Franc : définition de franc


Franc : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

FRANC1, FRANQUE; FRANK, FRANKE, adj. et subst.

I.− Substantif
A.− HIST., subst. masc. plur. Les Francs. Ensemble de tribus germaniques qui, à partir du iiiesiècle de notre ère, traversèrent le Rhin, envahirent la Gaule et y fondèrent une monarchie à la fin du vesiècle. Francs Saliens, Ripuaires. Chlodéric, chef d'une tribu des Francs (Chateaubr., Martyrs,t. 2, 1810, p. 27):
1. La noblesse française, comme celle de toute l'Europe, date de l'incursion des Barbares qui se partagèrent l'empire romain. En France les nobles représentaient les Francs et les Bourguignons, le reste de la nation, les Gaulois. Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 61.
B.− Subst. masc. et fém.
1. Celui, celle qui appartenait à cette peuplade. Quatre femmes sont là, quatre épouses de chefs; La Franke Gudruna, l'inconsolable veuve (Leconte de Lisle, Poèmes barb.,1878, p. 96).V. composition ex. 9 :
2. ... cette loi établissait qu'en cas de meurtre le coupable paierait aux héritiers du mort une somme d'argent proportionnée à la condition de celui-ci. Pour la vie d'un esclave domestique on donnait de quinze à trente-cinq sous d'or (...) pour un Romain propriétaire cent sous, et le double pour un Frank ou tout autre Barbare vivant sous la loi salique. Thierry, Récits mérov.,t. 1, 1840, p. 7.
2. [Du point de vue des Orientaux] Européen participant aux Croisades :
3. Quand ils ne purent plus défendre la ville basse, les Francs se retirèrent en bon ordre dans la citadelle (...) ils se préparaient inévitablement à capituler, lorsque, dans les premières lueurs de l'aube, une flotte chrétienne apparut à l'improviste devant Jaffa. Grousset, Croisades,1939, p. 278.
P. ext. [P. réf. aux Croisés, fondateurs de l'Empire du Levant et depuis cette époque] Européen occidental habitant ou faisant du négoce au Levant. Sur le quai, se pressaient une foule d'Européens, que là on appelle des Franks : marins, marchands, aventuriers de toute espèce, Ioniens, Grecs, Maltais, Dalmates, Français, Anglais, Valaques (Gobineau, Nouv. asiat.,1876, p. 297).Hein, vous dites? un Frank, amant d'une Turque?... Mais, mon cher, à quoi pensez-vous! c'est folie, folie pure et simple... (Farrère, Homme qui assass.,1907, p. 250).
II.− Adj. Qui appartient aux Francs; qui y est relatif; qui les concerne.
A.− Qui est relatif aux Francs, envahisseurs de la Gaule. Guerrier franc; rois francs; tribus franques; époque franque. Lorsque les races gauloise, romaine et franke, long-temps froissées et pressées entre la Seine et la Loire, se furent intimement confondues (Sainte-Beuve, Poés.,1829, p. 5).Audowere, avait à son service une jeune fille nommée Fredegonde, d'origine franke (Thierry, Récits mérov.,t. 1, 1840, p. 330).V. exproprier ex. 1 :
4. Il ne faut pas croire que l'invasion des Barbares se soit arrêtée au cinquième siècle; il ne faut pas croire, parce que l'empire romain est tombé, et qu'on trouve des royaumes barbares fondés sur ses ruines, que le mouvement des peuples soit à son terme (...). Voyez, sous la première race même, les rois francs continuellement appelés à faire la guerre au-delà du Rhin... Guizot, Hist. civilisation,3, 1828, p. 15.
Langue franque. Synon. vieilli de francique.Cf. Chateaubr., Mém., t. 4, 1848, p. 289.
B.− Qui est relatif aux Croisés. Princes francs. Manuel Comnène fit au souverain franc une réception magnifique (Grousset, Croisades,1939, p. 204):
5. [Il fallait] organiser la conquête. Qui deviendrait chef du nouvel état franc? Parmi les hauts barons qui avaient concouru à la prise de Jérusalem, le comte de Flandre et le comte de Normandie désiraient rentrer en Europe. Ne restaient en présence que Raymond de Saint-Gilles et Godefroi de Bouillon. Grousset, Croisades,1939p. 46.
C.− Qui est relatif aux Européens du Levant. Quartier franc (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 1082).Alexandrie. Ville composite. Vrai lieu de transit, aspect de colonie, c'est-à-dire résidence d'étrangers au sol (...). Nous sortons du quartier franc et visitons les quartiers arabes (Fromentin, Voy. Égypte,1869, p. 45):
6. ... la société franque de Constantinople, composée des officiers des ambassades, des consulats, des familles des drogmans et des négociants des diverses nations européennes, est très au-dessus de sa réputation. Lamart., Voy. Orient,t. 2, 1835, p. 431.
Langue franque. Jargon mêlé de turc, d'arabe et de langues romanes (français, italien, espagnol...) en usage parmi les marins, les négociants des ports du Levant. La langue franque, parlée sur les côtes d'Afrique, est née de pièces rapportées des langues riveraines de la Méditerrannée (Bonstetten, Homme Midi,1824, p. 94).
Prononc. et Orth. : [fʀ ɑ ̃], fém. [fʀ ɑ ̃k]. Ds Ac. 1835, 1878. La graph. frq. frank, fém. franke est bien attestée ds la docum. (supra). Étymol. et Hist. 1. Deuxième moitié du xes. adj. (S. Léger, éd. J. Linskill, 52); ca 1050 subst. (Alexis, éd. Chr. Storey, 40); 2. 1606 adj. « qualificatif donné aux Européens dans les ports du Levant » (Nicot); 1721 subst. (Trév.); 3. 1681 subst. hist. « membre des peuplades germaniques qui, à la veille des grandes invasions, occupaient les rives du Rhin et la région maritime de la Belgique et de la Hollande » (Bossuet, Discours sur l'hist. universelle, I, 10 ds Littré); 1721 adj. peuples Francs (Trév.). Du b. lat. Franci, plur., au sens 3, lui-même empr. à l'a. b. frq. *frank « id. ». Bbg. Chaurand (J.). Introd. à l'hist. du vocab. fr. Paris, 1977, pp. 53-66. − Hollyman (K. J.). Le Développement du vocab. féod. en France pendant le Haut Moy. Âge. Genève-Paris, 1957, 202.

FRANC2, subst. masc.

A.− HIST. Pièce de monnaie, primitivement d'or et frappée au xivesiècle, puis devenue monnaie de compte équivalent à la livre sous Louis XIII. Franc d'argent. Trente mille francs d'argent (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 2, 1821-24, p. 84):
1. Le duc s'engagea à payer deux francs d'or par jour à chaque chevalier banneret, un franc à chaque chevalier bachelier, à l'écuyer un demi-franc, à l'arbalétrier et à l'archer un tiers de franc. Le franc d'or se divisait alors en vingt sols; le gage d'un valet de charrue était de sept francs par an, et il consommait pour trois à quatre francs de blé. Barante, Hist. ducs Bourg.,t. 1, 1821-24, p. 139.
B.− [De nos jours]
1. [En France] Unité monétaire de la France usitée depuis l'adoption du système décimal, valant dix décimes ou cent centimes, définie primitivement en argent et en or sous le nom de franc (de) germinal. Franc or; franc papier. Des dollars! des dollars! bien sûr, j'en ai des dollars. La dégringolade du franc est à peu près inévitable (Duhamel, Passion J. Pasquier,1945, p. 99):
2. Ricarda avait calculé au plus juste, deux cent cinquante mille francs pour le chalet (...) puis, comme il fallait tenir compte de l'instabilité du franc, quatre-vingt mille francs pour chacune des années de guerre qu'il comptait passer à Pléchéous... Abellio, Pacifiques,1946, p. 274.
Un franc. Synon. vieilli vingt sous.
Nouveau franc. Unité monétaire dont la valeur a été fixée à cent francs du système antérieur au premier janvier 1960, et qui a été appelée franc à partir de janvier 1963. Mille nouveaux francs, c'est-à-dire cent mille francs par an (Zitrone, Courses,1962, p. 296).
Ancien franc. Franc antérieur au 1erjanvier 1960 (cf. Jocart, Tour. et action État, 1966, p. 194).
Au marc* le franc.
Francs constants. ,,Dont la valeur est calculée suivant un procédé statistique qui permet d'éliminer les conséquences de l'érosion monétaire et de faire des comparaisons de prix dans le temps`` (Cida 1973). On peut estimer de manière approximative le coefficient d'augmentation en francs constants des dépenses publiques couvertes par le Trésor (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr.,1967, p. 70).
Zone franc. Ensemble de pays, constitué par la France et la plupart des pays issus de l'Union Française, entre lesquels le franc circule librement. La quasi-totalité de cette aide [aux pays sous-développés] est accordée aux pays de la zone franc (Univ. écon. et soc.,1960, p. 40-11).
2. [Hors de France]
a) [À l'étranger] Unité monétaire définie comme le franc de germinal en France et adoptée par la Belgique en 1832, par la Suisse en 1850. Je compte les trois dîners offerts à Albert Thomas et à Ambroise Got à 7 francs suisses chacun (Giraudoux, Siegfried et Lim.,1922, p. 244).Gouvernement de Bruxelles, où M. Camille Gutt, ministre des finances, vient effectivement de stabiliser le franc belge (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 118).
b) [Dans l'ex-Communauté Fr.] Unités monétaires définies par rapport au franc lors de leur création en 1945 et servant dans les colonies françaises d'Afrique (franc CFA) et dans les colonies françaises du Pacifique (franc CFP). (Lar. 20eSuppl. 1953, Lar. encyclop. Rob., Lar. lang. Fr.).
Prononc. et Orth. : [fʀ ɑ ̃]. c ne se prononce pas, même devant voyelle; ex. : franc/or [fʀ ɑ ̃ ɔ:ʀ]. Cf. lettre C. À comparer avec franc, franche. Ds Ac. 1694-1932. L'abrév. normalisée est F (non suivi d'un point) et non pas Fc, et elle est inv. au plur. (cf. Dupré 1972, pp. 1056-1057). Étymol. et Hist. 1. 1360 « monnaie d'or équivalant à une livre » (Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. 3, p. 438 : Nous avons ordené & ordenons que le Denier d'Or fin que Nous faisonz faire à présent & entendonz à faire continuer, sera appellé Franc d'Or); 2. 1795 [18 germ. an III] « unité monétaire légale de la France » (Décret ds Brunot t. 9, 2, p. 1152). Orig. obsc. L'étymol. gén. admise, d'apr. laquelle franc serait issu, p. abrév., de Francorum rex figurant sur les pièces de monnaie, se heurte au fait que cette légende se trouve, sous diverses formes, dès les xiie-xiiies. (Ciani, p. 25, 40-41). Pour d'autres explications, v. Blanchet-Dieud. t. 2, p. 259 et A. Landry ds R. numismatique, 4esérie, t. 13, 1909, pp. 126-129.

FRANC3, FRANCHE, adj.

I.− Qui est libre.
A.− [En parlant d'une pers.]
1. Vieilli. Qui est libre; p. oppos. à serf, à esclave. Les gens de la ville, ceux de Vilschberg et de Hâzelbourg étaient de condition franche; mais (...) ceux des autres villages, tant hommes que femmes, étaient serfs (Erckm.-Chatr., Hist. paysan,t. 1, 1870, p. 5).V. franchise ex. 1 :
1. On a là [dans la Chanson des Loherains] un fort bel et fort distinct épisode de la vie féodale dans les premiers siècles : une scène de famille d'abord (...) une chasse en pleine forêt; une grande et noble figure de gentilhomme, de franc homme, séparé de sa suite (...) se défendant contre une bande de gens de rien enhardis par l'espoir du butin et d'une riche proie. Sainte-Beuve, Prem. lundis,t. 3, 1869, p. 152.
Rem. À l'oppos. franc/esclave a été substituée l'oppos. libre esclave.
2. Qui n'a ni gêne, ni entrave; qui est sans contrainte.
Avoir les coudées franches. Ne pas être gêné à table par ses voisins. Il veut avoir ses coudées franches (Ac.1835, 1878).
Au fig. Avoir l'esprit libre, ne pas être gêné par quelque contrainte (morale ou extérieure) que ce soit. M. Brisson s'est débarrassé de ses impedimenta de programmes pour avoir ses coudées franches dans la noble entreprise de rendre ce pays à lui-même (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 441):
2. Je n'arrive pas à retrouver la tranquillité d'esprit dont j'aurais pourtant si besoin (...) je sens que si j'avais mes coudées franches, aucune des choses que je désespérais avant la guerre de pouvoir accomplir, ne résisterait à la pression d'une attention non préoccupée. Du Bos, Journal,1922, p. 101.
Corps franc. Petit corps de troupe composé de volontaires pendant la guerre, et n'appartenant pas à l'armée régulière. Ton neveu (...) en 1815, a fait partie de ce régiment de brigands appelés corps francs, levé contre les Prussiens (Stendhal, Lamiel,1842, p. 60).Unité légère d'infanterie dotée d'une certaine autonomie, spécialement entraînée pour exécuter isolément des missions délicates. La région de Tabarca défendue par le corps franc du général de Monsabert et les tabors marocains (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 99).Cf. franc-tireur.
Être franc de + subst.Être exempt de. Le roi ordonnait que les habitants de Greux et de Domremy fussent francs de toutes tailles, aides, subsides et subventions (France, J. d'Arc,t. 1, 1908, p. 524).
Au fig., vieilli. Être franc de toute passion, franc d'ambition. ,,Libre et exempt de toute passion, d'ambition`` (Ac. 1798-1932). Un rire si franc de coquetterie, qu'il devait être ou bien hardi, ou bien innocent (Soulié, Mém. diable,t. 1, 1837, p. 119).
MAR. Barre franche. ,,Barre de gouvernail que l'on manœuvre directement à la main sans l'intermédiaire d'une roue`` (Gruss 1952). Gouverner à barre franche (Littré).
SP. Coup* franc.
3. Qui est moralement libre; qui agit de sa propre volonté. Ayez le courage de me suivre, et si votre volonté est franche, si votre conscience est libre, si votre esprit sait unir deux propositions (Proudhon, Propriété,1840, p. 133).
Franc arbitre. Cf. franc- A 2 et libre-arbitre.
B.− [En parlant de qqc.] Qui est exempt de charges, de droits, de taxes; qui ne paie pas de taxes, d'impôts. Ici, vous cultivez des terres franches et libres, et ne travaillez que pour vous-même, puisque vous ne payez ni redevances, ni impositions (Crèvecœur, Voyage,t. 3, 1801, p. 139).
Familier
Franche lippée (vieilli)
,,Repas qui ne coûte rien`` (Ac. 1835-1932) :
3. Destitué de son pouvoir [de garde-chasse], il [Courte-cuisse] avait perdu ses franches lippées au cabaret, et il criait, comme tous les niais, à l'ingratitude. Balzac, Paysans,1844, p. 227.
,,Repas où l'on mange tout son soûl`` (Ac. 1932).
Chercheur de franche lippée (vx). Synon. de parasite (Ac. 1798) et de parasite de profession (Ac. 1835, 1878).
Franc de port. [En parlant d'une lettre, d'un paquet] Dont le port est payé par l'expéditeur. Me serait-il possible (...) de faire passer (...) de l'argent franc de port à un frère que j'ai, sergent dans la garde? (Mérimée, Théâtre C. Gazul,1825, p. 29).
Rem. Franc de port prend la marque du fém. lorsque le subst. le précède : La caisse (...) est partie ce matin (...) et vous arrivera franche de port (Hugo, Corresp., 1869, p. 166). Cependant il reste parfois dans ce cas, à la forme masc. et est pris alors adverbialement : Nous le répétons, dans l'intérêt des bonnes mœurs, les fournisseurs doivent leurs marchandises franc de port (Balzac, Œuvres div., t. 1, 1825, p. 112). Il est inv. lorsqu'il précède le nom et s'emploie alors adverbialement; dans ce cas il est synon. de francol.
Avoir le port franc/ses ports francs (vieilli). Être dispensé de payer le port de ce qu'on reçoit par la poste. Il a le port franc par son père (Lamennais, Lettres Cottu,1822, p. 130).
Jouer part franche/franche part (vx). ,,Lorsque plusieurs personnes jouant à qui aura quelque étoffe, quelque bijou, etc. conviennent que celui qui gagnera ne paiera rien pour sa part`` (Ac. 1798-1878).
Au fig. Participer au bénéfice d'une affaire sans y avoir jamais fait d'apport. Avoir part franche dans une affaire (Littré).
Port* franc. Port dans lequel les marchandises ne paient pas de droits d'entrée ni de sortie. En sa qualité de port franc, elle [Gênes] n'a pas à sa portée de meilleur moyen que d'attirer dans ses bassins le plus de commerce de transit possible (Gobineau, Corresp.[avec Tocqueville], 1851, p. 184).
HISTOIRE
Province franche/pays franc. Province, pays, qui sous l'Ancien Régime, était exempt de gabelle :
4. Cependant la nécessité d'empêcher les habitants des pays francs ou rédimés d'introduire du sel dans les provinces sujettes à la gabelle avait fait apporter certaines restrictions au commerce du sel... Stocker, Sel,1949, p. 101.
Ville franche. Celle qui ne payait pas de taille. Les privilégiés, c'étaient aussi les bourgeois qui avaient acquis des offices, les habitants des villes franches ou de certaines provinces, en général nouvellement réunies (Bainville, Hist. Fr.,t. 1, 1924, p. 262).
Zone franche. Région frontalière dans laquelle les marchandises entrent et circulent sans payer de droits. Dans les pays protectionnistes, l'existence de ports francs et de zones franches contribue dans une large mesure au développement de la fonction commerciale (M. Benoist, Pettier, Transp. mar.,1961, p. 216).
DR. Clause franc et quitte. Clause du contrat de mariage par laquelle ou bien le futur époux déclare que son apport n'est grevé d'aucune dette (ou d'autre que celle indiquée au contrat) (clause d'apport franc et quitte) ou bien la future épouse stipule qu'en cas de renonciation à la communauté elle reprendra tout ou partie de ce qu'elle y aura apporté (lors du mariage ou après) (Clause de reprise franc et quitte) (d'apr. Cap. 1936). Lorsque la communauté est poursuivie pour les dettes de l'un des époux, déclaré, par contrat, franc et quitte de toutes dettes antérieures au mariage, le conjoint a droit à une indemnité (Code civil,1804, art. 1513, p. 279).
II.− Qui est net, sans hésitation; qui n'est pas douteux; qui agit librement; qui est vrai, complet.
A.− [En parlant de qqn]
1. Qui dit librement ce qu'il pense; qui ne manifeste que des sentiments réels. Qui agit ouvertement, de manière droite ou directe, qui ne dissimule pas. Être franc. Malek Adhel, impétueux, intrépide, franc jusqu'à l'indiscrétion (Cottin, Mathilde,t. 1, 1805, p. 110).Caractère franc et communicatif (Balzac, Méd. camp.,1833, p. 29).Nature franche, loyale, ouverte, furieusement épanouie (Goncourt, Journal,1860, p. 711).
Pour être franc. Pour dire ce que je pense.
Au fig. et fam., vieilli. Un franc Gaulois. ,,Un homme de bonne foi`` (Ac. 1798-1878).
P. plaisant. ,,Homme qui a de la simplicité et de la rudesse dans les manières`` (Ac. 1835, 1878).
Expressions
Être franc comme l'osier (vieilli). [P. réf. à l'osier qui ne présente pas de nœuds] Être sans détour, d'une sincérité à toute épreuve. Il a le cœur chaud et des sentiments d'honneur : c'est franc comme l'osier et sage comme un Enfant-Jésus, enfin le roi des hommes (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 41).
Être franc comme l'or. [P. réf. à la pureté de l'or] Même sens. Franc comme l'or, loyal comme son épée (...) [il] se targuait d'une farouche indépendance (France, Île ping.,1908, p. 226).
2. Qui révèle, manifeste la loyauté.
a) [En parlant de l'aspect physique, de l'attitude, du comportement] Qui reflète la loyauté sans dissimulation, sans fausseté. Figure franche; être franc d'allure. L'air franc et décidé, l'attitude fière et même un peu hautaine (Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 119).Ce regard franc et pur (...) ce joli regard (Chardonne, Épithal.,1921, p. 323):
5. De là leur vient cet air assuré qu'ils ont. Si agréable à voir. Ce regard franc, ce regard insoutenable à voir et qui soutient tous les regards. Si doux, si agréable à regarder. Ce regard insoutenable à soutenir. Ce regard franc, ce regard droit qu'ils ont, ce Regard doux, qui vient tout droit de paradis. Péguy, Porche du Myst.,1911, p. 190.
b) [En parlant du comportement, des sentiments] Qui est empreint de loyauté, sans dissimulation. Explication franche. Ils s'étaient liés, d'une bonne et franche amitié de vieillards (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Après, 1893, p. 102).Il me proposa une « franche discussion » pour établir des relations plus satisfaisantes dans l'intérêt des deux pays (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 24).V. franchise ex. 6.
Franc-parler. Cf. franc- A 2.
Fam. Jouer franc(-)jeu. Agir sans ambiguïté, sans tromperie. Vous n'avez pas joué franc jeu avec nous, et (...) nous ne sommes tenus à rien envers un associé qui nous trompe! (Balzac, Cous. Pons,1847, p. 299).Les Français qui jouaient franc jeu, s'indignaient de ce que les Allemands, à la guerre, n'observassent pas les règles du jeu (Gide, Journal,1914, p. 476).
Y aller de franc jeu. ,,Y aller pour tout de bon sans arrière pensée`` (Ac. 1878-1932).
B.− [En parlant de qqc., parfois d'un animal] Qui présente des caractères de netteté, de naturel, de pureté, d'équilibre.
1. Qui n'est pas douteux; qui est net sans ambiguïté; qui est équilibré, sans rien d'excessif. Allure franche; situation franche. Un sommeil bien franc (Delille, Homme des champs,1800, p. 42).Sur la terre blanche de lune, l'ombre se dessina d'une ligne franche et nette (Zola, Rêve,1888, p. 68).Ils demandent quatre sous par taupe prise, huit sous par taupe dépouillée. Mais le gain est franc, car on les loge et on les nourrit (Pesquidoux, Chez nous,1921, p. 227).
P. métaph. :
6. L'Empereur se mêlait de toutes choses; son intellect ne se reposait jamais; il avait une espèce d'agitation perpétuelle d'idées. Dans l'impétuosité de sa nature, au lieu d'un train franc et continu, il s'avançait par bonds et haut-le-corps, il se jetait sur l'univers et lui donnait des saccades... Chateaubr., Mém.,t. 2, 1848, p. 648.
Cheval franc d'amble. ,,Cheval qui va l'amble naturellement`` (Littré).
Cheval franc du collier. ,,Cheval qui tire de lui même sans qu'il soit besoin de lui donner des coups de fouet`` (Ac. 1835, 1878).
P. ext. et proverbial. [Pour un individu] Être franc du collier. Agir de manière ouverte, sans réticence; être toujours prêt à faire ce que demandent les amis, ce que commandent l'honneur, le devoir. Avec les parents, c'est malheureux à dire, il ne faut jamais être tout à fait franc du collier (Montherl., Ville dont prince,1951, II, 2, p. 888).
Pierre franche. [Dans la classification en pierres dures et pierres tendres] Pierre ni trop dure, ni trop tendre, qui se casse net, sans éclats (d'apr. Noël 1968). C'était propre et bien sec, tout dallé, tout tapissé de grosses pierres carrées, bien franches (Giono, Baumugnes,1929, p. 151).
MAR. ,,Le vent est franc. Sa direction est telle, que le bâtiment peut, avec ses voiles orientées obliquement à la quille, suivre la route déterminée`` (Ac. 1835-1932).
Pompe franche. Pompe qui ne rejette plus d'eau (qui est épuisée), qui fonctionne à vide. (Ds Littré, Guérin 1892, DG, Pt Rob., Lexis 1975).
PEINT., SCULPT. [En parlant de l'œuvre d'un artiste ou de son exécution] Qui est hardi, aisé; qui ne comporte ni maladresse, ni tâtonnement. Pinceau, ciseau, burin franc (Ac.1798-1878).Manière franche. Touche franche. Dessin, coloris franc (Ac.1835-1932).
2. Qui est complet, entier.
Jour franc. Jour complet de vingt quatre heures comptées de zéro heure à zéro heure. Mille diables? pensait-il en enfilant le boulevard de Gand, ai-je bien pris mes mesures? Voyons! Deux jours francs, dimanche et lundi : puis, un jour d'incertitude avant qu'on ne me cherche, ces délais me donnent trois jours et quatre nuits (Balzac, Melmoth,1835, p. 328).
Vx. ,,Sauter vingt quatre semelles franches. Les sauter sans que rien y manque`` (Ac. 1798-1878).
MARINE
Franc-tillac. ,,Pont, tillac de plain-pied, sans interruption. Il ne se dit que Du pont des bâtiments de commerce. Le capitaine du navire répond des objets chargés sous le franc-tillac, sous franc-tillac`` (Ac. 1835, 1878).
Nuit franche. Nuit de repos complète :
7. Il est neuf heures du soir. Enfermé dans ma chambre de bord, je jouis de cette quiétude égoïste que les marins seuls connaissent, celle de l'officier qui a fini son quart. J'ai la « nuit franche », comme cela s'appelle en marine, plus de service avant demain midi... Loti, Journal,t. 1, 1878-81, p. 124.
JEUX. Franc carreau. Jeu consistant à jeter une pièce de monnaie le plus près du centre d'un carreau dessiné sur le sol. Jouer au franc carreau (Ac.1835, 1878).
3. Qui est pur, sans mélange :
8. Quelquefois des circonstances invincibles précipitent deux nations l'une dans l'autre et les forcent à se mêler; alors leurs principes constituants se pénètrent, et il en résulte une nation hybride qui peut être plus ou moins puissante et célèbre que si elle était de race franche. J. de Maistre, Souveraineté,1821, p. 326.
a) [En parlant d'une pers., antéposé à valeur superl.] Qui possède les qualités propres à sa race, à sa province. Un franc Breton, Picard. Ce franc chevalier [le comte d'Egmont] (Staël, Allemagne,t. 3, 1810, p. 36).Le bon géant (...) laissa échapper, en franc Berrichon, des jurements si épouvantables que l'on dut se hâter de le tuer pour l'empêcher de scandaliser l'assistance (Sand, Beaux MM. Bois-Doré,t. 1, 1857, p. 300).
Péj. [À valeur d'intensif] Son fils, qu'on appelait Coco, était un franc polisson et l'est encore, à ce qu'on dit (Michelet, Mémor.,1820-22, p. 188).Tiens, Perrin, si tu veux connaître la tête d'une franche canaille, rappelle-toi celle-là! (Duranty, Malh. H. Gérard,1860, p. 256).
b) [En parlant de qqc. ou d'un animal] Qui n'a pas subi de mélange; qui a toutes les caractéristiques du type de son espèce. Moineau franc. Dans les tortues franches, tous ces muscles sont remplacés par des trousseaux de fibres aponévrotiques (Cuvier, Anat. comp.,t. 1, 1805, p. 397).Sur la rive droite de la rivière s'étageaient de magnifiques échantillons des ulmacées, ces précieux francs-ormes, si recherchés des constructeurs, et qui ont la propriété de se conserver longtemps dans l'eau (Verne, Île myst.,1874, p. 230):
9. Autrefois, les baleines franches se plaisaient dans les eaux de l'île; mais tant de pêcheurs les avaient poursuivies et harponnées, qu'il en restait à peine. Les amphibies, au contraire, s'y rencontraient par troupeaux. Verne, Enf. Cap. Grant,t. 2, 1868, p. 22.
Couleurs franches. ,,Les couleurs franches comprennent les couleurs qu'ils appellent simples, le rouge, le jaune, le bleu, et celles qui résultent de leurs mélanges binaires, l'orangé, le vert, le violet et leurs nuances`` (Chevreul, Contraste simult. coul., 1839, p. 85). Le caractère timide du français fait qu'il emploie rarement les couleurs franches : vert, rouge, bleu, jaune vif; il préfère les nuances indécises (Stendhal, Brulard,t. 1, 1836, p. 60).
Vin franc. ,,Vin naturel quant à la qualité ou quant au goût`` (DG). C'est un franc et généreux vin, mais un peu vert et qui a besoin de la bouteille (Bloy, Journal,1904, p. 211).
AGRIC. Terre franche. Bonne terre végétale, propre à la culture, sans cailloux, ni graviers, et contenant en proportions convenables, calcaire, sable, humus, argile (d'apr. Plais.-Caill. 1958). La betterave demande de bonnes terres franches, profondes et fraîches sans être humides (Rouberty, Sucr.,1922, p. 19).
HORTIC. Qui est issu directement d'un semis ou d'une bouture; qui porte des fruits doux sans avoir été greffé, p. oppos. à sauvageon. Arbre franc ou franc de pied. On courait les bois, on choisissait un pied franc de néflier ou de houx, droit, robuste (Pesquidoux, Livre raison,1932, p. 241).
P. méton. Les fruits eux-mêmes. Noisettes franches. Pêche franche (Ac.1798, 1932).Pommiers de reinette franche (Voy. La Pérouse,t. 1, 1797, p. 239).
P. ell., en emploi subst. Enter franc sur franc. ,,Enter un scion d'arbre franc sur un autre arbre franc`` (Ac. 1798-1932). Enter franc sur sauvageon. ,,Enter un scion d'arbre franc sur un sauvageon`` (Ac. 1798-1932)
c) Qui est complet, véritable; qui présente toutes les caractéristiques; qui remplit les conditions requises. Synon. proprement dit.On n'employait que du chêne franc, le plus pur, le plus sain, le plus dru; jamais de tauzin (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 135).Tandis que chez le cheval on constate presque toujours la pneumonie franche, chez le chien, la bronchite et la pneumonie coexistent (Garcin, Guide vétér.,1944, p. 98).V. arrogant ex. 7.
Prononc. et Orth. : [fʀ ɑ ̃], fém. [fʀ ɑ ̃:ʃ]. D'apr. les dict. plus anc., de Fér. Crit. t. 2 1787 à DG, c se lie au sing. et s au plur. À comparer avec franc, franque. Mais d'apr. Fouché Prononc. 1959, p. 470, c ne se lie au sing, que dans les cas suiv. : franc˘alleu, franc˘archer, à franc˘étrier contrairement à franc/ étourdi, franc/hypocrite, franc/imbécile. Au plur. c'est l'inverse qui se pratique : on prononce francs˘étourdis, francs˘hypocrites, francs˘imbéciles, mais francs/alleus, francs/archers. L'adj. est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1050 « de condition libre » (Alexis, éd. Chr. Storey, 227); b) ca 1100 « de naissance noble » (Roland, éd. J. Bédier, 3978); c) ca 1170 « libéré de certaines servitudes » (G. de Saint-Pair, Mont-Saint-Michel, éd. P. Redlich, 340); d) 1723 franc de port (J. Savary des Bruslons, Dict. universel de commerce, t. 2 p. 1187 ds FEW t. 15, 2, p. 165b); 2. a) 1269 « (vin, etc.) qui présente des qualités de pureté, de naturel » (Doc. ap. M. Canat de Chizy, Doc. inéd. pour servir à l'hist. de la Bourgogne, t. 1, p. 106); b) 1585 jours francs « jours entiers » (N. du Fail, Contes d'Eutrapel ds Œuvres facétieuses, éd. J. Assézat, t. 2, p. 104); c) av. 1630 précédant un subst. « qui est véritablement tel » (A. D'Aubigné, Vie, XVIII ds Littré); 3. début du xives. « cultivé (d'une plante) » (Propriétés des choses, II, 29, 14 ds T.-L.); 4. 1456 franc au collier « se donnant généreusement à l'effort » (Villon, Lais, éd. J. Rychner et A. Henry, 4); 5. 1611 « qui s'exprime ouvertement, sans artifice ni réticence » (Cotgr.). De Franc (v. franc1), attesté en lat. médiév. sous la forme Francus (Hollyman, pp. 145-150; Nierm.), désignant d'abord l'homme libre (fin du vies., ibid.), puis celui qui est libéré de certaines servitudes (ixes., ibid.). Au sens 5, franc a remplacé vrai*, usuel en a. et m. français.
STAT. − Franc1, 2 et 3. Fréq. abs. littér. : 18 339. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 28 210, b) 35 421; xxes. : a) 32 244, b) 15 545.
BBG. − Burgess (G. S.). Contribution à l'ét. du vocab. pré-courtois. Genève, 1970, pp. 56-67. − Grundt (L.-O.). Ét. sur l'adj. invarié en fr. Bergen-Oslo-Tromsø, 1972, p. 52, 72, 221, 227, 230, 233. − Hope 1971, p. 361. − Quem. DDL t. 5, 6. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 198. − Stimm (H.). Die Romanischen Wörter für frei. Saarbrücken, 1967, pp. 24-43. − Venckeleer (T.). Le Sort des mots d'orig. germ. ds l'expr. de l'estime au Moy. Âge. In : Congrès Internat. de Ling. et Philol. Rom. 13. 1971. Québec. Québec, 1976, t. 2, pp. 20-24.

Franc : définition du Wiktionnaire

Adjectif 1

franc \fʁɑ̃\

  1. Libre de ses mouvements et de son action, en opposition au statut d’esclave ou de serf.
    • Il a fait cette action de sa pure et franche volonté.
    • Franc arbitre.
    • Franc de toute passion, franc d’ambition, libre et exempt de toute passion, d’ambition, etc.
    • Franc-bord, espace de terrain laissé libre sur le bord d’une rivière, d’un canal ; se dit aussi, en termes de marine, du bordage extérieur d’un bâtiment, depuis la quille jusqu’à la première préceinte.
    • Corps francs, corps de troupes, composés ordinairement de volontaires commissionnés pour la durée de la guerre et qui ne font pas partie de l’armée. On dit, dans un sens très rapproché, francs-tireurs.
  2. Exempt de charges, d’impôts ou de dettes.
    • Zones franches, zones où les droits de douane ne sont pas perçus.
    • Villes franches, celles qui ne payaient pas la taille au Moyen Âge.
    • Port franc, port où les marchandises jouissent de la franchise des droits d’entrée et de sortie.
    • Franc de port, se dit d’une lettre, d’un paquet, etc., dont le port est payé par celui qui en fait l’envoi. Dans cette expression, franc est invariable quand il précède le nom.
    • Le Cévenol donna une telle extension à l’affaire qu’en trois ans il eut payé les Lalouette, et se trouva, franc de toute redevance, à la tête d’une belle boutique admirablement achalandée… — (Alphonse Daudet, Le petit Chose, 1868, rééd. Le Livre de Poche, page 161)
    • Franche lippée, repas qui ne coûte rien ou repas où l’on mange tout son soûl.
  3. Sincère, loyal, honnête.
    • Les indigènes se montraient très sympathiques, aimables et complaisants ; leurs figures du type mongol caractérisé, souriaient, intelligentes et franches. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • La plus franche cordialité régnait entre nous. Je passai là d’excellentes heures. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Ce qui me frappait le plus en lui, c’était le sourire — le plus franc, le plus engageant que j’aie jamais vu sur aucune face humaine. — (Henry Miller, L’Ancien Combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
    • Un homme, un cœur franc.
    • Sa conduite dans cette affaire a été franche et droite.
  4. (Par extension) Naturel et sans mélange, vrai, pur.
    • Couleur franche.
    • Une franche bêtise, une franche coquette, une franche canaille, une franche bévue.
    • Un franc imbécile, un franc animal, un franc scélérat.
  5. Net, en parlant d’un acte, d’un sentiment, etc.
    • Une franche aversion.
    • Manière, touche franche.
    • (Physique) Fusion franche, passage brusque de l’état solide à l’état liquide, par opposition au terme de « fusion » qui définit un état pâteux.
  6. Plein, entier, en parlant d’une durée.
    • Quatre jours francs, quatre jours complets.
    • Ils y arrivèrent le lundi et en partirent le jeudi : ils n’y ont donc été que deux jours francs.
    • Dans les assignations à huitaine, il faut huit jours francs, sans compter celui de l’assignation, ni celui de l’échéance.
  7. (Botanique) Qualifie les arbres qui portent des fruits doux et mangeables sans avoir été greffés.
    • Noisetier franc, franc pêcher.
    1. (Par extension) Qualifie ces fruits eux-mêmes.
      • Noisettes franches, pêche franche.

Adjectif 2

franc \fʁɑ̃\

  1. Relatif aux Francs.
    • Fais le donc approcher, répondit le Roi... le bédouin en question pénétra dans le tref royal, saluant respectueusement le souverain franc. — (Sylvie Dinnat, Le Serment de la Licorne, Éditions Publibook, 2005, page 155)
    • Une lampe de cristal, qui, le soir du meurtre de la princesse franque, s’était détachée d’elle-même des chaînes d’or où elle était suspendue à la place de l’actuelle abside. — (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, 1913, Éditions Gallimard, Folio n°1924, 1987, page 61)
  2. Relatif aux Européens du Levant.
    • L’ancien quartier franc de Constantinople.
    • Langue franque, ou lingua franca, jargon mêlé de turc, d'arabe et de langues romanes (français, italien, espagnol…) en usage parmi les marins, les négociants des ports du Levant.
    • La langue franque, parlée sur les côtes d'Afrique, est née de pièces rapportées des langues riveraines de la Méditerrannée. — (Charles Victor de Bonstetten, L’Homme du midi et l’homme du nord, 1824)

Nom commun

franc \fʁɑ̃\ masculin

  1. (Numismatique) Unité monétaire utilisée par plusieurs pays.
    • Ma femme aurait désiré être riche, et voilà que j’étais pauvre, avec mes petits appointements de deux mille francs. — (Octave Mirbeau, La Tête coupée)
    • Si tu me rembourses pas les cinq cents francs que je t’ai prêtés pour acheter ta vache, je te fous l’huissier dans les pattes. — (Louis Pergaud, « Deux Électeurs sérieux », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Nous n’avons pas un franc en poche, parce que nous n’avons pas pris d’argent avant notre départ. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
    • Nous sommes de beaux Jacques, allez, de gratifier de plus de trois mille francs ce mauvais docteur là. […] Qui tombe jamais malade ici ? — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Après plusieurs années de nouveaux francs, la monnaie française retrouva son appellation officielle de francs, sans aucun adjectif les précédant ou les suivant. Mais un pourcentage important de personnes, pas obligatoirement âgées, continua à tout calculer en anciens francs, tandis qu’une autre partie parlait de nouveaux francs ou francs lourds, et de centimes pour les anciens francs. — (Claude Chaminas, La Cité Joseph Staline 1941-1959, L’Harmattan, 2009, page 114)
  2. (Par ellipse) Scion d’arbre franc.
    • Enter franc sur franc : Enter un scion d’arbre franc sur un autre arbre franc.
    • Enter franc sur sauvageon : Enter un scion d’arbre franc sur un sauvageon.
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Franc : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FRANC. n. m.
Unité monétaire du système métrique, laquelle se divise en dix parties appelées décimes et en cent appelées centimes. La pièce d'un franc est faite d'un alliage d'argent et de cuivre. La pièce d'un franc pèse cinq grammes. Une pièce d'un franc, de deux francs, de cinq francs. Un franc trente centimes. Payer le décime pour franc. La hausse, la baisse du franc. Au marc le franc. Voyez MARC. Centime le franc. Voyez CENTIME.

Franc : définition du Littré (1872-1877)

FRANC (fran) s. m.
  • Nom d'un peuple germain qui habitait les bords du Rhin, qui envahit les Gaules et y fonda une monarchie. Les Francs commençaient alors à se faire craindre ; c'était une ligue de peuples germains qui habitaient le long du Rhin ; leur nom montre qu'ils étaient unis par l'amour de la liberté, Bossuet, Hist. I, 10.

    Adj. Franc, franque, qui appartient aux Francs. Période franque. La monarchie franque. Au milieu du VIe siècle, la race franque s'était répandue et dominait dans toute la Gaule, Guizot, Hist. de la civil. en France, 8e leçon.

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Franc : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* FRANC, FRANCHE, adjectif dont on fait l’article Franchise. Voyez cet article. Il se compose avec un grand nombre de mots. Voyez les articles suivans.

Franc, (greffer sur) Jardinage. Voyez Greffer.

Franc ou Sauvageon, c’est ainsi qu’on appelle le sujet sur lequel on a dessein de greffer quelque bonne espece de fruit.

Franc, (Peint.) Peindre franc, c’est peindre facilement, hardiment, sans tâtonner, & à pleine couleur, sans le secours des glacis. Voyez Glacis.

Franc, (Jurispr.) ce terme a dans cette matiere plusieurs significations différentes, & s’applique à différens objets.

Franc signifie quelquefois une personne libre, c’est-à-dire qui n’est point dans l’esclavage.

Loysel, liv. I. tit. j. régl. 6. dit que toutes personnes sont franches en ce royaume, & que si-tôt qu’un esclave a atteint les marches d’icelui en se faisant baptiser, il est affranchi.

Ce que dit cet auteur n’a pas lieu néanmoins à l’égard des esclaves negres qui viennent des colonies françoises en France avec leurs maîtres, pourvû que ceux ci ayent fait leur déclaration en arrivant à l’amirauré, qu’ils entendent renvoyer ces negres aux îles. Voyez Esclaves & Negres. (A)

Franc est aussi quelquefois opposé à serf ; car quoiqu’en France il n’y ait point d’esclaves proprement dits, il y a des serfs de main-morte qui ne joüissent pas d’une entiere liberté. Ceux qui sont exempts de cette espece de servitude sont appellés francs, ou personnes de condition franche. Voyez Main-morte & Serfs. (A)

Franc, Frankis, ou Franquis, (Hist. mod.) est le nom que les Turcs, les Arabes & les Grecs donnent à tous les Européens occidentaux.

On croit que ce nom a commencé dans l’Asie, au tems des croisades, les François ayant eu une part distinguée dans ces entreprises ; & depuis les Turcs, les Sarrasins, les Grecs & les Abyssins, l’ont donné à tous les Chrétiens européens, & à l’Europe celui de Frankistan.

Les Arabes & les Mahométans, dit M. d’Herbelot, appellent Francs, les François, les Européens, les Latins en général.

Franc signifie encore libre & exempt de quelque charge ; par exemple, un noble est par sa qualité franc & exempt de taille. Il y a des lieux qui sont francs, c’est-à-dire exempts de tailles & de certaines autres impositions ; d’autres qu’on appelle francs à cause de la liberté que la coûtume du pays accorde pour tester, comme dans le comté de Bourgogne. Voyez le glossaire de Lauriere, au mot Franc. (A)

Franc ou Frent est un françois, & par extension un européen, ou plûtôt un latin ; à cause, dit M. d’Herbelot, que la nation françoise s’est fait connoître & distinguer entre toutes les autres qui ont porté les armes dans l’Orient au tems des croisades. Voyez Croisade.

Le P. Goar, dans ses notes sur Codin, c. v. n. 43. nous fournit une autre origine du mot franc beaucoup plus ancienne que la premiere. Il observe que les Grecs n’appelloient d’abord Francs que les François, c’est-à-dire les Allemands établis en France ; ensuite ils donnerent le même nom aux habitans de la Pouille & de la Calabre, après que les Normands eurent conquis ces provinces. Dans la suite ils ont donné ce nom à tous les Latins.

Ainsi Anne Comnene & Curopalate, pour distinguer les François des autres nations de l’Europe, les appellent les Francs occidentaux.

Du Cange ajoûte que vers le tems de Charlemagne on distinguoit la France en orientale & en occidentale, en latine ou romaine, & en allemande, qui étoit l’ancienne France appellée depuis Franconie. Dictionn. de Trév. & Chambers. (G)

Franc ou Livre, étoit autrefois une monnoie du poids d’une livre ; présentement le franc n’est plus qu’une valeur numéraire. Le franc est composé de 20 sous tournois, qui font une livre numéraire ou de compte. Voyez Livre. (A)

Franc-aleu naturel, est celui qui a lieu en vertu de la loi, coûtume ou usage du pays, où tous les héritages sont de droit réputés tenus en franc-aleu, s’il n’appert du contraire, sans que les possesseurs des héritages soient tenus de justifier le droit de franc-aleu. C’est au seigneur qui prétend quelque devoir sur les héritages, à l’établir. (A)

Franc-aleu noble, est celui qui a une justice, ou un fief, ou une censive mouvante de lui. (A)

Franc-aleu par privilége, est opposé au franc-aleu naturel ; c’est celui qui est fondé en concession & titre particulier. (A)

Franc-aleu roturier, est celui qui n’a ni justice, ni fief, ni censive qui en dépende. (A)

Franc-aleu par titre. Voyez ci-dev. Franc-aleu par privilége. (A)

Franc d’amble, (Manége.) cheval ambulant naturellement, ou dont l’alure la plus familiere est l’amble. Elle a été avec raison bannie de nos écoles & de nos manéges. Voyez Manége.

Francs Angevins, c’étoit une monnoie qui se fabriquoit à Angers, de la valeur d’une livre. (A)

Francs-Archers, c’est ainsi qu’on appella une nouvelle milice d’infanterie, établie en France par Charles VII. en 1448. Ce prince pour avoir toûjours une troupe d’infanterie sur pié, ordonna que chaque paroisse de son royaume lui fournît un des meilleurs hommes qu’il y auroit pour aller en campagne, & servir en qualité d’archer avec l’arc & la fleche. « Le privilége qu’il accorda à ceux qui seroient choisis, fit qu’il y eut de l’empressement pour l’être, car il les affranchit presque de tous subsides ; & c’est de cet affranchissement qu’on les appella francs-archers ou francs-taupins. Ce nom de taupins leur fut donné sans doute, parce qu’on le donnoit alors aux paysans, à cause des taupinieres dont les clos des gens de la campagne sont ordinairement remplis ». Hist. de la milice franç.

Les francs-archers étoient distribues en quatre compagnies de quatre mille hommes chacune ; ainsi ils composoient un corps de seize mille hommes prêts à servir au premier commandement. C’est-là le premier corps réglé de l’infanterie françoise. Avant sa création l’infanterie n’étoit composée, ainsi que s’exprime Brantome dans le discours des colonels, que de marauts, bellistres, mal-avinés, mal-complexionnés, fainéans, pilleurs & mangeurs de peuples, &c.

Les francs-archers ne subsisterent pas long-tems ; ils furent supprimés dans les dernieres années du regne de Louis XI. Mais ce prince qui sentoit le besoin d’entretenir toûjours un corps d’infanterie sur pié, commença, pour suppléer aux francs-archers, par faire lever six mille Suisses ; il leur ajoûta ensuite un corps de dix mille hommes d’infanterie françoise pour être à sa solde, & pour cela il mit, dit le pere Daniel, un grand impôt sur le peuple.

L’établissement des francs-archers peut avoir servi de modele à celui des milices qu’on leve également dans toutes les paroisses du royaume, à-peu-près de la même maniere qu’on y choisissoit les francs-archers. Voyez Milice. Voyez aussi sur ce sujet l’histoire de la milice françoise du P. Daniel, dont cet article est tiré. (Q)

Franc argent, en la chatellenie de Montereau ressort de Meaux, signifie la même chose que francs deniers ; c’est lorsque le vendeur accorde avec l’acheteur que le prix de la vente lui sera franc, & qu’il n’en payera aucun droit au seigneur féodal ou censuel, de maniere que l’acheteur doit l’en acquitter. (A)

Francs d’argent, étoient une monnoie de la valeur de 20 sous tournois. Le roi Henri III. en fit forger en l’an 1575. (A)

Franc d’or, étoit une monnoie d’or de la valeur d’une livre ; en l’an 1400 & auparavant, une livre, à cause de la forte monnoie, valoit un franc d’or : sur quoi Ragueau, en son glossaire au mot franc ou livre, dit que le franc d’or vaudroit à-présent autant qu’un écu sou & plus. (A)

Franc-Barrois, sorte de monnoie fictive, en usage dans la Lorraine & le Barrois, où les droits de seigneurie, cens, peines, amendes, & même des contrats de rente, sont en cette monnoie. Il en est parlé dans le mémoire sur la Lorraine & le Barrois, pag. 10. à la fin. Le franc-barrois se divise en 12 gros, le gros en 4 blancs, le blanc en 4 deniers barrois. Sept francs-barrois font exactement trois livres cours de Lorraine : ainsi le franc-barrois fait 8 sous den. de Lorraine.

Franc-batir, (Jurispr.) est un droit dont jouissent quelques communautés, de prendre du bois dans une forêt pour l’entretien & le rétablissement de leurs bâtimens. On ne peut user de ce droit que pour les bâtimens qui étoient déjà construits ou qui devoient l’être, lors de la concession qui a été faite de ce droit. Il ne s’étend point aux autres bâtimens que l’on peut construire dans la suite. (A)

Francs blancs, c’étoient des monnoies d’argent de la valeur d’une livre, ainsi appellées pour les distinguer des francs d’or. Voyez ci-après Francs d’or. (A)

Francs-Bourdelois, étoient des monnoies que l’on frappoit à Bourdeaux, de la valeur d’une livre. (A)

Francs-Bourgeois, nom de faction parmi les ligueurs d’Orléans, pendant le tems de la ligue.

Franc du collier, (Manege.) Tout cheval franc du collier est celui qui donne hardiment dans les traits, qui tire franchement, naturellement, & sans en être sollicité par les châtimens. Cette expression est indistinctement en usage pour désigner la franchise de tous les chevaux destinés ou employés à être attelés à une voiture quelconque, quoiqu’ils ne soient pas tous généralement attelés avec un collier.

Francs-deniers, cette clause apposée dans la vente d’un fief ou d’une roture, signifie que la totalité du prix doit demeurer franche au vendeur, & que l’acquéreur se charge d’acquitter les droits seigneuriaux. Cette clause est assez usitée dans quelques coûtumes, où sans cela le vendeur seroit tenu de payer les droits seigneuriaux ; comme dans les coûtumes de Meaux, art. 131 & 119 ; Melun, artic. 67 ; Troyes, 27 ; Chaumont, 17 ; Saint-Paul sous Artois, art. 64. (A)

Franc-devoir, est une redevance annuelle en laquelle le seigneur a converti l’hommage qui lui étoit dû pour le fief mouvant de lui. Ces sortes de conversions d’hommage en franc-devoir, qu’on appelle aussi abonnement ou abrégement de fief, furent principalement introduites lorsque les roturiers, ou ceux qui ne faisoient pas profession des armes, commencerent à posséder des fiefs ; ce qui arriva, dit-on, dans le tems des croisades. Le devoir annuel que le seigneur imposa sur le fief fut appellé franc, comme représentant l’hommage auquel il étoit subrogé ; il étoit comme l’hommage même la marque de la noblesse & de la franchise de l’héritage, lequel se partageoit toûjours noblement, même entre roturiers, quand il étoit une fois échû en tierce-main.

Quelques uns confondent mal-à-propos le franc-devoir avec le franc-aleu. Voyez l’article 258 de la coûtume d’Anjou, & l’ordonnance de Philippe III. touchant les accroissemens, in fine.

Franc-devoir est aussi lorsque l’héritage du roturier est donné par le seigneur du fief à franc-devoir, soit que la redevance soit annuelle, ou dûe à chaque mutation d’homme ou de seigneur, au moyen de quoi l’héritage ainsi tenu ne doit point de rachat ; mais il est dû des ventes dans les cas où elles ont lieu par la coûtume. Voyez Lodunois, chap. xjv. art. 21. & 145. (A)

Franc-devoir dans les anciennes chartes, signifie aussi les charges que les hommes de franche & libre condition, doivent pour usage de bois, pour pacage, panage ou autrement. Voyez le glossaire de M. de Lauriere, au mot franc-devoir. (A)

Franc-d’Eau, (Marine.) rendre le navire franc-d’eau, c’est tirer l’eau qui peut être dans le navire, & le vuider par le moyen de la pompe. (Z)

Franc-Etable. (Marine.) voyez Etable.

Franc et quitte, est une clause qui signifie que les biens dont il s’agit ne sont grevés d’aucunes hypotheques ni autres charges. On peut faire la déclaration de franc & quitte, par rapport à un héritage que l’on vend ; ordinairement on le déclare franc & quitte des arrérages, de cens, & autres charges réelles du passé, jusqu’au jour de la vente.

On peut aussi déclarer l’héritage que l’on vend franc & quitte de toutes charges & hypotheques.

Quelquefois un homme qui s’oblige déclare tous ses biens francs & quittes, c’est-à-dire qu’il ne doit rien ; ou bien il les déclare francs & quittes à l’exception d’une certaine somme qu’il spécifie.

Lorsque la déclaration de franc & quitte se trouve fausse, il faut distinguer si c’est par erreur qu’elle a été faite, ou si c’est de mauvaise foi.

L’erreur peut arriver lorsque celui qui a fait la déclaration de franc & quitte ignoroit les hypotheques qui avoient été constituées sur les biens par ses auteurs, & en ce cas il est seulement tenu civilement de faire décharger les biens des hypotheques, ou de souffrir la résiliation du contrat avec dommages & intérêts.

Mais si la déclaration de franc & quitte a été faite de mauvaise foi, c’est un stellionat : & celui qui a fait cette déclaration est tenu de souffrir la résolution du contrat avec dommages & intérêts ; & l’on peut le faire condamner par corps, quand même il auroit des biens suffisans pour répondre de ses engagemens. Voyez Stellionat. (A)

Franc-Funin, (Marine.) c’est une longue corde plus ronde que le cordage ordinaire ; elle est blanche, c’est-à-dire qu’elle n’est pas goudronnée, & sert dans un vaisseau à plusieurs usages. Le franc-funin est composé de cinq torons, tellement serrés que le cordage en paroisse plus arrondi que le cordage ordinaire. Il sert pour les plus rudes manœuvres, comme pour embarquer le canon, mettre en carene, &c.

Franc-Homme, c’étoit tout homme noble ou roturier, qui étant propriétaire d’un fief, demeuroit au-dedans de ce fief ; car anciennement les fiefs communiquoient leur noblesse aux roturiers tant qu’ils y demeuroient. Voyez de Fontaines en son conseil, & M. de Lauriere en ses notes sur l’ort. 248. de la coût. de Paris. (A)

Francs-Maçons, (Hist. mod.) ancienne société ou corps qu’on nomme de la sorte, soit parce qu’ils avoient autrefois quelque connoissance de la Maçonnerie & des bâtimens, soit que leur société ait été d’abord fondée par des maçons.

Elle est actuellement très-nombreuse, & composée de personnes de tout état. On trouve des francs-maçons en tous pays. Quant à leur ancienneté, ils prétendent la faire remonter à la construction du temple de Salomon. Tout ce qu’on peut pénétrer de leurs mysteres ne paroît que loüable, & tendant principalement à fortifier l’amitié, la société, l’assistance mutuelle, & à faire observer ce que les hommes se doivent les uns aux autres. Chambers.

Francs-mançais, c’étoient des monnoies de la valeur d’une livre, que l’on frappoit au Mans de l’autorité de l’évéque. (A)

Francs-Meix, ou Mex, dont il est parlé en la coutume locale de Saint-Piat de Seclin sous Lille, sont des héritages mortaillables qui ont été affranchis. (A)

Franc-Mariage, c’est un mariage noble ; donner en franc-mariage, c’est marier noblement. Il en est parlé au traité des tenures, liv. I. ch. ij. liv. II. ch. vj. liv. III. ch. ij. (A)

Franc parisis, étoit la monnoie d’une livre parisis, qui valoit un quart en sus plus que le franc tournois. Voyez Monnoie parisis. (A)

Franc-Pris ou prisage, c’est-à-dire prisée dans la coûtume de Bretagne, art. 261. (A)

Franc-Quartier, s. m. terme de Blason. Le premier quartier de l’écu, qui est à la droite du côte du chef, ou l’on a coûtume de mettre quelques autres armes que celles du reste de l’écu. Il est un peu moindre qu’un vrai quartier d’écartelage.

Franc-Salé, (Jurisprud.) Ce mot s’entend de deux manieres.

Il y a des provinces & des villes qu’on appelle pays de franc-salé, c’est-à-dire où chacun a la liberté d’acheter & revendre du sel sans payer au Roi aucune imposition : tels sont le Poitou, l’Aunis, la Saintonge, le Périgord, Angoumois, haut & bas Limosin, haute & basse Marche, qui on acquis ce droit du roi Henri II. moyennant finance. La ville de Calais & les pays reconquis ont aussi obtenu ce droit lorsqu’ils sont sortis des mains des Anglois & rentrés sous la domination de France.

Le franc-salé ou droit de franc-salé qui appartient à certains officiers royaux & autres personnes, est une certaine provision de sel qui leur est accordée pour leur provision. Autrefois ceux qui avoient ce droit avoient le sel gratis, & ne payoient que la voiture. Présentement ils payent une pistole par minot. Voyez Gabelle. (A)

Francs-Taulpins, voyez Francs Archers.

Franc-Tenant, c’est celui qui possede noblement & librement. Voyez le liv. des tenures, liv. II. ch. j. & ij. (A)

Franc-Tenement, est un héritage possédé noblement & librement, sans aucune charge roturiere. Voyez le même livre des tenures, liv. I. ch. vj. & jx. liv. III. ch. ij. (A)

Franc-Tillac, (Marine.) c’est le pont le plus proche de l’eau, qu’on appelle le premier pont dans les vaisseaux à deux ponts & à trois ponts. C’est sur ce pont qu’on place les canons de plus fort calibre. (Z)

Franc tournois, étoit la monnoie d’une livre que l’on frappoit à Tours de l’autorité de l’archevêque. Cette livre valoit sou tournois ; présentement le franc tournois n’est plus qu’une valeur numéraire. Voyez Livre Tournois. (A)

Franc viennois, c’étoit une monnoie d’une livre, qui se frappoit à Vienne en Dauphiné de l’autorité des dauphins de Viennois. Il y a encore dans ce pays & dans les provinces voisines, des redevances fixées en francs sous & deniers viennois ; ce qui s’évalue en monnoie de France. Voyez ci-dev. Denier viennois. (A)

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Étymologie de « franc »

Étymologie de franc - Wiktionnaire

(Adjectif 1 & 2) (Xe siècle)[1] Via l’ancien français franc et le latin Francus, du vieux-francique *frank ; plus avant :
  1. apparenté[2] à l’allemand frei (« libre »), à l’anglais free de même sens ;
  2. à rattacher[2] à l’anglo-saxon franca (« javelot, lance »). Les Francs auraient été des « lanciers » (le nom Saxon emprunte un chemin étymologique semblable, il est traditionnellement considéré comme issu de la racine du vieil anglais seax signifiant « couteau ») ;
  3. issu de l’indo-européen[3] *preg (« hardi, courageux, audacieux ») qui donne l’allemand frech (« audacieux, insolent, impertinent »), l’ancien français frique, frische (« gaillard, vigoureux »), l’anglais freak signifiant étymologiquement « homme vigoureux », le polonais pragnąć (« vouloir »), etc. Le sens de « volontaire » implique celui de « libre, qui fait selon son bon vouloir ».
Franc est le nom que les Orientaux, depuis les croisades, donnent aux Occidentaux, à cause du grand rôle que les Français jouèrent dans ces expéditions[2]. De là le sens de « relatif aux Européens du Levant ».
(Monnaie) (1360) Le roi Jean II le Bon fit frapper une monnaie représentant le roi à cheval et armé de toutes pièces ; elle fut nommée franc à cheval, à cause de la devise Francorum rex, qui y était ; il y avait aussi des francs à pied représentant le roi armé de toutes pièces, mais à pied[2]. « Nous avons ordené & ordenons que le Denier d’Or fin que Nous faisonz faire à présent & entendonz à faire continuer, sera appellé Franc d’Or » — (Ordonnances des rois de France). Voir la note à l’ancien français franc, le passage de denier francor, « denier du roi des Francs » à denier franc-or explique le mot.
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Étymologie de franc - Littré

Lat. Francus, nom de cette peuplade germanique, qui devint aussi l'appellation de l'homme libre ; dans l'anc. h. allem. il est sous la forme franco. Ce mot de francus est d'origine obscure. Diefenbach, le trouvant aussi dans le celtique, croit qu'il vient de là ; J. Grimm y voit un dérivé de la racine gothique freis, allem. mod. frei, libre ; d'autres le rattachent à l'anglo-saxon. franca, javelot.

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Phonétique du mot « franc »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
franc frɑ̃ play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « franc »

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Citations contenant le mot « franc »

  • Mais le nouveau maire, connu pour son franc parler, n'en reste pas là. "Je ne vais pas cumuler deux indemnités, celle de maire et celle de président de l'agglomération comme l'ancien maire. Et si ça doit arriver, j'ajusterais l'indemnité de l'agglomération en fonction de cela", répond Louis Aliot France Bleu, Perpignan : Louis Aliot augmente son indemnité de maire, l'opposition proteste
  • Depuis 2015, l'intérêt du franc suisse est devenu croissant, notamment ces 2 dernières années. “De 1,20, qui était le niveau du PEG, les acheteurs de franc suisse se sont manifestés régulièrement, pour écraser l'EUR/CHF jusqu'à 1,05, soit plus de 10% d'appréciation du franc suisse face à l'euro. Le graphique hebdomadaire ci-dessous illustre la régularité de cette baisse. Les acheteurs d'EUR/CHF n'ont fait que subir cette détérioration de l'euro, et ce, jusqu'en mai 2020, où pour la première fois, la paire a pris plus de 4 figures (l’euro est passé de 1,05 à plus de 1,09 franc suisse, NDLR)”, relève l’analyste. Capital.fr, Le franc suisse risque de rechuter face à l’euro : le conseil Bourse du jour - Capital.fr
  • Le nombre des décès depuis le début de l'épidémie a franchi la barre symbolique des 30.000 morts, selon le dernier bilan quotidien du ministère de la Santé, qui s'établit vendredi soir à 30.004 décès. , Plus de 30 000 morts en France, aggravation aux Etats-Unis... le point sur le coronavirus
  • En lettres rouges sur la couverture, un seul mot: «Après». Pour dire la société française «après» la crise du Covid-19. Ce fascicule de quinze pages vient d’être envoyé aux 1 340 loges maçonniques de la première obédience franc-maçonnique du pays, le Grand Orient de France, qui compte près de 53.000 membres. Ce document est en réalité un questionnaire sur la société que les initiés imaginent après la pandémie, avec des interrogations couvrant tous les secteurs. Le Figaro.fr, Le livre blanc des francs-maçons pour bâtir la France de l’après-Covid-19
  • RÉCIT - La gestion de la première Obédience franc-maçonne de France par le grand maître Jean-Philippe Hubsch est mise en cause par de hautes personnalités. Le Figaro.fr, Francs-maçons: le Grand Orient secoué par une crise interne
  • L’annonce de la fin du franc CFA a réveillé les tensions en Afrique de l’Ouest autour de la création d’une monnaie unique. Le Monde.fr, Malgré la mort annoncée du franc CFA, l’éco n’est pas encore né
  • J'ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres, et la grande réserve de la table annonce assez souvent des moeurs feintes et des âmes doubles. Un homme franc craint moins ce babil affectueux et ces tendres épanchements qui précèdent l'ivresse… De Gabriel Delaunay
  • Le seigneur soit béni ! Tout ce que la franc-maçonnerie, c'est-à-dire le Diable, a entrepris depuis soixante ans contre l'Église et le pape en Italie a été réduit à néant. De Jean XXIII / propos tenus à l'occasion de la signature des accords de Latran en 1929, instituant le catholicisme comme religion d'état en Italie
  • Être franc c'est-à-dire marcher sur les pieds des autres en le faisant exprès... A combien de calottes, de gros mots, etc., on s'expose. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • L'unité de valeur de la réussite, ce n'est ni le franc ni le dollar. C'est un rapport entre la satisfaction et le projet. De Joseph-Antoine Bell
  • Un franc succès, c'est-à-dire une chute qu'on n'a pas la franchise d'avouer. De Jules Renard / Journal 1887-1892
  • Le moi n'a de santé et n'est franc désespoir, que parce que, ayant désespéré, transparent à lui-même, il plonge jusqu'à Dieu. De Sören Kierkegaard / Traité du désespoir
  • Une femme qui ne cache pas son plaisir pendant l’amour, c’est peut-être ce qu’on appelle un corps franc. De André Birabeau
  • Dans le monde, il n'est pas défendu d'avoir l'air franc mais de l'être. De Marguerite Grépon
  • Si l'on a quelque chose de désagréable à dire, il vaut toujours mieux être franc. De Oscar Wilde
  • On ne doit pas jouer franc jeu quand les autres trichent. De Gil Bluteau / Meurent les alouettes
  • Quand le franc s'enfièvre, c'est la France qui est malade. De François Mitterrand / L'abeille et l'architecte
  • Voir loin, parler franc, agir ferme. De Pierre de Coubertin
  • Dans la vie il faut être franc, et par les temps qui courent un franc c’est un franc. De Smaïn / Sur la vie de ma mère
  • Une femme est franche quand elle ne fait pas de mensonges inutiles. Anatole François Thibault, dit Anatole France, Le Lys rouge, Calmann-Lévy

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Traductions du mot « franc »

Langue Traduction
Corse francu
Basque franko
Japonais フラン
Russe франк
Portugais franco
Arabe فرنك
Chinois 法郎
Allemand franc
Italien franco
Espagnol franco
Anglais franc
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Synonymes de « franc »

Source : synonymes de franc sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « franc »



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