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Couronne

Définitions du mot « couronne »

Trésor de la Langue Française informatisé

COURONNE, subst. fém.

A.− Objet circulaire, formé de diverses matières, et qui se porte sur la tête pour marquer certaines valeurs.
1. Cercle de fleurs, de feuillages entrelacés qui se porte sur la tête en hommage aux dieux, en signe de joie ou comme simple parure. Ceint, coiffé d'une couronne; couronne de branchages, de feuillages, d'immortelles; poser, tresser une/des couronne(s). Chloé se lavant le visage se couronnait de branches de pin (...) Il lui ôtait la couronne de pin et se la mettait sur la tête (Chénier, Bucoliques,1794, p. 220).Tu te rappelles l'antique usage de la Saint-Jean; toutes les femmes avaient une couronne de feuilles sur la tête (Krüdener, Valérie,1803, p. 58):
1. Chaque convive avait une couronne sur la tête; c'était en effet un antique usage de se couronner de feuilles ou de fleurs chaque fois qu'on accomplissait un acte solennel de la religion. « Plus on est paré de fleurs, disait-on, et plus on est sûr de plaire aux dieux; ... » Fustel de Coulanges, La Cité antique,1864, p. 196.
Spécialement
a) MYTHOL. Cercle de fleurs, de feuillages, etc. ornant la tête des dieux. « ... la couronne de pampre et de fruits qui entretient aux tempes de Bacchus une jeunesse inaltérable » (M. de Guérin, Poèmes,1839, p. 21).
b) THÉOL. Ornement circulaire formé d'étoiles (ceignant la tête de la Vierge) ou de rayons (ceignant la tête des Saints). (Quasi-)synon. auréole.Il disait douze Ave, pour rappeler la couronne de douze étoiles, ceignant le front de Marie (Zola, Faute Abbé Mouret,1875, p. 1290).
Au fig. Récompense céleste.
Salut éternel que Dieu réserve comme récompense à ses élus. Couronne céleste. Votre fille sera votre plus céleste et pure poésie, et votre couronne de gloire devant Dieu (E. de Guérin, Lettres,1840, p. 376):
2. ... ces larmes de joie surnaturelle qu'elle laissait tomber dans le calice de sa vie, étaient recueillis goutte à goutte par son céleste époux, et devenaient les perles de la couronne éternelle qui lui était réservée dans les cieux. Montalembert, Histoire de Ste Élisabeth de Hongrie,1836, p. 264.
Couronne de/du martyre. Gloire, récompense céleste que les martyrs acquièrent en mourant pour la foi. L'auteur de Zaïre (...) a craint qu'on ne se laissât toucher par le tableau des souffrances des Chrétiens; il a voulu leur arracher cette couronne de martyre qui les rendoit intéressans aux cœurs tendres (Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 369).
2. Cercle de fleurs, de feuillages entrelacés ou de matière précieuse, qui se porte sur la tête en signe de distinction militaire ou civile, en signe d'autorité ou de mérite.
a) HIST. Voilà (...) un hommage (...) rendu à l'héroïsme. En disant ces paroles, il posa sur ma tête la couronne de laurier (Genlis, Chev. Cygne,t. 2, 1795, p. 229).
SYNT. Couronne civique. Couronne de chêne vert offerte à celui qui, dans un combat, avait sauvé la vie d'un citoyen. Quand par le salut de quelque frère il a droit à la couronne civique (...) qu'il s'asseoie alors parmi les conquérants, et qu'il attende avec confiance le prix de sa valeur (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p. 330). Couronne murale. Cercle d'or surmonté de créneaux accordé à celui qui, dans un assaut, avait escaladé le premier la muraille d'une ville. Couronne navale (ou rostrale). Cercle d'or surmonté de poupes de navires qu'on offrait en récompense au capitaine ou au soldat qui était monté le premier sur un vaisseau ennemi. Couronne obsidionale. Couronne d'herbes accordée au général qui avait sauvé une armée, délivré un camp ou une ville assiégée. Couronne triomphale. Couronne de branches de laurier (ensuite d'or massif), accordée au général qui avait obtenu « le grand triomphe » en remportant une victoire éclatante ou en faisant la conquête d'une province. Couronne vallaire. Couronne d'or surmontée de pieux offerte par le général au guerrier qui, le premier, était monté à l'assaut d'un camp ennemi.
b) Couronne décernée au mérite littéraire, artistique, intellectuel, moral, etc., dans les concours académiques, les écoles, etc. Couronne académique, littéraire, nuptiale. Élisa de Vorges, (...) revint chargée de couronnes et de prix (...) suivant l'usage, à chaque nomination, les jeunes filles se font couronner et embrasser par leurs parents (Champfl., Bourgeois Molinch.,1855, p. 112).
Couronne de rosière. Couronne de fleurs offerte officiellement à la jeune fille la plus « sage » du village. C'est une vieille couronne de roses qui s'est fanée dans cet oratoire (...). Je lui demandai si par hasard ce n'était pas sa couronne de rosière qu'elle venait de briser ainsi (Musset, Confess. enf. s.,1836, p. 266).
Au fig. Prix, récompense décerné(e) au mérite. Gagner, obtenir une couronne. Une enfant doit être la récompense et la « couronne » d'une mère (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 31):
3. Oui, celle qui ne vous a jamais vu, qui n'a fait que vous lire, qui, sur un mot sorti un jour de votre âme, se met à croire en vous (...) celle-là (...) donne au poëte, fût-il de l'âme la plus altière et un mépriseur d'hommes comme Byron, le plus flatteur des diplômes et des certificats de poésie, la plus chère conscience de lui-même et sa plus belle couronne. Sainte-Beuve, Nouveaux lundis,t. 9, 1863-69, p. 401.
3. Cercle de métal précieux, richement orné, qui se porte sur la tête comme insigne de la puissance royale, impériale, et p. ext., de noblesse ou de diverses dignités. Couronne fermée, ouverte. Elle avait quitté son diadème; elle ne vouloit pas ceindre son front d'une couronne de diamants, dans ces lieux où le Rédempteur avoit porté une couronne d'épines (Chateaubr., Martyrs,t. 3, 1810, p. 46).Il donna à la duchesse une magnifique couronne ornée de rubis, de saphirs, d'émeraudes et de perles (Barante, Hist. ducs Bourg.,t. 2, 1824, p. 302):
4. Il n'y avait pas une tête (...) qui ne saluât ce front [de Napoléon] sur lequel la main de Dieu, presque visible, avait posé deux couronnes, l'une qui est faite d'or et qu'on appelle la royauté, l'autre qui est faite de lumière et qu'on appelle le génie. Hugo, Actes et paroles,1, 1875, p. 57.
BLAS. Figure héraldique représentant une couronne pour marquer un rang social. Lord Mervill (...) porte une couronne comtale sur sa voiture (Dumas père, Kean,1836, III, 14, p. 159).Cette moitié de serviette portait une moitié de couronne de baron et la lettre H. − (...) tout mon linge était marqué ainsi (Dumas père, Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 118).
Spéc., RELIG.
Triple couronne. Tiare du pape; ,,bonnet entouré de trois couronnes d'or et surmonté d'un globe portant une croix`` (DG). Quels beaux tableaux à tracer depuis le pasteur du hameau, jusqu'au pontife qui ceint la triple couronne pastorale (Chateaubr., Génie,t. 1, 1803, p. 348).
Couronne d'épines. [P. allus. à St Matthieu 27-29 : (...) ayant tressé une couronne avec des épines, ils la posèrent sur sa tête, avec un roseau dans la main droite. Et, tombant à genoux devant lui, ils le bafouèrent en disant : « Salut, roi des Juifs! »] Couronne formée d'épines, mise par dérision sur la tête de Jésus-Christ :
5. ... dans ses pleurs, il baigne, il noie, il plonge La couronne d'épine et la lance et l'éponge, Baise le corps du Christ, le soulève, et lui dit : « Reparais, roi des Juifs, ainsi qu'il est prédit; ... » Vigny, Poèmes antiques et modernes,Paris, 1837, p. 235.
Au fig. Douleur, tourment, affliction. L'homme est sur la croix de son corps. Sa tête accablée est percée par les épines profondes de sa couronne de pensées (Valéry, Mauv. pens.,1942, p. 109):
6. Il me semblait que j'étais moins indigne de vivre auprès d'elle, que je la comprendrais mieux, maintenant que toute une vie étrangère et dégradante avait fait place à la remontée des souvenirs déchirants qui ceignaient et ennoblissaient mon âme, comme la sienne, de leur couronne d'épines. Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 768.
P. méton.
a) Pouvoir royal, impérial. Obtenir, perdre, usurper la couronne; donner la couronne à; aspirer, prétendre à la couronne. (Quasi-)synon. royauté, souveraineté :
7. Qu'est-ce au contraire que le pouvoir exécutif? Un monarque revêtu d'une énorme puissance, qui dispose des armées, des tribunaux, de toute la force publique d'une grande nation, armé de tous les moyens d'oppression et de séduction : combien de facilités pour satisfaire l'ambition si naturelle aux princes, sur-tout lorsque l'hérédité de la couronne leur permet de suivre constamment le projet éternel d'étendre un pouvoir qu'ils regardent comme le patrimoine de leurs familles; ... Robespierre, Discours,Contre le Veto royal, t. 6, 1789, p. 90.
Loc. (C'est) un des plus beaux fleurons de sa couronne. (C'est) une des plus belles prérogatives, provinces (que possède un souverain).
Au fig. Ce qu'une personne peut avoir de plus précieux, de plus avantageux. (Attesté ds Ac. 1798-1878, Besch. 1845, Lar. 19e, Littré, Guérin 1892, DG, Nouv. Lar. ill., Rob., Quillet 1965).
b) Souverain, monarque, tête couronnée. (Quasi-) anton. particulier, sujet :
8. ... n'est-il pas curieux que l'on fasse tenir au roi, dans un discours, mon propre langage, sur l'Accord des libertés publiques et de la royauté et qu'on m'en ait tant voulu pour avoir tenu ce langage? et les hommes qui font parler ainsi la couronne étaient les plus chauds partisans de la censure! Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 3, 1848, p. 484.
SYNT. Charges, domaine, droits, officiers de la couronne. Discours de la couronne. Discours du souverain à l'ouverture d'une session législative. L'amendement qui doit poser la question de cabinet n'est pas arrêté et ne peut l'être avant qu'on ne connaisse le discours de la couronne et même le projet d'adresse (Tocqueville, Corresp. [avec Henry Reeve], 1844, p. 82).
Loc. Traiter de couronne à couronne. Traiter entre souverains.
c) État gouverné par un roi, un empereur. La couronne de France...
9. M. Barrington reproche avec raison aux Espagnols, de n'avoir pu se déterminer à conserver à ce port le nom du brave hérétique, qui le premier a découvert les côtes du Nord-ouest de l'Amérique, dont il avait pris possession pour la couronne d'Angleterre, ... Voyage de La Pérouse,t. 1, 1797, p. 141.
d) Objet marqué d'une couronne.
Vx. Monnaie frappée d'une couronne. « ... il nous coûtait plus d'une couronne » (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 766).
Monnaie d'argent anglaise ou de divers pays étrangers. (Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. Lang. fr., Ac. 1878, DG, Guérin 1892, Ac. 1932, Rob., Quillet 1965).
PAPET. Papier marqué d'une couronne et servant essentiellement à la correspondance administrative.
Emploi adj. Format, papier couronne (46 cm X 36 cm).
Rem. Attesté ds Ac. 1835-1932, Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. Lang. fr., Littré, DG, Guérin 1892, Rob., Quillet 1965.
B.− P. anal. Ce qui rappelle une couronne.
1. [P. anal. de forme; p. réf. à la forme circulaire de la couronne] Objet circulaire ou ensemble d'animés ou d'inanimés disposés en couronne, en cercle.
a) Littéraire
[À propos d'inanimés concr.] Ce qui a la forme d'une couronne, ce qui est circulaire comme une couronne. Couronne parisienne. Unité administrative comprenant Paris, sa proche banlieue et quelques départements limitrophes (cf. La Nouvelle géographie, La Capitale, p. 414, 424) :
10. Saint-Malo, bâti sur la mer et clos de remparts, semble, lorsqu'on arrive, une couronne de pierres posée sur les flots dont les mâchicoulis sont les fleurons. Flaubert, Par les champs et par les grèves,Touraine et Bretagne, 1848, p. 370.
[À propos d'animés] Groupe d'animés disposé en cercle :
11. Le gros Fresnel, Georges de Maltry, le baron de Gravil et le comte de Marantin entouraient Mmede Burne, qui, debout, offrait du thé. Elle semblait enfermée dans une couronne d'adorateurs. Maupassant, Notre cœur,1890, p. 398.
Loc. [À propos d'animés ou d'inanimés] En couronne. Les dames qui avaient toujours suivi le Roi se sont placées en couronne autour de la table (Delécluze, Journal,1825, p. 110).Une vingtaine de bouteilles vides, qu'il attacha en couronne autour du cercle (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Soirée, 1883, p. 1273).
b) Spécialement
AGRIC. Greffe en couronne. Greffe qui consiste, après avoir fait une coupe, à disposer plusieurs greffons circulairement entre le bois et l'écorce de la branche. Le châtaignier (...) On le greffe en couronne, à six pieds, à neuf ans; Que ne préfère-t-on l'opérer en fendant? Cédant à cet endroit du tronc qu'elle partage La couronne est parfois sujette de l'orage (Jammes, Géorgiques,1912, p. 50).
ANAT. Couronne radiante. ,,Épanouissement des fibres médullaires des pédoncules, dans les lobes des hémisphères du cerveau`` (Lar. 19e-Lar. 20e); attesté aussi ds Littré, DG, Guérin 1892, Rob..
ART VÉTÉR. Marque sans poil qui reste au genou du cheval après certaines chutes. (Attesté ds Besch. 1845, Guérin 1892, Quillet 1965).
ASTRON. Couronne australe. Constellation de l'hémisphère austral disposée en cercle. Couronne boréale ou couronne d'Ariane. Constellation de l'hémisphère boréal disposée en cercle. Cherchant parmi les astres la couronne d'Ariane (Mmede Krüdener, Valérie,1803, préf., p. 131).Couronne solaire. Atmosphère lumineuse qui entoure le soleil et que l'on peut observer à l'aide d'un coronographe* ou pendant les éclipses totales (cf. coronal ex. 2).
BOTANIQUE
Ensemble d'appendices, de productions ligulaires, dérivé de la corolle ou du périanthe et disposé en forme de couronne. (Attesté ds Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, Guérin 1892, Rob., Quillet 1965).
Couronne impériale. Plante (genre Fritillaires, famille des Liliacées) portant à son sommet cinq à six grandes fleurs suspendues sous un bouquet de feuilles, et disposées en couronne. Couronne royale. Mélilot. Couronne de terre. Lierre terrestre.
COMMERCE
Pain (en) couronne, ou p. ell. couronne. Pain rond dont le centre est évidé. Le boulanger enfilait ses couronnes dans son bras gauche (Giraudoux, Simon,1926, p. 211).
P. compar. La plage était dorée et courbe comme la croûte du pain couronne (Morand, Chron. homme maigre,1941, p. 151).
Gâteau en forme de couronne. Des couronnes au beurre (Pourrat, Gaspard,1922, p. 149).
FUNÉRAILLES. Couronne (funéraire, mortuaire). Ornement en forme de couronne, fait de fleurs naturelles, artificielles ou de céramique, etc., que l'on pose sur les tombes en hommage aux morts. La couronne que j'ai mise sur sa fosse, le lendemain de son enterrement, est bien flétrie (Michelet, Journal,1821, p. 151).Prière de n'envoyer ni couronnes ni fleurs (Renard, Journal,1906, p. 1066).
Rem. On rencontre ds Quillet 1965 couronnière, subst. fém. Ouvrière qui confectionne les couronnes mortuaires.
GÉOM. Couronne circulaire. Espace compris entre deux cercles concentriques. (Attesté ds Besch. 1845, Littré, Lar. 19e-Lar. encyclop., Rob., Quillet 1965).
LITURG. Chapelet de forme circulaire. Couronne de Notre-Dame des sept douleurs; couronne de la Vierge; couronne d'oraisons. De grandes grâces sont attachées à cette couronne d'oraisons. La très Sainte Vierge a elle-même révélé ce moyen de prier aux saints (Huysmans, En route,t. 2, 1895, p. 95).
MAR. Couronne de cabestan. Cercle en fer, creux à l'intérieur, que l'on fixe à un cabestan ou à un treuil pour virer les câbles.
MÉTÉOROLOGIE
Foyer d'une aurore boréale vers lequel s'élancent les gerbes de feu. (Attesté ds Besch. 1845, Lar. 19e-20e, Littré, DG).
Vieilli. Anneau coloré que l'on aperçoit quelquefois autour du soleil et de la lune, dont les couleurs, inverses à celles du spectre, sont dues à la diffraction de la lumière passant à travers un nuage peu épais et composé de gouttelettes très petites. (Attesté ds Ac. 1798-1878, Besch. 1845, Littré, DG, Guérin 1892, Nouv. Lar. ill.-Lar. 20e, Quillet 1965).
Région. (Lorraine). Couronne de St Bernard. Arc-en-ciel. (Attesté ds Lar. 19e-20e).
Rem. D'apr. Chass. 1970, s'emploie ,,en Côte-d'Or, dans le pays Messin et les Vosges``.
2. [P. anal. de position; p. réf. à la position de la couronne du sommet de la tête] Objet qui surplombe, domine.
a) Littér. Couronne de nuages. Tiens, la ville (...) posée comme une longue couronne blanche sur une petite montagne (Larbaud, Amants,1923, p. 243).
En partic. [À propos des arbres] Partie qui surmonte le tronc, cime, feuillage. Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne (Lamart., Harm.,1830, p. 392).
b) Spécialement
ARCHIT. Ornement (corniche, entablement, statue) qui surplombe, domine un édifice ou l'une de ses parties. Plafond à couronnes (Michelet, Journal,1835, p. 215).Couronne de corniche. Partie supérieure d'une corniche. (Quasi-)synon. larmier.
Rem. Attesté ds Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, DG, Guérin 1892, Rob.
ORNITH. Touffe de plumes redressées surmontant la tête de certains oiseaux, tel que la huppe, la grue. (Attesté ds Besch. 1845).
3. [P. anal. de forme et de position]
a) [P. réf. à la forme circulaire de la couronne et à sa position au sommet de la tête] Objet circulaire, objets disposés en cercle qui surmontent, dominent.
Littér. [Avec une nuance d'ornement, de parure]
Chose qui encercle en dominant la tête. Une couronne de tresses sur la tête (Barb. d'Aurev., 1erMemor.,1838, p. 140).Elle secoua vivement sur sa tête sa couronne de bigoudis (A. France, Orme,1897, p. 65).Couronne de cheveux, absol. couronne. Sa femme ne se retourna qu'une fois, secoua sa couronne d'or pâle et disparut (H. Bazin, Tête contre murs,1949, p. 300).
Rem. On rencontre ds la docum. le mot composé casquette-couronne, subst. fém. Une superbe casquette-couronne (Claudel, Protée, 1927, I, 4, p. 367).
Chose qui encercle en dominant quelque chose. Nous vîmes, pour la dernière fois, la couronne d'oliviers qui domine la montagne (Lamart., Voy. Orient,t. 2, 1835, p. 43).
En partic. Corolle des fleurs. La fleur (...) a souvent une corolle, ou petite couronne, formée de feuilles, appelées pétales (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 57).
Spécialement
ANAT. Couronne du gland. Repli en forme de bourrelet arrondi et circulaire entourant la base du gland du membre viril.
ANAT. DENTAIRE. Couronne d'une dent. Partie supérieure de la dent, sortant de la gencive et surplombant la racine à la manière d'une couronne. Une dent simple quelconque, se divise par rapport à sa forme en deux parties; la couronne qui est hors de la gencive, la racine qui s'enfonce dans l'alvéole (Cuvier, Anat. comp.,t. 3, 1805, p. 104).
En partic. Capsule artificielle destinée à protéger une dent ou à consolider un bridge. La couronne creuse (...) est une enveloppe sertie au collet de la dent (...) et qui reconstitue la dent dans sa fonction (P.-L. Rousseau, Dents,p. 121 ds Rob. Suppl. 1970).(Attesté aussi ds Lar. 20e-Lar. Lang. fr., Rob., Quillet 1965, Dub.).
CHORÉGR. Position des bras légèrement arrondis au-dessus de la tête. Ses triples tours en l'air [de Lifar] avec les bras en couronne furent de toute beauté (Levinson, Visages danse,1933, p. 144).(Quasi-)synon. cinquième levée. (Attesté aussi ds Lar. encyclop.).
GÉOL. Cratère de volcan dont le sommet présente une sorte de rempart circulaire. Attesté ds Besch. 1845, Littré, Lar. 19e, Guérin 1892, Quillet 1965.
JOAILL. ,,Dans les diamants en rose, la partie supérieure, reposant sur les facettes triangulaires de la base`` (DG); attesté aussi ds Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, Guérin 1892, Quillet 1965.
MÉD. Couronne de Vénus. Groupe de pustules (d'origine vénérienne) disposées circulairement sur le front et les tempes. Attesté ds Ac. 1835, 1878, Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, Guérin 1892, Quillet 1965.
MÉD. VÉTÉR. Partie du pied du cheval qui borde supérieurement le sabot à l'endroit où le poil vient le couvrir, et qui comporte un seul os. Os de la couronne ou second phalangien :
12. Dans le cheval et les autres solipèdes, il n'y a, pour tout vestige des doigts latéraux, que deux stilets placés aux deux côtés de l'os du canon. Les trois phalanges du doigt unique qui existe portent le nom de paturon, de couronne, et d'os du petit pied. Cuvier, Leçons d'anat. comp.,t. 1, 1805, p. 314.
MOBILIER. Cercle qui surmonte le lit et auquel se fixent des rideaux :
13. Et sous ce berceau de dentelles, sous ces rideaux qui ne laissaient voir du plafond, par le vide étroit de la couronne, qu'un trou bleuâtre, (...), on se serait cru au fond d'un drageoir, dans quelque précieuse boîte à bijoux, grandie, non plus faite pour l'éclat d'un diamant, mais pour la nudité d'une femme. Zola, La Curée,1872, p. 479.
Lit à couronne. Un lit à couronne et à rideaux disposés comme les arrangent les tapissiers de province pour une riche mariée (Balzac, Rabouill.,1842, p. 418).
MUS. Trait en forme de demi-cercle renversé que l'on met au-dessus du point d'orgue ou du point d'arrêt (ou de repos). (Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-20e, Littré, Guérin 1892, Rob.).
ORNITH. Duvet qui recouvre circulairement le bec d'un oiseau de proie (faucon) à l'endroit où il se joint à la tête. (Attesté ds Ac. Compl. 1842, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, DG).
RELIG. Couronne (cléricale). Tonsure des gens d'Église qui consiste soit en un petit rond de cheveux que l'on rase au sommet de la tête, soit en un cercle de cheveux laissé par la tonsure autour de la tête. Sa couronne a blanchi, mais c'est lui!... C'est le moine (Lamart., Louverture,1850, II, 4, p. 1288).
SYNT. Couronne de diacre, d'évêque, de prêtre, de religieux; se faire faire la couronne.
TECHNOLOGIE
,,Ornement de faïence au haut d'une colonne de poêle`` (Lar. 19e). Attesté aussi ds Besch. 1845, Littré, Guérin 1892, DG, Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop., Quillet 1965.
Couronne (d'une lampe). ,,Cercle de métal portant le verre`` (DG); ( attesté aussi ds Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Guérin 1892).Couronne de lumière. Lampe-couronne, suspension-couronne. Suspension circulaire servant à porter des lampes. Cette lampe-couronne, si magnifique qu'elle soit, ne rachète pas le sacrilège (Hugo, Rhin,1842, p. 72).Je visitai la salle à manger, caractérisée par une suspension-couronne (Colette, Chambre d'hôtel,1940, p. 19).
b) [P. réf. à la forme circulaire, à la position au sommet de la tête et aux dentelures de la couronne royale] Le pont des Arts s'estompait dans la brume avec sa couronne de becs de gaz (Huysmans, Marthe,1876, p. 72).
Spécialement
ART MILIT. Couronne ou ouvrage à couronne. Ouvrage de fortification, de forme semi-circulaire, s'avançant dans la campagne, et employé surtout pour la défense d'une crête ou ligne de hauteur. ,,La couronne ou ouvrage à couronne est un ouvrage de fortification analogue à l'ouvrage à cornes mais où les deux demi-bastions, au lieu d'être réunis par une simple courtine ont, entre eux, un bastion complet`` (Nouv. Lar. ill.).
BOT. Touffe de feuilles qui surmontent le fruit de l'ananas. Un délicieux ananas qui a perdu sa couronne et dont le cœur exposé aux pluies, se fond et s'écoule en eau (Chateaubr., Natchez,1826, p. 394).
CHIR. Couronne de trépan. Petit cylindre d'acier conique, à l'extrémité dentelée, qui se trouve au bout du trépan et qui sert à découper les os, notamment du crâne. (Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, DG, Guérin 1892).
VÉN. Bois des cerfs lorsque ceux-ci sont disposés en cercle.
Rem. 1. Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, DG, Guérin 1892, Rob., Quillet 1965. 2. Appelé aussi couronnure. Attesté ds Besch. 1845, Littré, Lar. 19e-Lar. encyclop., Guérin 1892, Quillet 1965.
P. plaisant. Lisant dans un journal la mort de plusieurs rois, elle ôta ses lunettes et dit en se mouchant : « Il y a une épizootie sur les bêtes à couronne » (Chateaubr., Mém.,t. 2, 1848, p. 190).
C.− P. métaph. [À propos d'inanimés abstr.]
1. [P. réf. à la forme circulaire de la couronne] Ce qui est disposé en cercle, ce qui forme un cercle (autour de quelque chose). Bardot perçoit un souffle entouré d'une couronne de râles sous-crépitants et localisés (Martin du G., Thib.,Épil., 1940, p. 1009).
P. ext., poét. Ce qui se succède et se renouvelle sans interruption. La couronne des ans. (Attesté ds Lar. 19e-20e, Rob.).
2. [P. réf. à la forme circulaire de la couronne et à sa position au sommet de la tête]
a) Ce qui ceint la tête.
[À propos de sensations physiques qui ont leur siège dans la tête] Le vertige ceignait sa tête d'une couronne souple, et pourtant, resserrée peu à peu, inflexible (Bernanos, Soleil Satan,1926, p. 172).
Couronne de fer. Migraine. Je vais me coucher. Pour changer, j'ai la couronne de fer (H. Bazin, Vipère,1948, p. 118).
[À propos de sentiments qui se lisent sur le visage] Si tu secoues de ta tête cette noire couronne de soucis (Quinet, Ahasvérus,1833, 2ejournée, p. 150).
b) Ce qui ceint le sommet de quelque chose. Nos institutions militaires et civiles surmontées d'une couronne de fautes dont quelques-unes sont des crimes (Clemenceau, Vers réparation,1899, p. 100).
3. [P. réf. à l'aspect ornemental de la couronne, avec ou sans réf. à sa forme circulaire et à sa position au sommet de la tête] Ce qui orne, pare. Tu jetas pêle-mêle dans l'abîme toutes les pierres précieuses de la couronne que Dieu t'avait mise au front, la force, la beauté, le génie (Sand, Lettres voyag.,1837, p. 12):
14. La jeunesse et la beauté sont des couronnes qu'on ne perd point avec insouciance (...) − même quand elles vous glissent du front noblement, au pur souffle des années. O. Feuillet, Scènes et comédies,1854, p. 62.
Loc. Être en couronne, faire couronne avec. Être en bons termes, en parfaite harmonie. Vénus! Laisse un peu les amants, Dont l'âme est en couronne (Rimbaud, Dern. vers,1872, p. 155).Une troisième fois le curé fit signe que non, et il ajouta (...) je ne ferai pas couronne avec un franc-maçon (Billy, Introïbo,1939, p. 109).
Rem. Ces expr. rappellent aussi le sens A 1 et le mode de fabrication des premières couronnes.
4. [P. réf. à la forme circulaire de la couronne, à sa position au sommet de la tête et à sa perfection] Ce qui termine, conclut en améliorant, en parachevant. Comme l'histoire de l'humanité est la couronne de l'histoire de la nature, de même l'histoire de la philosophie est la couronne de l'histoire de l'humanité (Cousin, Hist. philos. mod., t. 1, 1847, p. 63).
Prononc. et Orth. : [kuʀ ɔn]. Enq. : /kuʀon/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1remoitié xes. corona « symbole de pouvoir », ici par dérision (Passion, éd. D'A.S. Avalle, 247); ca 1100 curune « insigne du pouvoir royal » (Roland, éd. J. Bédier, 388); b) 1215-30 hérald. corone (Lancelot propre, iii, 421 ds Brault); 2. a) 1172-75 corone « ensemble des terres soumises au pouvoir royal; domaine royal » (Chr. de Troyes, Chevalier charrette, éd. W. Foerster, 2909); b) 1remoitié xiiies. corone « pouvoir royal » (G. Le Clerc, Tobic, 228 ds T.-L.); 3. 1130-40 corone as martirs (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 358); ca 1175 corone « récompense accordée en reconnaissance d'un mérite » (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, éd. W. Foerster, 6359); 4. 1181-90 corone « parure pour la tête » (Id., Perceval, éd. W. Roach, 6681). B. P. anal. de forme 1. ca 1100 corone « tonsure » (Roland, 3639); 2. fin xiies. à la corone « disposées en forme de cercle (de personnes) » (Richeut, 17 ds Nouv. recueil de fabliaux, éd. Méon, t. 1, p. 38); ca 1560 « anneau, cercle » (J. Du Fouilloux, Vénerie, éd. G. Tilander, chap. 34, 4, p. 76 : couronnes de brandes); [1600 O. de Serres d'apr. FEW t. 2, p. 1210 a]; 1690 (Fur. : Couronne... se dit d'un meteore qui paroît autour du Soleil & de la Lune, quand leur lumière est refleschie sur des nuées mediocrement espaisses); 1600 vétér. « partie osseuse située entre le pied et le paturon du cheval » (O. de Serres, 300 ds Littré); 1690 (Fur. : Couronne ... est une marque qui demeure à un cheval qui s'est si fort blessé aux genoux, que le poil en est tombé); 1728 couronne « partie supérieure de la dent » (Le Chirurgien Dentiste ou Traité des Dents, Paris, t. I, p. 7 ds Brunot t. 6, p. 575); 1846 « reconstitution artificielle de cette partie de la dent » (Ph. Boyer, Maladies chirurg., V, 269-70 − 5eéd. − ds Quem. Fichier). C. Se dit d'un objet frappé d'une couronne 1. ca 1340 couronne « pièce de monnaie`` (Dialog. fr.-flam., fo7ads Gdf. Compl.); 2. 1680 (Rich. : Couronne. Papier in folio qui a pour marque une couronne). Du lat. class. corona 1. ornement « parure (pour la tête) », « ornement pour la tête accordé en reconnaissance d'un mérite » − d'où « récompense accordée en reconnaissance d'un mérite » et en lat. chrét. « gloire de martyr » (Iers. ds TLL s.v., 985, 39) − « ornement pour la tête, symbole de pouvoir » − d'où le lat. chrét. corona spinea (ives., ibid., 984, 31) et p. ext. en lat. médiév. corona « pouvoir royal » (1119 ds Nierm.) et « domaine royal » (1190, ibid.) − 2. ce qui rappelle la forme de la couronne « cercle d'hommes » ou « cercle de choses », « auréole d'un astre », également attesté comme terme d'archit. et d'art vétér., puis en b. lat. « coiffure en forme de couronne » (ves. ds TLL s.v., 988, 19-20), « tonsure » (vies. ds Nierm.). Le lat. est prob. empr. au gr. κ ο ρ ω ́ ν η « corneille » puis « tout objet recourbé », entre autres « sorte de couronne » (ves. av. J.-C. ds Frisk) et possède toutes les acceptions du gr. σ τ ε ́ φ α ν ο ς. Fréq. abs. littér. : 3 336. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 689, b) 4 207; xxes. : a) 4 219, b) 2 833. Bbg. Dauzat Ling. fr. 1946, p. 35. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 247. − Pauli 1921, p. 17. − Rog. 1965, p. 51. − Thomas (A.). Nouv. Essais. 1904, p. 273.

Wiktionnaire

Nom commun

couronne \ku.ʁɔn\ féminin

  1. Cercle fait de métal, de branches, d’herbes, ou de fleurs, etc., et qui se porte sur la tête comme marque d’honneur, ou en signe de joie, ou comme une simple parure.
    • C'est sur sa tête qu'a été posée — de traviole comme il se doit — la couronne : Flora Coquerel , 19 ans, a été élue Miss France 2014, samedi soir. — (Flora Coquerel élue Miss France, dans Libération du 9 décembre 2013, p.30)
    • Couronne de laurier, de lierre, d’olivier, de fleurs, de roses, etc.
    • La couronne d’épines, celle que l’on mit sur la tête de Jésus-Christ.
    • Les peintres mettent ordinairement une couronne d’étoiles sur la tête de la Vierge et une couronne de rayons sur la tête des saints.
    • Les couronnes de mariages du XIXème siècle étaient faite en cire.
  2. (Par extension) Cercle de fleurs que l’on place sur un cercueil, sur une tombe.
    • Couronnes mortuaires.
      • JOSÉPHINE. – Quel dommage pour mon beau-père qu’on ne loue pas aussi les couronnes mortuaires, comme dans l’Aveyron ! — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, page 310)
      • Le long des murs sont accrochées des couronnes mortuaires et au milieu de la pièce le lit est recouvert d'un drap blanc sur lequel repose une grande Croix de perles bleu pâle.
        – Qu'est cela ? demande le Docteur.
        - Ah ! explique M. Menu. C’est la chambre de notre pauvre fille qui est morte l'an dernier. En attendant d'être assez riches pour lui élever une chapelle, nous avons ramené ici du cimetière tout ce que la pluie abîmerait.
        — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, page 322)
  3. (Bijouterie) Ornement de tête que les empereurs, rois, princes ou seigneurs portent pour marque de leur dignité, ou qui est représenté dans leurs armoiries, etc.
    • Couronne impériale, royale, ducale.
    • Couronne de comte, de marquis, de baron.
    • Couronne d’or.
    • Couronne fermée, celle qui recouvre le sommet de la tête.
    • Couronne ouverte, celle qui se compose d’un simple cercle.
    • La triple couronne, la tiare du pape.
    1. (Héraldique) Meuble représentant le bijou du même nom dans les armoiries. Ce meuble est soumis à de nombreuses variations qu’il faut indiquer dans le blasonnement. Ces variations peuvent être liées à un titre (comtale, royale…), un domaine (aviale, navale…) ou symbolique (lauriers, épines…). À rapprocher de couronne comtale, couronne de laurier, couronne d’épines, couronne de reine, couronne fleuronnée, couronne murale, couronne navale, couronne royale, cancerlin, crancelin, crantzelin, diadème et tiare.
      • De gueules à la bande d’argent côtoyée de deux cotices fleuronnées du même, accompagnée de six couronnes du même, trois en chef et trois renversées en pointe, qui est de la région Alsace → voir illustration « armoiries avec 6 couronnes »
    2. (Héraldique) Ornement extérieur représentant le bijou du même nom et placé au sommet ou au-dessus des armoiries. Elle est généralement utilisée pour marquer un titre ou une fonction.
      • Écu d’azur à trois fleurs de lys d’or ; sommé de la couronne du Roi de France → voir illustration « couronne utilisée comme ornement extérieur »
  4. (Figuré) Puissance royale.
    • C'est donc des mains victorieuses et bienfaisantes du grand capitaine et de l'habile négociateur qui avait contribué à donner la Lorraine à la France et la couronne impériale à Charles VII, que la première société savante formée à Metz, reçut tout à la fois une dotation et des statuts. — (« Distributions de médailles (Lettre du vicomte de Suleau, préfet de la Moselle, du 2 février 1829 à l’Académie) », dans les Mémoires de l’Académie royale de Metz, 10e année (1828-1829), Metz : chez Lamort, 1829, p. 156)
    • Avènement à la couronne.
    • Aspirer, prétendre à la couronne.
    • Disputer la couronne.
    • Renoncer à la couronne.
    • Perdre la couronne.
    • Héritier de la couronne.
    • Héritier présomptif de la couronne.
    • Le domaine de la couronne.
    • Les droits de la couronne.
    • Discours de la couronne, discours que le souverain prononce à l’ouverture d’une session législative.
  5. (Figuré) Monarchie ; État gouverné par un souverain → voir Couronne.
    • Or, je le demande: un philippiste peut-il être un honnête homme quand il déclare que : « Louis-Philippe eût été bien sot de ne pas prendre la couronne puisqu’il l’a pu. » Non! mille fois non! un honnête homme ne peut pas s’avouer philippiste. — (Desloges, « Louis-Philippe n'a jamais été roi », dans Théorie nouvelle. Le savoir-vivre en politique, 1789 à 1849, ou l'art de gouverner les peuples et de les rendre heureux, Paris : Librairie artistique et d'économie usuelle, 1861, p. 53)
    • L’Empereur n’aime que la guerre. Il a déjà versé plus de sang pour donner des couronnes à ses frères, que notre grande Révolution pour gagner les Droits de l’Homme. » — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
    1. Le gouvernement de Sa Majesté anglaise.
      • Avocat de la Couronne.
      • Société de la Couronne.
  6. (Par analogie) Tonsure des gens d’église.
    • Couronne d’évêque, de prêtre, de diacre, de religieux, etc.
    • Il s’est fait faire la couronne.
  7. (Par analogie) Chose qui a une forme circulaire.
    • La disposition à engrenages planétaires comporte un pignon central monté directement sur l'arbre du moteur, un équipage de satellites et une couronne fixe dans laquelle les satellites engrènent en tournant sur eux-mêmes. — (La Technique moderne, H. Dunod & E. Pinat, 1936, vol.28, p.481)
    1. (Botanique) Houppier de l’arbre.
    2. (Horticulture) Touffe de feuilles qui surmonte le fruit de l’ananas.
    3. (Architecture militaire) Ouvrage de fortification, dont le front se compose d’un bastion uni à deux courtines
      Ouvrage à couronne.
    4. (Anatomie) Partie de la dent qui est hors de la gencive.
      La couronne d’une dent.
    5. (Médecine vétérinaire) Partie la plus basse du paturon du cheval.
    6. (Papeterie) Format de papier dont le filigrane était primitivement une couronne.
      Papier couronne.
    7. (Poste, Philatélie) Texte figurant sur le pourtour d’un cachet d’oblitération, et entourant le bloc dateur.
      • Tous ces éléments forment le bloc dateur, introduit dans la culasse centrale de la couronne, serrés à l'aide d'une vis (23). — (site www.philatelie-epernay.fr)
    8. (Boulangerie) Nom d'un pain, dont la forme évoque une couronne.
      • Les babarottes me firent haïr Lyon dès le premier soir. Le lendemain, ce fut bien pis. Il fallait prendre des habitudes nouvelles ; les heures des repas étaient changées… Les pains n’avaient pas la même forme que chez nous. On les appelait des « couronnes ». En voilà un nom ! — (Alphonse Daudet, Le petit chose, 1868, rééd. Le Livre de Poche, pages 18-19)
      • Le village se réunissait, c'était la cuisson des gâteaux fait maison. Toutes sortes tourtières, tartes, biscuits, couronnes, du pain il y avait au moins pour un mois. — (Folklore de France, rédacteur en chef : Claude Sarrail, vol. 35, 1985, p. 20)
    9. (Astronomie) Sorte de halo lumineux qui entoure un astre.
      • Le déplacement apparent de certaines étoiles situées en bordure de la couronne solaire était mesurable, dans l’ordre de grandeur prévu par Einstein. — (Denis Hamel, Albert Einstein, astrologue ? Vous voulez rire ? La fin d’un canular, dans Le Québec sceptique, n°57, p.31, été 2005)
  8. (Par métonymie) Monnaie en usage dans divers pays.
    • En 1930, les deux Caisses coloniales possédaient un avoir de 631 000 kr. (couronnes danoises); […]. — (C.-F. Harries, Le Groenland, Colonie du Danemark : notes géographiques, historiques et sociales, édité par le Commissariat général de Danemark pour l'Exposition coloniale internationale de Paris en 1931)
    • Couronne tchèque, slovaque, danoise, norvégienne, suédoise, islandaise, estonienne.
  9. (Figuré) Prix remporté dans un concours académique.
    • Couronne académique.
  10. (Figuré) (Vieilli) Gloire que les martyrs acquièrent en mourant pour leur foi.
    • La couronne du martyre.
    • Il a reçu la couronne du martyre.
  11. (Dentisterie) (Par ellipse) Couronne prothétique.
  12. (Géométrie) Surface plane délimitée par deux cercles concentriques.

Forme de verbe

couronne \ku.ʁɔn\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de couronner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de couronner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de couronner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de couronner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de couronner.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COURONNE. n. f.
Cercle, fait de branches d'herbes, ou de fleurs, etc., et qui se porte sur la tête comme marque d'honneur, ou en signe de joie, ou comme une simple parure. Couronne de laurier, de lierre, d'olivier, de fleurs, de roses, etc. Gagner, obtenir, mériter une couronne. Les jeunes filles qui se marient portent une couronne de fleurs d'oranger. Les peintres mettent ordinairement une couronne d'étoiles sur la tête de la Vierge et une couronne de rayons sur la tête des saints. Par extension, Couronnes mortuaires, Celles que l'on place sur un cercueil, sur une tombe. Fig., Couronne académique, ou simplement Couronne, se dit d'un Prix remporté dans un concours académique. Il se dit figurément de la Gloire que les martyrs acquièrent en mourant pour la foi. La couronne du martyre. Il a reçu la couronne du martyre. Il se dit aussi de l'Ornement de tête que les rois, princes ou seigneurs portent pour marque de leur dignité, ou qui est représenté dans leurs armoiries, etc. Couronne impériale, royale, ducale. Couronne de comte, de marquis, de baron. Couronne d'or. Couronne fermée, Celle qui est surmontée d'ornements qui recouvrent le sommet de la tête. Couronne ouverte, Celle qui se compose d'un simple cercle. La couronne d'épines, Celle que l'on mit sur la tête de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. La triple couronne, La tiare du pape. Il se dit figurément de la Puissance royale. Avènement à la couronne. Aspirer, prétendre à la couronne. Disputer la couronne. Renoncer à la couronne. Perdre la couronne. Héritier de la couronne. Héritier présomptif de la couronne. Le domaine de la couronne. Les droits de la couronne. Discours de la couronne, Discours que le souverain prononce à l'ouverture d'une session législative. Il se dit encore figurément d'une Monarchie, d'un État gouverné par un souverain. La couronne de Roumanie. Par analogie, il se dit en outre de la Tonsure que l'on fait sur le haut de la tête des gens d'Église. Couronne d'évêque, de prêtre, de diacre, de religieux, etc. Il s'est fait faire la couronne. Il désigne encore par analogie Certaines choses qui ont une forme circulaire, qui ressemblent à une couronne : en termes de Botanique, Couronne impériale, Espèce de fritillaire. Couronne royale, Espèce de mélilot. Couronne de terre, Le lierre terrestre, etc. En termes d'Horticulture, la Touffe de feuilles qui surmonte le fruit de l'ananas. Greffe en couronne, Celle qui consiste à scier le sujet et à mettre plusieurs greffes autour de la coupe, entre le bois et l'écorce ; en termes d'Architecture militaire, Ouvrage à couronne, Ouvrage de fortification, dont le front se compose d'un bastion uni à deux courtines ; en termes d'Anatomie, La couronne d'une dent, La partie de la dent qui est hors de la gencive ; en termes d'Art vétérinaire, il se dit de la Partie la plus basse du paturon du cheval ; en termes de Papeterie, il se dit d'un Format de papier dont le filigrane était primitivement une couronne. Papier couronne. Il se dit aussi d'une Sorte de monnaie d'argent à l'usage de divers pays.

Littré (1872-1877)

COURONNE (kou-ro-n') s. f.
  • 1Ornement de tête fait de feuillage ou de fleurs. Une couronne de feuilles de chêne ou de laurier. Apollon à portes ouvertes Laisse indifféremment cueillir Les belles feuilles toujours vertes Qui gardent les noms de vieillir ; Mais l'art d'en faire des couronnes N'est pas su de toutes personnes, Malherbe, III, 2. Les couronnes ne s'acquièrent pas sans travail ; même celles qui ne sont que de laurier ou de myrte s'achètent bien chèrement, Voiture, Lett. 46. La chevelure que Dieu jeta comme un voile sur les épaules du jeune homme, et comme une couronne sur la tête du vieillard, Chateaubriand, Mart. 128.

    Poétiquement. Belles, vous portez à quinze ans La couronne de l'innocence, Béranger, Couronne.

    Terme de géométrie. Couronne circulaire, espace renfermé entre deux cercles concentriques. Pour avoir la surface d'une couronne, il faut multiplier sa largeur par la circonférence moyenne.

  • 2Couronne a été prise de très bonne heure comme un signe de distinction, de mérite supérieur ou d'autorité.

    Terme d'antiquité romaine. Couronne triomphale, celle qui appartenait aux généraux qui obtenaient les honneurs du triomphe ; elle fut d'abord de laurier, et d'or dans la suite. Couronne de l'ovation, couronne de myrte qui se donnait aux généraux qui obtenaient l'ovation. Couronne obsidionale, couronne d'épis qui se donnait au général qui avait fait lever un siége. Couronne civique, couronne de chêne qui se donnait à celui qui avait sauvé la vie à un citoyen. Couronne murale, couronne dont les fleurons avaient la forme de créneaux et qui se donnait à celui qui était entré le premier dans une ville assiégée. Couronne navale, couronne qui se donnait à celui qui, dans un combat naval, sautait le premier dans un vaisseau ennemi. Une couronne de feuilles de chêne, de laurier ou de quelque herbe plus vile encore, devenait inestimable parmi les soldats, qui ne connaissaient pas de plus belles marques que celles de la vertu, ni de plus noble distinction que celle qui venait des actions glorieuses, Bossuet, Hist. III, 6.

    Aujourd'hui, couronne académique, ou, simplement, couronne, prix remporté dans les concours académiques.

    Se dit aussi de la couronne qu'on donne dans les colléges en même temps que les livres aux écoliers qui ont remporté un prix.

    Fig. Prix, récompense, ornement. Il y a de fausses vaillances qui ont leur couronne, Bossuet, Honn. 1. Mes frères, vous serez ma couronne au jour de Notre-Seigneur, Bossuet, Pasc. Vous êtes leur couronne, leur joie, leur consolation, Massillon, Myst. Résurr.

  • 3Ornement de tête, signe de dignité. La couronne est l'insigne de la puissance royale et de diverses dignités féodales. Couronne de duc, de comte, de baron. Il reste encore aux meilleurs bourgeois une certaine pudeur qui les empêche de se parer d'une couronne de marquis, trop satisfaits de la comtale ; quelques-uns même ne vont pas la rechercher fort loin, et la font passer de leur enseigne à leur carrosse, La Bruyère, XIV. [Le milan] va tout droit imprimer sa griffe Sur le nez de Sa Majesté ! - Quoi ! sur le nez du roi ! - Du roi même en personne. - Il n'avait donc alors ni sceptre ni couronne ? - Quand il en aurait eu, ç'aurait été tout un, La Fontaine, Fabl. XII, 12.

    Couronne fermée, celle dont le cercle est rehaussé de fleurons ou ornements qui viennent se rejoindre au-dessus de la tête ; couronne ouverte, celle qui n'a que le cercle inférieur plus ou moins orné. Au commencement toutes les couronnes étaient ouvertes ; plus tard la couronne impériale et la couronne royale furent fermées.

    Couronne impériale, couronne fermée de forme hémisphérique, terminée par un globe surmonté d'une croix ; couronne royale, couronne fermée plus large par en haut et surmontée d'un ornement particulier, qui, en France, était la fleur de lis ; couronne ducale, couronne ouverte, garnie de huit feuilles ou fleurons ; la couronne de marquis n'avait que quatre feuilles et, entre les feuilles, des pointes ornées de trois perles ; la couronne de comte était tout autour garnie de perles ; celle du vicomte ne portait que quatre perles, et, entre elles, de simples pointes ; celle de vidame [lieutenant civil et militaire d'un évêque] portait quatre croix au lieu des quatre perles du vicomte ; la couronne de baron, plus exactement nommée torfil, consistait en un cercle entouré de plusieurs cordons de perles.

    La triple couronne, la tiare du pape, ainsi dite parce que c'est un bonnet rond et élevé, entouré de trois couronnes d'or enrichies de pierreries, et mises, la première par le pape Hormisdas, la seconde par le pape Boniface VIII, la troisième par Jean XXII ; le bonnet est surmonté d'un globe portant une croix.

    Couronne de fer, la couronne des rois lombards d'Italie.

    Couronne antique, couronne formée par une feuille tournée en cercle, et découpée à grandes pointes jusque vers la base ou cercle qui entoure le front ; telles étaient les couronnes des princes d'Italie.

    La couronne d'épines, celle que l'on mit sur la tête de Jésus-Christ par dérision, à cause qu'il s'était appelé roi des Juifs ; et, figurément, ce qui cause un vif déplaisir, une profonde douleur. Cela lui est une couronne d'épines.

  • 4 Absolument, la puissance royale, impériale. Les prérogatives de la couronne. Tous ces crimes d'État qu'on fait pour la couronne, Corneille, Cinna, V, 2. Il crut pouvoir saisir la couronne ébranlée, Corneille, Rodog. I, 1. La justice n'est point une vertu d'État ; Le choix des actions ou mauvaises ou bonnes Ne fait qu'anéantir la force des couronnes, Corneille, Pomp. I, 1. Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de couronne, Et l'on s'en rend indigne alors qu'on l'abandonne, Corneille, Rodog. III, 2. La plus belle couronne N'a que de faux brillants dont l'éclat l'environne, Corneille, Héracl. I, 1. Qui sait porter une couronne, Quand il a prononcé, n'aime pas qu'on raisonne, Corneille, Sertor. IV, 2. La couronne, seigneur, orne bien une tête, Corneille, Agésilas, II, 7. De peur que quelque jour, venant à la couronne…, Mairet, Soliman, I, 1. Et l'art et le pouvoir d'affermir les couronnes Sont des dons que le ciel fait à peu de personnes, Corneille, Hor. V, 3. Harrington ne voyait que la république d'Angleterre, pendant qu'une foule d'écrivains trouvaient le désordre partout où ils ne voyaient point de couronne, Montesquieu, Espr. XXIX, 19.

    Mettre la couronne sur la tête de quelqu'un, lui donner la puissance souveraine.

    Discours de la couronne, discours prononcé par le souverain à l'ouverture d'une session législative.

    Fig. C'est un des plus beaux fleurons de sa couronne, c'est une des plus riches possessions ou une des plus nobles prérogatives du prince ; et aussi en général, c'est ce qu'une personne a de plus considérable, de plus avantageux.

  • 5État gouverné par un monarque. Quand ils apprendront que, du temps de son ministère, les Anglais ont été battus et chassés, Pignerol conquis, toute la Lorraine jointe à cette couronne, la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre pouvoir, Voiture, Lett. 74. Le pape saint Grégoire a fait cet éloge singulier de la couronne de France, qu'elle est autant au-dessus des autres couronnes du monde que la dignité royale surpasse les fortunes particulières, Bossuet, Reine d'Anglet. Ne lui dites pas que la vie d'un premier prince du sang si nécessaire à l'État doit être épargnée ; il répond qu'un prince du sang, plus intéressé par sa naissance à la gloire du roi et de la couronne, doit, dans le besoin de l'État, être plus dévoué que tous les autres pour en relever l'éclat, Bossuet, Louis de Bourbon. Cette couronne [le gouvernement espagnol] pourrait être excitée par l'excellente qualité du coton qu'on cultive dans les Philippines, à y élever, avec le secours des habitants du continent, de belles et nombreuses manufactures, Raynal, Hist. phil. V, 16.

    Le souverain même. Les officiers, le domaine de la couronne. Les diamants de la couronne.

    Traiter de couronne à couronne, traiter de souverain à souverain. Cela se dit aussi par raillerie d'un inférieur qui veut traiter avec son supérieur comme s'il était son égal. Le roi [Louis XIII] traita avec le duc d'Épernon de couronne à couronne, Voltaire, Mœurs, 175. Je ne sais ce que c'est qu'un reproche qu'on fait à nos petits États [de Gex], d'avoir traité de couronne à couronne avec la république de Berne, pour saler notre pot [acheter du sel], Voltaire, Lett. Dupont, 23 février 1776.

  • 6 Terme de théologie. La couronne de gloire, la béatitude éternelle. Quand je viens à penser que ces personnes [personnes d'une sainte vie] peuvent tomber et être au nombre malheureux des jugés, et qu'il y en aura tant qui tomberont de leur gloire et qui laisseront prendre à d'autres, par leur négligence, la couronne que Dieu leur avait offerte, Pascal, Lettres, 1er fragment.

    La couronne du martyre, la récompense qui est réservée aux martyrs.

    Terme de peinture. Ornement que l'on place sur la tête de la Vierge et des saints.

  • 7Couronne ou tonsure cléricale, petit rond que l'on rase au sommet de la tête et qu'on fait plus ou moins grand suivant la qualité des ordres reçus. Couronne d'évêque, de prêtre, de diacre.
  • 8Petit chapelet qui n'a qu'une dizaine et qu'on dit à l'honneur de la sainte Vierge.
  • 9 Terme d'astronomie. Couronne australe, Couronne septentrionale, constellations.
  • 10 Terme de physique. Foyer d'une aurore boréale vers lequel s'élancent les gerbes de feu.

    Météore qui paraît autour du soleil et de la lune, quand la lumière en est réfléchie sur des nuées médiocrement épaisses. On l'appelle plus ordinairement halo.

  • 11 Terme de botanique et de jardinage. Réunion, en cercle, des écailles ou lamelles qui naissent de la face interne du sommet de l'onglet des pétales dans certaines corolles.

    Touffe de feuilles qui surmonte le fruit de l'ananas.

    Greffe en couronne, greffe où, sciant le sujet, on met plusieurs greffes autour de la coupe, entre le bois et l'écorce.

    Couronne impériale, fleur rouge ou jaune, composée de plusieurs petites cloches qui lui donnent l'apparence d'une couronne ; elle est printanière. Couronne royale, espèce de mélilot. Couronne de terre, le lierre terrestre.

  • 12 Terme d'anatomie, de médecine et de chirurgie. Couronne des dents, partie des dents qui se trouve hors des gencives et qui est revêtue d'émail.

    Couronne radiante, l'épanouissement des fibres médullaires des pédoncules cérébraux dans les lobes des hémisphères du cerveau.

    Couronne de Vénus ou chapelet, pustules sèches ou suppurantes, qui se voient souvent sur le front des individus affectés de syphilis invétérée.

    Couronne de trépan, espèce de petit cylindre d'acier, légèrement conique, dont l'extrémité la plus étroite est dentelée en forme de scie, et qui sert à enlever une rondelle d'os, particulièrement au crâne.

  • 13 Terme de vétérinaire. Partie du pied du cheval qui correspond à la deuxième phalange des orteils de l'homme, qui est située entre le paturon et le pied, à l'endroit où le poil joint et couvre le haut du sabot, et qui est formée d'un seul os, portant le nom d'os de la couronne ou de second phalangien.

    Terme de vénerie. Bois du cerf, quand les andouillers sont disposés en une sorte de cercle.

    Terme de fauconnerie. Duvet au bec de l'oiseau, près de la tête.

  • 14 Terme de fortification. Ouvrage à couronne, ou, simplement, couronne, ouvrage fait en forme de couronne qui est avancé vers la campagne, pour communiquer à quelque éminence. Dans ces demi-lunes était un grand ouvrage à couronne, Voltaire, Louis XIV, 13.
  • 15 Terme de géologie. Cratère de volcans portant une sorte de couronnement ou rempart circulaire.
  • 16 Terme de blason. Représentation des ornements qu'on met pour timbre aux armoiries afin de marquer la dignité de la personne. La ville de Cologne porte trois couronnes en mémoire des trois rois ou mages que la légende y dit enterrés.
  • 17Nom des ornements qu'on met aux quatre coins d'une couverture de laine.
  • 18 Terme d'architecture. La partie plate et la plus avancée de la corniche, et qui se nomme aussi larmier.
  • 19Ornement en faïence qui se met au haut des colonnes de poêle.

    Partie d'une lampe qui porte le verre.

    Cercle de fer qui entoure la tête d'un pieu pour l'empêcher de se fendre quand on l'enfonce.

    Terme de joaillier. La partie la plus éminente d'un diamant rose partagé en deux parties égales.

    Terme de marine. Cercle en fer creusé, fixé au cabestan pour virer les câbles - chaînes.

  • 20 Terme de musique. Trait en demi-cercle qui surmonte le point d'orgue et le point de repos.
  • 21Couronne, sorte de papier qui est marqué d'une couronne.

    Adj. Papier couronne.

  • 22Monnaie d'argent d'Angleterre, qui vaut actuellement 5 fr. 81 cent.

    Ancienne monnaie de France, frappée sous le règne de Philippe de Valois.

  • 23Nom des coquilles qui sont amples et très minces.

HISTORIQUE

XIe s. Icez plaid afierent à la coronne le rei, Lois de Guill. 2. De trestuz reis [je] vous present les curunes, Ch. de Rol. XXVIII. Jamais en terre [il] ne portera curone, ib. LXXII. Je lui toldrai [ôterai] la corune du chef, ib. CLXXXIX.

XIIe s. La corone de France doit estre mise avant, Car tuit autre roi doivent estre à lui [elle] apendant, Sax. I. Pris la curune de sun chief e le bou [bracelet] de sun braz, e aportés les ai à tei mun seignur, Rois, 121.

XIIIe s. Tel coronne [elle] ot au chef, qui mout lui atalente, Berte, X. Et de couronne d'or [je] fui par vous couronnée, ib. XVI. Tot environ siet en coronne Sa mesnie, qui l'avironne, Ren. 8265. Renart respont hastivement : Aurez corone [tonsure] grant et lée, Ne mès que l'eve soit chaufée, ib. 1087. Et clerc qui fet querone [ se fait prêtre] por tolir autrui son droit et por achever ses meffez, ne doit pas avoir privilege de clerc, Liv. de just. 32. Maintenant plede on bien contre cix qui ont couronne de servage, mes que ce soit avant qu'il soient diacre ou sous diacre, Beaumanoir, XLV, 28. Il n'afiert pas à clerc qu'il veste robe roiée, ne qu'il soit sans coronne aparant de clerc, puisqu'il a eu coronne d'evesque, Beaumanoir, XI, 43. Je en aurai une coronne es ciex, Joinville, 198.

XIVe s. Changeurs pour chacun marc d'argent que il vendront payeront deux deniers, et ceux qui vendront veselles dorées, esmaillées, couronnes, chapeaux, pelles [perles], pierres, payeront quatre deniers pour livres comme les autres marchandises, Ordonn. des rois, t. II, p. 320. Eussions donné cours aux blans à la couronne pour quatre deniers tournois la piece, et depuis ramené à trois, ib. t. III, p. 520.

XVe s. Celle ville [une sorte de logis en bois transportable] estoit tellement ouvrée, ordonnée et charpentée, qu'on la pouvoit deffaire par travées ainsi qu'une couronne et rasseoir membre à membre, Froissart, liv. III, p. 121, dans LACURNE. Considerez la grand valeur des presens et aussi la puissance des Parisiens ; car il fut dit à moy acteur de ceste histoire qui tous les presens vei, qu'ils avoyent cousté plus de soixante mille couronnes d'or, Froissart, liv. IV, p. 7. Quant le roi Pelion et la royne Dace furent couronnez, les chevaliers prindrent la royne es honneurs ; car l'or et les pierres precieuses gettoient la clarté si grande, qui estoient es couronnes et es chappeaulx qu'elles avoient sur leurs chiefz, que toute la place en resplendissoit, Perceforest, t. II, f° 148. Un barbier secret fit aux damoiselles chacune la couronne [tonsure] sur la teste, Louis XI, Nouv. LX.

XVIe s. Ils les rasent au sommet de la teste, afin que la couronne [tonsure], comme ils disent, signifie dignité royale, Calvin, Instit. 1181. Cheval aiant les couronnes deliées et pelues [garnies de poil], les pasturons courts…, De Serres, 300. Par la disposition des belles fleurs sortans de ceste plante, elle est ditte coronne imperiale [c'est l'impériale], De Serres, 578. Grande quantité de bons greffes est inserée en petite coronne sur le tronc d'un gros arbre de leur espece, De Serres, 673. La figue et le raisin, par jugement universel, sont estimés la coronne de tous autres, De Serres, 697. Si aucun veut faire retraict et chambres aisées [lieux d'aisance] au long du mur commun et moitoyen, il sera tenu faire un autre mur au long du dit mur, qui aura un pied et demy par bas d'espesseur, admortissant d'un pied jusques à la couronne de la voute des dits retraicts, Coust. génér. t. II, p. 264.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COURONNE. Ajoutez :
24Sorte d'anneau formé avec un cordage dont les brins sont passés alternativement en dedans et en dehors d'une boucle.
25Nom d'un pain, dit aussi percé, en forme de couronne.
26 Couronne d'or, monnaie de Suède valant 1 franc 39 centimes, Journ. offic. 6 janv. 1877, p. 124, 1re col.

REMARQUE

L'ouvrage à couronne est un ouvrage avancé formé de deux branches réunies par deux fronts bastionnés. La double couronne est un ouvrage avancé formé de deux branches réunies par trois fronts bastionnés.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

COURONNE, s. f. en Géométrie, est un plan terminé ou enfermé par deux circonférences paralleles de cercles inégaux, ayant un même centre, & qu’à cause de cela on appelle cercles concentriques. On a la surface de la couronne, en multipliant sa largeur par la longueur de la circonférence moyenne arithmétique entre les deux circonférences qui la terminent, c’est-à-dire que si l’on veut mesurer la couronne dont la largeur est AB, (fig. 11. Géom.) & qui est terminée par les cercles dont les rayons sont CA & CB, il faut prendre le produit de la largeur AB & de la circonférence décrite du centre C par le point de milieu D de la largeur AB. La démonstration en est bien simple ; soit a le rayon du grand cercle, c sa circonférence, sera son aire ; soit r le rayon du petit cercle, ou sera son aire ; donc la différence des deux aires, c’est-à-dire la surface de la couronne . Or , & la circonférence dont le rayon est CD, a pour expression . Donc, &c. (O)

Couronne boréale, en Astronomie, est une constellation de l’hémisphere septentrional, où il y a 8 étoiles selon le catalogue de Ptolomée, autant dans celui de Tychobrahé, & 21 selon le catalogue Britannique, &c. (O)

Couronne méridionale, (Astronomie.) constellation de l’hémisphere méridional, composée de 13 étoiles. (O)

Couronnes de couleurs, (Physique.) ou anneaux colorés qu’on voit autour des astres ; on les appelle autrement & plus communément halos. Voy. Halo. (O)

Couronne impériale, (Hist. nat. bot.) corona imperialis, genre de plante dont les fleurs sont disposées, pour ainsi dire, en couronne surmontée d’un bouquet de feuilles, ce qui a fait donner le nom de couronne impériale à cette plante. Chaque fleur est liliacée & faite, pour ainsi dire, en forme de cloche, & composée de six pétales ; le pistil qui occupe le milieu de la fleur devient dans la suite un fruit garni d’ailes longitudinales, & divisé en trois loges, & il renferme des semences applaties, placées les unes sur les autres. Ajoutez au caractere de ce genre, que la racine est composée de tuniques, & fibreuse dans sa partie inférieure. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Couronne impériale, (Matiere med.) Toutes les parties de cette plante sont vénéneuses, mais surtout sa racine, qui est un bulbe ou oignon, qui, selon Wepfer, pris intérieurement, produit les mêmes effets que la ciguë. Voyez Cigue.

Cette racine est estimée résolutive : elle entre dans l’emplâtre diabotanum de Blondel.

Couronne, s. f. (Hist. anc. & mod.) marque de dignité, ornement que les rois & les grands mettent sur leur tête pour marquer leur pouvoir, & qu’on regarde aussi comme un symbole de victoire, de joie. Voyez Roi.

L’antiquité la plus réculée ne défera les couronnes qu’à la divinité. Bacchus, si l’on en croit Pline, s’en para le premier après la conquête des Indes. Pherecydes, cité par Tertullien, de coronâ, rapporte l’origine des couronnes à Saturne ; Diodore l’attribue à Jupiter après sa victoire sur les Titans ; Fabius Pictor à Janus, & dit que cet ancien roi d’Italie s’en servit le premier dans les sacrifices. Léon l’Egyptien assûre qu’Isis se couronna la premiere d’épis de blé, parce qu’elle avoit appris aux hommes l’art de le semer & de le cultiver.

La plûpart des auteurs conviennent que la couronne étoit dans son origine, plutôt un ornement du sacerdoce que de la royauté ; les souverains la prirent ensuite, parce qu’alors ces deux dignités, du sacerdoce & de l’empire, étoient réunies.

Les premieres couronnes n’étoient qu’une bandelette nommée diadème, dont on se ceignoit la tête, & qu’on lioit par-derriere, comme on le voit aux têtes de Jupiter, des Ptolomées, & des rois de Syrie, sur les médailles.

Quelquefois on les faisoit de deux bandelettes, ensuite on prit des rameaux de différens arbres, auxquels on ajoûta des fleurs.

Tertullien, de coronâ, écrit que selon Claudius Saturninus il n’y avoit aucune plante dont on n’eût fait des couronnes. Celle de Jupiter étoit de fleurs ; elle est souvent de laurier sur les médailles. Celle de Junon, de vigne ; celle de Bacchus, de pampre & de raisin, de branches de lierre chargées de fleurs & de fruits ; celles de Castor, de Pollux, & des fleuves, de roseaux ; celle d’Apollon, de roseaux ou de laurier ; celle de Saturne, de figues nouvelles ; celle d’Hercule, de peuplier ; celle de Pan, de pin ou d’hyeble ; celle de Lucine, de dictame ; celles des heures, de fruits propres à chaque saison ; celles des graces, de branches d’olivier, aussi-bien que celle de Minerve ; celle de Venus, de roses ; celle de Cerès, d’épis aussi-bien que celle d’Isis ; celles des Lares, de noyer ou de romarin, en quoi l’on suivoit l’opinion commune dans le paganisme, que ces arbres ou plantes étoient particulierement consacrés à ces divinités. Voyez Guirlande.

Non-seulement les couronnes furent employées pour décorer les statues & désigner les images des dieux, pour les prêtres dans les sacrifices, pour marquer l’autorité dans les prêtres & les souverains, mais on couronnoit encore les autels, les temples, les portes des maisons, les vases sacrés, les victimes, les navires, &c. On couronnoit aussi les poëtes, ceux qui remportoient la victoire dans des jeux solennels, les gens de guerre qui se distinguoient par quelque exploit. Voyez Olympiques.

Quelques auteurs concluent de certains passages d’Eusebe de Césarée, que les évêques portoient autrefois des couronnes.

On trouve sur les médailles quatre sortes de couronnes propres aux empereurs Romains ; 1°. une couronne de laurier ; 2°. une couronne rayonnée ; 3°. une couronne ornée de perles, & quelquefois de pierreries ; 4°. une espece de bonnet à-peu-près semblable à un mortier ou bonnet, tel que les princes de l’empire le mettent sur leur écu.

Jules César obtint la permission du sénat de porter la premiere, à cause, dit-on, qu’il étoit chauve ; ses successeurs l’imiterent. La couronne radiale n’étoit accordée aux princes qu’après leur mort ; mais Néron la prit de son vivant. On les voit sur les médailles avec la couronne perlée ; mais Justinien est le premier qui ait porté celle de la quatrieme espece, que Ducange nomme camelancium, & qu’on a confondu avec le mantelet, qu’on appelle camail, à cause de la ressemblance de ce mot, quoique l’un soit fait pour couvrir les épaules, & l’autre pour couvrir la tête.

La couronne papale est composée d’une tiare & d’une triple couronne qui l’environne ; elle a deux pendans, comme la mitre des évêques. Voyez Tiare & Pape.

La couronne impériale est un bonnet ou tiare avec un demi-cercle d’or qui porte la figure du monde, cintré & somme d’une croix.

La couronne du roi d’Angleterre est rehaussée de quatre croix, de la façon de celle de Malte, entre lesquelles il y a quatre fleurs-de lis ; elle est couverte de quatre diadèmes, qui aboutissent à un petit globe surmonté d’une croix.

Celle du roi de France est un cercle de huit fleurs-de-lis, cintré de six diadèmes qui le ferment, & qui portent au-dessus une double fleur-de-lis qui est le cimier de France. Quelques-uns prétendent que Charles VIII. est le premier qui ait pris la couronne fermée, lorsqu’il eut pris la qualité d’empereur d’Orient, en 1495 ; cependant l’on voit dans les cabinets des curieux, des écus d’or & autres monnoies du roi Louis XII. successeur de Charles VIII. où la couronne n’est point fermée. Il paroît donc qu’on pourra rapporter cet usage à François I. qui ne vouloit céder en rien à Charles-Quint & à Henri VIII. qui avoient pris la couronne fermée.

Celles des rois de Portugal, de Danemark, & de Suede, ont des fleurons sur le cercle, & sont fermées de cintres avec un globe croisé sur le haut. La couronne des ducs de Savoie, comme rois de Chypre, avoit des fleurons sur le cercle, étoit fermée de cintres, & surmontée de la croix de S. Maurice sur le bouton d’en-haut : celle du grand duc de Toscane est ouverte, à pointes mêlées de grands trefles sur d’autres pointes, avec la fleur-de-lis de Florence au milieu.

Celle du roi d’Espagne est rehaussée de grands trefles refendus, que l’on appelle souvent hauts fleurons, & couverte de diadèmes aboutissans à un globe surmonté d’une croix.

La noblesse sur ses armoiries porte aussi des couronnes, qu’on appelle couronnes de casques ou couronnes d’écussons. Elles sont de différentes formes, selon les divers degrés de noblesse ou d’illustration. On en distingue de cinq sortes principales : 1°. la couronne ducale, toute de fleurons à fleurs d’ache ou de persil : 2°. la couronne de marquis, qui est de fleurons & de perles mêlées alternativement : 3°. celle de comte, composée de perles sur un cercle d’or : 4°. celle de vicomte est aussi un cercle, avec neuf perles entassées de trois en trois : 5°. celle de baron, qui est une espece de bonnet avec un colier de perles en bandes.

Mais tout cela varie & pour la forme des fleurons & pour le nombre des perles, suivant les différentes nations ; & même, à l’exception des couronnes des ducs & pairs, les autres sont ordinairement au choix de ceux qui les mettent sur le timbre de leurs armes. A Venise, les nobles ne mettent aucune couronne sur leurs armes ; celles du doge seul sont surmontées du bonnet ducal : à Genes, les vingt-huit familles principales portent sur leurs armoiries la couronne ducale : à Rome, nul cardinal, quoique prince, n’en met aucune sur son écusson. Au reste, toutes ces couronnes de la noblesse sont ouvertes, même celles des princes du sang en France, qui sont composées d’un cercle d’or surmonté de fleurs-de-lis. Le dauphin portoit autrefois une couronne rehaussée de fleurs-de-lis, & fermée de deux cercles en croix avec une fleur-de-lis au sommet : maintenant elle est fermée par quatre dauphins, dont les queues aboutissent à un bouton qui soûtient la fleur-de-lis à quatre angles.

Les Romains avoient diverses couronnes pour récompenser les exploits militaires. La couronne ovale qui étoit la premiere, étoit faite de myrthe ; on la donnoit aux généraux qui avoient vaincu des esclaves ou d’autres ennemis, peu dignes d’exercer la valeur romaine, & à qui on décernoit les honneurs du petit triomphe appellé ovation. Voyez Ovation.

La seconde étoit la navale ou rostrale, qui étoit un cercle d’or relevé de proues & de poupes de navires, qu’on donnoit au capitaine ou soldat, qui le premier avoit accroché ou sauté dans un vaisseau ennemi. Voyez Rostral & Naval.

La troisieme nommée vallaire ou castrense, étoit aussi un cercle d’or relevé de paux ou pieux, que le général donnoit au capitaine ou soldat qui avoit franchi le premier le camp ennemi, & forcé la palissade.

La quatrieme appellée murale, étoit un cercle d’or surmonté de creneaux ; elle étoit le prix de la bravoure de celui qui avoit monté le premier sur la muraille d’une ville assiégée, & y avoit arboré l’étendart : c’est aussi sur les médailles l’ornement des génies & des déités qui protégeoient les villes, & en particulier de Cybele.

La cinquieme appellée civique, faite d’une branche de chêne verd, s’accordoit à un citoyen qui avoit sauvé la vie à un autre dans une bataille ou un assaut. Voyez Civique.

La sixieme étoit la triomphale, faite de branches de laurier ; on l’accordoit au général qui avoit donné quelque bataille ou conquis quelque province : mais l’an 569 de Rome, le consul Claudius Pulcher introduisit l’usage de dorer le cercle de la couronne ; bientôt elles furent converties en or massif. Les Grecs en décernerent une à T. Quintius Flaminius. Voyez Triomphe.

La septieme étoit l’obsidionale ou graminée, parce qu’elles se faisoit de gramen, ou des herbes qui se trouvoient dans la ville ou le camp assiégé ; elle étoit décernée aux généraux qui avoient délivré une armée ou une ville romaine assiégée des ennemis, & qui les avoient obligés à décamper.

La huitieme étoit aussi une couronne de laurier, que les Grecs donnoient aux athletes, & les Romains à ceux qui avoient ménagé ou confirmé la paix avec les ennemis : c’étoit la moins estimée. C’est une chose digne de remarque, que chez les Romains, qui connoissoient, dit-on, la véritable gloire, celle d’avoir donné la paix à son pays, fût la moindre de toutes.

Chez les Romains on donnoit encore une couronne ou bandelette de laine aux gladiateurs qu’on mettoit en liberté. Tout le monde sait que les anciens, dans les sacrifices, se couronnoient d’ache, d’olivier, de laurier ; qu’ils portoient dans leurs festins & autres parties de plaisir, des chapeaux de lierre, de mirte, de roses, &c. mais que dans les funérailles ils ne portoient que des couronnes de ciprès.

Le P. Daniel dit que S. Louis dégagea à ses frais la couronne d’épines de N. S. qui avoit été engagée par Baudouin, empereur de Constantinople, pour une très-grosse somme d’argent, & qu’il la fit transporter en France avec beaucoup de pompe & de cérémonie. On la garde encore aujourd’hui dans la Sainte-Chapelle. L’auteur de l’histoire de S. Louis assûre qu’elle subsistoit de son tems, & que les épines en étoient toûjours vertes. Quelques auteurs après Clément Alexandrin, prétendent qu’elle étoit de ronce, ex rubo ; d’autres, qu’elle étoit de nerprun, ex rhamno ; d’autres, d’épine blanche ; & d’autres, de jonc marin.

On prétend que ce mot couronne vient de corne parce que les couronnes anciennes étoient en pointe, & que les cornes étoient des marques de puissance, de dignité, de force, d’autorité, & d’empire ; & dans la sainte Ecriture, les mots de cornu, & cornua sont souvent pris pour la dignité royale : delà vient que corne & couronne en hébreu sont expliqués par le même mot. Charles Pascal a donné un traité particulier des couronnes. Baudelot, dans son histoire de Ptolomée Auletes, a fait beaucoup de remarques qui avoient échappé à Pascal. Nous avons de M. Ducange une savante & curieuse dissertation sur les couronnes de nos rois ; & d’un Allemand nommé Shmeizelle, un traité sur les couronnes royales tant anciennes que modernes.

Couronne royale,
Couronne électorale,
Voyez
Royal.
Électoral.

Couronne se dit aussi de la tonsure cléricale, qui est la marque & le caractere des ecclésiastiques. Voyez Tonsure. C’est un petit rond de cheveux qu’on rase au sommet de la tête, & qui est plus ou moins grand, selon la qualité des ordres qu’on a reçus : celle des clercs est la plus petite, celle des prêtres & des moines est la plus grande. Voyez Ordre.

La couronne cléricale n’étoit autrefois qu’un tour de cheveux qui représentoit véritablement une couronne : on le remarque aisément dans plusieurs statues & autres monumens anciens. Quelques religieux la portent encore ainsi, comme ceux de saint Dominique & de saint François. Chambers. & Trév.

Couronne, (Hist. mod.) ordre de la couronne royale, ou ordre de la couronne, ou les chevaliers Frisons ou de Firse ; il y en a qui prétendent que cette institution est imaginaire ; d’autres la datent de l’an 802, & disent que les chevaliers portoient une couronne en broderie d’or sur un habit blanc.

Ordre de la couronne (autre), institué par Enguerrand VII. sire de Couci & comte de Soissons. On a plusieurs monumens de sa réalité, mais aucun de ses statuts.

Couronne, en termes d’Architecture, est le plus fort membre quarré d’une corniche à qui on a donné ce nom, parce qu’il couronne non-seulement la corniche, mais encore l’entablement & l’ordre entier.

Les François l’appellent larmier, & nos ouvriers gouttiere ; parce que sa grande saillie garantit l’édifice des injures de la pluie. Voyez Larmier.

Il y en a d’autres qui l’appellent corniche, parce qu’il en forme le principal membre. Vitruve employe souvent le mot corona, pour désigner toute la corniche. Voyez Corniche. (P)

Couronne, (ouvrage à) Voyez Ouvrage à Couronne.

Couronne, en Musique, autrement Point de repos, est une espece de C renversé avec un point dans le milieu, qui se fait ainsi point d'orgue. Quand il est dans toutes les parties sur la note correspondante, c’est la marque d’un repos général : on doit arrêter-là la mesure, & souvent même on peut, si l’on veut, finir par cette note. Ordinairement la partie principale fait quelque passage à sa volonté, que les Italiens appellent cadenza, sur l’harmonie de cette note, pendant que toutes les autres s’arrêtent sur le son qui leur est marqué : mais si la couronne est sur la note finale d’une seule partie, alors on l’appelle en françois point d’orgue, & elle marque qu’il faut continuer le son de cette note, jusqu’à ce que les autres parties soient arrivées à leur conclusion naturelle. On s’en sert aussi dans les canons, pour marquer l’endroit où toutes les parties peuvent s’arrêter quand on veut finir. V. Repos, Canon, Point d’Orgue. (S)

Couronne, (Comm.) monnoie d’argent d’Angleterre, au titre de dix deniers vingt-un grains, vaut cinq livres quinze sous onze deniers de France ; il y a des demi-couronnes, des quarts.

Couronne, (Comm.) monnoie d’argent de Danemark, qui vaut trente-trois sous lubs d’Hambourg, le sou lubs évalué à un denier un cinquieme, argent de France ; ce qui fait 39 den. & , ou 3 sous 3 den. & .

Couronne, (Fauconnerie.) c’est le duvet qui est autour du bec de l’oiseau, à l’endroit où il se joint à la tête.

Couronne, (greffer en) Jard. voyez Greffer.

Couronne, (Maréchall.) c’est la partie la plus basse du paturon du cheval, qui regne le long du sabot, se distingue par le poil, joint & couvre le haut du sabot. Atteinte à la couronne ; crapaudine à la couronne. Voyez Atteinte & Crapaudine.

Couronne est aussi une marque qui demeure à un cheval, qui s’est si fort blessé au genou par chûte ou autrement, que le poil en est tombé. Trév. (V)

Couronne ou Coronaire, partie du moulin à tordre le fil & à ovaler la soie. Voyez Moulin & Ovale.

Couronne, terme de Couverturier, marques qui se font à l’aiguille aux quatre coins des couvertures. Ce nom leur vient de leur figure. Les couronnes sont le dernier travail de la couverture.

Couronne, (Rubannier.) est une piece de l’ourdissoir rond, assez ressemblante à une petite table ronde à trois piés : ces trois piés sont disposés de façon qu’ils en supposent un quatrieme, qui n’y est cependant pas. On va voir pourquoi il manque : comme il faut que l’extrémité de ces piés entre dans les trous des traverses de la lanterne, le quatrieme pié y nuiroit s’il y étoit, puisqu’il empêcheroit le passage de la corde du blin. La couronne a un trou au centre de sa petite table, où entre le bout de la broche de l’arbre du moulin : par ce moyen cet arbre est fixé, & ne peut varier d’aucun côté ; ce qui fait que l’ourdissoir tourne parfaitement rond, ce qui est d’une nécessité absolue.

Couronne, terme de Tourneur, piece qui s’ajuste à l’extrémité de l’arbre du tour figuré, & qui par ses creux & ses reliefs, fait avancer & reculer cet arbre selon sa longueur, par le moyen d’un ressort ; ensorte que l’outil creuse plus ou moins la piece que l’on tourne, & forme sur cette même piece des creux ou des reliefs dépendans de ceux de la couronne : celle-ci fait dans le sens de la longueur de l’axe du tour, à-peu-près les mêmes effets que la piece appellée rosette produit dans le sens perpendiculaire à l’axe. Voyez Tour figuré, Rosette. Article de M. de la Condamine.

Couronne, (Verrerie.) calote ou voûte ; partie du fourneau de verrerie. Voyez Verrerie.

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Étymologie de « couronne »

(Xe siècle) De l’ancien français corone, (c. 980) corona, du latin corona (« couronne, guirlande », « cercle », « réunion »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Bourguig. côrône ; picard, corone ; provenç., espagn. et ital. corona ; portug. coroa ; du latin corona ; grec, ϰορώνη, chose courbe.

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Phonétique du mot « couronne »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
couronne kurɔn

Évolution historique de l’usage du mot « couronne »

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Citations contenant le mot « couronne »

  • Je crois que le succès auprès des femmes est généralement une marque de médiocrité, et c'est celui-là pourtant que nous envions tous et qui couronne les autres. De Gustave Flaubert / Lettre à Louise Colet
  • Lorsque le temps dessèche un chêne, on dit qu'il se couronne ; quand il commence à décolorer une rose, on dit qu'elle est flétrie. De Madame de Genlis / Mémoires
  • Mon prix n'est pas dans ma couronne. Anne d'Autriche,
  • Une couronne d'épines, ce n'est qu'une couronne de roses d'où les roses sont tombées. Gaston Arman de CaillavetRobert Pellevé de La Motte-Ango, marquis de Flers, Primerose, II, 12, Primerose
  • Nous avons tous les deux au front une couronne Où nul ne doit lever de regards insolents, Vous, de fleurs de lys d'or, et moi, de cheveux blancs. Victor Hugo, Le Roi s'amuse, I, 5, M. de Saint-Vallier
  • La pardon couronne la grandeur. De Hazrat Ali
  • L'audace est une royauté sans couronne. De Le Talmud / Sanhédrin
  • La tête du pécheur ne portera jamais de couronne. De Proverbe québécois
  • Le caramel fréquente le palais et menace la couronne. De Tristan Bernard
  • Si l'amour vous couronne, il vous crucifie aussi. De Khalil Gibran
  • Les cheveux blancs sont une couronne d'honneur. De La Bible
  • La grâce ne chasse pas nos maladresses. Elle les couronne. De Christian Bobin / Une petite robe de fête
  • L’expérience consommée est la couronne des vieillards, et leur gloire est la crainte de Dieu. De La Bible / Livre de l’ecclésiastique
  • Les filles sont les roses de la couronne de la vie. Les roses et les filles font resplendir le printemps. De Heinrich Heine
  • Le savoir est une couronne sur la tête, tandis que la richesse n’est qu’un joug sur le cou. De Proverbe persan
  • Celui qui s'est marié une fois mérite une couronne de patience, et celui qui s'est marié deux fois une camisole de force. De Proverbe italien
  • Les rois continueront à perdre la tête tant qu’ils porteront la couronne sur les yeux plutôt que sur le front. De Antoine de Rivarol
  • En un peu moins de 10 ans, La Rochelle Business School est devenue la 15ème école française, accessible via les classes prépararoires, à afficher la triple couronne. « En l' intervalle de quelques semaines, La Rochelle Business School, Excelia Group a été doublement distinguée par les accréditations EQUIS et AMBA. Toutes deux soulignent son expertise avancée dans les domaines de la RSE et du développement durable. Ces labels internationaux confortent l' école dans sa démarche stratégique et dans ses ambitions. Ils récompensent également l' engagement de l' ensemble de ses équipes et de ses parties prenantes. » Bruno Neil, Directeur Général Excelia Group Studyrama Grandes Ecoles, La Rochelle Business School, obtient l'accréditation AMBA et la « triple couronne »
  • L'achat, la détention et l'utilisation de gros pétards ou de feux d'artifice seront interdits à partir du samedi 4 juillet afin d'éviter tout souci pour la fête nationale. Cette interdiction est valable jusqu'au mercredi 15 juillet et concerne Paris et la petite couronne. France Bleu, Acheter des pétards sera interdit à partir du 4 juillet à Paris et en petite couronne
  • Déménager en grande couronne parisienne - 77, 78, 91 et 95 - est certainement un bon compromis pour ceux qui souhaitent s'installer dans une ville à moins d'une heure de Paris et vivre au vert. Nous avons dressé le classement des villes où il fait bon vivre en grande couronne. Le top 3 va vous surprendre. Figaro Immo, Où vivre au vert en grande couronne parisienne ?

Images d'illustration du mot « couronne »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « couronne »

Langue Traduction
Anglais crowned
Espagnol coronado
Italien coronato
Allemand gekrönt
Chinois 加冕
Arabe توج
Portugais coroado
Russe коронованный
Japonais 戴冠
Basque koroatua
Corse curunatu
Source : Google Translate API

Synonymes de « couronne »

Source : synonymes de couronne sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « couronne »

Couronne

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