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Général

Définitions du mot « général »

Trésor de la Langue Française informatisé

GÉNÉRAL1, -ALE, -AUX, adj. et subst.

I. − Adjectif
A. − Qui se rapporte à la totalité des cas ou des individus. Anton. particulier, singulier, spécial.
1. Au plan abstr.
a) Qui est le fait de tous. Sa confiance juvénile, succédant sans transition aux vues les plus pessimistes, symbolisait assez bien le désarroi général (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 565).Les coups que nous infligerions aux Allemands sur ce théâtre auraient leur répercussion sur la situation générale (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 158) :
1. ... l'aménagement du territoire ne se réalisera pas sans l'action régionale. J'entends ce type d'action dont beaucoup d'animateurs régionaux nous ont donné l'exemple et qui situe l'intérêt régional en fonction de l'intérêt général du pays... Amén. terr.,1964, p. 7.
SYNT. Anéantissement, assaut, assentiment général; acclamation, amnistie, appréciation, approbation, grève, mêlée, mobilisation, offensive, stupéfaction générale.
[En considération d'une perception globale] Allure, impression générale.
b) Qui concerne le tout. Annuaire, cadre, catalogue, classification, équilibre, évolution, inventaire, politique, théorie général(e). Le coût de subsistance du travail salarié est une partie des frais généraux ou coûts fixes de la nation (Perroux, Écon. xxes., 1964, p. 343).Équilibre général du budget (Fonteneau, Conseil munic.,1965, p. 79).
Répétition générale, ou, absol., la générale. Ultime répétition d'une pièce donnée sous forme de représentation devant un public de choix. Rostand s'ennuie et voudrait aller à Cambo. Il n'assistera même pas à la répétition générale (Renard, Journal,1909, p. 1258).
En partic. Qui est considéré dans sa plus grande extension. Démographie, grammaire, linguistique, médecine, pathologie, philosophie, physique, sociologie, topologie générale. Histoire générale du judaïsme (Weill, Judaïsme,1931, p. 88).De nombreux problèmes de biologie générale ont été étudiés : dégénérescence et mort, détermination du sexe et problème de l'espèce (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 2, 1964, p. 671) :
2. Dès le milieu du xviiesiècle, suivant la méthode cartésienne, chaque problème scientifique, au lieu de se rattacher, comme il le fera plus tard, à des données bien définies occupant une place connue dans la hiérarchie des connaissances, sera considéré comme immédiatement résoluble par la mécanique générale. Metzger, Genèse sc. cristaux,1918, p. 126.
2. Au plan concr.
a) [Dans une hiérarchie] Dont la compétence administrative est étendue. J'ai refusé en mai 1814 la direction générale des subsistances (blé) de Paris (Stendhal, H. Brulard, t. 1, 1836, p. 96).
SYNT. Avocat, commissaire, consul, contrôleur, délégué, directeur, inspecteur, officier, procureur, rapporteur, receveur, secrétaire, surveillant, vicaire général; commissariat, conseil, secrétariat général; comptabilité, inspection, sûreté générale.
Président* directeur général.
b) [En parlant d'une personne morale] Dont la représentativité est étendue.
[En parlant d'une entreprise] C'est un projet d'habitation, là-bas, à Beyrouth, pour le directeur de la Compagnie que j'ai rêvée, vous savez, la Compagnie générale des Paquebots réunis (Zola, Argent,1891, p. 62) :
3. ... la loi du 16 juillet 1889, autorisant l'État à effectuer le rachat des réseaux appartenant à la Société générale des téléphones, est le point de départ de la troisième période où a triomphé l'exploitation monopolisée entre les mains de l'État. Pradelle, Serv. p.t.t. Fr., 1903, p. 94.
[En parlant d'un groupement professionnel ou syndical] M. Jouhaux, président de la Confédération générale du Travail (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 384).Association générale des institutions de retraite des cadres (Univers écon. et soc.,1960, p. 44-12).L'importante Confédération générale de l'artisanat français (Robert, Artis.,1966, p. 75) :
4. Le Syndicat général de l'Éducation nationale se prononcera à deux reprises contre l'aide de l'État à l'enseignement privé, non sans provoquer des remous et des réactions : à propos de la loi Barangé et à propos de la loi scolaire de 1960. Reynaud, Syndic. Fr.,1963, p. 98.
Rem. La docum. atteste les composés utilisés en Suisse. a) Générale-bourgeoisie, subst. fém. Assemblée délibérative des bourgeois de Neuchâtel (cf. Pierreh. Suppl. 1926). b) Générale-commune ou générale-communauté, subst. fém. Assemblée générale annuelle des bourgeois d'une commune (ibid.).
c) MÉD. Qui affecte tout l'organisme. État, anémie, anesthésie général(e); métamorphose, nervosité, paralysie générale. Un malaise général avec sueurs froides, tendances syncopales, nausées (Quillet Méd.1965, p. 337).
Médecine générale. Médecine dont l'exercice s'applique à l'organisme dans son ensemble. Thérivier était lui aussi, un ancien interne de Philip, plus âgé qu'Antoine, et qui se consacrait maintenant à la médecine générale (Martin du G., Thib., Consult., 1928, p. 1064).
B. − Qui réunit des individus de même catégorie. Chapitre, concours général. Si l'on veut voir, dans un seul exemple, quelle étoit l'utilité morale et politique de ces excommunications si odieuses aux flatteurs des princes, il suffit d'ouvrir les actes du dernier concile général, et d'y lire les anathèmes qu'il ordonne de prononcer contre les usurpateurs des biens des pauvres, de quelque dignité qu'ils soient, même impériale ou royale, et contre ceux, non moins criminels, qui abusent de leur puissance pour attenter à la liberté du mariage (Lamennais, Religion,1826, p. 119).
C. − Qui tend vers l'universalité. Il convient (...), pour des raisons d'économie et de bonne politique sociale, d'associer l'enseignement technique à la culture générale dans les écoles les plus répandues (Encyclop. éduc.,1960, p. 171).
SYNT. Phénomène, problème, schéma général; cause, condition, considération, définition, formule, hypothèse, influence, loi, notion, point de vue, principe, règle, solution, tendance, vérité, vue général(e).
Idée générale. Représentation abstraite qui désigne une pluralité de cas ou d'individus. Dans le cas particulier, à quelle condition avez-vous eu l'idée générale et abstraite d'existence, et l'idée générale et abstraite de moi, que vous comparez, pour en tirer la connaissance de votre existence? (Cousin, Hist. philos. xviiies., 2, 1829, p. 418).
Opinion générale. Opinion exprimée par la majorité d'un groupe social. L'opinion générale était que nous allions être incessamment libérés, et ceux des Allemands qui savaient le français renforçaient volontiers cette opinion par leurs propos (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 40).
Locutions
En général. D'un point de vue général. Les diverses dermatoses bulleuses nécessitent toutes des soins locaux, qui ont le grand intérêt d'assurer en général un soulagement très notable (Quillet Méd.1965, p. 304).Parler en général. Parler sans entrer dans les considérations particulières.
En règle générale. Dans la plupart des cas. On ne peut résoudre en règle générale cette ultime difficulté que par approximations successives (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 1, 1961, p. 98).
D'une manière générale. Ordinairement. Pour en revenir aux phénomènes chimiques, on pourra dire d'une manière générale que les phénomènes chimiques n'engendrent pas la vie quoiqu'ils en soient une condition de manifestation (C. Bernard, Princ. méd. exp.,1878, p. 244).
II. − Substantif
A. − Subst. masc. à valeur de neutre, LOG. ,,Ce qui convient au genre entier, par opposition au particulier qui ne convient qu'à une partie`` (Littré). Conclure du particulier au général, c'est-à-dire de plusieurs propositions particulières tirer une proposition générale (Destutt de Tr., Idéol. 3,1805, p. 368) :
5. Croit-on d'abord que ces logiciens ont toujours procédé du général au particulier, comme les règles de la logique formelle semblaient les y obliger? H. Poincaré, Valeur sc.,1905, p. 30.
B. − Subst. fém. Batterie de tambour ou sonnerie de clairon destinée à rassembler les troupes ou, p. ext., qui annonce l'alarme de quelque nature qu'elle soit (d'apr. Dict. termes milit., 1916). Battre la générale. À travers le bruissement des arbres et la voix de la femme, il entendait le tocsin, la générale, le fracas lointain des chevaux et des canons sur le pavé (A. France, Dieux ont soif,1912, p. 292) :
6. La loi du 3 prairial an III ordonnait que tout citoyen qui battrait la caisse sans un ordre écrit de l'état-major-général ou de l'autorité civile, fût mis à l'instant en état d'arrestation pour six mois. Elle ordonnait encore que tout citoyen qui battrait la générale sans ces formalités, fût puni de mort. St-Edme t. 4 1828.
Au fig., pop. Battre la générale. Trembler, claquer des dents (cf. Lexis 1975).
Prononc. et Orth. : [ʒeneʀal], masc. plur. [-o]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1121-34 « commun à un ensemble de cas ou d'individus » (Ph. de Thaon, Bestiaire, 2115 ds T.-L.); 2. ca 1270 loc. en general (St Quentin, éd. W. Söderhjelm, 60, ibid.); 3. joint à un nom de fonction 1330 vicares generals (Cartulaire de l'abbaye de Flines d'apr. K. Ewald, Terminologie einer französischen Geschäfts- und Kanzleisprache vom 13. bis 16. Jahrhundert, Liestal, 1968, p. 370); 1365 (Chartrier de Dieppe, fo37 ro, A. Seine-Inférieure ds Gdf. Compl. : generaulx tresoriers); d'où 1463 subst. (Louis XI, Lettres, II, 147 ds Bartzsch, p. 56 : Generaulx sur le fait de la justice des aides); 4. 1507-08 milit. capitaine general (Eloy d'Amerval, Le Livre de la Deablerie, éd. C. F. Ward, p. 18b); d'où fin xvies. subst. (Monluc, Commentaires, L. VII, III, 484 ds Hug. : généralz de la cavalerie); 5. 1611 subst. « chef d'un ordre religieux » (Cotgr.); 6. 1680 milit. batre la générale (Rich.). Empr. au lat.generalis, proprement « qui appartient au genre » (dér. de genus, -eris, v. genre), qui prit aussi le sens 3 en lat. imp. des jurisconsultes (v. TLL t. VI, p. 1776). Bbg. Launay (M.). Le vocab. pol. de J.-J. Rousseau. Genève-Paris, 1977, p. 109. - Quem. DDL t. 16, 18.

GÉNÉRAL2, subst. masc.

I. − Officier supérieur du grade le plus élevé dans la hiérarchie militaire. Il vient de rencontrer un officier anglais nu-tête, le casque accroché à la ceinture. Le vieux général qui passait hier en automobile court à travers champs (Giono, Gd troupeau,1931, p. 242).J'ai prévenu directement le général Catroux, qui doit quitter Le Caire dès que possible (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 399) :
On se précipitait dans les bras d'Esterhazy, on l'acclamait, on lui faisait honneur (...). Le général de Pellieux lui donnait du « cher commandant »... Clemenceau, Iniquité,1899, p. 134.
Au fém. Épouse du général. Madame la Générale; réception chez la Générale. On disait communément dans la division que, si le général devenait ministre de la guerre, la générale ferait supérieurement les honneurs de l'hôtel du boulevard Saint-Germain (A. France, Orme,1897, p. 63).
Rem. L'appellation Madame la Générale est née sous la Révolution après la disparition des titres nobiliaires et, malgré Littré, Lar. 20eet Ac. 1932, elle encourt aujourd'hui la réprobation de ceux qui voient dans le généralat un grade et non une dignité (d'apr. Rob.).
II. − Supérieur général ou absol. le général. Supérieur dont la juridiction ecclésiastique concerne l'ensemble d'un ordre religieux. Le père T, socius du général des jésuites, prononça à cette occasion un de ses plus remarquables discours (Gide, Caves,1914, p. 705).
III. − HIST. Officier civil ou militaire de haut rang. Général des monnaies, des bâtiments (cf. Ac. Compl. 1842); général des galères, des galions (cf. Littré).
Prononc. et Orth. V. général1. Étymol. et Hist. V. général1.
STAT. − Général 1et 2. Fréq. abs. littér. : 30 546. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 49 838, b) 31 349; xxes. : a) 37 283, b) 48 163.

Wiktionnaire

Adjectif

général \ʒe.ne.ʁal\

  1. Commun à tous les individus d’un genre, applicable à un très grand nombre de personnes ou de choses.
    • L’indice Dow Jones avait baissé de 508 points dès le 19 et le 20, plus rien n'était cotable, l’affolement fut général et les cotations durent être interrompues. — (Daniel Naulleau, Protection de la création informatique : problèmes posés par la fraude et la malveillance, 1991, dans Informatique, communication et société, page 82, L'Harmattan, 1993)
    • C'est ainsi qu’Émilienne, pour s'en occuper à la place de son fiancé, avait reçu une procuration générale, établie devant maître Tassin, notaire. — (Georges Simenon, Le Blanc à lunettes, ch. VI, Gallimard, 1937)
    • L’intérêt général exige souvent le sacrifice des intérêts particuliers.
    • Principes généraux.
    • Maxime, règle générale.
    • Employer un mot dans son acception la plus générale.
    • Parler d’une manière générale : Sans faire l’application de ce qu’on dit à une personne plutôt qu’à une autre.
    • Article de loi rédigé en termes généraux.
    • Il n’y a point de règle si générale qui n’ait son exception.
  2. Qui a rapport à l’ensemble des services d’une organisation, d’une administration.
    • Ferme générale.
    • Intendance générale.
    • Administration, direction générale.
  3. On dit dans un sens analogue, en parlant des personnes,
    • Supérieur général.

Nom commun 1

général \ʒe.ne.ʁal\ masculin singulier

  1. (Logique) Faits, principes généraux, par opposition aux faits particuliers.
    • On ne doit point conclure du particulier au général.

Nom commun 2

général \ʒe.ne.ʁal\ masculin (pour une femme on dit : générale)

  1. Celui qui commande en chef une ou des armées, un corps d’armée, une division, une brigade.
    • Le rêve du colonel, qui se voyait enfin général et comte au premier triomphe de Napoléon, s’éteignit dans les flots de sang de Waterloo. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Dans une brochure qui a fait quelque scandale, le général Donop […] voudrait, comme Bugeaud et Dragomiroff, que chacun dans la bataille connût exactement le plan de ses chefs. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VII, La morale des producteurs, 1908, p.351)
    • Qu'on s'imagine nu le général, l'évêque, l'ambassadeur, l'académicien, le garde-chiourme, le garde-chasse ? Que resterait-il de leur prestige, de leur délégation d'autorité ? — (Émile Armand, Le nudisme révolutionnaire, dans L’Encyclopédie anarchiste, 1934)
    • Les généraux renégats sont les représentants d'une classe qui, pour survivre en tant que telle, a renoncé à la nation chilienne et est sciemment devenue l'alliée de l'impérialisme nord-américain. — (Armando Uribe, Le livre noir de l’intervention américaine au Chili, traduction de Karine Berriot & Françoise Campo, Seuil, 1974)
  2. (Religion) Supérieur général d’un ordre religieux.
    • Le général des jésuites.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GÉNÉRAL, ALE. adj.
Qui est commun à tous les individus d'un genre, qui est applicable à un très grand nombre de personnes ou de choses. Assaut général. Concile général. Approbation générale. Consentement général. Désolation générale. La volonté générale. Travailler au bien général. L'intérêt général exige souvent le sacrifice des intérêts particuliers. Traitez quelque matière d'un intérêt plus général. Règlement général. Principes généraux. Maxime, règle générale. Employer un mot dans son acception la plus générale. Parler d'une manière générale, sans faire l'application de ce qu'on dit à une personne plutôt qu'à une autre. Article de loi rédigé en termes généraux. Il n'y a point de règle si générale qui n'ait son exception. Il se dit absolument comme nom masculin, en termes de Logique, des Faits, des principes généraux, par opposition aux Faits particuliers. On ne doit point conclure du particulier au général.

EN GÉNÉRAL, loc. adv. D'une manière générale. En général et en particulier. On peut dire en général que... Je parle en général. Il se dit quelquefois pour Ordinairement, communément. En général l'occasion perdue ne se retrouve pas. En France, c'est en général au mois de juillet que la température est la plus chaude. Parler, répondre en termes généraux, Parler répondre d'une manière vague et sans préciser. Il signifie aussi Qui a rapport à l'ensemble des services d'une organisation, d'une administration. Ferme générale. Intendance générale. Administration, direction générale. En termes militaires, Quartier général. Conseil général. Voyez CONSEIL. On dit dans un sens analogue, en parlant des Personnes, Fermiers généraux. Avocat général. Inspecteur général. Supérieur général. Conseiller général. Il s'emploie aussi comme nom pour désigner Celui qui commande en chef une armée ou des armées, un corps d'armée, une division, une brigade. Général en chef. Général de division. Général de brigade. Il se dit encore du Supérieur général d'un ordre religieux. Le général des Jésuites. Il s'emploie au féminin pour désigner la Femme d'un général. Madame la générale.

Littré (1872-1877)

GÉNÉRAL (jé-né-ral, ra-l') adj.
  • 1Commun à un genre, à la plupart. Les faits généraux. Des aperçus généraux sur l'histoire. La puissance de la nature est si ample et si vaste, ces principes sont si simples et si généraux…, Descartes, Méth. VI, 3. Un effroi général, Corneille, Pomp. II, 2. N'espère pas qu'ici jamais il [Dieu] se ravale à répondre à tous tes souhaits ; Pour toi, pour moi, pour tous la règle est générale Et ne se relâche jamais, Corneille, Imit. I, 22. Vous reculez, lui dis-je en l'interrompant, vous reculez, mon père, vous abandonnez le principe général, et, voyant qu'il ne vaut plus rien à l'égard des pécheurs, vous voudriez entrer en composition et le faire au moins subsister pour les justes, Pascal, Prov. IV. Il ne pense point à profiter de toute sa succession, ni à s'attirer une donation générale de tous ses biens, s'il s'agit surtout de les enlever à un fils, le légitime héritier, La Bruyère, XIII. Ce fut dans l'antiquité une opinion générale, que le mouvement uniforme et circulaire, comme étant le plus parfait, devait être celui des astres, Laplace, Expos. V, 3.

    Commerce général, celui qui comprend toutes les marchandises expédiées, quelle qu'en soit la nature, et toutes les marchandises arrivées, quelle qu'en soit la destination, par opposition à commerce spécial (voy. SPÉCIAL).

    Il n'y a point de règle générale, ou de règle si générale qui n'ait son exception.

    Parler, répondre en termes généraux, parler, répondre de manière à ne pas préciser.

    Un combat général, un combat dans lequel toute l'armée est engagée. Le combat général aujourd'hui se hasarde, Corneille, Hor. I, 3.

  • 2 Terme de botanique. Commun, qui embrasse. L'involucre, dans les ombellifères, est général par rapport aux involucelles.

    Spathe générale, celle qui renferme plusieurs fleurs munies de spathes particulières.

    Cloisons générales, cloisons complètes aussi étendues que le diamètre du péricarpe ; on les rencontre dans les crucifères, les astragales.

    Terme d'entomologie. Métamorphose générale, celle de l'insecte qui, pendant le cours de sa vie, subit des mutations dans sa forme générale et dans toutes ses parties.

    Terme de marine. Vents généraux, ceux qui soufflent depuis les premiers degrés de latitude sud jusqu'au tropique du Capricorne.

    Terme de médecine. Maladies ou affections générales, celles dans lesquelles toutes les parties de l'économie offrent des troubles de la nutrition, et, par suite, de tous les autres actes qu'elles accomplissent.

  • 3Il se joint comme titre à des noms d'offices publics, pour exprimer l'étendue d'un commandement, d'une administration, d'une fonction. Inspecteur, directeur, avocat général, etc. La vie et la mort de très haut et très puissant prince Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, maréchal général des camps et armées du roi, et colonel général de la cavalerie légère, Fléchier, Tur. Le père général avait besoin d'une recrue de jeunes jésuites allemands, Voltaire, Cand. 15.

    Officiers généraux, officiers supérieurs qui commandent une portion plus ou moins grande d'une armée, formée de plusieurs corps distincts.

    État -Major général, voy. ÉTAT-MAJOR.

    Quartier général, voy. QUARTIER.

  • 4 S. m. Général, chef militaire qui commande une armée ou un corps d'armée, ou une arme spéciale. Le général en chef. Général de division, de brigade. Un général d'artillerie, du génie. Mais par quelle conduite et par quel général…, Corneille, Nicom. III, 2. Ce qu'un sage général doit le mieux connaître, c'est ses soldats et ses chefs ; car de là vient ce parfait concert qui fait agir les armées comme un seul bras ou, pour parler avec l'Écriture, comme un seul homme, Bossuet, Louis de Bourbon. Je confondrai peut-être quelquefois le général d'armée, le sage, le chrétien ; je louerai tantôt les victoires…, Fléchier, Tur. On est étonné, quand on les voit seuls et sans armées, combien il y a de distance entre un général et un grand homme ; combien dans le particulier ils conservent de petitesses et de bas sentiments, combien ils sont dominés par la jalousie et gouvernés par l'intérêt, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 297, dans POUGENS. La plupart de nos généraux qui portent dans un camp tout le luxe d'une cour efféminée auront bien de la peine à égaler ces héros qui faisaient leur cuisine eux-mêmes, Voltaire, Ess. poés. épiq. 2. Nous avons des guerriers, il faut un général, Voltaire, Catil. v, 3. Vous savez qu'il faut qu'un général ait la tête froide et le cœur chaud, Voltaire, Lett. Morangiès, 30 oct. 1772. Quant aux anciens généraux, quelques-uns n'étaient plus ces durs et simples guerriers de la république ; les honneurs, les fatigues, l'âge et l'empereur surtout, en avaient amolli plusieurs, Ségur, Hist. de Nap. III, 3. Depuis Malo-Iaroslavetz jusqu'à Smorgony, ce maître de l'Europe n'avait plus été que le général d'une armée mourante et désorganisée, Ségur, ib. XII, 1. Que lui voulait l'empereur de Russie ? prétend-il lui résister ? il n'est général qu'à la parade ; quant à lui, sa tête est son conseil, tout part de là ; mais Alexandre, qui le conseillera ? qui opposera-t-il ? il n'a que trois généraux, Kutusof qu'il n'aime pas parce qu'il est Russe, Beningsen, trop vieux il y a six ans, aujourd'hui en enfance, et Barclay : celui-ci manœuvrera, il est brave, il sait la guerre, mais c'est un général de retraite [paroles de Napoléon à un envoyé russe], Ségur, ib. IV, 5.

    En France, général est un terme qui désigne les grades au-dessus de colonel et qui embrasse trois degrés hiérarchiques ; les maréchaux de camp ou généraux de brigade, les généraux de division ou lieutenants généraux, et les maréchaux.

  • 5Anciennement, général des galères, officier de la couronne de France qui commandait les galères dans la Méditerranée.

    Général des galions, ou général de la mer, titre d'un commandant des forces navales en Espagne.

  • 6Le supérieur de tout un ordre religieux. Le général des dominicains, des jésuites. Il n'y a rien de plus contraire aux ordres exprès de saint Ignace et de vos premiers généraux que ce mélange confus de toutes sortes d'opinions, Pascal, Prov. 13. De là vous pouvez connaître combien cette compagnie [l'Oratoire] est redevable aux soins de son général, qui savait si bien conserver en elle l'esprit de son institut, Bossuet, Bourgoing. La plupart de leurs généraux [des ordres religieux] résident à Rome comme dans le centre de la chrétienté ; et de cette capitale ils envoient au bout du monde les ordres que le pontife leur donne, Voltaire, Mœurs, 139. Ignace, élu général, entra en fonction le jour de Pâques de l'année 1541, Diderot, Opin. des anc. phil. (jésuites).

    Quand il s'agit d'une abbesse chef d'ordre, on dit général au masculin. L'abbesse de Fontevrault était chef et général de tout l'ordre, Dict. de l'Acad.

    Cependant on trouve aussi au féminin, générale, en parlant de la supérieure de certaines congrégations.

  • 7Anciennement, général des monnaies, titre des conseillers de la cour des monnaies.
  • 8 S. f. Générale, voy. GÉNÉRALE.
  • 9 S. m. Terme de logique. Ce qui convient au genre entier, par opposition au particulier qui ne convient qu'à une partie. On ne doit point conclure du particulier au général. Hé ! pourquoi les gens d'affaires s'offenseraient-ils de voir sur la scène un sot, un fripon de leur corps ? cela ne tombe point sur le général, Lesage, Critique de Turcaret, 1er dialogue. Je parle du général des animaux comparé au général des plantes, Buffon, Comp. des anim. et des végét.
  • 10Le général, nom vulgaire d'une coquille univalve (le cône flamboyant).
  • 11En général, loc. adv. Ordinairement, d'une manière générale. En général, les méchants ne prospèrent pas.

    En général, au point de vue général. L'on doit dire même chose de celui qui ignore en général les règles de son devoir, puisque cette ignorance rend les hommes dignes de blâme et non d'excuse, Pascal, Prov. IV. Je ne vous ai encore parlé de la piété qu'en général, Pascal, ib. IX. La reine sait, en général, qu'il y a des péchés véniels, car la foi l'enseigne…, Bossuet, Mar.-Thér.

REMARQUE

Voltaire a dit générale au féminin, en parlant d'une femme chef d'armée : Marguerite d'Anjou tire son mari de Londres et devient la générale de son armée, Mœurs, 114. Au contraire, Thomas a laissé général au masculin : Marguerite d'Anjou, femme de Henri VI, roi d'Angleterre, fut active et intrépide, général et soldat, Essais sur les femmes. Les deux peuvent très bien se dire suivant le point de vue de l'esprit.

SYNONYME

GÉNÉRAL, UNIVERSEL. Ces mots ne sont que partiellement synonymes ; car on dit un savant universel et non un savant général. Général, d'après l'étymologie, se dit de ce qui appartient au genre ; universel, se dit de ce qui appartient à l'universalité, à la totalité. Aussi général est moins compréhensif qu'universel. Une opinion générale est l'opinion de la plupart ; une opinion universelle est l'opinion de tous.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et fist assambler un concile general de tous les ordenes desous la loi de Rome, Chr. de Rains, 88. Au droit qui dit que generaus renunciations ne vaut, Bibl. des chartes, 4e série, t. II, p. 466. General mot est cil qui comprend maintes choses souz son nom ; car cestui mot animal comprent homes, bestes, oisiaus et poissons, Latini, Trésor, p. 526. Pour une provende monial, c'est assavoir deux pains de convent et demy sestier de vin chacun jour, de tel vin que ly convent boit, et deux sestiers de poix l'an, et ung denier le jour pour leur general [repas en commun], Du Cange, generale. Ceste ruile [règle] est si generaus Qu'el ne puet defaillir vers aus [eux], la Rose, 19179. Vous orrés le [la] teneur d'une general procuration, laquelle ne pot estre par reson debatue en cort laie, Beaumanoir, 76.

XVe s. …[Jean Lyon] remonstroit une parole en general au peuple, Froissart, II, II, 53.

XVIe s. Le general de l'armée des Venitiens, Montaigne, I, 14. Capitaine general, Montaigne, I, 19. Nature ne se desment pas en cela de sa generale police, Montaigne, I, 105. Il doibt fuir en general les passions qui…, Montaigne, I, 284. Auteur duquel les labeurs sentent un esprit general, duquel les passions ne s'emploient que contre le vice, D'Aubigné, Hist. I, 13. La roine mere sçavoit bien que le seul remede à tout cela estoit la lieutenance generalle, …elle se ferma à faire donner cette generallité au duc de Lorraine, à quoi elle fit consentir le roi, en un conseil general qui fut tenu à Compiegne, D'Aubigné, ib. II, 116. Les generaux des finances et des vivres, D'Aubigné, Conf. IV.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

GÉNÉRAL.
4Ajoutez :

En France, général est un terme qui désigne les grades au-dessus du colonel, et qui embrasse deux degrés hiérarchiques : les maréchaux de camp ou généraux de brigade et les lieutenants généraux ou généraux de division.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

GÉNÉRAL, adj. (Gram.) on désigne par cet adjectif quelque chose de commun à tout ce qui peut être considéré sous un même point de vûe ; ainsi on dit en Physique de la pesanteur, que c’est une propriété générale de la matiere ; en Métaphysique de la sensibilité, que c’est une propriété générale des animaux ; en Mathématique d’un théorème, d’un problème, d’où résultent un grand nombre de conséquences & d’applications, & qui s’étendent quelquefois sur presque toute une science, qu’ils sont généraux : on dit aussi d’une formule qui comprend un très-grand nombre de cas, & dont on peut tirer plusieurs autres formules particulieres, qu’elle est générale. Voyez Formule. Lorsque d’une formule particuliere, on s’éleve à une formule générale, cela s’appelle généraliser la formule. (O)

GÉNÉRAL D’ARMÉE, (Hist anc.) chef ou commandant de l’armée. Chez les Grecs, on le nommoit polémaque, & c’étoit à Athènes l’un des archontes ; à Rome sous la république, c’étoient les consuls, les préteurs ou les pro-consuls, qui commandoient les armées, en conséquence des decrets du sénat ; ils avoient un ou plusieurs lieutenans sous leurs ordres. Quoique la cavalerie eût un chef particulier nommé magister equitum, il étoit toûjours subordonné aux consuls. S’il y avoit un dictateur, ce premier magistrat nommoit le général de la cavalerie, lequel faisoit exécuter ses ordres, & lui servoit de lieutenant ; mais Jules César s’étant servi de la dictature, pour faire revivre en sa personne le gouvernement monarchique, il abolit la charge de général de la cavalerie.

Dans les campemens & les marches, le général de l’armée romaine se plaçoit ordinairement au centre, entre les princes & les triaires, accompagné de ses gardes & de ses véterans, s’il en avoit ; car quelquefois il jugeoit à propos de les distribuer dans les rangs, pour animer & soûtenir les autres soldats.

Quelquefois avant que de combattre, il haranguoit ses troupes, soit pour leur inspirer plus de courage, soit pour les instruire de ses projets. Il est vrai qu’il ne pouvoit pas être entendu de toute l’armée ; mais il suffisoit qu’il le fût de ceux qui étoient les plus près de sa personne, des tribuns, des centurions, & d’autres officiers subalternes des cohortes ; ceux-ci faisoient passer jusque aux dernier soldats, le précis ou l’objet de la harangue.

Le général des armées romaines avoit le droit, entr’autres prérogatives, de porter le paludamentum, ou la cotte d’armes teinte en pourpre ; il la prenoit en sortant de Rome, & la quittoit avant que d’y rentrer.

Il avoit seul le pouvoir de dévoüer un de ses soldats pour le salut de l’armée ; & ce qui est plus étonnant, il se dévoüoit quelquefois lui-même, avec certaines cérémonies qu’il étoit obligé de suivre, & que nous avons exposées au mot Dévouement.

S’il avoit remporté quelque grande victoire, il ne manquoit guere d’envoyer au sénat des lettres ornées de feuilles de laurier, par lesquelles il lui rendoit compte du succès de ses armes, & lui demandoit qu’il voulût bien décerner en son nom, des supplications & des actions de graces aux dieux. Le decret du sénat étoit souvent une assûrance du triomphe pour le vainqueur, triumphi prærogativa. Ce fut cet honneur du triomphe, qui dans les beaux jours de la république, anima tant de ses généraux à faire les plus grands efforts pour obtenir la victoire.

Mais dès qu’ils eurent passé les Alpes & les mers, & qu’ils eurent séjourné plusieurs campagnes avec les légions dans les pays qu’ils soûmettoient, ils sentirent leurs forces, disposerent des armées, & s’arrogerent le triomphe, sans daigner le demander au sénat. Les soldats à leur tour commencerent à ne reconnoître que leur général, à fonder sur lui toutes leurs espérances, & à regarder la ville de loin : ce ne furent plus les soldats de la république, mais de Sylla, de Pompée, de César. Rome douta quelquefois, si celui qui étoit à la tête d’une armée dans une province, étoit son général ou son ennemi.

Enfin, quand les empereurs eurent succédé à la république, ils garderent pour eux les triomphes, & donnerent à des gens qui leur marquoient un dévoüement inviolable, le commandement des armées ; alors ceux qui furent nommés généraux, craignant d’entreprendre de trop grandes choses, en firent de petites. Ils modérerent aisément leur gloire que rien ne soûtenoit, & se conduisirent de maniere qu’elle ne réveillât que l’attention, & non pas la jalousie des empereurs, afin de ne point paroître devant leur throne avec un éclat que leurs yeux ne pouvoient souffrir. (D. J.)

Général, s. m. (Art milit. & Hist. mod.) en France le général est ordinairement le maréchal de France, qui a sous lui des lieutenans généraux & des maréchaux de camp pour l’aider dans ses fonctions : ces derniers officiers sont appellés officiers généraux, parce qu’ils n’appartiennent à aucun corps particulier, & qu’ils commandent indifféremment tout le corps de l’armée sous les ordres du général en chef.

On ne peut guere se dispenser d’entrer ici dans quelque détail sur les qualités qu’exige l’emploi de général : mais l’on fera parler sur ce sujet M. le maréchal de Saxe. C’est aux grands maîtres, comme cet illustre général, qu’il appartient de prescrire les regles & les préceptes pour marcher sur leurs traces & servir avec la même distinction.

« La premiere de toutes les qualités du général, dit le célebre maréchal que nous venons de nommer, est la valeur, sans laquelle je fais peu de cas des autres, parce qu’elles deviennent inutiles : la seconde est l’esprit ; il doit être courageux & fertile en expédiens : la troisieme est la santé.

» Le général doit avoir le talent des promptes & heureuses ressources ; savoir pénétrer les hommes, & leur être impénétrable ; la capacité de se prêter à tout ; l’activité jointe à l’intelligence ; l’habileté de faire en tout un choix convenable ; & la justesse du discernement.

» Il doit être doux, & n’avoir aucune espece d’humeur ; ne savoir ce que c’est que la haine ; punir sans miséricorde, & sur-tout ceux qui lui sont les plus chers ; mais jamais ne se fâcher ; être toûjours affligé de se voir dans la nécessité de suivre à la rigueur les regles de la discipline militaire ; & avoir toûjours devant les yeux l’exemple de Manlius ; s’ôter de l’idée que c’est lui qui punit ; & se persuader à soi-même & aux autres, qu’il ne fait qu’administrer les lois militaires. Avec ces qualités, il se sera aimer, craindre, & sans doute obéir.

» Les parties d’un général sont infinies. L’art de savoir faire subsister une armée, de la ménager ; celui de se placer de façon qu’il ne puisse être obligé de combattre que lorsqu’il le veut ; de choisir ses postes, de ranger ses troupes en une infinité de manieres, & savoir profiter du moment favorable qui se trouve dans les batailles, & qui décide de leur succès. Toutes ces choses sont immenses & aussi variées que les lieux & les hasards qui les produisent.

» Il faut pour les voir, qu’un général ne soit occupé que de l’ennemi un jour d’affaire : l’examen des lieux & celui de son arrangement pour ses troupes, doit être prompt comme le vol d’un aigle ; sa disposition doit être courte & simple. Il s’agit de dire, par exemple, la premiere ligne attaquera, la seconde soûtiendra ; ou tel corps attaquera & tel soûtiendra.

» Il faudroit que les généraux qui sont sous lui fussent bien bornés pour ne pas savoir exécuter cet ordre, & faire faire la manœuvre qui convient chacun à sa division : ainsi le général ne doit pas s’en occuper ni s’en embarrasser ; car s’il veut faire le sergent de bataille & être par-tout, il sera précisément comme la mouche de la fable, qui croyoit faire marcher un coche.

» Il faut donc qu’un jour d’affaire un général ne fasse rien ; il en verra mieux ; il se conservera le jugement plus libre, & il sera plus en état de profiter des situations où te trouve l’ennemi pendant la durée du combat ; & quand il verra sa belle, il devra baisser la main pour se porter à toutes jambes dans l’endroit défectueux ; prendre les premieres troupes qu’il trouve à portée, les faire avancer rapidement, & payer de sa personne : c’est ce qui gagne les batailles & les décide. Je ne dis point ou ni comment cela se doit faire, parce que la variété des lieux & celle des dispositions que le combat produit, doivent le démontrer ; le tout est de le voir & d’en savoir profiter.

» Bien des généraux en chef ne sont occupés un jour d’affaire, que de faire marcher les troupes bien droites ; de voir si elles conservent bien leurs distances ; de répondre aux questions que les aides de camp leur viennent faire ; d’en envoyer par-tout, & de courir eux-mêmes sans cesse ; enfin ils veulent tout faire, moyennant quoi ils ne font rien. Je les regarde comme des gens à qui la tête tourne, & qui ne voyent plus rien ; qui ne savent faire que ce qu’ils ont fait toute leur vie, je veux dire, mener des troupes méthodiquement. D’où vient cela ? c’est que très-peu de gens s’occupent des grandes parties de la guerre ; que les officiers passent leur vie à faire exercer des troupes, & croyent que l’art militaire consiste seulement dans cette partie : lorsqu’ils parviennent au commandement des armées, ils y sont tout neufs ; & faute de savoir faire ce qu’il faut, ils font ce qu’ils savent.

» L’une de ces parties est méthodique, je veux dire, la discipline & la maniere de combattre ; & l’autre est sublime : aussi ne faut-il point choisir pour celle-ci des hommes ordinaires pour l’administrer.

» L’on doit, une fois pour toutes, établir une maniere de combattre que les troupes doivent savoir, ainsi que les généraux qui les menent : ce sont des regles générales, comme, par exemple, qu’il faut garder ses distances dans la marche ; que lorsqu’on charge, il faut le faire vigoureusement ; que s’il se fait des troüées dans la premiere ligne, c’est à la seconde à les boucher ; il ne faut point d’écritures pour cela, c’est l’abc des troupes : rien n’est si aisé ; & le général ne doit pas y donner toute son attention, comme la plûpart le font. Mais ce qui mérite toute son attention, c’est la contenance de l’ennemi, les mouvemens qu’il fait, & où il porte ses troupes : il faut chercher à lui donner de la jalousie dans un endroit, pour lui faire faire quelque fausse démarche, le déconcerter ; profiter des momens, & savoir porter le coup de mort où il faut. Mais pour tout cela, il faut se conserver le jugement libre, & n’être point occupé de petites choses ». Rêveries, ou mémoires sur la Guerre, par M. le maréchal de Saxe.

Si l’on veut s’instruire plus particulierement de tout ce qui concerne l’emploi de général, on pourra consulter Vegece, le commentaire sur Polybe du chevalier Folard, les réflexions militaires de M. le marquis de Santa-Crux, &c. (Q)

Général des Dragons, (Art milit.) c’est le colonel général de ce corps auquel on donne souvent ce titre dans l’usage ordinaire. « M. de Boufflers a le régiment des gardes vacant par la mort de M. de la Feuillade, & vend sa charge de général des dragons au comte de Tessé ». Abrégé chronologique de l’histoire de France, par M. le président Hénault.

Le corps des dragons a un autre chef, c’est le mestre de camp général : en l’absence de ces deux officiers, c’est le plus ancien brigadier du corps qui en a le commandement.

Lorsque les dragons sont mêlés dans les brigades de cavalerie, ils doivent obéir à celui qui commande ; s’il arrive que ce soit un officier de dragons, il est en ce cas sous les ordres du général de la cavalerie ; s’il se trouve dans les brigades mêlées de cavalerie & de dragons, un brigadier de ce dernier corps, il roule avec les brigadiers de cavalerie ; & il est obligé de reconnoître le général ou le commandant de la cavalerie. Les officiers de cavalerie & de dragons de pareils grades, tiennent rang entr’eux de la date de leurs commissions ; lorsqu’elles sont datées du même jour, l’officier de cavalerie commande celui de dragons. S’il arrive que par ancienneté, le brigadier, colonel ou autre officier de dragons, se trouve commander un corps ou un détachement composé de cavalerie & de dragons, l’officier de dragons doit, en ce cas, après avoir rendu compte au général de l’armée, le rendre ensuite au général de la cavalerie ou à celui qui la commande, comme étant le premier corps, & ensuite au commandant des dragons. Dans tout autre service qui concerne les dragons, les officiers de ce corps n’ont aucun compte à rendre ni aucun ordre à recevoir de celui qui commande la cavalerie ; les dragons faisant un corps distinct & séparé. Code milit. par M. Briquet.

Ce qu’on vient d’ajoûter à l’article Général des Dragons, doit servir de supplément & de rectification au mot Dragons, où l’on ne s’est pas expliqué exactement sur ce qui concerne ce corps : on y dit, que le major général des dragons reçoit l’ordre du maréchal général des logis de la cavalerie ; il falloit dire, que les ordres du général lui sont remis par le maréchal général des logis de la cavalerie, verbalement ou par écrit. (Q)

Général de la Cavalerie, (Art militaire.) est l’officier qui commande la cavalerie ; ce grade est le premier dans l’armée après celui de maréchal de camp : la cavalerie a trois autres chefs, qui font le colonel général, le mestre de camp général, & le commissaire général ; en l’absence de ces trois officiers, c’est le plus ancien brigadier du corps qui la commande.

Les princes ont ordinairement le commandement de la cavalerie dans leur seconde campagne. (Q)

Général des Galeres, (Marine.) c’est celui qui les commande & qui est à la tête du corps. Lorsque les galeres faisoient un corps particulier, la place de général des galeres étoit considérable ; & tout ce qui concernoit le service des galeres étoit sous ses ordres : mais depuis que le corps des galeres a été réuni à celui de la Marine, la place de général des galeres a été supprimée. (Z)

Général, (Hist. ecclésiastique.) est usité parmi les moines pour signifier le chef d’un ordre, c’est-à-dire de toutes les maisons & congrégations qui sont sous la même regle. Voyez Ordre.

Nous disons dans ce sens le général des Cisterciens, des Franciscains, &c. Voyez Franciscains, &c.

Le P. Thomassin fait venir l’origine des généraux des ordres, des priviléges que les anciens patriarches avoient accordés aux monastères de leurs villes capitales, par le moyen desquels ils étoient exempts de la jurisdiction de l’évêque, & soûmis immédiatement au seul patriarche. Voyez Exemption. (G)

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Étymologie de « général »

Provenç. et espagn. general ; portug. geral ; ital. generale ; du latin generalis, de genus, genre (voy. ce mot).

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Du latin generālis (« qui appartient à une race, un genre, général »). Le substantif militaire date de la Renaissance, auparavant capitaine general (1508).
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Phonétique du mot « général »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
général ʒeneral

Évolution historique de l’usage du mot « général »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « général »

  • Un général chevronné en vaut deux. De Proverbe chinois
  • Un âne à deux pieds peut devenir général et rester âne. De Comtesse de Ségur / Le Général Dourakine
  • Le décathlonien est le généraliste des spécialités. De Antoine Blondin
  • Le dernier de nos désirs est généralement le premier comblé. De Anonyme
  • La mort n'a généralement pas d'amis sincères. De Alexandre Vialatte
  • Les grèves sont dues généralement à des détournements de mineurs. De Karl Martin
  • Un jeune général qui a besoin d'une victoire livre souvent sans motif mainte bataille sanglante. L'avantage d'un général éprouvé, c'est qu'il n'est pas obligé de combattre pour montrer au monde l'art de vaincre. De Johann Friedrich von Schiller / Don Carlos
  • Les malheurs particuliers font le bien général ; de sorte que plus il y a de malheurs particuliers et plus tout est bien. François Marie Arouet, dit Voltaire, Candide
  • La pire calamité après un général bête, c'est un général intelligent. De Charles de Gaulle
  • Je respecte l’opinion des particuliers en général et l’opinion des généraux en particulier. De Aurélien Scholl
  • Les femmes trompent généralement leurs maris avec d'autres maris. Les adultères ont ainsi quelque chose de conjugal, d'honorable, de légal qui mérite la considération générale. De Henri Jeanson
  • Plus on plaît généralement, moins on plaît profondément. De Stendhal
  • Le philosophe est le spécialiste des généralistes. De Auguste Comte
  • Commandant de l'Ecole de Guerre et pilote de chasse, le général Jean-Marc Vigilant a coordonné sur le terrain l'opération Chammal contre Daech. Premier officier supérieur noir à diriger l'institution de formation des cadres des armées, il s'exprime sur l'enjeu de la diversité dans la haute hiérarchie militaire. lejdd.fr, Général Jean-Marc Vigilant, commandant de l'Ecole de Guerre : "J'étais presque toujours le seul noir"
  • Si nous avons vu le nouveau ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin rendre hommage au gendarme Mélanie Lemée, tuée le 4 juillet par un chauffard qui tentait d’échapper à un contrôle routier à Port-Sainte-Marie (Lot-et-Garonne), le directeur général de la gendarmerie nationale, le général d'armée Christian Rodriguez, était naturellement présent àla cérémonie. , Faits-divers - Justice | Mâconnais d'origine, le général d'armée Christian Rodriguez, directeur de la gendarmerie, s'est recueilli devant le cercueil de Mélanie Lemée
  • En février de l’année suivante, elle apprend que c’est le général de Gaulle en personne, de retour aux affaires, qui présidera les fêtes ! "Je leur ai dit, “Ah non, je ne veux pas le faire, je n’arriverai jamais à lui parler”… Mais mon frère m’a de nouveau obligée. Le 8 mai, on m’a habillée et j’ai attendu le général, sur le parvis de la cathédrale. Il est arrivé, suivi par tous les journalistes qui lui ont demandé de poser avec la Jeanne d’Arc… “Je ne pose jamais sur les photos”, a-t-il répondu. Alors je me suis retournée, je lui ai souri et il a pris ma main…" www.larep.fr, "Ma rencontre avec le général de Gaulle a marqué ma vie. Mais il était simple, un vrai grand-père !" - Orléans (45000)
  • Le général (Air) Stéphane Mille a été nommé aujourd’hui Sous-chef opérations (Scops) à l’état-major des armées, comme nous l’annoncions le 5 juin sur ce blog. Il succède au général Grégoire de Saint-Quentin, nommé « conseiller du gouvernement » avec une cinquième étoile. Sauf surprise, cet officier à la carrière remarquable devrait rejoindre prochainement le civil. L'Opinion, Le général Mille nommé sous-chef opérations et le général Abad gouverneur militaire de Paris | Secret Défense | L'Opinion
  • A moins de deux ans de la présidentielle, la droite se cherche encore un candidat, un général qui puisse la conduire à la bataille et enrayer le cycle des défaites. Le choix par Emmanuel Macron de Premier ministres de droite ne simplifie pas la tâche de cette dernière. Confrontée à un problème d'incarnation sans précédent, elle doit aussi éviter que les querelles d'ego ne virent au jeu de massacre. Les Echos, La droite toujours en quête d'un général | Les Echos
  • Yves Veyrier, Secrétaire général de Force Ouvrière (FO), était l’invité de Frédéric Rivière sur RFI le 10 juillet 2020. Force Ouvrière, Yves Veyrier, Secrétaire général de FO, était l'invité de Frédéric Rivière - Force Ouvrière
  • La statue du général de Gaulle qui trône depuis 1995 dans un square d'Amnéville a été adjugée à 68.000 euros aux enchères à un mystérieur acheteur. La mairie d'Amnéville avait enchéri pour la racheter, mais c'était trop cher pour elle. Elle va lancer un concours pour la remplacer. France Bleu, La statue du général de Gaulle d'Amnéville vendue aux enchères à un anonyme pour 68.000€
  • Le général de division Frédéric Blachon quittera définitivement l’armée fin juillet, en même temps que son commandement à la 1re Division à Besançon. Son successeur, le général de division Emmanuel Gaulin, arrivera début août. , Défense - Guerre - Conflit | Le général Frédéric Blachon fait ses adieux à la 1re Division

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Traductions du mot « général »

Langue Traduction
Anglais general
Espagnol general
Italien generale
Allemand allgemeines
Chinois 一般
Arabe جنرال لواء
Portugais geral
Russe общее
Japonais 一般的な
Basque general
Corse ginirali
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Synonymes de « général »

Source : synonymes de général sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « général »

Général

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