Ébranler : définition de ébranler


Ébranler : définition du Wiktionnaire

Verbe

ébranler \e.bʁɑ̃.le\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’ébranler)

  1. Amener par des secousses une chose à ne plus être dans sa position habituelle.
    • […], le chevalier frappa la porte si furieusement de son pied, que les poteaux et les gonds en furent ébranlés. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Au même instant, tout s’évanouit comme par magie, […] l’église trembla comme si, en rentrant dans leur tombe, les morts en ébranlaient les fondements […]. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • N'oublions pas la musique ! Elle se compose d'une vingtaine d'individus vêtus de longs cafetans jaunes, verts, rouges, violets, qui tirent de leurs instruments européens, aussi mal tenus que les fusils de l’âsker, des sons capables d’ébranler les murs de toutes les villes de l'empire chérifien. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 87)
  2. Émouvoir quelqu’un, faire qu’il soit moins ferme dans la situation d’esprit où il était, dans ses opinions, dans ses résolutions.
    • Don Juan — Allons voir, et montrons que rien ne me saurait ébranler. — (Molière, Don Juan, acte IV, scène V)
    • De Gaulle que tant de tempêtes avaient assailli sans jamais l'ébranler, s'évanouit et disparut à la première égratignure que lui fit un parlement-croupion. — (François Mitterrand, Le coup d'État permanent, 1965)
    • Et la brigade demeura en Belgique. […]. Les plus frénétiques arrosages de shrapnells et de marmites n’ébranlaient pas sa constance. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p.91)
    • L’incrédulité de Bert était ébranlée. Il posait des questions, et le soldat y répondait complaisamment. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 24 de l’éd. de 1921)
    • Il faut donc trouver un argument-massue, un argument capable de semer le doute dans l’âme des ouvriers, d’ébranler leur confiance, d’amener des défections de plus en plus nombreuses, puis des désertions massives. — (Paul Alexis Ladame, Le destin du Reich, éd. Perret-Gentil, 1945, p. 113)
  3. (Pronominal) (En particulier) (Militaire) Se mettre en mouvement ; commencer un mouvement.
    • Le train s’ébranle en ce moment, les roues de la locomotive patinent sur le rail, puis la vitesse s’accélère… — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. I, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • Les deux petits paysans mis en liberté, tout le cortège s’ébranla de nouveau dans la direction de Tryphême. — (Pierre Louÿs, Les aventures du roi Pausole, 1901)
    • La caravane ne s'ébranla qu'après d'interminables adieux: …. — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
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Ébranler : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉBRANLER. v. tr.
Amener par des secousses une chose à ne plus être dans une ferme assiette. Les vents ont ébranlé la maison. Ce coup lui a ébranlé le cerveau. Les voûtes du temple s'ébranlèrent. Fig., Un empire que les discordes ont ébranlé. Ébranler le pouvoir de quelqu'un. Ébranler le crédit public. En parlant des Personnes, il signifie Émouvoir quelqu'un, faire qu'il soit moins ferme dans la situation d'esprit où il était, dans ses opinions, dans ses résolutions. Ces raisons l'ont fort ébranlé. Les menaces ne sauraient m'ébranler. Les malheurs, les disgrâces n'ont point ébranlé son courage, sa constance. Une fermeté qui ne s'ébranle jamais. On dit de même Ébranler la résolution de quelqu'un, ébranler son espoir.

S'ÉBRANLER signifie particulièrement, en termes de Guerre, Se mettre en mouvement, commencer un mouvement. Des troupes qui s'ébranlent.

Ébranler : définition du Littré (1872-1877)

ÉBRANLER (é-bran-lé) v. a.
  • 1Faire branler, mettre en branle, communiquer un mouvement d'oscillation. Ébranler une cloche. Les détonations du canon ébranlaient les airs. Devant qu'il soit deux ans, Je veux que l'on me voie avec des airs fendants, Dans un char magnifique, allant à la campagne, Ébranler les pavés sous six chevaux d'Espagne, Regnard, Ménechmes, IV, 2. Il loge sa mollesse en un riche palais, Et, derrière un char d'or promenant trois valets, Sous six chevaux pareils ébranle au loin la rue, Gilbert, XVIIIe siècle.

    Faire chanceler. Le torrent ébranle les rochers. Le canon de l'assiégeant avait ébranlé la muraille. Il ébranla en peu de temps une partie du mur avec les machines, Perrot D'Ablancourt, Arr. liv. I, dans RICHELET. Sur ses antiques fondements, Venait-il ébranler la terre ? Racine, Athal. I, 4. Le sacristain, bouillant de zèle et de courage, Le prend [un Quinault], se cache, approche, et, droit entre les yeux, Frappe du noble écrit l'athlète audacieux ; Mais c'est pour l'ébranler une faible tempête ; Le livre sans vigueur mollit contre sa tête, Boileau, Lutrin, V.

    Communiquer un mouvement. Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine, Boileau, Lutrin, V. Et d'un bras, à ces mots, qui peut tout ébranler, Lui-même se courbant, s'apprête à le rouler [le lutrin], Boileau, ib. III.

  • 2 Terme de manége. Ébranler son cheval au galop, le faire passer du pas, du trot ou de quelque autre allure, à celle du galop.
  • 3Mettre en désordre. Le feu d'une batterie formidable ébranla la première ligne de l'ennemi. L'apparition des gendarmes ébranla la foule ameutée.
  • 4 Fig. Faire chanceler. La ligue ébranla le trône des Valois. Le manque d'héritiers ébranlait sa province, Corneille, Œdipe, V, 4. Et ma tête abattue ébranlerait la vôtre, Corneille, Sertor. IV, 3. Mais, si tu les soutiens, qui peut les ébranler ? Racine, Ath. III, 7. Des scandales qui peuvent ébranler leur foi, Massillon, Car. Resp. hum. Et si de vos flatteurs la funeste malice Jamais dans votre cœur ébranlait la justice, Voltaire, Brut. III, 6. Au midi, les séditions, l'ignorance et l'indiscipline, tous les genres de corruption qui dégradent un peuple, ébranlaient depuis un siècle l'empire Ottoman, Raynal, Hist. phil. V, 23.

    Faire branler, rendre peu ferme, rendre incertain. Il ébranla ma résolution. La frayeur de la mort ébranle le plus ferme, Théophile, Poésies, dans RICHELET. Jaloux des bons desseins qu'il tâche d'ébranler, Corneille, Polyeucte, I, 1. Et reconnaissez-vous que tout ce qu'il m'a dit, Par quelque impression ébranle mon esprit ? Corneille, Nicom. IV, 1. Raffermis ma vertu, qu'ébranlent tes soupirs, Boileau, Lutrin, II. Et les dons achevant d'ébranler leur devoir, Racine, Bajaz. I, 1. Un amour qu'il peut vouloir troubler, Mais que tout son pouvoir ne pourrait ébranler, Racine, Phèd. III, 6. Les plus affreux périls ne sauraient m'ébranler, Lamotte, Inès, IV, 2. Ses menaces n'ont pu ébranler ma fidélité, Lesage, Diabl. boît. ch. 5.

    Modifier les convictions, les sentiments. Depuis qu'on commence à être ébranlé par la raison, Pascal, dans COUSIN. Le peuple est ébranlé, ne perdons point de temps, Corneille, Héracl. I, 5. Si vous êtes ébranlés par l'autorité de M. Jurieu, Bossuet, Avert. 1. Mais le dessein est pris, rien ne peut m'ébranler, Racine, Mithrid. IV, 4. … De ce soupir, que faut-il que j'augure ? Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure ? Croirai-je qu'une nuit a pu vous ébranler ? Racine, Iphig. I, 3. Les plus grandes merveilles, Sans ébranler ton cœur, frapperont tes oreilles ? Racine, Athal. I, 1. Thémistocle eut ici besoin de toute son adresse et de toute son éloquence pour ébranler le peuple, Rollin, Hist. anc Œuvres, t. III, p. 227, dans POUGENS. Ainsi périt, à l'âge de trente-six ans et demi, Charles XII, roi de Suède, après avoir éprouvé ce que la prospérité a de plus grand et ce que l'adversité a de plus cruel, sans avoir été amolli par l'une ni ébranlé un moment par l'autre, Voltaire, Charles XII, 8.

    Ébranler la gravité, faire presque rire. Madame la Dauphine ne put tenir plus longtemps les éclats de rire ; la majesté du roi en pensa être ébranlée, Sévigné, 502.

    Ébranler la santé, les nerfs, rendre la santé moins solide, les nerfs plus susceptibles.

  • 5S'ébranler, v. réfl. Recevoir un mouvement d'oscillation, être mis en branle. Les cloches s'ébranlaient. La porte s'ébranla sous les coups répétés.

    Se mettre en mouvement pour se porter en avant. Deux régiments s'ébranlèrent pour charger l'ennemi. Elle pâlit, s'ébranla pour aller à lui, Hamilton, Gramm. 10. S'ébranlant tous ensemble, ils couraient de toutes leurs forces contre les barbares, Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. IV, p. 155. Il fallut qu'un Italien, le colonel Delfanti, s'élançât le premier ; alors les soldats s'ébranlèrent, et la foule suivit, Ségur, Hist. de Nap. IX, 13.

    Se mettre en mouvement pour se retirer, s'enfuir. L'infanterie ne put soutenir un feu si vif sans s'ébranler. Les Suédois consternés s'ébranlèrent, et, le canon ennemi continuant à les écraser, la première ligne se replia sur la seconde, et la seconde s'enfuit, Voltaire, Charles XII, 4.

    Fig. Il répondit, sans s'ébranler, que la bataille n'était pas encore perdue, puisqu'il n'avait pas encore combattu, Relation des campagnes de Rocroi, dans LEROUX, Dict. comiq. Et si ce cœur s'ébranle ? Corneille, Polyeucte, II, 6. Ne t'ébranle donc point dans les tentations, Ne t'inquiète point de leurs inquiétudes, Corneille, Imit. II, 9. Le sang à ces objets facile à s'ébranler, Racine, Iph. IV, 1. Les esprits s'ébranlaient, Voltaire, Fanat II, 2.

HISTORIQUE

XVIe s. Ces paroles esmeurent et esbranlerent la plus part de l'armée de Demetrius, Amyot, Pyrr. 22. Les hommes d'armes commencerent à se mettre au galop ; le bataillon de gens de pied s'esbranla aussi après eux, Amyot, Alex. 63. Il est messeant de s'esbranler pour la menace du coup, Montaigne, I, 49.

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Ébranler : définitions subjectives sur Dicopedia

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Étymologie de « ébranler »

Étymologie de ébranler - Littré

Es- préfixe, et branler.

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Étymologie de ébranler - Wiktionnaire

Composer du préfixe é- et du verbe branler
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Phonétique du mot « ébranler »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ébranler ebrɑ̃le play_arrow

Conjugaison du verbe « ébranler »

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Évolution historique de l’usage du mot « ébranler »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « ébranler »

  • Le 28 juin 2020 va-t-il marquer la chute de la maison Myard ? C'est en tout cas l'objectif affiché par les listes divers droites et centristes qui tentent de faire tomber le vieux lion de 73 ans. Au premier tour, cinq listes (dont une seule de gauche) se sont lancées contre lui. Cette multiplicité de candidatures a déjà commencé à ébranler Jacques Myard (LR) qui n'a obtenu alors que 35 % des voix : un faible score pour un maire sortant dans les Yvelines où nombre de ses collègues l'ont emporté haut-la main dès le premier tour.  Les Echos, Maisons-Laffitte : tous contre Myard | Les Echos
  • Les secousses provoquées par la mort de George Floyd continuent à ébranler le monde. En Europe comme aux États-Unis, on déboulonne ou décapite les statues de personnages liés à la traite négrière, à l'esclavage ou taxés de racisme. Le visage de George Floyd est déjà une icône de la quête de justice, comme à Bethléem. France Inter, SNAPSHOT - À Bethléem, sur le "mur de l'apartheid", un visage géant demande justice
  • Quarante-cinq ans, ça se fête… sauf en période de Covid-19. Les festivités prévues cet été pour l’anniversaire de l’EFHT attendront. Une péripétie pas si anecdotique, pour peu qu’on la mette en perspective. L’activité touristique, comme beaucoup d’autres, a en effet été touchée de plein fouet par le virus. Mais il en faut plus pour ébranler l’enthousiasme de Kévin Giraudeau, directeur Communication et Admissions de l’EFHT : « On a la chance de faire des métiers formidables, où on crée du rêve et où on vend du rêve. » Il faut dire que le tourisme a l’habitude de se relever. Nouvelles technologies, nouveaux acteurs, nouveaux modes de consommation… le secteur a toujours su se réinventer avec, à la clé, un large choix de perspectives pour ses jeunes. L’EFHT, basée dans le 14e arrondissement de Paris, entend donc continuer à s’adapter pour former ses étudiants aux compétences dont le secteur aura besoin demain. , L’EFHT, L’ÉCOLE QUI RÉPOND AUX ATTENTES DU TOURISME DE DEMAIN - L'Etudiant
  • Face à des joueurs du Bayer trop nerveux et bien trop imprécis pour ébranler l’armada adverse, les hommes d’Hansi Flick se sont ensuite fait plaisir en première mi-temps, Serge Gnabry profitant d’une bévue défensive pour aller planter le deuxième but bavarois après 25 petites minutes. sudinfo.be, Grâce à un Lewandowski de gala, le Bayern domine Leverkusen et rafle une 20e coupe d’Allemagne (2-4)
  • La pandémie de Covid-19 est venue nous rappeler nos fragilités et ébranler nos certitudes. Elle aura valeur de prise de conscience pour plus de sagesse. Des peurs et des hommes, sous l’influence du Covid-19 adopte une approche scientifique, théorique et pratique sur les principaux aspects de l’adaptation et ses perturbations. Le livre aborde les troubles psychologiques les plus fréquents, mis en exergue par la pandémie : insomnie, angoisse, inquiétude, deuil, syndrome de stress post-traumatique… Telquel.ma, Parution. “Des peurs et des hommes, Sous l’influence du Covid-19”
  • Le sens moral est plus important que l'intelligence. Quand il disparaît d'une nation, toute la structure sociale commence à s'ébranler. De Alexis Carrel / L'homme, cet inconnu
  • Dans les temps de peu de croyance, où les religions à force de fautes ont fini par ébranler Dieu dans l'âme humaine, le premier devoir du penseur, c'est de faire des actions affirmantes. De Victor Hugo / Philosophie prose
  • Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté. De Roland Barthes
  • L'honnêteté est plus inébranlable que la loi. L'une, personne ne pourra jamais l'ébranler par la parole ; l'autre, en la tournant et la retournant souvent, un rhéteur la met à mal. De Euripide / Fragments
  • Ce n'est pas avec la raison, et c'est le plus souvent contre elle, que s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde. De Gustave Le Bon / Hier et Demain

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Traductions du mot « ébranler »

Langue Traduction
Corse agita
Basque shake
Japonais 振る
Russe сотрясения
Portugais mexe
Arabe أن يهز
Chinois
Allemand shake
Italien shake
Espagnol sacudir
Anglais shake
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Synonymes de « ébranler »

Source : synonymes de ébranler sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « ébranler »


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