Pousser : définition de pousser


Pousser : définition du Wiktionnaire

Verbe

pousser \pu.se\ transitif ou intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se pousser)

  1. Faire pression contre quelqu’un ou contre quelque chose, pour le déplacer ou l’ôter de sa place.
    • Comment Fagerolle était-il entré ? Il se souvint plus tard que Tacherot l’avait poussé en avant d’une bourrade. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 51)
    • Il poussa la porte si fort que le fer à cheval suspendu au linteau de chêne tinta faiblement. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Un petit levier, qui jusqu’ici s’obstinait à ne pas fonctionner, était devenu mobile. Il le poussa doucement vers la droite : l’aile gauche modifia mystérieusement sa bordure extrême, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 376 de l’éd. de 1921)
  2. Toucher doucement pour avertir quelqu’un de quelque chose ou pour lui faire prendre garde à quelque chose.
    • Pousser quelqu’un du coude, du genou.
    • Il me poussa pour m’avertir que j’allais dire quelque chose de trop.
  3. Imprimer quelque mouvement à un corps, soit en le lançant, soit en le frappant.
    • […] il remarqua que la porte de dehors n’était fermée qu’au loquet alors que, la veille au soir, il était sûr d’avoir poussé le verrou. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Quand il pousse la porte du Café du Pont, à Vrigne-aux-Bois, la tante est derrière le comptoir. Le café est à elle. C’est elle qui a fait dire qu’il n'avait qu'à venir. — (Michel Séonnet, Le vent vivant des peuples : récits et légendes de Champagne-Ardenne : 1945-2005, Creaphis Éditions, 2006, page 73)
    • Les vents ont poussé le navire dans le port, contre des récifs.
  4. (Escrime) Porter un coup.
    • Pousser un coup de fleuret, un coup d’épée, une botte à quelqu’un.
  5. (Reliure) Imprimer sur le cuir des ornements, par le moyen de roulettes ou de fers à dorer.
    • Pousser des filets, des nervures, etc.,
  6. Sortir avec force en parlant des paroles, des sons.
    • Chacun s’époumonnait à célébrer, en cette union charmante, la grâce parisienne et l’art ultra-moderne de l’Italie nouvelle, lorsque Paul Fort réclama le silence et me pria de « pousser » une chanson. — (Francis Carco raconté par lui-même, Éditions Sansot, Paris, 2e édition, 1921, p. 14)
    • […] et sa mère, tout en cardant à gestes secs et comme rageurs un paquet de laine, poussait de temps à autre une virulente malédiction. — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Durant la même nuit, Feempje qui n'avait jamais de cauchemar s'était débattu, en grognant et en poussant des plaintes, contre il n'aurait pu dire quelles terrifiantes figures. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 55)
    • Monsieur Saito lut mon travail, poussa un petit cri méprisant et le déchira: [...]. — (Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements, Éditions Albin Michel S.A., 1999, page 10)
    • Le buraliste, plutôt lève-tard et de mauvaise humeur, montait à peine son rideau de fer récalcitrant en poussant quelques jurons. — (Jean-Pierre Serreau, La Souris en caramel, Éditions Publibook, 2008, page 95)
  7. Porter plus loin ; reculer.
    • La pièce de terre qu’il vient d’acheter le force à pousser son mur de clôture plus loin.
    • Le traité de paix a poussé nos frontières jusqu’à tel fleuve.
  8. Prolonger ; étendre.
    • Un reporter qui ne précise pas, c’est un géomètre qui néglige de pousser ses calculs jusqu’à la dixième décimale. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. II, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • Il faudrait pousser ce parterre plus loin.
    • Il faut pousser cette allée jusqu’à tel endroit.
    • Alexandre a poussé ses conquêtes jusqu’à l’Indus.
  9. (Figuré) Presser, attaquer, choquer quelqu’un.
    • Vous me poussez trop.
    • Si vous le poussez davantage, il sera obligé de se défendre.
    • Il l’a poussé vivement dans la dispute.
  10. Engager fortement, inciter quelqu’un.
    • Il était question dans la complainte d’un assassin qui expose aux juges les raisons qui l’ont poussé à tuer sa maîtresse. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • On n'avait pas besoin de la pousser à parler. Quand il n'y avait personne dans la maison, elle devait parler toute seule ! — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, ch. VIII, Gallimard, 1937)
    • Je ne voulais pas faire cette acquisition, c’est lui qui m’y a poussé.
  11. (Figuré) Porter en avant quelqu’un, le faire avancer.
    • C’est un tel qui l’a poussé.
    • Pour réussir dans cette carrière, il faut être poussé par des gens influents.
    • Se pousser dans l’industrie, dans les finances.
    • Pousser quelqu’un dans le monde, Lui faciliter les moyens d’y faire sa fortune, d’accéder à une situation supérieure.
  12. Faire faire des progrès, en parlant d’un écolier, d’un élève.
    • Ce maître ne pousse pas assez ses élèves.
    • Il l’a poussé assez loin dans les mathématiques.
    • Il ne s’occupe guère de sa classe, mais il pousse les premiers.
  13. Faire donner tout l’effort dont il est capable, en parlant de choses ou d’animaux.
    • Pousser un cheval. Pousser son automobile.
    • Il ne faut pas pousser à fond le moteur.
  14. (Figuré) Porter, étendre, en parlant des choses.
    • Le cabo­tinage était poussé par Murat jusqu’au grotesque, et les historiens n’ont pas assez remarqué quelle responsabilité incombe à Napoléon dans cette dégénérescence du véritable esprit guerrier. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VII, La morale des producteurs, 1908, page 359)
    • Pousser la raillerie trop loin.
    • Pousser un raisonnement jusqu’au bout.
    • (Absolument) A 55 francs, les habitués et M. Techener lui-même abandonnèrent le livre : une seule personne poussait contre moi. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854)
  15. Faire croître, faire se développer, en parlant des arbres, des plantes, des racines, des branches, des fleurs, etc.
    • L’asperge des boutiques est de deux sortes, savoir la semable, & la sauvage; l’asperge semable pousse quantité de racines […]. — (Joseph Pitton de Tournefort, Traite de la matière médicale, ou l’histoire et l’usage des médicaments, et leur analyse chymique, tome 1, 1717, page 289)
    • Les arbres commencent à pousser des boutons, des feuilles.
    • Cet arbre pousse ses racines entre deux terres.
    • (Par extension) Un Paradis pousse ses palmiers et fait chanter ses sources dans la mémoire de tous les peuples. — (Maurice Bedel, Traité du plaisir, 1945)
  16. Offrir un prix d'achat plus élevé lors d’une vente aux enchères.
    • À la vente Vianello du 17 septembre 1895 au Palazzo Sarezin, il poussa jusqu’à deux cent mille francs un Saint Jean-Baptiste du Groziano avant de l’abandonner à sa concurrente. — (Georges Perec, Un cabinet d’amateur, 1979, Le Livre de Poche, page 61)
  17. (Intransitif) Croître, se développer, en parlant des végétaux, mais aussi des parties du corps.
    • Au Mexique, où il pousse librement, on assure que le bégonia est charmant. Que ne l’a-t-on laissé là-bas ! — (Octave Mirbeau, Le Concombre fugitif, édition 1921)
    • Et pourtant les figuiers s’obstinent à pousser spontanément parmi les gravats et je me gorge, sans rien payer, de leurs fruits cramoisis. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • C’est avec de telles calembredaines que le prêtres s’imaginent piper la confiance des enfants à l’âge où, précisément, ils commencent à discerner qu’ils n’ont pas poussé dans les choux. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 247)
    • Les enfants et les chats nés en hiver poussaient moins bien que les autres […]. » — (Annie Ernaux, Les années, Gallimard, 2008, collection Folio, page 33.)
    • […] ; des multitudes éperdues grimpèrent par d’effrayants sentiers jusqu’à ces régions si élevées que les arbres ne poussaient plus. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • Chaque pièce est protégée par un toit plat fait de ce même roseau : le berdi, qui pousse en abondance dans les bas-fonds humides de l'oued. — (René Pottier, Au pays du voile bleu, Nouvelles Éd. Latines, 1945, page 194)
    • Il fauchait les touffes d’échaudures qui poussaient dans la pâture de derrière. — (Daniel Bernier, Les terres meurtries, volume 2 : Léona, Éditions l'Archipel, 2004)
  18. (Intransitif) (Architecture) Exercer une poussée, une pression, en parlant des terres, des voûtes, etc., par leur poids, s’appuient contre les constructions destinées à les soutenir.
    • Les terres ont poussé contre le mur du quai, de la terrasse.
    • L’arche a poussé contre les culées du pont.
    • Ce mur pousse en dehors, Une pression le porte en dehors, il subit une déformation et menace ruine.
  19. (Intransitif) Se porter en avant, s’avancer.
    • La vieille et solide baleinière, construite pour l’Antarctique, ainsi qu’un bon canot poussèrent du bord. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
  20. (Intransitif) (Familier) Continuer sa route, sa marche.
    • Pousser jusqu’à tel endroit, jusqu’à tel endroit.
    • Nous poussâmes jusqu’à la ville.
    • Poussons jusqu’à ce village, et là nous ferons une halte.
    • Ce tableau pousse au noir, Ses couleurs noircissent.
  21. (Intransitif) (Élevage) Avoir la respiration difficile, en parlant des chevaux.
    • Un cheval qui pousse.
    • Ce cheval pousse beaucoup.
  22. (Intransitif) (Familier) Exagérer, abuser.
    • Tu pousses un peu, là.
    • Faut quand même pas pousser.
  23. Exercer une contraction musculaire pour faciliter la défécation, l’accouchement.
    • Le petit poussait parce qu'il était constipé.
    • Allez-y, madame, poussez, je vois la tête.
  24. (Informatique) Envoyer un élément vers une machine distante.
    • Il reste maintenant à générer les fichiers compilés en appelant la configuration par son nom, puis ensuite on va pousser la configuration sur le nœud ciblé. — (IT-connect.fr, Installer et configurer le SNMP avec PowerShell DSC → lire en ligne)
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Pousser : définition du Littré (1872-1877)

POUSSER (pou-sé) v. a.

Résumé

  • 1° Ôter quelqu'un ou quelque chose de sa place, avec une idée d'effort et de violence.
  • 2° Pousser du coude, du genou.
  • 3° Faire reculer, quand celui qui pousse est en face ; faire avancer, quand celui qui pousse est par derrière.
  • 4° Communiquer un mouvement à un corps.
  • 5° Pousser des moulures.
  • 6° Dans l'escrime, pousser une botte.
  • 7° Faire sortir de la poitrine ou de la bouche.
  • 8° Exprimer par la parole avec force, avec ardeur.
  • 9° Lancer, en parlant d'une lueur qui est projetée.
  • 10° Faire connaître.
  • 11° Faire aller.
  • 12° Porter plus loin, étendre.
  • 13° Prolonger, faire durer.
  • 14° Fig. Porter, étendre, en parlant de choses intellectuelles, morales, abstraites.
  • 15° Appuyer, examiner à fond ; développer.
  • 16° Faire avancer quelqu'un, lui faciliter les moyens de faire fortune.
  • 17° Presser, en parlant d'animaux qu'on excite à courir.
  • 18° Fig. Engager fortement, induire, exciter.
  • 19° Presser quelqu'un, ne pas lui laisser de retraite, d'échappatoire.
  • 20° Entrer en lutte ; perdre, écraser.
  • 21° Pousser des vaches au lait. Pousser de nourriture.
  • 22° Pousser le feu.
  • 23° Faire monter le prix d'un objet.
  • 24° Produire, en parlant d'êtres vivants ou de parties d'êtres vivants.
  • 25° V. n. Faire effort pour déplacer.
  • 26° Faire effort par le poids, contre des constructions.
  • 27° Se porter, s'avancer sur, contre.
  • 28° Être poussif.
  • 29° Croître, se développer, en parlant de ce qui végète.
  • 30° Paraître, être produit, en parlant des dents.
  • 31° Se tenir, en parlant des couleurs qui s'altèrent par l'effet des couches de dessous.
  • 32° Avoir la pousse, en parlant du vin.
  • 33° V ; réfl. Se pousser, être poussé ; avancer en poussant les autres.
  • 34° Être continué avec assiduité.
  • 35° Avancer, faire fortune.
  • 36° Se pousser de nourriture.
  • 37° S'élever en haut.
  • 1Ôter quelqu'un ou quelque chose de sa place, avec une idée d'effort ou de violence. Pousser quelqu'un dans un précipice. Poussez-lui un fauteuil. Laissez-moi ce discours [Mme de Grignan avait dit que sa jeunesse était chose perdue] ; quand vous le faites, il me pousse trop loin, Sévigné, 17 juin 1685. Il y a bien du monde ; on nous pousse ; que j'aie l'honneur de vous donnez la main pour plus de sûreté, madame, Marivaux, Pays. parv. 5e part. Le moine me poussa dehors, ferma la porte…, Montesquieu, Lett. pers. 133. Qu'il m'eût poussé un peu plus fort, et il m'eût jeté à terre, Collé, Part. de chasse de Henri IV, III, 3.

    Fig. De cette sorte, sans faire de hautes exclamations, il [un courtisan calomniateur] persuade une âme timide, et pousse la crainte dans la cruauté, Guez de Balzac, De la cour, 5e disc. Une pensée, une affaire, une occupation pousse ce qui est devant elle ; ce sont des vagues, la comparaison du fleuve est juste, Sévigné, 13 juin 1685. Quand il [le temps] me déplaît… je le pousse à l'épaule… puis quand je pense à ce que je pousse… et sur quoi cela roule, et où cela me pousse moi-même… je n'ose plus rien pousser, Sévigné, 28 mars 1689. Cette recrue continuelle du genre humain, je veux dire les enfants qui naissent, à mesure qu'ils croissent et qu'ils s'avancent, semblent nous pousser de l'épaule, et nous dire : retirez-vous, c'est maintenant notre tour, Bossuet, Sermons, Mort, I. Famille auguste mais malheureuse que la piété et la religion avaient poussée jusqu'aux dernières épreuves de l'adversité, La Bruyère, Disc. à l'Académie française.

    fig. Il va comme on le pousse, se dit d'un homme qui obéit aux suggestions d'autrui.

    Fig. Va comme je te pousse, se dit d'une affaire qui va de soi et s'en qu'on s'en mêle. C'est maintenant qu'il faut dire : Va comme je te pousse ; vive l'amour, mon cher maître, Marivaux, Surpr. de l'amour, III, 5.

    Fig. Pousser le temps avec l'épaule, Voy. ÉPAULE.

    Pousser le temps, s'en débarrasser, se hâter le plus qu'on peut. Quand vous étiez à l'hôtel de Carnavalet…, je ménageais les heures, j'en étais avare ; dans l'absence, ce n'est plus cela, on ne s'en soucie point ; on les pousse même quelquefois, Sévigné, 10 janvier 1689.

    Terme de marine. Pousser la planche, faire glisser du navire à terre la planche au moyen de laquelle on pourra descendre du bâtiment sur le quai ou sur le rivage.

  • 2Pousser quelqu'un du coude, du genou, le toucher doucement avec le coude, le genou, pour l'avertir, lui faire prendre garde.

    On dit, dans le même sens, pousser, sans adjonction d'un mot. M. le Prince, quoique animé par le prince de Conti, qui le poussa, ce qui fut remarqué de tout le monde, comme pour le presser de s'en ressentir, ne s'emporta point, Retz, mém. t. III, liv. IV, p. 16, dans POUGENS. Je vois Mme de Gêvres qui dégante sa main maigre ; je pousse Mme d'Arpajon, elle m'entend et se dégante, Sévigné, 27.

  • 3Pousser, faire reculer, quand celui qui pousse est en face. Croyant qu'après que les ennemis auraient poussé ce régiment, quelque autre des nôtres voudrait les pousser eux-mêmes, Pellisson, Lett. hist. t. II, p.203. Ce vaillant homme, poussant enfin, avec un courage invincible, les ennemis qu'il avait réduits à une fuite honteuse, Fléchier, Turenne. Mentor, ayant achevé de mettre les ennemis en désordre, les tailla en pièces, et poussa les fuyards jusque dans les forêts, Fénelon, Tél. I.

    faire avancer, quand celui qui pousse est par derrière. J'allais de tous côtés encourager les nôtres, faire avancer les uns, et soutenir les autres, Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour, Corneille, Cid, IV, 3. Dès l'âge de vingt-six ans aussi capable de ménager ses troupes, que de les pousser dans les hasards, et de céder à la fortune que de la faire servir à ses desseins, Bossuet, Louis de Bourbon.

  • 4Communiquer un mouvement à un corps, en le jetant ou en le frappant. Pousser une balle avec la raquette. Troie en a vu la flamme [de Lesbos conquise], et jusque dans ses ports Les vents en ont poussé les débris et les morts, Racine, Iphig. I, 2. Les Zaporaviens, selon les lois se jetèrent les uns aux autres ce pauvre homme, comme on pousse un ballon, Voltaire, Russie, I, 17. Vous qui en savez tant, dites-moi pourquoi un corps en pousse un autre, Voltaire, Dict. phil. Mouvement. Ses pieds ont de larges rames, et ses grandes ailes, demi-ouvertes au vent, sont les voiles qui poussent le vaisseau, navire et pilote à la fois, Buffon, Ois. t. XVII, p. 8.

    Pousser un clou dans une muraille, dans du bois, l'y faire entrer en frappant dessus avec le marteau.

    Pousser la porte au nez de quelqu'un, la fermer au moment où il va entrer.

    Pousser la porte, signifie aussi la mettre près du montant, sans la fermer tout à fait.

  • 5 Terme d'arts. Pousser des moulures, les former sur le bois, le plâtre.

    Terme de charpentier. Pousser les marches, faire des moulures sur le devant des marches.

    Terme de menuiserie. Pousser à la main, travailler des moulures à la main.

    Terme de relieur. Prendre l'or avec le fer à dorer et l'appliquer sur la couverture du livre. Pousser des fers, des filets. Alors que vous poussez quelques riches dentelles, Laissez régner autour un filet privé d'or, Lesné, la Reliure, p.96.

  • 6 Terme d'escrime. Pousser une botte à quelqu'un, lui porter un coup de pointe.

    Absolument. Quand on pousse en quarte, on n'a qu'à faire cela ; et, quand on pousse une tierce, on n'a qu'à faire cela, Molière, Bourg. gent. III, 3. Tu me pousses en tierce avant que de pousser en quarte, et tu n'as pas la patience que je pare, Molière, ib.

    Fig. Poussez à Marcassus, poussez à Marcellus la métaphore, l'antithèse, l'hypotypose, Courier, Lettres au Censeur, X.

    Fig. et absolument. Pousser, lancer des arguments, des attaques. Beaumont pousse à Jean-Jacque, et Jean-Jacque à Beaumont, Voltaire, Épît. 101.

    Fig. Pousser une botte à quelqu'un, l'attaquer de paroles, le presser vivement.

    Par analogie. Les rieurs sont pour vous, madame, c'est tout dire ; Et vous pouvez pousser contre moi la satire, Molière, Mis. II, 5. Ah ! vous m'allez pousser un argument, Boissy, Français à Lond. sc. 16.

  • 7Faire sortir de la poitrine ou de la bouche. Après les avoir vus [les martyrs] d'un visage serein Pousser des chants aux cieux dans des taureaux d'airain, Rotrou, Saint-Genest, III, 5. Et, parmi les soupirs qu'il pousse vers les cieux, Corneille, Hor. I, 1. Dans un tel entretien il [un amant] suit sa passion, Et ne pousse qu'injure et qu'imprécation, Corneille, Poly. II, 1. Je pousserai des hurlements comme les dragons, et des sons lugubres comme les autruches, Sacy, Bible, Michée, I, 8. Il pousse du fond de sa tristesse des paroles entrecoupées de sanglots, qu'on n'entend qu'à demi, Massillon, Avent, Mort du péch.

    Fig. Pousser des soupirs pour une femme, lui témoigner l'amour qu'on a pour elle. Que dit-on des soupirs que je pousse pour elle ? Racine, Bérén. II, 2.

    Pousser se dit aussi des instruments qui rendent un son. Des flûtes au troisième [bateau], au dernier des hautbois, Qui tour à tour dans l'air poussaient des harmonies Dont on pouvait nommer les douceurs infinies, Corneille, le Menteur, I, 5.

    Pousser la voix, pousser la voix davantage (locutions vieillies), parler plus haut. La pythie poussait une voix plus qu'humaine, Fontenelle, Oracles, I, 12.

  • 8Manifester avec force, avec ardeur. On ne demande plus parmi eux si on est honnête homme, on demande si on pousse les beaux sentiments, Scarron, Lett. Œuvr. t. I, p. 170, dans POUGENS. Il faut qu'un amant, pour être agréable, sache débiter les beaux sentiments, pousser le doux, le tendre et le passionné, et que sa recherche soit dans les formes, Molière, Préc. 5. Il attirait les yeux de l'assemblée entière Par l'ardeur dont au ciel il poussait sa prière, Molière, Tart. I, 6. Il faut pousser ce désir avec toute la pureté de la nouveauté chrétienne, Bossuet, 4e serm. pour le jour de Pâques, I. ancer, en parlant d'une lueur qui est projetée. Pareil à ces éclairs qui, dans le fort des ombres, Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus sombres, Corneille, Hor. III, 1. Parti des murailles du ciel, un rayon pousse au loin dans le sein des ombres une douteuse et tremblante aurore, Chateaubriand, Génie, II, IV, 12.
  • 10Faire naître. Un moment pousse et rompt un transport violent ; Mais l'indignation qu'on prend avec étude, Augmente avec le temps, et porte un coup plus rude, Corneille, Pomp. IV, 1.
  • 11Faire aller. Rome… Va jusqu'en l'Orient pousser tes bataillons, Corneille, Hor. I, 1. Enfin il a poussé nos armes fortunées Jusques à vous réduire au pied des Pyrénées, Corneille, Sert. V, 1.
  • 12Porter plus loin, étendre. Il faut pousser cette allée jusque dans les champs. On a poussé la tranchée, la sape jusqu'à cent pas de la contrescarpe. Mme de la Fayette fait encore une augmentation à son appartement, qu'elle pousse jusque sur son jardin, Sévigné, 19 avr. 1680. Il [Alexandre] entra dans les Indes, où il poussa ses conquêtes plus loin que le célèbre vainqueur [Bacchus], Bossuet, Hist. III, 5. Étant allé voir un jour avec Mme d'Épinay ces ouvrages, nous poussâmes notre promenade un quart de lieu plus loin, Rousseau, Confess. VIII. Mlle du Châtelet m'apprit qu'en effet son amie avait passé à Lyon, mais qu'elle ignorait si elle avait poussé sa route jusqu'en Piémont, Rousseau, ib. IV.

    Terme de marine. Pousser une bordée, la prolonger plus qu'à l'ordinaire.

  • 13Prolonger, faire durer. Amphitryon, c'est trop pousser l'amusement ; Finissons cette raillerie, Molière, Amph. II, 2. Je ne pousserai point ce séjour-ci plus loin que le beau temps…, Sévigné, 21 septembre 1676. Le pauvre M. de Montausier est encore à l'extrémité, poussant son bon esprit au-delà de l'agonie, Sévigné, mai 1690, t. IX, p. 504, éd. RÉGNIER. Il vint chez elle du monde qui y demeura jusqu'au soir, selon l'ennuyeuse coutume de la campagne ; encore leur fut-on bien obligé, car la campagne leur donné aussi le droit de pousser leur visite jusqu'au lendemain, s'ils eussent voulu, Fontenelle, Mondes, 2e soir.

    Dans un langage rude et familier. Prolonger la vie d'un agonisant. Il s'adresse au père infirmier ; celui-ci lui dit… " Il y a un grand garçon qui n'a plus que deux heures à aller… " on tâchera de vous le pousser ", Diderot, Lett. à Mlle Voland, 1er déc. 1765.

    Étendre plus loin, en parlant d'un récit, d'annales. Pousser l'histoire de France jusqu'à la Révolution. Mais pour toute nouvelle on dit qu'il est vivant ; Aucun n'ose pousser l'histoire plus avant, Corneille, Héracl. II, 1. Si l'oracle de Delphe a été plus loin, du moins nous ne pouvons pas pousser plus loin son histoire, Fontenelle, Oracl. II, 3.

  • 14 Fig. Porter, étendre, en parlant de choses intellectuelles, morales, abstraites. Il a bien poussé sa fortune. C'est ce que vous répétez dans tous vos écrits, et que vous poussez jusqu'à dire : que j'ai tourné les choses saintes en raillerie, Pascal, Prov. X. Ma fille vous écrit, et vous parlera sans doute de l'inquiétude qu'elle a de son fils ; et, comme elle pousse toujours ses pensées au delà de la vérité…, Sévigné, à Guitaut, 26 mai 1681. Sans doute on pousse trop loin l'aversion de votre religion [le protestantisme] ; mais ne poussez-vous pas trop loin aussi les préventions de votre enfance ? Maintenon, Lett. à M. de Villette , 16 juill. 1684. Il ne faut pas pousser cette crainte trop loin, Fénelon, Tél. VIII. Il paraît… que les anciens avaient poussé la partie du dessin, du clair-obscur, de l'expression et de la composition, aussi loin que les modernes les plus habiles peuvent l'avoir fait, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, 1ere part. p. 197, dans POUGENS. Pousserons-nous assez loin la sincérité que nous nous sommes toujours prescrite, pour oser dire ici qu'il lisait jusqu'à des romans et y prenait beaucoup de plaisir ? Fontenelle, Saurin. Il [Platon] poussa son roman jusqu'à dire qu'autrefois les âmes humaines avaient des ailes, que les corps des hommes avaient été doubles, Voltaire, Philos. Établ. christ. III. Ils [Catherine II et le roi de Pologne] poussent l'un et l'autre la bonté jusqu'à me dire que mes faibles écrits n'ont pas peu contribué à leur inspirer ces sentiments [de tolérance], Voltaire, Lett. Christin, 14 mars 1767. Strafford poussa la vertu jusqu'à supplier lui-même le roi de consentir à sa mort, et le roi poussa la faiblesse jusqu'à signer cet acte fatal, qui apprit aux Anglais à répandre un sang plus précieux, Voltaire, Mœurs, 179. L'archevêque Péréfixe pousse jusqu'à cent mille le nombre des victimes frappées dans la proscription de Charles IX, Voltaire, Fragm. sur l'hist. X.

    Pousser ses succès, les continuer, les rendre plus décisifs.

    Pousser son travail, s'en occuper avec activité et continuité.

    Pousser des travaux, les faire avancer vers leur fin. Ils [les Samaritains] en obtinrent [du roi de Perse] un ordre qui portait défense aux juifs de pousser plus loin la construction de leur ville et de leur temple, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 336, dans POUGENS.

    Absolument et familièrement. Poussez, continuez. Pousse, mon cher marquis, pousse, Molière, Critique, 7. Allons, ferme ! poussez, mes bons amis de cour, Vous n'en épargnez point, et chacun a son tour, Molière, Mis. II, 5.

    Pousser les études, y donner plus d'extension que d'habitude. M. l'abbé de Gouvon était un cadet destiné par sa famille à l'épiscopat, et dont par cette raison l'on avait poussé les études plus qu'il n'est ordinaire aux enfants de qualité, Rousseau, Confess. III.

    Poursuivre avec activité. Quoique tous les parents consentent à ce mariage [de Mlle de Mazarin avec le marquis de Richelieu qui l'avait enlevée], le Mazarin ne laisse pas de pousser les informations [judiciaires], Sévigné, 23 déc. 1682.

    Pousser jusqu'au bout l'aventure, suivre jusqu'à sa conclusion quelque tentative, quelque affaire où on est engagé.

    On dit de même : pousser plus loin. L'Époux ne voulut point pousser plus loin la chose, La Fontaine, Coupe.

    Pousser sa pointe, poursuivre avec vigueur ce qu'on a commencé. Quoi qu'il en soit, poussons notre pointe, faisons demander la dame en mariage…, Lesage, Guzm. d'Alf. IV, 2.

    Pousser sa chance, sa fortune, tenter tout ce que la chance, la fortune offre actuellement. J'avais beau m'en défendre, il a poussé sa chance, Molière, Fâch. I, 1. Elle se rend à sa poursuite ; il pousse sa fortune ; le voilà surpris avec elle par ses parents, Molière, Scapin, I, 6.

    Pousser les affaires, aller en quelque chose jusqu'aux extrémités. Je crains que le pendard, dans ses vœux téméraires, Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires, Molière, École des f. II, 6.

    Pousser une affaire, se dit des affaires d'honneur dans lesquelles on ne fait aucun compromis. Et l'on m'a vu pousser dans le monde une affaire D'une assez vigoureuse et gaillarde manière, Molière, Mis. III, 1.

    On dit de même : pousser les choses. Voilà, mon gendre, comme il faut pousser les choses, Molière, G. Dand. I, 8.

    Pousser la chose ou les choses, les ramener à une extrémité. Je connaissais le parlement pour un corps qui pousserait tout sans mesure, Retz, Mém. t. I, liv. II, p. 23, dans POUGENS. N'allez point pousser les choses dans les dernières violences du pouvoir paternel, Molière, l'Av. V, 4. J'ai reçu votre plainte, et je sais tout cela ; Ne poussez point la chose, et tenez-vous-en là, Boursault, Mots à la mode, sc. 1. Voilà jusqu'où M. Jurieu pousse les choses par ses séditieux raisonnements, Bossuet, 5e avert. 32.

    Pousser les choses plus loin, renchérir sur ce qu'on avait fait ou dit jusqu'alors. Celles-ci [consciences] poussent encore les choses plus loin [que les consciences qui se glorifient de leurs défauts], Bossuet, Ét. d'orais. IV, 8.

  • 15Appuyer sur, examiner au fond. Nous sommes ici sur une matière que je serai bien aise que nous poussions, Molière, Critique, 7. Mais, mon père, qui voudrait pousser cela, vous embarrasserait, Pascal, Prov. IX. Assez instruit de vos maximes et bien résolu de les pousser autant que je croirai que Dieu m'y engagera, Pascal, ib. XVII.

    Développer. Si vous trouvez que je pousse un peu trop loin ce chapitre, c'est qu'il me tient au cœur par dessus toutes choses, Sévigné, 537. Plus je donne de force à mes raisons, et plus il pousse les siennes [de quitter le service] avec une volonté si déterminée…, Sévigné, 29 mars 1680. Là-dessus M. de Louvois entra sur ce même ton dans la plaisanterie ; cela fut poussé un quart d'heure fort agréablement, Sévigné, 30 juill. 1677. Poussez le parallèle, et vous verrez que vous êtes plus encore votre idole et votre divinité, que le Seigneur n'est le Dieu de ceux qui l'aiment et qui l'invoquent, Massillon, Carême, Prosp. tempor.

  • 16Faire avancer quelqu'un, lui faciliter les moyens de faire fortune. Métellus, si bon juge de valeur, le poussa [Marius] depuis aux premières charges de l'armée, Vertot, Révol. rom. IX, 390. Voici un jeune homme qui vous convient, qui est fort honnête garçon, que je pousserai, Marivaux, Marianne, 6° part. Tu as de l'esprit, de la littérature ; je te prônerai, je te servirai, je te pousserai, Picard, Marionnettes, IV, 4.

    Faire entrer dans une carrière. Le monde est plein d'artisans et surtout d'artistes qui n'ont point le talent naturel de l'art qu'ils exercent, et dans lequel on les a poussés dès leur bas âge, Rousseau, Ém. III.

    Pousser un élève, un écolier, lui faire faire des progrès. Il l'a poussé assez loin dans les mathématiques.

  • 17Presser, en parlant d'animaux qu'on excite à courir. Cela dit, il poussa son cheval à travers les champs, et son camarade le suivit, Scarron, Rom. com. I, 7. Lorsqu'il [Hippolyte] poussait son char dans la carrière, Barthélemy, Anach. ch. 53.

    Fig. et familièrement. Pousser son bidet, aller rapidement à son but. Moquez-vous des sermons d'un vieux barbon de père ; Poussez votre bidet, vous dis-je, et laissez faire, Molière, l'Ét. I, 2. Fig. Engager fortement, induire, exciter. Le roi sait quels motifs ont poussé l'un et l'autre, Corneille, Rodog. V, 4. La faim, l'occasion, l'herbe tendre et, je pense, Quelque diable aussi me poussant, La Fontaine, Fabl. VII, 1. Quel besoin si pressant avez-vous de rimer, Et qui diable vous pousse à vous faire imprimer ? Molière, Mis. I, 2. Les excès où le mépris de la religion ancienne et celui de l'autorité de l'Église ont été capables de pousser les hommes, Bossuet, Reine d'Angl. Dans le temple des juifs un instinct m'a poussée, Racine, Ath. II, 5. Jugez comme je serai une personne dangereuse, si je voulais les pousser à mal, Picard, Vieille tante, I, 8.

    Absolument. Jaloux des bons desseins qu'il tâche d'ébranler, Quand il ne les peut rompre, il pousse à reculer, Corneille, Poly. I, 1. Faites achat d'un vin qui pousse à vivre, Béranger, Mon tomb.

    Faire agir. Je sais par quels ressorts on le pousse, on l'arrête, Racine, Esth. III, 5.

    Conduire. Il y a été poussé par sa destinée, Molière, Scapin, I, 6.

  • 19Presser quelqu'un, ne pas lui laisser de retraite, d'échappatoire. J'étonnai un peu ma petite huguenote… je ne la poussai point sur le saint sacrement, Sévigné, 435. Et M. Fouquet, quoiqu'il ait trop appuyé sur cet endroit où on le pouvait pousser, il se trouve pourtant que par l'événement il aura bien dit, Sévigné, à Pompone, 24 nov. 1664. On ne sait point le véritable état de son affaire [ de M. de Luxembourg, sur les empoisonnements], ni sur quoi on le pousse, Sévigné, 14 févr. 1680. Puisque vous me poussez, je vous dirai que le désintéressement et la modération valent mieux qu'un peu de naissance, Fénelon, Dial. des morts mod. 17.

    Pousser à bout, ne pas laisser d'échappatoire. Ils n'ont rien épargné pour me pousser à bout ; Permettez qu'à mon tour, seigneur, je les y pousse, Boursault, ésope à la cour, V, 7. Poussons à bout l'ingrat, et tentons la fortune, Racine, Bajaz. IV, 4.

    Pousser à bout quelqu'un, se dit dans une discussion, quand on réduit quelqu'un à ne pouvoir répondre.

    Pousser à bout quelqu'un, l'irriter, à force d'abuser de sa patience. La reine, après tout, sachant ce que je puis, me pousse trop à bout, Corneille, Nicom. II, 3. Madame, en vérité, c'est le pousser à bout, Il pourra faire éclat, Hauteroche, les Appar. tromp. I, 13.

    On dit de même : pousser à bout la patience de quelqu'un. Je voudrais vous parler de tout ; Mais je fais mal et vers et prose, Et ne pousserais autre chose Que votre patience à bout, Bussy-Rabutin, Lett. t. V, p. 21, dans POUGENS. Mais puisque vous poussiez ma patience à bout, Une fois en ma vie il faut vous dire tout, Boileau, Sat. IX. Le roi… poussa à bout la patience des peuples, de sorte que tous ses sujets se trouvèrent disposés à une révolte générale, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IX, p. 325, dans POUGENS.

    Pousser à bout une chose, la pousser à toute extrémité. Vous croyez apparemment que les fautes ne sont plus fautes, pourvu qu'on les pousse à bout avec une pleine autorité, Fénelon, Dans BOSSUET Passages éclaircis, avert.

    Pousser quelqu'un à la dernière extrémité, le réduire à l'état le plus fâcheux. Je ne suis pas la première qui ait su recourir à de pareilles vengeances, qui n'ait pas fait difficulté de se donner la mort pour perdre ceux qui ont la cruauté de nous pousser à la dernière extrémité, Molière, G. Dand. III,8.

    Pousser quelqu'un de questions, de plaisanteries, l'interroger beaucoup, le plaisanter beaucoup.

  • 20Pousser quelqu'un, entrer en lutte avec lui, l'offenser. Il fait mauvais pousser tant de gens en colère, Corneille, Othon, V, 2. Et je ne sais pourquoi votre âme ainsi s'emporte, Madame, à me pousser de cette étrange sorte, Molière, Mis. III, 5. Je vous le dis encore, armé de ce qu'il a, Vous ne deviez jamais le pousser jusque-là, Molière, Tart. V, 3. Chicaneau : Vous me poussez. - La comtesse : Bon homme, allez garder vos foins, Racine, Plaid. I, 7. Ce n'est que mon éloquence [de moi, Cicéron] qui a causé ma mort ; et, si j'avais moins poussé Antoine, je serais encore en vie, Fénelon, Dial. des morts anc. 31.

    Perdre, écraser. Je ne sais si on voudra m'en croire ; mais il est vrai pourtant qu'au milieu de la joie que j'eus de me voir appuyé par de si puissants protecteurs, je ressentis une espèce de douleur de reconnaître qu'un homme à qui j'avais tant d'obligation, prince du sang, neveu du premier ministre, n'eût pas le pouvoir de pousser un domestique [lui, Cosnac, poursuivi par le prince de Conti, son maître, mais protégé par la reine mère, le roi et Mazarin], Cosnac, Mémoires, t. I ; p. 242.

  • 21 Terme de nourrisseur. On pousse les vaches au lait, lorsqu'on prolonge activement la lactation pendant un an environ, au lieu de six à sept mois, terme moyen de sa durée dans les pays où l'on fait des élèves.

    familièrement. Pousser quelqu'un de nourriture, le faire trop manger. Il est poussé de nourriture, il a trop mangé.

  • 22Pousser le feu, le rendre plus vif, activer la combustion. M. Needham vous avez objecté qu'en poussant trop le feu, vous aviez altéré l'air des vases…, Bonnet, Lett. div. t. XII, p. 6, dans POUGENS.
  • 23Faire monter le prix d'un objet par des enchères. C'est M*** qui a si extravagamment poussé ce bijou, Mme du Deffant, Lett. à H. Walpole, t. III, p. 228, dans POUGENS.
  • 24Produire, en parlant d'êtres vivants ou de parties d'êtres vivants. La vigne pousse beaucoup de bois. Cet arbre pousse des rejetons nouveaux. Quand on dit que la terre pousse beaucoup d'herbe ou qu'une branche a poussé un grand rejeton…, Bossuet, Lib. arb. 9. Je vis le même individu [polype] laissé dans l'eau pure pousser successivement douze têtes, après avoir été mutilé onze fois dans sa partie antérieure, Bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. V, p.330, dans POUGENS.

    Pousser les dents, se dit du travail de la dentition. Quand les enfants n'ont pas la force de les pousser [les dents] dans le temps, ils n'ont pas celle de soutenir le mouvement qui les veut faire percer toutes à la fois, Sévigné, 16 juill. 1677.

    Pousser ses dents, se dit d'un cheval dont les dents qui succèdent aux dents de lait commencent à paraître.

    Pousser le rouge, voy. ROUGE.

  • 25V. n. faire effort pour déplacer. Vous poussez bien rudement.

    Fig. Pousser à la roue, aider.

  • 26 Terme d'architecture. Faire effort, par le poids, contre des constructions. La voûte a poussé sur les murs. Les terres poussent contre le mur de la terrasse.

    Le mur pousse en dehors, il se jette en dehors et menace ruine. Il pousse au vide, il fait ventre.

  • 27Pousser, se porter, s'avancer sur, contre. Il pousse dans nos rangs, il les perce et fait voir Ce que peut la vertu qu'arme le désespoir, Corneille, Pomp. V,3. Hippolyte lui seul,… saisit ses javelots, Pousse au monstre, et d'un dard lancé d'une main sûre Il lui fait dans le flanc une large blessure, Racine, Phèdre, V, 6. Il ne part pas un lièvre que vous ne poussiez après, Hamilton, Gramm. 4.

    Pousser aux ennemis, aller aux ennemis pour les charger ( locution vieillie et qui ne se disait que de la cavalerie).

    Pousser jusqu'à un lieu, aller jusqu'à ce lieu. Si absolument vous voulez pousser jusqu'à Essonne, épargnez-vous au moins de faire quatorze lieues en un jour, Sévigné, 9 oct. 1687. J'avais envie de pousser jusque à la vedette, Hamilton, Gramm. 5. J'ai poussé jusqu'au bout de la grande avenue, Collin D'Harleville, Optimiste, I,2.

    Terme de marine. Pousser au large, s'écarter d'un quai, d'un bâtiment, etc. étant dans une embarcation.

    Pousse au large, commandement fait à une embarcation qu'on veut faire déborder, qu'on veut repousser loin du navire qu'elle se prépare à accoster.

    Pousser de fond, faire effort contre le fond avec des avirons, gaffes ou perches.

    La mer pousse du fond, lorsque, par son agitation, elle remue un fond mobile, rapproché, et qu'elle se charge de ses parties les plus légères.

  • 28En parlant des chevaux poussifs, battre des flancs. Ce cheval pousse beaucoup.
  • 29Croître, se développer, en parlant de ce qui végète. Ces fleurs poussent déjà. Il ne pousse que des ronces dans son champ. Les blés ont bien poussé cette année.

    Par analogie. Sa barbe, ses cheveux, ses ongles ont beaucoup poussé pendant sa maladie.

    Il se dit aussi d'enfants qui grandissent. Pauvres enfants ! chacun d'eux pousse Frais comme un bouton printanier, Béranger, Jeanne la Rousse.

  • 30Paraître, être produit, en parlant des dents des enfants. Ses dents commencent à pousser. Il lui a poussé une dent.
  • 31 Terme de peinture. Se dit des couleurs qui ternissent l'éclat et la fraîcheur de celles avec lesquelles elles sont rompues ou que l'on a couchées par-dessus. La terre d'ombre et les noirs poussent beaucoup.

    Ce tableau pousse au noir, les couleurs en noircissent. Les tableaux de Géricault poussent au noir.

  • 32Devenir malade de la pousse, en parlant du vin. Ce vin pousse, a poussé.
  • 33Se pousser. V. réfl. Être poussé. Leurs années [des mortels] se poussent successivement comme des flots, Bossuet, Duch. d'Orl.

    Avancer, en poussant les autres. Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, Boileau, Sat. VI. Tout en chancelant, je me pousse jusqu'au chalet de monseigneur, Béranger, Hab. de cour. Chacun se lance ; non, à la cour on se glisse, on s'insinue, on se pousse, Courier, Lett. VIII.

  • 34Être continué avec activité. Le siège de Trèves se pousse vivement, Sévigné, 210.

    Être porté à un certain point, en parlant de choses. Cela [une discussion] se pousse fort loin et fort agréablement, Sévigné, 15 sept. 1680. Cela se pousse si avant, que par cette légère faute l'âme périrait…, Bossuet, Ét. d'orais. V., 3. Je prendrai un grand intérêt à la brouillerie que vous m'apprenez être survenue entre Saurin et Lamotte, si elle se poussait assez avant pour obliger ce dernier à démasquer son très digne ami, ce père spirituel en Lucifer, Rousseau J.-B. Lett. à Boutet, 15 juillet 1715.

  • 35Avancer, faire fortune. On sait que ce pied-plat… par de sales emplois s'est poussé dans le monde, Molière, Mis. I, 1. L'ambitieux fait consister toute sa sagesse à ne pas manquer une occasion de se pousser aux honneurs du monde, Bourdaloue, Instruct. Prudence du salut, Exhort. t. II, p.425. L'âge viril, plus mûr, inspire un air plus sage, Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, Boileau, Art p. III. Te voilà devenu habile garçon ; il faut songer à te pousser, Lesage, Gil Bl. I, 1. Je serais privé de la protection… de MM. les comédiens ordinaires du roi, et je serais obligé d'aller travailler au feuilles de M. Fréron, pour me pousser dans le monde, Voltaire, Lett. d'Argental, 19 janv. 1772.
  • 36Se pousser de nourriture, manger beaucoup.
  • 37S'élever en haut (emploi vieilli). Autant que ce grand arbre s'était poussé en haut, autant semblait-il avoir jeté en bas de fortes et profondes racines, Bossuet, Sermons, ambition, 2.

REMARQUE

On disait au XVIIe siècle : « Pousser est nouveau dans une certaine signification : pousser les gens à bout ; ne me poussez pas ; pousser une matière ; cela est trop poussé, », Bouhours, Entr. d'Ariste et d'Eug. II.

HISTORIQUE

XVe s. Dura le grand estour [combat] et le poulsis plus de trois heures… lançant et gettant dardes, et poulsans l'un sur l'autre, Froissart, dans DU CANGE, pulsatus.

XVIe s. Pyrrhus, se confiant plus à la faveur de fortune qu'au discours de la raison, poulsa oultre contre le bataillon des Macedoniens, Amyot, Pyrrh. 57. Il s'en alla en diligence la part où il gisoit, et le trouva qu'il poulsoit encore [respirait], et n'avoit pas perdu toute cognoissance, Amyot, Eumènes, 14. En touchant et tastant l'umbilic dudict enfant, lequel sentiras poulser et battre l'artere umbilicale, s'il a vie, Paré, t. II, p. 632. Avec les dents naissent les aigneaux, lesquelles ils poulsent à mesure de leur aage, De Serres, 317. Le vin… jusques à s'enaigrir et pousser, De Serres, 215. [La terre] Et, en lieu de donner des moissons abondantes, Ne poussoit que chardons et qu'espines mordantes, Ronsard, 721. La mer se poulse si fort vers eux, qu'ils ont perdu quatre lieues de…, Montaigne, I, 232. Poulser le mespris de la mort jusques à…, Montaigne, I, 250. Les mauvais moyens pai où on s'y poulse [aux emplois] en nostre siecle, Montaigne, I, 273. Il n'y a que mal qui coule, que mal qui se prepare, et le mal pousse le mal, comme la vague pousse l'autre, Charron, Sagesse, I, 36. Desquels vins bien scuvent la pluspart se gaste, tourne et aigrist… lesdits marchands pourroient convertir en vinaigres tant leurs dits vins amers poulsez et estonnez, que les lies qu'ils auront, Ordonn déc. 1585. Bien poulsé longuement chancelle, Cotgrave Un clou sert à poulser l'autre, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

POUSSER
21Ajoutez :

Pousser d'orge un cheval, lui faire manger beaucoup d'orge. On retirait les chevaux de la charrue et on les poussait d'orge ; on réparait les armes, on achetait des armes, de la poudre, Journ. offic. 23 avril 1875, p. 2938, 3e col.

HISTORIQUE

Ajoutez : XIIe s. Bernart saisirent li premier ; Mais trop fu grefs lor acointier ; Si li ostent le chaperon, Que la gole soz le menton Li unt estreinte e si enpeint Que par un poi nel unt estaint ; Poussent, fierent, grant mal li funt, Benoit de Sainte-Maure, Chronique, t. II, p. 477, V. 29133.

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Pousser : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

POUSSER, v. act. (Gram.) faire effort contre quelque chose pour le déplacer. Ce verbe a un grand nombre d’acceptions différentes. On est poussé dans la foule. On pousse une chaise qui nous gêne. On pousse fortement une balle. On pousse un cheval. On pousse son travail, ses conquêtes. On se pousse dans le monde. On pousse à-bout un homme par de bons & de mauvais raisonnemens. On pousse des cris & des vœux, &c.

Pousser, v. act. (Archit.) on dit qu’un mur pousse au vuide, lorsqu’il boucle ou fait ventre.

Pousser à la main ; c’est couper les ouvrages de plâtre faits à la main, & qui ne sont pas traînés, & tailler des moulures sur de la pierre dure.

Pousser est aussi un terme de menuiserie ; & on entend par-là travailler à la main des balustres, moulures, &c. (D. J.)

Pousser, v. act. terme de Doreur sur cuir ; on dit en terme de doreur sur cuir, & de doreur-relieur, pousser les filets, pousser des nervures, &c. pour signifier, former sur le cuir ces sortes d’ornemens, en y appliquant de l’or en feuilles par le moyen de petits fers à dorer.

Pousser au trou, v. n. terme de Carrier ; c’est conduire la pierre sur les boules ou rouleaux jusqu’au-dessous du trou où l’on doit la brider avec le cable & son crochet, pour la tirer ensuite sur la forme de la carriere par le moyen de la roue & de son arbre.

Pousser, (Maréc.) se dit du cheval qui a la pousse, voyez Pousse.

Pousser son cheval, se dit du cavalier qui presse son cheval au galop, & le fait aller très-vîte. Pousser ses dents, c’est la même chose que mettre ses dents, voyez Mettre.

Pousser, (Marine.) pousser & porter se disent du vent. Nous fîmes route par la baie avec la brise de l’est qui nous poussa.

Pousser, voyez Barre de gouvernail. Pousser un bateau avec le croc ou la gaffe.

Pousser, en terme de Piqueur en tabatiere, c’est garnir des étuis de clous d’argent, ou autre matiere par le moyen du poussoir.

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Pousser : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « pousser » les plus populaires.

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Étymologie de « pousser »

Étymologie de pousser - Wiktionnaire

Du latin pulsare (→ voir pouls, pulser et pulsion), fréquentatif de pellere (« battre, frapper, heurter. »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de pousser - Littré

Prov. pulsar : ital. pulsare ; du lat. pulsare, frapper fréquemment, dérivé de pulsum, supin de pellere, choquer, battre, rattaché par Corssen (Beitr. 308) à la racine sanscrite sphar pour spar, agiter, secouer.

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Phonétique du mot « pousser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pousser puse play_arrow

Conjugaison du verbe « pousser »

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Citations contenant le mot « pousser »

  • Que vous souhaitiez un citronnier en pot, un oranger en pleine terre ou inversement, vous vous apprêtez à inviter un peu d’exotisme chez vous. Mais ne fait pas pousser un agrume qui veut… Sauf avec consoGlobe ! ConsoGlobe, Faire pousser un citronnier ou un oranger au jardin ou sur son balcon
  • Lui, Sylvia Meriles et Jean-Philippe Vézina travaillent par ailleurs de concert pour faire connaître leur offre. « Pour nous, l’avenir est de mettre en commun nos forces », affirme-t-il. Une façon aussi, selon lui, de valoriser le travail des agriculteurs. « Parce qu’on ne fait pas juste pousser des légumes, conclut-il. L’agriculture, c’est la base de ta culture ! » Le Devoir, Faire pousser ses racines | Le Devoir
  • Mais est-ce que plus de pistes cyclables et d’infrastructures pour la mobilité douce suffiront à pousser les automobilistes à sauter le pas et passer au vélo ?  Moustique.be, Mobilité : comment pousser les automobilistes à passer au vélo ? | Moustique.be
  • https://www.capital.fr/votre-carriere/conges-dete-faut-il-pousser-ses-collaborateurs-a-prendre-des-conges-1376441 Capital.fr, Vacances d'été : faut-il pousser ses collaborateurs à prendre des congés ? - Capital.fr
  • Ce qui aurait pu se terminer en terrible drame, vendredi, a été évité de justesse, grâce à l’intervention de voyageurs. Une femme de 40 ans a tenté de pousser une jeune mère et son bébé sur les rails du RER, à Cachan. CNEWS, Elle tente de pousser un bébé et sa mère sur les rails du RER | CNEWS
  • Bien des hommes acceptent d'être cocus s'il doit leur pousser des cornes d'abondance. De Gilbert Cesbron
  • Si tu n'est pas né avec des ailes, ne fais rien pour les empêcher de pousser... De Anonyme
  • Les idées sont des graines de lotus, elles ne dorment que pour mieux pousser. De Fatou Diome / Le Ventre de l’Atlantique
  • A l'automne les arbres font des stripteases pour faire pousser les champignons. De Patrick Sébastien / Carnet de Notes
  • On préfère plutôt regarder les fleurs pousser que d'être jardinier. De Marc Gendron / Les Espaces glissants
  • Les portes de l'avenir sont ouvertes à ceux qui savent les pousser. De Coluche / Revue de presse - 1980
  • Quelles choses peuvent donc bien pousser sur le terrain de la dure réalité ? De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • Ecrire, c'est aussi inspirer autrui, le pousser vers sa ressemblance, vers sa préférence. De Jean Cayrol / Ecrire
  • Qui jette des orties chez son voisin les verra pousser dans son jardin. De Proverbe russe
  • Juif, c'est pas une religion ! Aucune religion ne fait pousser un nez comme ça ! De Serge Gainsbourg
  • Réaliser des esquisses revient à planter des graines pour faire pousser des tableaux. De Vincent Van Gogh
  • Même si le gnou mange l'herbe, elle continue de pousser. De Proverbe congolais
  • Le meurtre parfait est de pousser l'autre au suicide... De Nathalie Delourme
  • Les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri. De René Char / Fureur et mystère
  • Allez, sème, sème et Dieu fera pousser. De Léon Tolstoï

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Traductions du mot « pousser »

Langue Traduction
Corse spinta
Basque bultzada
Japonais 押す
Russe от себя
Portugais empurrar
Arabe إدفع
Chinois
Allemand drücken
Italien spingere
Espagnol empujar
Anglais push
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Synonymes de « pousser »

Source : synonymes de pousser sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « pousser »


Mots similaires