La langue française

Arrêter

Sommaire

Définitions du mot arrêter

Trésor de la Langue Française informatisé

ARRÊTER, verbe.

I.− Emploi trans.
A.− Interrompre ou faire cesser un mouvement ou une marche.
1. Arrêter qqc.
a) [Le compl. désigne une chose ou un animal en mouvement]
[Le compl. désigne une chose ou un animal qui se déplace]
Empêcher d'avancer :
1. Au bas de la rue Montmartre, un embarras de voitures arrêta le fiacre. Les jeunes gens, qui avaient baissé la glace, entendaient la voix furieuse de Bachelard s'empoignant avec les cochers. Puis, quand la voiture se fut remise à rouler, Gueulin donna des détails sur Clarisse. Zola, Pot-Bouille,1882, p. 131.
Faire obstacle au passage de :
2. ... le magma est conduit à travers des appareils d'épuration de trois types différents installés en cascade. Ce sont les sabliers où se déposent sables et graviers; les épurateurs plats et rotatifs où sont arrêtés les fibres restées en faisceaux, les fils et plaquettes de pâte; enfin les épurateurs centrifuges qui arrêtent les matières légères : particules de charbon, caoutchouc, liège, etc. La Civilisation écrite,1939, p. 607.
Empêcher d'arriver à destination :
3. La receveuse, MlleMonod, était seule dans la confidence; elle avait arrêté plusieurs lettres d'Anne : ... Mauriac, Thérèse Desqueyroux,1927, p. 207.
En partic., se disait des agressions, des vols sur les routes. Arrêter une diligence (Pourrat, Gaspard des Montagnes,Le Château des sept portes, 1922, p. 43).
[Le compl. désigne une chose qui bouge, qui remue] Empêcher de bouger. ,,Arrêter une persienne que le vent agite.`` (Ac.1835, 1878).
Au fig. [Avec un compl. abstr.] Limiter, borner, retenir :
4. ... l'intelligence de l'homme ne peut rester stationnaire : si vous ne l'arrêtez pas, elle avance; si vous l'arrêtez, elle recule; si vous la découragez sur elle-même, elle ne s'exercera plus sur aucun objet qu'avec langueur. Constant, De l'Esprit de conquête,1813, p. 231.
Arrêter le regard. Le retenir :
5. Cette femme aux traits réguliers, épaisse, lourde, à la voix bête, est marquée du signe de celles qui n'arrêtent pas un regard, qui ne fixent pas une pensée. Elle me semble belle, pourtant, au long de ces nuits, d'une beauté étrangère à elle-même, empruntée à son désespoir. N'existe-t-il un homme que cet incendie attirerait? Mauriac, Le Nœud de Vipères,1932, p. 292.
[Le compl. désigne une chose qui fonctionne, un mécanisme] Interrompre le fonctionnement :
6. Il résulteroit de grands inconvéniens, s'il pouvoit dépendre de nous d'arrêter, à notre gré, soit les mouvemens de notre cœur ou de nos artères, soit les fonctions de nos viscères ou de nos organes sécrétoires et excrétoires; mais aussi il importe, pour que nous puissions satisfaire à tous nos besoins, que nous ayons à notre disposition une portion de notre fluide nerveux pour l'envoyer aux parties que nous voulons faire agir. Lamarck, Philos. Zool.,t. 2, 1809, p. 203.
[Le compl. désigne une chose qui s'écoule] Empêcher de couler, faire obstacle à l'écoulement de :
7. ... la nappe des eaux souterraines n'est pas arrêtée par ce talus; elle s'introduit sous les graviers perméables qui forment le sol de la Hart et des parties défrichées, biens qu'analogues, qui lui font suite. Ces graviers sont secs à la surface; les cours d'eau s'y infiltrent et disparaissent; ... Vidal de La Blache, Tabl. de la géogr. de la France,1908, p. 223.
b) [Le compl. désigne le mouvement lui-même ou une action]
[Le mouvement lui-même, l'écoulement] L'interrompre, le faire cesser :
8. Comme au palais de la Belle au bois dormant, le sommeil avait suspendu toutes les vies, arrêté tous les mouvements! La paralysie du maître avait du même coup paralysé les serviteurs et s'était étendue jusqu'aux instruments! Verne, Les 500 millions de la Bégum,1879, p. 243.
[Une action] L'empêcher de s'accomplir :
9. À côté des substances que nous venons d'étudier et qui favorisent le développement cellulaire, il existe une série d'autres substances dont la présence dans le milieu retarde ou arrête complètement ce développement. J. Verne, La Vie cellulaire hors de l'organisme,1937, p. 13.
Spécialement
AGRIC. ,,Couper la sommité d'une tige ou d'une branche, pour y suspendre la végétation.`` (Ac. Compl. 1842) :
10. L'ail réussit parfaitement en bordures... On plante les caïeux à 15 centimètres de distance, et lorsque la tige a acquis tout son développement, on en fait un nœud pour arrêter l'ascension de la sève, et concentrer toute son action sur la racine. A. Gressent, Le Potager moderne,1863, p. 581.
COUT. Arrêter un point. Faire un nœud au dernier point d'une couture afin que le fil ne s'échappe pas.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixeet du xxesiècle.
DR. Saisir, par voie de justice.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixeet du xxesiècle.
Saisir-arrêter. Opérer une saisie-arrêt.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixesiècle.
2. [Le compl. d'obj. est un subst. désignant une pers. ou un subst. coll.] Arrêter qqn.
a) [Correspond à arrêt]
L'empêcher d'avancer :
11. Les feldgrau ont atteint nos tranchées de bordure, et ils s'expliquent avec les quelques pauvres bougres que le bombardement n'a pas broyés. Mais n'importe. Le barrage arrêterait les suivants. Romains, Les Hommes de bonne volonté,Verdun, 1938, p. 61.
L'empêcher d'agir :
12. ... vers les deux heures, Berthelot, n'y tenant plus, lui jetait à travers une de ses phrases : « Oui, voyez-vous, tout le mal vient des catholiques! » Dans son innocence, Berthelot croyait que cette gaminerie allait produire une diversion, arrêter l'orateur. Mais Trochu, se tournant vers lui, disait simplement : « Le robinet est lâché, il faut qu'il coule! » Et sans donner dans le piège, continuait imperturbablement. E. et J. de Goncourt, Journal,1875, p. 1089.
Le retarder, le retenir (au propre ou au fig.) :
13. On conçoit, qu'avec cette liberté, il [le physicien] se joue des difficultés qui arrêtent l'analyste. Il peut toujours raisonner comme si toutes les fonctions qui s'introduisent dans ses calculs étaient des polynômes entiers. H. Poincaré, La Valeur de la sc.,1905, p. 155.
b) [Correspond à arrestation] Appréhender quelqu'un, le retenir prisonnier :
14. Tout homme ne doit être arrêté et détenu qu'en vertu d'un mandat judiciaire, c'est-à-dire qu'on ne décernera plus de lettres de cachet. G. Lefebvre, La Révolution fr.,1963, p. 166.
B.− Fixer son attention sur quelqu'un ou quelque chose en vue de l'examiner ou de conclure.
1. Fixer son regard ou son attention sur quelque chose ou sur quelqu'un en vue de l'examiner. Arrêter ... sur qqn ou sur qqc.
a) [Le compl. d'obj. désigne les yeux, le regard] Fixer les yeux, le regard sur quelqu'un ou sur quelque chose, tenir son regard fixé sur quelqu'un ou sur quelque chose :
15. Alors une terreur profonde et invincible s'empara de lui; il n'osa plus presser cette main qui pendait hors du lit, il n'osa plus arrêter ses yeux sur ces yeux fixes et blancs qu'il essaya plusieurs fois mais inutilement de fermer, et qui se rouvraient toujours. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 241.
b) [Le compl. d'obj. désigne la pensée, l'esprit, l'attention] Considérer avec attention, réfléchir, se concentrer, empêcher la mobilité de l'esprit, le fixer sur quelque chose :
16. Le désir de découvrir du nouveau empêche d'arrêter la pensée sur la signification transcendante, irreprésentable de ce qui est déjà découvert. S. Weil, La Pesanteur et la grâce,p. 1943, 132.
2. Fixer, déterminer quelque chose de manière à assurer la conclusion d'un débat, d'un travail, etc.
a) [Le compl. désigne les moyens d'une action] Prendre une résolution, une décision, seul ou en accord avec d'autres :
17. Dès le premier moment, je l'ai dit, ma résolution fut arrêtée; elle ne me coûta pas à prendre, mais elle fut douloureuse à exécuter. Lorsqu'à Lourdes, au lieu de tourner au midi et de rouler vers l'Italie, je pris le chemin de Pau, mes yeux se remplirent de larmes; j'avoue ma faiblesse. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 3, 1848, p. 566.
b) [Le compl. désigne les circonstances de lieu, de temps d'une action] :
18. ... je partais, seul, dès la première pointe du matin, après avoir arrêté l'heure et l'endroit où Lucien me rejoindrait... P. Bourget, Le Disciple,1889, p. 206.
c) [Le compl. désigne une pers. ou une chose] P. ext., vieilli. Fixer son choix de manière définitive. Arrêter qqn.Le retenir, l'engager à son service. Arrêter qqc.Le retenir, s'en assurer d'avance l'usage :
19. « ... Allons donc! s'écria Passepartout en faisant entendre un retentissant éclat de rire! Je savais bien que vous ne pourriez pas vous séparer de nous. Venez retenir votre place, venez! » Et tous deux entrèrent au bureau des transports maritimes et arrêtèrent des cabines pour quatre personnes. Verne, Le Tour du monde en 80 jours,1873, p. 101.
d) [Le compl. désigne une œuvre, une réalisation, quelque chose que l'on fait, ...] Terminer, déterminer de façon définitive pour ne plus y toucher :
20. Vous pouvez annoncer, dès aujourd'hui, les deux volumes de contes dont les titres et les sujets sont parfaitement arrêtés : Les souffrances de l'inventeur. − Aventures administratives d'une idée heureuse et patriotique. − César Birotteau. − Le prêtre catholique. Balzac, Correspondance,1833, p. 416.
Arrêter un compte. Le régler de manière définitive. ,,Arrêter un compte, c'est faire les totaux du débit et du crédit de ce compte, et en déterminer le solde, s'il y a lieu.`` (Lar. comm. 1930, s.v. arrêté de compte).
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixes. ainsi que ds DG, Lar. encyclop. et Quillet 1965.
Rare. Arrêter qqc. dans :
21. L'esprit brouillon est une sorte d'impatience chétive des limites. Les mêmes tempéraments, qui n'arrivent pas à arrêter leur vie personnelle dans un choix décidé, aiment se barbouiller d'internationalisme et de toutes les religions du monde, par impuissance de vivre pleinement une nation ouverte ou une religion universelle. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 718.
B.-A. Terminer, fixer les masses, les parties principales, les contours d'une œuvre, d'une composition, d'un dessin, d'une peinture :
22. « J'ai découvert le secret, vous voyez! Ainsi regardez-moi cette petite femme à coiffure de sphinx qui danse avec un postillon russe, c'est net, sec, arrêté, tout en méplats et en ton crus : de l'indigo sous les yeux, une plaque de cinabre à la joue, du bistre sur les tempes; pif! paf! » Et il jetait, avec le pouce, comme des coups de pinceau dans l'air. Flaubert, L'Éducation sentimentale,t. 1, 1869, p. 150.
e) Arrêter que, de.Décider que, de :
23. Délibération du Corps municipal, du 7 décembre 1791. Lu le rapport fait par les commissaires de la Garde nationale d'un mémoire des musiciens attachés à la Garde nationale, par lequel ils exposent la nécessité de pourvoir à leur conservation. Le Corps municipal arrête que M le Maire (Pétion) enverra incessamment au Directoire du département une copie du rapport des commissaires de la Garde nationale, ... L'Enseign. en France. L'Enseign. de la mus. et l'éduc. musicale,t. 1, 1950, p. 7.
Spéc. Prendre un arrêté (cf. arrêté III).
II.− Emploi intrans.
A.− Cesser d'avancer, faire une halte, une station :
24. Arrivés près du mont où naquit saint François, un moment l'on arrête pour laisser respirer après si longue traite les chevaux fatigués; chacun s'élance à bas du coche et me voilà debout, croisant les bras, de long en large allant, flânant; ... Barbier, Satires,Une Réfutation d'Horace, 1865, p. 123.
B.− Cesser d'agir, de parler. Ne pas arrêter de faire quelque chose. Ne pas cesser de faire quelque chose, faire quelque chose sans répit, sans arrêt :
25. L'idée de revoir les lieux où s'était passée sa jeunesse l'exaltait sans doute, car tout le long du chemin il n'arrêta pas de discourir; ... Flaubert, Madame Bovary,t. 2, 1857, p. 130.
Rem. Cet emploi intrans. qualifié de vx ds Quillet 1965, est surtout fréq. à l'impératif :
26. Tais-toi, ami, tais-toi, arrête. − Calme, calme ta tête brûlante. Laisse passer en silence tes emportements, et n'épouvante pas cette jeune femme qui t'est étrangère. Vigny, Chatterton,1835, p. 295.
[Le suj. est un subst. d'action] Cesser :
27. N'est-il pas vrai, monsieur Durtal, disait le frère Blanche, que le but de la vie monastique devrait être la louange ininterrompue de Dieu? − Certainement, petit frère, mais pour vous consoler de ne pouvoir réaliser ce projet, persuadez-vous que la louange pérennelle subsiste, non dans un Ordre particulier mais dans tous les Ordres réunis ensemble; la prière des congrégations n'arrête jamais; les couvents des diverses observances se relaient entre eux... Huysmans, L'Oblat,t. 2, 1903, p. 47.
C.− Spécialement
1. VÉN. [En parlant d'un chien] Demeurer immobile dès qu'il voit ou sent le gibier :
28. George Le Roi observe que, quoique le chien n'arrête point naturellement, les excellentes chiennes d'arrêt font des petits qui très souvent arrêtent, sans leçon préalable, la première fois qu'on les met en présence du gibier. Stendhal, Hist. de la peint. en Italie,t. 2, 1817, p. 78.
2. ÉQUIT. Arrêter et rendre. Former des demi-temps d'arrêts successifs.
Rem. Attesté ds Ac. 1835-1932, Besch. 1845, Littré, Quillet 1965.
3. ESCR. ,,Prendre un coup d'arrêt.`` (Ac. Compl. 1842 qui l'atteste seul; cf. arrêt I A 1 a spéc.).
III.− Emploi pronom.
A.− [Le suj. désigne une chose ou un animal]
1. [Le suj. désigne un animal ou une chose doués de mouvement ou mis en mouvement]
a) Cesser d'avancer :
29. Telles étaient les inquiétudes de ces anciens peuples, qui, voyant le soleil s'éloigner de leurs climats, craignaient qu'un jour il ne vînt à les abandonner tout-à-fait : de là ces fêtes de l'espérance, célébrées au solstice d'hiver, lorsque les hommes virent cet astre s'arrêter dans sa marche rétrograde, et rebrousser sa route pour revenir vers eux. Dupuis, Abr. de l'orig. de tous les cultes,1796, p. 145.
En partic. [Le suj. désigne un autobus, un train, etc.] S'arrêter à + compl. de lieu.Faire un arrêt, une station (cf. arrêt I A 1 a) :
30. Le rapide de Cherbourg ne s'arrête pas à Bourg-du-Mont. Je dus en descendre à Valognes afin de reprendre plus tard un train omnibus qui me ramènerait sept kilomètres en arrière. Billy, Introïbo,1939, p. 175.
b) [Le suj. désigne une chose qui fonctionne, un mécanisme] Cesser de fonctionner :
31. 4 amortissement. − On sait que les oscillations d'un pendule ne persistent pas indéfiniment; chaque oscillation est moins ample que celle qui l'a précédée, et, après un certain nombre d'allées et venues de plus en plus petites, le pendule finit par s'arrêter. Cela est dû au frottement. H. Poincaré, La Théorie de Maxwell et les oscillations hertziennes,1899, p. 22.
Au fig. [Le suj. désigne la pensée, l'esprit, etc.] :
32. ... elle avait repris : « Je suis sûre d'aimer encore! » M. Baslèvre, aussi, en était sûr : mais, arrivée là, sa pensée s'arrêtait et toutes voix se taisaient en lui. Estaunié, L'Ascension de M. Baslèvre,1919, p. 185.
c) [Le suj. désigne un liquide] Cesser de s'écouler, de couler :
33. Marguerite était livide. Elle ne disait pas une parole. De grosses larmes coulaient de temps en temps de ses yeux et s'arrêtaient sur sa joue, brillantes comme des diamants. A. Dumas Fils, La Dame aux Camélias,1848, p. 263.
2. [Le suj. désigne le mouvement lui-même, une action] Cesser :
34. Une artère est coupée. Du sang jaillit en abondance. La pression artérielle s'abaisse. Le patient a une syncope. L'hémorragie diminue. Un caillot se forme dans la plaie. L'ouverture du vaisseau est oblitérée par de la fibrine. L'hémorragie s'arrête définitivement. Carrel, L'Homme, cet inconnu,1935, p. 239.
3. P. ext. [Le suj. désigne une chose qui n'est pas en mouvement] Ne pas aller plus loin que, ne pas s'étendre au-delà de :
35. Deux fois, après deux kilomètres environ dans le chaud silence, puis sous les branches, complètement dans l'ombre, le chemin s'est arrêté, obstrué, fermé. Je mettais pied à terre, j'écartais les branches, pour regarder. Alain-Fournier, Correspondance[avec J. Rivière], 1911, p. 279.
4. [Le suj. désigne les yeux] S'arrêter sur :
36. En entrant dans la salle, ils virent le parterre debout et les yeux fixés sur un seul point de la salle; leurs regards suivirent la direction générale, et s'arrêtèrent sur l'ancienne loge de l'ambassadeur de Russie. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 777.
B.− [Le suj. désigne une pers. ou, p. ext., l'esprit, la pensée]
1. [Le suj. désigne une pers. qui se déplace]
Cesser d'avancer :
37. Ils s'arrêtèrent au bord du troupeau. Alban resta un peu en retrait. « Vous pouvez avancer, il n'y a pas de danger », dit le duc. − « Je veux d'abord voir comment se comporte ce bétail », répondit Alban, ... Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 406.
Faire halte :
38. J'avais quitté Auteuil très tôt, espérant m'arrêter au Louvre en passant; mais la crainte de manquer Fargue m'a fait arriver une demi-heure trop tôt. Gide, Journal,1911, p. 327.
Séjourner dans un lieu, interrompre un voyage :
39. Nous (...) descendîmes le Rhône jusqu'à Avignon, d'où nous courûmes à Vaucluse, (...). De là, traversant le Midi, saluant le pont du Gard, nous arrêtant quelques jours à Nîmes pour embrasser notre cher précepteur et ami Boucoiran et pour faire connaissance avec Madame d'Oribeau, (...), nous gagnâmes Perpignan, ... G. Sand, Histoire de ma Vie,t. 4, 1855, p. 437.
Au fig., loc. gén. péj. Ne pas s'arrêter en si beau chemin. Continuer, poursuivre ses entreprises.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixes. ainsi que dans Ac. 1932, Rob. et Lar. encyclop. qui renvoie à chemin.
2. [Le suj. désigne une pers. qui agit, qui parle] Cesser de parler, d'agir. S'interrompre dans une action ou la cesser tout à fait :
40. Mais Haynes ne sut jamais ce que le matelot voulait dire. Celui-ci s'arrêta court, puis, sans un instant d'hésitation, étendit le bras et signala par deux coups de cloche qu'il apercevait quelque chose sur bâbord. Peisson, Parti de Liverpool,1932, p. 152.
3. [Dans un domaine plus abstr., en parlant d'une démarche de l'esprit]
a) S'arrêter sur.S'appesantir sur quelque chose, l'étudier de près :
41. Plutôt que de nous arrêter en détail sur tous ces satellites, nous essaierons de distinguer les étapes et les enchaînements qui constituent ce que l'on pourra appeler une histoire. Hist. gén. des sc.,t. 3, vol. 2, 1964, p. 581.
b) S'arrêter à + compl. autre que compl. de lieu.
[Le compl. désigne les moyens d'action] Se décider, choisir, se fixer, pour se déterminer :
42. Les travaux à la suite desquels la volonté peut ainsi s'arrêter fermement à une résolution difficile, pénible, sont comparables à un vannage de grains. L'idée qui domine est enveloppée, perdue, parmi une foule de petites idées secondaires, contradictoires, qui se pressent toutes à la fois, qu'il faut secouer longtemps avant qu'elles s'écoulent et disparaissent, laissant enfin l'autre seule, nette, évidente. Duranty, Le Malheur d'Henriette Gérard,1860, p. 319.
S'arrêter à + inf. ou subst.Arrêter son esprit à quelque chose. S'attarder à :
43. ... le monde n'avait pas été l'ouvrage d'un instant, mais (...) Dieu l'avait produit dans un ordre progressif distribué en six époques que l'écriture appelle des jours. Je ne m'arrêterai pas à vous exposer cet ordre qui est connu de vous, ni à le justifier. La science s'en est chargée depuis un demi-siècle; ... Lacordaire, Conf. de Notre-Dame,1848, p. 224.
S'arrêter à.Prêter attention à, avoir égard à :
44. L'homme pur et qui s'est préservé des souillures, est brillant comme la lumiere. Il est une arme tranchante, comme le diamant; il dissipe et consume tout devant lui, comme le feu. Ne t'arrête point aux apparences, ni aux similitudes; ne te donne point de repos, que tu n'aies atteint jusqu'aux réalités dans tous les genres. Saint-Martin, L'Homme de désir,1790, p. 401.
Rem. Un emploi subst. du part. prés. arrêtant en technol. et désignant une pièce métallique du métier à bas qui empêche un crochet de passer outre. Cet emploi est attesté ds la plupart des dict. gén. du xixes. ainsi que ds Quillet 1965.
COMP.
Arrête-convois, subst. masc.Mines (et carr.). Dispositif de sûreté destiné à prévenir (dans les transports souterrains sur les plans inclinés automoteurs) les conséquences d'une rupture de câble. Synon. parachute :,,En cas de rupture du câble, on a cherché à prévenir les conséquences de l'accident. (...). Une solution complète du problème se trouve dans l'emploi des arrête-convois ou parachutes, intercalés entre l'extrémité du câble et chacun des trains. Un des plus anciens a été l'appareil Joniaux. Il consistait en un wagonnet spécial, à l'aide duquel le câble remorquait le train. L'attache avait lieu par l'intermédiaire d'un fort ressort, manœuvrant une ancre de marine. Lorsque le ressort était tendu par l'attelage, l'ancre se trouvait soulevée. Mais, en cas de rupture de câble ou d'attelage, le ressort reprenant vivement sa forme naturelle, l'ancre s'abattait et se piquait dans les traverses de la voie.`` (J.-N. Haton de La Goupillière, Cours d'exploitation des Mines,1905p. 913).(1905, J.-N. Haton de La Goupillière, Cours d'exploitation des Mines, p. 913); comp. de la 2epers. impér. de arrêter* (cf. arrête-bœuf) et de convoi*.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [aʀ εte] ou [-e-], j'arrête [ʒaʀ εt]. Passy 1914, Goug. 1961 et Harrap's 1963 transcrivent l'inf. avec [ε] ouvert, Dub. et Pt Rob. avec [e] fermé. Warn. 1968 donne deux possibilités de prononc. : avec [ε] pour le lang. soutenu, avec [e] pour le lang. cour. 2. Homon. : arrête (j', il) et arête (de poisson). 3. Hist. − Fér. 1768 rappelle que le verbe : ,,s'écrivait autrefois avec une s : arresté; [qu'] on lui a substitué le chevron sur l'ê``. Il ajoute qu',,on ne prononce qu'une r`` et que ,,l'ê est ouvert et long``. Fér. Crit. t. 1 1787 note qu'il faut prononcer r ,,forte`` (cf. aussi Gattel 1841). 2esyllabe longue également ds Land. 1834, Gattel 1841, Nod. 1844 et Littré. Fél. 1851 transcrit [e] fermé pour la 2esyllabe, DG [ε] ouvert. Ces deux dict. n'indiquent plus la durée sur e. Littré enfin, souligne : ,,arê-té, et non ar-té faute commise dans plusieurs provinces``. Arrêtant. Seule transcription ds Littré : a-rê-tan.
ÉTYMOL. ET HIST. A.− « Empêcher d'aller plus loin, suspendre le mouvement » 1. ca 1100 « suspendre sa marche » (Roland, éd. Bédier, 2450 : Quant veit li reis li vespres decliner, sur l'erbe verte descent li reis en un pred, Culchet sei a terre, si priet Damnedeu Que li soleilz facet pur lui arester, La nuit targer e le jur demurer); 2. ca 1160 « s'interrompre, suspendre une action » (Énéas, éd. Salverda de Grave, 1405 ds T.-L. : Enmi son conte s'arestait); 3. 1230 « mettre en prison » (Ch. de Thib. de Champ., A. mun. Troyes, lay. 2, 1 ds Gdf. Compl. : S'il estoit pris et arestez por autre chose). B.− « Maintenir dans un lieu » 1. ca 1130 « maintenir (qqn) fixé en un lieu » (Couronnement Louis, éd. E. Langlois, 758 ds T.-L. : a l'estache leiez et arestez); 2. 1170 « séjourner, s'attarder » (Chr. de Troyes, Cligès, éd. W. Foerster, 2398 ds T.-L. : Son fil qui an Bretaingne estoit, Ou mout volantiers s'arestoit); 3. 1160-74 « se tenir fixé, attaché (à une pensée) » (Wace, Rou, éd. H. Andresen III, 1017, ibid. : Arestez s'est a cest pensé); xiiies. « se décider » (G. Le Clerc, Fergus, éd. E. Martin, 107, 29, ibid. : A ço s'areste lor conseuls). Du lat. pop. *arrestare, composé de ad et du lat. class. restare « demeurer »; cf. ital. arrestare, esp., port. arrestar prov., cat. arestar.
STAT. − Arrêter. Fréq. abs. littér. : 19 493. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 26 192, b) 30 190; xxes. : a) 29 035, b) 26 912. Arrêtant. Fréq. abs. littér. : 962. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 310, b) 2 079; xxes. : a) 1 646, b) 867.
BBG. − Baudr. Chasses 1834. − Bél. 1957. − Bruant 1901. − Canada 1930. − Chabat 1881. − Chauss. 1969. − Criqui 1967 →. − Darm. Vie 1932, p. 168. − Duch. 1967. − France 1907. − Gottsch. Redens. 1930, p. 9, 411. − Jossier 1881. − Larch. 1880. − Le Breton Suppl. 1960. − Noter-Léc. 1912. − Pierreh. 1926. − Pierreh. Suppl. 1926. − Sandry-Carr. 1963.

Wiktionnaire

Verbe

arrêter \a.ʁe.te\ ou \a.ʁɛ.te\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’arrêter)

  1. Empêcher quelqu’un ou quelque chose de continuer son déplacement.
    • C’est à Rambervillers que Charles IV, duc de Lorraine, se retrancha en 1635, et arrêta l’armée française commandée par le maréchal de la Force. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923)
    • Elle disposa les fleurs au chevet, fit arrêter le balancier de l’horloge, voiler les glaces et les miroirs, fermer les fenêtres et cacher les portraits. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 21)
    • Il n'aimait pas la neige et ne lugeait que si les conditions étaient idéales, ce qui arrivait rarement. Les chutes ne sont pas très importantes dans cette région, sans montagnes pour arrêter les nuages. — (Jérémie Gindre, Pas d’éclairs sans tonnerre, Genève : éd. Zoé, 2017, chap. 15)
  2. (Figuré) (Travail) Stopper la marche d’une entreprise, d’une activité.
    • Arrêter la production par la grève.
    • Il a arrêté de travailler il y a un an.
  3. (Chasse) Débusquer le gibier.
    • Ce chien arrête bien les perdrix, les cailles.
    • (Absolument)Ce chien arrête bien.
  4. (Équitation) (Absolument) Prendre un demi-temps d’arrêt.
    • Arrêter et rendre.
  5. Empêcher de bouger ; fixer.
    • La Sandaraque impure des marchés arabes provient du Thuya et de divers Juniperus. On l'emploie en poudre pour arrêter les petites hémorragies de l’épistaxis. — (Bulletin des sciences pharmacologiques, 1921, vol. 28, page 23)
    • Arrêter un volet.
    • Arrêter son esprit sur quelque chose.
  6. (Couture) Faire un nœud pour que le fil ne s’échappe pas.
    • Arrêter un point
  7. (Par analogie) (Vieilli) S’assurer le service de quelqu’un ou l’usage de quelque chose en s'engageant.
    • Le lendemain, ma mère passa la journée dehors. Elle avait trouvé un logement au coin du faubourg du Temple et du canal; elle l’avait arrêté. Il était vacant; le lendemain nous emménageâmes. — (« Monsieur Vincent », chap 5 des Mémoires de Céleste Mogador, tome 1, Paris : Librairie nouvelle, 1858, p. 96)
  8. (En particulier) Engager un salarié.
    • La tournure un peu pudibonde de la phrase anglaise me fit même un peu sourire et j’arrêtai sur-le-champ cette femme de chambre. — (Guy de Maupassant, Rose, 1885)
  9. (Justice) Prendre et retenir prisonnier.
    • Le Saufconduit donné pour un tems marqué expire au bout du terme; & si le porteur ne s’est point retiré avant ce tems là, il peut être arrêté, & même puni, […]. — (Emer de Vattel, Le droit des gens ou principes de la loi naturelle, livre 3, page 231, 1758)
    • Il faut entrer de force dans le domicile du citoyen: il faut arrêter administrativement l’homme qui ne peut être arrêté qu’en vertu d’une loi ; il faut violer la liberté de l’opinion et la liberté individuelle; il faut en un mot mettre en péril la constitution même de l’État. — (Résumé politique, dans L’Ambigu : ou Variétés littéraires et politiques, V.56, 1818, page 243)
    • La veille de ce mercredi 12 juin, mon ami Maurice Andin, […], avait été arrêté à son domicile et la police y avait laissé un inspecteur. C’est lui qui m’ouvrit la porte lorsque je tombai dans la souricière. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • […]; des agents du préfet se glissèrent dans les marchés : ils arrêtaient les femmes qui portaient des fichus trop courts ou des serre-tête en soie, et les exposaient en public avec leur fichu pendu au cou. — (Aḥmad ʻAbd ar-Rāziq, La femme au temps des Mamlouks en Égypte, vol. 5 de Textes arabes et études islamiques, Institut français d'archéologie orientale du Caire, 1973, page 238)
  10. (Figuré) Résoudre une chose individuellement ou de concert avec d’autres.
    • Une fois l’avis du Conseil d’État rendu, une réunion de relecture coprésidée par le secrétaire général du Gouvernement et un ou plusieurs membres du cabinet du Premier ministre est organisée pour arrêter le texte définitif du projet de loi et de son étude d’impact en vue de son inscription à l’ordre du jour du conseil des ministres. — (Secrétariat général du gouvernement et Conseil d’État, Guide de légistique, 3e version, La Documentation française, 2017, ISBN 978-2-11-145578-8 → lire en ligne)
    • Il a été arrêté qu’on ne passerait plus par cette rue.
    • Arrêter une date : prendre RDV.
  11. (Comptabilité) Régler un compte, déterminer la période sur laquelle sera calculée le montant de l'impôt sur les bénéfices.
  12. (Intransitif) Cesser d’avancer.
    • Dites au cocher d’arrêter.
  13. (Pronominal) Cesser d’avancer.
    • Arrêtez-vous.
    • Pendant que le nouveau venu se débitait à lui-même ce monologue, un autre cavalier, entré par l’autre bout de la rue, […], s’arrêtait et demeurait aussi en extase devant l’enseigne de la Belle-Étoile. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IV)
    • Il contemplait […] les scarabées qui couraient sur le sable chaud et s’arrêtaient tout net à l’approche de son pas. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
    • Un jour dans Fez, le Capitaine de Latte s’arrête à l’éventaire d’un marchand de sucreries arabes. — (Michel Droit, De Lattre, maréchal de France, Pierre Horay, éditions de Flore, 1952, p. 21)
    • La masse des véhicules s'avançait dans un grondement sur les deux routes Minsk-Vilna et Minsk-Slonin, puis s'arrêtait, bloquée parfois pendant trois heures. — (Georges Blond, L'Agonie de l'Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.238)
  14. (Pronominal) Tarder ; s’amuser ; rester quelque temps dans un lieu sans en sortir.
    • Nous nous sommes arrêtés une heure chez lui.
    • Il s’arrête à tous les cabarets.
  15. (Pronominal) (Figuré) Ne pas aller au fond des choses, des idées.
    • S’arrêter aux apparences, à des bagatelles.
  16. (Pronominal) (Figuré) Fixer son attention sur…
    • Nous ne pouvons quitter cette région sans nous arrêter un instant dans les célèbres carrières de Chevroches et d’Armes. Elles s'ouvrent l'une et l'autre dans la couche moyenne de l'étage bathonien. — (Annuaire historique du département de l'Yonne, Auxerre : Perriquet, 1851, vol.15, page 276)
    • Après avoir écoulé différentes propositions, il s’arrêta à la première.
    • Après avoir vu toutes ces étoffes, mon choix s’arrêta, j’arrêtai mon choix, ou je m’arrêtai à celle-là.
  17. (Côte d’Ivoire) Positionner en position verticale
    • Avant j'avais un petit frigo donc j'étais obligé de coucher mes bouteilles, mais maintenant je peux les arrêter dedans.
  18. (Côte d’Ivoire) (Pronominal) Se tenir debout
    • Je suis dans le taxi j'arrive, arrête-toi devant la pharmacie, comme ça dès que je suis là tu montes en même temps.
    • Quand le directeur rentre dans la salle, n'oubliez pas de vous arrêter.
  19. Proclamer, faire un arrêté
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ARRÊTER. v. tr.
Empêcher quelqu'un ou quelque chose de continuer sa marche en avant. Arrêter un passant, un cheval. S'arrêter quelques jours dans une ville. S'arrêter quelques instants. S'arrêter au milieu d'un récit. Arrêter une pendule. L'horloge s'est arrêtée. Arrêter la marche des affaires. Quelle difficulté vous arrête? Aucune considération, aucun scrupule ne peut l'arrêter. Fig., S'arrêter en bon chemin, Arrêter la marche d'une entreprise dont la réussite était assurée. Dans cette acception,

S'ARRÊTER ou

ARRÊTER, intransitif, signifie Cesser d'avancer. Arrêtez-vous. Arrêtez, je vous prie. Dites au cocher d'arrêter. Il signifie encore Tarder, s'amuser, rester quelque temps dans un lieu sans en sortir. Nous nous sommes arrêtés une heure chez lui. Il s'arrête à tous les cabarets. Il se dit particulièrement en termes de Chasse. Ce chien arrête bien les perdrix, les cailles. Absolument, Ce chien arrête bien. Il se dit aussi absolument en termes de Manège. Arrêter et rendre, Prendre des demi-temps d'arrêt successifs. Il signifie aussi Empêcher de bouger, fixer. Arrêter un volet. Arrêter son esprit sur quelque chose. Arrêter un point (en cousant), Faire un nœud pour que le fil ne s'échappe pas. Fig., S'arrêter aux apparences, à des bagatelles, Ne pas aller au fond des choses, des idées. Par analogie, il signifie S'assurer le service de quelqu'un ou l'usage de quelque chose. Arrêter un valet de chambre, L'engager. Arrêter un appartement, Promettre qu'on le prendra à location. Il signifie également Prendre et retenir prisonnier. Ses créanciers le firent arrêter. Il fut arrêté pour dettes. Être arrêté pour vol. Au nom de la loi, je vous arrête. Fig., il signifie aussi Résoudre une chose individuellement ou de concert avec d'autres. Arrêter un projet, un plan de campagne. Il a été arrêté qu'on ne passerait plus par cette rue. Arrêter un compte, Le régler. Dans cette acception, il a souvent la forme pronominale et a son complément construit avec la préposition à. Après avoir écoulé différentes propositions, il s'arrêta à la première. Après avoir vu toutes ces étoffes, mon choix s'arrêta, j'arrêtai mon choix, ou je m'arrêtai à celle-là. Son participe passé

ARRÊTÉ, ÉE, s'emploie souvent comme adjectif. Cet homme n'a pas un caractère bien arrêté, Il a une volonté hésitante, flottante. Avoir des idées arrêtées, des principes arrêtés, une opinion arrêtée sur quelque chose, Avoir sur une chose des idées, des principes fixes, une opinion bien établie. C'est une affaire arrêtée, C'est une chose décidée, convenue. En termes de Peinture, Dessin arrêté, esquisse arrêtée, composition arrêtée, Dessin terminé, esquisse, composition où l'on n'a plus rien à changer, à retoucher. Dessin arrêté, se dit aussi d'un Dessin tracé avec justesse et fermeté.

Littré (1872-1877)

ARRÊTER (a-rê-té, et non ar-té, faute commise dans plusieurs provinces) v. a.
  • 1Empêcher d'avancer, de marcher, retenir. Arrêter un vaisseau. La flotte était arrêtée par le mauvais temps. La foule l'arrêta quelque temps à son entrée. Le retranchement arrêta l'ennemi. Il faut arrêter la pendule, pour la remettre à l'heure. Dans la première enceinte il arrête ses pas, Voltaire, Zaïre, I, 3. Ne partais-je pas, Si Titus, malgré moi, n'eût arrêté mes pas ? Racine, Bérén. III, 4. Depuis trois ans dans Rome elle arrête vos pas, Racine, ib. I, 3. Je me suis échappée Tandis qu'à l'arrêter sa mère est occupée, Racine, Brit. III, 7. Il sait qu'en peu de jours Ces flots que rien n'arrête…, Béranger, Exilé. L'hiver ne l'avait pas effrayée quand elle partit d'Angleterre ; l'hiver ne l'arrête pas, onze mois après, quand il faut retourner auprès du roi, Bossuet, Reine d'Anglet. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours, Bossuet, ib. Lieux que j'aimai toujours, ne pourrai-je jamais, Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais ? Oh ! qui m'arrêtera sous vos sombres asiles ! La Fontaine, Fab. XI, 14. Vous voilà donc parti pour la belle Italie ; je suppose que la galerie de Florence vous arrêtera longtemps, Montesquieu, Corresp. 47.
  • 2Empêcher, en parlant des personnes et des choses. Chaque jour quelque chose m'arrête. On fut arrêté par la lettre du préfet. Que cela ne vous arrête pas. Aucune considération ne peut l'arrêter (l'empêcher d'agir comme il l'a résolu). Le chirurgien arrêta le sang qui coulait. Arrêter le feu ou l'incendie. La difficulté qui arrêtait le roi, Fénelon, Télém. XI. Ton insolent amour, qui croit m'épouvanter, Vient de hâter le coup que tu veux arrêter, Racine, Iphig. IV, 7. L'audace d'une femme, arrêtant ce concours, En des jours ténébreux a changé ces beaux jours, Racine, Athal. I, 1. Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, Racine, ib. Ma fuite arrêtera vos discordes fatales, Racine, Brit. III, 8. J'arrêtai de sa mort la nouvelle trop prompte, Racine, ib. IV, 2. Deux mots de ta bouche arrêtent sa colère, Corneille, Cid, II, 3. Ma bonté ne peut plus arrêter mon devoir, Corneille, Héracl. I, 2. Vos lâches conseils, qui seuls ont arrêté Le bonheur renaissant de notre liberté, Corneille, Cinna, III, 2. Il faut que Dieu, par sa puissance, assujettisse et lie, pour ainsi dire, cette convoitise indocile, pour arrêter ses contrariétés et ses répugnances, Fléchier, Panég. II, p. 501. Il ne faut rien exposer aux yeux de notre bienfaiteur qui puisse arrêter ses grâces, Massillon, Car. Prière, 2. Je ne sais qui m'arrête et retient mon courroux, Racine, Iphig. IV, 1. Car enfin qui m'arrête ? et quelle autre assurance Demanderais-je encor de votre indifférence ? Racine, Baj. II, 1.

    Arrêter avec un infinitif. Je n'ai pas laissé d'en être un peu honteux, et cela m'a arrêté de vous écrire, Voiture, Lettr. 196.

  • 3Maintenir, attacher, fixer. Les objets légers sont arrêtés par des poids. Arrêter ses regards sur quelque chose. Arrêtez ce volet que le vent fait battre. Arrêter un point en cousant, faire un nœud au bout d'une couture, pour que le fil n'échappe pas. Rien ne peut arrêter cet esprit frivole. Arrêter les âmes les plus résolues et les moins nées à la servitude, faire naître en elles un amour qui…, Voiture, Lettr. 4. Pensez-vous qu'oubliant ma fortune passée, Sur ma seule grandeur j'arrête ma pensée ? Racine, Bérén. III, 1. Non, c'est trop sur Zaïre arrêter un soupçon, Voltaire, Zaïre, III, 1. Je cherche à l'arrêter [le marier], parce qu'il m'est unique [fils unique], Corneille, Menteur, II, 1. Vous ne prétendiez point m'arrêter dans vos fers, Racine, Andr. IV, 5. Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer ! Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ? Ai-je passé l'âge d'aimer ? La Fontaine, Fab. IX, 2.
  • 4Régler, déterminer, décider, résoudre. Arrêter le prix du blé. On arrêta le lieu du rendez-vous. Il a été arrêté qu'on se réunirait chez vous. Le ciel et Mahomet ainsi l'ont arrêté, Voltaire, Fanat. IV, 3.

    Arrêter un compte, le régler d'une manière définitive. Arrêter un marché, le conclure.

  • 5 En termes de peinture ou de composition littéraire, fixer les contours, les masses, les parties principales. Arrêter une esquisse.
  • 6Saisir quelqu'un, le faire prisonnier. Il fit arrêter le chef. La police arrêta les perturbateurs. Quelle cause les fit arrêter [le prince de Condé et son frère] ? Si ce fut ou des soupçons ou des vérités ou de vaines terreurs, qui le pourra dire à la postérité ? Bossuet, Le Tellier.
  • 7S'assurer par précaution de quelqu'un ou de quelque chose. Arrêter un cuisinier. J'avais arrêté un logement. Avez-vous arrêté un logis ? Molière, Pourc. I, 5. Si tu veux me servir, je t'arrête avec moi, Molière, l'Étour. II, 9.
  • 8Interrompre quelqu'un. Il m'arrêta là-dessus. En cet endroit il arrêta l'orateur. Léandre, arrêtez là ce discours importun, Molière, l'Étour. III, 3.
  • 9 Terme de chasse. Le chien a arrêté une compagnie de perdrix : il en a indiqué la présence en s'arrêtant, et il les tient immobiles devant lui.

    Absolument. Ce chien arrête mal. Qu'importe qu'il ait des chiens qui arrêtent bien ? La Bruyère, 10.

  • 10Arrêter, exercer le vol sur les routes. Des voleurs ont arrêté la diligence. Ce voyageur a été arrêté.

    Absolument. On arrête sur cette route.

  • 11 En termes d'agriculture, couper la sommité d'une tige ou d'une branche, pour y suspendre la végétation.
  • 12En termes judiciaires, saisir-arrêter, faire une saisie-arrêt ou opposition.

    ARRÊTER, v. n.

  • 13Cesser de marcher, faire halte. Nous arrêtâmes plusieurs jours à Bordeaux. Car pour moi j'ai certaine affaire Qui ne me permet pas d'arrêter en chemin, La Fontaine, Fab. III, 5.

    En parlant d'une voiture qu'on arrête. En arrivant je fis arrêter à la grille, Rousseau, Hél. IV, 6.

  • 14Demeurer dans un lieu. Je ne puis arrêter Qu'un temps fort court, un mois, peut-être une semaine, La Fontaine, Fab. VII, 6. Autant qu'il vous plaira, vous pouvez arrêter [rester], Madame, et là-dessus rien ne vous doit hâter, Molière, Mis. III, 5.
  • 15Insister sur. Mais moi, mon jugement, sans qu'aux marques j'arrête, Fut qu'il n'était que cerf à sa seconde tête, Molière, Fâch. II, 7.
  • 16Cesser de parler, d'agir. Il n'arrête pas, il marche sans cesse, il travaille sans cesse. Ces paroles Firent arrêter l'autre ; il recula d'un pas, La Fontaine, Fab. X, 2. Qu'on arrête, dit-il ; le premier coup m'est dû, Corneille, Héracl. V, 7. Qu'il meure, le perfide, - Arrêtez, ou ce bras en punit l'homicide, Rotrou, Bélis. I, 2. Arrêtez, J'ignore quel projet, Burrhus, vous méditez, Racine, Brit. III, 9. Cher Théramène, arrête, et respecte Thésée, Racine, Phèd. I, 1. Arrêtez [attendez] un peu là, Molière, l'Étour. II, 12.
  • 17 En termes de manége, arrêter et rendre, faire des demi-temps d'arrêt.
  • 18 En termes d'escrime, prendre un coup d'arrêt.

    S'ARRÊTER, v. réfl.

  • 19Suspendre sa marche. L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage, Se mesurent des yeux, Boileau, Lutrin, V.

    Cesser d'aller. Ma montre s'est arrêtée.

    Demeurer, se fixer. Chez ces gens pour toujours il se fût arrêté, La Fontaine, Fab. VII, 6.

    Fig. Ses regards ne s'arrêtaient en aucun endroit. Les suffrages ne s'arrêtèrent pas sur le plus digne. Ma cruauté se lasse et ne peut s'arrêter, Corneille, Cinna, IV, 3. Que l'effet de vos yeux s'arrêterait à votre imagination, sans passer jusqu'à votre jugement, Voiture, Lettr. 187.

    Familièrement. S'arrêter en beau chemin, renoncer à une entreprise dont le succès paraît assuré.

    Perdre le temps, s'amuser. Il s'arrête à tous les coins de rue.

    Interrompre un voyage. Nous nous sommes arrêtés quinze jours à Genève.

  • 20Cesser d'agir. Arrêtez-vous, seigneur, et d'une âme apaisée Souffrez que je vous livre une vengeance aisée, Corneille, Poly. V, 6.

    Cesser de parler. Il s'est brusquement arrêté au milieu de son récit.

  • 21Se fixer, se déterminer. Après avoir écouté diverses propositions, il s'arrêta à la première. Je veux l'ouïr ; mon choix s'arrête à ce témoin, Racine, Mithr. III, 4.

    ° Avoir égard, faire attention. Il s'arrêta à des apparences. Quoi ! vous vous arrêtez aux songes d'une femme, Corneille, Poly. I, 1. Je ne m'arrêtai point à ce bruit téméraire, Racine, Mithr. II, 3. Ne vous arrêtez point à ses froideurs passées, Racine, Baj. V, 6. Je ne m'arrêtai point à cette ardeur nouvelle, Racine, Andr. IV, 6. Il ne se faut point arrêter Aux deux faits ambigus que je viens de conter, La Fontaine, Fab. VIII, 16. Pourquoi venez-vous vous arrêter à nos faibles talents ? Massillon, Parole.

  • 22S'appesantir, insister. Il s'arrêta longtemps sur les services qu'il vous a rendus. Circonstances que je ne m'arrête pas à rapporter, Pascal, Prov. 17.

SYNONYME

ARRÊTER, RETENIR. Arrêter est plus définitif que retenir ; ce qui est arrêté n'avance plus ; ce qui est retenu peut avancer encore, bien que moins ou plus difficilement. Quand on retient, il reste toujours incertain si la main sera assez forte pour arrêter. Des idées arrêtées sont des opinions fixes desquelles on est décidé à ne pas s'écarter. Une imagination retenue est celle que l'on contient et que l'on empêche de s'égarer.

HISTORIQUE

XIe s. Au cheval est l'espée aresteüe, Ch. de Rol. CII. Car chevauchez ; pourqu'[pourquoi] alez arestant ? ib. CXXXII. Que [Dieu] pour lui face le soleil arester, ib. CLXXV.

XIIe s. Tresqu'à Turpin [il] ne se voust [voulut] arester, Ronc. p. 51. Fer ne acier ne le put arester, ib. p. 75. Faites ma gent en ce val arester, ib. 178. Partir m'esteut de vous, sans demeurer [retard] ; Tant en ai fait, ne puis plus arester, Couci, XXIV. Dreit devant l'arcevesque sunt andui [tous deux] aresté, Th. le mart. 44. Pruveires e diacnes plusurs en i ot pris, Larruns, murdreiseürs en la rei prisun mis ; C'aresté mult suvent erent par le païs, ib. 26.

XIIIe s. Et Tybers et la vieille n'ont cure d'arester [de s'arrêter], Berte, XVII. [Elle] Regardoit mout souvent, et puis si s'arrestoit, ib. XXVIII. Quant elle pot parler, si dist [qu'elle] n'arestera, Ne mais en une ville qu'une nuit ne gisra, ib. CXXII. L'espée [il] trait, sor lui s'areste Que il li volt couper la teste, Grégoire le grand, p. 63. Et Chantecler [le coq] saut en travers, Renart choisi [apperçut], bien le conut ; Desor un fumier s'arestut, Ren. 15448. Et se le aresté por dette fait servise à celui en cui poeir il est…, Ass. de Jér. I, 189. Li tens, qui s'en va nuit et jor, Sans repos prendre et sans sejor, Et qui de nous se part et emble Si celéement qu'il nous semble Qu'il s'arreste adès en ung point, Et il ne s'i arreste point, la Rose, 363.

XIVe s. Et est asavoir que aucuns sont demourans et trop arrestés en leur opinion, Oresme, Eth. 214. Tu qui vues avoir mon cheval, Je te di qu'amont et aval, Sans faillir, au tiers pas s'arreste, Machaut, p. 80.

XVe s. La dame s'arresta sur cet avis…, Froissart, I, I, 12. Quand messire Guillaume de Montagu vit du chastel qu'ils estoient tous passés et qu'ils n'arrestoient point au chastel…, Froissart, I, I, 162. Et en celle pensée s'arresta totalement, Jehan de Saintré, ch. III. Je ne m'arreste point à tout ce que j'oys, Chastelain, Chr. des D. de Bourg. II, ch. 13. Vint de par le roy le cardinal Balue, qui peu y aresta, et fit aucunes ouvertures, Commines, II, 5.

XVIe s. Œil attrayant, œil arresté, De qui la celeste clarté Peut les plus clairs yeux esblouir, Saint-Gelais, 29. Arrestant obstinéement sa veue contre un milan, Montaigne, I, 102. Je donne ces fantasies, non comme arrestées et reglées par l'ordonnance divine, Montaigne, I, 401. P. Bunel, ayant arresté quelques jours à Montaigne, Montaigne, II, 136. Le remora areste toute sorte de vaisseaux ausquels il s'attache, Montaigne, II, 180. Je m'arreste aux comparaisons qui me sont plus favorables, Montaigne, II, 213. Nos loix non plus que nos vestements ne peuvent prendre aulcune forme arrestée, Montaigne, III, 64. On dit, quand il est question de marier un jeune homme : il le faut arrester ; car, de fait, je crois que nous volerions au ciel si cet arrest ne nous retenoit, Yver, p. 572. Platon veut qu'elle ait esté appelée histoire, pour ce qu'elle arreste le flux de nostre memoire, Amyot, Préf. II, 27. Il le feist arester prisonnier avec Theseus, Amyot, Thésée, 39. Les Pelasgiens, après avoir couru la plus grande partie de la terre habitable, s'arresterent au lieu où Rome est à present fondée, Amyot, Rom. 1. Cela arresté [décidé], les conjurez…, Amyot, Publ. 7. Les femmes arresterent entre elles qu'elles porteroient un an entier le deuil de sa mort, Amyot, ib. 40. Lors Timoleon n'arresta gueres [ne tarda pas] à choquer, voyant le peu d'exploit que faisoient ses gens de cheval, Amyot, Timol. 37. Il estoit froit, reposé, constant et arresté, Amyot, Arist. 4. Lier une veine ou artere pour arrester un flux de sang, Paré, Introd. 2. Puis tu arresteras le nœud seurement, Paré, X, 24. Ne vous arrestés pas à ce que vous voirés de luy, mais à son sçavoir et esperience que j'ai esprouvé bonnes, Marguerite de Navarre, Lett. 122. Les meridionaux sont melancholiques, et, par ainsi, arrestés, constans, contemplatifs, ingenieux, Charron, Sagesse, I, 49.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ARRÊTER. Ajoutez :
13Anciennement, arrêter un corps mort, le retenir aux fins de forcer les héritiers du défunt à payer certaine dette. Au mois de juin 1617, le fait étant discuté en pleine assemblée du Conseil, il fut dit que, nonobstant usage contraire,… les corps morts ne peuvent être arrêtés pour dettes ; suivant ce, le corps du comte d'Egmont, qui était détenu à Bruges par son hôte pour les dépens de bouche du défunt, fut élargi avec ordonnance de le laisser suivre aux parents du défunt, nonobstant l'usage contraire de Bruges, Arrêts du grand conseil de Sa Majesté, résidant en la ville de Malines, recueillis par M. Humaÿn, Lille, 1773, p. 192. (Note communiquée par M. Du Bois, avocat à Gand)

HISTORIQUE

XVIe s. Ajoutez : Au devant de monseigneur le Daulphin qui ne artoit point en ladite ville, Mantellier, Glossaire Paris, 1869, p. 7.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ARRÊTER, v. act. en Bâtiment, est assûrer une pierre à demeure, maçonner les solives, &c. C’est aussi sceller en plâtre, en ciment, en plomb, &c. (P)

Arrêter l’artillerie, terme de Marine dont on se sert pour signifier attacher un coin avec des clous, sur le pont, immédiatement derriere l’affut de grands canons, pour les tenir fermement attachés aux côtés du vaisseau, afin qu’ils ne vacillent pas quand le vaisseau balance, & que par ce moyen ils ne courrent pas risque d’endommager les bords du vaisseau. (Z)

Arrêter, en Jardinage, se dit de l’action d’empêcher un arbre ou une palissade de monter haut : on les coupe à une certaine hauteur, pour ne pas les laisser emporter ni s’échapper. On le dit aussi des melons & des concombres, dont on abbat des bras ou des branches trop longues. (K)

Arrêter, se dit en Peinture d’une esquisse, d’un dessein fini, pour les distinguer des croquis ou esquisses légeres. Un dessein arrêté, une esquisse arrétée On dit encore des parties bien arrêtées, lorsqu’elles sont bien terminées, bien recherchées. (R)

Arrêter, en terme de Metteur-en-œuvre, n’est autre chose que fixer la pierre en rabattant les sertissures d’espace en espace, afin d’achever de la sertir plus commodément & avec moins de risque.

Arrêter un compte (Comm.) c’est après l’avoir examiné & vérifié sur les pieces justificatives, & en avoir calculé les différens chapitres de recette & de dépense, en faire la balance, déclarer au pié par un écrit signé, lequel des uns ou des autres sont les plus forts. On dit aussi solder un compte. Voyez Compte & Solder.

Arrêter un mémoire, arrêter des parties, c’est régler le prix des marchandises qui y sont contenues, en apostiller les articles, & mettre au bas le total à quoi ils montent, avec promesse de les payer & acquiter dans les tems convenus.

Arrêter signifie aussi convenir d’une chose, la conclurre, en tomber d’accord avec ses associés. Il a été arrêté de faire un emprunt de cent mille écus au nom de la société. Voyez Société.

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Étymologie de « arrêter »

Du moyen français arrester, de l’ancien français arrester, arester, du latin arrestare, infinitif de arresto.
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Bourguig. érétai ; Berry, airter, airreter ; picard, arter ; provenç. arrestar, arestar ; ital. arrestare ; de ad, à, et restare, rester, c'est-à-dire faire rester, et non, comme le veulent quelques étymologistes, de l'allemand Rest ou Rast, repos. Une petite particularité vient en confirmation de ce qui est établi d'ailleurs : on trouve dans l'ancien français ce verbe conjugué parfois irrégulièrement, arresteü au participe, arestut, au parfait défini ; c'est qu'en effet restare se conjuguait en latin comme stare, et que, dans le vieux français, stare avait donné esteü, estut, etc.

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Phonétique du mot « arrêter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
arrêter arɛte

Évolution historique de l’usage du mot « arrêter »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « arrêter »

  • Vous aimez les bêtes ? Arrêter d'en manger et on arrêtera de les tuer. De Anonyme / Graffiti dans le métro de Paris
  • Où la science s’arrêtera-t-elle, mon Dieu ! Et même, s’arrêtera-t-elle jamais ! De Alphonse Allais / Vive la vie !
  • Le travail, c'est ce qu'on ne peut pas s'arrêter de faire quand on a envie de s'arrêter de le faire. De Boris Vian
  • Arrêter d’aimer, c’est encore pire que d’arrêter de boire. De Frédéric Beigbeder / L’égoïste romantique
  • C’est facile d’arrêter de fumer, j’arrête 20 fois par jour. De Oscar Wilde
  • Ecrire, c'est arrêter des parcelles d'instants pour les donner. Ecrire c'est déjà un peu arrêter le temps. De Claude Péloquin / Mets tes raquettes
  • Quand on s'y arrête, la vie n'est-elle pas faite de coïncidences ? S'il fallait toujours s'y arrêter ? De Pierre Hartex / Nora, l'énigmatique
  • Ce que je préfère chez Truffaut, c’est qu’il a arrêté la critique. Il y a un moment où il faut arrêter la critique : elle ne sert à rien De Patrick Besson / Le Magazine Littéraire de novembre 2014
  • Le meilleur moyen d’arrêter de fumer est d’emporter des allumettes humides. De Anonyme
  • "Si nous devions faire face à une propagation importante du coronavirus, cela pourrait finalement nous conduire à arrêter", a déclaré Silver lors d'une conférence téléphonique avec des médias. Les Echos, NBA: la saison pourrait s'arrêter si une épidémie de Covid-19 gagne la bulle | Les Echos
  • Alors que France 3 rediffusera un ancien épisode de Mongeville samedi 27 juin 2020 à partir de 21h05, la série portée par Francis Perrin et Gaëlle Bona s'arrêtera à l'issue de sa 7ème saison. Télé Star vous dévoile aujourd'hui pourquoi la fiction policière à succès a été supprimée. Telestar.fr, Mongeville : pourquoi la série va bientôt s'arrêter ? - Télé Star

Traductions du mot « arrêter »

Langue Traduction
Anglais stop
Espagnol parar
Italien stop
Allemand halt
Chinois 停止
Arabe قف
Portugais pare
Russe стоп
Japonais やめる
Basque gelditu
Corse pare
Source : Google Translate API

Synonymes de « arrêter »

Source : synonymes de arrêter sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « arrêter »

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