Repousser : définition de repousser


Repousser : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

REPOUSSER1, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Qqn repousse qqn
1. Pousser en arrière, faire reculer une personne, un groupe. Repousser qqn d'un geste, de la main, des deux mains, à bras tendus, à coups de pied; repousser qqn doucement, brutalement, rudement, violemment, vivement, avec énergie, avec dédain, avec dégoût, avec force, avec horreur, avec indignation, avec violence; repousser en arrière. Ils le virent passer un peu plus tard, le long des Tuileries, vers le métro Concorde, où ils avaient été repoussés quand on avait dégagé la voie du landau présidentiel escorté de cuirassiers (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 261).
En partic. Faire reculer avec force. Synon. refouler.Repousser l'ennemi, les ennemis, l'étranger, les assaillants. L'ennemi les reçoit avec intrépidité. Trois fois ils viennent se briser contre le vaste corps qui les repousse (Chateaubr.,Martyrs, t. 1, 1810, p. 289).Battu, repoussé plusieurs fois dans une guerre, et presque désespéré, il était au fond de sa tente (Michelet,Insecte, 1857, p. 389).[P. méton. du compl. d'obj.] Repousser l'assaut. L'attaque sur Pozzuelo-Aravaca est repoussée, m'général. Heinrich note sur la carte les nouvelles positions (Malraux,Espoir, 1937, p. 784).
Loc. verb., au fig., vx. Être repoussé à la barricade. Après avoir fait des tentatives pour obtenir quelque chose, être refusé ouvertement (d'apr. Ac. 1798, 1835). Être repoussé avec perte. Essuyer un grave échec (d'apr. Ac. 1835-1935).
2. Au fig. Refuser d'accueillir; faire mauvais accueil à. Synon. écarter, rembarrer (fam.), envoyer* paître (fam.), bouler (pop.), éconduire; envoyer au diable (v. diable1).Tu es assez grand, assez raisonnable pour t'apercevoir que ton père me repousse, ne veut pas de mes soins, et cela n'est pas naturel, car tu sais combien je l'aime (Balzac,Gobseck, 1830, p. 432):
1. La veille au soir, en montant l'escalier, comme Henry, qui marchait le dernier, avait voulu lui prendre la main par derrière pour la baiser, ne l'avait-elle pas brutalement repoussé, repoussé tout à fait? Flaub.,1reÉduc. sent., 1845, p. 81.
B. − Qqn repousse qqc.
1. [Le compl. d'obj. désigne un inanimé concr.] Pousser en sens contraire; écarter loin de soi. Synon. reculer.Repousser la table, son assiette, son verre, ses couvertures, un tiroir; repousser les volets, le verrou; repousser la porte (derrière soi); repousser qqc. de la main, des deux mains, brusquement; repousser qqc. en arrière; repousser qqc. contre qqc. Une chaise, qu'il avait sans doute repoussée du pied, était renversée à côté de lui (Baudel.,Poèmes prose, 1867, p. 149).Fauteuils et canapé ont été repoussés vers le fond (Aymé,Cléramb., 1950, i, p. 9).V. libérer B 2 ex. de Vailland.
2. Au fig.
a) [Le compl. d'obj. désigne un inanimé concr. ou abstr.] Refuser d'accepter. Synon. décliner, récuser, refouler, rejeter; anton. agréer, acquiescer à.Repousser une demande, une invitation, une offre, une proposition, des avances. Elle avoit constamment repoussé toute nourriture (Chateaubr.,Natchez, 1826, p. 499).Anna (...) ne parlait pas, (...) ne mangeait pas (...). Avec des prévenances timides et touchantes, il essaya de s'occuper d'elle; elle repoussa ses attentions, âprement (Rolland,J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1386).
Loc., vx. Repousser une injure. S'opposer vivement à une injure. Repousser l'injure par l'injure (Ac. 1798-1878). Quelquefois il savoit repousser une injure grossière par une raillerie piquante (Chateaubr.,Essai Révol., t. 2, 1797, p. 147).Repousser la force par la force (vx). Employer la force pour se défendre, répondre à la violence par la violence. Le roi, tout en se déterminant à rester, pouvait encore prendre le parti de se mettre à la tête des gardes du corps, et de repousser la force par la force (Staël,Consid. Révol. fr., t. 1, 1817, p. 267).
b) Chasser de son esprit. Synon. écarter, rejeter.Repousser une idée noire, une mauvaise pensée, une tentation. J'eus faim. Mon premier mouvement, instantané, fut de repousser cette envie de manger (Malègue,Augustin, t. 2, 1933, p. 263):
2. Une idée bien lâche, qu'il avait déjà repoussée plusieurs fois, se présenta avec une vivacité à laquelle il ne put résister: « Si je campais là le ministère, et retournais à Nancy et au régiment? (...) » Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 257.
3. Remettre à plus tard. Synon. ajourner, différer, renvoyer, reporter.Repousser un rendez-vous, une réunion. La pensée du partage nécessaire entre les deux sœurs (...), il le repoussait à une époque tellement lointaine, qu'il espérait trouver d'ici là une façon de s'y soustraire (Zola,Terre, 1887, p. 199).Un plan est donné par avance. Il est (...) représentable, avant le détail de sa réalisation. L'exécution complète en peut être repoussée dans un avenir lointain, reculée même indéfiniment (Bergson,Évol. créatr., 1907, p. 104).
Rem. Empl. critiqué. ,,Se dit parfois, inutilement d'ailleurs, et non sans équivoque, pour « remettre à plus tard »`` (Hanse Nouv. 1983).
4. Spécialement
a) IMPR., TYPOGR. Imprimer à la main un signe, une lettre qui manque sur une feuille tirée. Repousser un point qui manque à la fin d'une phrase (Littré).
b) MÉTALL., ORFÈVR. Travailler à froid une feuille de métal ou du cuir pour faire ressortir une image ou un ornement en relief. Au moyen de traçoirs qui repoussent les reliefs en les précisant (...) le ciseleur transforme le bronze informe sorti de la fonte en une œuvre d'art à laquelle il imprime fortement sa personnalité (Viaux,Meuble Fr., 1962, p. 26).
Empl. part. passé adj. V. repoussé.
C. − Qqc./qqn repousse qqn.Littér. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Inspirer de l'aversion, de la répulsion à quelqu'un. Synon. dégoûter, déplaire, rebuter; anton. attirer, plaire.Ce lieu nous attirait et nous repoussait à la fois comme un lieu où l'amour avait été révélé, et comme un lieu où il avait été profané aussi (Lamart.,Raphaël, 1849, p. 221).Quelle mauvaise figure il a! dit Alban, à la fois attiré et repoussé par cet être. Il a l'air d'un de ces chats pelés, chassieux, qu'on voit rôder, rejetés de partout, et dont la mine seule dénonce un paria (Montherl.,Bestiaires, 1926, p. 491).
II. − Empl. intrans.
A. − [Le suj. désigne un ressort ou une arme à feu portative] Exercer une pression qui éloigne; produire un effet de recul. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez. Ce fusil repousse (Ac.).
B. − BEAUX-ARTS, DESSIN, PEINT. [Le suj. désigne une teinte, un ton] Obscurcir des teintes claires qui sont superposées à un ton foncé. Les tons [des toiles de Poussin], posés d'ordinaire sur une impression rouge qui a repoussé, ont pris un aspect triste et rembruni (Gautier,Guide Louvre, 1872, p. 172).Ne jamais peindre clair sur foncé (...) le foncé repousse, c'est-à-dire obscurcit ou « mange » les teintes claires qui lui sont superposées (Arts et litt., 1935, p. 30-4).
C. − Loc. verb., pop., arg. Repousser (du goulot). Sentir mauvais de la bouche, avoir mauvaise haleine. V. goulot A ex. de Magnane.
Prononc. et Orth.: [ʀ əpuse], (il) repousse [-pus]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1375 « pousser quelqu'un en arrière, faire reculer » (J. Cuvelier, B. du Guesclin, éd. E. Charrière, 20229); 2. 1553 repousser qqn « lui faire un mauvais accueil » (Bible Gérard, Eccl., 13, 25); 3. 1558 verbe intrans. « pousser en arrière » (Bonaventure des Périers, Nouvelles recreations, éd. K. Kasprzyk, p. 232); 4. 1579 « pousser une chose en arrière » (Garnier, La Troade, éd. W. Foerster, II, p. 125); 5. 1770 « inspirer de l'aversion » (Raynal, Hist. phil., XI, 11 ds Littré); 6. 1847 « sentir mauvais » (Dict. arg., p. 231); 1866 repousser du tiroir « id. » (Delvau, p. 339); 1878 repousser du goulot « id. » (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 178); 7. 1887 « remettre à plus tard » (Zola, loc. cit.). B. 1. 1835 « imprimer à la main sur une feuille tirée » (Ac.); 2. 1840 (Fournet, Sur la sondabilité des métaux et sur le damassé d'or et d'argent ds Ann. chim. et phys., t. 75, p. 437: j'obtins une barre parfaitement tenace, ductile et homogène, que je laminai, et dont je fis fabriquer, par la méthode du repoussé, un vase dont le poli mit en évidence la parfaite homogénéité); 3. 1875 « réaliser une pièce métallique par une opération de repoussage » (Lar. 19e, s.v. repoussoir). C. 1. 1870 « se dit d'une couleur sur un tableau, qui avec le temps, domine celles qui l'environnent » (Littré); 1933 « se dit d'une partie d'un tableau qui reparaît sous les retouches » (Moreau-Vauthier, Peint., p. 148). Dér. de pousser*; préf. re-*.
DÉR. 1
Repoussage, subst. masc.[Corresp. à supra I B 5 b] Métall. ,,Façonnage d'un métal en feuille sur un mandrin ayant la forme désirée`` (Poignon 1967). Repoussage au tour. Survient maintenant l'opération du repoussage, nécessitant surtout l'usage de la (...) barre de fer ou d'acier recourbée ou coudée qui, frappée avec vigueur, repousse l'intérieur de la pièce de métal (Grandjean,Orfèvr. XIXes., 1962, p. 40).[ʀ əpusa:ʒ]. 1reattest. 1866 techn. grav. (M. Lalanne, Grav. eau-forte, p. 53); de repousser1, suff. -age*.
2.
Repoussement, subst. masc.a) Vx [Corresp. à supra II A; en parlant d'un ressort, d'une arme à feu portative] Fait de produire un effet de recul; p. méton., recul ainsi produit. Cette contusion a été causée par le repoussement de son fusil (Ac.).b) Vieilli, littér. α) [Corresp. à supra I A 1] Action de repousser quelqu'un. La deuxième fois, revêtus du nom de Romains, ils arrêtèrent, ils repoussèrent, ils refoulèrent l'Orient punique (...). C'est cet antique repoussement (...) que vous poursuivez aux héroïsmes des guerres mauritaniennes (Péguy,V.-M., comte Hugo, 1910, p. 832).[Corresp. à supra I A 2] Action de rejeter quelqu'un; p. méton., résultat de cette action. Ou la sympathie nous attire vers lui, ou l'antipathie nous en écarte; ou nous nous associons à son existence, ou elle devient pour nous un sujet d'effroi, de repoussement, de haine et de colère (Cabanis,Rapp. phys. et mor., t. 2, 1808, p. 335).Je deviens un objet d'indifférence, ou même de repoussement et d'ennui (Maine de Biran,Journal, 1816, p. 108). β) Action de repousser quelque chose, d'écarter de soi. À mon désir fou de la posséder (...) elle opposait une résistance incompréhensible, un doux, mais entêté repoussement de mes baisers (Goncourt,Journal, 1889, p. 1012).Action de rejeter, de ne pas accepter. Le repoussement par moments d'idées religieuses avec les terreurs d'un enfer de feu et de soufre (Goncourt,Journal, 1862, p. 1120). [ʀ əpusmɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1718. 1resattest. 1538 « action de repousser » (Est.), 1673 « choc que produit sur le tireur le recul d'une arme à feu » (doc. ds Guiffrey, Inv. mobilier Louis XIV, II, 63); de repousser1, suff. -ment1; cf. en 1436 repulsement « action de repousser » (Mandem. de Henri VI, ds Chron. du M. S. Michel, II, 91, A.t. ds Gdf. Compl.), dér. de repulser (1486, ibid.), suff. -ment1, repulser est un empr. au lat. repulsare « repousser ».
3.
Repousseur, subst. masc.a) Orfèvr., métall. Ouvrier qualifié qui pratique le repoussage ou le repoussé. Repousseur au tour en orfèvrerie; repousseur au tour; repousseur sur cuir; repousseur sur métaux (Mét. 1955). Aujourd'hui l'émailleur doit donner le dessin de la forme qu'il désire à un repousseur de métaux qui emploie des mandrins en bois sur lesquels il façonne au tour le métal qui lui a été confié (A. Meyer,Art émail Limoges, 1895, p. 2).b) Néol., pétrochim. ,,Produit chimique qui s'oppose à l'expansion d'une nappe de pétrole en rassemblant les hydrocarbures`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983). Les repousseurs, à l'opposé des dispersants, sont présentés comme des produits merveilleux: versés à la périphérie d'une nappe, ils créent un véritable barrage chimique à l'expansion du pétrole et, progressivement, le rassemblent et le regroupent (Sc. et Avenir, mai 1978, n o375, p. 48). [ʀ əpusœ:ʀ]. 1resattest. 1611 repoulseur « celui qui repousse » (Cotgr.), 1870 « ouvrier capable d'exécuter le repoussage sur métaux » (Littré); de repousser1, suff. -eur2*.
COMP. Repousse-peaux, subst. masc. Petit instrument de manucure, à l'extrémité en forme de spatule, servant à repousser les petites peaux autour des ongles. Synon. repoussoir (v. ce mot A 4). Mireille, rêvant (...), laissa un instant en suspens la main dodue de MmePontet-Massène. Puis elle reprit son repousse-peaux (P. Daninos, Un certain Monsieur Blot, 1960, p. 211 ds Rob. Suppl. 1970). [ʀ əpuspo]. Plur. des repousse-peaux. V. garde-. 1reattest. 1960 id. Formé de repousse, forme de repousser1*, et du plur. de peau*.
BBG. Quem. DDL t. 14; 15 (s.v. repoussage).

REPOUSSER2, verbe

A. − Empl. intrans.
[Le suj. désigne un végétal] Pousser, croître de nouveau, notamment après une coupe. Les feuilles repoussent aux arbres; mais pour nous, où est le mois de mai qui nous rende les belles fleurs enlevées et les parfums mâles de notre jeunesse? (Flaub., Corresp., 1846, p. 208).Le marchand de lacets.: L'herbe du Cours La Reine s'est mise en une minute à repousser: c'est la mort d'Attila! (Giraudoux, Folle, 1944, II, p. 180).
[Le suj. désigne certains organes, des éléments du système pileux (cheveux, barbe, poils), des dents, des ongles, des cornes (anat. animale)] Se laisser repousser les cheveux, la barbe. Une patte repoussée et coupée ne repoussera plus (Cl. Bernard, Notes, 1860, p. 60).
B. − Empl. trans. Faire naître, produire de nouveau. [Marchal à Tainchebraye] Tu ne retrouveras pas ton nez, bien sûr, mais ça s'arrangera mieux que tu ne le penses; tu repousses des chairs comme un homard ses pinces (La Varende, Nez-de-cuir, 1936, p. 28).
Prononc. et Orth. V. repousser1. Étymol. et Hist. 1600 (O. de Serres, Théâtre d'agric., p. 580). V. repousser1.
DÉR.
Repousse, subst. fém.a) Action de repousser, de croître de nouveau; p. méton., résultat de cette action. α) [En parlant d'un végétal] Les pâturages sont divisés en six parts utilisées successivement par périodes de cinq jours, ce qui permet et la repousse de l'herbe et la répartition de la fumure (Wolkowitsch, Élév., 1966, p. 124).P. méton. ,,Nouvelle pousse d'un végétal (arbre, rameau, herbe des prés, légumes, etc.), après une première coupe`` (Fén. 1970). Les amitiés d'enfance (...) plantes venues aux terrains jeunes, fleuries mais fortes en racines, pleines de vie et de repousses (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 11). β) [En parlant des cheveux] Qu'une lotion, chimiquement établie après de longues recherches, provoque la repousse des cheveux n'a en soi rien d'illogique. Le client s'y attend (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p. 46).b) mégiss. ,,Dépôt d'apparence blanchâtre ou résineuse qui se forme à la surface du cuir, au cours du stockage ou à l'usage`` (Rama Maroq. 1975). Repousses blanches, grasses, minérales; repousses salines, cristallines; repousses résinoïdes (Rama Maroq. 1975). En corroierie, où il faut éviter le phénomène de « repousse » dû à la formation de boutons de suif sur la fleur du cuir, il est nécessaire de se cantonner strictement dans les savons contenant le moins possible d'acides gras saturés constituant des suifs (Gobilliard, Tannage et corroyage des cuirs et peaux, 1955, p. 66). [ʀ əpus]. 1resattest. 1873 « seconde pousse d'un végétal » (E. Bocher, Rapport à l'Assemblée nat. sur les haras et les remontes, n o1910, p. 9, note), 1877 « seconde pousse de cheveux » (Littré Suppl.); déverbal de repousser2*.
BBG.Darm. 1877, p. 52 (s.v. repousse).
STAT.Repousser1 et 2. Fréq. abs. littér.: 3 164. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 5 860, b) 4 207; xxes.: a) 4 141, b) 3 709.

Repousser : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

REPOUSSER1, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Qqn repousse qqn
1. Pousser en arrière, faire reculer une personne, un groupe. Repousser qqn d'un geste, de la main, des deux mains, à bras tendus, à coups de pied; repousser qqn doucement, brutalement, rudement, violemment, vivement, avec énergie, avec dédain, avec dégoût, avec force, avec horreur, avec indignation, avec violence; repousser en arrière. Ils le virent passer un peu plus tard, le long des Tuileries, vers le métro Concorde, où ils avaient été repoussés quand on avait dégagé la voie du landau présidentiel escorté de cuirassiers (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 261).
En partic. Faire reculer avec force. Synon. refouler.Repousser l'ennemi, les ennemis, l'étranger, les assaillants. L'ennemi les reçoit avec intrépidité. Trois fois ils viennent se briser contre le vaste corps qui les repousse (Chateaubr.,Martyrs, t. 1, 1810, p. 289).Battu, repoussé plusieurs fois dans une guerre, et presque désespéré, il était au fond de sa tente (Michelet,Insecte, 1857, p. 389).[P. méton. du compl. d'obj.] Repousser l'assaut. L'attaque sur Pozzuelo-Aravaca est repoussée, m'général. Heinrich note sur la carte les nouvelles positions (Malraux,Espoir, 1937, p. 784).
Loc. verb., au fig., vx. Être repoussé à la barricade. Après avoir fait des tentatives pour obtenir quelque chose, être refusé ouvertement (d'apr. Ac. 1798, 1835). Être repoussé avec perte. Essuyer un grave échec (d'apr. Ac. 1835-1935).
2. Au fig. Refuser d'accueillir; faire mauvais accueil à. Synon. écarter, rembarrer (fam.), envoyer* paître (fam.), bouler (pop.), éconduire; envoyer au diable (v. diable1).Tu es assez grand, assez raisonnable pour t'apercevoir que ton père me repousse, ne veut pas de mes soins, et cela n'est pas naturel, car tu sais combien je l'aime (Balzac,Gobseck, 1830, p. 432):
1. La veille au soir, en montant l'escalier, comme Henry, qui marchait le dernier, avait voulu lui prendre la main par derrière pour la baiser, ne l'avait-elle pas brutalement repoussé, repoussé tout à fait? Flaub.,1reÉduc. sent., 1845, p. 81.
B. − Qqn repousse qqc.
1. [Le compl. d'obj. désigne un inanimé concr.] Pousser en sens contraire; écarter loin de soi. Synon. reculer.Repousser la table, son assiette, son verre, ses couvertures, un tiroir; repousser les volets, le verrou; repousser la porte (derrière soi); repousser qqc. de la main, des deux mains, brusquement; repousser qqc. en arrière; repousser qqc. contre qqc. Une chaise, qu'il avait sans doute repoussée du pied, était renversée à côté de lui (Baudel.,Poèmes prose, 1867, p. 149).Fauteuils et canapé ont été repoussés vers le fond (Aymé,Cléramb., 1950, i, p. 9).V. libérer B 2 ex. de Vailland.
2. Au fig.
a) [Le compl. d'obj. désigne un inanimé concr. ou abstr.] Refuser d'accepter. Synon. décliner, récuser, refouler, rejeter; anton. agréer, acquiescer à.Repousser une demande, une invitation, une offre, une proposition, des avances. Elle avoit constamment repoussé toute nourriture (Chateaubr.,Natchez, 1826, p. 499).Anna (...) ne parlait pas, (...) ne mangeait pas (...). Avec des prévenances timides et touchantes, il essaya de s'occuper d'elle; elle repoussa ses attentions, âprement (Rolland,J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1386).
Loc., vx. Repousser une injure. S'opposer vivement à une injure. Repousser l'injure par l'injure (Ac. 1798-1878). Quelquefois il savoit repousser une injure grossière par une raillerie piquante (Chateaubr.,Essai Révol., t. 2, 1797, p. 147).Repousser la force par la force (vx). Employer la force pour se défendre, répondre à la violence par la violence. Le roi, tout en se déterminant à rester, pouvait encore prendre le parti de se mettre à la tête des gardes du corps, et de repousser la force par la force (Staël,Consid. Révol. fr., t. 1, 1817, p. 267).
b) Chasser de son esprit. Synon. écarter, rejeter.Repousser une idée noire, une mauvaise pensée, une tentation. J'eus faim. Mon premier mouvement, instantané, fut de repousser cette envie de manger (Malègue,Augustin, t. 2, 1933, p. 263):
2. Une idée bien lâche, qu'il avait déjà repoussée plusieurs fois, se présenta avec une vivacité à laquelle il ne put résister: « Si je campais là le ministère, et retournais à Nancy et au régiment? (...) » Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 257.
3. Remettre à plus tard. Synon. ajourner, différer, renvoyer, reporter.Repousser un rendez-vous, une réunion. La pensée du partage nécessaire entre les deux sœurs (...), il le repoussait à une époque tellement lointaine, qu'il espérait trouver d'ici là une façon de s'y soustraire (Zola,Terre, 1887, p. 199).Un plan est donné par avance. Il est (...) représentable, avant le détail de sa réalisation. L'exécution complète en peut être repoussée dans un avenir lointain, reculée même indéfiniment (Bergson,Évol. créatr., 1907, p. 104).
Rem. Empl. critiqué. ,,Se dit parfois, inutilement d'ailleurs, et non sans équivoque, pour « remettre à plus tard »`` (Hanse Nouv. 1983).
4. Spécialement
a) IMPR., TYPOGR. Imprimer à la main un signe, une lettre qui manque sur une feuille tirée. Repousser un point qui manque à la fin d'une phrase (Littré).
b) MÉTALL., ORFÈVR. Travailler à froid une feuille de métal ou du cuir pour faire ressortir une image ou un ornement en relief. Au moyen de traçoirs qui repoussent les reliefs en les précisant (...) le ciseleur transforme le bronze informe sorti de la fonte en une œuvre d'art à laquelle il imprime fortement sa personnalité (Viaux,Meuble Fr., 1962, p. 26).
Empl. part. passé adj. V. repoussé.
C. − Qqc./qqn repousse qqn.Littér. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Inspirer de l'aversion, de la répulsion à quelqu'un. Synon. dégoûter, déplaire, rebuter; anton. attirer, plaire.Ce lieu nous attirait et nous repoussait à la fois comme un lieu où l'amour avait été révélé, et comme un lieu où il avait été profané aussi (Lamart.,Raphaël, 1849, p. 221).Quelle mauvaise figure il a! dit Alban, à la fois attiré et repoussé par cet être. Il a l'air d'un de ces chats pelés, chassieux, qu'on voit rôder, rejetés de partout, et dont la mine seule dénonce un paria (Montherl.,Bestiaires, 1926, p. 491).
II. − Empl. intrans.
A. − [Le suj. désigne un ressort ou une arme à feu portative] Exercer une pression qui éloigne; produire un effet de recul. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez. Ce fusil repousse (Ac.).
B. − BEAUX-ARTS, DESSIN, PEINT. [Le suj. désigne une teinte, un ton] Obscurcir des teintes claires qui sont superposées à un ton foncé. Les tons [des toiles de Poussin], posés d'ordinaire sur une impression rouge qui a repoussé, ont pris un aspect triste et rembruni (Gautier,Guide Louvre, 1872, p. 172).Ne jamais peindre clair sur foncé (...) le foncé repousse, c'est-à-dire obscurcit ou « mange » les teintes claires qui lui sont superposées (Arts et litt., 1935, p. 30-4).
C. − Loc. verb., pop., arg. Repousser (du goulot). Sentir mauvais de la bouche, avoir mauvaise haleine. V. goulot A ex. de Magnane.
Prononc. et Orth.: [ʀ əpuse], (il) repousse [-pus]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1375 « pousser quelqu'un en arrière, faire reculer » (J. Cuvelier, B. du Guesclin, éd. E. Charrière, 20229); 2. 1553 repousser qqn « lui faire un mauvais accueil » (Bible Gérard, Eccl., 13, 25); 3. 1558 verbe intrans. « pousser en arrière » (Bonaventure des Périers, Nouvelles recreations, éd. K. Kasprzyk, p. 232); 4. 1579 « pousser une chose en arrière » (Garnier, La Troade, éd. W. Foerster, II, p. 125); 5. 1770 « inspirer de l'aversion » (Raynal, Hist. phil., XI, 11 ds Littré); 6. 1847 « sentir mauvais » (Dict. arg., p. 231); 1866 repousser du tiroir « id. » (Delvau, p. 339); 1878 repousser du goulot « id. » (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 178); 7. 1887 « remettre à plus tard » (Zola, loc. cit.). B. 1. 1835 « imprimer à la main sur une feuille tirée » (Ac.); 2. 1840 (Fournet, Sur la sondabilité des métaux et sur le damassé d'or et d'argent ds Ann. chim. et phys., t. 75, p. 437: j'obtins une barre parfaitement tenace, ductile et homogène, que je laminai, et dont je fis fabriquer, par la méthode du repoussé, un vase dont le poli mit en évidence la parfaite homogénéité); 3. 1875 « réaliser une pièce métallique par une opération de repoussage » (Lar. 19e, s.v. repoussoir). C. 1. 1870 « se dit d'une couleur sur un tableau, qui avec le temps, domine celles qui l'environnent » (Littré); 1933 « se dit d'une partie d'un tableau qui reparaît sous les retouches » (Moreau-Vauthier, Peint., p. 148). Dér. de pousser*; préf. re-*.
DÉR. 1
Repoussage, subst. masc.[Corresp. à supra I B 5 b] Métall. ,,Façonnage d'un métal en feuille sur un mandrin ayant la forme désirée`` (Poignon 1967). Repoussage au tour. Survient maintenant l'opération du repoussage, nécessitant surtout l'usage de la (...) barre de fer ou d'acier recourbée ou coudée qui, frappée avec vigueur, repousse l'intérieur de la pièce de métal (Grandjean,Orfèvr. XIXes., 1962, p. 40).[ʀ əpusa:ʒ]. 1reattest. 1866 techn. grav. (M. Lalanne, Grav. eau-forte, p. 53); de repousser1, suff. -age*.
2.
Repoussement, subst. masc.a) Vx [Corresp. à supra II A; en parlant d'un ressort, d'une arme à feu portative] Fait de produire un effet de recul; p. méton., recul ainsi produit. Cette contusion a été causée par le repoussement de son fusil (Ac.).b) Vieilli, littér. α) [Corresp. à supra I A 1] Action de repousser quelqu'un. La deuxième fois, revêtus du nom de Romains, ils arrêtèrent, ils repoussèrent, ils refoulèrent l'Orient punique (...). C'est cet antique repoussement (...) que vous poursuivez aux héroïsmes des guerres mauritaniennes (Péguy,V.-M., comte Hugo, 1910, p. 832).[Corresp. à supra I A 2] Action de rejeter quelqu'un; p. méton., résultat de cette action. Ou la sympathie nous attire vers lui, ou l'antipathie nous en écarte; ou nous nous associons à son existence, ou elle devient pour nous un sujet d'effroi, de repoussement, de haine et de colère (Cabanis,Rapp. phys. et mor., t. 2, 1808, p. 335).Je deviens un objet d'indifférence, ou même de repoussement et d'ennui (Maine de Biran,Journal, 1816, p. 108). β) Action de repousser quelque chose, d'écarter de soi. À mon désir fou de la posséder (...) elle opposait une résistance incompréhensible, un doux, mais entêté repoussement de mes baisers (Goncourt,Journal, 1889, p. 1012).Action de rejeter, de ne pas accepter. Le repoussement par moments d'idées religieuses avec les terreurs d'un enfer de feu et de soufre (Goncourt,Journal, 1862, p. 1120). [ʀ əpusmɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1718. 1resattest. 1538 « action de repousser » (Est.), 1673 « choc que produit sur le tireur le recul d'une arme à feu » (doc. ds Guiffrey, Inv. mobilier Louis XIV, II, 63); de repousser1, suff. -ment1; cf. en 1436 repulsement « action de repousser » (Mandem. de Henri VI, ds Chron. du M. S. Michel, II, 91, A.t. ds Gdf. Compl.), dér. de repulser (1486, ibid.), suff. -ment1, repulser est un empr. au lat. repulsare « repousser ».
3.
Repousseur, subst. masc.a) Orfèvr., métall. Ouvrier qualifié qui pratique le repoussage ou le repoussé. Repousseur au tour en orfèvrerie; repousseur au tour; repousseur sur cuir; repousseur sur métaux (Mét. 1955). Aujourd'hui l'émailleur doit donner le dessin de la forme qu'il désire à un repousseur de métaux qui emploie des mandrins en bois sur lesquels il façonne au tour le métal qui lui a été confié (A. Meyer,Art émail Limoges, 1895, p. 2).b) Néol., pétrochim. ,,Produit chimique qui s'oppose à l'expansion d'une nappe de pétrole en rassemblant les hydrocarbures`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983). Les repousseurs, à l'opposé des dispersants, sont présentés comme des produits merveilleux: versés à la périphérie d'une nappe, ils créent un véritable barrage chimique à l'expansion du pétrole et, progressivement, le rassemblent et le regroupent (Sc. et Avenir, mai 1978, n o375, p. 48). [ʀ əpusœ:ʀ]. 1resattest. 1611 repoulseur « celui qui repousse » (Cotgr.), 1870 « ouvrier capable d'exécuter le repoussage sur métaux » (Littré); de repousser1, suff. -eur2*.
COMP. Repousse-peaux, subst. masc. Petit instrument de manucure, à l'extrémité en forme de spatule, servant à repousser les petites peaux autour des ongles. Synon. repoussoir (v. ce mot A 4). Mireille, rêvant (...), laissa un instant en suspens la main dodue de MmePontet-Massène. Puis elle reprit son repousse-peaux (P. Daninos, Un certain Monsieur Blot, 1960, p. 211 ds Rob. Suppl. 1970). [ʀ əpuspo]. Plur. des repousse-peaux. V. garde-. 1reattest. 1960 id. Formé de repousse, forme de repousser1*, et du plur. de peau*.
BBG. Quem. DDL t. 14; 15 (s.v. repoussage).

REPOUSSER2, verbe

A. − Empl. intrans.
[Le suj. désigne un végétal] Pousser, croître de nouveau, notamment après une coupe. Les feuilles repoussent aux arbres; mais pour nous, où est le mois de mai qui nous rende les belles fleurs enlevées et les parfums mâles de notre jeunesse? (Flaub., Corresp., 1846, p. 208).Le marchand de lacets.: L'herbe du Cours La Reine s'est mise en une minute à repousser: c'est la mort d'Attila! (Giraudoux, Folle, 1944, II, p. 180).
[Le suj. désigne certains organes, des éléments du système pileux (cheveux, barbe, poils), des dents, des ongles, des cornes (anat. animale)] Se laisser repousser les cheveux, la barbe. Une patte repoussée et coupée ne repoussera plus (Cl. Bernard, Notes, 1860, p. 60).
B. − Empl. trans. Faire naître, produire de nouveau. [Marchal à Tainchebraye] Tu ne retrouveras pas ton nez, bien sûr, mais ça s'arrangera mieux que tu ne le penses; tu repousses des chairs comme un homard ses pinces (La Varende, Nez-de-cuir, 1936, p. 28).
Prononc. et Orth. V. repousser1. Étymol. et Hist. 1600 (O. de Serres, Théâtre d'agric., p. 580). V. repousser1.
DÉR.
Repousse, subst. fém.a) Action de repousser, de croître de nouveau; p. méton., résultat de cette action. α) [En parlant d'un végétal] Les pâturages sont divisés en six parts utilisées successivement par périodes de cinq jours, ce qui permet et la repousse de l'herbe et la répartition de la fumure (Wolkowitsch, Élév., 1966, p. 124).P. méton. ,,Nouvelle pousse d'un végétal (arbre, rameau, herbe des prés, légumes, etc.), après une première coupe`` (Fén. 1970). Les amitiés d'enfance (...) plantes venues aux terrains jeunes, fleuries mais fortes en racines, pleines de vie et de repousses (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 11). β) [En parlant des cheveux] Qu'une lotion, chimiquement établie après de longues recherches, provoque la repousse des cheveux n'a en soi rien d'illogique. Le client s'y attend (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p. 46).b) mégiss. ,,Dépôt d'apparence blanchâtre ou résineuse qui se forme à la surface du cuir, au cours du stockage ou à l'usage`` (Rama Maroq. 1975). Repousses blanches, grasses, minérales; repousses salines, cristallines; repousses résinoïdes (Rama Maroq. 1975). En corroierie, où il faut éviter le phénomène de « repousse » dû à la formation de boutons de suif sur la fleur du cuir, il est nécessaire de se cantonner strictement dans les savons contenant le moins possible d'acides gras saturés constituant des suifs (Gobilliard, Tannage et corroyage des cuirs et peaux, 1955, p. 66). [ʀ əpus]. 1resattest. 1873 « seconde pousse d'un végétal » (E. Bocher, Rapport à l'Assemblée nat. sur les haras et les remontes, n o1910, p. 9, note), 1877 « seconde pousse de cheveux » (Littré Suppl.); déverbal de repousser2*.
BBG.Darm. 1877, p. 52 (s.v. repousse).
STAT.Repousser1 et 2. Fréq. abs. littér.: 3 164. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 5 860, b) 4 207; xxes.: a) 4 141, b) 3 709.

Repousser : définition du Wiktionnaire

Verbe

repousser \ʁə.pu.se\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Pousser en arrière, rejeter ; faire reculer quelqu’un, écarter de soi quelque chose.
    • Tous étaient debout, […], car ils étaient décidés à repousser les troupes assaillantes, eux qui, deux ans plus tôt, avaient été sabrés par les dragons à Bélair, aux portes de Charleville. — (Henri Manceau, Des luttes ardennaises, 1969)
    • Il empoigna Bert par l’épaule, et le secoua vigoureusement, accompagnant ses gourmades d’objurgations irritées et le repoussant avec violence en arrière. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 349 de l’éd. de 1921)
    • Dans les villages, les mechtas, des volontaires issus de toutes les couches sociales, s’organisaient eux-même en groupe d’autodéfense pour repousser les attaques des tueurs. — (Bachaga Boualam, Les Harkis au service de la France, page 22, France-Empire, 1963)
    • Un corps chargé d’électricité négative repousse au-delà de la verticale un corps chargé de la même électricité.
  2. Rejeter ; refuser.
    • Nos pères étaient donc plus sages que nous lorsqu’ils repoussaient l’idée des courses. En 1820 il se présentait seulement sur nos hippodromes 120 concurrents se disputant 60 prix. — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • L'honorable M. Bertauld nous a dit encore : Je repousse votre projet de loi parce que c'est un expédient, une loi de circonstance, et qu'il n'appartient pas aux assemblées politiques de se saisir de faits particuliers pour en faire l'objet d'une modification législative. — (« Séance du 18 février 1873 », dans les Annales de l'assemblée nationale: compte-rendu in extenso des séances : Annexes, Paris : Imprimerie du Journal officiel, vol. 16, page 117)
    • Philippe se félicitait de son flair et mourait d’envie de serrer contre lui les rondeurs à la fois dissimulées et révélées par la robe moulante. Elle repoussa ses avances avec une pudeur de violette, qui ne fit que la lui rendre plus désirable. — (Celia Brayfield, Perles, Albin Michel, 1990, page 181)
  3. (Rare) Pousser de nouveau.
    • Pousser et repousser un objet.

repousser intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Physique) Exercer une force, une pression.
    • Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez, Il a trop ou trop peu de force.
    • Ce fusil repousse, La crosse donne rudement contre l’épaule de celui qui tire.
  2. Inspirer le rejet, le dégoût.
    • Il a une figure qui repousse, des manières qui repoussent, Il a une figure, des manières qui inspirent de l’éloignement, de l’aversion, qui causent de la répugnance.
  3. Reprendre sa croissance, pousser de nouveau.
    • Il faut couper cet arbre, il repoussera du pied.
    • Étêtez cet arbre, il repoussera bientôt.
    • Ces ormes repoussent déjà.
    • On lui a rasé la tête, afin que ses cheveux repoussent mieux. On dit transitivement, dans un sens analogue :
    • Cet arbre, cette plante, etc., a repoussé de plus belles branches, de nouvelles feuilles, etc.
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Repousser : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

REPOUSSER. v. tr.
Pousser de nouveau. Pousser et repousser un objet. Il est rare en ce sens. Il signifie surtout Pousser en arrière, rejeter; faire reculer quelqu'un, écarter de soi quelque chose. Il le repoussa de la main. Il voulut entrer, on le repoussa. Repousser les ennemis. Repousser les efforts de l'ennemi. Repousser une attaque, un assaut. Fig., Il a été repoussé avec perte, Il a reçu un grand échec, il a échoué complètement. Repousser la force par la force, Employer la force pour se défendre contre celui qui attaque. Fig., Repousser la calomnie, La réfuter hautement. Fig., Repousser une tentation, une mauvais pensée, La rejeter de son esprit. Fig., Repousser une demande, une proposition, etc., L'écarter, la rejeter. Il a repoussé avec horreur cette offre injurieuse. En termes de Physique, Un corps chargé d'électricité négative repousse au-delà de la verticale un corps chargé de la même électricité. Les électricités de même nom se repoussent.

REPOUSSER s'emploie aussi comme verbe intransitif. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez, Il a trop ou trop peu de force. Ce fusil repousse, La crosse donne rudememt contre l'épaule de celui qui tire. Fig. et fam., Il a une figure qui repousse, des manières qui repoussent, Il a une figure, des manières qui inspirent de l'éloignement, de l'aversion, qui causent de la répugnance.

REPOUSSER, intransitif, signifie encore Pousser de nouveau. Il faut couper cet arbre, il repoussera du pied. Étêtez cet arbre, il repoussera bientôt. Ces ormes repoussent déjà. On lui a rasé la tête, afin que ses cheveux repoussent mieux. On dit transitivement, dans un sens analogue : Cet arbre, cette plante, etc., a repoussé de plus belles branches, de nouvelles feuilles, etc. Le Participe passé REPOUSSÉ s'emploie adjectivement. Cuir repoussé, cuivre, métal repoussé, Cuir, cuivre, métal que l'on a décoré d'ornements en le travaillant à l'envers, au marteau ou avec des instrument spéciaux. Il s'emploie aussi substantivement. Travail de repoussé, Œuvre en relief exécutée à coups de marteau dans une plaque de métal.

Repousser : définition du Littré (1872-1877)

REPOUSSER (re-pou-sé) v. a.
  • 1Pousser de nouveau, rejeter, renvoyer. On lui avait poussé la balle, il la repoussa avec la même force.

    Absolument. Il [un corps] est poussé sans repousser, puisque le repos n'a point de force pour résister au mouvement, Malebranche, Rech. vér. lois des mouv. part. 1.

  • 2Éloigner. C'est par eux [des massifs, dans les jardins] que l'on peut varier ses dessins, Rapprocher et tantôt repousser les lointains, Delille, Jard. II.
  • 3 Terme d'imprimerie. Marquer, imprimer à la main une lettre, un signe qui manque dans une feuille tirée. Repousser un point qui manque à la fin d'une phrase.
  • 4Faire reculer quelqu'un, l'écarter de soi. Quelquefois, pour flatter ses secrètes douleurs, Elle prend ses enfants et les baigne de pleurs ; Et soudain, renonçant à l'amour maternelle, Sa main avec horreur les repousse loin d'elle, Racine, Phèdre, V, 5. Ce dieu [Charon], dont la vieillesse éternelle est toujours triste et chagrine, mais pleine de vigueur, les menace [les ombres des morts], les repousse, et admet d'abord dans sa barque le jeune Grec, Fénelon, Tél. XVIII.

    Fig. Nulle part sur cette côte immense on ne voit de ces rochers affreux dont l'aspect repousse le navigateur, Raynal, Hist. phil. XI, 11.

  • 5Pousser en arrière. L'amiral [vaisseau], où était la reine, conduit par la main de celui qui domine sur la profondeur de la mer et qui dompte les flots soulevés, fut repoussé aux ports de Hollande, Bossuet, Reine d'Angl.

    Pousser au loin. Le castor… presque policé est repoussé dans le fond des déserts, Buffon, Ois. t. XV, p. 116.

    Fig. Écarter de. C'est ainsi que Dieu… l'a repoussée doucement [Mlle de Grignan] de ce haut degré de perfection où elle aspirait, Sévigné, 25 oct. 1686.

  • 6Il se dit d'attaquants que l'on force à reculer. Trois fois il s'efforça de rompre ces intrépides combattants, trois fois il fut repoussé par le valeureux comte de Fontaines, Bossuet, Louis de Bourbon. Les Suédois furent repoussés, mais ne furent pas mis en déroute, Voltaire, Russie, I, 17.

    On dit de même : repousser les efforts de l'ennemi. Repousser une attaque, un assaut. Nos peuples qu'on a vus, triomphants à sa suite, Repousser les efforts du Persan et du Scythe, Racine, Alex. II, 1.

    Repousser la force par la force, employer la force pour se défendre.

    Repousser quelqu'un avec perte, lui faire subir un grand échec.

    Fig. et familièrement. Il a été repoussé à la barricade, il a fait des tentatives pour obtenir quelque chose, mais a été refusé ouvertement.

  • 7 Fig. Infliger un refus, un mauvais accueil. La F*** a été rudement repoussé, quand il a proposé d'être à M. le Dauphin ; le roi ne peut souffrir ceux qui quittent le service, Sévigné, 415. Quoique vous m'ayez souvent repoussée politiquement sur ce sujet [les jésuites], je n'ai jamais cru que vous fussiez d'un autre sentiment que moi, Sévigné, 6 oct. 1680. Quand on ne peut jamais rien dire qui ne soit repoussé durement, Sévigné, 6 nov. 1680. Comment faisiez-vous pour vivre, étant repoussé de tout le monde ? Bernardin de Saint-Pierre, Chaum. ind.

    Repousser une demande, la rejeter, l'écarter. Ni la fortune insolente, Repoussant avec fierté La prière humble et tremblante De la triste pauvreté, Voltaire, Ép. LXXVII.

  • 8Écarter de soi quelque chose qui blesse. Et loin de repousser le coup qu'on vous prépare, Vous voulez vous en faire un mérite barbare, Racine, Iphig. IV, 4. Faut-il repousser la fraude par la fraude ? Fénelon, Tél. XX. Votre frère est présent, et mon honneur blessé Doit repousser les traits dont il est offensé, Voltaire, Adél. du Guesclin. III, 3. La mère repoussa vivement le soupçon, Rousseau, Confess. VIII.

    Repousser une injure, s'en défendre avec force, avec vivacité. Pour repousser une légère offense qu'il a reçue, il en fait une atroce dont il s'applaudit, Bourdaloue, Jug. dern. 2e avent, p. 345. Outragés sans repousser l'outrage, D'Alembert, Éloges, Crébillon.

    Repousser la calomnie, la réfuter hautement. Je me borne à mon devoir ; c'est celui de repousser la calomnie, Voltaire, Lett. Dorat, 1er mars 1768.

    Repousser la raillerie, faire tarre le railleur, le réduire au silence.

    Écarter de soi quelque chose dont on ne veut pas. Il repoussait leurs louanges comme des offenses, Bossuet, Louis de Bourbon. On a pour les violentes douleurs je ne sais quelle complaisance qui s'oppose aux remèdes, et repousse la consolation, Fontenelle, Bonh. Œuv. t. III, p. 353, dans POUGENS.

    Repousser une tentation, une mauvaise pensée, la rejeter de son esprit.

  • 9Produire la répulsion, le dégoût. Son air, son ton, ses manières me repoussèrent à tel point qu'il ne fut pas en moi de le bien recevoir, Rousseau, Corresp. du Peyrou, t. III, p. 205, dans POUGENS. Avec un extérieur peu attirant et presque fait pour repousser ceux qui n'y étaient pas aguerris, l'abbé d'Olivet portait au fond du cœur une envie d'obliger sincère et active, que plusieurs gens de lettres ont éprouvée, D'Alembert, Éloges, d'Olivet.
  • 10Produire de nouveaux jets, de nouvelles parties, en parlant de plantes et d'animaux. Cet arbre a repoussé de plus belles branches. La propriété que ces insectes ont de repousser une nouvelle tête et une nouvelle queue à la place de celles que la section leur a fait perdre, Bonnet, Observ. vers, Œuv. t. I, p. 219, dans POUGENS.
  • 11 V. n. Pousser en écartant. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez, il a trop de force, il n'a pas assez de force.

    Pousser en arrière, en parlant d'un fusil dont la crosse frappe rudement l'épaule quand on le tire. Ce fusil repousse.

    Terme de marine. Faire usage du repoussoir.

  • 12 Terme de peinture, en parlant des couleurs. Le bleu a repoussé dans ce tableau, c'est-à-dire qu'avec le temps il a fini par dominer et faire disparaître les couleurs auxquelles il était mêlé.
  • 13 Fig. Produire la répugnance, l'antipathie. Il a une figure qui repousse. Ses manières repoussent.
  • 14Produire de nouveaux jets. Il parut une multitude de sauterelles qui se forma lorsque les pluies du printemps commençaient à faire croître l'herbe, et ces pluies la faisaient repousser après qu'elle avait été coupée, Sacy, Bible, Amos, VII, 1. Cette avenue et tout ce qui était désolé des chenilles, et qui a pris la liberté de repousser avec votre permission, est plus vert qu'au printemps dans les plus belles années, Sévigné, 383.

    Il se dit dans un sens analogue des ongles, des cheveux.

  • 15Se repousser, v. réfl. Exercer l'un sur l'autre une action qui écarte. Les pôles de même nom d'un aimant se repoussent. [Les corps célestes] Sans cesse s'attirant, se repoussent sans cesse, Delille, Imag. V.

HISTORIQUE

XIVe s. D'un bon espoi [épieu] qu'il tint les a si repoussez, Qu'il se sont malgré eux arriere reculez, Guesclin. 20229.

XVIe s. Et furent les Atheniens en cest endroit repoulsez par les Amazones, jusques là où sont les images des Eumenides, Amyot, Thés. 34. Sa mere lui fournissoit argent tant comme il vouloit, et lui aidoit à se repoulser en avant, Amyot, Agis et Cléom. 31. Les jettons qu'ils [les arbres fruitiers] repoussent à la prime-vere…, De Serres, 628. La mer qui gronde et se courrousse, Quand maint vent la pousse et repousse, Desportes, Œuvr. chrest. XVIII, Ode. La tourbe de nos hommes… continuellement flottante en l'orage des passions diverses qui la poulsent et repoulsent, Montaigne, I, 326.

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Repousser : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

REPOUSSER, v. act. (Gram.) écarter, éloigner. Les ennemis ont été repoussés. Cette arme repousse. Il faut quelquefois repousser l’injure.

Repousser, v. n. (Gram.) c’est pousser de-rechef. La plûpart des plantes repoussent au printems. Voyez l’article Pousser.

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Étymologie de « repousser »

Étymologie de repousser - Littré

Re…, et pousser.

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Étymologie de repousser - Wiktionnaire

(Siècle à préciser) Dérivé de pousser avec le préfixe re-.
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Phonétique du mot « repousser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
repousser rǝpuse play_arrow

Conjugaison du verbe « repousser »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe repousser

Citations contenant le mot « repousser »

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  • Airbus, qui a enregistré 298 commandes nettes au premier semestre, a livré 196 avions sur la période. Les compagnies aériennes, mises à genoux par l’effondrement du trafic, cherchent à repousser leurs livraisons ou sont dans l’incapacité de les réceptionner en raison des fermetures de frontières. Le deuxième trimestre a été particulièrement compliqué avec 74 avions livrés, contre 20 pour Boeing. Au total, environ 145 avions n’ont pu être livrés au cours du semestre, en raison de l’épidémie, détaille l’avionneur européen. , Coronavirus : Airbus annonce une perte nette de 1.9 milliard d’euros au premier semestre
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  • La pandémie de coronavirus aura eu raison de bon nombre de grandes sorties cinéma très attendues par le public. Non pas que ces films ne verront jamais le jour, mais il faudra encore patienter quelques temps avant de pouvoir les découvrir sur grand écran. Disney ne le sait que trop bien puisque, en raison de la situation sanitaire, il a été contraint de repousser encore plusieurs de ses oeuvres qui devaient sortir au cours de l'année 2020. Le 23 juillet, le studio a ainsi décidé de décaler la sortie notamment du film à gros budget "Mulan", l'un de ses derniers live action, mais aussi des futurs volets de la saga incontournable "Star Wars" et d'"Avatar". Déjà repoussée à deux reprises, la dernière fois au 21 août, la sortie de la version en prise de vue réelle du célèbre dessin animé "Mulan" a cette fois été reportée à une date non précisée. Capital.fr, Cinéma : ces grosses superproductions que Disney doit encore repousser - Capital.fr
  • Le gouvernement britannique a décidé de repousser d’au moins deux semaines la prochaine phase du déconfinement en Angleterre, prévue samedi avec la réouverture de certains lieux publics, en raison d’une hausse des cas de nouveau coronavirus, a annoncé vendredi le Premier ministre Boris Johnson. SudOuest.fr, Coronavirus : le Royaume-Uni repousse la prochaine phase de déconfinement
  • Les petits renoncements de l'enfance préparent l'adolescent à repousser les tentations qui se dressent sur son chemin. L'oubli de soi ne s'apprend pas en un jour. De Reine Malouin / J'ai choisi le malheur
  • J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles. De Frédéric Chopin / Chopin, Arthur Hedley, 1947
  • Le mythe de Rimbaud, comme tout mythe traditionnel, antique ou primitif, est encouragement de l’homme à repousser, à transcender ses limites. De Claude Jeancolas / Passion Rimbaud
  • La politique ne peut plus promettre des lendemains qui chantent et repousser toujours la résolution des problèmes du quotidien. De Jean-Pierre Raffarin / Discours de politique générale - 3 Juillet 2002
  • L'énergie qu'on met à repousser la louange dénonce l'importance qu'on lui prête. De Jean Rostand / Pages d'un moraliste
  • La femme la plus décidée à ne pas accueillir l’amour, veut avoir au moins à le repousser. De Alphonse Karr
  • La vraie liberté, c’est de pouvoir repousser très loin les limites de sa liberté. De Nicole Garcia / Studio Magazine - Octobre 1998
  • Aimer la vie c'est repousser les êtres qui veulent mourir. De Francis Picabia / Ecrits
  • La recherche, c'est repousser les limites de la connaissance. De Anonyme
  • Le difficile est de repousser ce qui vous empêche d'être vous-même - sans repousser en même temps ce qui vous contraint à l'être. De Paul Valéry / Mauvaises pensées et autres
  • Vivre, c'est repousser quelque chose qui veut mourir. De Friedrich Nietzsche
  • Le plus important est de pouvoir repousser ses propres limites. De Jacques Villeneuve

Images d'illustration du mot « repousser »

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Traductions du mot « repousser »

Langue Traduction
Corse repel
Basque uxatzeko
Japonais 撃退
Russe отталкиваются
Portugais repelir
Arabe صد
Chinois 击退
Allemand abstoßen
Italien respingere
Espagnol repeler
Anglais repel
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Synonymes de « repousser »

Source : synonymes de repousser sur lebonsynonyme.fr

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