plus haut que le xiiiesiècle (Lenoir, Archit. monast.,1852, p. 15).
Au fig. À l'origine des faits, à la cause des événements. Synon. à la source.Remonter plus haut dans un récit (infra reprendre les choses de plus haut). Henry, dans les mêmes études, n'était en quête que des causes et des effets, mais il ne remontait pas assez haut dans les causes, il ne voyait pas assez loin dans les effets (Flaub., 1reéduc. sent.,1845, p. 269).
2. P. ext. [Dans un discours, un texte] Plus haut. Précédemment dans le texte, dans les lignes qui précèdent. Synon. supra, ci-dessus (cf. ci1B 1); anton. infra, ci-après, ci-dessous, plus loin, plus bas (v. bas1III A 2 a ex. 67).Voir plus haut; (comme) nous l'avons vu plus haut, dont on a parlé plus haut, auquel (à laquelle...) je faisais allusion plus haut; analysé, cité, énuméré, décrit, défini, indiqué, évoqué, mentionné, signalé, expliqué plus haut. Le même bon sens dont il a été question plus haut avait détourné ses parents de l'habitude parisienne de laisser traîner livres et journaux sous les yeux des enfants (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, L. Leclercq, 1886, p. 100).L'organisation des corps de métiers a, pendant longtemps, gêné le développement des variations individuelles; nous en avons cité plus haut des exemples (Durkheim, Divis. trav.,1893, p. 289).
C. − [Dans l'ordre de la perception]
1. [Sur l'échelle musicale]
a) Dans le registre aigu; dans les notes élevées. Chanter haut, monter haut; instrument qui joue haut, accordé trop haut; un ton plus haut. Dans le recueil de 1725, cet air (...) est noté une tierce mineure plus haut (Pirro, J.-S. Bach,1919, p. 151).Deux sirènes reprirent ensemble, une octave plus haut, le cri de celle qui venait de s'éteindre (Malraux, Cond. hum.,1933, p. 243).
P. métaph. Mais les notes aiguës, ce qui chantait plus haut, c'étaient toujours les taches vives des carottes, les taches pures des navets (Zola, Ventre Paris,1873, p. 627).
b) Avec bruit, de façon sonore. Sonner haut (littér.); le cœur bat haut (avec force, violemment) (vx). Le cœur du jeune homme battit bien haut, lorsqu'il vit une femme descendre le perron du moderne château (Sand, Péché de M. Antoine, t. 1, 1845, p. 52).Tout dormait dans la ville. Les pas sonnaient haut sur le pavé désert (A. France, Révolte anges,1914, p. 369).
Faire sonner (bien) haut (un titre, un nom, des mérites, etc.) (au fig.). Faire valoir, mettre en relief, vanter avec excès. Enfin les agents de l'Autriche, ceux de Venise et du pape, faisaient sonner très haut les avantages obtenus par Alvinzi, et sa supériorité sur nous (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 546).Madame des Grassins faisait sonner haut la pairie, le titre de marquise (Balzac, E. Grandet,1834, p. 231).
Le prendre (bien) haut (au fig., vieilli). Se montrer arrogant ou prétentieux. Synon. usuel le prendre de haut (cf. haut2).
Dire à qqn plus haut que son nom (au fig., vieilli). Lui parler rudement, l'offenser, le froisser. Personne ne lui dit plus haut que son nom, il va tous les dimanches et les jours de fêtes aux offices, à la messe (Balzac, Curé vill.,1839, p. 156).Qu'il aille passer un an ou deux à Majorque, par exemple, personne ne lui dira plus haut que son nom (Stendhal, Nouv. inéd., t. 1, 1842, p. 227).
2. [En parlant de la voix, sur l'échelle de l'intensité sonore]
a) Avec force, d'une voix forte, à haute voix. Synon. fort.Parler, rire, crier, ricaner haut, très haut, plus haut, moins haut, assez haut pour être entendu. Négrel, énervé, dit très haut aux surveillants : − Mais faites-les donc taire! (Zola, Germinal,1885, p. 1543).Ils flânaient, s'interpellaient l'un l'autre, et s'excitaient à quitter le travail, parlant assez haut pour être entendus du contremaître (R. Bazin, Blé,1907, p.303).
Emploi ell. (de parler). Plus haut, je vous prie; pas si haut, s'il vous plaît. − Chut, chut, mon cousin, pas si haut, n'éveillons personne (Balzac, E. Grandet,1834, p. 159).− Eh! la toile... la pièce... la musique!... Plus haut... on n'entend pas (Sue, Myst. Paris, t. 7, 1843, p. 112).
[Fréq. dans les indications scéniques] Cf. infra G 1 ex. de Balzac sous la loc. verb. le prendre de haut.
Entre haut et bas. D'une voix mesurée ou à mi-voix. Bonne personne! s'exclama la lectrice entre haut et bas (Toulet, Mar. Don Quichotte,1902, p. 113).Et elle n'osait pas crier. Elle lançait ses insultes entre haut et bas (Queffélec, Recteur,1944, p. 146).
À demi(-)haut (vx). D'une voix chuchotée, murmurée. Synon. à mi-voix, entre haut et bas.« Aurais-je la sottise d'être amoureux? » se dit-il enfin à demi haut (Stendhal, L. Leuwen, t. 1, 1835, p. 274).Écoute, Mario, s'écria Pilar parlant à demi-haut, d'une voix étranglée. Ce n'est pas ainsi qu'il me faut traiter! (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t. 2, 1857, p. 276).
Tout haut. À haute voix. Parler, lire, réciter, rêver, compter, prononcer, répéter, sangloter tout haut. Aux hymnes par moments chantées tout haut, qui succédaient à la récitation murmurée du prêtre (Sainte-Beuve, Volupté, t. 2, 1834, p. 22).Autrefois elle parlait tout haut en rêvassant, à présent elle ne dit plus rien, mais (...) elle n'en pense pas moins (Sand, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 235).
Penser, réfléchir tout haut. Ne pas garder ses pensées pour soi, s'exprimer à voix haute. Et pensant tout haut en sa présence, elle ne lui parlait jamais de Fabrice qu'après avoir songé à la tournure de sa phrase (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 112).Quand on ne se sent pas observé (...) on pense volontiers tout haut, sinon en paroles, au moins du visage et du geste (Richepin, Cadet, 1890, p. 53).
b) Franchement, ouvertement, sans ambages. Synon. hautement.Parler bien haut, tout haut, très haut; haut et clair, haut et net, haut et ferme (= avec autorité); disons-le bien haut, ne le disons pas trop haut; proclamer bien haut son innocence, ses opinions; dire tout haut sa pensée, ce qu'on (en) pense, ce que chacun pense tout bas; annoncer, déclarer, citer, professer bien haut devant tous, à la face du monde. Devant tous, je le déclare bien haut, c'est vous seul Catulle (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 123).Et il faut le dire bien haut, et il faut le clamer à la face du monde − pas un Français ne refuserait de défendre son territoire contre une nouvelle invasion de l'étranger! (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 491).
Parler haut (au fig., avec un suj. inanimé abstr.). Avoir une grande résonance, produire un grand effet dans l'esprit, le cœur de quelqu'un. L'œuvre entière de Renoir parle plus haut que toutes [les autres, de cette influence picturale du xviiiesiècle] (Mauclair, De Watteau à Whistler,1905, p. 43).Il y a une loi supérieure à la vôtre : celle de la conscience. Ma conscience parle plus haut que tous vos codes (Martin du G., Thib., Été 14, 1936p. 721).
c) Au fig. D'une manière arrogante ou provocante. Vous parlez bien haut; parler plus haut que qqn. Allez, je ne me cacherai pas, je laisserai l'armoire vide et toute grande ouverte, je dirai bien haut que c'est moi qui ai purifié la maison (Zola, Dr Pascal,1893, p. 320).Et toujours recrépi à neuf de cette logique féminine du persécuté-persécuteur, qui fait crier très haut les morveux à la morve (Abellio, Pacifiques,1946, p. 156).
D. − [Sur une échelle qualitative ou quantitative de valeurs (prix, valeurs cotées)] À un niveau, à un prix considérable. Monter haut. L'évaluation peut être portée plus ou moins haut. Quand on évalue une maison vingt mille francs, on porte à vingt mille la quantité des francs qu'on suppose qu'elle vaut (Say, Écon. pol.,1832, p. 314).Vous me ferez bien une petite réduction. Vous tenez vos prix trop haut. Les temps sont durs (A. France, P. Nozière,1899, p. 136).
Haut coté, coter haut Les fonds se trouvaient déjà cotés très haut; je redevenais riche (Nerval, Filles feu, Sylvie, 1854, p. 593).
Au fig. Nous cotons aujourd'hui beaucoup trop haut l'humanité (Gide, Journal,1929, p. 953).Aux grandes fêtes sportives (...) les cercles haut cotés ont des tentes, où ils invitent les dames au lunch (Morand, Londres,1933, p. 203).
E. − [Dans la hiérarchie pol. et soc.] À un haut degré de puissance, à un rang élevé. Aller, pousser, s'élever haut. De là, montant plus haut et arrivant à la grande diplomatie, je prends sur moi de donner l'exclusion à un cardinal (Chateaubr., Mém., t. 3, 1848, p. 538).Très ambitieux, il n'avait pas découvert dans sa province la femme qu'il voulait, bien apparentée, capable de le pousser loin et haut (Zola, Lourdes,1894, p. 122).
(Personnage) haut placé. (Personne) importante, influente de par sa haute situation. Il y a tout à attendre de la fréquentation des personnes haut placées (Courteline, Client sér., Balances, [1890], p. 140).C'est un magistrat tout ce qu'il y a de plus haut placé (Proust, Guermantes 1,1920, p. 310).
Viser (plus) haut (au fig.). Avoir une grande ambition, des prétentions. Peu de professeurs de langues étrangères étant en état de se faire recevoir docteur et tous ne visant guère plus haut, arrivés à une chaire de lycée (Mallarmé, Corresp.,1862, p. 17).J'ai pour Octave de grandes ambitions et j'ai visé pour lui plus haut que votre fille (Aymé, Cléramb.,1950, p. 128).
F. − [Sur l'échelle des valeurs esthétiques, intellectuelles] À un haut degré. S'élever haut, s'élancer trop haut; estimer très haut qqn, une qualité, une réalité; porter haut la gloire de qqn. Je l'estime plus haut que tous les autres. D'avoir réussi, par sa prudence et par sa valeur, À faire que les forts soient là obéissants (Nerval, Sec. Faust,1840, p. 254).Nous plaçons la poésie trop haut pour que toute rémunération ne nous paraisse indigne d'elle (Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 95).
[Valeurs morales, spirituelles] Le désintéressement des objets sensibles, l'abnégation du corps conduit l'âme à chercher plus haut ce qui peut remplir et fixer la capacité d'aimer (Maine de Biran, Journal,1821, p. 309).Et cependant, plus haut que la ténèbre humaine, Leur âme lasse aspire à l'aurore suprême Qui bientôt les fondra dans le soleil de Dieu (Ch. Guérin, Cœur solit.,1904, p. 52).
Mettre, placer qqn haut (dans son estime). L'estimer beaucoup. Loc. synon. le porter aux nues. Je la plaçai [cette nature d'homme] dès lors très haut dans mon estime. J'ai souvent cherché depuis autour de moi quelque homme semblable à celui-là et capable de cette abnégation de soi-même entière et insouciante (Vigny, Serv. et grand. milit.,1835, p. 61).Je vous envoie mes pensées, ma vie en sûreté : confiance la plus grande qu'une femme puisse donner, qui met bien haut dans son estime celui en qui elle croit (M. de Guérin, Journal,1840, p. 330).
G. − Loc. adv. et prép.
1. De haut, loc. adv. D'un endroit élevé, d'un point haut sur la verticale; d'une grande hauteur (avec ou sans mouvement). Voir, dominer qqc. de haut; (faire) tomber de haut; vu de haut. Sur le dos des montagnes, partout les eaux ruisselaient. (...) et là où elles se dégorgeaient de haut vers quelque enfonçure, elles sonnaient comme dans une cruche (Pourrat, Gaspard,1931, p. 291).Le milan qui guette de haut sa proie tapie parmi les rocs (Ramuz, Derborence,1934, p. 156).
Au fig. De si haut, de très haut, de plus haut. D'un niveau supérieur. Tombé de si haut dans la déchéance où l'on me voit aujourd'hui, je demeure stupéfait que cette chute soit comme un songe pour mon esprit (J. Bousquet, Trad. du silence,1935-36, p. 74).
SYNT. Lâcher, lancer, observer, retomber, venir, verser de haut, de bien haut, de plus haut.
Loc. verb., au fig.
Tomber de haut (fam.). Être stupéfait; perdre brutalement ses illusions. Synon. tomber de son haut (au fig.; cf. haut2).« La journée de demain sera la vôtre; j'ai donné mes ordres à tous les hommes pour faire crier : vive Marchand. » Cette parole me fit tomber de haut (Barrès, Cahiers, t. 2, 1900, p. 174).
Voir, considérer, envisager les choses de haut
Avec sérénité et détachement ou avec indifférence. Je sais qu'on peut dans son orgueil de patricien considérer de haut la mêlée et vivre à l'écart, sur sa tour, mais on n'apprend pas (Barb. d'Aurev., Memor. 1,1837, p. 123).Se tenir au-dessus de la mêlée? Regarder de haut les multitudes torturées? (Mauriac, Cah. noir,1943, p. 366).
D'un point de vue synthétique, global, sans s'attarder aux détails. À envisager les choses de haut, il est aisé de discerner dans l'histoire d'Europe, depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, deux grands ordres sociaux, savoir, l'antiquité grecque et romaine, d'une part, et le moyen-âge, de l'autre (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr.,1828, p. 282).Oui, monseigneur [le prince Jérôme Napoléon], vous avez raison, et, comme toujours, vous voyez les choses de haut (Sand, Corresp., t. 4, 1857, p. 121).
Péj. Rapidement, de manière superficielle. Son rêve avait toujours été de bâtir des écoles, d'en diriger aussi, quoique de haut, en grande dame, sans y mettre la main (Toulet, Mar. Don Quichotte,1902, p. 227).
Regarder, traiter, juger qqn de haut. Le considérer avec mépris, insolence, vanité. Montaigne (...) jugeait de haut tous les maux de la vie humaine et les siens propres avec une sorte de gaillardise et de bonne humeur (Maine de Biran, Journal,1820, p. 289).Vis comme tu as toujours vécu (...) fièrement, dignement, regardant de haut les gouvernements, les hommes, les choses, n'ayant souci ni besoin d'aucune protection (Hugo, Corresp.,1852, p. 69).Le critique, fatigué de juger les autres, se débarrasse en vrac, fait table nette, liquide les livres de la saison qu'il traite de haut (...) enfin : de son haut (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 120).
Le prendre de (très) haut (avec qqn). Réagir en répondant avec arrogance ou avec dédain. Il y a de la légèreté dans son fait. Prenons-le de haut. (Haut) Monsieur Michonnin, votre conduite est plus que blâmable! (Balzac, Faiseur,1850, III, 14, p. 288).Pierre se leva, froissé à son tour, et le prenant d'un peu haut : − Vous êtes injuste, père Marowsko (Maupass., Pierre et Jean,1888, p. 434).
Rem. « Le » signifiait à l'orig. le ton de voix, p. allus. aux chantres qui, ayant entonné haut un verset, ne pouvaient plus redescendre, baisser le ton.
(Re)prendre les choses de plus haut. Remonter à une date plus ancienne, à l'origine des faits. Les nouvelles de ce pays font peu de bruit en France, et à Paris surtout. Ainsi je dois, pour la clarté du récit que j'ai à faire, prendre les choses d'un peu haut (Courier, Pamphlets pol., Pétition aux deux Chambres, 1816, p. 3).Je fais à ma femme le récit de ma liaison avec Ernest et Marguerite. Je suis obligé de prendre mon récit d'un peu haut pour faire connaître comment je suis monté à la mansarde (Kock, Cocu,1831, p. 131).
Au fig. Remonter aux causes, aux principes généraux. Et il est si singulier que ce soit là un préliminaire nécessaire pour apprendre à porter des jugemens vrais, que pour le prouver il faut reprendre les choses de plus haut (Destutt de Tr., Idéol. 1,1801, p. 224).
2. De haut en bas, loc. adv.
a) En allant du haut vers le bas. Synon. vieilli du haut en bas; anton. de bas en haut.Regarder de haut en bas (mouvement, position, orientation). Ensuite il m'a remis une grosse enveloppe jaune, dûment scellée, de haut en bas et de long en large, ce qui la rend parfaitement inviolable (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 119).On y place les morts qui se présentent, en allant de gauche à droite et de haut en bas, comme on lit un livre (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 127).
SYNT. Coup d'œil, geste, mouvement de haut en bas; hocher, secouer la tête de haut en bas; (se) fendre, (se) déchirer de haut en bas; couler, glisser, se mouvoir, aller de haut en bas; traversé, strié, zébré de haut en bas.
En partic. Complètement, à fond, dans le détail. Synon. de la tête aux pieds.Examiner qqn de haut en bas. Il s'écarta légèrement, sans retirer ses mains, et la contempla, de haut en bas, en possesseur (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 215).Ce coup d'œil de haut en bas, déjà distrait, même pour les plus chers, et puis brusquement braqué en avant (Gracq, Beau tén.,1945, p. 129).Visiter une maison de haut en bas. Synon. de fond en comble, de la cave au grenier.La marchande de beurre et la marchande de fruits continuaient à examiner la maison de haut en bas, épiant chaque ouverture, s'attendant à voir des chapeaux de sergents de ville à toutes les fentes (Zola, Ventre Paris,1873, p. 882).Autrefois, elle avait peur de rester seule le soir, et ça en plein Paris, dans une grande maison habitée de haut en bas (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 22).V. de1, ex. 10.
Loc. fig. Regarder, toiser, traiter qqn de haut en bas. Le considérer avec mépris, arrogance, insolence. Cf. du haut en bas (s.v. haut2). Il eût l'air de le renier, de se moquer de lui, de la même façon que, dès que j'eus promis le secret sur les fonctions de son père (...) il me traita de haut en bas (Proust, Sodome, 1922, p. 1011).Elle (...) toisa son interlocuteur de haut en bas, avec une grimace de dégoût (Bernanos, Imposture,1927, p. 483).V. bas1III B 2 c, ex. 84.
[Sur l'échelle des sons] De l'ut mineur au mi bémol majeur, au la bémol majeur, et qui aboutit à un énorme bond avec un cri, de haut en bas, plus de trois octaves (Rolland, Beethoven, t. 2, 1937, p. 474).
b) Au fig. [Sur une échelle de valeurs] La prétention de transmettre les croyances de haut en bas dans toute la société religieuse, sans que personne eût le droit de les débattre pour son propre compte (Guizot, Hist. civilisation, 5, 1828, p. 22).De haut en bas, du plus grand au plus petit, une même structure visible, dont le dessin, renforcé par la distribution même des ombres et des vides, s'accentue et se prolonge (Teilhard de Ch., Phénom. hum.,1955, p. 151).
3. En haut, loc. adv.
a) Dans la partie haute, la plus haute (avec et sans mouvement). Aller, pousser, tirer en haut; depuis le bas jusqu'en haut; boutonné jusqu'en haut. Ma fenêtre, percée en haut, était munie de bons barreaux de fer qui me laissaient voir quelques toits gothiques (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 720).Une fois arrivés en haut, nous descendions en voiture, revenions par le même chemin (Proust, Sodome,1922, p. 1004).
En partic.
À l'étage (ou à un étage) supérieur (d'un immeuble, d'une maison). Synon. au-dessus; anton. en bas, au rez-de- chaussée, à l'entresol, au sous-sol, etc.Puis, madame partie, elle continua à coucher en haut à cause des enfants, tandis que son mari se morfondait tout seul à la loge (A. Daudet, Évangéliste,1883, p. 32).Une grande salle au rez-de-chaussée, deux chambres en haut, une cave et un jardin (Zola, Germinal,1885, p. 1223).
Dans le ciel, en altitude. Il faut dire avec Socrate que le ciel n'est ni en haut ni en bas, ni dans les objets que nous offre la terre ni dans les astres du firmament (P. Leroux, Humanité, t. 1, 1840, p. 231).
Au fig. Au ciel, au paradis. Synon. Dans les cieux.T'es-tu fait des images taillées ou des représentations des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont ici-bas sur la terre ou dans les eaux plus bas que la terre? (Gide, Saül,1903, p. 325).
Dans les sphères supérieures (de la hiérarchie politique, sociale), sur une échelle de valeurs (morales, etc.). Cet amas des iniquités et des douleurs, tout ce qui se passait en bas dans la misère et dans le crime, tout ce qui se passait en haut dans la richesse et dans le vice (Zola, Paris, t. 1, 1897, p. 113).
Tout en haut. Au point le plus haut. Synon. au sommet.Et je me mis à gravir le Pausilippe au-dessus de la grotte. Arrivé tout en haut, je me promenais en regardant la mer déjà bleue (Nerval, Filles feu, Octavie, 1854, p. 644).Elle était tout en haut, à l'Odéon, à côté d'un petit ménage passant tout son temps à dire que la pièce était une horreur (Goncourt, Journal,1888, p. 882).
b) P. ext. [Dans un sens vague] En direction du haut, dans le sens de la hauteur, en un mouvement ascendant. Synon. en l'air, vers le haut.Mouvement de bas en haut; regarder en haut, lever la tête en haut; dirigé en haut; la pointe en haut. Il y avait tant de prière dans son regard levé en haut vers le ciel ou vers moi, que je me mis à pleurer aussi sans savoir de quoi (Lamart., Tailleur pierre,1851, p. 479).Dans le sud se formait peu à peu une énorme trombe, un cône de brouillards, la pointe en bas, la base en haut (Verne, Enf. cap. Grant, t. 1, 1868, p. 245).
Par en haut. Par le haut, par la partie supérieure. Synon. en-dessus; anton. par le bas, en-dessous.Passer par en haut; évasé, éclairé par en haut. Pour réaliser votre plan, il faut éclairer par en haut le nouvel escalier, et ménager une loge de portier sous le socle (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 98).Ça m'emporte, je suis aspiré par en haut, je file en droite ligne sans m'arrêter (...) je vois maintenant les étoiles tout au-dessous de moi (Flaub., Tentation,1849, p. 419).
Au fig. La puissance appréhensive était l'intellect qu'on voyait (...) s'éclairer par en haut des rayons de la raison divine, et, par en bas, de la lumière des sensations (Ozanam, Philos. Dante,1838, p. 250).L'oisiveté endort par en haut autant d'énergies mentales que l'excès de travail manuel en éteint par en bas (Maeterl., Intellig. fleurs,1907, p. 262).
De bas en haut.
De la partie basse vers la partie haute. Parcourir, frapper de bas en haut. Les vapeurs sont montées, partant de bas en haut devant eux comme des ballons (Ramuz, Gde peur mont.,1926, p. 123).Le ciel (...) s'élevait, glissant de bas en haut contre la pente des montagnes (Ramuz, Derborence,1934, p. 168).
En direction du haut. Mouvement de bas en haut; se diriger de bas en haut. Le néoplasme doit s'être, depuis peu, propagé de bas en haut... poumons, estomac... (Martin du G., Thib., Sorell., 1928, p. 1151).La tête renversée, de bas en haut, je regarde mon Seigneur, le grand crucifix qui est suspendu à la voûte (Claudel, Poète regarde Croix,1938, p. 246).
Entièrement, en détail. Toiser qqn de bas en haut. Synon. des pieds à la tête.Elle examinait de bas en haut, avec une attention extraordinaire, le pâle petit visage ridé (Bernanos, Mauv. rêve,1948, p. 1018).Visiter une maison de bas en haut. Synon. de la cave au grenier, de fond en comble, de haut en bas, v. supra.
Au fig. [Pour exprimer la totalité d'une hiérarchie, l'étendue complète d'une échelle de valeurs] Des connaissances doivent se plaindre, pensaient-elles. Et c'est, hélas! ce que de bas en haut pense tout le monde (Radiguet, Bal,1923, p. 77).L'organisation corporative doit être conçue comme s'établissant de bas en haut, selon les principes de la démocratie personnaliste (Maritain, Human. intégr.,1936, p. 203).
Du bas en haut (vieilli). Il faut avoir eu, comme moi, le courage de visiter, du bas en haut, quelques maisons de la rue de la Bûcherie (Jouy, Hermite, t. 1, 1811, p. 13).Elle le regardait du bas en haut suppliante et avec un beau sourire tout en pleurs (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 346).
4. En haut de, loc. prép.
a) Dans la partie haute, la plus haute de; au sommet de. En haut de la côte, de la ville, de la montagne; d'un mât, de l'escalier. Il venait d'arriver en haut d'un raidillon particulièrement penché qui rejoignait du bas le chemin de Sasseneire (Ramuz, Gde peur mont.,1926, p. 75).Sur le plateau que dévaste la bise, tout en haut du remonte-pente, les crochets de fer tournent autour de la roue (Schaeffer, Rech. mus. concr.,1952, p. 11).
Au fig. En haut de l'échelle* (sociale).
b) Dans la partie supérieure de. En haut de/d'une page (synon. en tête de page). En haut des Champs-Élysées. Des chevaux dont on voyait les têtes haletantes en haut des claires-voies des wagons (Barrès, Colline insp.,1913, p. 293).Le moustique était là, posé, tout en haut de la moustiquaire (Gide, Caves,1914, p. 779).
5. D'en haut, loc. adv. à valeur adj.
a) D'un lieu, d'un point élevé, plus élevé. Avoir d'en haut un beau point de vue; pièce éclairée par la lumière venant d'en haut; voir, souffler d'en haut. Au fond du chœur pendait un tableau du Guerchin comme un rayon de soleil venant d'en haut et qui aurait frappé le mur à travers quelque fente de l'édifice (Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 412).Comme une pierre se détachant de la falaise, tout à coup il tomba d'en haut un baudrier (Flaub., Salammbô, t. 2, 1863, p. 128).
b) De la partie, de la région supérieure. Les dents, les canines d'en haut; boutonnières d'en haut. Dans les (...) babouins (...). La première [molaire] d'en bas est tranchante et coupée très-obliquement, parce qu'elle s'use contre la canine d'en haut (Cuvier, Anat. comp., t. 4, 1805, p. 158).Déjà, il avait ce long visage étiré d'en haut et d'en bas, si caractéristique (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 138).
En partic.
De l'étage supérieur. Synon. du haut (cf. haut2).Chambres d'en haut.
Du registre aigu (des sons, de la voix). Son piano dont elle attaqua vivement toutes les touches en les remuant depuis l'ut d'en bas jusqu'au fa d'en haut (Balzac, Goriot,1835, p. 75).
c) Au fig.
Du ciel, de Dieu. La lumière, la force, l'Esprit, la grâce d'en haut (ou d'En(-)Haut); rayon, lumière, voix, parole, intervention d'en haut; les choses d'en haut; venir, descendre d'en haut. L'esprit d'en haut lui avait inspiré dans toute son énergie cette sainte violence à qui le ciel a été promis (Montalembert, Ste Élisabeth,1836, p. 212).Est-il louable d'attendre, les bras croisés, que vienne le secours d'en haut, et de tout demander à Celui qui peut tout (...)? (A. France, Île ping.,1908, p. 29).
D'une autorité supérieure; des hautes sphères du pouvoir. Ordre, instructions (qui viennent) d'en haut; les autorités d'en haut. Quand on a eu la main sur les vrais coupables, il est venu des ordres d'en haut pour les relâcher (Sand, Meunier d'Angib.,1845, p. 236).D'où part l'exemple? D'en haut ou d'en bas? Du professeur ou de ses élèves? (Champfl., Souffr. profess. Delteil,1853, p. 141).
6. Contre-haut* (en).
7. *-haut.
8. Par haut, loc. adv., vx
a) MAN. Cheval qui va par haut. ,,Cheval qui fait un manège enlevé`` (Ac., Rob.).
b) CHORÉGR. Danse par haut. Danse sautée. Elle [la gaillarde] se dansait « par haut », c'est-à-dire en quittant terre (Écorcheville, Suites orch.,1906, p. 48).[La] gaillarde [est une] ancienne danse française, dite danse « par haut », ou sautée, composée de « mouvements gaillards » desquels elle tirait son nom (Brenet, Dict. prat. et hist. mus.,1926, p. 168).
c) Loc. fig., pop. Aller par haut et par bas. Évacuer par la bouche et par l'anus. Cette matière noire et putride, que rendent les malades, tant par haut que par bas, n'est autre chose qu'un sang corrompu (Geoffroy, Méd. prat.,1800, p. 357).Loc. synon. évacuer par le haut et par le bas (cf. bas1II A 2).
Rem. Haut entre comme élément initial dans la constr. de mots composés a) avec une valeur adj. V. haut-commissaire (cf. commissaire), haut-de-forme, haut-fourneau (cf. fourneau), haut-relief, etc. b) avec une valeur subst. V. haut-de-chausses.
Prononc. et Orth. : [o], fém. [o:t] avec init. asp. Homon., à l'aspiration près, au, aulx, eau, ô, oh, os (plur.) et, par rapport au fém., hôte, ôte. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. V. haut2. Bbg. Gall. 1955, p. 41, 51, 417. - Grundt (L.-O.). Ét. sur l'adj. invarié. Bergen-Oslo-Tromsø, 1972, p. 61, passim. - Quem. DDL t. 12, 13, 16.

HAUT2, subst. masc.

A. − Dimension verticale déterminée, de la base au sommet. Synon. altitude, hauteur, élévation.
De haut (précédé d'un nombre). x coudées, lieues, mètres, pieds, pouces, toises de haut.
Loc. verb. Tomber de (tout) son haut, Tomber de toute sa hauteur, tomber à terre de tout son long. On m'avait affublé d'un chapeau haut de forme (...). Celui qui recevait les cartes faillit tomber de son haut et me chercha sous mon chapeau (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 47).
Au fig. Tomber de son haut (vieilli). Être vivement surpris, stupéfait. Synon. tomber des nues, tomber à la renverse, tomber de haut (cf. haut1II G 1).Je n'ai jamais ouï d'absurdités pareilles! Je tombe de mon haut! (Augier, Aventur.,1848, I, p. 181).Vous avez, vous autres hommes, une si petite opinion des femmes, que vous tombez de votre haut si vous leur entendez dire un mot qui ait le sens commun (Feuillet, Scènes et prov.,1851, p. 190).
B. − Position déterminée sur la verticale.
1. Le haut (entité abstr.). Elle ordonne aux roseaux de saluer, joyeux Et satisfaits, l'arbre superbe; Car l'équilibre c'est le bas aimant le haut (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 129).
Le vent du haut (cf. haut1I A 4 a).Le temps un peu couvert se leva, le vent du haut chassa les nuages (Balzac, Début vie,1842, p. 360).
2. De haut
a) [Précédé d'un nombre] Voler, planer à x mètres de haut.
b) Au fig. D'une autorité supérieure. Synon. d'en haut (cf. haut1).Ordre qui vient de haut.
3. Ce qui est élevé (moralement, socialement, intellectuellement, etc.), ce qui est excellent. Le christianisme (...) qui a fait voir le haut et le bas de notre cœur (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 376).
C. − Partie supérieure d'une chose ou d'un être (corps ou partie du corps).
1. En emploi abs. Le haut, dans le haut, du haut, vers le haut; caisse portant la mention : haut, bas, fragile; se courber, dirigé, plus large, tourné, tiré vers le haut. Et elle s'abritait du soleil, sous une ombrelle de satin lilas, pointue par le haut comme une pagode (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 2).La salle était très élevée du haut par des soupiraux presque entièrement bouchés de plantes (Malraux, Espoir,1937, p. 509).
MUS. Le haut. La partie haute, les notes hautes ou le registre élevé de la voix. Synon. l'aigu; anton. le bas, le grave, le médium.Mais quelles désagréables voix, celles du haut aigres, celles du bas aboyantes [à la Chapelle Sixtine] (Taine, Voy. Ital., t. 1, 1866, p. 124).Hautbois. Instrument des impressions champêtres, des joies paisibles et pures, pathétique dans le haut, sourd dans le grave (Rougnon1935, p. 250).
2. Le haut de + subst. concr.Le haut du front; le haut d'un tableau; le haut d'une page (synon. tête). À Fribourg en Brisgau (...) des villageoises avaient (...) les cheveux jaunes et ternes retroussés durement et tirés vers le haut de la tête (Taine, Philos. art, t. 1, 1865, p. 233).Et l'éclat aveuglant des murs des métairies Semble gagner le haut du ciel. Il est midi (Jammes, Prem. livre quatrains,1923, p. 40).
Le haut du village, de la ville, du bourg. La partie élevée. Un logis situé à Saumur, au bout de la rue montueuse qui mène au château, par le haut de la ville (Balzac, E. Grandet,1834, p. 5).Les gens riches qui habitent le haut de la ville [Genève], vers la promenade de la Treille (Stendhal, Mém. touriste, t. 2, 1838, p. 271).
Le haut d'un fleuve. La partie supérieure située vers la source.
SYNT. Le haut du/d'un bras, du corps, de la/d'une cuisse, de la gorge, des joues, de la poitrine; le haut d'une chemise, d'un corsage, d'un veston; le haut d'une armoire, d'une cheminée, d'une façade, d'une fenêtre, d'une glace, d'un lac, d'un omnibus, du perron, du pont.
Spécialement
COMM. (Produit de) haut de gamme. Produit qui, dans sa catégorie, offre la meilleure qualité. Ces boutiques proposent plutôt des hauts de gamme (500 à 1 200 francs la robe ou le deux pièces) (Le Monde,29 mars 1978).
IMPR., TYPOGR. Haut de casse*. Partie supérieure de la casse. Anton. bas de casse*.Dans le haut de casse (...) se trouvent les lettres employées moins souvent (Maire, Manuel biblioth.,1896, p. 304).Le haut de casse aux majuscules, petites capitales, etc. (Chautard 1937).
MAR. Les hauts d'un navire. La partie émergée; celle qui est au-dessus du premier pont. Synon. (pour le sing.) accastillage, (pour le plur.) mâture, coque.
BOUCH. Haut(-)de(-)côtelette. Morceau de viande (mouton, veau) situé entre les carrés de côtelettes et la poitrine de la bête. Elle faisait, ce soir-là, un ragoût de mouton avec des hauts de côtelettes (...). Les hauts de côtelettes revenaient dans un poêlon (Zola, Assommoir,1877, p. 467).
GASTR. Haut de cuisse (d'une volaille). Partie correspondant à la cuisse et qui précède la jambe, dite cuisse ou pilon. Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie (...). Est-ce que l'oie avait jamais fait du mal à quelqu'un? (Zola, Assommoir,1877p. 578).
HABILL. Le haut (d'une robe), un haut (de robe). La partie située au-dessus de la taille. Synon. corsage.Au cou frêle encore flambait une cravate ponceau dont le gros nœud se renflait sur le haut d'une robe noire (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, L. Leclercq, 1886, p. 136).Ces hauts de robe de mousseline ou d'organza accompagnent le soir d'amples jupes de faille ou de faille-shantung (Jardins des modes,avr. 1951, p. 57).
D. − La partie la plus haute, le point culminant. Synon. sommet.
1. En emploi abs. Arriver au haut. Synon. usuel en haut.
Loc. fig., fam., vieilli. Gagner le haut. S'enfuir.
2. Le haut de + subst. concr.Le haut d'une côte, d'un clocher, de la rue, du boulevard, des Champs-Élysées. J'étais dans le haut de la rue Notre-Dame-de-Lorette (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mém. veuf, 1886, p. 242) :
À vous gloire, Seigneur qui m'avez pas à pas Amené sur le haut de la colline sainte Où le juste s'assure et vous aime sans crainte. Verlaine, Poèmes div.,1896, p. 779.
Le haut d'un fleuve, de la mer (rare). La partie la plus profonde. Prends le bas du pavé, drôle! Richard (descendant) : Oui, monseigneur (s'en allant). Tu prendras le haut de la Seine, toi, quelque jour (Dumas père, Tour Nesle,1832, III, tabl. 5, 2, p. 48).Un jour le fol vit, du haut de la mer, accourir une belle nef (Kahn, Conte or et sil.,1898, p. 97).
En partic., vieilli ou région. (Berry notamment). Le haut du jour. Midi environ, l'heure où le soleil à son apogée est le plus chaud ou le plus ardent. Elle dira très-bien en parlant de la pesanteur, de la chaleur et de la lourdeur accablante du midi : « Le silence du gros du jour en juin (...) ». Dans le Berry on dit non pas le gros du jour, mais le haut du jour; ce qui n'est pas moins expressif (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 9, 1865, p. 264).
Loc. verb. fig. Tenir le haut du pavé*. Atteindre le haut de l'échelle; grimper au plus haut degré de l'échelle (cf. ce mot C 1).
SYNT. (Atteindre) le haut des branches, d'une cascade, du ciel, d'un coteau, du crâne, d'une falaise, d'une montagne, d'un monticule, du mur, de la pente, du plateau, d'un rempart, d'un rocher, de la tête, des tours, de la montée; juché, perché, placé sur le haut de (qqc.).
3. Du haut de + subst. concr.De l'endroit élevé de; du sommet de. Du haut des tours de Notre-Dame; du haut des cieux, des airs; rouler du haut d'un escalier. Le long du fleuve, un peuple d'enfants s'amuse à plonger du haut de la berge (Gide, Voy. Congo,1927, p. 713).
Du haut du ciel (au fig.). L'âme s'élève à Dieu à travers et avec toutes ces supplications. Il m'a bien semblé que du haut du ciel Jésus-Christ et la sainte Vierge me bénissaient (Dupanloup, Journal,1873, p. 343).
SYNT. Apercevoir, contempler, regarder, voir du haut de; glisser, jeter, lancer, (se) précipiter, rouler, tomber, verser du haut de.
Loc. fig., fam. (Regarder, traiter, juger qqn) du haut de sa grandeur. Avec mépris, avec condescendance ou avec indifférence. Cf. grandeur I A 1.
P. anal. (Regarder, toiser qqn) du haut de sa gloire, du haut de son piédestal, du haut de son trône, du haut de leur supériorité; du haut de sa condescendance, de sa science, etc. D'abord je suspectais le major de vouloir me sonder pour me juger du haut de son savoir (Sand, Nouv. lettres voy.,1876, p. 298).
4. Au haut de + subst. concr.Dans la partie la plus élevée de; au sommet de; au dernier étage de. Synon. usuel en haut de.Il s'est mis à grimper devant moi presque au haut d'un petit arbre (Gide, Journal,1914, p. 495).
SYNT. (Apparaître, arriver, déboucher, parvenir) au haut des airs, d'un arbre, du bourg, des branches, de la butte, de la côte, des cieux.
E. − En partic. [En corrélation avec bas]
1. Loc. verb. Évacuer par le haut et par le bas. Synon. aller par haut et par bas.Cf. bas1II A 2.Avoir des hauts et des bas. V. bas111 C 2 c ex. 60.
2. Loc. adv. et prépositives
Du haut en bas, loc. adv. Synon. de haut en bas.Nettoyer, visiter une maison du haut en bas; se fendre du haut en bas. Elle frappait sur les touches avec aplomb, et parcourait du haut en bas tout le clavier sans s'interrompre (Flaub., MmeBovary, t. 1, 1857, p. 46).Il finirait à l'hospice, couché dans son immondice et paralysé du haut en bas (Audiberti, Quoat,1946, 2etabl., p. 67).
Du haut en bas de, loc. prépositive. Du haut en bas de l'échelle. C'était du haut en bas de la colline le même grouillement vivant, le même ciel bleu brûlait par delà les toits (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 87).Tandis (...) que bruissaient du haut en bas de l'immeuble les visiteurs du dernier moment et que sonnaient sans arrêt des téléphones désespérés (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 51).
Rem. 1. De haut en bas ne forme pas de loc. prépositive, alors que du haut en bas de est bien vivant. 2. De haut en bas est d'un emploi plus fréq. que du haut en bas dans l'accept. regarder, traiter qqn de haut en bas (au fig.).
SYNT. Du haut en bas de son perchoir, de l'édifice, des escaliers, des étages, des murailles, de la voix, de l'État, de la nation, de la hiérarchie, de la société.
Du haut jusques en bas, loc. adv. (p. allus. à Molière, Tartuffe, III, 2).
F. − Dans le domaine géographique
1. Vx ou région. (Suisse notamment). Terrain élevé; étages supérieurs de la montagne. Synon. butte, élévation, éminence, hauteur.On rencontre tout à coup dans les hauts du Père-Lachaise un tombeau gothique (Stendhal, Mém. touriste, t. 1, 1838, p. 275).De la vieille et curieuse petite cité (...) ils (...) remontèrent vers les hauts de forêts et de plaines qui sont la parure du « jardin de la France » (L. Daudet, Bacchantes,1931, p. 83).
2. Usuel. Les Hauts de Meuse, de Moselle. Collines dominant la Meuse, la Moselle. Synon. côtes.De longues balafres, tranchées mal comblées, barbelés rouillés, halliers poussés au hasard accompagnent le Chemin des Dames, les Hauts de Meuse ou les sommets du Linge (Meynier, Paysages agraires,1958, p. 146).Les Hauts-de-Seine. Département de la région parisienne.
Prononc. et Orth. : [o] init. asp. : le haut. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Adj. A. 1. Fin xes. « qui est élevé, d'une dimension verticale considérable » alta cruz (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 226); ca 1100 halt (Roland, éd. J. Bédier, 814); ca 1165 en parlant d'une pers. (Benoît de Ste-Maure, Troie, 5255 ds T.-L.); 2. a) 1119 « qui est dans une position élevée, ici en parlant des astres » (Philippe de Thaon, Comput, 2509, ibid.); b) 1625 « qualifie la partie d'un pays la plus éloignée de la mer ou plus élevée que l'autre » (Le Grand dict. fr.-lat., J. Stœr ds FEW t. 24, p. 367b); c) 1694 « qualifie la partie d'un cours d'eau la plus proche de sa source » (Ac.); 3. ca 1121 mer halte « endroit où la mer est profonde, le large » (St Brendan, éd. E.G.R. Waters, 1646). B. 1. a) Ca 1050 « élevé dans l'échelle des valeurs » de halt parentét (Alexis, éd. Chr. Storey, 41); b) ca 1200 halte curt « cour plénière » (Chanson de Guillaume, éd. D. McMillan, 1967); en partic. 1791, 5-13 mars « tribunal d'exception pour certains crimes politiques » (Décret [Duvergier, t. II, p. 289] ds Brunot t. 9, p. 637, note 5); 2. a) ca 1100 « très grand à quelque titre que ce soit » paroles haltes « nobles, fières » (Roland, 1097); b) 1493 [éd.] « qui atteint un niveau intellectuel ou moral élevé » haute vie... haultes vertus (Chron. de St Denis, t. 1, fo126 ds Littré); c) 1649 haute trahison (I. Ango, Récit véritable, p. 11 ds Mack. t. 1, p. 74); 3. a) ca 1100 « qui atteint un niveau d'intensité élevé; sonore » voiz grand e halte (Roland, 2985); b) ca 1100 « aigu (d'un son, d'un instrument) » haltes menees (ibid., 3310); cf. 1467 haulz et bas instrumens (Chron. scandaleuse, éd. B. de Mandrot, t. 1, p. 177); 4. 1531 [éd.] « qui a de l'éclat » haute couleur (Percef., IV, fol. 2b ds La Curne); 1538 haut en couleur « coloré » (Est.); 5. 1538 « qui atteint une valeur, un prix élevé » (ibid.); 6. av. 1715 « relevé, fort » haut goût (Fénelonds Lar. Lang. fr.). C. 1267 [ms.] « tardif, tard » au plus haut le jor (Comput, 104, 51 ds T.-L.). II. Adv. 1. ca 1100 « à un degré élevé sur le plan sonore » s'escriet mult halt (Roland, 3334); 2. 1119 « en position haute » halt levees (Philippe de Thaon, Comput, 2534 ds T.-L.); 3. ca 1145 « à un degré élevé de l'échelle sociale » (Wace, Conception N.D., 588, ibid.); 4. 1160-74 « en un point élevé » haut... voler (Wace, Rou, éd. A.J. Holden, III, 601); en partic. 1267 [ms.] haut pendue (Id., Vie S. Marg., Ms. A, 175 ds T.-L.); 5. fin xives. « tard dans l'année » (d'une fête) escheirent les Paskes si hault (J. Froissart, Chron., éd. S. Luce, III, 7); 6. 1408, 3 sept. « à un degré élevé sur l'échelle des valeurs, des prix » au plus hault offrant (Tut. des biens de Haquinet, A. Tournai ds Gdf. Compl.). III. Loc. adv. 1. en halt, ca 1120 « dans le lieu qui est le plus élevé » (Philippe de Thaon, Bestiaire, 1685 ds T.-L.); 2. de haut, ca 1170 « d'un endroit élevé » (Béroul, Tristan, éd. E. Muret4, 730 : chaï de haut); fig. 1821 voir les choses de plus haut (Hugo, Lettres fiancée, p. 80); 3. de haut en bas 1268 saillir de haut en bas « descendre » ici au fig. « tomber dans le malheur » (Claris et Laris, 3910 ds T.-L.); 4. là-haut 1553 « dans le ciel » (Bible Gérard, Psaume 93b). IV. A. Subst. masc. 1. 1170 « hauteur, dimension verticale » (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 6657); ca 1170 vint piez de haut (Marie de France, Lais, éd. J. Rychner, Yonec 339); 2. fin xiies. « partie haute d'une chose » El haut de la forest (Guingamor 410 ds T.-L.); en partic. 1676, 8 janv. mar. subst. plur. (Relation anonyme du combat de Lipari; Arch. de la Mar., dossier du Quesne ds Jal); 3. xves. « ce qui est élevé sur le plan moral, intellectuel ou social » (Les Repues franches de Fr. Villon et de ses compagnons [attribuées à Villon], L'Acteur ds Œuvres, éd. L. Jacob, p. 255 : Congnoissant les hauts et les bas). B. Subst. fém. 1821 arg. « fraction supérieure (d'une corporation, d'une société) » pègre de la haute « voleur du premier rang » (Ansiaume, Arg. bagne Brest, fo10 vo, § 242); cf. 1854, 2 août une femme de la haute (Mérimée, Lettres à une inc., t. 1, p. 339). I du lat. class. altus « haut, élevé » au propre et au fig.; « profond, reculé »; croisé en domaine d'oïl avec l'a. b. frq. *hauh, *hôh en face des autres représentants romans sans h- (a. prov. alt, aut, xiie-xves. ds Rayn.; ital. alto; esp. port. alto; cat. alt, v. FEW t. 24, p. 375b). Il est difficile de se fonder sur quelques formes sans aspiration attestées du xeau xives. (ds Gdf. Compl. et Littré) dans des textes provençalisés (Passion), italianisés (Roland de Châteauroux) ou anglo-norm. (Quatre Livres des Rois) pour mettre en doute l'ancienneté de ce croisement. On refusera donc l'hyp. proposée par A. Greive (ds Etymologische untersuchungen zum französischen h aspiré, Heidelberg, 1970) et acceptée par le FEW, loc. cit., d'une aspiration introduite secondairement en a. fr. pour assurer la non-élision de l'art. devant aut et par là même isoler le monosyllabe à l'intérieur de la chaîne parlée. II et III, emplois adv. de I. IV, emploi subst. de I. Fréq. abs. littér. : 32 112; Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 42 229, b) 52 894; xxes. : a) 50 967, b) 41 539. Bbg. Foulet (L.). L'Effacement des adv. de lieu. Romania. 1946, t. 69, pp. 65-77. - Quem. DDL t. 16.

Haut : définition du Wiktionnaire

Adjectif

haut (h aspiré)\o\

  1. Qui est élevé. — Note : Par opposition à bas et à petit, en parlant d’un objet considéré par rapport à tous les autres objets du même genre, ou seulement par comparaison à un ou à plusieurs autres.
    • Elle était demeurée longtemps debout devant ces hautes coques dont les hublots laissaient voir l'intérieur des cabines éclairées. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 52)
    • Être de haute stature, de haute taille. — Le chameau est haut de jambes. — L’aigle a le vol très haut.
  2. Qualifie également certaines choses qui sont situées au-dessus d’autres.
    • Le plus haut étage d’une maison. — Les hautes voiles d’un vaisseau. — À la plus haute marche de l’escalier.
    • Loger dans une chambre haute. — La ville haute. — Les hautes régions de l’air.
  3. (En particulier) Qualifie le temps qu'il fait, lorsque les nuages sont élevés, il n’y a pas à craindre la pluie.
    • Le temps est haut depuis ce matin.
  4. Qualifie certains pays qui sont plus éloignés de la mer, ou plus proches de la source de quelque grande rivière, ou aussi plus montagneux.
    • Le haut pays. — La haute Égypte. — Le haut Languedoc. — La haute Bretagne. — La haute Alsace.
  5. Qualifie qui est éloigné dans le temps, qui est des époques lointaines.
    • Dans la haute antiquité. — Dès la plus haute antiquité.
  6. Qui est est levé ; qui est relevé.
    • […] : le Capitaine y dirige son escadron et, sans faire remettre au fourreau le sabre qui reste suspendu à la dragonne, il commande : haut le fusil. — (Vicomte Ulric-Guelfe de Civry, Un engagement de cavalerie, le combat de Buzancy, 27 Août 1870, Londres : Arliss Andrews, 1878)
    • Le connétable portait l’épée haute et nue devant le roi. — Marcher, courir sur son adversaire l’épée haute, la lance haute, etc.
    • Marcher la tête haute. — Ce cheval porte la tête haute.
    • Il a juré, la main haute, qu’il ne vous avait fait aucun tort.
  7. (Quelquefois) Qui est profond.
    • L’eau est fort haute en tel endroit.
  8. (Marine) Qualifie une marée à son point le plus élevé.
    • On ne peut entrer dans ce port qu’à haute marée, qu’à la mer haute, etc.
  9. (Marine) Qualifie une mer qui est agitée.
    • Le vent forcit, la mer est haute.
  10. (Musique) Qualifie des sons élevés, aigus, que l'on parle de la musique ou des instruments.
    • Une fois castré, l'enfant ne connaissait plus la mue, c'est à dire que sa voix ne baissait pas d'une octave comme chez les autres garçons. Elle restait « haute », pour employer le terme très général, à mi-chemin entre celle de l'enfant et celle de la femme […]. — (Patrick Barbier, Histoire des Castrats, Grasset , 1989, page 23)
  11. (Par extension) Qualifie la voix, lorsqu’elle est sonore, éclatante, et qu’elle se fait entendre de loin.
    • Cet homme a la parole trop haute. — Parlez d’un ton plus haut, d’un ton moins haut.
    • Réciter, lire à haute voix, à haute et intelligible voix. — Crier à haute voix.
  12. (Figuré) (Familier) Qualifie une manière de parler, un ton fier, menaçant, arrogant.
    • Prendre le haut ton; le prendre d’un ton haut, sur un ton haut, sur le haut ton, etc.
    • Être haut en parole, avoir le verbe haut.
  13. (Figuré) Qui est supérieur, excellent, éminent, distingué dans son genre, en parlant des personnes et des choses.
    • J'ai rencontré, parmi mes camarades de réserve, de hauts fonctionnaires, des chefs de grandes entreprises privées. — (Marc Bloch, L'étrange défaite, chap. 3 : La déposition d'un vaincu, 1940)
    • La haute administration. — De hauts emplois. — De hautes fonctions. — Hauts fonctionnaires. — La haute magistrature. — Le haut commerce.
    • Parvenir aux plus hautes dignités. — Une personne de haut rang, ou de haute volée.
  14. (Jeu de cartes) Qualifie les cartes qui ont le plus de valeur.
    • Au piquet, l’as est la plus haute carte. — Il a toutes les hautes cartes.
  15. (Commerce) Qui est d'une valeur considérable, extraordinaire.
    • Les denrées sont à très haut prix. — La grandeur n’est pas d’un si haut prix.
  16. (Par extension) (Commerce) Qualifie des denrées dont le prix est élevé.
    • Les cafés, les blés, les vins, etc., sont hauts.
    • Le change est haut, les fonds sont hauts, etc.
  17. (Péjoratif) Qui est excessif dans son genre.
    • Haute insolence. — Haute effronterie. — Haute injustice. — Il a fait une haute sottise.
  18. (En particulier) (Quelquefois) Qui est fier, orgueilleux, impérieux ; hautain.
    • C’est un homme haut. — C’est une femme haute. — Avoir un air haut.
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Haut : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

HAUT, HAUTE. (H est aspirée.) adj.
Qui est élevé. Il est opposé à Bas et à Petit, et se dit d'un Objet considéré par rapport à tous les autres objets du même genre, ou seulement par comparaison à un ou à plusieurs autres. Une haute montagne. Les plus hautes montagnes. Haute tour. Haut clocher. Cet arbre est très haut. Cette chaise-ci est moins haute, est aussi haute que celle-là. Cette table n'est pas assez haute. Porter des talons hauts. La forme de ce chapeau est très haute. Avoir le front haut et découvert. Un mur haut de deux mètres. Être de haute stature, de haute taille. Le chameau est haut de jambes. L'aigle a le vol très haut. Les oiseaux de haut vol. Il se dit également de Certaines choses qui sont situées au-dessus d'autres. Le plus haut étage d'une maison. Les hautes voiles d'un vaisseau. À la plus haute marche de l'escalier. Loger dans une chambre haute. La ville haute. Les hautes régions de l'air. Le temps est haut, Les nuages sont élevés, il n'y a pas à craindre la pluie. Fig., Prendre un vol trop haut, S'élever plus qu'on ne doit, prendre des manières au-dessus de son état, de sa condition, faire plus de dépense qu'on ne doit ou qu'on ne peut. Le carême est haut se dit lorsque le carême ne commence qu'au mois de mars. Fig. et fam., Prendre le carême de trop haut. Exiger, se proposer des choses trop difficiles. Il se dit particulièrement de Certains pays qui sont plus éloignés de la mer, ou plus proches de la source de quelque grande rivière, ou aussi plus montagneuses. Le haut pays. La haute Allemagne. La haute Égypte. Le haut Languedoc. La haute Bretagne. Le haut Poitou. La haute Alsace. Le haut allemand, Dialecte allemand parlé originairement dans le sud de l'Allemagne et qui est devenu la langue littéraire de ce pays. Fig., C'est du haut allemand pour lui, Il n'y comprend, il n'y entend rien. Les hautes Pyrénées, Celles qui forment le milieu de la chaîne, qui sont à peu près à égale distance de l'Océan et de la Méditerranée. Les hautes Alpes, Celles qui sont loin de la Méditerranée. Quand ces dénominations indiquent les départements où sont situées les hautes Pyrénées, les hautes Alpes, on écrit Les Hautes-Pyrénées, les Hautes-Alpes. Le haut Rhin, la haute Loire, la haute Garonne, la haute Marne, etc., La partie de ces fleuves, de ces rivières qui est plus voisine de la source que de l'embouchure. Quand il s'agit des départements qui en prennent le nom, il faut écrire Le Haut-Rhin, la Haute-Marne, etc., Préfet du Haut-Rhin. La haute Seine, Toute la partie de la Seine qui est au-dessus de Paris, en allant vers la source de ce fleuve; par opposition à La partie qui est au-dessous de Paris et qu'on nomme La basse Seine. Il se dit aussi de Ce qui est éloigné dans le temps. Une haute antiquité, Une antiquité fort reculée. Dans la haute antiquité. Dès la plus haute antiquité. Il signifie encore Qui est levé, relevé. Le connétable portait l'épée haute et nue devant le roi. Marcher, courir sur son adversaire l'épée haute, la lance haute, etc. Marcher la tête haute. Ce cheval porte la tête haute. Il a juré, la main haute, qu'il ne vous avait fait aucun tort. Le chevalier se présenta la visière haute. Tapisserie de haute lisse : Voyez LISSE. En termes de Blason, Épée haute, Épée droite. Fig., Il peut aller partout la tête haute, Il peut aller partout sans craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun affront. Haut à la main, Qui est prompt à lever la main, qui frappe pour se faire obéir. Fig., Être haut à la main, Être hautain, arrogant. En termes de Manège, Tenir la bride haute à un cheval, Lui tenir la bride courte. Fig. et fam., Tenir la bride haute à un jeune homme, Lui laisser peu de liberté, le tenir de court. On dit de même Tenir la main haute à quelqu'un. Tenir la main haute dans une affaire. Il signifie quelquefois Qui est profond. L'eau est fort haute en tel endroit. La marée, la mer est haute, se dit de la Marée au moment où elle arrive à son plus haut point. On ne peut entrer dans ce port qu'à haute marée, qu'à la mer haute, etc. La mer est haute signifie aussi que La mer est agitée. Haute marée se dit aussi des Marées les plus fortes de l'année. Les plus hautes marées ont lieu dans les syzygies. Fig. et fam., Les eaux sont hautes, la rivière est haute, se dit, par opposition à Les eaux sont basses, pour signifier L'argent ne manque pas. La haute mer, La pleine mer, ainsi nommée parce que, du rivage, elle paraît plus haute que lorsqu'elle en est près. Aller en haute mer. Gagner la haute mer. En termes de Musique, il se dit des Sons élevés, aigus. Sons hauts. Ton haut. Le ton de l'orchestre est trop haut, n'est pas assez haut. Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Instruments. Votre violon est bien haut. Cette flûte est beaucoup trop haute. Il se dit aussi de la Voix, lorsqu'elle est sonore, éclatante, et qu'elle se fait entendre de loin. Avoir la voix haute. Cet homme a la parole trop haute. Parlez d'un ton plus haut, d'un ton moins haut. Réciter, lire à haute voix, à haute et intelligible voix. Crier à haute voix. Fig. et fam., Jeter, pousser les hauts cris. Voyez CRI. Fig. et fam., Prendre le haut ton; le prendre d'un ton haut, sur un ton haut, sur le haut ton, etc., Prendre un ton fier, menaçant, arrogant. On dit dans le même sens Être haut en parole, avoir le verbe haut. Fam., Nous n'avons jamais eu ensemble une parole plus haute que l'autre, Nous avons toujours vécu en parfaite intelligence, nous n'avons jamais eu de querelle ensemble. Messe haute, Messe chantée. Fig., Être haut en couleur, Avoir le teint très coloré. Cette femme est haute en couleur.

HAUT signifie aussi figurément Qui est supérieur, excellent, éminent, distingué dans son genre. Il se dit des Personnes et des choses. La haute administration. De hauts emplois. De hautes fonctions. Hauts fonctionnaires. La haute magistrature. Le haut commerce. Parvenir aux plus hautes dignités. Une personne de haut rang, ou de haute volée. Une haute personnalité. Les hautes classes de la société. Une haute naissance. Les hauts faits. De hauts faits d'armes. De hautes pensées. De hautes conceptions. Haute protection. Haute recommandation. Haute estime. Haute considération. Hautes relations. Avoir une haute idée de quelqu'un. Il donne une haute idée de son talent. Au plus haut point. Au plus haut degré de.. L'exécuteur de la haute justice, ou Le maître des hautes œuvres, Le bourreau. Haute cour de justice, Tribunal établi pour juger les complots contre l'État. On dit absolument Haute Cour. Haut et puissant seigneur, haute et puissante dame; très haut et très puissant seigneur, très haute et très puissante dame. Titres donnés, dans les actes publics et dans les inscriptions, aux grands seigneurs, aux personnes d'une qualité relevée. Très haut et très puissant prince, très haute et très puissante princesse, Titres donnés, dans les actes publics et dans les inscriptions, aux princes et aux princesses. Substantiv. et absol., Le Très-Haut, Dieu. En termes de Diplomatie, Les hautes puissances contractantes, se dit des États entre lesquels se conclut un traité. Absolument, Hautes puissances, Titre que prenaient les États généraux des Provinces-Unies. Les hautes classes de la société, Les classes qui tiennent le premier rang par leur naissance, leurs fonctions, leurs richesses. La Chambre haute se dit de la Chambre des lords, des pairs, dans le Parlement d'Angleterre. Il s'est dit aussi, en France, de la Chambre des Pairs. Haut lieu se dit pour Rang élevé. Il aimait une dame de haut lieu; il aimait en haut lieu. Il signifie particulièrement La Cour, chez le souverain, ou, d'une façon plus générale, les sphères élevées, les personnes qui composent le gouvernement. On parla de lui en haut lieu. Le haut enseignement, Enseignement des Universités, des Facultés. Le haut style se dit d'un Style oratoire, élevé, soutenu. Ouvrage écrit dans le haut style. Il se prend quelquefois, ironiquement, pour un Style ampoulé et guindé. C'est là du haut style. Haut comique, Comique du genre élevé. Il se dit aussi d'une Chose très ridicule. Ses prétentions sont du plus haut comique. Le haut mal, L'épilepsie ou le mal caduc. Il tombe du haut mal. Haute pression, Pression considérable. Machine à vapeur à haute pression. En parlant des Cartes à jouer, Hautes cartes, Celles qui ont le plus de valeur. Au piquet, l'as est la plus haute carte. Il a toutes les hautes cartes. Haut prix, Valeur considérable, extraordinaire. On le dit au propre et au figuré. Les denrées sont à très haut prix. La grandeur n'est pas d'un si haut prix. Haute paie. Voyez PAIE. En termes de Commerce, Les cafés, les blés, les vins, etc., sont hauts, Sont à haut prix. On dit dans un sens analogue Le change est haut, les fonds sont hauts, etc. Fig. et fam., Emporter quelque chose de haute lutte, Venir à bout d'une résistance par force, par autorité. On dit dans un sens analogue : L'emporter de haute lutte, L'emporter après une rivalité où on a obtenu un avantage incontestable.

HAUT se dit, en mauvaise part, de Ce qui est excessif dans son genre. Haute insolence. Haute effronterie. Haute injustice. Il a fait une haute sottise. Haute trahison se dit des Crimes qui intéressent au premier chef la sûreté de l'État. Il fut accusé de haute trahison, de crime de haute trahison. On a souvent abusé de l'expression " haute trahison ". Les crimes de haute trahison doivent être définis par la loi. Il signifie quelquefois particulièrement Qui est fier, orgueilleux, impérieux. C'est un homme haut. C'est une femme haute. Avoir un air haut. On dit plus souvent HAUTAIN. Il s'emploie comme nom et signifie Élévation, hauteur. Cette maison a tant de mètres de haut. Ce tableau a trois mètres de haut sur deux mètres de large. Tomber de son haut se dit d'une Personne qui tombe de toute sa hauteur. On le dit aussi, figurément et familièrement, d'une Personne qui est extrêmement surprise de quelque chose. Il est tombé de son haut, quand je lui ai dit cela. Fig. et fam., Il y a du haut et du bas, des hauts et des bas dans la vie. La vie est une alternative de réussites et d'insuccès. Employé comme nom, il désigne souvent le Faîte, le sommet, la partie supérieure. Le haut d'une tour, d'une montagne, d'un clocher. Il est tombé du haut de la maison en bas. Regarder de haut en bas. Le haut du corps. Le haut de cette façade est orné d'un fronton. Certains sauvages ne portent qu'une touffe de cheveux sur le haut de la tête. Le haut d'une feuille de papier, d'une page, d'un tableau. Écrivez cela en haut de la feuille, de la page. Le haut d'un tableau. Vers le haut. En termes d'Imprimerie, Haut de casse. Voyez CASSE. En termes de Musique, La voix de ce chanteur est belle dans le haut, Elle est propre à bien rendre les sons aigus, les notes élevées. Sur le haut du jour, Vers le midi. Cette façon de parler a vieilli. Le haut du pavé, La partie du pavé des rues qui borde les maisons. Prendre le haut du pavé. Céder le haut du pavé à une dame. Fig., Voir les choses de haut, Les embrasser dans leur généralité, dans leur synthèse ou sans s'attarder aux détails. Fig. et fam., Crier du haut de sa tête, Crier de toute sa force. Fig. et fam., Gagner le haut, S'enfuir. Fig. et fam., Le prendre de haut avec quelqu'un, Le traiter avec hauteur. Fig. et fam., Traiter quelqu'un du haut en bas, de haut en bas, Regarder quelqu'un du haut en bas, Le traiter, le regarder avec arrogance. On dit dans le même sens Regarder quelqu'un du haut de sa grandeur.

HAUT s'emploie aussi adverbialement et signifie Dans la partie haute, à la partie supérieure. Monter haut, bien haut, plus haut. Des oiseaux qui volent haut. Être haut perché, haut monté. La rivière monta très haut en peu de temps. Vous avez placé ce tableau trop haut. Élever une muraille assez haut pour qu'on ne puisse l'escalader. Cet arbre monte trop haut. Il demeure deux étages plus haut. Plus haut signifie, quelquefois, Ci-dessus, dans ce qui précède. Nous avons vu plus haut que... Ainsi qu'il a été dit plus haut. Cheval monté haut ou haut monté, Cheval dont les jambes sont trop hautes et ne sont point proportionnées. Fam., Être pendu haut et court, Être exécuté à la potence. Chevaux haut le pied, Chevaux qui ne sont ni attelés ni montés, mais tenus en main. Par extension, Locomotive haut le pied, Locomotive qui circule isolément. En termes de Manège, Mener un cheval haut la main, Tenir la main des rênes haute, pour soutenir le cheval, pour l'empêcher de butter, de tomber, ou pour lui donner la facilité de lever le devant, de faire des courbettes. Fig. et fam., Haut la main, Avec autorité, ou en surmontant tous les obstacles, avec promptitude. J'en viendrai à bout haut la main. Il l'a emporté haut la main sur tous ses concurrents. Fig., Porter haut la tête, Être fier. Fig. et fam., Cet homme le porte haut, Il se prétend de grande qualité; ou il se prévaut de l'avantage que son rang, sa dignité, ses richesses, sa capacité lui donnent. Haut les cœurs! Interjection elliptique dont on se sert pour exhorter à une vertu supérieure. Haut les mains! Exclamation par laquelle on somme quelqu'un de lever les mains ouvertes pour prouver qu'il est désarmé.

HAUT, pris adverbialement, s'emploie dans certaines phrases figurées, telles que : Son génie ne s'était pas encore élevé si haut. La fortune semblait ne l'avoir placé si haut que pour rendre sa chute plus éclatante. Pour découvrir les vrais coupables, il faut remonter plus haut. Monter haut, S'élever à un prix considérable. Faire monter bien haut des meubles, des livres en les enchérissant. On le dit aussi d'une Dépense considérable. La dépense monte haut. Il ne croyait pas que le compte, que le mémoire montât si haut. De plus haut, À partir d'une date plus ancienne. Reprendre une chose de plus haut, une histoire de plus haut, La raconter en la commençant d'un temps plus éloigné, pour mieux éclaircir le fait, pour rendre la narration plus claire. On dit quelquefois dans le même sens Remonter plus haut. Reprendre les choses de plus haut, Remonter à des principes généraux, à des vérités premières. Employé comme adverbe, il signifie aussi À haute voix, fort, d'un ton intelligible. Vous ne parlez pas assez haut. Parlez plus haut, ou, elliptiquement, Plus haut. Il a dit cela tout haut. Crier très haut. Fig., Parler haut, le prendre haut, très haut, Parler, répondre sans ménagement, arrogamment. Je saurai bien l'empêcher de parler si haut. Vous le prenez bien haut, de bien haut. Fig., Penser tout haut, Faire connaître avec franchise, sans détour, sans réserve, ce qu'on a dans l'esprit. Fig., Haut et clair. Voyez CLAIR. Il signifie également, en termes de Musique, Dans un ton haut. Vous l'avez pris trop haut en commençant. Sa voix ne peut pas monter plus haut. Ce violon n'est pas monté assez haut.

EN HAUT, LÀ-HAUT, loc. adv., Le lieu qui est plus haut, qui est au-dessus. La locution Là-haut rend ordinairement la désignation plus précise. Aller, monter en haut. Je loge en haut, et lui en bas. Ne laissez monter personne là-haut. Il est là-haut. Le coup est parti d'en haut, de là-haut. Je viens d'en haut. Mouvement de bas en haut. Par en haut, Par le haut. Passer par en haut. Tirer en haut, pousser en haut. Vers le haut.

LÀ-HAUT signifie quelquefois Dans le ciel. Là-haut réside un juge incorruptible. On dit aussi D'en haut, Du ciel. C'est un ordre d'en haut. Les grâces qui nous viennent d'en haut.

EN HAUT DE, loc. prép. Il est tout en haut de la maison. Écrivez ceci en haut de la page.

PAR HAUT, loc. adv. On dit, en termes de Manège, Ce cheval va par haut, Il fait un manège élevé. Aller par haut et par bas. Vomir et aller à la selle.

Haut : définition du Littré (1872-1877)

HAUT (hô, hô-t') adj.

Résumé

  • 1° Qui a une étendue considérable depuis un point inférieur jusqu'à un point supérieur.
  • 2° Qui est situé au-dessus, en parlant de choses les unes par rapport aux autres.
  • 3° Qui s'élève haut.
  • 4° Qui est à un niveau supérieur, en parlant des cours d'eau ou des régions.
  • 5° Qui est relevé, dressé.
  • 6° Profond.
  • Terme de musique. Aigu, élevé.
  • 8° Retentissant, qui s'entend au loin, en parlant de la voix.
  • 9° Qui a de l'éclat, en parlant des couleurs.
  • 10° Éloigné dans le temps.
  • 11° Il se dit des personnes qui occupent les premiers rangs dans la société.
  • 12° Grand, excellent, distingué dans son genre.
  • 13° Ardu à comprendre, à saisir.
  • 14° Qui a de l'élévation morale et de la fierté.
  • 15° En mauvaise part, excessif en son genre.
  • 16° Il se dit des cartes qui ont le plus de valeur.
  • 17° Il se dit des prix.
  • 18° S. m. Élévation, hauteur.
  • 19° Montagne, éminence.
  • 20° Le faîte, le sommet, la partie supérieure.
  • 21° Le haut du jour.
  • 22° Le haut, la partie supérieure de la ville.
  • 23° Le haut et le bas.
  • 24° Dans la musique, les notes élevées.
  • 25° Adv. Dans la partie la plus haute.
  • 26° Haut, en termes de manége.
  • 27° Haut le pied.
  • 28° À un rang élevé, à un point élevé.
  • 29° Dans les temps passés.
  • 30° En termes de musique, dans un ton haut.
  • 31° À haute voix.
  • 32° Terme de jeux. Couper haut.
  • 33° Monter haut, s'élever à une dépense considérable.
  • 34° En haut.
  • 35° D'en haut.
  • 36° En haut de.
  • 37° Là-haut.
  • 38° Ici-haut.
  • 39° Par en haut.
  • 40° Par haut.
  • 41° Par haut et par bas.
  • 1Qui a une étendue considérable depuis un point inférieur jusqu'à un point supérieur. Un haut clocher. Cet homme est haut de six pieds. J'espère que vous mettrez notre taille [Voiture était très petit] en honneur ; ce sera elle désormais qui sera estimée la riche, et vous nous relèverez par-dessus ceux qui se croient plus hauts que nous, Voiture, Lett. 52. Le cheval étant aussi haut de jambes qu'il [Ragotin] en était court, Scarron, Rom. com. I, 19. Ces hautes montagnes dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne, Bossuet, Henri de Bourbon. Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Boileau, Sat. X. La ville de Syracuse était devenue un désert, où l'herbe était crue si haute que les chevaux y paissaient, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 329, dans POUGENS. On voit ces hauts remparts élevés par Cyrus, Voltaire, Scythes, IV, 2. Il croyait de sa cime [d'une montagne] observer la campagne Et voir flotter aux vents les drapeaux bourguignons ; Mais en vain il franchit une immense étendue, toujours un mont plus haut vient arrêter sa vue, Masson, Helv. II.

    Haut dais, voy. DAIS.

    Haute futaie, voy. FUTAIE.

    Arbres à haute tige, voy. TIGE.

    Haute bruyère, espèce de bruyère à haute tige dont on fait des balais.

    Haut cru, expression employée anciennement dans le sens de haut lieu, haut pâturage. Bœufs de haut cru, se disait des bœufs destinés au travail ou manifestant peu d'aptitude à un engraissement précoce, parce qu'ils étaient supposés devoir se trouver exclusivement dans les contrées élevées ou montueuses.

    Terme de l'Écriture sainte. Les hauts lieux, montagnes ou collines où l'on sacrifiait à Baal. Jéhu sur les hauts lieux enfin osant offrir Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir, Racine, Athal. III, 6.

    Terme de marine. Ce bâtiment est haut de bord, son bord est fort élevé au-dessus de l'eau. Bâtiment de haut bord, anciennement tout bâtiment qui naviguait au long cours, aujourd'hui les vaisseaux de ligne seulement, par opposition à bâtiments de bas bord (locution qui n'est pas usitée), les galères, galiotes, brigantins, frégates et tous les navires latins.

  • 2Qui est situé au-dessus, en parlant de choses les unes par rapport aux autres. Le plus haut étage d'une maison. Les hautes voiles d'un vaisseau. Les hautes régions de l'air. Au plus haut degré. Le cavalier monta avec la dame par un grand escalier dans une salle haute, Scarron, Rom. com. I, 9.

    Le temps est haut, les nuages sont élevés, de sorte qu'il n'y a pas à craindre la pluie.

    Le haut bout d'une chambre, d'une table, la place la plus honorable, parce qu'autrefois ce bout était en effet plus élevé que l'autre et le plus éloigné de la porte. Le czar s'assit dans le fauteuil du haut bout, le régent dans l'autre, Saint-Simon, 487, 140.

    Les hautes latitudes, les latitudes qui s'avancent vers le pôle, s'éloignent de l'équateur, ainsi dites à cause de l'opinion ancienne qui représentait le nord comme plus élevé que le midi.

    Haut, se dit aussi de la différence de niveau entre des lieux qui dominent et une partie plus basse, plaine ou autre. La ville haute. Là ils s'arrêtent et se resserrent ; Français et Italiens, tous défendent avec acharnement les issues hautes de la ville, et les Russes, enfin rebutés, reculent et se concentrent sur la route de Kalougha, Ségur, Hist. de Nap. IX, 2.

  • 3Qui s'élève haut. Oiseaux de haut vol. L'aigle a le vol très haut.

    Fig. Prendre un vol trop haut, s'élever plus haut qu'on ne doit, faire plus de dépense qu'on ne peut.

    Terme de fauconnerie. Haut vol ou haute volerie, chasse du faucon sur les hérons, les grues, etc.

  • 4Qui est à un niveau supérieur, en parlant des cours d'eau ou des régions considérées par rapport au niveau de la mer. La haute Allemagne. La haute Égypte. Il part tous les ans de la ville de Maroc, capitale de l'État, une caravane, qui va chercher de l'or dans la haute Guinée, Raynal, Hist. phil. XI, 8.

    Le haut-allemand, dialecte allemand parlé originairement dans le sud de l'Allemagne et devenu la langue littéraire de ce pays.

    Haut-allemand, se dit quelquefois comme allemand pour chose inintelligible. Mes heurés Qui, depuis cinquante ans dites journellement, Ne sont encor pour moi que du haut-allemand, Molière, le Dép. II, 7.

    Les hautes Pyrénées, les hautes Alpes, partie centrale de la chaîne, celle qui est la plus éloignée de la mer.

    Quand ces expressions deviennent un nom de département, on met une majuscule à haut et un trait d'union. Les Hautes-Pyrénées, les Hautes-Alpes.

    Le haut Rhin, la haute Garonne, la haute Loire, la haute Marne, etc. la partie de ces cours d'eau qui est du côté de la source.

    Quand ces expressions deviennent un nom de département, on met une majuscule à haut et un trait d'union. La Haute-Marne. Le préfet du Haut-Rhin, etc.

    La haute Seine, toute la partie de la Seine qui est au-dessus de Paris jusqu'à la source, par opposition à basse Seine, qui désigne le cours de la Seine depuis Paris jusqu'à la mer.

  • 5Qui est relevé, dressé. Marcher la tête haute. Courir sur son adversaire l'épée haute. Ce cheval porte la tête haute. Ils s'avancent au son des trompettes altières, Ils portent l'arme haute, ils baissent les bannières, Et passent sous les yeux de leur fier souverain, Masson, Helvét. VIII. Et de ses escadrons la formidable masse S'ébranle l'arme haute et vole sur sa trace, Masson, ib.

    Fig. Il peut aller partout la tête haute, le front haut, se montrer partout sans rien craindre.

    Haut à la main, qui lève la main, qui frappe pour se faire obéir ; et fig. Être haut à la main, être arrogant, hautain. …Que leur autorité démesurée les avait rendus si hauts à la main et si présomptueux, qu'il n'y avait loi ni magistrat qu'ils n'eussent la hardiesse de fouler aux pieds, Malherbe, le XXXIIIe liv. de Tite Live, ch. 46.

    Terme de manége. Tenir la bride haute, la tenir courte.

    Fig. Tenir la bride haute à un jeune homme, lui laisser peu de liberté.

    On dit dans le même sens : Tenir la main haute à quelqu'un, ne lui rien passer. Je tiens qu'il faut un peu lui tenir la main haute, Afin que son esprit reconnaisse sa faute, Tristan, M. de Chrispe, IV, 1. La grammaire qui sait régenter jusqu'aux rois, Et les fait, la main haute, obéir à ses lois, Molière, Fem. sav. II, 6.

    Tenir la main haute dans une affaire, se rendre difficile sur les conditions.

    Avoir la haute main dans une affaire, dans une société, y dominer. Le sens est différent suivant que haute est devant ou après main.

    Terme de blason. Épée haute, épée droite.

    Terme de botanique. Radicule haute, radicule tournée vers le sommet du fruit.

    Terme de chasse. Hautes erres, voies du relevé du cerf.

    Un cerf va de hautes erres quand il y a plusieurs heures qu'il est passé.

  • 6Profond. L'eau est fort haute en tel endroit.

    Dont l'eau est plus élevée, qui a plus d'eau qu'à l'ordinaire. Les eaux sont hautes. La rivière est haute.

    La marée, la mer est haute, se dit de la marée quand elle est à son plus haut point.

    Hautes marées, se dit de marées plus fortes que les autres. Nous sommes à l'époque des hautes marées.

    La haute mer, la pleine mer, la mer loin du rivage.

    La mer est haute, signifie aussi la mer est agitée, c'est-à-dire que les vagues y ont beaucoup de hauteur. Alors, la tempête était haute, Nous combattîmes côte à côte, Tous deux, moi barque, toi vaisseau, Hugo, Feuilles d'aut. 9.

  • 7 Terme de musique. Élevé, aigu. Ton haut. Sons hauts.

    Haut, se dit des instruments dans le même sens. Cette flûte est trop haute, elle est plus haute que l'instrument qui donne le la ou que le diapason ; on l'accorde en allongeant ou raccourcissant le corps de pompe. On dit de même : La chanterelle de votre violon est trop haute, trop haute d'un quart de ton.

    Fig. et familièrement. Prendre le haut ton, le prendre d'un ton haut, sur un ton haut, sur le haut ton, prendre un ton fier, menaçant, arrogant. Quoi ! fallait-il fulminer et le prendre d'un ton si haut pour abattre si peu de chose ? Bossuet, la Vallière. etentissant, qui s'entend au loin, en parlant de la voix. Avoir la voix haute, la parole trop haute. De hauts cris. Réciter à haute voix. Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute…, La Fontaine, Fabl. V, 10. L'armée à haute voix se déclare contre elle, Racine, Iphig. V, 6.

    Fig. et familièrement. Jeter, pousser les hauts cris, se récrier, se plaindre hautement. Cette mesure fit jeter les hauts cris.

    On dit aussi : Crier les hauts cris. Je le trouvai criant les hauts cris, Sévigné, 32.

    Familièrement. Nous n'avons jamais eu ensemble une parole plus haute que l'autre, nous n'avons jamais eu de querelle ensemble. Nous n'avons jamais eu une parole plus haute que l'autre au sujet de Mahomet, Voltaire, Bababec.

    Avoir la parole haute, parler fièrement. Si nous avions l'esprit de nous faire valoir, Les femmes n'auraient point la parole si haute, Molière, le Dép. IV, 2. Mon maître a très souvent la parole si haute, Il est si suffisant…, Destouches, Glor. IV, 4.

    On dit dans le même sens : être haut en parole ; Avoir le verbe haut.

    Faire haute profession de, avoir publiquement la prétention de. Ils ont trouvé le moyen de surprendre des esprits qui, dans toute autre matière, font une haute profession de ne se point laisser surprendre, Molière, Tart. 2e placet au roi.

    Messe haute, par opposition à messe basse. On dit plutôt : messe chantée ou grande messe.

  • 9 Terme de peinture et de teinture. Couleurs hautes, celles qui ont de l'éclat, de la vivacité, comme le rouge, le vermillon, le bleu, etc.

    Dans le langage général. Être haut en couleur, avoir le teint très coloré. Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse, Voltaire, Cand. I.

  • 10Éloigné dans le temps. Une haute antiquité, une antiquité fort reculée. Le haut moyen âge, la partie du moyen âge la plus rapprochée de l'invasion des barbares.

    Le haut empire, voy. EMPIRE 3.

    Carême haut, carême tardif, qui ne commence qu'au mois de mars. Vous ne ferez autre chose tous ces jours gras, et vous avez beau vous dépêcher de vous divertir, vous n'en trouverez pas sitôt la fin ; nous avons le carême bien haut, Sévigné, 407.

    Fig. Mettre le carême bien haut, exiger des choses difficiles.

    Mettre le carême bien haut, signifie aussi promettre des choses qui n'arriveront pas de longtemps.

    Il nous donne le carême bien haut, il prend un long terme, il veut nous faire bien attendre.

  • 11Haut, se dit des personnes qui occupent les premiers rangs de la société. Très haut et très puissant prince, Très haute et très puissante princesse, titres donnés dans les actes et dans les monuments publics aux princes et aux princesses. Haut et puissant seigneur, Haute et puissante dame ; Très haut et très puissant seigneur, Très haute et très puissante dame, titres donnés aux grands seigneurs, aux personnes d'une qualité relevée. J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très haute et très puissante princesse Henriette-Anne d'Angleterre, princesse d'Orléans, Bossuet, Duch. d'Orl. L'éloge que je fais aujourd'hui de très haut et très puissant seigneur messire le Tellier…, Bossuet, le Tellier.

    Il se dit en parlant des bontés, de la bienveillance, de la protection qui émanent des princes, des souverains. Une haute protection. L'hommage particulier que je mets à ses pieds [de Sa Majesté] pour les hautes bontés dont elle m'honore, Buffon, Min. t. VI, p. 168.

    Le Dieu très haut, ou, substantivement, le Très Haut (avec deux majuscules), Dieu. Melchisédech, roi de Salem, offrant du pain et du vin, parce qu'il était prêtre du Dieu très haut, Sacy, Bible, Genèse, XIV, 18. Comment est-il possible que Dieu connaisse ce qui se passe, et le Très Haut a-t-il véritablement la connaissance de toutes choses ? Sacy, ib. Ps. LXXII, 11. Le Très Haut vous a vus d'un regard d'indulgence, Delavigne, Paria, II, 5.

    En diplomatie. Les hautes puissances contractantes, se dit des princes souverains entre lesquels un traité se conclut.

    Absolument. Hautes puissances, titre que prenaient les états généraux des Provinces-Unies.

    Les hautes classes, les classes de la société qui tiennent le premier rang par leurs fonctions, par leurs richesses, par leur naissance. La haute magistrature. Le haut commerce. La haute bourgeoisie.

    La haute administration, les ministres et les hommes qui dirigent l'administration.

    Haute police, voy. POLICE.

    La chambre haute, la chambre des lords dans le parlement anglais, et la chambre des pairs en France, sous le gouvernement de la restauration et de Louis-Philippe.

    Haute cour s'est dit, sous la monarchie de Louis-Philippe, de la chambre des pairs érigée en tribunal ; il s'est dit aussi d'un tribunal institué en 1848 pour juger les ministres et les complots contre l'État.

    Anciennement. Haute justice, la juridiction d'un seigneur dont le juge pouvait connaître de toutes causes, tant civiles que criminelles, excepté des cas royaux.

    Seigneur haut justicier, seigneur auquel appartenait cette juridiction. Tout seigneur de fief haut justicier pouvait avoir dans son château plein exercice de la religion réformée, Voltaire, Louis XIV, 36.

    L'exécuteur de la haute justice, ou le maître des hautes œuvres, le bourreau

    Haut se dit aussi de la naissance, en parlant de la noblesse. Une personne de haut parage. À des partis plus hauts ce beau fils doit prétendre, Corneille, Cid, I, 6. Vanter le faux éclat de sa haute naissance, Boileau, Sat. V. Tout annonce à mes yeux votre haute naissance, Voltaire, Tancr. III, 4.

    Haut lieu, se dit aussi pour haut rang, haute noblesse. Aimer en trop haut lieu une dame hautaine, Régnier, Ép. II.

    En haut lieu, à la cour, chez le souverain. Cela a été dit en haut lieu.

  • 12Grand, excellent, distingué dans son genre. De hautes fonctions. Parvenir aux plus hautes dignités. Haute fortune. Haute estime. Haute réputation. Quoique je ne trouve pas dans mon esprit d'assez haute place pour elle [une dame], je la puis assurer que je l'y ai tenue toujours présente dans tout ce qui m'est arrivé, Voiture, Lett. 25. Don Rodrigue surtout n'a trait en son visage Qui d'un homme de cœur ne soit la haute image, Corneille, Cid, I, 1. Cette haute vertu qui règne dans votre âme…, Corneille, ib. II, 5. Mais parmi tes hauts faits sois-lui toujours fidèle, Corneille, ib. V, 7. Je veux une vengeance et plus haute et plus prompte, Corneille, Méd. IV, 5. Les bons esprits trouveront que vous avez fait un haut chef-d'œuvre de doctrine et de raisonnement en vos observations, Corneille, Lett. apolog. Et je me rends, seigneur, à ces hautes bontés, Corneille, Cinna, V, 3. Rome vous permet cette haute alliance, Corneille, Nicom. I, 2. Prenez-en aujourd'hui la marque la plus haute, Corneille, ib. II, 2. Seigneur, c'est remporter une haute victoire Que de rendre un amant capable de me croire, Corneille, ib. V, 2. Pour voir votre vertu dans son plus haut éclat, Corneille, ib. V, 10. Sous un si haut appui [celui de Rome], nos rois humiliés N'ont été que sujets sous le nom d'alliés, Corneille, Sertor. II, 1. Et c'est ce que vient rendre à la haute vaillance Dont je ne fais ici que trop d'expérience, L'ardeur de voir…, Corneille, ib. III, 2. Ce généreux exploit, ces nobles sentiments, Méritent de ma part de hauts remercîments, Corneille, ib. V, 4. Elle a le cœur trop bas pour un si haut dessein, Rotrou, Antig. IV, 4. Haut crédit, Rotrou, Bélis. V, 2. Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi, La Fontaine, Fabl. I, 4. L'un [Turenne], dès qu'il parut dans les armées, donna une haute idée de sa valeur, Bossuet, Louis de Bourbon. Cette élection divine [de David] avait un objet plus haut que celui qui paraît d'abord, Bossuet, Hist. II, 4. Dieu a mis quelque chose en nous… qui peut se soumettre à sa souveraine puissance, s'abandonner à sa haute et incompréhensible sagesse, se confier en sa bonté, craindre sa justice, espérer son éternité, Bossuet, Duch. d'Orl. Oui, sans doute, une ardeur si haute et si constante Vous promet dans l'histoire une place éclatante, Racine, Alex. I, 2. Les feux de ses regards, sa haute majesté Font connaître Alexandre, Racine, ib. III, 3. Souvent avec prudence un outrage enduré Aux honneurs les plus hauts a servi de degré, Racine, Esth. III, 1. Le bonheur de le servir était, selon lui, une assez haute récompense pour ceux qui le servaient, Fénelon, Tél. XVI. Pour les faibles humains quelles hautes leçons ! Voltaire, Sémiram. I, 1. Dès lors cette entreprise où il s'était si témérairement engagé [l'expédition de Moscou], terminée heureusement et à force d'audace, sera le fruit d'une haute combinaison ; son imprudence sera sa grandeur, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 4.

    Haut appareil, grande magnificence.

    Terme de chirurgie. Haut appareil, une des manières de faire l'opération de la taille, dans laquelle on ouvre la paroi abdominale au-dessus du pubis ; ainsi dit parce qu'il exige plusieurs instruments.

    De haut goût, très épicé. Ce mets est de haut goût. Qu'il [l'enfant] ne mange rien de haut goût qui l'excite à manger au delà de son besoin, et qui le dégoûte des aliments plus convenables à sa santé, Fénelon, Éduc. filles, ch. 3.

    C'est un cadet de haut appétit, voy. CADET.

    Terme de chasse. Chien de haut nez, chien dont l'odorat est excellent.

    Le haut mal, l'épilepsie, ainsi dit à cause de la gravité de cette affection. Fagon, sujet aux atteintes du haut mal, était un méchant sujet en termes de chirurgie, Saint-Simon, 99, 57.

    Haute pression, voy. PRESSION.

    Une haute température, une grande chaleur. Le fer ne fond qu'à une haute température.

    Familièrement. Emporter quelque chose de haute lutte, voy. LUTTE.

  • 13Ardu à comprendre, à saisir. Ils répugnent à notre doctrine, parce qu'elle leur semble trop haute, Bossuet, 1er sermon, Dim. de la passion, préambule. Rendez-vous attentifs ; voici le nœud ; la matière est haute, et, quelque ordre qu'on y apporte, elle échappe si on ne la suit, Bossuet, 6e avert. 3.

    Les hautes sciences, la théologie, la philosophie et les mathématiques. La haute géométrie, celle où les démonstrations exigent l'emploi du calcul infinitésimal. Ce qu'est Newton à la haute géométrie, Montesquieu l'est à la haute politique, Bonnet, Ess. analyt. âme, ch. 19.

    Dans les colléges et lycées. Les hautes classes, celles où l'on enseigne la rhétorique, la philosophie et les mathématiques spéciales.

    Le haut enseignement ou enseignement supérieur, l'enseignement des facultés et du Collége de France.

    Haut style, langage rempli de termes nobles et d'expressions riches et magnifiques. Ouvrage écrit dans le haut style.

    Ironiquement. Haut style, langage ampoulé, guindé. Quel diable de jargon entends-je ici ? voici bien du haut style, Molière, Préc. 5.

    Haut comique, voy. COMIQUE. Tout cela est à la fois noble, intéressant et du haut comique, Voltaire, Comm. Corn. Suite du Menteur, I, 2.

    Haut comique se prend aussi, dans le langage familier, pour dire très ridicule. De telles prétentions, avec si peu de mérite réel, c'était du haut comique.

  • 14Qui a de l'élévation morale et de la fierté. Achille à qui la Grèce a donné cette marque D'avoir eu le courage aussi haut que les cieux, Malherbe, V, 2. Loin d'en être abattu, son cœur en est plus haut, Corneille, Poly. III, 5. Sur leurs hauts sentiments réglons plutôt les nôtres, Corneille, Hor. III, 1. Il a le bras fort, le cœur haut, Molière, Amph. II, 1. Cet homme [le cardinal de Retz] si fidèle aux particuliers, si redoutable à l'État, d'un caractère si haut qu'on ne pouvait ni l'estimer, ni le craindre, ni l'aimer, ni le haïr à demi, Bossuet, le Tellier. César avait le courage trop haut pour se laisser éblouir par un vil intérêt, Vertot, Révol. rom. XIII, p. 225. Ce langage était trop haut, pour être entendu par les politiques ordinaires, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. III, p. 367, dans POUGENS. Non pas dans le fond que je craigne qu'elle t'aime ; elle me paraît avoir le cœur trop haut pour cela, Marivaux, Jeux de l'am. et du has. III, 2. Le mensonge n'a point de si hauts sentiments, Voltaire, Œdipe, II, 5.

    Qui annonce de l'élévation morale. Puis c'était une repartie haute et convenable qu'elle avait faite la veille à cette madame une telle, qui s'oubliait de temps en temps à cause qu'elle était riche, Marivaux, Marianne, 7e part. Un mot : que dites-vous de notre nouvel hôte ? - Eh ! mais… - Il a vraiment la mine fière et haute, Collin D'Harleville, Malice pour malice, II, 16.

    Il a le cœur haut et la fortune basse, se dit d'un homme pauvre mais fier.

    Orgueilleux, impérieux, qui a de la hauteur. C'est une femme haute. Libre dans mes discours, peut-être un peu trop haut, Chaulieu, à Lafare. M. de Noailles et M. de Barbézieux étaient fort mal ensemble : tous deux bien avec le roi, tous deux hauts, tous deux gâtés, Saint-Simon, 25, 35. Vous avez l'humeur haute, et c'est cette humeur-là dont il serait à propos que monsieur s'alarmât pour vous, Marivaux, Pays. parv. 2e part.

  • 15En mauvaise part, excessif en son genre. Il a fait une haute sottise. Haute effronterie. Ce combat pour votre âme est un nouveau supplice, S'il vous laisse obligée à demander justice, à témoigner toujours ce haut ressentiment, Corneille, Cid, V, 4. Par lui j'ai jeté Rome en haute jalousie, Corneille, Nicom. I, 5.

    Haute trahison, se dit des crimes qui intéressent la sûreté de l'État.

  • 16En parlant des cartes. Les hautes cartes, celles qui ont le plus de valeur, surtout les as et les figures.
  • 17Haut prix, valeur très élevée. Les denrées sont à très haut prix.

    Fig. Il met ses services à très haut prix.

    Terme de commerce. Les cafés, les blés, les vins etc. sont hauts, ils sont à haut prix.

    L'argent est haut, c'est-à-dire on n'en trouve à emprunter qu'à un gros intérêt.

    Haute paye, voy. PAYE.

  • 18 S. m. Haut, élévation, hauteur. Cette maison a quinze mètres de haut. Tomber du haut du toit.

    Tomber de son haut, tomber de toute sa hauteur. Si l'enfant tombe de son haut, il ne se cassera pas la jambe, Rousseau, Ém. II.

    Fig. et familièrement. Tomber de son haut, être extrêmement surpris d'une chose. Et ce qui m'a vingt fois fait tomber de mon haut, C'est de vous voir au ciel élever des sornettes Que vous désavoueriez si vous les aviez faites, Molière, Femmes sav. IV, 2. Mme Denis jouait Zaïre ! Mme Denis comparée à Clairon ! je tombai de mon haut, Marmontel, Mém. VII.

    On dit dans le même sens : Il a failli, il a pensé tomber de son haut. Je faillis tomber de mon haut à un compliment de cette nature, Retz, III, 76. Il pensa tomber de son haut de voir…, Hamilton, Gramm. 11.

    Du haut en bas, de l'extrémité supérieure à l'extrémité inférieure. Madame, et quelques-uns vous diront, au besoin, Quels dieux du haut en bas renversent les profanes, Corneille, Nicom. III, 2. Il [Razias] courut avec une fermeté extraordinaire à la muraille, et il se précipita lui-même courageusement du haut en bas, Sacy, Bible, Machab. II, XIV, 43. Et je vous verrais nu du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenterait pas, Molière, Tart. III, 2.

    On dit aussi de haut en bas. [Galères pourvues] De neufs avirons et de mâts, Bref, refaites de haut en bas, Scarron, Virg. V. Le voile fut déchiré de haut en bas, Bossuet, Hist II, 6.

    Fig. et familièrement. Regarder quelqu'un de haut en bas, le regarder avec un air de mépris.

    On dit dans le même sens : Regarder quelqu'un du haut de sa grandeur.

    Fig. Traiter quelqu'un du haut en bas, de haut en bas (locution dérivée de la locution : regarder de haut en bas), le traiter avec mépris, arrogance. Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses… Qui, pour un petit tort qu'elles ne nous font pas, Prennent droit de traiter les gens du haut en bas, Molière, Éc. des femmes, IV, 8. S'il est permis de traiter du haut en bas les incrédules, Voltaire, Colim. 3.

    Fig. Voir les choses de haut, embrasser les choses dans toute leur étendue, saisir les rapports et leurs conséquences. Yorck [général prussien] voyait de plus haut [que le reste des Prussiens] ; il était de cette société des Amis de la Vertu, dont le principe était la haine des Français, et le but, leur entière expulsion de l'Allemagne, Ségur, Hist. de Nap. XII, 6.

    Voir les choses de haut, signifie aussi n'en avoir que des idées générales. Le prince ne peut entrer dans ces détails, il voit les choses de haut.

    Terme de charbonnier. Grand haut, le troisième lit d'un fourneau. Petit haut, le quatrième et quelquefois le dernier lit.

    Au plur. Terme de marine. Les hauts du navire, ce qui, du navire, est au-dessus de la flottaison.

  • 19Montagne, éminence. Sur un haut vers cet endroit Était leur infanterie, Molière, Amph. I, 1. Le roi fit monter l'électeur de Bavière seul avec lui dans son chariot, ils se promenèrent fort dans les hauts de Marly, Saint-Simon, 303, 200. Paul-Louis sur les hauts de Veretz fait des choses admirables, Courier, Gazette du village, n° 4.

    Gagner au haut, gagner le haut, s'enfuir, se mettre en sûreté. Le galant aussitôt Tire ses grègues, gagne au haut, La Fontaine, Fabl. II, 15.

  • 20Le faîte, le sommet, la partie supérieure. Le haut d'une tour, d'une montagne. Le haut du corps. Le haut d'un tableau. C'est quitter, c'est trahir les droits du diadème Que sur le haut d'un trône être esclave moi-même, Corneille, Perth. I, 4. Votre protecteur est celui qui monte au plus haut des cieux, Sacy, Bible, Deutér. XXXIII, 26. Pendant qu'il [Charles Gustave de Suède] rassemble de nouvelles forces et médite de nouveaux carnages, Dieu tonne du plus haut des cieux ; le redouté capitaine tombe au plus beau temps de sa vie, et la Pologne est délivrée, Bossuet, Anne de Gonz. Il entend les soupirs de l'humble qu'on outrage, Juge tous les mortels avec d'égales lois, Et du haut de son trône interroge les rois, Racine, Esther, III, 4. Prends soin, du haut des cieux, d'une tête si chère, Voltaire, Zaïre, V, 3. Tel qu'un roc suspendu menace, au haut d'un mont, La terre de sa chute et le ciel de son front, Masson, Helvét. III.

    Fig. …vous mettre en pleine liberté De monter au plus haut de la félicité, Corneille, Perth. IV, 5. Ils allaient au plus haut de la perfection, Corneille, Imit. I, 11.

    Fig. Du haut de son esprit, c'est-à-dire en s'attribuant un esprit supérieur. Et les deux bras croisés, du haut de son esprit, Il regarde en pitié tout ce que chacun dit, Molière, Mis. II, 5. Arsène, du plus haut de son esprit, contemple les hommes, La Bruyère, I.

    Crier du haut de sa tête, crier aussi fort que l'on peut. Et cette autre personne honnête Crierait tout du haut de sa tête, La Fontaine, Fabl. VIII, 12.

    Terme d'imprimerie. Haut de casse, voy. CASSE.

    Le haut du pavé, la partie la plus haute du pavé.

    Fig. Tenir le haut du pavé, être au premier rang.

  • 21Le haut du jour, le temps où le soleil est le plus haut, midi. …Vous ne saurez pas qu'avec magnificence Le roi vient honorer Tempé de sa présence, Qu'il entra dans Larisse hier sur le haut du jour, Qu'à l'aise je le vis avec toute sa cour, Molière, Mélic. I, 3.
  • 22Le haut, la partie supérieure de la ville à Genève où habitent les gens riches. Il était, lui, un garçon du haut, Rousseau, Conf. I.
  • 23Fig Le haut et le bas, ce qu'il y a d'élevé et ce qu'il y a d'infime. Le christianisme a fait voir le haut et le bas de notre cœur, Chateaubriand, Génie, II, III, 1.

    Par analogie. Le jeu a ses hauts et ses bas. Il faut du haut et du bas dans la vie, Molière, Fourb. Scap III, 1. N'admirez-vous pas comme cette vie est mêlée de haut et de bas, de blanc et de noir ? Voltaire, Lett. Damilaville, 17 fév. 1767.

    Il y a du haut et du bas, des hauts et des bas dans l'humeur, dans l'esprit, dans la conduite, dans les ouvrages de cet homme, c'est-à-dire on y remarque de grandes inégalités.

    On dit dans le même sens : Avoir du haut et du bas, des hauts et des bas dans l'humeur, dans sa vie, dans sa fortune.

  • 24 Terme de musique. Le haut, les notes élevées. La voix de ce chanteur est belle dans le haut.
  • 25 Adv. Haut, dans la partie la plus haute. Monter haut. Être haut perché. Il demeure deux étages plus haut. À tous coups ils [ceux qui me bernaient] me perdaient de vue, et m'envoyaient plus haut que les aigles ne peuvent monter, Voiture, Lett. IX.

    Il a été pendu haut et court, se disait d'un homme jugé et exécuté en peu de temps par une justice expéditive. …Sous peine D'être pendu, d'être mis haut et court En un gibet…, La Fontaine, Belph.

    Cheval monté haut ou haut monté, cheval dont le tronc est supporté par des membres longs et grêles.

    Cheval haut chaussé, cheval chez qui la balzane s'étend jusqu'au genou ou au jarret, ou au-dessus de ces régions.

    Terme de manége. Haut, haut, haut ! Expression dont le maître se sert lorsque l'élève fait des courbettes, pour l'avertir que son cheval ne lève pas assez le devant.

    Terme de fauconnerie. Voler haut et gros, voler de bon gré et avec adresse.

    Haut en bas ! cri des ramoneurs, qui rappelle leur métier de ramoner les cheminées du haut en bas.

    Ancien terme d'artillerie. Haut le bras ! mettez le feu au canon.

    Haut le bois ! ancien commandement militaire pour faire lever les piques.

    En termes d'arithmétique, haut et bas se dit des deux termes d'une fraction. Divisant par 2 haut et bas, c'est-à-dire divisant par 2 le numérateur et le dénominateur.

    Terme de marine. Haut et bas, sert à exprimer qu'on travaille partout à la fois.

    Haut la barre ! commandement qu'on faisait autrefois au timonier quand on voulait qu'il tînt la barre du gouvernail dans le plan de la quille du navire ; locution qui provient d'une ancienne disposition de la barre dans les vaisseaux.

  • 26 Terme de manége. Mener un cheval haut la main, tenir haut les rênes.

    Fig. et familièrement. Haut la main, avec autorité, sans difficulté. Il mène ses gens haut la main. Vous l'auriez guéri haut la main, Molière, Pourc. II, 1. Vous gagneriez votre procès haut la main, Voltaire, Dial. II.

    Porter haut la tête, se dit du cheval qui porte bien sa tête.

    Porter haut la tête, être fier.

    Fig. et familièrement. Cet homme le porte haut, il se prétend de grande qualité, et aussi il se prévaut de l'avantage qu'il doit à sa naissance, à son rang, etc. Cela fut cause qu'il commença de se relever plus que de coutume, de le porter plus haut qu'il ne soulait, abusé des vaines espérances qu'il se donnait, D'Urfé, Astrée, II, 6. Détrompez-vous, de grâce, et portez-le moins haut ; Ce ne sont pas des gens comme moi qu'il vous faut, Molière, Mis. V, 6. Mais il fait le marquis et le porte fort haut, Poisson, l'Après-soupé des auberges, dans LE ROUX, Dict. comique.

    Le porter trop haut, prendre un ton de supériorité, avoir des prétentions trop hautes. Je l'avoue entre nous, mon sang un peu trop chaud S'est trop ému d'un mot, et l'a porté trop haut, Corneille, Cid, II, 1.

  • 27Haut le pied, en levant le pied. Haut le pied, belle Alison, Pour gambader, rire et boire, Dancourt, Foire de Besons, divert.

    Par extension, haut le pied, sans être chargé. Renvoyer des chevaux haut le pied, les renvoyer sans être attelés ni montés.

    Terme de chemin de fer et de messagerie. Train haut le pied, train vide de voyageurs. L'indemnité de 1, 875,000 francs allouée à la compagnie des services maritimes des messageries impériales pour frais de transport, en haut le pied, des navires affectés au service postal de l'Indo-Chine, Rapport du baron de Veauce au Corps législatif, séance du 17 avril 1863.

    Elliptiquement. Haut le pied ! marchez, décampez.

    Faire haut le pied, disparaître tout d'un coup, s'enfuir. Ce banqueroutier a fait haut le pied. Mme Patin : Qu'est devenu le chevalier ? - Lisette : Il a fait haut le pied, dès que vous avez eu le dos tourné, Dancourt, Chev. à la mode, III, 2.

    S. m. Un haut-le-pied, en termes familiers, homme qui ne tient à rien, qui lève facilement le pied, qui n'a point d'établissement. Ne lui prêtez point d'argent ; c'est un haut-le-pied.

    Ancien nom de certains officiers ambulants des vivres et des équipages militaires, qui n'avaient que la commission d'observer, sans être attachés à un emploi fixe. Capitaine, ou commis haut-le-pied. Un duc et pair de ma naissance n'allait point servir comme un haut-le-pied dans les armées, Saint-Simon, 102, 89.

    Au plur. Des haut-le-pied.

    Il a fait haut-le-corps, se disait d'un banqueroutier qui s'enfuyait.

    Substantivement. Un haut-le-corps, voy. HAUT-LE-CORPS, à son rang.

  • 28Adv. Fig. Haut, à un rang élevé, à un point élevé. Des personnes haut placées. Je te donne Émilie… qu'ont mise si haut mon amour et mes soins Qu'en te couronnant roi je t'aurais donné moins, Corneille, Cinna, V, 1. Ta fortune est bien haut, tu peux ce que tu veux, Corneille, ib. Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut Pour faire quelque bruit, sans beaucoup d'injustice, Corneille, le Ment. I, 3. Élevez peu de gens si haut qu'ils puissent nuire, Rotrou, Vencesl. I, 1. Ceux qui mettent la vertu trop haut, à qui toutes les faiblesses paraissent des crimes horribles ou qui, des conseils de perfection, font la loi commune de tous les fidèles, Bossuet, Cornet. Que s'il [le pape saint Grégoire] a parlé en ces termes du temps du roi Childebert, et s'il a élevé si haut la race de Mérovée, Bossuet, Reine d'Anglet. Ce poëte orgueilleux [Ronsard] trébuché de si haut, Boileau, Art p. I. Nul n'éleva si haut la grandeur ottomane, Racine, Baj. II, 1. On met bien haut les obligations de l'Évangile, Massillon, Panég. J. Bapt.

    Prétendre trop haut, avoir des prétentions trop élevées. Et s'il prétend trop haut, je dois désespérer, Corneille, Suiv. I, 2.

  • 29Dans les temps passés. Quelque haut qu'on puisse remonter, pour rechercher dans les histoires…, Bossuet, Reine d'Anglet.

    Reprendre une chose de plus haut, la raconter en la reprenant d'un temps plus éloigné. Cet engagement, qui devait lui tenir lieu de la vente exclusive du tabac, est un point si important dans son histoire, qu'on ne le trouverait pas assez éclairci, si nous ne reprenions les choses de plus haut, Raynal, Hist. phil. IV, 26.

    On dit quelquefois dans le même sens : remonter plus haut.

    Reprendre les choses de plus haut, remonter à des vérités antérieures, à des principes généraux.

    Plus haut, ci-dessus, dans ce qui précède. Ainsi qu'il a été dit plus haut.

  • 30 Terme de musique. Dans un ton haut. Sa voix ne peut pas monter plus haut. Vous l'avez pris trop haut en commençant.

    Fig. Le prendre haut, très haut, montrer de l'arrogance, de la présomption. Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut, Molière, Mis. I, 3. Elle le prit si haut qu'il parut confus, Hamilton, Gramm. 8. Vous le prenez bien haut, monsieur ! sachez que, quand je dispute avec un fat, je ne lui cède jamais, Beaumarchais, Barb. de Sév. III, 5.

    Le prendre haut, signifie aussi rechercher quelque chose de trop difficile. Lorsque nous vous proposons d'imiter l'exemple de ceux qui, après avoir mené une vie semblable à la vôtre, en ont connu le danger, se sont retirés des plaisirs et des dissipations du monde, et leur ont fait succéder la prière, la retraite, la mortification, la pratique des œuvres saintes, vous répondez qu'il est dangereux de le prendre si haut, Massillon, Carême, Riche. Il ne faut pas le prendre si haut, Massillon, Carême, Tiéd.

  • 31À haute voix. Parlez haut. Vous ne parlez pas assez haut. Crier très haut. Elle en parle tout haut, elle s'en vante à nous, Corneille, Théod. II, 2. Je le dis donc tout haut afin que l'on m'entende, Corneille, Sertor. II, 2. Chantez ce que vous voudrez, répondit à demi haut le même personnage, Scarron, Rom. com. I, 15. Nous avons ri aux larmes de cette fille qui chanta tout haut dans l'église cette chanson gaillarde dont elle se confessait ; rien au monde n'est plus nouveau ni plus plaisant, Sévigné, Lett. 12 janv. 1676. Mayenne, qui de loin voit leur folle entreprise, La méprise en secret et tout haut l'autorise, Voltaire, Henr. IV.

    Elliptiquement. Plus haut ! c'est-à-dire parlez plus haut.

    Par extension. Avec un bruit comparé à la parole haute. Il mange haut et avec grand bruit, il roule les yeux en mangeant, la table est pour lui un râtelier, La Bruyère, XI.

    Fig. Parler haut, parler ouvertement, sans réticence ni ambages. Vous qui parliez tantôt, et si haut, contre lui, Corneille, Tois. d'or, II, 2. Je l'ai dit, et trop haut, pour m'en pouvoir dédire, Corneille, Othon, IV, 5. Des gens qui disent tout haut qu'ils ne la croient pas, Bossuet, Lett. 137. La honte d'être si peu conséquent à moi-même, de démentir sitôt et si haut mes propres maximes, l'emporta sur la volupté, Rousseau, Confess. VI.

    Parler haut, s'exprimer d'un ton décidé et même arrogant. Ne parlez pas si haut ; s'il est roi, je suis reine, Corneille, Nicom. I, 2. Comment vous nommez-vous, monsieur, qui parlez si haut ? Voltaire, l'Ingénu, ch. 9.

    Parler haut, parler librement contre les abus des gouvernements ou des institutions. Il est très vrai qu'on commence à parler bien haut en Italie, et surtout à Venise, Voltaire, Lett. la Tourette, 6 janv. 1770.

    Penser tout haut, faire connaître avec franchise ses pensées, ce qu'on a dans l'esprit. Une société peu nombreuse, et qui s'aime, Où vous pensez tout haut, où vous êtes vous-même, Gresset, Méchant, IV, 4.

    Fig. et familièrement. Il faut chanter plus haut, se dit à une personne qui mésoffre d'un objet qu'elle marchande.

    Fig. Haut et clair, franchement, sans ambiguïté, sans chercher des adoucissements.

    Fig. et familièrement. On ne lui a pas dit plus haut que son nom, voy. NOM.

  • 32 Terme de jeux. Couper haut, couper avec un fort atout.
  • 33Monter haut, s'élever à une somme considérable. Le beau pays, et la jolie petite terre ! elle n'est pourtant plus affermée que vingt mille écus depuis la misère du temps ; elle allait autrefois plus haut, Sévigné, 349. J'en mettrai haut le prix ; c'est à lui d'y penser, Th. Corneille, Ariane, IV, 3.

    La dépense monte haut, elle est considérable. Il ne croyait pas que le compte montât si haut.

  • 34En haut, loc. adv. Dans le lieu qui est le plus haut. Allez, montez en haut. Du côté supérieur, du côté le plus élevé. Je sens que je puis vouloir, ou tenir ma main immobile, ou lui donner du mouvement ; et cela en haut ou en bas, à droite ou à gauche, avec une égale facilité, Bossuet, Connaiss. III, 15. Quoi ! jamais vous n'écouterez l'Église, qui vous dit et crie de toute sa force, à chaque sacrifice qu'elle offre : sursum corda, le cœur en haut ! Bossuet, Concupisc. 31.

    Tirer en haut, pousser en haut, tirer, pousser vers le haut.

    Regarder en haut, regarder en l'air. De sorte qu'ils [des gens qui me bernaient] demeurèrent longtemps en bas tendant la couverture, et regardant en haut sans se pouvoir imaginer ce que j'étais devenu, Voiture, Lett. 9.

    Terme de marine. Il est en haut, il est en vigie sur les barres de perroquet, etc. L'ancre est en haut, elle est en bossoir. L'équipage est en haut, il est sur le pont.

  • 35D'en haut, d'un lieu supérieur. La lumière vient d'en haut dans l'atelier.

    Du ciel même, par la vertu céleste. Mes prières n'ont pas le mérite qu'il faut Pour avoir attiré cette grâce d'en haut, Molière, Tart. III, 3. Il a connu la sagesse que le monde ne connaît pas, cette sagesse qui vient d'en haut, qui descend du père des lumières, et qui fait marcher les hommes dans les sentiers de la justice, Bossuet, le Tellier. Ceux qui combattaient auprès de lui nous ont dit souvent que, si l'on avait à traiter quelque grande affaire avec ce prince, on eût pu choisir de ces moments où tout était en feu autour de lui ; tant son esprit s'élevait alors, tant son âme leur paraissait éclairée comme d'en haut dans ces terribles rencontres, Bossuet, Louis de Bourbon. Jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la force d'en haut, Bossuet, Hist. II, 7. De siècle en siècle paraissaient des hommes justes suscités d'en haut, Massillon, Mystères, Passion. Un auteur inspiré d'en haut, Massillon, Or. fun. Villeroy. L'on était regardé comme le ministre d'en haut, et l'interprète de la volonté du ciel, Diderot, Opin. des anc. philos. (Égyptiens). Peut-être que ton cœur, ému de saints transports, S'apaisera soi-même à tes propres accords, Et qu'un éclair d'en haut perçant ta nuit profonde, Tu verseras sur nous la clarté qui t'inonde, Lamartine, Méd. I, 2.

    D'en haut, se dit aussi pour signifier la cour, le conseil, et autres autorités supérieures. Un ordre d'en haut.

  • 36En haut de, loc. prép. Dans la partie supérieure. Il est tout en haut de la maison. Écrivez ceci en haut de la page.
  • 37Là-haut, dans le lieu qui est là au-dessus. Ils sont là-haut. Peut-on vivre, direz-vous, de cette sorte ? peut-on renoncer à ce qui plaît ? on vous dira de là-haut [la grille où était Mme de la Vallière devenue religieuse] qu'on peut quelque chose de plus difficile, puisqu'on peut embrasser tout ce qui choque, Bossuet, la Vallière. Je vous quitte un moment, et je monte là-haut, Regnard, Distrait, III, 14. Arrangez tout, je vais faire ma cour là-haut, Gresset, Méchant, III, 9.

    Dans le ciel, par opposition à ici-bas. Là-haut réside un juge incorruptible.

  • 38Ici-haut, dit plaisamment, par imitation d'ici-bas, dans les dialogues des morts, des lieux habités par les vivants. Les morts… raisonnent mieux que nous des choses d'ici-haut, Fontenelle, à Lucien.
  • 39Par en haut, loc. adv. Par le haut. Passez par en haut.
  • 40Par haut, en termes de manége. Ce cheval va par haut, il fait un manége élevé.
  • 41Aller par haut et par bas, vomir et aller à la selle.

REMARQUE

Il ne faut pas confondre haut à la main et haut la main : haut à la main est un adjectif qui signifie impérieux ; haut la main est une locution adverbiale qui signifie d'emblée, sans résistance.

SYNONYME

HAUT, HAUTAIN, ALTIER. Ces trois mots ont le même radical, le latin altus, haut, et ne diffèrent que par le suffixe. Haut n'a point de suffixe et exprime l'idée simple de l'élévation morale ; ce n'est que par abus que ce mot arrive à y mêler quelque idée de blâme. Il n'en est pas de même de hautain et d'altier, qui sont toujours un excès, au moins dans le langage moderne. Hautain désigne un excès de hauteur d'âme qui se manifeste par les manières, par le langage ; et c'est par là surtout qu'est blessant l'homme hautain. Au contraire, altier désigne un excès de hauteur d'âme qui se manifeste surtout dans les sentiments, les passions, les volontés.

HISTORIQUE

XIe s. À saint Michel [il] tiendra mult halte feste, Ch. de Rol. IV. Bon sont li comte, et lor paroles haltes, ib. LXXXV. Soixante mille [trompettes] en i cornent si halt, ib. CLIV. Puis si s'escrie [Charlemagne] à sa vois grant et halte, ib. CCXII. Halz est li jurs, mult par est granz la feste, ib. CCLXXIII.

XIIe s. Haut sont li pui [montagnes], et li val tenebror, Ronc. p. 37. Li douze per qui sont de haut parage, ib. p. 65. Et le cors en alt pendre, ib. p. 200. Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon, Sax. XX. Mielz vient de basse gent estre bon e munter, Que de halte gent estre e en enfer aler, Th. le mart. 88. Devant le halt altel fu li cors sainz portez, E de moines et d'altres fu tute nuit guardez, ib. 153. Tant esturent ensemble li reis e saint Thomas, Parlerent d'un e d'el [autre], ore halt, ore bas…, ib. 114. Et la reine de si haut Comme ele estoit as piez lui chiet, la Charrette, 148. De si haut, com il pot crier, Me comanca à desfier, Chrestien de Troyes, Chev. au lyon, V. 487. Et la dame fu en la tor De son castel montée halt, Chrestien de Troyes, dans Hist. litt. de la Fr. t. XV, p. 241. Devant l'arche à l'alt Deu… et sur els tuz plus halt parut de l'espalde en amunt, Anc. trad. des livres des rois, f° 6 et 12, dans RAYNOUARD, Gloss. E la malvese gent e les fil de Belial ourent la plus halte main envers Roboam, Rois, p. 137. Et j'ai plus haute pensée Que tuit li autre ameor [amants], Couci, I. Que li faus enfes [enfant] qui crie Pour la bele estoile avoir Qu'il voit haut et clair seoir, ib. III. Mais fol desir fait souvent cuer penser En si haut lieu qu'il n'i puet avenir, ib. X.

XIIIe s. Bele Amelot seule en chambre filoit, En halt chantoit, et son ami [elle] nommoit, Romancero, p. 72. Nostre sires est jà vengiés Des haus barons qui or lui sont failli, Quesnes, Romanc. p. 98. Se j'avoie mon jouvent [jeunesse] tout usé, Si sui-je riche et de moult haut parage, Qu'on m'aimeroit à petit de biauté, ib. p. 109. À vous me renc, s'en est li drois, Si haus com prendre le volrois [vous le voudrez], Partonop. V. 3611. N'i a celui qui tant haut ceigne espée, Qui ne soit ars [brûlé] et la poudre ventée, Agolant, V. 800. Moult estoit haus homs et redoutés et pleins de grant pooir, Villehardouin, XXX. Que Aleman estoient chevalier de haut prix, Berte, V. Tant qu'en un bois [ils] s'en vindrent haut et grant et plenier, ib. XI. Cil dame Diex, fait-elle, qui haut siet et loin voit, ib. XXVIII. Quant li très hauz departoit les gens…, Psautier, f° 186. Cum venimes en halte mer, Gaimar, Haveloc, V. 582. Il est ordené que nus ne pourra ouvrer à jour de dyemanche, ne à jour de feste que commun de la ville doie foirier, se ce n'est contre les hautes festes, comme Pasques, Penthecoste…, Liv. des mét. 414. Lais d'amors et sonnés cortois Chantoit chascun en son patois, Li uns en haut, li autre en bas, la Rose, 709. Si ot [Raison] ou chief une coronne, Bien resembloit haute personne, ib. 2992. Le [la] seconde maniere, si est quant on se met du haut et du bas el dit en l'ordenance de cix [ceux] qui sunt esleu arbitre, Beaumanoir, XLI, 34. De ce tertre cheoit le flum, et leur sembloit que il y eust grant foison d'arbres en la montaigne en haut, Joinville, 220.

XIVe s. Quant le faulcon qui vole est enmy son hault, Modus, f° LXXXV, verso. Se misrent hault et bas [entièrement] à sa merci, Chron. de St Denis, t. I, f° 162, dans LACURNE. Comme il fust si grant philosophe et si merveilleux maistre en toute escripture, si estoit il de haute vie et aournée de bonnes mœurs et de haultes vertus, ib. f° 126. Taillables haut et bas à volonté [gens à qui leurs seigneurs pouvaient imposer telle taille qu'ils voulaient], Ordonn. des rois, t. III, p. 54.

XVe s. S'en affuit par devers ses naves tout desconfit, et ne remmena de bien sept mille hommes qu'il avoit avec lui, plus haut de trois cents, Froissart, I, I, 181. Et sentoient qu'ils n'avoient mie pourveances assez pour eux tenir plus haut de dix jours, Froissart, I, I, 190. Quand il fut haut jour et ils purent connoistre l'un l'autre, aucuns chevaliers et escuyers se recueillirent ensemble et combattirent moult vaillamment aux Anglois, Froissart, I, I, 327. Chevaucherent tant messire Thomas et son fils que ils vinrent à Mauros ; et là se logerent de haute heure pour rafreschir eux et leurs chevaux, Froissart, II, II, 16. La nature des Allemans Est où ilz scevent bien roumans, Puisqu'il i ait un seul François, Si demourroit entre eulx dix ans, Jà n'i parleront que thyois [allemand], Et l'esgardent sur le travers ; D'un hault langaige chascun crie, Deschamps, Poésies mss. f° 354. Nulz ne voit [va] oïr haulte messe ; Car le dimenche pour la presse Tous ensemble et chascun se passe Moult legierement d'une basse, Deschamps, ib. f° 408. Congnoissant les haulx et les bas, Villon, Ball. des Écoutants. Il se laissa cheoir du haut de lui, menant très piteux deul, en regrettant sa bonne femme, Louis XI, Nouv. XLVII. Si dist aux bonnes gens : où sont les traistres qui sont du lignage Darnant et qui en celle forest veulent faire du hault assis [trancher du souverain] ? Percefor. t. IV, f° 133. Combien, mais ne parlez point hault [ne dites pas un prix élevé] Coustera toute la marée ? Recueil de farces, p. 143.

XVIe s. L'incredulité est si haut enracinée et si fort attachée au cœur des hommes…, Calvin, Instit. 431. Ce qui fayt le quaresme si haut, Rabelais, Pant. II, 11. Là hault [au ciel], Montaigne, I, 66. On les a veu voler d'une aile si haulte, que…, Montaigne, I, 141. Rencontrant [dans un livre] une piece haulte, riche et eslevée jusques aux nues, Montaigne, I, 156. Le hault bout d'une table, Montaigne, I, 168. Consolants la mere de Brasidas, de la mort de son fils, et le hault louants jusques dire que…, Montaigne, I, 231. Alexandre dormit si profondement et si haulte matinée…, Montaigne, I, 339. Le hault mal, Montaigne, III, 206. Tomber de hault, Montaigne, IV, 204. La folie d'avoir, sur le haut de son age, prins une fille si jeune d'ans, Despériers, Contes, VI. Et quand ils verroyent les hautes payes qui leur seroyent données, ils ne se feroyent gueres tirer l'aureille, Lanoue, 267. Il commanda qu'on se mist en ordre sur un petit haut, pour oster aux ennemis la veue d'un vallon, Lanoue, 649. Le peuple luy cria tout hault qu'il ne le vouloit point, Amyot, Péricl. 31. Un ouvrier tumba d'adventure du hault en bas, Amyot, ib. 3. Voulant faire penser le peuple à toutes choses haultes et grandes, Amyot, ib. 37. Une sorte de navire bonne à cingler en haulte mer, Amyot, ib. 51. La mer par plusieurs jours se tint fort haulte, et fut tousjours fort courroucée, Amyot, Timol. 27. Sa gloire s'espandit par tout jusques aux plus haultes et loingtaines provinces de l'Orient, Amyot, Pélop. 54. Et, prenant son espée à deux mains par le manche, il se laissa tomber de son hault sur la pointe et se tua ainsi, Amyot, Brutus, 63. Il luy demanda comment il dormoit ainsi si haulte heure, en homme qui a desja vaincu, Amyot, Alex. 60. Aiant fait trotter l'artillerie haut le pied, D'Aubigné, Hist. I, 304. Les croquans qui eurent plus de courage tirerent, et sans passer l'oeuil à la mire, pourtant presque tous firent haut, D'Aubigné, ib. IV, 383. Les Suisses firent, sur le gros du combat, haut le bois ; et ne fut pas possible de les faire combattre, Carloix, I, 44. Or aviez vous mandé par toutes les batteries que chacun chargeast, amorçast et pointast ses pieces droit au donjon du chasteau, tous prets à faire haut les bras, Sully, Mém. t. IV, p. 162, dans LACURNE. Encores aujourd'hui, adjoustoit-il, quand le turc passe par les rues, on ne s'oseroit tenir es fenestres et le regarder du haut en bas ; et c'est, ce me semble, que ceux qui sont les plus hauts semblent mespriser ce qui est plus bas qu'eux, Bouchet, Serées, liv. III, p. 271, dans LACURNE. Il l'eust faict appeller [en duel] ; car il estoit hault à la main et prompt à la vengeance, Brantôme, Launoy. Rigaut [nom d'un chien] qui, de haut nez, est toujours le premier, Et qui rembuche mieux un cerf de haultes erres, Am. Jamyn, Poésies, p. 64, dans LACURNE. Qui plus haut monte qu'il ne doit, de plus haut chet qu'il ne vouldroit, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

HAUT.
27Après : Haut le pied, sans être chargé. Renvoyer des chevaux haut le pied, les renvoyer sans être attelés ni montés. Ajoutez :

Substantivement, un haut le pied, un cheval qui n'est pas attelé. 40 voitures d'artillerie à 5 chevaux, compris le haut le pied, total 110 hommes et 200 chevaux, Corresp. de Napoléon Ier, t. XVIII, p. 416. Que les chevaux étaient bien plus vite blessés dans les marches et les combats que les hommes, et qu'il serait plus rationnel d'admettre des chevaux haut le pied que des cavaliers non montés, Journ. offic. 12 nov. 1874, p. 7530, 3e col.

42Haute vie, voy. VIE au Supplément.
43Familièrement et grossièrement. Haut le cul, lève-toi, levez-vous.
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Haut : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

HAUT, adj. (Grammaire.) terme relatif qui se dit d’un corps considéré selon sa troisieme dimension ou son élévation au-dessus de l’horison ou rez-de-chaussée. Voyez Hauteur.

Le pic de Ténériffe passe pour la plus haute montagne du monde. La grande pyramide d’Egypte avoit sept cents soixante & dix toises trois quarts de hauteur. La tour de S. Paul, avant que le feu l’eût consumée en 1086, avoit cinq cens vingt piés de haut, sans y comprendre un globe de cuivre sur lequel étoit une croix qui portoit quinze piés & demi de haut. Les tours de Notre-Dame de Paris n’ont que deux cens douze piés de haut. Voyez Hauteur.

Haut, signifie aussi élevé en pouvoir & en dignité. Voyez Titre & Qualité.

Dieu est souvent qualifié dans l’Ecriture, le Très-haut.

On dit sur la terre haut & puissant seigneur.

On donne aux Etats-Généraux des Provinces-Unies, le titre de Hautes Puissances. Voyez Etats.

On dit en Angleterre la chambre haute du Parlement. Voyez Parlement.

Haut, en Musique, signifie la même chose qu’aigu ; & ce terme est opposé à bas ou grave. C’est ainsi qu’on dira qu’il faut chanter plus haut ; qu’un tel instrument est monté trop haut. Voyez Aigu, Son.

Haut, se dit encore des parties de la Musique qui se subdivisent, pour exprimer la plus élevée, la plus aiguë : haute-contre, haute-taille. Voyez ces mots.

Haut, en termes de Blason, se dit de l’épée droite.

Haut, (Marine.) mettre les mâts de hune hauts ; c’est les relever & mettre en place.

Haut, (Commerce.) se dit en termes de banque, du change de l’argent, quand il est plus fort qu’on n’a coûtume de le payer. Voyez Change. (G)

Haut est encore en usage dans le Commerce, pour signifier, soit la valeur extraordinaire des especes, soit la cherté excessive des vivres. Jamais les monnoies en France n’ont été si hautes qu’en 1720. Le blé a été fort haut en 1741. (G)

Haut ; on dit en Fauconnerie, voler haut & gras.

Haut à haut, (Vénerie.) cri qui appelle les chiens & les fait venir à soi ou son camarade, & lui fait revoir de son cerf pendant un défaut.

Haut & Haute, (Géog.) ce mot en Géographie s’emploie par opposition à celui de bas, pour rendre le superior des Latins opposé de même à inferior, afin de diviser un pays plus commodément ; il se dit le plus ordinairement du cours des rivieres, dont haut est toûjours le plus près de sa source. C’est ainsi que la haute-Saxe se distingue de la basse-Saxe, selon le cours de l’Elbe ; souvent aussi il s’entend du voisinage des montagnes, comme la haute-Hongrie, parce qu’elle est entre le mont Crapack & le Danube ; le haut-Languedoc, parce qu’il est plus du côté des Pyrénées ; la haute-Egypte a quantité de montagnes, & la basse-Egypte n’en a point. Ce mot de haut ou haute sert donc à la division de plusieurs provinces, dans leurs articles particuliers ; outre cela, il est joint inséparablement à plusieurs autres noms, & devient ainsi le nom propre de plusieurs lieux. (D. J.)

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Étymologie de « haut »

Étymologie de haut - Littré

Berry, hiaut ; provenç. alt, aut ; cat. alt ; esp. port. et ital. alto ; du latin altus, qui, d'après Festus, serait le participe passif de alere, nourrir, et signifierait proprement accru par la nourriture. L'h est due à la tendance qu'a eue la langue pour la prosthèse d'une h : huile, huit, huître, hurler, etc.

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Étymologie de haut - Wiktionnaire

Du latin altus avec un ajout de « h » initial aspiré sous l’influence du francique *hauh, *hoh (cf. allemand hoch).
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Phonétique du mot « haut »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
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Citations contenant le mot « haut »

  • Ce choix d’une interview, sans doute plus périlleux, s’explique pour des raisons de communication. « Il s’est rendu compte que les discours solennels prenaient un peu les gens de haut, la formule de l’entretien est plus directe, ça lui permet d’apparaître comme plus proche des gens, réactif, ouvert à la discussion », souligne Nicolas Tenzer, politologue et enseignant à Sciences Po. Deuxième raison, plus symbolique : « Le 14-Juillet, privé de défilé, c’est tout de même une occasion solennelle, la fête nationale, c’est le bon moment pour se plier à cet exercice. » , Une interview du 14-Juillet à haut risque pour le président Macron
  • Arrivé tout en haut de la Montagne Noire, au hameau de Cubserviès, le bruit de l’eau qui s’écrase sur la pierre indique que c’est le bon endroit. Au cœur du hameau, un panneau suffit à trouver la cascade. De là, une vue panoramique sur le parc éolien ainsi que la cascade en contrebas s’offre depuis un belvédère. C’est la meilleure place pour admirer la chute de 90 m, soit l’équivalent d’un immeuble de 30 étages. Des immenses forêts de pins, épicéas ou encore mélèzes entourent la cascade et permettent de trouver de la fraîcheur même en été. Attention tout de même, s’approcher de la cascade, ainsi que s’y baigner est interdit car trop dangereux. ladepeche.fr, Roquefère. Cubserviès, une cascade haut perchée - ladepeche.fr
  • Ce haut-commissariat marquerait le retour sur le devant de la scène d'une institution héritée du Général de Gaulle, créée en 1946. Pour l'incarner, le nom de François Bayrou circule, une hypothèse non démentie par Jean Castex. A quoi servirait réellement ce portefeuille et comment s'organiserait-il ? Explications. Franceinfo, Qu'est-ce que le haut-commissariat au plan que veut ressusciter le gouvernement ?
  • Il ne faut pas poète plus haut que son luth. De Willy
  • Le silence est le plus haut degré de la sagesse. De Pindare
  • La pitié n’a qu’un tort, regarder de haut. De André Stil / Dieu est un enfant
  • Un mensonge est un saut du haut du toit. De Proverbe tibétain
  • Un escalier se balaie en commençant par le haut. De Proverbe roumain
  • Plus haut monte le singe, plus il montre son cul. De François Olivier
  • Il ne faut pas péter plus haut que son cul. De Proverbe français
  • Le haut niveau est un jeu. Alors autant le vivre et le jouer à haut niveau. De Jean-Claude Killy
  • On juge mieux les hommes de bas en haut que de haut en bas. De Paul Claudel / Journal
  • Qui pense tout haut pense deux fois. De Jean-Marie Poupart / Que le diable emporte le titre
  • Ronfler, c'est dormir tout haut. De Jules Renard / Journal
  • Pour bâtir haut, il faut creuser profond. De Proverbe mongol
  • Plus loin, plus haut, plus fort. De Père Didon / Jeux Olympiques
  • Plus fort, plus haut, plus vite. De Pierre de Coubertin
  • Cheveu : Poil du haut... De Les Nuls

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Traductions du mot « haut »

Langue Traduction
Corse altu
Basque handiko
Japonais 高い
Russe высокая
Portugais alto
Arabe عالي
Chinois
Allemand hoch
Italien superiore
Espagnol alto
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Synonymes de « haut »

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