Lever : définition de lever


Lever : définition du Wiktionnaire

Verbe

lever \lə.ve\ ou \lve\ voix active, transitif, 1er groupe (voir la conjugaison) (voix passive : être levé(e)s) (voix pronominale : se lever)

  1. Faire qu’une chose soit plus haut qu’elle n’était.
    • Depuis deux heures Rabalan travaillait avec acharnement. Son casse-pierres se levait et s’abaissait en un mouvement rythmique, sur les cailloux. — (Octave Mirbeau, Rabalan,)
    • A l’en croire, c’était lui qui dansait, qui levait la jambe, qui se dandinait, tellement il se donnait de mal pour communiquer à ces merveilleuses mais stupides créatures un peu du feu sacré dont il les prétendait dépourvues. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Levez la lampe plus haut.
    • Cet objet est si pesant qu’on ne saurait le lever de terre.
    • Lever la bonde d’un étang, la pale d’un moulin.
    • Lever la vanne d’une écluse.
    • Une femme qui lève son voile.
  2. Redresser une personne ou une chose qui était dans une position horizontale.
    • Lever un enfant sur ses pieds, un malade sur son séant.
    • Lever un pont-levis, une herse.
    • Lever l’abattant d’un meuble.
  3. (Figuré) Porter.
    • Je levais une belle toge blanche.
  4. (Par extension) Aider quelqu’un à sortir du lit et à s’habiller.
    • Son valet de chambre le lève, est allé le lever.
  5. (Chasse) Faire partir un gibier de son gîte, de sa cachette.
    • Sur le chemin du retour Djinn leva deux lapins et une outarde, que nous fléchâmes aussi, enrichissant notre tableau de chasse en le diversifiant. — (Laurent Sauphanor, Mona raconte Lisa, chez l'auteur/Iggybook, 2018)
  6. (Par extension) Réussir à séduire une femme.
  7. Pour une prostituée, réussir à convaincre un client.
    • Embêté par une vieille putain fardée qui s'était mis en tête de me lever. — (Jehan Rictus, Journal quotidien, cahier 143, page 149, 15 juillet 1930)
  8. (Figuré) (Familier) Être le premier à soulever une question embarrassante ou un fait dissimulé.
    • Ce journaliste venait de lever une sinistre affaire.
  9. (Figuré) (Familier) Ramasser au hasard.
    • Se finir avec un film X dans une chambre d’hôtel plutôt que de lever une pute… — (Le journal de Max, 2004).
  10. Ôter, enlever, retirer, écarter.
    • Le chirurgien a levé le premier appareil.
    • Lever le scellé ou les scellés. — Lever le couvercle d’une marmite.
  11. (Pêche) Retirer de l’eau
    • Lever des filets, des lignes.
  12. (Jardinage) Arracher, avec la portion de terre qui tient à leurs racines, afin de les transplanter, en parlant d’un arbre, d’une plante.
  13. (Figuré) Faire cesser, écarter, dissiper.
    • Le rachat de Red Hat doit donc jouer un grand rôle en levant les hésitations des entreprises, qui craindraient la nature propriétaire des clouds concurrents. — (Next INpact, IBM rachète Red Hat pour conquérir le cloud hybride, 29 octobre 2018 → lire en ligne)
  14. (Figuré) Révoquer.
    • Lever les défenses, la consigne.
    • Lever l’interdit, l’excommunication, une opposition.
    • La première répartition, en 2011, a été mise en pièces par le rachat de SFR par Numericable, qui a décidé de geler les déploiements fibre en 2014 pour moderniser son réseau câble, jugé équivalent. L'année suivante, l'Autorité de la concurrence a donc levé l'exclusivité de SFR sur ses communes câble abandonnées, soit environ 3 millions de lignes (10 % de celles attendues sur toute la France d'ici 2022), dont le déploiement revenait donc à Orange. — (Guénaël Pépin, L’État brandit fièrement des engagements flous sur la fibre, un nouvel observatoire 4G, Next INpact → lire en ligne)
  15. Couper une partie sur un tout, surtout en parlant des étoffes.
    • Lever sur la longueur de la toile de quoi faire les poignets des chemises.
  16. (Cuisine) Couper un membre ou quelque partie d’un animal qui sert à la nourriture.
    • Lever un aloyau.
    • Lever une épaule, un gigot de mouton.
    • Lever une cuisse, une aile de poulet.
  17. Percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter.
    • Lever les impôts, des impôts.
    • On lève un droit sur cette denrée.
    • Lever les rentes seigneuriales, la dîme.
  18. (En particulier) Emprunter des fonds.
    • Netflix a annoncé son souhait de lever 2 milliards de dollars de dettes sur les marchés dans les prochaines semaines. — (Next INpact, Netflix veut emprunter 2 milliards de dollars pour du contenu, 23 octobre 2018 → lire en ligne)
  19. (Militaire) Enrôler et armer.
    • Lever des soldats, une compagnie, un régiment, des troupes, une armée,
  20. (Droit) Se faire délivrer l’expédition d’un arrêt, d’une sentence, d’un acte.
    • Lever un acte chez un notaire.
  21. (Topographie) Mesurer pour tracer un plan.
    • Lever le plan d’un terrain, d’une propriété, d’une place.
  22. (Intransitif) Commencer à pousser et à sortir de terre, en parlant des plantes, des graines.
    • Les blés commencent à lever.
  23. (Intransitif) (Cuisine) Fermenter en parlant de la pâte.
    • Le levain fait lever la pâte.
    • La pâte commence à lever.
  24. (Pronominal) Se dresser, se mettre debout sur ses pieds.
    • Se lever de son siège.
    • Levez-vous de là, ce n’est pas votre place.
    • Les deux disciples ne construisent par un sanctuaire sur le lieu de leur expérience révélatrice. Ils veulent communiquer leur découverte et partager leur joie. Aussi leur premier geste consiste-t-il à « se lever ». Verbe peu banal puisqu'il s'agit d'un des deux verbes du Nouveau Testament qui disent la résurrection. — (Bruno Chenu, Disciples d'Emmaüs, Bayard, Paris, 2003, p. 80)
    • Quand il entra, on se leva pour lui faire honneur.
  25. (Pronominal) Quitter une position assise pour partir, à table, au bureau, dans une assemblée.
    • Se lever de table avant la fin du repas.
    • Se lever pour une proposition, contre une proposition, dans une assemblée délibérante, pour l’admission ou le rejet d’une proposition.
  26. (Pronominal) (Figuré) se soulever, s’insurger.
    • Pas une goutte de sang n’avait été versée ; l’empire s’était écroulé tout seul ; personne ne se leva pour le défendre, nul n’osa protester. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
  27. (Pronominal) (Absolument) Sortir du lit.
    • Madame C*** se levait ordinairement vers les cinq heures du matin pour aller se promener dans un petit bosquet au bout de son jardin. — (Anonyme, Thérèse philosophe, 1748)
    • Bakounine se levait tard, nous ne pouvions donc nous rendre chez lui que vers les dix heures. — (Debagori-Mokrievitch, Souvenirs sur Bakounine, traduits par Marie Stromberg, La Revue blanche, 1895)
    • Comme aux longs jours, on s’était couché tard pour se lever matin. — (Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 17)
  28. (Pronominal) Commencer à paraître sur l’horizon, en parlant du soleil et des astres.
    • Au même moment le soleil se couchait derrière les hautes montagnes pour se lever presque aussitôt, il incendia la côte Nord du Sund et colora d’un rose tendre et féerique la splendide ligne des glaciers de la rive Sud. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Je fus aidé par la clarté de la lune qui venait de se lever doucement sur le lagon à peine ridé entre les îles Tupua et Porapora. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil; t.1, de New-York à Tahiti, 1929)
  29. (Pronominal) (Par extension) Commencer à poindre, en parlant du jour.
    • Le jour se lève de bonne heure dans ce mois-ci.
  30. (Pronominal) (Par analogie) Commencer à souffler, en parlant du vent.
  31. (Pronominal) (Par analogie) Devenir moins maussade, en parlant du temps.
    • Sur toute l’Ardenne, le temps s’était levé. Le ciel était bleu éblouissant, la neige étincelait au soleil. — (Georges Blond, L’Agonie de l’Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.155)
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Lever : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LEVER. (Je lève; nous levons.) v. tr.
Faire qu'une chose soit plus haut qu'elle n'était. Levez la lampe plus haut. Cet objet est si pesant qu'on ne saurait le lever de terre. Lever la bonde d'un étang, la pale d'un moulin. Lever la vanne d'une écluse. Lever la crémaillère d'un cran, de deux crans. Lever les glaces d'une voiture. Levez le pied de ce cheval. Lever la visière d'un casque. Une femme qui lève son voile. À la messe, le prêtre, après la consécration, lève l'hostie. Lever la tête. Il a la mauvaise habitude de lever les épaules en marchant. Lever les mains au ciel. Quand on prête serment devant un juge, il faut lever la main. Levez la main et dites la vérité. Aller partout tête levée, la tête levée, le front levé, Aller partout sans rien craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun affront. Fig., Prendre quelqu'un au pied levé, Faire une demande à quelqu'un, sans lui donner le temps de la réflexion. Voter par assis et levé, Manifester son vote, dans une assemblée délibérante, en se levant ou en restant assis.

SE LEVER signifie Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. Se lever de son siège. Levez-vous de là, ce n'est pas votre place. Quand il entra, on se leva pour lui faire honneur. Par analogie, Se lever de table, Quitter la table après ou pendant le repas. Se lever pour une proposition, contre une proposition, Se lever, dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou le rejet d'une proposition. Lever la toile, le rideau, Lever la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs. Lever les yeux au ciel, Tourner les yeux vers le ciel. Lever les yeux sur quelqu'un, Le regarder. Fig., Il n'ose pas lever les yeux, se dit de Quelqu'un qui, ayant quelque reproche à se faire, craint de voir et d'être vu. Fig., Lever les yeux sur..., Aspirer à, prétendre à. Il osa lever les yeux sur un trop beau parti. L'ambitieux osa lever les yeux jusque sur la couronne. Lever la main sur quelqu'un, Se mettre en état de le frapper. Ne pas lever la main, le doigt, le petit doigt, se dit pour Refuser de faire le moindre effort. Il ne lèverait pas le doigt pour vous obliger. Fam., Lever le pied, S'enfuir subitement et secrètement, pour cause de mauvaises affaires et par crainte de poursuites. Fam., Lever les épaules, Témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. C'est à faire lever les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à lever les épaules. On dit plus souvent Hausser les épaules. Fig., Lever la tête, S'enorgueillir, s'en faire accroire. Il commence à lever la tête et à vouloir faire l'important. Il signifie aussi Se montrer, paraître avec plus de hardiesse. Fig., Lever l'étendard, Se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Lever l'étendard de la révolte. Lever l'étendard contre quelqu'un, Se déclarer ouvertement contre lui. Prov. et fig., Cela lève la paille, s'est dit d'une Chose singulière, extraordinaire ou décisive. Lever le cœur, Causer des nausées. Cette odeur est intolérable : elle lève le cœur, elle fait lever le cœur. On dit aussi au figuré Cela lève le cœur, Cela révolte, cela fait éprouver un grand mépris, un violent dégoût. On dit plus souvent dans les deux sens Soulever le cœur.

LEVER signifie aussi Redresser une personne ou une chose qui était dans une position horizontale. Lever un enfant sur ses pieds, un malade sur son séant. Lever un pont-levis, une herse. Lever l'abattant d'un meuble. Lever quelqu'un, L'aider à se lever et à s'habiller. Son valet de chambre le lève, est allé le lever. Absolument, Se lever, Sortir du lit. Il se lève de bon matin. Il se lève bien tard. Il se porte mieux, mais il ne se lève pas encore. Il n'est pas encore levé. Fig., Il faut se lever bien matin pour l'attraper, Il est très fin, très difficile à tromper. Intransitivement, Faire lever un lièvre, faire lever des perdrix, Faire partir un lièvre, faire partir des perdrix. On dit aussi Lever un lièvre, lever des perdrix. Fig. et fam., Lever le lièvre. Voyez LIÈVRE. Il signifie encore Ôter, enlever, retirer, écarter. Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé ou les scellés. Lever le couvercle d'une marmite. Lever un corps, Procéder à l'enlèvement d'un corps mort par autorité publique. On trouva un homme tué dans la rue, et la justice envoya lever le corps. En termes de Jardinage, Lever un arbre, une plante en motte, Arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient à leurs racines, afin de les transplanter. Fig., Lever le masque, Agir sans feinte après avoir tenu quelque temps une autre conduite pour donner le change. Il signifie aussi Se montrer tel qu'on est réellement. Cet hypocrite a enfin levé le masque. En termes de Marine, Lever l'ancre, Retirer l'ancre ou les ancres qu'on avait jetées pour arrêter le vaisseau. Toute la flotte leva l'ancre et mit à la voile. En termes de Pêche, Lever des filets, des lignes. En termes d'Imprimerie, Lever la lettre, Prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins et les arranger dans le composteur pour en former des mots et des lignes. Fig., Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule, Faire cesser une difficulté, un empêchement, écarter un obstacle, dissiper des doutes, un scrupule. Fig., Lever les défenses; lever l'interdit, l'excommunication; lever une opposition; lever la consigne, etc., Révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc. Lever le siège d'une place, Retirer les troupes qui la tenaient assiégée. Lever le camp, en parlant d'une Armée, quitter l'emplacement de repos et se mettre en marche. Lever la garde, lever la sentinelle, Retirer des soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en faction. On dit plutôt relever. Lever la séance, Déclarer que la séance est terminée, que les membres de l'assemblée doivent se séparer. La séance est levée. Le directeur de l'Académie a levé la séance en signé de deuil. En termes de jeu de Cartes, Lever les cartes, ou Lever la main, Faire la main, enlever les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. J'ai déjà levé deux mains, trois mains.

LEVER signifie aussi Couper une partie sur un tout. Il se dit principalement en parlant des Étoffes. Lever sur la longueur de la toile de quoi faire les poignets des chemises. Il se dit également en parlant des Animaux qui servent à la nourriture et dont on coupe un membre ou quelque partie. Lever un aloyau. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever une cuisse, une aile de poulet. Il signifie en outre Percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter. Lever les impôts, des impôts. On lève un droit sur cette denrée. On a dit de même autrefois Lever les rentes seigneuriales, la dîme. Lever des soldats, une compagnie, un régiment, des troupes, une armée, Enrôler des soldats, mettre des troupes sur pied, mettre une armée sur pied. En termes de Droit, Lever un arrêt, une sentence; lever un acte chez un notaire, S'en faire délivrer une expédition. Lever le plan d'un terrain, d'une propriété, d'une place, Prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, le tracer.

LEVER est aussi intransitif et se dit des Plantes, des graines qui commencent à pousser et à sortir de terre. Les blés commencent à lever. Il se dit aussi de la Pâte qui fermente. Le levain fait lever la pâte. La pâte commence à lever.

SE LEVER se dit aussi du Soleil et des astres qui commencent à paraître sur l'horizon. Le soleil en tel mois se lève à telle heure. Le soleil est levé. La lune se lèvera bientôt. On dit dans ce sens Le jour se lève de bonne heure dans ce mois-ci. Par analogie, Le vent se lève, Il commence à souffler.

Lever : définition du Littré (1872-1877)

LEVER (le-vé. La syllabe le prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je lève, je lèverai) v. a.
  • 1Placer dans une situation plus haute ce qui est étendu, pendant, etc. Levez cela davantage. On leva la poutre en l'air. Le succin frotté lève la paille. Cela est si pesant, qu'on ne saurait le lever de terre. Théodose, apprenant ces heureuses nouvelles, leva les mains au ciel, Fléchier, Hist. de Théod. III, 113. Déjà pour la saisir Calchas lève le bras, Racine, Iphig. V, 6. Et j'ai trop tôt vers toi [Neptune] levé mes mains cruelles [je t'ai trop tôt imploré], Racine, Phèdre, V, 5.

    Fig. …Quand le cœur, de ses ennuis pressé, Lève à peine le poids dont il est oppressé, Ducis, Oth. II, 1.

    Lever la main, lever le bâton, lever le sabre sur quelqu'un, se mettre en devoir de le frapper. Ce sera un homme fier et sauvage ; il lèvera la main contre tous et tous lèveront la main contre lui [Ismaël], Sacy, Bible, Genèse, XVI, 12. Quelque mauvais que soit un fils, peut-il lever la main sur son père ? Lesage, Diable boit. ch. 7, dans POUGENS. On m'avait toujours dit que ce fut un Thébain Qui leva sur son prince une coupable main, Voltaire, Œdipe, I, 3. Se pourrait-il qu'un frère, élevé dans mon sein, Pour mieux servir son roi, levât sur moi sa main ? Voltaire, Adél. du Guesclin. I, 3.

    Lever la main, la dresser en l'air dans l'acte de prêter serment. Levez la main, et prononcez le serment.

    Familièrement. J'en lèverais la main, j'en ferais serment. Il n'est rien plus certain, J'en lèverai le pied et, s'il le faut, la main, Legrand, Foire de St-Laurent, sc. 25.

    Jouer à lève-cul, jouer les uns après les autres en prenant la place de celui qui perd.

    Terme de fauconnerie. Voler à lève-cul, se dit de la manière de chasser de certains oiseaux, qui attendent le départ du gibier pour fondre dessus.

    Fig. Cela lève la paille, voy. PAILLE.

    Lever la toile, le rideau, retirer la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs.

    Lever le menton à une jeune fille, lui passer familièrement la main sous le menton en forme de caresse.

    Fig. Lever le menton à quelqu'un, le protéger, l'aider en ses affaires, en ses entreprises (métaphore tirée de la natation, où, pour aider quelqu'un qui apprend à nager, on lui tient le menton).

    Dans un langage libre, lever la jupe à une femme, la trousser. Être souvent réduite à emprunter une jupe pour aller se la faire lever par un homme dégoûtant, Voltaire, Candide, 24.

  • 2Lever les yeux, les tourner en haut. Je lève, je baisse, je tourne, je roule les yeux, Bossuet, Élévat. sur myst. IV, 9.

    Lever les yeux au ciel, tourner les yeux vers le ciel, regarder le ciel. Le moment du prince n'était pas encore venu [de faire le Tellier chancelier] ; et le tranquille ministre, qui connaissait les dangereuses jalousies des cours et les sages tempéraments des conseils des rois, sut encore lever les yeux vers la divine Providence, dont les décrets éternels règlent tous ces mouvements, Bossuet, le Tellier. Ses yeux mal assurés N'osent lever au ciel leurs regards égarés, Racine, Andr. V, 8. Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes, Racine, Brit. II, 2.

    Absolument. Lever les yeux, regarder en face, cesser de tenir le regard fixé sur la terre. Mais levez donc les yeux quand je vous interroge, Boissy, Deh. tromp. II, 4.

    Fig. Il n'ose pas lever les yeux, se dit d'une personne qui craint de voir et d'être vue, ayant quelque reproche à se faire, ou seulement craignant de rire, de rougir, etc. La Puisieux s'en est épanoui la rate [d'une petite mortification de Mme de Gêvres] ; Mademoiselle [la fille du frère de Louis XIII] n'osait lever les yeux ; et moi, j'avais une mine qui ne valait rien, Sévigné, 13 mars 1671.

    En un autre sens. Ne pas lever les yeux, ne pas cesser de regarder. Il n'a pas levé les yeux de dessus son livre. Les Argiens surtout ne pouvaient lever les yeux de dessus celui qui avait entrepris cette guerre exprès pour eux, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. VIII, p. 319, dans POUGENS. Ce maudit Aldobrandin, qui ne levait presque pas les yeux de dessus elle, Lamotte, Magnifique, I, 3.

    Lever les yeux sur quelqu'un, le regarder. Peu de jours s'étaient écoulés et Lucile commençait à peine à lever ses timides regards sur son époux, Staël, Corinne, XIX, 1.

    Fig. Lever les yeux, être ému. La honteuse lâcheté de nos mœurs nous empêche de lever les yeux pour admirer le sublime de ces paroles : Aude, hospes, contemnere opes, Fénelon, Lettre à l'Académie, Sur les anciens et les modernes.

    Fig. Lever les yeux sur, aspirer à, prétendre à. Que sur Aménaïde il ait levé les yeux, Qu'il ait osé prétendre à s'unir avec elle ? Voltaire, Tancr. III, 1.

    Lever un œil présomptueux, téméraire sur…, être présomptueux, téméraire en quelque prétention. Je ne veux point lever un œil présomptueux Vers le voile sacré que vous jetez sur eux [des secrets], Voltaire, Brutus, III, 3.

    Familièrement. Lever le pied, s'en aller, s'enfuir. Il a eu peur, et a levé le pied. Lever le pied pour cause de mauvaises affaires.

    Lever les épaules, témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. C'est à faire lever les épaules.

    Fig. et familièrement. Lever la crête, s'enorgueillir, s'en faire accroire. Il commence à lever la crête, à vouloir faire l'entendu.

    Lever la crête signifie aussi, se montrer, paraître avec plus de hardiesse.

    Fig. Lever la tête, le front, s'enorgueillir. Lève, Jérusalem, lève ta tête altière ; Regarde tous ces rois de ta gloire étonnés, Racine, Athal. III, 7. Messène, après quinze ans de guerres intestines, Lève un front moins timide, et sort de ses ruines, Voltaire, Mérope, I, 1. …Et la Ligue ennemie, Levant contre son prince un front séditieux, Nous confond dans sa rage et nous poursuit tous deux, Voltaire, Henr. I. Nous ne voyons dans aucun auteur, soit grec, soit latin, la moindre trace de cette secte ; elle ne commence à lever la tête que depuis la naissance du mahométisme, Diderot, Opin. des anc. phil. (arabes).

  • 3 Terme d'agriculture. Lever les guérets, donner le premier labour aux terres qui se reposent depuis quelque temps.
  • 4Redresser une personne ou une chose qui était couchée ou penchée. Lever un malade sur son séant. Lever un tonneau. Lever un pont-levis.

    Lever quelqu'un, l'aider à se lever et à s'habiller. Son valet de chambre le lève, l'aide à se lever. Il est paralytique, il faut le lever.

  • 5 Terme de chasse. Lever le lièvre, les perdrix, faire partir le lièvre, les perdrix.

    Fig. Il a levé le lièvre, il a le premier ouvert un avis, donné lieu à une question, à un débat, trouvé un expédient.

  • 6 Terme de marine. Lever l'ancre, arracher l'ancre du fond de la mer par le moyen de son câble.

    Lever l'ancre par les cheveux, la tirer du fond de la mer par son orin.

    Lever les accores, retirer les accores d'un navire dont la construction est achevée.

    Lever les épontilles, les faire tourner sur les charnières pour les fixer horizontalement, sous le pont supérieur.

    Lever les lofs, carguer en partie les points des basses voiles pour les dégager en les élevant au-dessus des bastingages, lorsqu'on vire de bord.

    Lever une garcette ou une bosse, démarrer cette garcette ou cette bosse de dessus le câble, le cordage, ou l'objet sur lequel elle est frappée.

    Lever un navire, en monter les couples dits de levée, c'est-à-dire les principaux couples.

    Lever rame, suspendre la nage en élevant au-dessus de l'eau les pales des rames, et en laissant les avirons dans la position horizontale et prêts à fonctionner de nouveau. Nous n'en étions qu'à une portée de mousquet quand je commandai à nos gens de lever rame et de prendre des pistolets et des mousquetons pour attendre nos ennemis, Villette-Mursay, (1677), dans JAL.

  • 7Ôter, enlever, écarter. Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé. Lever une serrure. Lorsqu'il arriva pour dîner, le premier service était levé. En vain à lever tout les valets sont fort prompts, Et les ruisseaux de vin coulent aux environs, Boileau, Sat. III.

    Lever le masque, voy. MASQUE.

    Fig. Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule, les écarter. Il est des moyens sourds pour lever un obstacle, Corneille, Perthar. III, 3. Néron lui leva toutes sortes de défiances par ses caresses, Perrot D'Ablancourt, Tac. Annales, liv. XIV, dans RICHELET. …Je sais l'art de lever les scrupules, Molière, Tart. IV, 5. Quand vous seriez venue à bout de leur lever cette appréhension, Bossuet, Lett. abb. 54. Il peut y avoir des difficultés qui ne s'offrent point à mon esprit, mais nous les lèverons, Lesage, Diable boit. ch. 15, dans POUGENS.

    Lever les défenses ; lever l'interdit, l'excommunication ; lever une opposition ; lever la consigne, etc. ; révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc. Il a été raisonnable que Dieu levât cette obligation fâcheuse, Pascal, Prov. X. Mes frères, réjouissons-nous : le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ a levé cette excommunication de la loi [défense d'entrer dans le saint des saints] ; écoutez l'apôtre saint Paul, qui vous dit qu'il a pénétré au-dedans du voile, Bossuet, Sermons, Ascension, 1. Les ambassadeurs lui déclarèrent (31 mars) que, si dans huit jours il ne posait les armes et s'il ne levait les censures, ils se retireraient, Duclos, Hist. Louis XI, Œuv. t. III, p. 217, dans POUGENS.

  • 8 Terme de jardinage. Lever de terre, ou, simplement, lever, retirer de terre des plantes, des oignons, lorsque la saison des fleurs est passée. Lever des tulipes, des renoncules.

    Lever un arbre, une plante en motte, arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient aux racines, afin de les transplanter.

  • 9 Terme d'imprimerie. Lever la lettre, prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins, et les arranger dans le composteur pour en former des mots et des lignes.

    Lever la correction d'une épreuve, mettre dans le composteur toutes les lettres nécessaires pour cette opération

  • 10Lever le siége d'une place, retirer les troupes qui la tenaient assiégée.

    Fig. et familièrement. Lever le siége, s'en aller.

    Lever le camp, s'en aller en parlant d'une troupe. Cette armée a levé le camp.

    Ces troupes ont levé le piquet, elles se sont retirées avec quelque précipitation (locution qui vient des piquets qui fixent la tente et qu'on ôte pour s'en aller).

    Lever la garde, lever la sentinelle, retirer des soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en faction.

    Terme de marine. Lever la chasse, cesser de poursuivre un bâtiment.

  • 11Lever la séance, déclarer que la séance est terminée, que les membres de l'assemblée doivent se séparer. Ma volonté ce soir une fois approuvée, Ma cour la connaîtra ; la séance est levée, Delavigne, Princ. Aur. IV, 1.

    Absolument. Il était près de huit heures quand le conseil leva, Saint-Simon, 166, 215. Demeurer en séance, quand la cour levait, était une indécence pour tout le parlement, Saint-Simon, 376, 85. Cet emploi a vieilli.

  • 12 Terme de trictrac. Lever, mettre sur la bande les dames, après les avoir toutes passées dans le jan de retour.

    Absolument. J'aurai levé avant vous.

    Au jeu de cartes, lever les cartes, ou lever la main, faire la main, enlever les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. J'ai déjà levé deux mains, trois mains. On dit aussi lever un pli.

  • 13Couper une partie sur un tout, en parlant d'animaux que l'on mange. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever une cuisse de poulet. Je jetai quelques regards nonchalants sur un poulet d'assez bonne mine, dont je levai nonchalamment aussi les deux ailes, Marivaux, Paysan parv. 3e part.

    Terme de vénerie. Lever le pied du cerf, le couper pour en faire honneur au maître de la chasse.

    Il se dit en parlant des étoffes. Ah ! ah ! monsieur le tailleur, voilà de mon étoffe du dernier habit que vous m'avez fait ; je la reconnais bien. - C'est que l'étoffe me sembla si belle, que j'en ai voulu lever un habit pour moi. - Oui, mais il ne fallait pas le lever avec le mien, Molière, Bourg. gent. II, 8. Je fus hier lever pour bien de l'argent d'étoffes chez Gautier, pour me faire belle en Provence, Sévigné, 27 mai 1672. Un habit d'un très beau velours bleu fut levé et fait à Salamanque, Lesage, Diabl. boit. ch. 18, dans POUGENS. J'étais allé, comme tu sais, lever des étoffes pour habiller mon monde, Legrand, les Paniers, sc. 7.

  • 14Recueillir. Lever les fruits d'une terre.

    Percevoir, faire rentrer, en parlant de taxes. Les rois ne levaient rien sur les terres qui étaient du partage des Francs, Montesquieu, Espr. XXX, 20. Ce ministre [Sully], aussi éclairé qu'intègre, trouva qu'en 1596 on levait cent cinquante millions sur le peuple pour en faire entrer environ trente dans le trésor royal, Voltaire, Mœurs, 174. Cette espèce de tribut qui, quoique difficile à lever, rend à l'État deux millions cinq cent mille livres, est perçu dans la rade d'Elseneur, Raynal, Hist. phil. XII, 32. Lui-même à table et sans suppôt Sur chaque muid levait un pot D'impôt, Béranger, Yvetot.

    On a dit de même autrefois : lever les dîmes, les rentes seigneuriales.

  • 15Enrôler pour le service militaire. Lever des troupes, une armée. J'ai fait lever des gens par des ordres secrets Qu'à vous suivre en tous lieux vous trouverez tout prêts, Corneille, Rodog. II, 3. Un des régiments qu'il fait lever en Bretagne, Sévigné, 503. Les rebelles s'étaient saisis des arsenaux et des magasins… il était encore plus aisé au roi de lever des soldats que de les armer, Bossuet, Reine d'Anglet. Le roi [Louis XI] employa les fonds de ces compagnies à lever un corps de Suisses ; c'est de ce temps-là qu'ils sont entrés au service de France, Duclos, Hist. de Louis XI, Œuv. t. III, p. 222. Tout prince qui lève trop de soldats peut ruiner ses voisins, mais il ruine sûrement son État, Voltaire, Dict. phil. Age.
  • 16Lever un corps, procéder, par autorité publique, à l'enlèvement d'un corps mort.

    Lever un corps saint, le tirer du tombeau avec cérémonie, pour l'exposer à la vénération des fidèles.

    Lever un enfant, faire emporter à l'hôpital, par autorité publique, un petit enfant exposé.

    Toutes ces locutions viennent de ce que, effectivement, on lève de terre le mort, le saint, l'enfant.

  • 17Lever un arrêt, une sentence, lever un acte chez un notaire, s'en faire délivrer une expédition.

    Prendre chez un dépositaire. Lever des titres. Lever cent kilos de tabac.

  • 18Lever le plan d'une place, de quelque lieu, prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, et aussi le tracer. Des ingénieurs levaient des cartes dans tout l'empire, Voltaire, Russie, II, 6.
  • 19Lever boutique, lever ménage, commencer à tenir boutique, à tenir ménage, etc.
  • 20 Terme de manége. Lever un cheval à cabrioles, à pesades, à courbettes, manier un cheval à cabrioles, etc.

    Lever le devant, c'est la même chose que lever à courbettes.

  • 21 Terme de féodalité. Lever le cri, proférer le cri d'alarme.

    Lever bannière, exercer le droit d'un banneret, en mettant son étendard en girouette, pour appeler ses vassaux aux armes.

    Fig. Lever l'étendard. se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Lever l'étendard de la révolte.

    Lever l'étendard contre quelqu'un, se déclarer ouvertement contre lui.

  • 22 V. n. Commencer à germer, en parlant des graines et des plantes. J'ai pris des glands germés auxquels j'ai coupé le tiers, la moitié, les trois quarts et même toute la radicule ; je les ai semés dans un jardin où je pouvais les observer à toute heure, ils ont tous levé, mais les plus mutilés ont levé les derniers, Buffon, Hist. nat. Introd. part. exp. Œuv. t. VIII, p. 382, dans POUGENS. L'erreur alors universelle que les grains doivent pourrir en terre pour lever, Voltaire, Philos. Sommaire hist. X.

    Fig. La semence de la vertu lève difficilement, Rousseau, Ém. I.

  • 23Éprouver le soulèvement qui accompagne la fermentation. La pâte commence à lever. Le levain fait lever la pâte.
  • 24Se lever, v. réfl. Être levé, porté en haut. À peine fûmes-nous au théâtre que la toile se leva. Je veux que ma main se lève, que mon bras s'étende, que ma tête, que mon corps se tourne, cela se fait, Bossuet, Élévat. sur myst. V, 3.
  • 25Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. Il était étendu à terre, il se leva. Nous nous levons alors, et tous en même temps Poussons jusques au ciel mille cris éclatants, Corneille, Cid, IV, 3. Je me lèverai maintenant, dit le Seigneur, je signalerai ma grandeur, je ferai éclater ma puissance, Sacy, Bibl. Isaïe, XXXIII, 10. Lève-toi, m'a-t-il dit, prends ton chemin vers Suse, Racine, Esth. I, 1. Levons-nous, et lançons les derniers anathèmes, Prenons les droits du ciel, et chargeons-nous nous-mêmes Des justices de Dieu, Lamartine, Médit. I, 6.

    Quitter le siége sur lequel on était assis. Les vieillards étaient fort respectés en Égypte : les jeunes gens étaient obligés de se lever devant eux et de leur céder partout la place d'honneur, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 67, dans POUGENS. Telle était la vénération qu'on avait pour lui [Virgile] à Rome, qu'un jour, comme il vint à paraître au théâtre après qu'on y eut récité quelques-uns de ses vers, tout le peuple se leva avec des acclamations, Voltaire, Ess. poés. épiq. ch. 3.

    Se lever pour une proposition, contre une proposition, voter, en se levant, dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou pour le rejet d'une proposition.

    Cesser une séance. Allez dire au sénat, Flavian, qu'il se lève ; Quoi qu'il ait commencé, je défends qu'il achève, Corneille, Tite et Bérén. V. 5.

    Se lever de table, quitter la table, après ou pendant le repas. Le prélat radouci veut se lever de table, Boileau, Lutr. I. Vous moquez-vous de moi ? vous lever au dessert ? Et, pour me planter là, sortir l'un après l'autre, Destouches, Phil. marié, IV, 3.

    Absolument. Se lever, sortir du lit. Vous avez caqueté dès le troisième jour, vous vous êtes levée dès le dixième, Sévigné, 108. Il [le roi de Prusse] se levait à cinq heures du matin en été, et à six en hiver, Voltaire, Mém. Volt.

    Terme de chasse. Avec suppression du pronom personnel, faire lever un lièvre, faire lever des perdrix, faire partir un lièvre, faire partir des perdrix. Pour me servir d'un terme de chasseur, c'est lui qui faisait lever le lièvre ; c'est moi qui le tuais, Picard, M. Musard, sc. 11.

  • 26Commencer à paraître sur l'horizon, en parlant du soleil, de la lune et des autres astres. Le soleil se lève à telle heure Les Égyptiens observaient quand Sirius se levait. [Ô lune] Astre ami du repos, des songes, du silence, Tu ne te lèves pas seulement pour les yeux, Lamartine, Harm. I, 10. Quand le tour du soleil ou commence ou s'achève, D'un œil indifférent je le suis dans son cours ; En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours, Lamartine, Médit. l'Isolement. Vénus se lève à l'horizon ; à mes pieds l'étoile amoureuse De sa lueur mystérieuse Blanchit les tapis de gazon, Lamartine, Médit. I, 4.

    On dit dans le même sens : le jour se lève. Maximin de retour Des pays reculés où se lève le jour, Rotrou, St Genest, I, 2. Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux, Racine, Phèdre, IV, 6.

    Fig. Une même lumière nous paraît partout : elle se lève sous les patriarches ; sous Moïse et sous les prophètes elle s'accroît, Bossuet, Hist. II, 6. La lumière du ciel se lèvera ici sur vous, Massillon, Prof. rel. Serm. 1. Un soleil plus serein se lève sur vos têtes, Voltaire, Œdipe, V, 6.

  • 27Commencer à se faire sentir, en parlant du vent, des brouillards, etc. Le vent favorable se lève, Fénelon, Tél. XXIII. Heureusement pour eux, il se leva du côté de la mer un brouillard épais qui couvrait tous les environs de la ville, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 503, dans POUGENS.

    On dit que le temps se lève, lorsqu'il se dégage des nuages qui interceptaient la vue du ciel, ou qu'il tend à s'embellir.

  • 28Être levé, perçu. Ces impôts se lèvent difficilement.

PROVERBES

Il faudra se lever bien matin pour l'attraper, se dit d'un homme fin, habile (voy. MATIN).

Il a beau se lever tard, qui a le bruit de se lever matin.

SYNONYME

1° LEVER, HAUSSER. La différence primitive est dans la situation de ce qu'on hausse ou lève. Hausser s'applique à ce qui est bas ; lever à ce qui est étendu. Ce tableau est trop bas, haussez-le. Cette planche est à terre, levez-la.

2° Lever un plan, faire un plan. Lever un plan et faire un plan sont deux opérations très distinctes. On lève un plan en travaillant sur le terrain, c'est-à-dire en prenant des angles et en mesurant des lignes, dont on écrit les dimensions dans un registre, afin de se ressouvenir pour faire le plan. Faire un plan, c'est tracer en petit sur du papier, sur du carton ou toute autre matière semblable, les angles et les lignes déterminées sur le terrain dont on a levé le plan.

HISTORIQUE

XIe s. Li empereres est par matin levet, Ch. de Rol. X. Granz est li chauz, si se leva la poudre, ib. CCXVI.

XIIe s. Pinabaux s'agenouille, et Tierris se leva, Ronc. 192. Lever [dresser] son tref [sa tente], ib. 8. [Ils font] Par les grans combes la poudrere lever, ib. 109. Et nostre lois levée [élevée] et essauciée, ib. 137. Cil qui le gardent en ont le cri levé [quand il s'enfuit], ib. 183. Lors se leva Judas, qui estoit apelez Machabé, en son lue [lieu], Machab. I, 3.

XIIIe s. Li pains ki est bien cuis et bien levés et fais d'un jor, Alebrand, f° 4. Et leur manderent que li empereres Alexis s'en estoit fuis, et qu'il avoient l'empereur Kirsac levé à seigneur, Villehardouin, LXXXIII. Lors par le commandement des princes et des barons se leva en piés Quenes de Bethune, Villehardouin, LXVII. Et li cris lieve en l'ost, et s'en issirent à desroi, Villehardouin, CXLII. Et nous commanderent [les barons] que nous vous en cheissions as piés [que nous nous jettassions à vos pieds], et que nous n'en leviessiemes devant vous que vous le nous ariés otroié, Villehardouin, XVI. Le coutel [elle] a saisi, si l'a amont levé, Berte, X. Après [se] leva la lune et bele et claire et pure, ib. XLII. Si malade qu'à peine jamais en levera, ib. LXXVII. Il m'avoient si durement levé le pied que je n'osoie parler encontre els, H. de Valenciennes, XXI. Et li venerres [le veneur] vet devant Sor un grant chaceor liart ; Atant ont levé un renart, Ren. 22026. Car, s'il fust jor, je me levasse, la Rose, 2512. Et quant il a ce dit, cil qui est apelés doit dire : je vos en lieve comme parjure [c'est-à-dire je fais lever le témoin qui s'était agenouillé pour jurer], Beaumanoir, LXIV, 9. Nus [nul] ne doit espouser… ne cele avoc qui il a levé [tenu sur les fonts] autrui enfant, Beaumanoir, XVIII, 8. Nus ne doit penre l'autrui coze, ne lever qu'il truist [ce qu'il trouve] hors de quemin commun, Beaumanoir, XXV, 21. Je ne li lerai pas lever les yssues [produits], Beaumanoir, XXXIV, 17. L'autre ier un jor jouer aloie Devers l'Auçoirrois Saint Germain, Plus matin que je ne soloie, Que ne lief pas volentiers main, Rutebeuf, 213. Et quant le devant dit rei a ce fait, le patriarche le lieve en piés, et le prent par la main destre, Ass. de Jérus. I, 30. Le roy donna journée l'endemain de la Saint-Barthelemy, à laquelle journée le saint cors fut levé, Joinville, 303.

XIVe s. Le pain doit estre de bon fourment, moianement cuit, et levé, ne viel ne nouvel, H. de Mondeville, f° 44, verso. Quant les feves se lievent hors de terre, Ménagier, II, 2.

XVe s. Adonc s'avisa le roi de France qu'il s'en iroit atout son ost devant Calais pour lever [faire lever] le siege, s'il pouvoit aucunement, Froissart, I, I, 316. Nous n'osons les yeux lever, Froissart, III, IV, 56. Et avant qu'il fust midy, le pont fut levé jusques à l'autre part de la riviere, Commines, I, 6. Les roys d'Angleterre ne levent jamais riens que leur domaine, si ce n'est pour ceste guerre de France, Commines, IV, 11. Car qui poure [pauvre] est et vuiz [vide, exempt] de villenie, Devant tous puet bien sa teste lever, Deschamps, Fais ce que dois. Là vint le cardinal d'Avignon, qui venoit en Bretagne pour lever [mettre en châsse] saint Vincent, Hist. d'Artus III, connest. de France, p. 790, dans LACURNE.

XVIe s. Leve le cœur, ouvre l'oreille, Peuple endurci, pour escouter, Marot, IV, 339. Les assemblées qui souvent se font aux provinces pour decider querelles, ou pour lever la gerbe, seroyent alors converties en douces et agreables contentions, Lanoue, 131. Cest ordre seroit aussi gardé, que six vingt chevaux, ou cent au moins, pourroyent lever enseigne, et former une compagnie, Lanoue, 237. Lorsqu'il leve des regimens d'Alemans, Lanoue, 282. Quand on seme force honneurs, on fait lever beaucoup de vertu, Lanoue, 608. Pour la prier de lever sur les saints fonts de baptesme la fille de Sa Majesté, Castelnau, 269. Esperant que par ce moyen il leveroit [ôterait] l'occasion aux François de plus passer en Italie, Du Bellay, M. 466. Grandgousier se leva de sus l'herbe, Rabelais, Garg. I, 6. Pour sa chemise [de Gargantua] feurent levées 900 aulnes de toile, Rabelais, ib. I, 8. Il me desplaist par trop de lever guerre, Rabelais, ib. I, 32. Il la leva de terre avecques le petit doigt, Rabelais, Pant. II, 7. Puys leva les yeulx on ciel, Rabelais, ib. III, 20. Ung pré, duquel faisant lever les fossez, toucharent les piocheurs, de leurs marres, ung grand tombeau de bronze, Rabelais, Garg. I, 1. À l'endroict du ciel où le soleil se leve, Montaigne, I, 238. Se lever de table, Montaigne, II, 242. Lever les yeulx de sa besongne, Montaigne, III, 73. Les subsides et impositions que levoient ses predecesseurs, Montaigne, III, 81. Quelque temps après il se leva à Rome une peste si violente, que les hommes en mouroient tout subitement, Amyot, Rom. 37. Il voulut que le temple de Saturne fust le tresor publique auquel on deposeroit tout l'argent qui se leveroit sur le peuple, Amyot, Publ. 22. Il se leva un petit vent, qui esleva le dessus seulement et le plus delié de celle terre pouldreuse, Amyot, Sertor. 24. Ilz sont aussi marris quand on les esveille, ou qu'on les lieve, comme sont ceulx qui sont fort espris de sommeil, Amyot, Anton. 93. Et pource que l'on ne trouvoit point les clefz, il feit venir des serruriers, et feit lever les serrures, Amyot, César, 46. Lever à six, manger à dix, souper à six, coucher à dix, font vivre l'homme dix fois dix, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 171.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. LEVER. Ajoutez :
29Dans le canton de Vaud, lever la vigne, l'attacher à l'échalas.
30 Terme de lapidaire. Retirer la pierre de dessus la roue, Chriten, Art du lapidaire, p. 82.
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Lever : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

LEVER, v. act. (Gramm.) terme relatif au mouvement de bas en haut. Voyez quelques-unes de ces acceptions, au simple & au figuré, aux articles Levé, Levée, & ceux qui suivent.

Lever, v. act. (Géom.) on dit, dans la Géométrie pratique, lever un plan ; c’est prendre avec un instrument la grandeur des angles, qui déterminent la longueur & la disposition des lignes par lesquelles est terminé le terrein dont on se proposoit de lever le plan. Voyez Planchette, Demi-cercle, Graphometre, &c.

Lever un plan & faire un plan sont deux opérations très-distinctes. On leve un plan, en travaillant sur le terrein, c’est-à-dire, en prenant des angles & en mesurant des lignes, dont on écrit les dimensions dans un registre, afin de s’en ressouvenir, pour faire le plan ; ce qui consiste à tracer en petit sur du papier, du carton, ou toute autre matiere semblable, les angles & les lignes déterminés sur le terrein dont on a levé le plan, de maniere que la figure tracée sur la carte, ou décrite sur le papier, soit tout-à-fait semblable à celle du terrein, & possede en petit, quant à ses dimensions, tout ce que l’autre contient en grand. Voyez Plan, Carte, &c. (E)

Lever, s. m. terme d’Astronomie, c’est la premiere apparition du soleil, d’une étoile ou d’un autre astre sur l’horison, lorsqu’il ne fait que de sortir de l’hémisphere opposé à celui que le spectateur habite. Voyez Horison, &c. voyez aussi Amplitude.

La réfraction des rayons dans l’atmosphere avance le lever des corps célestes, c’est-à-dire, fait qu’ils paroissent sur l’horison, lorsqu’ils sont encore réellement dessous. Voyez Réfraction.

Il y a pour les Poëtes trois sortes de levers des étoiles. Le lever cosmique, lorsqu’une étoile se leve avec le soleil. Voyez Cosmique.

Le lever acronyque, lorsqu’une étoile s’éleve en même tems que le soleil se couche. Voyez Acronyque.

Le lever héliaque, solaire ou apparent. C’est celui d’une étoile qui paroît sortir des rayons du soleil proche l’horison, & cesse d’être cachée par l’éclat de cet astre, ce qui arrive environ 20 jours après la conjonction de l’étoile avec le soleil, le nombre de jours étant plus ou moins grand, selon la grandeur de l’étoile, la distance, &c. Voyez Héliaque.

Hésiode a remarqué, il y a long-tems, que Sirius étoit caché par le soleil l’espace de 40 jours, c’est-à-dire, 20 jours avant son lever cosmique, & 20 après. Quelques nations d’Amérique, entre autres les sauvages de l’île de Cayenne, reglent leur année civile par le cours de Sirius, & la commencent au lever héliaque de cette étoile. Voyez Canicule, Caniculaire & Sirius.

Pour trouver par le moyen du globe le lever, &c. d’une étoile ou du soleil, voyez Globe. Chambers. (O)

Lever un siege, (Art milit.) c’est décamper de devant une place assiégée, & abandonner l’opération du siege lorsqu’il n’y a nulle apparence de pouvoir réduire la place.

On peut lever un siége par différentes raisons, comme par exemple lorsqu’il vient au secours une armée trop considérable pour qu’on puisse lui résister ; lorsque le siége a été commencé dans l’arriere saison, & que le mauvais tems & les maladies ne permettent pas d’avoir assez de monde pour résister à la garnison ; lorsqu’on manque de vivres & de munitions ; que l’ennemi a intercepté les convois qui venoient aux assiégeans, ou qu’il s’est emparé de leurs principaux magasins. Dans ces circonstances, on se trouve dans la triste nécessité d’abandonner le siége, c’est-à-dire de le lever.

Si l’on craint d’être incommodé par la garnison dans la retraite, on lui en cache le dessein.

On fait retirer de bonne heure les canons & les mortiers des batteries. On a soin de faire ramasser les outils & de les faire serrer. On fait partir l’attirail de l’artillerie & le bagage à l’entrée de la nuit, les tranchées & les places d’armes étant encore garnies de soldats qui font feu pour tromper l’ennemi.

Lorsque l’artillerie & le bagage se trouvent assez éloignés de la place pour n’en avoir rien à craindre, les troupes se mettent à la suite, en laissant des feux dans le camp de la même maniere que s’il étoit occupé par l’armée. On fait escorter le tout par de la cavalerie ou par de l’infanterie, suivant la nature du pays que l’on a à traverser.

Si l’on est obligé de se retirer avec précipitation, & qu’on ne puisse pas emporter avec soi toutes les munitions & tout ce qui concerne l’artillerie, on brûle & l’on gâte tout ce qui pourroit servir à l’ennemi.

Lorsque l’armée ne craint pas les attaques de la garnison, elle fait partir de jour tous ses bagages & son artillerie, & elle se met à la suite en ordre de bataille, prête à tomber sur la garnison, si elle sort de la place pour harceler l’armée dans sa retraite.

Quoiqu’on ne doive abandonner un siége que lorsqu’il est impossible de le continuer sans s’exposer à être battu, ou avoir son armée détruite par les maladies & par les intempéries de la saison, il est à propos néanmoins, dès qu’on s’apperçoit de la nécessité de le lever, de faire partir de bonne heure la grosse artillerie & les bagages qui pourroient retarder la marche de l’armée. On les envoie dans les lieux de sureté des environs, on se retire ensuite en bon ordre ; & si la garnison entreprend de harceler l’armée dans sa retraite, on repousse avec vigueur les differentes attaques qu’elle peut faire à l’arriere-garde.

Comme la levée d’un siége a ordinairement quelque chose d’humiliant, ce seroit bien réparer sa gloire, dit M. le marquis de Santacrux, en levant le siége d’une place, d’en secourir une autre prête à tomber au pouvoir de l’ennemi : mais il est rare de trouver des occasions de cette espece. Il y en a quelques autres où l’on peut abandonner un siége sans compromettre l’honneur du général. Par exemple, si l’on assiege une place dans l’intention d’attirer l’ennemi qui est éloigné, & qui fait la guerre avec trop de succès d’un côté ; si l’on parvient à l’obliger de les interrompre pour venir au secours de la place, la levée du siége, loin d’avoir rien d’humiliant, est au contraire une preuve de la réussite du projet qu’on avoit eu d’éloigner l’ennemi pour quelque tems d’un pays ou d’une province où il étoit difficile de résister à toutes ses forces. Cette espece de ruse peut donner le loisir de se fortifier contre lui, & faciliter les moyens de s’opposer à ses progrès.

Lorsqu’on est obligé de lever le siége d’une place, on détruit non seulement ce qu’on ne peut emporter qui pourroit servir à l’ennemi ; mais l’on doit encore ravager une bonne partie du pays, afin, dit M. le marquis de Santacrux, que la désolation des peuples étouffe les voix de ceux qui voudroient chanter des triomphes. Il nous paroît que cette dévastation seroit bien foiblement justifiée par ce motif ; le véritable doit être de se dédommager, autant qu’il est possible, de la dépense du siege ; d’obliger l’ennemi de ravitailler le pays, & d’empêcher qu’il n’en tire aucun secours pour ses subsistances. (q)

Lever (Jurisprud.) a différentes significations.

Quelquefois il signifie ôter un empêchement, comme lever des défenses, lever une opposition.

Lever des scellés, c’est ôter juridiquement les sceaux qui avoient été apposés sur quelque chose. Voyez Scellé.

Lever un acte, c’est s’en faire délivrer une expédition.

Lever la main, c’est lorsqu’on éleve la main pour donner la solemnité ordinaire à une affirmation que l’on fait. Voyez Affirmation.

Lever une charge aux parties casuelles, c’est acheter une charge qui étoit tombée aux parties casuelles. Voyez Office & Parties casuelles.

Lever un corps mort, quand on parle d’officiers de justice, signifie faire le procès-verbal de l’état auquel on a trouvé un cadavre, & le faire transporter dans quelque autre endroit ; quand on parle d’un corps levé par un curé, vicaire, ou autre ecclésiastique faisant fonction curiale, signifie faire enlever le corps d’un défunt pour lui donner la sépulture. (A)

Lever l’ancre. (Marine.) Voyez Ancre.

Lever l’ancre avec la chaloupe, c’est lorsqu’on envoie la chaloupe qui tire l’ancre par son orin, & qui la porte à bord.

Lever l’ancre d’affourché avec le navire, c’est lorsqu’on file du cable de la grosse ancre qui est mouillée, & que l’on vire sur l’ancre d’affourché jusqu’à ce qu’elle soit à bord.

Lever une amarre ou une manœuvre, c’est démarer cette amarre ou cette manœuvre. On dit leve l’amarre pour changer de bord, mais on ne dit pas leve l’écoute.

Lever le lof, c’est démarrer le couet qui tient le point de la voile, & peser sur le cargue point.

Leve le lof de la grande voile ; c’est de cette sorte qu’on fait le commandement pour lever le grand lof. On dit leve le lof de misene, leve, lorsqu’on commande pour la voile nommée misene.

Lever la fourrure du cable, c’est ôter de dessus le cable la garniture de toile ou de corde qu’on y avoit mise pour sa conservation.

Lever les terres, c’est observer à quel air de vent les terres vous restent, & représenter sur le papier comment elles paroissent situées dans une certain point de vûe.

Lever, en termes de Finances, c’est faire le recouvrement des droits dûs par les particuliers.

Lever (Com.) de l’étoffe, du drap, de la serge, c’est acheter chez un marchand ces sortes de marchandises à l’aune, ou les faire couper à la piece. On dit en ce sens, je m’en vais lever tant d’aunes de drap ou de velours pour me faire un habit.

Lever boutique, c’est louer une boutique, & la remplir d’un assortiment de marchandises pour en faire négoce, & la tenir ouverte aux marchands qui se présentent pour acheter. Diction. de commerce.

Lever, en terme de Blondier, c’est l’action de diviser les écales d’un tiers ; ce qui se fait à la main, & est d’autant moins difficile que ces écales sont distinguées visiblement les unes des autres. Voyez Ecales : on dit, lever les écales, & découper les centaines.

Lever, faire la pâte, en terme de Boulangerie, c’est faire revenir la pâte dans des bannes, en toile. Voy. Coucher la paste.

Lever, (Jardinage.) on dit qu’une graine leve, quand elle commence à sortir de terre.

On dit encore, lever un arbre en motte ; opération qui demande des ouvriers adroits, mais admirable pour jouir en peu de tems d’un beau jardin.

Après avoir choisi un arbre dans la pepiniere, on le fera déchausser tout autour, avant les gelées, pour former une motte, à moins que la terre ne soit assez forte pour se soutenir d’elle-même. Si cette motte étoit grosse de trois ou quatre piés de tour, on la renfermeroit dans des claies ou manequins faits exprès pour la maintenir dans le transport ; on rafraîchit seulement les longues racines, c’est-à-dire, que l’on coupe leur extrémité, & on les étend dans le trou préparé en les garnissant de terre à l’ordinaire.

La maniere de planter & d’aligner ces arbres est toujours la même, il faut seulement observer de les arroser souvent & de les soutenir avec des perches contre les grands vents qui en empêcheroient la reprise.

Lever la lettre, terme d’Imprimeur, usité pour désigner l’action du compositeur lorsqu’il prend dans la casse les lettres les unes après les autres, qu’il les arrange dans le composteur pour en former des lignes, dont le nombre répété fait des pages, puis des formes. Voyez l’art. Imprimerie.

Lever, en Manege, est une des trois actions des jambes d’un cheval ; les deux autres sont l’arrêt & l’allure. Voyez Air, &c.

Le lever des jambes du cheval pour les cabrioles, les courbettes, &c. est regardé comme bon, quand il le fait hardiment & à l’aise, sans croiser les jambes, sans porter les piés trop en-dehors ou en-dedans, & cependant en étendant les jambes suffisamment.

Il faut lever le devant à un cheval après l’arrêt formé. Voyez Arrêt.

Lorsque le cheval est délibéré au terre-à-terre, on lui apprend à lever haut, en l’obligeant de plier les jambes le plus qu’il est possible, pour donner à son air une meilleure grace ; & quand il est bien délibéré à se lever haut du devant, on le fait attacher entre deux piliers pour lui apprendre à lever le derriere, & à ruer des deux jambes à-la-fois.

Lever le semple, (Manufacture en soie.) c’est remonter les lacs & les gavassines d’un semple pour travailler l’étoffe.

Lever, en terme de Vannerie, c’est plier les lattes du fond à une certaine distance pour faire le bord de la piece qu’on travaille.

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Lever : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « lever » les plus populaires.

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Étymologie de « lever »

Étymologie de lever - Wiktionnaire

Du latin levare (« soulever »). Comparer l’occitan levar, le catalan llevar, l’espagnol llevar, le portugais levar, l’italien levare.
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Étymologie de lever - Littré

Génev. lever la table, la desservir ; provenç. levar ; espagn. llevar ; ital. levare ; du lat. levare, qui est le dénominatif actif de lĕvis, voulant dire d'abord alléger, puis delà, lever une chose en haut, la traiter comme une chose légère (voy. LÉGER).

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Phonétique du mot « lever »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lever lœve play_arrow

Conjugaison du verbe « lever »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe lever

Citations contenant le mot « lever »

  • La police judiciaire a informé les membres du bloc du PDL de la nécessité de lever leurs sit-in entamé au parlement. Directinfo, La police judiciaire à l'ARP pour lever le sit-in du PDL | Directinfo
  • Que celui qui est bien assis ne soit pas pressé de se lever ! De Juan Manuel / Le Comte Lucanor
  • Se coucher de bonne heure et se lever matin procure santé, fortune et sagesse. De George Washington
  • Celui qui choisit le chemin le plus facile ne peut espérer y lever du gibier. De Louis Fortin
  • Le crépuscule d'un homme voit se lever l'aube d'un autre. De Anonyme
  • Les femmes c'est comme les fonds, c'est pas facile à lever. De Anonyme
  • Coucher de poule et lever de corbeau Ecartent l'homme du tombeau. De Proverbe franc-comtois
  • Il faut lever le couvercle de la marmite pour savoir ce qui bout dedans. De Proverbe guadeloupéen
  • Il est plus facile de lever une femme que de la laisser tomber. De Georges Courteline
  • Vous devez rêver pour pouvoir vous lever le matin. De Billy Wilder
  • Voir lever le soleil, c'est un goût que tout le monde n'a pas ; plusieurs préfèrent que le soleil les voie lever. De Rodolphe Töpffer / Voyages en zigzag
  • Le lever du soleil ne dure pas toute la matinée. De George Harrison / All things must pass
  • Mieux vaut avoir de la chance que se lever tôt. De Proverbe gaélique
  • Ecrire c'est lever toutes les censures. De Jean Genet

Traductions du mot « lever »

Langue Traduction
Corse arriza ti
Basque altxa zaitez
Japonais 起きる
Russe вставай
Portugais levante-se
Arabe يستيقظ
Chinois 起床
Allemand aufstehen
Italien alzarsi
Espagnol elevar
Anglais get up
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Synonymes de « lever »

Source : synonymes de lever sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « lever »


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