Refuser : définition de refuser


Refuser : définition du Wiktionnaire

Verbe

refuser \ʁə.fy.ze\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se refuser)

  1. Rejeter une demande, ne pas accorder ce qui est demandé ; ne pas vouloir faire ce qui est exigé, prescrit, ordonné.
    • Parfois les rênes s'échappent de nos doigts engourdis, et nos montures aveuglées, tournant le dos à la tempête, refusent d'avancer. Nous les laissons souffler un instant, puis reprenons notre course muette et aveugle. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 36)
    • Le bruit court que c’est dimanche. Ce n’est pas le curé qui le confirmera. Il a refusé de dire la grand’messe et a célébré l’office dans sa chambre, tout seul. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Un monsieur et une dame passent devant moi, interrompant leur conversation pour que je ne les entende pas, comme s’ils me refusaient l’aumône de ce qu’ils pensent. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Tout se tassera après les premiers kilomètres; à présent, la pagaye est intense. Il y a des chameaux à la traîne qui se refusent à avancer, d'autres dont les colis mal équilibrés tombent à terre... — (Louis Alibert, Méhariste, 1917-1918, Éditions Delmas, 1944, page 22)
    • L’unilatéralisme américain et la mondialisation libérale procèdent d’une même logique. Ils refusent la suprématie du droit et de la délibération collective. — (Pour un autre monde ; Un autre chemin, motion pour le congrès socialiste de Dijon du 16 au 18 mai 2003)
    • (Absolument)Sommé de rompre son second mariage par saint Germain, évêque de Paris, il refusa obstinément, et fut excommunié. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 1er récit : Les quatre fils de Chlother Ier — Leur caractère — Leurs mariages — Histoire de Galeswinthe (561-568), 1833–1837)
  2. (Par extension) Rejeter la fréquentation
    • Cet homme refuse ses meilleurs amis, quelque chose qu’ils lui demandent.
    • Il a déjà refusé tous ceux qui l’en ont prié. — Il refuse tout le monde.
  3. Rejeter une offre ; ne pas accepter ce qui est offert.
    • Je leur offris de les rapatrier, mais ils refusèrent, préférant accomplir leur devoir jusqu'au bout et parachever leur œuvre. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • On lui glisse toujours quelques douceurs. Elle les refuse, puis finit par les accepter pour sa vieille mère : un pot de miel, une paire de grives, une hottée de pommes. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • (Pronominal)Un correspondant du Daily Herald voulut interviewer Guimauve sur son système de socialisation des femmes, mais Guimauve se refusa à tout entretien. Il avait avalé sa langue. — (Ça ira : revue mensuelle d'art et de critique, avril 1920, rééd. Anvers : J. Antoine, 1973, page 169)
    • On lui a offert un bon prix de cette terre, de ces meubles, mais il l’a refusé. — J’ai refusé d’aller chez lui.
  4. Ne pas admettre.
    • On a refusé du monde à la porte.
    • Il a été refusé à son examen.
  5. (Figuré) Ne pas donner ; ne pas accorder.
    • Nous n'avons pas l'intention de tracer un tableau exhaustif et minutieux de tous ceux à qui la sépulture ecclésiastique peut être refusée. — (Jacqueline Thibaut-Payen, Les morts, l'Église et l'État, Fernand Lanore, 1977, page 94)
    • La nature lui a refusé la beauté. — La nature ne lui a refusé aucun de ses dons.
    • On ne peut refuser son assentiment à une vérité si évidente.
  6. (Tactique) Éviter d’engager, ne pas avancer.
    • L’ennemi refusait le combat.
  7. (Intransitif) (Marine) Devenir contraire, en parlant du vent.
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Refuser : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

REFUSER. v. tr.
Rejeter une demande, ne pas accorder ce qui est demandé; Ne pas vouloir faire ce qui est exigé, prescrit, ordonné. On lui a refusé la grâce qu'il demandait. Il ne peut rien refuser à ses amis. Il a refusé son consentement. Il a refusé de me prêter de l'argent. Refuser obéissance. Il refuse de payer, de travailler. Il s'emploie absolument dans la même acception. Il refuse si poliment qu'on ne peut pas se fâcher. Je me vois dans la nécessité de refuser. Il refusa net. Refuser la porte à quelqu'un, Ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu, de quelque maison, etc. Il s'est présenté pour entrer au bal, on lui a refusé la porte. En termes de Manège, Ce cheval refuse l'obstacle, il refuse à l'obstacle, On ne peut pas l'obliger à franchir l'obstacle. En termes de Marine, Le vent refuse, Le vent devient contraire.

REFUSER se dit aussi en parlant des Personnes auxquelles on refuse, ou dont on ne veut pas. Cet homme refuse ses meilleurs amis, quelque chose qu'ils lui demandent. Il a déjà refusé tous ceux qui l'en ont prié. Il refuse tout le monde. J'ai offert de servir, mais j'ai été refusé. Refuser sa fille en mariage, Ne pas vouloir donner sa fille en mariage à quelqu'un qui la demande. Refuser une jeune fille en mariage se dit aussi de Celui qui ne veut pas épouser une jeune fille qui lui est proposée en mariage. On dit également : Cet homme a refusé un bon parti; cette jeune fille a refusé un parti avantageux; on lui a refusé la main de cette jeune fille. On peut dire encore dans le même sens et d'une manière absolue : Refuser, être refusé. Il désirait épouser cette jeune fille; il en a été refusé. Il m'a proposé sa fille; je l'ai refusée.

REFUSER signifie aussi Rejeter une offre, ne pas accepter ce qui est offert. On lui a offert un bon prix de cette terre, de ces meubles, mais il l'a refusé. Refuser des présents. Refuser des offres. Refuser un emploi. Refuser des conditions avantageuses. J'ai refusé d'aller chez lui. Absolument et proverbialement, Tel refuse, qui après muse, ou Qui refuse, muse, Celui qui refuse ce qui lui est offert perd souvent une occasion qu'il ne retrouvera pas.

REFUSER signifie encore Ne pas admettre. On a refusé du monde à la porte. Il a été refusé à son examen. La pièce a été refusée. Il s'emploie aussi au figuré; et alors il signifie simplement Ne pas donner, ne pas accorder. La nature lui a refusé la beauté. La nature ne lui a refusé aucun de ses dons. On ne peut refuser son assentiment à une vérité si évidente. Je ne puis refuser mon admiration, mon estime à une telle conduite. En termes de Tactique, il signifie Éviter d'engager, ne pas avancer. L'ennemi refusait sa droite.

SE REFUSER, avec un complément direct, signifie Ne pas se permettre, se priver de. C'est un avare qui se refuse le nécessaire, jusqu'au nécessaire. C'est un homme charitable qui se refuse tout pour faire plus de bien aux pauvres. Il est très prodigue et ne se refuse rien. C'est un homme qui ne s'est jamais refusé un bon mot, une plaisanterie. Avec un complément indirect, il signifie Ne pas vouloir faire une chose. Je me refuse à croire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on lui demande, à tout ce qu'on exige de lui. Il ne se refuse à rien pour obliger. On dit de même, familièrement : Il ne se refuse à rien. Se refuser à une chose, Ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre, y résister. Il se refuse aux plaisirs les plus innocents. Il est impossible de se refuser à la force de ses raisons. Ce serai se refuser à l'évidence. Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, Le temps, les circonstances ne le permettent pas. On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense.

Refuser : définition du Littré (1872-1877)

REFUSER (re-fu-zé) v. a.
  • 1Ne pas accepter ce qui est offert, présenté. Refuser une offre. Il a refusé de se servir de mon bras. J'aurais refusé également la religion de Mahomet et celle de la Chine… par cette seule raison que l'une n'ayant pas plus de marques de vérité que l'autre…, Pascal, Pens. XIV, 3, édit. HAVET. Les Juifs le refusent [Jésus], mais non pas tous ; les saints le reçoivent, et non les charnels, Pascal, ib. XIX, 5 bis. Comme il n'a jamais refusé ce qui était raisonnable étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste étant captif, Bossuet, Reine d'Anglet. La paix que vous avez tant de fois refusée, Fléchier, Turenne. D'Alembert est pauvre, et il n'est pauvre que parce qu'il a refusé cinquante mille livres de rentes en Russie, Voltaire, Lett. Richelieu, 6 avr. 1772.

    Il se dit des pièces de théâtre que les auteurs présentent, et que les comédiens ne veulent pas jouer. La tragédie de Sylla fut présentée aux comédiens et refusée, Voltaire, Louis XIV, Écrivains, le P. de la Rue. On assure que, Voltaire ayant fait présenter aux comédiens sa tragédie de Mérope, sans leur apprendre qu'il en était l'auteur, elle fut refusée, parce qu'il n'y avait point dans cette pièce d'autre amour que la tendresse maternelle, D'Alembert, Élog. la Chauss. note 2.

  • 2Ne pas consentir à ce qui est demandé, ordonné. Il a refusé son consentement. Refuser obéissance. Que dirai-je des difficultés qu'on suscite dans l'exécution, lorsqu'on n'a pu refuser la justice à un droit trop clair ? Bossuet, le Tellier. On ne se trompe pas quand on attribue tout à la prière ; Dieu, qui l'inspire, ne peut lui rien refuser, Bossuet, Mar.-Thér. M. de Lamoignon refusa-t-il à quelqu'un la liberté de lui dire les choses nécessaires ? Fléchier, Lamoignon. Et Pégase pour eux refuse de voler, Boileau, Disc. au roi. Les dogmes de l'impiété n'ont rien de plus clair et de plus intelligible que les mystères de la religion ; et, en refusant de croire, on perd la foi, sans que la raison y gagne et s'éclaircisse, Massillon, Or. fun. Conti. Je suis obligé de m'excuser de mon voyage à Berlin auprès d'un cœur comme le vôtre…j'ai refusé au roi de Prusse deux jours de plus qu'il me demandait, Voltaire, Lett. d'Argental, 6 janv. 1741. Le régent ne savait rien refuser ; et ce qu'il ne donnait pas, on le lui arrachait, Duclos, Œuv. t. V, p. 372. On offre les services, on refuse les secours, Duclos, Consid. mœurs, 7. On refuse durement le nécessaire, on accorde aisément le superflu, Duclos, ib.

    Absolument. Il s'est trouvé des hommes qui refusaient plus honnêtement que d'autres ne savaient donner, La Bruyère, VIII. L'impossibilité d'obéir n'a plus d'autre nom que la rébellion et la mauvaise volonté qui refuse, Massillon, Pet. carême, Tentat. des gr. Pouvant refuser avec aménité, je refusai avec dureté, et voilà en quoi j'eus tort, Rousseau, Conf. X.

    Refuser la porte à quelqu'un, ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu. Il se présenta pour entrer au bal, on lui refusa la porte.

  • 3Refuser quelqu'un, ne pas l'accepter. Ce domestique a été refusé. On lui présenta des commis ; il les refusa.

    Refuser une fille en mariage, veut dire qu'on la refuse à l'homme qui la demande, ou que l'homme à qui on la propose la refuse.

    On dit de même, en parlant de mariage : Cet homme a refusé un bon parti ; Cette fille a refusé un parti avantageux ; On lui a refusé la main de cette jeune personne.

  • 4En parlant des personnes, ne pas leur accorder ce qu'elles demandent. Ce n'est pas toujours jeu sûr de refuser de plus grand que soi, Retz, II, 343. Ne les pressez point tant, ces dieux qui vous refusent ; Ils savent mieux que nous d'où dépend notre bien, Quinault, Agrippa, IV, 2. Dieu vous refuse ? mais c'est pour vous obliger de le prier plus longtemps, Massillon, Carême, Prière 2. Je dois te refuser, hélas ! et ne le puis, Delavigne, le Paria, IV, 2.

    Refuser quelqu'un de quelque chose, ne pas lui accorder cette chose. Le comte : Qui peut mieux l'exercer [un emploi] en est bien le plus digne. - D. Diègue : En être refusé n'en est pas un bon signe, Corneille, le Cid, I, 6. Voilà tout mon souhait et toute ma prière ; M'en refuserez-vous ? Corneille, Hér. IV, 4. Vous ne l'avez jamais refusé de rien [le cardinal de Richelieu], Lett. de l'Acad. franç. au chevalier Servien, dans PELLISSON, Hist. de l'Acad. IV. Quelle plus grande honte y a-t-il d'être refusé d'un poste que l'on mérite, ou d'y être placé sans le mériter ? La Bruyère, VIII. Un homme de mérite se donne, je crois, un joli spectacle, lorsque la même place à une assemblée ou à un spectacle dont il est refusé, il la voit accorder à un homme qui n'a point d'yeux pour voir, ni d'oreilles pour entendre, La Bruyère, VIII. En le refusant [le régent] des 50000 livres de rente sur Lyon, il [Villeroy] ne refusait rien en effet, Saint-Simon, 474, 76.

  • 5Ne pas accorder, sans idée que rien soit demandé. Ma voix, depuis dix ans qu'il commande une armée. A-t-elle refusé d'enfler sa renommée ? Corneille, Nicom. IV, 2. Si mon cœur prévenu refuse de vous croire ? Hauteroche, Esp. foll. III, 2. Avec tant de grandes et tant d'aimables qualités, qui eût pu lui refuser son admiration ? Bossuet, Duch. d'Orl. On dit qu'il [Scipion Émilien] ne put refuser des larmes à la malheureuse destinée de Carthage, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 557, dans POUGENS. Au milieu des douleurs les plus aiguës, il refuse même à ses souffrances ces plaintes innocentes qui semblent les soulager, Massillon, Or. fun. Conti.

    Ne pas consentir à, ne pas accepter. Refusant tous les autres noms, elle s'obstine à dire qu'elle est la princesse, Bossuet, Duch. d'Orl.

    Refuser avec que et le subjonctif. Puisque vous avez toutes autres sortes d'avantages sur moi, je ne refuserai point que vous ayez encore cettui-ci, Malherbe, Lett. I, 13.

    Ne pas laisser aller à. Quoique vous soyez de profession militaire, je ne vous refuse point aux affaires de notre métier, Guez de Balzac, liv. VIII, lett. 39. Des haines plus modérées et plus tranquilles… qui, en refusant le cœur au devoir, ont assez d'empire sur elles pour donner les apparences au monde, Massillon, Carême, Pardon.

  • 6 Fig. Il se dit des choses auxquelles on attribue en quelque sorte un refus. La nature a refusé la vigne aux contrées équatoriales. [Le vieillard] Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse, Blâme en eux les douceurs que l'âge lui refuse, Boileau, Art p. III. Des déserts que le ciel refuse d'éclairer, Racine, Alex. V, 1.
  • 7Se priver de. Passer ses jours dans le repos et dans le plaisir, ne rien refuser à sa sensualité et à ses désirs, Bourdaloue, Pensées, t. III, p. 113.
  • 8Se refuser une chose, la refuser à soi, s'en priver, ne pas se l'accorder. Ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées ?… et que se peut refuser la faiblesse humaine, pendant que le monde lui accorde tout ? Bossuet, Duch. d'Orl. Il ne se refusait aucune dépense, Montesquieu, Lett. pers. 141.

    Familièrement. Il ne se refuse rien, il se donne tout ce qui lui est agréable. Faire tout ce qu'on veut, vivre exempt de chagrin, Ne se rien refuser, voilà tout mon système ; Et de mes jours ainsi j'attraperai la fin, Regnard, Folies amour. Divert Mur. de la folie, 1.

  • 9 Terme de guerre. L'ennemi refusa sa droite, il évita de l'engager.
  • 10 V. n. Il ne refuse à rien, il se charge de toutes les besognes.
  • 11 Terme de manége. Ce cheval refuse, il ne peut pas ou ne veut pas obéir.
  • 12 En termes de métier, on dit d'un outil (mouton, couteau, charrue), qu'il refuse, quand il ne peut enfoncer, pénétrer, couper.

    Terme de marine. En parlant du vent, changer de direction, de manière à rendre impossible la continuation d'une route commencée au plus près. À six heures et demie, les vents refusant de plus en plus, et la marée contraire étant assez forte…, Bougainville, Voyage, t. II, p. 288.

    Refuser de virer, se dit d'un navire qui n'a pas exécuté le mouvement qui devait, portant sa proue dans le lit du vent, le faire virer ainsi vent devant.

  • 13Se refuser, v. réfl. Être refusé, n'être pas accepté. De pareilles propositions ne se refusent pas.

    N'être pas donné. Achèverai-je d'accabler ton pauvre cœur, ou t'offrirai-je des consolations qui se refusent au mien ? Rousseau, Hél. I, 30.

  • 14Se refuser à une chose, ne pas vouloir la faire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on exige de lui.

    Il ne se refuse à rien, il est prêt à tout faire.

  • 15Se refuser à une chose, ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre. Cependant à leurs vœux votre âme se refuse, Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse, Molière, Mis. I, 1. Lorsqu'on se voit tout d'un coup élevé aux places les plus importantes… on ne se possède plus… c'est aux hommes vulgaires un trop grand effort, que celui de se refuser à cette éclatante beauté qui se donne à eux, Bossuet, le Tellier. Je n'ai pour tout accueil que des frémissements ; Tout fuit, tout se refuse à mes embrassements, Racine, Phèdre, III, 5. Un cœur qui se refusait aux excès, qui ne paraissait point fait pour le dérèglement, Massillon, Carême, Mot. de conv. On l'a vu, en garde contre lui-même, se refuser aux goûts les plus innocents, Massillon, Or. fun. Conti. Vous vous êtes si longtemps refusé à Dieu, malgré les plus vives inspirations de sa grâce, Massillon, Carême, Prière 1.

    Fig. Se refuser se dit de choses qui n'accomplissent pas leur office. La plume se refuse à décrire de pareilles horreurs. La langue se refuse à la foi qui l'anime, les forces manquent, la parole cesse, Massillon, Or. fun. Conti.

    Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, le temps, les circonstances ne le permettent pas.

    On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense.

    PROVERBE

    Tel refuse qui après muse, ou qui refuse muse, c'est-à-dire on se repent d'avoir refusé ce qui était offert.

    À Genève on dit : qui refuse n'use.

REMARQUE

1. Avec un infinitif, refuser prend ordinairement la préposition de : Il a refusé de marcher ; il vous a refusé de faire la démarche. Quand il s'agit de choses pour lesquelles, si on les accordait, on pourrait dire, donner à, refuser prend la préposition à : Il lui a refusé à dîner, à déjeûner.

2. Corneille a dit : J'aurais peine, seigneur, à lui refuser grâce, Corneille, Sertor. I, 3. On a contesté la correction de cette phrase. Mais pourquoi ne dirait-on pas refuser grâce, comme demander grâce ?

HISTORIQUE

XIe s. Qui dreite lei et dreit jugement refusera, Lois de Guill. 41.

XIIe s. Et mes fins cuers [cœur] me fait d'une amorete Si douz present que [je] ne l'os refuser, Couci, VI. Par sainte obedience [il] a mandé [à] saint Thomas, Que s'il puet faire pes, qu'il ne la refust pas, Th. le mart. 112. Mais altrement font ces choses li ellieu [les élus] et altrement li renfuseit [les refusés], Job, p. 452.

XIIIe s. Et cil [l'aiglon] qui les oils [yeux] remue [en face du soleil], est refusez et gitez dou nif comme bastars, Latini, Trésor, p. 196. La vie contemplative refuse le monde, et se delite [délecte] en Dieu seulement, Latini, ib. p. 458. Il oï parler de la grant carité de l'hospital d'Acre, et oï dire que nus mesaisiés [malade] n'i estoit refusés, Chr. de Rains, p. 107. Ele [la dame] a, espoir [peut-être], tel refusé Dont ele se repentiroit, S'ele recouvrer i pooit, Lai du conseil. Riens n'i perdent li refusé, Fors tant cum il i ont musé, la Rose, 7609. Qui ne les refuse [les juges] avant que jugement soit fes, il ne les pot refuser fors par apel, Beaumanoir, LXVI, 1.

XVe s. Ils refuserent à payer, Froissart, I, I, 275. [Ils] esperonnerent leurs chevaux de grand voulonté ; mais à ceste premiere lance ils faillirent, car les chevaux refuserent, Froissart, liv. IV, p. 41. Son mary l'a refusée d'une robbe, dont elle est bien couroucée, Les 15 joyes du mariage, p. 81, dans LACURNE. Tel reffuse au premier jour ung marché, qui au second le octroye, Perceforest, t. IV, f° 111.

XVIe s. Chiron refusa l'immortalité, Montaigne, I, 89. Qu'il ne semble pas reprocher à aultruy tout ce qu'il refuse à faire, Montaigne, I, 166. La philosophie ne doibt estre refusée ny aux festins ny aux jeux, Montaigne, I, 182. Je ne veulx pas qu'on refuse, aux charges qu'on prend, l'attention… et le sang au besoing, Montaigne, IV, 152. Il ne le demanda point [à être censeur], pour la doubte qu'il eut d'en estre refuzé, Amyot, Marius, 55. Ilz refuzerent de passer oultre, Amyot, Lucul. 63. Et qui plus est, quand il cuida entrer au logis de Caton, on luy refusa la porte, à cause que…, Amyot, C. d'Ut. 49.

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Refuser : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

REFUSER, v. act. & n. (Gramm.) c’est ne pas accorder ce qu’on demande. Voyez l’article Refus. Il y a des gens d’un caractere si mol, qu’ils ne savent ni accorder ni refuser. On se refuse à la sollicitation de son cœur ; on est refusé d’une dignité. On se refuse à une intrigue ; on se refuse à la poursuite.

Refuser, (Marine.) On dit qu’un vaisseau a refusé, quand il a manqué à prendre vent devant.

Refuser, terme de Manege. On dit que le cheval refuse lorsqu’il ne veut pas, ou qu’il n’a pas la force d’obéir au cavalier.

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Refuser : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « refuser » les plus populaires.

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Étymologie de « refuser »

Étymologie de refuser - Littré

Provenç. refusar, refudar, refuidar ; espagn. rehusar ; ital. rifiutare. Mot incertain. L'italien rifiutare vient du latin refutare qui avait pris de bonne heure dans la basse latinité le sens de refuser. Mais le changement du t en s ne s'explique ni dans l'espagnol rehusar, ni dans le français refuser. Diez suppose qu'il y a eu confusion entre le latin recusare et refutare, et qu'il en est résulté un verbe mixte où se trouvent l'f et l's. Cette conjecture est ingénieuse, sans être tout à fait sûre. Recusare avait donné reüser.

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Étymologie de refuser - Wiktionnaire

(1100-50) Voir l’ancien français refuser.
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Phonétique du mot « refuser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
refuser rœfyze play_arrow

Conjugaison du verbe « refuser »

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Citations contenant le mot « refuser »

  • Le télétravail dans le secteur public est possible si sa mise en place a été prévue par l’administration concernée. La demande de l’agent (titulaire ou contractuel) se fait obligatoirement par écrit. L’employeur est libre de refuser, mais doit dans ce cas convoquer le salarié à un entretien, puis motiver sa décision par écrit. L’agent peut contester le refus de l’employeur en saisissant la commission administrative paritaire (ou la commission consultative paritaire s’il est contractuel). Syndicat CFTC, La vie à défendre, Télétravail : votre employeur peut-il vous le refuser (sans explications) ?
  • Réponse : Toute banque a le droit de refuser d’ouvrir un compte bancaire sans avoir à se justifier. Dans ce cas, l’établissement bancaire doit impérativement vous délivrer une attestation de refus d’ouverture de compte. Ce document vous permettra d’exercer votre « droit au compte » auprès de la Banque de France. Concernant la procédure à engager, soit c’est l’établissement qui a refusé l’ouverture du compte qui transmet gratuitement votre demande à la Banque de France, soit vous décidez d’entreprendre personnellement les démarches. Plusieurs documents doivent être communiqués à la Banque de France ; à réception du dossier complet, celle-ci désigne dans un délai d’un jour ouvré la banque qui sera tenu d’ouvrir un compte à votre nom. , Consommation | Refus d'ouverture d'un compte bancaire
  • Jeudi 30 juillet à 15 h 45, les gendarmes de la compagnie de Barcelonnette sont appelés pour intervenir place Manuel, dans le centre-ville. Un restaurateur vient de refuser à un homme, ivre et un bâton à la main, d’entrer dans son établissement. Les gendarmes demandent le renfort du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Jausiers pour interpeller l’homme.  , Faits-divers - Justice | Barcelonnette : on lui refuse l’entrée dans un restaurant, iI se fait menaçant
  • Ils n'ont pas encore gagné la guerre, mais c'est une première victoire pour les riverains opposés au projet d'un immeuble de 50 logements (sur trois voire quatre étages) en lieu et place de l'ancien pavillon hospitalier « Grignon de Montfort » du site de Pasteur. La Mairie vient de refuser le permis de construire du projet en l'état. Centre Presse, Centre Presse : Projet Pasteur: la Mairie refuse le permis de construire
  • https://www.capital.fr/entreprises-marches/linky-dans-cette-ville-le-maire-envoie-toujours-les-policiers-pour-refuser-le-compteur-1376227 Capital.fr, Linky : dans cette ville, le maire envoie toujours les policiers pour refuser le compteur - Capital.fr
  • Toutefois, se pourrait-il que certaines de ces personnes soient simplement connectées à une autre façon d’entrevoir le monde, tellement différente qu’elle paraît un peu extraterrestre ? Plutôt que de tenter de les museler, la société ne devrait-elle pas au contraire leur tendre l’oreille ? Après tout, qui sait si un jour, à l’aune d’une percée révolutionnaire, nous ne souhaiterons pas nous-mêmes avoir le choix d’accepter ou de refuser les suggestions des experts scientifiques et des gouvernements. Le Devoir, Peut-on refuser la société techno-médicale? | Le Devoir
  • C’est l’incompréhension du côté des propriétaires, d’autant plus que les touristes ont payé les locations depuis des mois. "Où est l’argent ?" demande Marylin. Le site aurait dû régler les séjours dans les sept jours après l’arrivée des vacanciers selon les conditions générales d’utilisation. La propriétaire, âgée de 50 ans, ne loue plus sa maison varoise tant qu’elle n’a pas été payée et compte refuser l’accès de sa villa aux clients en août. Et elle ne serait pas la seule, puisque des messages sur la page de Trustpilot dédiée à Abritel évoquent la même menace. "Je ne vais pas continuer à donner ma maison sans rien toucher des loyers" écrit ainsi un autre propriétaire sur la plateforme. Sans parler des messages dénonçant des locations louées deux fois par les vacanciers. Capital.fr, Faute de paiement, ces loueurs menacent de refuser les vacanciers - Capital.fr
  • Mieux vaut donner à un faux pauvre que refuser son assistance à un vrai. De Jean Cocteau
  • Il ne faut rien accorder aux sens quand on veut leur refuser quelque chose. De Jean-Jacques Rousseau / Les confessions
  • Il ne faut pas refuser secours à la ronce qui veut devenir rose. De Paul Claudel
  • C'est encore accorder quelque chose que de refuser avec grâce. De Publius Syrus / Sentences
  • Le grand destin de l'homme est de refuser son destin. De Jean Hamburger
  • C'est ne pas payer ses dettes que de refuser de justes louanges. De Voltaire
  • Il ne faut point refuser pour refuser, mais pour faire valoir ce qu'on accorde. De Jean-Jacques Rousseau / Emile ou de l’éducation
  • Refuser la vérité de l'amour conduit à refuser l'amour de la vérité. De Jacques de Bourbon Busset / Les choses simples
  • Refuser en donnant des raisons, ce n'est point refuser. De Alain
  • Refuser en donnant des raisons, ce n’est pas refuser. De Alain / Histoire de mes pensées
  • Vivre signifie refuser. De Amélie Nothomb / Métaphysique des tubes
  • C'est le meilleur de ne rien désirer et ne rien refuser. saint François de Sales, Entretiens spirituels

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Traductions du mot « refuser »

Langue Traduction
Corse ricusà
Basque refuse
Japonais ごみ
Russe отказываться
Portugais recusar
Arabe رفض
Chinois 垃圾
Allemand sich weigern
Italien rifiuto
Espagnol rechazar
Anglais refuse
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Synonymes de « refuser »

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Antonymes de « refuser »


Mots similaires