Reste : définition de reste


Reste : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RESTE, subst. masc.

I. − Neutre collectif
A. − Le reste de + subst.; ou p. ell., le reste. Ce qui reste, ce qui subsiste d'un ensemble auquel on a retranché une partie.
1. [Le compl. désigne un inanimé concr.] Synon. le restant.Le reste d'une somme, d'une fortune, des dettes, des biens; le reste des marchandises, des livres, des vêtements. Il prélevait sur sa fortune une somme de dix mille francs, avec laquelle il constituait une dot à sa petite-fille (...). Le reste allait par tiers à chacun de ses garçons (Aymé, Jument, 1933, p. 33).
[Le compl. désigne un lieu, un local] La grande salle du harem, au moyen de quelques changements qu'on y fit, devint le lieu des séances, et le reste du palais servit d'habitation aux savants (Gourgaud, 1815-21ds Rec. textes hist., p. 104).Certaines parties [de la chaussée] s'usent plus que les autres, il se produit alors des (...) ornières lorsque certaines pistes sont fréquentées par les voitures à l'exclusion du reste de la chaussée (Bourde, Trav. publ., 1929, p. 142).
a) Loc. verb.
Demander son reste (vieilli). Demander la monnaie qui vous revient. (Dict. xixeet xxes.).
Au fig. Ne pas attendre, ne pas demander son reste. S'en tenir là, ne pas insister lorsque l'on se trouve dans une situation délicate ou périlleuse et préférer se retirer rapidement. Partir, fuir sans demander son reste. Décampez, Monsieur (...) et ne remettez plus les pieds chez moi. Le coiffeur s'enfuit sans demander son reste (Theuriet, Mariage Gérard, 1875, p. 178).
Jouer de son reste (vieilli). Hasarder, utiliser ses dernières ressources. Je vous trouve l'air d'un joueur qui joue de son reste (Picard, Théâtre, t. 8, Charlatans, 1821, p. 319).
b) Spécialement
ARITHMÉTIQUE
Reste d'une soustraction. Résultat d'une soustraction. S'il s'agit de l'ascendant et du milieu du ciel, on note alors le temps sidéral pour la situation au point de départ et pour la position au point d'arrivée. On soustrait l'un de l'autre, puis on calcule la valeur du reste en tenant compte qu'une heure vaut quinze ans (Divin.1964, p. 242).
Reste d'une division. Somme ou chiffre qui demeure lorsque le dividende n'est pas divisé exactement par le diviseur. Puisque A' est moindre que 0, on peut diviser 0 par A'; soit P le quotient et A'' le reste (Legendre, Théorie nombres, t. 1, 1830, p. 3).
Reste d'une série. ,,Somme de la série restante, après suppression de tous les termes qui précèdent un terme déterminé`` (Lar. encyclop.). Le reste de la série (...) est le développement d'une fonction algébrique ou intégrale (Laplace, Théorie analyt. probabil., 1812, p. 174).
SC. POL. ,,Nombre de suffrages exprimés qui, dans un scrutin à la représentation proportionnelle, n'ont pas été utilisés pour répartir les sièges`` (Graw. 1981). Les sièges non encore attribués sont donnés aux listes auxquelles il demeure les plus forts restes dans l'ordre décroissant de ces restes (Vedel, Dr. constit., 1949, p. 151).
2. [Le compl. désigne un inanimé abstr.] Chacun d'ailleurs retournait à ses occupations, et le reste des événements se fût accompli sans dommage et sans bruit, très probablement, si Madame de Matefelon, (...) n'y eût mis la main (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p. 140):
1. ... la vieille théorie de Spencer (...) « expliquait » l'évolution, c'est-à-dire l'apparition des structures, en couplant... etc. Cette « solution » repose sur des erreurs et des confusions multiples. La seule thèse juste qu'elle contienne (...), est précisément ce qui détruit tout le reste de l'argumentation. Ruyer, Cybern., 1954, p. 144.
[Le compl. désigne un espace de temps]
Le reste de la journée, de la soirée, de la nuit. Son travail [de bûcheron] prend fin aux premières neiges d'avril et il vit le reste de l'année d'un certain nombre de métiers divers (Bernanos, Crime, 1935, p. 746).
Le reste de mes jours, de ma vie, de mon existence. Synon. le restant* de mes jours.Mon père (...) vous mettra à l'abri du besoin pour le reste de votre vie (L. Blanc, Organ. trav., 1845, p. 3).Le Survenant ne repartira pas. À la première nouvelle, il épousera Angélina Desmarais. À son tour il prendra racine au chenal du Moine pour le reste de ses jours (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 196).
Le reste du temps (loc. adv.). Aux autres moments. À la Corogne, mon père ne sort pas, dit Picasso, si ce n'est pour aller à l'école des arts et métiers. À son retour, il peint. Mais sans plus. Le reste du temps, il regarde par la fenêtre tomber la pluie (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 36).
Jouir de son reste (loc. verb., vieilli). Jouir du peu de temps qu'il reste à vivre; jouir d'une situation agréable qui va se terminer. Il faut (...) jouir de notre reste en faisant toutes les folies possibles (Mérimée, Théâtre Cl. Gazul, 1825, p. 314).En allant chez la princesse, (...) je me disais: « Jouis de ton reste, ce sera peut-être ta dernière soirée dans ce salon où tu as l'habitude de venir depuis vingt-quatre ans » (Goncourt, Journal, 1888, p. 779).
3. [Le compl. désigne des pers.]
a) [Le compl. est un subst. au plur.] Le reste des enfants, des soldats. Dans tous les partis de masse, les dirigeants forment un groupe assez nettement distinct du reste des adhérents et des militants (Traité sociol., 1968, p. 31).P. ell. L'ennemi a perdu, ma chère amie, dix-huit mille hommes prisonniers; le reste est tué ou blessé (Napoléon Ier, Lettres Joséph., 1796, p. 56).
Le reste des hommes. Synon. le reste de l'humanité (infra b).L'étonnante transformation psychologique et technique qui, en peu de siècles, a si profondément distingué les européens du reste des hommes, et les temps modernes des époques antérieures (Valéry, Variété III, 1936, p. 246).
b) [Le compl. est un coll.] Le reste de l'humanité, de l'armée, de la foule, du peuple. Quelques minutes plus tard les grelots de l'attelage commencèrent à tinter et le reste de la famille se groupa derrière la petite fenêtre carrée pour regarder s'éloigner les voyageurs (Hémon, M. Chapdelaine, 1916, p. 154).Le rassemblement politique de chaque république ne peut pas être coupé de ses rapports avec le reste du monde (Perroux, Écon. XXes., 1964, p. 163).
Rem. Le reste de suivi d'un subst. au plur. entraîne le plus souvent le verbe qui suit au sing. Cependant, on trouve certains cas où le verbe est au plur.: Quoi qu'il en soit, l'état dictatorial se résume en une division simple de l'organisation d'un peuple. Un homme, d'une part, assume toutes les fonctions supérieures de l'esprit. Il se charge du « bonheur », de l'« ordre », de l'« avenir », de la « puissance », du « prestige » du corps national (...). D'autre part, le reste des individus seront réduits à la condition d'instruments ou de matière de cette action, quelle que soit leur valeur et leur compétence personnelle (Valéry, Regards sur le monde actuel et autres essais, 1951 [1931], p. 93).
B. − Absol. Le reste; tout le reste. Tout ce que l'on estime sans importance par opposition à un élément que l'on désire mettre en valeur. Fermer les yeux sur le reste. À voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse, Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse (Vigny, Destinées, 1863, p. 129).Le sentiment seul est réalité. Tout le reste n'est que mirage tant de la vie temporelle que du songe (Milosz, Amour. init., 1910, p. 145).V. littérature II B 1 a β ex. de Verlaine.
Expr. Et le reste, et tout le reste (s'emploie en fin d'énumération). Synon. et caetera, et ce qui s'ensuit; (pop.) et tout le bataclan, et tout le saint frusquin, et tout le tremblement.Des églises où on a approuvé les trente mille arrestations, les tortures et le reste, qu'elles brûlent, c'est bien. Sauf pour les œuvres d'art, faut les garder pour le peuple: la cathédrale ne brûle pas (Malraux, Espoir, 1937, p. 460).Cette satanée cure de Kim (...), cure absurde qui prenait si mauvaise tournure pour moi que je risquais d'y laisser la peau, la vie et tout le reste, honneur, joie et santé (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 138).
Loc. verb. Faire le reste. Compléter l'action de quelque chose pour atteindre le résultat espéré. Je réponds du blessé (...), j'ai opéré à l'instant une saignée abondante; (...) et maintenant, du repos et de la tranquillité feront le reste (Dumas père, Antony, 1831, i, 5, p. 169).
C. − Expr. ou loc.
1. Expressions
a) Pour le reste; quant au reste. En ce qui concerne ce dont il n'a pas été fait mention. Faire œuvre durable, c'est là mon ambition; et quant au reste: succès, honneurs, acclamations, j'en fais moins cas que de la moindre parcelle de vraie gloire: apporter réconfort et joie aux jeunes hommes de demain (Gide, Journal, 1943, p. 223).La « charte des journalistes » est un code d'honneur sans sanctions garanties. Pour le reste, il est difficile d'imaginer par quels moyens la discipline morale de la presse pourrait être mieux assurée sans risque d'attenter aux libertés (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 144).
b) Comme le reste (souvent à valeur péj.). Comme beaucoup d'autres choses. Je dois tout supporter, dit le curé de Fenouille d'une voix douce. Je supporterai cela comme le reste, seul ou non (Bernanos, M. Ouine, 1943, p. 1467).
2. Loc. adv.
a)
α) De reste. Plus qu'il n'en faut. Avoir de l'argent de reste. Ils avaient donc des habits en double, de la toile et du drap de reste! (Vallès, Réfract., 1865, p. 51).
[En parlant d'une qualité hum.] Avoir de l'amour, de la générosité de reste. En avoir énormément et les dispenser avec prodigalité. Le Roi, le relevant: Père Ubu, vous estes-vous fait mal? Père Ubu: Oui certes, et je vais sûrement crever. Que deviendra la mère Ubu? Le Roi: Nous pourvoirons à son entretien. Père Ubu: Vous avez bien de la bonté de reste (Jarry, Ubu, 1895, i, 6, p. 43).
β) Du reste. D'ailleurs, en outre. « ... La mère aussi avait l'air d'être bien ». − « Oh, la mère... », interrompit M. Thibault. « Des gens impossibles, malgré leurs airs dignes! » − « On sait du reste », insinua l'abbé, « ce que cache la rigidité des protestants! » (Martin du G., Thib., Cah. gr., 1922, p. 585).
b) En reste. [Placé à l'intérieur de loc.] Être en reste (vieilli). Devoir encore quelque chose sur une somme. Il est encore en reste de tant (Ac.1835-1935).
Ne pas (vouloir) être en reste (avec qqn). Ne pas (vouloir) être débiteur (de quelqu'un). Je ne voulus pas être en reste avec elle. (...) Je fis à Marguerite l'abandon de la rente qui me venait de ma mère (Dumas fils, Dame Camélias, 1848, p. 208).
Au fig. Ne pas être (demeurer) en reste (avec qqn). Ne pas être redevable (envers quelqu'un), être avec lui sur un pied d'égalité; avoir toujours quelque chose à répondre, ne pas être pris au dépourvu. Adieu donc, mes chers camarades; écrivez-moi souvent. Quelque bêtes que vous puissiez être, je vous promets de n'être jamais en reste avec vous (Sand, Corresp., t. 1, 1830, p. 120).Et Schwauthaler (...), ne voulant pas être en reste, cita deux vers de Schiller, dont la moitié resta dans sa barbe de fleuve (A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p. 77).D'Alembert dut se considérer comme bien honoré d'avoir été choisi pour adversaire. Il ne demeura pas en reste (Guéhenno, Jean-Jacques, 1952, p. 16).
[Suivi d'un compl.] Ne pas être en reste de générosité. − Mais cette cheminée fume, cela est fort incommode. − Que ne m'en avez-vous prévenu? J'aurais fait appeler le fumiste, dit le propriétaire qui ne voulait pas être en reste de procédés (Murger, Scènes vie boh., 1851, p. 241).
c) Du reste. [Placé en tête de phrase ou intercalé dans la phrase] D'ailleurs, en outre. Je n'ai du reste rien de spécial à vous dire (Proust, Guermantes 2, 1921, p. 388).Léon trouve Phiphi flanchard et, pour le remonter à bloc, il affecte un certain mépris pour sa préalable couardise et feint de le bouder (...). Du reste Léon juge imprudent de risquer une nouvelle expérience trop voisine de la première (Gide, Faux-monn., 1925, p. 1146).
d) Au reste (littér.) [Placé en tête de phrase ou intercalé dans la phrase] Synon. du reste.Je trouvais en eux [chez les noirs] une aptitude suffisante à comprendre et à retenir, mais non point la force d'esprit, rare au reste en toute race (Alain, Propos, 1921, p. 296).− « Au reste », reprit-il, « si je n'ai pas la foi, il serait impropre de dire que je l'ai perdue: je crois plutôt que je ne l'ai jamais eue » (Martin du G., Thib., Mort père, 1929, p. 1382).
II. − Au sing. et au plur. Élément subsistant d'un ensemble dont l'intégrité ou la totalité n'a pu être conservée.
A. − [Le compl. désigne un inanimé concr.] Les restes d'une fortune, d'un patrimoine. Je suis à Naples. Comment j'y parvins avec quelques restes informes et mutilés de mes bagages, je ne puis le dire, pour la raison que je ne le sais pas moi-même (A. France, Bonnard, 1881, p. 302).
1. En partic.
a) Les restes d'un édifice, d'un monument. Synon. ruines, vestiges.En 1816, la poste aux chevaux de Calais, dirigée par M. Meurice, s'installa dans les restes du couvent des Feuillants et s'y maintint jusqu'en 1830 (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 202).
b) [En parlant de statues, objets divers découverts au cours de fouilles] Il avait vendu ses chevaux anglais pour continuer des fouilles à Misène, où il avait trouvé un buste de Tibère, jeune encore, qui avait pris rang parmi les plus beaux restes de l'antiquité (Stendhal, Chartreuse, 1839, p. 124).Aucune industrie n'est associée aux restes du pithécanthrope, mais celui-ci a été trouvé dans de telles conditions géologiques (...) qu'on ne devait guère espérer y découvrir des restes d'outillage (Hist. sc., 1957, p. 1482).
c) Partie des aliments d'un repas qui n'ont pas été consommés. Les restes d'un repas, d'un plat; manger un reste de fromage, de poulet. Synon. reliefs.Dans la salle à manger, l'homme qui l'attendait s'était fait servir les restes du dîner et boulottait voracement (Queneau, Pierrot, 1942, p. 189).Trois petits fauteuils restent vides, auprès de la table basse où des restes de purée voisinent avec des épluchures d'orange (Butor, Passage Milan, 1954, p. 41).
Absol., toujours au plur. Manger les restes; utiliser les restes pour le repas du lendemain; l'art d'accommoder les restes. Le dîner, un dîner de restes où rien ne rappelait l'ancienne largeur du ménage de garçon de Coriolis, fut servi par deux filles (Goncourt, Man. Salomon, 1867, p. 396).Leur déjeuner venait de se terminer. Les restes étaient copieux. Nous ne refusâmes pas le petit gâteau, mais non! Et le porto pour aller avec (Céline, Voyage, 1932, p. 494).
Péj. Synon. rogatons (fam.).C'étaient (...) des restes qui dataient de huit jours, le fond de corbeille de quelque restaurant voisin (Vallès, Réfract., 1865, p. 49).
2. [Le compl. désigne la matière dont provient l'élément restant] Un (les) reste(s) de charbon, de minerai, de tissu; un reste d'eau, de chaleur, de clarté, de jour, de lumière, de verdure. L'odeur aigrelette du petit baril, calé dans un coin de la chambre, flottait à travers la pièce, avec un reste de fumée (R. Bazin, Blé, 1907, p. 41).Les femmes derrière eux râtellent les restes de foin échappés (Pesquidoux, Chez nous, 1923, p. 80).
B. − [Le compl. désigne un inanimé abstr.] Un reste de précautions, de préjugés. Il existe encore des médecins d'un grand mérite qui perdent leur temps à discuter le vitalisme, l'animisme, l'organicisme, etc.... ce sont là les restes historiques d'une autre époque (Cl. Bernard, Princ. méd. exp., 1878, p. 190).
[Le compl. désigne un sentiment] Un reste de froideur, de bon-sens, de tristesse; des restes de gaieté. Dans sa dépravation morale, Zidore avait gardé un reste de tendresse et de pitié pour sa mère (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 184).
PSYCHANAL., au plur. Restes diurnes. ,,Éléments de l'état vigile du jour précédent retrouvés dans le récit du rêve et les associations libres du rêveur`` (Méd. Biol. t. 3 1972). Dans les rêves qui émanent de restes diurnes non liquidés et qui, dans le sommeil, n'ont subi qu'un renforcement inconscient, il est particulièrement malaisé de déceler la force pulsionnelle inconsciente (Freud, Abr. psychanal., trad. par A. Bermann, 1949, p. 35).
C. − [Le compl. désigne un animé, un végétal]
1. [Le compl. désigne un défunt] Toujours au plur. Les restes (d'une personne). Le cadavre, et plus particulièrement, le corps d'une personne décédée, enterrée depuis longtemps. Trouver, recueillir, inhumer les restes de qqn. Les obsèques du laboureur sont plus simples; environnés de quelques amis, ses restes sont portés sans appareil au cimetière du village (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 19).Après la violation des tombes de Port-Royal en 1709, les restes de Jean Racine (...) furent transportés dans l'église Saint-Étienne-du-Mont, où ils reposent encore (A. France, Génie lat., 1909, p. 164).
ARCHÉOL. Ossements anciens (humains ou animaux), fossiles humains, animaux ou végétaux, retrouvés au cours de fouilles. Restes humains, osseux; prouver l'authenticité de restes. Vers la fin de l'aurignacien apparaissent dans divers districts de l'Europe occidentale, (...) des représentants d'un groupe probablement nomade dit hommes du lœss (...). On admet généralement que les restes squelettiques trouvés à Brünn, Brüx et Predmost, appartiennent à ce peuple (Haddon, Races hum., trad. par A. Van Gennep, 1930, p. 105):
2. L'étude de l'évolution des faunes et des flores au cours des temps géologiques (...) ne prend d'ailleurs tout son sens que si l'on essaye de comprendre les causes de la répartition actuelle par (...) l'examen des restes fossiles des animaux et des végétaux... Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 505.
2. [Le compl. désigne un collectif] Dans un domaine milit.,au plur. Survivants (après le combat). Les restes d'une armée, d'une troupe. Cinq jours et cinq nuits le terrible combat a fait rage sans interruption à l'intérieur du fort de Vaux, jusqu'au moment où les restes de l'intrépide garnison, privés de leurs derniers moyens de résistance, se sont rendus au vainqueur (Bordeaux, Fort de Vaux, 1916, p. 275).
3. Au plur. [Le compl. désigne le plus souvent une femme] Les beaux restes d'une femme. Traits agréables qui subsistent de la beauté passée d'une femme. Sa femme était fort aimable. Je ne l'ai connue que déjà passée, avec de jolis restes et un goût de faste et de représentation qui lui allaient bien (A. France, Bonnard, 1900 [1881], p. 130).Ce soir-là, si Xavier avait eu des yeux pour voir, il aurait pris en pitié (...) cette mère tragique, ces yeux de jais, cette figure bilieuse, ravinée, où des restes de beauté résistaient encore à l'amaigrissement et aux rides (Mauriac, Myst. Frontenac, 1933, p. 17).
Loc. verb. Avoir de beaux restes; garder des restes de beauté. La nouvelle crémière, était une personne d'une cinquantaine d'années, débordante d'embonpoint et gardant encore quelques restes de beauté (Goncourt, G. Lacerteux, 1864, p. 61).Madame Kolouri n'est d'ailleurs pas vilaine du tout: elle a mieux que de beaux restes, et, vue ainsi à contre-jour, je lui donnerais tout au plus trente-neuf ans (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 52).
Rare. [En parlant d'un homme] Au physique, Clément des Lupeaulx était le reste d'un joli homme (Balzac, Employés, 1837, p. 40).
4. Littér., vieilli
a) Au plur. Manières d'être, attitudes qui subsistent chez une personne et qui indiquent ses origines. C'était un original que ce chevalier pénitent [le chevalier de Sévigné], avec des restes de gentilhomme hautain et de militaire impérieux (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 14, 1858, p. 159).
b) Survivants, descendants. Vous êtes, m'écriai-je du ton inspiré d'un prédicateur puritain, vous êtes les derniers restes d'une corporation qui jadis couvrait toute la France (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p. 156).
5. Péj. Les restes de qqn. [En parlant d'une femme qui a été celle d'un autre homme] :
3. ... − Elle s'entend à enjôler les hommes et elle n'est pas à son coup d'essai, pour sûr. Faut pas être fier tout de même, pour se contenter des restes des chemineaux et des camps volants, qui roulent le long du canal. Épouse-la, si le cœur t'en dit, mon pauvre Pierre: trompé avant, trompé après... Moselly, Terres lorr., 1907, p. 263.
Rare, p. anal. [En parlant d'un homme] C'est mon reste, reprit-elle [Nana], un joli coco que Rose s'est payé là!... Comme c'est malin d'attirer chez soi un homme que j'ai flanqué dehors! (Zola, Nana, 1880, p. 1292).
Prononc. et Orth.: [ʀ εst]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1230 subst. fém. « ce qui demeure, subsiste » (La petite philosophie, éd. W. H. Trethewey, p. 9, 248); 2. a) 1324 « partie d'une somme qu'il faut encore payer » (Mém. Sté hist. de Paris, t. 2, p. 335); b) 1382 estre en reste de paier (Runk.); c) 1382 demeurer de reste de qqc. « devoir encore quelque chose » (ibid.); 1414-16 demeurer en reste « id. » (Compte de J. Martin, Commune, Deniers a recouvrer, A. Orléans ds Gdf. Compl.); d) 1538 être en reste (Est., s.v. reliquator); 1604 jouer de son reste « employer ses dernières ressources » (Le Loyer, Spectres, I, 4 ds Hug.); 1673 donner son reste à qqn (Molière, Malade imaginaire, II, 7); 1694 ne pas demander son reste (Ac.); 1798 ne pas attendre son reste (ibid.); 1835 n'être jamais en reste (ibid.); 3. 1445 subst. fém. « temps qui doit encore s'écouler » (Farce joyeuse des galans et du monde ds Rec. gén. des sotties, éd. E. Picot, t. 1, p. 44); 1567 subst. masc. « id. » (Amyot, P. Aem., 62 ds Littré); 4. 1754 math. « ce qui est en excès du dividende » (Encyclop. t. 4, s.v. division); 1765 « résultat d'une soustraction » (Encyclop. t. 14). B. 1. 1532 « ce qui est encore à dire, à faire » (Rabelais, Pantagruel, éd. V. L. Saulnier, p. 177); 2. 1656-57 Et le reste « etc... » (Pascal, Provinciales, éd. Brunschvicg, Boutroux, Gazier, I, IV, p. 135); 1943 quant au reste « en ce qui concerne ce dont il n'a pas été question » (Gide, Journal, p. 223); 3. 1546 au reste « en plus de ce qui a été dit, à part cela » (Rabelais, Tiers-Livre, éd. M. A. Screech, p. 202); 4. 1669 de reste « bien suffisamment » (Molière, Tartuffe, V, 4). C. 1. 1548 subst. sing. « ce qui n'a pas été consommé dans un repas » (Noël Du Fail, Baliverneries, éd. J. Assézat, 188); 1669 plur. « id. » (Widerhold Fr.-all.); 2. 1642 les restes (de qqn) « (en rivalité amoureuse) en parlant d'une femme qui a appartenu à un autre homme » (Corneille, Polyeucte, V, 1); 1660 « ce que quelqu'un a abandonné, rebut » (Th. Corneille, Le Galant doublé, I, 1 ds Littré); 3. 1640 un reste de gibet (Oudin Curiositez); 1842 un reste de potence (Ac.); 4. 1670 voici le reste de notre écu « voici une personne importune » (Molière, Bourgeois gentilhomme, V, 1); 1757 voici le reste de nos écus « id. » (Vadé, Trois compliments, p. 42). D. 1. 1567 « ce qui reste d'une famille, d'une troupe » (Amyot, P. Aem., 37 ds Littré); 1667 « personne qui demeure la seule survivante d'une race, d'un sang » (Racine, Andromaque, IV, 1); 2. 1580 « ce qui subsiste d'un sentiment » (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, p. 354); 1651 de beaux restes (du visage d'une femme) (Scarron, Roman comique, éd. E. Magne, p. 151); 1660 avoir de beaux restes (Corneille, Examen d'Andromède ds Littré); 3. 1616 subst. fém. plur. « cadavre d'un être humain » (d'Aubigné, Tragiques, IV, 292 ds Hug.); 4. 1651 subst. masc. plur. « ce qui subsiste d'une chose que le temps a dégradé » (Scarron, op. cit., p. 10: Ces pauvres restes d'une troupe délabrée). Déverbal de rester*. Fréq. abs. littér.: 17 943. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 25 928, b) 26 165; xxes.: a) 23 119, b) 26 266.

Reste : définition du Wiktionnaire

Nom commun

reste \ʁɛst\ masculin

  1. Ce qui demeure d’un tout, d’une plus grande quantité ; ce qui subsiste d’une chose passée, tant au sens physique qu’au sens moral.
    • Eu effet, quand les grandes choses humaines s’en vont, elles laissent des miettes, des frusteaux, dirait Rabelais, et la Noblesse française nous montre en ce siècle beaucoup trop de restes. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Les restes de ces bois immenses sont encore visibles aux environs du beau château de Wentworth, du parc de Warncliffe et autour de Rotherham. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • A gauche, sur une hauteur boisée dominant la vaste plaine qui s'étend du côté de Dole, les ruines de la tour de Vadans donnent un reste de poésie guerrière à tout cet horizon. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, page 13)
    • Nanou avait appris à « faire chabrol ». Il était revenu triomphant et à table, proposait à Papa, entre hommes, de mettre du vin dans le reste de leur soupe respective. — (Odile Marcel, Une éducation française, Presses Universitaires de France, 2015)
    • J’emploierai le reste de ma vie à vous prouver ma reconnaissance. — J’ai fait ce matin une grande partie de ma tâche, ce soir je ferai le reste.
  2. Autre partie d'un tout.
    • L’arrivée du steamer est une fête pour les marchands danois exilés dans cette localité, qu'aucun fil télégraphique ne relie au reste du monde ; […]. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 34)
    • Ce n'est pas parce qu'on s’habille en L.A. Gear et qu'on s’injecte de la silicone qu'on est plus porté sur le crime que le reste de la population. — (Kyra Davis, Sexe, meurtres et cappuccino, Harlequin, 2007)
    • Vu l’air du temps, particulièrement orageux ces jours-ci entre l’Iran et le reste du monde, mieux vaut ne pas être un Occidental aux mains des Gardiens de la révolution islamique. — (Antonio Fischetti, « Chercheurs français détenus en Iran : vrais espions ou monnaie d’échange ? », le 19 janvier 2020, sur le site de Charlie Hebdo (https:/charliehebdo.fr))
  3. (En particulier) (Au pluriel) Ce qui ne fut pas mangé dans un repas.
    • Mais lui, qu’il mange au moins, qu’il paie mes efforts, intraitable déjà, les restes me font horreur, comme une peine perdue, du gâchis d’énergie, et puis traîner dans le frigo un passé de nourriture qu’il faudra regoûter, resservir, maquiller, j’en ai mal au cœur d’avance. — (Annie Ernaux, La femme gelée, 1981, réédition Quarto Gallimard, pages 421-422)
    • Elles mangent des sandwichs, des wraps et des chips, rient avec leurs collègues et amis, qui sont parfois au bout du fil. Et visiblement désopilants. Des écureuils et des pigeons attendent qu'on leur donne les restes. — (Justin Cartwright, Au paradis par la voie des eaux, traduit de l'anglais par France Camus-Pichon, Éditions Jacqueline Chambon (Actes Sud), 2017, chapitre 8)
  4. (En particulier) (Familier) Le solde d'une transaction monétaire.
    • Voilà une pièce de vingt francs, payez-vous et rendez-moi le reste.
  5. (En particulier) Ce qui reste d’une personne après sa mort; son cadavre, ses ossements, ses cendres.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  6. Ce qui est encore à faire, à dire après avoir commencé.
  7. Petite quantité ou légère trace qui existe encore ou qui persiste.
    • J’ai encore un reste d’espoir. — Elle a gardé pour lui, malgré son abandon, un reste de tendresse.
  8. (Mathématiques) Nombre ou grandeur constituant l’un des résultats d’une division et qui est la partie non divisée du dividende ayant une valeur absolue inférieure à celle du diviseur.
  9. Ce que quelqu’un a abandonné ou refusé.
    • Il n’a eu que mon reste, que mes restes.
    • Je ne veux pas de vos restes.

Forme de verbe

reste \ʁɛst\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de rester.
    • Et je me rends à tes raisons : je reste jusqu’à demain matin, à reconsidérer les agréments de la vie aux champs. — (Amanda Cross, L’affaire James Joyce, traduction de R.M. Vassallo-Villaneau, 1992, chapitre deux)
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de rester.
    • Cette panoplie de données objectives et quantifiées permet de dépasser largement l’approche intuitive, pifométrique et incertaine qui reste la plus souvent celle de la psychologie historique. — (Emmanuel Todd, Le Fou et le Prolétaire, 1979, réédition revue et augmentée, Paris : Le Livre de Poche, 1980, page 50)
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de rester.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de rester.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de rester.
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Reste : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RESTE. n. m.
Ce qui demeure d'un tout, d'une plus grande quantité; ce qui subsiste d'une chose passée. Il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. Voilà le reste de son argent, de son bien, de sa fortune, de ses livres. Payez-moi une partie de votre dette, je vous donnerai un délai pour le reste. Le reste, les restes du dîner. Manger les restes. Il y en a plus qu'il ne lui en faut, il y en a de reste. Restes d'un naufrage. Restes d'une famille, d'une nation. Ce sont de fâcheux restes de sa grande maladie. Cette femme a un reste, des restes de beauté. Elle a de beaux restes. Un reste d'honnêteté, de dignité. J'emploierai le reste de ma vie à vous prouver ma reconnaissance. J'ai fait ce matin une grande partie de ma tâche, ce soir je ferai le reste. Le reste du jour. On n'aperçoit plus dans cette ville que de faibles restes de sa grandeur passée. Voilà une pièce de vingt francs, payez-vous et rendez-moi le reste. Je n'ai pas le temps de vous en écrire davantage, le porteur de ma lettre vous dira le reste. On dit à volonté : Le reste des passagers a péri ou ont péri. Et le reste. Mots qu'on ajoute en rapportant un passage qu'on abrège. On l'écrit le plus souvent : Etc... (Et cœtera). Les restes d'une personne, Ce qui reste d'une personne après sa mort; son cadavre, ses ossements, ses cendres. Voici le tombeau qui contient les restes de ce grand homme. Le reste des hommes, Les autres hommes, les hommes d'une autre nation, les hommes d'un autre caractère, par opposition à Ceux dont on parle. Les mauvais politiques croient devoir gouverner par d'autres maximes que le reste des hommes. Quelques sages ont cette opinion, le reste des hommes est d'un autre avis. Faire son reste, Mettre au jeu tout l'argent qu'on a encore devant soi. Jouir de son reste, Profiter des derniers temps où l'on est en possession d'un avantage qui va vous être retiré. Être en reste, Devoir encore quelque chose sur une somme. Il est encore en reste de tant. Il se dit aussi figurément. C'est un homme prompt à la riposte et qui n'est jamais en reste. Il ne voulut pas demeurer en reste de générosité. Fig. et fam., Il ne demande pas son reste, il part sans demander son reste se dit d'un Homme qui, ayant reçu ou craignant de recevoir quelque mauvais traitement de fait ou de paroles, se retire promptement sans rien dire. On dit dans le même sens : Il n'a pas attendu son reste.

RESTE se dit particulièrement, en termes d'Arithmétique, du Résultat que donne la soustraction et qu'on nomme autrement Différence. Il se dit encore, en termes d'Arithmétique, de Ce qui reste du dividende, quand il n'est pas divisé exactement par le diviseur.

RESTE désigne aussi Ce que quelqu'un a abandonné ou refusé. Il n'a eu que mon reste, que mes restes. Je ne veux pas de vos restes. Il se dit aussi d'une Petite quantité, d'une légère trace qui existe encore, qui persiste. J'ai encore un reste d'espoir. Elle a gardé pour lui, malgré son abandon, un reste de tendresse.

DE RESTE, loc. adv. Plus qu'il n'est nécessaire pour ce dont il s'agit. Il a de l'argent de reste pour fournir à cette dépense. Je vous entends de reste. Pour venir à bout de cette affaire, il a du courage, de l'esprit de reste. Vous avez bien de la bonté de reste.

AU RESTE, DU RESTE, loc. adv. Au surplus, d'ailleurs, cependant, malgré cela. Au reste, je vous dirai que... Il est capricieux, du reste il est honnête homme.

Reste : définition du Littré (1872-1877)

RESTE (rè-st') s. m.
  • 1Ce qui demeure d'un tout, d'une quantité quelconque. Le reste de la journée. Je finirai ce soir le reste de ma tâche. Les restes d'un festin. Ils mangeront, et il y en aura de reste, Sacy, Bible, Rois, IV, IV, 43. Je serais bien fâchée, ma chère enfant, d'être capable de faire ce que je fais pour avoir de l'argent de reste, je craindrais l'avarice qui est ma bête, Sévigné, 567. Le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement ; mais, qu'on remue ces ruines, on trouvera, dans les restes de ce bâtiment renversé, et les traces des fondations, et l'idée du premier dessin, et la marque de l'architecte, Bossuet, la Vallière. Je suis très sensible à tout ce qui se passe : c'est de quoi passer un reste de vie bien triste, Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 25 mars 1718. J'adorerais un dieu sans force et sans vertu, Reste d'un tronc par les vents abattu ! Racine, Esth. II, 9. Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un reste de sang que l'âge avait glacé, Racine, Andr. IV, 5. Les îles Canaries pourraient bien être des restes de l'Atlantide, Voltaire, Dict. philosoph. Chang. globe. Plus de la moitié de ma vie est écoulée ; je n'ai plus que le temps qu'il faut pour en mettre à profit le reste, et pour effacer mes erreurs par mes vertus, Rousseau, Ém. IV. Il veut que par ses mains soient offerts à la reine Les restes somptueux de la grandeur troyenne, Delille, Énéide, I.

    Fig. Ses deux enfants [de Mme de la Fayette] sont hors de Paris… tous ses restes d'amis à Fontainebleau, Sévigné, 9 juin 1680.

    Laisser de reste, laisser disponible. Le temps que la fièvre me laisse de reste est si court, Guez de Balzac, liv. I, lett. 4.

    Devoir du reste, demeurer redevable. Et quand vous m'auriez donné une fois la vie et avec elle tous les biens du monde, vous me devrez toujours beaucoup de reste, tant que vous ne m'aimerez pas, Voiture, Lett. 30. Voilà justement où je vous en demande une preuve [de votre amitié] ; voilà sur quoi je vous devrai du reste, si vous voulez bien, pour l'amour de moi, avoir beaucoup soin de vous, Sévigné, à Mme de Grignan, 9 août 1671.

    Il donne un sou à un pauvre, et demande son reste, se dit d'un avare.

    Fig. Il ne demande pas son reste, il s'en va sans demander son reste, il se retire promptement, sans mot dire, après avoir reçu ou craignant de recevoir quelque mauvais compliment ou traitement. Dès que j'eus la clef des champs, je ne demandai pas mon reste, Lesage, Guzm. d'Alf. III, 1.

    On dit dans le même sens : il n'a pas attendu son reste.

    Être en reste, devoir encore quelque chose sur une somme. Il [le roi de Prusse] m'a fait payer il y a un mois ma pension de 1758 ; vous voyez qu'il n'est en reste avec personne, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 24 févr. 1759.

    Fig. La fille d'un maréchal de Domfront ne doit pas demeurer en reste de sottises, Lesage, Turcaret, V, 9. Je lui jetai les bras au cou et l'accablai de remercîments ; de son côté, il ne demeura point en reste de politesse avec moi, Lesage, Guzm. d'Alf. IV, 1. Il y a de la justice dans le monde ; et, pour peu que vous soyez poli, vous trouvez à coup sûr des gens fort polis qui ne sont pas en reste avec vous, Voltaire, Mél. litt. Honnêt. litt. 14.

    Voici le reste de notre écu, de nos écus, se dit familièrement quand on voit venir dans une compagnie quelqu'un d'importun. Mme Jourdain, apercevant Dorante et Dorimène : Voici justement le reste de notre écu ! je ne vois que chagrin de tous côtés, Molière, Bourg. gent. V, 1.

  • 2 Absolument. Au plur. Ce qui reste d'un repas. Manger les restes.
  • 3 Terme d'arithmétique. Résultat d'une soustraction, dit aussi excès ou différence.

    Il se dit aussi dans la division, quand on retranche les produits du diviseur par chaque chiffre du quotient, des dividendes partiels ou du dividende total. En 38 combien de fois 7 ? 5 fois, avec 3 pour reste.

  • 4 Terme de marine. Lieu du reste, lieu de la dernière décharge des marchandises lorsque le voyage est fini.
  • 5 Fig. Il se dit des choses que l'on compare à une quantité. S'il est arrivé que la république soit demeurée ferme sous telles puissances faibles, elle était peut-être obligée de son repos aux bons et solides fondements qui avaient été posés de longue main ; ce n'était pas tant un fruit du gouvernement présent que les restes de l'heureuse conduite du passé, Guez de Balzac, De la cour, 5e disc. Le sanglier, rappelant les restes de sa vie, Vient à lui [archer], le découd, meurt vengé sur son corps, La Fontaine, Fabl. VIII, 27. Ce saint [Augustin] avait une si grande capacité d'aimer, qu'après avoir aimé Dieu de tout son cœur, il trouvait encore des restes pour aimer Paulin, Sévigné, 22 juin 1690. Tout devint pauvre dans sa maison et dans sa personne ; elle voyait disparaître avec une sensible joie les restes des pompes du monde, Bossuet, Anne de Gonz. Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leur pensée, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le reste se développe comme il peut ! Bossuet, Mar.-Thér. Il fallait un homme qui… sût se conserver de la créance dans tous les partis, et ménager les restes de l'autorité, Bossuet, le Tellier. Le croirai-je, seigneur, qu'un reste de tendresse Vous fasse ici chercher une triste princesse ? Racine, Andr. II, 2. Je tremble qu'Athalie… N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes, Et d'un respect forcé ne dépouille les restes, Racine, Athal. I, 1. Et n'êtes-vous pas trop heureux que le Seigneur, toujours bon et miséricordieux, veuille bien accepter les restes languissants de vos passions et de votre vie ? Massillon, Carême, Mot. de conv. Il s'était formé une secte d'hommes austères et rigides, qui voyait avec indignation dans l'église d'Angleterre un reste de la hiérarchie et des cérémonies de la religion romaine que la reine Élisabeth y avait conservées, Condillac, Étud. hist. II, 5. Et tu veux qu'éveillant encore Des feux sous la cendre couverts, Mon reste d'âme s'évapore En accents perdus dans les airs ? Lamartine, Médit. X.
  • 6Il se dit de ce qu'une personne conserve de sa première apparence. On veut ménager des restes de beauté ; cette économie ruine plutôt qu'elle n'enrichit, Sévigné, 320. C'était une dame d'environ trois cents années ; mais elle avait encore de beaux restes ; et on voyait bien que vers les deux cent trente à quarante elle avait été charmante, Voltaire, Princ. de Babyl. 4. Une femme d'environ quarante ans, qui avait encore des restes de beauté, sans avoir jamais eu d'agréments, Duclos, Œuv. t. VIII, p. 109. Mme Roger : J'étais tout de même en ma jeunesse. - Lisette : Mais vous en avez encore de beaux restes, Genlis, Théât. d'éduc. l'Intrigante, I, 1.

    Ce n'est plus qu'un reste, un beau reste, se dit d'un homme ou d'une femme qui a eu de la beauté, mais qui a vieilli.

    Des restes d'hommes, des hommes vieillis ou mutilés. Et vous… pauvres honteux, malades, impotents, estropiés, restes d'hommes, pour parler avec saint Grégoire de Naziance, Bossuet, Mar.-Thér. Mais que vois-je ? où vont-ils ces fils de la victoire, Ces guerriers mutilés, chargés d'ans et de gloire, Restes d'hommes, jadis l'effroi de nos rivaux ? Gilbert, le Jubilé.

    Un reste de lui-même, se dit d'une personne qui a perdu ce qu'elle avait de bien au physique ou au moral. Qu'est-ce que l'homme ? … est-ce une énigme inexplicable, ou bien n'est-ce pas plutôt, si je puis parler de la sorte, un reste de lui-même ? Bossuet, la Vallière. Ceux qui ne succombaient pas à la maladie [la peste d'Athènes] n'en étaient presque jamais atteints une seconde fois ; faible consolation ! car ils n'offraient plus aux yeux que les restes infortunés d'eux-mêmes, Barthélemy, Anach. Introd. part. 2, sect. 3.

    Un reste de cheval, un cheval à qui le temps a ôté de sa vigueur et de sa beauté, mais qui en conserve encore.

  • 7Ce qui reste d'une nation, d'une troupe, d'une famille. Pour perdre et exterminer entièrement toutes les troupes d'Israël et les restes de Jérusalem, Sacy, Bible, Machabées, I, III, 35. On ne voit plus aucun reste ni des anciens Assyriens, ni des anciens Mèdes, ni des anciens Perses, ni des anciens Grecs, ni même des anciens Romains, Bossuet, Hist. II, 7. C'est une précieuse, Reste de ces esprits jadis si renommés, Que d'un coup de son art Molière a diffamés, Boileau, Sat. X. Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeux Ce jeune enfant était un reste précieux ? Racine, Athal. V, 2. Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre, Racine, Phèdre, IV, 2. Il est du sang d'Hector, mais il en est le reste ; Et pour ce reste enfin, j'ai moi-même, en un jour, Sacrifié mon sang, ma haine, mon amour, Racine, Andromaque, IV, 1. Napoléon, soulevant sa tête, fit tomber toute cette fougue [de Murat], en disant que c'était assez de témérités, qu'on n'avait que trop fait pour la gloire, qu'il était temps de ne plus songer qu'à sauver les restes de l'armée, Ségur, Hist. de Nap. IX, 4.
  • 8Ce qui était encore à faire, à dire. Je n'ai pas le temps de vous en écrire davantage ; le porteur vous dira le reste. Le chantre, s'arrêtant à cet endroit funeste, à ses yeux effrayés laisse dire le reste, Boileau, Lutr. IV. Viens m'engager ta foi, le temps fera le reste, Racine, Bajaz. V, 4. Elle [Clytemnestre] règne avec lui [Égisthe] ; l'univers sait le reste, Voltaire, Oreste, II, 2. Le monde apprit sa fin, la tombe sait le reste, Delille, Pitié, III.

    Et le reste, formule qui annonce qu'on abrége une énumération. un récit, une citation. Hélas ! dirai-je, il pleut : Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, Bon souper, bon gîte et le reste ? La Fontaine, Fabl. IX, 2. Je ne manque point de livres qui m'auraient fourni tout ce qu'on peut dire de savant sur la tragédie et la comédie, l'étymologie de toutes deux, leur origine, leur définition, et le reste, Molière, Préc. Préf.

    Fig. Le porteur vous dira le reste, phrase dont on se sert pour se moquer d'une lettre qu'on a faite beaucoup trop longue.

  • 9 S. m. pl. Dépouille mortelle de l'homme. Ses restes glacés. Ce tombeau contient ses restes. Tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes, Bossuet, Duch. d'Orl.

    Il se dit aussi au singulier, en poésie. Ô vous, à ma douleur objet terrible et tendre, Éternel entretien de haine et de pitié, Reste du grand Pompée, écoutez sa moitié, Corneille, Pomp. V, 1. Je jure donc par vous, ô pitoyable reste, Ma divinité seule après ce coup funeste… De n'éteindre jamais l'ardeur de le venger, Corneille, ib.

  • 10Le reste signifie les autres, par rapport aux objets dont on parle. Les Macédoniens aiment le monarchique, Et le reste des Grecs la liberté publique, Corneille, Cinna, II, 1. Le reste [des conspirateurs avec Cinna] ne vaut pas l'honneur d'être nommé, Corneille, ib. V, 1. Hors ceux-là [les termes primitifs], le reste des termes qu'elle [la géométrie] emploie y sont tellement éclaircis et définis, qu'on n'a pas besoin de dictionnaire pour en entendre aucun, Pascal, Esprit géom. 1. Quand on voit dans l'Évangile la brebis perdue préférée par le bon pasteur à tout le reste du troupeau, Bossuet, Mar.-Thér. Il [Dieu] les épargne si peu [les princes], qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes, Bossuet, Duch. d'Orl.
  • 11Ce que quelqu'un a refusé ou abandonné. Il n'a eu que vos restes, que votre reste. Et beaucoup, attrapés par un maintien modeste, Pensent prendre en plein drap, qui n'achètent qu'un reste, Th. Corneille, le Galant doublé, I, 1.

    Les restes d'un rival, en parlant de rivalité d'amour, une femme qui a appartenu à un autre homme. Dans l'âme il hait Félix et dédaigne Pauline, Et, s'il l'aima jadis, il estime aujourd'hui Les restes d'un rival trop indignes de lui, Corneille, Poly. V, 1.

    Fig. C'est un reste de gibet, il a mérité d'être pendu, c'est un coquin.

    Un reste d'esclavage, un ancien esclave. Du moins de votre gloire ayez un soin égal, Et ne me préférez qu'un illustre rival ; J'en mourrai de douleur ; mais je mourrais de rage, Si vous me préfériez un reste d'esclavage, Corneille, Othon, IV, 1.

  • 12 Terme de jeu. Faire son reste, mettre au jeu tout l'argent qu'on a encore devant soi.

    Fig. Jouer de son reste, employer ses dernières ressources, hasarder tout. S'attaquer aux esprits, c'est jouer de son reste, Hauteroche, Esp. foll. III, 2. Ce que voyant messer Sergeste, Il voulut jouer de son reste, Scarron, Virg. V. Je m'en vais d'Orléans jouer de mon reste, et me mêler de vous dire encore des nouvelles, Sévigné, 216. Courage, courage, monsieur Serrefort ; vous faites bien de jouer de votre reste, Dancourt, Chev. à la mode, II, 2.

    Il se dit aussi de celui qui, n'ayant plus que peu de temps à rester dans une place, en remplit négligemment les fonctions. Il joue de son reste.

    Au jeu du quinze, être de reste, perdre son enjeu. Ils ne cavaient d'abord que trois ou quatre pistoles, comme pour badiner ; mais Caméran ayant été trois ou quatre fois de reste, il cava au plus fort, et le jeu devint sérieux ; il fut encore de reste, et il devint orageux, les cartes volèrent par la chambre, Hamilton, Gramm. 3.

  • 13 Terme de jeu de paume, de volant. Donner le reste à quelqu'un, lui pousser la balle, le volant, de telle sorte qu'il ne puisse le renvoyer. Je lui ai donné son reste.

    Fig. Familièrement. Donner son reste à quelqu'un, le battre, le corriger. Il ne fera plus le tapageur, on lui a donné son reste.

    Il signifie aussi : l'emporter en quelque chose. Je viens de lire Bérénice ; vous m'aviez préparé à tant de tendresse, que je n'en ai pas tant trouvé ; du temps que je me mêlais d'en avoir, il me souvient que j'eusse donné là-dessus le reste à Bérénice, Lettre de Bussy, citée dans BAYLE, Dict. art. Bérénice. Vous avez beau raisonner ; monsieur est frais émoulu du collége, et il vous donnera toujours votre reste, Molière, Mal. imag. II, 7. C'est un homme qui a un nez au visage, et qui vous a diablement donné votre reste, Gherardi, Théât ital. Fille savante, t. I, p. 230.

  • 14De reste, loc. adv. Plus qu'il n'est nécessaire pour ce dont il s'agit. J'étais dans ce tracas embarrassé de reste, Hauteroche, Soup. mal apprêté, 1. La maison à présent, comme savez de reste, Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste, Molière, Tart. V, 4. Deux jours de repos me donneront de la force de reste, Sévigné, 359. Il faut de l'esprit de reste, pour en vouloir fourrer partout, comme tu prétends faire, Hamilton, Gramm. 3. Eh oui vraiment, tu es servante, je suis valet, nous nous connaissons de reste, Lamotte, Matr. d'Éphèse, sc. 13. Je ne le crois pas riche. - Hé bien ! j'en ai de reste, Piron, Métrom. II, 2.

    On dit aussi, familièrement : que de reste. Avez-vous encore de la besogne ? Que de reste. Vous trouverez que de reste de quoi vous en dédommager, Vadé, Nicaise, 7.

  • 15Au reste, du reste, loc. adv. Au surplus, d'ailleurs, cependant. Ç'a été au reste un grand bonheur pour moi de n'avoir vu ce témoignage de son esprit qu'en un temps où j'en ai un autre de sa civilité, Voiture, Lett. 30. Il [Hypéride] a beaucoup de plaisant et de comique, et est tout plein de jeux et de certaines pointes d'esprit qui frappent toujours où il vise ; au reste il assaisonne toutes ces choses d'un tour et d'une grâce inimitable, Boileau, Traité du subl. ch. XXVIII. Du reste il n'a rien fait que par votre conseil, Racine, Esth. III, 1.
  • 16Au reste, dans le sens de : parlons d'autre chose. N'en parlons plus ; au reste, on a vu dix vaisseaux De nos vieux ennemis arborer les drapeaux, Corneille, le Cid, II, 7. Cette formule de transition est blâmée par Voltaire dans son Commentaire.

REMARQUE

1. Le reste suivi d'un nom au pluriel se construit avec le verbe au singulier ou au pluriel, suivant l'idée : Le reste des naufragés a péri ou ont péri. Puis-je vivre dans la mollesse et dans l'inutilité… tandis que le reste des hommes ont chacun une occupation dans la société ? Massillon, Confér. Fuite du monde.

2. Reste a été des deux genres. Au commencement du XVIIe siècle, les grammairiens le disaient masculin excepté dans cette phrase qui n'est plus usitée : à toute reste.

SYNONYME

AU RESTE, DU RESTE. Ces locutions sont très voisines, et, dans beaucoup de cas, elles se confondent. Dans cette phrase : Je vous ai dit ce que je pensais de cette affaire ; du reste consultez des personnes plus habiles que moi, on dira aussi bien au reste. Mais, quand le sens exige plutôt d'ailleurs que après tout, du reste est préférable à au reste : Cet homme est bizarre, emporté, du reste brave et intrépide ; mais non pas au reste.

HISTORIQUE

XVe s. S'il donnoit, aux jours de feste, à deux povres un denier, Ce n'estoit sans reschigner, Encor demandoit son reste, Basselin, XLIV. Toute la reste de villes, Commines, I, 5.

XVIe s. Ce qui fut cause que tout le reste de ses serviteurs et amis l'abandonna, Amyot, P. Aem. 37. Tout le reste de sa vie, Amyot, ib. 62. Et au reste, ceste bonne encontre ne servit pas seulement pour le present, ains fut aussi utile à l'advenir, Amyot, Timol. 24. Vous aurez le reste de l'histoire à ces foires de Francfort prochainement venantes, Rabelais, II, 34. Homme docte, expert, joyeulx on reste, bon compaignon, et raillard si oncques en feut, Rabelais, III, 28. Il avoyt parmy la teste et le reste du cors autant d'aureilles comme jadyz eut Argus de yeulx : on reste estoit aveugle, Rabelais, V, 31. Et ainsi du reste, Montaigne, I, 58. Le reste de la France prend pour regle la regle de la court, Montaigne, I, 338. Tant qu'il y a un doigt d'esperance de reste, Montaigne, II, 30. Tant que nous vivrons enfermez en ceste prison de nostre corps, les restes et reliques du peché habiteront en nous, Calvin, Instit. 1055. À l'escart lui estant venu encor un roy, il fit son reste, disant : fils de putain qui ne le tiendra pas, tout fut tenu, et…, D'Aubigné, Faen. IV, 10. Le reste de ses actions paroistront en leur endroit, D'Aubigné, Hist. II, 463. Le reste se sauva dans les fossez de la ville, D'Aubigné, 469. Un soir, jouant à la prime, le roi aiant cinquante-cinq fit sa reste qui estoit de quatre mille pistoles, il la tint…, D'Aubigné, ib. III, 467. Celui qui attaque les opinions reçues ressemble au hibou, lequel se monstrant… tous les autres oiseaux le viennent becqueter et courir sus à toute reste, Paré, Mumie et lic. Dédic.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RESTE. Ajoutez :
17Terme judiciaire. Reste de droit, dernière condition juridique qu'on a en sa faveur. Je vais maintenant vous faire, permettez-moi d'employer une expression judiciaire, reste de droit ; je vais me placer sur ce terrain d'admettre hypothétiquement comme vrais et fondés tous les griefs qui ont été articulés…, Le Royer, Journ. offic. 2 avril 1873, p. 2301, 3e col.
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Reste : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

RESTE, s. m. (en Mathémat.) C’est la différence que l’on trouve entre deux grandeurs, après avoir ôté la plus petite de la plus grande. Voyez Soustraction.

Si l’on veut faire la preuve d’une soustraction, c’est-à-dire, vérifier cette opération, on n’a qu’à ajouter la plus petite des deux grandeurs proposées au reste que l’on vient de trouver, & si cette somme est égale à la plus grande des deux quantités, l’opération est juste ; autrement il y a erreur, il faut recommencer. (E)

Reste, (Comm.) signifie tout ce qui demeure de quelque chose, ou qui en fait le surplus. Le reste d’une somme d’argent, le reste d’une étoffe, d’une toile, &c.

Reste, en terme de commerce de mer. On appelle le lieu du reste. celui de la derniere décharge des marchandises, lorsque le voyage est fini.

Restes, se dit en termes de comptes, de ce qui demeure dû par le comptable. Il n’est guere en usage que dans les comptes de finances ; dans ceux des marchands on dit debet & reliquat. Voyez Débet, Réliquat, Compte. Dictionn. de Comm.

Au Reste, du Reste. (Synonymes.) Ces deux adverbes ne s’emploient pas toujours indifféremment. On dit au reste, quand après avoir exposé un fait, ou traité une matiere, on ajoute quelque chose dans le même genre qui a du rapport avec ce qu’on a déja dit : par exemple, après avoir parlé d’Yperide qui avoit une facilité merveilleuse à manier l’ironie, & avoir remarqué qu’il est tout plein de jeux & de pointes d’esprit qui frappent toujours où il vise ; Longin ajoute : au reste, il assaisonne toutes ces choses d’un tour & d’une grace inimitable.

On emploie le mot du reste, quand ce qui suit n’est pas dans le même genre que ce qui précede, & qu’il n’y a pas une relation essentielle : par exemple, cet homme est bisarre, emporté ; du reste brave & intrépide. (D. J.)

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Étymologie de « reste »

Étymologie de reste - Wiktionnaire

Déverbal sans suffixe de rester.
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Étymologie de reste - Littré

Voy. RESTER ; wallon, rest ; prov. et ital. resta, pause, repos. L'allem. rast, l'angl. rest, repos, ne paraissent être pour rien dans la formation du mot roman.

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Phonétique du mot « reste »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
reste rɛst play_arrow

Citations contenant le mot « reste »

  • La Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Grenoble, qui a examiné le dossier ce mercredi, a rendu son arrêt ce jeudi : elle "infirme" la décision de la magistrate. En clair, Yanis El Habib, soupçonné d'avoir pris part à la bagarre au cours de laquelle Adrien Perez est mort, reste en détention provisoire, tout comme son frère incarcéré dans la même affaire. Les magistrats pointent plusieurs obstacles à sa libération, et notamment le risque de trouble à l'ordre public. La détention est donc prolongée de six mois.  France Bleu, Meurtre d'Adrien Perez à Meylan : le suspect reste en détention
  • Toutefois, le principe de la gratuité pour les 30 premières minutes au sein des parcs de la régie autonome est conservé. Il est vrai que le sujet du stationnement dans toutes les villes reste un sujet électrique pour ne pas dire polémique. Toutes les précisions seront évoquées ce soir en conseil municipal, mais il faut rappeler que la gratuité demeure, voilà qui est à nouveau explicité. Corse Matin, Stationnement à Bastia : la première demi-heure reste gratuite | Corse Matin
  • Les derniers résultats de salariés testés au Coronavirus dans l'Ehpad La Riviera de Mougins sont tombés, ils sont tous négatifs pour les salariés et les résidents. Toutefois, par précaution et sur demande de l'Agence régionale de Santé, l'Ehpad reste confiné jusqu'au 6 août. France Bleu, L'Ehpad Korian La Riviera à Mougins reste confiné jusqu'au 6 août malgré des résultats de tests négatifs
  • Le Real Madrid va-t-il traîner comme un boulet Gareth Bale jusqu’à la fin de contrat avec le Real Madrid en 2022? C’est une hypothèse envisageable. L’ailier gallois (31 ans) aurait en tout cas décidé de rester chez les Merengue la saison prochaine malgré un temps de jeu de plus faible. Selon The Mirror, le joueur a indiqué à Ryan Giggs son intention de prolonger son aventure dans la capitale espagnole. Un désir exprimé au sélectionneur du pays de Galles, sans doute inquiet pour sa star dans la perspective de l’Euro 2020 l’année prochaine. Bale aurait également informé de son choix ses partenaires de sélection et les membres du staff. RMC SPORT, Mercato: Bale aurait annoncé à Giggs qu’il reste au Real Madrid
  • Épidémie dans l'Yonne : pas de quoi s'inquiéter mais la vigilance reste de mise France Bleu, L’Auberge du Lavoir, à Morcenx La Nouvelle : son chef reste motivé
  • Le biologiste passe, la grenouille reste. De Jean Rostand / Inquiétudes d'un biologiste
  • Si le symbole meurt, le sentiment reste. De Sahar Khalifa / L'Impasse de Bab Essaha
  • Souvenir. Ce qui reste après le geste. De Jacques Godbout / L'aquarium
  • Age : ne reste pas longtemps ingrat. De Tristan Bernard / Mots-croisés
  • Ici gît suis. Ici gît reste. De Roland Bacri
  • La douleur passe, la beauté reste. De Pierre-Auguste Renoir
  • Choisir, c’est se priver du reste. De André Gide
  • Et tout le reste est littérature. De Paul Verlaine / France
  • Les idées volent, la pensée reste. De Christophe Chenebault
  • Les fous passent, La folie reste. De Sébastien Brant
  • Horizon pas net, reste à la buvette. De Proverbe breton
  • Les records tombent, la technique reste. De Anonyme
  • Qui trop se hâte reste en chemin. De Proverbe français
  • Le prix s’oublie, la qualité reste. De Proverbe français
  • Qui reste doux reste invincible. De Proverbe chinois
  • Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, Bon souper, bon gîte et le reste ? Jean de La Fontaine, Fables, les Deux Pigeons

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Traductions du mot « reste »

Langue Traduction
Corse riposa
Basque atsedena
Japonais 残り
Russe остальное
Portugais descansar
Arabe راحة
Chinois 休息
Allemand sich ausruhen
Italien riposo
Espagnol descanso
Anglais rest
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Synonymes de « reste »

Source : synonymes de reste sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « reste »



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