Pencher : définition de pencher


Pencher : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PENCHER, verbe

I. − Empl. intrans.
A. −
1. [En parlant (de la dimension principale) d'un objet considéré dans son orientation verticale] Être oblique par rapport à la verticale, incliné sur le côté, généralement de manière anormale et en donnant l'impression d'un mouvement (possible) vers le bas. Le vent fait pencher les arbres, un mât; pencher à droite, à gauche, sur le côté. Elle détestait le Spartacus [une statue]. (...) elle le faisait chanceler sur sa base. Il s'ébranlait, il penchait terriblement, il menaçait de tomber sur l'insolente et de l'écraser dans sa chute (A. France, Pt Pierre, 1918, p.214).Les buissons qui n'avaient pas été taillés depuis longtemps penchaient en désordre sur les allées (Lacretelle, Hts ponts, t.3, 1935, p.208):
1. Voici le marteau qui cloue les poutres et les chevrons... l'équerre et le fil à plomb donnent la direction de la ligne afin que le mur ne penche point... Adam, Enf. Aust., 1902, p.27.
En partic., vieilli. [Le suj. désigne un astre] Se trouver en un point du ciel plus proche de l'horizon que du zénith, se déplacer du zénith vers l'horizon. Synon. décliner, descendre.Pencher vers l'horizon. Un joli croissant de lune penchait vers le Jura (Amiel, Journal, 1866, p.330).Je vous vois, vertueux, quand le soleil penche (Lenormand, Simoun, 1921, tabl. 8, p.79).
2. [En parlant (de la dimension principale) d'un objet considéré dans son orientation horizontale] Être incliné par rapport à l'horizontale, vers le bas, généralement de manière anormale. Ajoutant son poids à celui du désespéré qui déjà fait pencher la barque, il va la faire chavirer (Michelet, Journal, 1857, p.366).Si le chauffeur est seul et à droite la voiture penchera à droite, s'il est à gauche, elle s'inclinera à gauche (Chapelain, Techn. automob., 1956, p.203):
2. Le vin balançait dans les verres, le vin penchait dans les verres; la table penchait de nouveau, puis toute la salle et ses murs semblaient pencher (...); −penchait, se redressait, comme dans une cabine de bateau. Ramuz, Gde peur mont., 1926, p.117.
En partic. [Le suj. désigne un lieu] Être en pente, descendre. Anton. monter.Le long du chemin creux qui penche vers Bilhère (Toulet, Contrerimes, 1920, p.137).Le haut plateau décline, penche, s'effondre et laisse apercevoir (...) le scintillement de la Mer Rouge (Morand, Route Indes, 1936, p.163).
B. − Au fig.
1. Vieilli et/ou littér.
a) Pencher vers qqc.Aller progressivement vers une fin. Pencher vers la mort, la tombe. Dans nos deux pays la monarchie penche vers sa fin (Chateaubr., Litt. angl., t.2, 1836, p.329).Je sentis mon coeur, vivifié et renouvelé, rajeunir à mesure que mon corps penchait vers la destruction (Sand, Spiridion, 1839, p.413).
b) Absol. Être sur son déclin.
[Le suj. désigne une pers., une institution] S'il n'avait pas plu dans la nuit du 17 au 18 juin 1815, l'avenir de l'Europe était changé. Quelques gouttes d'eau de plus ou de moins ont fait pencher Napoléon (Hugo, Misér., t.1, 1862, p.374).
[Le suj. désigne un moment du temps] À l'heure où la clarté déjà penche inégale (Sainte-Beuve, Pens. août, 1837, p.456).
2. Usuel
a) [Le suj. désigne une pers.] Être enclin, disposé à choisir quelqu'un, quelque chose; être plutôt favorable à quelqu'un, quelque chose.
[Constr. avec un compl. prép. vers, pour; du côté de, en faveur de] Pencher pour la première, la seconde hypothèse, explication, opinion; pencher vers une solution. Je pencherais personnellement davantage en faveur de la thèse de Kissinger (Beaufre, Dissuasion et strat., 1964, p.127).L'intelligentsia qui penche vers la classe ouvrière ou opte franchement pour elle (Traité sociol.,1968,p.368):
3. Les idées anglaises ont causé (...) l'abaissement de la France; mais, comme elles ont fait la fortune du parti libéral et des républicains, ces derniers ont toujours penché pour l'Angleterre. Maurras, Kiel et Tanger, 1914, p.142.
[Constr. avec un compl. prép. à suivi d'un inf.] Je penche à croire qu'il nous aide beaucoup et je suis disposé à me donner beaucoup de mal (Blanche, Modèles, 1928, p.160).
Absol., rare. Un esprit qui, étranger aux passions et aux intérêts du monde, n'a ni hâte de conclure, ni motif pour pencher (Toepffer, Nouv. genev., 1839, p.190).
Expr. On tombe toujours du côté où l'on penche. On n'échappe pas à ses inclinations, ses dispositions. Ma mère, qui tenait pour naturel, voire obligatoire, d'enfanter des miracles, professait aussi que «l'on tombait toujours du côté où l'on penche» (Colette, Sido, 1929, p.140).
b) [Le suj. désigne un inanimé] Manifester une tendance vers quelque chose.
[Constr. avec un compl. prép. vers] Le goût allemand lui paroit pencher vers un excès (Staël, Allemagne, t.3, 1810, p.23).Le système penche vers le pouvoir supranational (Perroux, Écon. XXes., 1964, p.291):
4. L'économie politique incline à la consécration de l'égoïsme; le socialisme penche vers l'exaltation de la communauté. Proudhon, Syst. contrad. écon., t.1, 1846, p.38.
[Constr. avec un compl. prép. à] Rare. La tradition administrative, qui penche aisément à la routine (Arnoux, Roi, 1956, p.324).
c) Loc. fig. La balance penche du côté de qqn, qqc.; en faveur de qqn, qqc. Quelqu'un, quelque chose l'emporte dans un conflit, une alternative. Les chefs des armées deviennent les arbitres du sort de leur pays, et font pencher la balance en faveur du parti qu'ils ont embrassé (Robesp., Discours, Guerre, t.8, 1791, p.49).Dans ce perpétuel conflit entre la danse pure et la danse expressive, la balance penche maintenant du côté de la seconde (Brillant, Probl. danse, 1953, p.211).
Faire pencher la balance en faveur de qqn. Favoriser quelqu'un, lui permettre de l'emporter dans une compétition, un choix. V. balance ex. 18.
II. − Empl. trans.
A. − [Le compl. d'obj. désigne gén. un objet considéré dans son orientation verticale] Incliner vers le bas. Anton. dresser, redresser.Ce n'était plus un couloir (...) mais un puits (...). Les torches furent penchées au-dessus de l'orifice (Verne, Île myst., 1874, p.166).Maréchal pencha la bouteille verte sur le verre du trimardeur (Hamp, Champagne, 1909, p.121):
5. On fait maintenant les jardins avec de petits sapins qu'on penche au moyen de fils de fer pour leur donner l'air d'être battus par la tempête... Ménard, Hist. Beaux-Arts, 1882, p.343.
En partic. [Le compl. d'obj. désigne une partie du référent désigné par le suj.]
[Le suj. désigne une pers.] Daria penchait sa jolie tête pour saisir chaque parole (Vogüé, Mort, 1899, p.366).L'enfant pencha le buste hors de la fenêtre (Bernanos, Crime, 1935, p.851).V. ailette ex. 11.[P. méton. du compl. d'obj. et/ou du compl. prép. sur] Manifester une attitude, généralement de manière condescendante. Le poinçonneur de billets penche sur mon embarras une sollicitude qui empeste l'ail (H. Bazin, Vipère, 1948, p.206).Elle penchait sur moi un regard inquiet, presque suppliant (Sagan, Bonjour tristesse, 1954, p.112).
[Le suj. désigne une chose] Les branches penchent sur lui leur élévation touffue (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p.180).Les grands arbres penchaient leur cime (Jouve, Scène capit., 1935, p.113).
B. − Au fig., rare. Pousser vers quelqu'un, quelque chose. Sempronius, qui peut vous pencher vers de pareils désespoirs? (Baudel., J. enchant., 1846, p.501).Le sentiment qui me penchait si passionnément vers Gertrude (Gide, Symph. pastor., 1919, p.912).
III. − Empl. pronom.
A. −
1. [Le suj. désigne une pers.] S'incliner vers le bas et/ou de côté. Synon. se baisser; anton. se redresser, se relever.Julien se pencha dans la salle en s'appuyant assez impoliment sur le devant de la loge (Stendhal, Rouge et Noir, 1830, p.423).L'officier mit la tête à la portière, se pencha de tout le buste (Vogüé, op.cit., p.443):
6. Le gendarme se penchait sur ses rames, de grosses gouttes de sueur lui venaient. Il avait de l'eau par-dessus ses bottes. Il les ôta. Mille, Barnavaux, 1908, p.64.
SYNT. Se pencher à la fenêtre, par la portière; se pencher à l'oreille de qqn, sur l'épaule de qqn; se pencher pour mieux voir, écouter, ramasser qqc.; se pencher à droite, à gauche, de côté, en arrière, en avant.
2. [Le suj. désigne une chose] Être mis, se mettre dans une position oblique, inclinée, vers le bas. Les garde-fous plantés d'herbes vivaces et de mousses veloutées se penchent sur la rivière et ne tombent point (Balzac, Lys, 1836, p.31).La grande flamme se pencha dans toute sa hauteur vers le mur du fond (Ramuz, Gde peur mont., 1926, p.110).
En partic. [Le suj. désigne un astre] Se déplacer (vers l'horizon). Le soleil se penchait vers l'horizon (Queffélec, Recteur, 1944, p.230).
B. − Au fig.
1. Se pencher sur qqc.Manifester attention et intérêt pour quelque chose; en partic. se consacrer à l'étude de quelque chose. Se pencher sur un problème, sur un cas. Des hommes qui ont d'autres chats à fouetter que de se pencher sur leurs frémissements intimes (Sarraute, Ère soupçon, 1956, p.86).Seuls, quelques ethnologues se sont penchés sur un comté agricole du point de vue «total» qui est le leur (Traité sociol., 1967, p.316):
7. On peut (...) se livrer à un examen critique du système. Cet examen a d'ailleurs été entrepris par de nombreux auteurs. En général, ils se sont penchés à la fois sur la légalité et sur la légitimité du gouvernement de Vichy. Vedel, Dr. constit., 1949, p.276.
2. Se pencher sur qqn, vers qqn.Avoir, manifester une attitude bienveillante envers quelqu'un (parfois avec une idée de condescendance). Moi, pour aider le peuple à résoudre un problème, Je me penche vers lui. Commencement: je l'aime (Hugo, Année terr., 1872, p.325).Après le vote sur le relèvement d'indemnité, l'abbé Lemire me dit: −J'ai voté pour... il faut toujours se pencher sur le plus humble. −Ici, monsieur l'abbé, c'est pour lui prendre son porte-monnaie (Barrès, Cahiers, t.6, 1907, p.66).
[P. méton. du compl. d'obj.] Elle était si heureuse, si égoïstement heureuse, qu'elle ne se pencha pas une minute vers les sublimes détresses qui l'entouraient (A. Daudet, Rois en exil, 1879, p.416).
Prononc. et Orth.: [pɑ ̃ ʃe], (il) penche [pɑ ̃:ʃ]. Att. ds Ac. dep.1694. Étymol. et Hist.1. a) 1265 intrans. pengier «être incliné, hors de son aplomb» (Aldebrandin de Sienne, Régime corps, éd. L. Landouzy et R. Pépin, fo30c, p.75, ligne 24); 1283 fig. pronom. se pencher plus d'une partie que d'autre «être plus favorable à l'un qu'à l'autre» (Philippe de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, no1245, t.II, p.144); b) 1532 penchant sur qqc. (Coutumes de la Salle et Chastellenie d'Ipre, ch. CXXV ds Nouv. coutumier gén., t.I, p.845b: bois penchant sur l'héritage d'autrui); 1644 tête... penchée (Corneille, Rodogune, V, 4); c) 1530 pronom. se pencher (Palsgr., p.737b); 2. 1588 intrans. «être porté par préférence naturelle ou après délibération, à un choix en faveur de quelqu'un ou quelque chose» (Montaigne, Essais, éd. Villey-Saulnier, II, IV, p.364); 1645 pencher à + inf. «avoir tendance à» (Corneille, Héraclius, I, 2); 3. 1636 trans. «entraîner, pousser vers quelqu'un ou quelque chose» (Id., Le Cid, V, 1701); 4. av. 1654 intrans. «s'acheminer vers, être tout près de tomber dans» pencher sur son déclin (Balz[ac], liv. V, lett. 3 ds Littré); [1640 un état penchant (Corneille, Horace, IV, 2]); 5. 1810 intrans. «aller en pente» un terrain penchant (Chateaubr., Martyrs, t.1, p.156); 6. 1843 se pencher sur «s'intéresser à» (Balzac, Lettres Étr., t.2, p.113). Du lat. pop.*pendicare, dér. du lat. class. pendere «pendre» (v. ce mot). Fréq. abs. littér.: 4021. Fréq. rel. littér.: xixes: a) 3368, b) 6930; xxes.: a) 6693, b) 6487.

Pencher : définition du Wiktionnaire

Verbe

pencher \pɑ̃.ʃe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se pencher)

  1. Incliner ; baisser quelque chose de quelque côté ; mettre quelque chose hors d’aplomb.
    • Abrité par des roseaux, le chasseur guette les canards du fond de sa barque, que dépassent seulement la visière d’une casquette, le canon du fusil et la tête du chien flairant le vent, happant les moustiques, ou bien de ses grosses pattes étendues penchant tout le bateau d’un côté et le remplissant d'eau. — (Alphonse Daudet, En Camargue, in Lettres de mon moulin, Gallimard Folio 1999, page 301)
    • Pencher la tête, le corps.
    • Pencher un vase.
    • Plier les branches d’un arbre et les pencher.
  2. Dans ce sens, se dit en parlant des personnes.
    • Se pencher sur le bord d’une fontaine.
    • Penchez-vous que je rajuste votre coiffure.
    • Airs penchés : Mouvements affectés de la tête ou du corps, que l’on fait pour se donner un air tendre ou mélancolique. Elle a des airs penchés.
    • Il prend des airs penchés.
  3. (Intransitif) Se dit de tout ce qui est hors de son aplomb, hors de la ligne perpendiculaire ; de tout ce qui n’est pas de niveau, qui va en descendant.
    • Un arbre qui penche.
    • Le mur penche un peu de ce côté-là.
    • Il penche vers le nord.
    • Le terrain va en penchant.
    • Cette balance penche sensiblement.
    • Aucune raison ne le faisait pencher d’un côté plutôt que d’un autre.
  4. (Intransitif) (Figuré) Être porté à quelque chose ; être enclin à.
    • Varlin avait dit, le 29 avril 70, salle de la Marseillaise : « […]. Nous savons à quoi nous en tenir sur la Providence qui a toujours penché du côté des millions. Le bon Dieu a fait son temps, en voilà assez ; […] ». — (Louise Michel, La Commune, Paris : P.-V. Stock, 1898, p.21)
    • Hier, en France, il fallait être humanitaire, kantien, philosémite. Actuellement, la mode, chez nous, penche vers un christianisme édulcoré. — (Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, p.43)
    • Fait curieux, la belle-mère ne renchérit pas. Dans la querelle familiale, elle pencherait au contraire pour la gendresse. — (Michel Jeury, Les beaux jours du Docteur Nicolas, Robert Laffont, 2010, chap.7)
    • Le commissaire me prenait pour une bille ou bien il avait des trous de mémoire, je penchais plutôt pour la première solution, alors je répétai sans m'énerver, que ça soit naturel :
      – Non, il était en costard, je crois vous l'avoir déjà dit, non ?
      — (Pascal Dessaint, Les Hommes sont courageux, Éditions Rivages, 2013)
    • Cet état penche vers sa chute, vers sa ruine : Il est en danger d’être ruiné, détruit.
    • Faire pencher la balance : Faire qu’une personne, qu’une chose, qu’un avis, qu’une considération l’emporte sur l’autre.
  5. (Sports hippiques) En parlant d'un cheval dans une course hippique, ne pas courir droit, avoir une trajectoire inclinée vers un côté, généralement sous le coup de la fatigue.
  6. (Pronominal) S’incliner vers le bas ou de côté, se baisser.
    • Julien se pencha dans la salle en s’appuyant assez impoliment sur le devant de la loge. — (Stendhal, Rouge et Noir, 1830, page 423)
    • Vous étiez seul avec lui, alors vous prîtes un pistolet dans vos fontes, et, tandis qu’il se penchait, vous lui brisâtes les reins. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre III)
    • Presque aussitôt, en un décolletage inélégant, Bert se penchait au-dessus de la table, sur laquelle il étalait une liasse de plans. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 397 de l’éd. de 1921)
  7. (Pronominal) (En parlant de choses) Être mis, se mettre dans une position oblique, inclinée, vers le bas.
    • Les garde-fous plantés d’herbes vivaces et de mousses veloutées se penchent sur la rivière et ne tombent point. — (Balzac, Le Lys dans la vallée, 1836, page 31)
    • La grande flamme se pencha dans toute sa hauteur vers le mur du fond. — (Charles Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la montagne, 1926, page 112)
  8. (Pronominal) Se pencher sur : Manifester attention et intérêt pour quelque chose, se consacrer à l’étude de quelque chose.
    • Se pencher sur un problème, sur un cas.
    • Des hommes qui ont d’autres chats à fouetter que de se pencher sur leurs frémissements intimes. — (Nathalie Sarraute, Ère soupçon, 1956, page 86)
    • On peut […] se livrer à un examen critique du système. Cet examen a d’ailleurs été entrepris par de nombreux auteurs. En général, ils se sont penchés à la fois sur la légalité et sur la légitimité du gouvernement de Vichy. — (Vedel, Droit constitutionnel, 1949, page 276)
  9. (Pronominal) Avoir, manifester une attitude bienveillante envers quelqu'un, parfois avec une idée de condescendance.
    • Moi, pour aider le peuple à résoudre un problème, Je me penche vers lui. Commencement : je l’aime. — (Hugo, L’Année terrible, 1872, page 325)
    • Après le vote sur le relèvement d’indemnité, l’abbé Lemire me dit : −J’ai voté pour… il faut toujours se pencher sur le plus humble. −Ici, monsieur l’abbé, c’est pour lui prendre son porte-monnaie. — (Maurice Barrès, Cahiers, t. 6, 1907, page 66)
    • Elle était si heureuse, si égoïstement heureuse, qu’elle ne se pencha pas une minute vers les sublimes détresses qui l’entouraient. — (Alphonse Daudet, Rois en exil, 1879, page 416)
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Pencher : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PENCHER. v. tr.
Incliner, baisser quelque chose de quelque côté, mettre quelque chose hors d'aplomb. Pencher la tête, le corps. Pencher un vase. Plier les branches d'un arbre et les pencher. Dans ce sens, il se dit en parlant des Personnes. Se pencher sur le bord d'une fontaine. Penchez-vous que je rajuste votre coiffure. Fam., Airs penchés, Mouvements affectés de la tête ou du corps, que l'on fait pour se donner un air tendre ou mélancolique. Elle a des airs penchés. Il prend des airs penchés.

PENCHER est aussi intransitif et se dit de Tout ce qui est hors de son aplomb, hors de la ligne perpendiculaire; de Tout ce qui n'est pas de niveau, qui va en descendant. Un arbre qui penche. Le mur penche un peu de ce côté-là. Il penche vers le nord. Le terrain va en penchant. Cette balance penche sensiblement. Fig., Aucune raison ne le faisait pencher d'un côté plutôt que d'un autre. Fig., Cet État penche vers sa chute, vers sa ruine, Il est en danger d'être ruiné, détruit. Fig., Faire pencher la balance, Faire qu'une personne, qu'une chose, qu'un avis, qu'une considération l'emporte sur l'autre.

PENCHER, intransitif, signifie au figuré Être porté à quelque chose. La plupart des juges penchaient à le renvoyer absous. Il penche plus volontiers vers la clémence que vers la rigueur. Voilà deux avis, deux partis différents; vers lequel penchez-vous? De quel côté penchez-vous?

Pencher : définition du Littré (1872-1877)

PENCHER (pan-ché) V. a.
  • 1Faire que quelque chose ne soit pas droit, perpendiculaire. Si Alexandre penche la tête, ses courtisans penchent la tête, Malebranche, Rech. vér. II, III, 2. Les arbres fruitiers, en penchant leurs rameaux vers la terre, semblent offrir leurs fruits à l'homme, Fénelon, Exist. I, 12.

    Fig. (Un juge) Penche la balance inégale, Et tire d'une urne vénale Des arrêts dictés par Cypris, Gresset, Chartr.

  • 2 Fig. Produire dans l'âme un mouvement comparé à un penchement. Non qu'une folle ardeur de son côté me penche, Corneille, Cid, V, 5. Dieu répand dans l'âme quelque chose qui la penche vers la chose commandée, Pascal, Prov. IV. Pour sentir évidemment notre liberté, il en faut faire l'épreuve dans les choses où il n'y a aucune raison qui nous penche d'un côté plutôt que d'un autre, Bossuet, Lib. arb. 2.
  • 3 V. n. Être hors de son aplomb, de la ligne perpendiculaire. Indépendamment des collines calcaires… il y en a grand nombre d'autres qui ont penché par différents accidents, et dont toutes les couches sont fort inclinées, Buffon, Add. théor. terr. Œuv. t. XII, p. 460. Cette balance, chargée de cinquante livres de chaque côté, penchait assez sensiblement par l'addition de vingt-quatre grains, et chargée de vingt-cinq livres, elle penchait par l'addition de huit grains seulement, Buffon, Hist. min. Introd. part. exp. Œuv. t. VI, p. 14. Ton front bientôt flétri penchera vers la terre, Ducis, Abuf. IV, 7.

    Fig. C'est de son côté [du P. Bouhours, dans une querelle avec Ménage] que le ridicule penche, Sévigné, 16 sept. 1676.

    Faire pencher une balance, ajouter dans un des plateaux quelque chose qui le fait descendre.

    Fig. Vous vous êtes persuadés que celui qui peut jeter des masses d'or dans la balance de la justice, la fait pencher à son gré, Raynal, Hist. phil. III, 41.

  • 4 Fig. S'incliner, s'affaisser comme fait ce qui penche. Quoiqu'elle penche sur son déclin, il faut avouer qu'elle a encore des attraits, Guez de Balzac, liv. V, lett. 3. Ils [certains favoris] aiguisent ce qui coupe, ils précipitent ce qui penche, ils encouragent les violents, Guez de Balzac, De la cour, 7e disc. …La fragilité [du pécheur]… n'a jamais, de soi, que le néant pour terme ; Elle y penche, elle y glisse, elle y tombe aisément, Corneille, Imit. III, 4. Elle [la synagogue] penchait visiblement à sa ruine, Bossuet, Hist. II, 6. Cependant Claudius penchait vers son déclin, Racine, Brit. IV, 2. La démocratie qui penche à l'anarchie, Raynal, Hist. phil. XIX, 2.
  • 5 Fig. Être porté à. Songez que dans ma main j'ai le pouvoir suprême, Qu'entre Othon et Pison mon suffrage incertain, Suivant qu'il penchera, va faire un souverain, Corneille, Oth. II, 2. À l'exception d'un petit nombre de sénateurs qui… n'étaient pas vendus à l'injustice, tout le reste pencha du côté de Jugurtha, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 536, dans POUGENS. Ce bon naturel qui vous fait pencher du côté de la vertu, Massillon, Carême, Impén. Quel est le poids qui fait encore pencher le cœur ? Massillon, Avent, Disp.

    Pencher vers quelqu'un ou vers quelque chose. Car enfin c'est vers toi que penche la nature, Corneille, Héracl. V, 3. C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale, L'a fait pour son malheur pencher vers ma rivale, Racine, Andr. V, 3. Et toujours tous les cœurs penchent vers Bajazet, Racine, Bajaz. I, 2.

    Pencher pour. Osmin a vu l'armée, elle penche pour vous, Racine, Bajaz. II, 1. Vous penchiez pour quelqu'un ; j'en suis fâché pour vous ; Pourquoi tardiez-vous tant à me le venir dire ? Piron, Métrom. V, 11.

    Pencher à, être porté vers quelque chose. Le respect qui pourrait m'empêcher De combattre un avis où vous semblez pencher, Corneille, Cinna, II, 1. Agis donc fortement, et fais-toi violence, Pour te soustraire au mal où tu te vois pencher, Corneille, Imit. I, 25. Cette princesse penchait au judaïsme, Bossuet, Hist. I, 10. Mon naturel penchait à la mollesse, Fénelon, Dial. des morts mod. Dial. 15.

    Pencher a, avec un verbe à l'infinitif. Et [je] penche d'autant plus à lui vouloir du bien, Que, s'en voyant indigne, il ne demande rien, Corneille, Héracl. I, 2. Ils penchent à aimer le vice, Rousseau, Ém. II.

  • 6Se pencher, v. réfl. S'incliner. Dès qu'il fut entré, Maxime, se levant de son trône, se pencha vers lui pour lui donner le baiser, Fléchier, Hist. de Théod. III, 72. Les fleurs croissent à nos pieds, et il faut au moins se pencher pour les cueillir, Diderot, Opin. des anc. philos. Épicurisme.

REMARQUE

1. L'Académie, dans ses Sentiments sur le Cid, remarque : De son côté me penche ; il fallait dire me fasse pencher. Ce verbe n'est point actif, mais neutre. L'Académie se trompait ; les meilleurs écrivains emploient pencher à l'actif, en parlant des actes moraux.

2. Pencher, v. n. se construit avec l'auxiliaire avoir : il avait penché pour un tel. Il se construit rarement avec l'auxiliaire être, et alors il se confond avec le passif de pencher, v. a.

HISTORIQUE

XIIIe s. Si que li cors ne penge de nule part, Alebrand, f. 29. Li enquesteur, ne li auditeur, ne li juge, ne li arbitre ne sunt pas loial, qui se penchent plus d'une partie que d'autre, Beaumanoir, XL, 22.

XVIe s. Vice vers lequel je penche evidemment de ma complexion, Montaigne, II, 42. Cette aysée, doulce et penchante voye, n'est pas celle de la vraye vertu, Montaigne, II, 117. Ils leur enseignent à ne se pancher pas en avant quand ils cheminent, Amyot, Que la vertu se peut apprendre, 7.

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Pencher : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PENCHER, v. act. & neut. (Gramm.) il se dit de tout corps qui s’écarte de la situation verticale & même horisontale. Cette tour penche de ce côté. La balance penche en ma faveur. Il penche à la clémence. Ainsi il se prend, comme on voit, au simple & au figuré.

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Étymologie de « pencher »

Étymologie de pencher - Littré

Provenç. pengar, penjar ; catal. penjar ; d'une forme non latine pendicare, dérivée de pendēre, être suspendu.

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Étymologie de pencher - Wiktionnaire

(1530) Du latin pendere (« pendre ») devenu *pendicare en latin populaire → voir pente dérivé du même verbe. (1256) pengier, « être hors de son aplomb ».
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Phonétique du mot « pencher »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pencher pɑ̃ʃe play_arrow

Conjugaison du verbe « pencher »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe pencher

Citations contenant le mot « pencher »

  • Investie au syndicat pour créer, améliorer, me bagarrer pour les rythmes scolaires, contre la dissolution des syndicats. J’aime faire ce qu’il faut faire. Nous avons obtenu un contrat avec la Caf, nous sommes trois à l’avoir et nous sommes les plus anciens. J’ai suivi des formations, validé mes acquis sous la forme du Brevet professionnel de la Jeunesse et de l’éducation populaire Loisirs tous publics. Mes enfants ont grandi, c’est l’occasion de me pencher sur ma vie professionnelle. midilibre.fr, Audumares : "Me pencher sur ma vie professionnelle" - midilibre.fr
  • Mercredi 22 juillet, à l’écomusée, Geo le jardinier a invité un petit groupe à se pencher sur la petite faune du sol. , Culture - Loisirs | La petite faune sous terre, gage de la qualité du sol
  • https://www.capital.fr/economie-politique/le-gouvernement-va-se-pencher-sur-la-fiscalite-damazon-1374933 Capital.fr, Le gouvernement va se pencher sur la fiscalité d'Amazon - Capital.fr
  • L'homme-individu est essentiellement famille, tribu, nation. Tandis que l'humanité, elle, n'a pas encore trouvé autour de soi d'autres Humanités pour se pencher sur elle et lui expliquer où elle va. De Pierre Teilhard de Chardin / L'Apparition de l'homme
  • Pour changer d'idée, il suffit de pencher la tête, ça fait glisser tout le merdier. On entend presque le bruit des piles qui s'effondrent. De Roland Topor
  • C'est utile, une révolution. Ça met des freins au gouvernement, ça le force à agir, à pencher d'un certain côté. Mais pas plus. L'état demeure. De Jean-François Somcynsky / Encore faim
  • Il faut de la force assurément pour tenir toujours la balance de la justice droite entre tant de gens qui font leurs efforts pour la faire pencher de leur côté. De Louis XIV / Mémoires
  • L'enfant qui sait se pencher sur l'animal souffrant saura un jour tendre la main à son frère. De Albert Schweitzer
  • Pour combien d'esprits penser n'est pas peser le pour et le contre, mais pencher pour quelque chose ! De Pierre Baillargeon / Commerce
  • Il n'existe pas de meilleur exercice pour le coeur que de se pencher pour aider quelqu'un à se relever. De John A. Holmes
  • La poésie est comme la source. Pour y boire, il faut s'agenouiller et se pencher. De Cyprian Norwid
  • Une meilleure connaissance de soi nous aide à nous pencher sur autrui et à nous sentir responsable... De Anonyme
  • Se pencher sur son passé, c'est risquer de tomber dans l'oubli. De Coluche / L’Horreur est humaine
  • Se pencher sur le sommeil a de quoi émerveiller. Se pencher sur les lits a de quoi vous faire peur. De Anthony Burgess / Sur le lit
  • Scrupule. Poids léger qui suffit à faire pencher une balance. De Jules Renard / Journal

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Traductions du mot « pencher »

Langue Traduction
Corse magre
Basque lean
Japonais リーン
Russe опираться
Portugais magro
Arabe الخالية من
Chinois
Allemand lehnen
Italien magro
Espagnol apoyarse
Anglais lean
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Synonymes de « pencher »

Source : synonymes de pencher sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « pencher »


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