Suite : définition de suite


Suite : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

suite \sɥit\ féminin

  1. Ce ou ceux qui suivent, ce ou ceux qui vont après.
    • On laissa passer les trois premiers et on ferma la porte à toute la suite. - Pour bien entendre ce passage, il faut lire la suite.
    • Voyons la suite. - Attendons la suite. - Il faut voir ce qui fait suite. - Suite et fin.
    • À cet instant je prononçais les mots fatidiques : « La suite au prochain numéro » – « Qu’est-ce que tu dis ? » demandait ma mère. Je répondais prudemment : « Je me laisse en suspens ». — (Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964, collection Folio, page 99.)
  2. Ceux qui accompagnent quelqu’un pour lui faire honneur.
    • […], comme elle était de race princière, elle avait soutenu pendant son veuvage la splendeur primitive de sa maison, de sorte que sa suite continua d’être une des plus élégantes des châteaux environnants. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
  3. Choses qui sont la continuation, le développement de choses du même ordre.
    • L’observateur rapporte qu'une paysanne ayant vendu des oignons de perce-neige en guise de ciboulette, toutes les personnes qui en mangèrent furent surprises de vomissement, qui n'eurent aucunes suites fâcheuses. — (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, Neufchâtel : Samuel Faulche, 1765, vol.12, page 326)
    • Il en arrivait à négliger Geneviève qui se rétablissait lentement des suites de son opération […]. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 89)
    • Décédé à Paris le 11 novembre 1872, des suites d’une albuminurie, son corps a été transporté le soir même pour être inhumé dans un caveau de famille, à Sedan. — (Eugène Dupont‎, Notice nécrologique de François Clément Sauvage, dans La vie rémoise, vol.4, 1869-1872)
    • De même que toutes les autres parties situées au fond de la bouche, les tonsilles sont sujettes à différentes sortes d’engorgements dont la nature varie autant que les suites. — (Samuel Cooper, Dictionnaire de chirurgie pratique, 2e partie (I-Z), traduit de l'anglais, Paris : chez Crevot, 1826, p.512)
    • Créer une marine : œuvre de longue haleine, qui veut de la suite, de l'argent, et il a toujours été difficile d'intéresser le Français terrien aux choses de la mer. — (Jacques Bainville, « Histoire de France », dans La Revue universelle, vol. 13, Plon-Nourrit, 1923, p. 410 & chez Fayard, 1924)
    • Il a pris la suite des affaires de ce commerçant.
    • Ce qui lui arrive est une suite naturelle, nécessaire, inévitable de sa mauvaise conduite.
    • Il avait formé un excellent projet, mais cela n’a point eu de suite.
    • Il avait eu une fort bonne idée, mais il n’y a pas donné suite.
  4. (En particulier) Continuation, ce qui est ajouté à un ouvrage pour le continuer.
    • La suite de Don Quichotte.
  5. Époque postérieure à celle dont on parle.
    • La suite a fait voir ce qu’on pouvait attendre de leur zèle.
    • Tel est le plan qu’il avait conçu, mais il le réforma beaucoup par la suite.
    • Il devint par la suite un homme laborieux et réfléchi.
  6. Série, enchaînement, succession.
    • La vie de cet homme n’a été qu’une suite de fautes.
    • Cet ouvrage est le résultat d’une longue suite d’observations.
    • Une suite de pensées, d’images.
    • La suite des temps, la succession des siècles.
    • La suite d’une affaire, la série des événements, des incidents qui arrivent les uns après les autres dans le cours d’une affaire.
    • Je connais par moi-même toute la suite de cette affaire.
  7. (En particulier) Série de choses de même espèce, que l’on range selon l’ordre des temps ou des matières.
    • Une belle suite de médailles, de monnaies, d’estampes, de portraits.
    • La suite des tapisseries des chasses de Maximilien.
  8. (Édition) Série de gravures d’un ouvrage tirées à part.
    • Suite de gravures ou absolument suite.
  9. (Musique) Œuvre composée de plusieurs pièces successives.
    • Suite pour orchestre.
  10. Certain nombre de personnes qui ont succédé les unes aux autres.
    • Une longue suite de rois.
    • Une longue suite de magistrats.
    • Une longue suite d’aïeux.
  11. (Mathématiques) Succession d’éléments, appelés termes, indexés par des entiers qui se suivent, pouvant être notés unn est l'entier mis en indice. Formellement, famille indexée par un intervalle d'entiers.
    • Suite réelle : suite dont les termes sont réels.
    • Suite arithmétique, suite géométrique, suite des nombres premiers.
    • Note : Quand l'intervalle est fini, le mot séquence est plus souvent utilisé.
  12. Ordre ; liaison.
    • Il n’y a point de suite dans ce discours.
    • Il m’a tenu des propos sans suite.
    • Il y a beaucoup de suite dans ses idées, dans ses raisonnements, dans ses réponses.
    • Cet homme n’a pas de suite dans les idées, n’a pas l’esprit de suite, il n’est pas capable d’une attention continue, de persévérance.
    • Il n’y a pas de suite dans sa conduite, Il y a beaucoup d’inégalité dans sa conduite.
  13. (Chasse) Action de suivre le gibier.
    • Faire une suite ou faire suite.
  14. (Droit) Possibilité de poursuite, de saisie.
    • Les meubles n’ont pas de suite par hypothèque, il ne peut point y avoir d’hypothèque sur les meubles.
  15. (Poker) Ensemble de cartes consécutives en valeur.
  1. (Construction) (Hôtellerie) Chambre jumelée avec un salon à usage privé.
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Suite : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUITE. n. f.
Ceux qui suivent, ceux qui vont après. On laissa passer les trois premiers et on ferma la porte à toute la suite. Il désigne aussi Ceux qui accompagnent quelqu'un pour lui faire honneur. Une suite brillante, nombreuse. Le prince arriva avec les gentilshommes de sa suite. Il signifie encore Ce qui suit, ce qui est après. Pour bien entendre ce passage, il faut lire la suite. Voyons la suite. Attendons la suite. Il faut voir ce qui fait suite. La suite au prochain numéro. Suite et fin. Il signifie, en parlant de Certains ouvrages de l'esprit, Continuation, ce qui est ajouté à un ouvrage pour le continuer. La Suite de Don Quichotte. Il se dit encore de Choses qui sont la continuation, le développement de choses du même ordre. Il a pris la suite des affaires de ce commerçant. Il se dit en outre des Événements causés par quelque chose qui a précédé. Ce qui lui arrive est une suite naturelle, nécessaire, inévitable de sa mauvaise conduite. Cette affaire a déjà eu des suites fâcheuses. Cette querelle peut avoir des suites funestes. Il n'y a pas d'apparence que cela ait aucune suite. Les suites en sont à craindre. Il faut en prévenir les suites. Il est mort des suites d'une chute. Les suites de cette maladie sont dangereuses. Il avait formé un excellent projet, mais cela n'a point eu de suite. Il avait eu une fort bonne idée, mais il n'y a pas donné suite. Absolument, Cela peut avoir des suites, Il en peut arriver quelque chose de fâcheux.

SUITE se dit également d'une Époque postérieure à celle dont on parle. La suite a fait voir ce qu'on pouvait attendre de leur zèle. Tel est le plan qu'il avait conçu, mais il le réforma beaucoup dans la suite. Il devint par la suite un homme laborieux et réfléchi. Il signifie aussi Série et se dit surtout en parlant de Choses arrivées les unes après les autres, soit par enchaînement, soit par simple succession. La vie de cet homme n'a été qu'une suite de fautes. Cet ouvrage est le résultat d'une longue suite d'observations. Une suite de pensées, d'images. La suite des temps, La succession des siècles. La suite d'une affaire, La série des événements, des incidents qui arrivent les uns après les autres dans le cours d'une affaire. Je connais par moi-même toute la suite de cette affaire.

SUITE se dit également d'Un certain nombre de choses de même espèce, que l'on range selon l'ordre des temps ou des matières. Une belle suite de médailles, de monnaies, d'estampes, de portraits. La suite des tapisseries des chasses de Maximilien. En termes d'Édition, Suite de gravures ou absolument Suite, Série de gravures d'un ouvrage tirées à part.

SUITE, en termes de Musique, se dit d'une Œuvre composée de plusieurs pièces successives. Suite d'orchestre. Il se dit aussi d'un Certain nombre de personnes qui ont succédé les unes aux autres. Une longue suite de rois. Une longue suite de magistrats. Une longue suite d'aïeux. En termes de Mathématiques, il se dit de Termes qui se succèdent suivant une loi quelconque. Suite arithmétique, Suite de nombres dont chacun surpasse de la même quantité celui qui précède.

SUITE signifie encore Ordre, liaison. Il n'y a point de suite dans ce discours. Il m'a tenu des propos sans suite. Il y a beaucoup de suite dans ses idées, dans ses raisonnements, dans ses réponses. Cet homme n'a pas de suite dans les idées, n'a pas l'esprit de suite, Il n'est pas capable d'une attention continue, de persévérance. Il n'y a pas de suite dans sa conduite, Il y a beaucoup d'inégalité dans sa conduite.

SUITE se dit, en termes de Chasse, de l'Action de suivre le gibier. Faire une suite. Faire suite. En termes de Jurisprudence, Droit de suite, Droit qui permet de suivre une chose en quelque lieu qu'elle ait passé. Les meubles n'ont pas de suite par hypothèque, Il ne peut point y avoir d'hypothèque sur les meubles.

À LA SUITE DE, loc. prép. Dans la compagnie de, dans le cortège de, avec. De brillants officiers venaient à la suite du prince. Il signifie encore Après. À la suite de ce chapitre on a mis un commentaire explicatif. À la suite de cet accident il a dû garder le lit. Marcher à la suite de quelqu'un, Marcher après lui. Absolument, Officier à la suite, Officier qui attend son tour pour avoir un commandement actif.

DE SUITE, loc. adv. L'un après l'autre, sans interruption. Faites-les marcher de suite. Il ne saurait dire deux mots de suite.

TOUT DE SUITE, loc. adv. Sur-le-champ, aussitôt, sans délai. Il faut appliquer ce remède tout de suite, sans quoi il serait trop tard. Quand vous aurez reçu ma lettre, vous le ferez partir tout de suite.

PAR SUITE, loc. adv. Par une conséquence naturelle, par un résultat nécessaire. On rejeta cet article du projet, et par suite toutes les dispositions qui s'y rapportaient.

PAR SUITE DE, loc. prép. En conséquence de. Par suite des arrangements pris entre eux, vous serez payé.

Suite : définition du Littré (1872-1877)

SUITE (sui-t') s. f.

Résumé

  • 1° Action de suivre.
  • 2° Ceux qui suivent, ceux qui vont après.
  • 3° Ceux qui appartiennent à la maison.
  • 4° Ceux qui accompagnent quelqu'un par honneur.
  • 5° Ce qui suit, ce qui est après.
  • 6° Continuation d'un ouvrage.
  • 7° Succession de choses arrivées les unes après les autres.
  • 8° Temps qui suivent une époque déterminée.
  • 9° Série de choses rangées les unes à côté des autres.
  • 10° Choses de même espèce rangées selon l'ordre des temps ou des matières.
  • 11° Certain nombre de personnes qui ont succédé les unes aux autres.
  • 12° Développement, enchaînement.
  • 13° Durée.
  • 14° En mathématiques, termes qui se succèdent suivant une loi quelconque.
  • 15° Fig. Conséquence, effet, résultat.
  • 16° Suites de couches.
  • 17° Ordre, liaison.
  • 18° Attention continue, persévérance.
  • 19° Nombre de paquets de cheveux pour faire une perruque.
  • 20° En poêlerie, colonne formée par des bouts de tuyau.
  • 21° Opérations successives sur un même bain de teinture.
  • 22° En musique, suites d'orchestre.
  • 23° À la suite.
  • 24° De suite.
  • 25° Tout de suite.
  • 26° Tout d'une suite.
  • 27° Par suite.
  • 28° En suite.
  • 1Action de suivre, sens propre qui ne se trouve que dans quelques emplois techniques.

    Terme de chasse. Action de suivre le gibier qu'on a fait lever. Faire suite.

    Action du limier qui va d'assurance sur la voie du gibier.

    Donner des suites à un jeune chien, lui faire suivre des voies pour le dresser.

    Terme de féodalité. Droit de suite, droit en vertu duquel le seigneur pouvait réclamer partout son vassal.

    Terme de jurisprudence. Les meubles n'ont pas de suite par hypothèque, il ne peut point y avoir d'hypothèque sur les meubles. Ces sortes de rentes… ne conservant ni suite, ni hypothèque, Boisguillebert, Détail de la France, III, 8.

  • 2Ceux qui suivent, ceux qui vont après. On laissa passer les trois premiers, et on ferma la porte à toute la suite.

    Fig. Les riches, je ne crains point de le dire, en cette qualité de riches, étant de la suite du monde, n'y sont soufferts [dans l'Église] que par tolérance, Bossuet, Sermons, Septuagésime, 1.

  • 3Ceux qui appartiennent à la maison. Plus un homme est riche, plus il a de suite, Boisguill. Dét. de la Fr. III, 4.

    Carrosses de suite, les carrosses qui sont chez un prince, chez un ambassadeur, pour l'usage de ses domestiques.

    Vin de suite, le vin destiné pour la table des domestiques d'une maison.

    Familièrement. N'avoir point de suite, être sans enfants ni proches parents.

  • 4Ceux qui accompagnent quelqu'un par honneur. Là, presque pour sa suite il [Auguste] n'a que notre troupe, Corneille, Cinna, I, 3. Cette modestie qui paraissait dans ma personne, était relevée par une très grande dépense, par de belles livrées, par un équipage fort leste, et par une suite de sept à huit gentilshommes, dont il y en avait quatre chevaliers de Malte, Retz, Mém. t. I, liv. I, dans POUGENS. Ce n'est point par sa suite qu'on reconnaît la reine, c'est par son attention et par cette respectueuse immobilité qui ne lui permet pas même de lever les yeux, Bossuet, Mar.-Thér. De sa suite avec vous qu'elle règle le nombre, Racine, Ath. v, 2.

    Bateau de suite, bateau qui accompagne une partie sur l'eau. Il n'y manque, repris-je, que la musique champêtre que nous avions toujours dans le bateau de suite, Genlis, Vœux témér. t. II, p. 52, dans POUGENS.

  • 5Ce qui suit, ce qui est après. Pour bien entendre ce passage, il faut lire la suite. C'est lui laisser, et sur mer, et sur terre, La suite d'une longue et difficile guerre, Corneille, Pomp. I, 1. Je n'ai point reçu votre lettre, ma fille ; c'est toujours une tristesse pour moi… comme je suis toujours à Grignan avec vous, je perds la suite de la conversation, Sévigné, 597. Et voit-on ses discours démentis par la suite ? Racine, Mithr. IV, 1. Télémaque… reprit ainsi la suite de son histoire, Fénelon, Tél. IV. Sur le mur à droite, Polygnote a représenté la prise de Troie, ou plutôt les suites de cette prise ; car il a choisi le moment où presque tous les Grecs, rassasiés de carnage, se disposent à retourner dans leur patrie, Barthélemy, Anach. ch. 22.
  • 6Continuation d'un ouvrage, ce qui est ajouté à un ouvrage pour le continuer. La Suite de Don Quichotte. La Suite du Menteur.

    On met une S majuscule.

  • 7Succession de choses les unes après les autres. Toute leur vie n'est qu'une suite de crimes, Sacy, Bible, Osée, VI, 9. J'ai une suite de pensées dans ma tête qui ne sont bonnes ni pour la nuit, ni pour le jour, Sévigné, 48. L'Écriture nous ramène par tant d'événements précis et par la suite même des choses à leur véritable principe, c'est-à-dire à Dieu qui a tout fait, Bossuet, Hist. II, 1. Je ne vous raconterai pas la suite trop fortunée de ses entreprises [de Cromwell], Bossuet, Reine d'Anglet. Sa philosophie [de Newton] a été adoptée par toute l'Angleterre ; elle domine dans la Société royale et dans tous les excellents ouvrages qui en sont sortis, comme si elle était déjà consacrée par le respect d'une longue suite de siècles, Fontenelle, Newton. Comme notre esprit est une suite d'idées, notre cœur est une suite de désirs, Montesquieu, Arsace et Ismén. L'histoire des Barmécides n'est qu'une suite de générosités inouïes qui élèvent l'âme, Voltaire, Mœurs, 6. Si une suite d'incidents, de situations terribles ou touchantes, faisait la bonne tragédie, plusieurs de nos drames modernes l'emporteraient sur Athalie, Britannicus, Cinna, Marmontel, Œuv. t. v, p. 73.

    La suite des temps, la succession des siècles.

    Les époques ou la suite des temps, titre de la 1re partie du Discours sur l'Histoire universelle de Bossuet.

    La suite d'une affaire, la série des événements, des incidents qui arrivent les uns après les autres dans le cours d'une affaire. J'ai vu toute la suite de cette affaire.

    En un autre sens, la suite d'une affaire, le soin que l'on prend de la poursuivre, de la mener à terme. Prendre la suite d'une affaire.

  • 8Temps qui suivent une époque déterminée. Il fit mieux par la suite. Qui donc ne s'écrierait à un si soudain changement : Le doigt de Dieu est ici ? la suite ne permet pas d'en douter, Bossuet, Anne de Gonz. Il me fit faire connaissance avec Jean Neaulme, libraire d'Amsterdam, son correspondant et son ami, qui dans la suite imprima l'Émile, Rousseau, Confess. X.

    Dans les suites, plus tard, désormais. Si je puis dans les suites vous être utile… faites-nous la grâce de compter sur nous, Mme de Grignan, dans SÉV. t. x, p. 555, édit. RÉGNIER. Dans les suites, Saint-Laurent devenant infirme, Dubois faisait la leçon [auprès du duc d'Orléans, qui fut plus tard régent], Saint-Simon, II, 42.

  • 9Série de choses rangées les unes à côté des autres. Une suite de mots peu lisibles. Pour ne point mettre ici cette longue suite de noms que vous dites être ennuyeuse, je ne fais de baisemains à personne, Voiture, Lett. 37. Comme vous prenez et gardez, je crois, quelque gazette, si M. Jeannin voulait bien me les envoyer suite après suite [par séries] dans les occasions…, Rousseau, Lett. à du Peyrou, 15 oct. 1765.
  • 10Choses de même espèce rangées selon l'ordre des temps ou des matières. Une suite de portraits. Une belle suite de livres sur la musique. Il est certain que Charpentier contribua beaucoup, par son travail et par son zèle, à la belle suite de médailles qui furent frappées sous le règne de Louis XIV, D'Alembert, Élog. Charpent. Que penserait-on d'un physicien qui, ne faisant que d'entrer dans un riche cabinet d'histoire naturelle, se presserait de prononcer que les suites n'en sont pas complètes ? Bonnet, Cons. corps org. Œuv. t. v, p. 375, dans POUGENS.
  • 11Certain nombre de personnes qui ont succédé les unes aux autres. …il n'a pour lui qu'une suite d'ancêtres, Corneille, Oth. III, 1. Toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement, Pascal, Fragm. d'un traité du vide. Hélas ! nous espérions que de leur race heureuse Devait sortir de rois une suite nombreuse, Racine, Athal. I, 1.
  • 12Développement, enchaînement, continuation. Le ciel choisit souvent de secrètes conduites Qu'on ne peut démêler qu'après de longues suites, Corneille, Œdipe, IV, 1. [Le maréchal de Créqui parle] Je voudrais bien avoir causé deux heures avec l'ombre de M. de Turenne, pour prendre la suite de ses desseins, Sévigné, 210. Je ne comprendrai jamais cette léthargie [de M. et de Mme de Chaulnes, au sujet de M. de Sévigné] après toute la suite de leur amitié, nous ayant dit cent fois : c'est notre affaire plus que la vôtre, Sévigné, 28 sept. 1689. Une personne toute naturelle [Mme de la Fayette] qui songe à moi avec tant de suite et d'amitié, Sévigné, 23 oct. 1689. Que si l'antiquité de la religion lui donne tant d'autorité, sa suite, continuée sans interruption et sans altération durant tant de siècles, fait voir manifestement que la main de Dieu la soutient, Bossuet, Hist. II, 1. Je vous ai dit que mon principal objet est de vous faire considérer dans l'ordre des temps la suite du peuple de Dieu et celle des grands empires, Bossuet, Hist. II, 1. Vous admirerez la suite des conseils de Dieu dans les affaires de la religion, Bossuet, Hist. Dessein génér. Quelquefois il paraissait rêveur, comme un homme qui pense profondément à la suite des affaires, Fénelon, Tél. XVI. Toutes les passions différentes qui avaient agité Hercule, Philoctète, Ulysse, Néoptolème, paraissaient tour à tour sur le visage naïf de Télémaque, à mesure qu'elles étaient représentées dans la suite de cette narration, Fénelon, ib. XVI. La force de la vérité qui se faisait sentir dans la suite de son raisonnement, Fénelon, ib. XX.

    Être de suite, être uniforme, égal, constant. Il semble que ma santé ne songe qu'à vous plaire, tant elle est de suite et parfaite, Sévigné, 31 janv. 1689. Durée. Elle savait toujours m'arrêter auprès d'elle à tenir des propos d'une suite éternelle, Corneille, Suiv. I, 1. C'est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires… à chercher le secours des soupirs et des pleurs, Et tâcher, par des soins d'une très longue suite, D'obtenir ce qu'on nie à leur peu de mérite, Molière, Mis. III, 1.

  • 14En mathématiques, termes qui se succèdent suivant une loi quelconque. Ce manuscrit, tiré en 1669 du cabinet de l'auteur [Newton], porte pour titre : Méthode que j'avais trouvée autrefois, etc. et quand cet autrefois ne serait que trois ans, il [Newton] aurait donc trouvé à vingt-quatre ans toute la belle théorie des suites, Fontenelle, Newton. La théorie de ces suites infinies est une clef de la plus sublime géométrie des courbes ; car elles se résolvent en des suites conditionnées d'une certaine manière, et leurs circonférences ou les espaces qu'elles renferment sont des sommes de suites, Fontenelle, Montmort.

    Suite arithmétique, suite de nombres dont chacun dépasse de la même quantité celui qui précède.

  • 15 Fig. Conséquence, effet, résultat. Il est mort des suites d'une chute. Il n'a point donné de suite, ou donné suite à son projet. Les suites de ce mot [mariage], quand je les envisage, Me font voir un mari, des enfants, un ménage ; Et je ne vois rien là, si j'en puis raisonner, Qui blesse la pensée et fasse frissonner, Molière, F. sav. I, 1. Que d'étranges suites sont enfermées dans ce principe inhumain [tirer une vengeance sanglante des offenses], et combien tout le monde est-il obligé de s'y opposer, et surtout les personnes publiques ! Pascal, Prov. XI. C'est [changer de pensée] une misérable suite de la nature humaine, Pascal, Amour. Elle [une opinion sur l'instinct] paraît d'autant plus vraisemblable qu'en donnant aux animaux le sentiment et ses suites, elle ne leur donne rien dont nous n'ayons l'expérience en nous-mêmes, Bossuet, Conn. v, 13. Les conquêtes de Rome étaient la suite d'un dessein bien entendu, Bossuet, Hist. III, 6. D'un oracle cruel suite trop manifeste, Racine, Théb. v, 3. Il ne faut pas mentir, j'ai toujours aimé la gloire comme une suite de la vertu, Fénelon, Dial. des morts anc. (Démosthènes, Cicéron). Caton le censeur ne s'était point lassé de représenter dans le sénat les suites funestes du luxe qui commençait de son temps à s'introduire dans la république, Rollin, Traité des Ét. 3e partie, 4e morceau, 2e ch. Le goût, qui n'est que la suite d'un sens droit et le sentiment prompt d'un esprit bien fait, Voltaire, Louis XIV, 25. L'abbé Dubos y prédit [dans un ouvrage] la séparation des colonies anglaises comme la suite nécessaire de la destruction de la puissance française dans l'Amérique septentrionale, Voltaire, Louis XIV, Écrivains, Dubos.

    Absolument. Je ne trouve point que cela ait eu de suite, Sévigné, 433. Un succès qui n'a pas de suite n'est rien, Voltaire, Louis XIV, 19. Il y a des événements qui sont effet et cause à la fois ; il y a mille actions qui ne sont que des effets sans suite, Voltaire, Phil Newton, I, 7. Ah ! Bazile, mon ami, soyez le bien rétabli ; votre accident n'a donc point eu de suite ? Beaumarchais, Barb. de Sév. III, 11.

    Cela peut avoir des suites, cela peut avoir des conséquences fâcheuses.

  • 16Suites de couches, les phénomènes qui surviennent après un accouchement jusqu'au rétablissement. En général, les suites des couches sont moins fâcheuses pour les femmes sauvages que pour les femmes civilisées, Raynal, Hist. phil. IX, 5.
  • 17Ordre, liaison. Un songe interrompu, sans suite, obscur, confus, Rotrou, Vencesl. IV, 1. Qu'est-ce qui vous fait [vous, Fénelon] méconnaître et désavouer vos propres discours… est-ce le plaisir de vous plaindre, ou le désir d'abattre un adversaire, ou le peu de suite de votre système ? Bossuet, Rép. d'un théologien, 2. Condamner avec moi les livres de Mme Guyon dans leur sens vrai, naturel, propre, unique, selon toute la suite du texte et la juste valeur des termes, Bossuet, Rem. Réponse, VIII, VII, 30. Nous vous faisons, monsieur, des représentations sans suite, comme vous écrivez ; mais elles tendent toutes au même but, Voltaire, Cons. rais. à Bergier, 13. Ses yeux se couvraient d'un nuage, ses discours étaient contraints et sans suite, Voltaire, Zadig, ch. 7. Les premiers écrivent avec la même grâce, les autres avec plus de suite et plus de profondeur, Condillac, Conn. hum. II, 3.
  • 18Attention continue, persévérance. Ma mère avait beaucoup de vertu et infiniment d'esprit de suite et de sens, Saint-Simon, 1, 20. Cette inconstance du cœur qui se lasse bientôt de lui-même, incapable de suite et d'uniformité, Massillon, Carême, Tiéd. 2. Quelle est cette bonne volonté renfermée au dedans de vous, qui n'a jamais de suite, qui ne conduit jamais à rien de réel, et n'a aucune démarche sérieuse de changement ? Massillon, Carême, Lazare. Mon frère s'est conduit dans cette affaire avec une suite que je n'osais attendre de sa légèreté naturelle, Genlis, Mères riv. t. II, p. 260, dans POUGENS. Quel dommage qu'avec tant de générosité, d'agréments et d'esprit, Mme de Limous n'ait pas plus de suite dans les idées ! Genlis, Ad. et Th. t. I, p. 370, dans POUGENS.
  • 19 Terme de perruquier. Suites, nombre de paquets de cheveux séparés, de diverses longueurs, pour former dans une perruque les différents étages, Dict. des arts et mét. Perruquier.
  • 20 Terme de poêlerie. Colonne formée par des bouts de tuyaux de tôle.
  • 21 Au plur. Se dit des opérations successives faites sur un même bain de teinture, pour obtenir des couleurs de plus en plus pâles.
  • 22 Terme de musique. Suites d'orchestre, nom donné à des fragments symphoniques. Les suites d'orchestre de Lachner. Première, deuxième suite de la Flûte enchantée.
  • 23À la suite, loc. prép. Après. Ils arrivèrent à la suite les uns des autres, ou les uns à la suite des autres. Patrocle et quelques chefs qui marchent à ma suite, Racine, Iphig. v, 2. Il me semble que je suis réformé à la suite de M. le duc de Choiseul, Voltaire, Lett. à Mme de St-Julien, 6 avril 1777. Il n'y avait pas assurément de vanité à se mettre ainsi à la suite d'un amant préféré, Staël, Corinne, x, 6.

    Fig. Hymen… Mène à présent à sa suite un notaire, La Fontaine, Herm. De la manière dont les jeux et les plaisirs sont à votre suite, c'est proprement le carnaval que la vie que vous faites, Sévigné, 406. Que si vous voulez savoir quelle part peut avoir l'éloquence dans les discours chrétiens, saint Augustin vous dira qu'il ne lui est pas permis de paraître qu'à la suite de la sagesse, Bossuet, Sermons, Parole de Dieu, 1. Quelle foule de maux l'amour traîne à sa suite ! Racine, Andr. II, 5.

    À la suite de quelqu'un, dans ce qui lui compose un entourage subordonné. Elle [Mme de la Vallière] prit un autre parti, et demeura non-seulement à la cour, mais même à la suite de sa rivale, Mme de Caylus, Souvenirs, p. 46, dans POUGENS.

    Être à la suite de la cour, suivre la cour partout où elle va. Eugène était un homme d'une naissance basse, qui, après avoir professé la rhétorique avec quelque réputation, avait quitté les écoles, et s'était mis à la suite de la cour, Fléchier, Hist. de Théodose, IV, 35.

    Être à la suite d'un ambassadeur, être de son cortége.

    Être à la suite du tribunal, suivre le tribunal pour quelque affaire qu'on y a.

    Être à la suite d'une affaire, la poursuivre, et aussi être attentif à tout ce qui se passe dans le cours d'une affaire, en observer tous les incidents.

    Officier à la suite, officier qui attend son tour pour être mis en activité.

    Fig. Des esprits à la suite des esprits trop dociles, trop prêts à se laisser mener, à imiter, etc.

  • 24De suite, loc. adv. L'un après l'autre. Trois empereurs de suite Virent de leur fortune une assez prompte fuite, Corneille, Tite et Bérén. I, 1. La Russie a été gouvernée par cinq femmes de suite : Catherine, veuve de Pierre le Grand ; Anne, nièce de ce monarque ; la duchesse de Brunswick régente ; Élisabeth, et Catherine II, Voltaire, Louis XV, 33.

    Suivant un certain ordre. Ces livres, ces médailles ne sont pas de suite. Rangez-les de suite, bien de suite. J'ai vu du sang, des morts, et n'ai rien vu de suite, Corneille, Hor. I, 3.

    Sans interruption. Il a marché deux jours de suite.

  • 25Tout de suite, sur-le-champ, sans délai. Il faut que les enfants obéissent tout de suite. Envoyez-moi de l'argent tout de suite.

    Tout de suite se dit quelquefois comme de suite, signifiant sans interruption. Il ne faut point d'autre livre que ces admirables lettres que je vous écris, je vous défie de les lire tout de suite, Sévigné, 210. Un abbé Trublet a imprimé qu'il ne pouvait lire un poëme tout de suite ; eh ! monsieur l'abbé, que peut-on lire, que peut-on entendre, que peut-on faire longtemps et tout de suite ? Voltaire, Dict. phil. Vers et poés.

  • 26Tout d'une suite, sans interruption, d'ensemble. Je voudrais bien voir tout d'une suite ce que vous m'avez envoyé, Bossuet, Lett. abb. 125.
  • 27Par suite, par une conséquence naturelle. On rejeta cet article du projet, et, par suite, toutes les dispositions qui s'y rapportaient.

    Il est aussi locution prépositive. Par suite des arrangements pris, vous serez payé.

  • 28En suite de, voy. ENSUITE DE, qui est l'orthographe présentement suivie. En suite de cette première faveur, je vous en requiers une seconde, Guez de Balzac, Liv. v, lett. 7.

REMARQUE

Il ne faut pas confondre de suite et tout de suite : de suite veut dire l'un après l'autre ; tout de suite veut dire sans délai, sur-le-champ ; cependant il se prend quelquefois pour de suite ; mais de suite ne doit jamais se prendre pour tout de suite. J'y vais de suite, pour j'y vais tout de suite, locution condamnée, Genlis, Mém. t. v, p. 94, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIe s. Cil ki prendra larun sans suite et sans cri, Lois de Guill. 5.

XIIIe s. Le banni de men four et le [la] sieute, Du Cange, secta.

XIVe s. Et auront [les religieux de N. D. du Bec] la sieute desdiz bois partout, en la maniere que nous l'avions et esploitions, Du Cange, ib.

XVe s. Si que là en droit fut jugié [Hue le dépensier] par pleine suite des barons et chevaliers à justicier, Froissart, I, I, 24. Les six freres Gisebrest, tous six d'une opinion et d'une sieutte, Froissart, II, II, 52.

XVIe s. Plustost le premier ciel perdra son mouvement, Plustost se confondra la suite universelle, Que ma foy se corrompe ou j'adore autre qu'elle, Desportes, Cléonice, XXXIII, Stances. Trois jours de suite, Montaigne, I, 107. Propos sans suitte, Montaigne, I, 146. Erreur de grande suitte et prejudice, Montaigne, I, 171. Ce party a eu la plus grande suitte et les sectateurs les plus nobles, Montaigne, II, 230. Je modere, dit le juge, à un chapon et sa suite [abatis], que le bonhomme paiera demain en sa maison, Despériers, Contes, LI. En poisson, n'y a suite en descendant, mais bien en montant, tant sur terre, que jusqu'à la bonde de la fosse du prochain estang, Loysel, 216. En dîsmeries d'Eglise, n'y a point de suite, mais bien en patrimoniale, Loysel, 266. Meubles n'ont point de suite [on ne peut les saisir en main tierce] par hypotheque, quand ils sont hors de possession du detteur, Loysel, 487. Bourse et argent n'a point de suite, Loysel, 491. On y a cotté l'ordre et la suite des temps, Amyot, Solon, 56. Trainans après eulx grande suite de serviteurs et de satellites, Amyot, ib. Ceux qui estoient à sa suite [du duc d'Aumale fuyant le champ de bataille] Ne s'y endormirent point, Sauvant par heureuse fuitte Le moule de leur pourpoinct, Sat. Mén. les Tapisseries.

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Suite : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUITE, s. f. (Gram.) enchaînement, liaison, dépendance, qui détermine un ordre successif entre plusieurs choses. On dit les suites d’une affaire ; la suite de la débauche ; la suite d’un raisonnement ; la suite d’un prince ; c’est à la suite d’une affaire ; une suite d’événemens fâcheux ; une suite de sottises ; la suite de l’histoire ecclésiastique ; une suite de médailles de poëtes.

Suite, en Algebre, est la même chose que serie. Voyez Serie.

Suite, (Jurisprud.) signifie la continuation ou la poursuite d’une chose.

Suivre le barreau, c’est le fréquenter, y assister.

Etre à la suite de la cour ou du conseil, c’est se tenir auprès & à ses ordres.

Faire suite d’une demande ou procédure, c’est continuer les poursuites commencées.

Suites de bêtes, dans la coutume de Berry & autres coutumes, c’est proprement une revendication que fait celui qui a donné du bétail à cheptel, lorsqu’il est vendu à son insçu par le preneur.

Suite se prend quelquefois pour le croît du bétail. On dit croît & suite ; la coutume de Touraine, article 100, dit que ceux qui ont droit de faultrage & préage, avec faculté de mettre dans les prés dont ils jouissent des vaches & bêtes chevalines avec leur suite, n’y peuvent mettre que le croît & suite de l’année seulement, c’est-à-dire, les veaux & poulins de l’année.

Suite de dixme, ou dixme de suite. Voyez Dixme.

Suite par hypotheque, est lorsqu’en vertu de l’hypotheque on poursuit le détenteur d’un bien qui est hypothéqué à une créance. On dit communément que les meubles n’ont pas de suite par hypotheque, c’est-à-dire, que quand ils sont déplacés du lieu où on les avoit donnés en nantissement, on ne les peut pas saisir entre les mains d’un tiers, si ce n’est en cas de banqueroute ou par droit de revendication. Voyez l’article 270 de la coutume de Paris.

Suite de personnes serves, c’est la revendication que peut faire le seigneur de ses hommes serfs, lorsque sans son consentement ils vont demeurer hors de sa seigneurie. Voyez les coutumes de Berry, Nivernois, Bourbonnois, Bourgogne, Comté.

Droit de suite du châtelet de Paris, est un droit particulier, en vertu duquel lorsqu’un commissaire du châtelet de Paris a apposé le scellé, il doit être par lui apposé par droit de suite dans tous les lieux où il peut se trouver des effets du défunt, & l’inventaire doit être fait de même par les notaires du châtelet, ou par ceux des lieux auxquels les officiers du châtelet délivrent des commissions à cet effet.

Ce droit de suite n’a été établi par aucune loi précise ; il paroît tirer son origine de ce qu’anciennement le scel du châtelet étoit unique & universel pour tout le royaume ; on s’en servoit même, au défaut du grand, pour sceller les actes de chancellerie.

Ce scel étant exécutoire dans toute l’étendue du royaume, il est naturel que les officiers du châtelet ayant commencé à instrumenter en vertu de ce sceau, continuent de le mettre à exécution dans tous les lieux où il y a occasion de le faire.

Ce droit de suite résulte d’ailleurs de l’indivisibilité de la matiere, & l’on argumente pour cela du titre du code ubi de hæreditate agatur, & des interprétations que les docteurs lui ont donné, tantôt en fixant la compétence du juge par le lieu où se trouvent les choses héréditaires ou la plus grande partie, par le lieu du domicile du défunt, ce qui doit sur-tout avoir lieu en France, où les meubles suivent le domicile du défunt pour la maniere d’y succéder.

Quoi qu’il en soit des motifs qui ont pu faire introduire cet usage, il est certain qu’il a été autorisé par plusieurs réglemens ; il l’est implicitement par un édit du mois de Décembre 1477, qui donne pour motif d’une nouvelle création de commissaires examinateurs, que le roi avoit recouvré par ses conquêtes plusieurs duchés, comtés, villes, châteaux, seigneuries & possessions, ce qui donnoit, est-il dit, beaucoup plus d’étendue à la jurisdiction du châtelet, tant à cause des privileges de l’université qu’autrement ; motif qui supposent que les commissaires peuvent apposer le scellé dans tout le royaume par droit de suite.

Ce même droit a été autorisé par divers arrêts.

On peut néanmoins voir ce que dit à ce sujet l’auteur du recueil des réglemens sur les scellés & inventaires, liv. II. ch. ix. lequel prétend que ce droit de suite n’est point particulier aux offices du châtelet, qu’il ne résulte que de l’indivisibilité du scellé & de l’inventaire ; il prétend même que divers arrêts qu’il rapporte ont mis des bornes à ce privilege, mais il est certain que les officiers du châtelet ont pour eux la possession. Voyez le traité de la police par de la Mare, tom. I. liv. I. tit. 12. le style du châtelet.

Quelques autres officiers jouissent aussi du droit de suite pour les scellés, comme Messieurs de la chambre des comptes sur les biens des comptables, en quelque endroit du royaume que ces biens soient situés ; mais c’est moins en vertu d’un privilege attaché à leur sceau, qu’en conséquence de leur jurisdiction, qui s’étend par-tout sur les biens des personnes qui sont leurs justiciables. Voyez Attribution, Compétence, Privilege. (A)

Suite, (Art numismat.) les antiquaires appellent suite, l’arrangement qu’ils donnent à leurs médailles, de grand, moyen & petit bronze, comme nous l’avons expliqué au mot médaille. Voyez Médaille.

Mais la méthode la plus ordinaire est de former les suites par le côté de la médaille qu’on nomme la tête, & c’est de cette distribution dont nous allons entretenir ici les curieux.

Il y a dans les médailles parfaites deux côtés à considerer, qui contribuent à leur beauté & à leur rareté ; le côté qu’on appelle la tête, & celui qu’on appelle le revers. Le côté de la tête détermine les suites, & fixe l’ordre & l’arrangement de chacune, soit qu’effectivement l’on y voie la tête d’un personnage, comme d’un dieu, d’un roi, d’un héros, d’un savant, d’un athlete, soit qu’il s’y rencontre autre chose qui tienne lieu de la tête, & qu’on ne laisse pas cependant de nommer ainsi, comme une figure, un nom, ou quelque monument public, dont l’inscription est mise de l’autre côté.

De ces différentes têtes dont nous parlons, se forment cinq ordres différens de médailles, dont on peut composer des suites fort curieuses. Dans le premier on met la suite des rois. Dans le second celle des villes, soit greques, soit latines ; soit avant, soit après la fondation de l’empire romain. Dans le troisieme se rangent les familles romaines, dont les médailles se nomment aussi consulaires. Dans le quatrieme, les impériales, & toutes celles qui y ont rapport. Dans le cinquieme, les déités, soit qu’elles se trouvent sur les médailles en simple buste, soit qu’elles y soient tout de leur haut, & revêtues de leurs qualités, & de leurs symboles. On y voit les héros & les hommes illustres dont on a conservé les médailles, comme Homere, Pythagore, & certains capitaines grecs & latins, &c.

Dans le premier ordre, qui est celui des rois, les suites peuvent être fort belles, & même très-nombreuses, si l’on veut mêler les métaux, car il nous reste beaucoup de médailles greques de ce genre. M. Vaillant nous a donné les rois de Syrie, dont il a formé une histoire pleine de savantes remarques. Le titre de son livre est Seleucidarum imperium, sive historia regum Syriæ ad fidem numismatum accomodata, Paris, 1601, in-4°. Il a ramassé dans cet ouvrage la suite complette des rois de Syrie depuis Séleucus I. dit Nicator, jusqu’à Antiochus XIII. du nom appellé Epiphanes, Philopator, Callinicus, & connu par la qualité d’asiatique, ou comagene ; c’est-à-dire, que M. Vaillant a renfermé dans son histoire numismatique le regne de 27 rois, qui fait l’espace de plus de 250 ans ; puisque Séleucus commença de regner environ l’an 312 avant J. C. & que le dernier Antiochus finit environ l’an 75. On trouve dans cet ouvrage une suite de 120 médailles, gravées & expliquées avec beaucoup de netteté.

Le même auteur nous a donné les rois d’Egypte, dont il a fait un recueil très-curieux, intitulé historia Ptolemæorum Ægypti regum ad sidem numismatum accommodata. Amst. 1701, in-fol. Près de 20 ans après la mort de ce savant antiquaire, on a publié en deux volumes de sa main, & achevé avant sa mort, l’ouvrage qui regarde les médailles & l’histoire des rois parthes, des rois du Pont, du Bosphore & de Bithynie. Le premier volume est intitulé, Arsacidarum imperium sive regum Parthorum historia ad finem numismatum accommodata ; & le second : Achæmenidarum imperium, sive regnum Ponti, Bosphori & Bithyniæ historia, ad fidem numismatum accommodata. Paris, 1425, in-4°. Il seroit à souhaiter que quelqu’un nous donnât de même l’histoire des rois de Macédoine, de Thrace, de Cappadoce, de Paphlagonie, d’Arménie, de Numidie, par les médailles ; nous avons celle des rois de l’Osrhoesne, & de la Bactriane, par M. Bayer.

Il se voit des rois goths, dont les médailles ont passé jusqu’à nous, soit en bronze, soit en argent. Quelques-unes ne sont pas méprisables. Telles sont celles d’Athalaric, de Wiiigez, de Baduela, & de Thela. On en trouve même d’or, mais d’un or très-pâle & très-bas, où M. Patin dit qu’il n’y a que la quatrieme partie de fin. On ne peut point former de suites de pareilles médailles.

Dans le deuxieme ordre, qui est celui des villes, on trouve de quoi faire des suites considérables ; des seules villes greques, l’on peut en ramasser plus de 250 ; j’entends à n’en prendre qu’une de chaque ville : car les différens revers conduiroient beaucoup plus loin.

Goltzius paroît y avoir travaillé avec beaucoup d’application, parce qu’il regardoit ces monumens non-seulement comme un embellissement, mais encore comme des preuves de son histoire. Il en a composé un gros ouvrage où il y a beaucoup à apprendre ; & où l’on trouve de quoi entendre les types différens de ces médailles, qu’il semble n’avoir pas voulu se donner la peine d’expliquer plus distinctement. Nous les avons depuis l’an 1618, gravées autrefois par Goltzius même, réparées & imprimées de nouveau par Jacques de Bie à Anvers, en plus de cent tables, & mises à la tête de deux tomes de l’histoire greque de ce même Goltzius. Le premier contient la grande Grece & la Sicile. Le second comprend la Grece même, les îles de la Grece, & une partie de l’Asie. Le plus grand chagrin des antiquaires, c’est qu’on a perdu la meilleure partie des médailles que Goltzius avoit ramassées, & que de 30 provinces dans lesquelles il avoit divisé toute la suite, il n’en est resté que les cinq moindres : la Colchide, la Cappadoce, la Galatie, le Pont, & la Bithynie.

M. de Boze possédoit un volume entier manuscrit des médailles de Goltzius, toutes dessinées fort exactement. Il seroit à souhaiter qu’on les fît graver, parce qu’il y en a quantité de fort rares ; le nombre va jusqu’à près de sept mille toutes impériales, depuis Jules César jusqu’à Justinien, outre celles que nous avons déja du même auteur, gravées dans l’histoire qu’il nous a donnée des trois premiers Césars, Jules, Auguste & Tibere. Il est vrai qu’on n’est point d’accord sur la confiance qu’on doit donner à Goltzius. Chez plusieurs antiquaires, ce célebre artiste passe pour avoir rapporté quantité de médailles qui n’ont jamais existé : de sorte que sa destinée est comme celle de Pline entre les naturalistes, que tout le monde admire, & que personne ne veut croire ; cependant l’on découvre tous les jours de ces médailles que l’on prétendoit avoir été faites à plaisir par ce fameux antiquaire, comme l’on découvre tous les jours de ces merveilles de la nature, qu’on regardoit comme d’agréables imaginations, que Pline avoit rapportées, sur la foi de gens à qui il avoit trop déféré.

Les médailles des colonies pourroient faire chez les curieux qui aimeroient la géographie ancienne, une suite différente de celle-ci, fort nombreuse, fort agréable, & sort aisée, avec le secours que nous avons maintenant pour la former, & pour la bien entendre. Je parle de ces villes où les Romains envoyoient des citoyens, soit pour décharger Rome d’un trop grand nombre d’habitans, soit pour récompenser les vieux soldats, en leur distribuant des terres & des établissemens. On donnoit aussi le nom de colonies à des villes que les Romains bâtissoient de nouveau ; & l’on accordoit le même titre à d’autres villes, dont les habitans obtenoient le droit de citoyens romains, ou le droit du pays latin, qu’on appelloit jus civitatis, ou jus latii. Ces villes conservoient le nom de colonie ou de municipe, soit qu’elles fussent dans la Grece, soit qu’elles fussent ailleurs ; car les Grecs regardoient ce mot κολωνία, comme un mot consacré, qu’ils avoient adopté par respect.

Le nombre des médailles de colonies deviendroit encore bien plus grand pour en former des suites, si l’on y joignoit toutes les villes qui ont battu des médailles en leur nom, sans considérer si elles sont impériales ou nom ; si elles sont greques ou latines : mais pour perfectionner un cabinet en ce genre, il faudroit y placer comme tête, ce qui est revers dans les impériales, ensorte que la figure de l’empereur n’y seroit considérée que par accident. Nous avons indiqué au mot médaille, les beaux ouvrages qui ont été publiés sur cette matiere ; nous ajouterons seulement ici, que les têtes des médailles des villes, ne sont ordinairement que le génie de la ville même, ou de quelqu’autre déité qui y étoit honorée, comme il est aisé de le voir dans le recueil de Goltzius.

Les médailles consulaires font, dans le troisieme ordre, une suite très-nombreuse, comme nous le dirons ci-après. Cette suite néanmoins, a peu de choses curieuses, pour les légendes & pour les types, si ce n’est dans les médailles qui ont été frappées depuis la décadence de la république, & qui devroient commencer naturellement la suite des impériales. Avant ce tems-là, ces sortes de médailles, représentent simplement la tête de Rome casquée, ou celle de quelque déité, & le revers est ordinairement une victoire traînée dans un char, à deux ou à quatre chevaux.

Il est vrai que vers le septieme siecle de Rome, les triumvirs monétaires se donnerent la liberté de mettre sur les médailles, les têtes des hommes illustres qu’ils comptoient parmi leurs ancêtres, & de les y représenter, soit sous leur figure propre, soit sous celle de la divinité tutélaire de leur famille. Cet usage eut lieu jusqu’à la décadence de la république, que l’on commença à graver sur les médailles les têtes de Jules-César, des conjurés qui le tuerent, des triumvirs qui envahirent la souveraine puissance, & de tous ceux qui eurent depuis part au gouvernement ; jusqu’à ces malheureux tems, il n’étoit permis à personne de graver sa tête sur la monnoie : ce privilege étant regardé comme une suite de la royauté, dont le nom même fut toujours odieux aux Romains.

Il faut remarquer ici que Jules-César fut le premier dont on ait mis, de son vivant, la tête sur la monnoie. On trouve ensuite des médailles d’or & d’argent avec la tête de M. Brutus, dont quelques-unes ont au revers une espece de bonnet entre deux poignards ; mais il n’y a point d’apparence que ces médailles aient été frappées à Rome, où son parti n’étoit pas le plus fort ; elles le furent, selon Dion, lorsque Brutus passa en Asie pour y joindre Cassius, après s’être rendu maître de la Macédoine, & d’une partie de la Grece. Au reste, jusqu’à présent on ne connoît point de médaille de Brutus aussi singuliere que celle qu’a fait graver le savant marquis Scipion Maffei, où l’on voit d’un côté la tête de Jules-César couronné de laurier, avec le bâton augural devant, & pour légende Julius-Cæsar ; au revers, la tête de Brutus sans couronne, un poignard derriere, & ces mots : M. Brutus. Mais il faut avouer que cette médaille est suspecte par trop de raisons, pour ne pas croire que c’est une médaille de coin moderne.

Dans le Thesaurus Morellianus, on trouve deux cens six familles romaines, dont on a fait graver deux mille quatre cens quinze médailles, sans comprendre dans ce nombre ni les médailles qu’on n’a pu attribuer à aucune famille particuliere, & qui vont à cent trente-cinq, ni les médailles consulaires qui ne se trouvent que dans les fastes de Goltzius.

Il s’agit maintenant d’indiquer l’arrangement qu’on donne aux familles consulaires. Leur suite peut se faire en deux façons ; l’une, selon la méthode d’Ursini ; l’autre, selon celle de Goltzius.

Ursini a suivi l’ordre alphabétique des noms différens des familles qui se lisent sur les médailles, mettant ensemble toutes celles qui paroissent appartenir à la même maison. Cette maniere manque d’agrément, mais elle a la vérité, la réalité & la solidité.

Goltzius a fait la suite des familles par les fastes consulaires, rangeant sous chaque année les médailles des consuls. Cette deuxieme maniere est sans doute belle & savante, mais par malheur elle n’a que de l’apparence ; & dans la vérité, l’exécution en est impossible. 1°. Parce que nous n’avons aucune médaille des premiers consuls, depuis l’an 244 jusqu’en l’an 485 : ce qui a obligé Goltzius de mettre à leur place seulement les noms de ces magistrats, selon qu’ils se trouvent dans les fastes. 2°. Depuis l’an 485 jusqu’à l’empire d’Auguste, les médailles que Goltzius rapporte n’ont point été frappées ni par les consuls, ni pour les consuls dont elles portent le nom, mais seulement par les Monétaires qui étant de la même famille, ont voulu conserver leur nom ou celui de leurs ancêtres. C’est ce qu’il est nécessaire d’observer, pour corriger l’erreur des jeunes curieux, qui s’imaginent que les médailles consulaires sont ainsi nommées, parce qu’elles ont été frappées pour les consuls qui entroient toutes les années en charge ; quoique dans le vrai, on ne leur ait donné ce nom que parce qu’elles ont été battues du tems que la république étoit gouvernée par les consuls.

Parlons à présent des médailles impériales qui constituent notre quatrieme ordre, & où l’on trouve toutes les têtes nécessaires, pour faire la suite complette des empereurs jusqu’à nos jours. On estime particulierement les antiques, & parmi les antiques celles qui composent le haut-empire, que l’on renferme entre Jules-César & les trente tyrans. Il ne laisse pas d’y en avoir d’assez bien frappées & d’assez curieuses jusqu’à la famille de Constantin, où finit toute la belle curiosité. Occo, médecin allemand à Ausbourg, nous en a donné la premiere description dès l’année 1579. Son livre fut imprimé à Anvers, & le nombre des médailles qu’il ramassoit s’étant toujours grossi, il en fit une seconde édition à Ausbourg en 1601, qui est la bonne. Le comte Mezza-Barba en a donné une troisieme édition, augmentée de plusieurs milliers.

On fait un cinquieme ordre de suites de médailles ; c’est celle des déités, parce que l’on commence à rechercher ces sortes de médailles avec soin, à cause du plaisir qu’il y a d’y voir les noms des divinités, les symboles, les temples les autels & les pays où elles étoient honorées. On en peut former une belle suite de bronze par le moyen des villes greques, où l’on en trouve une très-grande quantité ; mais la plus agréable est celle d’argent que fournissent les médailles des familles. Il y en a quantité dans le cabinet du roi, & l’on peut porter cette suite beaucoup plus loin que dans l’un & dans l’autre métal, si l’on veut emprunter les revers des impériales, où les déïtés sont représentées plus agréablement encore que sur les médailles des familles, tant parce qu’elles y ont tous leurs titres différens, que parce qu’elles y sont ordinairement représentées de toute leur grandeur ; de sorte que l’on y distingue l’habillement, les armes, les symboles, & les villes où elles ont été plus particulierement honorées.

Le P. Jobert a imaginé une sixieme suite qui seroit composée de toutes les personnes illustres dont nous avons les médailles, comme des fondateurs des villes & des républiques. Bizas, Tomus, Nemausus, Taras, &c. Smyrna, Amastris, &c. des reines, Cléopatre, Zénobie, &c. des plus fameux législateurs, Lycurgue, Zaleucus, Pittacus ; des grands hommes, comme Pythagore, Archimede, Euclide, Hippocrate, Chrysippe, Homere, & semblables personnages, recommandables par leur science ou par leur sagesse ; très-assûrément on verroit avec plaisir une suite pareille, si, comme le remarque M. de la Bastie, on avoit lieu d’espérer de la porter à une certaine perfection.

Plusieurs antiquaires ont depuis long-tems essayé de nous donner des suites de têtes des hommes illustres de l’antiquité ; mais la plûpart de ceux qui ont eu cette pensée, ont jugé qu’il étoit impossible d’en ramasser beaucoup, s’ils se contentoient de s’attacher aux têtes qui se trouvent sur les médailles ; c’est pourquoi ils y ont ajouté celles qui se sont conservées par le moyen des statues & des bustes, en marbre ou en bronze, & même des pierres gravées. Je ne connois pas de recueil en ce genre plus ancien que celui qui fut publié à Rome par Achille Stace, savant portugais, sous ce titre : Illustrium virorum, ut extant in urbe expressi vultus, 1569, fol.

Cette collection fut considérablement augmentée par les soins de Fulvio Ursini, & réimprimé à Rome sous ce titre : Imagines & elogia virotum illustrium, ex lapidibus & numismatibus, expressa cum annotationibus, ex bibliothecâ Fulvii Ursini, Rom. 1570, fol. Le cabinet d’Ursini ayant encore reçu de nouvelles augmentations, Théodore Gallaeus, dans un voyage qu’il fit à Rome, dessina de nouveau les têtes des hommes illustres qu’il y remarqua ; il y joignit les desseins de ce qu’il trouva dans les autres cabinets romains ; & de retour en France, il les grava, & les publia avec ce titre : Illustrium imagines ex antiquis marmoribus, numismatibus, & gemmis expressæ, quæ extant Romæ, major pars apud Fulvium Ursinum. Theodorus Gallœus delineabat Romæ ex archetypis, incidebat, Antuerp. 1598, ex officinâ Plantin. in-4°. Il n’y avoit dans ce livre que 151 images ; mais l’on y en ajouta 17 nouvelles, lorsqu’on imprima le commentaire de Jean Faber sur ces portraits : Joannis Fabri Bambergensis medici romani, in imagines illustrium ex Fulvii Ursini bibliothecâ Antuerpiæ à Theodoro Galloæ expressas commentarius, Antuerp. ex off. Plant. 1606, in-4°.

Enfin dans le siecle passé, il parut deux recueils encore plus amples de têtes d’hommes illustres ; l’un en italien, l’autre en latin. Le premier est intitulé : Iconografia, cioè disegni d’imagini di famosissimi monarchi, filosofi, poeti, ed oratori del antichità, cavati del Angelo Canini, dè frammenti de marmi antichi, è de gioé, medaglie d’argento, d’oro, è simili metalli, Romae 1669, fol. Le second a pour titre : Veterum illustrium philosophorum, poetarum, rhetorum imagines, ex vetustis nummis, gemmis, hermis, marmoribus, aliisque antiquis monumentis de sumptoe, à Joan. Petro Bellorio expositionibus illustratæ, Rom. 1685, fol.

Quoique dans tous ces recueils il n’y ait pas plus de 200 têtes différentes, on a cependant été obligé d’y faire entrer également les médailles, les médaillons, les contorniates, les statues, les bustes & les pierres gravées. De plus, dans ces mêmes recueils, & principalement dans les trois premiers, il y a près de la moitié des têtes copiées d’après les médailles qui entrent plus naturellement dans d’autres suites, comme celles des rois d’Egypte, de Syrie, de Bithynie, du Pont, des familles romaines, & même des empereurs : il faut outre cela prendre garde que quelques-unes de ces têtes ayant été trouvées sans inscription, ont été nommées au hasard, & que les inscriptions de plusieurs autres sont très-certainement fausses & modernes.

Si l’on veut donc se renfermer dans les bornes que le P. Jobert prescrit ici à une suite de têtes de personnes illustres représentées sur les médailles, on ne peut se flatter de la rendre bien nombreuse. Il ne seroit cependant pas bien inutile d’essayer jusqu’où l’on pourroit la pousser ; mais il faudroit éviter de suivre l’exemple de M. Seguin, qui ayant destiné le second chapitre de son livre de médailles choisies à celles des hommes illustres, ne l’a presque rempli que des têtes de divinités & de rois. Haym en a fait aussi deux articles dans son Tesoro Britanico, tome I. p. 124-149. & tome II. p. 57-76.

Au reste, la maniere de ranger les cabinets dépend de l’inclination de chaque particulier, & du nombre de médailles qu’il possede. Mais comme il n’y a que les grands princes qui puissent avoir des cabinets complets, c’est-à-dire enrichis de toutes les différentes suites dont nous avons parlé, il faut que les autres hommes se bornent à quelques-unes, en évitant de mêler les métaux & les grandeurs. Quelque grande que soit la tentation, quand on ne veut point gâter son cabinet, il est bon d’avoir le courage d’y résister.

Après tout, les savans ont aujourd’hui la facilité d’étudier les plus nombreuses suites dans les catalogues détaillés de médailles qui sont entre les mains de tout le monde. Ces ouvrages, en rendant publiques d’immenses collections, multiplient en quelque sorte les cabinets, les exposent à plus de regards, & mettent les Antiquaires en état de comparer ensemble un plus grand nombre de ces monumens, & de les éclaircir l’un par l’autre. La lecture de tous les catalogues est non-seulement utile par les objets qu’elle offre à la curiosité, mais elle a encore l’avantage d’indiquer ce qui manque aux plus riches cabinets. Enfin elle nous procure quelquefois la connoissance des médailles rares, que leurs possesseurs se déterminent à publier, soit par vanité, soit par un sentiment plus noble. C’est par ce dernier motif que se conduisit M. de Valois en publiant en 1746 les médailles curieuses de la suite qu’il avoit formée, & qu’il accompagna de remarques historiques. Toutes ces choses concourent à étendre la connoissance de l’art numismatique. (Le chevalier de Jaucourt.)

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Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « suite » les plus populaires.

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Étymologie de « suite »

Étymologie de suite - Littré

Bourguig. seute, sutte ; du lat. secta, suite, de sequi (voy. SUIVRE).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de suite - Wiktionnaire

(Nom commun 1) Du latin secutus, participe passé du verbe sequor (« suivre »).
(Nom commun 2) (Années 1990) De l’anglais suite (« suite logicielle »).
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Phonétique du mot « suite »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
suite sµit play_arrow

Citations contenant le mot « suite »

  • Que vous soyez d’accord ou non, il va falloir vous passer de l’application Dark Sky si vous êtes utilisateur ou utilisatrice Android. 9to5Google rapporte que Apple vient de mettre un terme à Dark Sky sur Android et Wear OS comme annoncé. Apple avant initialement prévu de fermer ces deux versions du service au 1er juillet suite à l’acquisition de l’entreprise en mars dernier mais la firme de Cupertino décidait finalement d’accorder aux utilisateurs un mois de sursis. Begeek.fr, Suite au rachat de l'application par Apple, Dark Sky disparaît d'Android
  • Cet éboulement rocheux a eu lieu suite à l'orage, samedi après-midi. Des équipes techniques sont sur place, ce dimanche, et ont commencé les travaux. www.lamontagne.fr, Plusieurs kilomètres de bouchon sur l'A75 en direction du sud suite à l'éboulement près de Saint-Yvoine (Puy-de-Dôme) - Issoire (63500)
  • La philosophie est chose ni plus ni moins sérieuse qu’une suite en ré mineur. De Paul Valéry
  • Toute amitié est un drame inapparent, une suite de blessures subtiles. De Emil Michel Cioran
  • Puisque vous renierez plus tard pourquoi ne pas renier tout de suite ? De Boris Vian
  • La vie n'est qu'une suite de contradictions. De Patrick Cauvin / Laura Brams
  • Quand on naît dans l'injustice, on ne le sait pas tout de suite. De Louky Bersianik / L'Euguélionne
  • Seigneur, je te prie pour que tu m'accordes la patience. Et tout de suite ! De Oven Arnold
  • Plus une découverte est originale, plus elle semble évidente par la suite. De Arthur Koestler
  • La devise de notre monde contemporain c'est omnia illico (tout, tout de suite). De Gustave Thibon
  • Toute la suite des hommes doit être considérée comme un même homme... De Blaise Pascal
  • Les opinions des femmes ne sont que la suite de leurs sentiments. De Madame de Sévigné
  • Une suite de petites volontés fait un gros résultat. De Charles Baudelaire / Mon Coeur mis à nu
  • Le bonheur, c’est tout de suite ou jamais. De Marcel Jouhandeau / Eléments pour une éthique
  • Le voyage est une suite de disparitions irréparables. De Paul Nizan / Aden-Arabie
  • Ô Seigneur, accordez-moi la patience, et tout de suite ! De Anonyme
  • La suite au prochain apéro. De François Morel
  • Oui, de ta suite, ô roi, de ta suite ! J'en suis ! Nuit et jour, en effet, pas à pas, je te suis. Victor Hugo, Hernani, I, 4, Hernani

Images d'illustration du mot « suite »

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Traductions du mot « suite »

Langue Traduction
Corse dopu
Basque ondoren
Japonais
Russe после
Portugais depois de
Arabe بعد
Chinois
Allemand nach dem
Italien dopo
Espagnol después
Anglais after
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Synonymes de « suite »

Source : synonymes de suite sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « suite »


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