La langue française

Relevé, relevée

Définitions du mot « relevé, relevée »

Trésor de la Langue Française informatisé

RELEVÉ, subst. masc.

A. − CHASSE. Moment de la journée où un animal se relève pour se nourrir. Guetter, épier le relevé (Ac.). Le soir, au relevé, le gros gibier fera le même chemin en sens inverse (Vidron, Chasse, 1945, p. 86).
B. − Action de mettre plus haut, de diriger, d'incliner vers le haut (synon. relèvement); p. méton., résultat de cette action. L'abaissement de la paupière, et son relevé (Littré). Un relevé, retenu par une boucle ou par un nœud de ruban sur une seule hanche (Journal Officiel, 28 oct. 1872, p. 6710 ds Littré).« Les deux boucles perpendiculaires » accompagnent, l'une le chignon dont elle cache le relevé et l'autre le visage jusqu'à la naissance de la gorge (Stéphane, Art coiff. fém., 1932, p. 132).
CHORÉGR. ,,Mouvement qui consiste à transférer le poids du corps sur la pointe ou la demi-pointe du pied, lorsque préalablement le poids du corps repose entièrement sur la pointe du pied`` (Baril 1964). Deux relevés sur la pointe (Morand, Rococo, 1933, p. 12).
C. − Action de noter par écrit, de copier (synon. relèvement); p. méton., état détaillé. Faire le relevé de toutes les fautes de grammaire d'un ouvrage, de tous les passages remarquables d'un auteur (Ac.).Le compte administratif du maire et le compte de gestion du percepteur (...) sont le relevé de toutes les opérations financières, recettes et dépenses réelles qui ont été effectuées au cours de l'exercice (Fonteneau, Cons. munic., 1965, p. 50).
SYNT. Relevé bibliographique, comptable, exhaustif, mensuel, statistique; relevé de compte, de notes; erreur de relevé; procéder au relevé d'un compteur, des températures; faire un relevé; tenir un relevé détaillé des dépenses.
TOPOGR. Action (de déterminer et) de noter la position, la configuration, la disposition (de quelque chose); p. méton., croquis, plan. Synon. levé (v. ce mot B 3).Relevé cadastral, hydrographique, topographique. La carte géologique de la Haute-Marne, d'après le relevé de M. Duhamel (Élie de Beaumont, Stratigraphie, 1869, p. 524).Le relevé des cheminements d'une mine de houille rappelle schématiquement les nervures d'une feuille (E. Schneider, Charbon, 1945, p. 233).
D. − Vx, ART CULIN. Relevé (de potage)/(plat de) relevé. Plat servi entre le potage et les entrées. Cette manière de servir la raie est pour un relevé; on peut la servir même pour entrée (Gdes heures cuis. fr., Carême, 1833, p. 139).Ayez pour relevé de potage un beau poisson, puis quatre entrées, mais finement faites (Balzac, Faiseur, 1850, i, 5, p. 184).
Prononc. et Orth.: [ʀ əl(ə)ve]. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. V. relever. Bbg. Hotier Cirque 1973 [1972], p. 72-73, 137.

RELEVÉ, -ÉE, part. passé et adj.

I. − Part. passé de relever*.
II. − Adjectif
A. − ÉQUIT., MAN. Pas relevé. Pas d'un cheval qui lève haut ses sabots. On entendait nettement sur la terre sèche de la route le pas souple et relevé d'un cheval (Feuillet,Mariage monde,1875, p. 37).Le pas nerveux et relevé, ce train qui ne déplace jamais le cavalier (Tharaud,Rabat,1918, p. 119).V. harper1ex. de Morand.
Airs relevés. V. air2B 4 c.
B. −
1. Rare. [En parlant du teint d'une pers.] Éclatant, intense. Des Américaines au teint relevé (Chardonne,Dest. sent., III, 1936, p. 192).
2. [En parlant d'un mets ou de son goût] Fort, épicé. Plat relevé; sauce relevée. Il ne faut pas craindre de tenir ce rôt de bif d'un goût un peu relevé, la chair de l'agneau étant naturellement fade, aqueuse et inodore (Gdes heures cuis. fr., Grimod de la Reynière, 1838, p. 161).
Rare, empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Ce qui est fort, épicé. De la cuisine de restaurant, du relevé, de l'épicé, du poivré en diable (Bourget,Physiol. amour mod.,1890, p. 75).
C. − Au fig., vieilli ou littér. [En parlant d'une pers., d'un attribut, d'une manifestation d'une pers.] Qui est d'un niveau supérieur. Synon. plus cour. élevé, noble.Sentiments, sujet, style relevé(s); naissance, pensée relevée. Les solitaires de Port-Royal, les plus relevés par la naissance ou même par l'esprit, s'assujettirent à bien des devoirs manuels des plus rebutants et des plus bas (Sainte-Beuve,Port-Royal, t. 1, 1840, p. 501).Ce qu'il y eut de relevé et de fièrement soutenu dans son attitude [de Mallarmé] et son art de souffrir la vie (Valéry,Variété III,1936, p. 19).
Prononc. et Orth.: [ʀ əl(ə)ve]. Att. ds Ac. 1694-1878. Fréq. abs. littér.: 1 994. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 372, b) 3 612; xxes.: a) 3 230, b) 2 578. Bbg. Duch. Beauté 1960, pp. 134-135.

Wiktionnaire

Nom commun

relevée \ʁə.lə.ve\ féminin

  1. (Justice) Le temps de l’après-midi.
    • à deux heures de relevée.
    • L’audience de relevée.
    • Vacations de relevée.
    • Il n’avait pas d’heure. Il se présentait aussi bien à trois ou quatre heures de relevée qu’à une ou deux heures du matin. — (Édouard Bled, « Mes écoles », Robert Laffont, 1977, page 138.)

Forme d’adjectif

relevée \ʁə.lə.ve\

  1. Féminin singulier de relevé.

Forme de verbe

relevée \ʁə.lə.ve\

  1. Participe passé féminin singulier de relever.
    • En bas de chez lui, accolée au mur de son immeuble, il y avait encore une boîte aux lettres jaune, une Dejoie modèle 1980, relevée tous les jours sauf le dimanche, à 13 h 30 du lundi au vendredi, à 10 heures le samedi. — (Sébastien Lapaque, Théorie de la carte postale, éditions Actes Sud, 2014)
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Littré (1872-1877)

RELEVÉ (re-le-vé, vée) part. passé de relever
  • 1Remis debout. Votre Ilion encor peut sortir de sa cendre ; Je puis, en moins de temps que les Grecs ne l'ont pris, Dans ses murs relevés couronner votre fils, Racine, Andr. I, 4. Le bourbier de Vincennes est desséché et relevé, on n'y versera plus, La Bruyère, VII. Un mur de six milles de longueur, souvent relevé et abattu, fermait l'isthme, Chateaubriand, Itin. part. 1.

    Dressé, droit. Avec leur ton de poule laitée, leurs trois brins de barbe relevés en barbe de chat…, Molière, l'Av. II, 6. Le sourcil relevé, l'œil vif, l'oreille rouge, les lèvres vermeilles, l'air fier, Voltaire, Cand 14. Le touraco du cap de Bonne-Espérance ne diffère de celui d'Abyssinie que par la huppe relevée en panache, Buffon, Ois. t. XI, p. 422.

    Régnier a dit : relevé de moustache pour portant moustache relevée : Quand un jeune frisé, relevé de moustache, Sat. VIII.

  • 2Sur pied, après des couches. Le roi donna une fête à Marly à Mme la duchesse de Bourgogne, alors relevée, Saint-Simon, 135, 243.
  • 3 Terme de manége. Les airs relevés, la pesade, le mésair, la courbette, la croupade, la ballottade, la cabriole, le pas et le saut.

    Dans un sens analogue. Il marchait d'un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette, La Fontaine, Fabl. I, 4.

    Terme de danse. Pas relevé ou neuf, celui qu'on fait lorsque, après avoir plié au milieu du pas, on se relève en le finissant.

  • 4 Terme de sculpture et de broderie. Ouvrages relevés en bosse, ouvrages de relief qui sont attachés à un fond. Judith voyant Holopherne assis sous son pavillon qui était de pourpre en broderie d'or, relevé d'émeraudes et de pierres précieuses, Sacy, Bible, Judith, X, 19. Une tapisserie relevée d'or, La Fontaine, Psyché, I, p. 42. Une jeune dame couchée dans un lit de satin cramoisi, relevé d'une broderie d'or, Lesage, Diabl. boit. 8.
  • 5Qui a obtenu de ne pas accomplir son vœu, son serment, etc. L'abbé de Vertot, qui, emporté dans sa jeunesse par une fièvre de dévotion, avait commencé par se faire capucin, et qui, relevé de ses vœux, devint membre de l'Académie des belles-lettres et un de nos historiens les plus estimés, D'Alembert, Élog. l'Ab. de St-Pierre, note 2. Si vous me cachez jamais les moindres circonstances de vos aventures, je me tiens, en conscience, relevée du serment de fidélité que je vous ai fait, Comte de Caylus, Œuv. t. XII, p. 53, dans POUGENS.
  • 6Une sauce relevée, sauce d'un haut goût. On tombe dans le défaut de répandre un peu trop de sel, et de vouloir donner un goût trop relevé à ce qu'on assaisonne, Fénelon, t. XXI, p. 193.

    Par extension. Il ne manquerait pas… de vous parler… de perdrix relevées d'un fumet surprenant, Molière, Bourg. gent. IV, 1.

  • 7 Fig. Qui est remis en un état plus haut, meilleur. Que ne puis-je révéler les secrets de sa charité ?… là, un mérite naissant qu'aurait accablé le poids de sa mauvaise fortune, relevé par ses libéralités…, Fléchier, Duc de Mont.
  • 8 Fig. Noble, fier. Sa mine relevée [de Salomon] le faisait aimer ; mais sa justice le faisait craindre, Bossuet, Sermons, Devoirs des rois, 2.
  • 9 Fig. Qui est rehaussé, rendu plus remarquable. Et la science relevée par l'éclat de l'autorité, Pascal, dans COUSIN. Il [Royer] joint l'esprit de Lulli à la science de Rameau, le tout relevé de beaucoup de modestie, Voltaire, Lett. Thiriot, 19 déc. 1754.
  • 10Qui a de l'élévation morale ou intellectuelle. Tes écrits… Qu'ils soient pleins, relevés, et graves à l'oreille, Régnier, Sat. IV. Les conceptions de vos lettres… sont conformes au sens commun de ceux qui ont le jugement relevé, Guez de Balzac, liv. I, lett. 1. S'il ne s'y rencontre point [dans un ouvrage de théâtre] de péril de vie, de pertes d'États, ou de bannissement, je ne pense pas qu'il ait droit de prendre un nom plus relevé que celui de comédie, Corneille, 1er discours. Ce sentiment sans doute est noble et relevé, Molière, Tart. II, 4. Nous avons ici la lettre de M. de Saint-Cyran de la Vocation, imprimée depuis peu ; elle est fort relevée, Pascal, Lett. à Mme Périer, 1er avril 1648. Je vous souhaite, madame, la continuation des grâces [de Dieu] que vous avez et l'augmentation, parce qu'on n'en saurait trop avoir ; après ce ton si relevé, pourrais-je vous parler du besoin que j'ai que mon fermier…, Sévigné, à Mme de Guitaut, 1er janv. 1694. Les sectateurs de Platon et de Pythagore, qui, du commun consentement de tout le monde, sont ceux qui de tous les philosophes ont eu les connaissances les plus relevées, Bossuet, 1er serm. Démons. préambule. Je le déclare donc… Pradon comme un soleil en nos ans a paru… Saufal est le phénix des esprits relevés, Boileau, Sat. IX. Il peut haïr les hommes en général où il y a si peu de vertu ; mais il excuse les particuliers, il les aime même par des motifs plus relevés, La Bruyère, XI. L'opinion peu relevée qu'on se forme communément dans le monde de l'état des gens de lettres, D'Alembert, Œuv. t. III, p. 76.

    Dans un sens défavorable. Il a des mots hargneux, bouffis et relevés, Qui du peuple aujourd'hui ne sont pas approuvés, Régnier, Sat. IX.

    Être d'une condition relevée, être de grande qualité. Pour empêcher que les grandes fortunes et les états de la vie plus relevés ne servissent à exciter l'ambition des hommes et à l'entretenir, Bourdaloue, Dim. de la septuagés. Dominic. t. I, p. 370.

    Dans un sens analogue. Elle n'a pas toujours été aussi relevée que la voilà, Molière, Bourg. gent. III, 12.

  • 11 S. m. Action de relever. Le clin d'œil renferme trois points successifs : l'acte de la volonté qui le commande, l'abaissement de la paupière, et son relevé.
  • 12 Terme de maréchal. Se dit en parlant d'un fer qui, bon encore, mais déformé ou ayant perdu plusieurs clous, est entièrement détaché par le maréchal, qui le passe au feu, le bat au besoin, et l'applique chaud, au moyen de clous neufs, sur la corne parée à cet effet.
  • 13 Terme de cuisine. Un nouveau service, ou un nouveau plat qui en remplace un autre. Un relevé de potage.
  • 14 Terme de vénerie. Temps où la bête sort de son gîte.
  • 15 Relevé à bout, reprise totale du nivellement des pavés, pour rectifier le premier tassement du terrain, Gandry, Traité du domaine, II, 5, art. 239.
  • 16Tableau, état. Relevé de la dépense. Les relevés officiels.

    Extrait des articles d'un registre, d'un compte, etc. C'est ce qu'on a calculé sur les relevés des registres de nos plus grandes villes, Voltaire, Mœurs, Déluge.

    Faire le relevé de toutes les fautes d'un ouvrage, en faire une liste.

  • 17Relevé de déchéance, acte qui relève de sa déchéance une compagnie qui n'a pas accompli les stipulations établies dans le marché.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RELEVÉ. Ajoutez :
18Pli fait à une robe. Un relevé, retenu par une boucle ou par un nœud de ruban sur une seule hanche, Ch. Blanc, Journ. offic. 28 oct. 1872, p. 6710, 2e col.
19 Relevé-à-bout, réfection de la chaussée des rues et substitution de pavés neufs aux vieux pavés existants, Journ. des Débats, 28 août 1877, 3e page, 4e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

RELEVÉ, participe du verbe relever. Voyez Relever.

Relevé, s. m. (Gram.) il se dit d’un état de plusieurs articles épars dans un grand livre, & ramassé sur un feuillet séparé : voilà le relevé de votre dépense, de vos frais.

Relevé, (Vénerie.) il se dit de l’action d’une bête qui se leve, & sort du lieu où elle a demeuré le jour, pour aller se repaître.

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Phonétique du mot « relevé »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
relevé rœlœve

Traductions du mot « relevé »

Langue Traduction
Anglais statement
Espagnol relevo
Italien dichiarazione
Allemand erklärung
Chinois 声明
Arabe بيان
Portugais declaração
Russe заявление
Japonais ステートメント
Basque adierazpena
Corse dichjarazione
Source : Google Translate API

Relevé

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