Passion : définition de passion


Passion : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PASSION, subst. fém.

A. − [Avec une idée de durée de la souffrance ou de succession de souffrances] Action de souffrir; résultat de cette action.
1. HIST. RELIG. CHRÉT.
a) Au sing. [Gén. avec une majuscule] Souffrances, supplices qui précédèrent et accompagnèrent la mort de Jésus-Christ. La Passion; la Passion du Christ, du Sauveur, du Seigneur; le Mystère de la Passion; le récit de la Passion. Tous les vendredis, en mémoire de la Passion douloureuse de Notre Seigneur, et pendant le Carême tous les jours, elle se faisait donner en secret la discipline avec sévérité (Montalembert, Ste Élisabeth, 1836, p.46).Quand Jésus commençait sa longue passion, Le crachat qu'un bourreau lança sur son front blême Fit au ciel à l'instant même Une constellation! (Hugo, Châtim., 1853, p.226).Au moment de la Passion tous les apôtres abandonnèrent le Christ (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p.225).
P. anal. Supplices subis par les martyrs. La Passion de Saint Sébastien (Ac.).
LITURGIE
Dimanche de la Passion. Deuxième dimanche avant Pâques. En avril 1919 (...) ce devait être entre le dimanche de la Passion et celui de Pâques (Green, Journal, 1941, p.84).
Jour de la Passion. Jour anniversaire de la Passion du Christ. Le 12 avril 1261, jour de la Passion (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p.226).
Semaine de la Passion. ,,La semaine sainte consacrée au souvenir des souffrances et de la mort du Sauveur`` (Marcel 1938).
b) Absol. [Gén. avec une majuscule]
α) Récit évangélique, cérémonie liturgique ayant pour thème la Passion. La Passion selon saint Jean, saint Luc, saint Matthieu. La Passion selon S. Marc (...). L'agencement du récit semble comporter, après une introduction (...), deux parties: la passion secrète (...) et la passion intérieure décrivant l'abandonnement réalisé progressivement (...). La seconde partie, ou passion physique (...), présente successivement le jugement (...) par les Juifs qui condamnent Jésus comme Messie, par Pilate qui le condamne comme Roi des Juifs, puis l'exécution du jugement (...), crucifixion, mort, sépulture (Bible Suppl.t.61960, p.1474).V. agonisant ex. 33.
β) Spécialement
Sermon sur les souffrances de Jésus-Christ que l'on prêche durant la semaine sainte. Il a prêché la Passion (Ac. 1935). J'ai entendu la Passion de tel prédicateur (Ac. 1935). Bourdaloue a composé plusieurs Passions (Ac. 1935).
THÉÂTRE MÉDIÉV. Mystère du Moyen Âge dont le sujet traite la passion du Christ. Jouer une Passion (Lar. encyclop.).
Confrérie, confrères de la Passion. (Association de) jeunes clercs qui, sous Charles VI et jusqu'à la fin du xviies., avaient le monopole de ces représentations et qui, au xviies., étaient devenus une association détenant des privilèges sur le théâtre à Paris. Le privilège exclusif des confrères de la Passion ne s'étendait qu'aux Mystères (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr., 1828, p.177).À l'Hôtel de Bourgogne (...) Valleran Le Conte doit sous-louer le produit des loges et de l'amphithéâtre; en février 1612, il joue avec la troupe italienne de Jean-Paul Alfieri et les Confrères de la Passion saisissent la recette (G. Mongrédien, J. Robert, Les Comédiens fr. du XVIIes., Paris, éd. du C.N.R.S., 1981, p.198).
(Théâtre de) la Passion. Troupe théâtrale qui, de nos jours, joue des pièces à caractère religieux, en particulier la Passion de Jésus-Christ. Le Théâtre de la Passion de Nancy vient de perdre l'un des siens (...). Camille Kleinclauss (...) a fait ses débuts sur la scène de la Passion (...) dans les bras de sa mère, lors de la scène de l'entrée du Christ à Jérusalem. Il (...) participa, comme comédien, à tous les spectacles du Théâtre de la Passion d'avant et après la Seconde Guerre mondiale (L'Est Républicain, 8 mai 1985, p.2).
MUS. Version musicale de la Passion du Christ, inspirée du texte des Évangiles. Êtes-vous allé (...) à la grand'messe? (...) Vous eussiez entendu chanter l'admirable Passion de saint Mathieu (Valéry, Corresp.[avec Gide], 1891, p.72).Les grandes Passions (...) composées depuis le XVIIIes. par les maîtres protestants allemands, et surtout les chefs-d'oeuvre de Bach, Passion selon saint Jean et Passion selon saint Mathieu, tiennent un rang intermédiaire entre l'ancienne Passion liturgique et l'oratorio moderne, qui a pour texte, au lieu des versets de l'Évangile, un poème plus ou moins analogue au plan et au style de l'opéra (BrenetMus.1926, p.313).
PEINT. ,,Suite de toiles représentant la passion du Christ`` (Hugues, Expr. atelier, s.d.).
γ) [Dans des syntagmes]
BLASON
Croix de la Passion. ,,Croix dont la barre est placée vers le haut comme celle où Jésus fut attaché`` (Ac. Compl. 1842).
Clous de la Passion. Clous de forme particulière, évoquant ceux utilisés pour la crucifixion du Christ. Les Machiavelli de Florence portaient d'argent à la croix d'azur anglée de quatre clous de la passion (Ac. Compl. 1842).
BOT. Fleur de la passion. Synon. de grenadille, passiflore, passionnaire.En ce temps-là j'étais crédule Un mot m'était promission Et je prenais les campanules Pour les fleurs de la passion (Aragon, Rom. inach., 1956, p.153).V. passionnaire B ex. de Bouillet.
Fruit de la passion. Fruit de cette plante. Sorbet aux fruits de la passion. Les marchands d'arôme (...) s'orientent vers les fruits exotiques. Des yaourts aux fruits de la passion sont apparus. Le marché est assez lent à réagir (Le Monde dimanche, 26 juill. 1981, p.xiv).
2. Vx ou littér. [Le plus souvent dans un cont. métaph., p.allus. à la Passion du Christ; gén. avec une majuscule] Ce qui est subi, supporté de très pénible; grande souffrance (généralement corporelle), tourment. Que dire de ces villageois qui suspendent une oie vivante pour la décoller de loin au tranchant du bâton? Leur maladresse prolonge son martyre, et ils s'amusent pendant plus de deux heures, de la Passion de cette pauvre bête (MercierNéol.1801).Jésus-Christ n'eût pas fondé une croyance s'il n'avait eu ses quarante jours de passion... Or, ma passion à moi..., ma croix, c'est Sainte-Hélène (Dumas père, Napoléon, 1831, vi, 4, p.151):
1. Mais n'appartient-il pas à toute mère de souffrir, et, depuis Celle dont nous adorons le fruit ineffable, n'y-a-t-il pas quelque adoucissement pour les autres à faire comparaison de leurs douleurs, malgré tout bornées, avec toute cette Passion dont Elle fut crucifiée dans son amour? Toulet, Tendres mén., 1904, p.162.
Loc. fig., fam. Souffrir mort et passion. Éprouver de très vives souffrances, être torturé par quelque chose. Il hésitait à chaque moment dans son discours: je souffrais mort et passion de l'entendre, à l'entendre (Ac.).Dans la torture de cette vie, où elle souffrait mort et passion, Germinie (...) était revenue au verre qu'elle avait pris un matin des mains d'Adèle et qui lui avait donné toute une journée d'oubli (Goncourt, G. Lacerteux, 1864, p.153).
PATHOL., rare. Nom de plusieurs maladies très douloureuses.
Passion (hystérique). Synon. affection hystérique (v. affection2I C).La passion ou affection hystérique, à laquelle on donne souvent le nom de vapeurs, et qui fait le tourment de bien des femmes, (...) a beaucoup de rapport avec l'affection mélancolique et hypocondriaque, à laquelle les hommes sont plus sujets (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p.490).
Passion iliaque. Synon. colique de miserere (v. ce mot B).La passion iliaque consiste dans une irritation spasmodique de l'intestin, annoncée par une constipation opiniâtre et des vomissements de matières fécales qui se trouvent entraînées par un effet de la perturbation du mouvement péristaltique (Encyclop. méthod. Méd.t.111824).
B. − Vx. [P. oppos. à action volontaire]
1. HIST. PHILOS., PHYSIOL.
a) ,,Chez Aristote, celle des dix catégories (gr. pathos) qui désigne l'accident consistant à subir une action`` (Morf. Philos. 1980). Un corps en repos ne nous fournit aucune idée d'une puissance active capable de produire du mouvement; et quand le corps lui-même est en mouvement, ce mouvement est dans le corps une passion plutôt qu'une action (Cousin, Hist. philos. mod., t.3, 1847, p.161).Le couple action-passion, effort-résistance, ne commande pas exclusivement ni même essentiellement mon rapport au monde (Ricoeur, Philos. volonté, 1949, p.316):
2. ... les passivités (...) forment la moitié de l'existence humaine. Cette expression veut dire, tout naïvement, que ce qui n'est pas agi, en nous, est par définition, subi. Mais elle ne préjuge en rien des proportions suivant lesquelles action et passion se divisent notre domaine intérieur. En fait, les deux parts, active et passive, de nos vies sont extraordinairement inégales. Teilhard de Ch., Milieu divin, 1955, p.72.
b) ,,Chez les cartésiens, elliptiqt(pour: passions de l'âme): tous les états de l'âme résultant des impressions produites par les esprits animaux; ou même (Descartes) tous ceux qui ne se rattachent pas à la volonté`` (Foulq.-St-Jean 1962); p.ext., ,,tous les mouvements de la sensibilité en général`` (Franck 1875). Synon. émotion.[Descartes] substitue à ces trois facultés [la concupiscible, l'irascible et la raisonnable] six passions primitives, qui sont l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse (Bern.-de St-P., Harm. nat., 1814, p.266).Descartes (...) dans son Traité des passions (...) a fait voir que la passion, quoiqu'elle soit toute dans un état de nos pensées, dépend néanmoins des mouvements qui se font dans notre corps; c'est par le mouvement du sang, et par la course d'on ne sait quel fluide qui voyage dans les nerfs et le cerveau, que les mêmes idées nous reviennent (Alain, Propos, 1911, p.112):
3. ... des trente-huit «passions» qu'étudie Descartes [dans le Traité des passions], la plupart concernent des conduites interpersonnelles (...). Ce sont des «inclinations» à l'action, qui sont d'abord données, «reçues en l'âme»; la notion est très voisine de celle d'attitude au sens large. Les passions de Descartes sont donc orientées vers quelque chose, vers des «objets»... Traité sociol., 1968, p.341.
2. GRAMM. Rôle du sujet qui reçoit l'action. Le passif marque la passion du sujet (Ac.).[Le participe] est toujours l'expression de la qualité du sujet qui est, soit dans le présent, soit dans le passé. Il n'y a là ni action, ni passion; c'est toujours un état, et le même état, dans des époques différentes (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p.95).
C. − [Avec une idée de démesure, d'exagération, d'intensité]
1. Domaine de l'esprit et des sentiments.Tendance d'origine affective caractérisée par son intensité et par l'intérêt exclusif et impérieux porté à un seul objet entraînant la diminution ou la perte du sens moral, de l'esprit critique et pouvant provoquer une rupture de l'équilibre psychique. La clinique ne connaît pas d'avares qui «guérissent»; leur passion se renforce d'un culte intolérant qui les rend agressifs pour tous ceux qui semblent le contester peu ou prou (Mounier, Traité caract., 1946, p.536).V. amour ex. 1, 112:
4. ... son avarice s'était accrue comme s'accroissent toutes les passions persistantes de l'homme. Suivant une observation faite sur les avares, sur les ambitieux, sur tous les gens dont la vie a été consacrée à une idée dominante, son sentiment avait affectionné plus particulièrement un symbole de sa passion. La vue de l'or, la possession de l'or était devenue sa monomanie. Balzac, E. Grandet, 1834, p.212.
SYNT. Passion aveugle, déchaînée, dévorante, effrénée, égoïste, exclusive, fébrile, furieuse, généreuse, impétueuse, véhémente, violente; passions humaines; passions mauvaises; folle, grande, noble, vive passion; ardeur, assaut, asservissement, choc, conflit, entraînement, fièvre, fureur, ravage, tumulte, violence de la/des passion(s); la passion aveugle, naît, s'assoupit, se calme, se réveille; assouvir, calmer, contenir, dominer, faire taire, maîtriser, modérer, réfréner, réprimer, retenir, satisfaire, suivre, vaincre sa/ses passion(s); commander, être exposé, imposer silence, lâcher la bride/les rênes, obéir, résister, se laisser aller à ses passions/aux passions; assouvir, dominer, éprouver, éveiller une/des passions; lutter contre une/des passion(s); être l'esclave de ses passions.
Passion dominante. Passion qui exerce le principal empire sur une personne. La passion dominante s'y fait aisément reconnaître [chez le malade]: l'avare tient sur ses trésors enfouis les propos les plus indiscrets; tel autre meurt assiégé de religieuses terreurs (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p.255).V. dominant ex. de About.
Passion de/pour + subst.Je n'ai eu qu'une passion dans ma vie, c'est la passion des femmes. Mais autant j'étais passionné, autant j'étais difficile dans mes choix (Janin, Âne mort, 1829, p.115).J'étais jalouse de la place qu'elle [ma mère] occupait dans le coeur de mon père car ma passion pour lui n'avait fait que grandir (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p.108).
En partic. [Avec une valeur laud., la passion comme source de volonté] Tendance dominante qui, contrôlée par la raison, sert de moteur à l'action, permet la réalisation de grandes entreprises. Nous verrons avec quelle passion brûlante Gandhi ne cesse de combattre cette iniquité sociale [la question des parias] (Rolland, Gandhi, 1923, p.42):
5. ... pour faire la guerre, il fallait être rempli d'un amour, d'une passion véhémente, il fallait être exalté par une ivresse, sans quoi elle restait inhumaine et absurde. Quelle était donc la passion si forte qu'elle pouvait ainsi soulever, entraîner l'homme? Était-ce un idéal de justice, de beauté, de fraternité? Roy, Bonheur occas., 1945, p.387.
[Le plus souvent avec un compl. déterminatif] Passion de + subst. ou verbe à l'inf.Passion du bien, de la justice, de la liberté, de la vérité. Des hommes intrépides, guidés par (...) la passion des découvertes, avaient reculé pour l'Europe les bornes de l'univers (Condorcet, Esq. tabl. hist., 1794, p.121).La passion de savoir qui anime un autodidacte, dans son travail solitaire (Guéhenno, Jean-Jacques, 1948, p.88).
(Faire qqc.) avec passion.(Faire quelque chose) avec une extrême ardeur, avec exaltation (généralement avec idée de persistance). Ah! si tu lis dans mon coeur, tu sais combien il désire la vérité; tu sais qu'il la recherche avec passion (Volney, Ruines, 1791, p.24).
2. En partic., domaine des sentiments
a) Amour violent et exclusif inspiré par une personne et dégénérant parfois en obsession. Synon. adoration, ardeur (poét.), feu (poét.), flamme (poét.), idolâtrie.Ô mon Dieu! (...) tu retireras de mon coeur le trouble et l'orage de la passion qui me tourmente, comme tu retires d'un mot la tempête qui a soulevé la mer (Krüdener, Valérie, 1803, p.175).Sévères jusqu'à la cruauté pour les jeunes filles qui ont succombé à la passion, nous sommes d'une indulgence plus que plénière pour les jeunes garçons qui font la même chose (Le Dantec, Savoir!1920, p.71).V. amour ex. 116, 129, exalter ex. 3:
6. ... est-ce une passion? est-ce l'amour? L'amour n'existant pas sans la connaissance intime des plaisirs qui le perpétuent. La duchesse était donc sous le joug d'une passion; aussi en éprouva-t-elle les dévorantes agitations, les involontaires calculs, les desséchants désirs, enfin tout ce qu'exprime le mot passion [it. ds le texte]: elle souffrit. Balzac, Langeais, 1834, p.308.
SYNT. Passion éteinte, refroidie, morte; aveuglement, bouillonnement, brasier, embrasement, feu, orage, ouragan de la/des passion(s); la passion brûle, consume, couve, dévore; allumer, attiser, éteindre la/les passion(s); rallumer sa/ses passion(s). V. aussi supra syntagmes C 1.
L'amour-passion. Variété la plus intense de l'amour. [M. de Meilhan] a dit encore en parlant des femmes et de l'amour-passion (car l'expression est de lui), et en convenant qu'il ne l'avait jamais éprouvé: «En France, les grandes passions sont aussi rares que les grands hommes» (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t.10, 1854, p.106).V. amour ex. 126.
Locutions
Aimer (qqn) de passion (vx), à la passion, avec passion. Aimer (quelqu'un) intensément, violemment, de façon exclusive. Trop fière pour confier son malheur à personne et trop honnête pour tromper aucun homme, elle a rompu avec M. de La Marche, qu'elle aimait à la passion, et qui l'aimait de même (Sand, Mauprat, 1837, p.329).Non, elle [MmeRécamier] n'a jamais aimé, aimé de passion et de flamme (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t.1, 1849, p.125).
Faire une passion. Inspirer un grand amour. Je fais une passion à mon tour (...) et j'épouse (Dumas père, Demois. St-Cyr, 1843, i, 2, p.96).
P. méton. Objet de la passion amoureuse:
7. Un jeune homme pauvre peut seul savoir ce qu'une passion coûte en voitures, en gants, en habits, linge, etc. Si l'amour reste un peu trop de temps platonique, il devient ruineux. Vraiment, il y a des Lauzuns de l'école de droit auxquels il est possible d'approcher d'une passion logée à un premier étage. Balzac, Peau chagr., 1831, p.120.
b) Absol. Tendance naturelle à éprouver des sentiments d'une intensité peu commune; affectivité, émotion, sentimentalité, sensibilité. MmeLavenelle est sèche comme un parchemin (...) et surtout sans passion, sans possibilité d'être émue (Stendhal, Souv. égotisme, 1832, p.48).Leur conseil [des femmes] peut être excellent, mais à condition de le rectifier sans cesse et de l'expurger de cette part de passion et d'émotivité qui, presque toujours, chez la femme, vient sentimentaliser la pensée (Gide, Journal, 1940, p.61).
c) Domaine de l'expression
α) Domaine du comportement physique ou psychique.Expression intense des émotions, des sentiments. Synon. ardeur, chaleur, élan, exaltation, feu, fièvre, transport; anton. calme, détachement, froideur.Parler avec passion. [Outougamiz] saisit la chaîne d'or, la regarde avec passion, la veut jeter dans le torrent, puis la presse contre son coeur et la suspend de nouveau sur sa poitrine (Chateaubr., Natchez, 1826, p.388).Les baisers remplis de passion, et tels que jamais elle n'en avait reçu de pareils, lui firent tout à coup oublier que peut-être il aimait une autre femme (Stendhal, Rouge et Noir, 1830, p.66).
β) Domaine des arts (litt., mus., peint.).Expression intense des émotions de l'artiste ou de ses personnages. Synon. chaleur, feu, flamme, lyrisme, pathétique, sensibilité.Chanter, danser avec passion; oeuvre, page pleine de passion. Le Conservatoire est graduellement arrivé à une interprétation sans vie et sans passion, froide comme une leçon bien apprise, officielle comme un texte de loi (P. Lalo, Mus., 1899, p.346).Les deux préfaces pleines de vie et de passion composées par Lefranc pour le Gargantua et le Pantagruel de la grande édition Champion des OEuvres de Rabelais (L. Febvre, Sur Rabelais, [1931] ds Combats, 1953, p.248).Ce mélange unique de talents et de facultés contraires, de passion et de sécheresse, de force créatrice et de pouvoir destructeur, expliquent assez le prestige extraordinaire qui l'entoure [Picasso] (Gillet, Art fr., 1938, p.177).
d) Vieilli. Vif désir, volonté de. Je me souviens de la passion avec laquelle vous désiriez de rentrer dans votre jolie maison de Greenock, et je comprends tout ce que cette espérance frustrée a dû vous laisser de chagrins (Nodier, Fée Miettes, 1831, p.93).
Passion de + subst. ou verbe à l'inf.J'ai une terrible passion de ton retour (Staël, Lettres div., 1794, p.553).Je suis plus calme aujourd'hui parce qu'elle n'oppose pas un obstacle positif à ma passion de la voir (Constant, Journaux, 1815, p.431).
3. Fam., domaine du corps ou de l'esprit.Asservissement, dépendance à quelque chose; manie tyrannique. La passion de l'alcool, du tabac, des courses:
8. ... si l'amour naît de la communion des personnes, la passion ne jaillit au contraire que du contact des choses: tout devient nature, force, animalité. Rien ne marque mieux cette aliénation réciproque que la passion du jeu, en laquelle s'achève toute passion. Nul succès ne dépend plus de moi; je dois tout à la fatalité et à la roulette. J'obéis. J. Vuillemin, Essai signif. mort, 1949, p.215.
D. − P. ext. [Sens affaibli] Très vive attirance, goût extrême, penchant très vif et persistant pour quelque chose ou quelqu'un, pour un type d'activité, un domaine de la recherche, de l'art, etc. Synon. amour, emballement, engouement, enthousiasme, folie, marotte (fam.); anton. aversion, haine, horreur, indifférence.Se livrer à sa passion. Rilke écrit à Benvenuta (...): (...) je fus repris à l'improviste par cette vieille passion [le piano]. Il faut que tu le saches: ce fut sans doute la plus grande passion de mon enfance et aussi mon premier contact avec la musique (Bachelard, Poét. espace, 1957, p.76).
[Le plus souvent avec un compl. déterminatif]
Passion de/pour + subst.La passion de l'automobile, des chevaux, des études, des femmes, des mathématiques, de la musique, des papillons, d'un pays. La passion de la botanique, que J. J. Rousseau eut l'avantage de développer en elles (Jouy, Hermite, t.3, 1813, p.181).L'impératrice Joséphine a manifesté un goût prononcé, voire une passion, pour l'orfèvrerie (Grandjean, Orfèvr. XIXes., 1962, p.12).
Passion de + verbe à l'inf.La passion de voyager. [Jean Martin] a comme bien des Français la passion de connaître (Leprince-Ringuet, Atomes et hommes, 1957, p.78).
Locutions
Aimer à la passion (qqc.). Aimer extrêmement, à la folie. Des pastilles que M. De C. m'a rapportées de Constantinople; j'aime cette odeur à la passion (Jouy, Hermite, t.2, 1812, p.37).Cet homme est fou de la danse, je m'ennuie à voir danser; il ne peut souffrir la comédie, j'aime la comédie à la passion (Guéhenno, Jean-Jacques, 1950, p.266).
(Faire qqc.) avec/sans passion. (Faire quelque chose) avec, sans grand enthousiasme, grand intérêt. Étudier, faire, préparer (qqc.) avec/sans passion; pratiquer l'équitation, la chasse avec passion. Cette Histoire socialiste [de Jaurès] que nos vingt ans dévorèrent avec passion (L. Febvre, A. Mathiez, [1932] ds Combats, 1953, p.345).
Avoir la passion de, avoir une passion pour. Avoir un intérêt, un goût extrême pour. Avoir une passion pour le sport. Mon père, né dans les états de Gérold, avoit la passion des voyages (Genlis, Chev. Cygne, t.2, 1795, p.183).
Avoir de la passion. [En parlant d'une chose] Présenter beaucoup d'intérêt pour. On peut concevoir (...) qu'on «mise», à quelque jeu de hasard que ce soit, par exemple à la roulette (...), des enjeux tout à fait symboliques, des «haricots» par exemple. Mais pour que le jeu ait quelque passion il faut que ces légumes soient investis (...) d'une autre valeur qu'alimentaire (Jeux et sports, 1967, p.448).
Prendre en passion (qqc./qqn) (vieilli). S'intéresser vivement à; être enthousiasmé, emballé par. Prendre en passion son élève. J'ai vu des officiers prendre cette existence [la vie militaire] en passion au point de ne pouvoir la quitter quelque temps sans ennui (Vigny, Serv. et grand. milit., 1835, p.69).Se prendre de passion pour (qqc./qqn). Ce jour, mardi, excellente musique le soir, de la princesse et de Batta. Je me prends de passion pour ce dernier (Delacroix, Journal, 1854, p.188).
Tenir en passion (qqn). [En parlant d'un événement] Intéresser vivement (quelqu'un). Synon. tenir en haleine*.Pas de nouvelles! −Mais un miracle, un prodige Qui tient depuis deux mois Paris en passion! (Hugo, Marion Del., 1831, p.196).
P. méton. Objet de ce goût extrême, de ce penchant. [Le Comte Strogonof] était grand protecteur des arts (...) Son tic, sa passion, l'objet principal de ses pensées habituelles était l'église cathédrale de Notre-Dame de Casan (J. de Maistre, Corresp., 1811, p.66).Deux délicieuses ombrelles: l'une en soie rose, à glands d'argent, à manche de nacre, ma passion, mon amour (Éluard, Donner, 1939, p.37).Sa plus forte passion, c'est la chasse (Dupré1972).
E. − Péjoratif
1. Domaine du comportement intellectuel, pol., idéol.[La passion en tant qu'état affectif est caractérisée par l'impulsivité, la non-maîtrise de soi, la violence] Jugement irraisonné qui manque d'objectivité et peut conduire au fanatisme; emportement polémique dû à l'affectivité qui perturbe le jugement et la conduite. Synon. parti(-)pris (v. parti), préjugé, prévention; anton. lucidité, mesure, raison.Xénophon me choque par sa partialité pour Lacédémone. Il parle souvent avec passion de leurs ennemis (Michelet, Journal, 1820, p.75).J'espère que ce n'est [ta lettre] qu'un de ces premiers mouvements de passion politique qui nous aveuglent pour un moment sur la nature d'une démarche mais qu'avec un peu de réflexion la conscience de l'homme nous fait juger et condamner (Lamart., Corresp., 1831, p.386):
9. Hugo De Groot, ayant éprouvé lui-même la vanité des luttes religieuses, consacra son oeuvre majeure (...), à montrer l'intérêt pour l'humanité de substituer des modes de pensée et d'action rationnels au déchaînement des passions. Continuateur peut-être inconscient des canonistes espagnols, il affirme ainsi, au-dessus des querelles dogmatiques ou dynastiques, l'existence d'une loi naturelle, mais qui (...) dérive des rapports mêmes de sociabilité entre communautés humaines. Chazelle, Diplom., 1962, p.20.
SYNT. Passion confessionnelle, partisane, religieuse, nationale; la passion égare, ne raisonne pas; céder aux passions; discuter, juger, parler avec/sans passion; se dépouiller de toute passion; se laisser aveugler, égarer par la passion; jugements de passion.
2. En partic. Vice, ,,goût très marqué, souvent exclusif pour une composante particulière et considérée comme aberrante de l'activité sexuelle (sadisme, masochisme, fétichisme, sodomie, etc.)`` (Cellard-Rey 1980). [Magnard] emporté, à l'âge dangereux, par une passion charnelle défendue (L. Daudet, Brév. journ., 1936, p.19).
(Personne) à passions. (Personne) dont le comportement sexuel est marqué par une passion, qui a recours à un vice pour satisfaire sa sexualité. Vous êtes encore trop jeune pour bien connaître Paris, vous saurez plus tard qu'il s'y rencontre ce que nous nommons des hommes à passions (Balzac, Goriot, 1835, p.58).Arg. Mec à passions (Sandry-Carr. 1963). Un gars à passions (Car. Argot 1977).
REM. 1.
Passionisme, subst. masc.Attitude consistant à considérer l'amour sous l'aspect de la passion. Le passionisme est peut-être un des traits qui caractérisent le mieux la conception de l'amour depuis huit siècles (J. Guitton, Essai sur l'amour humain, 1938, p.41 ds Rheims 1969).
2.
Passionnalité, subst. fém.Caractère de ce qui est soumis à la passion (supra C). Swinburne (...) a cette flamme, ce délire du cerveau et des sens, cette exacerbation de la passionnalité qui est bien la caractéristique de notre fin de siècle (G. Moureyds R. indépendante, juin 1889, no32, p.376).
Prononc. et Orth.: [pasjɔ ̃], [pɑ-]. Mart. Comment prononce 1913, p.38: ,,Je ne conseille pas de fermer l'a dans passion``. Fouché Prononc. 1959, p.85: L'[ɑ] ne fait que se survivre dans (...) passion``. Martinet-Walter 1973 [a], [ɑ] (9/7). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.I. Action de souffrir A. 2emoitié xes. «supplice subi par un martyr» (St Léger, éd. J. Linskill, 240); fin xes. «supplice subi par le Christ pour le rachat de l'humanité» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 12); 1119 «récit du supplice du Christ dans les Évangiles» (Philippe de Thaon, Comput, 2750 ds T.-L.: E ço lisant truvum Enz en la passïun); 1402, 4 déc. art dram. Confrarie de la Passion (Lettre patente de Charles VI ds L. Petit de Julleville, Les Mystères, t.1, p.417; cf. A. Thomas ds Romania t.21, p.606); 1671, 26 mars «sermon sur le thème de la Passion» (Sévigné, Lettres, éd. M. Monmerqué, no149, t.2, p.130: ... aller à la Passion du P. Bourdaloue). B. 1erquart xiies. «souffrance physique» (Lapidaire de Marbode, 401 ds Studer-Evans, p.44); 1135 (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis [ms. A], 680). II. Affection de l'âme A. 1. Déb. xiiies. passion d'amor (Chastoiement d'un père à son fils, éd. A. Hilka et W. Söderhjelm, version en vers, A, 388: Si se sont bien aveseié: Quant n'i truevent [li mire] mal ne dolor Que ce est passion d'amor); ca 1265 (Brunet Latin, Trésor, éd. Fr. J. Carmody, II, XIV, 2, p.183: en l'ame de l'home sont .III. poissances, c'est abit, pooir et passion. Passions sont si come amour, leesce et misericorde; et totes choses de quoi ensieut volenté et moleste sont sous ces choses de passion); 1569 «souffrance torturante provoquée par l'amour» (Ronsard, 7el. des poèmes; sonnets, II, éd. P. Laumonier, t.15, p.228: ... telle passion De mon amour donne assez tesmoignage); 1572 plur. manifester ses passions a sa dame (Desperiers, Nouv. recreat., fol. 290 ro(éd. L. Lacour II, 388) ds Gdf. Compl.); 2. début xvies. passion partizane «parti pris» (D'Aubigné, Tragiques, Aux lecteurs ds OEuvres, éd. E. Réaume et F. de Caussade, t.4, p.8); 1607 sans passion «sans parti pris» (H. d'Urfé, L'Astrée, 1repart., IV, éd. H. Vaganay, t.1, p.127); 3. 1621 «vive affection pour quelque chose» ici, la liberté (Malherbe, trad. XXXIIIelivre de Tite Live, chap.32 ds OEuvres, éd. L. Lalanne, t.1, p.439); 4. 1671 «(en parlant d'une personne) objet d'affection» (E. Fléchier ds Rec. des oraisons funèbres; duc de Montausier, Paris, 1808, p.19); 5. 1674 «chaleur, sensibilité animant une oeuvre littéraire» (Boileau, Art poétique, III ds OEuvres, éd. F. Escal, p.169: Que dans tous vos discours la passion émuë Aille chercher le coeur, l'échauffe et le remuë). B. philos. 1370 «fait de subir; impression reçue par le sujet [opposé à action]» (N. Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, V, 8, fol. 96d, p.289: Car se un a esté navré et l'autre le ait navré... tele accion et tele passion sont divisees par inequalité [note 5:] Il prent ici passion pour souffrance distinguée contre accion; si comme estre batu, estre occis... c'est passion; et faire teles choses, c'est accion); 1558 «conditions (péché, misère, mort...) que l'homme subit de nature» (Calvin, Bible, Lyon, Michel Du Boys, Actes, XIV, 14: Nous sommes aussi hommes, subjects à mesmes passions que vous); 1649 (Descartes, Passions de l'âme, 1repart., art.1 ds OEuvres, éd. A. Bridoux, p.695: tout ce qui se fait ou arrive de nouveau est généralement appelé par les philosophes une passion au regard du sujet auquel il arrive, et une action au regard de celui qui fait qu'il arrive). Empr. au lat. passio, -onis, formé sur le part. passé du verbe pati «souffrir». Son empl. étant attribué une 1refois par le grammairien Charisius (ives.) à Varron au sens de «douleur morale», passio est réellement att. dep. le iies. (Apulée) au sens de «fait de subir, de souffrir, d'éprouver» (empl. au sens de «action de subir de l'extérieur», comme quasi-synon. de «accident» −passio opposé à natura −par Ambroise, Hexameron, 2, 3, 14 ds Blaise Lat. chrét.), spéc. «souffrance physique, douleur, maladie» (iiies., Caelius Aurelianus); empl. pour désigner les souffrances du Christ (textes patristiques, dep. Tertullien), celles des martyrs (Tertullien ds Blaise Lat. chrét.), le récit des martyres (397, concile de Carthage, ibid.), le dimanche avant Pâques (viies., Sacramentaire de Gélase, ibid.). Passio connaît à partir de la fin du iiie-déb. ives. un empl. actif au sens de «mouvement, affection, sentiment de l'âme» (Arnobe, St Augustin, ibid.), spéc., le plus souvent au plur. et d'empl. péj., «les passions»: passiones peccatorum, passiones carnales. Pour l'évolution du mot fr., v. aussi E. Lerch ds Arch. rom. t.22, 1938, pp.320-49. Fréq. abs. littér.: 13844. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 26770, b) 16369; xxes.: a) 16892, b) 17098.
DÉR.
Passionniste, subst. masc. et adj.a) Subst. masc. α) Membre d'une congrégation masculine, vouée à la contemplation et à la prédication de la Passion du Christ. Au mont Albane, un peu au-dessous du couvent des Passionnistes (Sainte-Beuve, Volupté, t.2, 1834, p.274).Empl. subst. fém. Membre d'une congrégation féminine fondée par Paul de la Croix en 1748 sur le modèle de celle des hommes. (Ds Nouv. Lar. ill., Quillet 1965). β) Au plur. Sectaires chrétiens qui niaient la Trinité des personnes divines en faisant du Fils et de l'Esprit des modes du Père et prétendaient que Dieu le Père était né et avait souffert sur la croix. (Ds Ac. Compl. 1842). b) Adj. [En parlant d'une pers.] Auteur de poèmes sur la Passion. Poètes passionnistes (T. C. de La Villemarque, Le Grand mystère de Jésus, 1865, p.LXXXIX ds Littré). [pasjɔnist]. ,,L'[ɑ] ne fait que se survivre dans passioniste [sic], passionnaire, passionnant, passionné, passionnel, passionnément, passionner`` (Fouché Prononc. 1959, p.85). Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971, p.209: -ioniste. 1resattest. a) 1834 subst. masc. nom donné aux membres de la Congrégation pour la propagation de la Croix fondée par Paul Danel dit Paul de la Croix, et dont les statuts furent approuvés en 1741 [Théol. cath.] (Sainte-Beuve, loc. cit.), 1903 subst. fém. nom donné aux membres d'une congrégation religieuse ayant le même fondateur (Nouv. Lar. ill.), b) 1842 nom donné à une hérésie des iie-iiies. qui niait la Trinité des personnes divines [Théol. cath., s.v. monarchianisme] (Ac. Compl.), c) 1865 adj. «auteur de poèmes sur la Passion» (T. C. de La Villemarque, loc. cit.); de passion, suff. -iste*; le lat. médiév. passionnitae, sens B, est relevé par Du Cange chez Philastre, évêque de Brescia, 2emoitié ives.
BBG.Auerbach (E.). Rem. sur le mot passion. Neuphilol. Mitt. 1937, t.38, pp.218-224; P.M.L.A. 1941, t.56, pp.1192-1196. _Dauzat Ling. fr. 1946, p.21. _Gohin 1903, p.338. _Spitzer (L.). Romania. 1939, t.65, p.123. _Strosetzki (Ch.). Konversation... Frankfurt am Main, 1978, p.122.

Passion : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PASSION, subst. fém.

A. − [Avec une idée de durée de la souffrance ou de succession de souffrances] Action de souffrir; résultat de cette action.
1. HIST. RELIG. CHRÉT.
a) Au sing. [Gén. avec une majuscule] Souffrances, supplices qui précédèrent et accompagnèrent la mort de Jésus-Christ. La Passion; la Passion du Christ, du Sauveur, du Seigneur; le Mystère de la Passion; le récit de la Passion. Tous les vendredis, en mémoire de la Passion douloureuse de Notre Seigneur, et pendant le Carême tous les jours, elle se faisait donner en secret la discipline avec sévérité (Montalembert, Ste Élisabeth, 1836, p.46).Quand Jésus commençait sa longue passion, Le crachat qu'un bourreau lança sur son front blême Fit au ciel à l'instant même Une constellation! (Hugo, Châtim., 1853, p.226).Au moment de la Passion tous les apôtres abandonnèrent le Christ (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p.225).
P. anal. Supplices subis par les martyrs. La Passion de Saint Sébastien (Ac.).
LITURGIE
Dimanche de la Passion. Deuxième dimanche avant Pâques. En avril 1919 (...) ce devait être entre le dimanche de la Passion et celui de Pâques (Green, Journal, 1941, p.84).
Jour de la Passion. Jour anniversaire de la Passion du Christ. Le 12 avril 1261, jour de la Passion (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p.226).
Semaine de la Passion. ,,La semaine sainte consacrée au souvenir des souffrances et de la mort du Sauveur`` (Marcel 1938).
b) Absol. [Gén. avec une majuscule]
α) Récit évangélique, cérémonie liturgique ayant pour thème la Passion. La Passion selon saint Jean, saint Luc, saint Matthieu. La Passion selon S. Marc (...). L'agencement du récit semble comporter, après une introduction (...), deux parties: la passion secrète (...) et la passion intérieure décrivant l'abandonnement réalisé progressivement (...). La seconde partie, ou passion physique (...), présente successivement le jugement (...) par les Juifs qui condamnent Jésus comme Messie, par Pilate qui le condamne comme Roi des Juifs, puis l'exécution du jugement (...), crucifixion, mort, sépulture (Bible Suppl.t.61960, p.1474).V. agonisant ex. 33.
β) Spécialement
Sermon sur les souffrances de Jésus-Christ que l'on prêche durant la semaine sainte. Il a prêché la Passion (Ac. 1935). J'ai entendu la Passion de tel prédicateur (Ac. 1935). Bourdaloue a composé plusieurs Passions (Ac. 1935).
THÉÂTRE MÉDIÉV. Mystère du Moyen Âge dont le sujet traite la passion du Christ. Jouer une Passion (Lar. encyclop.).
Confrérie, confrères de la Passion. (Association de) jeunes clercs qui, sous Charles VI et jusqu'à la fin du xviies., avaient le monopole de ces représentations et qui, au xviies., étaient devenus une association détenant des privilèges sur le théâtre à Paris. Le privilège exclusif des confrères de la Passion ne s'étendait qu'aux Mystères (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr., 1828, p.177).À l'Hôtel de Bourgogne (...) Valleran Le Conte doit sous-louer le produit des loges et de l'amphithéâtre; en février 1612, il joue avec la troupe italienne de Jean-Paul Alfieri et les Confrères de la Passion saisissent la recette (G. Mongrédien, J. Robert, Les Comédiens fr. du XVIIes., Paris, éd. du C.N.R.S., 1981, p.198).
(Théâtre de) la Passion. Troupe théâtrale qui, de nos jours, joue des pièces à caractère religieux, en particulier la Passion de Jésus-Christ. Le Théâtre de la Passion de Nancy vient de perdre l'un des siens (...). Camille Kleinclauss (...) a fait ses débuts sur la scène de la Passion (...) dans les bras de sa mère, lors de la scène de l'entrée du Christ à Jérusalem. Il (...) participa, comme comédien, à tous les spectacles du Théâtre de la Passion d'avant et après la Seconde Guerre mondiale (L'Est Républicain, 8 mai 1985, p.2).
MUS. Version musicale de la Passion du Christ, inspirée du texte des Évangiles. Êtes-vous allé (...) à la grand'messe? (...) Vous eussiez entendu chanter l'admirable Passion de saint Mathieu (Valéry, Corresp.[avec Gide], 1891, p.72).Les grandes Passions (...) composées depuis le XVIIIes. par les maîtres protestants allemands, et surtout les chefs-d'oeuvre de Bach, Passion selon saint Jean et Passion selon saint Mathieu, tiennent un rang intermédiaire entre l'ancienne Passion liturgique et l'oratorio moderne, qui a pour texte, au lieu des versets de l'Évangile, un poème plus ou moins analogue au plan et au style de l'opéra (BrenetMus.1926, p.313).
PEINT. ,,Suite de toiles représentant la passion du Christ`` (Hugues, Expr. atelier, s.d.).
γ) [Dans des syntagmes]
BLASON
Croix de la Passion. ,,Croix dont la barre est placée vers le haut comme celle où Jésus fut attaché`` (Ac. Compl. 1842).
Clous de la Passion. Clous de forme particulière, évoquant ceux utilisés pour la crucifixion du Christ. Les Machiavelli de Florence portaient d'argent à la croix d'azur anglée de quatre clous de la passion (Ac. Compl. 1842).
BOT. Fleur de la passion. Synon. de grenadille, passiflore, passionnaire.En ce temps-là j'étais crédule Un mot m'était promission Et je prenais les campanules Pour les fleurs de la passion (Aragon, Rom. inach., 1956, p.153).V. passionnaire B ex. de Bouillet.
Fruit de la passion. Fruit de cette plante. Sorbet aux fruits de la passion. Les marchands d'arôme (...) s'orientent vers les fruits exotiques. Des yaourts aux fruits de la passion sont apparus. Le marché est assez lent à réagir (Le Monde dimanche, 26 juill. 1981, p.xiv).
2. Vx ou littér. [Le plus souvent dans un cont. métaph., p.allus. à la Passion du Christ; gén. avec une majuscule] Ce qui est subi, supporté de très pénible; grande souffrance (généralement corporelle), tourment. Que dire de ces villageois qui suspendent une oie vivante pour la décoller de loin au tranchant du bâton? Leur maladresse prolonge son martyre, et ils s'amusent pendant plus de deux heures, de la Passion de cette pauvre bête (MercierNéol.1801).Jésus-Christ n'eût pas fondé une croyance s'il n'avait eu ses quarante jours de passion... Or, ma passion à moi..., ma croix, c'est Sainte-Hélène (Dumas père, Napoléon, 1831, vi, 4, p.151):
1. Mais n'appartient-il pas à toute mère de souffrir, et, depuis Celle dont nous adorons le fruit ineffable, n'y-a-t-il pas quelque adoucissement pour les autres à faire comparaison de leurs douleurs, malgré tout bornées, avec toute cette Passion dont Elle fut crucifiée dans son amour? Toulet, Tendres mén., 1904, p.162.
Loc. fig., fam. Souffrir mort et passion. Éprouver de très vives souffrances, être torturé par quelque chose. Il hésitait à chaque moment dans son discours: je souffrais mort et passion de l'entendre, à l'entendre (Ac.).Dans la torture de cette vie, où elle souffrait mort et passion, Germinie (...) était revenue au verre qu'elle avait pris un matin des mains d'Adèle et qui lui avait donné toute une journée d'oubli (Goncourt, G. Lacerteux, 1864, p.153).
PATHOL., rare. Nom de plusieurs maladies très douloureuses.
Passion (hystérique). Synon. affection hystérique (v. affection2I C).La passion ou affection hystérique, à laquelle on donne souvent le nom de vapeurs, et qui fait le tourment de bien des femmes, (...) a beaucoup de rapport avec l'affection mélancolique et hypocondriaque, à laquelle les hommes sont plus sujets (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p.490).
Passion iliaque. Synon. colique de miserere (v. ce mot B).La passion iliaque consiste dans une irritation spasmodique de l'intestin, annoncée par une constipation opiniâtre et des vomissements de matières fécales qui se trouvent entraînées par un effet de la perturbation du mouvement péristaltique (Encyclop. méthod. Méd.t.111824).
B. − Vx. [P. oppos. à action volontaire]
1. HIST. PHILOS., PHYSIOL.
a) ,,Chez Aristote, celle des dix catégories (gr. pathos) qui désigne l'accident consistant à subir une action`` (Morf. Philos. 1980). Un corps en repos ne nous fournit aucune idée d'une puissance active capable de produire du mouvement; et quand le corps lui-même est en mouvement, ce mouvement est dans le corps une passion plutôt qu'une action (Cousin, Hist. philos. mod., t.3, 1847, p.161).Le couple action-passion, effort-résistance, ne commande pas exclusivement ni même essentiellement mon rapport au monde (Ricoeur, Philos. volonté, 1949, p.316):
2. ... les passivités (...) forment la moitié de l'existence humaine. Cette expression veut dire, tout naïvement, que ce qui n'est pas agi, en nous, est par définition, subi. Mais elle ne préjuge en rien des proportions suivant lesquelles action et passion se divisent notre domaine intérieur. En fait, les deux parts, active et passive, de nos vies sont extraordinairement inégales. Teilhard de Ch., Milieu divin, 1955, p.72.
b) ,,Chez les cartésiens, elliptiqt(pour: passions de l'âme): tous les états de l'âme résultant des impressions produites par les esprits animaux; ou même (Descartes) tous ceux qui ne se rattachent pas à la volonté`` (Foulq.-St-Jean 1962); p.ext., ,,tous les mouvements de la sensibilité en général`` (Franck 1875). Synon. émotion.[Descartes] substitue à ces trois facultés [la concupiscible, l'irascible et la raisonnable] six passions primitives, qui sont l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse (Bern.-de St-P., Harm. nat., 1814, p.266).Descartes (...) dans son Traité des passions (...) a fait voir que la passion, quoiqu'elle soit toute dans un état de nos pensées, dépend néanmoins des mouvements qui se font dans notre corps; c'est par le mouvement du sang, et par la course d'on ne sait quel fluide qui voyage dans les nerfs et le cerveau, que les mêmes idées nous reviennent (Alain, Propos, 1911, p.112):
3. ... des trente-huit «passions» qu'étudie Descartes [dans le Traité des passions], la plupart concernent des conduites interpersonnelles (...). Ce sont des «inclinations» à l'action, qui sont d'abord données, «reçues en l'âme»; la notion est très voisine de celle d'attitude au sens large. Les passions de Descartes sont donc orientées vers quelque chose, vers des «objets»... Traité sociol., 1968, p.341.
2. GRAMM. Rôle du sujet qui reçoit l'action. Le passif marque la passion du sujet (Ac.).[Le participe] est toujours l'expression de la qualité du sujet qui est, soit dans le présent, soit dans le passé. Il n'y a là ni action, ni passion; c'est toujours un état, et le même état, dans des époques différentes (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p.95).
C. − [Avec une idée de démesure, d'exagération, d'intensité]
1. Domaine de l'esprit et des sentiments.Tendance d'origine affective caractérisée par son intensité et par l'intérêt exclusif et impérieux porté à un seul objet entraînant la diminution ou la perte du sens moral, de l'esprit critique et pouvant provoquer une rupture de l'équilibre psychique. La clinique ne connaît pas d'avares qui «guérissent»; leur passion se renforce d'un culte intolérant qui les rend agressifs pour tous ceux qui semblent le contester peu ou prou (Mounier, Traité caract., 1946, p.536).V. amour ex. 1, 112:
4. ... son avarice s'était accrue comme s'accroissent toutes les passions persistantes de l'homme. Suivant une observation faite sur les avares, sur les ambitieux, sur tous les gens dont la vie a été consacrée à une idée dominante, son sentiment avait affectionné plus particulièrement un symbole de sa passion. La vue de l'or, la possession de l'or était devenue sa monomanie. Balzac, E. Grandet, 1834, p.212.
SYNT. Passion aveugle, déchaînée, dévorante, effrénée, égoïste, exclusive, fébrile, furieuse, généreuse, impétueuse, véhémente, violente; passions humaines; passions mauvaises; folle, grande, noble, vive passion; ardeur, assaut, asservissement, choc, conflit, entraînement, fièvre, fureur, ravage, tumulte, violence de la/des passion(s); la passion aveugle, naît, s'assoupit, se calme, se réveille; assouvir, calmer, contenir, dominer, faire taire, maîtriser, modérer, réfréner, réprimer, retenir, satisfaire, suivre, vaincre sa/ses passion(s); commander, être exposé, imposer silence, lâcher la bride/les rênes, obéir, résister, se laisser aller à ses passions/aux passions; assouvir, dominer, éprouver, éveiller une/des passions; lutter contre une/des passion(s); être l'esclave de ses passions.
Passion dominante. Passion qui exerce le principal empire sur une personne. La passion dominante s'y fait aisément reconnaître [chez le malade]: l'avare tient sur ses trésors enfouis les propos les plus indiscrets; tel autre meurt assiégé de religieuses terreurs (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p.255).V. dominant ex. de About.
Passion de/pour + subst.Je n'ai eu qu'une passion dans ma vie, c'est la passion des femmes. Mais autant j'étais passionné, autant j'étais difficile dans mes choix (Janin, Âne mort, 1829, p.115).J'étais jalouse de la place qu'elle [ma mère] occupait dans le coeur de mon père car ma passion pour lui n'avait fait que grandir (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p.108).
En partic. [Avec une valeur laud., la passion comme source de volonté] Tendance dominante qui, contrôlée par la raison, sert de moteur à l'action, permet la réalisation de grandes entreprises. Nous verrons avec quelle passion brûlante Gandhi ne cesse de combattre cette iniquité sociale [la question des parias] (Rolland, Gandhi, 1923, p.42):
5. ... pour faire la guerre, il fallait être rempli d'un amour, d'une passion véhémente, il fallait être exalté par une ivresse, sans quoi elle restait inhumaine et absurde. Quelle était donc la passion si forte qu'elle pouvait ainsi soulever, entraîner l'homme? Était-ce un idéal de justice, de beauté, de fraternité? Roy, Bonheur occas., 1945, p.387.
[Le plus souvent avec un compl. déterminatif] Passion de + subst. ou verbe à l'inf.Passion du bien, de la justice, de la liberté, de la vérité. Des hommes intrépides, guidés par (...) la passion des découvertes, avaient reculé pour l'Europe les bornes de l'univers (Condorcet, Esq. tabl. hist., 1794, p.121).La passion de savoir qui anime un autodidacte, dans son travail solitaire (Guéhenno, Jean-Jacques, 1948, p.88).
(Faire qqc.) avec passion.(Faire quelque chose) avec une extrême ardeur, avec exaltation (généralement avec idée de persistance). Ah! si tu lis dans mon coeur, tu sais combien il désire la vérité; tu sais qu'il la recherche avec passion (Volney, Ruines, 1791, p.24).
2. En partic., domaine des sentiments
a) Amour violent et exclusif inspiré par une personne et dégénérant parfois en obsession. Synon. adoration, ardeur (poét.), feu (poét.), flamme (poét.), idolâtrie.Ô mon Dieu! (...) tu retireras de mon coeur le trouble et l'orage de la passion qui me tourmente, comme tu retires d'un mot la tempête qui a soulevé la mer (Krüdener, Valérie, 1803, p.175).Sévères jusqu'à la cruauté pour les jeunes filles qui ont succombé à la passion, nous sommes d'une indulgence plus que plénière pour les jeunes garçons qui font la même chose (Le Dantec, Savoir!1920, p.71).V. amour ex. 116, 129, exalter ex. 3:
6. ... est-ce une passion? est-ce l'amour? L'amour n'existant pas sans la connaissance intime des plaisirs qui le perpétuent. La duchesse était donc sous le joug d'une passion; aussi en éprouva-t-elle les dévorantes agitations, les involontaires calculs, les desséchants désirs, enfin tout ce qu'exprime le mot passion [it. ds le texte]: elle souffrit. Balzac, Langeais, 1834, p.308.
SYNT. Passion éteinte, refroidie, morte; aveuglement, bouillonnement, brasier, embrasement, feu, orage, ouragan de la/des passion(s); la passion brûle, consume, couve, dévore; allumer, attiser, éteindre la/les passion(s); rallumer sa/ses passion(s). V. aussi supra syntagmes C 1.
L'amour-passion. Variété la plus intense de l'amour. [M. de Meilhan] a dit encore en parlant des femmes et de l'amour-passion (car l'expression est de lui), et en convenant qu'il ne l'avait jamais éprouvé: «En France, les grandes passions sont aussi rares que les grands hommes» (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t.10, 1854, p.106).V. amour ex. 126.
Locutions
Aimer (qqn) de passion (vx), à la passion, avec passion. Aimer (quelqu'un) intensément, violemment, de façon exclusive. Trop fière pour confier son malheur à personne et trop honnête pour tromper aucun homme, elle a rompu avec M. de La Marche, qu'elle aimait à la passion, et qui l'aimait de même (Sand, Mauprat, 1837, p.329).Non, elle [MmeRécamier] n'a jamais aimé, aimé de passion et de flamme (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t.1, 1849, p.125).
Faire une passion. Inspirer un grand amour. Je fais une passion à mon tour (...) et j'épouse (Dumas père, Demois. St-Cyr, 1843, i, 2, p.96).
P. méton. Objet de la passion amoureuse:
7. Un jeune homme pauvre peut seul savoir ce qu'une passion coûte en voitures, en gants, en habits, linge, etc. Si l'amour reste un peu trop de temps platonique, il devient ruineux. Vraiment, il y a des Lauzuns de l'école de droit auxquels il est possible d'approcher d'une passion logée à un premier étage. Balzac, Peau chagr., 1831, p.120.
b) Absol. Tendance naturelle à éprouver des sentiments d'une intensité peu commune; affectivité, émotion, sentimentalité, sensibilité. MmeLavenelle est sèche comme un parchemin (...) et surtout sans passion, sans possibilité d'être émue (Stendhal, Souv. égotisme, 1832, p.48).Leur conseil [des femmes] peut être excellent, mais à condition de le rectifier sans cesse et de l'expurger de cette part de passion et d'émotivité qui, presque toujours, chez la femme, vient sentimentaliser la pensée (Gide, Journal, 1940, p.61).
c) Domaine de l'expression
α) Domaine du comportement physique ou psychique.Expression intense des émotions, des sentiments. Synon. ardeur, chaleur, élan, exaltation, feu, fièvre, transport; anton. calme, détachement, froideur.Parler avec passion. [Outougamiz] saisit la chaîne d'or, la regarde avec passion, la veut jeter dans le torrent, puis la presse contre son coeur et la suspend de nouveau sur sa poitrine (Chateaubr., Natchez, 1826, p.388).Les baisers remplis de passion, et tels que jamais elle n'en avait reçu de pareils, lui firent tout à coup oublier que peut-être il aimait une autre femme (Stendhal, Rouge et Noir, 1830, p.66).
β) Domaine des arts (litt., mus., peint.).Expression intense des émotions de l'artiste ou de ses personnages. Synon. chaleur, feu, flamme, lyrisme, pathétique, sensibilité.Chanter, danser avec passion; oeuvre, page pleine de passion. Le Conservatoire est graduellement arrivé à une interprétation sans vie et sans passion, froide comme une leçon bien apprise, officielle comme un texte de loi (P. Lalo, Mus., 1899, p.346).Les deux préfaces pleines de vie et de passion composées par Lefranc pour le Gargantua et le Pantagruel de la grande édition Champion des OEuvres de Rabelais (L. Febvre, Sur Rabelais, [1931] ds Combats, 1953, p.248).Ce mélange unique de talents et de facultés contraires, de passion et de sécheresse, de force créatrice et de pouvoir destructeur, expliquent assez le prestige extraordinaire qui l'entoure [Picasso] (Gillet, Art fr., 1938, p.177).
d) Vieilli. Vif désir, volonté de. Je me souviens de la passion avec laquelle vous désiriez de rentrer dans votre jolie maison de Greenock, et je comprends tout ce que cette espérance frustrée a dû vous laisser de chagrins (Nodier, Fée Miettes, 1831, p.93).
Passion de + subst. ou verbe à l'inf.J'ai une terrible passion de ton retour (Staël, Lettres div., 1794, p.553).Je suis plus calme aujourd'hui parce qu'elle n'oppose pas un obstacle positif à ma passion de la voir (Constant, Journaux, 1815, p.431).
3. Fam., domaine du corps ou de l'esprit.Asservissement, dépendance à quelque chose; manie tyrannique. La passion de l'alcool, du tabac, des courses:
8. ... si l'amour naît de la communion des personnes, la passion ne jaillit au contraire que du contact des choses: tout devient nature, force, animalité. Rien ne marque mieux cette aliénation réciproque que la passion du jeu, en laquelle s'achève toute passion. Nul succès ne dépend plus de moi; je dois tout à la fatalité et à la roulette. J'obéis. J. Vuillemin, Essai signif. mort, 1949, p.215.
D. − P. ext. [Sens affaibli] Très vive attirance, goût extrême, penchant très vif et persistant pour quelque chose ou quelqu'un, pour un type d'activité, un domaine de la recherche, de l'art, etc. Synon. amour, emballement, engouement, enthousiasme, folie, marotte (fam.); anton. aversion, haine, horreur, indifférence.Se livrer à sa passion. Rilke écrit à Benvenuta (...): (...) je fus repris à l'improviste par cette vieille passion [le piano]. Il faut que tu le saches: ce fut sans doute la plus grande passion de mon enfance et aussi mon premier contact avec la musique (Bachelard, Poét. espace, 1957, p.76).
[Le plus souvent avec un compl. déterminatif]
Passion de/pour + subst.La passion de l'automobile, des chevaux, des études, des femmes, des mathématiques, de la musique, des papillons, d'un pays. La passion de la botanique, que J. J. Rousseau eut l'avantage de développer en elles (Jouy, Hermite, t.3, 1813, p.181).L'impératrice Joséphine a manifesté un goût prononcé, voire une passion, pour l'orfèvrerie (Grandjean, Orfèvr. XIXes., 1962, p.12).
Passion de + verbe à l'inf.La passion de voyager. [Jean Martin] a comme bien des Français la passion de connaître (Leprince-Ringuet, Atomes et hommes, 1957, p.78).
Locutions
Aimer à la passion (qqc.). Aimer extrêmement, à la folie. Des pastilles que M. De C. m'a rapportées de Constantinople; j'aime cette odeur à la passion (Jouy, Hermite, t.2, 1812, p.37).Cet homme est fou de la danse, je m'ennuie à voir danser; il ne peut souffrir la comédie, j'aime la comédie à la passion (Guéhenno, Jean-Jacques, 1950, p.266).
(Faire qqc.) avec/sans passion. (Faire quelque chose) avec, sans grand enthousiasme, grand intérêt. Étudier, faire, préparer (qqc.) avec/sans passion; pratiquer l'équitation, la chasse avec passion. Cette Histoire socialiste [de Jaurès] que nos vingt ans dévorèrent avec passion (L. Febvre, A. Mathiez, [1932] ds Combats, 1953, p.345).
Avoir la passion de, avoir une passion pour. Avoir un intérêt, un goût extrême pour. Avoir une passion pour le sport. Mon père, né dans les états de Gérold, avoit la passion des voyages (Genlis, Chev. Cygne, t.2, 1795, p.183).
Avoir de la passion. [En parlant d'une chose] Présenter beaucoup d'intérêt pour. On peut concevoir (...) qu'on «mise», à quelque jeu de hasard que ce soit, par exemple à la roulette (...), des enjeux tout à fait symboliques, des «haricots» par exemple. Mais pour que le jeu ait quelque passion il faut que ces légumes soient investis (...) d'une autre valeur qu'alimentaire (Jeux et sports, 1967, p.448).
Prendre en passion (qqc./qqn) (vieilli). S'intéresser vivement à; être enthousiasmé, emballé par. Prendre en passion son élève. J'ai vu des officiers prendre cette existence [la vie militaire] en passion au point de ne pouvoir la quitter quelque temps sans ennui (Vigny, Serv. et grand. milit., 1835, p.69).Se prendre de passion pour (qqc./qqn). Ce jour, mardi, excellente musique le soir, de la princesse et de Batta. Je me prends de passion pour ce dernier (Delacroix, Journal, 1854, p.188).
Tenir en passion (qqn). [En parlant d'un événement] Intéresser vivement (quelqu'un). Synon. tenir en haleine*.Pas de nouvelles! −Mais un miracle, un prodige Qui tient depuis deux mois Paris en passion! (Hugo, Marion Del., 1831, p.196).
P. méton. Objet de ce goût extrême, de ce penchant. [Le Comte Strogonof] était grand protecteur des arts (...) Son tic, sa passion, l'objet principal de ses pensées habituelles était l'église cathédrale de Notre-Dame de Casan (J. de Maistre, Corresp., 1811, p.66).Deux délicieuses ombrelles: l'une en soie rose, à glands d'argent, à manche de nacre, ma passion, mon amour (Éluard, Donner, 1939, p.37).Sa plus forte passion, c'est la chasse (Dupré1972).
E. − Péjoratif
1. Domaine du comportement intellectuel, pol., idéol.[La passion en tant qu'état affectif est caractérisée par l'impulsivité, la non-maîtrise de soi, la violence] Jugement irraisonné qui manque d'objectivité et peut conduire au fanatisme; emportement polémique dû à l'affectivité qui perturbe le jugement et la conduite. Synon. parti(-)pris (v. parti), préjugé, prévention; anton. lucidité, mesure, raison.Xénophon me choque par sa partialité pour Lacédémone. Il parle souvent avec passion de leurs ennemis (Michelet, Journal, 1820, p.75).J'espère que ce n'est [ta lettre] qu'un de ces premiers mouvements de passion politique qui nous aveuglent pour un moment sur la nature d'une démarche mais qu'avec un peu de réflexion la conscience de l'homme nous fait juger et condamner (Lamart., Corresp., 1831, p.386):
9. Hugo De Groot, ayant éprouvé lui-même la vanité des luttes religieuses, consacra son oeuvre majeure (...), à montrer l'intérêt pour l'humanité de substituer des modes de pensée et d'action rationnels au déchaînement des passions. Continuateur peut-être inconscient des canonistes espagnols, il affirme ainsi, au-dessus des querelles dogmatiques ou dynastiques, l'existence d'une loi naturelle, mais qui (...) dérive des rapports mêmes de sociabilité entre communautés humaines. Chazelle, Diplom., 1962, p.20.
SYNT. Passion confessionnelle, partisane, religieuse, nationale; la passion égare, ne raisonne pas; céder aux passions; discuter, juger, parler avec/sans passion; se dépouiller de toute passion; se laisser aveugler, égarer par la passion; jugements de passion.
2. En partic. Vice, ,,goût très marqué, souvent exclusif pour une composante particulière et considérée comme aberrante de l'activité sexuelle (sadisme, masochisme, fétichisme, sodomie, etc.)`` (Cellard-Rey 1980). [Magnard] emporté, à l'âge dangereux, par une passion charnelle défendue (L. Daudet, Brév. journ., 1936, p.19).
(Personne) à passions. (Personne) dont le comportement sexuel est marqué par une passion, qui a recours à un vice pour satisfaire sa sexualité. Vous êtes encore trop jeune pour bien connaître Paris, vous saurez plus tard qu'il s'y rencontre ce que nous nommons des hommes à passions (Balzac, Goriot, 1835, p.58).Arg. Mec à passions (Sandry-Carr. 1963). Un gars à passions (Car. Argot 1977).
REM. 1.
Passionisme, subst. masc.Attitude consistant à considérer l'amour sous l'aspect de la passion. Le passionisme est peut-être un des traits qui caractérisent le mieux la conception de l'amour depuis huit siècles (J. Guitton, Essai sur l'amour humain, 1938, p.41 ds Rheims 1969).
2.
Passionnalité, subst. fém.Caractère de ce qui est soumis à la passion (supra C). Swinburne (...) a cette flamme, ce délire du cerveau et des sens, cette exacerbation de la passionnalité qui est bien la caractéristique de notre fin de siècle (G. Moureyds R. indépendante, juin 1889, no32, p.376).
Prononc. et Orth.: [pasjɔ ̃], [pɑ-]. Mart. Comment prononce 1913, p.38: ,,Je ne conseille pas de fermer l'a dans passion``. Fouché Prononc. 1959, p.85: L'[ɑ] ne fait que se survivre dans (...) passion``. Martinet-Walter 1973 [a], [ɑ] (9/7). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.I. Action de souffrir A. 2emoitié xes. «supplice subi par un martyr» (St Léger, éd. J. Linskill, 240); fin xes. «supplice subi par le Christ pour le rachat de l'humanité» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 12); 1119 «récit du supplice du Christ dans les Évangiles» (Philippe de Thaon, Comput, 2750 ds T.-L.: E ço lisant truvum Enz en la passïun); 1402, 4 déc. art dram. Confrarie de la Passion (Lettre patente de Charles VI ds L. Petit de Julleville, Les Mystères, t.1, p.417; cf. A. Thomas ds Romania t.21, p.606); 1671, 26 mars «sermon sur le thème de la Passion» (Sévigné, Lettres, éd. M. Monmerqué, no149, t.2, p.130: ... aller à la Passion du P. Bourdaloue). B. 1erquart xiies. «souffrance physique» (Lapidaire de Marbode, 401 ds Studer-Evans, p.44); 1135 (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis [ms. A], 680). II. Affection de l'âme A. 1. Déb. xiiies. passion d'amor (Chastoiement d'un père à son fils, éd. A. Hilka et W. Söderhjelm, version en vers, A, 388: Si se sont bien aveseié: Quant n'i truevent [li mire] mal ne dolor Que ce est passion d'amor); ca 1265 (Brunet Latin, Trésor, éd. Fr. J. Carmody, II, XIV, 2, p.183: en l'ame de l'home sont .III. poissances, c'est abit, pooir et passion. Passions sont si come amour, leesce et misericorde; et totes choses de quoi ensieut volenté et moleste sont sous ces choses de passion); 1569 «souffrance torturante provoquée par l'amour» (Ronsard, 7el. des poèmes; sonnets, II, éd. P. Laumonier, t.15, p.228: ... telle passion De mon amour donne assez tesmoignage); 1572 plur. manifester ses passions a sa dame (Desperiers, Nouv. recreat., fol. 290 ro(éd. L. Lacour II, 388) ds Gdf. Compl.); 2. début xvies. passion partizane «parti pris» (D'Aubigné, Tragiques, Aux lecteurs ds OEuvres, éd. E. Réaume et F. de Caussade, t.4, p.8); 1607 sans passion «sans parti pris» (H. d'Urfé, L'Astrée, 1repart., IV, éd. H. Vaganay, t.1, p.127); 3. 1621 «vive affection pour quelque chose» ici, la liberté (Malherbe, trad. XXXIIIelivre de Tite Live, chap.32 ds OEuvres, éd. L. Lalanne, t.1, p.439); 4. 1671 «(en parlant d'une personne) objet d'affection» (E. Fléchier ds Rec. des oraisons funèbres; duc de Montausier, Paris, 1808, p.19); 5. 1674 «chaleur, sensibilité animant une oeuvre littéraire» (Boileau, Art poétique, III ds OEuvres, éd. F. Escal, p.169: Que dans tous vos discours la passion émuë Aille chercher le coeur, l'échauffe et le remuë). B. philos. 1370 «fait de subir; impression reçue par le sujet [opposé à action]» (N. Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, V, 8, fol. 96d, p.289: Car se un a esté navré et l'autre le ait navré... tele accion et tele passion sont divisees par inequalité [note 5:] Il prent ici passion pour souffrance distinguée contre accion; si comme estre batu, estre occis... c'est passion; et faire teles choses, c'est accion); 1558 «conditions (péché, misère, mort...) que l'homme subit de nature» (Calvin, Bible, Lyon, Michel Du Boys, Actes, XIV, 14: Nous sommes aussi hommes, subjects à mesmes passions que vous); 1649 (Descartes, Passions de l'âme, 1repart., art.1 ds OEuvres, éd. A. Bridoux, p.695: tout ce qui se fait ou arrive de nouveau est généralement appelé par les philosophes une passion au regard du sujet auquel il arrive, et une action au regard de celui qui fait qu'il arrive). Empr. au lat. passio, -onis, formé sur le part. passé du verbe pati «souffrir». Son empl. étant attribué une 1refois par le grammairien Charisius (ives.) à Varron au sens de «douleur morale», passio est réellement att. dep. le iies. (Apulée) au sens de «fait de subir, de souffrir, d'éprouver» (empl. au sens de «action de subir de l'extérieur», comme quasi-synon. de «accident» −passio opposé à natura −par Ambroise, Hexameron, 2, 3, 14 ds Blaise Lat. chrét.), spéc. «souffrance physique, douleur, maladie» (iiies., Caelius Aurelianus); empl. pour désigner les souffrances du Christ (textes patristiques, dep. Tertullien), celles des martyrs (Tertullien ds Blaise Lat. chrét.), le récit des martyres (397, concile de Carthage, ibid.), le dimanche avant Pâques (viies., Sacramentaire de Gélase, ibid.). Passio connaît à partir de la fin du iiie-déb. ives. un empl. actif au sens de «mouvement, affection, sentiment de l'âme» (Arnobe, St Augustin, ibid.), spéc., le plus souvent au plur. et d'empl. péj., «les passions»: passiones peccatorum, passiones carnales. Pour l'évolution du mot fr., v. aussi E. Lerch ds Arch. rom. t.22, 1938, pp.320-49. Fréq. abs. littér.: 13844. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 26770, b) 16369; xxes.: a) 16892, b) 17098.
DÉR.
Passionniste, subst. masc. et adj.a) Subst. masc. α) Membre d'une congrégation masculine, vouée à la contemplation et à la prédication de la Passion du Christ. Au mont Albane, un peu au-dessous du couvent des Passionnistes (Sainte-Beuve, Volupté, t.2, 1834, p.274).Empl. subst. fém. Membre d'une congrégation féminine fondée par Paul de la Croix en 1748 sur le modèle de celle des hommes. (Ds Nouv. Lar. ill., Quillet 1965). β) Au plur. Sectaires chrétiens qui niaient la Trinité des personnes divines en faisant du Fils et de l'Esprit des modes du Père et prétendaient que Dieu le Père était né et avait souffert sur la croix. (Ds Ac. Compl. 1842). b) Adj. [En parlant d'une pers.] Auteur de poèmes sur la Passion. Poètes passionnistes (T. C. de La Villemarque, Le Grand mystère de Jésus, 1865, p.LXXXIX ds Littré). [pasjɔnist]. ,,L'[ɑ] ne fait que se survivre dans passioniste [sic], passionnaire, passionnant, passionné, passionnel, passionnément, passionner`` (Fouché Prononc. 1959, p.85). Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971, p.209: -ioniste. 1resattest. a) 1834 subst. masc. nom donné aux membres de la Congrégation pour la propagation de la Croix fondée par Paul Danel dit Paul de la Croix, et dont les statuts furent approuvés en 1741 [Théol. cath.] (Sainte-Beuve, loc. cit.), 1903 subst. fém. nom donné aux membres d'une congrégation religieuse ayant le même fondateur (Nouv. Lar. ill.), b) 1842 nom donné à une hérésie des iie-iiies. qui niait la Trinité des personnes divines [Théol. cath., s.v. monarchianisme] (Ac. Compl.), c) 1865 adj. «auteur de poèmes sur la Passion» (T. C. de La Villemarque, loc. cit.); de passion, suff. -iste*; le lat. médiév. passionnitae, sens B, est relevé par Du Cange chez Philastre, évêque de Brescia, 2emoitié ives.
BBG.Auerbach (E.). Rem. sur le mot passion. Neuphilol. Mitt. 1937, t.38, pp.218-224; P.M.L.A. 1941, t.56, pp.1192-1196. _Dauzat Ling. fr. 1946, p.21. _Gohin 1903, p.338. _Spitzer (L.). Romania. 1939, t.65, p.123. _Strosetzki (Ch.). Konversation... Frankfurt am Main, 1978, p.122.

Passion : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

passion \pa.sjɔ̃\ ou \pɑ.sjɔ̃\ féminin

  1. (Désuet) Grandes douleurs ; souffrance.
    • Ces braves gens n’avaient pas l’air candide et pur d’un jeune séminariste, oh ! non. On voyait à leurs traits durs et prononcés, à leur teint hâlé, à leur front sillonné, que les passions — et quelles passions ! -, que les passions avaient passé par là, et qu’ils avaient mené une vie, hélas ! bien orageuse, ces honnêtes compagnons. — (Eugène Sue, Kernok le pirate, 1830, chap.6)
  2. Vif sentiment, émotion vivement ressentie.
    • Ce sont là des passions trop enivrantes pour que le cœur humain les ressente et conserve la force de les combattre. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Dans leurs oupa-oupa, qui passent avec raison pour des danses très obscènes, les acteurs peignent par des pantomimes expressives toutes les passions qui les exaltent. — (Thomas Arbousset, Tahiti et les îles adjacentes, 1867)
    • Le sentiment de révolte que l’on rencontre dans les classes pauvres se colorera dès lors d’une atroce jalousie. Nos journaux démocratiques entretiennent cette pas­sion avec beaucoup d’art, dans la pensée que c’est le meilleur moyen d’abrutir leur clientèle et de se l’attacher. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap. V, La grève générale politique, 1908, p. 227)
    • Considérons ces passions, dites politiques, par lesquelles des hommes se dressent contre d’autres hommes et dont les principales sont les passions de races, les passions de classes, les passions nationales. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, éd. 1946)
    • L’éclosion des sectes dissidentes au sein du christianisme n’a donc fait qu’aiguiser les passions anti-juives de l’Église. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • […] Tritton poursuit : « Même si les dhimmi pouvaient jouir d’une grande prospérité, ils n’étaient toujours que tolérés, exposés aux caprices des gouvernants et aux passions de la foule. » — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p. 138)
    • Les vices et les passions dans l’art chrétien sont, comme le diable, symbolisés par des animaux. — (Charles Louandre, L’épopée des animaux, dans La revue des deux mondes, T. 4, 1853, page 1150)
  3. (En particulier) Vif sentiment amoureux.
    • Souriante, avec, cependant, une ombre de mélancolie dans le regard, Yasmina écoutait Jacques lui chanter, maladroitement encore, toute sa passion qu’il n’essayait même plus d’enchaîner. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
    • La passion est ce qu’il y a de vraiment absolu dans les choses humaines, elle ne veut jamais avoir tort. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Dès le lendemain du crime, je devins éperdument amoureux de Rosalie. Je songeai aussitôt à en faire ma maîtresse, mais je me heurtai à une résistance entêtée et joviale, qui exaspéra et redoubla ma passion. — (Octave Mirbeau, Le colporteur)
    • Ce sentiment ressemblait quelque peu à l'amour qu'elle avait pour ses parents, mais il était beaucoup plus puissant, car il lui faisait perdre le contrôle de sa raison. Parfois, elle se sentait tomber dans le vide sans savoir comment éviter la chute. Parfois encore, elle devenait timide à en perdre la parole. Les Terriens appelaient ce sentiment « la passion ». — (Nicola Ciccone, L'étoile enfant, Éditions Libre expression, Montréal, 2013, p. 64)
  4. Goût très prononcé, voire irrésistible, pour une activité.
    • Vous connaissez ma passion pour l’histoire naturelle. Il ne se passe pas de semaine que je n’herborise, dans la campagne, autour de la ville. — (Octave Mirbeau, La Chambre close, Ernest Flammarion, Paris, 1920)
    • Seuls, les tripots attiraient encore les joueurs en proie à leur sèche passion. — (Jacques Boulenger, Sous Louis-Philippe: Les dandys, P. Ollendorff, 1907)
    • Mais toute passion est sexuelle, même lorsque l'on dit de quelqu'un qu'il a la passion des échecs. C'est le même mot : vous avez vécu un grand amour passionné avec telle femme mais vous avez une autre passion, les échecs. Si votre passion est celle des armes de plus en plus destructrices c'est également sexuel mais cette manifestaton de la force de vie conduit à la mort. — (Arnaud Desjardins, La Paix toujours présente, La Table Ronde, Pocket spiritualité, 2011, p. 145)

Nom commun 2

passion \pa.sjɔ̃\ féminin

  1. Fruit de la passion.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Passion : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PASSION. n. f.
Souffrance. En ce sens, il se dit principalement des Souffrances de JÉSUS-CHRIST pour la rédemption du genre humain. La Passion de Notre-Seigneur. Sermon sur la Passion. Il se dit aussi des Souffrances des martyrs. La passion de saint Sébastien. La semaine de la Passion, Celle qui précède la semaine sainte et dans laquelle l'Église commence à faire l'office de la Passion de Notre-Seigneur. Le dimanche de la Passion, Le Dimanche qui ouvre cette semaine. Il désigne aussi la Partie de l'Évangile où est racontée la Passion de Notre-Seigneur. La Passion selon saint Jean, selon saint Mathieu, etc. Chanter la Passion.

PASSION désigne, par extension, le Sermon qu'on prêche le Vendredi saint sur le même mystère. Il a prêché la Passion. J'ai entendu la Passion de tel prédicateur. Bourdaloue a composé plusieurs Passions. Confrères de la Passion, Association de jeunes clercs qui, au moyen âge, représentaient les drames religieux appelés mystères, notamment le Mystère de la Passion. Fig. et fam., Souffrir mort et passion, Éprouver de grandes douleurs, ou Être fort impatienté. Ce mal de dents lui a fait souffrir mort et passion. Il hésitait à chaque moment dans son discours; je souffrais mort et passion de l'entendre, à l'entendre.

Passion : définition du Littré (1872-1877)

PASSION (pâ-sion ; en vers, de trois syllabes) s. f.
  • 1Souffrance, en parlant de Jésus-Christ et des martyrs. La passion de Notre-Seigneur. L'illustre Grotius a mis sur la scène la passion même de Jésus-Christ et l'histoire de Joseph, et le savant Buchanan a fait la même chose de celle de Jephté et de la mort de saint Jean-Baptiste, Corneille, Poly. Examen. [ô Jésus] remplissez-moi de vous et de votre esprit… pour continuer d'endurer en moi ce qui vous reste à souffrir de votre passion, que vous achevez dans vos membres jusqu'à la consommation parfaite de votre corps, Pascal, Prière pour le bon usage des maladies. Il n'y a personne qui ne soit touché quand on les voit [les martyrs], dans leur passion, entre les mains des persécuteurs, Bossuet, 5e avert. 12.

    Fig. et familièrement. Souffrir mort et passion, éprouver de grandes douleurs, ou, simplement, éprouver de vives contrariétés. Tous les cheveux coupés sur la tête, et frisés naturellement par cent papillotes qui lui font souffrir mort et passion toute la nuit, Sévigné, 29. Quoiqu'il souffrît mort et passion de ce qu'il fallait se contraindre, tandis qu'on se contraignait si peu devant lui, Hamilton, Gramm. 8.

    La semaine de la Passion (avec une majuscule), celle qui précède la semaine sainte. Nous attendons et entendons le P. Massillon, le lundi de la Passion, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 3 mars 1706.

    Le dimanche de la Passion, le dimanche qui ouvre cette semaine.

    Terme de liturgie. Nom sous lequel on désignait autrefois tout le carême.

  • 2 Par extension, sermon sur la passion, qu'on prêche le vendredi saint. Je veux demain aller à la passion du P. Bourdaloue ou du P. Mascaron ; j'ai toujours honoré les belles passions, Sévigné, 34. J'ai entendu la passion du P. Mascaron, qui en vérité a été très belle et très touchante ; j'avais grande envie de me jeter dans le Bourdaloue ; mais l'impossibilité m'en a ôté le goût : les laquais y étaient dès mercredi, et la presse était à mourir, Sévigné, 35.
  • 3La partie de l'Évangile où est racontée la passion de Jésus-Christ. La passion selon saint Jean. Chanter la passion.

    Se dit, parmi le peuple, de la sonnerie qu'on fait à l'Église pendant l'agonie d'un mourant, ou au milieu de la messe vers la consécration.

    Oratorio. La Passion de J. Sébastien Bach selon saint Matthieu.

  • 4Confrères de la Passion, association de jeunes clercs qui, sous le règne de Charles VI, entreprirent de jouer publiquement des mystères, et qui devinrent finalement les comédiens de l'hôtel de Bourgogne.

    Filles de la Passion, nom que l'on donnait quelquefois aux capucines.

  • 5 Terme de blason. Clous de la passion, se dit de clous d'une forme particulière.

    Croix de la passion, croix dont la barre est placée vers le haut.

  • 6Ancien terme de médecine. Certaines maladies douloureuses. Ainsi on appelait l'hystérie, passion hystérique, l'iléus, passion iliaque.
  • 7Mouvement de l'âme, en bien ou en mal, pour le plaisir ou pour la peine. Ils ne peuvent tirer de leur âme leur raison toute simple et toute pure, sans la mêler dans leurs passions, Guez de Balzac, De la cour, 5e disc. Suis moins ta passion, règle mieux tes désirs, Corneille, Hor. IV, 5. La durée de nos passions ne dépend pas plus de nous que la durée de notre vie, La Rochefoucauld, Max. 5. De toutes les passions violentes, celle qui sied le moins mal aux femmes, c'est l'amour, La Rochefoucauld, Réfl. mor. n° 466. La santé de l'âme n'est pas plus assurée que celle du corps ; et, quoique l'on paraisse éloigné des passions, on n'est pas moins en danger de s'y laisser emporter, que de tomber malade quand on se porte bien, La Rochefoucauld, ib. n° 188. En sachant la passion dominante de chacun, on est sûr de lui plaire, Pascal, Pens. VII, 14, éd. HAVET. Cette guerre intérieure de la raison contre les passions a fait que ceux qui ont voulu avoir la paix se sont partagés en deux sectes : les uns ont voulu renoncer aux passions, et devenir dieux ; les autres ont voulu renoncer à la raison, et devenir bêtes brutes, Pascal, ib. VIII, 8. Les passions dominées sont vertus, Pascal, ib. XXV, 104. Ce n'est pas la raison qui se sert des passions, mais ce sont les passions qui se servent de la raison pour arriver à leur fin, Nicole, Ess. mor. 1er traité, ch. 11. Nous pouvons définir la passion un mouvement de l'âme qui, touchée du plaisir ou de la douleur ressentie ou imaginée dans un objet, le poursuit ou s'en éloigne, Bossuet, Conn. I, 6. Le juste… persécuteur irréconciliable de ses propres passions, Bossuet, Reine d'Anglet. Le plaisir d'être maître de soi-même et de ses passions doit être balancé avec celui de les contenter, et il emportera le dessus, si nous savons comprendre ce que c'est que la liberté, Bossuet, Pensées chrét. 40. Aussi est-il constant que d'arracher du cœur une passion, c'est de toutes les entreprises la plus grande et celle où l'homme éprouve plus de combats et plus de contradictions, Bourdaloue, Pensées, t. I, p. 368. Quand Dieu a voulu punir les hommes sur la terre, et les plus grands hommes, il n'y a point employé de plus terrible châtiment que de les livrer à leurs passions, Bourdaloue, Exhort. sur la trahis. de Judas, t. I, p. 431. On lui dit mille fois qu'il fallait, pour réussir à la cour, savoir selon les temps ou déguiser ses passions, ou flatter celles des autres, Fléchier, Duc de Mont. Leur condition [des princesses] les oblige à se prêter quelquefois au monde… pour calmer et suspendre par d'honnêtes et nécessaires divertissements les passions secrètes qui le dévorent, Fléchier, Dauphine. Chaque passion parle un différent langage, Boileau, Art p. III. Je crois pouvoir dire que toutes les passions se peuvent rapporter aux trois primitives : savoir, au désir, à la joie et à la tristesse, Malebranche, Rech. vér. V, 10. Il ne faut donc pas multiplier le nombre des passions selon le nombre des objets qui sont infinis, mais seulement selon les principaux rapports qu'ils peuvent avoir avec nous, Malebranche, ib. V, 7. De cette manière on reconnaîtra que l'amour et l'aversion sont les passions mères, Malebranche, ib. Il n'a point de passions, il n'a ni amis ni ennemis, personne ne l'embarrasse, tout le monde lui convient, La Bruyère, XI. Tout ce qu'elle [la profession de M. Rolle] pouvait lui laisser de loisir, tout ce qu'il pouvait dérober au sommeil, la passion dominante [l'ardeur pour les mathématiques] le prenait, et l'on sait que les passions font toujours leur part assez bonne, Fontenelle, Rolle. Il reprit, à quatre-vingts ans, des forces, de la jeunesse pour revenir dans nos assemblées, où il parla avec toute la vivacité qu'on lui avait connue, et qu'on n'attendait plus ; une grande passion est une espèce d'âme, immortelle à sa manière et presque indépendante des organes, Fontenelle, du Verney. Les passions font tout en tous tant que nous sommes ; Réglons-les seulement, ne les étouffons point, Elles ont tout appris aux hommes, Lamotte, Fabl. V, 9. Il faut l'avouer à la honte de la raison, le plus sûr moyen et presque le seul que nous ayons pour nous guérir de nos faiblesses et de nos passions est de leur opposer des passions contraires, Mairan, Éloges, Hunauld. La passion fait sentir et jamais voir, Montesquieu, Rom. 12. La raison sans les passions serait presque un roi sans sujets, Diderot, Claude et Nér. II, 49. On déclame sans fin contre les passions ; on leur impute toutes les peines de l'homme, et l'on oublie qu'elles sont aussi la source de tous ses plaisirs, Diderot, Pens. philos. n° 1. Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation, Rousseau, Ém. IV.

    Demi-passion, passion sans force et sans durée.

    Lâcher la bride à ses passions, s'y abandonner entièrement.

  • 8Il se dit quelquefois pour une passion en particulier.

    La colère. Malgré la passion dont elle était émue, Molière, l'Ét. V, 14.

    Le plus souvent, il se dit de la passion de l'amour. J'ai tendresse pour toi, j'ai passion pour elle, Corneille, Nicom. IV, 3. Il n'a pas fait voir assez de passion pour Camille, Corneille, Hor. Examen. Par un honneur qu'on se fait d'être constant, on entretient, plusieurs années, les misérables restes d'une passion usée, Saint-Évremond, dans RICHELET. Dans les premières passions les femmes aiment l'amant ; dans les autres elles aiment l'amour, La Rochefoucauld, Max. 471. Les morts sont donc heureux ? ce n'est point mon avis ; Je veux des passions, et, si l'état le pire Est le néant, je ne sais point De néant plus complet qu'un cœur froid à ce point, La Fontaine, Filles de Minée. Je vois les lettres de cette comtesse, que je trouve toutes pleines de passion pour son mari, Sévigné, 442. La qualité de nièce du vidame rendait Mme de Clèves plus chère à Mme de Martigues, et Mme de Clèves l'aimait aussi comme une personne qui avait une passion aussi bien qu'elle, et qui l'avait pour l'ami intime de son amant, La Fayette, Princ. de Clèves, Œuv. compl. t. II, p. 212, dans POUGENS. Demandez à ceux qui ont dans le cœur quelque passion violente, s'ils conservent quelque orgueil ou quelque fierté en présence de ce qu'ils aiment : on ne se soumet que trop, on n'est que trop humble, Bossuet, la Vallière. Il [Henri VIII] s'égara dans les passions qui ont perdu Salomon, Bossuet, Reine d'Anglet. Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui, pendant que, de son côté, il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas, La Bruyère, III. Il semble qu'une passion vive et tendre est morne et silencieuse, La Bruyère, III. Cette infortunée créature qui avait allumé tant de passions injustes, Massillon, Avent, Mort du péch. On veut plaire, et l'on ne plaît que par les passions ou qu'on reçoit ou qu'on inspire, Massillon, Prof. rel. Serm. 1. Elle se sentit saisie tout à coup par la passion, par cette griffe de vautour sous laquelle le bonheur et l'indépendance succombent, Staël, Corinne, IV, 6.

    Une grande passion, les grandes passions, un amour qui s'empare de tout le cœur et qui se subordonne toute chose. Ceux qui ont eu de grandes passions, se trouvent toute leur vie heureux et malheureux d'en être guéris, La Rochefoucauld, Max. 485. C'est une chose presque reçue, qu'on doit dans le cours de sa vie éprouver une grande passion ; il n'y a point de jeunes personnes qui n'aient entendu parler de cette fatalité chimérique, Genlis, Ad. et Théod. t. I, p. 249, dans POUGENS.

    Une passion malheureuse, un amour qui n'est pas partagé. Il m'assure que, de tous les sentiments dont il a essayé jusqu'ici, celui qui occupe le plus l'imagination et qui remplit le mieux le cœur, c'est une passion malheureuse, Genlis, Mères rivales, t. I, p. 342, dans POUGENS.

    Fig. et par plaisanterie. Une passion malheureuse, une étude, un goût où l'on ne réussit pas. Il aime à faire des vers ; mais ses vers sont bien médiocres ; c'est une passion malheureuse.

    Faire une passion, une grande passion, exciter vivement l'amour. Il y avait à Marseille une madame Arnoul, qui, laide comme le péché, a fait les plus grandes passions, Saint-Simon, 68, 124. Laure était assez belle pour faire une passion, Rousseau, Hél. VI, 14.

    Aimer à la passion, aimer extrêmement. Il aime cette femme à la passion.

    Au XVIIe siècle, on a dit, en ce sens, passions au pluriel. Elle remarque en lui tant de perfections, Que les moins éclairés verraient ses passions, Corneille, Mél. II, 1. Je ne vous tiendrai plus mes passions secrètes, Corneille, Pomp. IV, 3. Mes faveurs ont toujours irrité ses mépris ; Toutes mes passions n'ont fait que lui déplaire, Tristan, Marianne, II, 6. Elle me donna tant de preuves de son gentil esprit, que je repris mes premières passions, Francion, V.

  • 9Belle passion, tendre attachement, soit d'amitié, soit d'amour. Elle me manda la jolie action du chevalier de Pompone, parce qu'elle sait bien la belle passion que j'ai pour le père, Sévigné, fin de juillet 1690. M. et Mme de Trudaine m'ont pris dans une belle passion, Diderot, Mém. t. III, p. 77, dans POUGENS. Quoi ! pour un inconnu… que je crois estimable, Se prendre tout à coup de belle passion ! Picard, Entrée dans le monde, II, 7.

    Belle passion, se dit souvent, en un sens ironique, d'un amour inattendu pour quelque chose. Se prendre d'une belle passion pour la musique, pour les médailles.

  • 10Vive affection pour quelque chose que ce soit. Il a la passion des richesses, de la gloire, des beaux-arts. De tous les biens du monde la liberté est celui pour qui les hommes ont une plus forte et plus véritable passion, Malherbe, Le XXXIIIe livre de Tite Live, ch. 32. La passion qu'elle ressentait pour la gloire de Monsieur n'avait pas de bornes, Bossuet, Duch. d'Orl. Il aimait extrêmement la musique, et avait pris en passion celle de Rameau, Rousseau, Conf. V. J'ai plus que jamais la passion de la botanique, Rousseau, Lett. à du Peyrou, 29 avr. 1765.
  • 11Vif désir. Pour ce qui est de vous, vous ne sauriez douter de la passion que j'ai à vous honorer, Voiture, Lett. 48. Monseigneur, la fortune n'a pu souffrir que les passions que j'ai de vous plaire fussent plus longtemps inutiles, Mairet, Ép. à Richelieu, en tête des Nouv. œuv. de Théophile. Pouvaient-ils mieux marquer la passion qu'ils ont d'agir en maîtres et en souverains inquisiteurs ? Pascal, Prov. XIX. Je souhaite avec une grande passion d'être hors d'ici, Sévigné, 447. Mon fils est toujours dans la même passion de vendre, Sévigné, 16 fév. 1680. L'aveugle passion de retourner dans sa misérable patrie lui fit rejeter tous ces avantages, Fénelon, Tél. I. Je priai Louville de n'oublier rien pour servir utilement la passion que j'avais de ce mariage, Saint-Simon, 15, 172.
  • 12Objet de l'affection, en parlant d'une personne ou d'une chose. Cette femme est sa passion. Une avidité de savoir, une assiduité et, si j'ose le dire, une intempérance de lecture ont été les passions de sa jeunesse, Fléchier, Duc de Mont. Une si heureuse naissance la rendit la passion de tout ce qu'il y avait de vertueux, Fléchier, Mme de Mont. Mes chars et mes coursiers, mes flèches, mon carquois, Voilà mes passions et ma seule science, Voltaire, Orphel. III, 4.

    Il s'est dit au XVIIe siècle en ce sens au pluriel. Pour moi qui ne commence pas d'aujourd'hui à faire mes passions de vos intérêts, Guez de Balzac, liv. I, lett. 7.

  • 13Prévention forte pour ou contre quelqu'un ou quelque chose. La passion inspire toutes ses paroles. Je me dépouillerai de toute passion, Rotrou, Vencesl. IV, 6. Je commençai à me défier que vous agissiez avec passion, Pascal, Prov. XVII. L'intérêt et la passion corrompent les hommes ; la loi est sans intérêt et sans passion, Bossuet, Polit. I, IV, 4. Nous n'avons rien que de faible à leur opposer [aux vérités de l'éternité] ; c'est par passion, et non par raison, que nous osons les combattre, Bossuet, Duch. d'Orl. [La savante] Pèse sans passion Chapelain et Virgile, Boileau, Sat. X.
  • 14 Terme de littérature. Chaleur, expression vive, sensibilité. Les passions sont bien entendues dans ce poëme, dans cette pièce. Que dans tous vos discours la passion émue Aille chercher le cœur, l'échauffe et le remue, Boileau, Art p. III. Je me sens déjà pris de compassion ; Ce que c'est qu'à propos toucher la passion ! Racine, Plaid. III, 3.

    Cet orateur, cet acteur, etc. entre bien dans la passion, il se pénètre bien du sentiment qu'il doit exprimer.

    Il se dit, dans le même sens, de la musique et de la peinture. Les passions sont bien rendues dans ce tableau. Il y a beaucoup de passion dans cet air.

  • 15 Terme de philosophie. Impression reçue par le sujet ; se dit par opposition à action.
  • 16 Terme de grammaire. Impression reçue par un sujet. Le verbe actif marque l'action, le passif marque la passion du sujet.
  • 17De passion, loc. adv. Passionnément. Votre frère est très persuadé de votre amitié ; il vous aime de passion, à ce qu'il dit, et je le crois, Sévigné, 8 janv. 1674.

HISTORIQUE

XIIe s. Et ton saint cors livras à passion, Ronc. p. 48. Al quart an qu'ot suffert li martyrs passiun, Th. le mart. 159.

XIIIe s. Passions est ausi come amor, leesce, misericorde, et toutes choses de quoi ensieut [ensuit] volenté et moleste, Latini, Trésor, p. 269.

XIVe s. Vous congnoissez, comme ouvriere, Le merite de la matiere : Car agent ne prent action Qu'en disposée passion, l'Alch. à nat. 230. Il luy print une très forte passion qu'on appelle le flux de ventre, Chron. de St-Denis, t. II, f. 207, dans LACURNE.

XVe s. Ilz prisdrent à speculer sus plus occultes choses si comme des passions [phases] de la lune, Christine de Pisan, Charles V, III, 67. La patience qu'il [Louis XI] a portée en ses passions a esté semblable à celle qu'il a fait porter aux autres, Commines, VI, 12. Le roy Ferrand porta grande passion en son cœur de voir venir sur luy ceste armée, et qu'il n'y pouvoit remedier, Commines, VII, 11. Aucune nature n'est exempte de passion, et tous mangent leur pain en peine et douleur, Commines, VIII, 13. Je suis tout seur d'ouir la passion ; plust à Dieu que ma femme fust mute [par allusion à l'Évangile de la passion qui est fort long] ! Louis XI, Nouv. XCVII.

XVIe s. Les passions de Christ [ses souffrances], Calvin, Instit. 525. Le despit d'une passion envieuse, Montaigne, I, 5. La tristesse, cette passion…, Montaigne, I, 6. Esprins d'une extresme passion de honte, Montaigne, I, 11. Si on verse de l'eau dessus [la torpille], on sent cette passion [engourdissement] qui gaigne contre-mont jusques à la main, Montaigne, II, 181. La mort n'est qu'un quart d'heure de passion, sans consequence, Montaigne, IV, 213. Elles donnent à leurs maris infinité de passions [tourments], Marguerite de Navarre, Nouv. XLVI. Les passions et affections de nostre ame, Amyot, De la vertu morale, 8. Tous les autres gentilz hommes se tourmentoient de sa fortune, luy seul monstroit au dehors n'en sentir passion aucune, ni avoir compassion quelconque de soy mesme, Amyot, Cor. 32. …Dont s'ensuist la colique passion, Paré, Introd. 6. Le verbe est une partie du langage signifiant action ou passion, avec temps et modes, Meigret, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 82.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « passion »

Étymologie de passion - Littré

Prov. passio ; espagn. pasion ; portug. paixâo ; ital. passione ; du lat. passionem, de passum, supin de pati, souffrir (voy. PÂTIR).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de passion - Wiktionnaire

(Nom 1) (Vers 980) passions (pluriel). Du latin passio et du radical pati (« action de supporter, souffrance, maladie, indisposition, passion, affection, perturbation morale, accident, passivité, incident »).
Passio est pour sa part issu du verbe patior signifiant « souffrir, éprouver, endurer » autrement dit un ensemble d’états dans lesquels un individu est « passif », par opposition aux états dont il est lui-même la cause.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « passion »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
passion pasjɔ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « passion »

  • Trois mois sans football, c’était donc trop long. Alors un petit groupe de Lyonnais n’a pas hésité à faire le voyage jusqu’à Evian, pour jeter un œil à travers les grilles du stade Camille Fournier. Pour ce match à huis clos, une certaine tolérance s’est invitée. Et il n’était pas question de déloger ces visiteurs particuliers. Ainsi Guillaume avait installé sa chaise de camping deux heures avant le coup d’envoi. «Si je me penche, je vois les deux cages. Je suis bien. J’habite ici maintenant. Mais j’ai vécu à Lyon et je suis devenu un vrai fan de l’OL. J’allais au stade tous les jours, et j’ai connu Gerland quand j’étais jeune », souligne notre supporter heureux de voir ce premier match français de l’après confinement. Quand la passion est la plus forte , OL (Olympique lyonnais football) | Quand la passion est la plus forte...
  • Chaque dimanche, retrouvez les têtes bien connues de vos villages qui se dévoilent dans ces colonnes. Aujourd’hui, Luc Lenoble de Port-à-Binson dévoile sa passion des voitures anciennes. Journal L'Union abonné, Série. Les personnages incontournables des bourgs: Luc Lenoble et sa passion vrombissante
  • Cependant, la passion de l’égalité l’emporte bien souvent, conduisant à des choix qui ne lassent d’interroger. J’en vois maintes illustrations. Dans tel diocèse, dans telle paroisse, on me rapporte que les prêtres ne peuvent présider les obsèques (eux-mêmes ou leurs prédécesseurs ont pu ériger ce principe). En effet, les obsèques étant aussi présidées par des fidèles laïcs, s’il arrive que des prêtres les président parfois, ceci réintroduirait des « classes », donc des inégalités. La Croix, Pascal Wintzer : « L’égalité comme passion irréfléchie »
  • "La grotte de Foissac est un site passion. Petit à petit, on avance sur sa compréhension, sa genèse, son occupation". N’hésitez plus à descendre 20 mètres sous terre pour aller découvrir l’un des plus gros sites archéologiques d’Occitanie. ladepeche.fr, La grotte préhistorique de Foissac, "un site passion" - ladepeche.fr
  • Installée à Raspaillac, cette jeune femme de 34 ans, mariée et maman d’un joli poupon de 18 mois, est littéralement passionnée par cet art du pliage que les peuples d’extrême Orient pratiquent depuis les temps les plus anciens, et qu’elle exerce depuis plusieurs années. Profitant d’un tournant dans sa vie professionnelle, Coralie Hatzl a voulu offrir son savoir faire à un plus large public en créant sa propre entreprise : Co-Rigami. midilibre.fr, L’origami, plus qu’une passion pour Coralie Hatzl - midilibre.fr
  • « Il faut mettre la balle en plein coeur » : Christian Jacob révèle sa passion cachée Gala.fr, « Il faut mettre la balle en plein coeur » : Christian Jacob révèle sa passion cachée - Gala
  • Étudiante en criminologie, Sonya Lwu a choisi de partager sa passion sur YouTube. Elle raconte. Franceinfo, VIDEO. Tueurs en série, affaires non résolues… elle partage sa passion sur YouTube
  • Animations, découverte du métier, portraits : une semaine sur deux, découvrez la passion qui anime ces viticulteurs aubois ! , Passion Champagne - mon week-end en Champagne | Canal32
  • Fort des confidences que Johnny Hallyday lui aurait faites au moment où il écrivait avec lui son autobiographie, « Destroy », Gilles Lhote entreprend en effet de démontrer que l’unique passion fixe de ce chanteur couvert de femmes fut Catherine Deneuve, alias « Lady Lucille » : L'Obs, Catherine Deneuve et Johnny Hallyday : une passion qui aurait gagné à rester secrète
  • Catherine Deneuve et Marcello Maistroianni : une passion interdite Gala.fr, Catherine Deneuve et Marcello Maistroianni : une passion interdite - Gala
  • Mais d’où vient cette énergie ? C’est une force de vie à laquelle on peut s’aligner et, quand on la suit, on prend sa part d’engagement, on ne se met pas à part, on partage avec joie. Ce feu de vie est propre à l’être humain, c’est l’Humanisme, l’humanité, l’humus, c’est le parfum d’une terre à humer. C’est ce feu qui nous cherche du fond du cœur et appelle de plus en plus à ne pas se laisser acheter par un salaire, à choisir la sobriété heureuse, une vie en dehors du système normatif, une vie de militant, une vie vécue autrement. Cette vibration passion qui anime ce feu de l’action qui vient du cœur. FemininBio, Astrologie été 2020 : retrouvez la passion de vivre qui vous fait vibrer - FemininBio
  • Le confinement a changé bien des habitudes. Les associations ont cessé toutes leurs activités, et s’entraîner seule devant son miroir n’a pas été chose facile. Plusieurs adeptes des danses de salon en ligne (c’est le top si l’on n’a pas de partenaire ou si ce dernier n’est pas un adepte de cette activité), de jeunes seniors comme elles aiment se situer, se sont retrouvées pour pratiquer ensemble leur passion, « car on en avait plus que marre de ne pas danser en groupe ». À défaut d’animatrice, Brigitte Spalvieri a décidé de se former. Pour la plus grande satisfaction du groupe, elle assure maintenant bénévolement des séances sur la terrasse de son domicile, son mari assurant le rôle du DJ. Ces dames (il n’y a en effet aucun danseur dans le groupe) se retrouvent donc régulièrement pour une heure de madison, charleston et autre danse rythmée. Leur objectif est de créer leur propre association pour la rentrée de septembre, peut-être à Klang si tout se passe bien. , Culture - Loisirs | Danses de salon en ligne : une passion partagée
  • Au micro d'Isabelle Morizet, Bérengère Krief se confie sur sa nouvelle activité, assez originale... Le cerceau aérien. "Une intuition" pour la comédienne, qui a découvert cette passion en Australie.  Europe 1, EXTRAIT - Quand Bérengère Krief raconte sa passion pour… le cerceau aérien
  • Tout au long de l’année, les habitants du secteur ont plutôt l’habitude de voir un ULM ou un planeur passer au-dessus des maisons. Il faut dire que dans la Piège, ce ne sont pas les passionnés de ces petits engins qui manquent. Toujours très discrets, ils respectent toutefois les riverains en se tenant loin des habitations. C’est à peine si on distingue les manches à air des deux pistes distantes de quelques centaines de mètres. ladepeche.fr, Cazalrenoux. Un week-end d’échange autour de la passion du vol - ladepeche.fr
  • Le prince William a transmis l'une de ses passions à son fils aîné : le football. Régulièrement, le prince George joue dans une équipe locale, et peut se targuer d'être un très bon joueur. Closermag.fr, Prince George : cette passion qu'il partage déjà avec son père William - Closer
  • De fil en aiguille, les gens adhérent à son projet. « Il y a un côté financier, certes, mais aussi humain. On se rend compte que les amis de nos amis, les relais de notre famille n'hésitent pas à nous soutenir, c'est génial » sourit cette mère de famille, qui n'a jamais été aussi près de réaliser son rêve. « La pâtisserie, c'est ma passion, s'enthousiasme-t-elle. Depuis le confinement, je réalise test sur test pour concevoir les meilleures recettes de cupcake, brownie, cheesecake et carrot cake. » leparisien.fr, Yvelines : le confinement a incité Gwenaëlle à vivre de sa passion - Le Parisien
  • Marie-Claire Drouot a toujours eu la fibre artistique : dès son enfance, elle a peint après avoir dessiné au crayon, puis à l'acrylique des paysages divers et variés. Avant de se découvrir une passion pour l'écriture. « Pour moi, c'était un moyen de m'échapper, presque une thérapie pour oublier mes soucis... lapressedevesoul.com, La passion de l'écriture - La Presse de Vesoul
  • "Artisanes", la boutique éphémère située au 66 de la rue Nationale à Lectoure, qui regroupe cinq femmes artisanes d’art locales, a décidé d’inviter chaque mois une de leurs consœurs. Pour le mois de juillet, la nouvelle invitée est Bérangère Estienne, Ladyorigami : "J’ai découvert l’origami un peu par hasard en 2012 mais c’est vite devenu une passion. À cela s’est ajouté le plaisir de manipuler un papier précieux – le papier japonais traditionnel dit washi yuzen – et me voici lancée à réaliser des bijoux en Origami. Tous mes bijoux sont réalisés en papier Washi Yuzen, résinés à la résine époxy puis montés sur acier chirurgical hypoallergénique. La résine permet de conserver la légèreté du papier mais les rend résistants aux chocs et aux UV ; elle met également en valeur les inclusions du papier japonais traditionnel. Montés sur acier chirurgical inoxydable, ils ne laissent pas de marque sur la peau et les peaux sensibles peuvent porter de la fantaisie." ladepeche.fr, Lectoure. Bérangère Estienne et la passion de l’origami - ladepeche.fr
  • Equipassions. Un espace dédié au cheval et à la monte en pleine nature. lindependant.fr, La passion pour l’équitation au domaine de Millegrand - lindependant.fr
  • Christophe : cette passion méconnue à laquelle il s'adonnait Gala.fr, Christophe : cette passion méconnue à laquelle il s'adonnait - Gala
  • C’est là qu’il entend parler pour la première fois du général de Gaulle. Un nom, une voix, une silhouette qui ne vont plus jamais le quitter. Georges va conjuguer sa passion pour le « Grand Charles » avec son goût pour la philatélie. Dès qu’il le pourra, il fera l’acquisition de timbres à l’effigie du général. Aujourd’hui, il en possède plus de mille. , Insolite | La passion de Georges pour le général de Gaulle
  • « Il devait être le plus grand de la bande, un peu le meneur d’homme », se souvient Bernard Capdeville, ancien camarade du collège militaire de Saint-Cyr d’Eric de Cromières. Ayant partagé les mêmes bancs d’école, les deux amis avaient aussi pour commun la passion de l’ovalie. « On a joué ensemble quand nous étions cadets, et il en imposait par rapport aux autres ». Les deux coéquipiers disputeront une finale académique en 1970 ; perdue contre le lycée Michelet de Vanves certes, mais de fait, leur amitié en sortira renforcée. Par la même affection du rugby. www.lamontagne.fr, Le rugby, une passion de jeunesse pour Eric de Cromières - Clermont-Ferrand (63000)
  • Casarès et Camus se rencontrent le 6 juin 1944 à Paris, jour du débarquement de Normandie. Elle a 21 ans, lui 30. Ils vivent une passion éphémère jusqu’en octobre, moment où la femme de Camus, Francine, revient d’Algérie. Casarès met alors fin à leur relation. Le 6 juin 1948, ils se croisent par hasard boulevard Saint Germain, se retrouvent et ne se quitteront plus, jusqu’à la disparition d’Albert Camus dans un accident de voiture, le 4 janvier 1960. , "Camus Casarès, une géographie amoureuse" en avant-première jeudi au Chambon-sur-Lignon - La Commère 43
  • Les lieux ne manquent pas d’originalité, le personnage non plus. Depuis 55 ans, André Debru forge pour son travail et sculpte par passion. Comme avant lui, son père, son grand-père et même son arrière-grand-père, le "savoir-fer" est une tradition familiale. ladepeche.fr, Aveyron : la passion du métal - ladepeche.fr
  • "Il y a à la fois la passion, amoureuse et sexuelle, l'intimité que vous développez avec votre partenaire et puis, il y a l'engagement dans votre couple. Commençons par le plus important l'intimité. L'intimité, c'est être bien ensemble. Vous êtes heureux quand vous êtes avec l'autre, mais ça va plus loin. Vous voulez le bonheur de l'autre, il y a cette réciprocité qui fait que vous lui souhaiter le meilleur et que l'autre vous souhaite le meilleur également. Et puis, ça va aussi jusqu'au respect mutuel. L'estime de soi est renforcée et il y a une compréhension mutuelle. Il y a un partage matériel. En principe, ce qui vous appartient, appartient à l'autre. C'est comme ça qu'on fait la connexion avec l'autre et c'est comme ça que vous êtes capable, non seulement d'être en connexion avec l'autre, mais de communiquer parfois même sans parler. Un couple, parfois, peut passer des heures ensemble à être bien, sans avoir échangé un mot. Il n'y a pas du tout de gêne. Il n'y a pas d'inconfort parce que vous êtes dans une intimité qui est complètement partagée. Et ça va à tel point qu'on pourrait avoir cette jolie formule d'un poète, Rûmî, qui dit que 'les amants ne se rencontrent nulle part. Ils sont dans l'autre, toujours.' Europe 1, L'intimité, la passion et l'engagement : les trois piliers de l'amour
  • Avec le temps, la passion du Chartrain pour le rockeur américain n’a pas diminué, même s’il avoue acheter « un peu moins de disques. Mais je fais toujours partie du fan-club français, et je suis abonné au magazine Elvis My Happiness. » www.lechorepublicain.fr, Paul Szabo, de Chartres : quarante ans de passion pour Elvis Presley - Chartres (28000)
  • Le vin n’est pas un produit comme les autres, il fait rêver et suscite un intérêt très particulier chez les amateurs qui aiment découvrir tout ce qui concourt à sa création. Le métier de vigneron est une histoire de passion et de partage, l’accueil au domaine en fait partie de façon inhérente. Le caveau a été créé par ma mère Françoise Rigal, qui a développé la vente de nos vins en bouteille au début des années 80. Elle a toujours pensé qu’il était essentiel de recevoir les clients et de leur faire découvrir la genèse de nos vins. Au Château du Grand Caumont, nous aimons faire partager l’histoire du domaine, son architecture, l’histoire de notre famille et l’élaboration de nos cuvées, de la vigne à la bouteille. Ces rencontres créent à travers notre passion commune de vrais liens avec nos clients, qui deviennent souvent des amis, Pour certains, ils sont par plaisir les porte-parole de nos cuvées auprès de leur entourage. C’est toujours plaisant de voir arriver des gens qui viennent de quelques kilomètres en voisins ou de pays étrangers plus ou moins lointains. lindependant.fr, Lézignan-Corbières : au Château du Grand Caumont, passion rime avec partage - lindependant.fr
  • Claude, avant la retraite, a exercé dans un libre-service agricole bien connu du Biterrois, d’où sa passion pour le végétal. midilibre.fr, Claude et la passion pour les arbres rares - midilibre.fr
  • Je partage cette passion dans l'équipe avec Simon Desthieux, avec qui nous discutons parfois de cela. Pour ma reconversion, l'ébenisterie me plairait, je me verrais bien poursuivre dans cette voie et me former. J'ai les bases mais je dois encore me former. Enfin, j'espère que ce ne sera pas pour tout de suite." , SkiChrono | Julia Simon, passion bois
  • En réunissant plusieurs passionnés de chiens nordiques, Lucinda espérait surtout organiser des balades. Le groupe a grandi, et ils sont plus de 200, originaires de plusieurs départements, à partager des rendez-vous, des conseils sur le matériel, la nourriture… « Il y a aussi des professionnels, comme des éleveurs, des mushers (conducteurs de traîneaux tirés par des attelages de chiens), etc. » , En Mayenne : réunis autour de la passion des chiens nordiques | Le Courrier de la Mayenne
  • Cet artisan exerce le métier d’affûteur-remouleur mais sa passion c’est la coutellerie, et qui dit coutellerie dit forge, un artisanat qu’il pratique depuis qu’il est enfant à l’occasion du festival du Roi de l’Oiseau. « La première fois que j’ai touché un marteau, j’avais 4 ans. Mon père a été un des premiers à amener une forge au festival. Gamin, je tirais le soufflet pour attiser le feu », se souvient-il. , Culture - Loisirs | Polignac : Jordan Surrel, le forgeron de la forteresse, a la passion du tranchant
  • Bertrand Giraud est passionné depuis toujours par les engins motorisés. Il est aujourd’hui le président de l’association Trial Club Albertvillois 73. Le Messager, Albertville : Bertrand Giraud persévère dans sa passion pour les engins motorisés - Le Messager
  • Plus forte que le handicap, la passion de la glisse a réuni sept mordus ce lundi, au Natural Wake Park. Des personnes handicapées, venues des six coins de la France, pour se frotter, trois jours durant, au téléski nautique de Paray-sous-Briailles. www.lamontagne.fr, La passion de la glisse plus forte que le handicap au téléski nautique de Paray-sous-Briailles (Allier) - Paray-sous-Briailles (03500)
  • Reportage chez l’un des derniers cultivateurs de tabac en Hauts-de-France, la ferme Desreumaux, à Quesnoy-sur-Deûle, dans les champs où la récolte a débuté. Récit d’une passion en voie de disparition. , Passion et déclin: à la découverte des derniers champs de tabac du Nord Pas-de-Calais | La Voix du Nord
  • « Il a 17 ans, et ça fait 14 ans que je le possède. Je l’ai racheté à quelqu’un qui n’arrivait plus à payer les mensualités. » Car cette passion a un coût. Il y a toujours quelque chose à acheter, « même quand on prend soin de ses affaires ». www.paris-normandie.fr, Au Havre, Patrick Gobbé a la passion de la pêche en mer
  • Cette autre partie de nous, si discrète comparée aux données provenant de notre cerveau biologique, peut nous paraître inatteignable voire inexistante.  Alors que faire si, comme moi, vous voulez tenter le pari qu’elle est un guide de vie ô combien précieux ? Sa nature intemporelle, immortelle, et son accès à d’autres dimensions de l’Univers pourraient s’avérer une source d’information de grande valeur, non ? Mais comment écouter cette voix si ténue, perdue dans le brouhaha de notre mental et ses quelque 60000 pensées quotidiennes ? Et si la réponse était simplement la PASSION ? Serait-ce l’un des langages de la conscience ? Je constate en tout cas qu’elle vibre à son diapason et j’en retire la conviction que toute chose faite en son nom est un pas sur le sentier éclairé par l’âme. La passion est donc un état que je cultive sans relâche, et si elle s’estompe ou disparaît, ce qui peut arriver quand certains objectifs sont atteints, je reste en alerte afin d’identifier la prochaine. Je parle de la passion véritable, pas d’addictions ou de compensations. Celle qui fait vibrer l’être et gonfle le cœur. Celle qui, par la joie qu’elle déclenche, nous guide dans la vie comme un phare dans la brume. FemininBio, La chronique de David Perroud : la passion, ce phare dans la brume - FemininBio
  • Avec Venturi GT à la française, on va revivre toute l’aventure de la Manufacture de Voitures de Sport. On commence tout au départ, dès la création du prototype par les passionnés que sont Claude Poireaud et Gérard Godfroy. On suit ensuite les différentes étapes de levées de fond, de préparation du prototype, la construction d’une usine et le lancement des premiers coupés équipés du V6 PRV. On ne va pas vous résumer l’histoire, mais il y a eu quelques autres essais entre temps. News d'Anciennes, On a lu : Venturi GT à la française, un condensé de passion - News d'Anciennes
  • Juste après ses études universitaires,  Egnonam ALIHONOU, fit un stage pratique dans une radio de la place afin d’acquérir des connaissances en journalisme. Très déterminée et passionnée par le métier, elle fût embauchée à la radio Nana FM, suite à un appel d’offre d’emploi. Myafricainfos, Egnonam ALIHONOU ou quand détermination rime avec passion !
  • La passion déteste tout ce qui n’est pas la passion. De Alice Ferney / La conversation amoureuse
  • La passion est une obsession positive. L’obsession est une passion négative. De Paul Carvel / Mots de tête
  • Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion. De Saint Augustin
  • L'art de vivre consiste à sacrifier une passion basse à une passion plus haute. De François Mauriac
  • Chaque passion parle un différent langage. De Nicolas Boileau / Art poétique
  • L'homme est une passion inutile. De Jean-Paul Sartre / L'être et le néant
  • France : La passion est ici une vertu. De Ann Radcliffe / The Romance of forest
  • Image, ma seule, mon unique passion. De Charles Baudelaire
  • Tout doit être fait avec passion. De Björk
  • La passion est la distraction du coeur. De Vladimir Jankélévitch
  • Les passions abaissent, la passion élève. De Mihai Eminescu / Pensées
  • Toute passion engorgée produit sa contre passion qui est aussi malfaisante que la passion naturelle aurait été bienfaisante. De Charles Fourier / Le nouveau monde amoureux
  • La raison tue la passion. De Didier Dubois
  • La passion détruite se transforme en passion de détruire. De Raoul Vaneigem / Le livre des plaisirs
  • La musique offre aux passions le moyen de jouir d'elles-mêmes. Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir Die fröhliche Wissenschaft
  • La passion comblée a son innocence, presque aussi fragile que toute autre. Marguerite de Crayencour, dite Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien, Plon
  • Qui veut détruire les passions, au lieu de les régler, veut faire l'ange. François Marie Arouet, dit Voltaire, Lettres philosophiques, XXV
  • Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation. Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation
  • Les effets de la faiblesse sont inconcevables, et je maintiens qu'ils sont plus prodigieux que ceux des passions les plus violentes. Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz, Mémoires
  • Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d'intervalle qui les écrit. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, le Temps retrouvé , Gallimard
  • Presque jamais l'homme n'agit par acte naturel de son caractère, mais par une passion secrète du moment, réfugiée, cachée dans les derniers replis du cœur. Napoléon Ier, Cité par Las Cases dans le Mémorial de Sainte-Hélène
  • Tout ce qui n'est pas passion est sur un fond d'ennui. Henry Millon de Montherlant, Aux fontaines du désir, Gallimard
  • De toutes les passions, la seule vraiment respectable me paraît être la gourmandise. Guy de Maupassant, Amoureux et primeurs, in le Gaulois
  • Il n'y a que le malheur qui soit vieux ; il n'y a que la passion qui soit raisonnable. Julie de Lespinasse, Lettres, à M. de Guibert
  • Le roman est un genre faux, parce qu'il décrit les passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente. Décrire les passions n'est rien ; il suffit de naître un peu chacal, un peu vautour, un peu panthère. Isidore Ducasse, dit le comte de Lautréamont, Poésies, I
  • Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire. Marguerite Hessein, Mme de La Sablière, Pensées chrétiennes
  • Si nous résistons à nos passions, c'est plus par leur faiblesse que par notre force. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • L'absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • Il n'y a de passions que celles qui nous frappent d'abord et nous surprennent ; les autres ne sont que des liaisons où nous portons volontairement notre cœur. Les véritables inclinations nous l'arrachent malgré nous. Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, Zaïde
  • Les passions peuvent me conduire, mais elles ne sauraient m'aveugler. Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, La Princesse de Clèves
  • Les passions des jeunes gens sont des vices dans la vieillesse. Joseph Joubert, Pensées
  • Rien n'est plus dangereux que les passions dont la raison conduit l'emportement. Claude Adrien Helvétius, Notes, maximes et pensées
  • J'ai éprouvé que vous m'étiez moins cher que ma passion. Gabriel Joseph de Lavergne, comte de Guilleragues, Lettres de la religieuse portugaise
  • La beauté est belle ; la passion, l'amour absolu sont plus beaux et plus adorables. Joseph Arthur, comte de Gobineau, Nouvelles asiatiques
  • Ma théorie se borne à utiliser les passions réprouvées telles que la nature les donne, et sans y rien changer. Charles Fourier, Théorie de l'unité universelle
  • Il n'y a que les passions et les grandes passions, qui puissent élever l'âme aux grandes choses. Denis Diderot, Pensées philosophiques
  • Les passions détruisent plus de préjugés que la philosophie. Denis Diderot, Discours sur la poésie dramatique
  • Nous voyons [ que les passions] sont toutes bonnes de leur nature, et que nous n'avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès. René Descartes, Les Passions de l'âme
  • Les hommes [que les passions] peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie. René Descartes, Les Passions de l'âme
  • La philosophie que je cultive n'est pas si barbare ni si farouche qu'elle rejette l'usage des passions ; au contraire, c'est en lui seul que je mets toute la douceur et la félicité de cette vie. René Descartes, Correspondance, à l'abbé Picot, 28 février 1648
  • Je ne suis point d'opinion […] qu'on doive s'exempter d'avoir des passions ; il suffit qu'on les rende sujettes à la raison, et lorsqu'on les a ainsi apprivoisées, elles sont quelquefois d'autant plus utiles qu'elles penchent plus vers l'excès. René Descartes, Correspondance, à Élisabeth, 1er septembre 1645
  • Une femme, quand elle est jeune, est plus sensible au plaisir d'inspirer des passions, qu'à celui d'en prendre. Prosper Jolyot de Crais-Billon, dit Crébillon fils, Les Égarements du cœur et de l'esprit
  • […] Ce qu'on croit la dernière fantaisie d'une femme est bien souvent sa première passion. Prosper Jolyot de Crais-Billon, dit Crébillon fils, Les Égarements du cœur et de l'esprit
  • C'est une grande duperie de croire que l'homme moyen n'est susceptible que de passions moyennes. Georges Bernanos, Les Grands Cimetières sous la lune, Plon
  • La raison ne peut tenir contre le tempérament, elle se laisse mener en triomphe ou en qualité de captive, ou en qualité de flatteuse. Pierre Bayle, Réponse aux questions d'un provincial
  • […] Les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l'ennui tend toujours à s'accroître. Jules Amédée Barbey d'Aurevilly, Une vieille maîtresse
  • Un enfant est un grand politique dont on se rend maître comme du grand politique par ses passions. Honoré de Balzac, Mémoires de deux jeunes mariées
  • Il en est des passions nobles comme des vices : plus elles se satisfont, plus elles s'accroissent. Honoré de Balzac, Les Marana
  • Nous respectons la raison, mais nous aimons nos passions. Émile Chartier, dit Alain, Propos, Gallimard
  • Toutes les passions, comme le nom l'indique, viennent de ce que l'on subit au lieu de gouverner. Émile Chartier, dit Alain, Minerve ou De la sagesse, Gallimard
  • Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde. Émile Chartier, dit Alain, Mars ou la Guerre jugée, Gallimard

Traductions du mot « passion »

Langue Traduction
Corse passione
Basque grina
Japonais 情熱
Russe страсть
Portugais paixão
Arabe شغف
Chinois 热情
Allemand leidenschaft
Italien passione
Espagnol pasión
Anglais passion
Source : Google Translate API

Synonymes de « passion »

Source : synonymes de passion sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « passion »



mots du mois

Mots similaires