Fait : définition de fait


Fait : définition du Wiktionnaire

Adjectif

fait \fɛ\ masculin

  1. Réalisé ; construit ; confectionné ; fabriqué ; exécuté.
    • Enfin à la nuit faite, des ombres fantômales, s’avançant hardiment vers l’ennemi, commencent à peupler la paix lacustre et mortuaire. — (Marguerite Baulu, La Bataille de l’Yser, Perrin & Cie, Paris, 1918, page 359)
    • C’est un grand pas de fait.
    • Du travail bien fait, une besogne mal faite.
    • Fait à plaisir : Inventé de toutes pièces.
  2. (Avec un adverbe de manière ou un comparatif) Constitué, conformé.
    • Bien fait : Beau, de bel aspect.
    • Bien fait de sa personne ; femme bien faite.
    • Un instant après entra mon oncle, le frère de ma mère, jeune homme on ne peut pas mieux fait et on ne peut pas plus agréable et vêtu avec la dernière élégance. — (Stendhal, Vie de Henry Brulard, tome 1, 1836, page 50)
    • Je n’étais pas mal fait de ma personne, je me montrais à la fois danseur infatigable et discret érudit. — (Albert Camus, La Chute, 1956, page 1487)
    • Fait au moule, à ravir.
    • C’est un joli garçon, bien tourné, fait à peindre, bel homme en uniforme, jeune ; il est né peu de temps avant l’émigration. — (Paul-Louis Courier, Collection complète des pamphlets politiques et opuscules littéraires, Bruxelles, 1827)
    • Des cupidons, fraîche couvée,
      Me montraient son pied fait au tour ;
      Sa jupe semblait relevée
      Par le petit doigt de l’amour.
      — (Victor Hugo, Les Chansons des rues et des bois, 1865, page 109)
    • Jambe bien faite ; taille bien faite.
    • Homme mal fait : Mal bâti, disgracieux.
    1. Se dit dans le même sens de l’esprit, de la pensée.
      • Tête bien faite vaut mieux que tête bien pleine. — (Montaigne, Essais, I 25)
      • Avoir l’esprit bien fait : Avoir l’esprit juste, qui raisonne bien.
  3. (Vieilli) Accoutré, arrangé.
    • Madame Lerat […] l’aperçut [Nana] à cette heure, faite comme une souillon. — (Émile Zola, Nana, 1880, page 1321)
    • — Comme vous êtes faite, ma chère enfant ! murmura mademoiselle Préfère, avec une douceur maternelle, en lui arrangeant son col. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; éditions Le Livre de Poche, 1967, page 150)
  4. Achevé, comme ça (et on ne peut le changer).
    • Être ainsi fait : Avoir tel caractère, tel comportement.
    • Oh !… il n’y aura que toi de grand, de noble dans Paris, et le monde est ainsi fait que l’on oubliera Falleix. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1844, p. 337)
    • Au reste, mon esprit fut toujours ainsi fait que je ne mettais pas ma perspective devant moi, mais derrière. — (Maurice Barrès, Mes cahiers, 1896–1923, Plon, 1963)
  5. (Avec pour) Apte à, prédisposé à.
    • L’homme n’est pas fait pour vivre seul.
    • Il faut du merveilleux, un avenir, des espérances à l’homme, parce qu’il se sent fait pour vivre au-delà de notre univers. — (François-René de Chateaubriand, Le Génie du Christianisme, t. 2, 1803, page 170)
    • Mal fait pour l’action, plus à l’aise dans l’éternité que dans le temps, son bonheur était de se perdre à loisir dans ses rêves. — (Jean-Jacques Guéhenno, Roman et vérité, 1950, page 22)
  6. Convenant à, destiné à.
    • Non, non, Victor, cesse de t’abuser ; ce bonheur n’est pas fait pour toi. — (René Charles Guilbert de Pixerécourt, Victor, ou L’Enfant de la forêt, I, 1, 1798, p. 4)
    • Le rêve conté hier est bien fait pour tuer à jamais le sommeil. — (Jules Michelet, Journal, 1848, page 617)
    • Parce qu’un piano est fait pour qu’on y joue de la musique, il serait fou de croire que tous ceux qui y poseront les mains joueront bien. Le langage humain est comme un piano : si vous le faites sonner à coups de poing, il n’en sortira aucune combinaison qui mérite d’être retenue. — (Alain, Propos, 1913)
  7. Recommandé à tel ou tel usage.
    • Le savon est fait pour qu’on s’en serve.
    • Je passais mon chemin, un chemin est fait pour qu’on y passe. — (Stendhal, Concordances de Lamiel, 1842, page 48)
    • Cela n’est pas fait pour les chiens.
    • Mais c’est fait pour ! : C’est prévu pour cet usage précis.
  8. Maquillé, fardé, vernis, soigné.
    • Yeux faits : Yeux maquillés, fardés.
    • Ongles faits : Ongles limés (et vernis).
  9. Adulte, qui est parvenu à maturité.
    • Homme fait : Homme pleinement adulte, d’âge mûr.
    • Mais maintenant, il lui fallait s’avouer qu’il était un homme fait : les jeunes gens le traitaient en aîné, les adultes comme un des leurs, et certains lui témoignaient même de la considération. Fait, limité, fini, lui et pas un autre, rien d’autre que lui : qui ? — (Simone de Beauvoir, Mandarins, 1954, page 137)
    • Femme faite : Femme pleinement formée, développée.
    • Et je m’enfuis, abandonnant la place à ces deux bambines qui avaient des gaietés et des regards étranges de femmes faites. — (Émile Zola, Nouveaux contes à Ninon, 1874, page 95)
  10. Mûr, faisandé, parvenu à un certain degré de maturation.
    • Vin fait.
    • Viande faite : Viande mûrie.
    • Fromage fait : Fromage qui a atteint un degré de maturation où le cœur est amolli.
    • Fromage pas trop fait, fait à cœur.
    • Fromage trop fait : Qui n’est plus propre à la consommation.
    • Après une attente gratinée sous un soleil au beurre noir, je finis par monter dans un autobus pistache où grouillaient les clients comme asticots dans un fromage trop fait. Parmi ce tas de nouilles, je remarquai une grande allumette avec un cou long comme un jour sans pain et une galette sur la tête qu’entourait une sorte de fil à couper le beurre. — (Raymond Queneau, Exercices de style, 1947, p. 172)
  11. (Argot) Ivre.
    • - Autour de minuit, minuit et demi, continua-t-elle, il est aussi fait qu’un amiral polonais. Alors le vieux machin se grabate et bonne nuit la marine ! — (Tito Topin, Shanghai Skipper, Série noire, Gallimard, 1986, page 45)
    • – Mitia, tu es complètement fait, a dit le cousin Ivan d’une voix posée, à croire que sa murge s'était dissipée d’un coup. — (Juan Bas, Vade retro Dimitri, traduction de Karine Louesdon et José-Maria Ruiz-Funes Torres, éditions du Rouergue, 2013)

Nom commun

fait \fɛ\ ou \fɛt\ masculin

  1. Ce que quelqu’un fait, a fait ou fera, action.
    • Il nie le fait.
    • On lui impute des faits graves.
    • C’est par des faits que je veux lui prouver mon attachement.
    • Ses faits ne répondent pas à ses promesses.
    • Se vanter ainsi ne peut être que le fait d’un fanfaron.
    • Par le fait d’autrui.
  2. Toute chose qui arrive, qui a lieu, qui a eu lieu.
    • Même alors, son esprit n’en fut pas autrement frappé. Ce n’était qu’un fait de plus au milieu d’une innombrable quantité de faits extraordinaires et inévitables. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 249 de l’éd. de 1921)
    • Faute de pouvoir faire toute la lumière désirable sur ce fait énigmatique, nous réunirons ici le faisceau de vraisemblances et de témoignages qui peuvent seuls nous éclairer pour le moment. — (Robert Triomphe, Joseph de Maistre, Droz, 1968, page 67)
    • Fait curieux, la belle-mère ne renchérit pas. Dans la querelle familiale, elle pencherait au contraire pour la gendresse. — (Michel Jeury, Les beaux jours du Docteur Nicolas, Robert Laffont, 2010, chapitre 7)
    • Ces faits ne laissent aucun doute sur sa culpabilité.
    • Les faits seuls réfutent cette calomnie.
  3. Donnée observable de l’expérience, souvent invoquée, en vertu de son objectivité, comme preuve indiscutable. En particulier en droit et dans la jurisprudence.
    • Il procédait par l’observation, analysant et classant des faits (instantiæ Naturæ, comme on les désignait assez pédantesquement), et les transformant en lois générales. — (Edgar Poe, Eureka, 1848, traduction de Charles Baudelaire, 1864)
    • L’utopie est, au contraire, le produit d’un travail intellec­tuel ; elle est l’œuvre de théoriciens qui, après avoir observé et discuté les faits, cherchent à établir un modèle auquel on puisse comparer les sociétés existantes pour mesurer le bien et le mal qu’elles renferment […] — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908, page 39)
    • Ne regardons donc plus comme des principes absolus des faits n’ayant jamais existé que dans l’imagination de ceux qui les ont conçus […] — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • Dans tous les articles, les auteurs s’attachent scrupuleusement aux faits, aux données brutes et concrètes : pas de bavardage, pas d’interprétations oiseuses, mais des informations précises étayées par des citations sourcées. — (Bulletin critique du livre français, n°666-669, Association pour la diffusion de la pensée française, 2005, page 5)
    • La capitale de l'Alberta, Edmonton, semble avoir du mal à dépoussiérer son image de marque, […]. Le fait est que les gens persistent à n'y voir qu'une ville champignon pourvue d’un gigantesque centre commercial. — (Ouest Canadien : le plaisir de mieux voyager, Montréal (Québec) : Guides de voyages Ulysse, 2013)
  4. (Journalisme) Information brute dénuée de commentaire.
    • Vous lirez cela dans la rubrique Faits Divers.
  5. (En particulier) (Droit) Événement ou cas d’espèce dont il s’agit. — Note : Il s’emploie surtout dans les discussions, les contestations ou les plaidoiries.
    • Indépendamment de la précision avec laquelle l’hypothèse du fait non infractionnel est prévue et l'absence de faute, exigée, ce Code est également très clair en n’accordant d’indemnité qu'au condamné reconnu innocent. — (Adolphe Berlet, De la réparation des erreurs judiciaires: étude de la loi du 8 juin 1895 avec un tableau comparatif du texte de cette loi et des projets du gouvernement et des commissions parlementaires, Paris : Éditions A. Rousseau, 1896, page 45)
    • D'autres seront déportés pour fait de résistance : Benoît Jean, Bombardier Gabriel, Vouaux Jean. Souvent, dans un état de délabrement physique à leur retour, ils retrouveront leur village meurtri, par l’occupation et les luttes qui y eurent lieu. — (Jean Laurain, Brû, l'histoire de mon village, Remiremont : chez G. Louis, 1997)
  6. (Droit) Qui n’a pas fait l’objet d’un acte juridique ; par opposition au droit.
    • Moyens de fait et de droit.
    • Possession de fait, possession de droit.
    • Un gouvernement de fait : Un pouvoir récent qui n’existe en vertu d’aucun droit reconnu.
  7. (Philosophie) Qui établit l’existence de telle ou telle donnée constatable, contrairement à la question de droit qui en établit la légitimité.
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Fait : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FAIRE. (Je fais, tu fais, il fait; nous faisons, vous faites, ils font. Je fis. Je ferai. Fais. Que je fasse. Que je fisse. Faisant. Fait.) v. tr.
Créer, produire. Dieu a fait le ciel et la terre. Dieu a fait l'homme à son image. La nature est admirable dans tout ce qu'elle fait. Fam., Tous les jours que Dieu fait, Chaque jour. Cet enfant fait ses dents, Les dents lui viennent. Il signifie aussi Fabriquer, composer, en parlant de Toute œuvre matérielle de l'art, de l'industrie humaine, ou de l'instinct des animaux. Faire du pain. Faire de la pâte. Faire du vin, de l'huile. Faire du feu pour se chauffer. Faire de la glace par des procédés chimiques. Faire du sucre. Faire des bas, des chapeaux. Faire un habit. Ce magasin vend des vêtements tout faits. Faire de la tapisserie. Un oiseau qui fait son nid. Une araignée qui fait sa toile. Des castors qui font une digue. Les abeilles font leur miel. Faire le dîner, faire le déjeuner, Préparer le déjeuner, le dîner.

FAIRE se dit, dans le même sens, en parlant des Œuvres de l'intelligence et de l'imagination. Faire un traité sur une matière. Faire un livre, des vers, une pièce de théâtre, une symphonie, une statue. Un ouvrage fait à la main. Un dessin fait à la plume. Faire un calcul. Faire un récit, une description, des vers, de la prose, de l'histoire, de la musique, du théâtre, de la peinture. Cet auteur a trouvé sa besogne toute faite, dans tel ouvrage. Un écolier qui fait ses devoirs, sa version, son thème. C'est un conte fait à plaisir, C'est une nouvelle fausse, une histoire controuvée. Il se dit, dans un sens beaucoup plus général, en parlant de Tout ce qu'un sujet opère, effectue, exécute, accomplit, soit dans l'ordre physique, soit dans l'ordre moral. Le ciel fit un miracle en sa faveur. Faire une opération chirurgicale. Faire une cure. Faire une expérience. Faire du mal à quelqu'un. Faire un mouvement, un saut, un salut, un signal. Faire place. Faire attention. Faire silence. Faire du bruit. Faire un bon repas. Faire une fête, des réjouissances. Faire des affaires. Faire bien ses affaires. Faire banqueroute. Faire naufrage. Faire la guerre. Faire des prisonniers. Faire la paix, une trêve. Faire alliance. Faire un traité, un marché. Faire une promesse, un serment. Faire un mariage. Faire un achat. Faire achat. Faire un envoi. Faire une perte. Faire des dettes. Faire la moisson, la vendange, les foins. Faire la quête. Faire une prière, sa prière. Faire des vœux. Faire mention de quelqu'un, de quelque chose. Faire usage d'une chose. Faire la lecture à quelqu'un. Faire une bonne, une mauvaise action. Faire une bonne œuvre. Faire le bien. Faire le mal. Faire la charité, l'aumône. Faire un acte de courage. Faire des bassesses. Faire une injustice. Faire injustice. Faire justice. Faire une faute de langue. Faire un barbarisme, un solécisme. Faire une niche. J'ai fait ce que j'ai cru devoir faire. Faire une incartade, une folie, un coup de tête. Faites-moi ce plaisir. Que vous ai-je donc fait? Faire des civilités, des excuses. Faire des difficultés, des façons. Faire des caresses, des amitiés. Faire accueil. Faire honneur. Faire grâce. Faire quartier. Faire don, donation. Faire défense. Faire des plaintes, des remontrances. Faire résistance. Faire bonne contenance. Faire mine de vouloir s'en aller. On le dit également des Choses. Le bruit que fait le tonnerre. La mine fit explosion. Un volcan qui fait éruption. La grêle a fait du dégât. Cet ouvrage fait autorité. Cet événement fera époque dans notre histoire. Faire face, faire pendant, faire semblant. Voyez FACE, PENDANT, SEMBLANT. En termes de jeux de Cartes, Faire les cartes, Les mêler et les donner. Faire une levée. À divers jeux, Faire tant de points, Gagner tant de points. Faire le jeu, Mettre les enjeux. Dans cette acception, il se dit absolument en parlant des Jeux de cartes où chacun donne les cartes à son tour et de Certains autres jeux où chacun tour à tour est obligé de faire quelque chose. À qui est-ce à faire? C'est à vous à faire. Je viens de faire. Fam., Faire des siennes. Faire sa main. Voyez SIEN, MAIN. Faire quelque chose pour quelqu'un, Lui accorder ou lui faire obtenir quelque chose. Que n'ai-je pas fait pour te contenter. N'en rien faire, Se garder de faire la chose dont il s'agit, ne pas la faire. On voudrait qu'il partît, il est bien déterminé à n'en rien faire, Vous avez beau dire, je n'en ferai rien. Elliptiq., Se laisser faire, se dit d'une personne qui ne se défend pas, qui n'oppose point de résistance. On se jeta sur lui pour le battre, et il se laissa faire. Son tuteur l'a mariée, elle s'est laissé faire. Il se dit particulièrement de Certaines fonctions du service militaire. Faire l'exercice. Faire le guet. Faire la ronde. Faire la revue d'une armée. On dit dans un sens analogue, en termes de Marine, Faire le quart. Il se dit aussi, en parlant des Choses qui marquent espace et étendue, et qui s'exécutent et s'accomplissent par le mouvement d'un lieu à un autre. Faire des pas. Faire un tour d'allée, un tour de promenade, le tour de la ville. Faire une lieue à pied. Faire route. Faire des allées et venues. Faire une course, un voyage, un long trajet, un grand circuit. Cette planète fait sa révolution en tant de jours. Un homme qui fait tant de kilomètres par heure, qui fait plus de chemin en une heure qu'un autre en deux. Notre bâtiment faisait tant de nœuds à l'heure. Fig., Faire son chemin. Voyez CHEMIN. En termes de Marine, Faire voile, Se diriger à la voile vers un point déterminé. Faire le point, Déterminer par l'observation des astres la position exacte d'un navire sur la mer. Il signifie aussi Disposer, arranger, mettre dans l'état convenable. Faire une chambre. Faire un lit. Faire la couverture. Faire ses ongles, ou Se faire les ongles. Faire son visage, faire ses yeux, Peindre son visage, ses yeux.

FAIRE signifie aussi Amasser, assembler, mettre ensemble, en parlant d'Argent ou des autres choses dont on a besoin de se pourvoir. Il tâche de se faire quelque argent. Faire une somme. Faire ses provisions. Faire des bénéfices, faire fortune, faire des frais. Par extension, Cette pièce de théâtre ne fait pas d'argent. On dit dans un sens analogue, en termes de Marine, Faire les vivres. Faire du bois, du charbon. Faire de l'eau. Dans ce même sens, on dit, pour une machine ou une automobile, Faire de l'eau. Faire de l'essence. Faire eau. Voyez EAU. Il signifie encore Employer ses forces, ses talents, l'activité de son esprit à quelque chose; s'en occuper, y passer son temps. Faire un travail. Faire sa besogne. Il n'a rien fait de toute la journée. Il ne peut plus rien faire. Faire tout ce qu'on peut. Faire tous ses efforts. C'est un homme qui ne trouve rien de difficile à faire. Que ferez-vous tantôt? Je n'ai rien à faire. Qu'est-ce que fait cet homme? Quelle occupation, quelle profession a-t-il? Ce jeune homme ne fait rien. Il n'a pas d'emploi. (Voyez, vers la fin de l'article, l'emploi analogue de FAIRE, intransitif.) Bonne à tout faire, Domestique que l'on peut employer à tous les travaux du ménage, de la cuisine, etc. Fig., C'est un homme à tout faire, C'est un homme capable de tout. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Ne faire œuvre de ses dix doigts, Ne rien faire du tout, ne point travailler. Je ne puis, je ne sais que faire à cela, C'est une chose où je ne puis rien. Je n'y saurais que faire. Que voulez-vous que j'y fasse? Je n'y puis apporter de remède, cela ne dépend pas de moi. Ne faire que..., Ne travailler, ne s'occuper qu'à une certaine chose, n'en pouvoir faire d'autre, ou ne vouloir pas en faire d'autre, ne pas chercher à en faire d'autre. Il ne fait que ce qu'on lui dit. Cet ouvrier ne fait jamais que ce travail. Je ne fais ici qu'obéir. Je ne fais qu'exécuter les ordres que j'ai reçus. Il signifie également Être toujours ou presque toujours à faire une certaine chose. Il ne fait que jouer, qu'étudier, que dormir, qu'aller et venir, etc. Ne faire que... se dit encore en parlant d'une Action instantanée qui est immédiatement suivie de son résultat ou d'une autre action, d'un fait quelconque. Je ne fis que le toucher, et il tomba. Il n'a fait que paraître et disparaître. Il ne fit qu'entrer et sortir. Attendez-moi, je ne fais qu'aller et revenir. Ne faire que d'entrer, que d'arriver, que de s'éveiller, etc., N'être entré, arrivé, éveillé, etc., que depuis très peu de temps.

FAIRE signifie aussi Observer, mettre en pratique; et dans ce sens il se dit en parlant des Choses qui sont d'obligation et de précepte. Faire ce que Dieu ordonne. Faire ce qui est de son devoir. Faire son devoir. Il n'a fait que son devoir. Faire sa prière. Faire la pénitence qui est imposée. Faire ses Pâques. Faire maigre. Faire diète. Fais ce que dois, advienne que pourra. Voyez ADVENIR. Faire une fête, La célébrer. Faire les Rois. Faire le lundi, Passer le lundi à se reposer au lieu de travailler. Il se dit aussi de l'Exécution et de la pratique de certaines choses qu'on est obligé ou comme obligé d'accomplir, d'achever, de terminer en un certain temps. Faire la quarantaine. Faire quarantaine. Un lycéen qui fait son cours de philosophie, sa philosophie. Faire ses classes. Faire son droit, sa médecine. Un ouvrier qui fait son apprentissage. Un jeune homme qui a fait son service militaire. Faire son noviciat. Faire une neuvaine. Il se dit également en parlant des Différentes professions qu'on embrasse et des différents emplois, des différents métiers qu'on exerce. Faire les fonctions d'administrateur. Faire un métier. Faire le commerce, la banque, la commission. Faire la cuisine. Faire profession et Faire métier se disent encore dans d'autres sens propres et figurés qu'on indiquera aux mots MÉTIER et PROFESSION. Faire tel ou tel personnage signifie, par extension, Se donner pour avoir telle ou telle qualité. L'un devait faire le maître et l'autre le valet. Il signifie aussi Avoir les qualités de son état et de sa fonction. Il fit très bien son personnage. On dit aussi, figurément, Faire un sot personnage, un plat personnage, etc. Il se dit encore, par extension du sens précédent, de Quiconque cherche à paraître ou feint d'être ce qu'il n'est pas; et, dans cette acception, il se construit toujours avec un nom, ou avec un adjectif pris comme nom. Faire le grand seigneur. Faire l'homme d'importance. Faire l'esprit fort. Faire l'entendu. Faire le malade. Faire le mort. Faire le sourd. Faire la bête. On dit familièrement Faire le malin. Il signifie également Mettre de l'affectation à se montrer avec telle ou telle qualité. Faire le généreux, le magnifique. Faire l'aimable, le galant auprès des dames. Faire l'empressé. Faire le gentil. Il signifie souvent Se donner certaines apparences, prendre certains airs. Il veut faire le maître ici. Il fait l'impertinent. Il fait le fanfaron. Faire l'enfant. Faire le difficile. Faire le dégoûté. C'est à peu près dans le même sens qu'on dit : Faire les yeux doux. Faire bonne mine, bon visage à quelqu'un. Faire mauvaise mine, grise mine. Faire contre fortune bon cœur. Faire patte de velours. Etc. Fig. et fam., Faire maison nette, Chasser ses domestiques. Dans le sens qui précède, il se dit plus particulièrement, lorsqu'on parle des Personnes, par rapport aux professions, aux titres, aux dignités, etc.; et alors il est suivi d'un nom ou d'un adjectif attribut. Il a fait son fils avocat, médecin. Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur. Se faire prêtre, avocat, etc. Se faire catholique. Se faire mahométan. Se faire chef de parti. Fig., L'occasion fait le larron, Souvent l'occasion fait faire des choses répréhensibles, auxquelles on n'aurait pas songé. Il se construit fort souvent avec la préposition DE ou avec un sens équivalent, soit dans l'acception qui précède, soit dans le sens plus général de Changer, transformer en. Que ferez-vous de votre fils? On veut faire d'elle une institutrice. Celui dont il avait fait son ami, son confident, son ministre. Ce précepteur ne fera rien de son élève. On a fait de cet ancien théâtre une salle de bal. Fig., Faire d'une mouche un éléphant. Voyez MOUCHE. Prov. et fig., On ne saurait faire d'une buse un épervier. Voyez ÉPERVIER. Faire ses délices d'une chose, Y trouver beaucoup de plaisir, de charme, etc. Il fait ses délices de l'étude. En termes de Médecine, Faire de la neurasthénie, Être atteint de neurasthénie. Faire de la température, Avoir de la fièvre. Faire de quelque chose une obligation, un devoir, etc., L'imposer comme une obligation, etc. Je me fais une obligation, un devoir de vous en prévenir. On dit à peu près dans le même sens Se faire scrupule, se faire conscience de... Se faire gloire, se faire honneur de quelque chose, En tirer vanité, s'en tenir honoré. On dit, dans un sens analogue, Faire un mérite de quelque chose à quelqu'un. Ne me faites pas un mérite d'une action si naturelle. Suivi de la préposition DE, il signifie quelquefois particulièrement Employer quelqu'un ou quelque chose, en disposer, en tirer parti de façon ou d'autre. Que voulez-vous que je fasse de cet homme-là? il ne sait rien. Vous ne faites rien de ce meuble-là, vous n'en faites rien. Faites de cela ce que vous jugerez à propos. Il ne sait que faire de son temps. Fig. et fam., Faites-en des choux et des raves. Voyez CHOU. Fig., Faire ce qu'on veut d'une personne se dit en parlant de Quelqu'un qui se prête volontiers aux désirs, aux vues d'une autre. C'est un homme dont on fait tout ce qu'on veut. C'est une femme difficile à gouverner, on n'en fait pas ce qu'on veut. N'avoir que faire de quelqu'un ou de quelque chose, N'en avoir aucun besoin. Si vous n'avez que faire de ce livre, prêtez-le-moi. Ce sont des bibelots dont je n'ai que faire. Il n'a plus que faire d'étudier, il en sait assez. Je n'ai que faire de vous présentement, allez où vous voudrez. On le dit aussi Pour marquer qu'on ne fait nul cas d'une personne ou d'une chose. Je n'ai que faire de lui ni de ses visites. On se sert encore de la même manière de parler Pour faire connaître qu'on désapprouve quelque chose, qu'on le trouve mauvais. Je n'ai que faire de vos discours, de vos réclamations.

FAIRE signifie aussi Dire, prétendre, publier qu'une chose est, en donner une certaine opinion. On le fait plus riche qu'il ne l'est. Il se fait beaucoup plus malade qu'il ne l'est. Se faire plus riche, plus pauvre, plus jeune qu'on ne l'est réellement. Se faire fort de réussir. Voyez FORT. Il a quelquefois le sens du verbe Dire. Je le croyais, fit-elle. J'irai avec vous, lui fis-je. En parlant de Choses que l'on veut vendre, il s'emploie pour marquer le Prix qu'on en demande. Combien faites-vous cette étoffe-là? Vous la faites trop cher. Il signifie aussi Accoutumer, habituer. Les voyages l'ont fait à la fatigue. Il est fait au chaud et au froid. Nous sommes faits à vos plaisanteries, à votre badinage. Mon estomac n'est pas fait à ce genre d'aliments. Se faire au bruit. Se faire à tout. Se faire aux manières de quelqu'un. Se faire la main. Il signifie également Former, façonner, perfectionner quelqu'un. Ce général a fait de bons officiers. Ce professeur a fait de bons écoliers. Les affaires font les hommes. C'est un jeune homme qui se fera peu à peu. Ces jeunes magistrats se feront par la pratique des affaires. Ce vin n'a pas encore eu le temps de se faire. Il se dit encore de Deux ou de plusieurs choses qui, par leur union, leur assemblage, servent à former, à composer, à constituer un tout, une seule chose. Deux et deux font quatre. Toutes ces sommes ensemble font tant. Deux lignes qui se coupent font un angle. Ces forêts, ces ruisseaux, ces montagnes, tout cela ensemble fait un beau pays. Il se dit également de Ce qui est l'essence d'une chose, de ce en quoi elle consiste. Ce qui fait la qualité du vin. Le spectacle faisait le beau de la fête. La clarté fait le principal mérite de son style. Voilà ce qui fait l'objet de mes recherches. Ce fils fait toute la joie de sa mère. Prov. et fig., L'habit ne fait pas le moine. Voyez HABIT. Il signifie aussi Causer tel ou tel résultat ou en être l'occasion. Ce remède m'a fait beaucoup de bien. Se faire des amis. Cela lui a fait une affaire, lui a fait beaucoup d'ennemis. Ces propos lui ont fait tort. Il s'est fait tort à lui-même. Une femme qui a fait de grandes passions. Faire école. Cela fait mal à voir. Faire peur. Faire honte. Faire peine. Faire pitié. Faire envie. Faire plaisir. Faire du chagrin. Il ne faut faire de peine, de la peine à personne. Cette affaire-là fait grand bruit. Cette nouvelle a fait sensation. Cela fit révolution. On dit à peu près dans le même sens : Faire des jaloux, des mécontents, des dupes. Faire des heureux. C'est ce qui fait que les choses vont si mal. Cela ne fera que l'irriter davantage. Faites, je vous prie, que cela soit bientôt terminé. C'est à vous à faire que rien ne manque. Nous ferons en sorte qu'ils n'aient pas lieu de se plaindre. Pouvais-je faire que cela n'arrivât point? Fasse le ciel que... Fig. et fam., Cela ne me fait ni froid ni chaud. Voyez CHAUD. Il se construit, dans un sens à peu près pareil, avec un infinitif et se dit de Tout ce qui est la cause prochaine ou éloignée de quelque chose, de tout ce qui donne lieu à une chose, à une action. L'opium fait dormir. Cela l'a fait durer un peu plus longtemps. C'est ce qui le fait vivre. On lui a fait souffrir de grands maux. Faire agir des personnes puissantes. Faire dire, faire savoir quelque chose à quelqu'un. C'est moi qui le lui ai fait connaître. Je les ai fait chercher partout. Faire bâtir. Se faire faire un habit. Faire imprimer, faire paraître un livre. Cette femme s'est fait peindre. Sa partie l'a fait condamner aux dépens. Faire entrer, faire sortir quelqu'un. La lettre qu'il m'a fait tenir, qu'il m'a fait passer, qu'il m'a fait parvenir. Cette pièce a fait courir tout Paris. Faire marcher des troupes. Il ne put parvenir à se faire entendre. On n'a jamais pu lui faire entendre raison. Se faire aimer. Se faire haïr. Se faire dire une chose deux fois. Il signifie aussi Avoir de l'influence, du pouvoir. Il fait tout dans cette maison. Le mérite fait plus auprès de lui qu'aucune recommandation. Auprès de certaines gens l'argent fait tout. Faire la pluie et le beau temps. Voyez PLUIE.

FAIRE, en termes de Grammaire, se dit des Mots et signifie Prendre telle ou telle terminaison. Cheval fait au pluriel chevaux. Aimer fait au futur j'aimerai. Il se dit quelquefois pour Importer, concerner, être de quelque considération. Cela ne fait rien à l'affaire. Cela ne fait rien, absolument rien. Qu'est-ce que cela lui fait? Que me font ses propos? Que peut vous faire l'opinion de ces gens-là? Cela fait beaucoup, fait plus qu'on ne pense. Fam., Qu'est-ce que cela fait là? À quoi cela sert-il dans ce lieu-là? Il s'emploie souvent pour éviter la répétition du verbe précédent et alors il en tient la place. Ainsi on dit : Cet homme n'aime plus tant le jeu qu'il faisait, Il ne l'aime plus tant qu'il l'aimait. Il répondit comme les autres avaient fait, Il répondit comme les autres avaient répondu. Nous nous entretînmes de cette nouvelle comme nous aurions fait de toute autre chose, Comme nous nous serions entretenus de toute autre chose. On ne doit pas confondre cet emploi avec un tour usité dans certains cas où FAIRE, conservant la signification qui lui est propre, celle d'Exécuter, d'opérer, d'effectuer, etc., a pour complément le pronom le, qui représente un verbe précédent. Il voudrait partir, mais il ne peut le faire (faire cela, l'action de partir) sans autorisation. Quoiqu'il ait tous les moyens de vous obliger, il ne le fera pas.

FAIRE se dit absolument en parlant des Jeux de cartes où chacun donne les cartes à son tour, et de Certains autres jeux où chacun tour à tour est obligé de faire quelque chose. À qui est-ce à faire? C'est à vous à faire. Je viens de faire. Il s'emploie comme intransitif dans le sens d'Agir. Faire bien. Faire mal. Il a fait en cela comme vous auriez fait. Il a fait de son mieux. Vous n'auriez pas fait mieux. Il ferait mieux, je crois, de rester. Comment faire? Comment ferons-nous? Laissez-le donc faire, il saura bien se tirer d'embarras. Il n'en veut faire qu'à sa tête. Faire à qui mieux mieux. Il a tant fait, il a si bien fait qu'il en est venu à bout. Il a si bien fait par ses sottises qu'on a fini par le renvoyer. Si on le laisse faire, il sera bientôt maître de tout. Avoir fort à faire, Avoir beaucoup à travailler pour venir à bout de quelque chose. Vous aurez fort à faire, si vous entreprenez de le corriger. Il y a fort à faire dans cette entreprise. Il se dit encore intransitivement pour Être convenable, produire un effet agréable. Ces deux choses font fort bien ensemble. L'or fait bien avec le vert. Ce tableau ne fait pas bien où il est; il ferait mieux ailleurs. Il signifie en outre familièrement Se décharger le ventre. Cet enfant a fait dans sa chemise. Ce malade a fait sous lui. Il s'emploie impersonnellement pour indiquer l'État de l'atmosphère du temps, ou quelque phénomène, quelque révolution atmosphérique. Il fait nuit. Il fait jour. Il fait chaud. Il fait froid. Il ne fait pas encore jour. Il fait beau. Il fait beau temps. Il fait du vent, de la pluie, de l'orage. Il fait bon. Il fait frais. Il fait doux. Il fait sec. Sortirez-vous par le temps qu'il fait? Il s'emploie de même impersonnellement pour marquer la Nature, l'état, la disposition les qualités de certaines choses. Il fait bon vivre dans ce pays. Il ne fait pas bon de se frotter à cet homme-là.

SE FAIRE signifie Être praticable, être produit, formé, exécuté, arriver, venir à être. Si c'est une chose qui se puisse faire, je vous en aurai obligation. Si cela se peut faire, je serai ravi. Ces choses-là ne se font pas aisément. On croit que le mariage se fera bientôt. Si la paix se fait. Prov., Paris ne s'est pas fait en un jour, se dit pour exprimer qu'Il y a des choses qu'on ne peut faire qu'avec beaucoup de temps. Il signifie aussi familièrement Devenir. Un enfant qui se fait grand. Il signifie absolument S'améliorer avec le temps. Ce vin a le goût âpre : il se fera en bouteille.

SE FAIRE s'emploie aussi impersonnellement dans le sens d'Être, arriver. Il s'est fait beaucoup de fentes dans cette muraille. Il se fit un moment de silence. Il se fait bien des choses qu'on s'explique mal. On ne sait comment cela s'est fait. Se peut-il faire que vous n'en sachiez rien? Il pourrait se faire que... On dit de même Il se fait tard, il se fait nuit, Le jour commence à baisser, la nuit commence à venir. Cela se fait se dit surtout des Actes de politesse ou de cérémonie qu'il est convenable d'accomplir en telle ou telle circonstance. Vous auriez dû envoyer une carte, cela se fait toujours. Dites-moi, je vous prie, ce qui se fait en pareille circonstance. Cela ne se fait pas.

FAIRE se prend quelquefois substantivement, comme dans ces phrases : Il y a loin du vouloir au faire. Le dire et le faire sont deux. Il vieillit. Il se dit plus ordinairement, en termes de Peinture, de Gravure et de Sculpture, de la Manière de peindre, de sculpter, de graver. Le faire de ce peintre. Cet artiste a un faire large et vigoureux. Cela vaut fait signifie Regardez la chose comme faite. On dit aussi C'est une affaire faite, surtout lorsqu'on veut faire entendre qu'il n'y a plus à revenir sur la chose dont il s'agit. Voilà qui est fait, La chose est décidée. Fam., C'est bien fait, Vous l'avez bien mérité. C'est fait de moi; C'en est fait de nous se dit d'un Événement malheureux qu'on ne peut empêcher. C'est un fait exprès, c'est comme un fait exprès. Voyez EXPRÈS. Ce qui est fait est fait se dit pour engager à ne plus parler d'un malheur, d'une faute qu'il est impossible de réparer. Être fait à, Être habitué à. Il n'est pas encore fait à ce métier, au climat et aux habitudes du pays. Être fait pour, Être propre à, être capable de. Cela se dit des personnes et des choses, et tant en bonne qu'en mauvaise part. Cet homme n'est pas fait pour un pareil emploi. Il semble fait pour réussir en toutes choses. Cette nouvelle était bien faite pour l'affliger. Comme le voilà fait! se dit de Quelqu'un qui est plus mal vêtu, plus négligé qu'à l'ordinaire, ou qui n'a pas si bon visage qu'il a coutume d'avoir. On dit quelquefois, figurément et familièrement dans le premier sens, Être fait comme un voleur. Être bien fait, fait à ravir, fait à peindre; et, figurément, Être fait au tour, Être beau, de belle taille et de bonne mine. Dans le sens contraire, Être mal fait, Être laid, mal formé. Un homme bien fait et de bonne mine. Une femme bien faite. Cette jeune fille est faite au tour. Un petit homme mal fait et mal bâti. On dit de même Être bien fait de sa personne. On dit encore, dans un sens analogue, Avoir la taille bien faite, mal faite; la jambe bien faite. Fig., Un esprit bien fait, Un esprit sain et droit. Avoir la tête mal faite; l'esprit mal fait, Être bizarre, déraisonnable, sans jugement. Fig. et par ironie, En aura-t-il la jambe mieux faite? Cela lui fait une belle jambe, Cela ne l'avance à rien, se dit en parlant d'une Chose dont quelqu'un tire vanité, et qui ne lui est d'aucun avantage. Un homme fait, Un homme qui est dans un âge mûr. Ce fromage est fait, n'est pas fait, Il est temps, il n'est pas temps de le manger. Viande trop faite, Viande avancée, faisandée. Phrase toute faite, Façon de parler particulière qui est consacrée par l'usage. Porter le flambeau de la civilisation est une phrase toute faite. Si fait, Façon de parler elliptique qui, dans les réponses, sert à affirmer fortement ce qu'un autre nie on met en doute. Vous ne me connaissez pas? Si fait, je vous connais bien. Vous ne voulez pas? Si fait.

Fait : définition du Littré (1872-1877)

FAIT (fè, fè-t') part. passé de faire
  • 1Formé, exécuté. L'homme fait à l'image de Dieu. Un tertre fait de main d'homme. Ce tailleur vend des habits tout faits.

    Familièrement. Ce n'est ni fait ni à faire, se dit d'un travail mal fait, et, particulièrement, d'un travail littéraire, d'une rédaction, etc.

    Fig. Suivez le roi, seigneur, votre ambassade est faite, Corneille, Nicom. III, 2. Je pourrais décider, car ce droit m'appartient ; Mais rapportons-nous-en. - Soit fait, dit le reptile, La Fontaine, Fabl. X, 2.

    C'est une nouvelle, une histoire, un conte fait à plaisir, la nouvelle, l'histoire est controuvée, le conte n'a rien de vrai.

    C'est un grand pas de fait, on a beaucoup avancé ce dont il s'agit.

    C'est judicieusement fait à lui, il a agi judicieusement. C'est fort bien fait à vous, Molière, le Fest. I, 2.

    Tout est fait, rien autre n'est nécessaire. Dans toutes les assemblées qui s'étaient tenues jusqu'alors dans le parti, dès que Luther y était et qu'il avait parlé, Mélanchthon nous apprend lui-même que les autres n'avaient qu'à se taire, et tout était fait, Bossuet, Var. IV, § 33. On croit que tout est fait quand on a rempli ce devoir, Massillon, Carême, Culte.

    Voilà qui est fait, la chose est décidée. Voilà qui est fait, votre frère va nous quitter, Sévigné, 63. Oh ! voilà qui est fait ; je renonce à toutes les femmes et à tous les trésors du monde, Marivaux, Surpr. de l'amour, I, 2. Voilà qui est fait, je n'aimerai plus d'impératrice de ma vie, Voltaire, Lett. à Catherine, 138.

    Cela vaut fait, c'est comme si la chose était faite. Il suffit que le mort soit venu m'en instruire ; Cela vaut fait…, Hauteroche, le Deuil, sc. 5.

    On dit de même. Tenez cela pour fait.

    Aussitôt dit, aussitôt fait, se dit pour exprimer que l'action suit aussitôt la parole.

    Familièrement. C'est fait pour moi, cela semble fait pour moi, n'est fait que pour moi, cela n'arrive qu'à moi, en parlant de désagréments, de malheurs.

    On dit de même : C'est un fait exprès, c'est comme un fait exprès. Se pourrait-il… elle aussi… c'est donc un fait exprès, Picard, Trois quartiers, II, 13.

    C'est une affaire faite, exprime que la chose est terminée, et aussi qu'il n'y a plus à revenir là-dessus.

    Est-ce fait ? se dit communément pour demander si une chose est achevée.

    C'est fait, se dit pour avertir que la chose est achevée.

    Est-ce fait ? se dit dans les jeux des enfants pour demander si celui qui doit chercher peut commencer ; en cas d'affirmation, on répond : fait.

  • 2Bien fait, mal fait, ayant le corps bien ou mal proportionné. Si pour toucher son cœur j'étais assez bien faite, Corneille, Agésil. II, 7. Il est noble chez lui, bien fait de sa personne, Molière, Tart. II, 3. Bien fait de corps, La Fontaine, Mandr. Cela serait plaisant que votre fille ne fût pas bien faite, Sévigné, 19.

    Fait à peindre, dont le corps est tellement bien fait qu'il mériterait de servir de modèle à un peintre. C'était une grande fille faite à peindre, qui se mettait bien, qui marchait comme une déesse, Hamilton, Gramm. ch. 9.

    On dit dans le même sens : fait à plaisir, fait à ravir, fait au tour ou au moule.

    Avoir la taille bien faite, mal faite, avoir une belle taille, une vilaine taille. Avoir la jambe bien faite, mal faite, bien, mal conformée.

    Ironiquement. Cela lui rend la jambe bien faite, se dit de quelque chose dont on tire avantage, mais qui ne peut être d'aucune utilité.

  • 3Constitué, disposé. Je ne sais pas comme sont faites vos beautés d'Asie, mais je vous assure que cinq ou six des plus belles personnes de l'Europe sont devenues amoureuses de vous, Voiture, Lett. 121. Des Parthes le mieux fait d'esprit et de courage, Corneille, Suréna, I, 1. Le sort avait raison, tous gens sont ainsi faits ; Notre condition jamais ne nous contente, La Fontaine, Fabl. VI, 11. Dire d'un, puis d'un autre, est-ce ainsi que l'on traite Les gens faits comme moi ? me prend-on pour un sot ? La Fontaine, ib. IV, 16. On est faite d'un air, je pense, à pouvoir dire Qu'on n'a pas pour un cœur soumis à son empire, Molière, Femmes sav. II, 3. Il ajoute qu'il est fait ainsi et qu'il dit ce qu'il pense, La Bruyère, V. Voyez, mon cher Télémaque, comme les hommes sont faits ! vous voilà tout désolé parce que vous avez vu votre père sans le reconnaître, Fénelon, Tél. XXIV. Les hommes sont faits de façon qu'ils veulent bien commettre le mal, mais ils ne veulent pas qu'on le leur prêche, Voltaire, Dict. phil. Fraude. Les ennuyeux et les pervers Composent ce vaste univers ; Le monde est fait comme la France, Voltaire, Épît. 92. Messieurs les Parisiens s'imaginent toujours que le reste de la terre est fait comme le faubourg Saint-Germain et le quartier du Palais-Royal, Voltaire, Lett. Thibouville, 11 janv. 1776. Mon cher et respectable ami, comment donc sont faits les grands hommes, si celui-là [le roi de Prusse] n'en est pas un ? Voltaire, Lett. d'Argental, 1 sep. 1750. Il faut avouer que, s'il y a eu de la raison dans sa conduite, cette raison n'était pas faite comme celle des autres hommes, Voltaire, Russie, II, 1.

    Esprit bien fait, mal fait, personne dont la raison est, n'est pas saine et droite. C'est aux rois, c'est aux grands, c'est aux esprits bien faits…, Corneille, Hor. v, 3. Les choses les plus simples ne se font pas d'elles-mêmes, et elles se font toujours mal par les esprits mal faits, Fénelon, Éduc. des filles, 13. Je sais que tous les lieux sont égaux pour les esprits bien faits, mais il n'en est pas de même quand les esprits bien faits ont des cœurs sensibles, Voltaire, Lett. Chauvelin, 25 août 1763.

    On dit dans un sens analogue, avoir le cœur bien fait. Consultez-vous, et soyez mes témoins, Ô mes lecteurs ! ou consultez du moins Ces cœurs bien faits, où la vertu sincère Ne fut jamais une plante étrangère, Malfilâtre, Narcisse, ch. I.

    Avoir la tête mal faite, être bizarre, déraisonnable.

  • 4Constitué en une certaine dignité. Les princes à faire ne peuvent se passer de ces gens-là [les bons conseillers], et les princes faits en ont grand besoin, Guez de Balzac, De la cour, 1er disc.
  • 5Habitué. Mais votre bras au crime est plus fait que le mien, Corneille, Rodog. V, 4. Car les femmes y sont faites à coqueter, Molière, Éc. des f. I, 6. Il y a soixante ans que j'y suis accoutumé [à la calomnie], mais je n'y suis pas encore entièrement fait, Voltaire, Lett. à d'Alembert, 108.
  • 6Être fait pour, être propre à, capable de. Cet homme n'est pas fait pour un pareil emploi. Une duchesse de Berry était faite pour lui céder ses dames [à la duchesse de Bourgogne], quand il lui plairait de les vouloir prendre, Saint-Simon, 269, 136. Cette manière d'écrire n'est pas faite pour aller à la postérité, Voltaire, Phil. III, 107. Un homme que la perte trouble… un homme avare ne sont pas plus faits pour jouer, que ceux qui ne peuvent atteindre à l'esprit de combinaison, Vauvenargues, Du jeu.
  • 7Destiné. Qui de l'âne ou du maître est fait pour se lasser, La Fontaine, Fab. III, 1. Ses maximes [du duc de Bourgogne] étaient que les rois sont faits pour les sujets, et non les sujets pour les rois, Duclos, Règne de Louis XIV, Œuvres, t. V, p. 51, dans POUGENS. Non, non le consulat n'est point fait pour son âge, Voltaire, Brutus, II, 4. De ce bonheur qui semblait fait pour tous, Le beau Narcisse, Écho, sa belle amante, Sont privés seuls par un pouvoir jaloux, Malfilâtre, Narcisse, ch. II.

    N'être fait que pour, être destiné seulement à. Ce que je vous dis là au reste n'est fait que pour vous, mademoiselle ; vous le sentez bien, Marivaux, Marianne, IIe part.

  • 8Habillé, arrangé. Suis-je fait en voleur ou bien en assassin ? Corneille, Suite du Ment. 1, 1. Je suis dehors, faite comme un loup-garou, Sévigné, 231. La véritable reine reprenait un teint frais et vermeil ; mais elle était crasseuse, court-vêtue et faite comme un petit torchon qu'on a traîné dans les cendres, Fénelon, t. XIX, p. 5.

    Comme le voilà fait ! se dit de quelqu'un plus mal vêtu, plus mal arrangé que d'ordinaire, et aussi de quelqu'un qui n'a pas aussi bon visage que d'habitude. Dieu, comme êtes-vous fait ! Régnier, Sat. X. Comme le voilà fait ! Débraillé, mal peigné, l'œil hagard…, Regnard, Joueur, I, 7.

    On dit de même : être fait comme un voleur.

    Être fait comme il plaît à Dieu, se dit d'une personne dont les vêtements sont en désordre.

  • 9Accompli. On n'a jamais pris le deuil des enfants de la reine quand ils n'avaient pas sept ans faits, Saint-Simon, 299, 73.

    Homme fait, homme arrivé à la force de l'âge. Il [le peuple] ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus, Montesquieu, Esp. IV, 5. En vérité, je suis presque amoureux Non d'une jeune enfant, mais d'une femme faite, Collin D'Harleville, Vieux célib. IV, 2.

    C'est déjà un homme fait, en parlant d'un jeune garçon qui grandit, qui devient sage, capable. Je me croyais déjà un homme fait, Fénelon, Tél. III.

    Terme de manége. Cheval fait, qui n'est plus jeune et qui est dressé.

    Il se dit aussi des choses qui ont atteint leur plus haut point. Votre style est devenu comme on peut le souhaiter ; il est fait et parfait, Sévigné, 145. Quelques gens de lettres dont la réputation soit faite et dont le témoignage ait du poids, Genlis, Veillées du château t. III, p. 105, dans POUGENS.

  • 10Qui est à point pour être mangé. De la viande faite. Le fromage est fait.
  • 11 Terme de marine. Vent fait, vent qui a déjà soufflé quelque temps dans un certain rumb et qu'on croit devoir durer.

    On dit de même : temps fait. Le flot, le jusant sont faits, lorsque le courant en a atteint sa vitesse moyenne.

  • 12Phrase faite, phrase consacrée dans sa construction et dans laquelle on ne peut rien changer. Les idiotismes sont des phrases faites. Il y a un certain nombre de phrases toutes faites que l'on prend comme dans un magasin et dont l'on se sert pour se féliciter les uns les autres sur les événements, La Bruyère, VIII.

    Mot fait, mot autorisé par l'usage. Ce mot est fait, n'est pas fait.

  • 13À prix fait, à prix convenu. Les impudicités les plus monstrueuses avaient leur prix fait, Voltaire, Mœurs, 127.
  • 14Toutes charges faites, toutes charges payées. La Silésie, laquelle vaut par an à son vainqueur quatre millions sept cent mille écus d'Allemagne, toutes charges faites, Voltaire, Lett. Thiriot, 9 oct. 1742.
  • 15C'en est fait, la chose est accomplie. Mais puisque c'en est fait, le mal est sans remède, Corneille, Cid, II, 1. C'en est fait : on dira que Phèdre trop coupable De son époux trahi fuit l'aspect redoutable, Racine, Phèd. III, 3.

    C'en est fait, se dit aussi pour indiquer une résolution irrévocablement prise. C'en est fait, je m'expatrie.

  • 16C'est fait de moi, je suis perdu. C'est fait de votre vie et je vous le promets, Corneille, Nicom. v, 7. S'il m'échappait un mot, c'est fait de votre vie, Racine, Bajaz. II, 1. Mentor m'abandonne, c'est fait de moi, Fénelon, Tél. VII.

    On trouve aussi : C'en est fait de. Nous sommes tous perdus, c'en est fait d'Israël, Racine, Esth. I, 3. C'en était fait de lui et de son armée, si sa bonne fortune ne lui eût envoyé Varron, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 433, dans POUGENS.

    La locution c'en est fait de… n'est pas grammaticalement explicable ; on oublie le rapport exprimé par en, et on l'exprime de nouveau par de ; il y a pléonasme vicieux ; et, bien que Racine et Rollin s'en soient servis, il ne faut pas les imiter.

  • 17 Terme de beaux-arts. Le bien fait, le mal fait, l'exécution bonne ou mauvaise d'un tableau, d'un dessin, particulièrement en ce qui concerne les détails et leur arrangement.

PROVERBES

Ce qui est fait est fait, quand une chose est accomplie, il faut en prendre son parti.

Ce qui est fait n'est pas à faire, quand on peut faire une chose, il ne faut pas la différer à un autre temps ; et aussi, il ne faut pas revenir sur ce qui est fait. Vous critiquez, vous dites qu'il fallait s'y prendre autrement, mais ce qui est fait n'est pas à faire.

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Fait : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* FAIT, s. m. Voilà un de ces termes qu’il est difficile de définir : dire qu’il s’employe dans toutes les circonstances connues où une chose en général a passé de l’état de possibilité à l’état d’existence, ce n’est pas se rendre plus clair.

On peut distribuer les faits en trois classes ; les actes de la divinité, les phénomenes de la nature, & les actions des hommes. Les premiers appartiennent à la Théologie, les seconds à la Philosophie, & les autres à l’Histoire proprement dite. Tous sont également sujets à la critique. Voyez sur les actes de la divinité, les articles Certitude & Miracle ; sur les phénomenes de la nature, les articles Phénomene, Observation, Expérimental & Physique ; & sur les actions des hommes, les articles Histoire, Critique, Erudition, &c.

On considéreroit encore les faits sous deux points de vûe très-généraux : ou les faits sont naturels, ou ils sont surnaturels ; ou nous en avons été les témoins oculaires, ou ils nous ont été transmis par la tradition, par l’histoire & tous ses monumens.

Lorsqu’un fait s’est passé sous nos yeux, & que nous avons pris toutes les précautions possibles pour ne pas nous tromper nous-mêmes, & pour n’être point trompés par les autres, nous avons toute la certitude que la nature du fait peut comporter. Mais cette persuasion a sa latitude ; ses degrés & sa force correspondent à toute la variété des circonstances du fait, & des qualités personnelles du témoin oculaire. La certitude alors fort grande en elle-même, l’est cependant d’autant plus que l’homme est plus crédule, & le fait plus simple & plus ordinaire ; ou d’autant moins que l’homme est plus circonspect, & le fait plus extraordinaire & plus compliqué. En un mot qu’est-ce qui dispose les hommes à croire, sinon leur organisation & leurs lumieres ? D’où tireront-ils la certitude d’avoir pris toutes les précautions nécessaires contr’eux-mêmes & contre les autres, si ce n’est de la nature du fait ?

Les précautions à prendre contre les autres, sont infinies en nombre, comme les faits dont nous avons à juger : celles qui nous concernent personnellement, se réduisent à se méfier de ses lumieres naturelles & acquises, de ses passions, de ses préjugés & de ses sens.

Si le fait nous est transmis par l’histoire ou par la tradition, nous n’avons qu’une regle pour en juger ; l’application peut en être difficile, mais la regle est sûre ; l’expérience des siecles passés, & la nôtre. S’en tenir à son coup-d’œil, ce seroit s’exposer souvent à l’erreur ; car combien de faits qui sont vrais, quoique nous soyons naturellement disposés à les regarder comme faux ? & combien d’autres qui sont faux, quoiqu’à ne consulter que le cours ordinaire des évenemens, nous ayons le penchant le plus fort à les prendre pour vrais ?

Pour éviter l’erreur, nous nous représenterons l’histoire de tous les tems & la tradition chez tous les peuples, sous l’emblème de vieillards qui ont été exceptés de la loi générale qui a borné notre vie à un petit nombre d’années, & que nous allons interroger sur des transactions dont nous ne pouvons connoître la vérité que par eux. Quelque respect que nous ayons pour leurs récits, nous nous garderons bien d’oublier que ces vieillards sont des hommes ; & que nous ne saurons jamais de leurs lumieres & de leur véracité, que ce que d’autres hommes nous en diront ou nous en ont dit, & ce que nous en éprouverons nous-mêmes. Nous rassemblerons scrupuleusement tout ce qui déposera pour ou contre leur témoignage ; nous examinerons les faits avec impartialité, & dans toute la variété de leurs circonstances ; & nous chercherons dans le plus grand espace que nous puissions embrasser sur la terre que les hommes ont habitée, & dans toute la durée qui nous est connue, combien il est arrivé de fois que nos vieillards interrogés en des cas semblables, ont dit la vérité ; & combien de fois il est arrivé qu’ils ont menti. Ce rapport sera l’expression de notre certitude ou de notre incertitude.

Ce principe est incontestable. Nous arrivons dans ce monde, nous y trouvons des témoins oculaires, des écrits & des monumens ; mais qu’est-ce qui nous apprend la valeur de ces témoignages, sinon notre propre expérience ?

D’où il s’ensuit que puisqu’il n’y a pas deux hommes sur la terre qui se ressemblent, soit par l’organisation, soit par les lumieres, soit par l’expérience, il n’y a pas deux hommes sur lesquels ces symboles fassent exactement la même impression ; qu’il y a même des individus entre lesquels la différence est infinie : les uns nient ce que d’autres croyent presque aussi fermement que leur propre existence ; entre ces derniers il y en a qui admettent sous certaines dénominations, ce qu’ils rejettent opiniâtrément sons d’autres noms ; & dans tous ces jugemens contradictoires ce n’est point la diversité des preuves qui fait toute la différence des opinions, les preuves & les objections étant les mêmes, à de très petites circonstances près.

Une autre conséquence qui n’est pas moins importante que la précédente, c’est qu’il y a des ordres de faits dont la vraissemblance va toûjours en diminuant, & d’autres ordres de faits dont la vraissemblance va toûjours en augmentant. Il y avoit, quand nous commençames à interroger les vieillards, cent mille à présumer contre un qu’ils nous en imposoient en certaines circonstances, & nous disoient la vérité en d’autres. Par les expériences que nous avons faites, nous avons trouvé que le rapport varioit d’une maniere de plus en plus défavorable à leur témoignage dans le premier cas, & de plus en plus favorable à leur témoignage dans le second ; & en examinant la nature des choses, nous ne voyons rien dans l’avenir qui doive renverser les expériences, ensorte que celles de nos neveux attestent le contraire des nôtres : ainsi il y aura des points sur lesquels nos vieillards radoteront plus que jamais, & d’autres sur lesquels ils conserveront tout leur jugement, & ces points feront toûjours les mêmes.

Nous connoissons donc sur quelques faits, tout ce que notre raison & notre condition peuvent nous permettre de savoir ; & nous devons dès aujourd’hui rejetter ces faits comme des mensonges, ou les admettre comme des vérités, même au péril de notre vie, lorsqu’ils seront d’un ordre assez relevé pour mériter ce sacrifice.

Mais qui nous apprendra à discerner ces sublimes vérités pour lesquelles il est heureux de mourir ? la foi. Voyez l’article Foi.

Fait, (Jurisprud.) Ce terme a dans cette matiere plusieurs significations différentes, que l’on va expliquer dans les articles suivans.

De fait est opposé à de droit ; par exemple, être en possession de fait, c’est avoir la simple détention de quelque chose ; au lieu qu’être en possession de droit, c’est avoir l’esprit de propriété ; être en possession de fait & de droit, c’est joindre à l’esprit de propriété la possession réelle & corporelle.

Il y a des excommunications qui sont encourues par le seul fait, ipso facto. Voyez ci-devant Excommunication. (A)

Faits d’un acte : on entend par-là les objets d’une convention. On évalue à une certaine somme les faits d’un acte, c’est-à-dire les objets qui n’ont pas par eux-mêmes de valeur déterminée, comme une servitude, ou autre droit réel ou personnel. Cette évaluation a pour but de servir à fixer les droits d’insinuation & centieme denier. (A)

Faits et Articles, appellés dans les anciens registres du parlement, articuli, sont des faits posés par écrit, & dont une partie se soûmet de faire preuve, ou sur lesquels elle entend faire interroger sa partie adverse, pour se procurer par ce moyen quelques éclaircissemens sur les faits dont il s’agit. Voyez Enquête, Interrogatoire sur Faits et Articles, & Preuve testimoniale. (A)

Fait articulé, est celui qu’une des parties contestantes, ou son défenseur, pose spécialement, soit en plaidant, soit dans des écritures. C’est un fait sur lequel on insiste comme étant décisif, & que l’on articule, c’est-à-dire dont on forme un article que l’on met en-avant, & dont on se soûmet à faire la preuve, soit que cette preuve soit expressément offerte, ou que l’on s’y soûmette tacitement en articulant le fait. Voyez Articuler. (A)

Fait avéré, est celui dont la vérité est prouvée & reconnue, soit par titres, ou par témoins, ou par la déclaration, ou le silence de la partie intéressée : lorsque l’on interpelle quelqu’un de répondre ou s’expliquer sur des faits, & qu’il refuse de le faire, on demande que les faits soient tenus pour confesses & avérés. Voyez le titre de l’ordonnance de 1667, article 4. (A)

Fait d’autrui, est tout ce qui est fait, dit, ou écrit par quelqu’un, relativement à une autre personne : c’est ce que l’on appelle communément en Droit, res inter alios acta. Il est de maxime que le fait d’autrui ne préjudicie point à un autre. L. 5. §. ff. lib. XXXIX. tit. j. Cette regle reçoit néanmoins quelques exceptions ; savoir lorsque celui qui a agi pour autrui, avoit le pouvoir de le faire, comme un tuteur pour son mineur ; un associé qui agit tant pour lui que pour son associé. (A)

Fait d’une Cause, Mémoire, piece d’Ecriture, ou d’un Procès, c’est l’exposition de l’espece & des circonstances qui donnent lieu à la contestation dans les plaidoyers, mémoires & écritures. Le fait ou récit du fait, suit immédiatement l’exorde, & précede les moyens. (A)

Fait et Cause, se prend pour le droit & intérêt de quelqu’un. Prendre fait & cause pour quelqu’un, ou prendre son fait & cause, c’est intervenir en justice pour le garantir de l’évenement d’une contestation, & même le tirer hors de cause. En garantie formelle, les garants peuvent prendre le fait & cause du garanti, lequel, en ce cas, est mis hors de cause, s’il le requiert avant contestation : mais en garantie simple, les garants ne peuvent prendre le fait & cause, mais seulement intervenir si bon leur semble. Voyez le titre viij. de l’ordonnance de 1667, article 9. & 12. & Garantie formelle, & Garantie simple. (A)

Fait de Charge, est une malversation ou une omission frauduleuse, commise par un officier public dans l’exercice de ses fonctions, ou une dette par lui contractée pour dépôt nécessaire fait en ses mains à cause de son office ; ou enfin quelqu’autre fait, où il a excédé son pouvoir, & pour lequel il est desavoüé valablement.

La réparation du dommage résultant d’un fait de charge, est tellement privilégiée sur l’office, qu’elle est préférée à toute autre créance hypothécaire, antérieure & privilégiée, même à ceux qui ont prêté leur argent pour l’acquisition de l’office ; ce qui a été ainsi introduit à cause de la foi publique, qui veut que la charge réponde spécialement des fautes de celui qui en est revêtu envers ceux qui ont contracté nécessairement avec lui à cause de ladite charge.

Voyez Loyseau, des offices, liv. I. ch. jv. n. 65. 66. & liv. III. ch. viij. n. 49. Bouguier, lettre H. p. 189. Basnage, tr. des hypotheq. p. 309. in fine ; journal des audiences, tom. IV. p. 720. & suiv. jusque & compris 743 ; & journal du palais, tome I. p. 129. (A)

Faits confessés et avérés, sont ceux qui sont reconnus par la partie qui se voit intéressée à les nier. Ils sont tenus pour confessés & avérés, lorsque la partie refuse de s’expliquer, & qu’il intervient en conséquence un jugement qui les déclare tels. Voyez ci-devant Faits avérés. (A)

Fait controuvé, est celui qui est supposé & à dessein par celui qui en veut tirer avantage. (A)

Fait étrange, dans les coûtumes de Lodunois & de Touraine, est lorsque le parageau vend ou aliene autrement que par donation, en faveur de mariage ou avancement de droit successif fait à son héritier, la chose à lui garantie, auquel cas seulement est dû rachat. C’est ainsi que l’explique l’article 136. de la coûtume de Touraine. Voyez aussi Lodunois, ch. xjv. art. 14. (A)

Fait fort, c’étoit le prix de la ferme des monnoies, que le maitre devoit donner au roi, soit qu’il eût ouvré ou non. Voyez les annotations de Gelée correcteur des comptes, & le glossaire de Lauriere. (A)

Faits qui gisent en preuve vocale ou littérale, sont ceux qui sont de nature à être prouvés par témoins, ou par écrit ; à la différence de certains faits, dont la preuve est impossible, ou n’est pas recevable. Voyez le tit. xx. de l’ordonnance de 1667, intitulé des faits qui gisent en preuve vocale ou littérale. (A)

Fait grand et petit : on distinguoit autrefois dans quelques pays, en matiere d’excès commis respectivement, le fait qui étoit le plus grand, & l’on tenoit pour maxime que le fait le plus grand emportoit toûjours le petit ; ce qui est aboli par le style des cours & justices séculieres du pays de Liége, au chapitre xv. art. 7. (A)

Faits impertinens, sont ceux quæ non pertinent ad rem, c’est-à-dire qui sont étrangers à l’affaire, qui sont indifférens pour la décision ; on ajoûte ordinairement qu’ils sont inadmissibles, pour dire que la preuve ne peut en être ordonnée ni reçue. Ils sont opposés aux faits pertinens, qui reviennent bien à l’objet de la contestation. (A)

Fait inadmissible, est celui dont la preuve ne peut être ordonnée ni reçûe, soit parce que le fait n’est pas pertinent, ou parce qu’il est de telle nature que la preuve n’en est pas recevable. (A)

Faits justificatifs, sont ceux qui peuvent servir à prouver l’innocence d’un accusé : par exemple, lorsqu’un homme accusé d’en avoir tué un autre dans un bois, offre de prouver que ce jour-là il étoit malade au lit, & qu’il n’est point sorti de sa chambre ; ce que l’on appelle un alibi.

L’ordonnance de 1670 contient un titre exprès sur cette matiere : c’est le vingt-huitieme.

Il est défendu à tous juges, même aux cours souveraines, d’ordonner la preuve d’aucuns faits justificatifs, ni d’entendre aucuns témoins pour y parvenir, qu’après la visite du procès ; en quoi l’ordonnance a réformé la jurisprudence de quelques tribunaux, tels que le parlement de Bretagne, où l’on commençoit toûjours par la preuve des faits justificatifs de l’accusé : ce qui étoit contre l’ordre naturel, puisqu’il faut que le délit soit constaté avant d’admettre l’accusé à sa justification.

C’est par une suite de ce principe, que l’accusé n’est pas recevable avant la visite du procès, à se rendre accusateur contre un témoin, dans le dessein de se préparer un fait justificatif. Voyez Boniface, tome V. liv. III. tit. j. ch. xxiij.

L’accusé n’est reçû à faire preuve d’autres faits justificatifs, que de ceux qui ont été choisis par les juges, du nombre de ceux que l’accusé a articulés dans les interrogatoires & confrontations.

Les faits justificatifs doivent être insérés dans le même jugement qui en ordonne la preuve. Ce jugement doit être prononcé incessamment à l’accusé par le juge, & au plutard dans les vingt-quatre heures ; & l’accusé doit être interpellé de nommer les témoins, par lesquels il entend justifier ces faits ; & faute de les nommer sur le champ, il n’y est plus reçû dans la suite.

Lorsque l’accusé a une fois nommé les témoins, il ne peut plus en nommer d’autres ; & il ne doit point être élargi pendant l’instruction de la preuve des faits justificatifs.

Les témoins qu’il administre sont assignés à la requête du ministere public de la jurisdiction où l’on instruit le procès, & sont oüis d’office par le juge.

L’accusé est tenu de consigner au greffe la somme ordonnée par le juge, pour fournir aux frais de la preuve des faits justificatifs, s’il peut le faire ; autrement les frais doivent être avancés par la partie civile s’il y en a, sinon par le roi, ou par le seigneur engagiste, ou par le seigneur haut-justicier, chacun à leur égard.

L’enquête achevée, on la communique au ministere public pour donner des conclusions, & à la partie civile s’il y en a ; & ladite enquête est jointe au procès.

Enfin les parties peuvent donner leurs requêtes, & y ajouter telles pieces que bon leur semble sur le fait de l’enquête. Ces requêtes & pieces se signifient respectivement, & on en donne sans que pour raison de ce il soit nécessaire de prendre aucun reglement, ni de faire une plus ample instruction. Voyez Papon, liv. XXIV. tit. v. n. 12. Bouvot, tome II. verbo monitoire, quest. 6. & 12. Basset, tom. I. l. II. tit. xiij. ch. iij. Boniface, tom. II. part. III. liv. I. tit. j. ch jx. Pinault, tom. I. arrêt 150. (A)

Fait négatif, est celui qui consiste dans la dénégation d’un autre ; par exemple lorsqu’un homme soûtient qu’il n’a pas dit telle chose, qu’il n’a pas été à tel endroit.

On ne peut obliger personne à la preuve d’un fait purement négatif, cette preuve étant absolument impossible : per rerum naturam negantis nulla probatio est. Cod. liv. IV. tit. xjx. l. 23.

Mais lorsque le fait négatif renferme un fait affirmatif, on peut faire la preuve de celui-ci, qui fournit une espece de preuve du premier ; par exemple si une personne que l’on prétend être venue à Paris un tel jour, soûtient qu’elle étoit ce jour-là à cent lieues de Paris, la preuve de l’alibi est admissible. Voyez la loi 14. cod. de contrah. & commit. stipul. (A)

Faits nouveaux, sont ceux qui n’avoient point encore été articulés, & dont on demande à faire preuve depuis un premier jugement qui a ordonné une enquête.

Autrefois il falloit obtenir des lettres en chancellerie pour être reçû à articuler faits nouveaux ; mais cette forme a été abrogée par l’article 26. du titre xj. de l’ordonnance de 1667, qui ordonne que les faits nouveaux seront posés par une simple requête. (A)

Fait du Prince, signifie un changement qui émane de l’autorité du souverain ; comme lorsqu’il révoque les aliénations ou engagemens du domaine, ou qu’il demande aux possesseurs quelque droit de confirmation ; lorsqu’il ordonne que l’on prendra quelque maison ou héritage, soit pour servir aux fortifications d’une ville, ou pour former quelque rue, place, chemin, ou édifice public ; lorsqu’il augmente ou diminue le prix des monnoies & des matieres d’or & d’argent ; lorsqu’il réduit le taux des rentes & intérêts ; lorsqu’il ordonne le remboursement des rentes constituées sur lui, & autres évenemens semblables.

Le fait du prince est considéré à l’égard des particuliers, comme un cas fortuit & une force majeure que personne ne peut prévoir ni empêcher : c’est pourquoi personne aussi n’en est garant de droit ; la garantie n’en est dûe que quand elle est expressément stipulée. Voyez Force majeure & Garantie. (A)

Fait propre des officiers qui ont séance ou voix délibérative dans les cours, ou des avocats & procureurs généraux, est lorsqu’un de ces officiers s’est en quelque sorte rendu partie dans une cause, instance ou procès, en sollicitant en personne les juges de la compagnie à laquelle il est attaché, & qu’il a consulté & fourni aux frais de l’affaire. Il faut le concours de ces trois circonstances, pour que l’officier soit réputé avoir fait son fait propre ; & au cas que le fait soit prouvé, on peut évoquer du chef de cet officier, comme s’il étoit véritablement partie. Voyez l’ordonnance des évocations, art. 68. & suiv. & ce qui a été dit ci-devant au mot Evocation. (A)

Fait, (question de) est celle dont la décision se tire des circonstances particulieres de l’affaire, & non d’un point de droit. Voyez Question. (A)

Faits de reproches, sont les causes pour lesquelles un témoin peut être recusé comme suspect. (A)

Faits secrets, sont ceux que l’on ne signifie point à la partie qui doit subir interrogatoire sur faits & articles, mais que l’on donne en particulier & séparément au juge ou commissaire qui fait l’interrogatoire, pour être par lui proposés comme d’office, afin que la partie n’ait pas le tems d’étudier ses réponses ; comme cela paroît autorisé par l’article 7. du titre x. de l’ordonnance de 1667. (A)

Fait vague, est celui qui ne spécifie aucune circonstance précise ; par exemple si celui qui articule le fait se contente de dire qu’un tel lui a fait du tort, sans dire en quoi on lui a fait tort, & sans expliquer la qualité & la valeur du dommage. Voy. Fait circonstancié. (A)

Fait, (voie de) c’est lorsqu’un particulier fait de son autorité privée quelque entreprise sur autrui, soit pour se mettre en possession d’un héritage, soit pour abattre des arbres, exploiter des grains, ou lorsque prétendant se faire justice à lui-même, il commet quelque excès en la personne d’autrui. Les voies de fait sont toutes défendues. Voyez Voies de fait. (A)

Fait, en terme de Commerce, signifie ce qui est consommé, dont on est convenu. On dit en ce sens, un prix fait, un compte fait, un marché fait, pour dire un prix fixé, un compte arrêté, un marché conclu.

On appelle aussi prix fait, un prix certain qu’on ne veut ni augmenter, ni diminuer. Dict. de Comm. de Trév. & Chamb. (G)

Fait des Marchands, (Commerce.) qu’on nomme autrement droit de boîte, est un droit qui se leve sur les bateaux qui navigent sur la riviere de Loire, pour l’entretien des chemins & chaussées, & pour la sûreté de la navigation. Voyez Droit & Compagnie. Dict. de Comm. & Chamb. (G)

Fait, (Marine.) Vent fait se dit lorsque le vent a soufflé assez également pendant quelque tems d’un même côté, & que l’on croit qu’il s’y maintiendra. (Z)

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Fait : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « fait » les plus populaires.

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Étymologie de « fait »

Étymologie de fait - Wiktionnaire

(Adjectif) (Date à préciser) Participe passif adjectivé de faire.
(Nom) (Date à préciser) Du latin factum (« fait, action »), participe passé de facere (« faire »).
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Phonétique du mot « fait »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
fait play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « fait »

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Citations contenant le mot « fait »

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  • L’occasion fait le larron. De Proverbe français
  • Le hasard fait bien les choses. Quand il les fait. De Jean-Claude Carrière / Détails de ce monde
  • Le sort fait les parents, le choix fait les amis. De Jacques Delille / Malheur et pitié
  • Ce que sage fait est tenu bien fait. De Proverbe du XVème siècle
  • Bien dire fait rire, bien faire fait taire. De André Dacier
  • Dieu fait bien ce qu'il fait. De Jean de La Fontaine
  • On fait son public comme on fait sa troupe. De Charles Dullin
  • Le malheur fait maigrir. De Frédéric Beigbeder / L’Amour dure trois ans
  • Quiconque pense fait penser. De Voltaire / Fragments sur l'histoire
  • Trop penser fait rêver. De Proverbe français
  • L’espoir fait vivre. De Proverbe français
  • La manière fait tout. De Proverbe français
  • Suffisance fait richesse Et convoitise fait pauvresse. De Proverbe français
  • Plus de faits et moins d'art. William Shakespeare, Hamlet, II, 2, la reine
  • Les faits ne cessent pas d'exister parce qu'on les ignore. Aldous Huxley, A Note on Dogma
  • Les petits faits inexpliqués contiennent toujours de quoi renverser toutes les explications des grands faits. Paul Valéry, Choses tues, Gallimard
  • Le seul remède à la folie, c'est l'innocence des faits. Jacques Rivière, Correspondance, à Antonin Artaud, 25 mars 1924 , Gallimard
  • Il serait bien affreux que tout fait imbécile méritât commentaire, exégèse subtile. Raymond Queneau, Le Chien à la mandoline, Gallimard
  • Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances […]. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann , Gallimard
  • […] Un même fait porte des rameaux opposés et le malheur qu'il engendre annule le bonheur qu'il avait causé […]. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, À l'ombre des jeunes filles en fleurs , Gallimard
  • Une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Henri Poincaré, La Science et l'hypothèse, Flammarion
  • Les mots sont plus mystérieux que les faits. Pierre Dumarchais, dit Pierre Mac Orlan, La Petite Cloche de Sorbonne, Gallimard
  • Assurons-nous bien du fait avant de nous inquiéter de la cause. Bernard Le Bovier de Fontenelle, Histoire des oracles
  • Tout arrive par les idées ; elles produisent les faits, qui ne leur servent que d'enveloppe. François René, vicomte de Chateaubriand, Histoire de France
  • Rassemblons des faits pour nous donner des idées. Georges Louis Leclerc, comte de Buffon, Histoire naturelle, De l'homme
  • Un fait n'est rien par lui-même, il ne vaut que par l'idée qui s'y rattache ou par la preuve qu'il fournit. Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale

Images d'illustration du mot « fait »

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Traductions du mot « fait »

Langue Traduction
Corse fatti
Basque izan
Japonais 事実
Russe факт
Portugais facto
Arabe حقيقة
Chinois 事实
Allemand tatsache
Italien fatto
Espagnol hecho
Anglais fact
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Synonymes de « fait »

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Antonymes de « fait »


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