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Sagesse

Sommaire

  • Définitions du mot sagesse
  • Étymologie de « sagesse »
  • Phonétique de « sagesse »
  • Citations contenant le mot « sagesse »
  • Images d'illustration du mot « sagesse »
  • Traductions du mot « sagesse »
  • Synonymes de « sagesse »
  • Antonymes de « sagesse »

Définitions du mot sagesse

Trésor de la Langue Française informatisé

SAGESSE, subst. fém.

I. − Connaissance du vrai et du bien, fondée sur la raison et sur l'expérience.
A. −
1. Juste connaissance des choses. Synon. clairvoyance, discernement.Grande, haute, immense, profonde sagesse; sagesse des vieillards. La science est l'acte de l'esprit qui sait; la sagesse est l'expérience de l'acte qui est su, goûté, de l'être qui se communique et se laisse posséder; elle est l'union de l'intellectus à son objet essentiel, mais par l'opération principale de cet objet même (M. Blondel dsLal.1968):
1. Les femmes rachètent la sottise de quelques penseurs, parce qu'elles demeurent plus près des sources de vie d'où provient toute vérité. Je vous assure que l'humanité perdra un grand trésor de sagesse, quand les femmes deviendront des hommes et qu'elles ne sauront plus aimer. Chardonne, Épithal., 1921, p. 335.
[En parlant de qqn] La sagesse même. Je savais bien qu'elle était de mon avis, elle qui était la sagesse, la droiture et la vérité mêmes (Fromentin, Dominique, 1863, p. 184).
Dans sa sagesse, dans sa grande sagesse. [P. réf. à la conception suivant laquelle l'autorité participe de la sagesse divine (v. infra I C 1 b)] Le tribunal, dans sa sagesse (Meilhac, Halévy, Boule, 1875, iv, 7, p. 138).
2. Connaissance critique, juste appréciation des choses. Synon. esprit critique (v. critique2A), jugement.Sagesse éclairée. Nous avons vu Pascal (...) commenter le « soyez joyeux » de l'apôtre, de manière à faire pâlir elle-même cette délicieuse sagesse de Montaigne (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 208).La liberté intellectuelle, ou sagesse, c'est le doute (Alain, Propos, 1912, p. 134).
B. − PHILOS. [P. réf. à des doctrines morales de l'antiq. gréco-lat., en partic. stoïcienne et épicurienne] Pour avoir le droit de s'appeler sages ou savants, il eût fallu posséder la sagesse ou la science, et ils [les sages grecs] ne les possédaient pas, seulement ils les cherchaient (Jouffroy, Nouv. Mél. philos., 1842, p. 119).La sagesse est de maintenir ses yeux largement ouverts sur l'univers pour en savoir les lois et la loi; c'est encore de se détacher de la terre et du corps et de se rapprocher de la Toute-Puissance (Barrès, Cahiers Orient, 1914, p. 340).
C. − RELIGION
1. [Dans la tradition judéo-chrét.]
a) Omniscience, discernement parfait entre le bien et le mal, bonté infinie, sainteté, qui sont inhérents à la personne divine. Sagesse divine (anton. sagesse humaine, du monde, du siècle, de la chair). Dieu est connaissance infinie, sagesse infinie, intelligence infinie, l'homme est simplement connaissance (P. Leroux, Humanité, 1840, p. 393).Au lieu de dire que, selon saint Paul, l'Évangile est un salut, non une sagesse, il vaudrait donc mieux dire que le salut qu'il prêche est à ses yeux la véritable sagesse, et cela précisément parce qu'il est un salut (Gilson, Espr. philos. médiév., 1931, p. 23).
Livre de la Sagesse. ,,Écrit sapientiel, attribué fictivement à Salomon, composé à Alexandrie vers 50 av. J.-C.`` (Léon 1975).
P. méton. Dieu lui-même; en partic., le Christ. ,,Sagesse incréée, Sagesse éternelle: le Verbe, seconde personne de la sainte Trinité, Prov., 3, 8; Eccli. 24; Luc, 11`` (Marcel1938).
b) [Pour l'homme] Participation par la foi à la sagesse divine; ,,épanouissement de la connaissance inhérent à la foi`` (Allmen 1956). Les œuvres de Dieu se manifestent paisiblement, et leur principe demeure invisible. Prends ce modele dans ta sagesse, ne la fais connoître que par la douceur de ses fruits; les voies douces sont les voies cachées (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p. 17):
2. La sagesse est une science par laquelle nous discernons les choses qui sont bonnes à l'âme, et celles qui ne le sont pas. Elle est la science des sciences, car elle en connaît seule la valeur, le juste prix, le véritable usage, les dangers et les utilités (...). Le bon sens s'accommode au monde; la sagesse tâche d'être conforme au ciel. La sagesse humaine éloigne les maux de la vie. La sagesse divine fait seule trouver les vrais biens. Joubert, Pensées, t. 1, 1824, pp. 260-261.
Don de sagesse. ,,L'un des sept dons du Saint-Esprit, [qui] incline à discerner et goûter ce qui vient de Dieu, à rattacher au souci de le servir et de le glorifier, toute appréciation sur les hommes, les événements et les circonstances de notre existence`` (Marcel 1938).
2. [Dans d'autres traditions relig.] Ces mêmes Sarrasins, derniers héritiers du syncrétisme alexandrin, initiés d'ailleurs aux rêveries du Sufisme persan, touchaient ainsi, par deux côtés, à l'antique sagesse indienne, qui paraît avoir répandu des émanations fécondes sur la Perse et l'Égypte (Ozanam, Philos. Dante, 1838, p. 210).
Par syncrétisme. Ô sagesse! esprit pur! sérénité suprême! Zeus! Irmensul! Wishnou! Jupiter! Jéhova! Dieu que cherchait Socrate et que Jésus trouva! Unique Dieu! vrai Dieu! seul mystère! seule âme! (Hugo, Rayons et ombres, 1840, p. 1125).
D. − ALCHIM. Sel de sagesse. Or, la sirène, monstre fabuleux et symbole hermétique, sert à caractériser l'union du soufre naissant, qui est notre poisson, et du mercure commun, appelé vierge, dans le mercure philosophique ou sel de sagesse (Fulcanelli, Demeures philosophales, t. 2, 1929, p. 205).
II. − Conduite, comportement en vue d'un bien.
A. − Conduite selon les règles de la raison et de l'expérience. Socrate (...) a eu la suprême sagesse de vouloir agir, une fois encore, par sa mort: une mort qui ne fût pas passive, qui fût la preuve dernière de l'assurance de son cœur (Martin du G., J. Barois, 1913, p. 554):
3. C'est (...) une loi de la sagesse de vivre loin des affaires et des passions, de la fortune et des hommes. La raison détrompée des erreurs sociales et des vanités humaines s'éloigne d'un monde qui la connoît peu, et préfère la muette solitude où règne la paix de la nature, aux demeures agitées que les passions tyrannisent. Senancour, Rêveries, 1799, p. 211
Croître, grandir en sagesse. Toujours croissant en sagesse, Télémaque refuse, par amour de la patrie, la royauté qu'on lui offre (Chateaubr., Essai Révol., t. 2, 1797, p. 257).
Souvent iron., parfois péj. Sagesse des nations. Ensemble de remarques, de conseils de bon sens, qui s'expriment sous forme de proverbes, d'adages. Un Sermon en proverbes, ordonné pour satiriser (...) les gens qui évoquent trop, par la sagesse des nations, leur propre niaiserie (...): le pauvre auteur enfile donc avec un certain soin les proverbes les plus connus (...): « Prenez garde, n'éveillez pas le chat qui dort; l'occasion fait le larron, mais les battus paieront l'amende (...) » (Gourmont, Esthét. lang. fr., 1899, p. 281).
B. − Conduite selon les règles de la prudence, de la prévoyance. La sagesse elle-même consiste à voir ou à prévoir la direction où tendent les choses, selon l'ordre le plus naturel, le plus conforme à l'état de la société, à une époque donnée, et à marcher dans cette direction en modifiant les institutions d'une manière analogue (Maine de Biran, Journal, 1816, p. 148).Devinant qu'il avait voulu se ressaisir dans l'espoir de trouver un jour à se marier plus richement, elle admirait sa prudence et songeait avec convoitise aux trésors de sagesse qu'il avait en lui (Aymé, Bœuf cland., 1939, p. 148).
Par personnification. Mais vous, Monsieur [le maréchal Pétain] (...) préservé par cette raison vigilante qui vous distingue, par cette prudence et cette prévoyance qui ont fait de vous la Sagesse de l'armée (Valéry, Variété IV, 1938, p. 53).
P. méton.
Avoir la sagesse de +inf.Ces sectes que les Grecs eurent la sagesse de ne jamais faire entrer dans les institutions publiques, restèrent parfaitement libres (Condorcet, Esq. tabl. hist., 1794, p. 54).[La nation] a la sagesse d'être extrêmement attachée au maintien de la liberté individuelle et de la liberté de la presse (Destutt de Tr., Comment. sur Espr. des lois, 1807, p. 156).
La sagesse est de + inf.La sagesse serait de renoncer. Jeanne conduisit le roi à Reims. La vraie sagesse était de suivre son inspiration (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 120).La sagesse n'était-elle pas (...) d'aller demain à Taoud, à quatre kilomètres (...)? (Montherl., Lépreuses, 1939, p. 1441).
[Précédé de l'art. indéf.] Acte, forme de sagesse. La vie provinciale a de ces retards qui sont des sagesses, comme elle a de ces lenteurs qui sont des fécondités (Bourget, Essais psychol., 1883, p. 107).J'ai souvent réfléchi depuis (...). Cette incrédulité à la mort était une sagesse (Montesquiou, Mém., t. 3, 1921, p. 87).
Proverbe. [P. allus. au livre des Proverbes I, 7; IX, 10; XV, 33] La peur est le commencement de la sagesse. Tout de même on a beau dire: si elle avait cru en Dieu... La peur est le commencement de la sagesse (Mauriac, Th. Desqueyroux, 1927, p. 251).
P. antiphr. La sagesse commence où finit la crainte de Dieu. Il n'est pas un progrès de la pensée qui n'ait paru d'abord attentatoire, impie (Gide, Journal, 1929, p. 906).
C. − Conduite, comportement plein de modération.
1. [Par l'éloignement de tout excès] Synon. modération, modestie, mesure, renoncement, retenue.Un homme dans la maturité de l'âge (...) me paraît un véritable prodige de sagesse et de modestie lorsque je le vois, mettant (...) l'expérience à la place des folles théories, demander respectueusement une constitution aux Anglais, au lieu de la faire lui-même (J. de Maistre, Constit. pol., 1810, p. 25).Ma mère (...) par sagesse, s'est toujours refusé une robe de velours noir (Goncourt, Journal, 1888, p. 817).
Sagesse de la vie, de sa vie. Celui qui proteste fera plus tard, du savoir-renoncer, la sagesse de sa vie (Gide, Journal, Feuillets, 1913, p. 394).D'elle [une foule italienne] émanait ce qui est peut-être la véritable sagesse de la vie, une médiocrité résignée (Larbaud, Barnabooth, 1913, p. 117).
[Compl. déterminatif] De sagesse.Sage, résigné. Tristement, Hubertine leva sur lui ses beaux yeux de sagesse (Zola, Rêve, 1888, p. 52).
2. [Par le respect de la loi morale] Synon. chasteté, pudeur.La duchesse de Fronsac, jeune et jolie, n'avait point eu d'amants (...) elle était rousse et (...) cette raison avait pu contribuer à la maintenir dans sa tranquille sagesse (Chamfort, Caract. et anecd., 1794, p. 110).Il était d'une sagesse exemplaire... Plus très jeune et, sans doute, peu porté sur la chose (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 48).
3. [Le plus souvent à propos d'un enfant] Docilité, calme, tranquillité. Anton. agitation, dissipation, turbulence.J'avais douze ans et demi. La sagesse et l'honnêteté de ces enfants me saisissait. Je fus sur-le-champ sage, docile, zélé (Dupanloup, Journal, 1851-76, p. 4).Les Jaubert, deux sœurs, deux jumelles même, bonnes élèves, ah! bonnes élèves, je crois bien, je les écorcherais volontiers, tant elles m'agacent avec leur sagesse, et leurs jolies écritures propres (Colette, Cl. école, 1900, p. 14).
4. P. anal., dans le domaine esthét. [À propos de qqc.] Équilibre, classicisme. La sagesse de son équilibre sonore [de la musique de Glinka], par la distinction et la finesse de son instrumentation (Stravinsky, Chron. vie, 1931, p. 15).
P. méton., au plur., péj. Manque d'originalité, absence de génie. Jamais on ne croirait que ce compositeur [Périlhou] a l'honneur d'être Toulousain, tant sa musique a des sagesses froides de notaire esquimau; ce n'est pas même laid! (Willy, Entre deux airs, 1895, p. 143).
Prononc. et Orth.: [saʒ εs]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1269-78 « connaissance juste des choses » (Jean de Meung, Roman de la Rose, éd. F. Lecoy, 5282); 1784 la sagesse des nations (Beaumarchais, Mariage de Figaro, 1, 11); b) 1535 « connaissance inspirée des choses divines et humaines » (Olivetan, I, Liber Regum, 10, 4 ds H. Kunze, Die Bibelübertzungen von Lefevre D'Etaples und von P. R. Olivetan, p. 187); 1535 sagesse de Dieu (Id., III, ibid., 3, 28, ibid.); 1694 la Sagesse « nom d'un des livres de l'Écriture sainte » (Ac.); 2. déb. xves. « sentiment juste des choses » (Christine de Pisan, Les Enseignemens Moraux, éd. M. Roy, t. 3, p. 29); ca 1590 la sagesse de ma leçon (Montaigne, Essais, III, 5, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 887); 3. 1549 « modération, retenue dans la conduite » (Est.); spéc. a) 1668 « modestie, pudeur (d'une jeune fille) » (Racine, Plaideurs, III, 4); b) 1694 « docilité (d'un enfant) » (Ac.); 4. ca 1590 « qualité, conduite du sage » La Sagesse de Socrate (Montaigne, op. cit., III, 2, 817); 5. 1675, 24 juill. « acte de sagesse » (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, II, 16). Dér. de sage*; suff. -esse*. Fréq. abs. littér.: 4 072. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 7 629, b) 4 278; xxes.: a) 4 679, b) 5 700. Bbg. Schalk (F.). Sapience und Sagesse. Rom. Forsch. 1953, t. 65, pp. 241-255. − Sckomm. 1933, pp. 99-103. − Wilhelm (J.). Sagesse. Mél. Gamillscheg (E.) 1952, pp. 245-260.

Wiktionnaire

Nom commun

sagesse \sa.ʒɛs\ féminin

  1. Prudence, circonspection, sentiment juste des choses.
    • De W. était jeune ; il était attiré par les cadavres, comme l’homme de Platon. J’avais et j’eus toujours la sagesse de ne pas regarder ces choses de près. — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, p.27)
    • Il agit avec sa sagesse ordinaire.
    • Il a trop de sagesse pour s’embarquer dans cette affaire.
  2. Modération, retenue, maîtrise de soi.
    • Dans ses plus grandes prospérités, il a toujours conservé beaucoup de sagesse.
    • Le prix de sagesse, Le prix qu’on donne, dans les écoles, à l’élève le plus sage.
  3. (Désuet) Modestie, pudeur, chasteté, surtout en parlant des jeunes filles et des femmes.
    • Elle a un air de sagesse dans tout ce qu’elle dit, dans tout ce qu’elle fait.
    • Elle a toujours eu beaucoup de sagesse.
    • Elle est d’une sagesse exemplaire.
  4. Caractère prudent, circonspect, d’actions, de paroles, etc.
    • La sagesse de sa conduite, de sa politique.
    • Il a fait une réponse pleine de sagesse.
  5. En parlant des ouvrages de l’esprit ou des œuvres d’art, soin que l’on met à éviter ce qui est outré, extravagant, à se renfermer, non sans quelque timidité, dans les bornes prescrites par la raison et par le goût.
    • Son ouvrage manque d’imagination, de chaleur, mais il est composé, ordonné avec sagesse.
  6. Connaissance naturelle ou acquise des choses, les lumières de l’esprit.
    • Le texte exact de Platon est : « Dans l’ordre des vertus, la sagesse est la première; la tempérance vient ensuite; le courage occupe la dernière place. » — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, p.205, note 1)
    • La clé de la sagesse épicurienne consiste à comprendre que nous pouvons être heureux si nos désirs, au lieu d’être illimités, se ramènent à la dimension restreinte des besoins de notre corps. — (Roger-Pol Droit, Lucrèce, l'épicurien, en préface à la traduction de Lucrèce, De la nature de José Kany-Turpin, éd. Flammarion, 2008, p.XV)
  7. Connaissance inspirée des choses divines et humaines.
    • Le don de sagesse est un des sept dons du Saint-Esprit.
    • La sagesse de Salomon.
    • Le livre de la sagesse, ou simplement « la sagesse », est un des livres deutérocanoniques des Bibles chrétiennes antérieures à la Réforme, apocryphe pour le judaïsme et le protestantisme.
    • […] jamais la solution ne peut avoir pour nom la « sagesse ». Celle-ci, en effet, est perçue comme un état stable, serein, où l’homme est en pleine domination de lui-même. Aussi bien dire que cette sagesse n’est qu'un idéal, ou une idée régulatrice pour parler comme Kant, ou encore un fantasme, ou pis encore, un masque que certains portent pour impressionner et exploiter de plus naïfs. — (Pierre Bertrand, Éloge de la fragilité, éditions Liber, Montréal, 2000, p. 122)
    • La sagesse est « la philosophie descendue dans les entrailles ». Un bouddhiste peut faire sienne cette forte parole de Sénèque. — (Hervé Clerc, Les choses comme elles sont, Gallimard, coll. « Folio essais », 2011, p. 52)
  8. (Sports hippiques) Aptitude d’un cheval de trot à rester sage, c’est-à-dire à ne pas se montrer fautif en se mettant au galop.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAGESSE. n. f.
Prudence, circonspection, sentiment juste des choses. Profonde sagesse. Sagesse consommée. Il agit avec sa sagesse ordinaire. Il a trop de sagesse pour s'embarquer dans cette affaire. Il signifie aussi Modération, retenue, maîtrise de soi. Dans ses plus grandes prospérités, il a toujours conservé beaucoup de sagesse. Le prix de sagesse, Le prix qu'on donne, dans les écoles, à l'élève le plus sage. Dents de sagesse. Voyez DENT.

SAGESSE signifie aussi Modestie, pudeur, chasteté; et, en ce sens, il se dit plus ordinairement des Jeunes filles et des femmes. Elle a un air de sagesse dans tout ce qu'elle dit, dans tout ce qu'elle fait. Elle a toujours eu beaucoup de sagesse. Elle est d'une sagesse exemplaire. Il se dit encore des Actions, des paroles, etc., qui sont empreintes de prudence, de circonspection. La sagesse de sa conduite, de sa politique. Il a fait une réponse pleine de sagesse. Il se dit aussi en parlant des Ouvrages de l'esprit ou des œuvres d'art; et alors il désigne le Soin que l'on met à éviter ce qui est outré, extravagant, à se renfermer, non sans quelque timidité, dans les bornes prescrites par la raison et par le goût. Son ouvrage manque d'imagination, de chaleur, mais il est composé, ordonné avec sagesse. Il désigne encore la Connaissance naturelle ou acquise des choses, les lumières de l'esprit. Moïse alla s'instruire dans la sagesse des Égyptiens. L'étude de la sagesse. Il désigne aussi la Connaissance inspirée des choses divines et humaines. Le don de sagesse est un des sept dons du Saint-Esprit. La sagesse de Salomon. Le livre de la Sagesse ou simplement La Sagesse, Un des livres de l'Écriture sainte.

Littré (1872-1877)

SAGESSE (sa-jè-s') s. f.
  • 1Juste connaissance, naturelle ou acquise, des choses. Moïse alla s'intruire dans la sagesse des Egyptiens. J'ai tenté out pour acquérir la sagesse ; j'ai dit en moi-même : je deviendrai sage ; et la sagesse s'est retirée loin de moi, Sacy, Bible, Ecclésiaste, VII, 24. Cette religion si grande en miracles… si grande en science, après avoir étalé tous ses miracles et toute sa sagesse, réprouve tout cela, et dit qu'elle n'a ni sagesse ni signes, mais la croix et la folie, Pascal, Pens. XXV, 185, édit. HAVET. Je me suis, dit-il [l'Ecclésiaste], appliqué à la sagesse, et j'ai vu que c'était encore une vanité, parce qu'il y a une fausse sagesse qui, se renfermant dans l'enceinte des choses mortelles, s'ensevelit avec elles dans le néant, Bossuet, Duch. d'Orl. La sagesse dont il [l'Ecclésiaste] parle est cette sagesse insensée, ingénieuse à se tourmenter, habile à se tromper elle-même, qui se corrompt dans le présent, qui s'égare dans l'avenir, Bossuet, ib. Il n'est question que de calculer, et la sagesse doit toujours avoir les jetons à la main, Fontenelle, Bonh. Œuv. t. III, p. 261, dans POUGENS. La sagesse n'est autre chose que la science du bonheur, Diderot, Opin. des anc. philos. (Leibnitzianisme). Nous voudrions converser avec les sages dont les travaux ont augmenté le pouvoir de la vertu et les trésors de la vérité ; sans ce tribut, la sagesse accumulée des siècles serait un don gratuitement accordé à des ingrats, Diderot, Claude et Nér. II, 3. La sagesse est une raison éclairée, qui, dépouillant de leurs fausses couleurs les objets de nos craintes et de nos espérances, nous les montre tels qu'ils sont en eux-mêmes, Barthélemy, Anach. ch. 67.

    Au plur. D'autres siècles viendront, chargés d'autres promesses, Qui tromperont encor nos trompeuses sagesses, Lamartine, Ep. à Cas. Delavigne.

    La sagesse du siècle, la sagesse du monde, la sagesse de la chair, celle qui consulte les intérêts du monde, de la politique, de la chair.

    La sagesse divine, la sagesse de Dieu, celle que les hommes reconnaissent en Dieu. Le ciel n'est pas plus élevé par-dessus la terre, que les conseils de la sagesse divine le sont par-dessus les opinions et les maximes de notre prudence, Bossuet, 2e sermon pour une profession, 1. Se soumettre à sa souveraine puissance [de Dieu], s'abandonner à sa haute et incompréhensible sagesse, se confier en sa bonté, craindre sa justice, espérer son éternité, Bossuet, Duch. d'Orl. Ô Dieu, par quelle route inconnue aux mortels Ta sagesse conduit ses desseins éternels ! Racine, Esth. III, 8.

  • 2La connaissance inspirée des choses divines et humaines. Le don de sagesse est un des sept dons du Saint-Esprit. Toute sagesse vient de Dieu, le souverain Seigneur, Sacy, Bible, Ecclésiastique, I, 1. Il a connu cette sagesse que le monde ne connaît pas ; cette sagesse qui vient d'en haut, qui descend du père des lumières, et qui fait marcher les hommes dans les sentiers de la justice, Bossuet, le Tellier. Daigne mettre, grand Dieu, ta sagesse en sa bouche ! Racine, Athal. II, 7.

    Le livre de la Sagesse, ou, absolument, la Sagesse, un des livres de l'Écriture sainte (on met une S majuscule).

  • 3La Sagesse éternelle, la Sagesse incréée, le Verbe ; la Sagesse incarnée, le Verbe fait homme (on met une S majuscule). La Sagesse ne crie-t-elle pas ? et l'intelligence ne fait-elle pas ouïr sa voix ? Bible, Prov. VIII, 1. Voyons ce que fera la Sagesse de Dieu ; n'attendez pas, dit-elle, ni vérité, ni consolation des hommes, Pascal, Pens. XII, 1. De la Sagesse éternelle La voix tonne et nous instruit : Enfants des hommes, dit-elle, De vos soins quel est le fruit ? Racine, Cantique.
  • 4Qualité de celui qui unit l'habileté à la prudence et à la bonne conduite. Je fus étonné qu'un homme nourri toute sa vie entre les bras de la fortune sût tous les secrets de la philosophie, et que vous eussiez appris de la sagesse en un lieu où tous les autres la perdent, Voiture, Lett. 34. Le commencement de la sagesse est le désir sincère de l'instruction, Sacy, Bible, Sagesse, VI, 18. Notre sagesse n'est pas moins à la merci de la fortune que nos biens, La Rochefoucauld, Max. 323. Dans les choses de la chair règne proprement la concupiscence ; dans les spirituelles, la curiosité proprement ; dans la sagesse, l'orgueil proprement, Pascal, Pens. XXV, 181. Levez vos yeux vers Dieu, disent les uns [stoïciens] ; voyez celui auquel vous ressemblez, et qui vous a fait pour l'adorer ; vous pouvez vous rendre semblable à lui ; la sagesse vous y égalera, si vous voulez la suivre, Pascal, ib. XI, 4 bis. Qu'est-ce que la sagesse ? une égalité d'âme Que rien ne peut troubler, qu'aucun désir n'enflamme, Boileau, Sat. VIII. Quiconque est riche, est tout ; sans sagesse il est sage, Boileau, ib. Je jouissais en paix du fruit de ma sagesse, Racine, Athal. II, 5. La sagesse, comme un sceau, tient toujours ses lèvres fermées à toutes paroles inutiles, Fénelon, Tél. XXIV. Il n'est pour les mortels que deux biens sans danger : L'un est le nécessaire, et l'autre la sagesse, P. Lebrun, Poésies, Bonh. de l'étude.
  • 5Il se dit des choses sages. La sagesse de sa conduite, de ses mesures, de sa politique.
  • 6Acte de sagesse. Ce ne serait pas une sagesse de partir avant que de voir ce qui arrivera de cet extrême désordre [les troubles de la Bretagne], Sévigné, 24 juill. 1675. Nous ne saurions oublier ni vos folies, ni vos sagesses, Sévigné, à Moulceau, 24 nov. 1685.
  • 7Modération, retenue inspirée par la raison. Conserver la sagesse dans la prospérité. Dans cet état j'eus la sagesse de me taire, Sévigné, 536. La sagesse est grande, ce me semble, de souffrir la tempête avec résignation, et de jouir du calme, quand il lui [à Dieu] plaît de nous le redonner, Sévigné, à Bussy, 14 mai 1686. On voyait et dans sa maison et dans sa conduite, avec des mœurs sans reproches, tout également éloigné des extrémités, tout enfin mesuré par la sagesse, Bossuet, le Tellier.

    Cet enfant a de la sagesse, il est posé, docile, studieux.

    Le prix de sagesse, prix que, dans les écoles, on donne à l'élève le plus sage.

  • 8En parlant des femmes, modestie, chasteté. Cette jeune fille est un exemple de sagesse. Si elle voulait après cela devenir folle et coquette, elle le serait plus d'un an avant qu'on le pût croire : tant elle a donné bonne opinion de sa sagesse ! Sévigné, 2. Qu'elle est jolie, et qu'elle a les yeux doux ! Ce n'est pas tout, ma fille, il faut de la sagesse, Racine, Plaid. III, 4.
  • 9Soin apporté, dans les ouvrages de l'esprit, à éviter ce qui est forcé, exagéré, outré. Son style a de la sagesse. Cette composition manque de sagesse. Travailler avec sagesse.
  • 10Sagesse des chirurgiens, nom vulgaire donné au sisymbrium sophia, L., plante sans vertu malgré son nom.

HISTORIQUE

XVe s. À maint homme l'ay reffusé, Qui n'estoit à moy grand'saigesse, Pour l'amour d'ung garçon rusé Au quel j'en feiz grande largesse, Villon, Regrets de la belle heaulmière.

XVIe s. Sagesse et grant avoir sont rarement en un manoir, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 414. Mieux vaut une once de fortune qu'une livre de sagesse, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SAGESSE. Ajoutez :
11 Arbre de la sagesse, le bouleau blanc, betula alba, L., Baillon, Dict. de bot. p. 248.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SAGESSE, VERTU, (Synonym.) la sagesse consiste à se rendre attentif à ses véritables & solides intérêts, à les demêler d’avec ce qui n’en a que l’apparence, à choisir bien, & à se soutenir dans des choix éclairés. La vertu va plus loin ; elle a à cœur le bien de la société ; elle lui sacrifie dans le besoin ses propres avantages, elle sent la beauté & le prix de ce sacrifice, & par-là ne balance point de le faire, quand il le faut. (D. J.)

Sagesse, (Morale.) la sagesse consiste à remplir avec exactitude ses devoirs, tant envers la divinité, qu’envers soi-même & les autres hommes. Mais où trouvera-t-elle des motifs pour y être fidele, si ce n’est dans le sentiment de notre immortalité ? Ainsi l’homme véritablement sage est un homme immortel, un homme qui se survit à lui-même, & qui porte ses espérances au-delà du trépas. Si nous nous renfermons dans le cercle étroit des objets de ce monde, la force que nous aurons pour nous empêcher d’être avares, consistera dans la crainte de faire tort à notre honneur par les bassesses de l’intérêt ; la force que nous aurons pour nous empêcher d’être prodigues, consistera dans la crainte de ruiner nos affaires, lorsque nous aspirons à nous faire estimer des autres par nos libéralités. La crainte des maladies nous fera résister aux tentations de la volupté : l’amour-propre nous rendra modérés & circonspects, & par orgueil nous paroîtrons humbles & modestes. Mais ce n’est-là que passer d’un vice à un autre. Pour donner à notre ame la force de s’élever au-dessus d’une foiblesse, sans retomber dans une autre, il faut la faire agir par des motifs bien supérieurs. Les vues du tems pourront lui faire sacrifier une passion à une autre passion ; mais la vue de l’éternité seule enferme des motifs propres à l’élever au-dessus de toutes les foiblesses. On a vu des orateurs d’une sublime éloquence ne faire aucun effet, parce qu’ils ne savoient point intéresser, comme il faut, la nature immortelle. On en a vu au contraire d’un talent fort médiocre, toucher tout le monde par des discours sans art, parce qu’ils prenoient les hommes par les motifs de l’éternité. C’est du sentiment de notre immortalité que nous voyons sortir tout ce qui nous console, qui nous éleve & qui nous satisfait. Il n’y a que l’homme immortel qui puisse braver la mort : lui seul peut s’élever au-dessus de tous les évenemens de ce monde, se montrer indépendant des caprices du sort, & plus grand que toutes les dignités du monde. Que cette insensibilité fastueuse dont les Stoïciens paroient leur sage, s’accorde mal avec leurs principes ! Tandis que vous le renfermez dans l’enceinte des choses fragiles & périssables, qu’exigez-vous de lui ? Quel motif lui fournissez-vous pour le rendre supérieur à des choses qui lui procurent du plaisir ? L’homme étant né pour être heureux, & n’étant heureux que par les sentimens délicieux qu’il éprouve, il ne peut renoncer à un plaisir que par un plus grand plaisir. S’il sacrifie son plaisir à une vertu stérile, vertu qui laisse l’ame dans une molle inaction, où son activité n’a rien à saisir, ce n’est chez lui qu’une vaine ostentation d’une grandeur chimérique. Placez le sage vis-à-vis de lui-même, qu’il n’ait que lui pour témoin de ses actions, que le murmure flatteur des louanges ne pénetre pas jusqu’à lui dans son désert, réduisez cet homme tristement vertueux à s’envelopper dans son propre mérite, à vivre, pour ainsi dire, de son propre lui, vous reconnoitrez bientôt que tout ce faste de sagesse n’étoit qu’un orgueil imposant qui tombe de lui-même, lorsqu’il n’a plus d’admirateur. Avec quel front voulez-vous qu’un tel sage affronte les hazards ? Qui peut le dédommager d’une mort qui lui ôtant tout sentiment, détruit cette sagesse même dont il se fait honneur ? Mais supposez-vous l’homme immortel, il est plus grand que tout ce qui l’environne. Il n’estime dans l’homme que l’homme même. Les injustices des autres hommes le touchent peu. Elles ne peuvent nuire à son immortalité ; sa haine seule pourroit lui nuire. Elle éteint le flambeau. L’homme mortel peut affecter une constance qu’il n’a pas, pour faire croire qu’il est au-dessus de l’adversité. Ce sentiment ne sied pas bien à un homme qui renferme toutes ses ressources dans le tems. Mais il est bien placé dans un homme qui se sent fait pour l’éternité. Sans se contrefaire, pour paroitre magnanime, la nature & la religion l’élevent assez pour le faire souffrir sans impatience, & le rendre content sans affectation. Un tel homme peut remplir l’idée & le plan de la suprème valeur, lorsque son devoir l’oblige à s’exposer aux dangers de la guerre. Le monde verra dans lui un homme brave par raison ; sa valeur ne devra point toute sa force à la stupidité qui lui ferme les yeux sur le précipice qui s’ouvre sous ses pas, à l’exemple qui l’oblige de suivre les autres dans les plus affreux périls, aux considérations du monde qui ne lui permettent pas de reculer où l’honneur l’appelle. L’homme immortel s’expose à la mort, parce qu’il sait bien qu’il ne peut mourir. Il n’y a point de héros dans le monde, puisqu’il n’y en a point qui ne craigne la mort, ou qui ne doive son intrépidité à sa propre foiblesse. Pour être brave, on cesse d’être homme, & pour aller à la mort, on commence à se perdre de vue ; mais l’homme immortel s’expose, parce qu’il se connoit. L’héroïsme, dans les principes d’un homme qui renferme toutes ses espérances dans le monde, est une extravagance. Les louanges de la postérité contre lesquelles il échange sa vie, ne sont pas capables de l’en dédommager. Comment donc & par quel prodige des hommes qui ne paroissent avoir connu d’autre vie que la présente, ont-ils pu consentir à cesser d’être, pour être heureux ? Ciceron a cru que le principe de cet héroïsme étoit toujours une espérance secrette de jouir de sa réputation dans le sein même du tombeau. Mais il y a quelque chose de plus. Il ne seroit pas impossible que ces hommes célebres ayent été plus heureux par leur mort, qu’ils ne l’eussent été par leur vie. Admirés de leurs amis & de leurs compatriotes, persuadés qu’ils le seroient de leurs ennemis mêmes & de la postérité, cette épaisse nuée de tant d’admirateurs a pu, pour des imaginations vives, former un spectacle dont le charme, quoique de peu de durée, fut pour eux d’un plus grand poids que leur propre vie. L’amour de nous-mêmes éclairé par la raison, ne consentira jamais à un tel sacrifice : ce n’est qu’à la faveur des accès d’une imagination séduite & enchantée, qu’il lui applaudira.

Il faut, observe Séneque, apprendre chaque jour à se quitter, il faut apprendre à mourir. Ce sentiment qui est si noble & si relevé dans une bouche chrétienne, paroit tout-à-fait ridicule dans celle d’un stoïcien. Il n’avoit aucune crainte ni aucune espérance pour l’autre vie. Pourquoi donc s’imposoit-il une peine si rigoureuse ? Pourquoi fuyoit-il les plaisirs attirans, lui qui devoit à la mort rentrer dans le sein de la divinité ? Quel avantage avoit le philosophe obscur, toujours rempli de pensées funestes, toujours forcé à se contraindre ; quel avantage avoit-il sur le libertin aimable & aimé, satisfait de son bonheur, ingenieux dans la recherche de la volupté ? Le même sort les attendoit tous deux. La vie des hommes s’envole trop rapidement, pour être employée à la poursuite d’une vertu farouche & opiniâtre. Nous ne pouvons trop chercher à être heureux ; & le présent est le seul moyen qui nous conduise à la félicité, du moins à celle dont nous sommes capables ici-bas. Dompter ses passions, se gêner sans cesse, renoncer à ses plus cheres inclinations, corriger ses erreurs, veiller scrupuleusement sur sa conduite, c’est l’emploi d’un homme qui perce au-delà de cette vie, qui sait par la révélation, qu’il survivra à la perte de son corps. Mais les Stoïciens n’avoient pas les mêmes motifs de se flatter ; jamais un avenir obscur ne leur a tenu lieu du présent, & le présent étoit toute leur richesse, l’objet de tous leurs desirs. Aussi les philosophes grecs, qui parloient suivant leur cœur, avoient-ils une morale douce, & accommodée aux différens besoins de la société. Le portique seul se distingua par une sévérité déplacée ; trop de confiance en la raison, l’abus de ses forces, un courage mal entendu le perdirent entierement.

Sagesse, (Critiq. sacrée) sapience, σοφία, σοφροσύνη ; ce mot qui chez les Grecs & les Latins se prend pour la science de la philosophie, a encore d’autres significations dans l’Ecriture. Il désigne par exemple, 1°. dans le Créateur, ses œuvres divines ; ps. l. 8. 2°. l’habileté dans un art ou dans une science ; Exod. xxxix. 3. 3°. la prudence dans la conduite de la vie ; III. Rois ij. 6. 4°. la doctrine, l’expérience ; Job. xij. 12. 5°. l’assemblage des vertus : à mesure que Jesus-Christ croissoit en âge, il donnoit de plus en plus des preuves de sa sagesse ; Luc. ij. 52. 6°. la prudence présomptueuse des hommes du monde : je confondrai leur sagesse ; I. Cor. j. 19. 7°. enfin la sagesse éternelle est l’être suprême ; Luc. xj. 49. (D. J.)

Sagesse, (Mythol.) il ne paroît pas que les Grecs aient jamais divinisé la sagesse, qu’ils appelloient σοφία, mais ils l’ont du moins personnifiée, & le plus souvent sous la figure de Minerve, déesse de la sagesse : son symbole ordinaire étoit la chouette, oiseau qui voit dans les ténebres, & qui marque que la vraie sagesse n’est jamais endormie. Les Lacédémoniens représentoient la sagesse sous la figure d’un jeune homme qui a quatre mains & quatre oreilles, un carquois à son côté, & dans sa main droite une flute ; ces quatre mains semblent désigner que la vraie sagesse est toujours dans l’activité ; les quatre oreilles, qu’elle reçoit volontiers des conseils ; la flute & le carquois, qu’elle doit se trouver par-tout, au milieu des armées comme dans les plaisirs : c’est du moins là ce que pensent nos mythologues moralistes. (D. J.)

Sagesse livre de la, (Théol.) nom d’un des livres canoniques de l’ancien Testament, que les Grecs appellent sagesse de Salomon, σοφια σαλομοντος, & qui est cité par quelques anciens sous le nom grec de παναρητος, comme qui diroit recueil ou tresor de toute vertu, ou instructions pour nous conduire à la vertu. En effet le but principal que se propose l’auteur de cet ouvrage, est d’instruire les rois, les grands, les juges de la terre.

Le texte original de cet ouvrage est le grec, & il n’y a nulle apparence qu’il ait jamais été écrit en hébreu ; on n’y voit point les hébraïsmes & les barbarismes presque inévitables à ceux qui traduisent un livre sur l’hébreu ; l’auteur écrivoit assez bien en grec & avoit lu Platon & les poëtes grecs, dont il emprunte certaines expressions inconnues aux Hébreux, telles que l’ambroisie, le fleuve d’oubli, le royaume de Pluton ou d’Ades, &c. il cite toujours l’Ecriture d’après les septante, lors même qu’il s’éloigne de l’hébreu, & enfin si les auteurs juifs l’ont cité, ce qu’ils en rapportent est pris sur le grec. Toutes ces preuves réunies démontrent que l’original est grec.

La traduction latine que nous en avons, n’est pas de S. Jérôme, c’est l’ancienne vulgate usitée dans l’église dès le commencement, & faite sur le grec long-tems avant S. Jérôme ; elle est exacte & fidele, mais le latin n’en est pas toujours fort pur. L’auteur de ce livre est entierement inconnu ; quelques-uns l’attribuent à Salomon, & veulent que ce prince l’ait écrit en hébreu, qu’on le traduisit en grec, & que le premier original s’étant perdu, le grec a depuis passé pour l’original ; mais quelle apparence que les juifs n’eussent pas mis cet ouvrage au nombre de leurs livres canoniques, s’il eût été de Salomon ? D’où vient qu’il n’est point en hébreu, que personne ne l’a jamais vu en cette langue, que le traducteur n’en dit rien, & que son style ne se ressent point de son original ?

D’autres l’ont attribué à Philon, mais on ne connoit point précisément quel est ce Philon : car l’antiquité fait mention de trois auteurs de ce nom ; le premier vivoit du tems de Ptolomée Philadelphe ; le second est Philon de Biblos, cité dans Eusebe & dans Josephe ; le troisieme est Philon le juif, assez connu : ce ne peut être le premier de l’existence duquel on a de bonnes raisons de douter, ni le second qui étoit payen, ni le troisieme qui n’a jamais été reconnu pour un auteur inspiré.

Grotius pense que ce livre est d’un juif qui l’écrivit, dit-il, en hébreu depuis Esdras & avant le pontificat du grand prêtre Simon. Il ajoute qu’il fut traduit en grec avec assez de liberté, par un auteur chrétien qui y ajouta quelques traits & quelques sentimens tirés du christianisme ; delà vient qu’on y remarque, selon cet auteur, le jugement universel, le bonheur des justes, & le supplice des méchans, d’une maniere plus distincte que dans les autres livres des Hébreux ; mais Grotius avance tout cela sans preuves. Grot. præfat. in sapient.

Cornelius-a-lapide croit que le livre de la sagesse a été écrit en grec par un auteur juif, depuis la captivité de Babylone vers le tems de Ptolémée Philadelphe, roi d’Egypte, & il soupçonne que ce pourroit bien être un des septante interpretes, parce qu’au rapport d’Aristée, ce prince proposa à chacun de ces interpretes une question touchant le bon gouvernement de son état ; ce livre pourroit donc être un recueil de leurs réponses, ou avoir été écrit par un seul d’entre eux à cette occasion.

Le livre de la sagesse n’a pas toujours été reçu pour canonique dans l’église ; les juifs ne l’ont jamais reconnu ; plusieurs peres & plusieurs églises l’ont rejetté de leur canon. Lyran même, & Cajetan ne le reconnoissent pas comme incontestablement canonique ; mais d’un autre côté, plusieurs peres l’ont connu & cité comme Ecriture sainte. Les auteurs sacrés du nouveau Testament, y font quelquefois allusion ; les conciles de Carthage en 337, de Sardique en 347, de Constantinople, in Trullo, en 692, le xj. de Tolede en 675, celui de Florence en 1438, & enfin celui de Trente, sep. 4. l’ont expressément admis au nombre des livres canoniques.

Les musulmans attribuent le livre de la sagesse à leur philosophe Locman, qui n’étoit pas, disent-ils, nabi ou prophete, mais seulement hakim, c’est-à-dire sage. Calmet, Diction. de la Bibl. tom. III. pag. 424. & suiv. (H)

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Étymologie de « sagesse »

Sage ; bourguig. saigesse ; provenç. savieza, saviza ; espagn. sabieza ; ital saviezza.

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(Date à préciser) Dérivé de sage avec le suffixe -esse.
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Phonétique du mot « sagesse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sagesse saʒɛs

Citations contenant le mot « sagesse »

  • Ce n'est pas être sage Qu'être plus sage qu'il ne faut. Philippe Quinault, Armide, II, 4
  • Imaginez l'univers sage et philosophe ; convenez qu'il serait diablement triste ! Denis Diderot, Le Neveu de Rameau
  • Pour accéder à la sagesse, il faut le vouloir. , Talmud, Berakhot, 55a
  • La voie de l'homme sage s'exerce sans lutter. LaoziLao-tseu, Tao-tö-king, LXXXI
  • Il faut parmi le monde, une vertu traitable ; À force de sagesse on peut être blâmable. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Le Misanthrope, I, 1, Philinte
  • Le gain de notre étude, c'est en être devenu meilleur et plus sage. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, I, 26
  • Cessez, amis, cessez de plus me remontrer, Vous perdez votre peine. On ne peut par sagesse, La jeunesse et l'amour joints ensemble, donter*. Jean Antoine de Baïf, Les Amours de Francine
  • L'habitude de la sagesse dispense presque toujours de la vertu. Gaston, duc de Lévis, Pensées détachées
  • La sagesse est plus vulnérable que la beauté ; car la sagesse est un art impur. André Malraux, L'Espoir, Gallimard
  • La route de l'excès mène au palais de la sagesse. William Blake, The Marriage of Heaven and Hell
  • Bien que la sagesse ne puisse s'acquérir avec de l'or, elle peut encore moins s'acquérir sans lui. Samuel Butler, Notebooks
  • Le sage ne peut pas dire ce qu'il vaut mieux taire. Gotthold Ephraim Lessing, Dialogues maçonniques Gespräche für Freimaurer
  • Peut-être que vous trouverez que ce qui semble confusion est un art caché, et si vous savez rencontrer le point par où il faut regarder les choses, toutes les inégalités se rectifieront, et vous ne verrez que sagesse où vous n'imaginiez que désordre. Jacques Bénigne Bossuet, Sermon sur la providence
  • La sagesse est fille de l’expérience. De Léonard de Vinci / Carnets
  • Il y a plus de fous que de sages, et, dans le sage même, il y a plus de folie que de sagesse. Sébastien Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort, Maximes et pensées
  • C'est chose excellente que d'apprendre à mourir, c'est l'étude de la sagesse, qui se résout tout à ce but. Pierre Charron, De la sagesse
  • Le moment d'être sage est voisin du tombeau. André de Chénier, Élégies
  • Mettre la sagesse à être heureux, cela est raisonnable ; cependant j'aimerais encore mieux mettre mon bonheur à être sage. Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de Lambert, Lettres, à l'abbé ***
  • Il est plus aisé d'être sage pour les autres que de l'être pour soi-même. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • Si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain : rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse. Frédéric Mistral, Les Olivades Lis Oulivado
  • L'extrême limite de la sagesse, voilà ce que le public baptise folie. Jean Cocteau, Le Rappel à l'ordre, Stock
  • S'il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont été jusques ici, je crois que c'est dans la médecine qu'on doit le chercher. René Descartes, Discours de la méthode
  • Mieux vaut sagesse que richesse. De Proverbe français
  • La dissimulation est sagesse abrégée. De Francis Bacon / De dignitate et augmentis scientiarum
  • Car quiconque a une volonté ferme et constante d'user toujours de la raison le mieux qu'il est en son pouvoir, et de faire en toutes ses actions ce qu'il juge être le meilleur, est véritablement sage autant que sa nature permet qu'il le soit. René Descartes, Principes de la philosophie
  • Il faut souvent donner à la sagesse l'air de la folie, afin de lui procurer ses entrées. Denis Diderot, Lettres
  • De la méditation naît la sagesse. De Bouddha
  • La sagesse du moine de Rabelais est la vraie sagesse, pour son repos et pour celui des autres : faire son devoir tellement quellement* ; toujours dire du bien de Monsieur le Prieur, et laisser aller le monde à sa fantaisie. Denis Diderot, Le Neveu de Rameau
  • Il n'y a pas d'enthousiasme sans sagesse, ni de sagesse sans générosité. Eugène Grindel, dit Paul Eluard, Picasso, dessins, Éditions Braun
  • L'ironie, c'est la gaieté et la joie de la sagesse. Anatole François Thibault, dit Anatole France, La Vie littéraire, Calmann-Lévy
  • De combien d'hommes ne peut-on penser que c'est par médiocrité qu'ils sont sages ? André Gide, Journal, Gallimard
  • Le plus sage se tait. Pierre GringorePierre Gringoire, Notables Enseignements, adages et proverbes
  • On ne se compose pas plus une sagesse en introduisant dans sa pensée les divers résidus de toutes les philosophies humaines qu'on ne se ferait une santé en avalant tous les fonds de bouteille d'une vieille pharmacie. Victor Hugo, Tas de pierres, Éditions Milieu du monde
  • La vieillesse n'ôte à l'homme d'esprit que des qualités inutiles à la sagesse. Joseph Joubert, Pensées
  • Il y a dans quelques hommes une certaine médiocrité d'esprit qui contribue à les rendre sages. Jean de La Bruyère, Les Caractères, De l'homme
  • Le sage dit, selon les gens : Vive le roi, vive la ligue ! Jean de La Fontaine, Fables, la Chauve-souris et les Deux Belettes
  • Je veux être maître de moi, à tout sens. La sagesse a ses excès et n'a pas moins besoin de la modération que la folie. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, III, 5
  • La plus subtile folie se fait de la plus subtile sagesse. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, II, 12
  • Quand bien nous pourrions être savants du savoir d'autrui, au moins sages ne pouvons-nous être que de notre propre sagesse. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, I, 15
  • Si tu es sage, ne le dis pas et n'en montre pas les raisons, car on dira que tu veux tromper. Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, Sur un carnet
  • La sagesse commence dans l’émerveillement. De Socrate
  • Il n'y a pas d'âge pour la sagesse, qui est un acte orientant tout l'homme vers sa vérité, une conversion et un arrachement. Paul Nizan, Les Matérialistes de l'Antiquité, Maspero
  • La science consiste à oublier ce qu'on croit savoir, et la sagesse à ne pas s'en soucier. Charles Nodier, Léviathan le Long
  • Il faut que le disciple de la sagesse ait le cœur grand et courageux. Le fardeau est lourd et le voyage est long. Confucius en chinois Kongzi ou Kongfuzi [maître Kong], Entretiens, IV, 8 (traduction S. Couvreur)
  • On trouve des disciples de la sagesse qui ne sont pas parfaits ; on n'a jamais vu un homme sans principes qui fût parfait. Confucius en chinois Kongzi ou Kongfuzi [maître Kong], Entretiens, VII, 14 (traduction S. Couvreur)
  • La sagesse de la vie est toujours plus profonde et plus large que la sagesse des hommes. Alekseï Maksimovitch Pechkov, dit Maksim Gorki, Les Vagabonds, Mon compagnon
  • En vérité, tu ne sais rien de la sagesse Tant que tu n'as pas fait l'expérience des ténèbres. Hermann Hesse, Maler Freude
  • On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, À l'ombre des jeunes filles en fleurs , Gallimard
  • Le sage est tourné vers lui-même et il trouve en lui toutes choses. Plotin, Ennéades, III, 8, 6 (traduction E. Bréhier)
  • Il n'est pas juste de mettre la force au-dessus de la saine sagesse. Xénophane, Élégies, II, 13-14 (traduction E. Bergougnan)
  • La méfiance est la sagesse des faibles. De Andrei Stoiciu / Montana
  • Des sages Dieu la sagesse réprouve, Et des petits l'humilité approuve, Auxquels il a ses secrets révélés, Qu'il a cachés aux sages, et célés. Clément Marot, Sermon du bon pasteur et du mauvais
  • Le sage trouve l'édredon dans la dalle. Henri Michaux, Tranches de savoir, Cercle des Arts
  • La haine est la plus grande affaire de la vie. Les sages qui ne haïssent plus sont mûrs pour la stérilité et pour la mort. René Quinton, Maximes sur la guerre, Grasset
  • Parce que, selon le sage Salomon, sapience* n'entre point en âme malivole** et science sans conscience n'est que ruine de l'âme. François Rabelais, Pantagruel, 8
  • Le Sage dit : Étant sage, je ne me suis jamais occupé des hommes. Victor Segalen, Stèles, Plon
  • Jouis, il n'est pas d'autre sagesse ; fais jouir ton semblable, il n'est pas d'autre vertu. Étienne Pivert de Senancour, Sur les généralités actuelles
  • Il y a plus d'une sagesse, et toutes sont nécessaires au monde ; il n'est pas mauvais qu'elles alternent. Marguerite de Crayencour, dite Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien, Plon
  • Ils sont sages trop tard. Cicéron en latin Marcus Tullius Cicero, Lettre à des familiers, VII, 16
  • La Fortune aime les gens peu sensés ; elle aime les audacieux et ceux qui ne craignent pas de dire : Le sort en est jeté. La sagesse, au contraire, rend timide. Didier Érasme en latin Desiderius Erasmus Roterodamus, Éloge de la folie, LXI
  • S'habiller à sa taille, et se chausser à son pied : voilà la sagesse. Horace en latin Quintus Horatius Flaccus, Épîtres, I, VII, 98
  • Le sage ne connaît au-dessus de lui que Jupiter. Horace en latin Quintus Horatius Flaccus, Épîtres, I, I, 106
  • Il est agréable d'oublier la sagesse à propos. Horace en latin Quintus Horatius Flaccus, Odes, IV, XII, 28
  • Il y a religion dans la sagesse, et sagesse dans la religion. Lactance en latin L. Caecilius Firmianus, dit Lactantius, Institutions divines, IV, 3
  • L'homme libre ne pense à rien moins qu'à la mort, et sa sagesse est une méditation, non de la mort, mais de la vie. Baruch Spinoza, L'Éthique, Livre IV
  • Il est bon d'apprendre à être sage à l'école de la douleur. Eschyle, Les Euménides, 520 (traduction P. Mazon)
  • La pitié ne naît point dans l'esprit sans culture, mais dans celui du sage. Euripide, Électre, 294-295 (traduction Parmentier)
  • Un savoir multiple n'enseigne pas la sagesse. Héraclite, d'Éphèse, Fragment, 40 (traduction Battistini)
  • La sagesse ne convient pas en toute occasion ; il faut quelquefois être un peu fou avec les fous. Ménandre, Les Enchères, fg. 421 K (traduction G. Guizot)
  • Il n'y a rien de bon ni de mauvais sauf ces deux choses : la sagesse qui est un bien et l'ignorance qui est un mal. Platon, Euthydème, 281e (traduction Méridier)
  • La seule sagesse à la portée des pauvres humains, c'est d'extravaguer sur leurs propres folies. Benjamin, dit Ben Jonson, The Poetasters, IV, 6
  • Celui qui s'agite est plus sage que celui qui se repose, quoique celui qui se repose puisse bien devenir plus sage que celui qui s'agite. Maria Jotuni, Le Coffret ouvert
  • Comment définir la méditation ? Comme la sagesse à la recherche de la sagesse. De Shunryu Suzuki
  • Les maximes constituent la sagesse des nations. De Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais
  • Adage. Bouillie de sagesse pour mauvaises dents. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du Diable
  • La sagesse est la force des faibles. De Joseph Joubert / Pensées
  • Les frontières de la sagesse sont inexplorées. De Tristan Tzara / Littérature - Mars 1922
  • La véritable force commence par la sagesse. De Jean Van Hamme / Thorgal - La magicienne trahie
  • Connaître les autres, c'est sagesse. Se connaître soi-même, c'est sagesse supérieure. De Lao-Tseu
  • "La Silène à l’outre", marbre grec daté du IIe siècle après J.-C., est au premier abord très intrigant. Un personnage aussi débonnaire que bedonnant porte une outre sur l’épaule. Silène est un satyre représenté le plus souvent avec les attributs d’un cheval ou bouc (cornes et pieds). Il est le père adoptif du dieu Dionysos, plus connu sous le nom de Bacchus chez les Romains, qui personnifie l’ivresse (d’où la présence de l’outre vide). Silène possède également une grande sagesse qu’il ne révèle que sous la contrainte ou l’emprise de la boisson. L’artiste lui a donné le visage de Socrate, respectant l’iconographie traditionnelle du Silène. Le travail des plis de la tunique est remarquable ne cachant rien d’un ventre bien rond. petitbleu.fr, Un satyre qui mêle sagesse et éthylisme - petitbleu.fr
  • Les valeurs d'humilité et d'égalité constituent une véritable sagesse du fonctionnaire. Dans la fonction publique, l'effacement individuel au profit du collectif est une valeur enracinée. Les Echos Executives, Les 6 idées de l'ouvrage « La sagesse du fonctionnaire », Contrat de travail - Les Echos Executives
  • Une mère de quatre enfants a failli mourir après que son mal de dents s’est avéré être une infection cérébrale provoquée par une dent de sagesse non opérée, relate le journal britannique The Sun. , Elle refuse de retirer une dent de sagesse et se retrouve au seuil de la mort - Sputnik France

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Traductions du mot « sagesse »

Langue Traduction
Anglais wisdom
Espagnol sabiduría
Italien saggezza
Allemand weisheit
Chinois 智慧
Arabe حكمة
Portugais sabedoria
Russe мудрость
Japonais 知恵
Basque jakinduria
Corse saviezza
Source : Google Translate API

Synonymes de « sagesse »

Source : synonymes de sagesse sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « sagesse »

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