Souffrir : définition de souffrir


Souffrir : définition du Wiktionnaire

Nom commun

souffrir \su.fʁiʁ\ masculin

  1. Action de souffrir.
    • Dans ma pauvre carcasse creusée, vidée par l’anémie, la douleur retentit comme la voix dans un logis sans meubles ni tentures. Des jours, de longs jours où il n’y a plus rien de vivant en moi que le souffrir. — (Alphonse Daudet, La Doulou)

Verbe

souffrir \su.fʁiʁ\ transitif et intransitif, 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Sentir de la douleur.
    • — Qu’est-ce que vous faites, en ce moment ?
      — Je souffre.
      — (Alphonse Daudet, La Doulou)
    • La masse croit qu’elle souffre parce qu’elle subit une inique conséquence d’un passé qui était plein de violences, d’ignorance et de méchanceté […]. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.V, La grève générale politique, 1908, p. 227)
    • Son pied gauche, dont l’orteil rongeait la chaussette dix fois raccommodée, déchiquetant les mailles et creusant sa trouée, le faisait souffrir cruellement. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 9)
    • Les hommes sont internés en Lituanie, dans les camps de Milejgany, Jewie et Roon où ils souffrent du froid intense, du manque de nourriture et d'eau potable, des conditions précaires d'hébergement, de la vermine et des humiliations. — (Philippe Nivet, La France occupée 1914-1918, Armand Colin, 2014)
    • Souffrir cruellement.
    • Il souffre comme un damné.
    • Souffrir de la tête, de l’estomac, de la poitrine, etc.
    • Souffrir du froid, du chaud.
    • Souffrir de la faim, de la soif.
    • L’armée a beaucoup souffert dans sa marche, faute de ravitaillement.
  2. Éprouver de la peine, du dommage.
    • […] ; elle lui pardonna une légèreté d'esprit, dont, après tout, elle n’avait jamais souffert : quand les défauts des autres ne nous nuisent pas, il est rare qu'ils nous choquent beaucoup. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
    • Désormais donc, les prévenus seront, au moment de leur arrestation, conduits directement ä la Roquette, où, séparés les uns des autres, comme le sont les enfants jugés, ils n'auront pas à souffrir du contact de leurs co-détenus. — (Société pour le patronage des jeunes détenus et des jeunes libérés du département de la Seine : Assemblée générale du 14 juillet 1844, Paris : Imprimerie de A. Henry, 1844, pp. 58-59)
    • Il souffre de votre humeur, de vos caprices. — Je souffre de l’entendre parler ainsi. — Les enfants souffrent des divisions de leurs parents.
  3. (Médecine) Être atteint de ; être contaminé par.
    • M. A… G…, demeurant à Troyes, souffre depuis longtemps d’une entérite que différents traitements n’ont pu guérir. — (Émile Coué, La Maîtrise de Soi-même par l’autosuggestion consciente, éd. 1935, p. 31)
    • En août, Proust apprend le suicide par pendaison, à Londres, d'Emmanuel Bibesco qui souffrait de paralysie faciale. — (Cyril Grunspan, Marcel Proust: Tout dire, Portaparole, 2005, page 67)
    • Bien que souffrant d'une néphrite chronique avec complications cardiaques, il ne voulut pas consentir à prendre le moindre repos, […]. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 55)
    • Pour guérir le dernier-né de la Reine, qui souffrait d'un abcès à la gorge et qu’Hadès semblait encore une fois attirer dans ses ténèbres, le médecin Olympos avait jugé qu'il fallait prendre les grands moyens : une incubation, et à Canope. — (Françoise Chandernagor, Les Enfants d'Alexandrie, éd. Albin Michel, 2011)
    • Les auteurs ont présenté à des étudiants universitaires des personnes souffrant de bégaiement et à qui on avait accolé une vignette explicative des causes à l'origine de leur bégaiement. — (David Bourguignon & Stéphanie Demoulin, « Bégaiement et stigmat social », chap. 13 de Les bégaiements de l'adulte: Première synthèse des connaissances, sous la direction de Bernadette Piérart, éd. Mardaga, 2013)
    • (Figuré) Souffrir des mêmes travers, des mêmes défauts.
  4. Éprouver des dommages, en parlant des choses.
    • Les vignes, les blés ont souffert de la gelée, de la grêle.
    • Ce village a beaucoup souffert des ravages de la guerre.
  5. (Transitif) Endurer.
    • Souffrir la douleur.
    • Souffrir le mal.
    • Souffrir les tourments, la persécution, le martyre, la mort.
    • Souffrir les injures, la faim, la soif, la pauvreté.
  6. (Transitif) Supporter.
    • Je n'aime pas les épinards, et j'en suis enchanté, car si je les aimais, j'en mangerais, et je ne puis les souffrir. — (Étienne Arnal : Mot attribué à Arnal par Pierre Larousse dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, article « Caricature », t. 3, 1867, p. 396)
    • Catilina s’était entraîné à souffrir la fatigue, la faim et le froid.
    • Ne pouvoir souffrir une personne, une chose : avoir pour elle de l’éloignement, de l’aversion.
    • Cette marâtre ne peut souffrir les enfants de son mari.
    • Personne ne peut le souffrir.
    • Il est d’une insolence que je ne puis souffrir.
  7. (Transitif) Tolérer, ne pas empêcher, même si on le peut.
    • Le roi n’eût jamais souffert qu’un pavillon, autre que le sien, flottât à une corne d’artimon ou au sommet du grand mât […]. — (Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo : Les Corsaires chez eux, Édouard Champion, 1929, p. 53)
    • L’interdiction de fumer ne souffrait aucune exception, mais quelques officiers sortirent dans la galerie pour y chiquer à leur aise. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 147 de l’éd. de 1921)
    • Souffrez qu’une autre
      En moi se glisse
      — (Sans logique - chanson, Mylène Farmer, 1988)
    • Nous tremblerions, ô Ciel, devant des Sarrasins !
      Voulons-nous seulement les souffrir nos voisins ?
      — (Tardieu-Saint-Marcel, Charles Martel ou La France délivrée, chant Ier ; Marié et Cie libraires, Paris, 1806, p. 21)
    • Don Juan -- Ha que dites-vous là, elles sont les plus belles du monde, souffrez que je les baise, je vous prie. — (Molière, Don Juan, acte II, scène II)
  8. (Transitif) Permettre.
    • Souffrez, monsieur, que je vous le dise.
    • Je ne souffrirai pas que vous me parliez sur ce ton.
  9. (Transitif) Admettre, être susceptible de.
    • […] : sous l’ancien régime, en Gascogne, le droit d’aînesse ne souffrait jamais d’exception, et un bien de famille conservé intégralement, de génération en génération, n’était jamais divisé. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Cette affaire ne souffre point de retard, de délai, de difficulté.
    • Cette raison ne souffre point de réplique.
    • Cette règle souffre des exceptions.
    • La poésie ne souffre pas la médiocrité.
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Souffrir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SOUFFRIR. (Je souffre, tu souffres, il souffre; nous souffrons, vous souffrez, ils souffrent. Je souffrais. Je souffris. Je souffrirai. Je souffrirais. Que je souffre. Que je souffrisse. Souffrant. Souffert.) v. intr.
Sentir de la douleur. Souffrir cruellement. Il souffre comme un damné. Souffrir de la tête, de l'estomac, de la poitrine, etc. Souffrir à toutes les jointures. Souffrir du froid, du chaud. Souffrir de la faim, de la soif. L'armée a beaucoup souffert dans sa marche, faute de ravitaillement. Il a cessé de souffrir, Il est mort.

SOUFFRIR signifie encore Éprouver de la peine, du dommage. Il souffre de votre humeur, de vos caprices. Je souffre de l'entendre parler ainsi. Je souffre à l'entendre. Les enfants souffrent des divisions de leurs parents. Souffrir dans sa réputation. Souffrir pour sa religion. J'ai souffert de lui tout ce qu'on peut souffrir. Il se dit aussi des Choses qui éprouvent quelque dommage. Les vignes, les blés ont souffert de la gelée, de la grêle. Ce village a beaucoup souffert des ravages de la guerre.

SOUFFRIR s'emploie aussi comme verbe transitif et signifie Endurer. Souffrir la douleur. Souffrir le mal. Souffrir les tourments, la persécution, le martyre, la mort. Souffrir les injures, la faim, la soif, la pauvreté. Fig. et fam., Souffrir mort et passion, Éprouver de grandes douleurs ou, par exagération, Être très impatienté. Ce mal de dents m'a fait souffrir mort et passion. Sa lenteur me fait souffrir mort et passion. On dit dans le même sens Souffrir le martyre. En l'entendant parler ainsi, je souffrais le martyre.

SOUFFRIR signifie aussi Supporter. Catilina s'était entraîné à souffrir la fatigue, la faim et le froid. Ne pouvoir souffrir une personne, une chose, Avoir pour elle de l'éloignement, de l'aversion. Cette marâtre ne peut souffrir les enfants de son mari. Personne ne peut le souffrir. Il est d'une insolence que je ne puis souffrir. Prov., Le papier souffre tout, On écrit sur le papier tout ce qu'on veut, vrai ou faux, bon ou mauvais.

SOUFFRIR signifie encore Tolérer, ne pas empêcher, quoiqu'on le puisse. Pourquoi souffrez-vous cela? Je ne puis souffrir qu'on me dérange à toute heure. Il signifie également Permettre. Souffrez, monsieur, que le vous dise. Je ne souffrirai pas que vous me parliez sur ce ton. Il se dit aussi des Choses et signifie Admettre, être susceptible de. Cette affaire ne souffre point de retard, de délai, de difficulté. Cette raison ne souffre point de réplique. Cette règle souffre des exceptions. La poésie ne souffre pas la médiocrité.

Souffrir : définition du Littré (1872-1877)

SOUFFRIR (sou-frir), je souffre, tu souffres, il souffre, nous souffrons, vous souffrez, ils souffrent ; je souffrais ; je souffris ; je souffrirai ; je souffrirais ; souffre, souffrons, souffrez ; que je souffre, que nous souffrions, que vous souffriez ; que je souffrisse ; souffrant ; souffert v. a.
  • 1Le sens étymologique et propre est supporter ; il se divise en deux acceptions : résister à quelque chose de fâcheux, de pénible ; endurer.

    Résister à. Il ne saurait souffrir le soleil, le serein. C'est une place qui ne peut souffrir un siége. Cet homme ne peut souffrir la mer. Je ne comprends pas comme M. de Grignan peut aller dans un pays [les montagnes du Dauphiné] dont les ours ne peuvent souffrir la demeure, Sévigné, 9 mars 1689. Accoutumés à demeurer dans des maisons commodes, à vivre dans l'abondance et dans l'oisiveté, ils ne pouvaient plus souffrir la faim, la soif, les longues marches, les veilles, ni les autres travaux de la guerre, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 445, dans POUGENS.

    Souffrir un assaut, soutenir un assaut.

    Terme de manége. Souffrir l'éperon, se dit d'un cheval qui n'est pas sensible à l'éperon.

    Souffrir l'étalon, se dit de la jument quand elle est bien en chaleur.

    Endurer. Souffrir la prison avec fermeté. Souffrir patiemment la mauvaise fortune. Et j'aurais cette injure impunément soufferte ! Rotrou, Vencesl. II, 1. Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode, Molière, Mis. I, 1. Moi qui ne puis pas souffrir la vue ni l'imagination d'un précipice, Sévigné, 9 mars 1689. Représentez-vous un homme né dans les richesses et qui les a dissipées ; il ne peut souffrir sa pauvreté, Bossuet, la Vallière. L'imagination ne peut souffrir les vérités abstraites et extraordinaires : elle les regarde, ou comme des spectres qui lui font peur, ou comme des fantômes dont elle se moque, Malebranche, Rech. vér. éclairc. liv. I, t. IV, p. 67, dans POUGENS. [Elle] … souffre des affronts que ne souffrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas, Boileau, Sat. X. Ah ! je ne puis, Albine, en souffrir la pensée, Racine, Brit. III, 4. Amilcar, surnommé Barca, souffrait avec peine le dernier traité que le malheur des temps avait forcé les Carthaginois d'accepter, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 369, dans POUGENS. Ceux qui souffraient la servitude, et ceux qui, par leurs intérêts particuliers, cherchaient à la faire souffrir, Montesquieu, Rom. 1.

    Ne pouvoir souffrir une personne, une chose, avoir de l'aversion pour cette personne, cette chose. M. de Lamoignon ne pouvait souffrir ces hommes chargés des affaires du public et des particuliers, qui se regardent comme invisibles, Fléchier, Lamoignon. Je sens qu'il m'ennuie à mourir ; Je l'estime beaucoup et ne puis le souffrir, Destouches, Glorieux, II, 4. Il a commencé par établir que je ne pouvais pas le souffrir, Marivaux, le Legs, sc. 23. Il m'est impossible d'aimer Héraclius [de Corneille], je vous l'avoue ; je crois vous avoir cité Mme du Châtelet, qui ne pouvait souffrir cette pièce, dans laquelle il n'y a pas un sentiment qui soit vrai, Voltaire, Lett. d'Argental, 23 sept. 1761.

    Je ne puis souffrir que cela se fasse, il m'est désagréable que cela se fasse. Chavigni, qui était rentré dans le cabinet, son unique élément, et qui y était rentré par le moyen de M. le Prince, ne pouvait souffrir qu'il l'abandonnât ; et il pouvait encore moins souffrir qu'il se tînt en bonne intelligence avec Mazarin qui était l'objet de son horreur, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 403, dans POUGENS. Mais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers… Se donne en te louant une gêne inutile, Boileau, Disc. au roi.

  • 2Ne pas se détériorer, en parlant des choses. Le poisson non salé ne pouvait souffrir le transport au delà de trente à quarante heures, Mercier, Tabl. de Par. 34.
  • 3Tolérer, ne pas empêcher. Ce n'est pas qu'un emploi ne doive être souffert, La Fontaine, Fabl. XII, 27. On pourrait aucunement Souffrir ce défaut aux hommes, La Fontaine, ib. IX, 1. Je souffre bien que tu le sois [Sosie], Souffre aussi que je le puisse être, Molière, Amph. III, 7. Mme la Dauphine ne souffrait pas qu'on touchât aux oints du Seigneur, Fléchier, Dauphine. Jusqu'à quand souffre-t-on que ce peuple respire ? Racine, Esth. II, 1. On n'y souffre ni meubles précieux, ni habits magnifiques, ni festins délicieux, ni palais dorés, Fénelon, Tél. V Charles II n'avait bien voulu souffrir qu'on le fît catholique sur la fin de sa vie, que par complaisance pour ses maîtresses et pour son frère, Voltaire, Louis XIV, 14. On vient d'imprimer dans un journal l'article Femme, qu'on tourne horriblement en ridicule ; je ne peux pas croire que vous ayez souffert un tel article dans un ouvrage sérieux [l'Encyclopédie], Voltaire, Lett. d'Alemb. 13 nov. 1759. Il faut souffrir ce qu'on ne peut empêcher, Beaumarchais, Mar. de Fig. IV, 8.

    Souffrir quelqu'un, le tolérer, le laisser faire ceci ou cela. Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour, Corneille, Nicom. III, 4. L'ordre de l'empereur n'admet ici personne, Et ma commission n'y souffre que vous deux, Rotrou, Bélis. III, 2. Et l'Académie, entre nous, Souffrant chez soi de grands fous…, Boileau, Épig. XX. Aux bords que j'habitais je n'ai pu vous souffrir, Racine, Phèdre, II, 5. Vos sentiments sont avoués de votre père, et vous pouvez souffrir à vos genoux un homme que vous allez épouser, Marivaux, Serm. indiscr. IV, 5.

    Souffrir se dit pour laisser, avec un nom de personne pour régime direct et un verbe à l'infinitif. En Europe, où les rois sont d'une humeur civile, Je ne leur rase point de château ni de ville ; Je les souffre régner, Corneille, l'Illus. com. II, 2. Il y avait des diacres continuellement appliqués à prendre garde que chacun fût attentif, et à ne souffrir personne sommeiller, rire, parler à l'oreille, ou faire quelque signe à un autre, Fleury, Mœurs des chrétiens, XL.

  • 4Permettre. Souffrez que votre fille embrasse vos genoux, Corneille, Poly. III, 3. Je ne vous puis souffrir de dire une sottise, Corneille, Suite du Ment. III, 2. Jusques… à lui souffrir, en cervelle troublée, De courir tous les bals et les lieux d'assemblée, Molière, Éc. des mar. I, 2. Le père Lemoine a apporté une modération à cette permission générale [donnée aux femmes par les casuistes de se parer] ; car il ne le veut point du tout souffrir aux vieilles, Pascal, Prov. IX. Vous êtes obligés de leur souffrir [à vos domestiques] ce que vous ne voulez pas vous interdire ; il faut fermer les yeux à des désordres que vous autorisez par vos mœurs, Massillon, Petit carême, Vic. vert. des grands. S'il en est ainsi, rendez-moi ma montre ; je ne souffrirai pas… - Copp : Ah ! vous ne souffrirez pas… vous le prenez avec moi sur un singulier ton, Al. Duval, Jeun. de Henri V, II, 10.
  • 5Recevoir quelque dommage. L'escadre a souffert un vrai désastre.

    Souffrir une rude, une furieuse tempête, être agité d'une rude, d'une furieuse tempête.

    Souffrir un coup de vent, être battu d'un coup de vent

  • 6Éprouver une peine physique ou morale de quelque chose. Souffrir la douleur, souffrir le martyre, souffrir une perte, un dommage. Les qualités excessives nous sont ennemies, et non pas sensibles ; nous ne les sentons plus, nous les souffrons, Pascal, Pens. I, 1, édit. HAVET. Coulanges a la goutte comme un petit débauché ; il crie… il voit du monde… il ne souffre pas même ses douleurs sérieusement, Sévigné, 4 févr. 1689. Combien dans cet exil ai-je souffert d'alarmes ! Racine, Andr. I, 1. Il ajouta qu'il les avait menés à Samos pour y souffrir l'exil qu'ils avaient fait souffrir à Philoclès, Fénelon, Tél. XI. Dans ce dernier adieu ne va pas m'attendrir ; Et sache voir du moins ce que je sais souffrir, P. Lebrun, Marie St. V, 5.

    Par exagération. Souffrir mort et passion, éprouver des douleurs cruelles ; et aussi être vivement impatienté. Sa lenteur me fait souffrir mort et passion.

    On dit de même : souffrir le martyre.

  • 7Admettre, recevoir, être susceptible, en parlant des choses. Pour un cœur généreux ce trépas a des charmes, La gloire qui le suit ne souffre point de larmes, Corneille, Hor. II, 1. Une pièce d'éloquence remplie des plus belles et des plus nobles expressions que la langue puisse souffrir, Corneille, Lett. à l'abbé de Pure, 12 mars 1659. Supposé, comme il est vrai, que les exercices de la piété souffrent des intervalles, Molière, Tart. Préf. Les termes sont si clairs qu'ils ne souffrent aucune interprétation, Pascal, Prov. VI. Si l'origine qui nous est commune souffrait quelque distinction solide et durable entre ceux que Dieu a formés de la même terre, qu'y aurait-il dans l'univers de plus distingué que Madame ? Bossuet, Duch. d'Orl. Puisqu'il est essentiel à Dieu d'être simple et indivisible, sa substance ne souffre point de partage, Bossuet, Sermon sur le myst. de la Trin. 1. Ne dites pas à ce zélé magistrat qu'il travaille plus que son grand âge ne le peut souffrir, Bossuet, le Tellier. Il persista dans sa retraite, tant que l'état des affaires le put souffrir, Bossuet, ib. Quelle liberté s'est-elle donnée qui pût, je ne dis pas mériter une censure, mais souffrir une mauvaise interprétation ? Fléchier, Marie-Thér. Si les historiens de l'antiquité sont en général supérieurs aux nôtres, cette vérité souffre toutefois de grandes exceptions, Chateaubriand, Génie, III, III, 5.
  • 8 V. n. Supporter, soutenir la douleur physique ou morale. Néarque : Il suffit, sans chercher, d'attendre et de souffrir. - Polyeucte : On souffre avec regret quand on n'ose s'offrir, Corneille, Poly. II, 6. Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes : Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes, La Fontaine, Fabl. I, 16. Il faut souffrir pour la charité, souffrir pour la vérité, souffrir pour la paix, souffrir pour l'obéissance, Bourdaloue, Myst. Ascens. t. I, p. 422. Après s'être acquittée de tous les devoirs à la cour, Mme de Montausier a souffert comme on souffre dans les cloîtres, sans murmurer et sans se plaindre, Fléchier, Mme de Mont. Quiconque ne sait pas souffrir n'a point un grand cœur, Fénelon, Tél. IX. Souffre, meurs ou guéris ; mais surtout vis jusqu'à ta dernière heure, Rousseau, Ém. II. Souffre un moment encor ; tout n'est que changement ; L'axe tourne, mon cœur ; souffre encore un moment, Chénier, Élég. 27.
  • 9Laisser prendre licence. Celui qui souffre beaucoup s'apprête à beaucoup souffrir, Letourneur, Trad. de C. Harlowe, Lett. 120.
  • 10Sentir de la douleur, de la peine physique ou morale. Souffrir de la tête, de la poitrine. Ils [les chrétiens] souffrent sans murmure et meurent avec joie, Corneille, Poly. I, 3. Quoique les maux [d'amour] se succèdent ainsi les uns aux autres, on ne laisse pas de souhaiter la présence de sa maîtresse par l'espérance de moins souffrir ; cependant, quand on la voit, on croit souffrir plus qu'auparavant, Pascal, Pass. de l'am. Si le prince se plaignait, c'était seulement d'avoir si peu à souffrir pour ses péchés, Bossuet, Louis de Bourbon. La rude loi de souffrir, Bossuet, Anne de Gonz. Il [l'homme] ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre, La Bruyère, XI. Ceux qui n'ont pas souffert ne savent rien, ils ne connaissent ni les biens ni les maux ; ils ignorent les hommes ; ils s'ignorent eux-mêmes, Fénelon, Tél. X. Un de ces cœurs tendres et miséricordieux, qui souffrent de toute leur prospérité à la vue des infortunes d'autrui, Massillon, Or. fun. Villars. Quand on a souffert, ou qu'on craint de souffrir, on plaint ceux qui souffrent ; mais, tandis qu'on souffre, on ne plaint que soi, Rousseau, Ém. IV. Ah ! que nous avons à souffrir de la nature, de la fortune, des méchants et des sots ! Voltaire, Lett. d'Alembert, 10 juin 1776. Est-ce la peine de vivre quand on souffre ? oui, car on espère toujours qu'on ne souffrira pas demain ; du moins c'est ainsi que j'en use depuis plus de soixante ans, Voltaire, Lett. d'Argental, 29 nov. 1769. Quoique, par souffrir, on entende proprement éprouver une sensation désagréable, il est certain que la privation d'une sensation agréable est une souffrance plus ou moins grande, Condillac, Log. I, 8. Il remarqua l'attitude de Napoléon, celle qu'il conserva pendant toute cette retraite : elle était grave, silencieuse et résignée ; souffrant moins du corps que les autres, mais bien plus d'esprit, et acceptant son malheur, Ségur, Hist. de Nap. IX, 12. Il [Dieu] fit l'eau pour couler, l'aquilon pour courir, Les soleils pour brûler, et l'homme pour souffrir, Lamartine, Méd. I, 2. Ô Muse que m'importe ou la mort ou la vie ? J'aime, et je veux pâlir ; j'aime, et je veux souffrir, Musset, la Nuit d'août.

    On dit dans un sens analogue : Sa modestie souffre quand on le loue

    Il a cessé de souffrir, se dit quelquefois pour : il est mort.

  • 11Éprouver du dommage matériel ou moral. Les enfants souffrent des divisions des parents. Souffrir dans son commerce, dans sa réputation. L'armée a beaucoup souffert dans cette expédition. Si la malignité de l'esprit d'indépendance s'est déclarée sans réserve en Angleterre, les rois en ont souffert, mais aussi les rois en ont été la cause, Bossuet, Reine d'Anglet. Cet autre … augmente d'année à autre de réputation : les plus grands politiques souffrent de lui être comparés, La Bruyère, X.

    Absolument. Ciel ! faut-il que le rang dont on veut tout couvrir, De cent sots tous les jours nous oblige à souffrir ! Molière, Fâch. I, 6.

  • 12Il se dit des choses qui éprouvent un dommage, une diminution. Les vignes ont souffert de la gelée. Le pays souffrit beaucoup des ravages de la guerre. S'il est vrai, comme je le crois, que vos affaires n'en souffriront pas, Sévigné, 329. Je prie Dieu que sa santé n'en souffre pas, Bossuet, Lett. abb. 25. La justice, la police, tout souffre de ce désordre, Fénelon, Tél. XI. Son ardeur pour s'instruire et son application à son métier, qui ne souffre point de ses autres études, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 20 nov. 1772.
  • 13Se souffrir, v. réfl. Avoir l'un pour l'autre de la tolérance. Ces deux hommes se souffrent réciproquement. M. de Lauraguais est de retour de Genève ; il a passé huit jours auprès de Voltaire : nous avons bien fait, dit-il, de nous séparer ; deux grands poëtes ne peuvent se souffrir plus longtemps, Diderot, Lett. à Mlle Voland, 12 oct. 1761.

    Ces deux hommes ne peuvent se souffrir, ils ont de la haine l'un pour l'autre.

  • 14Être supporté. Ces dissonances qui se souffrent dans le rapport de plusieurs voix ou instruments, Descartes, Musique, diversité des sons. Si ceux-ci [les fornicateurs] se souffrent pour ne point troubler la tranquillité publique, Hist. du conc. de Trente, trad. de LE COURAYER, t. I, p. 116. Au grand scandale de la religion tout cela se souffre, Mercier, Tabl. de Par. 90.
  • 15Se tolérer soi-même. L'âme se résout en même temps de combattre sans cesse ses imperfections, et de se souffrir néanmoins soi-même sans s'abandonner jamais au découragement, Nicole, Ess. de mor. 2e traité, ch. 5.
  • 16 S. m. Le souffrir, l'état de souffrir. Dans l'humilité du christianisme le souffrir est plus estimé que le faire, Guez de Balzac, le Prince, 8.

PROVERBES

Souffre quand tu seras enclumeau, et frappe quand tu seras marteau.

Le papier souffre tout, on écrit sur le papier tout ce qu'on veut, vrai ou faux, bon ou mauvais. Après avoir bien rêvé sur son obstination [d'une demoiselle de la cour de Charles II], il [le frère du roi] crut que l'écriture pourrait faire ce que n'avaient pu les regards, les discours, ni les ambassades ; le papier souffre tout ; mais, par malheur, elle ne souffrait point le papier, Hamilton, Gramm. 9.

REMARQUE

1. Souffrir dans le sens d'éprouver une douleur physique, suivi d'un infinitif, veut la préposition à : Je souffre à marcher ; et la préposition de, quand il s'agit d'une douleur morale : Je souffre de vous voir dans cette situation.

2. Souffrir, permettre, avec que, veut le subjonctif : Souffrez que cela se fasse.

3. Souffrir, permettre, au lieu de que et le subjonctif, peut prendre de avec l'infinitif, et, s'il y a un complément, ce complément est précédé de à : On ne souffrit pas à Luther de dire que …

HISTORIQUE

XIe s. Ço est merveille que Deus le soefret tant [Roland], Ch. de Rol. CXXXII. Ceste bataille est mult fort à sufrir, ib. CCL.

XIIe s. J'aim melz [j'aime mieux] ensi soufrir et endurer Ces très douz maus…, Couci, X. J'alasse à Dieu graces et merciz rendre De ce que ainz soufrites à nul jor, Que je fusse baanz à vostre amor, ib. XXIV. Amours m'a par raison monstré, Que fins amis soffre et atent, Dame de Faiel, dans Couci. Fait icil de Wincestre : sire evesque, suffreiz ; Laissiez ester sa cruiz, Th. le mart. 39. Au Mans avons sofert dolereuse quinzaine, Sax. XX. Et faites tant que il soient armés De biaus chevaus courans et abrivés ; Vous estes riches, bien soffrir le pouvés, Garin, t. I, p. 6.

XIIIe s. Qui suefre et a soufert grant travail et grant peine, Berte, XXXIV. Ne soufrez qu'enemy ait sus moi poesté, ib. XLV. Pour l'amour de nostre Segneur Jesu Crist, qui por nostre redemption y vout soufrir mort et passion, Beaumanoir, XXV, 24. Et li communs ne se pot souffrir que li ouvrages ne soit fet, Beaumanoir, XXX, 62. Et puisque ele a pris l'un des cois [choix], ele ne pot pas recouvrer à l'autre, ains convient qu'ele en suefre son preu ou son damace, Beaumanoir, XIII, 9. Et lors se soufrirent [se turent] les prelaz, ne onques puis n'en oy parler, Joinville, 200. Je li dis : sire, vous devez moult soufrir à Poince l'escuier ; car il a servi vostre aieul et vostre pere et vous, Joinville, 289. Sire de Joinville, je vous aime moult ; mès soiés certein que, se vous ne vous voulez soufrir [vous désister] de ceste demande, je ne vous aimeré jamez, Joinville, 254. Renart respond : or vous soufrez, Tant que li moine aient mangié, Ren. v. 982.

XIVe s. Et li proverbes qui recorde : Qui sueffre, il vaint bien, s'i acorde, Machaut, p. 84. Se ce ne sont prelas, barons ou autres honorables personnes qui, pour leur estat maintenir, ne se peuvent souffrir [passer] de vaissellemens, Ordonn. juin 1313. En moult souffrant, t'avendront assez de choses que souffrir ne pourras, Ménagier, I, 9. Laquelle femme dist à icellui Sagardeau, qu'il se souffrist de dire lesdites paroles de ladite femme, mesmement en la presence de son mary, Du Cange, sufferentia.

XVe s. Et se voulut agenouiller [Isabelle] de la grant joie qu'elle avoit ; mais le gentil sire de Beaumont ne l'eut jamais souffert, Froissart, I, I, 14. Souffrez-vous [taisez-vous], Froissart, I, I, 321. Les aucuns disent… qu'ils souffrirent par plusieurs fois laisser passer parmi leur ost vivres [pour ceux qu'ils assiégeaient], Froissart, I, I, 139. Dieu le souffrit cheoir en ceste gloire [vanité, présomption], Commines, I, 12.

XVIe s. La parenté n'est soufferte aux mariages…, Montaigne, I, 113. Les enfans de sept ans souffroient à estre fouettez jusques…, Montaigne, I, 115. Je ne puis souffrir d'aller desboutonné, Montaigne, I, 260. La fortune souffrit pour lors AEilius jouir entierement du plaisir de sa victoire, Amyot, P. Aem. 37. Si fut chose pitoyable que ce qu'il convint alors faire et souffrir à Perseus, Amyot, ib. 42. Qui plus vit, plus a à souffrir, Cotgrave Si truye forfait, les pourceaux le souffrent, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SOUFFRIR. - REM. Ajoutez :

4. On peut voir, au n° 3, Je les souffre régner de Corneille ; cet exemple et quelques autres témoignent qu'au sens de laisser, souffrir, ayant pour sujet un nom de personne, se construit avec un infinitif sans interposition de préposition. Cet exemple-ci de Molière montre qu'en ce sens et avec cette construction, souffrir peut avoir pour sujet un nom de chose : Il ne faut pas que ce cœur m'échappe ; et j'y ai déjà jeté des dispositions à ne pas me souffrir longtemps pousser des soupirs, Don Juan, II, 2.

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Souffrir : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « souffrir » les plus populaires.

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Étymologie de « souffrir »

Étymologie de souffrir - Littré

Berry, soffrir ; wallon, sofri ; bourguig. sôfri ; provenç. suffrir, soffrir ; espagn. sufrir ; portug. sofrer ; ital soffrire ; du lat. sufferre (comme offrir de offerre), de sub, sous, et ferre, porter.

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Étymologie de souffrir - Wiktionnaire

Du latin populaire *sufferīre, altération du latin classique sufferre (« supporter, endurer ») de fero (« porter ») avec le préfixe sub- (« sous »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « souffrir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
souffrir sufrir play_arrow

Conjugaison du verbe « souffrir »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe souffrir

Citations contenant le mot « souffrir »

  • C’est un animal sauvage donc il n’est pas concerné par la loi de 2015 du code civil qui établit que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. La faune sauvage est dite "Res nulius", elle n’est la propriété de personne. Il n’y a pourtant pas de différence de capacité à souffrir entre un chien et un renard. Ce sont tous les deux des mammifères. Mais le premier se rapporte au code civil : c’est un être vivant doué de sensibilité. Le deuxième, vous pouvez en faire ce que vous voulez. midilibre.fr, Loïc Dombreval : "Déterrage, une méthode dégueulasse" - midilibre.fr
  • Qui sait tout souffrir peut tout oser. De Vauvenargues / Réflexions et maximes
  • Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir. De Voltaire / Mérope
  • Il faut apprendre à souffrir de soi comme des autres. De Marquis de Lassay
  • C'est une loi : souffrir pour comprendre. De Eschyle
  • Mieux vaut souffrir d’avoir aimé que de souffrir de n’avoir jamais aimé. De Proverbe anglais
  • Les gens aiment voir souffrir leurs héros. De David Bowie / Télérama - 12 Juin 2002
  • Il faut souffrir pour comprendre la souffrance. De Albertine Hallé / La vallée des blés d'or
  • Les hommes, pour souffrir sont bien nés ! De Charles Perrault / Les souhaits ridicules
  • Espérer c'est déjà moins souffrir. De Marcel Portal / Au coeur de la chênaie
  • Il faut beaucoup souffrir, ou mourir jeune. De Proverbe danois
  • Le public aime souffrir par procuration. De Charlie Chaplin / Ma vie
  • Trop souffrir rend aigre, pas assez, niais. De Félix Leclerc
  • Qui souffre mal fait souffrir. De Christian Chabanis
  • Il y a dans le cœur d'une femme qui commence à aimer un immense besoin de souffrir. Charles Nodier, Smarra
  • L'homme est un apprenti, la douleur est son maître, Et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert. Alfred de Musset, Poésies, la Nuit d'octobre
  • Après avoir souffert, il faut souffrir encore ; Il faut aimer sans cesse après avoir aimé. Alfred de Musset, Poésies, la Nuit d'août
  • Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu'il craint. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, III, 13
  • Mon Dieu, que ne puis-je souffrir tout ce que je crains que vous ne souffriez ! Julie de Lespinasse, Lettres, à M. de Guibert
  • Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes. Jean de La Fontaine, Fables, la Mort et le Bûcheron
  • La manière la plus profonde de sentir quelque chose est d'en souffrir. Gustave Flaubert, Carnets
  • L'homme est né pour souffrir, oublier et se taire. Léon Dierx, Poèmes et poésies, Sausset
  • Il y a plus d'héroïsme à souffrir longtemps qu'à mourir vite. Fernand Crommelynck, Le Cocu magnifique, Gallimard
  • Mais est-ce très grave, souffrir ? Je viens à en douter. Sidonie Gabrielle Colette, La Naissance du jour, Flammarion
  • L'homme a beaucoup appris qui a beaucoup souffert. Anonyme, Chanson de Roland

Images d'illustration du mot « souffrir »

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Traductions du mot « souffrir »

Langue Traduction
Corse soffre
Basque jasaten
Japonais 苦しむ
Russe страдать
Portugais sofra
Arabe يعاني
Chinois 遭受
Allemand leiden
Italien soffrire
Espagnol sufrir
Anglais suffer
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Synonymes de « souffrir »

Source : synonymes de souffrir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « souffrir »


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