La langue française

Bouger

Définitions du mot « bouger »

Trésor de la Langue Française informatisé

BOUGER, verbe.

I.− Emploi intrans.
A.− Vx et pop. [En parlant du sang] Bouillonner :
1. Il exposait à sa manière l'histoire de nos deux peuples et parlait de la France avec une pitié condescendante qui nous faisait bouger le sang. Ambrière, Les Grandes vacances,1946, p. 63.
B.− Faire un mouvement (le plus souvent minime), remuer.
1. [En parlant d'une pers. et du mouvement de son corps] Faire un/des geste(s). Rester sans bouger.
P. iron. Bouger en mesure. Danser (cf. S. de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958, p. 162).
a) [À la forme surtout négative, le mouvement étant considéré comme contre-indiqué] Ne pas bouger. Rester immobile. Ne bougeons plus! (Cri d'un photographe de groupe au moment de la prise de vue) :
2. L'archidiacre, voyant que tous ses soubresauts ne servaient qu'à ébranler le fragile point d'appui qui lui restait, avait pris le parti de ne plus remuer. Il était là, embrassant la gouttière, respirant à peine, ne bougeant plus, n'ayant plus d'autres mouvements que cette convulsion machinale du ventre qu'on éprouve dans les rêves quand on croit se sentir tomber. Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 564.
En partic. [Souvent dans une phrase impér.]
Ne pas se lever :
3. Ils ont tiré deux fois; la première fois c'était peut-être en l'air, mais la seconde, c'était pour de bon. La jungle bruisse autour d'eux : qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce qu'il y a eu? Des chefs improvisés répondent : taisez-vous, ne bougez pas, restez couchés; ... Sartre, La Mort dans l'âme,1949, p. 219.
[En parlant d'enfants] Ne faire ni mouvement, ni bruit, rester tranquille :
4. Le professeur raconta, non sans émotion, que les élèves avaient lâché méchamment un hibou dans la classe. M. Tassin dit d'une voix terrible : si quelqu'un bouge pendant mon absence, il aura affaire à moi. Champleury, Les Souffrances du professeur Delteil,1853, p. 232.
b) [À la forme surtout positive, le mouvement étant considéré comme un signe favorable] Manifester son existence en remuant, en faisant quelque chose.
[En parlant d'un enfant dans le ventre de sa mère] :
5. pensée. − Mère, mère! mon enfant vit! mon enfant vit en moi! il vit! il a bougé! Claudel, Le Père humilié,1920, IV, 1, p. 548.
P. métaph. :
6. ... ces années de découragement [de Proust] furent celles d'une gestation, plus qu'à demi inconsciente peut-être aux pires heures; mais très tôt il dut sentir bouger en lui ce monde qu'il portait et qui allait naître. Mauriac, Mémoires intérieurs,1959, p. 106.
[Avec une idée d'inquiétude ou de déception si le mouvement espéré ne se produit pas] :
7. Et moi, pendant ce temps-là, je criais, j'appelais Dieu qui est sourd! ... Dieu qui ne bouge pas! Dieu qui n'est pas! ... Sardou, Patrie!1869, I, 3, p. 28.
8. Elle gagna la porte de sa chambre, qu'elle ouvrit sans faire de bruit. Arrivée en haut de l'escalier, elle prêta l'oreille. Rien ne vivait, rien ne bougeait; seule sa douleur veillait, implacable et féroce. Moselly, Terres lorraines,1907, p. 271.
P. métaph. :
9. Le 8. − Ce n'est pas la peine de parler d'aujourd'hui : rien n'est venu, rien n'a bougé, rien ne s'est fait dans notre solitude. E. de Guérin, Journal,1835, p. 34.
10. Longtemps je demeurai comme hébété. Rien ne bougeait en moi des pensées et des sentiments que je contiens. Mon immobilité intérieure était telle que seules quelques faibles sensations, incapables d'ailleurs de m'émouvoir, me liaient à la vie. Bosco, Le Mas Théotime,1945, p. 223.
2. [En parlant d'une partie du corps, d'un élément de la nature] Être animé d'un mouvement. Les lèvres bougent, les feuilles bougent. Synon. branler, osciller, s'agiter :
11. Quand le torse s'agite, les hanches doivent demeurer immobiles, et le torse ne bouge plus dès que les hanches remuent. Du Camp, Le Nil,1854, p. 117.
a) N'avoir pas bougé (en parlant des dents). Rester intact, solide :
12. ... Bouvard se considéra dans la glace. Ses pommettes gardaient leurs couleurs, ses cheveux frisaient comme autrefois, pas une dent n'avait bougé, et, à l'idée qu'il pouvait plaire, il eut un retour de jeunesse. Flaubert, Bouvard et Pécuchet,t. 2, 1880, p. 57.
P. métaph. J'ai soixante-dix ans, les jambes sont en déroute; mais la tête n'a pas bougé (A. Daudet, Le Petit Chose,1868, p. 171).
b) P. euphém. [En parlant de la terre] Trembler :
13. ... elle bouge, cette terre : il y a dix ans, elle s'est secouée; en bas, vers Aix, des villages se sont écroulés... Giono, Colline,1929, p. 54.
C.− [Souvent suivi d'un compl. prép. de] Changer de place, quitter le lieu où l'on se tient, où quelque chose se trouve.
1. [En parlant d'une pers.] Sortir de sa maison :
14. J'aurais voulu, dès ma guérison, partir pour Venise; mais comment le faire, si j'épousais Albertine, moi, si jaloux d'elle que, même à Paris, dès que je me décidais à bouger, c'était pour sortir avec elle? Même quand je restais à la maison tout l'après-midi, ma pensée la suivait dans sa promenade, ... Proust, La Prisonnière,1922, p. 28.
[À la forme négative]
a) Ne pas bouger d'un lieu. Ne pas le quitter. De toute la journée, Félicité ne bougeait de la cuisine (Flaubert, Madame Bovary,t. 2, 1857, p. 26):
15. charlotte. − Vous restez ici? dubouloy. − Je n'en bouge pas. A. Dumas Père, Les Demoiselles de Saint-Cyr,1849, III, 9, p. 157.
Emploi abs. Je ne bouge pas de la journée. Je ne sors pas de chez moi aujourd'hui :
16. N'est-ce pas, Alexandre, qu'elle n'a jamais donné de l'ennui à la maison? Elle reste assise, à regarder devant elle. Depuis douze ans, elle n'a pas bougé... Zola, La Conquête de Plassans,1874, p. 1184.
b) Ne pas bouger d'auprès d'une personne. Ne pas la quitter. Il ne bouge pas d'auprès de cette femme. Il est sans cesse auprès d'elle (Ac. 1835, 1878)
2. [En parlant d'une chose, d'un moyen de locomotion, etc.] Se mettre en mouvement. Quelques secondes passèrent avant que le train bougeât (...). Les wagons s'ébranlèrent lourdement (R. Rolland, Jean-Christophe, La Révolte, 1907, p. 480).
P. méton. J'avais beau crier au cocher d'avancer, il ne bougeait pas (Musset, Un Caprice,1840, p. 195).
Spéc. [En parlant de dunes de sables] Les sables avaient bougé, et nous ne reconnûmes plus la colline (Gide, Le Voyage d'Urien,1893, p. 21).
P. métaph. [En parlant de l'action d'une œuvre littér., d'un événement...] Aller de l'avant, avancer vers le dénouement :
17. ... la guerre se prolongeait, les Allemands s'installaient en maîtres, on apprenait tantôt des victoires, tantôt des défaites, sans que rien n'avançât, ne bougeât. Des gens se lassaient, parlaient de paix boîteuse, de défaite même. On recevait jour après jour les nouvelles les plus accablantes, les plus décourageantes. Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 206.
18. De temps en temps, je reprends le livre depuis son début, j'entends par là que je le feuillette de manière à revoir en quelques secondes le contenu de chaque page. Je vois ainsi si cela avance, si cela bouge, ou si au contraire cela piétine. Il faut qu'au début de la seconde partie, que j'aborde aujourd'hui, il y ait le même élan qu'au début de la première. Green, Journal,t. 5, 1950, p. 276.
3. Au fig.
a) Changer.
[En parlant d'une pers.] Rare, souvent péj. Ne pas bouger d'une position. Ne pas en dévier :
19. Il y a vraiment dans la figure de Flaubert quelque chose qui induit à chérir jusqu'à ses manques et ses limites : le pathétique de l'homme qui n'a jamais bougé de certaines positions capitales, que jamais le doute n'a effleuré à leur égard, et qui pour tout le reste précisément est, par essence, doute, fluctuation, misère intime inlassablement remâchée, incapacité de sortir de cette misère par le don de soi : ... Du Bos, Journal,1923, p. 290.
[En parlant d'une chose concr. ou abstr.] Tout bouge aujourd'hui. Tout se transforme autour de nous.
20. La vérité politique (si ces deux mots ne hurlent pas d'être assemblés!) est une synthèse vivante, jamais accomplie une fois pour toutes : l'histoire va vite et tout bouge sans cesse. Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 378.
Ne pas bouger. Rester intact, préservé (supra B 2 a). Suivi la ligne du hâvre, dont la couleur n'a pas bougé − car la mer est plus immortelle que la terre, − et qui est toujours aigue-marine (Barbey d'Aurevilly, Memorandum pour l'A... B...,1864, p. 429)
b) Se mettre à agir.
[À la forme négative] Ne bougez pas (avant d'avoir reçu les ordres). Ne déclenchez pas l'action prématurément.
[À la forme positive]
Sortir d'une longue période d'inaction. L'Amérique latine bouge (Gilb.1971).
[En parlant d'une foule] S'agiter, se révolter :
21. Si la rue bouge à Alger, que fera l'armée? Et si l'armée entre dans le jeu, que fera Paris? Mauriac, Le Nouveau Bloc-notes,1961, p. 54.
II.− Emploi trans.
A.− [Le compl. d'obj. dir. désigne les yeux ou une autre partie du corps] Bouger la tête, le bras. Synon. remuer.Il s'abstenait non seulement de tout geste, même de bouger ses yeux pétrifiés par l'attention (Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs,1918, p. 691).
Loc. fam. Ne pas bouger un doigt. Ne pas faire le moindre geste, la moindre action. Ne pas bouger le petit doigt. Ne pas prendre la moindre initiative pour aider quelqu'un :
22. ... les tirailleurs algériens n'auraient pas bougé un doigt sans ordre − c'est leur manière − et s'apprêtaient mahométiquement à se laisser égorger. Mille, Barnavaux et quelques femmes...,1908, p. 146.
Bouger à peine un bonjour à qqn. Il me bouge à peine un bonjour, il me dit à voix basse : ... (Giono, Manosque des plateaux,1930, p. 96).
Loc. pop. Se bouger le sang. Se déplacer, sortir de l'inaction. Reste-là, repose-toi, ça me fait du bien de me bouger le sang (Giono, Lanceurs de graines,1943, I, 5, p. 118).
B.− Fam. [Le compl. d'obj. désigne une chose concr.] Déplacer. Dès qu'il bougeait un objet, il le foutait tout de suite par terre (Céline, Mort à crédit,1936, p. 407).
III.− Emploi pronom., fam. et pop. Se bouger.[Correspond à différents emplois de bouger, cf. supra.]
Se lever. Elle écoutait la musique étendue sans se bouger pour personne (Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 1025).
Sortir de l'inaction. Bougez-vous donc! Vous êtes là comme une momie (F. Vidocq, Mémoires de Vidocq,t. 4, 1828-29, p. 115).
Quitter les lieux. Nos craintes concernaient uniquement les animaux à deux pattes. C'était le moment ou jamais de se bouger (M.-G. Braun, Apôtres de la violence,Paris, Fleuve Noir, 1962, p. 38).
PRONONC. : [buʒe], (je) bouge [bu:ʒ]. Enq. : /buʒ/ (il) bouge.
ÉTYMOL. ET HIST. − Ca 1150 bougier « se remuer » (Thèbes, 7347 dans T.-L.). Du lat. vulg. bullicare, fréquentatif de bullire « bouillonner, bouillir » (bouillir*), avec transposition au domaine du mouvement; le même type lat. est postulé par les corresp. ital., prov. et cat., v. REW3, no1388.
STAT. − Fréq. abs. littér. Bouger : 3 190. Bougé : 459. Fréq. rel. littér. : Bouger. xixes. : a) 941, b) 4 350; xxes. : a) 5 809, b) 6 943. Bougé. xixes. : a) 124, b) 531; xxes. : a) 982, b) 969.
DÉR.
Bougement, subst. masc.Action de bouger (cf. Jammes, De l'angélus de l'aube à l'angélus du soir, 1898, p. 41).1reattest. xvies. (Nouv. Lett. de la reine de Navarre, CXIX, Génin dans Gdf.), attest. isolée; repris au xixes. 1898 id.; dér. de bouger, suff. -ment1*.
BBG. − Quem. 2es. t. 3 1972, p. 25 (s.v. bougement).

Wiktionnaire

Verbe

bouger \bu.ʒe\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se bouger)

  1. Se déplacer d’un endroit vers un autre.
    • Longtemps, Bert resta assis, seul dans un coin de la cabine de Kurt, ne bougeant pas, ne s’aventurant même pas à ouvrir la porte, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 173 de l’éd. de 1921)
    • — N'empêche que chuis dans la mouise, a fait Mark. Mon paternel, vous savez bien. J'avais interdiction de sortir. (Il s'est levé) On bouge ? Peut-être qu'il sera moins sévère si je rentre pas trop tard. — (Clemens Meyer, Quand on rêvait, traduit de l'allemand, Éditions Piranha, 2015)
  2. (Transitif) Mouvoir quelque chose.
    • Il bouge le meuble.
  3. (Transitif) Mouvoir une partie du corps.
    • Bouger la tête.
  4. (Pronominal) (Familier) Se déplacer, donner du mouvement.
    • On se bouge maintenant ?
  5. (Pronominal) Sortir de l'inaction.
    • Alors, tu te bouges ?
  6. (Figuré) S’agiter d’une manière hostile, se révolter.
    • S’ils bougent, c’est à moi qu’ils auront affaire.
  7. (Figuré) Amorcer un changement.
    • Les choses ont toutefois déjà commencé à bouger. — (Sarah Fruit, Eléa Pommiers, Loi antigaspillage : « Il existe des solutions pour que le secteur du bâtiment crée moins de déchets », Le Monde. Mis en ligne le 11 juillet 2019)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BOUGER. v. intr.
Se mouvoir de l'endroit où l'on est. Si vous bougez de votre place, vous me désobligerez. Il s'emploie le plus ordinairement avec la négation. Je ne bougerai de là, puisque vous l'ordonnez. Ne bougez de là. Ne bougez pas. Il ne bouge pas plus qu'une statue, pas plus que s'il était mort. Fam., Ne bouger d'un lieu, Y être fort assidu. Il ne bouge de cette maison. Il ne bouge pas du cabaret. Quand une fois il est à son atelier, dans son cabinet, il n'en bouge plus. Il signifie aussi au figuré S'agiter d'une manière hostile, se révolter. S'ils bougent, c'est à moi qu'ils auront affaire.

Littré (1872-1877)

BOUGER (bou-jé), nous bougeons ; je bougeais ; je bougeai ; que je bougeasse ; bougeant v. n.
  • 1Se mouvoir, changer de place. Si vous bougez, vous tomberez.

    Se remuer. Cette femme est avancée dans sa grossesse, elle a senti son enfant bouger, ou, elliptiquement, elle a senti bouger.

  • 2Avec la négation, demeurer assidûment dans un lieu, auprès d'une personne ; en ce cas on supprime souvent pas ou point : Je n'ai presque point bougé d'ici, Bossuet, Lett. Corn. 32. Vous qui… touchés de la grâce, ne bougez plus comme elle [Marie Madeleine] des pieds du sauveur…, Massillon, Carême, Lazare. Je croyais que je ne bougerais d'ici ou de Vitré, Sévigné, 70. M. de Larochefoucauld ne bouge plus de Versailles, Sévigné, 168. Je n'ai bougé toute nuit d'auprès d'elle, La Fontaine, Berc. Et mesurant les cieux sans bouger d'ici-bas, Il connaît l'univers et ne se connaît pas, La Fontaine, Fabl. VIII, 26. Désormais je ne bouge et ferai cent fois mieux, La Fontaine, ib. VII, 12. On trouvera insupportable de ne bouger de la ville, Pascal, Div. 2. Sans bouger de la terre, allez au firmament, Régnier, Sat. IX. [Plaisirs] qu'il abandonnait pour ne bouger d'auprès de ses charmes, Hamilton, Gramm. 10. La famille du duc n'en bougeait, Hamilton, Gramm. 6. Du coin d'où le soir je ne bouge, J'ai vu le petit homme rouge, Béranger, H. rouge.
  • 3 Fig. S'agiter, se soulever. Les mécontents n'osèrent pas bouger.

REMARQUE

1. Molière a fait de bouger un verbe actif et réfléchi : Et personne, monsieur, qui se veuille bouger Pour retenir des gens qui se vont égorger, Dép. am. V, 7. C'est un archaïsme (voy. l'historique) qui n'est plus usité : bouger est neutre maintenant, et ne peut plus devenir réfléchi.

2. Les puristes du siècle de Louis XIV, Marguerite Buffet et Caillières trouvaient que bouger d'un lieu était un terme fort rude ou une façon de parler bourgeoise ; mais, comme on a vu, les meilleurs écrivains s'en sont servis.

HISTORIQUE

XIVe s. … Li verseïs [la chute] de Pierre Qui dort ne ne se bouge ne que fait une pierre, Girart de Ross. 1789. Se li consuls se bouge, Bercheure, f° 47, recto.

XVe s. L'argent ne devoit estre contourné ailleurs ni bouger de Paris, Froissart, II, II, 128. Le mareschal les convoya jusques à la vue de Galipoli, et de là ne se bougea afin de les secourir si aulcune chose leur advenoit, Bouciq. I, ch. 30. Tenez-vous saintement en cloistre ; Là mettez peine à vous cognoistre ; N'en bougiez ; car le villoter Fait mains et maintes assoter, Miracles de sainte Geneviève. Je croy bien que je ne bougeray d'ici encore d'un mois, Bibl. des chartes, 4e série, t. I, p. 26. Et un peu de reconfort leur est venu, c'est que ladite dame, princesse de Castille et royne de Portugal, a esté grosse d'un enfant bougeant, Commines, VIII, 17. Et tira [le roy] à l'avant garde, qui jamais n'estoit bougée, Commines, VIII, 6.

XVIe s. Ponocrates advisoyt quelque jour bien serain, onquel bougeoient on matin de la ville, et alloyent à Gentilly, Rabelais, Garg. I, 24. Maintenant je suis fort bien, et ay senti bouger mon enfant, Marguerite de Navarre, Lett. 58. Je vous prie encores me mander si l'intention du roy est que je ne bouge d'avecques la royne, Marguerite de Navarre, ib. 147. Elle n'a bougé de couchée [de son lit] depuis vostre partement, sinon ung jour ou deux qu'elle alla jusques en la garde-robe, Marguerite de Navarre, ib. 46. Le dieu leur respondit qu'ils ne bougeassent rien, Montaigne, I, 123. Il ne feut d'advis de bouger de sa place, Montaigne, I, 342. Ilz se desfirent l'un l'autre à combattre d'homme à homme au milieu de leurs deux armées, sans qu'elles se bougeassent, Amyot, Rom. 24. Sa coustume estoit de frapper rudement, jamais ne bouger le pied, ny reculer en arriere, Amyot, Caton, 3.

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Étymologie de « bouger »

Du latin tardif *bullicare [1], fréquentatif de bullire (« bouillir ») avec transposition du sens au domaine du mouvement. Le même radical latin est postulé par les correspondant occitan, bolegar et catalan, bellugar.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. et espagn. bojar. Ménage a parlé de l'allemand wogen, s'agiter ; mais wogen donnerait guoguer et non bouger. Diez a mis le doigt sur la vraie étymologie, remarquant, dans le provençal, bolegar, remuer, s'agiter, dont bojar et bouger sont des contractions et qui répond à l'italien bulicare, bouillonner, qui est un fréquentatif du latin bullire, bouillir : bouillonner, et, de là, par métaphore, ne pas rester en place, bouger.

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Phonétique du mot « bouger »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bouger buʒe

Évolution historique de l’usage du mot « bouger »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « bouger »

  • Le rôle des artistes est de faire bouger les frontières mentales. De Samira Makhmalbaf / Le Nouvel Observateur - 12 Octobre 2000
  • La chair est belle lorsqu’elle remue, elle est faite pour bouger. De Philippe Di Folco / Evene.fr - Janvier 2006
  • On ne peut respecter l'autre si on le met sur un piédestal car, sur un piédestal, on ne peut bouger. De Anonyme
  • « Je pense que le monde change, avance (…) Maintenant on se lève et on part quand il faut faire bouger les choses », estime l’actrice. « Parfois, à mon avis, ça doit passer par là ». Le Telegramme, Noémie Merlant : « On part quand il faut faire bouger les choses » - Cinéma - Le Télégramme
  • Est-ce vieillir, prendre une forme et ne plus bouger ? De Jean-Claude Clari / L'Appartenance
  • L'humanité se divise en trois catégories : ceux qui ne peuvent pas bouger, ceux qui peuvent bouger, et ceux qui bougent. De Benjamin Franklin
  • Une femme et un poêle ne doivent pas bouger de la maison. De Proverbe allemand
  • «Ce qui est important, ce n’est pas d’être un athlète accompli, c’est de bouger, a lancé Dr Arruda quelques minutes avant le départ de la deuxième journée. On ne peut pas tous être des athlètes, mais on peut tous bouger, on peut tous marcher, on peut tous faire de l’activité physique». Le Journal de Montréal, Pas besoin d'être de grands athlètes pour bouger | JDM
  • À 13h, dans “La France bouge”, Raphaëlle Duchemin et la rédaction d’Europe 1 font le tour de France des initiatives positives et novatrices. Travail, éducation, santé… ils œuvrent aux quatre coins du pays pour faire bouger les lignes et casser les codes : qui sont ces citoyens, ces entreprises, ces collectivités qui s’engagent et inventent le monde de demain ? Des portraits et des témoignages inspirants. Europe 1, Restauration : Quelles innovations pour respecter les gestes barrières ?
  • A quoi bon bouger, quand on peut voyager si magnifiquement dans une chaise ? De Joris-Karl Huysmans / A rebours
  • Tout se ramène à ceci : gagner ou perdre. On ne reste jamais stationnaire. Car ne pas bouger, c'est commencer à perdre. De François Mitterrand / Lettre à une de ses soeurs - 5 Mars 1938
  • Aujourd'hui encore, le destin de la femme, dans la plupart des familles, c'est de ne pas bouger. De Bernard Pivot / Entretien avec Catherine Rihoit - Avril 1980
  • On a traité de rêveurs et d’utopistes tous ceux qui, dans l’histoire, ont fait bouger les choses. De Abd al Malik / Télérama, 18 février 2015
  • Les gouvernements ont une vision très sommaire de l’économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s’arrête de bouger, donne des subventions. De Ronald Reagan
  • Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge. Le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour tout faire bouger. De Julien Gracq
  • Choisir de sauver la vie à celui qui doit mourir, c'est vouloir partager son sort, car ici la volonté ne fait pas bouger les choses. De Roberto Saviano / Gomorra, 2007
  • L'illusion trompe et détruit. L'être humain qui s'y accroche attend que le beau se produise sans oser bouger. La vie n'est qu'une suite de mirages. De Marie-Claude Bussières-Tremblay / Du diable au coeur

Traductions du mot « bouger »

Langue Traduction
Anglais move
Espagnol mover
Italien muovere
Allemand bewegen
Portugais mexer
Source : Google Translate API

Synonymes de « bouger »

Source : synonymes de bouger sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « bouger »

Bouger

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