Surprendre : définition de surprendre


Surprendre : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SURPRENDRE, verbe trans.

A. − Qqn1/qqc.1surprend qqn2/qqc.2
1. Qqn1surprend qqn2
a) Découvrir, trouver quelqu'un dans une situation où quelqu'un eût préféré n'être pas vu. Surprendre qqn en train de, en compagnie de.
α) [La découverte résulte d'une recherche] L'expérience, en philosophie, n'est autre chose que l'art de surprendre la nature sur le fait (Proudhon, Pornocratie, 1865, p. 28).Parfois, on renverse les mariés du lit (...) s'il y a gloire pour les jeunes gens à découvrir leur gîte, et surtout à les surprendre le matin au lit, ceux-ci sont humiliés de n'avoir pas su dissimuler leur fuite (Menon, Lecotté, Vill. Fr., 2, 1954, p. 43).
Empl. pronom. réfl. Se surprendre + part. prés., se surprendre dans + subst.Constater soi-même que l'on est en train de faire ce qu'on ne pensait ou ne voulait pas faire. Brusquement je me suis surpris pensant à autre chose (Gide, Caves, 1914, p. 818).Vingt fois, cent fois, je répétai leur liste [des péchés capitaux]; parfois au hasard, soudain, dans l'espoir de me surprendre moi-même dans je ne sais quel flagrant délit avec le péché absent (Giraudoux, Suzanne, 1921, p. 128).
β) [La découverte est plutôt fortuite] Mon frère, revenant avant le soleil d'assister un malade dans la campagne, surprit un jour ma mère en flagrant délit de la pire perversité (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 213):
1. À douze ans (...), il s'était trouvé parmi le peuple des vagabonds. − Ç'aurait pu être le sort de mon enfant. − Bossu, il l'était devenu tout jeune pour avoir été éreinté à coups de bâton par un traiteur d'Issoire qui l'avait surpris dans sa cave. Pourrat, Gaspard, 1931, p. 218.
b) En partic.
α) [Pour dresser procès-verbal, arrêter, faire prisonnier] Surprendre en flagrant délit; surprendre sur le fait. Quand nous maraudons dans un bois, s'il entend le propriétaire, il me l'annonce par la voix; et pour ne point donner l'alarme lorsqu'il évente un fin gibier, il est prudent comme un gendarme qui veut surprendre un braconnier (Murger, Nuits hiver, 1861, p. 77).La nuit, à la lueur des torches, il battait les rues pour surprendre les déserteurs et les traîtres (Grousset, Croisades, 1939, p. 38).
β) Dans le domaine de la guerre.S'emparer de quelqu'un/quelque chose, le mettre hors de combat par une action soudaine, une attaque imprévue. Les autres conjurés, l'archevêque en tête, au nombre de trente avaient surpris l'hôtel de ville pour prendre possession du gouvernement (Taine, Philos. art, t. 1, 1865, p. 175).Le capitaine Hoenisch a constaté et rendu compte au général Wnück qu'il lui paraît facile de surprendre la batterie ennemie qui se trouve sur la hauteur du nord de Wysokow (Foch, Princ. guerre, 1911, p. 212).
γ) Dans le domaine de la chasse.Se mettre en état d'attraper ou de tirer un gibier à l'improviste. Surprendre un animal. Son petit cœur battait puissamment de joie en évoquant, pour un proche avenir, les embuscades de feuilles où surprendre les merles (Pergaud, De Goupil, 1910, p. 105).La chasse à l'approche adoptée par beaucoup de chasseurs, est peut-être encore trop méconnue. Son nom seul suffit à la définir; il s'agit par ruses et par artifices d'approcher et de surprendre les animaux (Vidron, Chasse, 1945, p. 84).
[P. méton. du suj.] [Un barde] parcourt les forêts, et son arc ennemi surprend quelquefois le chevreuil endormi (Baour-Lormian, Ossian, 1827, p. 202).
δ) Vx. Abuser, tromper par des manœuvres soudaines, insidieuses. Synon. circonvenir.Défiez-vous de cet homme, il ne cherche qu'à vous surprendre (Ac.1835, 1878).
c) Aller chez quelqu'un, lui rendre visite à l'improviste. Un dimanche, celle-ci [MlleStangerson], outrée de l'attitude de mon ami, résolut d'aller le surprendre avec moi dans sa retraite du quartier latin (G. Leroux, Parfum, 1908, p. 11).Pourtant les affiches de l'Eldorado portent, ce soir, le nom d'une ex-camarade de music-hall; j'aurais voulu lui dire bonjour dans sa loge, la surprendre (Colette, Entrave, 1913, p. 9).
[P. méton. du suj., à propos de la visite elle-même, d'une lettre] Monsieur et bien cher confrère, votre aimable lettre est venue me surprendre doucement dans un moment de bonheur (Hugo, Corresp., 1822, p. 359).
2. Qqc.1/qqn1surprend qqn2(par qqc.3causé par qqc./qqn).Causer de l'étonnement à quelqu'un (par un comportement, une attitude).
a) [Le suj. est qqn1] Il était là, il ne s'en irait plus, elle l'aurait tout entier pour elle. Gênée d'abord et rougissante, elle avait fait allusion au bouquet mystérieusement apporté. En voilà une façon de surprendre son monde. Et s'il s'était cassé le cou! (Moselly, Terres lorr., 1907, p. 162).Transplanté à Limoges en 1960, il nous surprendra certainement un jour par des travaux en porcelaine (G. Fontaine, Céram. fr., 1965, p. 149).
En partic. [Le compl. d'obj. dir. désigne une partie du corps] [Heide] surprit l'œil tout à coup par le miracle de sa verticalité (Gracq, Argol, 1938, p. 88).
b) [Le suj. est qqc.1] . La réalité du passé est toujours plus riche, plus nuancée, plus complexe qu'aucune des idées que nous pouvons élaborer pour l'étreindre; elle est ce concret, ce singulier qui toujours nous déroute, nous déconcerte, nous surprend par quelque chose d'inattendu, de nouveau, de radicalement autre (Marrou, Connaiss. hist., 1954, p. 167).
c) Empl. abs. [Le suj. est qqc.3] Causer de l'étonnement. Synon. frapper, étonner.Chez le chien, on note de la tristesse, de l'inquiétude. Il obéit moins bien à la voix de son maître. Ces symptômes [de la rage] assez vagues surprennent malgré tout (Garcin, Guide vétér., 1944, p. 211).Saccheri et Lambert découvrent en fait les principes des géométries non euclidiennes, ils rejettent pourtant les conséquences de leurs découvertes (...) par des raisonnements grossièrement faux qui surprennent de leur part (Gds cour. pensée math., 1948, p. 383).
3. Qqc.1surprend qqn2
a) [Le suj. désigne une manifestation physiol. chez qqn2] Affecter soudainement. Synon. frapper.Un spasme, un vertige le surprend. Le sommeil me surprit dans cet heureux délire... (Desb.-Valm., Élégies, 1833, p. 73).En partic. [Le suj. désigne la mort] Arrivons au Métier d'historien de Marc Bloch, ouvrage posthume et incomplet (sans doute assez éloigné de celui qu'eût fait paraître son auteur, si la mort ne l'avait tragiquement surpris) (Traité sociol., 1967, p. 85).
b) [Le suj. désigne un phénomène, un événement se produisant dans l'environnement de qqn2]
α) Prendre au dépourvu; se produire à l'improviste, sans qu'on s'y attende. La fermeture automatique [du métro] me surprend et coince un pan de ma pèlerine (H. Bazin, Vipère, 1948, p. 206).Léo Lagrange (...) accomplit ses études au lycée Henri-IV à Paris. Pendant son année d'hypokâgne, il est l'élève d'Alain, comme Jean Prévost son ami. La guerre de 1914 le surprend au lycée (Cacéres, Hist. éduc. pop., 1964, p. 91).P. métaph. Montée de la sève (...). Les arbres surpris tout nus par la lumière. La joie végétale (Mauriac, Écrits intimes, Journal d'un homme de trente ans, 1948, p. 132).
β) [Qqc.1désigne un phénomène naturel, un fait; le compl. désigne un organe de la perception] Affecter subitement. Synon. frapper.Étendue et détendue entre les bras du bouvier, soudain des sons de trompe, des rumeurs, des bruits de pas, surprirent ses oreilles (A. France, Ile ping., 1908, p. 103).− Émouvoir subitement en produisant une sensation nouvelle, une perception étonnante. Il en est [des serpents] dont la peau, comme dans les féeries, Surprend l'œil ébloui par de tels chatoîments Qu'on dirait (...) Des rubans d'acier bleu lamés de pierreries (Rollinat, Névroses, 1883, p. 195).Le timbre d'un objet choqué a pu surprendre, séduire, obséder l'oreille (Schaeffner, Orig. instrum. mus., 1936, p. 97).
4. ART CULIN., vx. Qqc.1surprend qqc.2Brûler un mets en surface sans le cuire en profondeur. Synon. saisir.Le feu a surpris cette viande, cette pâtisserie (Littré).
B. − Qqn1surprend qqc.2(à, sur, chez, qqn3, à l'insu de qqn3)
1. [Qqc.2désigne des actions, des gestes faisant découvrir leur aut.]
a) Être le témoin involontaire de; remarquer inopinément. Surprendre un clin d'œil, un sourire d'intelligence; surprendre une larme dans les yeux de qqn. On se pousse pour mieux voir; on essaye de distinguer les visages derrière les vitres levées des portières, de surprendre les mots, le geste, la physionomie des nouveaux venus qui entrent dans le château par la porte tendue de noir, et derrière laquelle remuent des ombres vagues (R. Bazin, Blé, 1907, p. 350).[Cécile] dit, surprenant au vol un regard de son mari:Par amitié pour moi, Richard, marquez un peu d'indulgence à ma pauvre Félicienne (Duhamel, Cécile, 1938, p. 139).
[Qqn3est exprimé par un pron. pers.] Qqn1lui/leur surprend qqc.2L'esprit de la colline remplissait cette pauvre cuisine. À cette minute, ces religieuses, autour de cette table, apparaissaient bien autres qu'on ne les vit jamais au dehors. Elles avaient des figures que, seuls, les Baillard leur surprirent jamais (Barrès, Colline insp., 1913, p. 145).
[P. méton. de qqc.2] Qqn1surprend (un avatar de qqn2) en qqn3.Dans un pays de tradition catholique aussi ancienne, le facteur religieux ne peut pas ne pas jouer un très grand rôle dans les débats politiques, et l'on surprend presque en chaque citoyen un métaphysicien, voire un théologien qui se réveille en période électorale (Philos., Relig., 1957, p. 46-13).
Empl. pronom. réfl. indir. C'est cette félicité qui fait toute ma joie, ma seule joie, et quand je me surprends l'audace d'y croire, je suis le plus heureux des êtres (Hugo, Lettres fiancée, 1822, p. 180).
b) Déceler, deviner. Surprendre un émoi, un trouble dissimulé, un sourire ironique sur le visage de qqn, la crainte sur sa physionomie. J'ai surpris un double jeu: MmePaulin m'observait à la dérobée... Elle continue d'ailleurs et, de plus, elle s'empresse à de cordiales complaisances (Frapié, Maternelle, 1904, p. 208).Costals n'avait jamais surpris de friponnerie chez son fils. Mais la disparition des quinze francs lui parut suspecte (Montherl., Démon bien, 1937, p. 1354).
[Le compl. circ. désigne une partie du corps de qqn2] Quel enseignement si (...) nous réussissions à surprendre sur les lèvres des humbles leur véritable prière! (M. Bloch, Apol. pour hist., 1944, p. 84).
Synon. de saisir, appréhender.Un salon parisien, il faut user la soie de ses fauteuils pour en surprendre l'âme, et confesser à fond son palissandre ou son bois doré (E. de Goncourt, Zemganno, 1879, p. 11).Les efforts des psychologues pour surprendre l'invention à sa source, par exemple pour surprendre la naissance de l'hypothèse, ont échoué (Ruyer, Cybern., 1954, p. 151).
2.
a) [Qqc.2désigne aussi bien un secret, une confidence qu'on ne voulait pas dévoiler, qu'une corresp. interceptée] Obtenir à l'improviste par des voies indues, par des procédés frauduleux; dérober. Surprendre le consentement (de qqn), sa signature, ses faveurs. Surprendre des confidences, c'est se rendre coupable d'espionnage (Jouy, Hermite, t. 5, 1814, p. 294):
2. Un beau soir, la belle s'étant retirée un instant dans sa cabine, pour écrire à son amoureux, un jeune comédien de talent, Edwards accourut la rejoindre, surprit la lettre révélatrice, empoigna la pauvrette qui se sauvait, sous une avalanche de torgnoles, et la jeta tout bonnement à l'eau, où elle se noya. L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 28.
Surprendre qqc.2à qqn3.L'assassinat du roi de Portugal, arrivé l'année suivante, servit de prétexte à la haine du ministre Carvalho, qui surprit à son prince un ordre d'expulsion des Jésuites (Balzac, Œuvres div., t. 1, 1824, p. 39).Les rires d'Hortense étaient en ce moment causés par un triomphe remporté sur l'obstination de la cousine Bette, elle venait de lui surprendre un aveu demandé depuis trois ans (Balzac, Cous. Bette, 1846, p. 34).
b) Au fig. [Corresp. à supra A 1; qqc.2corresp. à une méton. du compl. d'obj. qqn2] Gagner artificieusement. Surprendre le cœur, la confiance, la crédulité, l'estime, la bonne foi de qqn. C'était quelque rendez-vous sous les tilleuls (...) les furtives étreintes et les baisers surpris, enfin tous les naïfs à-compte de la passion qui ne dépasse point les bornes de sa modestie (Balzac, Enf. maudit, 1831, p. 346).C'est dans ces tueries non surveillées que sont abattus, souvent d'urgence, des animaux malades (...) et la toilette du cadavre est faite avec grand soin pour tromper l'inspection des grandes villes et surprendre la bonne foi des acheteurs (Macaigne, Précis hyg., 1911, p. 226).
Prononc. et Orth.: [syʀpʀ ɑ ̃:dʀ ̥], (il) surprend [-pʀ ɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Le compl. désigne une pers. 1. 1130-40 « troubler l'esprit, tromper insidieusement » (Wace, Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 1679: deables nos a sorpris E noz cuers en tenebres mis); 1549 (Est., s.v.: chose par laquelle on surprend ou deçoit on aucun); 2. ca 1160 « prendre, saisir, s'emparer de » en parlant d'une passion, d'un mal (Eneas, éd. J. J. Salverda de Grave, 1258); 1176-81 (Chrétien de Troyes, Chevalier au lion, éd. M. Roques, 2700; Ne fu tant de panser sorpris con de celui); 1176 (Id., Cligès, éd. A. Micha, 3001: vostre malage Me dites [...] Einçois que il plus vos sorpraingne); ca 1180 part. passé adj. (Prov. au vilain, 86 b ds T.-L.: ome [...] Sourpris de povreté); 3. « arriver, survenir inopinément [auprès de quelqu'un] » a) ca 1160 par une attaque armée imprévue (Eneas, 5048); ca 1208 (Geoffroi de Villehardouin, Constantinople, éd. E. Faral,405); b) 1176-81 « se présenter auprès de quelqu'un à l'improviste, le prendre au dépourvu » (Chrétien de Troyes, Chevalier au lion, 2319); c) ca 1240 en parlant d'un phénomène naturel [la nuit] (Estoire Seint Aedward le Rei, éd. K. Y. Wallace, 3496); 4. a) « prendre sur le fait celui qui commet une action que l'on souhaite ne pas lui voir faire, que l'on réprouve » (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 4644: se fust ocise [Enide] se cil ne l'eüssent sorprise Qui li ont l'espee tolue); 1225-30 (Guillaume de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 2815: fu li cuvers [Dangiers] D'erbe et de fueilles tot covers, Por ceus espier et sorprendre Q'il voit ou roses la main tendre); 1549 surprins en adultere (Est.); 1580 surpris en larecin (Montaigne, Essais, II, 32, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, p. 723); b) 1688 réfl. « se prendre soi-même sur le fait, prendre conscience que l'on fait ce que l'on souhaiterait ne pas faire » (La Bruyère, Caractères, De la Cour, VIII, 66 ds Œuvres, éd. J. Benda, 1951, p. 237: les petitesses où je me surprends); 5. « frapper l'esprit, étonner » [1558 surprinse d'estonnement (Marguerite de Navarre, Heptameron, 56, éd. M. François, p. 350)] 1561 trans. (Corneille, Nicomède, II, 3); 1652-53 (?) empl. abs. ([Pascal?] Passions de l'amour ds Œuvres, éd. L. Lafuma, Paris, Seuil, 1963, p. 289); a) 1660 part. prés. adj. incidents surprenants (Corneille, Rodogune, Examen); 1690 avec valeur laudative (Fur.: ce bâtiment est surprenant par sa magnificence); b) part. passé adj. 1680 (Rich.). II. Le compl. désigne une chose. A. 1. 1538 « prendre à l'improviste et indû-ment » (Est., s.v. intercipio : intercipere litteras. Prendre sur le chemin ... Surprendre); 2. 1663 « être involontairement le témoin de quelque chose; découvrir par hasard un geste qui échappe » (Corneille, Sophonisbe, II, 1: à cette infidèle imputant sa misère, J'ai cru surprendre un mot de haine ou de colère); 3. 1669 « obtenir par des moyens détournés la révélation de ce qui était tenu caché » (Racine, Britannicus, I, 1: Surprenons, s'il se peut, les secrets de son âme); 4. 1669 « obtenir artificieusement, par tromperie » (Id., op. cit., III, 4: Un autre de César a surpris la tendresse). B. 1798 cuis. « (en parlant d'un feu trop ardent) brûler une viande pendant sa cuisson » (Ac.). Dér. de prendre*; préf. sur-*; cf. le dér. a. fr., de sens voisin, sosprendre 1130-40 « troubler l'esprit de quelqu'un » Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 348 [ms. A]; ca 1140 « prendre à l'improviste, au dépourvu » (Geoffroi Gaimar, Estoire des Engleis, éd. A. Bell, 5520); préf. sos-, sous*. Fréq. abs. littér.: 3 205. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 887, b) 3 889; xxes.: a) 4 968, b) 5 241.

Surprendre : définition du Wiktionnaire

Verbe

surprendre \syʁ.pʁɑ̃dʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Prendre sur le fait, trouver dans une action, dans un état où on ne croyait pas être vu, en parlant de quelqu’un.
    • surprenant un homme qui volait la ration d’un camarade, il l’invectiva et le frappa à la face. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 272 de l’éd. de 1921)
    • Un pareil crime, si près du commissariat, en bordure du passage où le meurtrier risquait à son insu d'être surpris, se présentait, de prime abord, comme l'acte d'un fou. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Je l’ai surpris lisant la lettre qu’il disait n’avoir pas reçue.
  2. Prendre à l’improviste ou au dépourvu.
    • Cette sollicitude ne la surprenait guère : Alice avait toujours eu cette espèce de charité très chrétienne, qui attendait que l'on fût au fond du trou pour vous tendre la main. — (Laure Pfeffer, Si peu la fin du monde, Éditions Buchet-Chastel, 2019)
    • Nos soldats ont surpris l’ennemi.
    • La ville a été surprise.
    • J’ai été le surprendre.
  3. Arriver auprès de quelqu’un sans être attendu.
    • Il surprit son ami qui le croyait loin de Paris.
    • Je ne l’ai pas vu depuis longtemps, j’irai le surprendre un de ces matins.
  4. Se dit des choses auxquelles on ne s’attendait point, le plus souvent des choses désagréables et qui traversent nos desseins.
    • Il […] reparut bientôt tenant une huître à la main. L'ouverture ne produisit pas la perle désirée, ce qui n'était pas pour surprendre, car la proportion des huîtres contenant des « poe » ou perles, est de une sur plusieurs milliers. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • La pluie nous a surpris.
    • La nuit nous surprit en chemin.
    • La mort le surprit au milieu de ses projets.
  5. Tromper, abuser, induire en erreur.
    • Il s’est laissé surprendre à cet air de candeur, par cet air de candeur, à ces promesses, par ces promesses.
    • Surprendre la bonne foi, la crédulité, l’ignorance de quelqu’un.
    • Il a surpris la religion de ses juges.
  6. Obtenir frauduleusement, par artifice, par des voies indues.
    • Souvent le droit légitime restreint le droit naturel, parce que […] les loix humaines sont quelquefois surprises par des motifs dont la raison éclairée ne reconnoît pas toujours la justice. — (François Quesnay, Observations sur le Droit naturel des hommes réunis en société, 1765)
    • Il jouait bien involontairement un rôle sinistre et mystérieux – le rôle d’espion international. Il surprenait des secrets ; il menaçait, en fait, les projets d’une puissance non moindre que l’Empire Germanique ; il se jetait étourdiment dans le foyer ardent de la WeltPolitik. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 112 de l’éd. de 1921)
    • Surprendre des lettres, une correspondance, les prendre furtivement, les intercepter.
    • Une lettre adressée à un des conspirateurs fut surprise.
    • Surprendre la confiance de quelqu’un, la gagner par artifice.
  7. Remarquer des actions, des gestes qui échappent à quelqu’un.
    • Je surprenais leurs clins d'œil, leur jeu de lèvres. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 32)
    • J’ai surpris ses soupirs, ses larmes qu’il voulait me cacher.
    • Je me suis surpris à pleurer comme un enfant.
    • Je me surprends à rire de ses bouffonneries.
    • Surprendre le secret de quelqu’un, Découvrir son secret par habileté ou par hasard.
  8. Étonner, frapper l’esprit par quelque chose d’inattendu.
    • On ne doit pas être surpris si, dans ces temps éloignés de nous, certains sièges se prolongeaient indéfiniment. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Bien qu’il n’ait pas de boucles aux oreilles ni d’anneau au nez, je ne serais pas surpris que ce fût un Américain, – je dirai plus, un Yankee. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. II, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • Elle assista à tous les apprêts du mariage avec une impassibilité qui la surprenait elle-même. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
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Surprendre : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SURPRENDRE. (Il se conjugue comme PRENDRE.) v. tr.
Prendre quelqu'un sur le fait, le trouver dans une action, dans un état où il ne croyait pas être vu. Surprendre un voleur qui force un secrétaire. Je l'ai surpris à me dérober de l'argent. On l'a surpris en faute, en flagrant délit. Je l'ai surpris lisant la lettre qu'il disait n'avoir pas reçue. Il signifie encore Prendre à l'improviste, au dépourvu. Nos soldats ont surpris l'ennemi. La ville a été surprise. J'ai été le surprendre. Le sage n'est jamais surpris par les événements. Il signifie aussi Arriver auprès de quelqu'un sans être attendu. Il surprit son ami qui le croyait loin de Paris. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps, j'irai le surprendre un de ces matins. Il se dit également des Choses auxquelles on ne s'attendait point, le plus souvent des choses désagréables et qui traversent nos desseins. La pluie nous a surpris. La nuit nous surprit en chemin. La mort le surprit au milieu de ses projets. Il signifie aussi Tromper, abuser, induire en erreur. Il s'est laissé surprendre à cet air de candeur, par cet air de candeur, à ces promesses, par ces promesses. Surprendre la bonne foi, la crédulité, l'ignorance de quelqu'un. Il a surpris la religion de ses juges. Il signifie encore Obtenir frauduleusement, par artifice, par des voies indues. Il a surpris mon consentement, ma signature. Surprendre des lettres, une correspondance, Les prendre furtivement, les intercepter. Une lettre adressée à un des conspirateurs fut surprise. Surprendre la confiance de quelqu'un, La gagner par artifice.

SURPRENDRE signifie aussi Remarquer des actions, des gestes qui échappent à quelqu'un. J'ai surpris ses soupirs, ses larmes qu'il voulait me cacher. Je me suis surpris à pleurer comme un enfant. Je me surprends à rire de ses bouffonneries. Surprendre le secret de quelqu'un, Découvrir son secret par habileté ou par hasard.

SURPRENDRE signifie encore Étonner, frapper l'esprit par quelque chose d'inattendu. Cette nouvelle m'a extrêmement surpris. Cette conduite me surprend. Vous me surprenez beaucoup en me disant cela. Je fus bien surpris de sa réponse. Le participe passé

SURPRIS s'emploie adjectivement. Il a été tout surpris de voir que l'on connaissait déjà cette nouvelle.

Surprendre : définition du Littré (1872-1877)

SURPRENDRE (sur-pran-dr') v. a.

Il se conjugue comme prendre.

  • 1Prendre, saisir une chose à l'improviste. On amorce le monde avec de tels portraits ; Pour les faire surprendre on les apporte exprès ; On s'en fâche, on fait bruit, on vous les redemande, Mais on tremble toujours de crainte qu'on les rende, Corneille, Suite du Ment. II, 7.

    Fig. Je voudrais que vous et M. de Grignan eussiez pu voir l'admiration naturelle dont il [Faucher] fut surpris [en voyant le portrait de Mme de Grignan], Sévigné, 4 sept. 1675.

  • 2S'emparer par une attaque inattendue. Ptolomée, fils de Lagus, surprit Jérusalem, et en emmena en Égypte cent mille captifs, Bossuet, Hist. II, 5. Ces barbares, qui espéraient de surprendre la ville, furent eux-mêmes surpris, Fénelon, Tél. I.

    Fig. Son âge [de Palmire], sa candeur ont surpris ma tendresse, Voltaire, Mahom. III, 8.

    Attaquer celui qui n'est pas sur ses gardes. Il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu, mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris, Bossuet, Louis de Bourbon. Comme il avait affaire à des ennemis qui se dispersaient et se ralliaient à tous moments pour le surprendre, il résolut de les surprendre eux-mêmes, Fléchier, Hist. de Théodose, I, 9. Le tyran m'a surpris sans défense et sans armes, Racine, Phèdre, III, 5.

  • 3Arriver auprès de quelqu'un sans être attendu. Dedans mon cabinet ils pourraient nous surprendre ; Ici nous parlerons en plus de sûreté, Corneille, l'Illus. III, 9. Mais parliez-vous de moi quand je vous ai surpris ? Racine, Bérén. II, 4. C'est donc ainsi que vous surprenez les gens ? qui vous croyait à Paris ? Lesage, Crisp. rival de son maître, 19. Nous étions si près de lui [Aristote] et nous avions été si longtemps sans le voir, que nous résolûmes de l'aller surprendre, Barthélemy, Anach. ch. 62.

    Terme de manége. Surprendre un cheval, se servir trop brusquement des aides ; l'approcher à l'écurie sans l'avertir.

  • 4Saisir à l'improviste Je l'ai surpris à me dérober de l'argent. Jésus-Christ a fait selon sa parole : il est venu surprendre la reine dans le temps que nous la croyions la plus saine, dans le temps qu'elle se trouvait la plus heureuse, Bossuet, Mar.-Thér. Merci, que le prince de Condé et le vigilant Turenne n'ont jamais surpris dans un mouvement irrégulier, Bossuet, Louis de Bourbon. Il surprit la nature sur le fait, Fontenelle, Tournefort. Daniel fut surpris lorsqu'il faisait ses prières ordinaires, le visage tourné vers Jérusalem, et il fut jeté dans la fosse des lions, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 274, dans POUGENS. Qu'elle vous surprenne souvent priant Dieu, Genlis, Ad. et Th. t. I, p. 252, dans POUGENS.

    Fig. Surprendre dans les paroles, essayer de trouver dans les paroles de quelqu'un de quoi le convaincre, le condamner. Les pharisiens, s'étant retirés, firent dessein entre eux de le surprendre [Jésus] dans ses paroles, Sacy, Bible, Évang. St Math. XXII, 15.

  • 5Il se dit des choses qui saisissent tout à coup, attendues ou non. Ma perte m'a surprise, et ne m'a point troublée, Corneille, Cinna, IV, 6. La mort ne surprend point le sage ; Il est toujours prêt à partir, La Fontaine, Fabl. VIII, 1. Ni les maux que la reine d'Angleterre a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage, Bossuet, Reine d'Anglet. La nuit l'eût surpris plongé encore dans la rêverie, si dom Narcisse ne fût venu lui-même le chercher, Genlis, Veillées du château t. I, p. 479, dans POUGENS.

    Il se dit particulièrement d'un mal qui arrive inopinément. Il a été surpris d'une attaque de goutte. Il [Pompée] soupçonne aussitôt son manquement de foi [de Ptolémée], Et se laisse surprendre à quelque peu d'effroi, Corneille, Pomp. II, 2. Combien ai-je connu dans le monde de personnes qui ont été surprises de la mort ! Bourdaloue, Instruct. sur la mort. Exhort. t. II, p. 330.

  • 6Déconcerter, prendre par surprise. C'est ainsi que, confondant nos conseils, surprenant nos désirs et anéantissant nos espérances, vous [ô Dieu] affermissez notre foi, Massillon, Or. fun. Villars.
  • 7Induire en erreur, tromper. Celui qui a été surpris aura une grande adresse pour ne l'être plus, Sacy, Bible, Ecclésiastiq. XXXIV, 11. Il n'y avait rien de plus difficile ni de plus hasardeux que de surprendre ce grand magistrat, Bossuet, le Tellier. Il [Théodose] se laissait quelquefois surprendre ; et, quoiqu'il eût les intentions bonnes, il était capable de faire de grandes fautes, Fléchier, Hist. de Théod. IV, 3. Tout jaloux, tout défiant qu'il est, je suis plus difficile à surprendre que lui, Lesage, Diable boit. 9. Paraître encore l'ami d'un homme quand on a cessé de l'être, c'est se réserver des moyens de lui nuire, en surprenant les honnêtes gens, Rousseau, Conf. x.

    Il se dit des choses en un sens analogue. Les pleurs de Sophonisbe ont surpris ma raison, Corneille, Sophon. II, 2. Ce jugement si éclairé et si incapable d'être surpris, Fléchier, Duch. de Montaus. On peut des plus grands rois surprendre la justice, Racine, Esth. III, 9. On aime mieux parler à l'imagination qu'au jugement, éblouir la raison que la convaincre, surprendre son approbation que la mériter, Rollin, Traité des Ét. Disc. prél. II, 2. Assuérus ne crut pas déroger à la majesté de l'empire en déclarant, même par un édit public, que sa bonne foi avait été surprise par les artifices d'Aman, Massillon, Pet. carême, Écueils. Il fallait surprendre la vigilance de ses gardiens, Montesquieu, Lett. pers. 69.

    Absolument. Les justes sont plus exposés à être surpris, parce qu'ils ignorent eux-mêmes l'art de surprendre, Massillon, Pet. carême, Ecueils. Le génie du ministre italien [Mazarin] était de vouloir surprendre ; celui de l'Espagnol était de s'empêcher d'être surpris, Voltaire, Louis XIV, 6.

  • 8Obtenir frauduleusement, par artifice, d'une manière indue. Il a surpris ma signature, mon consentement. Le premier président parla fort hardiment contre cette manière de mener le roi au palais pour surprendre et pour forcer la liberté des suffrages, Retz, Mém. t. I, liv. II, p. 144, dans POUGENS. Pour ne vous pas surprendre un choix précipité, Je veux bien vous laisser en pleine liberté, Quinault, Pausanias, II, 2. Ce marchand, étant banni de la république [de Genève]… surprit un passe-port de M. le commandant de Bourgogne, et entra dans Genève à la faveur de ce passe-port, Voltaire, Lett. Dupont, 10 oct. 1775.

    Surprendre des lettres, les intercepter, les prendre furtivement. Les plaintes du roi [Louis XI] contre le duc de Bourgogne étaient d'autant mieux fondées, qu'on avait surpris la lettre qu'il écrivait aux Anglais, Duclos, Œuvr. t. II, p. 421. Lisez cette lettre que ma mère me montra hier, et que j'ai su lui surprendre ce matin, Al. Duval, les Héritiers, sc. 5.

    Surprendre le secret de quelqu'un, découvrir son secret par adresse ou par hasard. Surprenons, s'il se peut, les secrets de son âme, Racine, Brit. I, 1. Songez que vous avez surpris mon secret, et que vous ne devez pas en abuser, Genlis, Théâtr. d'éduc. Fausses délicatesses, III, 4.

    Surprendre la confiance de quelqu'un, la gagner par artifice.

    Il se dit de tout autre sentiment. Dans les pertes médiocres, on surprend ainsi la pitié des auditeurs, Fléchier, Turenne. Une autre de César a surpris la tendresse, Racine, Brit III, 4. L'exagération du mal ne produit que le mépris, celle du bien surprend l'estime, Barthélemy, Anach. ch. 47.

  • 9Il se dit des actions, des gestes qui échappent à quelqu'un, et qui font découvrir malgré lui ce qu'il pense, ce qu'il éprouve. Quand j'ai voulu parler contre ce cœur sans foi, Et qu'à cette infidèle imputant sa misère, J'ai cru surprendre un mot de haine ou de colère…, Corneille, Sophon. II, 1. N'ai-je pas même entre eux surpris quelque regard ? Racine, Bajaz. III, 7. J'ai surpris ses soupirs qu'il me voulait cacher, Racine, Iphig. II, 5.

    Surprendre à quelqu'un un moment de faiblesse, apercevoir en lui un moment de faiblesse.

  • 10Faire éprouver le sentiment de l'inattendu, étonner. Je veux bien vous l'apprendre, Et vous en donne avis pour ne vous pas surprendre, Corneille, Nicom. II, 3. La cour, qui lui préparait à son retour les applaudissements qu'il méritait, fut surprise de la manière dont il les reçut, Bossuet, Louis de Bourbon. Que faut-il que je croie D'un bruit qui me surprend et me comble de joie ? Racine, Iphig. I, 2. Ce crime dans Assur n'a rien qui me surprenne, Voltaire, Sémiram. IV, 2.

    Absolument. Les âmes propres à l'amour demandent une vie d'action qui éclate en événements nouveaux… la vie de tempête surprend, frappe et pénètre, Pascal, Pass. de l'amour. Au temps de Balzac, de Mairet… on applaudissait à toute pensée qui surprenait par des images nouvelles qu'on appelait esprit, Voltaire, Dict. phil. Esprit.

  • 11Faire une surprise. Je sais qu'il souhaite de vous faire ce plaisir, il aime à surprendre agréablement, Sévigné, 574. Sa Majesté eut contentement ; il voulait surprendre, et tout le monde fut surpris, Sévigné, 26 mai 1663.

    Surprendre de quelque chose, faire une surprise à l'aide de quelque chose. Il y a aux Rochers dix allées que vous ne connaissez pas ; et mon fils me doit surprendre d'un parterre et de deux places nouvelles, Sévigné, 25 mai 1689. Nous jouissons, avec plaisir, des belles vues dont nous sommes surprises à tout moment, Sévigné, 15 mai 1676.

  • 12Saisir trop vivement, en parlant du feu. Le feu a surpris cette viande, cette pâtisserie.
  • 13Se surprendre à, v. réfl. Manifester tout à coup, par un mouvement dont on n'est pas le maître, le sentiment sous l'empire duquel on se trouve. Je me suis surpris à pleurer comme un enfant. La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les petitesses où je me surprends, La Bruyère, VIII. Combien de fois ne me suis-je pas surpris… criant…, Diderot, Él. de Richards.
  • 14Se prendre l'un l'autre sur le fait de quelque chose. Ils [deux amants] se cherchaient à leur ordinaire ; mais ils se surprenaient occupés d'autres choses que d'eux-mêmes, Comte de Caylus, Œuvr. t. IX, p. 101, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIIe s. Dedens [il] la jette [son épée], car la mort le sosprent, Ronc. p. 106. Doucement [je] sui engigniez et soupris ; Car, s'ele veut, longuement serai pris, Couci, XVII.

XVIIe s. Vostre grant beautés entiere M'a si sorpris Que, se j'ere en paradis, J'en reviendroie arriere…, Quesnes, Romancero, p. 88. [Je] Ne puis sur piés ester, tant sui sosprise et vaine : à cest mot [elle] chet pasmée sans vois et sans halaine, Audefroi le Bastard, Romanc. p. 16. Si les seurpristrent si que cil du casal n'en sorent mot devant ce qu'il en orent assez ocis, Villehardouin, CLVI. Comme hom bevanz et seurprins par vin, Psautier, f° 96. [Ils] Dutent maufez [diables], male tempeste, Et du desert meinte aventure, Si surprent les la nuit obscure, Édouard le conf. v. 3494. La nuit de nuel [noel] le surprent Une fevre [fièvre] ki mult l'esprent, ib. v. 3635. Il furent si souspris qu'il n'orent pooir d'eus deffendre, Chr. de Rains, p. 6. Tu e il nous devez des leus [loups] d'enfer deffendre, Qui adès nous aguetent pour nos ames sousprendre, J. de Meung, Test. 562.

XVIe s. Un quidam delibera de surprendre ma maison et moy, Montaigne, IV, 226. Plusieurs bestes ont un soin extreme de surprendre tout ce qu'elles peuvent, et de le curieusement cacher, Montaigne, II, 186. Le tyran Amulius fut surprins en son palais et tué, Amyot, Rom. 12. Marcellus, sans aucune necessité urgente, sans celle fureur et ardeur qui surprent quelquefois les hommes vaillans au milieu du combat, s'alla…, Amyot, Pélop. et Marcell. comp. 5. … de quoy Clitus, qui estoit desja un peu surpris de vin, se courroucea encore d'avantage, Amyot, Alex. 87. On dit que l'homme surpris est à demi battu, Charron, Sagesse, p.330, dans LACURNE.

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Étymologie de « surprendre »

Étymologie de surprendre - Littré

Sur 1, et prendre ; provenç. sorprendre. sosprendre, sobreprendre ; ital. soprapprendere. Quant au sens de tromper, il est très ancien, et appartient au bas-latin : Si quis consortem suum superpriserit, Lex Rip. p. 117, § 2.

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Étymologie de surprendre - Wiktionnaire

(XIIe siècle) Verbe dérivé de prendre avec le préfixe sur-.
L’ancien français distinguait sorprendre (« prendre le dessus, conquérir », « prendre en sus »), sourpris (« saisi »), sourprise (« exaction, impôt extraordinaire ») et sousprendre (« prendre par dessous, par surprise », « tromper »), sousprenant (« surprenant »), souspresure (« surprise »), sousprison (« surprise »). Les deux verbes se sont confondus en un seul.
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Phonétique du mot « surprendre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
surprendre syrprɑ̃dr play_arrow

Conjugaison du verbe « surprendre »

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Citations contenant le mot « surprendre »

  • “Ce que je vais faire ? Je ne sais pas pour être honnête. Je suis juste heureux d’être ici, d’enfin arriver à Orlando pour être avec l’équipe. Peut-être que je vais surprendre tout le monde. Peut-être que je ne vais pas bien me débrouiller. Nous verrons.” Jokic Basket Infos, Nikola Jokic : "Peut-être que je vais surprendre tout le monde"
  • Qui dit premier rendez-vous, dit bonne impression du premier coup. Pour mettre toutes les chances de votre côté, et vous faire gagner du temps, la rédaction s’est concertée pour dresser la liste des bons conseils mode à adopter pour surprendre votre date.  Marie France, magazine féminin, Premier rendez-vous : comment s’habiller pour surprendre votre date ?
  • C’est une exposition originale que présente Thierry Roussel, avec des œuvres réalisées au crayon, fusain et peinture, toutes représentant les Couverts sous tous ses angles, avec une série de 30 tableaux sous cadre, mais aussi une fresque géante sur tout un pan de mur de 8 m sur 2,40 m, ce qui ne manque pas de surprendre le visiteur qui pénètre dans la galerie, lui donnant l’illusion des Couverts grandeur nature. ladepeche.fr, "La Cité dans la Cité", Thierry Roussel surprend - ladepeche.fr
  • Il en est de certaines caves comme des musées. On souhaiterait de s'y laisser enfermer après l'heure ; d'entendre claquer la serrure et s'éloigner les pas du gardien pour surprendre les conciliabules de la nuit. De Pierre Veilletet
  • C'est trop se laisser surprendre aux vaines descriptions des peintres et des poètes, que de croire la vie et la mort autant semblables que les uns et les autres nous les figurent. De Jacques-Bénigne Bossuet / Sermon sur l'impénitence finale
  • S'il est une personne au monde que ne devrait pas surprendre le succès d'un homme, c'est bien son épouse ! De André Giroux / Au-delà des visages
  • Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère. De Charles Baudelaire / Le Spleen de Paris
  • Quelle que soit l’étendue de notre raison, au-delà se trouve encore davantage pour nous surprendre. De Théodore Roszak / Les Mémoires d’Elizabeth Frankenstein
  • Un grand écrivain est un homme qui sait nous surprendre en nous disant ce que nous savions depuis toujours. De Jean Rostand / Pensées d’un biologiste
  • Le désir de se surprendre est l'un des ressorts de la vie d'actrice. De Isabelle Huppert / Elle - septembre 2012
  • Il faut s'attendre à tout en politique, où tout est permis, sauf de se laisser surprendre. De Charles Maurras / L'Action française
  • On ne se laisse surprendre que par la première pluie de la saison. De Proverbe téké
  • Il faut toujours surprendre une femme si on veut l'intéresser. De Frédéric Dard

Images d'illustration du mot « surprendre »

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Traductions du mot « surprendre »

Langue Traduction
Corse sorpresa
Basque sorpresa
Japonais 驚き
Russe сюрприз
Portugais surpresa
Arabe مفاجأة
Chinois 吃惊
Allemand überraschung
Italien sorpresa
Espagnol sorprender
Anglais surprise
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Synonymes de « surprendre »

Source : synonymes de surprendre sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « surprendre »


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