La langue française

Aberration

Sommaire

  • Définitions du mot aberration
  • Étymologie de « aberration »
  • Phonétique de « aberration »
  • Évolution historique de l’usage du mot « aberration »
  • Citations contenant le mot « aberration »
  • Images d'illustration du mot « aberration »
  • Traductions du mot « aberration »
  • Synonymes de « aberration »
  • Antonymes de « aberration »

Définitions du mot « aberration »

Trésor de la Langue Française informatisé

ABERRATION, subst. fém.

Déviation, écart par rapport à la norme attendue.
A.− Sens propre. Dans divers domaines scientifiques :
1. ASTRON. Déviation apparente de la lumière envoyée par un astre, et que divers procédés permettent de corriger :
1. Enfin, il y a des circonstances qui peuvent nous donner la certitude que les mouvements relatifs et apparents proviennent du déplacement réel de tel corps et non de tel autre. Ainsi, l'aspect d'un animal nous apprendra par des symptômes non équivoques s'il est effectivement en repos ou en mouvement. Ainsi, pour rentrer dans l'exemple que nous prenions tout à l'heure, les expériences du pendule prouveront le mouvement diurne de la terre; le phénomène de l'aberration de la lumière prouvera le mouvement annuel; et l'hypothèse de Copernic prendra rang parmi les vérités positivement démontrées. A. Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, p. 5.
2. ... ce sont les déplacements apparents des planètes sur la sphère céleste, l'aberration des étoiles fixes, la parallaxe de ces mêmes étoiles. Est-ce par hasard que toutes les planètes admettent une inégalité dont la période est d'un an, et que cette période est précisément égale à celle de l'aberration, précisément égale encore à celle de la parallaxe? Adopter le système de Ptolémée, c'est répondre oui; adopter celui de Copernic c'est répondre non; ... H. Poincaré, La Valeur de la science,1905, p. 273.
3. ... quand on pourrait le calculer, le déterminisme encore inexpliqué d'une aberration astronomique, ce n'est pas de la métaphysique, mais de la psychasthénie; tout mathématicien peut être démissionnaire à ses heures, et il n'y a rien à conclure de là. Mais le recours au je-ne-sais-quoi peut être aussi une négligence ou un dédain de l'esprit fort. Le logos a ses limites, et il faut bien en tenir compte. V. Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien,1957, p. 37.
2. MATH. Aberration de courbure. Angle caractéristique de la courbure formé par la normale en un point d'une courbe avec la droite issue de ce point et partageant en deux parties égales une corde parallèle à la tangente et infiniment voisine. (Lar. encyclop.). Axe d'aberration. Centre de la conique ayant un contact du quatrième ordre avec la courbe au point considéré. Il est situé sur l'axe d'aberration. (Lar. encyclop.).
3. OPT. Défaut de l'image d'un objet vu à travers une lentille (aberration de sphéricité, aberration chromatique, aberration de distorsion, aberration d'astigmatisme) :
4. On arrive à corriger approximativement toutes ces aberrations en employant plusieurs lentilles de verres différents, accolées ou séparées par des intervalles d'air, et en disposant judicieusement le diaphragme en avant, en arrière ou entre les lentilles. R. Giacomini (Encyclopédie générale Larousse,t. 2, 1968, p. 494).
B.− P. ext.
PATHOL. Anomalie, déviation hors de l'état normal, égarement des sens, troubles du cerveau (cf. hist. B 2) :
5. Dans des cas d'hallucination, on croit voir des spectres, des fantômes; et alors ce n'est plus l'état maladif ou anormal de la rétine ou du nerf optique qui vicie les impressions du cerveau, c'est l'état maladif ou anormal du cerveau qui réagit sur les appareils nerveux placés dans sa dépendance, et qui en pervertit les fonctions. De pareilles aberrations de la sensibilité, qui appartiennent en quelque sorte à l'état normal, vu la fréquence et la quasi-périodicité de leur retour, produisent des songes. Tout cela n'est évidemment qu'illusion, fausse apparence, tenant sans doute à des lois manifestes ou cachées qui régissent notre propre sensibilité, mais sans liaison avec aucune réalité extérieure, ... A. Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, p. 9.
6. ... nul ne savait mieux que lui reproduire avec son matériau les particularités des physionomies ou les aberrations des organes et les détériorations des chairs. R. Queneau, Pierrot mon ami,1942, p. 64.
PHILOS. Caractère d'un phénomène aberrant, c'est-à-dire qui s'écarte de la règle générale et constitue une exception (Foulq-St-Jean 1962) :
7. ... cette faculté, appelez-la comme il vous plaira, esprit, raison, pensée, intelligence, entendement. Locke l'appelle entendement. Il suit de là qu'une sage philosophie, au lieu de se servir aveuglément de l'entendement et de l'appliquer à l'aventure, doit l'examiner d'abord, et rechercher quel il est et ce qu'il peut, sans quoi elle s'expose à des mécomptes et à des aberrations sans nombre. V. Cousin, Hist. de la philosophie du XVIIIesiècle, t. 1, 1829, p. 97.
8. Longtemps encore après que les modernes se furent créé des moyens d'observation plus parfaits, il resta de nombreuses causes d'aberration, qui défaçonnaient et altéraient de couleurs étrangères les contours des objets. E. Renan, L'Avenir de la science,1890, p. 276.
9. Le spectacle de ce que furent les religions, et de ce que certaines sont encore, est bien humiliant pour l'intelligence humaine. Quel tissu d'aberrations! L'expérience a beau dire « c'est faux » et le raisonnement « c'est absurde », l'humanité ne s'en cramponne que davantage à l'absurdité et à l'erreur. Encore si elle s'en tenait là! H. Bergson, Les Deux sources de la morale et de la religion,1932, p. 105.
10. Mais l'émotivité est aussi à la source de diverses aberrations religieuses. Toutes les exaltations s'y nourrissent, depuis les délires hystériques collectifs, rituels dans quelques sectes, jusqu'aux fièvres malsaines de certaines piétés. E. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 740.
C.− L. com. Déviation du jugement par rapport au bon sens ou à des habitudes de pensée ou de sentiment prises comme norme; erreur, à la limite absurdité, folie :
11. Son cerveau était un milieu particulier : les idées qui le traversaient en sortaient toutes tordues. La réflexion qui provenait de cette réfraction était nécessairement divergente et déviée. De là mille illusions d'optique, mille aberrations de jugement, mille écartsdivaguait sa pensée, tantôt folle, tantôt idiote. V. Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 179.
12. Cet amour idéal pour le Christ n'est sans danger que dans l'âge où les passions humaines sont muettes. Plus tard il prête aux aberrations du sentiment et aux chimères de l'imagination troublée. Nos religieuses anglaises n'étaient pas mystiques du tout, heureusement pour elles. G. Sand, Histoire de ma vie,t. 3, 1855, p. 196.
13. Mais, pour l'amour de Dieu, dites-moi par quelle étrange association d'idées, par quelle surnaturelle aberration d'esprit, vous avez été conduit à écrire le nom de la Nouvelle-Zélande pour le nom de l'Australie? J. Verne, Les Enfants du capitaine Grant,t. 3, 1868, p. 198.
14. ... tel autre jour, pour parler en deuxième et dernier lieu de choses subjectives, son âme présenta au regard investigateur de la psychologie, je ne vais pas jusqu'à dire une aberration de la raison (qui, cependant, n'en serait pas moins curieuse; au contraire, elle le serait davantage), mais, du moins, pour ne pas faire le difficile auprès de certaines personnes froides, qui ne me pardonneraient jamais les élucubrations flagrantes de mon exagération, un état inaccoutumé, assez souvent très grave, qui marque que la limite accordée par le bon sens à l'imagination est quelquefois, malgré le pacte éphémère conclu entre ces deux puissances, malheureusement dépassée ... Lautréamont, Les Chants de Maldoror,1869, p. 274.
15. Tolstoï parle quelque part de ces « influences épidémiques », qui règnent en religion, en philosophie, en politique, en art et en science, de ces « influences insensées, dont les hommes ne voient la folie que lorsqu'ils en sont débarrassés, mais qui, tant qu'ils y sont soumis, leur paraissent si vraies qu'ils ne croient même pas nécessaire de les discuter ». Ainsi, la passion des tulipes, la croyance aux sorciers, les aberrations des modes littéraires. − La religion de la raison était une de ces folies. R. Rolland, Jean-Christophe,La Foire sur la place, 1908, p. 759.
16. J'étais premier. J'aimais la gloire, mais je n'étais pas fait pour elle. Je supportai mal la mienne. Son premier rayon qui me frappait d'une façon si inattendue m'échauffa la tête. Je devins fat; par une aberration monstrueuse de ma raison, je trouvai naturel d'être le premier de ma classe, quand, en réalité, c'était hors de toute règle et de toute prévision. A. France, La Vie en fleur,1922, p. 364.
17. Dès l'origine tout ce qu'il y a de représentatif, c'est-à-dire de théâtral, dans la série complète des symboles par lesquels se réalise spirituellement le grand œuvre, en attendant qu'il se réalise réellement et matériellement, et aussi dans les écarts et errements de l'esprit mal informé, autour de ces opérations et dans le dénombrement on pourrait dire « dialectique » de toutes les aberrations, phantasmes, mirages et hallucinations par lesquels ne peuvent manquer de passer ceux qui tentent ces opérations avec des moyens purement humains. A. Artaud, Le Théâtre et son double,1938, p. 59.
Rem. L'ex. 11 montre le passage de l'emploi A à l'emploi C.
Stylistique − Au sens propre, aberration est localisé dans la lang. sav. Alors que aberrer et aberrance sont peu usités, aberration est, comme aberrant, très vivant dans l'emploi fig. Comme tous les mots de la famille morphol., il a, dans cet emploi, une coloration dépréc. : 18. Essayez, en effet, de vous représenter l'absurdité monstrueuse, l'aberration satanique délimitée comme il suit. Une armée qui fut, autrefois, victorieuse du monde et qu'on croyait grande autant qu'invincible, il y a si peu de temps encore, est absolument vaincue. L. Bloy, Journal, 1900, p. 219. Le contraire est exceptionnel : 19. Il [son frère] avait conservé, de la très petite enfance, cette aberration douce, cette paisible sauvagerie qui garde l'enfant tout jeune contre la peur de la mort et du sang. Colette, La Maison de Claudine, 1922, p. 94.
Prononc. ET ORTH. : [abε ʀasjɔ ̃]. Warn. 1968, et Harrap's 1963, notent la possibilité d'une prononc. avec l'r géminé. D'apr. Fouché Prononc. 1959, p. 319, en fr. le groupe RR ,,se prononce toujours [R']`` c.-à-d. ,,[R] légèrement plus long et plus fort. Ex. : arracher, arriver...``. Kamm. 1964 recommande la prononc. r double dans les mots sav. ou rares : aberration, erratique, corroder (Guide pratique de la prononciation, 1964, § 62). Cf. aberrer. Enq. : /abeʀasiõ/. A.− Prononc. de l'-rr-. − A part Fér. Crit. 1787 et Fél. 1851, isolés également pour le timbre du e, cf. B, tous les dict. transcrivent la prononc. avec r géminé jusqu'à Passy 1914 qui donne le redoublement pour facultatif comme le feront désormais les dict. jusqu'aux Pt Rob. et Pt Lar. 1968, qui optent pour r simple. D'apr. Thurot Prononc. t. 2, 1883, p. 380, ,,la prononciation de l'r double dans les mots français est enseignée par les auteurs jusqu'en 1660 environ.`` Cependant, il y a confusion entre la prononc. de l'r simple et de l'r double. Cf. Vaugelas cité par Thurot (t. 2, p. 374) : ,,Plusieurs parisiens... prononcent l'r simple et douce comme double et forte, l'r double comme simple; car ils disent burreau pour bureau et arest pour arrest.`` Pour Fouché Phonét. 1952, p. 863, ,,il est permis de croire (...) que le changement de r géminé en r (r d'abord long, puis de durée normale) est aussi ancien à Paris que dans les provinces. Ici et là, il peut avoir débuté dans la seconde moitié du xiiesiècle. Mais la langue savante s'est opposée à cette innovation et il a fallu attendre longtemps avant qu'elle l'accepte.`` D'autre part, par création de nouveaux groupes (Id., ibid., p. 880), ,,il ne semble pas qu'on puisse parler de géminées [r/r] (...) dans les mots venus du latin. On n'a eu probablement là que des consonnes longues, [r:] (...) appartenant tout entières à la même syllabe (...). Seul [r:] a persisté dans les mots comme aberration, abhorrer, concurrence, etc.`` B.− Timbre de l'[ε] : [abε ʀasjɔ ̃]. − Les dict. transcrivent la 2esyllabe avec [ε] ouvert à l'exception de Fér. Crit. et de Fél. 1851, qui notent [e] fermé. Pt Rob. note [ε] pour le mot aberration et [e] pour le verbe aberrer [a b e r e]. Le timbre [ε] ouvert s'explique par l'évolution phonét. normale du mot : ,,... dans les mots du type (...) errer < iterare l'e se trouvant encore (...) en syllabe fermée par le premier élément de la géminée, rr, qui ne s'était pas simplifiée, s'est ouvert normalement en [ę]. Le timbre [ę] s'est conservé jusqu'aujourd'hui, malgré la simplification de cette géminée, survenue après coup.`` (Fouché Phonét., p. 430). D'autre part, Fouché Prononc. 1959, p. 71, étend la prononc. de [ε] ouvert suivi de 2 r de la position accentuée à la position inaccentuée : ,,L'[ε] accentué devenu inaccentué, reste toujours ouvert et continue à s'écrire e. L'harmonisation vocalique ne joue pas.``
Étymol. − Corresp. rom. : ital. aberrazione; esp. aberración; port. aberração; cat. aberraciò; roum. aberatie. 1. 1624 « action de s'écarter » (Ph. Daquin, Discours des sacrifices de la loy mosaïque, 52 ds R. hist. litt. Fr., I, 52 : un desvoyement et aberration du vray chemin); 2. 1733, 20 juin « phénomène par les effets duquel les étoiles sont vues de la terre dans une direction différente de celle où elles sont réellement », terme d'astron. (Volt., éd. Moland, Corresp., I, 354 : Nous mettons tous les ans plus d'industrie et plus d'invention dans nos tabatières et dans nos autres colifichets que les Anglais n'en ont mis à se rendre les maîtres des mers, à faire monter l'eau par le moyen du feu et à calculer l'aberration de la lumière); 1738 « id. » (Voltaire, El. de philos. de Newton, II, 1 ds Littré : L'étoile pouvait donner quelque marque d'aberration); 3. 1798 terme d'optique (Ac. : On appelle en Optique, Aberration, L'espace qu'occupent autour d'un foyer d'un verre ou d'un miroir, les rayons qui ne s'y sont pas exactement réunis); 4. a) 1775, mars « action de s'écarter des règles; fourvoiement », emploi fig. (Correspondance littéraire, philosophique et critique, Grimm, Diderot, Raynal, Meister etc., t. 11, p. 56, éd. Garnier frères 1879 : mars 1775, Le traité des sensations est un chef-d'œuvre dans ce genre; mais il y a loin du talent de simplifier un principe, et de suivre strictement la chaîne des conséquences qui paraissent en résulter, au talent d'appliquer le principe avec justesse, et de calculer, si j'ose m'exprimer ainsi, toutes les aberrations auxquelles il peut être sujet dans la pratique [en parlant de l'ouvrage de l'abbé de Condillac.]; b) 1835 (Ac. : signifie, au sens moral, Écart d'imagination, erreur de jugement. Les aberrations de l'esprit humain. L'aberration de ses idées est étrange. Les aberrations de cet écrivain sont singulières. On dit de même, l'aberration des sens.). 1 dér. du lat. aberrare ou du fr. aberrer*; cf. aussi lat. médiév. aberratio « erreur, péché » (an. 1081 Gebehardus, Ad Hermannum, 2 ds Mittellat. W. s.v.), lat. class. seulement au sens « possibilité de s'éloigner, diversion » (TLL, s.v.); 2 empr. à l'angl. aberration, terme exprimant le phénomène décrit par l'astronome angl. James Bradley en déc. 1728 (ds Philosophical Transactions, t. 35, no406, noIV : A Letter... giving an account of a new discovered motion of the fix'd stars où ce phénomène est appelé alteration), peut-être par l'intermédiaire du lat. sc. (lat. aberratio empl. par l'astronome ital. Manfredi en 1730 d'apr. DG); terme transposé par Chambers au domaine de la phys. en 1753 (Chambers, Cycl. Supp., ds NED : There are two species of the aberrations of rays... one arising from the figure of the glass or speculum, the other from the unequal refrangibility of the rays of light), passé en lat. sc. (1760, Samuel Klingenstierna, De aberratione luminis in superficiebus et lentibus sphericis refractorum, ds Philosoph. Transactions, t. 51, part. II, noLXXXVI, p. 944) et de là en fr. (3); orig. de 4, difficile à déterminer : écart chronol. rend difficilement acceptable hyp. de l'ext. du sens 1 (Dauzat 1964); peut-être emploi fig. de 2, 3; plus prob. empr. au sens fig. de l'angl. aberration (dep. 1594 « fourvoiement, infraction » − domaine moral − et d'autre part dep. 1610-1631 au sens 1; dep. 1823 au sens 4 b − Mack., I, 166; NED. HIST. − Un seul sens et plusieurs accept. Le mot apparaît au xviies. avec son accept. propre mais dans un cont. fig. Au xviiies. il disparaît dans cette accept. pour se spécialiser dans les lang. techn. de l'astron. et de l'optique. Puis il repasse dans la lang. commune à la fin du xviiies., uniquement dans une accept. fig., et est considéré comme un néol. : Néologisme qui prendra je crois. Fér. Ce mot n'a pris le sens figuré que dans le courant du xviiiesiècle; il s'introduisit grâce à l'usage qu'on en faisait dans le langage scientifique. Littré. I.− Disparitions av. 1789. − Accept. propre gén.; une attest. isolée au xviies. dans un cont. fig. (cf. étymol. 1). II.− Hist. des accept. attestées apr. 1789. − A.− Sém. A (accept. propre dans des lang. techn.). 1. Astron., 1reattest. 1733 (cf. étymol. 2), subsiste : L'aberration des étoiles dépend de la vitesse de leur lumière, combinée avec celle de la terre dans son orbite. Laplace, Exp., IV, 17 (Littré). xixeet xxes. cf. sém. A 1. − Rem. Laf. précise : Aberration, du latin aberratio − d'aberrare, s'écarter − était avant le commencement de ce siècle un terme d'astronomie seulement. Trév. 1752 en effet ne donne que ce sens et l'explique très longuement. 2. Optique, 1reattest. 1798 (cf. étymol. 3), subsiste aux xixeet xxes. (cf. sém. A 2). 3. Math. Terme attesté au xxes. uniquement ds Lar. encyclop. et Lar. 3 (cf. sém. A 3). B.− Sém. B et C. 1. Emploi gén., 1reattest. 1775 (cf. étymol. 4 a) : L'emploi au sens d'erreur est récent, sa généralisation souhaitable, aberration exprimant « L'action d'errer » au lieu qu'erreur « se prend dans le sens passif, effet de cette action ». Dict. de l'Acad. revu par Laveaux [1802], (Journet-Petit). 2. Emplois techn. : a) pathol. (à mi-chemin entre l'emploi propre et l'emploi fig.), 1reattest. 1851; b) biol., 1reattest. ds Lar. encyclop.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 225. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 224, b) 301; xxes. : a) 515, b) 293.
BBG. − Bader-Th. 1962. − Bouillet 1859. − Chesn. 1857. − Électron. 1963-64. − Foulq.-St-Jean 1962. − Garnier-Del. 1961. − Husson 1964. − Julia 1964. − Laitier 1969. − Lal. 1968. − Littré-Robin 1865. − Nysten 1814-20. − Piéron 1963. − Privat-Foc. 1870. − Sc. 1962. − Séguy 1967. − Uv.-Chapman 1956.

Wiktionnaire

Nom commun

aberration \a.bɛ.ʁa.sjɔ̃\ féminin

  1. Écart d’imagination ; erreur de jugement ; absurdité.
    • Le médecin attribua d’abord cet accès subit de violente émotion à une aberration d’esprit, […]. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Il avait conservé, de la très petite enfance, cette aberration douce, cette paisible sauvagerie qui garde l’enfant tout jeune contre la peur de la mort et du sang. À treize ans, il ne faisait pas beaucoup de différence entre un vivant et un mort. — (Colette, La maison de Claudine, Hachette, 1922, coll. Livre de Poche, 1960, page 54.)
    • Aimery crut avoir subi une aberration semblable quand il se réveilla de son mirage optimiste […]. — (Pierre Louÿs, Psyché, 1927, p.85)
    • La caserne est l’école de toutes les aberrations. Elle est également le terrain le plus propice à l’éclosion des révoltes. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 28)
    • Il y a un passage étonnant, dans Du côté de chez Swann. Le grand-père du narrateur fait une visite de condoléances au père de Charles Swann, qui vient de perdre sa femme. En sortant de la chambre mortuaire, ils font quelques pas dans le jardin et M. Swann dit quelque chose comme : « Ah ! quel bonheur de se promener ensemble par ce beau temps… On a beau dire, la vie a quand même du bon ! » Et il a à peine fini de prononcer ces phrases qu’il se rend compte de leur aberration, mais il se contente de prendre un air stupéfait et de secouer la tête… — (Philippe Delerm, La bulle de Tiepolo, Gallimard, 2005, collection Folio, pages 93-94.)
    • Il représentait une véritable aberration vestimentaire. — (Hervé Jubert, Le Tournoi des ombres, 2013)
    • « De toutes les aberrations sexuelles, la plus singulière est encore la chasteté » , disait Remy de Gourmont.
      Ses contemporains étaient de son avis. Dieu merci !
      — (Laure Desroches, Sous l'édredon : le couple de1870 à 1914, Genève : Éd. Crémille, 1994, préface)
    • Il sera prêt à tout donner à l’autre, à tout autre, sauf à donner à cet autre la parole, sa parole. Pathétique aberration : des narcisses prêts à tout donner et ne donnant rien. Ces paradoxes se retrouvent à tout bout de champ dans le social. — (Daniel Sibony, Don de soi ou partage de soi ?, Éditions Odile Jacob, 2000)
  2. (Technique) (Philosophie) Anomalie d’une fonction.
  3. (Astronomie) Mouvement apparent observé dans les astres et qui résulte du mouvement de la lumière combiné avec celui de la Terre.
    • L’aberration des étoiles fixes.
  4. (Optique) Dispersion qui s’opère entre les divers rayons lumineux émanés d’un même point, lorsqu’ils rencontrent des surfaces courbes qui les réfléchissent ou les réfractent, de sorte qu’ils ne peuvent plus ensuite être concentrés exactement en un même foyer.
    • Les opticiens se sont acharnés pendant plus de 60 ans à corriger ces multiples aberrations avec plus ou moins de bonheur ; mais c'est seulement vers 1890, époque où apparurent les premiers anastigmats, qu'ils purent présenter une solution satisfaisante. — (Agenda Lumière 1930, Paris : Société Lumière & librairie Gauthier-Villars, p.88)
  5. (Médecine) Anomalie dans la disposition ou dans le fonctionnement des organes.
  6. (Botanique) Exception que présente un système.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ABERRATION. n. f.
Écart d'imagination, erreur de jugement. Les aberrations de l'esprit humain. L'aberration de ses idées est étrange. Les aberrations de cet écrivain sont singulières. On dit de même L'aberration des sens. Il se dit, en termes d'Astronomie, du Mouvement apparent observé dans les astres et qui résulte du mouvement de la lumière combiné avec celui de la Terre. L'aberration des étoiles fixes. Il se dit aussi, en termes d'Optique, de la Dispersion qui s'opère entre les divers rayons lumineux émanés d'un même point, lorsqu'ils rencontrent des surfaces courbes qui les réfléchissent ou les réfractent, de sorte qu'ils ne peuvent plus ensuite être concentrés exactement en un même foyer. Aberration de sphéricité. Aberration de réfrangibilité.

Littré (1872-1877)

ABERRATION (a-bè-rra-sion) s. f.
  • 1 Terme d'astronomie. Mouvement apparent observé dans les étoiles et qui résulte du mouvement annuel de la terre. L'étoile pouvait donner quelque marque d'aberration, Voltaire, Newton, II, 1. L'aberration des étoiles dépend de la vitesse de leur lumière, combinée avec celle de la terre dans son orbite, Laplace, Exp. IV, 17.
  • 2 Terme d'optique. Aberration de réfrangibilité, diffusion du foyer des rayons lumineux concentrés par un verre biconvexe, qui dépend de ce que, les rayons diversement colorés n'ayant pas la même réfrangibilité, la lentille ne peut les concentrer tous dans le prolongement de son axe.

    Aberration de sphéricité. Autre genre de diffusion des rayons lumineux concentrés par un verre biconvexe, qui tient à ce que la figure des lentilles ne permet qu'aux rayons très voisins de l'axe de concourir sensiblement en un point commun, tous les autres, qui éprouvent une réfraction plus forte, coupant l'axe en deçà de ce point ; d'où il suit que le foyer, au lieu de représenter un point, est réellement un espace d'une certaine étendue, et que l'image principale, celle qui se produit à l'endroit où se réunissent le plus de rayons, est comme offusquée par une multitude d'autres images qui rendent la vision confuse.

  • 3 Fig. Erreur de jugement, égarement. Aberration des sens, du jugement. Les aberrations de la philosophie sophistique. Des aberrations morales. Ce mot n'a pris le sens figuré que dans le courant du XVIIIe siècle ; il s'introduisit grâce à l'usage qu'on en faisait dans le langage scientifique.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ABERRATION, s. f. en Astronomie, est un mouvement apparent qu’on observe dans les étoiles fixes, & dont la cause & les circonstances ont été découvertes par M. Bradley, membre de la société royale de Londres, & aujourd’hui Astronome du roi d’Angleterre à Greenwich.

M. Picard & plusieurs autres Astronomes après lui, avoient observé dans l’Étoile polaire un mouvement apparent d’environ 40″ par an qu’il paroissoit impossible d’expliquer par la parallaxe de l’orbe annuel ; parce que ce mouvement étoit dans un sens contraire à celui suivant lequel il auroit dû être, s’il étoit venu du seul mouvement de la Terre dans son orbite. Voyez Parallaxe du grand Orbe.

Ce mouvement n’ayant pû être expliqué pendant 50 ans, M. Bradley découvrit enfin en 1727 qu’il étoit causé par le mouvement successif de la lumiere combiné avec le mouvement de la Terre. Si la France a produit dans le dernier siecle les deux plus grandes découvertes de l’Astronomie physique, sçavoir, l’accourcissement du Pendule sous l’Équateur, dont Richer s’apperçut en 1672, & la propagation ou le mouvement successif de la lumiere démontré dans l’Académie des Sciences par M. Roëmer, l’Angleterre peut bien se flatter aujourd’hui d’avoir annoncé la plus grande découverte du dix-huitieme siecle.

Voici de quelle maniere M. Bradley a expliqué la théorie de l’aberration, après avoir observé pendant deux années consécutives que l’Etoile γ de la tête du Dragon, qui passoit à son zénith, & qui est fort près du Pole de l’Ecliptique, étoit plus méridionale de 39″ au mois de Mars qu’au mois de Septembre.

Si l’on suppose (Planche Astron. Fig. 31. n. 3.) que l’œil soit emporté uniformément suivant la ligne droite AB, qu’on peut bien regarder ici comme une très-petite partie de l’orbite que la Terre décrit durant quelques minutes, & que l’œil parcourre l’intervalle compris depuis A jusqu’à B précisément dans le tems que la lumiere se meut depuis C jusqu’en B, je dis qu’au lieu d’appercevoir l’Étoile dans une direction parallele à BC, l’œil appercevra, dans le cas présent, l’Étoile selon une direction parallele à la ligne AC. Car supposons que l’œil étant entraîné depuis A jusqu’en B, regarde continuellement au-travers de l’axe d’un tube très-délié, & qui seroit toûjours parallele à lui-même suivant les directions AC, ac, &c. il est évident que si la vitesse de la lumiere a un rapport assez sensible à la vitesse de la Terre, & que ce rapport soit celui de BC à AB, alors la particule de lumiere qui s’étoit d’abord trouvée à l’extrémité C du tube coulera uniformément & sans trouver d’obstacle le long de l’axe, à mesure que le tube viendra à s’avancer, puisque selon la supposition on a toûjours AB à BC comme aB à Bc, & Aa à Cc comme AB à BC ; c’est-à-dire, que l’œil ayant parcouru l’intervalle Aa, la particule de lumiere a dû descendre uniformément jusqu’en c, & par conséquent se trouvera dans le tuyau qui est alors dans la situation ac. D’ailleurs il est aisé de voir que si on donnoit au tube toute autre inclinaison, la particule de lumiere ne pourroit plus couler le long de l’axe, mais trouveroit dès son entrée un obstacle à son passage, parce que le point c ou la particule de lumiere arriveroit ne se trouveroit pas alors dans le tuyau, qui ne seroit plus parallele à AC. Or, parmi cette multitude innombrable de rayons que lance l’Étoile & qui viennent tous parallelement à BC, il s’en trouve assez dequoi fournir continuellement de nouvelles particules qui se succédant les unes aux autres à l’extrémité du tube, coulent le long de l’axe, & forment par conséquent un rayon suivant la direction AC. Il est donc évident que ce même rayon AC sera l’unique qui viendra frapper l’œil, qui par conséquent ne sauroit appercevoir l’Étoile autrement que sous cette même direction. Maintenant si au lieu de ce tube on imagine autant de lignes droites ou de petits tubes extrèmement fins & déliés, que la prunelle de l’œil peut admettre de rayons à la fois, le même raisonnement aura lieu pour chacun de ces tubes, que pour celui dont nous venons de parler. Donc l’œil ne sauroit recevoir aucun des rayons de l’Etoile que ceux qui paroîtront venir suivant des directions paralleles à AC, & par conséquent l’Etoile paroîtra en effet dans un lieu où elle n’est pas véritablement ; c’est-à-dire, dans un lieu différent de celui où on l’auroit apperçue, si l’œil étoit resté fixe au point A.

Ce qui confirme parfaitement cette théorie si ingénieuse, & qui en porte la certitude jusqu’à la démonstration, c’est que la vitesse que doit avoir la lumiere pour que l’angle d’aberration BCA soit tel que les observations le donnent, s’accorde parfaitement avec la vitesse de la lumiere déterminée par M. Roëmer d’après les observations des Satellites de Jupiter. En effet, imaginons (Fig. 31. n°. 2.) que bc soit égal au rayon de l’orbe annuel, l’angle bca est donné par l’observation de la plus grande aberration possible des Etoiles, savoir, de 20″. On fera donc, comme le rayon est à la tangente de 20″, ainsi cb est à un quatriéme terme, qui sera la valeur de la petite portion ab de l’orbe terrestre, laquelle se trouve excéder un peu la dix-millieme partie de la moyenne distance AB ou Ab de la Terre au Soleil, puisqu’elle en est la partie. C’est pourquoi la Terre parcourant 360 degrés en 365 jours , & à proportion un arc de 57 degrés égal au rayon de l’orbite, en 58 jours ou 83709′, il s’ensuit que la 10313 partie de ce dernier nombre, c’est-à-dire, 8′ , ou 8′ 7″ sera le tems que la Terre met à parcourir le petit espace ab, & le tems que la lumiere met à parcourir l’espace bc égal au rayon de l’orbe annuel. Or M. Roëmer a trouvé par les observations des Satellites de Jupiter, que la lumiere doit mettre en effet environ 8′ 7″ à venir du Soleil jusqu’à nous. Voyez Lumiere. C’est pourquoi chacune des deux théories de M. Roëmer & de M. Bradley s’accordent à donner la même quantité pour la vitesse avec laquelle la lumiere se meut.

Au reste comme les directions que l’on regarde comme paralleles, bc, BC, ou bien ac, AC, ne le sont pas en effet, mais concourent au même point du Ciel, sçavoir à l’Etoile E, il s’ensuit qu’à mesure que la terre avancera sur la circonférence de son orbite, l’arc ou la petite tangente ab qu’elle décrit chaque jour venant à changer de direction, il en sera de même à l’égard de la ligne AC qui dans le cours d’une année entiere aura un mouvement conique autour de BC ou de AE, en sorte que prolongée dans le ciel, son extrémité doit décrire un petit cercle autour du vrai lieu qu’occupe l’Étoile ; & comme l’angle ACB ou l’angle alterne CAE qui lui est égal est de 20″, il sera vrai de dire que l’Étoile ne sçauroit jamais être apperçue dans son vrai lieu, mais qu’à chaque année elle doit recommencer à parcourir la circonférence d’un cercle autour de son véritable lieu : en sorte que si elle est au zénith, par exemple, elle pourra être vûe à son passage au méridien alternativement 20″ plus au Nord ou plus au Midi à chaque intervalle d’environ six mois. M. de Maupertuis dans son excellent ouvrage intitulé Elémens de Géographie, explique l’aberration par une comparaison ingénieuse. Il en est ainsi, dit-il, de la direction qu’il faut donner au fusil pour que le plomb frappe l’oiseau qui vole : au lieu d’ajuster directement à l’oiseau, le Chasseur tire un peu au-devant, & tire d’autant plus au-devant, que le vol de l’oiseau est plus rapide par rapport à la vitesse du plomb. Il est évident que dans cette comparaison l’oiseau représente la Terre, & le plomb représente la lumiere de l’Etoile qui la vient frapper. Cette comparaison peut servir à faire entendre le principe de l’aberration à ceux de nos Lecteurs qui n’ont aucune teinture de Géométrie. L’explication que nous venons de donner de ce même principe d’après M. Bradley peut être aussi à l’usage de ceux qui n’en ont qu’une teinture legere ; car on doit sentir que si un tuyau est mû avec une direction donnée qui ne soit pas suivant la longueur du tuyau, un corpuscule ou globule qui doit traverser ou enfiler ce tuyau en ligne droite durant son mouvement sans choquer les parois du tuyau, doit avoir pour cela une direction différente de celle du tuyau, & qui ne soit pas parallele non plus à la longueur du tuyau.

Mais voici une démonstration qui pourra être facilement entendue par tous ceux qui sont un peu au fait des principes de méchanique, & qui ne suppose ni tuyau, ni rien d’étranger. Je ne sache pas qu’elle ait encore été donnée, quoiqu’elle soit simple. Aussi ne prétens-je pas m’en faire un mérite. CB (Fig. 31. n°. 3.) étant (hyp.) la vitesse absolue de l’Étoile, on peut regarder CB comme la diagonale d’un parallélogramme dont les côtés seroient CA & AB ; ainsi on peut supposer que le globule de lumiere, au lieu du mouvement suivant CB, ait à la fois deux mouvemens, l’un suivant CA, l’autre suivant AB. Or le mouvement suivant AB est commun à ce globule & à l’œil du spectateur. Donc ce globule ne frappe réellement l’œil du spectateur que suivant CA. Donc AC est la direction dans laquelle le spectateur doit voir l’Étoile. Car la ligne dans laquelle nous voyons un objet n’est autre chose que la ligne suivant laquelle les rayons entrent dans nos yeux. C’est pour cette raison que dans les miroirs plans, par exemple, nous voyons l’objet au dedans du miroir, &c. Voyez Miroir. Voyez aussi Apparent.

M. Bradley a joint à sa théorie des formules pour calculer l’aberration des fixes en déclinaison & en ascension droite : ces formules ont été démontrées en deux différentes manieres, & réduites à un usage fort simple par M. Clairaut dans les Mémoires de l’Académie de 1737. Elles ont aussi été démontrées par M. Simpson de la Société Royale de Londres, dans un Recueil de différens Opuscules Mathématiques imprimé en Anglois à Londres 1745. Enfin M. Fontaine des Crutes a publié un traité sur le même sujet. Cet Ouvrage a été imprimé à Paris en 1744. Des Astronomes habiles nous ont paru en faire cas ; tant parce qu’il explique fort clairement la théorie & les calculs de l’aberration, que parce qu’il contient une histoire assez curieuse de l’origine & du progrès de l’Astronomie dressée sur des Mémoires de M. le Monnier. Nous avons tiré des Institutions Astronomiques de ce dernier une grande partie de cet article. (O)

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Étymologie de « aberration »

(Date à préciser) Du latin aberratĭo (« éloignement, fuite, évasion, diversion »).
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Aberratio, de aberrare, de ab, loin, et errare (voy. ERRER).

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Phonétique du mot « aberration »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
aberration abɛrasjɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « aberration »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « aberration »

  • De toutes les aberrations sexuelles, la pire est la chasteté. De Anatole France
  • Le concept même du mariage est une aberration. Il est impossible que ça marche, sauf dans le cas où il s'agit de deux hommes aimant tous deux le base-ball et ayant des revenus séparés. De Groucho Marx
  • L’art est le département des aberrations. De L. Langanesi
  • L'aberration est de se croire objet unique et de faire de sa petitesse infinitésimale une puissance que jamais l'univers ne pourra reconnaître. De Yves Thériault / Le Haut Pays
  • Tuer au nom de Dieu est une aberration, il faut croire avec liberté, sans offenser, sans imposer, ni tuer. De Pape François / Le Parisien, 15 janvier 2015
  • Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. De Michel Leiris
  • L’esprit de l’homme n’a point de bornes en ses aberrations. De Théophile Gautier / Les grotesques
  • Plus que la sexualité ou les aberrations infantiles, c'est l'atavisme qui est à l'origine de la plupart des conceptions qui guident l'individu. De Charlie Chaplin / Ma vie
  • Dans une interview exclusive avec « Good Morning America », John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Trump, a condamné le président, affirmant qu’il espérait que l’histoire se souviendrait de lui comme d’une « aberration ». Garçonne Magazine, L'histoire se souviendra de Trump comme d'une `` aberration '', dit John Bolton - Garçonne Magazine
  • « Ce futur projet immobilier est une catastrophe et une aberration. Notre rue ne pourra jamais absorber le surcroît de circulation. C'est un projet immobilier de plus dans une ville qui étouffe déjà ! » leparisien.fr, Municipales à Dammartin-en-Goële : l’urbanisation au cœur de la campagne - Le Parisien

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Traductions du mot « aberration »

Langue Traduction
Anglais aberration
Espagnol aberración
Italien aberrazione
Allemand aberration
Portugais aberração
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Synonymes de « aberration »

Source : synonymes de aberration sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « aberration »

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