Beaucoup : définition de beaucoup


Beaucoup : définition du Wiktionnaire

Adverbe

beaucoup \bo.ku\

  1. En grande quantité.
    • Puisqu’il fallait qu’elle suât, elle devait boire beaucoup. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Je ne me restreins pas ou pas souvent, et j’ai bien conscience d’être gros parce que je mange beaucoup. — (Gérard Apfeldorfer, Maigrir, c’est dans la tête, 2009)
  2. Considérablement.
    • À 11 heures, nous devons descendre au ras de la mer ; une masse nuageuse nous barre la route ; elle est beaucoup trop élevée pour être survolée. — (Jean Mermoz, Mes Vols, Flammarion, 1937, page 85)
    • L’utilisation des pesticides a beaucoup augmenté dans les pays en développement à la fin des années 60 et pendant les années 70, à mesure que l’agriculture se modernisait. — (Agriculture mondiale: horizon 2010, page 174, FAO, 1995)
    • La gorge nouée, n'arrivant pas à libérer ma voix, j'étais heureux. Beaucoup. Peut-être trop. Peut-être même beaucoup trop. — (David Goudreault, La bête à sa mère, Stanké, 2015, p. 179.)
  3. Suivi d’un adjectif ou d’un adverbe de comparaison, il exprime une augmentation ou une différence considérable.
    • Ce qui est certain, c’est qu'en Extrême-Orient on meurt beaucoup plus par la fièvre typhoïde que par le choléra. — (Jules Guiart, Les Parasites inoculateurs de maladies, Paris : Flammarion, 1918, page 297)
    • L’hélice tournait plus lentement, pour maintenir seulement l’aéronat contre la brise, et son ronflement était beaucoup plus perceptible que lorsqu’elle était lancée à toute vitesse. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 230 de l’éd. de 1921)
    • J’avais été beaucoup plus rarement bombardé du haut des airs, et je me trouvai, devant ce danger-là, presque aussi béjaune que mes conscrits. — (Marc Bloch, L’étrange défaite : La déposition d’un vaincu, 1940, FolioHistoire Gallimard, 1990, page 86)
  4. (Avec de) Un grand nombre. — Note : Il est alors suivi de l’article partitif de, puis d’un substantif au pluriel.
    • Mais nous avons changé tout cela ; de fort belles routes traversent maintenant le marais que le chemin de fer envahit aussi ; il ne vient pas à Dymchurch, ce que beaucoup de personnes considèrent comme un avantage. — (W. Stormont, Les Blanches Falaises d'Albion, publié par la Compagnie du Chemin de fer South Eastern & Chatam, (s.d., vers 1913), 2e édition, page 66)
  5. (Avec de) Une grande quantité ou une grande intensité. — Note : Il est alors suivi de l’article partitif de, puis d’un substantif au singulier.
    • — Faut faire un brûlot ! cria Mes-Bottes ; deux litres de casse-poitrine, beaucoup de citron et pas beaucoup de sucre ! — (Émile Zola, L’Assommoir, chapitre III, 1877, Charpentier, 1879, page 111)
    • Ne vous contentez point de regarder les grandeurs humaines comme ces éclairs qui brillent, qui sont accompagnés de beaucoup de bruit, mais qui s’éteignent au moment même qu’ils se montrent. — (Jean Croiset, Exercices de piété, pour tous les jours de l'année, 1804)
    • Jusque-là, nous avions navigué avec une grande sûreté : le poste de Fernando de Noronha et le bâtiment Cigogne firent des relèvements avec beaucoup de précision. — (Jean Mermoz, Mes Vols, Flammarion, 1937, page 69)
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Beaucoup : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BEAUCOUP. adv. de quantité
. En nombre, en quantité plus ou moins considérable. Il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. Il s'intéresse beaucoup à votre affaire. Cela m'inquiète, me chagrine beaucoup. Il importe beaucoup que vous le sachiez. Cet enfant grandit beaucoup. Ce négociant s'est beaucoup enrichi depuis deux ans. Parler beaucoup. Marcher beaucoup. Attendre beaucoup. Nous avons beaucoup ri. Avec les adjectifs et les adverbes de comparaison, il exprime une Augmentation ou une différence considérable. Je suis beaucoup moins, beaucoup plus content de vous depuis quelques jours. Je suis beaucoup plus content de vous que de lui. Ce vin est beaucoup meilleur. Il s'est beaucoup mieux conduit que vous. Il a beaucoup plus de fortune qu'un tel. Il est quelquefois, dans ces phrases, précédé de la préposition De. Il est de beaucoup plus savant. Quand il est mis après un adjectif ou un verbe, il doit toujours être précédé de la préposition De. Vous êtes plus savant de beaucoup. L'emporter de beaucoup sur un autre. Dépasser, surpasser de beaucoup, etc. Il s'en faut beaucoup, Il y a une grande différence. Le cadet n'est pas si sage que l'aîné, il s'en faut beaucoup. Il s'en faut de beaucoup, La quantité qui devrait y être n'y est pas, à beaucoup près. Vous croyez m'avoir tout rendu, il s'en faut de beaucoup. C'est beaucoup, C'est une chose considérable. Cet enfant sait sa grammaire latine, c'est beaucoup pour son âge. C'est déjà beaucoup qu'on ne vous ait pas dit non. Ironiq, C'est beaucoup s'il vous regarde, À peine regarde-t-il les gens. C'est beaucoup si vos frais vous rentrent, À peine retirerez-vous vos frais.

À BEAUCOUP PRÈS, loc. adv. Avec une grande différence, une grande distance; il s'en faut beaucoup. Il n'est pas, à beaucoup près, aussi riche qu'on le dit. Il s'emploie aussi comme nom collectif et désigne une Grande quantité. Il y a beaucoup de gens. Avoir beaucoup d'argent, beaucoup de blé, beaucoup de fruits. Ils sont beaucoup d'héritiers à partager cette succession. L'Évangile dit : Il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus. Dire beaucoup de paroles. Il l'a répété beaucoup de fois. Verser beaucoup de larmes. Il s'écoula beaucoup de temps. C'est un homme qui sait beaucoup. Il reste encore beaucoup à faire.

Beaucoup : définition du Littré (1872-1877)

BEAUCOUP (bô-kou ; le p peut se lier, et il se lie toujours dans le parler soutenu, devant une voyelle : beaucoup en disent du bien. bô-cou-p en disent du bien) s. m. pris toujours sans article.
  • 1Proprement un beau coup, c'est-à-dire une belle quantité, une grande ou belle chose, un grand nombre. C'eût été beaucoup d'avoir mérité son estime. Celui qui possède beaucoup. Homme qui sait beaucoup. Beaucoup de sang répandu. Beaucoup de gens. Il a beaucoup d'autorité sur moi. Joindre beaucoup d'honneur à bien peu de rudesse, Corneille, Nicom. II, 1. C'était beaucoup pour moi, ce n'était rien pour vous, Racine, Brit. IV, 2. On lui promit beaucoup, c'est tout ce que j'ai su, Racine, Esth. II, 3. Il comptait pour beaucoup de l'avoir auprès de lui, Hamilton, Gramm. 5. N'eût [Il] voulu pour beaucoup en être soulagé, La Fontaine, Fab. I, 4. Toutes vos lettres me font plaisir et beaucoup, mais non pas toutes autant que la dernière, Courier, Lett I, 10.

    C'est beaucoup, c'est faire beaucoup, se dit quelquefois par ironie, pour à peine, à grand' peine. C'est beaucoup qu'il daigne vous parler. C'est beaucoup s'il vous regarde. C'est faire beaucoup que de réussir à lui plaire.

    À beaucoup près, locution par inversion qui est pour près à beaucoup, c'est-à-dire s'en manquant beaucoup pour être près, et qui signifie : avec une grande différence, avec une grande distance ; en plus si la phrase est affirmative, en moins si elle est négative. Il n'est pas, à beaucoup près, aussi riche qu'on le dit. Je suis son aîné, à beaucoup près.

    De beaucoup, en quantité notable. Son dernier état deviendra de beaucoup pire que le premier, Massillon, Inconst.

    Il s'en faut de beaucoup exprime une différence de quantité. Il s'en faut de beaucoup que vous ne m'ayez payé tout ce que vous me devez. Le pays n'est pas peuplé à proportion de son étendue, il s'en faut de beaucoup, Voltaire, Hist. de Russ. I, 2.

    Il s'en faut beaucoup, exprime une différence de qualité. Il s'en faut beaucoup qu'il soit aussi sage que son frère. Il s'en faut beaucoup que cette étoffe soit aussi bonne que l'autre. Il s'en fallait beaucoup, avant Pierre le Grand, que la Russie fût aussi puissante, Voltaire, Hist. de Russie, I, 2. L'auteur n'est pas l'ami du comte Lally, il s'en faut beaucoup, Voltaire, S. de Louis XIV, ch. 34. Il s'en faut beaucoup que nos commerçants nous donnent l'idée de cette vertu dont nous parlent nos missionnaires ; on peut les consulter sur les brigandages des mandarins, Montesquieu, Esp. ch. XX. Il s'en faut beaucoup que Don Garcie soit une pièce indigne d'estime, Auger, édit. de Mol.

  • 2Plusieurs. Beaucoup d'entre eux. Beaucoup en ont parlé, mais peu l'ont bien connue, Voltaire, Henr. ch. II.
  • 3Avec l'art. le. Le beaucoup. Séparer le peu d'avec le beaucoup, Bayle, Dict. hist. Chrys. Rem. O.
  • 4Pris adverbialement. Grandement. Il ne parlait pas beaucoup. Je l'aime beaucoup. Je m'appliquais beaucoup à l'étude. Chemin beaucoup plus facile. J'aimerais beaucoup mieux. Je vous suis beaucoup obligé, Molière, Pourc. III, 9. Leur savoir à la France est beaucoup nécessaire, Molière, F. sav. IV, 3.

REMARQUE

1. L'usage ne permet guère qu'on joigne point à beaucoup ; et c'est pécher que de dire : je n'en ai point beaucoup ; dites : je n'en ai pas beaucoup.

2. Beaucoup employé pour plusieurs doit être le sujet du verbe : beaucoup s'en plaignaient. Ou bien, s'il est régime, il doit être précédé de en : j'en connais beaucoup qui prétendent…

3. Quand beaucoup se joint à un comparatif, si on le met après l'adjectif, il faut intercaler de avant beaucoup : il est beaucoup plus diligent que son frère ; ou il est plus diligent de beaucoup que son frère.

4. Beaucoup, suivi de la préposition de, veut que le substantif qui suit n'ait point d'article : il a beaucoup d'instruction, et non de l'instruction ; il fait beaucoup de fautes, et non des fautes.

5. Beaucoup, d'après sa formation, est un substantif employé comme nom de quantité, quand il est sujet de verbe ou complément, puisqu'il n'y a que les noms qui puissent remplir cette fonction ; et employé comme adverbe quand il modifie un verbe ou un adjectif.

HISTORIQUE

XIIIe s. Nos engins getoient aus leurs ; et les leurs aus nostres ; mès onques n'oy dire que les nostres feissent biau cop, Joinville, 221.

XIVe s. Et si [j'] avoie des esbattemens biau cop ; car, en tout le chemin, on ne faisoit que chanter et veoir dames et damoiselles, Machaut, p. 147.

XVe s. Et ne luy veis jamais tant de gens ensemble à beaucoup près, Commines, II, 2. Et si luy manda que on l'avoit volu trahir, et qu'il y avoit eu deux Bourguignons prins dont l'un estoit pendu, et l'autre avoit requis qu'on luy saulvast la vie, et qu'il diroit des choses beaucop, Bibl des Chartes, 4e série, t. II, p. 566.

XVIe s. C'est beaucoup si la fortune y arrive une fois en trois siecles, Montaigne, I, 207. Quand le peu suffit, le beau-coup devient superflu, Lanoue, 263.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BEAUCOUP. - REM. Ajoutez :

6. Au XIVe siècle on a dit grant cop : un grant boais [bois] où il y a grant cop des larrons, Rev. critique, 5e année, 2e sem. p. 386.

7° Beaucoup pour beaucoup de gens a été employé par Corneille : Saint Polyeucte est un martyr dont, s'il m'est permis de parler ainsi, beaucoup ont plutôt appris le nom à la comédie qu'à l'église, Abrégé du mart. de S. Poly. Vaugelas dit que beaucoup ne doit pas être ainsi employé seul ; malgré cet arrêt, la tournure condamnée, qui est commode, est restée en usage.

HISTORIQUE

XIVe s. Ajoutez : Pluseurs princes et barons… et biacop d'aultres que je ne sçai nommer, J. le Bel, Vrayes chroniques, t. I, p. 154.

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Beaucoup : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* BEAUCOUP, PLUSIEURS, (Gramm.) termes relatifs à la quantité : beaucoup a rapport à la quantité qui se mesure ; & plusieurs à celle qui se compte. Beaucoup d’eau ; plusieurs hommes. L’opposé de beaucoup est peu ; l’opposé de plusieurs est un. Pour qu’un état soit bien gouverné, nous disons qu’il ne faut qu’un seul chef, plusieurs ministres, beaucoup de lumiere & d’équité.

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Étymologie de « beaucoup »

Étymologie de beaucoup - Littré

Bourguig. beacô ; ital. bel copo ; de beau et coup, c'est-à-dire un grand coup, un coup heureux, et de là une grande quantité. Cette locution ne paraît bien s'établir que dans le XIVe siècle, car biau cop dans Joinville est au propre ; et il s'agit de beaux coups faits avec les engins de guerre. Mais, dès le XIIIe siècle, on disait grand coup au sens de beaucoup, ce qui est évidemment la même chose : Le roy ot, par la paix fesant, grant coup de la terre le comte, Joinville, 206. Et dans le XIVe siècle : L'en [on] estoit en conseill souvent ; Grant coup avoit de sage gent ; Là oïssiez de beaux langages, Le livre du bon Jehan, 1549.

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Étymologie de beaucoup - Wiktionnaire

(Date à préciser) Mot composé de beau qui signifie ici grand et de coup qui correspond à la partie d’un ensemble, d’un tout. Ce mot dénote une supplétion car son étymologie est distincte de celle de plus.
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Phonétique du mot « beaucoup »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
beaucoup boku play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « beaucoup »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « beaucoup »

  • Les coups de chaleur peuvent varier d’une simple déshydratation à des conditions beaucoup plus sévères. Il arrive parfois que des dommages aux organes vitaux soient irréversibles et mènent à la mort. Le Journal de Montréal, Beaucoup de chiens traités pour des coups de chaleur pendant la canicule au Québec | JDM
  • Les 26, 27 et 28 juin, la banque alimentaire organise une collecte de grande ampleur. Alors que la crise économique et sociale commence à se faire sentir, les associations qui redistribuent les denrées aux plus démunis placent beaucoup d’espoir dans cette opération. Le Messager, Banque alimentaire: «On attend beaucoup de cette collecte» - Le Messager
  • Cependant, beaucoup seront cavaliers d'entraînement, lad-driver, lad-jockey ou encore garçon de voyage et peu d'entre eux deviendront jockey ou driver.  LEntreprise.com, Beaucoup de "seniors" et de femmes dans le monde du turf - L'Express L'Entreprise
  • Qui pense peu, se trompe beaucoup. De Léonard de Vinci / Carnets
  • Manger peu, chasse beaucoup de maladies. De Proverbe algérien
  • Pour être simple, il faut beaucoup apprendre. De Olga Sedakova
  • Les révolutions font perdre beaucoup de temps. De Henry de Montherlant / Malatesta
  • Le silence suppose beaucoup de complicité. De Pierre Filion / La Prunante
  • Celui qui sait beaucoup dort peu. De Proverbe russe
  • Qui est riche a beaucoup de parents. De Proverbe
  • Trois beaucoup et trois peu sont pernicieux à l'homme : beaucoup parler et peu savoir, beaucoup dépenser et peu avoir, beaucoup présumer et peu valoir. De Proverbe espagnol
  • L'homme a beaucoup appris qui a beaucoup souffert. De Anonyme / La chanson de Roland
  • Qui croit beaucoup, beaucoup se trompe. De Proverbe oriental
  • Qui donne beaucoup, recevra beaucoup. De Proverbe hollandais

Traductions du mot « beaucoup »

Langue Traduction
Portugais muito
Allemand viel
Italien molto
Espagnol mucho
Anglais many
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Synonymes de « beaucoup »

Source : synonymes de beaucoup sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « beaucoup »


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