Doux : définition de doux


Doux : définition du Wiktionnaire

Adjectif

doux \du\

  1. Agréable au toucher.
    • Cette laine est vraiment très douce.
  2. D’une saveur peu prononcée, ni acide, ni amer, ni piquante. Se dit aussi d’une saveur crémeuse et à la texture soyeuse.
    • Puisque vous êtes sensible, je vous conseille cette sauce plus douce.
  3. Agréable à entendre, ni heurté, ni fort.
    • Que cet air de Caccini est doux !
    • Il parle d'une voix plus douce que la première neige et a ce regard tendre et profond des êtres d'exception. — (Anaïs Barbeau-Lavalette, La femme qui fuit, éditions Marchand de feuilles, Montréal, 2015, p. 356)
  4. Pour une eau, à teneur faible en minéraux, en particulier le sel.
    • Cette espèce vit aussi bien dans l’eau douce que dans l’océan.
  5. Sucré, en évoquant une nourriture, ou une boisson.
    • Ce vin est doux et très fruité.
  6. Apportant du réconfort, du bien-être.
    • Je te souhaite une douce nuit.
  7. Qui n’a rien de fatigant.
    • Sur des routes aux doux reliefs, vous prendrez la direction de Champlay, Neuilly et Laduz, où vous pourrez visiter un intéressant musée des Arts et Traditions populaires. — (Balades à vélo en Bourgogne 2009 Petit Futé, p.234)
  8. Qualifie une consonne sonore, qui n’est pas sourde.
    • Il parlait couramment anglais, mais avec un fort accent tudesque, qu’on remarquait spécialement dans la prononciation des lettres v et b ; il adoucissait ses th jusqu’à faire entendre le son dz très doux […] — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 153 de l’éd. de 1921)
    • « g » est une consonne douce.
  9. (Figuré) D’un caractère affable et conciliant.
    • Un peuple doux et hospitalier.
  10. (Figuré) Peu pénible, peu difficile à supporter, à endurer, à observer, qui n’est pas imposé ou infligé avec trop de rigueur.
    • C’est une peine trop douce pour ce criminel.
  11. Qui est de température tiède.
    • Chaque période interglaciaire amène un adoucissement du climat, qui prend le type froid et sec ou bien doux et humide. — (Henri Gaussen, Géographie des plantes, Armand Colin, 1933, p. 58)
  12. (Métallurgie) Qui se plie aisément sans se casser.
    • Le fer le plus doux est le plus propre à faire de l’acier.
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Doux : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DOUX, OUCE. adj.
Dont la saveur est agréable au goût et n'a rien d'aigre, d'amer, d'âpre ou de salé. Le lait, le miel, le sucre sont doux. Orange douce. Amande douce. Huile d'amandes douces. La plupart des vins d'Italie sont doux. Substantivement, L'amer et le doux. Vin doux se dit du Vin qui n'a pas encore cuvé. Sauce douce, Sauce faite avec du sucre et du vinaigre. Eau douce, Eau des rivières, des lacs, des étangs et des fontaines, par opposition à l'eau de la mer, qui est salée. Poisson d'eau douce. Fig., Marin d'eau douce se dit par raillerie de Quelqu'un qui a navigué seulement sur les rivières, ou qui a peu navigué sur mer et qui se donne des allures de loup de mer. Il se dit, par extension, de Tout ce qui fait une impression agréable sur les autres sens et qui n'a rien de rude, d'aigre, de piquant, ou de brusque, de trop vif, de trop éclatant, etc. Cela est doux au toucher, à la vue, à l'odorat, à l'ouïe. Avoir la peau douce. Le poil de cet animal est fort doux. Doux comme du satin. Un jour doux. Une lumière douce. De doux reflets. Un doux éclat. Couleur douce. L'effet de ces couleurs, de ces teintes est très doux à l'œil. Des mouvements, des contours doux et gracieux. Odeur douce. Haleine douce. Doux parfums. Voix douce. Son doux. Un parler doux. Langue douce et harmonieuse. Douce harmonie. Doux ramage. Fig., Une éloquence douce et persuasive. Le doux murmure des eaux. Par extension, Lime douce, Celle dont les aspérités sont fines et peu saillantes. Cheval doux, monture douce, Cheval, monture qui ne fatigue point le cavalier. On dit dans le même sens Ce cheval a une allure douce, les allures fort douces, des mouvements doux. Il se dit aussi d'un Cheval qui n'est ni fringant ni ombrageux. Voiture douce, Voiture bien suspendue, qui ne fatigue point, qui ne fait pas éprouver de secousses, de cahots. Escalier doux, pente, montée douce, Escalier, pente, montée, qui ne sont pas rudes, qu'il est facile de monter, de gravir. On dit, dans un sens analogue, Une descente douce. En termes de Grammaire grecque, Esprit doux, Signe en forme de virgule (') qui se place au-dessus d'une lettre, pour indiquer l'absence d'aspiration, comme dans εστι (il est).

DOUX signifie, en parlant de l'État de l'atmosphère, Qui est d'une température agréable, qui n'est ni trop chaud, ni trop froid, et qui est calme. L'air est doux. Un temps doux. Il fait très doux. Pluie douce, Pluie menue, plus chaude que froide, qui tombe sans orage. Chaleur douce, Chaleur modérée, en parlant de la Température d'un corps quelconque. On dit dans le même sens Un feu doux. Il signifie quelquefois Qui est calme, tranquille. Un doux sommeil. Le doux silence des bois. Un doux repos. De doux loisirs. De douces occupations. Mener une vie douce. Avoir une mort douce. Il signifie aussi figurément Qui est humain, traitable, affable; et alors il est opposé à Rude, cruel, farouche, violent. Un peuple doux et hospitalier. Caractère doux. Humeur douce. Naturel doux. Des mœurs douces. Il est doux comme un agneau. Cet animal est fort doux. Elle est douce et caressante. Un gouvernement doux. En ce sens il peut se dire substantivement. Heureux les doux. Il signifie également Qui est peu pénible, peu difficile à supporter, à endurer, à observer, qui n'est pas imposé ou infligé avec trop de rigueur. Le service est fort doux dans cette maison. C'est, après tout, une condition assez douce. C'est un devoir bien doux à remplir. Des peines douces. Un châtiment doux. C'est un supplice trop doux. Une raillerie douce. Il signifie encore Qui dénote ou semble exprimer une disposition bienveillante, affectueuse, ou la candeur, la sérénité, la bonté habituelle de l'âme. Un doux sourire. De doux regards. Parler d'un ton doux. Une physionomie, une mine douce. Avoir le regard doux et caressant. Un doux maintien. Un air doux et insinuant. Fam., Faire les yeux doux, les doux yeux, Regarder en donnant à ses yeux une expression de tendresse. Faire les yeux doux à une femme. De douces paroles, Des paroles obligeantes, flatteuses, ou Des propos tendres, galants. On dit aussi De doux propos. Billet doux, Billet d'amour, de galanterie. Il signifie encore, au figuré, Qui émeut agréablement, qui flatte ou qui touche agréablement l'esprit, le cœur, l'imagination. Un doux baiser. De doux entretiens. De douces jouissances. De douces illusions. Une douce émotion. De doux transports. De douces larmes. Une douce surprise. Un doux souvenir. Une douce espérance. De doux reproches. De doux liens. Une douce union. Le doux penchant qui l'entraîne. C'est un homme dont le commerce est fort doux. Il n'y a rien de si doux que de vivre avec ses amis. Substantivement, Passer du grave au doux. Il peut signifier encore Qui est peu accentué. Une douce ironie. Une gaieté douce. Une douce mélancolie. Il signifie de même, en parlant des Métaux, Dont les parties sont bien liées, qui se plie aisément sans se casser. Le cuivre fin est doux, mais l'alliage le rend aigre. Le fer le plus doux est le plus propre à faire de l'acier. Il s'emploie adverbialement dans les deux phrases familières et figurées qui suivent : Filer doux, N'opposer aucune résistance à quelqu'un que l'on craint. C'est un homme avec qui il faut filer doux. Quand il comprit à quoi il s'exposait, il fila doux. Il avale cela doux comme lait, se dit de Celui à qui l'on a fait quelque offense et qui n'en témoigne aucun ressentiment. On le dit aussi d'une Personne vaine qui ajoute aisément foi aux flatteries et d'un Homme simple à qui l'on fait accroire les choses les plus éloignées de la vérité.

TOUT DOUX, loc. adv. dont on se sert familièrement pour reprendre quelqu'un qui s'emporte, qui s'échauffe trop. Tout doux, tout doux, s'il vous plaît.

Doux : définition du Littré (1872-1877)

DOUX (do-, dou-s' ; l'x se lie : dou-z et poli) adj.
  • 1Dont la saveur est agréable, qui n'a rien de rude. Amande, orange douce. Pomme douce. Contre la maxime de médecine, que toutes les choses douces se tournent en bile, Voiture, Lett. 57.

    Sauce douce, sauce faite avec du sucre et du vinaigre.

    Mets trop doux, mets trop sucré.

    Vin doux, jus de raisin qui n'a pas encore fermenté, et qui est doux au goût.

    Qui manque d'assaisonnement. Une sauce trop douce.

    Qui n'est pas salé. Eau douce, celle des lacs et des rivières, par opposition à celle de la mer.

    Familièrement. Marin d'eau douce, se dit par raillerie d'un homme qui n'a navigué que sur les rivières ou qui a peu navigué.

    Un médecin d'eau douce, s'est dit pour mauvais médecin et qui ne sait que prescrire de l'eau claire.

  • 2 Par extension, qui fait sur les sens une impression agréable. Une chose douce au toucher. Un poil doux comme la soie. Une douce odeur. Doux parfum. Doux accents. Doux murmure. Un doux zéphyr. Air doux. Temps doux. Un doux sommeil. Une contrée fertile, douce, aimable, riante…, Massillon, Car. Salut. Ainsi, dans les dangers qui nous suivent en croupe, Le doux parler ne nuit de rien, La Fontaine, Fabl. III, 12. Oh ! que j'aime bien mieux cet auteur plein d'adresse Qui, sans faire d'abord de si haute promesse, Me dit d'un ton aisé, doux, simple, harmonieux…, Boileau, Art p. III. Chantez le saule et sa douce verdure, Ducis, Othello, V, 2. Il a des vêtements plus doux, un asile mieux défendu contre l'injure des saisons, Raynal, Hist. phil. XVII, 4. Il fait doux [c'est-à-dire la température de l'air est douce, tiède], Sévigné, 605.

    Une douce influence, une influence lente et salutaire.

    Un doux sommeil, un sommeil tranquille.

  • 3Qui n'a rien de difficile, de fatigant. Un escalier doux. Pente douce.

    Voiture douce, voiture qui, bien suspendue, ne secoue pas ceux qui sont dedans.

    Pluie douce, pluie menue, qui n'est pas froide, avec un temps calme.

    Lime douce, lime dont les aspérités sont fines et peu saillantes.

    Vue douce, vue où il y a d'agréables repos, tels que des prés, de petits bois, etc.

    Terme de peinture. L'effet d'un tableau est doux, quand il présente une juste gradation des clairs aux ombres, des couleurs brillantes aux couleurs graves. Doux en ce sens s'oppose à dur.

    Purgation douce, purgatif doux, purgation, purgatif qui agit sans tranchées.

    Chaleur douce, chaleur modérée.

    Feu doux, feu qui, dans les opérations de cuisson, n'est pas poussé vivement.

    Il se dit de certains métaux purs et peu cassants. Cuivre doux. Le fer doux, par opposition au fer aigre qui est cassant.

    Terme de gravure. Se dit d'un métal que le burin coupe aisément et nettement.

    Gravure en taille-douce, ou, simplement, taille-douce, gravure qui se fait avec le burin ou l'eau-forte sur des planches de cuivre, l'art de faire cette gravure.

    Taille-douce, voy. TAILLE.

  • 4 Terme de grammaire. Les consonnes douces sont b, g et d, par opposition aux consonnes fortes qui sont p, k, t.

    Terme de grammaire grecque. Esprit doux, signe en forme de virgule, qui se met sur les voyelles initiales qui ne doivent pas être aspirées.

  • 5 Fig. Qui fait sur l'esprit ou le cœur une impression comparée à celle que font le miel et le sucre sur le goût. Il est doux de vivre en liberté. Vous dire, sans que tant de personnes l'entendent, ce que je sens pour vous, combien votre absence m'est insupportable et votre mémoire m'est douce, Voiture, Lett. 42. Agréable colère ! Digne ressentiment à ma douleur bien doux ! Corneille, Cid, I, 9. L'exemple est la plus douce et la plus forte loi, Corneille, Imit. II, 3. [Les religieux] Parlent peu, dorment peu, se lèvent du matin, Prolongent l'oraison, prolongent la lecture, Et sous ces dures lois font une douce fin, Corneille, ib. I, 25. [devoirs] … que vous êtes doux à mon cœur amoureux, Corneille, Poly. II, 4. Les plus doux de mes vœux enfin sont exaucés, Corneille, Rodog. IV, 2. Et ces grands cœurs, enflés du bruit de leurs combats, Souverains dans l'armée et parmi leurs soldats, Font du commandement une douce habitude, Corneille, Nicom. II, 1. Porte, porte ce cœur à de plus douces chaînes, Corneille, ib. V, 1. Tout ce qui naît de doux en l'amoureux empire, La Fontaine, Adonis. Cet espoir est bien doux à des cœurs offensés, Molière, Don Juan, III, 5. C'est ainsi qu'une femme en doux amusements Sait du temps qui s'envole employer les moments, Boileau, Sat. X. Vous trouverez ailleurs des entretiens plus doux, Racine, Théb. V, 3. Un bonheur si commun n'a pour moi rien de doux, Racine, ib. V, 4. Et tout ingrat qu'il est, il me sera plus doux De mourir avec lui, que de vivre avec vous, Racine, Andr. IV, 3. J'y consens ; porte-lui cette douce nouvelle, Racine, Brit. II, 2. Ce port majestueux, cette douce présence…, Racine, Bérén. I, 5. C'est une vengeance douce à celui qui aime beaucoup de faire, par tout son procédé, d'une personne ingrate une très ingrate, La Bruyère, IV. S'il est doux et naturel de faire du mal à ce que l'on hait, l'est-il moins de faire du bien à ce que l'on aime ? La Bruyère, ib. Ô doux espoir à mon cœur éperdu, Voltaire, Alz. II, 3. Doux bocage, adieu ; je succombe ; Tu m'avertis de mon destin ; De ma mort la feuille qui tombe Est le présage trop certain, Millevoye, la Chute des feuilles. Soleil si doux au déclin de l'automne, Arbres jaunis, je viens vous voir encor, Béranger, Ad. à la camp. Le 23, le quartier impérial était à Borowsk ; cette nuit fut douce pour l'empereur [qui se crut maître de la route de sa retraite hors de Moscou], Ségur, Hist. de Nap. IX, 21. Ils [les clairons] parlaient un langage Connu de mon oreille et doux à mon courage, Delavigne, Paria, I, 1.

    Faire les doux yeux, ou les yeux doux, chercher à plaire. Ne fais point les doux yeux ; je veux être fâché, Molière, le Dép. IV, 4. A Colin toujours alerte, Ne faites pas les yeux doux, Béranger, Mère aveugle.

    Faire les doux yeux à une femme, chercher à gagner ses bonnes grâces.

    Billet doux, billet d'amour, de galanterie.

    Les doux propos, paroles de galanterie, d'amour.

    Familièrement. Entre doux et hagard, c'est-à-dire moitié rude et moitié doux ; et aussi ni bien ni mal, ou encore avec un mécontentement masqué sous une apparence de douceur. Comment l'a-t-il reçu ? entre doux et hagard.

  • 6Qui n'a rien de pénible, de rigoureux, de cruel. Une morale douce. Une douce raillerie. Le service est fort doux dans cette maison. Le supplice est trop doux, Et sans les voir d'un œil trop sévère ou trop doux, Corneille, Cid, I, 1. …Soit que l'issue en soit douce ou funeste, Corneille, Pomp. III, 1. Je n'ai donc pas besoin d'un visage plus doux, Corneille, Nicom. I, 2. Que Rome a des conseils plus justes et plus doux, Corneille, ib. V, 5. La remontrance est douce, obligeante, civile, Corneille, Tois. d'or, I, 1. Durant tout ce temps et dans les tourments inouïs de sa dernière maladie oses maux s'augmentèrent jusqu'aux derniers excès, elle n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce, Bossuet, Anne de Gonz. Enfin, tout ce qu'amour a de nœuds plus puissants, Doux reproches, transports sans cesse renaissants, Racine, Bérén. II, 2. Seigneur, de mes malheurs ce sont là les plus doux, Racine, Mithr. I, 2. Il ne faut jamais hasarder la plaisanterie, même la plus douce et la plus permise, qu'avec des gens polis ou qui ont de l'esprit, La Bruyère, V. Dans la Lithuanie plus anciennement réunie, où une administration douce, des faveurs habilement distribuées et une plus longue habitude avaient fait oublier l'indépendance, Ségur, Hist. de Napol. VIII, 1.
  • 7Qui a de la bénignité, de l'indulgence, de l'humanité. Un homme doux. Des mœurs douces. … En ce grand bruit le sort nous est si doux Que nous n'avons encor rien à craindre pour vous, Corneille, Héracl. II, 2. Qu'il [le ciel] vous soit aussi doux que vous m'êtes barbare, Rotrou, Antig. V, 9. Madame fut douce envers la mort, comme elle l'était envers tout le monde, Bossuet, Duch. d'Orl. Le secours De quelque dieu plus doux qui veille sur ses jours, Racine, Iphig. I, 3. Dieux plus doux, vous n'avez demandé que ma vie, Racine, ib. V, 1. Hé ! qui jamais du ciel eut des regards plus doux ? Racine, Esth. II, 1. Les dieux me seraient-ils plus doux ? Voltaire, Œdipe, I, 1. Héros terrible et doux à tous tes ennemis, Voltaire, Triumv. III, 7. Vous qu'un astre plus doux semblait avoir formée, Voltaire, Adélaïde, I, 2. Rendez-vous, je vous prie, un peu plus doux à vivre, Boissy, Sage étourdi, II, 5.

    Doux comme un agneau, se dit d'une personne qui est pleine de bonté, de docilité. Avec Destin seul il était doux comme un agneau, Scarron, Rom. com. I, 5.

    On dit dans le même sens doux comme une fille, et même, avec quelque liberté dans le langage, doux comme une pucelle. Votre petit Allemand paraît extrêmement adroit au bon abbé ; il est beau comme un ange, et doux et honnête comme une pucelle, Sévigné, Lett. 7 oct. 1676. Philosophe comme Spinosa, doux comme une fille, Voltaire, Lett. d'Argental, 22 déc. 1771.

  • 8En parlant des animaux, qui n'est pas méchant. Un cheval doux. Ce chien est doux. Ni loups ni renards n'épiaient La douce et l'innocente proie, La Fontaine, Fabl. VII, 1.
  • 9Doux-amer s'est dit de ce qui a à la fois quelque chose de doux et quelque chose d'amer. Une satire, où d'un œil doux-amer, Tout le monde s'y voit, Régnier, Sat., XI.
  • 10Doux, adv. Doucement. Vos paroles … Résonnent doux à nos oreilles, Régnier, Mac. On va mieux quand on va doux, La Fontaine, Cord.

    Familièrement. Filer doux, demeurer dans la soumission ; ne rien répliquer à une injonction, à une réprimande. Monsieur, n'est-il pas temps ? Et moi de filer doux, Régnier, Sat. X. Il fut contraint de filer doux, Scarron, Rom. com. II, 8. Ce moi qui le seul moi veut être, Ce moi qui m'a fait filer doux, Molière, Amph. II, 1. En vain tu files doux, Molière, ib. II, 3.

    Il a avalé cela doux comme lait, se dit de celui qui ne s'est point ressenti d'un affront qu'on lui a fait ; et aussi d'une personne acceptant avec satisfaction les louanges qui lui sont données ; et, finalement, d'un homme simple à qui l'on fait croire ce qu'on veut.

  • 11Tout doux, loc. interj. familière, dont on se sert pour retenir quelqu'un qui s'emporte, qui s'oublie. Tout doux : et, s'il est vrai que ce soit chose faite, Voulez-vous l'approuver, cette chaîne secrète ? Molière, le Dép. III, 8. Mon Dieu ! tout doux ; vous allez d'abord aux invectives ; est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble sans nous emporter ? Molière, Mal. imag. I, 5. J'ai vu, dit-il, un chou plus grand qu'une maison ; Et moi, dit l'autre, un pot aussi grand qu'une église. Le premier se moquant, l'autre reprit : Tout doux ; On le fit pour cuire vos choux, La Fontaine, Fabl. IX, 1.
  • 12 S. m. Ce qui est doux. Passer du grave au doux, du plaisant au sévère, Boileau, Art p. I. C'était la force et la sévérité qui sortait du doux et du clément, Massillon, Or. fun. Dauph. Il [le rossignol] saute du grave à l'aigu, du doux au fort, Chateaubriand, Génie, I, V, 5.

    Familièrement. Faire le doux, la douce, affecter une fausse douceur.

    A la douce, cri des rues de Paris annonçant des cerises douces à vendre.

    Populairement. A la douce, tout doucement, ni bien ni mal. Comment vous portez-vous ? - A la douce.

PROVERBES

Les douces paroles n'écorchent point la bouche, se dit pour reprocher à quelqu'un de ne s'être pas exprimé avec la douceur convenable.

Ce qui est amer à la bouche est doux au cœur, se dit pour inviter les gens à prendre une médecine désagréable ; et, figurément, se soumettre à quelque chose qui déplaît.

HISTORIQUE

XIe s. Li empereres Charles de France dulce, Ch. de Rol. II. Terre de France, mout estes dulz païs, ib. CXXXVIII. Issent de mer, viennent as ewes dulces, ib. CLXXXVII.

XIIe s. Et vers Franzois fu doux et souploiant, ib. p. 38. Beaus douz amis, de moi aiez pitié, ib. p. 92. Moult m'a amors atornée Douce paine et biau labor, Couci, I. Tuit mi penser sont à ma douce amie, ib. II. Et se je truis [trouve] ma dame o le douz nom Pleine d'orgueil et dame sans guerdon…, ib. Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer, Fors ses douz ieus et son simple viaire, ib. Las ! pourquoi l'ai de mes ieuz regardée, La douce rien qui fausse amie a nom ? ib. VI. Quant li estés et la douce saisons Font feuille et flor et les prés raverdir, ib. XII. La douce voiz du loussignol [rossignol] sauvage, ib. XI. Quant je recort la simple courtoisie Et les douz mots dont [elle] seut [a coutume] à moi parler, ib. XXII. Le martir saint Denis, qui [cui, à qui] dulce France apent, Th. le mart. 149. Ez [voici] une espie qui vint de France douce, Que envoia dans Imbers de Peronne, Raoul de C. 229.

XIIIe s. Segnor et dames, ce est la boene feste que nos faison hui ; ce est la feste del douc saint Esperit que Diex envoia à ses aposteles, Serm. de Maurice de Sully, dans Arch. des miss. scientifiques, t. V, p. 154. Cooins sont de diverses manieres : si com douc et aigre ; li douc sont froit et sec, Alebrand, f° 53. Qu'il ne menguce mie viande faite de miel ne nul douc fruit vert, Alebrand, f° 22. A l'issue d'avril un temps dous et joli, Berte, I. Onque si douce chose [que Berte] ne vi ne n'acointai, ib. LVII. Biaus très dous fils, fait-elle, comment osas penser…, ib. III. Lasse ! mais ne verrai ma douce chere mere, ib. XVIII. Li secons biens est DousParlers, Qui a fait à mains bachelers Et à maintes dames secors, la Rose, 2683. Et l'autre plaignoit son douch cuer ; Jamais nus [nul] nen ert de tel fuer [qualité], Lai d'Ignaurès.

XIVe s. A son douch regard et al vis [visage], Jean de Condé, p. 107.

XVe s. Douce parole fraint grant ire, Froissart, Poésies mss. p. 374, dans LACURNE. Le comte, qui est à toutes dames et damoiselles doux et amoureux, en ot pitié, Froissart, H, III, 14. Chez cest avocat d'eau douce, Patelin. Le porter doulz [supporter patiemment], Perceforest, t. IV, f° 65.

XVIe s. Les fleuves doux, et les undes sallées, Marot, II, 58. Une pente doulce et insensible, Montaigne, I, 82. Des routes gazonnées et doux fleurantes, Montaigne, I, 176. Un naturel doulx et traictable, Montaigne, I, 195. Vie doulce et aysée, Montaigne, I, 219. Je fais plus volontiers les doulx yeulx au ciel pour le remercier que pour le requerir, Montaigne, IV, 67. Elle cuida lui avoir fait avaler sa colere aussi douce que sucre, Despériers, Contes, CXXVII. Le barbare estant homme cault et malicieux, parlant tout doulx, le reconfortoit, Amyot, Crass. 42. Il avoit naturellement le visage fort doulx et fort beau, Amyot, Eumènes, 21. Grattant tout doulx le sanglier herissé, Amyot, Comment refrén. la colère, 37. Le second soir, la mer estant plus douce, l'escarmouche fut plus chaude et de plus près, D'Aubigné, Hist. II, 86. Douce est la mort qui vient subite et breve, Ronsard, 6. En grandeur douce fiere, Poesies de LOYS LE CARON, f° 22, dans LACURNE. Doulx grave [doucement grave], Cotgrave Doux inhumain [doucement inhumain], Nicot, Dict. Dardant au ciel sa douce amere peine, Jacques Tahureau, Poésies, f° 179, dans LACURNE. La doux bruyante harpe, Baïf, Œuvres, f° 32, dans LACURNE.

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Doux : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

DOUX, (Chimie.) le corps doux est une substance particuliere qui constitue une espece dans la classe des corps que les Chimistes appellent muqueux. Voy. Muqueux.

Ces corps doux sont le miel, la pulpe ou le suc de plusieurs fruits, comme de casse, de certains pruneaux, de raisins, de poires, de pommes, &c. le suc de quelques plantes, des cannes à sucre, de toutes les graminées, de celui de quelques racines, comme des bettes blanches & rouges, des panais, &c. les semences farineuses germées, certains sucs concrets ramassés sur les feuilles de quelques arbres, tels que la manne, le sucre de l’érable, &c. le suc tiré par incision du même arbre, celui du palmier, &c. en un mot, toutes les matieres végétales propres à produire sur l’organe du goût la même saveur qu’excitent celles que nous venons de nommer. Nous disons à dessein végétales, parce que les substances animales, dont le goût est le plus analogue à celui des corps doux végétaux, different pourtant sensiblement de ceux-ci, même par la saveur : le lait, par exemple, dont la douceur est passée en proverbe, ne produit pas la saveur douce exquise ou sans mêlange d’autre saveur ; la saveur du lait participe au contraire de deux autres, la fadeur & le gras ou onctueux, pingue. Voyez Saveur.

D’ailleurs ce n’est pas par la saveur douce que les corps doux des Chimistes sont essentiellement caractérisés, mais par une qualité plus intérieure ; savoir, la propriété d’être éminemment propres à la fermentation spiritueuse ; propriété que ne possede point le lait. Voyez Fermentation & Lait.

La saveur du sel ou sucre de saturne & de quelques autres sels ne sauroit les faire ranger non plus parmi les corps doux, dont ils different à tant d’autres titres.

L’analyse par la violence du feu, qui est la seule qu’on ait employée jusqu’à présent à l’examen de la composition des corps doux, ne nous a rien appris sur leur constitution spécifique ; tous les produits qu’on en a retirés par cette voie, sont presque absolument communs à ces corps & à toutes les especes de la classe. Les phénomenes & les produits de la fermentation nous ont éclairé davantage sur cet état spécifique. Voyez Fermentation & Muqueux. (b)

Doux, terme de Métallurgie & de Docimasie. Mine douce, c’est ainsi qu’on appelle une mine aisée à fondre. La mine qui a la qualité contraire, s’appelle rebelle ou refractaire.

Métal doux, c’est-à-dire malléable, ductile, flexible, non cassant ; le métal qui a la qualité opposée, s’appelle aigre. (b)

Doux, (Diete, matiere médicinale & Pharmacie.) On trouve dans les auteurs de Medecine peu de connoissances composées, exactes, sur les qualités des corps doux considérés comme aliment. Ils ont parlé davantage de quelques-uns de ces corps en particulier, comme du miel, du sucre, des fruits, des vins doux, &c. Voyez les articles particuliers.

Les alimens de ce genre ont été cependant accusés en général d’être échauffans, & même caustiques, épaississans, inviscans, bilieux, ennemis de la rate, propres à engendrer des vers, &c. C’est-là l’opinion que l’on en a assez communément, & c’est celle du plus grand nombre de Medecins.

Toutes ces prétentions sont ou fausses ou gratuites, ou pour le moins mal entendues : premierement, la qualité échauffante n’est établie que sur une prétendue abondance d’esprits acres & ardens, de sels exaltés, déduite, on ne peut pas plus inconséquemment, de la pente des corps doux à la fermentation spiritueuse. Voyez Fermentation, Muqueux, Doux, en Chimie.

Secondement, c’est en abusant de la même maniere de quelques demi-connoissances chimiques, que quelques auteurs ont imaginé la causticité des corps doux, qui fournissent par la distillation, selon ce que ces auteurs ont entendu dire, un esprit très caustique, une espece d’eau-forte ; fait d’abord faux en soi (les corps deux ne donnent par la distillation qu’un flegme acide très-foible) & dont on ne pourroit conclure, quand même il seroit vrai que les corps doux inaltérés pussent agir sur les organes de notre corps par ce principe. Voy. Analyse végétale au mot Végétal. Voy. aussi Sucre, dont quelques auteurs ont dit (ce qu’Hecquet a répété) que gardé pendant trente ans, il devenoit un puissant arsenic.

Troisiemement, les corps doux, comme tels, ou les doux exquis, ne sont absolument qu’alimenteux ou nourrissans, & ils ne sauroient par conséquent opérer que la nutrition dans les secondes voies, & point du tout l’épaississement ou l’inviscation des humeurs. D’ailleurs l’état des humeurs appellées épaisses & visqueuses dans la théorie moderne, n’est assûrément rien moins que déterminé ; & la réalité de cet état dans les cas où cette théorie l’établit, est encore moins démontrée. C’est donc au moins gratuitement que les alimens doux passent pour épaississans & inviscans. Voyez Nourrissant.

Quatriemement : quant à ce qui concerne la prétendue qualité bilieuse des corps doux, elle leur a été accordée par deux raisons ; savoir, parce qu’on les a crus gras ou huileux ; & en second lieu, parce qu’on a regardé la soif & l’épaississement de la salive, que les corps doux pris en abondance occasionnent en effet, comme un signe de la présence de la bile dans l’estomac. Mais premierement les doux ne sont pas huileux : secondement, ce n’est qu’au peuple qu’il est permis d’appeller bile la salive épaisse & gluante. Au reste, on remédie très-efficacement & à coup sûr, à ces legers accidens, je veux dire la soif & l’épaississement de la salive, en bûvant quelques verres d’eau fraîche.

Cinquiemement : ce n’est plus rien pour nous, depuis long-tems, qu’une qualité splénique, ou antisplénique.

Sixiemement : quoiqu’il faille avoüer que l’abus des alimens doux est souvent suivi de différentes affections vermineuses, sur-tout chez les enfans ; il n’est pourtant pas décidé jusqu’à quel point les doux sont dangereux à ce titre, & s’ils sont seuls & par eux-mêmes capables des maux qu’on met sur leur compte ; s’il n’y auroit pas moyen, au contraire, en variant leur administration, d’en faire-pour les enfans la nourriture la plus salutaire, & la plus propre à les préserver des vers. Quelques auteurs ont donné les doux pour des remedes vermifuges. Voyez Vermifuge.

Nous n’établirons qu’avec beaucoup de circonspection, des préceptes diététiques sur l’usage des alimens doux en général. Nous avons déjà observé dans quelques articles particuliers de diete, que nous ne connoissions presqu’aucune qualité absolue des alimens, & que la maniere dont ils affectoient les différens sujets varioit infiniment, ou au moins jusqu’à un point indéterminé. Voyez aussi Digestion. Nous pouvons cependant donner avec confiance pour des vérités d’expérience, les regles suivantes.

1°. Les personnes foibles, délicates, qui menent dans le sein des commodités les plus recherchées, une vie retirée, tranquille, sédentaire, soûmise au plus exact régime, dont l’ame affranchie du joug des passions vulgaires, n’est doucement remuée que par des affections purement intellectuelles ; ces personnes, dis-je, peuvent user sans inconvéniens, & même avec avantage, des alimens doux ; ensorte qu’une façon de parler assez commune, tirée de leur goût pour les sucreries, exprime une observation medicinale très-exacte.

La plûpart des femmes, les gens de lettres, & tous les hommes qui sont éloignés par état des travaux & des exercices du corps, en un mot toutes les personnes de l’un & de l’autre sexe qui n’ont que faire de vigueur, ou même qui perdroient à être vigoureuses, peuvent se livrer à leur goût pour les alimens doux, dès qu’ils auront observé que leur estomac n’en est point incommodé, sans se mettre en peine de leurs prétendus effets plus éloignés, qu’aucune observation ne peut leur faire raisonnablement redouter. La propriété de lâcher le ventre que tous ces alimens possedent, est très-propre à entretenir chez ces personnes une certaine foiblesse de tempérament très-favorable à la délicatesse de la peau, & à l’exercice libre & facile de la faculté de penser. Voyez Régime.

Au reste, ceci ne doit s’entendre que d’un certain excès dans l’usage des alimens doux, de l’habitude d’en manger comme du pain ; car les doux pris en petite quantité à la fin du repas, & après d’autres mets, sont devenus par habitude des alimens à peu-près indifférens.

2°. Les paysans, les manœuvres, les gens destinés à des travaux pénibles, à une vie dure, à des exercices violens, qui ont besoin d’un corps robuste, vigoureux, agile ; ces gens-là ne sauroient s’accommoder des alimens doux. On peut assûrer, malgré l’éloge que les anciens ont donné au miel, à qui ils ont attribué entre autres qualités celle de rendre les hommes, qui s’en nourrissoient, sains & vigoureux, que des paysans qui seroient nourris avec du miel dès leur enfance, seroient bien moins robustes que ceux qui se nourrissent de viandes salées ou fumées, d’un pain lourd & massif, qui boivent des gros vins austeres & tartareux, &c. & que si on donnoit des doux à ceux qui sont accoûtumés à ces derniers alimens, non-seulement on les rendroit bientôt incapables de supporter leurs travaux ordinaires, mais même on procureroit à la plûpart des indigestions, des diarrhées mortelles. Voy. Régime.

3°. Il est facile de conclure des observations précédentes, que toutes les personnes qui sont sujettes à des dévoyemens maladifs, ou qui en sont actuellement attaquées ; que celles chez qui les organes de la digestion sont relâchés, affaissés, embourbés, comme certains vieillards, certains paralytiques, &c. que ces personnes, dis-je, doivent éviter absolument l’usage des alimens doux.

4°. On doit diviser les doux en quatre especes : le doux exquis ou pur, tel que le miel, le sucre, le moût, &c. le doux aigrelet, tel que celui des cerises, des oranges douces, le suc de citron ou groseille assaisonnés avec du sucre, &c. les doux aromatiques, tels que les confitures & les gelées parfumées ; & enfin les doux spiritueux, tels que les vins doux, les ratafia-très-sucrés qu’on appelle gras, les confitures à l’eau-de-vie, &c.

Le doux exquis a éminemment les propriétés dont nous avons parlé jusqu’à présent. Le doux aigrelet & le doux aromatique, & sur-tout le doux aigrelet & aromatique, tel que le cotignac, sont des excellens analeptiques, restaurans, stomachiques, dont se trouvent très-bien les convalescens qui commencent à prendre quelque aliment un peu solide. Il faut observer que les fruits à noyau ont tous une vertu purgative, que l’on peut appeller cachée, c’est-à-dire qu’ils paroissent posséder indépendamment de leur douceur. Cette qualité rend les confitures qu’on en prépare, moins propres que celles des fruits à pepin, à l’usage que nous venons d’assigner aux doux aigrelets & aromatiques. On préférera donc le cotignac, la gelée de groseille, la gelée de pomme bien parfumée, à la marmelade d’abricot, de pêche ou de prune.

Les doux spiritueux sont stomachiques & cordiaux. Leur usage modéré à la fin des repas, est fort utile, du moins fort agréable, & sans inconvénient bien prouvé ; mais c’est la partie spiritueuse dont le doux n’est proprement que le correctif, qui joue ici le principal rôle. Voyez Vin & Esprits ardens.

Galien a reconnu le doux pour l’aliment par excellence, & même pour l’unique aliment. Voy. passim in oper. & sur-tout de simpl. Medic. facult. l. IV. c. xjv. On peut, en aidant un peu au sens littéral de quelques passages d’Hippocrate, trouver aussi la connoissance de cette vérité chez ce pere de la Medecine écrite. Mais ces auteurs ont pris le mot doux dans un sens beaucoup plus général que nous ne venons de le faire, & dans la même extension que nous donnerons au mot muqueux. Voyez Muqueux.

Les doux considérés comme médicamens, sont rangés parmi les purgatifs lubréfians ou lénitifs ; tous les corps doux sont en effet plus ou moins purgatifs, sur-tout pour les sujets qui n’y sont point accoûtumés : mais quelques-uns de ces corps possedent cette vertu en un degré si supérieur aux autres corps de la même classe, qu’on ne sauroit supposer qu’ils purgent comme doux, c’est-à-dire comme lubréfians, comme relâchans, ou même comme altérés dans les premieres voies, à la façon des corps doux en général. Les fruits à noyau, comme nous l’avons déjà observé, sont des corps éminemment purgatifs dans la classe des doux, & le pruneau est l’extrème dans ce genre ; la casse & la manne sont des purgatifs plus efficaces encore ; les figues sont émétiques. Voyez Purgatif.

Les doux sont regardés comme de bons pectoraux, c’est-à-dire des remedes propres à calmer la toux & à guérir les rhûmes appellés de poitrine. Voyez Pectoral. Les prétendus béchiques incrassans ne sont presque que des corps doux. Voy. Incrassant, & ce que nous avons déjà dit dans cet article sur l’épaississement & l’inviscation des humeurs. Nous n’avons pas meilleure opinion d’une certaine faculté adoucissante, attribuée aux doux & à quelques autres remedes, qu’à la vertu béchique incrassante.

La Pharmacie employe très-utilement plusieurs corps doux, pour masquer le goût de plusieurs purgatifs, & sur-tout du séné. La décoction des figues, des raisins secs, des dattes, des jujubes, de la racine du polypode, corrige très-bien le goût de ce dernier purgatif. Voyez Correctif. Cette correction est sur-tout avantageuse pour sauver à un malade le supplice de s’abreuver quatre fois par jour d’une liqueur détestable, lorsqu’on veut soûtenir chez lui des évacuations, en lui donnant plusieurs potions purgatives legeres dans la journée. L’infusion du séné dans la décoction bouillante de ces fruits, fournit un aposème purgatif, qui remplit très-bien cette indication.

Toutes les anciennes compositions officinales purgatives, soit tablettes, soit électuaires, soit sirops, contiennent des corps doux : les pulpes, le miel, la décoction des différens capillaires, &c.

Il est plusieurs façons de parler dans le langage ordinaire de la Medecine, dans lesquelles le mot doux est pris dans un sens figuré. On dit d’une purgation qui évacue sans fatiguer le malade, sans l’affoiblir, sans lui causer des tranchées, qu’elle est douce ; d’un remede qui n’agit pas assez efficacement, qu’il est trop doux, &c.

On dit de la chaleur considérée comme symptome de la fievre, qu’elle est douce, lorsqu’elle est modérée sans sécheresse de la peau, &c. Voyez Chaleur animale & Fievre.

Tout le monde sait ce que c’est qu’un sommeil doux, qu’une peau douce, &c. (b)

Doux, en Musique, est opposé à fort, & s’écrit au-dessus des portées, dans les endroits où l’on veut faire diminuer le bruit, tempérer & radoucir l’éclat & la véhémence du son ; comme dans les échos & dans les parties d’accompagnement. Les Italiens écrivent dolce, & plus communément piano dans le même sens ; mais leurs puristes en Musique prétendent que ces deux mots ne sont pas synonymes, & que c’est par abus que plusieurs auteurs les employent comme tels. Ils disent que piano signifie simplement une modération de son, une diminution de bruit ; mais que dolce indique outre cela une maniere de joüer, piu soave, plus douce, plus agréable, répondant à peu-près au mot louré des François. (S)

Doux, (Maréch.) On dit qu’un cheval a les allures douces, lorsqu’il ne tourmente point son homme. Voyez Allure.

Doux, (à la Monnoie.) se dit d’un métal qui a reçu les préparations nécessaires pour n’être pas facile à se casser, tant en passant par les laminoirs, que par les coupoirs. L’or perd sa douceur, ce que l’on dit en termes de monnoyage perd son doux, lorsqu’on le brasse avec le fer. Voyez Brassoir.

Doux, (venir à) Teinture : on dit qu’une cuve vient à doux, quand elle jette du bleu à la surface.

Doux, (le) Géog. mod. riviere de la Franche-Comté en France : elle prend sa source au mont Jura, & se jette dans la Saone en Bourgogne.

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Doux : définitions subjectives sur Dicopedia

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Étymologie de « doux »

Étymologie de doux - Littré

Provenç. dolz, dos, dous ; catal. dols ; espagn. dulce ; portug. doce ; ital. dolce ; du latin dulcis, doux.

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Étymologie de doux - Wiktionnaire

Du latin dulcis. (1080) dulz.
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Phonétique du mot « doux »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
doux du play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « doux »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « doux »

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  • Papillon, ce billet doux plié cherche une adresse de fleur. De Jules Renard
  • Le succès semble plus doux A qui ne réussit jamais. De Emily Dickinson / Poèmes
  • Il est doux de croire, même à l'enfer. De Anatole France
  • Si la vérité est amère, ses fruits sont doux. De Hazrat Ali
  • Le vin doux fait le plus âpre vinaigre. De Proverbe italien
  • Nos plaisirs les plus doux ne vont pas sans tristesse. De Pierre Corneille
  • Une belle femme et le vin font de doux poisons. De Proverbe oriental
  • La sympathie est le doux privilège de la médiocrité. De Anatole France
  • Mieux vaut une amère vérité qu’un doux mensonge. De Proverbe russe
  • Sous le doux miel se cachent de cruels poisons. De Ovide
  • Pleurer est plus doux qu'on ne le croit. De Pétrarque
  • Février trop doux, Printemps en courroux. De Proverbe français
  • Une bonne conscience est un doux oreiller. De Proverbe français
  • Qui reste doux reste invincible. De Proverbe chinois
  • Lire est doux ; relire est - quelquefois - plus doux encore. De Emile Faguet / L'art de lire

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Traductions du mot « doux »

Langue Traduction
Corse dolce
Basque biguna
Japonais 柔らかい
Russe мягкий
Portugais suave
Arabe ناعم
Chinois 柔软的
Allemand sanft
Italien dolce
Espagnol suave
Anglais soft
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Synonymes de « doux »

Source : synonymes de doux sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « doux »


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