Pénible : définition de pénible


Pénible : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PÉNIBLE, adj.

A.− [Corresp. à peine II] Qui cause un sentiment de peine, un état affectif (plus ou moins durable) de douleur morale, de tristesse ou d'ennui. Synon. affligeant, cruel, douloureux, triste.
1. Absolument
a) [Le subst. qualifié désigne un état du suj.] Sentiment pénible. Cette disposition affective bonne ou mauvaise, agréable ou pénible, favorable ou contraire à notre développement moral (Maine de Biran, Journal,1818, p. 155).Excusez-moi d'avoir ravivé en vous de pénibles souvenirs (Queneau, Pierrot,1942, p. 87):
1. ... depuis que Mmede Kergaz avait trouvé et dévoré le journal manuscrit du vicomte Andrea, persuadée que ce misérable l'aimait, elle était tourmentée de cette pensée et en éprouvait de pénibles émotions. Chaque fois que ce prétendu repenti la regardait (...), la pauvre jeune femme (...) se sentait défaillir elle-même. Ponson du Terr., Rocambole,t. 3, 1859, p. 324.
b) [Le subst. qualifié désigne une circonstance soc.] Autant sont doux les entretiens où les âmes se parlent et se répondent, autant les autres sont fastidieux et pénibles (Lamennais, Lettres Cottu,1820, p. 96).Je partirai sans l'avertir, pour nous épargner de pénibles adieux (Borel, Champavert,1833, p. 17).Je ne suis pas, vous l'imaginez, dans toute cette pénible histoire, de ceux qui ne pensent qu'à vous accabler (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 254):
2. À l'âge de Laurence, quand le cœur n'a pas encore parlé, on ne voit la vie qu'en surface; on n'en soupçonne pas les dessous pénibles, douloureux ou mortifiants; aussi on prend légèrement des résolutions devant lesquelles plus tard on est étonné de ne pas avoir reculé avec terreur. Theuriet, Mais. deux barbeaux,1879, p. 62.
En partic.
α) [Le subst. qualifié désigne un spectacle] Synon. affligeant, attristant, désolant, navrant.Le visage mal peint, les joues pendantes, la poitrine à demi nue, elle était d'une laideur pénible (Arland, Ordre,1929, p. 201).Le spectacle est pénible. La foule des malheureux est là, maintenue dans l'ordre et le silence par des sergents armés de verges et de matraques (Faral, Vie temps st Louis,1942, p. 259).
β) [Le subst. désigne un trait de caractère ou le comportement d'une pers.] Synon. agaçant, insupportable.Enfantillage pénible. Dès que je suis près de lui, je ne peux plus me sentir; cela me rend sa société assez pénible (Gide, Faux-monn.,1925, p. 1123).Le jeune homme en mande la nouvelle à Le Vasseur sur un ton pénible d'impertinence (Mauriac, Vie Racine,1928, p. 32).[P. méton. du subst. qualifié] Synon. insupportable.Quel enfant pénible que celui-là et combien on a de peine à l'aimer, même dans sa famille. Je souhaite (...) que cette sécheresse pointue et impertinente qui le caractérise, s'atténue et fasse place à quelque qualité aimable (Amiel, Journal,1866, p. 364).Je te demande pardon. Car je t'ai été une compagne pénible et douloureuse (Claudel, Échange,1894, iii, p. 710).
c) [Qualifie une prop. (ou un inf.)] Il est pénible d'être méprisé de celui-là même dont l'estime est jugée désirable (Alain, Propos,1929, p. 839).Léonard avait horreur des cabales; il lui était fort pénible qu'on le pressât dans ses œuvres (Gilles de La Tourette, L. de Vinci,1932, p. 96):
3. On trouve (...) trop fatigant de quereller, trop dur de tuer, trop pénible de haïr, et la rude bataille de la vie vous fait l'effet dégoûtant d'un abattoir. Amiel, Journal,1866p. 40.
SYNT. a) Impression, pensée, sensation, rêve pénible; b) circonstances, conversation, épreuve, incident, moment(s), scène, silence pénible(s); c) agréable, doux, heureux ou pénible; amer, désagréable, douloureux, triste et pénible.
2. [Constr. avec un compl. prép.]
a) Pénible à, pour + subst. (désignant celui qui éprouve de la peine).Un événement bien pénible pour moi marqua ce retour : on me mit au collège! (Loti, Rom. enf.,1890, p. 204).Pourquoi cette page est-elle pénible à Antoine? Il se doutait bien que son petit avait vécu, qu'il s'était sali à beaucoup de rencontres (Martin du G., Thib.,Sorell., 1928, p. 1179).V. supra ex. de Gilles de La Tourette.
[P. méton. du compl. prép.] La lueur d'un incendie (...) répandit sur toute cette scène une teinte fausse et blafarde, (...) heure pénible à l'œil et à la pensée, lutte de deux principes contraires dont la nature offre quelquefois l'image affligeante (Lamart., Voy. Orient,t. 1, 1835, p. 220).Il eut l'impression qu'il était resté un gamin, tandis qu'ils étaient devenus des hommes; et ce fut si pénible à sa vanité, que son ancienne affection pour eux s'en ressentit (Martin du G., Devenir,1909, p. 152).
b) Pénible à + inf.Les soirées devenaient pénibles à passer ensemble, bien qu'aucun désaccord grave n'eût surgi (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Hérit., 1884, p. 525).Cette gaieté sur sa face décharnée (...) avait quelque chose de funèbre et de si pénible à voir, que, plusieurs fois, je dus sortir de la chambre (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p. 148).
B.− [Corresp. à peine III]
1. Vx. Qui requiert un dur travail physique. Quel pays, que celui où le travail fait déroger, où il est honorable de consommer et humiliant de produire, où les professions pénibles sont dites viles (Sieyès, Tiers état,1789, p. 57).
2. Usuel. [Le subst. qualifié désigne une action, une activité] Qui coûte de la peine.
a) Qui requiert ou cause beaucoup de fatigue, d'effort ou de souffrance physique. Synon. épuisant, harassant, laborieux.
α) Absol. Top fermait la marche, et faisait encore entendre de singuliers grognements. L'ascension fut assez pénible (Verne, Île myst.,1874, p. 170).Les Italiens se disposaient à hiverner, l'armée serbe entreprenait une pénible retraite vers l'Adriatique (Joffre, Mém.,t. 2, 1931, p. 161).V. déjeté II B ex. de Moselly :
4. [La mère abbesse] doit (...) dans ces moments, surveiller de très près sa fille, s'efforcer de détourner le cours de ses idées, en la brisant par de pénibles travaux et en lui occupant l'esprit... Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 190.
[P. méton. du subst. qualifié] Chemin, route pénible. J'étais redescendu du Liban (...) dans le désert nu et stérile d'Héliopolis, à la fin d'une journée pénible et longue (Lamart., Voy. Orient,t. 2, 1835, p. 183).Le terrain était si pénible que la file tendait à se disloquer (Romains, Copains,1913, p. 272).
En partic. [En parlant d'un processus physiol.] Enfantement, indigestion, respiration, torpeur, toux pénible. Elle ne sécrète que très peu de bile; de là ses pénibles digestions (Michelet, Journal,1858, p. 391).La nuit, il avait des sommeils pénibles, des rêves fatigants (Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 802).
β) Rare. [Constr. avec un compl. prép.]
Pénible à, pour qqn.Il lui devint si pénible de marcher, qu'il ne s'écarta guère du village (Zola, Terre,1887, p. 431).
Pénible à + inf.Les trois cents mètres furent très pénibles à franchir : dans la tranchée surtout, on enfonçait jusqu'aux hanches (Zola, Bête hum.,1890, p. 156).
SYNT. Besogne, labeur, ouvrage, tâche pénible; effort, exercice, marche pénible; dur, fastidieux, fatigant, ingrat, laborieux, lent, lourd, rude et pénible.
b) Qui requiert ou cause beaucoup de fatigue, de souffrance ou d'effort, intellectuel ou moral. Synon. épuisant.Les esprits vulgaires, incapables en général d'une attention très-soutenue, ou peu propres à soutenir une attention pénible (Joubert, Pensées,t. 1, 1824, p. 411).Ce catéchisme est donné comme le résultat des méditations pénibles et consciencieuses et méritoires des hommes de bien qui fabriquent la philosophie (Nizan, Chiens garde,1932, p. 153).
3. P. ext.
a) [Le subst. qualifié désigne un état] Difficile à supporter, à endurer. Synon. éprouvant.Climat, état pénible. Centupler ses besoins, faire tout pour l'ostentation (...); c'est s'embarrasser dans les chaînes d'une pénurie plus pénible et plus soucieuse que la première (Senancour, Obermann,t. 1, 1840, p. 130).Le séjour de la dunette est pénible le jour, impossible le soir (Fromentin, Voy. Égypte,1869, p. 44).
En partic. [Le subst. qualifié désigne un état phys.] Maladie pénible. Une sueur pénible inondait mon front, un nuage passait sur mes yeux (Sand, Lélia,1833, p. 181).La soif surtout est pénible. Les biscuits sont recherchés... etc. (Bordeaux, Fort de Vaux,1916, p. 181).V. gorge I B 1 ex. de Staël.
b) [Le subst. qualifié désigne (l'obj. d') une perception] Difficile à supporter, (très) désagréable. Tantôt il est fatigué de sons discordans, de tintemens pénibles, ou croit entendre une douce mélodie et des chants très-harmonieux (Cabanis, Rapp. phys. et mor.,t. 2, 1808, p. 359).La pièce était mal aérée; il y régnait une pénible odeur (Gide, Faux-monn.,1925, p. 1158).
[Constr. avec un compl. prép.] L'intervalle de la septième mineure, et, partant, celui de la seconde majeure (...) dut tout d'abord et longtemps paraître pénible à l'oreille (Gide, Journal,1928, p. 874).Chacun connaît des suites de mots presque impossibles à dire, et pénibles à entendre, comme « chasseurs sachez chasser » (Alain, Propos,1927, p. 706).
C.− En partic. [Corresp. à supra A et B]
1. CRIT. ART. [Le subst. qualifié désigne (un élément d') une œuvre artist.] Qui donne l'impression désagréable d'avoir été trop travaillé, qui est trop recherché, qui manque de simplicité, de naturel. Dessin, versification, imitation, style pénible. La couleur est chaude, mais la manière est pénible; le dessin habile, mais non pas original (Baudel., Salon,1845, p. 22).Ce second discours [de Bossuet] est pénible, quelque peu subtil, et sent l'appareil théologique (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t. 10, 1854, p. 200):
5. Jamais peinture plus pénible, plus suée, n'était encore sortie de la lourde truelle de ce fabricant de hourdages, qui a nom Bonnat. Cela est peint, rides à rides, verrues à verrues, sur l'éternel fond noirâtre qui repousse le blafard des tristes chairs éclairées par les bougies d'un gaz violacé. Huysmans, Art mod.,1883, p. 158.
[P. méton. du subst. qualifié] La misère de coloris du pénible peintre, du pauvre prix de Rome [Garnotelle], faisait trouver et imprimer qu'il avait des « couleurs gravement chastes » (Goncourt, Man. Salomon,1867, p. 161).
2. [Le subst. qualifié désigne un comportement] Qui donne l'impression attristante d'être effectué avec beaucoup d'effort et de difficulté. Synon. douloureux.Elle parla d'une voix pénible, la bouche amère. Quand elle était jeune, elle aurait voulu habiter au fond des bois (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 71).Devinant que je la regardais, ma mère fit un sourire pénible et qui lui brouilla les traits (Duhamel, Jard. bêtes sauv.,1934, p. 37):
6. Il en est ainsi des lignes : certaines sont anguleuses, chaotiques; elles correspondraient, si on les exécutait musculairement, à des gestes pénibles, heurtés, qui, répétés, ne seraient qu'une suite de contractions et de détentes mal organisées. Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 167.
D.− [Corresp. à peine IV; le subst. qualifié désigne un processus] Vieilli. Qui rencontre des difficultés, des obstacles dans son déroulement. Un lent et pénible développement social (Comte, Philos. posit.,t. 4, 1839-42, p. 537).Les débuts de la nouvelle monarchie furent pénibles. L'émeute, d'où elle était née, pesait sur elle et demandait son salaire (Bainville, Hist. Fr.,t. 2, 1924, p. 168):
7. La circulation [des marchandises et de la monnaie] est pénible là où une industrie imparfaite ne sait créer que des produits de peu d'usage ou trop chers, là où des impôts lourds et nombreux renchérissent les produits et obligent la plupart des consommateurs à s'en passer. Say, Écon. pol.,1832, p. 151.
Prononc. et Orth. : [penibl̥]. Ac. 1694 et 1718 : penible; 1740 : penible mais ,,c'est un travail pénible``; dep. 1762 : pénible. Étymol. et Hist. 1. Déb. xiies. peinible « qui donne de la fatigue, qui se fait avec peine » (Benedeit, St Brendan, éd. I. Short et Br. Merrilees, 790); 2. ca 1165 penible « qui fait du mal, difficile à supporter » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 28932). Dér. de peine*; suff. -ible*. Fréq. abs. littér. : 3 453. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 5 775, b) 4 135; xxes. : a) 4 848, b) 4 624.
DÉR.
Pénibilité, subst. fém.Caractère pénible (d'une activité, d'un travail). La pénibilité de la résistance aux inclinations naturelles du corps (Jankél., Je-ne-sais-quoi,1957, p. 256).Si l'on désire rapprocher du produit national le nombre d'hommes-journées de travail qu'il a fallu pour l'obtenir, on ne compare pas un produit à un coût correctement calculé puisque l'on ne tient pas compte de la pénibilité et de l'intensité du travail (Univers écon. et soc.,1960, p. 4-14). [penibilite]. 1reattest. 1952 (A. Dauzat ds Le Monde, 10 déc., p. 9, col. 1); dér. sav. de pénible, suff. -(i)té*. Cf. le m. fr. penibleté, peniblité, 2emoitié xives. ds Roques t. 1, B.N. lat. 7692 et conches 1, 6218 : penalitas, penibleté, penibilité.
BBG. − Quem. DDL t. 4 (s.v. pénibilité).

Pénible : définition du Wiktionnaire

Adjectif

pénible \pe.nibl\ masculin et féminin identiques

  1. Qui se fait avec peine, qui donne de la peine, de la fatigue.
    • Quelles fonctions plus pénibles et plus dispendieuses que celles de capitaine et de chef de bataillon de la garde nationale, dans une commune de campagne ? — (François-Vincent Raspail, Organisation ruineuse ou féconde de la dépense, dans Le Réformateur, 5 fév. 1835)
    • La mer est dure et houleuse, le remorquage pénible. A midi, la remorque casse […]. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Quoi qu’il en fût, ma naissance fut pénible. Je déchirai ma mère si cruellement que le contact de son mari lui devint un supplice. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 24)
    • Mais ce catéchisme est donné comme le résultat des méditations pénibles et consciencieuses et méritoires des hommes de bien qui fabriquent la Philosophie. — (Paul Nizan, Les chiens de garde, 1932)
    • Il mange lentement, handicapé par une mastication pénible, ne dit pas un mot, rit niaisement de loin en loin. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 213)
  2. (Figuré) Qualifie un style qui manque de naturel et qui sent l’effort.
  3. Qui fait de la peine, qui affecte désagréablement l’âme, l’esprit.
    • Situation pénible.
    • Sentiment pénible.
    • Doute pénible.
    • Il est pénible d’avoir à punir de pareilles fautes.
    • Une chose pénible à voir, à entendre.
    • Un aveu pénible à faire.

Nom commun

pénible \pe.nibl\ masculin et féminin identiques

  1. Personne pénible, usante.
    • T’es un pénible, toi !
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Pénible : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PÉNIBLE. adj. des deux genres
. Qui se fait avec peine, qui donne de la peine, de la fatigue. Un travail ingrat et pénible. Une situation pénible. Un effort pénible. L'intrigue de cette pièce est pénible à suivre. Un style pénible, Un style qui manque de naturel et qui sent l'effort.

PÉNIBLE signifie encore Qui fait de la peine, qui affecte désagréablement l'âme, l'esprit. Situation pénible. Sentiment pénible. Doute pénible. Il est pénible d'avoir à punir de pareilles fautes. Une chose pénible à voir, à entendre. Un aveu pénible à faire.

Pénible : définition du Littré (1872-1877)

PÉNIBLE (pé-ni-bl') adj.
  • 1Qui donne de la peine, de la fatigue. Travail, entreprise pénible. Et moi, sur ce sujet loin d'exercer ma plume, J'amasse de tes faits le pénible volume, Boileau, Épître VIII. Pensez-vous que ces cœurs, tremblants de leurs défaite, Fatigués d'une longue et pénible retraite…, Racine, Mithr. III, 1. J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus mortels venins prévenir la furie, Racine, ib. IV, 5. Il n'y a point au monde un si pénible métier que de se faire un grand nom, La Bruyère, II.

    Style pénible, style où le naturel manque, défaut des auteurs qui traitent un sujet auquel la nature ne les a pas rendus propres. L'ennui d'un dialogue pénible, lâche et diffus, Grimm, Corresp. t. IV, p. 294.

  • 2Il se dit aussi de ce qui cause une peine morale. Si nos sens ne s'opposaient pas à la pénitence… il n'y aurait en cela rien de pénible pour nous, Pascal, Pens. XXIV, 61, éd. HAVET. Lorsqu'il faut souffrir une longue et pénible langueur, Fléchier, Dauphine. Tout doit tendre au bon sens ; mais, pour y parvenir, Le chemin est glissant et pénible à tenir, Boileau, Art p. I.

    Il régit quelquefois à devant un infinitif. Cela est pénible à dire. Un trône est plus pénible à quitter que la vie, Racine, Théb. III, 4.

    Avec le verbe être employé impersonnellement, il régit de : Il est pénible de se quitter. Vous qui ne connaissez qu'une crainte servile, Ingrats, un Dieu si bon ne peut-il vous charmer ? Est-il donc à vos cœurs, est-il si difficile, Et si pénible de l'aimer ? Racine, Athal. I, 4.

HISTORIQUE

XIIIe s. Penible [dur à la peine], Partonop. v. 9356.

XIVe s. La quelle chose avoit esté hastivement faite par crainte de une loy et d'une ordonnance penible [qui inflige une peine], Bercheure, f° 21, verso.

XVe s. Preudons seras, poures, penibles [laborieux, qui se donne du mal], Deschamps, Poésies mss. f° 525.

XVIe s. Une occupation non penible ny ennuyeuse, Montaigne, I, 282. La conscience qui nous tourmente de plusieurs imaginations penibles, Montaigne, II, 45. Selon le naturel de toutes choses dont les plus precieuses sont les plus penibles à garder, De Serres, 227.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

PÉNIBLE. Ajoutez :
3Des âmes pénibles, des âmes difficiles à gouverner par un directeur. Il est certain qu'il y a des âmes qui sont pénibles, St-Cyran, dans STE-BEUVE, Port-Royal, t. I, p. 461, 3e éd.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Pénible : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PÉNIBLE, adj. (Gramm.) qui se fait avec peine. On croit que l’Algebre est une étude pénible. La route que nous avons à faire en ce monde, est courte, mais il y a des hommes pour qui elle aura été bien pénible. La connoissance des langues suppose un exercice de la mémoire long & pénible. Un plaisir qui n’a rien de penible, est communément insipide.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « pénible »

Étymologie de pénible - Littré

Peine. On donne encore à pénible le sens de dur à la peine, dans le Midi. Le provençal disait penable dans le sens où nous disons pénible.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de pénible - Wiktionnaire

 Dérivé de peine avec le suffixe -ible.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « pénible »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pénible penibl play_arrow

Citations contenant le mot « pénible »

  • Un hôpital, ce n’est pas que des lits de patients : cette semaine, nous passons au crible des services moins connus du CH Dron. S’il y a bien un service non médical où le travail est très pénible c’est celui de la blanchisserie. Maillon indispensable de l’exercice médical, tant pour les soignants que pour les patients, on y travaille dans la chaleur, l’humidité et le bruit. Impressionnant. La Voix du Nord, On traite plus de 4 tonnes de linge par jour à la blanchisserie du CH Dron de Tourcoing
  • #Viedavocate Avoir un ministre de l'intérieur qui dans sa vie de garçon a obtenu des faveurs sexuelles en échange d'1 promesse d'intervention est très très pénible mais en plus l'entendre dire "Je m'etouffe"lorsque j'entends parler de violences policières" est obscène #Démission https://t.co/fP86hB9wRC leparisien.fr, «Je m’étouffe» : les mots de Gérald Darmanin sur les violences policières ne passent pas - Le Parisien
  • « Avant, on ne l’utilisait que lorsqu’on était malade nous-même ou pour certains patients spécifiques. Ce n’était jamais en continu pendant nos douze heures de service », résume Mégane Chevreux, infirmière à la clinique Majorelle de Nancy. « Déjà, le plus gênant au quotidien, c’est que cela tient chaud », souffle Romane Chocardelle, sa collègue. Et pourtant, quand elles sortent de leur service, elles continuent à se protéger par un masque en tissu. Autant pour elles que pour les autres. Dans leur service à la maternité, elles ne sont pas en première ligne face aux risques de l’épidémie, mais il faut prendre toutes les mesures sanitaires car le virus n’est évidemment jamais très loin. « On utilise les masques FFP2, les plus protecteurs, c’est pénible de respirer au travers au bout de quelques heures », constate Mégane. « Et au début, on buvait beaucoup moins pendant le service. Je me souviens des maux de tête que j’avais à la fin de la journée », ajoute Romane. « C’est un outil à repenser à chaque fois que l’on commence notre service. » , Coronavirus | Le masque, un quotidien aussi indispensable que pénible
  • On a naïvement cru que c'était interminable et pénible, plus de quatre mois sans foot en France, mais c'était avant que le foot français nous rappelle ce qui était vraiment interminable et pénible. Tout était long, très long, trop long, vendredi au Stade de France, et tout était déjà long avant même que le match commence. Les traditions sont pulvérisées par le coronavirus qui réinvente les protocoles, mais le monde est décidément mal fait en 2020 : rien n'a pu empêcher Emmanuel Macron de saluer les joueurs parisiens et stéphanois, comme le président de la République en a l'habitude avant la finale de la Coupe de France. L'Équipe, Long - Humeur - L'Équipe
  • Ecrire est un métier pénible, avec ou sans génie. Avec c'est encombrant. Sans, c'est frustrant. De Félix Leclerc
  • Qu'y a-t-il de pénible à retourner d'où l'on vient ? Il vivra mal celui qui ne saura pas mourir. De Sénèque
  • Ce qui est le plus pénible est l'absence totale de solitude. De Claude Lévi-Strauss
  • Il est probable que la mort soit moins pénible que la vie. De Nicolas Paterakis
  • Le coeur ne vieillit pas, mais il est pénible de loger un dieu dans des ruines. De Voltaire
  • Rien n’est si pénible qu’un esprit posé ne puisse y trouver un quelconque réconfort. De Sénèque
  • Le plus pénible avec les impuissants, c'est qu'ils parlent. De Pascal Bruckner / Lunes de fiel
  • Il est plus pénible de "rendre" 1000 francs que de ne pas les gagner. De Alfred Sauvy / Mythologie de notre temps
  • Le plus pénible, quand on vieillit, c'est de se sentir encore jeune. De Robert Louis Stevenson
  • Le pénible fardeau de n'avoir rien à faire. De Nicolas Boileau / Epîtres
  • Etre asservi à soi-même est le plus pénible des esclavages. De Sénèque
  • Notre vie est une longue et pénible quête de la Vérité. De Gandhi
  • C'est très pénible de peigner la girafe. Surtout sans échelle. De Chaval
  • Semer est moins pénible que moissonner. De Johann Wolfgang von Goethe
  • Etre esclave de soi est le plus pénible des esclavages. De Sénèque

Images d'illustration du mot « pénible »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « pénible »

Langue Traduction
Corse fastidiu
Basque gogaikarriak
Japonais うるさい
Russe раздражающий
Portugais irritante
Arabe مزعج
Chinois 烦人的
Allemand nervig
Italien fastidioso
Espagnol molesto
Anglais annoying
Source : Google Translate API

Synonymes de « pénible »

Source : synonymes de pénible sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « pénible »


Mots similaires