Fil : définition de fil


Fil : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

FIL, subst. masc.

I.− Au sing. ou au plur.
A.− TEXT. Fibre longue et déliée d'une matière textile naturelle ou fibre continue d'une matière synthétique. Fil de ver à soie; fil de nylon, de rayonne.
P. méton. Ensemble de brins de ces matières tordus ou filés. J'aide à dévider les écheveaux de fil (Renard, Poil Carotte,1894, p. 103).Il a pris une petite pelote de fil dans le panier à ouvrage de sa mère (Gide, Souv. Cour d'ass.,1913, p. 673).Cinq sous de fil à coudre (Montherl., Lépreuses,1939, p. 1426).
SYNT. Fil câblé, cardé, peigné, retors; fil écru, teint; fil de chanvre. Fil de chèvre (cf. J. femmes, mai 1847, p. 237). Fil de coton, de lin, de laine; fil à broder, à faufiler, à repriser; aiguillée, bobine de fil; fil à voile(s), de caret. Fil d'Écosse. Fil de coton à longues fibres, mercerisé et résistant (cf. Lorrain, Âmes automne, 1898, p. 116).
1. Domaine du tiss. et de l'habill.
a) Emploi abs. Fil. Fil de lin ou toile de lin. Parfois, un camarade laissait en passant quelque écheveau... ils abondaient dans les maisons : de laine, de fil ou d'étoupe (Pesquidoux, Livre raison,1932, p. 19):
1. La classe bourgeoise agit comme le pauvre, Ainsi le linge de fil manque. En Angleterre, où le coton a remplacé le fil chez les quatre cinquièmes de la population, on ne fabrique déjà plus que du papier de coton. Balzac, Illus. perdues,1843, p. 119.
b) Expr. et loc.
(De) droit fil. En suivant les fils du tissu, sans biaiser. Aller/couper (de) droit fil. Où en est la mode et la manière dont je dois tailler les manches? Je crois que maintenant on les fait droit fil (Sand, Corresp.,t. 1, 1812-76, p. 64).Au fig. Aller de droit fil. ,,Aller directement à son objet`` (Ac.).
Fil de chaîne*, de trame*.
Fil à fil. Un fil après l'autre. Le bas du pantalon d'Arbaud est frangé d'une bordure brasillante qui ronge l'étoffe fil à fil (Giono, Colline,1929, p. 158).V. aussi fil-à-fil.
Au fig. Peu à peu. Atténués fil à fil par une bénédiction venue si tard, les tristesses d'autrefois s'y entrelaçaient avec les joies neuves (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 219).Ne valait-il pas mieux accepter cette Cécile tourmentée (...) quitte à la soigner, à la conquérir fil à fil, par une vie entière de patience et d'adoration (Duhamel, Nuit St-Jean,1935, p. 215).
N'avoir pas/plus un fil de sec. Transpirer au point que les vêtements en sont mouillés. Vous pensez bien que, pendant ce temps-là, je n'avais pas un fil de sec (Bourget, Drame,1921, p. 304).
2. Au fig.
a) Loc. adv. et verb. Couper un fil/les fils en quatre (vieilli). Subtiliser à l'excès. (Quasi-)synon. ergoter; synon. couper les cheveux en quatre.Cousu* de fil blanc, de gros fil; de fil en aiguille*. Donner du fil à retordre à qqn. Lui causer des ennuis, des embarras. Notre cas n'est pas clair et nous donnerions aux théologiens du fil à retordre si ces docteurs avaient le temps de s'occuper de nous (Bernanos, Journal curé camp.,1936, p. 1217).
[P. réf. à la minceur, à la fragilité du fil]
Tenir à/par un fil. Être fragile, précaire, tenir à peu de chose. Il n'a tenu qu'à un fil que mes beaux-frères n'accordassent un crédit à Birotteau! (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 346).
b) [P. réf. à la myth. grecque]
[P. réf. aux Parques qui filaient les destinées humaines] Le fil de la vie, des destinées, des jours. Cours de la vie, de l'existence humaine. J'étais loin en ce moment d'imaginer que je venais de trancher de mes propres mains le fil de mes destinées à Longwood!!! (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 389).
[P. réf. au fil qu'Ariane donna à Thésée pour le guider dans le Labyrinthe] Ce qui sert à guider, à diriger dans des circonstances difficiles ou délicates. Par cette légère esquisse, j'ai essayé de donner un fil aux écrivains qui viendront après moi (Chateaubr., Litt. angl.,t. 1, 1836, p. 104).Cela vous contrarie, n'est-ce pas, qu'il jette ainsi un peloton de fil dans mon labyrinthe? (Dumas père, Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 581).Jusqu'à présent, nous n'avons fait pour ainsi dire que poser les fils conducteurs de cette vaste intrigue ourdie par le génie de sir Williams (Ponson du Terr., Rocambole,t. 2, 1859, p. 337).
c) [P. réf. au fil que les enfants attachent à la patte d'un hanneton pour l'empêcher de s'enfuir] Un fil à la patte. Une entrave à la liberté d'une personne. Un fil à la patte, titre d'une pièce de Feydeau (1894). Mais, pauvre hanneton, j'ai un fil à la patte (Mallarmé, Corresp.,1862, p. 29):
2. Trimault enragea quand il la sut enceinte. Ah! non! Ce n'est pas à son âge qu'on se laissait attacher un fil à la patte. Après tout, il ne l'avait pas eue vierge. S'il la lâchait? Dabit, Hôtel Nord,1929, p. 69.
d) P. métaph., au plur. [P. réf. à l'aspect inextricable de fils qui s'entrecroisent] Voir les fils de la trame que tisse l'envie (Balzac, Annette,t. 3, 1824, p. 151):
3. La grande force qui agit, évidemment, c'est la contrainte de la collectivité. Une fois que l'homme est là, il faut qu'il y reste. Il est pris comme un rat. Que ce soit le peloton d'exécution, la honte, le déshonneur, l'impossibilité morale, la peur mystique, le tabou... tous les fils du piège s'entrecroisent, et l'homme est tenu de tous les côtés. Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 228.
B.− Autres domaines.
1. Arg., vx. Fil de soie. Lacet souple et résistant qui étrangle une victime. Un coupe-gorge, le pays du couteau et du fil de soie (D'Esparbès, Folie épée,1927, p. 188).P. ext. Voleur (Larch. 1880); malfaiteur. Si t'étais mal fringué, ta proie Te prendrait pour un fil de soie (Hogier-Grison, Monde où l'on triche,1886, p. 171).
2. JOAILL. Fil de perles, de pierres précieuses. Collier de perles, rang de pierres enfilées. La mère de Renée encore jeune, avec un fil de perles au cou (Goncourt, R. Mauperin,1864, p. 336).Une bourse en or d'où pendaient des fils de grenats (Proust, Sodome,1922, p. 808).
3. CHIR. Fibre d'origine organique ou inorganique (V. infra C 2 b), résorbable ou non, utilisée pour des sutures ou ligatures. Mettre, poser, retirer des fils. Enfin, on l'a recousue, on a noué tout ça avec du fil et des épingles... ça ne fait rien, je t'assure que je vivrais cent ans, je n'oublierais pas ce que c'est qu'une opération césarienne! (Goncourt, Journal,1864, p. 95).Un fil est passé sous les grosses artères, qu'on ligature (Camefort, Gama, Sc. nat.,1960, p. 278).
4. SP. Limite de l'arrivée d'une course à pied, parfois matérialisée par un fil tendu. Être coiffé sur le fil. Lalanne aborda la ligne droite avec 20 mètres d'avance (...) Baudouin sprintant rageusement, le passa sur le fil (L'Œuvre,27 janv. 1941).
5. TECHNOL. Fil à plomb. Instrument composé d'un objet lourd tenu au bout d'un fil, donnant la verticale. Il doit encore savoir se servir d'une équerre, (...) d'un niveau, d'un fil à plomb, en un mot, de tout outil permettant l'exécution correcte du travail (Fillon, Serrurier,1942, p. 42).
P. métaph. La lumière, fil à plomb, vous tombait sur le crâne (Genevoix, Boîte à pêche,1926, p. 110).
6. THÉÂTRE
a) Dans le langage des machinistes. Corde servant à la manœuvre des décors. Synon. ficelle.Cf. Rigaud, Dict. arg. mod., 1881, p. 172.
b) Dans le théâtre de marionnettes.Ce qui sert à articuler des pantins et des marionnettes. Marionnettes* à fil. Je vous sais assez fort, cousin, assez subtil, Pour prendre deux ou trois pantins au même fil (Hugo, Ruy Blas,1838, IV, 7, p. 440).
P. métaph. Et Dieu pourtant n'a mis qu'un fil à chaque marionnette (Béranger, Chans.,t. 1, 1829, p. 205).
Au fig. Tenir les fils (d'une affaire). La diriger indirectement, ou à son gré (cf. Ac. 1878-1932).
C.− P. anal.
1. Ce qui, d'une substance pâteuse ou liquide, s'étire, s'écoule sous une apparence filiforme.
a) Au sing. ou au plur. Un cerisier crevé de blessures et qui perd sa gomme à longs fils roux (Giono, Gd troupeau,1931, p. 151).Les fils du gruyère chaud (H. Bazin, Vipère,1948, p. 218).
b) Au sing.
Un fil de + subst. Un peu de, un doigt de. Une main aussi ferme que si elle eût été coulée en bronze versa un fil de liqueur blond comme la topaze dans les verres de Venise (Gautier, Fracasse,1863, p. 199).P. anal. Ce bois d'où ne sortait qu'un fil de fumée vers le soir (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 61).
Région. (notamment en Normandie). Eau-de-vie. Quand il avait bu le premier verre de fil, il la trouvait déjà plus gentille (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Noyé, 1888, p. 1151).
Rem. Fil est ,,souvent complété par un nom de nombre qui fait allusion à la force de l'alcool (...). Plus le nombre est élevé et plus le degré de l'alcool l'est aussi`` (R. Lepelley, Colloque sur le Fr. parlé ds les Villages de Vignerons, 18-20 nov. 1976, Dijon, Paris, Klincksieck, 1977, p. 90). Fil en trois, en cinq, en six. On entre chez un marchand de fil en trois (Paillet, Voleurs et volés, 1855, p. 28). Donne donc un peu de fil en quatre, fille perdue (Giono, Gd troupeau, 1931, p. 89).
2. Spécialement
a) Domaine de la nature.Substance flexible, très déliée, que produisent certains animaux, notamment l'araignée. Lorsqu'on tire de l'eau cet animal [un certain zoophyte], il lance une liqueur blanche qui se change dans l'instant en un paquet de fils très déliés (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 135).Un de ces vigoureux insectes, buveurs de miel, enlacés dans les fils gluants d'une araignée (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 269).
Fils de (la Vierge). [P. réf. poétique à des fils échappés du fuseau de la Vierge] . Fils légers produits par diverses araignées, voltigeant dans l'air, notamment à l'automne. Synon. cheveux de la Vierge (poét.), filandre.Des soies refendues, plus légères que des fils de la Vierge (Zola, Rêve,1888, p. 99).Un de ces fils blancs qui barrent en mai nos vergers (Giraudoux, Suzanne,1921, p. 97).
b) Domaine techn.Métal étiré en longueur, de faible section, généralement cylindrique. Fil d'argent, fil (de fer) barbelé*, fil de cuivre, de laiton, d'or. Deux tourillons de gros fil de fer (Nosban, Manuel menuisier,t. 2, 1857, p. 217).Un fil métallique souple (Rousset, Trav. pts matér.,1928, p. 112).
Spéc. Fil à couper le beurre. Fil de cuivre ou de laiton muni de poignées à ses extrémités. Expr. fig. (fam.). Il n'a pas inventé le fil à couper le beurre. Il n'est pas malin.
ÉLECTR. Fil électrique. Fil composé d'un ou de plusieurs brins de cuivre, parfois d'aluminium et généralement entouré d'une gaine isolante, destiné au transport de l'électricité.
Absol. Ils enlevèrent des usines tout ce qui était électricité, fils et dynamos (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 141).
TÉLÉCOMM. Fil télégraphique*, téléphonique*. Télégraphie* sans fil (T.S.F.).
Absol. Fil d'un circuit de téléphone. Au bout* du fil. Chose prodigieuse, l'entretien a lieu par téléphone. Tous les autres fils ont sauté. Mais celui-là, au plus fort de la tourmente, a tenu (Romains, Hommes Bonne vol.,1938, p. 37).Coup de fil. Coup de téléphone, communication téléphonique. Donner, envoyer, passer, recevoir un coup de fil.
II.− Gén. au sing. [Avec une idée de continuité, de direction]
A.− Au sing.
1. Courant de l'eau. Ces trembles centenaires à contrebas des quais sur les berges des deux rives, le tronc incliné dans le sens du fil de l'eau (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 308).
Au fil de l'eau. En suivant le courant. Un grand bateau plat descendait au fil de l'eau, qui clapotait fouettée par le vent (Flaub., Éduc. sent.,t. 1, 1869, p. 244).
2. Au fig. Suite, enchaînement. Perdre le fil d'une affaire, d'une conversation; le fil d'un discours, d'une narration; suivre le fil de ses idées. Il cherchait au fil de ce bavardage, à rassembler des indices capables de le renseigner sur l'état physiologique de la malade (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 478).
Au fil des jours, des heures, des saisons. Tout au long des jours.
Au fil de la plume. Comme les idées vous viennent, sans souci de style. J'ai lieu de croire que ces cahiers, rédigés au fil de la plume, n'ont jamais été relus (Duhamel, Nuit St-Jean,1935, p. 9).
B.− Sens, direction :
4. ... en août, alors que le maïs s'élève comme un taillis hérissé de fruits compacts, il aimait à parcourir ses moissons. Il y entrait à grands pas, suivant le fil des sillons, sans briser jamais une tige, et s'attardait à aller et venir dans la masse nourricière, et s'y plongeait, comme s'il voulait prendre un bain de sève et de vie végétales. Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 186.
Spécialement
1. Au sing., ÉBÉNISTERIE. Sens des fibres du bois (correspondant à la direction de l'axe du fût). On débite le bois suivant le fil (Nosban, Manuel menuisier,t. 2, 1857, p. 262).
Bois de fil. Bois sans défaut de ce point de vue, ou disposé de façon que les veines du bois soient dirigées dans le sens de la longueur de l'ouvrage. Tables à écrire (...). Le dessus est composé d'un encadrement de quatre traverses (...) et assemblées à bois de fil (Nosban, Manuel menuisier,t. 2, 1857p. 90).
De fil, loc. adv. Dans le sens des fibres. Anton. de bout :
5. Vers 1775, Thomas Bewick, entaillant les illustrations des Fables de Gay, adoptait une technique nouvelle, probablement d'origine arménienne et qui consistait à attaquer le bois, non plus de fil, comme autrefois, mais de bout, c'est-à-dire perpendiculairement au sens de la fibre, ce qui donne le maximum de densité à la matière à ouvrer ... F. Calot, L.-M. Michon, P. Angoulvent, L'Art du livre en France des orig. à nos jours,Paris, Delagrave, 1931, p. 161.
P. anal. Sens des fibres d'une matière organique. Couper une pièce de bœuf dans le fil (Ac.). La pipe d'écume demande à être bourrée contrairement au fil du tabac et dans le sens de la hachure (Courteline, Boubouroche,Art culotter pipe, 1897, p. 284):
6. ... chaque morceau de cuir [d'une selle] a été si bien biseauté au tranchet double qu'une fois assemblé avec les autres morceaux il s'y confond; quoiqu'il s'entrecroise avec le fil, le soyeux, le lustré et le grain de l'autre, son fil, son soyeux, son lustré et son grain. Giono, Triomphe vie,1941, p. 25.
2. Au sing. et au plur., CARR. Fente ou veine qui divise la masse d'une pierre en plusieurs parties. Si la cassure [d'une pierre] est anguleuse c'est que la pierre est coupée de fils ou surfaces de séparation (Cahen, Bruet, Carrières,1926, p. 50).
III.− Au sing. [Le fil est considéré comme une ligne rectiligne] Tranchant d'une lame. Fil d'un rasoir, d'un sabre. Elle a regardé la faux. Elle a passé son pouce sur le fil de la lame (Giono, Gd troupeau,1931, p. 144).
Loc. verbales.
Donner du/le fil à. Aiguiser, affûter, affiler. Donner le fil à un rasoir, à un couteau (Ac.).
Avoir du/le fil. Être bien aiguisé. Un couteau? (...) tu en as un dans ta poche (...) et qui a le fil (Sue, Myst. Paris,t. 3, 1842-43, p. 37).
Ôter le fil à un rasoir, à un couteau, etc. ,,Passer sur la pierre un rasoir, un couteau, etc. fraîchement repassé, pour enlever la partie faible et pliante du fil`` (Ac.).
Vx. Passer au fil de l'épée. Tuer en transperçant le corps d'une épée. Les Romains faisoient passer au fil de l'épée des villes et armées entières (Bonald, Législ. primit.,t. 2, 1802, p. 100).
Arg. et vx. [,,Dans l'argot du peuple qui assimile l'homme à un couteau et l'estime en proportion de son acuité`` (Delvau 1883)] Avoir le fil. Être rusé, avoir de l'adresse. Personne n'était plus habile à moucharder les femmes ou à les tenter, par l'appât des colifichets et des ajustements : elle avait ce qu'on appelle le fil au suprême degré (Vidocq, Mém.,t. 3, 1828-29, p. 261).
REM.
Fil(-)de(-)feriste,(Fil de feriste, Fil-de-feriste) subst.Équilibriste sur fil. Synon. usuel funambule.Un nouveau métier, ça ne me fait pas peur. Mais je ne voudrais pas être paillasse ou monstre. Acrobate, ça m'aurait assez plu. Fil de feriste : épatant (Queneau, Pierrot,1942, p. 197).
Prononc. et Orth. : [fil]. Ds Ac. 1694-1932, Littré et Dupré 1972 trouvent plus euphonique de ne pas faire la liaison au plur. : des fils argentés [defilaʀ ʒ ɑ ̃te]. Homon. file. Étymol. et Hist. Ca 1160 « brin ténu » en partic. fil de l'albe « point du jour » (Eneas, 1267 ds T.-L.). A. 1. Ca 1170 li filz d'or (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 1638); 2. 1856 fil télégraphique (Pouillet, Él. de Phys., I, p. 808). B. 1. 1176-81 « brin long d'une manière textile » Et fil e aguille (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 5416); 1269-78 fig. de fil en agueille (J. de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 15740); 2. en partic. 1382 viel fil de caret (Comptes du Clos de Galées, éd. Ch. Bréard, p. 53); 3. 1790 au fig. (Marat, Pamphlets, C'en est fait de nous, p. 203 : le fil de tous les noirs complots des ennemis de la révolution); 4. 1824 fil à plomb (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 3, p. 158). C. 1. Ca 1195 « enchaînement, suite » (Ambroise, Guerre sainte, 2395 ds T.-L.); 2. ca 1200 « déroulement dans le temps de l'espace » ici « sens dans lequel s'écoule un courant » au fil de l'eve (Raimbert de Paris, Ogier le Danois, 8088, ibid.). D. 1559 « tranchant » (Amyot, Othon, 23 ds Littré). Du lat. class. filum « fil, filament », aux sens propre et figuré. Fréq. abs. littér. : 2 665. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 596, b) 3 921; xxes. : a) 3 760, b) 4 756. Bbg. Dubuc (R.). Ét. terminol. sur certains termes de text. Banque Mots. 1973, no6, p. 191. − Hotier (H.). Le Vocab. du cirque et du music-hall en France. 1973, p. 53, 107. − Marsaud (M.). L'impr. des timbres-poste. Banque Mots. 1974, no8, p. 202. − Quem. DDL t. 18.

Fil : définition du Wiktionnaire

Nom commun

fil \fil\ masculin

  1. Petite partie longue et déliée qu’on détache de l’écorce du chanvre, du lin, etc.
  2. Substance flexible et très déliée que les chenilles et les araignées tirent de leur corps.
    • Le même fil qui a servi à notre Chenille pour descendre du haut d'un arbre, lui sert aussi pour y remonter. — (Louis-François Jéhan de Saint-Clavien, Dictionnaire de zoologie; ou Histoire naturelle des quatre grands embranchements du Règne animal, Paris : Jacques-Paul Migne éditeur, 1852, vol.1, p.235)
    • L’eau frangeait les ramures, alourdissait les fils d’araignée, imbibait les écorces gluantes, et des feuilles tombaient, çà et là, en tournant, dans le tranquille égouttement, dans le grand calme profond. — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap.2, 1910)
  3. L’assemblage des petits brins longs et déliés du chanvre, du lin, etc., tordus ensemble entre les doigts, avec le fuseau ou le rouet, ou obtenus par des procédés mécaniques, et qu’on emploie principalement pour faire de la toile et pour coudre.
    • Le jeûne commence au f’jer, à l'heure où l'on parvient à distinguer un fil blanc d'un fil noir. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 126)
  4. L’assemblage de petits brins de soie, de laine, de coton, etc., tordus ensemble.
    • C’est un fil de soie d’une grande résistance.
    • Fil de laine, de coton, de soie, etc.
    • Tendre les fils de la chaîne d’une étoffe.
  5. (Par extension) Sens du tissage d'un tissu.
    • À ce moment de sa vie, il privilégie la qualité à la quantité. En d'autres temps, plus riche, il aurait viré fashion-addict à dévaliser les boutiques de merderies innommables même pas bien cousues dans le fil du tissu. — (Alain Babanini, Puisque ça ne suffit pas!, chez l'auteur/Lulu.com, 2011, page 14)
  6. Brin de métal lorsqu’il est tiré en long d’une manière si déliée qu’il semble que ce soit du fil.
    • Le gréement dormant en fil d'acier galvanisé, peut supporter un effort de dix tonnes sans se rompre. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • L'ampoule, qui éclairait cette dégringolade d'objets de toute provenance […] se balançait poussiéreuse, au bout de son fil, sous la voûte basse où le salpêtre faisait des croûtes. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Nous vîmes apparaître […] deux ou trois camarades de l’autre batterie ; l’un portait un violon emprunté au 18e d’artillerie et dont la chanterelle était remplacée par un fil d’acier. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 196, Hartmann, 1937)
  7. (Par analogie) Un tel brin d’un métal conducteur de l’électricité recouvert d’un isolant électrique.
    • L’arrivée du steamer est une fête pour les marchands danois exilés dans cette localité, qu'aucun fil télégraphique ne relie au reste du monde ; […]. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 34)
    • Ensuite, il prenait un fil électrique terminé par une pince crocodile, fixait la pince au rebord du bidon et branchait le fil dans une prise de courant. — (Max Hailier, Vieille Marine !, Éditions Publibook, 2016, p. 135)
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  8. (Figuré) Suite, liaison, enchaînement.
    • Perdre le fil d’une affaire.
    • Interrompre le fil du discours, le fil de l’histoire, de la narration.
    • Suivre le fil de ses idées.
    • Suivre le fil d’une intrigue.
    • Débrouiller les fils d’un complot.
    • Au fil des jours, Dans la suite des jours.
  9. (Internet) (Par extension) Enchaînement des commentaires à un article donné, dans les échanges au sein d’un forum ou entre utilisateurs du courrier électronique.
    • Heureusement, j’avais conservé tout le fil de nos messages.
  10. Tranchant d’un instrument qui coupe.
    • Elle ouvrit chaque lame, passa le doigt sur le fil et les referma lentement. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Le fil d’un rasoir, d’un sabre, d’une épée.
    • Attention au fil du rasoir.
  11. Petites parties longues et déliées dont l’assemblage forme le corps des végétaux, et principalement des arbres.
    • Suivre le fil du bois.
    • Prendre le fil du bois.
  12. Il s’applique, dans un sens analogue, aux viandes.
    • Couper une pièce de bœuf dans le fil.
  13. Défaut de continuité dans le marbre ou dans la pierre.
    • Il y avait un fil à l’endroit où cette table de marbre vient de se casser.
  14. Courant de l’eau.
    • Suivre le fil de l’eau.
    • Aller contre le fil de l’eau.
  15. Eau de vie servie dans les cafés ruraux. Le fil en 2, en 4, ou en 6, valait 2, 4 ou 6 sous le petit verre, en fonction du degré d’alcool. Ce dernier était symbolisé par un fil faisant n fois le tour du goulot.
    • - Encore ! Le verre était vide. Le tenancier le remplit, servit un fil-en-six à Maigret. — (w:Pietr-le-Letton, Pietr_le-Letton, Maigret, page 52, A. Fayard, 1931)
  16. (Absolument) Toile de lin.
    • Elle étale sur ses genoux pointus un petit tartan écossais ; puis l’aide à enfiler des gants de fil noir. — (André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 338)
  17. (Héraldique) Partie du listel ou du lambel qui relie les pendants entre eux.
    • De gueules à deux chevrons jumelés d’azur et d’argent, accompagnés de trois quarte-feuilles d’or boutonnées du même ; au lambel à l'antique, le fil d’or et les pendants du même vidés du champ, qui est de Chevry-Cossigny → voir illustration « lambel à fil d’or »
  18. Téléphone ; communication téléphonique.
    • Elles mangent des sandwichs, des wraps et des chips, rient avec leurs collègues et amis, qui sont parfois au bout du fil. Et visiblement désopilants. — (Justin Cartwright, Au paradis par la voie des eaux, traduit de l'anglais par France Camus-Pichon, Éditions Jacqueline Chambon (Actes Sud), 2017, chap. 8)
  19. (Cirque) manière de désigner le fil d'Ariane, fil d'équilibriste.


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Fil : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FIL. n. m.
Petite partie longue et déliée qu'on détache de l'écorce du chanvre, du lin, etc. Il se dit aussi de cette Substance flexible et très déliée que les chenilles et les araignées tirent de leur corps. La soie est le fil que produisent des chenilles qui vivent sur le mûrier et qu'on appelle Vers à soie. Une araignée suspendue à son fil. Par analogie, Fils de la Vierge, Les filandres qui voltigent dans l'air en automne. Il désigne aussi l'Assemblage des petits brins longs et déliés du chanvre, du lin, etc., tordus ensemble entre les doigts, avec le fuseau ou le rouet, ou obtenus par des procédés mécaniques, et qu'on emploie principalement pour faire de la toile et pour coudre. Fil de chanvre, de lin. Fil fin. Gros fil. Dévider du fil. Fil retors. Fil à coudre. Les fils de la trame d'une toile. Un écheveau, un peloton de fil. Une aiguillée de fil. Il se dit également de l'Assemblage de petits brins de soie, de laine, de coton, etc., tordus ensemble. Fil de laine, de coton, de soie, etc. Tendre les fils de la chaîne d'une étoffe. Couper de droit fil, aller de droit fil, ou simplement droit fil, Couper une étoffe entre deux fils sans biaiser. Fig. et fam., Aller de droit fil, Aller directement à son objet. Fig. et fam., Donner du fil à retordre à quelqu'un, Lui causer de la peine, lui susciter des embarras. Fig. et fam., De fil en aiguille. Voyez AIGUILLE. Fig. et fam., Cela ne tient qu'à un fil, se dit de Ce que la moindre cause peut aisément détruire, faire manquer, etc. Fig. et fam., Des finesses cousues de fil blanc. Voyez FINESSE. Fig. et fam., Couper les fils en quatre, Rechercher l'extrême subtilité dans les idées, dans le style. Fig. et poétiq., Le fil de la vie, de nos destinées, de nos jours, Le cours de la vie, de notre existence, par allusion à la fable païenne des Parques, qui filaient, dévidaient et coupaient le fil de la vie des hommes. La Parque a tranché le fil de ses jours. Fig., Le fil d'Ariane se dit quelquefois de Ce qui sert à diriger, à guider dans certaines recherches difficiles, par allusion au fil que, selon la légende, Ariane donna secrètement à Thésée, pour qu'il retrouvât son chemin dans les détours du labyrinthe. On dit aussi simplement Fil dans le même sens. Je cherchais un fil qui me dirigeât dans ce dédale. Fig. et fam., Tenir les fils, se dit d'une Chose que l'on dirige à son gré, par allusion aux fils de chanvre ou de métal qui servent à faire mouvoir les marionnettes. Fil de perles, Collier de perles enfilées. Fil à plomb, Instrument de charpentier, de maçon, etc., qui consiste en un morceau de plomb suspendu à un cordonnet et qui sert à mettre les ouvrages d'aplomb.

FIL se dit aussi des Métaux lorsqu'ils sont tirés en long d'une manière si déliée qu'il semble que ce soit du fil. Fil d'or. Fil d'argent. Fil de fer. Fil de laiton ou Fil d'archal. Par analogie, Fil électrique. Fil télégraphique. Voyez TÉLÉGRAPHIQUE. Fil téléphonique. Voyez TÉLÉPHONIQUE. Télégraphie sans fil, téléphonie sans fil. Voyez TÉLÉGRAPHIE, TÉLÉPHONIE. Il désigne en outre le Tranchant d'un instrument qui coupe. Le fil d'un rasoir. Le fil d'un sabre. Le fil d'une épée. Donner le fil à un rasoir, à un couteau, à une épée, à une faux, etc., Les rendre tranchants. Ôter le fil à un rasoir, à un couteau, etc., Passer sur la pierre un rasoir, un couteau, etc., fraîchement repassé, pour enlever la partie faible et pliante du fil. Passer au fil de l'épée, Tuer en passant l'épée du travers du corps. Il ne se dit guère qu'en parlant d'un Grand nombre de personnes massacrées de cette manière dans une ville, dans une place de guerre qui vient d'être prise. La garnison fut passée au fil de l'épée. Il se dit également de ces Petites parties longues et déliées dont l'assemblage forme le corps des végétaux, et principalement des arbres. Suivre le fil du bois. Prendre le fil du bois. Il s'applique, dans un sens analogue, aux viandes. Couper une pièce de bœuf dans le fil. Il se dit quelquefois d'un Défaut de continuité dans le marbre ou dans la pierre. Il y avait un fil à l'endroit où cette table de marbre vient de se casser. Il se dit encore du Courant de l'eau. Suivre le fil de l'eau. Aller contre le fil de l'eau. Il se dit aussi figurément pour Suite, liaison, enchaînement. Perdre le fil d'une affaire. Interrompre le fil du discours, le fil de l'histoire, de la narration. Suivre le fil de ses idées. Suivre le fil d'une intrigue. Débrouiller les fils d'un complot. Au fil des jours, Dans la suite des jours.

Fil : définition du Littré (1872-1877)

FIL (fil ; au pluriel, l's ne se lie pas ; cependant plusieurs la lient : des fil-z argentés. Au XVIIe siècle on prononçait fi ; l'l ne se prononce dit Chifflet, Gramm. p. 209, qu'en cette phrase de fil en aiguille. Au XVIe siècle Palsgrave, p. 24, remarque aussi qu'on prononce fi) s. m.
  • 1Fibre longue et déliée qu'on détache de l'écorce des plantes textiles. Fil de chanvre, de lin.
  • 2Ce qui se forme avec des brins de chanvre ou de lin, brins qu'on tord entre les doigts avec le fuseau ou le rouet. Fil de chanvre, de lin. Fil fin. Gros fil. Dévider du fil.

    Fig. L'homme ne s'y soutient pas [dans le repos] par l'attache à quelque vérité qu'il connaisse clairement ; mais il s'appuie sur quantité de petits soutiens, et il est comme suspendu par une infinité de fils faibles et déliés à un grand nombre de choses vaines et qui ne dépendent pas de lui, Nicole, Ess. mor. 1er traité, chap. XI.

    Fig. Il le faut fournir de fil et d'aiguille, c'est-à-dire il lui faut fournir toutes les choses dont il a besoin.

    Des finesses cousues de fil blanc, des finesses grossières et qui sautent aux yeux.

    Fig. et familièrement. De fil en aiguille, de propos en propos, en passant d'une chose à une autre ; locution prise du travail de la couturière, qui, après avoir mis un fil, coud avec l'aiguille, et, après avoir cousu avec l'aiguille, reprend du fil, et ainsi de suite.

    Ne tenir qu'à un fil, manquer, pouvoir être détruit, etc. pour la moindre cause. La mienne [vie] ne tient plus qu'à un petit fil ; et je serais fort en colère, si ce petit fil est coupé avant que j'aie encore eu la consolation de revoir le grand homme de ce siècle, Voltaire, Lett. roi de Prusse, 20 mai 1750.

    Il ne tient qu'à un fil, se dit d'un homme qui est près de perdre sa position, son emploi.

    Fil retors, celui qui a été tordu plusieurs fois.

    Fig. et familièrement. Donner du fil à retordre, donner de la peine à quelqu'un, lui causer des embarras, des difficultés. Grands réviseurs, courage, escrimez-vous, Apprêtez-moi bien du fil à retordre, Rousseau J.-B. Épigr. II, 22.

    Avoir du fil à retordre, avoir des embarras, des difficultés.

    Fil d'étoupes, celui qui reste après qu'on a ôté la meilleure filasse.

    Fil de plain, celui qui provient du chanvre le plus fort, dans les fabriques de lacet.

    Fil de pennes, celui qui reste attaché aux ensuples, après que la toile est levée.

    Faux fil, voy. FAUFIL.

    Fil à gant, fil très fort avec lequel on coud les gants.

    Fil sans poids, fil très fin employé dans la fabrication de la batiste.

    Fil de remise, fil très fin à trois brins qui sert à faire les mailles des lisses dans lesquelles sont passés les fils de la chaîne.

    Terme de marine. Fil de câbles, le plus gros que l'on file dans les corderies. Fil de haubans, fil moyen. Fil de lusin et fil de merlin, celui qui est le plus fin et qui sert à coudre les voiles.

    Fil blanc, fil qui n'est pas passé au goudron.

    Terme de pêche. Fil de pitte, fil qui se fait avec les fibres de l'aloès, de l'yucca.

  • 3Ce qui est fait de petits brins de soie, de coton, de laine, etc. tordus ensemble. Fil de laine, de coton, de soie, etc.

    Fil pers, celui qui est teint avec l'indigo ; fil vergé, celui qui est de diverses couleurs. Le fil pers, appelé vulgairement fil à marquer, Règl. sur les manuf. août 1669, teinture en laine, art. 59. Et pourront les teinturiers en fil vendre du fil de lin, chanvre, coton, fil à marquer, fil à sangle et retors blanc, et autres couleurs, et ruban de fil de toutes couleurs, ib. Teinture en soie, laine et fil, art. 86.

    Fil de Turquie, poil de chèvre filé, dit autrement laine de chevron.

    Fil de trame. Fil de chaîne. Le fil de trame est l'état où le moulinage porte la soie grége, et qui diffère du fil de chaîne ou organsin par la force de l'assemblage, le degré et la nature de la torsion.

    Terme de manufacture de soie. Fil de lacs, fil très fort à trois brins qui sert à arrêter les cordes que la liseuse a retenues.

  • 4Le fil qu'Ariane donna à Thésée pour sortir du labyrinthe. Ma sœur du fil fatal eût armé votre main, Racine, Phèdre, II, 5. Un fil n'eût point assez rassuré votre amante, Racine, ib.

    Fig. et par allusion. Le fil d'Ariane, ou, simplement, le fil, ce qui dirige. Cette vérité, une fois trouvée, devint pour lui le fil d'Ariane. Je me vois dans un labyrinthe… je crois que je tiens le bout du fil, Montesquieu, Esp. XXX, 2. Ils se trouvèrent égarés comme dans un vaste labyrinthe, sans fil et sans issue, Voltaire, l'Ingénu, 13. Un homme qui saute par la fenêtre, et l'autre après qui avoue… le fil m'échappe… il y a là dedans une obscurité, Beaumarchais, Mar. de Fig. III, 5.

  • 5Le fil considéré dans son emploi pour tisser les étoffes. Mes jours ont été retranchés plus vite que le fil de la toile n'est coupé par le tisserand, Sacy, Bible, Job, VII, 6.

    Couper de droit fil, ou aller de droit fil, couper de la toile entre deux fils sans biaiser.

    Par extension, de droit fil, en droite ligne. Il m'apprit d'abord à piler avec grâce des drogues dans un mortier, et à mettre en place un lavement de droit fil, Lesage, Estev. Gonz. 17.

    Fig. Contre ses fins cet homme en premier lieu Va de droit fil, La Fontaine, Troq.

    Par analogie avec les fils dont une toile est tissée. En tissant le fil de vos faits plus qu'humains, Régnier, Sat. VI. La religion n'était occupée qu'à renouer les fils sociaux que la barbarie rompait sans cesse, Chateaubriand, Génie, IV, VI, 8.

    Fig. Un fil de manqué, quelque chose qui cloche, par comparaison avec un fil manqué dans une trame. Je dis qu'il y a un fil de manqué, Sévigné, 202.

  • 6Substance flexible et déliée que les chenilles, les araignées tirent de leur corps. La soie est le fil que produisent les chenilles du mûrier. Une araignée suspendue à son fil. Un fil de soie d'araignée, quoique prodigieusement fin, est formé de la réunion de plusieurs milliers de fils qui passent par différentes filières, Bonnet, Contempl. nat. XII, 4.

    Fils de la Vierge, fils de Notre-Dame, filandres qui voltigent dans l'air en automne et qui sont produits par diverses araignées. Il n'y a pas bien longtemps qu'on sait dans les villes que le fil de la Vierge, qu'on trouve souvent dans la campagne, est un fil de toile d'araignée, Voltaire, Dict. phil. Almanach.

  • 7Fil de perles, collier de perles enfilées. M. de Savoie envoya à Mademoiselle des présents magnifiques, entre autres un fort beau fil de perles, Dangeau, I, 2, 4 avril 1684. Cette femme vaine et ambitieuse… qui traîne sur elle en ses ornements la subsistance d'une infinité de familles ; qui porte, dit Tertullien, en un petit fil autour de son cou, des patrimoines entiers, Bossuet, Sermon, l'Honneur, I. Mme de Montespan avait renvoyé au roi, depuis quelque temps, un parfaitement beau fil de perles qu'elle en avait eu, Saint-Simon, 75, 222.
  • 8Fil à plomb, masse pesante suspendue à l'extrémité d'un fil, indiquant la direction de la pesanteur ou de la ligne verticale, et servant à mettre d'aplomb les ouvrages de charpente et de maçonnerie.
  • 9Le fil qui tient à une marionnette et qui sert à la faire mouvoir. Près des femmes que sommes-nous ? Des pantins qu'on ballotte ; Messieurs, sautez, faites les fous Au gré de leur marotte ; Le plus lourd et le plus subtil Font la danse complète ; Et Dieu pourtant n'a mis qu'un fil à chaque marionnette, Béranger, Marionn.

    Fig. Le remuement des cœurs par le fil secret des passions… tous ces ressorts resteront inexplicables pour vous, Chateaubriand, Génie, III, III, 1.

    Fig. Tenir les fil, faire jouer ou faire aller les fils.

  • 10Métal tiré à la filière. Fil d'argent. Fil d'archal, voy. ARCHAL. Fil de fer. Un fil de cuivre, d'un dixième de pouce de diamètre, peut soutenir un poids d'environ trois cents livres avant de se rompre, Buffon, Min. t. V, p. 93, dans POUGENS.

    Fil de laiton. Ces vers se perdent dans la foule des bons ; ce sont des fils de laiton qui servent à joindre des diamants, Voltaire, Dict. phil. Style.

    Fil d'or. Agrippine, mère de Néron, lorsque l'empereur Claude, son époux, donna au peuple un combat naval, y parut habillée d'une longue robe, toute de fil d'or, sans aucune autre matière, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. X, p. 423, dans POUGENS.

    Ce beurre est jaune comme fil d'or, il est très jaune.

    Fil à moule, fil de laiton dont on fait le corps des épingles.

    Fil de pignon, fil d'acier cannelé dont se servent les horlogers.

    Pour les treillages, fil normand ou fil à pointe, fil de fer non recuit ; fil à coudre, fil de fer recuit.

  • 11Le fil de la vie, de nos destinées, de nos jours, etc. ; le cours de la vie, par allusion à la fable des Parques qui filent la destinée de chaque homme et tranchent le fil de la vie. Je fis soudain trancher le beau fil de sa vie, Tristan, Mariane, II, 1. La colère de ce Dieu qui coupe le fil de ses jours, Fléchier, Dauph. Que le ciseau de la Parque tranche le fil de tes jours, Fénelon, Tél. III. Ils ne coupèrent pas en un clin d'œil le fil de votre vie, Massillon, Carême, Impén.
  • 12Il se dit des fibres dont l'assemblage forme le bois. Prendre le fil du bois. Suivre le fil du bois. Ces longues pièces minces pliant beaucoup avant de rompre, les plus petits défauts du bois et surtout le fil tranché contribuent beaucoup plus à la rupture, Buffon, t. VIII, p. 233, dans POUGENS.

    Bois de fil, bois employé de manière que toutes les fibres en sont disposées sur la longueur de l'ouvrage.

    Par analogie, le fil de la viande, la direction des fibres qui la composent. Couper une pièce de bœuf dans le fil.

    Le fil d'un cristal, la direction qu'en ont suivie les molécules dans la cristallisation. Le fil et le contre-fil se reconnaissent dans le cristal de roche, non-seulement par la plus ou moins grande facilité de l'entamer, mais encore par la double réfraction qui s'exerce constamment dans le sens du fil et qui n'a pas lieu dans le sens du contre-fil, Buffon, Min. t. VI, p. 115, dans POUGENS.

  • 13 Terme de maçonnerie. Il se dit, dans les pierres et dans le marbre, de petites fentes ou de veines qui divisent la masse en plusieurs parties, et qui la rendent mauvaise. Cette table de marbre s'est cassée dans le fil.

    Défaut du verre provenant de ce qu'il est mal lié, que le mélange en a été imparfait.

  • 14Le tranchant d'un instrument coupant, par comparaison avec la ténuité et la délicatesse d'un fil. Le fil d'un couteau, d'un rasoir.

    Donner le fil à un rasoir, à un sabre, en rendre la lame fort tranchante. Les guerriers aiguisaient le fil de leurs épées, Lamartine, Harold, 25.

    On dit dans un sens analogue : ce rasoir, ce sabre, ce couteau a le fil.

    Ôter le fil à une lame tranchante, la passer sur la pierre à aiguiser pour en ôter la partie faible et pliante du fil.

    Passer au fil de l'épée, tuer en passant l'épée au travers du corps, en parlant d'un grand nombre d'hommes tués, à cause que l'épée est pris ici dans un sens absolu et collectif. La garnison fut passée au fil de l'épée. Lorsque le Seigneur votre Dieu vous les aura livrés, vous les ferez tous passer au fil de l'épée, sans qu'il en demeure un seul, Sacy, Bible, Deutér. VII, 2. Quelques troupes ont passé par le [ont été passées au] fil de l'épée, La Bruyère, X. Ils passent au fil de l'épée les habitants des villes qu'ils prennent, Montesquieu, Esp. XVIII, 20.

    Fig. et populairement. Avoir le fil, être fin, rusé. Je connais ce fil-là, je connais cette ruse, cette tromperie. C'est un fil de commissaire, c'est une ruse qui a la prétention d'être très adroite. Il a un fil de commissaire, il est très adroit

  • 15Courant de l'eau, par comparaison avec a continuité et le développement d'un fil. Le fil de l'eau est la direction de son cours naturel. Suivez le fil de la rivière, La Fontaine, Fabl. III, 16. Ce n'est pas s'opposer à un fleuve ni bâtir une digue en son cours pour rompre le fil de ses eaux, Bossuet, III, Vêture, 4. C'est sous le fil de l'eau qu'est sa plus grande force de creuser, et par conséquent c'est là que le fond s'abaisse le plus, et il s'y fait une plus grande concavité, Fontenelle, Guglielmini.

    Fig. Dès qu'on est dans le fil de l'eau, il n'y a qu'à se laisser aller ; on fait sans peine une fortune immense, Voltaire, Jeannot et Colin.

    Fig. Aller contre le fil de l'eau, entreprendre une chose à laquelle tout est contraire.

  • 16Jet d'un métal en fusion.
  • 17 Fig. Suite, liaison, enchaînement. Il faudrait interrompre le fil des affaires de l'Asie, Vaugelas, Q. C. V, 1. Or, pour reprendre la harangue Dont nous avons rompu le fil, Scarron, Virg. IV. À qui vous fiez-vous dans Paris, me dit d'un même fil M. le comte de Cramail ? Retz, I, 32. Avant que de reprendre le fil de notre discours, Sévigné, 218. Il me dit que l'abbé de Grignan tenait le fil de cette affaire, Sévigné, 302. Je souhaite que vous repreniez bientôt le fil de votre voyage, Sévigné, 328. Je m'en vais reprendre le fil de ma belle santé, Sévigné, 261. Vous allez lui voir reprendre le fil de ses perfections, Sévigné, 387. Cela me fait perdre le fil de la conversation, Sévigné, 581. [Il] Sut de leur noir complot développer le fil, Racine, Esth. II, 3. Il est permis de s'écarter un peu du fil de son récit, Hamilton, Gramm. 8. Pleinement instruite de toutes les vues de Pierre le Grand, elle en a pris le fil et le suit, Fontenelle, Czar Pierre. L'Académie, presque encore naissante, avait formé le noble dessein d'envoyer des observateurs à Alexandrie et à Uranibourg, pour y prendre le fil du travail des grands hommes qui y avaient habité, Fontenelle, Chazelles. Newton reprit ainsi le fil de sa démonstration, Voltaire, Newt. III, 3. Quand j'aurai repris mes sens, je reprendrai le fil de mon histoire, Voltaire, Jenni, 5. C'est par le fil de ces recherches que nous parviendrons à savoir, Rousseau, Ém. III. C'est sur le fil des idées qu'il faut juger qu'un être pense, Diderot, Pens. phil. 20. Ces considérations doivent arrêter celui qui ne voudrait que suivre le fil des intrigues politiques, Raynal, Hist. phil. X, 16. Voici comment s'était noué le fil de ce petit roman, Marmontel, Mém. III. Forcé de confier à d'autres qu'à lui-même les fils tortueux d'une procédure compliquée, Mirabeau, Collection, t. II, p. 509. J'ai conduit tous les fils de cette vaste intrigue, Raynouard, États de Blois, II, 7. L'amitié… Ne sera plus un froid discours Dont l'infortune rompt le fil, Béranger, Ainsi soit-il.

    Être au fil de, être au courant de, connaître, savoir. La princesse des Ursins ignorerait la plupart des choses et ne serait au fil de rien, Saint-Simon, 122, 94.

    Le fil de l'analogie, la suite et la liaison des rapports indiqués par l'analogie.

  • 18Fil d'araignée, joubarbe des Alpes (semper vivum arachnoideum, L.).
  • 19Fil, serpent des Indes très effilé.

HISTORIQUE

XIIIe s. Il est consaus [conseil] de tote Grice [Grèce] ; Car il savoit de fil en lice [d'un bout à l'autre] Quanque prodom avoit mestier à pais faire et à guerroier, Partonop. v. 217. Par matinet, au fil du jor, ib. ms. f° 131, dans LACURNE. Li somiers de file de laine et de file d'estoupes, Tailliar, Recueil, p. 21. Bele Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailles desploie, Coust un fil d'or, l'autre de soie, Romancero, p. 53. Li vilains fu en sa meson, Où n'avoit home se lui non ; Sa fame fu son filevendre, Ren. 4977. [Ils] Li content de fil en aiguille Tretout quanque lor appartint, la Rose, 15972. De pité et de dol [deuil] est aval aclinés, Les larmes li degotent fil à fil sor le nés, Ch. d'Ant. v, 479.

XIVe s. Quatre moyeux d'œufs batus avec vin blanc, et versez à fil en vostre eaue, Ménagier, II, 5.

XVe s. Et se mirent au droit fil de la rivière, sa bannière et ses gens, Froissart, II, II, 32.

XVIe s. Un petit fil de vinaigre, Du Bellay, J. VII, 5, verso. Mettre au fil de l'espée, Montaigne, I, 5. Sa carrière [discours] se passe d'un fil et d'une suite sans interruption, Montaigne, I, 40. Prendre une chose de droict fil, Montaigne, I, 151. Passer au fil de l'épée, Montaigne, IV, 20. Je viens de courre d'un fil [trait] l'histoire de Tacitus, Montaigne, IV, 58. Comme chef avi é, il alla garni de fil et d'aiguille (comme on dit), non seulement pour estre preparé pour l'occasion, mais pour former l'occasion et puis s'en prevaloir, Lanoue, 600. Depuis cela le peuple le rabroua et lui rompit le fil de son propos quand il cuida harenguer, Amyot, les Gracques, 31. … Ayant deux espées, fut longtemps à en essayer le fil, Amyot, Othon, 23. Il ne leur addresse pas des louanges de droit fil, ains vient de loing tournant tout à l'entour, Amyot, Com. discerner le flatteur de l'ami, 25. Pour rompre et alentir un peu l'impetuosité du fil de l'eau, Amyot, César, 30. Encores que le regnard [le comte d'Egmon] soit bien cault et rusé, si est-ce que je luy baille le fil [je l'attrape] par mon trompette [un trompette qu'on lui envoyait avec un faux avis]…, Carloix, VI, 45. Vos finesses sont cousues de fil blanc : enfin tout le monde les voit, Sat. Ménip. p. 90. De tous les hommes, voyre entre les freres mesmes, il ne s'en trouve pas deux au monde qui, en traits et fil de visage, taille de corps, mœurs et complexions, se ressemblent entierement, Du Verd. Biblioth. p. 111, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

FIL. Ajoutez :
20Fil d'Alsace, sorte de cordonnet. Le principal de nos articles est le cordonnet 6 brins [de coton], blanchi, dit fil d'Alsace, Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet. t. IV, p. 331.
21 Fil-couteau, chez les joailliers, lame à peine visible sur laquelle on monte les pierres dites illusion, Ch. Blanc, l'Art de la parure, p. 348.
22 Populairement. Du fil en quatre, de l'eau-de-vie très forte, et, en général, tout ce qu'il y a de plus fort.
23 Populairement et fig. Le fil à couper le beurre, ce qui est difficile à imaginer, ce qui indique un esprit dégourdi. Le fils Mayer est appelé ; c'est un grand garçon qui porte bien, en effet, dix-neuf ans, mais qui ne paraît pas avoir inventé le fil à couper le beurre, Gaz. des Trib. 29-30 sept. 1873, p. 938, 3e col. (c'est une phrase analogue à : N'avoir pas inventé la poudre).
24 Loc. adv. À fil, d'une manière continue, expression usitée à Genève. Du reste il bouge sans fin et jase à fil, R. Töpffer, Nouv. Voy. en zigzag.

REMARQUE

On a contesté l'explication donnée de la locution de fil en aiguille (de propos en propos, en passant d'une chose à une autre), et on l'a interprétée par : tout d'un trait, tout d'une haleine, sans interrompre la série commencée. Mais l'interprétation admise est celle du Dictionnaire de l'Académie française et par conséquent elle a la tradition pour elle ; ce qui est beaucoup en fait de locution. Puis ceux qui la rejettent pensent que de fil en aiguille signifie avec le fil qui est en l'aiguille, par conséquent avec la même aiguille, et, figurément, sans s'y reprendre à plusieurs fois. Mais l'analyse grammaticale de la locution se prête mieux à signifier : en quittant le fil pour prendre l'aiguille ; ce qui donne, figurément, le sens admis.

HISTORIQUE

XVIe s. Ajoutez : Pour le mercier qui porte ceintures ferrées, de laitons, de soye ou de fil d'Inde, Mantellier, Glossaire, Paris, 1869, p. 32.

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Fil : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* FIL, s. m. (Econ. rustiq.) on prépare avec l’écorce du chanvre, séchée, peignée, divisée, une matiere qu’on appelle filasse (voy. l’article Filasse), qui tordue au fuseau ou au roüet sur elle même, forme un petit corps rond, continu, flexible, & résistant, qu’on appelle fil. On fait aussi du fil avec le coton, la soie, la laine, le crin, &c.

Si le fil est trop gros, il prend le nom de ficelle, de corde. Voyez l’article Corderie.

On file la filasse, la seule matiere dont nous allons parler ici ; parce qu’on n’entend communément par le mot fil, que celui qui est fait avec la filasse ou l’écorce de chanvre.

On file la filasse au roüet ou au fuseau ; mais on dispose la filasse sur la quenouille, pour filer au roüet comme pour filer au fuseau. Voici d’abord la maniere dont on file au fuseau.

Le fuseau est un morceau de bois leger, rond sur toute sa longueur, terminé en pointe par les deux extrémités, renflé dans le milieu, & long d’environ cinq à six pouces ; il y a un peu au-dessus de la peinte inférieure, une petite éminence qui retient le fil & qui l’empêche de tomber.

La quenouille est un roseau ou bâton leger, rond, long de trois à quatre piés, percé par un bout, & garni à ce bout d’un ruban large & fort.

On prend la soie, la filasse, la laine, &c. en un mot la matiere qu’on veut filer ; on l’étend sur une table par lits minces, cependant d’une épaisseur inégale : la partie inférieure de chaque lit doit être un peu plus fournie que la partie supérieure, afin que quand tous ces lits seront roulés sur la quenouille, ils forment une espece de cone, dont la pointe soit tournée vers le bout de la quenouille ; si la filasse est courte, les brins de chaque lit ne sont pas roulés, mais seulement appliqués sur la quenouille, & attachés selon leur longueur ; si elle est longue, alors les brins sont roulés un peu de biais sur la quenouille. On roule ces lits de filasse sur l’extrémité de la quenouille ; on les y fixe en faisant sur eux plusieurs tours avec le ruban, & la quenouille est prête à être filée.

Pour cet effet on fixe la quenouille à son côté gauche, on tient la filasse embrassée de la même main ; & de la main droite, on tire avec le pouce & l’index de la partie inférieure de la quenouille, une petite quantité de filasse. On la tourne entre ses doigts, après l’avoir mouillée ; on lui donne ainsi un commencement de consistance : après quoi on lui fait faire sur l’extrémité du fuseau un tour ou deux, & on l’y arrête par un nœud ou une boucle, formée comme on voit ; a est le bout du fil qui tient à la filasse, & bcd est sa partie attachée sur le fuseau. La partie acb passant dessous la partie bcd, il se forme une boucle cbc, qui est serrée sur le fuseau par l’action de la fileuse & par le poids du fuseau.

Le fil ainsi attaché au fuseau, la fileuse prend entre son pouce & le doigt du milieu, le fuseau par son extrémité e, & le fait tourner sur lui-même. A mesure que le fuseau tourne, on tire de la filasse de la quenouille, avec le pouce & l’index de la main droite ; la filasse se tord, & le fil se forme ; & afin que ce tors tienne, la fileuse avoit eu l’attention de mouiller les doigts dont elle tire la filasse de la quenouille, soit avec sa salive, soit à une éponge humectée d’eau, qu’on appelle mouillette, & qu’elle tenoit à sa portée dans un petit vase de fayence ou de fer-blanc.

Quand il y a une aulne ou une aulne & demie de fil fait comme nous venons de le décrire ; du pouce de la main gauche on pousse la boucle c faite sur le bout du fuseau ; on la fait tomber ; l’on transporte le fil d sur le milieu du fuseau g, & on lui fait faire plusieurs tours ; ensuite on l’arrête à l’extrémité du fuseau par une boucle c, qu’on reforme toute semblable à la premiere. A l’aide de cette boucle c, le fil roulé sur le milieu du fuseau ne se devide point, lorsque le fuseau mis en mouvement est abandonné à son poids, & l’ouvrage peut se continuer.

Cela fait, la fileuse avec le pouce & l’index de sa main droite qu’elle a mouillés, tire de la filasse de sa quenouille, & remet son fuseau en mouvement avec l’index & le doigt du milieu de sa main gauche ; le fuseau tourne, la filasse tirée se tord ; le pouce & l’index de la droite, tandis que le fuseau tourne, tirent de nouvelle filasse, fournissent & aident même au fuseau à tordre, & il se forme de nouveau fil, qu’on envide sur le milieu du fuseau en faisant tomber la boucle c, qu’on reforme ensuite pour arrêter le fil & continuer de filer.

La fileuse file de cette maniere jusqu’à ce que son fuseau soit chargé de fil sur toute sa longueur, & que sa quenouille soit épuisée de filasse.

Elle doit observer 1°. de mouiller suffisamment sa filasse tandis qu’elle travaille, sans quoi son fil sera sec & cassant.

2°. De ne tordre ni trop ni trop peu, & de filer égal & rond.

3°. De tirer de la filasse la quantité qui convient à la grosseur du fil, à la qualité de la filasse, & à l’usage qu’on veut faire du fil.

4°. D’en tirer toûjours la même quantité, afin que son fil soit égal.

5°. De faire glisser tout son fil entre ses doigts, à mesure qu’il se forme & avant que de l’envider sur le fuseau, afin de le rendre lisse & uni.

6°. De séparer de sa filasse tout ce qui s’y rencontrera de parties grossieres, mal peignées, de saletés, &c.

7°. De faire le moins de nœuds qu’il sera possible, &c.

Passons maintenant à la maniere de filer au roüet. Le roüet est une machine qui nous paroît simple & qui, exposée par-tout à nos yeux, n’arrête pas un instant notre attention, mais qui n’en est pas moins ingénieuse. Elle est composée d’un chassis, dont la partie inférieure 1, 2, 3, 4, consiste en quatre traverses minces de bois, qui forment par leur assemblage un quarré oblong ; c’est sur ce quarré oblong que sont fixées & entretenues les quatre jambes 5, 6 ; 7, 8 ; 9, 10 ; 11, 12 : ces quatre jambes se rendent à la partie supérieure du chassis, formée aussi de quatre traverses minces de bois, & la soûtiennent en s’assemblant avec elle aux points 6, 8, 10, 12 ; cette partie supérieure du chassis forme aussi un quarré oblong a, b, c, d, parallele à l’inférieur, de même largeur, mais d’une longueur beaucoup plus grande. Sur le milieu de l’intervalle 6, 8, & 10, 12, des traverses supérieures, sont placés & fixés deux especes de petits piliers e, f ; g, h, qu’on appelle les montans. Ils sont de même grosseur, de même hauteur ; l’antérieur e, f, est percé d’un trou ; le postérieur g, h, est fendu d’une ouverture qui traverse son sommet, & qui descend à une profondeur telle, que le bout de l’axe de la roue i étant placé dans le trou du montant e, f, & son autre bout placé dans la fente de l’autre montant g, h, la roue soit bien verticale & se meuve bien perpendiculairement. On a fendu le montant gh à son sommet, afin que la roue puisse s’ôter & se mettre à discrétion entre ces montans. Ces montans ef, gh, sont fixés à écrous sur les traverses. L’extrémité de l’axe de la roue i, qui entre dans la fente du montant gh, est recourbée en manivelle k ; la queue l de cette manivelle passe dans une baguette percée d’un trou ; cette baguette lmn se rend à la planchette o, à l’extrémité de laquelle elle est attachée avec un cordon qui passe dans un trou fait au bout o de la planchette, qu’elle tient élevée au-dessus de la traverse inférieure 3, 4, d’une quantité un peu plus grande que celle à laquelle cette planchette pourroit descendre, lorsque le coude k de la manivelle, au lieu d’être élevé comme on le voit en k, est le plus abaissé qu’il est possible. La planche op qu’on appelle la marche du roüet, est assemblée en p à tourillons avec la traverse 1, 2, & peut se mouvoir sur elle-même.

La piece qr composée d’un tasseau de bois, percé de deux trous quarrés, à l’aide desquels il peut glisser sur la longueur des traverses 9, 10 ; 11, 12 ; de deux montans s, t, & d’une vis en bois xy, qui passe à-travers le montant ut & le tasseau qr qui est taraudé, cette piece, dis-je, s’appelle la coulisse. La vis s’appelle la poignée ; les deux montans s, t, s’appellent les marionnettes.

Les marionnettes dont on voit une séparément fig. s, t, portent à leur partie supérieure un morceau de cuir a, qui est percé d’un trou dans le milieu, & qui tient à la marionnette par deux petits tenons.

Il s’agit maintenant de passer dans les deux trous des deux cuirs des deux marionnettes, l’assemblage de pieces qu’on voit sur le roüet entier, & qu’on a représenté séparément en C, D, E, F, G, H, I, K, L, M, N, O, P, Q, R. C N est une broche de fer ; elle est percée en c d’un trou extérieur qui va jusqu’en E, où il y en a un autre E qui rencontre l’intérieur, ensorte qu’un fil qu’on passeroit en C, sortiroit par E. Sur cette broche de fer est fixée au point F, une piece de bois FGG, figurée comme on la voit, & armée sur ses bords de petits bouts de fils-de-fer recourbés en crochets : on appelle cette piece l’épinglier. H I K est une bobine enfilée sur la broche. Cette bobine a en H une bosse arrondie, & en K une gouttiere. La piece LM qui contient & serre la bobine sur la broche s’appelle la noix ; elle est à gouttiere en L, & en bosse en M. On ne peut enlever de dessus la broche CN l’épinglier FGG, mai, on en peut ôter & la bobine HIK, & la noix LM.

On a pratiqué à la broche CN une petite éminence D, pour contenir tout cet assemblage fixement entre les cuirs des marionnettes, & l’on a fait la partie M en bosse, afin que le frotement contre un des cuirs en fût moindre.

Ainsi on place tout cet assemblage CDEFGIKLM entre les marionnettes, l’extrémité C passée dans un des trous des cuirs, & l’autre extrémité M passée dans le trou de l’autre cuir. On a auparavant fait passer une corde à boyau dans les deux gouttieres K, L, & dans la gouttiere de la grande roue I.

On bande suffisamment cette corde à boyau, par le moyen de la vis ou poignée xy ; on fait approcher à discrétion le tasseau mobile qr de la traverse immobile at ; & avec ce tasseau tout l’assemblage suspendu entre les cuirs des marionnettes st, fixées sur ce tasseau.

Il faut que la corde soit bandée de maniere qu’en faisant tourner la grande roue i, tout l’assemblage CDEFGHIKLMN tourne ensemble.

D’où l’on voit qu’il faut que la bobine HIK & la noix LM, entrent avec un peu d’effort sur la broche, sans quoi ils tourneroient seuls, & ne feroient pas tourner la broche avec eux : or il faut que tout tourne ensemble.

Cette machine entiere qu’on appelle un roüet étant décrite, il s’agit maintenant d’en expliquer l’usage.

On a fixé sur le milieu de la bobine en i, un bout de fil tout filé : on fait passer ce bout de fil sur la premiere dent O de l’épinglier ; on le conduit de-là au trou E de la broche, & on le fait sortir par le trou C, comme on voit en Q. On le conduit de Q à la quenouille, en le tenant entre l’index & le doigt du milieu de la main droite. La fileuse est assise devant son roüet, vis-à-vis la marche po ; elle fait tourner la roue i à la main, jusqu’à ce que la manivelle k soit élevée comme on la voit : alors elle met le pié droit sur la marche po ; elle presse le bout o de la marche avec le bout de ce pié : par cette action, le bâton mn est tiré, il entraîne la manivelle k, la manivelle fait tourner la roue i, la roue fait tourner la broche CN avec tout ce qu’elle porte ; le fil fixé d’un bout sur le milieu de la bobine, engagé sur une des dents de l’épinglier & sortant par le trou C de la broche, tourne aussi sur lui-même. La fileuse entretient toûjours la roue i en mouvement dans le sens de i en 13. Quand ce fil a pris une certaine quantité de tors, la fileuse approche du bas de la filasse de sa quenouille, le fil gripe de cette filasse, cette partie de filasse se tord ; à mesure qu’elle se tord & que le fil se fait, il glisse par le trou C sur l’épingle O, & s’entortille sur la bobine.

La fileuse a devant elle sa mouillette ; elle humecte sa filasse & son fil, quand il en est besoin. Elle fait passer le fil d’une épingle O à la suivante P, & ainsi de suite, afin de répandre également son fil sur toute la cavité de la bobine ; quand elle est parvenue à la derniere a, elle retrograde & revient à la premiere O, en passant successivement par chacune des intermédiaires.

Au demeurant on doit observer pour bien filer au roüet, les mêmes regles que nous avons prescrites pour bien filer au fuseau.

Si on établit entre la vîtesse de la grande roue i, 13, & celle de la bobine FIK, & du fil Q, & la vitesse avec laquelle on tire la filasse & on la fournit au mouvement, le rapport convenable, le fil ne sera ni trop ni pas assez tors.

On va vite quand on file au roüet ; mais on prétend communément que le fil qu’on fait n’est jamais ni aussi parfait, ni aussi bon que celui qu’on file au fuseau. Si vous desirez sur l’usage du roüet quelque chose de plus, voyez l’article Coton.

Lorsqu’on a une assez grande quantité de fil, on le met en écheveau par le moyen d’un devidoir. Le devidoir est une roue à plusieurs aîles, soûtenu sur un axe entre deux piliers, & armé d’une manivelle, à l’aide de laquelle on la fait tourner. A mesure qu’elle tourne, elle tire le fil de dessus le fuseau, & s’en charge.

On envoye les écheveaux à la lessive ; d’où ils passent entre les mains du tisserand, quand on veut mettre le fil en toile, voyez l’article Toile ; ou au moulin à retordre, quand on le destine à la couture & à d’autres ouvrages. L’art de retordre le fil a fait de grands progrès. Nous allons suivre ces progrès, & donner l’explication des machines dont on s’est servi successivement.

Le premier fil qu’on ait retordu, l’a été au fuseau ou à la quenouille. Retordre le fil, est en faire une espece de petite corde de plusieurs brins : pour cet effet on le met en autant de pelotes qu’on veut qu’il y ait de brins au fil retors. On attache une clé à l’extrémité de la quenouille ; on fait passer les brins par l’anneau de la clé qui déborde le bout de la quenouille ; on les conduit tous ensemble sur l’extrémité du fuseau ; on les y fixe par le moyen d’une boucle, comme s’il étoit question de filer ; on prend ensuite le bout du fuseau entre les deux paumes de la main, & on le fait tourner sur lui-même de gauche à droite, c’est-à-dire dans un sens contraire à celui dont le fil a été tors, quand on l’a filé : or il est évident qu’il a été tors alors de droite à gauche.

Pour faire sentir la raison de cette manœuvre, il faut considérer, 1°. qu’en quelque sens qu’on tourne le fuseau, les brins se plieront les uns sur les autres, feront des spires, & formeront une petite corde.

2°. Qu’en faisant tourner le fuseau en sens contraire de celui où il tournoit quand on a mis la filasse en fil, tous ces brins de fil faisant effort pour reprendre leur premier tors, auquel ce second mouvement est contraire, chercheront à tourner sur eux-mêmes, se serreront fortement les uns contre les autres, & donneront un tissu d’autant plus ferme à la petite corde qu’ils composeront.

3°. Que ce serrement n’auroit point eu lieu, si on eût fait tourner le fuseau & les brins dans le sens dont ils avoient été filés, & que la petite corde eût été lâche, sans consistence, & ses brins toûjours prêts à se séparer. En effet, dans ce cas les brins portés au-delà de leur premier tors par un retors fait dans le même sens, auroient cherché à revenir à ce premier tors, & par conséquent à tourner sur eux-mêmes dans le sens contraire à ce retors, à se séparer & à ouvrir la corde.

J’ai vû beaucoup de personnes qui ne pouvoient se faire des idées nettes de la raison de cette manœuvre, & qui s’opiniâtroient à prétendre qu’il falloit retordre les brins dans le sens où le fil avoit été tordu.

Quand on retord les brins en sens contraire à celui selon lequel ils ont été filés, l’effort qu’ils font pour se restituer à leur premier tors, pour tourner sur eux-mêmes, & pour serrer la petite corde, est si considérable, que le fil retors se tortilleroit, & formeroit des boucles & des nœuds, si le fuseau n’étoit chargé à son extrémité d’un anneau de plomb, & si la fileuse ne le tenoit tendu à chaque fois qu’elle veut envider sur son fuseau la portion de fil qu’elle a retorse.

Mais on ne tarda pas à s’appercevoir que cette maniere de retordre étoit trop longue, & l’on imagina la machine dont nous allons parler.

Les différentes figures qui sont contenues dans cette Planche, ne sont que des détails de cette machine vûe par parties & sous différens points de vûe : on a donné à leur ensemble le nom de roüet. Ce roüet qui est très-simple en comparaison de ceux qui servent à filer l’or & l’argent, a été le premier instrument dont on s’est servi pour retordre les laines & fils servant à coudre, à faire la dentelle, & à faire des toiles brochées de laine ou soie, telles qu’on les fabrique depuis quelques années à Roüen, & depuis une année à Pont-de-Vele en Bresse ; il est indiqué par la figure 1. de la vignette. La figure 2. de la vignette représente une fille qui fait une bobine composée de deux fils qu’elle joint ensemble ; ces deux fils sont tirés de deux échevaux séparés, & posés sur deux tournettes ou guindres indiqués par les lettres b, b. Ce sont ces mêmes bobines qui chargées de ce fil double, sont posées comme il est démontré dans la fig. 5. Elles sont traversées d’un petit arbre ou d’une branche de fer très-polie qui les soûtient ; & au moyen d’une poulie qui adhere à chaque bobine ou fusée, & sur laquelle passe une corde qui le fait tourner très-vîte, les deux brins de fil se tordent par le mouvement que reçoit la bobine, n’en composent plus qu’un, & forment un parfait fil retors, soit fil, soit laine ou soie.

Il est d’une conséquence infinie de faire attention de quelle façon le fil doit être retordu, parce que si on vouloit retordre à droite un fil qui auroit été filé de même, il ne seroit pas possible d’en faire usage, attendu que ce second tors forçant le premier, sans néanmoins qu’il fût bien tordu, le fil s’ouvriroit de façon qu’il seroit impossible de l’employer, attendu qu’il ne pourroit absolument se tenir retordu. Il faut donc avoir la précaution d’observer que lorsqu’un brin de fil ou laine est filé ou tordu à droite, il doit être retordu à gauche : il en est de même pour la soie.

Le fil préparé de cette façon recevant plus de tors, ne s’ouvre point pour cela, & ne se raccourcit pas ; au contraire il acquiert plus de consistance par cette seconde opération, qui le met en état d’être employé à tous les usages, tels que la couture, fabrique, &c.

La figure 3. n’est qu’une représentation en grand de la figure 1. de la vignette, où l’on peut distinguer toutes les parties du roüet avec plus de facilité.

A, figure 3. est la manette ou manivelle ajustée à l’arbre de fer B qui traverse la grande roue C qui donne le mouvement à toute la machine. Cette grande roue est cavée sur sa circonférence, & dans sa cavité il entre une corde un peu grosse, laquelle enveloppant la petite roue D placée sur l’arbre qui supporte la roue de piece E, cavée aussi très-legerement, & recevant la corde fine F qui passe sur les poulies G & N adhérantes aux bobines ou fusées, elle leur donne le mouvement pour retordre le fil double qu’elles soûtiennent.

H, même figure, est une entaille faite dans une piece de bois KL, nommée le sommier. Dans cette entaille entre une piece mobile de bois ou de fer M, à laquelle est attachée une petite poulie I sous laquelle passe la corde fine F qui donne le mouvement aux bobines. Cette piece M, & les deux autres qui ne sont pas marquées, s’élevent & se baissent selon le besoin, & servent à donner l’extension ou le relâchement nécessaire à la corde passée sous la poulie I, & conduisent cette corde comme on la voit ; c’est-à-dire des deux premieres bobines en-dessus, sous la premiere poulie ; de la premiere poulie en-dessous, dessus les deux secondes bobines ; des deux secondes bobines en-dessus, sous la seconde poulie ; de la seconde poulie en-dessous, dessus les deux troisiemes bobines, & ainsi de suite : d’où il arrive que toutes les bobines tournent dans le même sens.

O, même figure, est une fusée cavée, adhérante à la grande roue C, à laquelle elle est attachée ; elle sert à placer dans ses cavités la corde nommée d’attirage, qui passée en recoude sur deux poulies longues P & Q, & croisée à une poulie semblable R, fig. 4. enveloppe la roue marquée S, qui fait partie de l’aspe X, dont l’arbre passé dans les deux piliers T qui le soûtiennent, & lui donnent la liberté de tourner & recevoir la soie des huit bobines qui composent huit écheveaux. On a pratiqué au montant où sont attachées les poulies PR, des trous, afin de déplacer à discrétion les poulies, & rendre la corde qui passe sur elles plus ou moins tendue. Cette fusée composée de huit cavités dont les diametres sont différens, sert encore à donner à l’aspe un mouvement plus lent ou plus prompt, selon qu’on veut un tors plus ou moins grand au fil travaillé ; ce qui est opéré en plaçant la corde d’attirage dans les cavités plus ou moins grandes, & selon que le besoin l’exige. Y est une des grosses pieces du bâtiment du roüet.

Z, même figure, est une verge de bois bien polie, sous laquelle passent les huit fils tordus, & qui se tordent encore jusqu’à ce qu’ils soient sur l’aspe ou dévidoir.

La fig. 4. montre une partie du roüet vûe de côté, la fusée O, la roue de piece E, & la petite roue D, sur laquelle est passée la corde de la grande roue qui donne le mouvement aux huit bobines ou fusées : elle indique encore de quelle façon est passée la corde qui donne le mouvement à l’aspe ou devidoir X.

La figure 5. représente le sommier marqué K & L, & la figure 6. la forme de l’aspe ou devidoir.

Les autres figures sont des détails qu’il est facile de comprendre ; ainsi on voit au-dessus de la figure 5. une poulie séparée avec son soûtien ; & dans la fig. 5. l’entaille qui la reçoit.

A côté de cette figure 5. on voit les parties d’assemblage de la verge de bois ; au-dessous de la figure 6. le canon bc de la bobine e ; & en d, une des poulies vuides qui servent à conduire la corde de bobines en bobines. Voici donc le mouvement de cette machine. La manivelle A fait tourner la grande roue CC, les roues D & E, & la fusée O ; la fusée O, les poulies PQ ; les poulies PQ, la poulie R ; la poulie R, l’aspe ST, qui tire les fils de dessus les bobines. Quant à la roue E, elle fait mouvoir toutes les bobines. Quant aux directions de ces mouvemens, elles sont données par les cordes ouvertes ou croisées. Quand les cordes sont ouvertes, les mouvemens sont dans le même sens ; & en sens contraire, quand les cordes sont croisées.

Après l’invention du roüet représenté dans la Planche précédente, succéda celle des moulins, qu’on voit dans celle ci. Ce n’est pas que les roüets ne perfectionnassent les matieres qui étoient préparées par leur secours, mais ils n’en fournissoient pas encore assez : il fallut donc trouver le moyen de faire plus d’ouvrage. Pour y parvenir on employa la seconde machine sous le nom de moulin ; & au lieu de huit bobines ou fusées que le roüet faisoit tourner, le nouveau moulin en fit mouvoir 48, ce qui expédioit d’ouvrage plus que le roüet. Cette machine est plus simple que le roüet. Nous allons donner la description de toutes les parties qui la composent, en observant néanmoins qu’il arrive très-souvent que le fil n’étant pas aussi tordu qu’il devroit l’être dans son premier filage, ou suivant l’ouvrage dans lequel il doit entrer, on le remet sans le doubler sur les moulins à retordre, afin de lui donner la préparation qui lui est nécessaire, observant toûjours de le faire tourner dans la seconde préparation & quand il est doublé, d’une façon différente de la premiere.

La figure 1. de la vignette est composée d’une grande roue A, garnie en-dedans d’une croisée B, B, C, C, au-travers de laquelle passe un arbre D. Cette croisée est soûtenue par quatre pieces E. Dans le bas de l’arbre est un tourillon F, qui entre dans une grenouille G. Le haut de l’arbre H entre dans un trou rond I, pour qu’il soit arrêté droit.

La grande roue A engrene dans une lanterne K, appuyée par son arbre sur une piece de bois L, & passée dans une piece de bois M, au-dessus de laquelle, & au même arbre, est une seconde lanterne N qui engrene avec une roue O faite comme une roue de champ, laquelle a son arbre. De l’autre côté du pilier 15, qui en est traversé est un pignon S qui donne le mouvement à la roue Y, attachée à l’aspe ou devidoir V, qui devide & ramasse le fil à mesure qu’il se tord.

Au pignon S est attachée une piece de bois P appuyée sur la partie Q, au bout de laquelle est un second pignon T, soûtenu par une seconde piece de bois R, appuyé sur une piece de bois 15. Ce second pignon donne le mouvement à une seconde roue Y, attachée à un second aspe ou devidoir X, qui devide & ramasse le fil dont les écheveaux sont composés.

Les lettres aa, figure 2. sont des fuseaux de fer qui entrent quarrément dans les bobines sur lesquelles le fil est devidé ; & ce fil passe par des trous très-polis marqués d & e, afin de se trouver juste & en droite ligne sur l’aspe ou devidoir. Tous les fuseaux sont pointus, & entrent dans des especes de grenouilles de verre enchâssées dans les pieces marquées i, fig. 4. qui sont entaillées dans la piece longue marquée f, figure 3. Chaque fuseau est garni d’une plaque de plomb qui est placée au-dessous de la bobine dans la partie quarrée de ce même fuseau, pour lui donner plus de poids & de facilité à tourner sur lui-même.

Le haut de chaque fuseau est rond & poli ; il est garni d’une petite piece de bois mobile appellée couronne, marquée u, fig. 4. autour de laquelle est un fil-de-fer, dont une extrémité qui est relevée étant courbée, forme une petite boucle marquée y, dans laquelle est passé le fil qui a déjà passé dans une autre boucle marquée x, qui se trouve à l’autre extrémité du fil-de-fer qui vient répondre au milieu de la bobine, comme il est représenté dans la figure 4.

La lisiere 2, 2, même figure, est une courroie sans fin, laquelle passant d’un côté sur le tambour 3, figure 2. & venant sur un autre tambour tournant 4, même figure, attaché à une piece 8 & 9, au moyen d’un pilier solide 10, au haut duquel est un trou où passe une vis avec son écrou 11 : en tournant la piece écroüée, on fait lâcher ou tirer la courroie 2 autant que le besoin l’exige ; & au moyen du mouvement que la grande roue A donne à la lanterne K, le tambour qui lui est adhérant tournant de même, le mouvement qu’il donne à la courroie qui frote sur chaque fuseau, & qui fait le tour du moulin, fait qu’ils tournent tous ensemble avec une si grande célérité, que le fil se trouve retordu lorsqu’il arrive sur l’aspe ou devidoir, quoiqu’il ne tourne pas doucement.

La courroie est soûtenue par des bobines tournantes 5, 5, fig. 4. Les bobines sont placées entre les fuseaux de deux en deux, & servent à deux fins : la premiere est que les bobines étant cavées quarrément, & placées de façon qu’elles pressent la courroie, leur cavité soûtient cette même courroie, laquelle, sans cette précaution, tomberoit insensiblement au bas des fuseaux. La seconde est que les bobines placées avec une justesse convenable, tiennent la courroie appuyée legerement contre le bas des fuseaux, sans quoi elle ne pourroit pas les faire tourner avec cette régularité qu’exige la préparation de cette matiere.

La figure 3. est le moulin vû de face, le bâtiment du moulin qui est un quarré long de 16 piés sur 4 de large, ajusté & mortoisé comme la figure le démontre ; arrêté par le haut avec deux pieces cintrées, 16. Les moulins de cette espece n’ont pas eu autant de succès qu’on s’en promettoit, parce que la courroie qui donne le mouvement aux fuseaux qui portent les bobines remplies de fil, tirant sur une même ligne, il falloit une extrème justesse pour qu’elle appuyât également sur chacun de ces mêmes fuseaux, auxquels elle ne donne le mouvement que par le frotement qu’elle fait sur la partie élevée qui se trouve dans le bas de ces pieces, qui toutes doivent être passées au tour, pour être de la justesse requise.

La figure 2. est le moulin vû de côté. La fig. 3. est celle du mouvement, composé des roüages dont il a été fait mention dans la figure 1. La figure 4. indique la façon dont les fuseaux sont placés : les autres pieces séparées démontrent la façon dont elles doivent être composées en grand.

Les moulins quarrés n’ayant pas paru propres à donner toute la perfection dont les fils & les laines étoient susceptibles, attendu l’irrégularité qui se trouvoit dans la courroie, qui, comme on l’a démontré, tournant sur une ligne droite, causoit des mouvemens irréguliers & indispensables dans quelques fuseaux, il fut question de remédier à ce défaut ; & pour y parvenir on inventa des moulins ronds, tels qu’ils sont représentés Planche III. Ce moulin, dont le mouvement est à-peu-près égal à celui de ceux qui sont quarrés, a cette propriété différente de ces derniers, que la courroie suivant les fuseaux sur la circonférence d’un cercle, & se resserrant sur le tambour, il n’est pas possible qu’elle ne porte juste par-tout ; & au moyen de cette justesse, les fuseaux tournant avec une parfaite égalité, la matiere se trouvoit mieux préparée : le mouvement étant d’ailleurs plus simple, il falloit moins de peine ou de force pour le faire agir. Voyons la description.

Dans la figure 1. de la vignette, les pieces A sont quatre piliers qui soûtiennent toute la machine ; la manivelle attachée à un arbre qui soûtient la roue à cheville marquée a, figures 3. & 4. & la roue à lanterne b donnent le mouvement à toute la piece. La roue à lanterne b donne le mouvement à la grande roue c adhérante, & garnie de l’aspe ou du devidoir d, pour recevoir le fil retordu qui est sur les fusées G, fig. 6. La roue à chevilles donne le mouvement au tambour S, sur lequel la courroie sans fin M faisant un tour & enveloppant les fuseaux, elle produit le retors par le mouvement qu’elle leur donne. Il est nécessaire que la courroie fasse un tour sur le tambour, afin qu’elle ne glisse pas dessus.

Vis-à-vis le tambour est une espece de bobine tournante marquée V, dont l’objet est d’avancer ou de reculer, au moyen d’une vis qui donne l’extension nécessaire à la courroie, autant que le besoin du moulin l’exige.

Les bobines cavées marquées N, qui soûtiennent la courroie, tournent sur le pivot qui les soûtient, & sont placées en distance de trois fuseaux, au lieu que dans le moulin quarré la distance n’est que de deux, attendu la ligne droite que décrit la courroie, qui a besoin d’être plus serrée. Les fuseaux sont semblables à ceux du moulin quarré ; mais les bobines qui en sont supportées, sont différentes & plus simples : elles sont représentées par les figures séparées D, E, F. Celles-ci n’ont ni couronnes ni fil-de-fer pour recevoir le brin de fil ou de laine qui doit être retordu ; un simple trou à l’extrémité de la bobine sur laquelle le fil est devidé en pyramide, suffit pour préparer la matiere, dont la consistance n’exige ni couronne ni fil-de-fer, ces dernieres pieces n’étant en usage aujourd’hui que pour le moulinage des soies, dont la délicatesse exige plus de précaution qu’une matiere plus ferme, excepté néanmoins les fils destinés pour les dentelles de haut prix, dont la délicatesse ne differe pas de celle des plus belles soies. Ces fils, avant que d’arriver sur l’aspe, passent aussi à-travers des trous qui les y dirigent.

La figure 2. de la vignette est une repétition de la premiere, tournée différemment. La fig. 3. montre la forme du moulin représentée dans toute sa circonférence ; elle est ouverte d’un côté, pour y placer le roüage représenté dans la figure 4. La figure 5. est le côté opposé de la 4e ; la figure 6. la forme des deux parties qui forment la circonférence du moulin. On ne pense pas devoir donner une description de toutes ces parties, qui sont suffisamment représentées dans celle de la figure 1.

Quoique le nombre des moulins ronds soit considérable, les artistes qui se piquent de délicatesse dans leurs opérations, y ont trouvé des défauts, en ce que l’aspe ou devidoir qui ramasse le fil préparé pour en former des écheveaux, est trop éloigné des fuseaux qui se trouvent dans le milieu de la circonférence de ces mêmes moulins, qui lui sont diamétralement opposés, & trop près de ceux qui le joignent. Ils ont donc imaginé un moyen de les rapprocher tous de même, sans tomber dans les défauts, soit du moulin quarré, soit du moulin rond ; l’un péchant par la difficulté d’entretenir le mouvement juste, au moyen de la courroie ; & l’autre par l’éloignement d’une partie des fils, dont la trop grande distance de l’aspe à la fusée causoit un ébranlement dans le fil, qui l’empêchoit d’être aussi parfait que celui qui étoit plus près.

Or, comme il étoit nécessaire que cette nouvelle machine ne fût ni quarrée ni ronde, on se proposa de la faire ovale, nom qui est demeuré à tous les moulins qui se font aujourd’hui dans ce genre ; il y a des ovales simples & des ovales doubles, les ovales simples sont faites uniquement pour préparer la soie employée aux ouvrages de bonneterie : on va expliquer les mouvemens d’une ovale double.

Le mouvement de cette ovale qui est double, ne differe en aucune façon de celui du moulin rond ; la différence qui s’y trouve, est qu’au lieu d’une rangée de bobines il y en a deux, conséquemment au lieu d’une courroie, deux, & au lieu d’un aspe ou devidoir, deux ; il faut en expliquer les parties.

On voit figure 2. toute la méchanique & le roüage du moulin, qui ne peut pas être vû dans la figure 1. B & D est le bas de l’ovale qui porte toute la machine ; on l’appelle communément la table. C est le pilier du milieu opposé à l’ouvrier qui tourne la machine.

E, figure 1. est la table ou soufflet qui porte le premier rang des bobines & fuseaux ; F est celle qui porte le second rang. G représente la premiere courroie, H la seconde courroie ; I une poulie longue qui resserre la premiere courroie. K, une poulie semblable, qui resserre la seconde courroie. M, un des montans ou piliers de l’ovale. N le tambour sur lequel sont passées les deux courroies. O la roue à cheville traversée par la manivelle, qui donne le mouvement au tambour. P, l’arbre du tambour, au bout duquel est la lanterne Q qui donne le mouvement à la roue R, figure 2. traversée par un arbre, aux extrémités duquel sont deux lanternes S qui donnent le mouvement aux deux roues T adhérantes & attachées aux deux aspes ou devidoirs, qui ramassent le fil préparé, & sur lesquels il se forme en écheveaux. V, figure 1. la partie de l’aspe opposée à celle de la roue. X, une figure ovale & fixe, percée en autant de parties qu’il y a de fuseaux, dans les trous de laquelle passent tous les fils qui vont sur le devidoir. C’est au moyen de ces trous, dont l’arrangement est juste, que les écheveaux se forment, parfaitement séparés. Y, figure 2. où les dents de la figure Z indiquent le passage du fil des deux rangées de bobines.

Les figures 2. 3. 4. & 5. sont différentes de la fig. 1. vûe, soit de profil, de face, ou du plan ; l’explication qui vient d’être faite de la figure 1. est plus que suffisante pour donner à connoître quelle est la construction de cette machine.

Voilà où l’on en étoit lorsque M. de Vaucanson, en examinant ce méchanisme avec les yeux d’un méchanicien délicat, vit que le retors ne pouvoit jamais être égal, tant qu’il dépendroit du frotement d’une courroie ; il perfectionna donc encore le moulin : nous parlerons de cette découverte à l’occasion du moulin à soie, à l’article Soie ; voyez cet article.

L’usage de ces moulins ovales ayant été destiné pour retordre les fils, les laines & les soies, on observera que la quantité de fils qu’on est obligé de retordre est considérable, si on fait attention que celui dont on se sert pour faire la dentelle doit être retors, sans quoi elle seroit de peu de durée, & ne supporteroit pas trois ou quatre blanchissages ; tous les fils à coudre, cordonnets de poil de chevre, doivent aussi être retordus ; on ne se sert pas d’autres machines pour leur donner cette préparation ; tous les fils qui servent à faire des lisses, soit à deux bouts, soit à trois, doivent être préparés sur ces moulins, en observant néanmoins, que pour retordre un fil ou le monter à trois bouts, il faut joindre trois bouts ensemble.

La quantité de fils à trois bouts que les manufactures d’étoffes d’or, d’argent & soie du royaume employent pour faire leurs lisses, ne laisse aucun doute sur la quantité de moulins de cette espece qui doivent se trouver dans le royaume, sur-tout en Flandre, d’où est tirée la principale partie de cette marchandise.

Si la quantité de fils préparés de cette façon, exige qu’il y ait un grand nombre de moulins de cette espece dans le royaume, celle de la laine pure, celle de la soie mêlée avec de la laine, celle du poil de chevre, & celle de la soie, en doivent augmenter considérablement le nombre.

La longueur du fil & son poids étant donnés, il est clair que sa finesse est d’autant plus grande qu’il y a plus de longueur & moins de poids, ou que sa finesse est, comme disent les Géometres, en raison composée de la directe de sa longueur & de l’inverse de son poids. On exprime ce rapport par des numero qui vont depuis 3 jusqu’à 400.

Les fils les plus connus sont ceux d’Epinay en Flandres, de Flandres ; le fil à gant ; le fil à marquer ; les fils de Malines, d’Anvers & de Hollande ; celui de Malines est si fin qu’on l’apperçoit à peine, & qu’il faut le garantir de l’impression de l’air ; il s’employe sur-tout en dentelles ; on parle encore du fil de Rennes, de celui de Cologne, qui se file à Morlaix, & des fils de Normandie.

Fil de la Vierge, (Phys.) Le peuple appelle ainsi certains filamens blancs, & quelquefois assez épais, qu’on voit voltiger en l’air dans les jours d’été pendant les grandes chaleurs. On a crû autrefois que c’étoit une espece de rosée d’une nature terrestre & visqueuse, que la chaleur du soleil condensoit pendant le jour. On croit aujourd’hui assez communément que ce sont des toiles d’araignées, emportées & dispersées par le vent : nous ne sommes ici qu’historiens, & nous ne prétendons garantir ni l’une ni l’autre de ces explications. Je croirois volontiers que les petits filamens très-fins, dont on voit les plantes couvertes en certains jours d’été, peuvent être en partie produits par les araignées des champs, appellées faucheux ; mais je ne voudrois pas assûrer que tous ces filamens, dont le nombre est si considérable, fussent leur ouvrage ; encore moins, que tous les filamens épais que l’on voit voltiger dans l’air un beau jour d’été, ne soient produits que par ces insectes : quelle en est donc la cause ? je crois qu’on l’ignore, ou du moins qu’on n’en est pas bien assûré. (O)

Fil de pieux (Hydr.) C’est un rang de pieux équarris & couronnés d’un chapeau arrêté à tenons & mortoises, ou attaché avec des chevilles de fer, pour retenir les berges d’une riviere, d’un étang, ou pour conserver les turetes & chaussées des grands chemins. (K)

Fil-de-fer (Chimie métallurg.) instrument, au moyen duquel on résume les matieres contenues dans les tarts, coupelles, creusets : on en a de différentes grosseurs ; celui, par exemple, qui sert à faire descendre les charbons par l’œil du fourneau d’essai, peut avoir trois ou quatre lignes de diametre, & est garni d’un manche : la longueur & l’usage des autres détermine leur grosseur : il est cependant bon d’observer qu’il vaut mieux les prendre trop gros que trop petits ; parce que pour lors ils font ressort & font sauter les matieres des essais, qui deviennent faux par-là. Il y en a de droits, de courbés, & de crochus.

Quand il s’agit d’une grande exactitude ou d’une grande propreté dans les opérations, on a autant de fil-de-fer que de vaisseaux exposés au feu. On leur donne ce même ordre, & l’on évite par cette précaution de rendre un essai faux ou de changer la couleur d’une vitrification, en transportant & mêlant les matieres d’un vaisseau avec celles d’un autre. Voyez Crochet-de-fer, Essai, & nos Planches de Chimie. Article de M. de Villiers.

Fil, terme de bâtiment ; c’est dans la pierre & le marbre une veine qui les coupe, voyez l’article Pierre. (P)

Fil, terme de Cordier, est l’assemblage d’un grand nombre de filamens de chanvre tortillés ensemble par l’action de la roue.

Pour que le fil soit bien conditionné, il faut 1°. qu’il soit uni, bien serré & bien égal : 2°. qu’il n’ait point de meche, & que le chanvre soit roulé en ligne spirale.

A l’égard de la grosseur du fil, elle dépend de la qualité du chanvre : le chanvre bien affiné doit être filé plus fin que celui qui l’est moins : en général le fil le plus fin porte trois lignes & demie de tour, & le plus gros ne doit pas passer six lignes.

Pour ce qui regarde la maniere de fabriquer le fil, voyez l’article Corderie.

Fil : ce mot dans la Marine est appliqué à différens usages ; par exemple,

Fil à gargousses, c’est du fil de chanvre à l’ordinaire, avec lequel on coud les gargousses.

Fil de voile, de frée, du treusier ; on lui donne ce nom, parce qu’il sert à coudre les voiles ; c’est un fil gros comme le ligneul des Cordonniers.

Fil blanc ; c’est celui qui n’est pas passé dans le gaudron.

Fil gaudronné ; c’est celui qui a passé dans le gaudron chaud.

Fil de caret ; on donne ce nom à de gros fil qui sert à faire les cordages. Dans les corderies du roi on n’est pas encore bien d’accord sur la grosseur que les fileurs doivent donner à ce fil, pour le rendre meilleur & plus propre à faire de bons cordages : il en est de même du degré de tortillement ; mais en général on prétend que lorsqu’il est filé fin & moins tors, les cordages en ont plus de force & sont meilleurs : mais communément les fileurs donnent au fil les uns trois lignes ou trois lignes & demie de circonférence ; d’autres 4 à 5 lignes, & quelques-unes même vont jusqu’à six & sept lignes, & chacun prétend avoir attrapé le point de perfection. Mais si l’on veut approfondir cette partie, il faut voir ce qu’en a écrit M. Duhamel dans son excellent Traité de la fabrique des manœuvres pour les vaisseaux, &c. à Paris de l’Imprimerie royale, 1747.

Le fil de caret est aussi le fil qu’on tire d’un des cordons de quelque vieux cable coupé par piece ; ce fil est d’un grand usage sur la mer pour raccommoder des manœuvres rompues : dans un vaisseau de guerre il faut avoir au moins 300 livres de ce fil. (Z)

Fil ciré, chez les Bourreliers, est du fil de Cologne plié en plusieurs doubles retordus à la main, & frotés de cire blanche : ces artisans s’en servent principalement pour exécuter sur différentes pieces d’harnois des compartimens, des desseins ou broderies, qu’on y pratique par maniere d’ornemens ; on se sert aussi de ce fil pour oüaler, & même pour coudre les ouvrages les moins grossiers de la profession.

Fil de Cologne, est un fil blanc qui sert aux Cordonniers, pour coudre aussi les souliers, lorsque l’on veut que les points paroissent blancs.

Fil gros, est du fil de chanvre que les Cordonniers mettent en plusieurs brins qu’ils frotent avec de la poix, & leur sert à coudre les souliers : chaque extrémité du fil est armée d’une soie de sanglier qui lui sert d’aiguille, pour le pouvoir passer dans les trous que l’alêne a faits.

Fil de pignon, nom que les Horlogers donnent à du fil d’acier, cannelé en forme de pignon. Voyez dans les Planches de l’Horlogerie ; on y a représenté un bout de fil de pignon de sept. Avant que l’on eût trouvé le moyen de faire de ce fil, ils étoient obligés de fendre eux-mêmes leurs pignons. Cette opération, quoique simple en elle-même, est fort difficile par la précision que l’on doit apporter à rendre toutes les ailes parfaitement égales, de même que les fentes qui les séparent. Aussi leur prenoit-elle beaucoup de tems, & souvent même n’y réussissoient-ils pas avec toute l’exactitude requise. Au moyen de ce fil, lorsqu’il est bien fait, ils sont délivrés de tout cet embarras ; & pour faire un pignon, l’ouvrage se réduit à passer une lime entre ses aîles, pour leur donner une figure & une épaisseur convenable.

L’invention du fil de pignon & celle de la machine à fendre, ont rendu deux grands services à l’Horlogerie pratique, en abregeant & perfectionnant beaucoup l’exécution des deux parties essentielles d’une montre, les roues & les pignons.

Les Anglois sont les premiers qui ont fait de ce fil ; les Génevois ont tenté de les imiter, mais avec peu de succès, leur fil étant encore fort imparfait : aussi les Horlogers le tirent-ils presque tout d’Angleterre. Plusieurs personnes avoient tenté à diverses reprises d’en faire dans ce pays-ci, mais infructueusement. M. Fournier, faiseur de ressorts, l’entreprit aussi, & n’y réussit pas mieux. Enfin M. Blackey, habile faiseur de ressorts, a réussi à en faire d’aussi parfaits que les Anglois ; on peut dire même qu’ils les a surpassés, en ce qu’il en fait de très-gros pour les pignons des pendules, ce qu’ils ne font pas. L’Académie royale des Sciences ayant donné en 1744 un certificat fort avantageux de sa machine, il a obtenu en conséquence un privilége exclusif de 15 ans, pour faire de ce fil. (T)

* Fil à lisse, (Manuf. en soie.) les lisses sont fort sujettes à se casser : le fil dont elles sont faites se coupe à l’endroit de la jonction des deux parties qui les composent, par le passage continuel des soies de chaîne, voy. Lisses ; lorsqu’on s’apperçoit de cet accident, il faut y remedier ; on prend les deux bouts de la partie cassée, que l’on noue ensemble près du lisseron, le superflu est coupé près de ce nœud, puis on passe un brin de fil dans la partie restée entiere pour former la bouclette détruite ; les bouts de ce brin vont s’attacher au nœud fait auprès du lisseron, & le mal est réparé : l’ouvrier a toûjours à son métier une lisse de ces brins de fil coupés de longueur convenable, pour subvenir au besoin.

Fil de metal, (Tireur d’or.) est un morceau de metal qu’on a réduit à un très-petit diametre, en le faisant passer par un petit trou rond fait dans de l’acier.

Les fils de metal sont communément si fins, qu’on peut les travailler avec des fils de soie, de laine & de chanvre. Ils font un article considérable des manufactures.

Les metaux qu’on tire le plus communément, sont l’or, l’argent, le cuivre, le fer.

Fil d’or : ce qu’on appelle fil d’or est un lingot cylindrique d’argent recouvert d’or, lequel on a fait passer successivement par un grand nombre de trous de plus petits en plus petits, jusqu’à ce qu’il soit arrivé à être plus fin que les cheveux. Cette prodigieuse ductilité est un des caracteres distinctifs de l’or ; elle est portée à un point qu’on auroit de la peine à imaginer. M. Halley a fait voir qu’un cylindre d’argent du poids de 48 onces, & recouvert d’une once d’or, donnoit un fil dont deux aulnes ne pesoient qu’un grain, ensorte que 98 aulnes de ce fil ne pesoient que 49 grains, c’est-à-dire qu’un seul grain d’or couvroit 98 aulnes. Par ce moyen la dix-millieme partie d’un grain couvre plus d’un demi-pouce.

Le même auteur en calculant l’épaisseur que doit avoir l’or qui entoure ce fil, trouve qu’elle ne peut être que la partie d’un pouce. Cependant elle couvre si parfaitement l’argent, qu’on ne voit point même avec le microscope aucun endroit où l’argent paroisse.

M. Rohaut a remarqué qu’un semblable cylindre d’argent couvert d’or, de deux piés 8 pouces de long & de 2 pouces 9 lignes de tour, donnoit après avoir été tiré, un fil de 307200 piés de long, c’est-à-dire qu’il parvenoit à avoir 115200 fois sa premiere longueur.

M. Boyle rapporte que 8 grains d’or employés à couvrir un lingot d’argent, fournissent communément jusqu’à la longueur de treize mille piés. Voyez Or, & la méthode de le tirer, & l’article Ductilité. Chambers.

Fil d’argent : ce fil se fait de la même maniere que le fil d’or ; on prend simplement un lingot d’argent qui ne soit point doré. Voyez Or.

Il y a aussi des fils qui imitent l’or & l’argent : le premier est fait d’un cylindre de cuivre argenté d’abord, & ensuite doré ; le second est simplement fait de cuivre argenté. On les tire de la même maniere que les fils d’or & d’argent.

Le fil de cuivre se tire encore de la même maniere que les précédens ; on en a de toutes les grosseurs, suivant les différens emplois qu’on en veut faire. Le plus fin est employé pour les instrumens de musique, comme clavecins, harpe, psalterion, &c. Voyez Corde. Les Epingliers font aussi une grande consommation de fil de cuivre de différentes grosseurs. Voyez Epingle.

Le fil de fer est nommé communément fil d’archal : la raison de cette dénomination est peu connue. M. Menage, célebre étymologiste, tire ce nom de filum & aurichalcum ; mais d’autres plus versés dans les matieres de commerce, prétendent que Richard Archal fut le premier inventeur de la maniere de tirer le fil de fer, & qu’il lui donna son nom.

Il y a aussi du fil d’archal depuis pouce jusqu’à de pouce de diametre. Les plus petits sont employés dans les instrumens de Musique, principalement pour les clavecins.

La Suede fournit beaucoup de fil d’archal aux autres nations.

Le premier fer qui coule de la mine lorsqu’on la fond, étant le plus doux & le plus fort, est conservé pour en faire du fil d’archal. Chambers.

* Fil de lacs, (Manuf. en soie.) fil à trois bouts & fort, servant à arrêter par un entrelacement successif & déterminé, toutes les cordes que la liseuse a retenues avec l’embarbe, en lisant ou projettant le dessein sur le semple. Je dis en projettant ; car tout l’art des étoffes figurées n’est qu’une projection de dessus le papier reglé, où le dessein a été tracé sur le semple, & de dessus le semple sur la chaîne dont la trame ou l’ourdissage arrête différens points diversement colorés & diversement distribués, qui exécutent le dessein ; artifice qui, s’il avoit été imaginé par un seul homme, montreroit autant de sagacité & d’étendue qu’il étoit possible d’en avoir ; mais c’est l’invention de plusieurs hommes qui l’ont perfectionné successivement.

Fil de remisse, (Manuf. en soie.) fil très-fin à trois bouts, qui sert à faire les mailles des lisses dans lesquelles sont passés les fils de la chaîne.

Fil de chaînette, terme de Tissérand. C’est du gros fil ou de la petite ficelle dont les Tisserands forment la partie de leur métier, qu’ils nomment des chaînettes, parce qu’elles servent à lever ou baisser les fils de la chaîne, à-travers desquels ils lancent la navette. Voyez Chaînette.

Fil de lisse, c’est une espece de fil ou ficelle médiocrement grosse, dont les ouvriers qui travaillent avec la navette, se servent pour monter leurs métiers & en faire ce qu’ils appellent des lisses. Voyez Lisses.

Fil d’ouvreau, (Verrerie.) Voyez Ouvreau & l’article Verrerie.

Fil ou Lambel, en Blason, c’est une piece d’armoirie qui a quelquefois plus & quelquefois moins de points, & qui fait la différence ou distinction du second fil.

On porte quelquefois cette piece, comme une distinction défavorable dans un écusson ; Guillim en rapporte plusieurs exemples : mais c’est le plus souvent la différence ou marque de distinction que le frere aîné porte dans ses armes pendant la vie de son pere.

Quelques-uns font cette distinction entre fil & lambel : ils appellent fil, la ligne supérieure & horisontale ; & lambel, les points qui en sortent. V. Lambel.

Fil de trois lambels ou plus, V. Lambel. Chambers.

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Étymologie de « fil »

Étymologie de fil - Littré

Bourg. fy ; provenç. fil ; espagn. hilo ; portug. fio ; ital. filo ; du latin filum.

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Étymologie de fil - Wiktionnaire

Du moyen français fil, de l’ancien français fil, du latin filum (« fil »).
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Phonétique du mot « fil »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
fil fil play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « fil »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

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  • Le rapport de recherche sur le marché mondial du marché Électrique sans fil Trimmer cordes 2020 se concentre sur la taille du marché, la part, la croissance, les fabricants et les prévisions jusqu’en 2026. Son vaste référentiel fournit des statistiques et des données analytiques importantes pour donner une compréhension complète du marché. Le rapport est bénéfique pour les stratèges et les acteurs de l’industrie pour planifier leurs futures stratégies commerciales. Le rapport d’étude de marché de Électrique sans fil Trimmer cordes se base principalement sur les facteurs sur lesquels les entreprises se positionnent sur le marché et sur ce facteur utile à l’entreprise. De plus, le rapport présente des graphiques, des chiffres et des tableaux sportifs qui offrent un point de vue transparent sur le marché des cartes commerciales / d’entreprise. , Impact de COVID-19 sur le marché Électrique sans fil Trimmer cordes 2020: part de l’industrie mondiale, taille, croissance des entreprises, analyse SWOT des meilleurs fabricants, demande et recherche prévisionnelle jusqu’en 2026 – JustFamous
  • sans fil Interphone 2020 Rapport de recherche du marché si utile pour les investisseurs qui veulent investir et faire croître lentreprise dans le marché sans fil Interphone. Intuition et lexpérience peuvent être utiles à tous les temps, mais les faits réels fournissent souvent une image plus précise de votre marché. Cette sans fil Interphone 2020 présente le rapport de lindustrie en vue densemble des détails avec la taille du marché, le coût réel, les bénéfices et les opportunités de croissance de sans fil Interphone 2020 lindustrie par les fabricants qui a reçu des commentaires positifs de la part des clients en utilisant différents types de produits, des applications dans différents pays et régions. , Impact de Covid-19 sur le marché sans fil Interphone 2020: par les applications de lindustrie mondiale, les principaux acteurs, types, pays, Taille du marché, prévisions pour 2024 – JustFamous
  • L'ère du tout filaire est terminée, place, désormais, aux écouteurs Bluetooth pour profiter de vos musiques préférées, mais aussi passer des appels et parfois même utiliser des assistants vocaux sans fil depuis votre smartphone. Le choix de la paire d'écouteurs sans fil ne doit pas être laissé au hasard, aussi bien au niveau des performances que du prix ! Cdiscount l'a bien compris, et propose différents modèles à des prix abordables. leparisien.fr, AirPods, AirDots… 3 paires d’écouteurs sans fil Bluetooth en promotion - Le Parisien
  • Paul Pogba s'est dit «heureux d'aider l'équipe», jeudi, après son premier but pour Manchester United depuis plus d'un an, dont 3 mois d'interruption dus au Covid-19, contre Aston Villa (3-0) pour la 34e journée de championnat. Il faut remonter au 13 avril 2019 pour trouver trace d'un but de Paul Pogba avec les Red Devils. C'était même un doublé contre West Ham (2-1) et ironie du sort, c'était déjà une 34e journée de Premier League. Juste avant l'heure de jeu, sur un corner joué en retrait, Pogba a ajusté une frappe qui a traversé une forêt de joueurs pour filer le long du petit filet gauche du but des Villans (3-0, 58e). «Je n'ai eu qu'un seul tir et je connais un peu le gardien (Pepe Reina). J'avais essayé lors des derniers matches de marquer un but, mais ce n'était pas venu. Il est arrivé aujourd'hui et je suis très content d'aider l'équipe autant que possible», a commenté le champion du monde, très souriant, au micro de Sky Sports après le match. Sport24, Pogba «heureux d'aider» Manchester United - Fil info - Angleterre - Etranger - Football
  • Nous, adultes, nous devons préparer l’avenir de nos enfants. La jeunesse, l’éducation, c’est le fil rouge de cette mandature, voulu par Michaël Delafosse. Ils doivent avoir accès à l’éducation, au savoir, au monde. Nous voulons favoriser la réussite de tous. Soutien scolaire public et gratuit, dans les médiathèques, les MPT, le retour des temps périscolaires, moderniser le matériel informatique, tel est notre plan École. midilibre.fr, Montpellier : "La jeunesse et l’éducation, c’est le fil rouge voulu par Michaël Delafosse" - midilibre.fr
  • Le rapport de recherche du marché mondial Accès sans fil fixe (FWA) 2020 est une étude professionnelle et approfondie sur l’état actuel de l’industrie mondiale Accès sans fil fixe (FWA). Le rapport sur le marché Accès sans fil fixe (FWA) est une recherche complète qui fournit des informations sur la taille, les tendances, la croissance, la structure des coûts, la capacité, les revenus et les prévisions 2026 du marché Accès sans fil fixe (FWA). Ce rapport présente en outre les spécifications du produit, la méthode de production et la structure des coûts des produits. La production est séparée par régions, technologies et applications. Le rapport mondial sur le marché Accès sans fil fixe (FWA) 2020 fournit des statistiques vitales exclusives, des données, des informations, des tendances et des détails sur le paysage concurrentiel dans ce secteur de niche. , Accès sans fil fixe (FWA) Tendances émergentes du marché et de l’industrie, analyse de la croissance, taille et prévisions jusqu’en 2026 – InFamous eSport
  • Le marché mondial de Chargement sans fil connaît une croissance remarquablement élevée. Les éléments du marché Chargement sans fil sont expliqués avec précision, ce qui aide à comprendre l’évolution des tendances commerciales, des facteurs, des opportunités et des difficultés pour le marché mondial Chargement sans fil. Les derniers développements en matière de technologie, de stratégies, de plans d’entreprise, de possibilités de croissance et de risques pour le secteur sont en cours d’inclusion. Journal l'Action Régionale, Chargement sans fil Opportunités de marché, part de marché, acteurs clés et prévisions jusqu’en 2026 – Journal l'Action Régionale
  • Vous en avez assez des fils de vos écouteurs, qui s'emmêlent et s'accrochent partout? Mais vous n'avez pas pour autant envie d'acheter des écouteurs sans fil haut de gamme très coûteux? Amazon a la solution pour vous, en proposant des marques de milieu de gamme pour vous aider, surtout quand elles sont en promotion, comme ces écouteurs bluetooth Aukey. Les écouteurs sans fil Aukey sont compatibles avec la norme bluetooth 5.0, et vous pouvez ainsi les appairer avec la plupart des terminaux fonctionnant sous Android ou iOS. En ce moment, Amazon propose les écouteurs bluetooth Aukey à 35,98 euros au lieu de 59,98 euros, et vous pouvez en plus appliquer un bon de réduction de 10% à la commande, soit un prix de revient final de 32,38 euros. leparisien.fr, Amazon : les écouteurs sans fil bluetooth Aukey en promo à moins de 33€ - Le Parisien
  • Dans les dernières recherches sur la scie circulaire sans fil, nos experts ont fourni les dernières tendances de croissance industrielle en fonction des besoins du client. De plus, ce rapport de recherche vous permet de capturer des statistiques perspicaces tout en ayant une compréhension claire du marché mondial des scies circulaires sans fil. De plus, il vous permet de garder une longueur d’avance sur la concurrence dans l’environnement industriel. Le rapport sur le marché de la scie circulaire sans fil est évalué comme une étude intelligente et systématique qui vous permet de renforcer votre point de vue lié à plusieurs facteurs tels que la croissance du marché de la scie circulaire sans fil, les tendances futures, la situation actuelle et les perspectives à venir pour des segments distincts. Journal l'Action Régionale, Scie circulaire sans fil Taille du marché 2020-26:, Makita, Bosch, Milwaukee – Journal l'Action Régionale
  • Mais si le départ de Christophe Dugarry de RMC s'est fait sans nostalgie, l'émotion était tout de même au rendez-vous lors de sa dernière émission. Car l'ancien footballeur a eu la surprise de recevoir un coup de téléphone de sa maman, Michèle Dugarry. Cette dernière a accepté d'intervenir pour faire plaisir à son fils dont elle est si fière et lui souhaiter bon vent. "C'est ta mère et elle te souhaite une super retraite mon coeur et plein de petits bonheurs, plein d'amour mon chéri" lui a-telle soufflé. Amusée, Michèle Dugarry a ensuite confessé que son fils tenait d'elle son côté fort en gueule : "Je ne sais pas trop me taire, c'est vrai. J'ai un franc-parler effectivement. Mon mari est beaucoup plus discret, plus réservé". , Christophe Dugarry ému par le coup de fil de sa maman lors de la dernière de Team Duga sur RMC
  • Les tirages au sort des quarts et demi-finales de la Ligue Europa qui sont programmés les 10 et 11 août et les 16 et 17 août en Allemagne (Cologne, Duisbourg, Dusseldorf et Gelsenkirchen) ont été effectués à 13h00 à Nyon (Suisse), au siège de l'UEFA. Quelques belles affiches se profilent ainsi à l'horizon comme cet éventuel Inter Milan-Bayer Leverkusen ou encore un très intéressant Wolverhampton-FC Séville ou AS Roma. Deux 8es de finales aller n'ayant pas pu avoir lieu en raison de la pandémie liée au Covid-19, à savoir Inter-Milan-Getafe et FC Séville-AS Roma, ils se disputeront sur un match sec en Allemagne tandis que les autres 8es de finale (retour ceux-là), se joueront sur la pelouse des équipes suivantes : Shakhtar Donetsk-Wolfsburg (2-1 à l'aller), FC Bâle-Eintracht Francfort (3-0 à l'aller), Manchester Utd-LASK Linz (5-0 à l'aller), FC Copenhague-Basaksehir (0-1 à l'aller), Leverkusen-Glasgow Rangers (3-1 à l'aller) et Wolverhampton-Olympiakos (1-1). Cologne accueillera la finale le 21 août prochain. Tous les matches sont à huis clos.  Sport24, Ligue Europa : un éventuel Inter Milan-Leverkusen en quarts de finale - Fil Info - Ligue Europa - Football
  • Un stérilisateur à UV se cache dans le dernier chargeur sans fil Samsung. Ce boîtier, vendu aux alentours de 60 euros, accepte des téléphones, des écouteurs, mais aussi tout autre objet du quotidien. En 10 minutes, il élimine à 99 % les bactéries, les germes et les éventuels virus. Futura, Samsung lance un chargeur sans fil qui désinfecte aussi votre téléphone
  • Pour profiter de votre musique en toute quiétude et avec tout le confort nécessaire, rien ne vaut un casque sans fil, avec réduction active du bruit. Ces casques sont en règle générale assez onéreux, et toute promotion est donc bonne à prendre. Ainsi, vous pouvez opter pour un casque QuietComfort 35 II de Bose, en ce moment en promotion chez Cdiscount. Ce casque sans fil avec suppresseur de bruit actif est en effet parfait. Sans fil tout d'abord, il vous offre une grande liberté de mouvement, dans votre salon ou lors de vos promenades, et sa technologie bluetooth le rend compatible avec de nombreux appareils, sous Android ou iOS. Et vous pouvez en profiter actuellement pour seulement 209,90 euros chez Cdiscount. leparisien.fr, Cdiscount : forte baisse de prix sur le casque sans fil Bose QuietComfort 35 II - Le Parisien
  • L'équipe de Frandroid sélectionne pour vous les meilleurs bons plans disponibles sur le web. Les liens suivis d'une icône panier sont affiliés. Cela signifie que si vous achetez un produit depuis cet article, vous ne le paierez pas plus cher, mais l’e-commerçant nous reversera une commission. Cliquez ici pour plus d'information. Frandroid, B&O : "l'excellence sonore" dès 99 € avec ces écouteurs sans fil
  • Le ton est donné. Rien ne sera épargné à Jean Castex. « Métayer de circonstance » pour Mélenchon. « Croque-mémé » pour Bourdin. Voilà pour la mise en bouche. Attention tout de même, parfois le cave se rebiffe. Sur le fond, le pire du pire n’est jamais sûr. N’empêche, qu’il soit sanitaire, économique ou social, le bulletin météo a de quoi faire frémir. Le premier intéressé convient, tout en euphémisme, du « contexte particulier » de sa prise de fonction. Faute d’état de grâce, c’est un état de siège dont le locataire de Matignon doit desserrer l’étau. Si son phrasé à l’accent rocailleux offre au leader de LFI le loisir « de voir pousser les arbres », la méthode Castex, elle, se profile. C’est en expert du meccano social qu’il investit le terrain tentant d’en bouger méticuleusement les lignes. Au Ségur de la Santé, il déboule et pose un milliard de mieux sur la table, portant à 7 Mds les crédits pour l’hôpital. Gaulliste planificateur, il confirme le retour aux plans quinquennaux que Bayrou pourrait piloter. Enfin, son expertise et ses qualités d’écoute ne seront pas de trop pour ramener les partenaires à la table de la réforme des retraites. Pour une refonte systémique, mais aussi paramétrique. C’est qu’entre-temps le Covid a fait plonger les comptes, et le Conseil d’orientation des retraites chiffre à près de 30 Mds € le déficit des régimes. Soit sept fois plus qu’attendu. Sauf que syndicats et patronats lui feront dès aujourd’hui remarquer que si la réduction des dettes reste une priorité, la relance de l’activité demeure l’urgence absolue. De surcroît personne n’a envie de rouvrir les hostilités. Et pour cause, avec près de 200 PSE en quatre mois, 30 000 emplois sont sur la sellette. Alors que s’élancent les premiers cortèges – Nokia, Airbus, Sanofi - préfigurant la vague, la rentrée promet du fil à retordre à l’exécutif. Le casting du remaniement suscite pour l’heure l’incrédulité des Français. Sans doute le manque de notoriété de Castex n’y est pas étranger. Un mal pour un bien. Parfait inconnu, cela minimise au moins le risque de décevoir. , Politique | Du fil à retordre
  • Les écouteurs Bluetooth et sans fil de OnePlus, sobrement intitulés OnePlus Buds, se précisent. Après des bruits de couloirs insistants observés dès le mois de mai, l’appareil audio de la firme chinoise a de nouveau fait parler de lui fin juin par la voix du leaker Mac J. : ce dernier misait en effet sur deux coloris mis à la disposition des futurs clients, un noir et un blanc. Frandroid, OnePlus Buds : certifiés en Europe, les écouteurs sans fil semblent prêts à être lancés
  • La “Petite Venise de Beauce” continue de mettre en valeur son centre-ville, son histoire et son patrimoine par la lumière. Une quinzaine de sites vont s’illuminer à partir de ce ce vendredi soir 10 juillet 2020 soir dans le cadre de la deuxième édition de “Bonneval, lumières au fil de l’eau”. www.lechorepublicain.fr, Les "Lumières au fil de l’eau" se rallument dans le centre-ville de Bonneval - Bonneval (28800)
  • Les écouteurs sans fil présentent des avantages non négligeables en comparaison de leurs ancêtres filaires : pas de fil, ça veut dire pas de noeuds dans les poches, pas de fils qui s'accrochent partout dans les vêtements ou les poignées de portes. Si vous avez besoin de vous équipez, sachez que Cdiscount et Amazon proposent tous deux des promotions sur les AirPods 2 et AirPods Pro d'Apple. leparisien.fr, AirPods Pro, AirProds 2 : les écouteurs sans fil Apple à nouveau en promotion - Le Parisien
  • La vie ne cesse pas après les ruptures, le fil du temps ne casse pas. De Monique Larue / Copies conformes
  • Au fil des jours ordinaires, les yeux perdent leur acuité et l'âme sa résonance. De Lionel Allard / Au fin bout de l'espoir
  • L'histoire se fait au fil des calendriers ; mais les histoires sont hors du temps. De Elisabeth Vonarburg / Chroniques du pays des mères
  • L’habitude commence comme un fil de soie et devient vite un câble d’acier. De Proverbe espagnol
  • La modération est un fil de soie qui relie toutes les perles de la vertu. De Joseph Hall / Select thoughts
  • Tout tient à un fil, on est toujours en péril. De Alberto Giacometti
  • Il faut que le fil soit plus long que l’aiguille. De Proverbe basque
  • Les yeux avides ne peuvent être cousus qu’avec le fil de la mort. De Proverbe russe
  • Mon amour, c'est le fil auquel se tient ma vie. De Etienne de La Boétie
  • A coudre du vieux, on perd son fil ; à aimer un vieux, on perd ses nuits. De Proverbe serbe
  • Ce ne sont pas les perles qui font le collier. C'est le fil. De Anonyme
  • On peut nouer un fil rompu, mais il y aura un noeud au milieu. De Proverbe persan
  • Quand la vie ne tient qu'à un fil, c'est fou le prix du fil ! De Daniel Pennac / La Petite Marchande de prose
  • Toute conduite doit être conforme au fil à plomb. De Ptah-Hotep
  • Tout cerf-volant est rattaché à un fil. De Anonyme

Images d'illustration du mot « fil »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « fil »

Langue Traduction
Corse filu
Basque haria
Japonais
Russe нить
Portugais fio
Arabe مسلك
Chinois 线
Allemand faden
Italien filo
Espagnol hilo
Anglais thread
Source : Google Translate API

Synonymes de « fil »

Source : synonymes de fil sur lebonsynonyme.fr


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