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Sympathie

Sommaire

  • Définitions du mot sympathie
  • Étymologie de « sympathie »
  • Phonétique de « sympathie »
  • Citations contenant le mot « sympathie »
  • Images d'illustration du mot « sympathie »
  • Traductions du mot « sympathie »
  • Synonymes de « sympathie »
  • Antonymes de « sympathie »

Définitions du mot sympathie

Trésor de la Langue Française informatisé

SYMPATHIE, subst. fém.

A. − Attrait naturel, spontané et chaleureux qu'une personne éprouve pour une autre. Synon. attirance, inclination, penchant; anton. antipathie, répulsion.Sympathie affective, ardente, débordante, expansive, naissante, profonde; une sympathie réciproque; avoir de la sympathie pour qqn; éprouver une vive sympathie, une tendre sympathie pour qqn; se prendre de sympathie pour qqn; manifester, montrer, témoigner de la sympathie; ressentir l'un pour l'autre une vive sympathie; inspirer de la sympathie à qqn; sympathie née d'une profonde estime, d'un profond respect; sympathie mêlée de pitié; élan, mouvement de sympathie. [Duroy] sentait bien qu'il lui plaisait, qu'elle avait pour lui plus que de la sympathie, une de ces affections qui naissent entre deux natures semblables (Maupass., Bel-Ami, 1885, p. 190).Il m'examine (...) avec une assurance attentive et amusée, où se reflète, plutôt qu'une curiosité indiscrète, cette sympathie instinctive qui semble le jeter impatiemment au-devant des êtres (Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. lxvi).
P. méton., vieilli, rare. Personne qui inspire la sympathie. Recevoir les gens qui viennent vous voir, serrer la main des sympathies (Goncourt, Journal, 1865, p. 227).Quand nos voitures se croisaient (...) un petit salut et un sourire (...). Jugez de ma surprise, l'autre matin, quand j'ai vu ma sympathie entrer dans la petite maison italienne qui est à deux pas de la nôtre (Feuillet, Camors, 1867, p. 273).
P. anal. [Le sentiment s'exprime à propos de qqc.] Quand il tenait un bibelot en ses doigts, il le tournait, le retournait, le regardait avec tant (...) d'élégance et de sympathie que l'objet paraissait aussitôt embelli (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Bar., 1887, p. 1301).Seul me demeurait hermétique le clan formé par Sartre, Nizan et Herbaud (...). On disait qu'ils « manquaient de sympathie à l'égard des choses » (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 310).
B. −
1. Concordance entre deux ou plusieurs personnes que rapprochent certaines affinités, certains goûts ou jugements communs; les relations ainsi créées, l'accord, la fusion ainsi réalisés. Cavaliers et dames (...) qui s'étaient rapprochés et choisis au gré de l'obscur instinct des sympathies et des affinités (Pesquidoux, Livre raison, 1925, p. 128).Nous nous développons dans la sympathie, mais c'est en nous opposant que nous apprenons à nous connaître (Gide, Geneviève, 1936, p. 1387).
Loc. En sympathie avec qqn. Elle trouvait étrange que sa tante rît de si bon cœur, et plus étrange encore qu'elle rît d'accord et en sympathie avec son frère (A. France, Putois, 1904, p. 57).Le gouverneur-général Ryckmans, coupé lui aussi de sa patrie, mais voulant que son pays participât à la guerre, était en sympathie avec la France libre (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 115).
P. anal. [Le compl. prép. désigne des choses] Il y a donc entre moi et tout ce qui existe une relation (le mot est tout à fait impropre) du même type que celle qui m'unit à mon corps (...). Ceci revient à dire que mon corps est en sympathie avec les choses (G. Marcel, Journal, 1921, p. 265).
Vieilli. Conformité, similitude de sentiments, de pensées. Eh bien, nous nous ressemblons donc; il y a sympathie en nous deux (E. de Guérin, Lettres, 1839, p. 335).
[Avec une précision sur la nature de l'affinité] [Exprimée par un adj.] Sympathie intellectuelle. Permettez-moi de voir dans l'attention exquise que vous avez eue de m'envoyer votre volume, sans me connaître, autant qu'une sympathie littéraire, le pressentiment merveilleux d'une amitié ignorée (Mallarmé, Corresp., 1866, p. 235).[Avec un compl. prép. de] Sympathie de pensées. Nous nous sommes trouvés en sympathie avec la comtesse, voilà tout. En sympathie de cœur? (...) Non, d'esprit, voilà tout (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 474):
1. J'ai à poser à la fois dans la même conversation cinq ou six personnages (...) et à montrer au milieu de tout cela un monsieur et une dame qui commencent (par une sympathie de goûts) à s'éprendre un peu l'un de l'autre. Flaub., Corresp., 1852, p. 25.
2. P. anal. Concordance entre certaines choses abstraites. Synon. correspondance.J'éprouve que mon imagination a tout à fait vieilli en ce qu'il n'y a plus aucune sympathie entre les idées de l'esprit et les sentiments de l'âme. Le beau et le bon ne font plus palpiter mon cœur (Maine de Biran, Journal, 1818, p. 109).Ma douleur d'enfant était le vague pressentiment de mes douleurs d'homme, une sorte de sympathie entre mon présent et un avenir que j'apercevais instinctivement dans cette vie végétale courbée avant le temps vers le terme où vont les arbres et les hommes (Balzac, Méd. camp., 1833, p. 114).
C. − Souv. au plur. Bonne disposition, attitude favorable, sentiment de bienveillance envers quelqu'un ou quelque chose. Nos sympathies ne sont généralement pas dangereuses; la nature, en cuisine comme en amour, nous donne rarement le goût de ce qui nous est mauvais (Baudel., Max. consol., 1867, p. 620).Si l'esprit critique et la sympathie ne sont pas, de soi, contradictoires, il s'en faut que ces deux vertus soient toujours faciles à concilier, qu'elles soient également représentées dans l'esprit de chaque savant (Marrou, Connaiss. hist., 1954, p. 99).
1. [La sympathie s'exerce à l'égard d'une pers., d'un groupe de pers.] Montrer, témoigner de la sympathie à qqn; avoir la sympathie de qqn, d'un milieu; conquérir la sympathie générale; jouir de la sympathie du quartier; conquérir, soulever des sympathies; s'acquérir les sympathies de qqn. Comment mériter son pardon? Comment reconquérir sa sympathie? (Martin du G., Thib., Belle sais., 1923, p. 947):
2. ... cette attraction des sympathies est un privilège, et je ne puis nier qu'il m'a été accordé. Presque toutes les femmes que je connais et tous les enfants qui m'approchent sont en bienveillance affectueuse avec moi... Amiel, Journal, 1866, p. 298.
Loc. Avoir qqn en sympathie. Éprouver des sentiments de sympathie, de bienveillance pour, envers quelqu'un. Ses camarades l'avaient en sympathie à cause de son caractère avenant (Aymé, Jument, 1933, p. 38).
[La sympathie s'exerce à l'égard d'un gouvernement, d'un pays] Vote de sympathie; courant de sympathie. J'avais des sympathies pour le gouvernement qui vient de tomber (Dumas père, Cachemire vert, 1850, 10, p. 288).Ce n'est peut-être qu'une coïncidence heureuse, mais le capital sympathie que s'assure Giscard auprès des dirigeants soviétiques devrait lui valoir leur soutien (Le Point, 21 mai 1979, p. 5, col. 3).
2. [La sympathie s'exerce à l'égard de qqc.] Accueillir une idée, un projet avec sympathie; offre, proposition qui ne rencontre aucune sympathie. Toute bonne intention rencontre certainement ici de nobles sympathies, mais elle y rencontre aussi des méfiances obstinées et une opposition funeste (Sand, Lélia, 1839, p. 459).Il réservait ses sympathies pour le dessert, et s'obstina même cruellement à ne point échanger sa part de gâteau au rhum contre une entrée à l'orangerie de Versailles que lui proposait Schaunard (Murger, Scènes vie boh., 1851, p. 149).
[La sympathie s'exerce à l'égard d'une œuvre d'art, d'une couleur] Manquer de sympathie pour l'art d'un écrivain. J'ai beaucoup de sympathie pour ce genre poétique (Amiel, Journal, 1866, p. 206).Aux Salons (...) [l'œuvre de Maurice Denis] suscite à la fois des polémiques et des sympathies (Mauclair, Maîtres impressionn., 1923, p. 192).
D. − Fait de s'associer aux sentiments d'autrui.
1. Fait de ressentir la joie ou, le plus souvent, la douleur d'autrui. La joie qu'il eut de mon succès me fut bien plus douce que la mienne propre (...). Elles sont si douces ces manifestations de sympathie vive et pure! (M. de Guérin, Corresp., 1834, p. 163):
3. Mon don de sympathie décroît et je fais moins volontiers mienne l'émotion du musicien que j'interprète; façon très compliquée de dire que je joue moins bien. Sans doute ce retrait de la sympathie vient aussi de ce que je prends conscience plus nette de moi-même et de ma valeur; façon compliquée de dire que la vieillesse invite à l'égoïsme. Gide, Journal, 1927, p. 863.
Loc. Par sympathie. Tout le long de son chemin, il se tint le ventre pour rire à son aise (...).Les petits hommes qui le rencontraient se mettaient à rire comme lui par sympathie (A. France, Balth., Abeille, 1889, p. 247).
En partic. Participation à des sentiments de tristesse, compassion. Un regard plein de sympathie; être très touché par des marques de sympathie. Charles (...) était encouragé et aidé dans sa convalescence par les prévoyances et les attentions de tous ceux qui l'approchaient. Il n'y avait que sympathies autour de lui (Goncourt, Ch. Demailly, 1860, p. 402).Il y a dans ce récit une telle sympathie, je prends ce mot dans son sens littéral, une si grande et si authentique compassion que je ne vois guère qu'un écrivain russe capable d'approcher de cette qualité d'amour (Green, Journal, 1949, p. 305).
[Dans des formules épistolaires] Assurer qqn de toute sa sympathie; croyez à ma bien cordiale sympathie; en témoignage de sympathie; merci de votre sympathie. Croyez à toute ma sympathie et agréez l'assurance de ma considération la plus distinguée. Lamartine (Lamart., Corresp., 1834, p. 14).« Je vous prie de croire à ma gratitude, et d'accepter l'assurance de ma sympathie dévouée. » Barois (Martin du G., J. Barois, 1913, p. 470).
[Plus partic., dans des formules de condoléances] Dites ma profonde sympathie à M. Lacroix. Ces pertes-là, qui font saigner le cœur, voilà, hélas! les vraies plaies, les seules (Hugo, Corresp., 1865, p. 508).Il était le fils de notre confrère (...), à qui nous exprimons, ainsi qu'à MmeAndré Faugère, en cette cruelle circonstance, l'expression de notre vive sympathie (Le Monde, 19 janv. 1952, p. 6, col. 3).
2. PSYCHOL. Participation aux émotions, ou imitation du comportement d'autrui. Expérimentalement, on distingue une sympathie d'identification (on se retrouve en autrui comme « âme-sœur »), une sympathie d'aspiration (on trouve en autrui des qualités que l'on voudrait avoir), et une sympathie de participation sociale (on se trouve des affinités sociales ou groupales) (Mucch.Psychol.1969).La sympathie varie depuis la simple acceptation et compréhension des sentiments du prochain jusqu'à la complète identification des états émotifs du sujet avec ceux des autres (Willems1970).
E. − Rapport, correspondance entre plusieurs choses, effet d'une chose sur une autre.
1. MÉD., PHYSIOL., vieilli
a) Rapport qui existe entre deux ou plusieurs organes du corps, et qui fait qu'un changement s'opère dans une partie du corps quand la partie similaire est atteinte ou lésée. Un exemple de sympathie due à l'union de nerfs entre eux est l'éternuement qui suit les irritations des narines (Cuvier, Anat. comp., t. 2, 1805, p. 116).Dans notre organisme se manifestent souvent les plus singulières sympathies entre différents organes (Béguin, Âme romant., 1939, p. 141).Loc. Par sympathie. L'estomac, et par sympathie tout le reste du canal intestinal (Cabanis, Rapp. phys. et mor., t. 1, 1808, p. 449).
b) HIST. DE LA MÉD. Poudre de sympathie. Préparation empirique composée de vitriol calciné, qui passait pour arrêter les hémorragies, guérir les plaies, même à distance. Synon. poudre sympathique (vieilli; v. ce mot D 1).La poudre de sympathie est une chimère dont on s'est désabusé depuis longtemps (Ac.1835, 1878).
2. HIST. DE L'OCCULT. ,,Correspondance que les anciens imaginaient entre les qualités de certains corps; aptitude qu'ont certains corps à s'unir, à se pénétrer`` (Ac. 1835, 1878). On dit que les plantes ont des sympathies et des antipathies, vivant volontiers en société avec certains végétaux et en repoussant d'autres (Baillont. 31891).
3. CHIM. Encre* de sympathie.
4. ACOUST., MUS. Par sympathie. Par effet du rapport qui s'établit entre plusieurs corps sonores lorsqu'ils entrent en vibration à la suite de l'excitation de l'un d'entre eux (d'apr. Mus. 1976). Cordes qui vibrent par sympathie. Des touches entièrement distinctes des corps qui résonnent à leur contact ou par sympathie (Schaeffner, Orig. instrum. mus., 1936, p. 143).
5. PEINT., vx. Propriété de certaines couleurs de s'harmoniser, de se faire mutuellement valoir lorsqu'on les rapproche, on les mêle (d'apr. Jossier 1881). Il y a de la sympathie entre ces deux couleurs. Ces couleurs ont de la sympathie (Ac. 1835, 1878).
Prononc. et Orth.: [sε ̃pati]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1409 avoir sympathie pour (qqc.) « avoir de l'attirance pour » (Jean Gerson, Sermon ds Irénikon t. 6, p. 731); 1534 « affinité entre des personnes » (Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder, p. 299, ligne 67); av. 1696 « participation aux sentiments d'une autre personne » (Sév., 62 ds DG); 2. « vertu occulte d'un corps sur un autre » spéc. 1643 poudre de sympathie (Corneille, Le Menteur, IV, 3, vers 1182). Empr. au lat.sympathia,-ae « accord, affinité naturelle », gr. σ υ μ π α ́ θ ε ι α « participation à la souffrance d'autrui » d'où « communauté de sentiments », de σ υ μ π α θ η ́ ς « qui sympathise », comp. de σ υ ́ ν « avec, ensemble » et du rad. π α θ- de π α ́ θ ο ς, v. -pathe. Fréq. abs. littér.: 3 047. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 234, b) 4 707; xxes.: a) 4 438, b) 5 007. Bbg. Dauzat Ling. fr. 1946, p. 16, 22. − Schalk (F.). Sympathia im Romanischen. Rom. Forsch. 1968, t. 80, pp. 425-458.

Wiktionnaire

Nom commun

sympathie \sɛ̃.pa.ti\ féminin

  1. Penchant instinctif qui attire des personnes les unes vers les autres.
    • Ce point de sympathie n’empêchait pas cependant qu’on aperçût entre elles des différences assez remarquables. — (Julie de Querangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, T.2,4, 1833)
    • Son chapeau mou rabattu sur les yeux, sa grosse figure joviale et colorée, son foulard, son manteau marron et je ne sais quelle familiarité courtoise et bon enfant lui assuraient partout la sympathie. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
  2. L’accord avec le sentiment d’autrui, le pouvoir que nous avons de participer aux peines et aux plaisirs les uns des autres. Syn. : empathie
    • Maintenant, j'acquiers la délicieuse preuve de la constante sympathie de nos cœurs, mais je fuirai... — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Et allez-y sans esprit critique, avec un parti pris de bonne humeur, d'urbanité et de sympathie communiquante. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  3. Bienveillance.
    • – Nom d’un chien ! – marmonna-t-il. – Je n’ai aucune sympathie pour les cadavres… J’aimerais mieux, ma foi, que l’individu fût vivant. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 331 de l’éd. de 1921)
    • […]; le bioéthicien et philosophe aux sympathies gauchistes Peter Singer invite, dans A Darwinian Left, la gauche à adopter des objectifs tenant compte des avancées de la sociobiologie. — (La démagogie est-elle génétique ?, dans Le Québec sceptique, n°58, p.17, automne 2005)
    • J'ai repris mes anciennes habitudes. Je sors le soir dans les bars pour rencontrer des gens, y aller à la cool pour m’attirer leur sympathie et essayer d'obtenir des informations, prendre la température du territoire, bref chercher si possible de nouveaux tontons. — (Pierre Folacci, Condé : Un flic à la PJ, La Manufacture de livres, 2017)
    • Contraint mais pas forcé, l'ancien champion se lance à corps perdu dans le projet, joue de la sympathie dont il jouit partout, notamment au CIO, pour faire passer les messages parisiens, transforme la maire Anne Hidalgo, longtemps réticente, en passionaria du dossier. — (JO-2024: les fabuleux destins de Tony Estanguet, AFP le 14.09.2017, sur le site de Challenges(www.challenges.fr))
  4. (Musique) État de deux cordes, ou plus généralement de deux corps sonores, dont le second se met à résonner lorsque le premier produit un son.
    • Il y a sympathie entre les cordes de même son. Cela est certain, puisqu’elles agissent les unes sur les autres; car c’est ce que ce mot signifie. — (Nicolas Malebranche, Entretiens sur la métaphysique, 1688)
    • Il aborde le sujet par ce qu’on appelle la vibration par sympathie, c’est-à-dire la résonance d’une corde tendue, lorsqu’une vibration sonore est produite dans son voisinage par une corde de même longueur, ou d’une longueur multiple. — (François Baskevitch, L’élaboration de la notion de vibration sonore : Galilée dans les "Discorsi", Revue d'histoire des sciences 2007/2, Armand Colin)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SYMPATHIE. n. f.
Penchant instinctif qui attire des personnes les unes vers les autres. Il y a une grande sympathie entre eux. Les effets de la sympathie. Éprouver de la sympathie pour quelqu'un. Ne sentir pour quelqu'un aucune sympathie. Il désigne également notre Accord avec le sentiment d'autrui, le pouvoir que nous avons de participer aux peines et aux plaisirs les un des autres. La sympathie sert en nous de contre poids à l'intérêt personnel.

Littré (1872-1877)

SYMPATHIE (sin-pa-tie) s. f.
  • 1 Terme de physiologie. Rapport existant entre deux ou plusieurs organes plus ou moins éloignés les uns des autres, et qui fait que l'un d'eux participe aux sensations perçues ou aux actions exécutées par l'autre. Il y a sympathie entre les parties d'un même organe et entre les organes divers d'un même appareil.

    Terme de pathologie. Influence morbide qu'un organe malade exerce sur certains autres qui ne sont pas directement attaqués.

    Fig. Quand le chef souffre, tous les membres souffrent par sympathie, Bourdaloue, Myst. de la Pass. de J. C. t. I, p. 294.

  • 2Penchant instinctif qui attire deux personnes l'une vers l'autre. L'aveugle sympathie est ce qui fait agir [dans l'amour], Corneille, Agésil. II, 2. Il est des nœuds secrets, il est des sympathies, Dont par le doux rapport les âmes assorties S'attachent l'une à l'autre, Corneille, Rod. I, 7. Il y a des cœurs qui ont tant de sympathie sur certains sentiments, qu'ils sentent par eux ce que pensent les autres, Sévigné, 62. Que ceux qui nient la sympathie des âmes expliquent, s'ils peuvent, comment de la première entrevue, du premier mot, du premier regard, Mme de Warens m'inspira, non-seulement le plus vif attachement, mais une confiance parfaite, Rousseau, Confess. II. Le mot sympathie n'exprime qu'imparfaitement l'union intime de deux âmes qui n'en forment plus véritablement qu'une seule, Genlis, Mlle de la Fayette, p. 238. Elle croyait à la sympathie ; c'est la superstition de tous les cœurs sensibles, Genlis, Veill. du chât. t. II, p. 239, dans POUGENS.
  • 3 Terme de philosophie. La faculté que nous avons de participer aux peines et aux plaisirs des autres. La sympathie sert de contre-poids à l'égoïsme, Dict. de l'Acad.
  • 4Sorte de penchant supposé par les anciens entre différents corps ; aptitude à s'unir, à se pénétrer. Les sympathies entre certains animaux. Le mercure s'unit à l'or par sympathie. Une sympathie, une correspondance singulière n'était pour eux [les anciens] qu'un phénomène ; et c'est pour nous un paradoxe, dès que nous ne pouvons le rapporter à nos prétendues lois du mouvement, Buffon, Hist. nat. hom. Œuvr. t. IV, p. 234.

    Poudre de sympathie, poudre préparée avec du vitriol calciné au soleil, que l'on jetait sur le sang sorti d'une blessure, et que l'on prétendait guérir la personne blessée, quoiqu'elle fût éloignée. Le baume tranquille no faisait plus rien ; c'est ce qui m'a fait courir avec transport à votre poudre de sympathie, qui est un remède tout divin ; ma plaie a changé de figure, elle est quasi sèche et guérie, Sévigné, 28 janv. 1685. Je crois que la poudre de sympathie n'est point faite pour de vieux maux : elle n'a guéri que la moins fâcheuse de mes petites plaies ; j'y mets présentement de l'onguent noir, qui est admirable, Sévigné, 7 févr. 1685.

    Encre de sympathie ou encre sympathique, encre sans couleur qui noircit lorsqu'on la soumet à un certain agent. La première est écrite avec de l'encre ordinaire, et paraissait seule à la vue ; la seconde est écrite avec de l'encre de sympathie, Corresp. du gén. Klinglin, I, 386.

  • 5Rapport, convenance que certaines choses ont entre elles. Il y a une sympathie naturelle entre certains sons et les émotions de notre âme.

    Terme de peinture. Propriété qu'ont certaines couleurs de plaire et de se faire mutuellement valoir, rapprochées ou mêlées ensemble.

HISTORIQUE

XVIe s. Et, à fin qu'on ne se moque de cette sympathie que j'ay avecques elles [pour les bestes], Montaigne, II, 132.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SYMPATHIE, dans un sens plus naturel & plus vrai, s’emploie pour exprimer l’aptitude qu’ont certains corps pour s’unir ou s’incorporer, en conséquence d’une certaine ressemblance, ou convenance dans leurs figures. Comme antipathie signifie une disposition contraire, qui les empêche de se joindre ; bien entendu qu’on n’attache à ces mots d’autres idées que celle de la propriété qu’ils expriment, sans prétendre que cette propriété vienne de quelque être métaphysique, ou qualité occulte résidente dans ces corps.

Ainsi, le mercure qui s’unit à l’or, & à beaucoup d’autres métaux, roule dessus le verre, la pierre, le bois, &c. & l’eau qui mouille le sel, & qui le dissout, coule sur le suif sans s’y attacher ; de même que sur une surface couverte de poussiere, & sur les plumes des oiseaux de riviere.

Deux gouttes d’eau ou de mercure se joindront immédiatement par le contact, & ne feront qu’une ; mais si vous versez sur du mercure de l’huile de tartre, de l’esprit-de-vin & de l’huile de térébenthine par-dessus, & enfin qu’il y ait de l’air par-dessus le tout ; tout ces fluides resteront dans le vaisseau sans se mêler ou s’unir en aucune sorte les uns avec les autres.

La différence de pesanteur spécifique de ces liqueurs paroît être la principale cause de ce phénomene. Car l’hydrostatique nous apprend que si deux fluides d’inégale pesanteur sont dans un vase, le plus léger se mettra toujours au-dessus du plus pesant. Il faut cependant, pour que les fluides ne se mêlent pas, que la différence de pesanteur soit un peu considérable. Car le vin, par exemple, quoique plus léger que l’eau, se mêle avec elle, à-moins qu’on ne le verse fort doucement, ou à-moins qu’on ne le verse sur quelque corps nageant sur la surface de l’eau (tel par exemple, qu’une tranche de pain), & qui amortisse la force que le vin peut avoir reçu en tombant. (O)

Sympathie, (Physiolog.) cette convenance d’affection & d’inclination ; cette vive intelligence des cœurs, communiquée, répandue, sentie avec une rapidité inexplicable ; cette conformité de qualités naturelles, d’idées, d’humeurs & de tempéramens, par laquelle deux ames assorties se cherchent, s’aiment, s’attachent l’une à l’autre, se confondent ensemble, est ce qu’on nomme sympathie. Quelle est rare & délicieuse, sur-tout quand elle est si forte, que pour me servir des termes d’un auteur anglois, il ne peut naître de troisieme amour entre deux ! mais ce n’est point de cette heureuse liaison, dont je dois entretenir le lecteur. Il s’agit ici de cette communication qu’ont les parties du corps les unes avec les autres, qui les tient dans une dépendance, une position, une souffrance mutuelle, συνπάθεια, & qui transporte à l’une des douleurs, les maladies qui affligent l’autre. Il est vrai pourtant que cette communication produisoit aussi quelquefois par le même méchanisme un transport, un enchaînement de sensations agréables.

La sympathie, en physique anatomique, est donc l’harmonie, l’accord mutuel qui regne entre diverses parties du corps humain par l’entremise des nerfs, merveilleusement arrangés, & distribués pour cet effet.

La nature s’est proposé trois choses principales dans leur distribution ; 1°. de donner du sentiment aux organes des sens.

2°. De donner du mouvement aux muscles & aux fibres.

3°. De mettre les parties du corps dans une dépendance réciproque les unes des autres. L’œil, comme s’exprime un écrivain sacré (c’est S. Paul), ne peut pas dire à la main, je n’ai que faire de toi, ni la tête aux piés, je n’ai que faire de vous : ainsi les nerfs sont autant de renes dont l’ame se sert pour tourner le corps de tous côtés ; ce n’est qu’à eux que les parties doivent leurs mouvemens ; les rameaux que leur envoient les mêmes troncs, ou ceux qui se communiquent, les tiennent dans une dépendance mutuelle, & portent à l’une les maux ou les plaisirs, qui affligent l’autre.

Fausse hypothèse sur la sympathie. Quelques auteurs ont attribué cette espece de commerce qui se trouve entre les parties, aux membranes qui leur sont communes ; mais il n’y eut jamais d’opinion moins fondée ; l’expérience nous apprend que les membranes perdent le sentiment de l’action, dès qu’elles n’ont plus de liaison avec les nerfs ; ce n’est donc pas sur elles qu’on doit rejetter les accidens qui s’étendent d’une partie à l’autre ; souvent la partie qui partage la couleur d’une autre est fort éloignée, & ce qui se trouve dans l’entredeux, ne souffre point.

Comment pourroit-il se faire qu’une membrane qui transporte ces mouvemens irréguliers, ne fît aucun ravage dans le milieu ? D’ailleurs, ceux qui soutiennent l’opinion dont nous parlons, s’imaginent que c’est par des oscillations que les membranes se communiquent leurs mouvemens ; mais qui pourra croire que des membranes pressées fortement de tous côtés, attachées à chaque point de leur surface, flottantes dans une infinité d’endroits, lâches presque partout, conduites par plusieurs détours, soient capables de vibrations ? Ce n’est donc qu’aux nerfs & aux vaisseaux qu’il faut rapporter la sympathie qui se trouve entre les parties du corps. Entrons dans l’explication de ce méchanisme.

Sympathie de la tête avec d’autres parties du corps expliquées. Dans diverses maladies du cerveau, comme dans les contusions, les yeux s’enflamment ; le suc nerveux porté dans les nerfs qui vont à l’œil, donne beaucoup de force aux vaisseaux, & pousse le sang dans les arteres lymphatiques ; les nerfs de la troisieme, quatrieme & sixieme paires, mettent les muscles en convulsion, & le regard devient féroce, ce qui pronostique le délire prochain.

Les douleurs de l’oreille sont des plus aiguës ; le grand nombre de rameaux de la septieme paire, & sa communication avec la huitieme, en donnent la raison ; il survient des pustules à la langue, & quelquefois on ne peut plus parler quand le cerveau est abscédé : d’abord les nerfs envoient beaucoup de suc dans les muscles de la langue, y engorgent les vaisseaux, & forment par-là des pustules ; enfin par la violente compression des nerfs, la langue devient paralytique.

Dans les blessures de tête, on vomit de la bile ; en voici la raison ; par l’action des nerfs qui vont à ce viscere, les tuyaux sont resserrés, & comme le sang n’a pas un grand mouvement, il s’accumule & filtre plus de bile ; mais l’action ne doit pas se terminer seulement au soie, elle peut s’étendre sur d’autres parties ; aussi a-t-on remarqué que dans les blessures de tête, il se répandoit dans la cuisse un engourdissement ; l’intercostal qui s’étend aux cuisses, explique ce phénomene.

Sympathie des yeux expliquée. Les parties de la tête qui sont hors du crâne, ont beaucoup d’empire sur les autres. 1°. Les yeux reçoivent des nerfs de la cinquieme paire ; ainsi la dure-mere est agitée quand les yeux le sont ; de-là vient que l’ophthalmie produit une douleur de tête avec des battemens : 2°. quand un œil est attaqué, l’autre l’est dans la suite, c’est peut-être parce que les deux branches de la troisieme paire sortent du même endroit : 3°. quand les humeurs d’un œil s’écoulent par quelque blessure, l’autre diminue ; cet accident vient du vaisseau sympathique, lequel communique avec les deux yeux : 4°. les yeux nous marquent les passions ; parce que la cinquieme paire qui se répand dans l’œil, communique avec les nerfs des visceres : dès qu’il y a quelque grande agitation dans le cerveau, le suc nerveux qui est envoyé dans les nerfs des yeux, y imprime divers mouvemens. 5°. La diarrhée, selon Hippocrate, guérit l’ophtalmie ; cela doit être ainsi, puisqu’alors les vaisseaux engorgés dans les yeux se desemplissent. 6°. Dans certaines maladies, les yeux se bouffissent, parce que le sang ne peut pas retourner par les veines, car quand on lie la jugulaire d’un chien, son œil se gonfle extraordinairement. 7°. Dans les grandes passions, il succede une inflammation de l’œil ; cela vient de ce que les nerfs contractent les extrémités capillaires des arteres ; alors le sang étant accumulé, & poussé avec plus de force, se jette dans les arteres lymphatiques de l’œil. 8°. Quand le corps est privé de nourriture, les yeux s’enfoncent, parce que ce qui forme leur masse, & la graisse qui les environne diminue. 9°. Comme il y a beaucoup de houpes nerveuses dans les paupieres, elles doivent être sensibles ; & quand elles seront fort irritées, il pourra survenir des convulsions dans tout le corps, à cause des communications de la cinquieme paire d’où elles tirent leur naissance.

Sympathie des narines expliquée. La dépendance mutuelle des narines & du diaphragme s’explique par le nerf intercostal, qui donne un rameau au diaphragme, & en reçoit un de chaque côté des nerfs diaphragmatiques. Baglivi s’est imaginé, que le nez avoit quelque liaison particuliere avec les intestins, parce que quand on fume, on est quelquefois purgé ; mais c’est qu’alors, on a avalé de la fumée de tabac. Pour ce qui regarde le cerveau, il n’est pas surprenant que certaines matieres comme l’héllebore, puissent causer des convulsions ; la communication de la cinquieme paire avec le nez explique ce phénomene : mais il y a une chose singuliere qui arrive très-souvent, c’est qu’on éternue en regardant fixement le soleil ; cela vient de ce que la branche nasale de l’ophtalmique donne un rameau qui rentre dans le crâne, & en sort avec l’olfactif, pour s’aller répandre dans la membrane pituitaire.

Sympathie des oreilles expliquée. Nous avons vu la liaison du cerveau avec les oreilles ; mais il reste à expliquer plusieurs phénomenes qui regardent d’autres parties.

1°. Wincler a dit qu’en faisant faire des mouvemens violens à un homme qui avoit une fluxion à l’oreille, il le délivra de cette incommodité ; c’est que par des mouvemens violens il agita les nerfs, & rendit le cours aux liqueurs arrêtées.

2°. Fabrice de Hildan rapporte d’une femme, que les douleurs qu’elle sentoit à l’oreille s’étendoient jusqu’au bras ; c’est que la portion dure communique avec la seconde & troisieme vertébrale, qui de leur côté, communiquent avec les nerfs brachiaux.

3°. Quelquefois les douleurs s’étendent à la cuisse ; ce symptome ne peut résulter que de la communication des nerfs lombaires avec l’intercostal ; le suc nerveux étant poussé par ce dernier nerf, retrécit les extrémités capillaires des vaisseaux, & par les engorgemens qu’il y forme, il y cause des douleurs.

4°. Dans les maux d’oreille, il arrive quelquefois une difficulté d’avaler ; cet effet procede de ce que les nerfs de la cinquieme paire, qui vont à la langue, communiquent avec la portion dure.

5°. Selon l’observation de Baglivi, la surdité qui survient dans les maladies, arrête le cours-de-ventre : quand il arrive des dérangemens dans les nerfs de l’oreille, l’intercostal étant secoué, envoie plus de suc nerveux dans les plexus mésentériques, & retrécit les extrémités capillaires des arteres.

6°. Les douleurs d’oreilles naissent souvent dans les maladies aiguës, & sont un bon signe ; c’est qu’alors la matiere qui cause la maladie, se dépose dans les glandes parotides ; plusieurs médecins font appliquer un cautere actuel à ces glandes, & cela reussit fort bien. Au reste, ce dépôt arrive par la facilité que trouve la matiere à s’arrêter dans les cellules glanduleuses.

Sympathie des dents expliquée. Les dents n’ont pas moins de liaisons que l’oreille avec plusieurs parties du corps. 1°. Le mal aux dents cause une tumeur & une inflammation ; nous le concevons en ce que les nerfs de la cinquieme paire qui vont aux dents, envoyent des rameaux aux joues, aux gencives, aux muscles du visage ; ainsi, quand la douleur de dents est violente, les nerfs contractent les extrémités artérielles ; les engorgemens qui arrivent alors, forment des inflammations, & font filtrer beaucoup de liqueur dans les interstices des fibres, soit des gencives, soit de la joue : en un mot, il arrive ici ce qu’on voit arriver quand on lie la jugulaire d’un chien, c’est-à-dire, que le voisinage se gonfle.

2°. La douleur des dents s’étend jusqu’aux oreilles, à cause de la communication de la portion dure avec la cinquieme paire.

3°. Les yeux souffrent du mal des dents ; quelquefois il survient une tumeur sous l’œil, & la paupiere paroit palpiter : la branche qui se porte aux dents de la mâchoire supérieure, envoie un rameau dans le canal qui est sous l’orbite, va se répandre aux tégumens du visage, & à la levre supérieure ; or ce nerf étant agité, le suc qui y coule contracte les extrémités artérielles sous l’œil, & y cause une tumeur par ce retrécissement. L’origine commune de cette branche & de l’olphtalmique de Willis, fait voir encore que l’œil doit pâtir du mal des dents.

4°. Quand les dents sortent aux enfans, ils éprouvent des diarrhées, des fievres, des vomissemens. Comme les nerfs de la cinquieme paire sont fort agités, la huitieme qui communique avec elle dans la bouche, & avec l’intercostal, qui tire son origine de la cinquieme, contracte à diverses reprises les extrémités artérielles des intestins, il doit donc s’exprimer une liqueur qui se filtrera dans les intestins ; si la contraction est telle que tout soit bouché, alors la fievre & des vomissemens succéderont.

5°. Il survient aux enfans des mouvemens épileptiques, l’agitation de la cinquieme, huitieme paire, & de l’intercostal, en donnent la raison ; d’ailleurs le sang arrêté dans les visceres, agite de tous côtés les nerfs par diverses secousses qu’il reçoit du cœur ; & de-là dépend l’observation d’Hippocrate ; savoir, que les convulsions ne surviennent pas aux enfans qui ont des diarrhées, car les vaisseaux se désemplissent.

6°. Les remedes qu’on met dans l’oreille, appaisent quelquefois le mal de dents ; on le conçoit par la communication de la cinquieme paire avec la portion dure.

7°. Les vésicatoires guérissent quelquefois l’odontalgie. C’est un principe constant que tout étant en équilibre dans le corps humain, l’effort se jette vers l’endroit où cet équilibre est interrompu ; or par les vésicatoires l’équilibre est interrompu dans un point, & alors l’effort se portant vers ce point-là, il est moindre aux environs des dents.

8°. Pour ce qui regarde la liaison du larynx & du pharynx, la paire vague y envoie des rameaux de dessous le corps olivaire, & le récurrent en donne à l’œsophage & à la trachée-artere.

Sympathie des poulmons expliquée. La poitrine nous offre plusieurs phénomenes curieux ; mais il y a beaucoup de faits qu’on rapporte à la sympathie, qui dépendent d’une autre cause. 1°. Les poumons étant attaqués, les nerfs intercostaux doivent produire des inspirations fréquentes ; car l’intercostal joint aux nerfs dorsaux, communique avec la huitieme paire.

2°. Les inflammations des poulmons font sentir de la douleur vers les clavicules & l’omoplate, parce que le nerf intercostal forme avec la seconde paire dorsale le nerf qui se porte au muscle souclavier.

3°. Les joues rougissent dans les phthisiques. Pour expliquer ce phénomene, il faut observer que le sang ne coulant pas librement dans les poumons, il se trouve arrêté dans la veine cave supérieure ; les arteres doivent donc nécessairement se gonfler, & envoyer plus de sang au visage. Autre remarque, c’est que le réseau est considérable aux joues ; or les parties venant à se sécher dans la phthisie, & le réseau du visage étant plus gros aux joues, il arrive que le sang s’y jette en plus grande quantité.

4°. Le cerveau souffre dans les maladies du poumon ; cela peut résulter de la communication de la huitieme paire avec la cinquieme, laquelle envoie des rameaux à la dure-mere ; mais il faut surtout avoir égard au sang qui ne peut pas descendre commodément du cerveau.

5°. Baglivi croit qu’il y a de la sympathie entre la poitrine & les testicules, parce que les maladies du poumon se jettent dans les bourses ; mais cet accident rare ne vient pas de leur liaison. Les matieres qui forment un abscès dans le tissu pulmonaire, se peuvent transporter dans tout le corps, soit par la disposition des parties, soit par quelque accident.

6°. En appliquant des vésicatoires aux jambes, on a soulagé quelquefois les pleurétiques. On a dit que dans l’endroit où agissent les vésicatoires, il se fait une dérivation, & que la matiere déposée dans les poulmons se porte aux jambes ; mais cette explication n’est qu’un jeu d’esprit, & le fait même est douteux.

7°. Quand le diaphragme est enflammé, on tombe dans la phrénésie, qui n’est quelquefois qu’une inflammation des meninges ; cela vient de ce que le diaphragme n’ayant plus de mouvement libre, le sang s’arrête dans les poumons, & par conséquent dans le cerveau ; d’ailleurs le nerf diaphragmatique communiquant avec l’intercostal, agite la cinquieme paire qui donne des rameaux à la dure-mere ; ce même nerf se rendant au cerveau, peut encore y porter une agitation qui causera la phrénésie.

Sympathie du ventricule expliquée. Les maux qui surviennent au ventricule, se répandent presque de toutes parts. 1°. Les douleurs de tête, le délire, le vertige, la rougeur du visage, les affections soporeuses dépendent très-souvent de ce viscere. Les nerfs du ventricule étant agités, ceux des reins, de la rate, du foie, des plexus mésentériques le sont aussi, & contractent les vaisseaux. La contraction des extrémités artérielles arrête le sang dans toutes ces parties ; c’est donc une nécessité que les liqueurs se portent en plus grande quantité vers la tête, & y produisent les effets dont nous venons de parler.

2°. Les nerfs qui vont au ventricule, fournissent des rameaux au larynx, au pharynx, aux muscles de l’os hyoïde & à l’œsophage ; ainsi le ventricule étant agité, les rameaux le seront, & envoyeront plus de suc nerveux dans ces endroits ; aussi l’excrétion de la salive précede le vomissement. Souvent les esquinancies se guérissent par les purgatifs ; & la langue, selon Baillou, se sent toujours de l’état du ventricule.

3°. Pour la poitrine, elle n’a pas moins de liaison avec le ventricule. On sait que la huitieme paire qui donne des rameaux à la trachée-artere, va former les plexus pneumoniques, & se répand sur l’œsophage. Il ne faut donc pas être surpris si le trouble qui arrive dans ce viscere, excite des toux opiniâtres, & si les matieres qui relachent le ventricule, sont si salutaires dans l’inflammation des poumons.

4°. Mais si les poumons sont troublés par le ventricule, le cœur ne l’est pas moins. Les rameaux qui vont au plexus cardiaque, au cœur, aux oreillettes, doivent nécessairement être agités, quand les nerfs du ventricule le sont ; car ils sortent de la huitieme paire ; alors l’esprit nerveux se portera dans le cœur en si grande abondance, que ce muscle demeurera longtems en contraction ; or cela ne sauroit arriver qu’on ne tombe en syncope, & les praticiens en rapportent plusieurs exemples.

Outre les liaisons dont nous venons de parler, le ventricule en a encore d’autres avec l’abdomen. D’abord, le plexus semilunaire qui forme par ses rameaux le plexus splénique, communique avec le plexus stomachique ; ainsi quand la rate sera remplie de sang épais dans les hypocondriaques, ses mouvemens irréguliers se communiqueront au ventricule, & en resserrant son pylore, ils donneront lieu à l’air de se raréfier, & de causer des gonflemens. Le foie ne souffrira pas moins des mouvemens irréguliers du ventricule ; les fibres nerveuses que la huitieme paire envoie au pylore, se joignent au plexus hépatique ; ainsi quand elles seront agitées, la bile coulera sur le champ.

Le plexus stomachique communique avec le plexus mésentérique : donc les douleurs de l’estomac peuvent passer dans les intestins ; en outre le plexus rénal gauche communique avec le plexus stomachique ; ainsi les reins s’enflammant, le vomissement pourra succéder. Les vomissemens qui surviennent aux femmes grosses, naissent de ce que le sang qui sortoit de l’utérus, n’ayant plus cette issue, il se jette en plus grande quantité dans l’artere cœliaque. Enfin comme les nerfs de la huitieme paire qui se terminent presque au ventricule, communiquent avec les nerfs qui se répandent au-dehors, on ne sera pas surpris si les maux qui arrivent à l’estomac, excitent des sueurs, ou suppriment la transpiration ; la grande contraction qu’éprouvent alors les vaisseaux, exprimera d’abord les liqueurs des couloirs, & finira par boucher les tuyaux secrétoires.

Sympathie des intestins expliquée. Les intestins reçoivent leurs nerfs des intercostaux ; ces nerfs forment le plexus cardiaque & le splénique, qui communiquent avec les nerfs dorsaux, les nerfs de l’estomac & ceux de la vessie ; ainsi 1°. dans la passion iliaque il surviendra souvent des syncopes par l’agitation du plexus cardiaque ; 2°. la respiration sera difficile, parce que les nerfs costaux seront tirés par l’intercostal ; 3°. on vomira à cause de la communication des plexus mésentériques avec le stomachique ; 4°. il surviendra un grand écoulement de bile, & peut-être une inflammation au foie, parce que le plexus hépatique sort du plexus semilunaire, qui jette des rameaux pour former les plexus du mésentere ; 5°. l’urine s’arrêtera, parce que les plexus rénaux retréciront les extrémités capillaires des arteres rénales ; 6°. les coliques pourront causer des maux de tête, puisque le sang étant arrêté dans les intestins, dans les reins & dans le foie, se porte à la tête en plus grande quantité. Les tiraillemens causés par les nerfs inférieurs, pourront aussi produire des convulsions, & ces convulsions pourront causer la paralysie.

Sympathie du foie expliquée. Le foie reçoit son plexus du nerf intercostal qui lui envoie trois rameaux, après qu’il en a donné un au diaphragme. Voyons ce que doit produire une telle origine. 1°. Dans les inflammations du foie, il arrive des hémorrhagies par la narine droite ; cela vient de ce que le nerf intercostal droit qui fournit le plexus hépatique, communique avec les nerfs qui vont au nez, & y cause des engorgemens qui sont suivis d’une hémorrhagie. 2°. Ceux qui ont le foie trop gros & enflammé, sentent, selon Baillou, une douleur aux clavicules & aux omoplates ; il faut remarquer qu’alors on ne respire qu’en élevant les côtes ; on tient l’omoplate & la clavicule élevés, ce qui ne peut se faire quelque tems sans douleurs. 3°. Il arrive des vomissemens, à cause que les fibres de la huitieme paire qui vont au pilore, se joignent au plexus hépatique. 4°. Hollier rapporte qu’il a vu deux ou trois fois à la cuisse des douleurs insupportables qui ne cédoient à rien, & qu’il a trouvé du pus entre les muscles. Dans ce cas, le foie avoit quelque vomique ; car ce phénomene ne dépend pas des nerfs ; peut-être que le pus de la jambe s’étoit déposé dans le foie, ou que du foie il étoit venu en circulant au-travers la substance celluleuse jusqu’aux extrémités.

Sympathie de la rate expliquée. Nous avons déja dit quelque chose de la rate. 1°. Ses incommodités se font sentir quelquefois au côté droit ; cela doit arriver par la communication du plexus sémi-lunaire gauche avec le plexus hépatique ; car c’est ce plexus semi-lunaire qui donne origine au plexus splénique. 2°. Quand il y a quelque obstruction, on est sujet au vomissement ; cela vient de la communication du plexus semi-lunaire avec le plexus stomachique. 3°. Les hypocondriaques ont une difficulté de respirer ; les rameaux de l’intercostal qui se joignent aux nerfs dorsaux, doivent causer ce symptome, & la branche intercostale qui va s’unir à la huitieme paire près des plexus pneumoniques, peut encore contribuer à cet effet, de même que l’union du plexus semi-lunaire avec le nerf gauche de la huitieme paire. 4°. Par la derniere communication dont nous venons de parler, les hypocondriaques sentent du resserrement à la région de l’estomac ; il faut y ajouter encore la grande quantité du sang que reçoit le ventricule à cause de l’obstruction de la rate. 5°. Comme le plexus cardiaque reçoit des branches de l’intercostal gauche, le cœur peut participer aux maux de la rate. 6°. On doit sentir un poids, surtout quand on a mangé ; car le resserrement causé par les nerfs accumule le sang dans les arteres, & la rate est comprimée par les alimens.

Sympathie des reins expliquée. Une partie qui cause bien des dérangemens dans la machine, c’est les reins. 1°. S’il y a quelque pierre, il survient une difficulté de respirer ; cela se conçoit par la communication de l’intercostal avec les nerfs costaux & avec la huitieme paire ; d’ailleurs, afin que le diaphragme ne comprime pas le rein, on éleve les côtes, on se tient droit. De cette même cause naissent quelquefois des douleurs de côté semblables à celles de la pleurésie.

2°. Lister remarque qu’il survient des palpitations, quand on a quelque pierre aux reins ; cela peut arriver par les contractions fréquentes que causent dans le cœur les branches de l’intercostal qui forment le plexus cardiaque.

3°. Le pouls est petit du côté malade ; car comme l’intercostal communique avec les nerfs brachiaux, ces nerfs qui sont alors agités, contractent les arteres, & les empêchent d’obéir comme auparavant, aux mouvemens du cœur.

4°. Il survient des coliques & des vomissemens ; la communication des plexus mésentériques & du stomachique avec les plexus rénaux, produisent ces accidens.

5°. Le testicule se retire en haut, à cause des rameaux lombaires qui se jettent dans les vaisseaux spermatiques, & qui vont au muscle crémaster, lequel en se contractant, doit de nécessité soulever le testicule.

6°. On sent un engourdissement à la cuisse, en conséquence de la compression du nerf intercostal près du rein.

7°. Il arrive une suppression d’urine, parce que les nerfs irrités contractent les extrémités artérielles des reins.

8°. On éprouve une douleur aux lombes, parce que vers l’endroit où naissent les branches des plexus rénaux, il y a des filets qui vont se jetter aux lombes ; d’ailleurs les plexus semi-lunaires, après avoir donné des plexus aux reins, donnent des branches aux lombes.

9°. Les douleurs d’un rein s’étendent à l’autre ; souvent même elles ne se font pas sentir dans le rein qui est affligé, mais dans l’autre. Comme les plexus semi-lunaires communiquent ensemble, lorsqu’un rein est malade, la contraction que les plexus porteront dans les arteres de l’autre rein, y pourront causer une suppression ; mais si les pierres causent une grande compression dans un rein, il n’y aura plus de sentiment ; cependant les distensions que causeront ces pierres, tirailleront les nerfs de l’autre rein, & y transporteront la douleur.

Sympathie de la vessie expliquée. Nous finirons les mouvemens sympathiques qui regardent les couloirs de l’urine, par le rapport de la vessie avec quelques parties. 1°. Quand elle contient quelque pierre, on sent de la douleur au gland ; ce symptome résulte de ce que les nerfs étant irrités par la pierre, contractent les vaisseaux tendres qui sont au gland, & y causent quelque séparation dans les fibres. 2°. Quand on urine avec douleur, on sent de petits mouvemens convulsifs presque par tout le corps ; c’est que les nerfs intercostaux agitent les nerfs épineux, qui peuvent porter leur mouvement dans toutes les parties. 3°. La vessie doit communiquer ses mouvemens à l’abdomen, à cause qu’elle reçoit les nerfs du plexus mésentérique inférieur. 4°. A l’anus, aux protastes, aux vésicules séminales ; car les nerfs que reçoit la vessie, viennent de la même origine, c’est-à-dire, du plexus mésentérique & de l’intercostal.

Sympathie de l’uterus expliquée. Si quelque partie a de la liaison avec les autres, c’est assûrement la matrice. 1°. Dans la passion hystérique les femmes sentent quelquefois un froid glaçant derriere la tête ; les nerfs vertébraux qui communiquent avec l’intercostal, sont tellement agités par ce dernier nerf, qu’ils envoient dans les tégumens de la tête une grande quantité de suc nerveux ; de sorte que les vaisseaux sont entierement resserrés ; & comme le sang n’y peut pas couler, la diminution du mouvement fait sentir le froid.

2°. Il survient une grande douleur de tête, parce que le sang arrêté dans les parties inférieures se porte en grande quantité vers les parties superieures ; c’est de-là que dépend encore le vertige dont l’origine consiste dans le gonflement des arteres qui vont à l’œil ; c’est encore à cette même cause, qu’il faut rapporter le tintement d’oreille ; car les vaisseaux qui accompagnent le nerf acoustique, agitent ce nerf par leurs battemens.

3°. La pâleur qui survient dans cette maladie, peut s’expliquer par le gonflement des gros tuyaux qui compriment les petits & empêchent le sang d’y couler.

4°. Les convulsions naissent du sang arrêté, qui, par ses secousses, agite par-tout le genre nerveux.

5°. Il survient un grand resserrement au larynx & aux pharynx ; ce resserrement procede de la liaison du plexus glangliforme de l’intercostal, avec la branche de la huitieme paire qui se porte au larynx & au pharynx.

6°. La difficulté de respirer, résulte de l’agitation que cause l’intercostal dans les plexus pneumoniques, par le rameau qui s’insere à la huitieme paire. Le sang étant arrêté dans les poumons, parce qu’il ne peut pas couler vers les parties inférieures, peut encore rendre la respiration pénible : ajoutez la communication du nerf diaphragmatique avec l’intercostal, & vous verrez que toutes ces causes ne seront que trop suffisantes pour déranger la respiration.

7°. Le vomissement peut venir, 1°. du sang qui se jette en trop grande quantité dans le ventricule ; 2°. de l’agitation que les plexus mésentériques causent dans les rameaux que la huitieme paire envoie à l’œsophage ; & 3°. de l’agitation des branches lombaires, qui vont aux muscles de l’abdomen.

8°. La syncope procede de ce que les plexus cardiaques tiennent le cœur dans une longue contraction, par la grande quantité de suc nerveux qui y est envoyé.

9°. Le foie doit pareillement être attaqué, car le plexus hépatique est formé par l’intercostal : ainsi les vomissemens seront bilieux, comme le remarque Sydenham.

10°. Il se forme souvent une tumeur mobile dans le bas-ventre. Les plexus mésentériques qui naissent de l’intercostal, communiquent avec ce nerf ; ils envoient aussi des branches à la matrice, lesquelles contractent les intestins.

11°. On conçoit qu’il pourra survenir des coliques affreuses, ainsi que des douleurs de lombes, en conséquence des branches de nerfs, que les plexus mésentériques & l’intercostal fournissent à ces parties.

12°. L’urine est claire comme de l’eau, parce que l’intercostal étant agité, les plexus rénaux le sont aussi ; alors la grande quantité de suc nerveux poussé dans les extrémités artérielles des reins, y cause un resserrement qui ne permet pas aux parties grossieres de s’échapper ; l’eau seule a des parties assez subtiles pour passer par les couloirs.

Ce sont-là les phénomenes que présente ordinairement la passion hystérique, cette maladie si variée dans ses jeux, qu’on peut la comparer au pouvoir qu’avoit Prothée de se changer en toutes sortes de formes.

Passons aux phénomenes sympathiques qui accompagnent la grossesse. Le vomissement dépend plutôt des vaisseaux que des nerfs ; car s’il dépendoit des nerfs, il seroit plus violent. Quand le fœtus croît, le sang qui ne peut se décharger par la matrice, est obligé de se porter en plus grande quantité dans le ventricule, & y cause le vomissement. Les femmes enceintes sentent de la douleur aux cuisses lorsqu’elles se mettent à genoux ; cela vient de ce que le cordon que forment les vaisseaux & le nerf crural sont extrèmement tendus dans cette situation. Il y en a qui tomberoient en foiblesse, si elles restoient quelque tems à genoux ; comme l’abdomen est alors fort pressé, le diaphragme ne peut pas descendre, & par conséquent la respiration ne peut se faire qu’avec peine. La vessie, le rectum & la matrice reçoivent des nerfs des mêmes troncs ; on ne sera donc pas surpris que ces parties partagent réciproquement leurs maladies. Enfin dans l’amour, l’utérus partage aussi les impressions des parties du corps qui en sont les plus éloignées. L’on sait les effets que produisent dans cet organe de la génération, les baisers des amans sur les levres, par une suite de la communication des nerfs de la cinquieme paire. Cette cinquieme paire distribuant ses ramifications aux deux levres, à l’œil, à la langue, & par l’inoculation d’un de ses nerfs, au cœur, aux visceres, à la matrice, toutes ces parties sont agitées ; & le léger contact de quelques mamelons veloutés d’un corps spongieux, couvert d’une pellicule très-fine, cause tout cet embrâsement.

Remarques. Je finis par un fait particulier rapporté dans l’hist. de l’acad. des Scienc. En 1734, M. Hunauld fit à l’académie la démonstration d’un rameau de nerf assez considérable, qui partant du plexus gangliforme semilunaire de M. Vieussens, remonte du bas-ventre à la poitrine, & va se perdre à l’oreillette droite, & à la base du cœur, où il se distribue. Comme les nerfs qui portent le sentiment dans la machine, font que des parties assez éloignées sont en commerce de sensations, on comprendra par ce nouveau nerf, le commerce qui se rencontre quelquefois entre les visceres du bas-ventre & le cœur.

Il faut pourtant avouer que si ces sortes de communications servent à un commerce réciproque de mouvemens, il y une communication plus cachée & primitive, qu’il faut chercher dans l’origine des nerfs. Des faits incontestables nous la démontrent, & nous la rendent assez sensible pour que nous puissions la reconnoître. Cette communication est telle, qu’un nerf étant irrité, celui qui lui répond dans le cerveau entre en mouvement. Est-ce à une cause de cette espece que l’on pourroit rapporter le premier mouvement machinal, je veux dire, le mouvement du cœur ?

Tels sont les détails physiologiques de M. Senac sur cette matiere. Willis y a mêlé sans cesse ses fausses hypothèses, mais il nous manque toujours un ouvrage complet sur un sujet si curieux ; cette besogne savante exigeroit tout ensemble un ramas d’observations bien avérées touchant les mouvemens sympathiques des diverses parties du corps humain, beaucoup de génie, de lumieres & de connoissances de la Nevrologie. (Le chevalier de Jaucourt.)

Sympathie, (Peint.) les Peintres se servent de ce terme pour signifier l’union & comme l’amitié qui est entre certaines couleurs ; le goût & la pratique apprennent aux artistes à connoître cette union. (D. J.)

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Étymologie de « sympathie »

Du latin sympathia, lui-même du grec ancien συμπάθεια, sympátheia.
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Συμπάθεια, de σὺν, avec, et πάθος, affection, passion.

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Phonétique du mot « sympathie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sympathie sɛ̃pati

Citations contenant le mot « sympathie »

  • La sympathie est une méchante aumône. De Georg Christoph Lichtenberg
  • La sympathie est le doux privilège de la médiocrité. De Anatole France
  • L’antipathie analyse mieux, mais la sympathie seule comprend. De André Siegfried / Quelques maximes
  • Le bonheur n'attire pas la sympathie. De Pierre de Boisdeffre / L'amour et l'ennui
  • Entre malheureux, la sympathie très vite se crée. De Gilles Archambault / Une suprême discrétion
  • La sympathie, plus on en donne, moins on en a besoin. De Malcolm Forbes
  • Les enfants ont davantage besoin de conseils et de sympathie que d’instruction. De Mary A. Sullivan
  • Contre le désespoir, la sympathie est d'un bien faible secours. De Pierre Karch / Noëlle à Cuba
  • Le secret de l'art de voir : c'est la sympathie. Claude Roy, Le Commerce des classiques, Montesquieu , Gallimard
  • L'antipathie analyse mieux, mais la sympathie seule comprend. André Siegfried, Quelques maximes, J. Haumont
  • L'animosité c'est comme la sympathie, ça se communique sans s'expliquer. De Reine Malouin / Cet ailleurs qu'on respire
  • Condoléance : Manière de démontrer que le deuil est un moindre mal à côté de la sympathie. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du diable
  • Quand vous avez des ennuis, les gens qui vous appellent par sympathie le font surtout pour avoir des détails. De Edgar Watson Howe
  • Nous nous développons dans la sympathie, mais c'est en nous opposant que nous apprenons à nous connaître. De André Gide / Geneviève
  • Si le rire répond au rire sur le visage des hommes, les larmes aussi y trouvent de la sympathie. Horace en latin Quintus Horatius Flaccus, Art poétique, 101-102
  • L'amitié, la confiance, la sympathie ne peuvent naître entre ceux qui ne se comprennent point. De Jovette Marchessault / Comme un enfant de la terre
  • Ceux qui s'enferment dans la souffrance le font pour se protéger de la sympathie d'autrui. De Yvon Rivard / Les silences du corbeau
  • Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues. De Adolf Hitler / Mon Combat
  • BEIJING, 22 juillet (Xinhua) -- Des dirigeants de pays et d'organisations internationales ont récemment adressé des messages de sympathie au président chinois Xi Jinping suite aux graves inondations qui ont touché une partie du sud de la Chine. , Messages de sympathie de dirigeants étrangers à Xi suite aux inondations dans le sud de la Chine_French.news.cn
  • C'est le dernier jour des vacances pour Vika. Vêtue de sa robe ample, les cheveux au vent, elle arpente le littoral déjà maintes fois foulé par ses pieds nus au cours de l'été. Libre de ses mouvements et de la présence des adultes, cette petite fille hardie, cor de chasse autour du cou, laisse son innocence et sa curiosité la guider, sans crainte. Vika s'amuse de tout ce qui lui est offert : les vagues deviennent pistes de danse, le sable immense ardoise et les coquillages une chorale marine. Entre plongeons et baignades, elle rend visite à ses amis, rochers anthropomorphes, dont elle seule détient les secrets du langage. De nature effarouchée, elle ne se laisse pas impressionner par le groupe de garçons, autres résidents de cette plage hors du monde et du temps. Vika leur tient tête jusqu'à démonter leurs jeux de pouvoir. Romas, un nouvel arrivant intrigué par cette petite fille intrépide, obtient sa confiance et sa sympathie. Elle le conduit jusqu'au creux des regs pour lui confier son secret. , « La Jeune fille à l'écho »: synopsis
  • eval(ez_write_tag([[468,60],'betanews_fr-box-3','ezslot_5',140,'0','0']));La sympathie du public pour les vacanciers touchés par la réintroduction de la quarantaine pour les voyageurs arrivant d’Espagne était rare dimanche, car beaucoup ont fait remarquer que faire un voyage à l’étranger pendant la pandémie Covid-19 était inévitablement risqué. semaines, et ceux qui sont déjà là-bas ont exprimé leur frustration face à 14 jours de quarantaine à leur retour au Royaume-Uni – mais ils ont été négligés par de nombreux membres du public qui ont méprisé leur «stupidité» pour «swanning off « à l’étranger pendant la crise du Covid-19. » Quelqu’un partage-t-il mon manque d’empathie pour les personnes qui sont allées en Espagne en vacances pendant une pandémie mondiale?  » a demandé un utilisateur de Twitter. Le volume de messages faisant écho à ce sentiment indiquait qu’il n’était pas seul. La lettre d’information a coupé le bruit «Toute personne bloquée en Espagne ou confrontée à la quarantaine à son retour s’est infligée cela. Passer des vacances, payer des vacances / des vols n’est que de la folie étant donné l’incertitude sur le virus », a commenté un autre utilisateur. Un troisième a déclaré:« Je ne donnerai de sympathie à personne… pour avoir réservé des vacances à l’étranger pendant une pandémie mondiale. leurs voyages bien avant même d’avoir entendu parler de Covid-19 et ont connu des mois de conseils contradictoires et d’incertitude quant à savoir s’il serait sûr ou non de voyager. Parmi ceux qui souhaitent annuler, certains ont découvert qu’ils ne verront pas un centime de leur argent s’ils restaient à la maison.Alex Goodfellow (au centre) s’est envolé pour Tenerife avec 13 membres de la famille le 20 juillet.  » Demande à mon patron pour plus de temps ce sera très gênant »Alex Goodfellow, 44 ans, vit à Swansea avec sa femme et ses deux enfants. Il s’est envolé pour Ténérife avec 13 membres de sa famille le 20 juillet et doit rentrer chez lui lundi soir. «Nous sommes 14 ici, huit adultes et six enfants, tous de la famille. Nous avons réservé nos vacances fin février, avant le verrouillage. Quand nous sommes partis, il n’y avait pas de quarantaine en place – j’espérais que le voyage serait annulé afin que nous puissions récupérer notre argent et rester au Royaume-Uni, mais cela ne s’est pas produit », a déclaré M. Goodfellow. la réintroduction de la quarantaine pour les voyageurs arrivant d’Espagne comme «ridicule», et a déclaré que trois membres de son parti sont des travailleurs clés qui ne pourront plus reprendre leur travail pendant une quinzaine de jours. M. Goodfellow travaille dans l’industrie des carrières et fait face à une discussion «gênante» avec son patron. «J’ai été en congé pendant huit semaines avec un plein salaire. Maintenant, je dois parler à mon patron et lui dire que je dois mettre en quarantaine. Cela va être très gênant », a-t-il dit.« Il est très compréhensif, mais certaines des personnes avec lesquelles je travaille n’ont pas été en congé et n’ont pas eu de jour de congé toute l’année. Maintenant, je dois rentrer à la maison et avoir encore deux semaines de congé – je serai probablement irrité. »Les habitants de Tenerife et le personnel de l’hôtel ont été« géniaux »et« s’occupent vraiment bien de nous », a déclaré M. Goodfellow. Annonce du FCO samedi soir, M. Goodfellow a déclaré: «C’est comme si quelqu’un m’avait mis une épingle et je me dégonflais. ~» Il a ajouté: «La façon dont la situation a été gérée a été choquante, et tout pourrait à nouveau changer dans un semaine. »Martin Roberts (au centre, arrière) et huit membres de la famille sont réservés pour voler à Fuerteventura le mardi matin« Si nous ne partons pas, nous perdrons tout notre argent »Un autre vacancier, Martin Roberts, 48 ​​ans, est réservé pour voler à Fuerteventura avec huit membres de la famille mardi matin. De même que le reste des îles Canaries, Fuerteventura est exemptée du conseil du FCO de se rendre en Espagne uniquement pour des raisons essentielles, mais les personnes qui reviennent au Royaume-Uni doivent toujours être mises en quarantaine pendant deux semaines. de mon frère est un couvreur donc il ne peut pas « , a déclaré M. Roberts, qui travaille pour un détaillant en ligne et vit à Colchester. » Mon père travaille pour le NHS transportant des échantillons de Covid à tester. On lui a dit qu’il pouvait prendre encore deux semaines de congé annuel, mais il n’est pas sûr d’y aller au cas où il en aurait besoin. Il semble qu’environ la moitié d’entre nous seront capables de travailler à domicile, donc nous pouvons partir « , a déclaré M. Roberts. » Nous avons réservé les vacances en janvier. Parce que le FCO dit qu’il est normal de voyager dans les îles, nous ne pouvons pas obtenir de remboursement si nous annulons – si nous ne partons pas, nous allons perdre tout notre argent. J’aurais aimé qu’ils aient inclus toute l’Espagne dans les conseils de ne pas voyager, ou bien autoriser les gens à revenir des îles sans mise en quarantaine », a-t-il poursuivi.« Nous comprenons tous à quel point Covid est sérieux et nous avons été très conformes à les règles au point de ne pas aller dans les pubs depuis leur ouverture afin que nous puissions être sûrs que nous sommes tous en sécurité pour partir en vacances. «L’un des grands soucis de mon père à l’idée d’y aller est de rester coincé. L’endroit où nous séjournons est littéralement à cinq minutes en voiture de l’aéroport. Habituellement, nous prenions un taxi, mais cette fois nous prenons une voiture, donc si les choses s’arrêtent, nous pouvons nous rendre immédiatement à leur aéroport. »@ Kt_grant Betanews.fr, La décision des vacanciers britanniques frustrés est `` ridicule '' mais la sympathie du public est rare - Betanews.fr
  • Errol Flynn raconte avec style une vie tumultueuse. L'acteur néanmoins reste très discret sur la Seconde Guerre mondiale et les accusations de sympathie pour le nazisme à son encontre lejdd.fr, L'acteur Errol Flynn raconte sa vie tumultueuse
  • Port du masque obligatoire pour la sécurité de tous.Vous pouvez témoigner votre sympathie à la famille en déposant vos messages de condoléances sur : www.gierens.be ou www.enaos.net , Monsieur René LEONARD (✝02/08/2020) - Avis nécrologique lavenir.net

Images d'illustration du mot « sympathie »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « sympathie »

Langue Traduction
Anglais sympathy
Espagnol simpatía
Italien simpatia
Allemand sympathie
Chinois 同情
Arabe تعاطف، عطف
Portugais simpatia
Russe симпатия
Japonais 同情
Basque sinpatia
Corse simpatia
Source : Google Translate API

Synonymes de « sympathie »

Source : synonymes de sympathie sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « sympathie »

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