La langue française

Refusé

Sommaire

  • Définitions du mot refusé
  • Phonétique de « refusé »
  • Citations contenant le mot « refusé »
  • Images d'illustration du mot « refusé »
  • Traductions du mot « refusé »
  • Synonymes de « refusé »
  • Antonymes de « refusé »

Définitions du mot refusé

Trésor de la Langue Française informatisé

REFUSER, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Refuser qqc.
1. Refuser qqc. (de qqn)
a) Ne pas accepter ce qui est proposé (par quelqu'un). Refusant toute nourriture, sans cesse elle appelait son père (Courier,Pamphlets pol., Pétition aux deux Chambres, 1816, p. 6).J'ai refusé pour demain une place dans une très belle loge à l'Opéra, où l'on joue Roland (Flaub.,Corresp., 1865, p. 165).
SYNT. Refuser absolument, carrément, nettement, obstinément, vivement une aide, un cadeau, un don, une invitation, une place, un poste, un pourboire, une proposition.
Refuser l'armistice. Repousser l'armistice proposé par l'ennemi. Le roi Frédéric-Guillaume ayant refusé l'armistice qu'on lui offrait (...), l'Empereur se décida à entrer en Pologne (Sand,Hist. vie, t. 2, 1855, p. 137).
Refuser un mariage, refuser la main de qqn. Repousser l'offre de mariage présentée par quelqu'un. Il s'est présenté bien des comtes, des barons, mais elle a refusé tous les partis (La Martelière,Robert, 1793, ii, 8, p. 26).Elle refusa la main du grand roi Salomon (Nodier,Fée Miettes, 1831, p. 113).
Part. passé en empl. adj. Les pièces refusées par le service du contrôle (Villemer,Organ. industr., 1947, p. 146).
Refuser de + inf.Repousser (ce qui est proposé par quelqu'un). Par Dieu, je leur ferais une cuisine de grande route, et je ne sache pas que parmi vous il soit un homme assez dégoûté pour refuser de manger de mon rôti assaisonné avec du piment (Janin,Âne mort, 1829, p. 110).
b) En partic. Ne pas accepter une chose que l'on juge défectueuse, inadéquate ou inopportune. Refuser un colis, une marchandise. Certaines critiques l'obligèrent à refuser une robe d'un noir trop soyeux, trop brillant (Mauriac,Baiser Lépreux, 1922, p. 210).
ARTS. Rejeter une œuvre (ne pas accepter d'éditer un roman, de faire jouer une pièce, d'exposer un tableau) parce qu'elle ne possède pas les qualités qu'on en attendait. Le jury n'eut pas assez de boules noires pour refuser le Passage de la Bérésina (Murger,Scène vie boh., 1851, p. 180).Beaucoup d'entre eux pensent qu'un manuscrit refusé par un ou plusieurs éditeurs aura plus de chances d'être accepté s'il est présenté par une agence littéraire (Civilis. écr., 1939, p. 16-3).
2. Refuser qqc. (à qqn)
a) Ne pas accepter ce qui est demandé (par quelqu'un). Refuser un accord, une autorisation, un consentement, une discussion, une faveur, une grâce, un pardon, un sacrement, un service. Vous me refusez une réponse à la seule question qui vaille la peine d'être posée (Bernanos,Joie, 1929, p. 693).Absol. Allons, il faut en finir: vous acceptez ou vous refusez! Si vous refusez comme les autres, je n'ai plus, je vous le répète, qu'à disparaître (Billy,Introïbo, 1939, p. 126).
Refuser sa porte à qqn. Ne pas laisser entrer quelqu'un, ne pas accepter de recevoir quelqu'un. Ce spectacle stupéfiant d'un enfant Rezeau refusant sa porte à la justice familiale (H. Bazin,Vipère, 1948, p. 196).
Refuser un mariage, refuser sa main (à qqn). Ne pas vouloir donner sa main, ne pas vouloir accorder le mariage (à quelqu'un). Je meurs si vous me refusez votre main (Leclercq,Prov. dram., MmeSorbet, 1835, 6, p. 155).David lui avait toujours refusé le mariage (Van der Meersch,Invas. 14, 1935, p. 154).
Part. passé en empl. adj. L'affichage (d'ailleurs refusé) de son discours (Barrès,Cahiers, t. 5, 1906, p. 40).Au fig. Or, l'abbé Donissan connaissait la joie. Non pas celle-là, furtive, instable, tantôt prodiguée, tantôt refusée − mais une autre joie plus sûre, profonde, égale, incessante, et pour ainsi dire inexorable − pareille à une autre vie dans la vie, à la dilatation d'une nouvelle vie (Bernanos,Soleil Satan, 1926, p. 141).
Refuser de + inf.Ne pas accepter de faire ce qui est demandé par quelqu'un. On refusait de la laisser entrer (Janin,Âne mort, 1829, p. 178).
b) Ne pas reconnaître chez une personne le talent, les qualités qu'il prétend ou semble revendiquer. Refuser du talent, des qualités à qqn. On ne pouvait lui refuser de la bravoure assurément (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 240).On ne peut refuser à David une grande science du dessin (Gautier,Guide Louvre, 1872, p. 6).
[Souvent à la forme passive, l'agent étant gén. sous-entendu] Être refusé.Ne pas être accordé, ne pas être donné. Nul de mes justiciers austères ne voulut ou n'osa prétendre que l'art d'écrire m'était refusé (Bloy,Journal, 1893, p. 98).
c) P. anal. [Le suj. désigne une chose] Ne pas fonctionner, ne pas faire son office. Son corps lui refusa le service, elle tomba à genoux (Jouve,Paulina, 1925, p. 248).Leurs vignes furent hachées quatre ans de suite. Les ceps à la fin refusaient de boutonner (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p. 178).
3. [La demande est absente ou ne peut être explicitée que par rapport au locuteur lui-même] Refuser qqc.
a) Repousser, éviter ce qui semble, selon les valeurs dominantes, s'imposer à quelqu'un. Refuser l'aventure, la gloire, le présent, le réel, le risque. Claude Barrès, héritier unique d'un nom illustre, d'une grande fortune (...), refuse le monde, dit non au monde comme un religieux aurait pu le dire (Mauriac,Nouv. Bloc-Notes, 1961, p. 282):
1. ...le luxe vous choque, parce que vous ne supportez pas d'avoir mauvaise conscience. C'est redoutable, cette austérité, on refuse le luxe: et de fil en aiguille, on refuse la poésie et l'art. Beauvoir,Mandarins, 1954, p. 268.
Refuser le combat. Ne pas accepter de combattre, se dérober, battre en retraite. Cette façon de ruser (...), de fermer leur garde pour refuser le combat (Camus,Peste, 1947, p. 1275).
Refuser sa droite, sa gauche. Ne pas engager dans un combat l'aile droite (ou l'aile gauche) d'une armée. La 6earmée (...) résistait péniblement sur place, et se préparait à refuser sa gauche sous la pression croissante de Kluck (Joffre,Mém., t. 1, 1931, p. 409).
Gén. en empl. abs., HIPP. Refuser (un obstacle). Piler net devant un obstacle, ne pas le franchir. Vous voilà bien fière, parce que votre bête a sauté sans se faire prier! Un cheval qui refuse, cela se voit tous les jours (Augier,Fourchambault, 1878, p. 107).
b) Ne pas donner son adhésion à quelque chose, à quelqu'un. Refuser son admiration, son assentiment. L'immortalité de l'âme, il est vrai, préoccupe beaucoup de bons esprits. Mais c'est qu'ils refusent, avant d'en avoir épuisé la sève, la seule vérité qui leur soit donnée et qui est le corps (Camus,Noces, 1938, p. 74).
Refuser de + inf.Refuser d'admettre, de penser, de reconnaître qqc. Albert était tombé entre les mains du fameux chef de bandits à l'existence duquel il s'était si longtemps refusé de croire (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 537).
B. − Refuser qqn
1. Ne pas accéder aux demandes, aux exigences de quelqu'un. N'ayant pas trouvé une raison de déplaire à la marquise, fort embarrassé de savoir comment refuser la comtesse (Dumas pèreMariage sous Louis XV, 1841, iii, 4, p. 151).O rage! Il allait falloir encore s'humilier devant ce Risler, courir le risque d'être refusé, avouer qu'il avait manqué à sa parole (A. Daudet,Fromont jeune, 1874, p. 283).
2. En partic.
[Dans un spectacle, une réunion] On a refusé du monde. On a joué à guichets fermés. On a refusé du monde à la porte (DG).
Ne pas satisfaire à la demande d'emploi de quelqu'un. On ne voulut pas de moi sur le Northumberland. J'offris d'être soldat, matelot, valet (...). On me refusa (Dumas père, Napoléon, 1831, vi, 4, p. 149).
Ne pas recevoir un candidat à une épreuve, à un examen. Synon. coller, recaler2.Ils ont été tous refusés au service militaire! (Goncourt,Journal, 1894, p. 572):
2. « (...) Au milieu des exclamations, des poussées, des battements de mains, je lis, heureusement: Anaïs, Claudine, etc... toutes, donc! Hélas, non, pas Marie: Marie est refusée », murmure Luce. Colette,Cl. école, 1900, p. 237.
Part. passé. Les élèves refusés en juillet ne sont pas autorisés à se présenter à nouveau à la session d'octobre (Encyclop. éduc., 1960, p. 136).Empl. subst. Les équipes sociales existantes sont surtout composées d'élèves de Centrale qui, par exemple, donnent des cours de mathématiques aux « refusés » des Arts et métiers (Cacérès,Hist. éduc. pop., 1964, p. 81).
ARTS. Être refusé. Ne pas être admis à exposer, à éditer (en vertu des canons de l'art officiel). Refusé [aux Salons], accepté, refusé encore, il [Manet] donna l'assaut à un jury qui représentait la routine (Mauclair,Maîtres impressionn., 1923, p. 55).Empl. subst. masc. Salon des refusés. Salon qui regroupait des peintres impressionnistes dont les toiles avaient été refusées par le jury officiel. Si la chose économique avait joué aussi durement que de nos jours, peut-être le légendaire salon des refusés n'aurait-il jamais existé? (Arts et litt., 1936, p. 76-1).
Repousser la demande d'union, de mariage de quelqu'un. Cette misérable femme se venge sur vous de ce que j'ai refusé sa fille! (Theuriet,Mariage Gérard, 1875, p. 153).Toi seul, tu ne me verras jamais. Je te refuse, je te refuse! De ce que je suis, de ce que je sens, de ma beauté, de mon amour, tu ne sauras jamais, jamais rien! (Louÿs,Aphrodite, 1896, p. 51).
C. − Empl. abs. C'est en refusant jusqu'à ce que nous ne puissions plus refuser que nous sommes libres. Ainsi le doute méthodique devient le type même de l'acte libre (Sartre,Sit. I, 1947, p. 326).
II. − Empl. pronom.
A. − réfl. dir.
1. Se refuser.Ne pas s'accepter en tant que tel. Un refus radical qui les contraindrait peut-être de proche en proche à ne plus accepter ce qui fonde leur confort, leur sûreté, leur ordre, cela sur quoi repose leur vie même. À se refuser eux-mêmes. À souhaiter l'annulation de leur propre nature (Nizan,Chiens garde, 1932, p. 117).
2. Se refuser à qqn.Se garder du contact d'autrui, ne pas se donner à quelqu'un. On n'a pas le droit de se refuser aux hommes; quand le diable y serait, nons vivons en société (Sartre,Mur, 1939, p. 53).
En partic. Ne pas accorder ses faveurs, repousser les avances de quelqu'un. Et ce n'est pas le désir de me posséder − je ne me serais jamais refusée à vous − c'est le désir de me déformer (Maupass.,Contes et nouv., t. 1, Inutile beauté, 1890, p. 1149).La femme mariée, en se dévouant à un homme qui la trompe, en se refusant à tout autre (...) perd sa vie sans mérite (Louÿs,Aphrodite, 1896, p. 142).
3. Se refuser à qqc.Ne pas accepter quelque chose, repousser quelque chose. Je ne puis me refuser à l'adoration, à la joie (Gide,Journal, 1943, p. 250).De nos jours encore, des nègres, des indiens se refusent avec crainte à la photographie (Huyghe,Dialog. avec visible, 1955, p. 121).
B. − réfl. indir. Se refuser qqc.Se priver volontairement de quelque chose. Il est vrai qu'en fait de création religieuse les siècles sont portés à se calomnier eux-mêmes, et à se refuser le privilège qu'ils accordent libéralement aux âges reculés! (Renan,Avenir sc., 1890, p. 487).Il se refusa la douceur de baiser cette tempe que déjà ses lèvres effleuraient (Martin du G.,Thib., Mort père, 1929, p. 1350).
Ne rien se refuser. Ne se priver de rien. Automobiles, collections, villas sur la côte méditerranéenne, demeures estivales, il ne se refuse rien (Arts et litt., 1936, p. 72-7).
C. − passif. Qqc. se refuse à qqc.Quelque chose n'est pas susceptible de subir quelque chose. Source de l'émotion la plus humaine dans une pensée incommunicable, dans des sentiments dont l'objet se refuse à l'analyse (J. Bousquet,Trad. du sil., 1936, p. 200).
Fam. Ça ne se refuse pas. Il faut de toute évidence accepter quelque chose. Dudley: (...) Voulez-vous gagner vingt livres sterling? Samuel: Ça ne se refuse pas (Dumas père, Halifax, 1842, prol., 9, p. 14).
D. − Se refuser à/de + inf.Ne pas vouloir faire quelque chose. Du reste, elle se refusait à voyager cette nuit! (G. Leroux,Parfum, 1908, p. 30).Seul le mot « allemand » et le mot « français » se refusent à composer (Giraudoux,Siegfried, 1928, iv, 3, p. 172).
P. anal. [Le suj. désigne une chose (une partie du corps)] Ses pieds enflés se refusaient à marcher (Maupass.,Contes et nouv., t. 1, Hist. fille de ferme, 1881, p. 35).
III. − Empl. intrans.
A. − MAR. [Le suj. désigne le vent] ,,S'orienter de plus en plus dans le sens contraire de la route et obliger ainsi le bateau à le serrer de plus en plus près`` (Barber. 1969). Anton. adonner.
B. − TECHNOL. [Le suj. désigne un outil, un instrument (une charrue, un couteau, un pieu)] Ne plus pouvoir enfoncer, pénétrer, couper. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth.: [ʀ əfyze], (il) refuse [-fy:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Repousser une demande; ne pas vouloir accorder ce qui est souhaité, demandé, exigé par autrui − ou ce qui est éminemment souhaitable 1. suivi d'un inf. 1remoit. xiies. refuser a (Psautier d'Oxford, 76, 3 ds T.-L.); ca 1200 refuser (Homélies de St Grégoire sur Ezéchiel, 16, 1, ibid.); id. refuser de (1reContinuation de Perceval, I, 193, 7089, ibid.); 1823 se refuser à (Boiste); 2. 1160-74 « repousser ce qui est demandé » reffusser la proiere des moingnes de... (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 1752); ca 1165 refuser le plaisir [de aucun] (Benoît de Ste-Maure, Troie, 4758 ds T.-L.); xiiies. refuser la volanté [de aucun] (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. W. Foerster, 6630, var. des mss B, P); 1666 réfl. se refuser à [qqc.] « ne pas s'y prêter, s'y livrer » (Molière, Misanthrope, I, 1); 3. 1176-81 « ne pas vouloir accorder » refuser merci (Chrétien de Troyes, Chevalier à la charrette, éd. M. Roques, 906); ca 1175 empl. abs. sans refuser (Benoît de Ste-Maure, Chron. ducs de Normandie, 3611 ds T.-L.); 1670 se refuser [qqc.] « ne pas se l'accorder, s'en priver » (Bossuet, Oraison funèbre Henriette d'Angleterre ds Œuvres, éd. Vélat et Y. Champailler, Paris, 1961, p. 103); 4. 1718 mar. le vent a refusé un vaisseau; le vent refuse « est contraire » (Ac.); 1870 techn. intrans. « (d'un outil) ne pouvoir faire son office » (Littré). B. Ne pas accepter ce qui est proposé 1. l'obj. est une pers. 1130-40 (Wace, Conception N.-D., éd. W. R. Ashford, 770: Li estuet la dame esposer, Ne l'osa mie refuser); ca 1160 (Eneas, 1586 ds T.-L.: ele [Didon] les a toz refusez [les prétendants]), 1890 se refuser en parlant d'une femme (Zola, Bête hum., p. 16); 2. l'obj. est un inanimé a) ca 1150 refuser [une offrande] (Wace, St Nicolas, 903 ds T.-L.); 1176-81 refuser [un] mes empl. fig. (Chrétien de Troyes, Chevalier à la charrette, 664); b) ca 1160 (Eneas, 9129 ds T.-L.: Crient que s'amor ait refusé); ca 1165 refuser [un conseil] (Benoît de Ste-Maure, Troie, 24512, ibid.); ca 1170 [ms. xiiies.] le mariage de la pucele refuser (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 1547, var. R, v. note p. 217). C. Ne pas admettre, accepter, reconnaître quelqu'un 1. ca 1150 refuser por + attribut « ne pas vouloir regarder comme » (Charroi de Nîmes, éd. D. McMillan, 1031); 2. 1155 dr. médiév. « ne pas avouer, reconnaître (un seigneur) » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 3251); 3. ca 1200 part. passé subst. li renfuset « les rejetés de Dieu, les damnés » (Moralium in Job, éd. W. Foerster, p. 309, 21); 4. a) α) « ne pas reconnaître, récuser » ca 1220 comme témoin (Gui de Cambrai, Barlaam et Josaphat, 6912 ds T.-L.); 1283 refuser les juges (Philippe de Beaumanoir, Coutumes de Beauvaisis, éd. A. Salmon, § 1871, t. 2, p. 445); β) 1520 estre refusé de « ne pas obtenir (une fonction postulée) » (G. Michel, tr. Suétone, I, 6 r ods Hug.); b) ca 1265 « éliminer pour ne pas avoir les qualités requises » (Brunet Latin, Trésor, éd. Fr. J. Carmody, I, 145, p. 136: quant li aigles a ses filz [...] cil ki esgarde [le soleil] justement sans croller est tenus et norris [...] cil ki les iex remue est refusés et getés du nit); c) 1751 « éliminer (une pièce de théâtre) » (Voltaire, S. de Louis XIV, Catal. des écrivains, La Rue ds Œuvres hist., éd. R. Pomeau, p. 1179). D. Ne pas accepter de s'exposer à une situation périlleuse, hasardeuse; fuir, esquiver un ennemi, un danger 1. 1176 trans. (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 1311); 1176-81 (Id., Chevalier à la Charrette, 3736); 1229 « se dérober, reculer, abandonner le combat » réfl. (Gerbert de Montreuil, Roman de la Violette, 5603 ds T.-L.); id. intrans. (Id., op. cit., 6528, ibid.); 2. 2emoit. xiiies. vén. « ne pas chasser (un animal trop dangereux, trop jeune) » (Chace dou cerf, 57); 3. fin xives. intrans. en parlant d'un cheval (Froissart, Chron., IV, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 14, p. 108; 112: mais ceste première lance ils faillirent car les chevaulx reffusèrent). E. Ne pas laisser entrer ca 1260 (Récits d'un ménestrel de Reims, éd. N. de Wailly, § 199: nus mesaisiez n'i estoit refuseiz [à l'hôpital de St-Jean-d'Acre]). F. Ne pas vouloir s'engager dans ce que l'on réprouve ou juge néfaste ca 1265 refuser le monde (Brunet Latin, Trésor, II, 123, p. 308: La [vie] contemplative refuse le monde et se delite en Deu solement). D'un lat. vulg. *refusare (cf. esp. rehusar, REW3, 7164), issu d'un croisement entre le lat. refutare (refuter*) et recusare (récuser*) de sens très voisins; ou, moins prob., dér. de refusus, part. passé de refundere (prop. « répandre de nouveau ») « refouler, repousser, rejeter, renvoyer », FEW t. 10, p. 200a. Fréq. abs. littér. Refuser: 9 913. Refusé: 2 468. Fréq. rel. littér. Refuser: xixes.: a) 12 936, b) 11 835; xxes.: a) 14 503, b)16 054. Refusé: xixes.: a) 3 363, b) 3 627; xxes.: a) 3 887, b) 3 343. Bbg. Quem. DDL t. 11 (s.v. refuser le serment).

Wiktionnaire

Forme de verbe

refusé \ʁə.fy.ze\

  1. Participe passé masculin singulier du verbe refuser.
    • La chanteuse a refusé de poser avec une fan, ce qui n'a pas plu aux Sénégalaises qui ont par la suite boudé (diazakalisé) son concert! — (site afriseries.com (plus corrigé en plu, sénégalaise corrigé en Sénégalaises))
    • Ton fils s’est refusé à se faire bertilloner. — (Pierre Souvestre et Marcel Allain, Le Jockey masqué, 1913, chapitre XXI)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

REFUSER. v. tr.
Rejeter une demande, ne pas accorder ce qui est demandé; Ne pas vouloir faire ce qui est exigé, prescrit, ordonné. On lui a refusé la grâce qu'il demandait. Il ne peut rien refuser à ses amis. Il a refusé son consentement. Il a refusé de me prêter de l'argent. Refuser obéissance. Il refuse de payer, de travailler. Il s'emploie absolument dans la même acception. Il refuse si poliment qu'on ne peut pas se fâcher. Je me vois dans la nécessité de refuser. Il refusa net. Refuser la porte à quelqu'un, Ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu, de quelque maison, etc. Il s'est présenté pour entrer au bal, on lui a refusé la porte. En termes de Manège, Ce cheval refuse l'obstacle, il refuse à l'obstacle, On ne peut pas l'obliger à franchir l'obstacle. En termes de Marine, Le vent refuse, Le vent devient contraire.

REFUSER se dit aussi en parlant des Personnes auxquelles on refuse, ou dont on ne veut pas. Cet homme refuse ses meilleurs amis, quelque chose qu'ils lui demandent. Il a déjà refusé tous ceux qui l'en ont prié. Il refuse tout le monde. J'ai offert de servir, mais j'ai été refusé. Refuser sa fille en mariage, Ne pas vouloir donner sa fille en mariage à quelqu'un qui la demande. Refuser une jeune fille en mariage se dit aussi de Celui qui ne veut pas épouser une jeune fille qui lui est proposée en mariage. On dit également : Cet homme a refusé un bon parti; cette jeune fille a refusé un parti avantageux; on lui a refusé la main de cette jeune fille. On peut dire encore dans le même sens et d'une manière absolue : Refuser, être refusé. Il désirait épouser cette jeune fille; il en a été refusé. Il m'a proposé sa fille; je l'ai refusée.

REFUSER signifie aussi Rejeter une offre, ne pas accepter ce qui est offert. On lui a offert un bon prix de cette terre, de ces meubles, mais il l'a refusé. Refuser des présents. Refuser des offres. Refuser un emploi. Refuser des conditions avantageuses. J'ai refusé d'aller chez lui. Absolument et proverbialement, Tel refuse, qui après muse, ou Qui refuse, muse, Celui qui refuse ce qui lui est offert perd souvent une occasion qu'il ne retrouvera pas.

REFUSER signifie encore Ne pas admettre. On a refusé du monde à la porte. Il a été refusé à son examen. La pièce a été refusée. Il s'emploie aussi au figuré; et alors il signifie simplement Ne pas donner, ne pas accorder. La nature lui a refusé la beauté. La nature ne lui a refusé aucun de ses dons. On ne peut refuser son assentiment à une vérité si évidente. Je ne puis refuser mon admiration, mon estime à une telle conduite. En termes de Tactique, il signifie Éviter d'engager, ne pas avancer. L'ennemi refusait sa droite.

SE REFUSER, avec un complément direct, signifie Ne pas se permettre, se priver de. C'est un avare qui se refuse le nécessaire, jusqu'au nécessaire. C'est un homme charitable qui se refuse tout pour faire plus de bien aux pauvres. Il est très prodigue et ne se refuse rien. C'est un homme qui ne s'est jamais refusé un bon mot, une plaisanterie. Avec un complément indirect, il signifie Ne pas vouloir faire une chose. Je me refuse à croire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on lui demande, à tout ce qu'on exige de lui. Il ne se refuse à rien pour obliger. On dit de même, familièrement : Il ne se refuse à rien. Se refuser à une chose, Ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre, y résister. Il se refuse aux plaisirs les plus innocents. Il est impossible de se refuser à la force de ses raisons. Ce serai se refuser à l'évidence. Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, Le temps, les circonstances ne le permettent pas. On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense.

Littré (1872-1877)

REFUSÉ (re-fu-zé, zée) part. passé de refuser
  • 1Qui n'a pas été accepté. Des présents refusés.
  • 2Qui a reçu un refus, en parlant des personnes. D'autant plus que vous-même, ardente à me l'offrir [le trône], Vous ne craigniez rien tant que d'être refusée, Racine, Bajaz. V, 4. Il disait que ceux dont on refusait le secours avaient eu l'art de s'attirer ce refus, ou n'avaient pas eu l'art de le prévenir, et qu'ils étaient coupables d'être refusés, Fontenelle, Des Billettes.

    Substantivement, les refusés, les peintres dont les tableaux, les sculpteurs dont les ouvrages n'ont pas été admis à l'exposition publique.

  • 3Qui n'est pas accordé. Du souvenir la faculté puissante, Donnée à l'animal, refusée à la plante, Delille, Trois règnes VII.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « refusé »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
refusé rœfyse

Citations contenant le mot « refusé »

  • À l’arrivée des pompiers de Chauny et Vic-sur-Aisne, les passagers du second véhicule ont été transportés vers le centre hospitalier de Chauny pour contrôles. Le conducteur de l’autre automobile a refusé son transport. Les gendarmes de la brigade d’Anizy-le-Grand étaient sur les lieux pour effectuer les constatations et réguler la circulation réduite à une seule voie. L'Aisne nouvelle, Il refuse la priorité et heurte une voiture et ses deux passagers à Blérancourt
  • Intronisé ce mercredi en lieu et place de Jérôme Gutton, le nouveau préfet de Saône-et-Loire Julien Charles doit déjà faire face à une première polémique. Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, a en effet refusé sa convocation et s'est fendu d'un post Facebook "épicé" pour en expliquer les raisons. , Politique | Le maire de Chalon-sur-Saône refuse l'invitation du nouveau préfet de Saône-et-Loire
  • La maréchaussée royale néerlandaise a refusé près de mille personnes aux frontières extérieures des Pays-Bas au cours des sept premiers mois de cette année. Parmi celles-ci, 302 ont été renvoyées sur la base de restrictions d’entrée dues au coronavirus, rapporte De Telegraaf. La plupart des personnes qui ont été renvoyées à cause du coronavirus venaient des États-Unis. sudinfo.be, Coronavirus: accès refusé pour près de mille personnes aux frontières néerlandaises
  • Un jeune détenu, sans identité, a refusé d’être extrait de sa cellule de la prison de Longuenesse pour être jugé devant le tribunal correctionnel de Saint-Omer en comparution immédiate. Le 10 juillet, son procès avait déjà dû être renvoyé en raison de son mutisme. Cette fois, il a été jugé en son absence et condamné à six mois de prison ferme avec maintien en détention. La Voix du Nord, Longuenesse : «Monsieur X», détenu sans identité, refuse son procès pour des violences en prison
  • Le comité consultatif d’urbanisme de la Municipalité avait d’abord donné un avis favorable au projet en mai. Le conseil municipal l’avait, de son côté, refusé. Ce mois-ci, le CCU a donné un appui défavorable au projet et le conseil a abondé dans le même sens. À noter que la mairesse Jocelyne Deswartes a demandé le vote. Elle est la seule à avoir voté contre la résolution. Le journal de Chambly, Le permis refusé - Le journal de Chambly
  • Le talent à l’antenne a refusé d’apparaître à l’émission jusqu’à ce que l’accord soit révoqué. Betanews.fr, Froskurinn: le talent à l'antenne du LEC a refusé de travailler jusqu'à la fin du partenariat avec NEOM - Betanews.fr
  • Le président américain Donald Trump a refusé jeudi de revenir sur sa suggestion plus tôt dans la journée que les élections générales de novembre soient reportées, répétant des prédictions non fondées de fraude électorale généralisée au milieu de la pandémie de coronavirus et affirmant qu’un grand nombre de bulletins de vote par correspondance pourrait signifier «vous jamais même savoir qui a gagné les élections. News 24, Trump refuse de reculer sur une suggestion de retard des élections - News 24
  • «C’est lui qui est arrivé avec cette proposition. Ce n’est pas nous qui lui avons donné ce mandat. On a écouté son offre, qui était bien étoffée, mais on l’a refusé. C’est un beau logo, mais c’est l’image d’un Patriote, pas celle d’un Voltigeur. Le conseil d’administration en est aussi venu à la conclusion qu’on n’avait pas le budget pour ça», a expliqué Éric Verrier, qui entend demander à l’entreprise de retirer ces images de son site web. L'Express, Un nouveau logo… refusé par les Voltigeurs - L'Express
  • "Il va falloir qu'on se recentre en ville, où les difficultés sont plus nombreuses. Le grand problème qu'on a, c'est qu'il y a eu un changement très fort du paysage quotidien des gens. Ils ont vécu un développement assez effréné dans les centres urbains, avec notamment le côté négatif du bruit et d'une mobilité devenue très forte. Il faut maintenant les rassurer", explique Bruno Marchand. La densification est d'autant plus difficile à faire passer que, traditionnellement, la Suisse est composée de villes basses, petites, qui ont refusé le modèle de la métropole. "On va aisément à New York, on adore, mais quand on revient chez soi, on ne veut pas de tours autour de chez soi", illustre l'expert. rts.ch, "On adore New York, mais quand on revient, on refuse les tours chez nous" - rts.ch - Suisse

Images d'illustration du mot « refusé »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « refusé »

Langue Traduction
Anglais refuse
Espagnol negar
Italien rifiuto
Allemand sich weigern
Chinois 垃圾
Arabe رفض
Portugais recusar
Russe отказываться
Japonais ごみ
Basque refuse
Corse ricusà
Source : Google Translate API

Synonymes de « refusé »

Source : synonymes de refusé sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « refusé »

Partager