Voler : définition de voler


Voler : définition du Wiktionnaire

Verbe 1

voler \vɔ.le\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Se maintenir dans les airs en battant des ailes.
    • Il est vrai que les hannetons et les chauves-souris, par exemple, ont une façon de voler qui nous semble déraisonnable ; mais elle ne le semble ainsi qu’à nous autres dont ce n’est pas la fonction de voler. — (Franc-Nohain [Maurice Étienne Legrand], Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
    • En avril 1872, les mouches de la Saint-Marc envahirent Paris et sa région. Elles volaient en abondance et venaient s'abattre sur les passants. L'apparition surprenante en nombre prodigieux de cet insecte fit craindre à certains l'annonce d'un fléau. — (Vincent Albouy, Des insectes en ville, Éditions Quae, 2017, p. 33)
  2. Se mouvoir dans l’air, en parlant des aéronefs.
    • Ils virent d’étranges aéronats qui volaient vers l’est, dans la direction des Açores. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 419 de l’éd. de 1921)
  3. (Aviation) Piloter un avion.
    • On volait certes, et dans des machines plus lourdes que l’air, mais il y avait aussi les chutes où parfois le moteur se brisait et parfois l’aéronaute, souvent les deux à la fois. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 17 de l’éd. de 1921)
    • Tout était oublié : nous volions et seule la marche du moteur m’intéressait. […] Notre existence d’aviateur est ainsi faite. — (Dieudonné Costes & Maurice Bellonte, Paris-New-York, 1930)
    • Cet aviateur a volé près de deux cents heures.
  4. Se mouvoir dans l’air avec une grande vitesse.
    • Les flèches volaient.
    • Le vent faisait voler les tuiles.
    • La bourrasque faisait voler la poussière.
  5. Envoyer en l’air.
    • Faire voler la tête de quelqu’un : La lui abattre d’un seul coup.
  6. (Par extension) Courir avec une grande vitesse.
    • Il ne court pas, il vole.
    • Voyant les attaques dont Marie était la victime, Pierre décida de voler à son secours.
    • (Figuré) Le temps vole.
    • (En particulier) Le bruit de ses hauts faits vole par toute la terre.
    • (En particulier) Sa renommée volait partout.

Verbe 2

voler \vɔ.le\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. S’approprier le bien d’autrui ; prendre quelque chose à quelqu’un sans son accord ; dérober.
    • Sans rien dire, je découvris ma boîte de biscuit, et je constatai la disparition de plusieurs galettes... Mon factotum n'avait pu résister à la tentation et m'en avait volé cinq ou six. — (Camille Habert de Ginestet, Au Soudan: Excursion dans l'ouest africain, Paris : chez Delagrave, 1798, p. 168)
    • Surprenant un homme qui volait la ration d’un camarade, il l’invectiva et le frappa à la face. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 272 de l’éd. de 1921)
    • La politique du Japon rappelle le caractère de ses habitants : aimable et pleine de sollicitude à la face du monde, elle opprime, vole et massacre de l’autre côté du décor. — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, p. 14)
  2. Prendre à l’improviste, sans que la personne concernée donne son consentement à l’action effectuée.
    • — Je vais te prouver que ses sequins ne sont pas fragiles. Et elle lui vola un baiser. — (Benoit Herbet, Rouge baiser: Un thriller psychologique, Éditions Ex Aequo, 2017)
  3. Plagier.
    • Si c'est la gauche, il peut alléguer que les hommes du drapeau rouge lui ont volé ses idées de progrès social dans la concorde nationale. Il est vital pour La Rocque de préserver son image de prophète de la fraternisation entre les classes sociales. — (Albert Kechichian, Les Croix-de-feu à l'âge des fascismes: Travail, famille, patrie, éc. Champ Vallon, 2014)
  4. Usurper.
    • Rémy avait, au Petit-Villemongin, une marraine, la mère Barbou, qui n’avait pas volé son nom. Elle était épicière ambulante et passait dans les villages avec sa voiture à grande bâche, où pendillait je ne sais tout quoi. — (Georges Lubin, « Une jolie attelée », dans Les Œuvres libres, 1949, n° 42, p. 182)
    • Il avait beau s'investir dans la vie du service, rappeler ses résultats au concours prouvant qu'il n’avait pas volé sa place, sa lutte était perdue d'avance. Comment pouvait-il combattre le scepticisme de ses collègues ? — (Rafaël Dupont, Comment je n'ai jamais travaillé avec Steven Spielberg, chez l'auteur/Lulu.com, 2015, p. 21)
  5. Ne pas mériter un désagrément qui survient, une sanction infligée ou, au contraire, une récompense reçue. Généralement en négation.
    • Ne pas l’avoir volé.
    • On conçoit que Voltaire soit immortel ; il ne l’a certes pas volé ! — (Charles-Augustin Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, tome X, 1866, p. 403)
    • Je commence à croire que nous n’avons pas volé le châtiment que le Sauveur nous inflige. — (Joris-Karl Huysmans, L’Oblat, t. 2, 1903, p. 210)
  6. (Commerce) Léser sciemment une personne dans ses intérêts pécuniaires, en prenant un bénéfice excessif ou en ne lui donnant pas tout ce qui lui est dû, escroquer ; gruger ; tondre.
    • Cette idée d’avoir de la marchandise à perte fouettait en elles l’âpreté de la femme, dont la jouissance d’acheteuse est doublée, quand elle croit voler le marchand. — (Émile Zola, Au Bonheur des Dames, 1883, p. 465)
  7. (Fauconnerie) Poursuivre en volant, chasser d’autres oiseaux ou du gibier.
    • Le faucon, l’autour, le lanier apprennent facilement à voler d’autres oiseaux.
    • Cet oiseau vole la pie, vole le héron, vole la perdrix.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Voler : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VOLER. v. intr.
Se soutenir, se mouvoir en l'air par le moyen des ailes, en parlant des Oiseaux et de certains animaux. C'est le propre des oiseaux de voler. Un oiseau qui vole bas, qui vole haut. Cet oiseau vole à tire-d'aile, vole rapidement. Il y a des insectes, des poissons qui volent. Fig., Vouloir voler avant d'avoir des ailes, Faire de la dépense avant d'avoir de quoi la soutenir; Entreprendre quelque chose sans avoir les fonds et les moyens nécessaires pour y réussir. Fig., Voler de ses propres ailes, Agir par soi-même, sans le secours d'autrui.

VOLER se dit aussi des Appareils plus lourds que l'air qui servent à s'élever et à se mouvoir dans l'air, ainsi que de Ceux qui montent dans ces appareils. Cet avion vole très bas. Les avions volent plus vite que les oiseaux. Cet aviateur a volé près de deux cents heures. Il se dit également des Choses qui sont poussées dans l'air avec une grande vitesse. Les flèches volaient. Le vent faisait voler les tuiles. La bourrasque faisait voler la poussière. Cette feuille disparue aura volé au vent. Fig., Faire voler la tête de quelqu'un, La lui abattre d'un seul coup.

VOLER signifie, par extension, Courir avec une grande vitesse. Ce cheval vole. Il ne court pas, il vole. Voler au secours de son ami. Il s'emploie figurément dans le même sens. Tous les cœurs volaient au-devant de lui. Le temps vole. Il se dit, particulièrement, des Bruits et de la renommée. Le bruit de ses hauts faits vole par toute la terre. Sa renommée volait partout.

VOLER s'emploie comme verbe transitif en termes de Fauconnerie et signifie Poursuivre en volant; il se dit de Certains oiseaux de proie qui sont dressés à chasser, à poursuivre d'autres oiseaux ou quelque autre sorte de gibier. Le faucon, l'autour, le lanier apprennent facilement à voler d'autres oiseaux. Cet oiseau vole la pie, vole le héron, vole la perdrix.

Voler : définition du Littré (1872-1877)

VOLER (vo-lé) v. n.
  • 1Se soutenir, se mouvoir en l'air par le moyen des ailes. Ô Dieu, que la gloire couronne, Dieu, que la lumière environne, Qui voles sur l'aile des vents, Et dont le trône est porté par les anges, Racine, Esth. I, 5. Buratini, maître de la monnaie du roi de Pologne, apporta en France, dans le XVIIe siècle, le modèle d'une machine pour voler, Richelet. L'art de voler ne fait encore que de naître, il se perfectionne, et quelque jour on ira jusqu'à la lune, Fontenelle, Mond. 2e soir. Les aigles, en général, volent beaucoup mieux que les vautours, Buffon, Ois. t. I, p. 245. Les oiseaux qui ne peuvent voler se réduisent à sept ou huit espèces ; les quadrupèdes qui volent, à cinq ou six, Buffon, ib. t. II, p. 210. Il [le merle vert de la Caroline] vole les pieds étendus en arrière, comme font ceux de nos oiseaux qui ont la queue très courte, Buffon, ib. t. VI, p. 97. Vers l'an 65, sous Néron, Simon, étant à Rome, entreprit de voler, et vola, dit-on, quelques moments ; mais, saint Pierre et saint Paul s'étant mis en prière, il fut précipité et mourut de sa chute ; ce fait est encore bien suspect, Condillac, Hist. anc. XV, 5.

    Fig. [Toi] Qui par tant de succès viens de te signaler Jusqu'où notre aigle encor n'avait osé voler, Rotrou, Bélis. I, 6.

    Tirer un oiseau en volant, le tirer pendant qu'il vole. Ô Dieu ! la belle proie à tirer en volant !…, Molière, l'Ét. I, 6.

    Fig. Il le faut tirer en volant, se dit d'un homme à qui on ne peut parler qu'en passant, à la hâte.

    Fig. Attraper en volant, saisir une chose, pendant qu'on ne fait qu'aller çà et là. C'était une folie de prétendre attraper vos lettres, en volant, par les villes où je ne suis qu'un moment, Sévigné, 11 mai 1680.

    Fig. Voler de ses propres ailes, agir sans le secours d'autrui.

    Il ne faut pas voler avant d'avoir des ailes, il ne faut pas tenter quelque chose, avant d'avoir les moyens de réussir.

  • 2Il se dit de ce qui flotte et semble voler. Ce char semblait voler sur la face des eaux paisibles, Fénelon, Tél. IV. L'appareil, inouï pour ces mortels nouveaux, De nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux, Voltaire, Alz I, 1.
  • 3Il se dit des choses qui sont poussées dans l'air avec une grande vitesse comme les traits, les pierres, etc. Il mit l'épée à la main, et en moins de rien il fit voler à terre deux épées, Scarron, Roman com. I, 3. Quand la force attaque la grimace, quand un simple soldat prend le bonnet carré d'un premier président et le fait voler par la fenêtre, Pascal, Pensées diverses, 182, édit. FAUGÈRE. Le plomb vole à l'instant, Et pleut de toutes parts sur l'escadron flottant, Boileau, Épître IV. L'intrépide Hippolyte Voit voler en éclats tout son char fracassé, Racine, Phèdre, v, 6. Le jeu devint orageux ; les cartes volèrent par la chambre, Hamilton, Gram. 3.

    Faire voler la tête de quelqu'un, l'abattre. Et du haut d'un balcon, pour calmer la tempête, Sur ses nouveaux sujets faisons voler sa tête, Corneille, Nicom. v, 5. Elle [Élisabeth d'Angleterre] savait se faire craindre et faire voler les têtes, Fénelon, Dial. des morts mod. Dial. 16.

  • 4Courir avec une grande vitesse. Ce cheval vole. Va, cours, vole et nous venge, Corneille, Cid, I, 8. Le voyez-vous comme il vole ou à la victoire ou à la mort ? Bossuet, Louis de Bourbon. Marchez, courez, volez où l'honneur vous appelle, Boileau, Lutr. III. On vous voit moins souvent… Tantôt faire voler un char sur le rivage…, Racine, Phèdre, I, 1. Le peuple cependant, que ce spectacle étonne, Vole de toutes parts, se presse, l'environne, Racine, Brit. v, 8. Seigneur, vous entendez : quelque prix qu'il en coûte, Il veut voler à Troie et poursuivre sa route, Racine, Iphig. I, 3. Cet ordre redoubla encore ma reconnaissance pour elle ; je n'allai pas, je volai, Marivaux, Pays. parv. 1re part.

    Fig. En vain les services d'un illustre frère, le mérite et le crédit d'un neveu, qui vole si rapidement à la gloire et aux honneurs, lui laissent entrevoir des espérances toujours fatales à l'honneur du sacerdoce, Massillon, Or. fun. Villars.

    Fig. et poétiquement. Faire voler le trépas, répandre au loin la mort. Ses anges devant lui font voler le trépas, Lamartine, Méd. I, 23.

  • 5 Fig. Changer souvent, rapidement, ne pas s'attacher. Je suis chose légère et vole à tout sujet ; Je vais de fleur en fleur et d'objet en objet, La Fontaine, Poésies mêlées, LXIX. Il [un protégé du duc de Richelieu] vole d'objet en objet, sans s'arrêter à aucun, Voltaire, Lett. Richelieu, 25 avril 1767.
  • 6Il se dit des bruits et de la renommée. La renommée la fait voler [cette nouvelle] de bouche en bouche dans toute la grande ville de Tyr, Fénelon, Tél. VIII. Du retour de son roi la nouvelle semée, Volant de bouche en bouche, a changé les esprits, Voltaire, Mérope, v, 8.
  • 7 Fig. Il se dit des mouvements qui entraînent l'âme fortement et rapidement. Et mon cœur tout entier vole à votre secours, Corneille, Héracl. I, 4. J'écrirais jusqu'à demain ; mes pensées, ma plume, mon encre, tout vole, Sévigné, 25 fév. 1689. Je vois voler partout les cœurs à mon passage, Racine, Brit. IV, 3. Mon cœur pour le chercher volait loin devant moi, Racine, Iphig. II, 3. Vous voyez déjà tous les cœurs voler après vous, Sire, Massillon, Pet. carême, Grand. de J. C. Un vain peuple, qui vole après la nouveauté, Voltaire, Mérope, IV, 5. Que notre âme épurée Vole à ces vérités dont elle est éclairée, Voltaire, Épît. XLIV. Pouvez-vous former un désir qu'il soit en mon pouvoir de satisfaire, sans que mon cœur vole au-devant de vos vœux ? Riccoboni, Œuvr. t. II, p. 55, dans POUGENS.
  • 8Passer rapidement, en parlant du temps. Le temps vole, et bientôt amènera le jour Où le nom des Hébreux doit périr sans retour, Racine, Esth. I, 3.
  • 9 Fig. Il se dit de ce qu'on personnifie pour le représenter comme volant. Les Parthes… tantôt vainqueurs, tantôt presque enfoncés, Sur l'une et l'autre armée également heureuse, Virent longtemps voler la victoire douteuse, Corneille, Rodog. I, 6. Si la victoire volait devant lui [le roi], les vœux de la reine avaient volé devant la victoire, Fléchier, Mar.-Thér. Quelqu'un a dit que la gloire réside au haut d'une montagne ; les aigles y volent, et les reptiles s'y traînent, Voltaire, Lett. la Harpe, 19 oct. 1765.
  • 10 Fig. S'élever dans l'ordre moral, intellectuel. Miton voit bien que la nature est corrompue, et que les hommes sont contraires à l'honnêteté ; mais il ne sait pas pourquoi ils ne peuvent voler plus haut, Pascal, Pens. XXV, 92 bis, éd. HAVET.
  • 11 V. a. Terme de fauconnerie. Il se dit de certains oiseaux de proie qu'on dresse à poursuivre et à prendre d'autres oiseaux ou quelque autre sorte de gibier. Cet oiseau vole la perdrix.

    Voler en long, voler en droite ligne.

    Voler en coupant, couper le vent en le traversant.

    Voler en pointe, s'élever rapidement ou descendre de même.

    Voler pour bon, se dit des oiseaux de proie qui sont bien affaités.

    Il se dit aussi des personnes qui se servent de ces oiseaux pour chasser. Voler la corneille, le héron. Les meutes et les chasses à courre sont inconnues en Espagne ; mais tirer, voler, et des battues aux grandes bêtes sont les chasses ordinaires, Saint-Simon, 89, 165. Sur une route, je rencontrai un de leurs chefs qui volait avec des faucons, Legrand D'Aussy, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. v, p. 525.

HISTORIQUE

Xe s. In figure de colomb volat [elle vole] à ciel, Eulalie.

XIe s. Plus est isnels [rapide] que n'est oisel ki volet, Ch. de Rol. CXXI. Cuntre le ciel volet li fous [étincelle] touz clairs, ib. CCLXXXVI.

XIIe s. Pierres et flors en volent [du casque] en sablon [sur le sable], Ronc. p. 88. Le primerain [il] fiert si de l'espée d'acier, La teste en fait voler à tout le henapier, Sax. X. E nostre sires muntad sur cherubin et volad, Rois, p. 206.

XIIIe s. De grans festes dient pluseurs helas, Et des deliz de chacier ensement, Et de voler et de tournoiement, Lai de l'ombre. Mais parole une fois volée Ne puet [peut] plus estre rapelée, la Rose, 16 747. On pot bien savoir que les denrées ne volerent pas d'un lieu en autre…, Beaumanoir, XXIX, 18. Endementiers que [tandis que] il venoient, il sembloit que la galie volast par les nageurs qui la contreingnoient aus avirons, Joinville, 215. Une grant route [troupe] de Turs vint hurter à nous, et me porterent à terre, et alerent par desus moy, et volerent [firent voler] mon escu de mon col, Joinville, 225.

XIVe s. Jehan le croit trop de legier ; Trop pou savoit du bas voler, Et par ce fut il habusé, Liv. du bon Jeh. 667. Si, après le baing, tu trouves l'esprevier en bon coraige, tu en pues [peux] bien voler l'endemain au vespre, Modus, f° XCIX, verso. Tu scez, sire, que les jours passent en volant sans jamais retourner, Ménagier, I, 6.

XVe s. Le roi [anglais] issit de son vaissel, et du premier pied qu'il mit à terre, il chey si roidement que le sang lui vola hors du nez, Froissart, I, I, 266. Vous avez ouvré de votre volonté et cru cet evesque de Norduich qui cuidoit voler ainçois qu'il ait des ailes, Froissart, II, II, 212.

XVIe s. En y allant la corneille esvolée (Pour sçavoir tout) après luy est volée, Marot, IV, 84. Les lances rumpues, meirent la main aux espées, et soy chamaillerent l'ung l'aultre, si brusquement que leurs espées volerent en pieces, Rabelais, Sciomachie. Uses donques hardiment des verbes et participes, qui de leur nature n'ont point d'infinitifs après eux, avec des infinitifs, comme tremblant de mourir, et volant d'y aller, pour craignant de mourir, et se hastant d'y aller, Du Bellay, J. I, 32, verso. Je vy l'oiseau, qui le soleil contemple, D'un faible vol au ciel s'avanturer… Je le vy croistre, et d'un voler plus ample Des plus hauts monts la hauteur mesurer, Du Bellay, J. VI, 62, recto. Les Gaulois haïssoient ces armes traistresses et volantes, Montaigne, I, 363. Ce prince faisoit voller des cailles à un emerillon dans sa chambre, D'Aubigné, Hist. II, 184. Leve plus haut ta veue, Je veux faire voler ton esprit sur la nue, D'Aubigné, Tragiques, éd. LALANNE, p. 123. Et elle ne croyoit pas du commencement que vos desseins volassent si haut, Sat. Mén. Disc. de d'Aubray. Ton ame, volée au troisieme ciel, puisse reluire entre les estoiles, Yver, p. 593. Tel pense voler qui ne sauroit bouger, Cotgrave

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Voler : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOLER, v. neut. c’est le mouvement progressif que fait en plein air un oiseau, ou tout autre animal qui a des aîles. Voyez Vol & Oiseau.

Le voler est naturel ou artificiel.

Le voler naturel est celui qui s’exécute par l’assemblage & la structure des parties que la nature a destinées à cette action : telle est la conformation de la plupart des oiseaux, des insectes & de quelques poissons.

En Virginie & dans la nouvelle Angleterre il y a aussi des cerfs volans. Trans. philosoph. n°. 127. En 1685, dans plusieurs contrées du Languedoc, la terre fut couverte de sauterelles volantes, longues d’environ un pouce, & en si grand nombre, qu’en quelques endroits il y en avoit l’épaisseur de quatre pouces ou d’un tiers de pié. Ibid. n°. 182.

Les parties des oiseaux qui servent principalement à voler, sont les aîles & la queue : par le moyen des aîles l’oiseau se soutient & se conduit en long, & la queue lui sert à monter, à descendre, à tenir son corps droit & en équilibre, & à le garantir des vacillations. Voyez Aîle & Queue.

C’est la grandeur & la force des muscles pectoraux, qui rendent les oiseaux si propres à voler vîte, ferme & long-tems.

Ces muscles, qui sont à peine dans les hommes une soixante & dixieme partie des muscles du corps, surpassent en grandeur & en poids tous les autres muscles pris ensemble dans les oiseaux : sur quoi M. Willoughby fait cette réflexion, que s’il est possible à l’homme de voler, il faut qu’il imagine des aîles, & qu’il les ajuste de maniere qu’il les fasse agir avec ses jambes, & non pas avec ses bras. Voyez Muscle pectoral.

Voici comment se fait le vol des oiseaux : d’abord l’oiseau plie les jambes, & il pousse avec violence la place d’où il s’éleve ; il ouvre alors ou il déploie les articulations ou les jointures de ses aîles, de maniere qu’elles fassent une ligne droite, perpendiculaire aux côtés de son corps. Ainsi, comme les aîles avec leurs plumes forment une lame continue ces aîles étant alors élevées un peu au-dessus de l’horison, l’oiseau leur faisant faire des battemens ou des vibrations avec force & prestesse, qui agissent perpendiculairement contre l’air qui est dessous, quoique cet air soit un fluide, il résiste à ces secousses, tant par son inactivité naturelle, que par son ressort ou son élasticité, qui le rétablit dans son premier état, après qu’il a été comprimé, & sa réaction est égale à l’action que l’on a exercée sur lui : par cette méchanique le corps de l’oiseau se trouve poussé. L’industrie ou la sagacité de la nature est fort remarquable dans la maniere avec laquelle il étend & remue ses aîles quand il les fait agir ; pour le faire directement & perpendiculairement, il eût fallu surmonter une grande résistance ; afin d’éviter cet inconvénient, la partie osseuse, ou la bande de l’aîle, dans laquelle les plumes sont insérées, se meut obliquement ou de biais par sa tranche antérieure ; les plumes suivent cette disposition, en forme de pavillon.

Quoique l’air soit indifférent pour toutes sortes de mouvemens, & qu’il puisse être agité par la moindre action, l’expérience néanmoins fait voir qu’il résiste avec plus de force au mouvement d’un coup à-proportion que ce même corps se meut plus vîte. Il y a diverses causes de cette résistance, & qui marquent comment le mouvement des aîles peut être affoibli ; la premiere vient de ce que l’air des côtés est en repos, tandis que celui qui est poussé doit se mouvoir comme tous les autres corps fluides ; mais afin qu’il n’y ait que fort peu d’air qui se meuve & qui change de place, il est nécessaire qu’il se meuve circulairement au-tour de toute la masse d’air qui est en repos, comme s’il étoit enfermé dans un vase, quoique ce mouvement des parties de l’air ne se fasse point de résistance, ni sans que ces mêmes parties de l’air, & celles qui tournent en rond, se pressent mutuellement ensemble.

La seconde raison qui fait encore voir que le mouvement des aîles est retardé, est que tout air agité résiste au battement de l’aîle, & que les petites parties de l’air étant ainsi comprimées par cette impulsion font effort pour se dilater : c’est pourquoi la résistance de l’air & ce mouvement de l’aîle pourront être eu équilibre pourvu que la force avec laquelle l’aîle frappe l’air soit égale à sa résistance.

Si l’aîle de l’oiseau se meut avec une vîtesse égale à la résistance de l’air, ou bien si l’air cede avec autant de vîtesse que les aîles le poussent, l’oiseau demeurera dans la même situation sans monter ni descendre, parce qu’il ne s’éleve que lorsque ces aîles en frappant l’air se fléchissent. Mais au-contraire si l’aîle se meut plus vîte que l’air qui est au-dessous, l’oiseau monte, & ne demeure plus alors à la même place, parce que l’arc que son aîle décrit par son mouvement sera plus grand que l’espace que parcourt l’air qui descend.

Supposons que l’oiseau soit en l’air, & qu’il ait les aîles étendues & le ventre en-bas, & que le vent pousse le dessous des aîles perpendiculaires, de sorte que l’oiseau soit soutenu en l’air, pour lors il volera horisontalement, parce que les aîles étant toujours étendues résistent par leur dureté & l’effort des muscles à l’effort du vent ; mais si toute la largeur de l’aîle cede à l’impulsion du vent, à cause qu’elle peut aisément tourner dans la cavité de l’omoplate, c’est une nécessité que les bouts des plumes des aîles s’approchent l’une de l’autre pour former un coin, dont la pointe sera en haut, & les plans de ce coin seront comprimés de tous côtés par le vent, ensorte qu’il soit chassé vers sa base, parce qu’il ne sauroit avancer, s’il n’entraîne le corps de l’oiseau qui lui est attaché, il s’ensuit qu’il doit faire place à l’air, c’est pourquoi l’oiseau volera de côté par un mouvement horisontal.

Supposons présentement que l’air de-dessous soit en repos, & que l’oiseau le frappe avec ses aîles par un mouvement perpendiculaire ; les plumes des aîles formeront un coin dont la pointe sera tournée vers la queue ; mais il faut remarquer que les aîles seront également comprimées par l’air, soit qu’elles le frapent à-plomb avec beaucoup de force, ou qu’étant étendues elles ne fassent que recevoir l’agitation du vent.

Quoique la nature ait fait le vol non-seulement pour élever les oiseaux en-haut & les tenir suspendus, mais aussi pour les faire voler horisontalement, néanmoins ils ne peuvent s’élever qu’en faisant plusieurs sauts de-suite, & en battant des aîles pour s’empêcher de descendre, & quand ils sont élevés, ils ne peuvent encore se soutenir en l’air qu’en frappant à-plomb de leurs aîles, parce que ce sont des corps pesans qui tendent en-bas.

A l’égard du mouvement transversal des oiseaux, il y en a qui croyent qu’il se fait de la même maniere qu’un vaisseau est poussé en-devant par les rames horisontalement agitées vers la pouppe, & que les aîles s’élancent vers la queue par un mouvement horisontal en rencontrant l’air qui est en repos ; mais cela répugne à l’expérience & à la raison ; car on voit par exemple, que les cignes, les oies, & tous les grands oiseaux lorsqu’ils volent ne portent point leurs aîles vers la queue horisontalement, mais qu’ils les fléchissent en-bas, en décrivant seulement des cercles perpendiculaires. Il faut pourtant remarquer que le mouvement horisontal des rames se peut facilement faire, & que celui des aîles des oiseaux seroit fort difficile, & même désavantageux, puisqu’il empêcheroit le vol, & causeroit la chute de l’oiseau, qui doit frapper l’air à plomb par des continuels battemens. Mais la nature pour soutenir l’oiseau & le pousser horisontalement, lui fait frapper cet air presque perpendiculairement par des petits coups obliques, qui dépend de la seule flexion de ses plumes.

Les anciens philosophes ont dit que la queue faisoit dans les oiseaux ce que le gouvernail fait dans le navire ; & comme le navire peut être retourné à droite & à gauche par le gouvernail, ils se sont imaginé que les oiseaux en volant ne tournoient à droite & à gauche que par le mouvement de la queue ; la raison & l’expérience font connoitre la fausseté de cette opinion, puisque les pigeons, les hirondelles & les éperviers en volant se tournent à droite & à gauche, sans étendre leur queue & sans la fléchir d’aucun côté, & que les pigeons à qui on a coupé la queue, & les chauve-souris qui n’en ont point, ne laissent pas de voler en tournant facilement à droite & à gauche. Cependant il ne faut pourtant pas nier que la queue ne fasse l’office du gouvernail, pour faire monter & descendre les oiseaux, puisqu’il est certain que si un oiseau, lorsqu’il vole horisontalement, éleve sa queue en haut & la tienne étendue, il ne trouvera point d’empêchement du côté du ventre, mais seulement du côté du dos, parce que l’air qui rencontre sa queue élevée & étendue, fait effort pour la baisser ; mais les muscles la retenant dans cet état, il faut que l’oiseau qui est en équilibre au milieu de l’air, change de situation. Il en est de même de l’oiseau dont la queue est abaissée lorsqu’il vole horisontalement ; elle doit frapper l’air & s’élever en haut, pour se mouvoir autour du centre de pesanteur, & pour lors la tête de l’oiseau se baisse. Voici un exemple qui va confirmer cette vérité. Qu’on mette une lame de fer dans un vaisseau plein d’eau & qu’elle soit attachée avec un fil par son centre de pesanteur, afin qu’elle se puisse mouvoir horisontalement, & qu’il y ait par derriere une autre petite lame semblable à la queue l’un oiseau ; si on la fléchit en-haut en tirant le fil horisontalement, la premiere lame à laquelle ce fil est attaché, montera en tournant fort vite autour du centre sans se mouvoir horisontalement à droite ni à gauche ; l’expérience fait voir qu’un petit gouvernail qu’on tourne du côté gauche, peut faire mouvoir lentement de ce même côté un grand vaisseau quand il est poussé en droite ligne ; mais lorsque ce vaisseau est en repos, & qu’il n’est point poussé par le vent ni par les rames, la flexion du gouvernail ne le fait point tourner de côté. Au contraire quand on a ôté le gouvernail, si l’on meut les rames du côté droit en poussant l’eau vers la poupe, soit que le vaisseau soit en repos ou qu’il soit poussé en ligne droite, la proue tournera toujours fort promptement du côté gauche. La même chose arrivera encore, si les rames du côté droit poussent l’eau en-arriere avec plus de vitesse que celles qui sont à gauche.

La cause de cet effet est si évidente qu’elle n’a pas besoin d’explication. Il en est de même d’un oiseau qui vole ; s’il fléchit l’aile droite, en poussant l’air vers la queue, il faut qu’il se meuve du même côté, c’est-à-dire que la partie antérieure de l’oiseau se détourne à gauche. La même chose arrive en nageant ; car si l’on fléchit le bras droit, que l’on approche la main vers les fesses, on tourne à gauche. On remarque aussi que quand les pigeons veulent se détourner à gauche, ils élevent plus haut l’aile droite, & qu’ils poussent l’air avec plus de force vers la queue par un mouvement oblique, ce qui fait que l’épaule & le droit de l’oiseau se levent sur le plan horisontal, & qu’en même tems le gauche se baisse, parce que sa pesanteur n’est pas soutenue d’un aussi grand effort que la partie droite est élevée sur l’horison ; ce mouvement horisontal de l’oiseau se fait fort vite.

Lorsque l’oiseau se meut dans l’air selon sa longueur, & qu’il fléchit la tête & le cou du côté gauche, le centre de pesanteur de la tête & du cou est transporté en même tems ; ainsi il est certain que le centre de pesanteur de tout l’oiseau s’éloigne de la ligne droite, en retenant néanmoins l’impression qu’il a reçue de la queue vers la tête ; c’est de ces deux mouvemens que se fait le transversal. Quoique le vaisseau dont nous avons rapporté l’exemple, puisse être tourné à droite & à gauche par les rames & par le gouvernail, & que ce ne soit pas tant la force du gouvernail qui agit, que l’impétuosité que le vaisseau a acquise par la résistance de l’eau qui rencontre le gouvernail ; l’oiseau cependant ne se tourne pas dans son vol horisontal par la flexion latérale du cou & de la tête ; car si la flexion latérale du cou faisoit l’office du gouvernail, l’oiseau iroit, comme le vaisseau, à droite & à gauche ; & si le cou se haussoit ou s’abaissoit, l’oiseau descendroit ou monteroit, & ainsi la queue n’auroit aucun usage.

Mais une raison plus convainquante, & qui prouve infailliblement que la flexion du cou n’est pas la cause du détour de l’oiseau dans le vol horisontal, c’est que les oiseaux qui auroient le cou fort court & la tête petite & légere, comme les aigles, les éperviers & les hirondelles, ne pourroient se tourner qu’avec peine ; mais le contraire arrive, puisque les oies, les cannes, les cignes & les autres oiseaux qui ont le cou fort long, & la tête & le bec fort pesans, ont bien plus de peine à se tourner de côté lorsqu’ils volent horisontalement.

La derniere raison est que si dans la flexion latérale du cou, le centre de pesanteur s’éloignoit de la direction de l’oiseau, il ne pourroit demeurer dans une situation droite parallele à l’horison, parce que le côté de l’oiseau étant pressé par l’aile, devroit se soulever avec violence ; & ainsi se seroit un mouvement contraire au premier, qui empêcheroit la flexion qui est faite par l’éloignement du centre de pesanteur ; & quoiqu’on nous puisse dire que l’oiseau qui se détourne promptement, fait ce mouvement par l’effort d’une seule aile vers la queue, & que lorsqu’il vole doucement, il le fait au contraire en fléchissant le cou de côté sans un nouvel effort de l’aile, nous voyons pourtant que le détour de l’oiseau, lorsqu’il est lent, n’a pas besoin de plus de force qu’il n’en faut pour mouvoir les ailes dans le vol ordinaire, puisqu’il suffit que l’aile qui fait détourner l’oiseau, s’approche un peu de la queue, & qu’elle y pousse l’air, afin que le détour latéral de l’oiseau, lorsqu’il est lent, se puisse faire facilement sans aucun nouvel effort.

Par tout ce que nous avons dit ci-dessus, il est certain que l’oiseau acquiert en volant, une impétuosité qui le pousse, de même que le vaisseau qui a été poussé par les rames reçoit une impression qui dure quelque tems, même après que l’action des rames a cessé ; mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que l’impétuosité du vaisseau reste toujours la même, quoique sa direction soit changée, c’est-à-dire, quoiqu’il s’écarte de la ligne droite par le mouvement du gouvernail, & que l’impression que l’oiseau a acquise par son mouvement, continue quand sa direction change, à moins que l’oiseau ne monte, parce qu’alors sa pesanteur lui fait obstacle ; & si l’effort que l’oiseau a acquis en montant, est plus grand que celui qui le fait descendre, il continue encore de monter ; mais lorsque ses deux efforts sont égaux, savoir l’impétuosité que l’oiseau a acquise, & sa pesanteur qui le fait descendre, il demeure un peu de tems les aîles étendues dans la même ligne horisontale.

Et la raison pourquoi il ne peut pas demeurer longtems dans cette situation, c’est que le vol ne se fait jamais par une ligne perpendiculaire, mais toujours par un mouvement oblique ou par une ligne courbe parabolique, comme se meuvent les corps qui sont poussés au loin. Lorsque ces deux efforts dont je viens de parler, sont égaux, il arrive quelquefois qu’ils se détruisent l’un l’autre, & quelquefois aussi qu’ils s’aident si mutuellement, que des deux il en résulte un mouvement très-prompt, comme celui avec lequel les éperviers se jettent sur leur proie pour la dévorer.

Il y en a qui veulent que les oiseaux qui sont fort élevés dans l’air, se soutiennent plus aisément que ceux qui volent proche de la terre, & qu’ils pesent moins alors, parce qu’ils sont moins attirés par la vertu magnétique de la terre, qui selon leur hypothèse, est la seule cause de la descente des corps pesans : ce qu’ils prouvent, parce que l’aimant n’attire point le fer lorsqu’il est trop éloigné. Mais cette opinion qui attribue la chûte des corps pesans à la vertu magnétique de la terre, s’accorde peu avec l’expérience, puisqu’on voit que les éperviers qui volent proche de la terre où, selon eux, il y a beaucoup de cette matiere, ne frappent pas l’air plus souvent que quand ils volent plus haut. Ce n’est donc pas par défaut de la vertu magnétique, que les oiseaux demeurent suspendus au plus haut de l’air sans battre souvent des aîles, mais plutôt par la force qu’ils ont acquis en volant.

Comme c’est une loi de la nature, qu’un corps dur qui rencontre un autre corps homogene en repos, se réflechit, & souvent se rompt, elle a pris soin d’empêcher que les oiseaux qui sont des corps pesans, ne se luxassent les jointures, & ne se rompissent les jambes en descendant sur la terre, & pour cet effet, elle leur a donné l’instinct de ployer leurs aîles & leurs queues ; de maniere que leur partie cave fût perpendiculaire : ce qui fait que les oiseaux ayant ainsi les plumes & les piés étendus, ralantissent aisément leur impétuosité en flechissant doucement les jointures, & en relachant leurs muscles quand ils veulent descendre sur la terre.

On pourroit demander ici si les hommes peuvent voler. Il y a trois choses à remarquer dans le vol, savoir, la force qui suspend en l’air le corps de l’animal, les instrumens propres qui sont les aîles, & enfin la résistance du corps. Mais afin que les hommes pussent voler, il faudroit outre ces conditions, qu’il y eût encore la même proportion entre la force des muscles pectoraux dans l’homme, & la pesanteur de son corps, que celle qui se trouve entre la force des muscles & la pesanteur du corps dans les oiseaux. Or il est certain que cette proportion ne se trouve point dans les hommes de même que dans les oiseaux ; puisque les muscles des hommes n’égalent pas la centieme partie de leur corps, & que dans les oiseaux au contraire la pesanteur des muscles flechisseurs des aîles est égale à la sixieme partie du poids de tout leur corps : donc les hommes ne peuvent voler.

Ceux qui soutiennent le contraire disent qu’il est aisé de trouver cette proportion, & que l’on peut par artifice diminuer la pesanteur des corps, & augmenter la force des muscles ; mais je leur répons que l’un & l’autre sont impossibles, & qu’il n’y a point de machine qui puisse surmonter la résistance du poids, ni même élever le corps de l’homme avec la même vîtesse que font les muscles pectoraux.

Il y a cependant quelques modernes qui ont pris delà occasion de dire que le corps de l’homme pourroit être en équilibre dans l’air, en y ajoutant un grand vase. Il est aisé de faire voir qu’ils se trompent ; 1°. parce qu’on ne sauroit fabriquer une machine si mince qui pût résister à la forte impulsion de l’air sans être brisée ; 2°. il faudroit qu’on en eût pompé l’air, ce qui deviendroit extrémement difficile ; 3°. ce vaisseau devroit être fort grand, pour que l’espace qu’il occuperoit dans l’air pesât autant que l’homme & le vaisseau. Enfin il faut remarquer que ce vaisseau auroit autant de peine, à cause de la résistance de l’air, que les petites bouteilles qu’on fait avec de l’eau de savon, ou les petites plumes qui volent en l’air en ont, à cause de sa tranquillité. Verduc, t. III. de la patholog.

Voler ; signifie prendre ou poursuivre le gibier avec des oiseaux de proie.

Un des plaisirs des grands seigneurs, c’est de faire voler l’oiseau, le lâcher sur le gibier.

Voler à la toise, c’est lorsque l’oiseau part du poing à tire d’aîle poursuivant la perdrix au courir qu’elle fait de terre.

Voler de poing en sort, c’est quand on jette les oiseaux de poing après le gibier.

Voler d’amont, c’est quand on laisse voler les oiseaux en liberté, afin qu’ils soutiennent les chiens.

Voler haut & gras, bas & maigre, voler de bon trait, c’est-à-dire de bon gré.

Voler en troupe, c’est quand on jette plusieurs oiseaux à la fois.

Voler en rond, c’est quand un oiseau vole en tournant au-dessus de la proie.

Voler en long, c’est voler en droite ligne, ce qui arrive lorsque l’oiseau a envie de dérober ses sonnettes.

Voler en pointe, c’est lorsque l’oiseau de proie va d’un vol rapide en se levant ou en s’abaissant.

Voler comme un trait, c’est lorsqu’un oiseau vole sans discontinuer.

Voler à reprises, c’est lorsqu’un oiseau se reprend plusieurs fois à voler.

Voler en coupant, c’est lorsque l’oiseau traverse le vent.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Voler : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « voler » les plus populaires.

✍️

Étymologie de « voler »

Étymologie de voler - Littré

Wallon, volé ; provenç. et espagn. volar ; ital. volare ; du lat. volare.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de voler - Wiktionnaire

(verbe 1) Du latin volare (« voler dans l’air »). (881) volat (« vola »).
(verbe 2) Du précédent, avec spécialisation du sens transitif en termes de fauconnerie. Il a supplanté rober (« dérober par force »), usuel jusqu’au XVIe siècle et embler (« dérober par la ruse »), usuel jusqu’au XVIIe siècle.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « voler »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
voler vɔle play_arrow

Conjugaison du verbe « voler »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe voler

Citations contenant le mot « voler »

  • Âgés de 15 et 16 ans, ils les ont menacés avec la lame d’un cutter pour voler à l’une des filles, son téléphone portable et à l’un des garçons, sa trottinette. Le groupe s’est rebellé et les deux individus ont fini par abandonner les objets dérobés puis s'en sont allés. , Faits-divers - Justice | Roanne: ils brandissent un cutter pour voler un téléphone et une trottinette
  • La tentation était grande d'aller se servir dans le jardin de personnes en vacances. Une quinzaine de mineurs, habitants de Moissy-Cramayel, ont voulu ce vendredi soir, voler trois motos-cross aperçues en attendant le bus à Boissise-la-Bertrand, en rentrant de leur promenade le long de la Seine, vers 18h45. leparisien.fr, Seine-et-Marne : une quinzaine de mineurs tentent de voler trois moto-cross dans un jardin - Le Parisien
  • La société spatiale Virgin Galactic a annoncé lundi un partenariat préliminaire avec le constructeur de moteurs Rolls Royce (distinct du constructeur automobile, ndlr) pour construire un avion de ligne capable de voler à trois fois la vitesse du son. BFM BUSINESS, Virgin Galactic veut construire un avion supersonique capable de voler 1,5 plus vite que le Concorde
  • Quand un voleur ne trouve plus l'occasion de voler, il se croit honnête homme. De Le Talmud
  • Mieux vaut s'asseoir avec le hibou que voler avec le faucon. De Proverbe allemand
  • Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler. De Friedrich Nietzsche
  • L'homme naquit pour travailler, comme l'oiseau pour voler. De François Rabelais
  • Voler le gouvernement n'est pas un péché. Le gouvernement c'est nous et comment pourrions-nous nous voler nous-mêmes ? De Charles Soucy / Chroniques des saisons gaspésiennes
  • Mourir, pour un jeune homme, c’est lui voler son avenir ; pour un vieillard, lui voler son passé. De Jean Dutourd / Dutouriana
  • Gouverner, c’est voler, tout le monde sait ça. De Albert Camus / Caligula
  • Les adieux ressemblent à des oiseaux qui apprennent à voler. De Dominique Sampiero / La Petite Présence
  • Pour pouvoir voler vous devez croire à l’invisible. De Richard Bach / Interview télévisée
  • Pauvreté n’oblige pas à voler, ni richesse n’empêche. De Proverbe scandinave
  • Donner, c’est donner ; reprendre, c’est voler. De Proverbe français
  • Qui vole un oeuf, ferait mieux de voler un boeuf. De Francis Blanche / Mon oursin et moi

Images d'illustration du mot « voler »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « voler »

Langue Traduction
Corse furtà
Basque lapurtu
Japonais スチール
Russe украсть
Portugais roubar
Arabe طيران
Chinois
Allemand stehlen
Italien rubare
Espagnol robar
Anglais steal
Source : Google Translate API

Synonymes de « voler »

Source : synonymes de voler sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « voler »


Mots similaires