Confondre : définition de confondre


Confondre : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CONFONDRE, verbe trans.

I.− [L'accent est mis sur l'idée de non-distinction]
A.− Mêler si étroitement (soit plusieurs choses ou personnes, soit une chose ou une personne à un ensemble) qu'il n'est plus possible de les distinguer.
1. Emploi trans., rare
a) [Avec un suj. inanimé] La Seine et la Marne confondent leurs eaux (Littré).L'obscurité confond tous les objets (Quillet1965).
Au fig. :
1. Les vins [...] alternaient avec de lourdes pâtisseries, fondant et confondant les âmes dans une tendresse générale. Toulet, Le Mariage de Don Quichotte,1902, p. 158.
b) [Avec un suj. animé] Unir, réunir, identifier jusqu'à rendre indiscernable :
2. ... elle disait qu'elle avait deux enfants, elle les confondait dans le même caprice de tendresse. Zola, Nana,1880, p. 1245.
2. Courant.
a) Emploi pronom.
[Avec un suj. inanimé] Qqc. se confond avec qqc., une chose et une autre se confondent, se confondent dans..., au sein de..., avec... :
3. ... je te donne tout mon être, je voudrais que nos deux existences pussent se mêler et se confondre comme l'eau avec l'eau, le feu avec le feu. Karr, Sous les tilleuls,1832, p. 114.
Rem. Avec réminiscence de « fondre » :
4. Cependant tu iras, à lutter contre cette injustice, de destruction d'architecture en destruction d'architecture jusqu'à la mare étale où les glaciers se seront confondus. Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 962.
[Avec un suj. animé] :
5. La vie sociale dérive d'une double source, la similitude des consciences et la division du travail social. L'individu est socialisé dans le premier cas, parce que n'ayant pas d'individualité propre, il se confond, ainsi que ses semblables, au sein d'un même type collectif; dans le second, parce que, tout en ayant une physionomie et une activité personnelles qui le distinguent des autres, il dépend d'eux dans la mesure même où il s'en distingue, et par conséquent de la société qui résulte de leur union. Durkheim, De la Division du travail soc.,1893, p. 205.
b) Emploi résultatif. (Être confondu). Confondu avec (cour.), dans, en, à, parmi (rare).
[Avec un suj. inanimé] :
6. Les grenouilles ont un sternum et point de côtes; les serpens des côtes et point de sternum; les tortues, des côtes soudées à la carapace, et un sternum confondu dans le plastron. Cuvier, Leçons d'anat. comp.,t. 1, 1805, p. 210.
Subst. plur. + confondu(e)s :
7. La tour Saint-Jacques, l'hôtel de ville, Saint-Gervais, Saint-Louis, Saint-Paul se levaient en face, parmi les toits confondus. Flaubert, L'Éducation sentimentale,t. 1, 1869, p. 84.
8. Devant le lit où mourait Pujolhac, les présences confondues de Gina et de Lucie ne m'apportaient qu'une faible compensation... Abellio, Heureux les pacifiques,1946, p. 341.
[Avec un suj. animé] Cette fresque admirable du Vatican, où Dante est confondu parmi les docteurs (Ozanam, Essai sur la philos. de Dante,1838, p. 281).Le cri d'une créature confondue en Dieu à force d'amour, à la lettre, déifiée : ... (Mauriac, Le Bâillon dénoué,1945, p. 498):
9. ... c'est avec elle qu'on voudrait se sentir monter vers les étoiles, vers la lumière, vers l'éternelle extase, d'un vol plus rapide et plus tranquille que celui des aigles et des ramiers sauvages, et, confondu à son âme, se dissiper comme l'encens qui s'en va, qui s'en va lentement, toujours en montant, pour mourir dans un espace pur et sans limites. Flaubert, La 1reÉducation sentimentale,1845, p. 75.
10. Ici Jean Valjean apparut. Il était confondu dans le groupe des insurgés. Il en sortit, et dit à Enjolras : ... Hugo, Les Misérables,t. 2, 1862, p. 476.
B.− [Le suj. désigne une pers., ou p. méton., son esprit, sa mémoire, ...] Prendre (une personne, une chose) pour une autre. Confondre qqc. avec qqc., confondre qqc. et qqc., confondre deux choses. Cf. faire une confusion.
1. [L'obj. désigne un inanimé] Confondre les plans, les genres, les dates, les effets et les causes, les styles. Confondre le vin avec l'ivresse (Musset, La Confession d'un enfant du siècle,1836, p. 53);Confondre tristesse et ennui (Renard, Journal,1896, p. 332);Confondre la véritable sensibilité et la sensiblerie (Proust, La Prisonnière,1922, p. 107).
2. [L'obj. désigne un animé] Ces deux jumeaux se ressemblent tellement qu'il m'arrive souvent de les confondre (Ac.1932).
3. En emploi abs. Ne confondons pas, s'il vous plaît (Sue, Atar Gull,1831, p. 7).
II.− [L'obj. désigne une pers. ou, p. méton., son esprit, son âme, les sens, ...]
A.− Troubler au point de faire perdre à quelqu'un ses moyens, de le décontenancer, de le mettre dans l'impossibilité de répondre. Confondre qqn d'un seul mot :
11. − Comment, Monsieur Raphaël, dit-elle, vous ne voulez pas aller au mont-de-piété, et vous m'y envoyez. Je rougis, confondu par la logique d'un enfant. Elle me prit alors la main, comme si elle eût voulu compenser par une caresse la vérité de son exclamation. Balzac, La Peau de chagrin,1831, p. 152.
Vx. Se confondre.Il y a de quoi s'y confondre. ,,S'embrouiller, se troubler, se déconcerter`` (Ac. 1878, supprimé ds Ac. 1932).
B.− Remplir d'étonnement par une chose inattendue. Être confondu d'admiration, de surprise, d'émerveillement, d'étonnement, etc. ; rester, demeurer confondu; cela confond :
12. J'avoue que je suis resté confondu de cette lumière imprévue jetée sur les profondeurs du cœur humain. Stendhal, De l'Amour,1822, p. 68.
13. Mademoiselle de Liniers n'était pas une de ces beautés dont la simple apparition confond les sens... Sainte-Beuve, Volupté,t. 1, 1834, p. 29.
C.− Troubler de honte :
14. Elle restait dans ce costume sous lequel je venais de la surprendre aussi confondue que si elle eût été surprise dans sa nudité par un regard d'homme. Lamartine, Les Confidences,Graziella, 1849, p. 269.
Spéc. Remplir de confusion par des honneurs, des attentions. Vous me voyez confondu(e); vos louanges me confondent (Ac. 1798-1932).
D. − Se confondre en.Se confondre en excuses, en protestations, en remerciements, en politesses, en civilité. Les multiplier.
Rem. Confondu/confus. a) ,,Au propre, on dit confus du tout qui résulte de la réunion des parties; mais confondu qualifie les parties mêmes qui entrent dans le tout`` (Guérin 1892). b) ,,Confondu part. de confondre, fait toujours penser à une action dont il marque le résultat; confus exprime simplement l'état : un amas confus; un pays où règne l'anarchie, où tout est confondu. Au figuré, la même différence subsiste; confus veut dire honteux, confondre signifie rendu ou devenu confus`` (Lar. 19e).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃fɔ ̃:dʀ ̥], (je) confonds [kɔ ̃fɔ ̃]. Ds Ac. depuis 1694. Étymol. et Hist. A. 1. « détruire » a) ca 1100 cunfundre « anéantir un adversaire » (Roland, éd. J. Bédier, 17), seulement au Moy. Âge; b) ca 1160 au fig. (Aiol, éd. J. Normand et G. Raynaud, 919); ca 1184 « bouleverser » (Beneit, Vie de Thomas Becket, éd. B. Schlyter, 631); 2. a) ca 1170 « humilier, couvrir de honte » (Rois, éd. E. R. Curtius, p. 94); b) ca 1265 « réduire quelqu'un à quia » (J. de Meung, Rose, éd. E. Langlois, 5620). B. 1. 1538 « fondre ensemble, réunir, mêler » (Est.); 2. 1580-92 « prendre quelque chose pour une autre chose » (Montaigne, Essais, livre 1, chap. 28). Empr. au lat. class. confundere « mêler, mélanger », « bouleverser, brouiller », « troubler l'esprit »; spéc. en lat. chrét. « réduire à quia », « humilier, couvrir de honte ». Le développement sém. du mot est lié dans l'histoire à celui de confusion*. Fréq. abs. littér. Confondre : 3 610. Confondu : 1 234. Fréq. rel. littér. Confondre : xixes. : a) 6 054, b) 3 921; xxes. : a) 3 632, b) 5 900. Confondu : xixes. : a) 2 571, b) 1 238; xxes. : a) 1 399, b) 1 548.

Confondre : définition du Wiktionnaire

Verbe

confondre \kɔ̃.fɔ̃dʁ\ transitif ou pronominal 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se confondre)

  1. Réunir, mêler des choses et même des personnes de manière à ne former qu’un tout.
    • Alors toute étiquette fut bannie, les deux troupes se mêlèrent et se confondirent si bien qu’au bout de quelques minutes elles n’en formaient plus qu’une seule. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Il y a des chimistes à la Erlich qui confondent dans la même admiration les mortiers colossaux et le salvarsan, le 420 et le 606. — (Alexandre Zévaès, Histoire de la Troisième République 1870 à 1926, Éditions Georges-Anquetil, 1926, p.485)
    • Depuis sa conquête par César et jusqu’à la fin du Ve siècle, la Gaule n’a été qu’une terre romaine, entièrement latinisée et son histoire se confond avec celle de Rome. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours - Avant-propos, 1937)
  2. Ne pas faire la distinction entre des personnes et des choses différentes ; prendre une personne ou une chose pour une autre.
    • Le poil du mouflon, que l’on trouve en Asie, est plutôt rude et ressemble à celui de la chèvre ordinaire avec lequel on le confond souvent. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • C’est pour cette raison qu’on a confondu, très souvent, la piraterie avec la course ; en droit pur, c’est chose différente, en pratique, le fossé qui les sépare est beaucoup moins profond. — (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo : Les Corsaires chez eux, Édouard Champion, 1929, p. 46)
    • Agadem, qu'il ne faut pas confondre avec Agadès, capitale de l'Aïr, est un ancien fortin abandonné, du type classique à cour intérieure, avec bâtiments donnant sur le puits et arcades en forme de cloître ; […]. — (Roger Frison-Roche, Mission Ténéré, Paris : éd. Arthaud, 1960)
    • Le bonheur spontané veut la durée. Mais de la durée vient l’ennui : c'est pourquoi beaucoup les confondent. — (Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l'Amour, Albin Michel, 1961, p.147)
  3. Mettre en désordre, déconcerter, humilier.
    • Que Dieu confonde leurs projets et les couvre de honte ! — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  4. (En particulier) Convaincre en causant de la honte, réduire à ne savoir que répondre.
    • Pour confondre à tout jamais les « ennemis du Christ », Louis IX accepta d’organiser, en 1240, une controverse solennelle sur le Talmud. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
  5. (En particulier) Démasquer, montrer que quelqu’un en a imposé.
    • Confondre un calomniateur.
  6. Remplir d’un grand étonnement, d’une sorte de stupeur.
    • Avec une aisance qui confond – une aisance, une force d’élément – il menait de front quatre livres, des pièces de théâtre, des polémiques de journal, des affaires de toutes sortes, […]. — (Octave Mirbeau, La Mort de Balzac, 1907)
    • Ce que vous dites là me confond.
    • Cela confond la raison, l’imagination.
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Confondre : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CONFONDRE. (Je confonds. Je confondis. Je confondrai. Confondu.) v. tr.
Réunir, mêler des choses et même des personnes de manière à ne former qu'un tout. Dans le chaos, tous les éléments étaient confondus. Deux fleuves qui confondent leurs eaux. Être confondu dans la foule. La mort égale et confond tous les rangs. Nous confondîmes nos pleurs, nos regrets. Ces deux nuances se confondent. Le peuple conquérant finit, à la longue, par se confondre avec le peuple vaincu. Je ne sais plus où j'en suis, toutes mes idées se confondent. Une ligne qui se confond avec une autre. Il signifie aussi Ne pas faire distinction entre des personnes et des choses différentes, prendre une personne ou une chose pour une autre. Ces deux choses, ces deux jumeaux se ressemblent tellement, qu'il m'arrive souvent de les confondre, de confondre l'un avec l'autre. Il ne faut pas confondre l'innocent et le coupable, l'innocent avec le coupable. Il signifie encore Mettre en désordre, déconcerter, humilier. Dieu se plaît à confondre les projets des hommes, l'orgueil des peuples. Il signifie particulièrement Convaincre en causant de la honte, réduire à ne savoir que répondre. Voilà un raisonnement propre à le confondre. Cette déposition a confondu l'accusé. Confondre un calomniateur, Le démasquer, montrer qu'il en a imposé. Il signifie également Remplir d'un grand étonnement, d'une sorte de stupeur. Ce que vous dites là me confond. Une telle insolence doit vous confondre. Je restai confondu. Cela confond la raison, l'imagination. Par civilité, Vos louanges me confondent, se dit lorsqu'on reçoit quelque louange excessive et qu'on veut s'en défendre. Fam., Se confondre en excuses, en respects, en remerciements, etc., Multiplier les cérémonies, les excuses, les respects, etc.

Confondre : définition du Littré (1872-1877)

CONFONDRE (kon-fon-dr'), je confonds, nous confondons ; je confondais ; je confondis ; je confondrai ; confonds, confondons ; qu'il confonde ; que je confondisse ; confondant ; confondu v. a.
  • 1Réunir pêle-mêle, effacer les séparations. La Seine et la Marne confondent leurs eaux. La victoire et la nuit, plus cruelles que nous, Nous excitaient au meurtre et confondaient nos coups, Racine, Andr. I, 2. Les inondations du Nil qui confondaient les bornes des champs, furent cause que chacun voulut des mesures exactes, Fontenelle, Les mondes, 1er soir.
  • 2Ne pas faire de distinction entre des personnes et des choses. Ils se ressemblent tellement qu'il m'arrive de les confondre. Va, je ne confonds point ses vertus et ton crime, Corneille, Héracl. I, 2. Et confondant ces mots de trésor et d'époux, Je crus les bien entendre, expliquant tout de vous, Corneille, ib. III, 1. Vous avais-je sans choix Confondu jusqu'ici dans la foule des rois ? Racine, Bérén. III, 1. Soit que ma haine en lui Confonde les Romains dont il cherche l'appui, Racine, Mithr. I, 2. On m'accuse de vouloir confondre la charité avec l'espérance, Bossuet, Avert. Ils rompaient ces bornes sacrées qui avaient été plantées par nos pères, et confondaient la philosophie avec la religion, Fléchier, Panég. II, p. 69.

    Absolument. Il est possible que je confonde.

  • 3Unir, identifier. Dans vos intérêts n'en confondez point d'autres, Corneille, Pomp. II, 3. En adoptant Néron, Claudius par son choix De son fils et du vôtre a confondu les droits, Racine, Brit. III, 3. Qu'ils confondent leur haine et ne distinguent plus Le sang qui les fit vaincre et le sang des vaincus, Racine, Andr. I, 2.

    Concentrer. Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards, Racine, Bérén. I, 5.

  • 4Faire échouer, réduire à l'impuissance. Elle eût sans doute confondu leur orgueil, Pascal, dans COUSIN. Ô Dieu, confonds l'audace et l'imposture ! Racine, Esth. III, 4. Le ciel punit ma feinte et confond votre adresse, Racine, Baj. II, 5. Sa mort peut vous confondre, Racine, Brit. V, 6. Un regard confondrait Hermione et la Grèce, Racine, Andr. III, 5. Je voulais que ton zèle achevât en secret De confondre un amour qui se tait à regret, Racine, Bérén. II, 2. Et de quel œil Ma mère a-t-elle vu confondre son orgueil ? Racine, Brit. III, 1. Quel malheur imprévu vient encor me confondre ? Racine, Baj. III, 8. Je ne m'arrêterais pas à vous rapporter les passages de vos pères, si cela n'était nécessaire pour confondre l'assurance que vous avez eue de dire…, Pascal, Prov. 13. C'est Dieu lui-même qui confond les conseils et la prudence de nos chefs, Massillon, Carême, Mot. de conv.

    Par imprécation. Te confonde le ciel de me parler ainsi ! Molière, Amph. II, 1. Diable, conclus ; ou bien que le ciel te confonde ! Racine, Plaid. III, 3.

    Gâter, ruiner. Un orage violent a confondu toutes nos récoltes.

  • 5Mettre dans l'impossibilité de répondre, atterrer. Ce serait bien, seigneur, de tout point me confondre, Corneille, Nicom. IV, 5. St Augustin confondit ces hérétiques, Bossuet, Hist. I, 11. Il est facile de les confondre, Pascal, dans COUSIN. Pour les confondre par la vue de leur folie, Pascal, ib. La nature confond les Pyrrhoniens, et la raison confond les dogmatistes, Pascal, ib. Il n'est pas condamné puisqu'on veut le confondre, Racine, Baj. IV, 7. Achille en veut connaître et confondre l'auteur, Racine, Iphig. III, 1. Je veux confondre le monde par ceux que le monde révère le plus, par ceux qui le connaissent le mieux, et ne lui veux donner pour le convaincre que des docteurs assis sur le trône, Bossuet, Duch. d'Orl. Sitôt que par un vice ils pensent me confondre, C'est en me corrigeant que je sais leur répondre, Boileau, Épît. VII. Il pensait que, pour éviter ou confondre ces reproches, il fallait remplir le devoir que…, Condorcet, Bucquet. Témoignons pour le Christ, mais surtout par nos vies ; Notre moindre vertu confondra plus d'impies Que le sang d'un martyr, Lamartine, Harm. I, 6.
  • 6Étonner, stupéfier. Ce que vous dites là me confond. La Trinité confond notre petitesse, accable nos sens, Chateaubriand, Génie, I, 4. Ce qui me confond, c'est la légèreté avec laquelle des hommes frivoles prescrivent des règles de conduite à des personnages d'une expérience consommée, Diderot, Ess. s. Claude.

    Absolument. Il y a de quoi confondre.

  • 7Causer un sentiment excessif de modestie, d'humilité ; se dit par civilité. Vous me confondez par vos louanges. Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre, Racine, Mithr. I, 3.
  • 8Se confondre, v. réfl. Être mêlé. Ils se sont confondus avec d'autres peuples, Bossuet, Hist. II, 7. De peur que ces histoires ne se confondent dans votre esprit, Bossuet, Hist. préf. Parterres d'un dessin agréable et nouveau, Amphithéâtres, jets, tous au palais répondent Sans que de tant d'objets les beautés se confondent, La Fontaine, Psyché, I, p. 104. Leurs années se poussent successivement comme des flots ; ils ne cessent de s'écouler, tant qu'enfin, après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de pays les uns que les autres, ils vont tous ensemble se confondre en un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, Bossuet, Duch. d'Orl. Du vainqueur, du vaincu les clameurs se confondent, Delavigne, Vêpres sicil. V, 2.
  • 9Tomber dans le désordre. Turenne meurt, tout se confond, Fléchier, Tur.
  • 10Devenir incapable de distinguer. Mon amour… mais adieu, mon esprit se confond, Corneille, Rodog. IV, 1. Une langue qui s'épaissit, une mémoire qui se confond, Massillon, Car. Impén. Cet abîme où son esprit se confond, Massillon, Car. Mort. De loin l'œil se confond avec l'objet, Bossuet, Char. frat. 2. Plus j'y pense, plus je me confonds, Rousseau, Ém. IV.

    Ne pouvoir plus être distingué. Les contours s'effacent, les nuances se confondent. Toutes mes idées se confondent.

  • 11S'humilier. C'est de vous confondre de vos faiblesses devant le saint Époux, Bossuet, Lett. Corn. 129. Confondez-vous qu'après des excès… on vous demande si peu, Massillon, Car. Jeûne. Nous devrions nous confondre qu'avec bien moins d'innocence nous ayons besoin de plus d'indulgence, Massillon, ib.
  • 12Se tromper. Il a compris qu'il est très possible que je me confonde, Sévigné, 141.
  • 13Demeurer interdit. Dès vos premiers regards je l'ai vu se confondre, Racine, Phèd. II, 1. Vous détournez les yeux et semblez vous confondre, Racine, Bérén. II, 4.
  • 14 Familièrement. Se confondre en excuses, en respects, etc. multiplier les excuses, les respects, etc.

HISTORIQUE

XIe s. En cest païs [il] nous est venuz cunfundre, Ch. de Rol. II. Deus me confonde, se la geste [j'] en desment, ib. LXI.

XIIe s. Et qu'il confunde tout vostre parenté, Ronc. p. 22. Et tant vassaus ocis et confondus, ib. p. 80. Marsile est confunduz, ib. p. 11. Dex les confonde qui fist ciel et rosée, ib. p. 70. Normendie ert bien prof destruite e confondue, E jà l'ost de France ert tresqu'à Ruem venue ; Tute Engleterre esteit à sun duel esmeüe, Th. le mart. 163. Dunc vint Joab devant le rei, si li dist : Cunfundu as ui tuz tes humes ki unt ta vie gardée, Rois, 190.

XIIIe s. La roïne racourt, de duel [se] confont et d'ire, Audefroi le Bastard, Romancero, p. 16. Dame Dieu la confonde, l'orde serve pullente ! Berte, X. Mesaise j'ai eüe, toute en sui confondue, ib. LII. Une forche tint en ses mains, Si le feri parmi les rains, Par un pou ne l'a abatu, Moult l'a blecié et confondu, Ren. 10391. Dist Ysengrin : Biaus niés, qu'as tu ? Moult te voi ore confondu, Ren. 244. Mès or seroit fort à respondre, Por tous les argumens confondre Que l'en puet encontre amener, la Rose, 17470. Ains que [avant que] Virginius parlast, Qui tout estoit prest de respondre Por ses adversaires confondre…, ib. 5544. Tant les hé [je les hais] que se ges [je les] poïsse Confondre, tuit les confondisse, ib. 16050. Envie destruit gentillece, Envie grieve, Envie blece, Envie confont charité, Et si destruit humilité, Rutebeuf, II, 36. Se le conte de Poitiers feust avant venu, et il et sa gent eussent esté tous confoundus, Joinville, 219. Tant de gens mors et confondus, Joinville, 262. Confus est cui proiere ne vaut, Psautier, f° 28.

XVe s. Et fit garder le havre et le port de Calais, si près que rien n'y pouvoit entrer ni issir, que tout ne fust confondu, Froissart, I, I, 315.

XVIe s. À quoy respondit Panurge : Dieu confonde qui vous laissera, Rabelais, Pant. II, 26. Les pieces empruntées d'aultruy, il les transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien, Montaigne, I, 162. Je ne conseille pas qu'on confonde leurs regles ; on s'y tromperoit, Montaigne, I, 214.

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Étymologie de « confondre »

Étymologie de confondre - Littré

Provenç. confondre, cofondre ; espagn. confundir ; ital. confondere ; du latin confundere, de cum, et fundere, fondre.

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Étymologie de confondre - Wiktionnaire

Du latin confundere (« verser ensemble, mêler, mélanger, unir »). Utilisé dans la poésie latine : Confundere proelia cum aliquo : Engager un combat contre quelqu’un. — (Gaffiot)
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Phonétique du mot « confondre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
confondre kɔ̃fɔ̃dr play_arrow

Conjugaison du verbe « confondre »

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Évolution historique de l’usage du mot « confondre »

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Citations contenant le mot « confondre »

  • Il ne faut pas les confondre les croix à boules avec les croix bourdonnées qui sont arrondies à leurs extrémités en bourdon de pèlerin. Le bourdon de pèlerin consistait en un long bâton, à l'extrémité duquel était une gourde, ou dont la partie supérieure s'arrondissait en forme de pomme. www.leveil.fr, À ne pas confondre avec les croix bourdonnées - Charraix (43300)
  • Remplacer la pensée par la rêverie, c'est confondre un poison avec une nourriture. De Victor Hugo / Les Misérables
  • Ne pas confondre espoir et illusion, car si l'espoir fait vivre, les désillusions peuvent faire le désespoir. De Angélique Planchette
  • Le mauvais goût, c’est de confondre la mode, qui ne vit que de changements, avec le beau durable. De Stendhal / De l’amour
  • En essayant de confondre vainqueurs et vaincus dans leurs mensonges on s'attire des ennemis de tous côtés. De Robert de Saint-Jean / Moins cinq...
  • Il paraît que les tests ADN vont permettre de confondre l'assassin ; c'est pourtant pas le confondre qu'il faudrait ! C'est être sûr que c'est bien lui ! De Laurent Ruquier / Je ne vais pas me gêner
  • L’amour est un fleuve où les eaux de deux rivières se mêlent sans se confondre. De Jacques de Bourbon Busset / Tu ne mourras pas
  • Il ne faut pas confondre instruction, culture générale et compétence professionnelle. De Lionel Jospin / Le temps de répondre
  • Il ne faut pas confondre les pessimistes et les déçus. Les déçus, eux, ont des preuves. De Jacques Dutronc / Pensées et répliques
  • L'amour ne peut jamais se confondre avec la pitié et le désespoir. De Marie Gagnier / Une île à la dérive
  • L'amour comme la mort se plaît à confondre les conditions. De Abbé Guillaume-Thomas Raynal
  • On ne devrait jamais confondre sentiment et raisonnement. De Agatha Christie / La mystérieuse affaire de Styles
  • Il ne faut pas confondre amitié et besoin de confidences. De Erik Orsenna
  • Il ne faut pas confondre le succès et le mérite. De Jean Rostand
  • Surtout, ne pas confondre tristesse et ennui. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Ne jamais confondre mouvement et action. De Ernest Hemingway

Images d'illustration du mot « confondre »

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Traductions du mot « confondre »

Langue Traduction
Corse cunfonde
Basque nahastu
Japonais 混乱させる
Russe запутывать
Portugais confundir
Arabe الخلط
Chinois 迷惑
Allemand verwechseln
Italien confuso
Espagnol confundir
Anglais confuse
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Synonymes de « confondre »

Source : synonymes de confondre sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « confondre »



mots du mois

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