Rude : définition de rude


Rude : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RUDE, adj.

I. − [En parlant de choses]
A. − Qui donne du mal, difficile, pénible à supporter. Métier rude; rudes travaux; rude besogne; rude combat; rude bataille; rude hiver; climat rude. Rude journée de dix heures de marche, par un froid rigoureux et dans des vallées complétement désertes (Lamart.,Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 241).Ne vous illusionnez pas sur les difficultés du rôle d'éducateur. Rien n'est plus rude et plus rebutant que le défrichage d'une intelligence (Claudel,Corresp.[avec G. Frizeau], 1911, p. 230).
Être soumis, mis à (une) rude épreuve; subir de rudes épreuves. Être soumis à quelque chose de pénible; subir des choses pénibles. La femme que j'aime (...) a déjà subi les rudes épreuves de la vie, elle a aimé, elle a souffert (Ponson du Terr.,Rocambole, t. 3, 1859, p. 565).On me signalait le triste état dans lequel elle [l'armée belge] se trouvait. La retraite d'Anvers l'avait soumise à une rude épreuve, au cours de laquelle elle avait eu l'impression d'être abandonnée par ses alliés (Joffre,mém., t. 1, 1931, p. 466).Soumettre qqc. à (une) rude épreuve. Que voulait-il faire de cette grosse boule noire? Ô! Lecteur, toi qui te vantes sans cesse de ta perspicacité (et non à tort), serais-tu capable de me le dire? Mais, je ne veux pas soumettre à une rude épreuve ta passion connue pour les énigmes (Lautréam.,Chants Maldoror, 1869, p. 289).
Rude école. Apprentissage d'un métier, de la vie dans des conditions sévères ou pénibles. L'adversité, disait-elle, est une rude école à laquelle on profite vite. Elle se flattait, pour sa part, d'y avoir beaucoup appris et beaucoup oublié (Sandeau,Mllede La Seiglière, 1848, p. 63).rude école de + subst.Rude école de patience en vérité, de résignation et de ténacité. Parce que rien n'est acquis aux champs, et semer n'est pas récolter (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p. 261).Sortir d'une rude école. Une maison de drogues l'avait instruite sur les pénombres, les menaces, les poursuites qui cassent les meubles, les viandes froides mangées à la nuit (...). Elle sortait d'une rude école (Cocteau,Enfants, 1929, p. 111).
Rude leçon. Enseignement pénible, sévère mais profitable. Un prince étudier, aller en classe! Un prince avoir des camarades! Les princes jusqu'ici ont eu des serviteurs, et jamais d'autre école que celle de l'adversité, dont les rudes leçons étaient perdues souvent (Courier,Pamphlets pol., Disc. souscr. acquis. de Chambord, 1821, p. 76).Les belles âmes arrivent difficilement à croire au mal, à l'ingratitude, il leur faut de rudes leçons avant de reconnaître l'étendue de la corruption humaine (Balzac,Illus. perdues, 1843, p. 563).
Rude à + inf. Pénible, dur à. La sonnette de la grille, un peu rude à tirer (Flaub.,Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 89).La thuie reste rude parfois à couper, malgré l'outil effilé (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p. 101).
Empl. subst. En voir de rudes. Supporter beaucoup de choses pénibles. Tartarin se réveilla. Il avait dormi toute la soirée, toute la nuit, toute la matinée, et même un bon morceau de l'après-midi; il faut dire aussi que depuis trois jours la chéchia en avait vu de rudes! (A. Daudet,Tartarin de T., 1872, p. 65).[Peyral] dit qu'il en a vu de rudes pour les jeunes gens qui ne sont pas bien raisonnables, par rapport à des camarades qui les entraînent à la boisson (Loti,Spahi, 1881, p. 83).
En partic. Difficile (à comprendre, à croire, à résoudre). Une rude question. La guerre d'Europe avait posé aux musulmans de l'Inde un rude problème de conscience (Rolland,Gandhi, 1923, p. 63).
Cela paraît, est rude, un peu rude. C'est difficile à admettre, à croire. Tutoyer ainsi un homme à qui on n'a pas appartenu, à qui on ne s'est pas donnée, est un peu rude (Sainte-Beuve,Nouv. lundis, t. 8, 1864, p. 235).
B. −
1. Dur (au toucher). Barbe, poil rude; herbe rude; étoffe rude; rude écorce; peau rude. Synon. raboteux, raide, rêche.Madeleine dormait dans ses mousselines légères, étendue sur la rude toile qui lui servait de tapis (Fromentin,Dominique, 1863, p. 167).Ses mains étaient si rudes qu'elles me râpaient la peau quand elles tenaient les miennes (A. France,Pt Pierre, 1918, p. 95).
Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. J'insistai d'abord sur les qualités des objets plutôt que sur la variété de ceux-ci: le chaud, le froid, le tiède, le doux, l'amer, le rude, le souple, le léger (Gide,Symph. pastor., 1919, p. 890).Définir le dur ou le mou, le rude ou le lisse, le sable ou le miel comme autant de lois ou de règles du déroulement de l'expérience tactile (Merleau-Ponty,Phénoménol. perception, 1945, p. 365).
2. P. anal.
a) Dur, désagréable (au goût). Synon. âpre, fort1, raide.Un vin rude; une rude saveur. C'était un alcool rude, aromatisé d'herbes à goût très brutal (Giono,Hussard, 1951, p. 46).
b) Dur (à l'oreille). Synon. âpre, heurté, rauque.Parler guttural et rude; ton rude; voix rude. La langue française est comme tempérée dans sa tonalité générale (...) les phonèmes rudes ou trop marqués en sont proscrits (Valéry,Regards sur monde act., 1931, p. 128).Louis [Armstrong], au lieu d'atténuer ce que la voix a de rude et d'âpre, l'accentue (Panassié,Jazz hot, 1934, p. 89).
c) Dur (à l'odorat). Synon. fort1, violent.Un parfum rude; de rudes senteurs. Ça sentait la fonte surchauffée, l'eau d'amidon aigrie, le roussi des fers, une fadeur tiède de baignoire où les quatre ouvrières, se démanchant les épaules, mettaient l'odeur plus rude de leurs chignons et de leurs nuques trempées (Zola,Assommoir, 1877, p. 515).Du parc détrempé montait une rude odeur d'herbe versée, de mousseron et de tubercule germé (Colette,Duo, 1934, p. 144).
C. − P. ext. [Antéposé] Fort, important, qui se fait remarquer. Un rude appétit; un rude estomac; une rude chance. Des conseils? Tu as un rude culot! Oui, un rude culot de te mêler de me guider, de fouiner dans mes affaires! (Colette,Cl. s'en va, 1903, p. 217).Il dînait avec le docteur: une rude économie (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 211).
II. − [En parlant d'une pers.]
A. − Primitif, fruste, vigoureux. Homme simple et rude. Les houilleurs sont de rudes hommes qui ont la tête plus dure que les machineurs (Zola,Germinal, 1885, p. 1250):
1. [Grand-père] comprenait que ce rude garçon, qui avait toujours vécu dans ce pays sauvage et qui voyait autour de lui beaucoup de vies semblables à celle qu'il entendait se faire, était excusable, étant inconscient. Sa droiture, sa simplicité, sa distinction native, sa forme extraordinaire, séduisaient grand-père malgré lui. Gyp,Souv. pte fille, 1928, p. 6.
[P. méton.; en parlant de la nature, de l'esprit d'une pers., d'une manière d'être ou de faire] Des mœurs rudes; mine, physionomie rude. Je me dis: Ce doit être [M. Du Camp] une nature forte, franche, un peu rude et dure de fibre, un peu crue, courageuse, véhémente, violente même (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t. 12, 1855, p. 15).Il avait l'esprit rude et grossier, et il ne pouvait témoigner sa délicatesse que dans l'autorité (Noailles,Domination, 1905, p. 27).Avec nos matelots, mon entente (...) fut si facile! Sous les manières rudes, je distinguai vite des délicatesses exquises et, entre nous la sympathie s'établit tout de suite (Loti,Vertige mond., 1917, p. 54).
[En parlant de la qualité d'une pers., d'une émotion] Rude franchise. Ce qui frappe surtout dans les œuvres de Mantegna (...) c'est l'empreinte d'une émotion profonde, énergique, rude même, accentuant et violentant pour ainsi dire jusqu'aux délicatesses d'un style patiemment, curieusement travaillé (Ménard,Hist. Beaux-Arts, 1882, p. 138).On trouve un charme de simplicité rude et de sincérité à ces œuvres où Cézanne emploie juste ce qui est indispensable à rendre son désir (Mauclair,Maîtres impressionn., 1923, p. 152).
[En parlant du style, de l'éloquence] Ce rédacteur (...) présentera les détails techniques avec le style âpre et rude, mais concis, d'un marin (Voy. La Pérouse, t. 1, 1797, p. v).D'une éloquence énergique et rude, il prononça de nombreux et brillants discours (Sartre,Nausée, 1938, p. 121).
B. − Dur, sévère, résistant. Un maître rude. Le patron était rude et toujours présent (R. Bazin,Blé, 1907, p. 48).Le plus rude travailleur des environs. Pas plus qu'il ne fumait ou parlait au chantier, il ne soufflait. Toujours devant les autres. Ceux-ci grognaient: « Il nous tuera, c'est un bœuf » (Pesquidoux,Livre raison, 1928, p. 87).
Rude à qqn.Dur envers quelqu'un. Il était rude à lui-même, infatigable, sachant endurer patiemment la faim, la soif, le froid, la pluie, la chaleur (Barante,Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 268).
Rude à qqc.Dur, résistant. Rude à la tâche, au travail. Celui que tu viens combattre est, par malheur, Vaillant autant que fort et rude à la bataille (Bornier,Fille Rol., 1875, iii, 4, p. 73).Elle est gentille, hein! dit le menuisier, pendant qu'elle apportait des verres. Si on ne jurerait pas une demoiselle, costumée en paysanne! Et rude à l'ouvrage, pourtant! (Flaub.,Bouvard, t. 1, 1880, p. 99).
En partic.
Redoutable, difficile. Un rude joueur. L'enfant jugea sans doute inutile de lutter plus longtemps avec un aussi rude adversaire, et il sortit de la chambre (Bernanos,Crime, 1935, p. 805):
2. Des manières patelines faisaient passer son esprit chicanier, car c'était le plus rude ferrailleur judiciaire; mais s'il contestait audacieusement le droit d'autrui, il ne cédait rien sur le sien; il prenait son adversaire par le temps, il le lassait par une inflexible volonté. Balzac,C. Birotteau, 1837, p. 58.
Courageux, hardi. Un rude gaillard. Il n'y a pas de brume qui tienne, sans une avarie, jamais le capitaine ne serait venu s'aplatir ici contre. C'était un rude marin, que nous connaissions tous (A. Daudet,Lettres moulin, 1869, p. 88).[Joseph] a accroché dans sa sellerie, les portraits du pape et de Drumont; dans sa chambre, celui de Déroulède; dans la petite pièce aux graines, ceux de Guérin et du général Mercier... de rudes lapins... des patriotes... des Français, quoi! (Mirbeau,Journal femme ch., 1900, p. 120).
C. − [Antéposé; détermine en le renforçant un mot à valeur dépréc. ou péj.] Synon. de drôle de (fam.), sacré, vrai.Elle a beau être dans les curés... je l'ai toujours pensé que c'est une rude cochonne (Mirbeau,Journal femme ch., 1900, p. 67).Tu es un rude salaud, dit Bloyé, tu aurais bien pu monter jusqu'à la rue d'Ulm avec ton corbillard (Nizan,Conspir., 1938, p. 58).La mère Popineau, quoi... La marchande de poisson (...) Une rude garce, oui, à qui il ne faut pas en promettre... Il paraît qu'elle a déjà usé trois maris (Simenon,Vac. Maigret, 1948, p. 68).
Prononc. et Orth.: [ʀyd]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1213 « mal dégrossi, inculte » (Fet des Romains, éd. Flutre et Sneyders de Vogel, 106, 3); 2. a) 1306 « se dit d'une chose dure au toucher » (Girart d'Amiens, Charlemagne, éd. H. Dammann, 480, 58); b) ca 1355 « désagréable à voir, à entendre » (Bersuire, f o89 ds Littré); 3. a) 1271 « fatigant; dur à supporter » (Rutebeuf, Ste Élysabel, éd. E. Faral, J. Bastin, t. 2, p. 165); b) 1462 « pénible à supporter (du temps) » (Cent Nouvelles nouvelles, éd. F. P. Sweetser, p. 98); c) 1835 des mœurs rudes (Ac.); 4. ca 1375 « dur, sévère (d'une personne) » (J. Cuvelier, B. du Guesclin, éd. E. Charrière, 118); 5. 1580 « difficile à vaincre, redoutable (d'un adversaire) » (Montaigne, Essais, éd. P. Villey, V. L. Saulnier, p. 153); 6. 1675 rude à (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 715); 1688 rude école (La Bruyère, Caractères, III, 64); 1718 les temps sont rudes (Ac.); 1798 cela me paraît rude « d'une chose difficile à croire » (Ac.); 1872 en voir de rudes (A. Daudet, loc. cit.); 7. 1859 « difficile à comprendre, ardu » (Hugo, Légende, t. 2, p. 776); 8. 1715 rude appétit (Lesage, Gil Blas, II, 7 ds Littré); 1841 rude gaillard (Balzac, Tén. affaire, p. 155); 1862 rude lapin (Larchey, Excentr. lang., p. 283). Empr. au lat.rudis « brut, inculte, grossier, ignorant ». Fréq. abs. littér.: 3 102. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 817, b) 6 636; xxes.: a) 5 315, b) 3 182.

Rude : définition du Wiktionnaire

Adjectif

rude \ʁyd\ masculin et féminin identiques

  1. Âpre au toucher ; brut ; dur.
    • Le poil du mouflon, que l’on trouve en Asie, est plutôt rude et ressemble à celui de la chèvre ordinaire avec lequel on le confond souvent. Il est employé pour la confection des tapis et feutres grossiers, …. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie: Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
    • Elle ne pleurait plus, sa voix était caressante, elle appuyait sur sa gorge blanche et délicate la grosse main rude de Javert, et elle le regardait en souriant. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 5, 13 ; 1862)
    • Les sables sont les matières que l'on mélange le plus habituellement à la chaux pour former les mortiers ; ils doivent être rudes au toucher et crier quand on les serre dans la main. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 21)
  2. Âpre au goût ; corsé.
    • On but à larges goulées le vin rude qui vous râpait la gorge et chantait aux tempes ; à grandes bâfrées, on s'empifra de viandes. Oui, jamais ne fut plus joyeux réveillon. — (Yvonne Pagniez, Pêcheurs des côtes de France, Fernand Lanore, 1977, p.124)
  3. Raboteux.
    • Les chemins en ce pays-là sont fort rudes.
  4. (Figuré) Pénible ; fatigant.
    • Sa jeunesse se dépensait ainsi dans un travail rude et mal payé. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 2, 6 ; 1862)
    • Manier du fer quand il y a de la glace entre les pavés, c'est rude. Ça vous use vite un homme. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 7, 10 ; 1862)
    • On a marché depuis le point du jour, on est au soir d’une longue et rude journée ; on a fait le premier relais avec Mirabeau, le second avec Robespierre, le troisième avec Bonaparte; on est éreinté. Chacun demande un lit. — (Victor Hugo, Les Misérables, IV, 1, 1 ; 1862)
  5. Violent ; impétueux.
    • – Ah! monsieur le prêtre, vous n’aimez pas les crudités du vrai. Christ les aimait, lui. Il prenait une verge et il époussetait le temple. Son fouet plein d’éclairs était un rude diseur de vérités. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 1, 10 ; 1862)
    • La roue du tilbury reçut un choc assez rude. Le courrier cria à cet homme d’arrêter, mais le voyageur n’écouta pas, et continua sa route au grand trot. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 7, 5 ; 1862)
    • L’impression de cette première décharge fut glaçante. L’attaque était rude et de nature à faire songer les plus hardis. — (Victor Hugo, Les Misérables, IV, 14, 1 ; 1862)
    • Tous les actes extérieurs de sa vie, son âpre ambition, sa rude soif de l'or, tout cela n'était qu'un moyen et non un but. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Essuyer une rude tempête.
  6. Difficile à supporter ; rigoureux.
    • Il arriva qu'un hiver fut rude. Jean n’eut pas d’ouvrage. La famille n’eut pas de pain. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 2, 6 ; 1862)
    • Il se rappelait ses anciens compagnons ; comme ils étaient misérables ; ils se levaient dès l’aube et travaillaient jusqu’à la nuit ; à peine leur laissait-on le sommeil ; ils couchaient sur des lits de camp, où l’on ne leur tolérait que des matelas de deux pouces d’épaisseur, dans des salles qui n’étaient chauffées qu’aux mois les plus rudes de l’année. — (Victor Hugo, Les Misérables, II, 8, 9 ; 1862)
    • L'hiver 1953-1954 fut particulièrement rude. Des clochards moururent de froid, ainsi qu'un enfant dans une famille mal logée. — (Bertrand Marchand, Paris, histoire d'une ville XIXe-XXe siècle, Éditions du Seuil, 1993, p.279)
    • Un rude hiver s’est abattu sur la campagne bourguignonne : les quelques arpents de vigne qui font vivre la famille ont gelé. — (Rosa Moussaoui, Zéphyrin Camélinat (1840-1932) Un long chemin, de la commune au communisme, dans L'Humanité, 7 septembre 2011)
    • Les temps sont rudes se dit du temps où l’on a beaucoup à souffrir, surtout lorsqu’il y a peu de travail et beaucoup de misère.
    • C’est un rude coup pour lui, cet événement est très fâcheux pour lui.
    • Une rude épreuve, une situation difficile et pénible.
    • Sa vertu fut mise à une rude épreuve, à de rudes épreuves.
    • Une rude tentation, une tentation à laquelle il est difficile de ne pas succomber.
    • Ce trait est un peu rude, se dit d’un propos ou d’un procédé difficile à supporter, à accepter.
  7. (Familier) Difficile à croire.
    • Cela me paraît rude.
    • Bah ! Tant pis ! Ce n’est pas ma faute. C'est l’affaire
      Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds.
      Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ?
      C’est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
      Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.

      — (Victor Hugo, La Légende des siècles, Les Pauvres gens, X ; 1859)
  8. Choquant, grossier, désagréable.
    • Il avait son sac sur l’épaule, son bâton à la main, une expression rude, hardie, fatiguée et violente dans les yeux. Le feu de la cheminée l’éclairait. Il était hideux. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 2, 3 ; 1862)
    • Tout à coup, la voix rude de la Thénardier la rappela à la réalité : – Comment, péronnelle, tu n’es pas partie ! — (Victor Hugo, Les Misérables, II, 3, 4 ; 1862)
    • Un auteur qui a le style rude.
    • Ces vers-là sont rudes.
    • Ce peintre a le pinceau rude, il peint sans grâce.
    • Ce coiffeur a la main rude, il ne rase pas légèrement.
    • Ce cavalier a la main très rude, il mène durement son cheval.
    • Des mœurs rudes, des mœurs d’une simplicité grossière.
  9. Fâcheux, dur, sévère.
    • Il lui était resté juste assez d’âpreté pour assaisonner sa bonté ; c’était un esprit rude et un cœur doux. — (Victor Hugo, Les Misérables, IV, 3, 4 ; 1862)
    • Un maître qui est rude envers ses domestiques.
    • Dire des paroles rudes à quelqu’un.
    • Il a reçu un traitement très rude.
    • Il est rude en affaires, se dit d’un homme qui traite avec dureté ceux qui ont affaire à lui.
  10. Rigide, austère.
    • La règle de ces religieux, de cet ordre est très rude.
  11. (Familier) Redoutable.
    • Vous avez là un rude adversaire.
    • C’est un rude dialecticien.
    • C’est un rude jouteur, c’est un homme avec lequel il ne fait pas bon se mesurer.
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Rude : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RUDE. adj. des deux genres
. Qui est âpre au toucher et dont la surface est inégale et dure. La toile grosse et neuve est extrêmement rude. La haire et le cilice sont rudes sur la peau. Avoir la peau rude. Avoir la barbe rude. Le grès est rude au toucher. Une brosse rude. Il se dit aussi de Ce qui est âpre au goût, au palais. Voilà du vin qui est rude. Il signifie encore Qui est raboteux. Les chemins en ce pays-là sont fort rudes. Il se dit figurément de Tout ce qui cause de la peine, de la fatigue. Il a entrepris une rude tâche. Le métier de tailleur de pierre est très rude. Nous avons eu une journée très rude.

RUDE signifie aussi Qui est violent, impétueux. Un rude assaut. Un rude choc. Une rude attaque. Une rude secousse. Essuyer une rude tempête. Il signifie encore Qui est difficile à supporter, rigoureux. Un temps rude. Une saison rude. Un froid extrêmement rude. L'hiver a été rude. Les temps sont rudes se dit des Temps où l'on a beaucoup à souffrir, surtout des temps où il y a peu de travail et beaucoup de misère. C'est un rude coup pour lui, Cet événement est très fâcheux pour lui. Une rude épreuve, Une situation difficile et pénible. Sa vertu fut mise à une rude épreuve, à de rudes épreuves. Une rude tentation, Une tentation à laquelle Il est difficile de ne pas succomber. Fam., Cela me paraît rude se dit d'une Chose difficile à croire. Fam., Ce trait est un peu rude se dit d'un Propos ou d'un procédé difficile à supporter, à accepter.

RUDE se dit encore de Diverses choses qui, par leur dureté, sont choquantes, désagréables à voir, à entendre, à lire, etc. Avoir le visage rude, l'air rude, les manières rudes. Avoir la voix rude, la prononciation rude. Un auteur qui a le style rude. Ces vers-là sont rudes. Ce peintre a le pinceau rude, Il peint d'une manière rude et sans grâce. Ce coiffeur a la main rude, Il ne rase pas légèrement. Ce cavalier a la main très rude, Il mène durement son cheval. Des mœurs rudes, Des mœurs d'une simplicité grossière.

RUDE signifie également Qui est fâcheux, dur, extrêmement sévère. Cet homme a l'humeur rude, l'esprit rude. Un maître qui est rude envers ses domestiques. Dire des paroles rudes à quelqu'un. Il a reçu un traitement très rude. Il est rude aux pauvres gens se dit d'un Homme qui traite avec dureté, avec hauteur ceux qui ont affaire à lui.

RUDE signifie aussi Qui est rigide, austère. La règle de ces religieux, de cet ordre est très rude. Il signifie encore, familièrement, Qui est redoutable. Vous avez là un rude adversaire. C'est un rude dialecticien. Fam., C'est un rude jouteur, C'est un homme avec lequel il ne fait pas bon se mesurer. On le dit au propre et au figuré.

Rude : définition du Littré (1872-1877)

RUDE (ru-d') adj.
  • 1Qui n'est pas dégrossi, qui est brut, inculte (sens propre et étymologique). Vous avez ouï parler de cet amas rude et indigeste [le chaos] qui précéda la disposition et la beauté des choses que nous voyons, Guez de Balzac, le Barbon. S'ils [les vers] n'étaient remplis d'une certaine beauté qui se fait sentir aux personnes même les plus rudes et les plus grossières, Pellisson, Hist. Acad. IV, l'Estoile. D'esprit, j'en ai fort peu ; mais on l'aurait bien rude Si l'on ne profitait d'une longue habitude, Hauteroche, Bourg. de qual. III, 8. Les chiens du Kamtschatka sont grossiers, rudes et demi-sauvages, comme leurs maîtres, Buffon, Quadrup. t. VIII, p. 173.

    Des mœurs rudes, des mœurs d'une simplicité grossière.

  • 2 Par extension du sens de non dégrossi. âpre au toucher. Avoir la barbe rude. Une brosse fort rude. Qu'était-ce donc que son vêtement ? un rude cilice, Bourdaloue, Exhort. sur sainte Thérèse, t. I, p. 300.

    Couvert de petites saillies ou aspérités nombreuses et sensibles au toucher. Avoir la peau rude.

    Se dit des plantes qui présentent au tact une aspérité insensible à l'œil.

  • 3âpre au goût. Vin rude.
  • 4âpre et difficile, en parlant des chemins. Chemin rude.

    Fig. Le rude sentier de la vertu. Le juste, sévère à lui-même… ne peut pas même obtenir que le monde le laisse en repos dans ce sentier solitaire et rude, où il grimpe plutôt qu'il ne marche, Bossuet, Reine d'Anglet.

  • 5Qui cause de la fatigue, de la peine. Un rude métier. Il a entrepris une rude tâche. Notre sort est beaucoup plus rude Chez les grands que chez les petits, Molière, Amph. I, 1. Brontin… Sort à l'instant, chargé d'une triple bouteille… L'odeur d'un jus si doux lui rend le faix moins rude, Boileau, Lutr. II. Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude, Boileau, Ép. X. Ce travail [le Siècle de Louis XIV] est rude ; il y a trois ans qu'il m'occupe et qu'il me tue, sans presque aucune diversion, Voltaire, Lett. Caperonnier, 1er juin 1768. Qu'il y ait parmi nous un homme [Damiens] qui ait osé attenter à la vie de son souverain… qu'on l'ait condamné à être déchiré avec des ongles de fer… démembré par des chevaux ; qu'on lui ait lu cette sentence terrible, et qu'après l'avoir entendue, il ait dit froidement : la journée sera rude, Diderot, Lett. à Mlle Voland, 15 oct. 1760. Ma chaise [voiture] était rude, et j'étais trop incommodé pour pouvoir marcher à grandes journées, Rousseau, Conf. X. Presque en toutes choses les commencements sont rudes, Rousseau, ib. III.

    Ce cheval est rude, il a le train rude, fatigant.

    Ce barbier a la main rude, il ne rase pas légèrement.

    Ce cavalier a la main bien rude, il mène durement son cheval.

  • 6 Par extension, désagréable à voir, à entendre, à prononcer, etc. Avoir le visage, l'air, le regard, la voix rude. …Sollicitude à mon oreille est rude, Molière, F. sav. II, 7. La colère et la tristesse les rendent [les traits du visage] plus rudes, et leur donnent un air ou plus farouche ou plus sombre, Bossuet, Connaiss. II, 12. Par ce sage écrivain [Malherbe] la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée, Boileau, Art p. I. La raison quittant son ton rude Prendra le ton du sentiment, Gresset, Chartr.

    Ce peintre a le pinceau rude, il peint d'une manière dure et sans grâce.

  • 7Il se dit de la rigueur des saisons. Un froid rude. Le rude hiver des années dernières acheva de la dépouiller de ce qui lui restait de superflu, Bossuet, Ann. de Gonz. La Haie est un séjour délicieux l'été, et la liberté y rend les hivers moins rudes, Voltaire, Lett. d'Argenson, 8 août 1743.

    Fig. Temps rudes, temps où le travail manque, et où la misère est grande.

  • 8Où il y a effort violent, lutte violente. Après avoir achevé le rude siége de Besançon, Bossuet, Louis de Bourbon. Vous avez soutenu de rudes guerres, je l'avoue, Fénelon, Dial. des morts anc. Dial. 29. Des richesses capables de fournir à toutes les dépenses d'une rude et longue guerre, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 343, dans POUGENS. La mêlée fut rude d'abord, chaque parti faisant des efforts extraordinaires de bravoure pour soutenir l'honneur de sa nation, Rollin, ib. t. VI, p. 413. Le combat fut rude et très opiniâtre, Vertot, Rev. rom. XII, 215.
  • 9Impétueux, intense. Une rude secousse. Essuyer une rude tempête. Vous soutenez en paix une si rude attaque, Racine, Andr. IV, 2. Nous lui donnons quelquefois de rudes coups [au gouvernement anglais], mais nous ne le cassons pas, Voltaire, Dial. XXIV, 15.

    Fig. Un coup rude, une chose qui cause beaucoup de peine. Ce coup sera sans doute assez rude pour elle, Corneille, Hor. IV, 3. Il se forme parmi les grandeurs une nouvelle sensibilité pour les déplaisirs, dont le coup est d'autant plus rude, qu'on est moins préparé à le soutenir, Bossuet, Mar.-Thér.

    Fig. C'est un rude coup pour lui, cet événement est très fâcheux pour lui.

  • 10 Fig. Qui cause du mal, de la souffrance. Deux choses dont la privation m'est bien rude, Sévigné, 297. Il y a des endroits dans la vie qui sont bien amers et bien rudes à passer, Sévigné, à Bussy, 14 mai 1675. Qu'on ne dise donc plus que l'obéissance est rude ; au contraire, ce qui est rude, c'est d'être livré à soi-même et à ses désirs, Bossuet, Sermons, Oblig. de l'état relig. 2. Chrétiens, ne murmurez pas si Madame a été choisie pour nous donner une telle instruction ; il n'y a rien ici de rude pour elle, puisque Dieu la sauve par le même coup qui vous instruit, Bossuet, Duch. d'Orl. À la journée de Senef, le jeune duc… vient dans les plus rudes épreuves apprendre la guerre aux côtés du prince son père, Bossuet, Louis de Bourbon. Quand on a assez d'élévation de génie et d'éloquence pour gouverner, il est bien rude de passer sa vie dans la dépendance d'un peuple capricieux, Fénelon, Dial. des morts (Solon, Pisistrate). Je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, et je désespère enfin d'y réussir ; cela est bien rude ! La Bruyère, XIII. Un écrit trop long est un impôt très rude qu'on met sur la patience du lecteur, Voltaire, Pol. et lég. Lett à M. T***. Le doute en mon malheur est un tourment trop rude, Voltaire, Œdipe, V, 2.

    Fig. Une rude épreuve, une situation difficile et délicate, ou dangereuse pour le maintien de l'amitié. Vous mettez notre amitié à une épreuve trop rude, Lesage, Diab. boit. 13.

  • 11 Familièrement. Il se dit de ce qui se fait vivement sentir. J'arrivai, sur le soir, au village d'Ataquinès, avec un très rude appétit, Lesage, Gil Bl. II, 7.

    Une rude tentation, une tentation à laquelle il est difficile de ne pas succomber. J'eus une rude tentation de le confondre en public.

    Cela me paraît rude, se dit d'une chose difficile à croire.

    Ce trait est un peu rude, ce propos, ce procédé est difficile à supporter, à dissimuler. Serait-il possible que les bontés de M. le duc de Choiseul pour ma colonie m'eussent fait tort, et que je fusse à la fois ruiné et opprimé pour avoir fait du bien ? cela serait rude, Voltaire, Lett. d'Argental, 11 oct. 1771.

    On commence aujourd'hui en ce sens à dire raide pour rude, tant par confusion que par besoin de varier les locutions.

  • 12Dur, fâcheux, en parlant des personnes. Un père rude à ou envers ses enfants. Au moins, Seigneur, pardonne à cette multitude, à ce peuple ignorant ; ne lui sois point si rude, Garn. les Juives, IV. Je croyais avoir été trop rude de refuser ce portrait à Mme de Fontevrault, Sévigné, 23 oct. 1675. La trouvant de jour en jour plus rude pour lui, par le chagrin qu'elle avait d'ailleurs, La Fayette, Princesse de Montpensier, Œuv. t. II, p. 322, dans POUGENS. Non que tu sois pourtant de ces rudes esprits Qui regimbent toujours, quelque main qui les flatte, Boileau, Ép. IX, à Seignelay. Vous savez, monsieur, que nous avions tous conseillé à Clarice d'affecter de paraître sévère et rude aux domestiques, en présence de M. Grichard, afin de gagner ses bonnes grâces, Brueys, Grondeur, I, 12. C'est un rude homme que M. André, quand il a affaire à cette espèce méchante et sotte, Voltaire, l'Homme aux 40 écus, Scélérat chassé. Las ! j'épousai bien jeune encor La liberté, dame un peu rude, Béranger, Refus.

    Il est rude aux pauvres gens, à pauvres gens, se dit quand un homme prend avantage de sa supériorité pour maltraiter un inférieur. Ah ! que tu es rude à pauvres gens ! fi ! que cela est malhonnête de refuser les personnes ! Molière, G. Dand. II, 1.

    Il se dit des choses en un sens analogue. Il reçut un traitement bien rude. Une rude réprimande. Pour ne vous faire pas de réponse trop rude, Corneille, Nicom. IV, 5. Elle [la reine] lui fit à lui-même, dès l'après-dînée, des reproches aussi rudes et aussi violents, que s'il lui avait fait toutes les perfidies imaginables, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 479, dans POUGENS. Je ne sais comme vous avez pu imaginer qu'il fût honnête de refuser une telle chose [un cadeau du cardinal de Retz] ; ou je radote et ne sais plus vivre, ou c'eût été la plus rude et la moins respectueuse action que vous eussiez jamais pu faire, Sévigné, à Mme de Grignan, 22 août 1675. …Ah ! qu'il m'explique un silence si rude, Racine, Bér. II, 5.

  • 13Rigide, austère. La règle de cet ordre est bien rude.
  • 14Redoutable. Un rude adversaire. Le pays délivré d'un si rude ennemi, Corneille, Cid, IV, 3. Il avait souvent dit à Mme de Senantes, en parlant de Matta, que c'était la plus rude épée de France, Hamilton, Gramm. 4.

    C'est un rude joueur, une rude joueuse, se dit d'une personne qui ne sait pas jouer ou folâtrer sans faire du mal.

    Fig. et familièrement. C'est un rude joueur, c'est un homme à qui il ne fait pas bon se jouer.

    C'est un rude jouteur, c'est un homme avec qui il ne fait pas bon se mesurer, au propre et au figuré. Ce n'est qu'un… essai [la traduction d'un livre de Tacite]… un si rude jouteur m'a bientôt lassé, Rousseau, Trad. du 1er livre des Histoires, Avert.

    Populairement. Un rude lapin, un homme courageux, hardi.

  • 15 S. f. Espèce de couleuvre.

HISTORIQUE

XIIIe s. Li rudes hom fet la rude œuvre ; Se rudes est, rudes est bues [le bœuf] ; Rudes est, s'a nom Rudebues ; Rustebues oevre durement, Rutebeuf, 329.

XIVe s. Rudes, malgracieux jamais plus ne sera ; Il bat, il fiert, il rue les enfants de deça, Guesclin. 118. Semblant doulx et courtois vers tous, Et, en cuer, faulx, rude et estous [arrogant], J. Bruyant, dans Ménagier, t. II, p. 26. Il avoit enseigné les letres aus gens de la terre qui erent [étaient] rudes et simples, Bercheure, f° 9, verso. Oroison rude et mal composée, Bercheure, f° 89.

XVe s. …Et ne soyons pas si rudes et si rebelles, que nous fassions perdre davantage, puisque bellement… nous pouvons venir à paix, Froissart, II, III, 42. Posons encore que l'homme soit de rude entendement, si est-ce, comme dict le proverbe, que l'usage rend maistre, Bouciq. IV, 10. Comment sont li noble si rude Qu'ilz ont la science en despit ? Dont ilz sont de venu petit, Deschamps, Miroir de mariage, p. 110. Un soir, qu'il faisoit fort rude temps…, Louis XI, Nouv. XI. Laquelle femme ne fu aucunement visitée… mais par gens rudes, ignorans, et non pas expers du mestier de cirurgerie, Du Cange, ruditas.

XVIe s. Estant ainsi devenu de prince populaire tyran violent, il en fut estimé non seulement rude et rigoureux, mais, qui pis est, deloyal et ingrat, Amyot, Pyrrh. 51. C'est une croppe de montagne rude et aspre de tous costez, Amyot, Sylla, 38. C'a esté un zele desordonné de quelques rudes et idiots, Calvin, Avertissement sur les reliques. Il en fera une rude vengeance, Calvin, Instit. 66. Un rude tireur le floret au poing, Montaigne, I, 164. Des nations assises soubs bien plus rude ciel que le nostre, Montaigne, I, 259. À rude chien dur lien, Cotgrave

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Rude : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

RUDE, adj. (Gram.) qui affecte le toucher d’une maniere inégale & raboteuse ; voilà une surface bien rude. Il a d’autres acceptions dont je vais donner quelques exemples. On dit d’un chemin qu’il est rude ; d’une saison qu’elle est rude ; d’une voix, du vin, des yeux, de la peau, qu’ils sont rudes. La journée sera rude, disoit froidement un monstre qui avoit commis le plus grand des forfaits, & qui étoit condamné aux plus terribles supplices. Le métier de la guerre est rude ; le choc fut rude ; il a de la rudesse dans le caractere ; il m’a tenu un propos très-rude ; sa versification est rude ; ce cheval a l’allure inégale & rude ; c’est un rude joûteur.

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Étymologie de « rude »

Étymologie de rude - Littré

Provenç. rude ; espagn. rudo ; it. rude ; du latin rudis.

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Étymologie de rude - Wiktionnaire

Du latin rudis.
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Phonétique du mot « rude »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
rude ryd play_arrow

Citations contenant le mot « rude »

  • Laurent Ournac : pourquoi sa bataille contre l’obésité reste “rudeGala.fr, Laurent Ournac : pourquoi sa bataille contre l’obésité reste “rude” - Gala
  • Quand le passé a été rude, le présent difficile et l'avenir incertain, à qui s'adresser ? Où tourner ses regards avec espoir, sinon vers le ciel ? De Georges Isidore Barthe / Drames de la vie réelle
  • On peut, à la rigueur, parvenir à la jouissance sans acquitter le prix d'un travail rude et pénible, mais non pas à la joie, cette "merveilleuse étincelle divine". De Konrad Lorenz / Les Huit péchés capitaux de notre civilisation
  • Ce n'est pas un métier de femme. C'est un univers rude, dur, où on est tout le temps sur les mers. De Florence Arthaud / AFP, octobre 2014
  • La main de Dieu nous paraît souvent rude parce qu'il traite ses amis débiles avec un gant de crin. De Pierre Reverdy / Le gant de crin
  • Un homme rude et sans culture peut se révéler noble et grand quand il exprime des sentiments sincères et se montre compréhensif envers les autres. De Zhang Xianliang / Mimosa
  • La vie n'est pas lisse ! Elle est pleine de bosses et de creux, rude et tourmentée ! la vie est faite de noeuds ! De Marie Gagnier / Une île à la dérive
  • La politique est un rude maître qui expose à bien des avatars ; le peuple récompense si mal ceux qui se dévouent pour lui ! De Charlotte Savary / Isabelle de Frêneuse
  • Le père, le plus sévère dans ses réprimandes est rude en paroles, mais il est père dans ses actions. De Ménandre / Fragments
  • Si on n'avait pas ce qui est rude, comment saurait-on ce qui est doux ? De Richard Bausch / Les puissances rebelles
  • Le whisky ! Rien n’est plus rude à avaler... Dans les pays civilisés, on boit du vin ! De Charlie Chaplin / A King in New York
  • Qui livre un plus rude combat que celui qui s'efforce de se vaincre soi-même ? De Gérard de Groote
  • La réponse est rude, mais elle est juste : la justesse paraît d'abord rudesse. De Abu Shakour / Les Premiers Poètes persans
  • L'hiver n'est point rude saison qui fait rester à la maison. De Proverbe français
  • La politique, même civilisée, est un univers rude. De Lionel Jospin / Le Temps de répondre
  • L'obéissance est un métier bien rude. De Pierre Corneille / Nicomède
  • […] Ces choses-là sont rudes. Il faut pour les comprendre avoir fait ses études. Victor Hugo, La Légende des siècles, les Pauvres Gens

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Traductions du mot « rude »

Langue Traduction
Corse aspra
Basque zakarra
Japonais 粗い
Russe грубый
Portugais rude
Arabe الخام
Chinois
Allemand rau
Italien ruvido
Espagnol áspero
Anglais rough
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Synonymes de « rude »

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Antonymes de « rude »


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