Compte : définition de compte


Compte : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

COMPTE, subst. masc.

I.− Détermination d'une valeur ou d'une grandeur numérique par un calcul ou une suite de calculs, ou, le plus souvent, par une énumération, un dénombrement. Faire le compte de son argent. Il fit le compte de ses économies : douze cents francs (Arland, L'Ordre,1929, p. 100).« Desgrès (H.G.M.) né à Lyon, le ... » Il fit le compte de l'âge, c'était cinquante et un ans (Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 366).
Bois de compte. Bois dont on détermine le nombre de rondins, de bûches, par opposition au bois dont on détermine le volume.
Monnaie* de compte.
A.− Spécialement
1. Énumération de la suite des nombres entiers.
BOXE. Énumération des nombres de un à dix, correspondant aux dix secondes du knock-out. Le boxeur se relève avant le compte.
Loc. Pour le compte. Jusqu'à la fin de cette énumération. Un uppercut du gauche au plexus qui envoya Martin à terre pour le compte. Martin était k.o. (L'Œuvre,4 févr. 1941).P. métaph. :
1. Je crois qu'il a dû lui faire comprendre que (...) de m'envoyer à la Roquette, c'était pas encore si peinard... (...) Que je m'échapperais peut-être tout de suite... exprès pour venir le buter... et puis qu'alors cette fois-là, je le ratatinerais pour le compte... Céline, Mort à crédit,1936, p. 394.
Compte à rebours. Énumération à rebours de nombres entiers faite avant un événement important, zéro marquant son début. Compte à rebours avant le lancement d'une fusée.
2. Au plur. Calculs d'argent. Les bons comptes font les bons amis*. Après avoir fait mes comptes, je trouvai qu'avec ces mille francs, je paierais mes petites dettes et que je serais habillée à neuf (J. Champfleury, Les Aventures de MlleMariette,1853, p. 173).
B.− Proverbes
1. À tout bon compte revenir. ,,On doit toujours être reçu à recommencer le calcul fait avec le plus de soin, et à s'assurer s'il est exact`` (Ac. 1835, 1878).
2. Erreur n'est pas compte. On peut toujours revenir sur un compte faux, et p. ext., sur une erreur. Il s'était trompé! Ah! Mégarde! Et depuis longtemps! Ah! Erreur n'est pas compte! (Céline, Mort à crédit,1936, p. 556).
C.− Locutions
1. Faire son compte
a) Vieilli. Espérer. Il fait son compte de partir demain. Il croyait que ses amis l'assisteraient, il faisait son compte là-dessus (Ac.1835-1932).
b) Mod., fam. Commettre une maladresse. Fichu malagauche (...) comment diable qu't'as fait ton compte? (Courteline, Le Train de 8 h 47,1888, 2epart., 8, p. 192).
2. (De) compte(s) fait(s), réglé(s) (vieilli); tout/s compte(s) fait(s) (mod.). Après avoir fait un/des compte(s). De compte réglé, la mouture d'un setier revient à 25 l (Marat, Les Pamphlets,Nouv. dénonciation contre Necker, 1790, p. 181).Il [M. de Lescure] a trouvé de compte fait jusqu'à cinquante-six maîtresses connues à ce roi vaillant [Henri IV] (Sainte-Beuve, Nouveaux lundis,t. 9, 1863-69, p. 2).Don Simuel Lévi, trésorier des Castilles, détient, tous comptes faits, dans les coffres royaux, trois mille doubles d'or (Leconte de Lisle, Poèmes tragiques,Les Inquiétudes de Simuel, 1886, p. 154).
Au fig. Tout bien considéré. De compte fait, je serais sans frayeur des républiques, comme sans antipathie contre leur liberté : je ne suis pas roi; je n'attends point de couronne (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 3, 1848, p. 284):
2. L'autre soir, Catherine et moi nous amusions à nous demander dans la peau de qui elle et moi pouvions souhaiter vivre; et, compte fait, avions conclu que nous ne gagnerions rien à déménager. Gide, Journal,1946, p. 298.
3. Faire bon compte à qqn. Donner quelque chose à quelqu'un en grande quantité.
Au fig. Bien traiter quelqu'un. Faire à l'oppresseur trop bon compte (Ponge, Le Parti pris des choses,1942, p. 18).
4. À ce compte (là), au compte, selon le compte de qqn. D'après cette manière, la manière de quelqu'un d'effectuer un compte. C'est à mon compte le dix-neuvième mariage qu'elle manque tout-à-fait par sa faute (Leclercq, Proverbes dram.,Le Mariage manqué, 1835, 8, p. 88).Il était venu là deux mille personnes, à l'estimation des républicains, et six mille au compte des Dracophiles (A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 228).
Au fig. En tenant ce raisonnement, selon l'avis de quelqu'un. À ton compte, Lénine ne devait pas prendre le partage des terres comme mot d'ordre (Malraux, La Condition humaine,1933, p. 286).
D.− Loc. adv.
1. De bon compte. Au moins. Voici, de bon compte, la troisième lettre que je vous écris depuis votre dernière (Balzac, Lettres à l'Étrangère,t. 2, 1850, p. 114).
2. Fam. En fin de compte, à la fin du compte, au bout du compte. Finalement. Voilà huit jours que je mets, toutes les après-dînées, mes bottines (...) qui me font mal aux pieds. C'était plus une vie, à la fin du compte! (Huysmans, Les Sœurs Vatard,1879, p. 153).On aurait (...) voulu qu'elle finisse par se marier en fin de compte (Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 336).Et vient Thermidor, Bonaparte, et au bout du compte Louis XVIII (Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 88).
II.− P. méton. Le résultat de cette détermination.
A.− Vx. ,,Petit nombre que l'on jette de la main, et qui, étant plusieurs fois réitéré, fait la somme, le nombre que l'on demande.`` (Ac. 1835, 1878). À compter quatre à quatre, il faut vingt-cinq comptes pour faire cent (Ac.1835, 1878).
B.− Total, somme. Compte borgne, rond. Tout le compte de tes années ne va peut-être pas jusqu'à trente (Claudel, La Ville,2eversion, 1901, I, p. 445).Ils sont donc douze, plus Gagou qui fait le mauvais compte (Giono, Colline,1929, p. 12).Chez moi il y a tellement d'argent que je n'en sais jamais le compte (Montherlant, Celles qu'on prend dans ses bras,1950, I, 1, p. 769):
3. ... la veuve Meyrion, porteuse de pain (...) allait dans les rues (...) portant, pendue à sa taille, une planchette de bois blanc à laquelle elle faisait avec son couteau des coches qui représentaient le compte des pains qu'elle avait livrés. A. France, Les Dieux ont soif,1912, p. 166.
Spéc. Total, somme qui convient, qui est nécessaire (cf. également infra II C 3). Si tu rentres chez le père sans ton compte de galoches, gare à tes fesses! Te rappelles-tu au moins où tu l'as perdue, nigaude? (Bernanos, Nouvelle Histoire de Mouchette,1937, p. 1273).Le compte y est... j'avais raison de dire que nous étions trente pécores dans l'étable du bœuf (Audiberti, Les Femmes du Bœuf,1948, p. 115):
4. Deux francs et deux francs vingt, ça nous fait quatre francs vingt. Bénin se hâta de tendre une pièce de cinq francs, et il ouvrait la main pour recueillir la monnaie. − Ça fait juste le compte : trente centimes pour l'éclairage... (...) et cinquante centimes pour les deux bicyclettes... Romains, Les Copains,1913, p. 126.
P. métaph. :
5. On a vécu, joué, aimé. Ceux que l'on a écartés ou meurtris se plaignent? Que me voulez-vous? Je vous ai payé en joies et en souffrances, et vous aussi vous avez grandi, le compte y est. Abellio, Heureux les pacifiques,1946, p. 217.
Loc. Être loin de/du compte. Être loin du total, de la somme qui convient, qui est nécessaire. Misère! il ne doit plus avoir que treize sous! (...) Ici, le litre de rouge coûte vingt et un sous. Il est loin de compte (Barbusse, Le Feu,1916, p. 156).
Loc. fig. Être loin de compte.
Ne pas obtenir ce que l'on souhaite ou juge souhaitable :
6. lia. − (...) nous ne nous aimons plus? jean. − Le sais-je! Tu le dis. Mais si tu le dis parce que ton amour a disparu (...) je ne suis pas celui qui peut le deviner. lia. − O mon petit Jean, tu le vois. Nous avons toujours été loin de compte, et je te le fais dire. Giraudoux, Sodome et Gomorrhe,1943, I, 3, p. 73.
Se tromper. :
7. eugénie. − (...) Soudain le froid te prend, tes dents se serrent, la parole te manque, ta chair devient du marbre. lucile. − Tu sais pourquoi. eugénie. − Je sais. C'est que l'amour est passé! lucile. − Tu es loin de compte. eugénie. − C'est qu'une femme ravissante passe... Giraudoux, Pour Lucrèce,1944, I, 2, p. 21.
C.− État détaillé des dépenses et des recettes, du doit et de l'avoir (cf. également infra II C 4 a spéc.) :
8. Je réclame (...) le compte détaillé de ma dette. On me présente un morceau d'enveloppe sur lequel on a griffonné :
21 ex. chine de Candaule 42
6 ex. hollande des 1001 Nuits 60
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102
Doit à M. Gide pour collaboration 17
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Dû par lui 85
Gide, Journal,1902, p. 109.
Compte d'apothicaire* (cf. ex. 5).
Vieilli, fam. Comptes de cuisine, de cuisinière. Comptes mesquins et/ou mal tenus :
9. Combien vous faut-il de livres de beurre par jour dans votre maison? Combien d'œufs? Combien de viande? Combien de pain? − Bah! Des comptes de cuisinières... Reybaud, Jérôme Paturot,1842, p. 271.
Comptes de tutelle. Comptes de la gestion du patrimoine d'un pupille, tenus par le tuteur. Le Capitaine (...) s'était fâché rouge lorsque son fils avait réclamé ses comptes de tutelle (Flaubert, L'Éducation sentimentale,t. 1, 1869, p. 20).
1. Spécialement
a) État détaillé des dettes d'un particulier chez un commerçant. Notre épicier présente un relevé de compte : nous lui devons près de 500 couronnes, 700 francs (Bloy, Journal,1899, p. 373).Amélie, donne-moi un bout de pain et marque-le sur le compte (Giono, Le Grand troupeau,1931, p. 21):
10. « Ce doit être, pensai-je, quelqu'un de ces paresseux, comme on en voit traîner dans la vieille ville. Ils ont un compte au cabaret... » Romains, Les Hommes de bonne volonté,La Douceur de la vie, 1939, p. 199.
P. métaph. :
11. ... Laurent-le-borgne a toujours un compte ouvert chez moi. La blessure mortelle pour ce raté serait qu'on montrât son impuissance littéraire, ce qui est au moins facile. Bloy, Journal,1901, p. 52.
b) État détaillé des opérations affectant les fonds qu'un client a déposés dans un établissement bancaire ou financier; p. méton., ces fonds eux-mêmes. Compte bancaire; extrait, relevé de compte; numéro de compte. Lulu fit ouvrir à leur banque un compte de un million au nom de MlleDual (Druon, Les Grandes familles,t. 2, 1948, p. 160):
12. On peut bien pour vingt-cinq sous acheter un superbe carnet de chèques, mais à quoi sert de posséder un carnet de chèques, si on n'a pas de compte à la banque? Miomandre, Écrit sur de l'eau,1908, p. 178.
SYNT. a) Compte courant, compte d'épargne, de dépôt, compte chèque postal. b) Crédit, débit, solde d'un compte. c) Ouvrir, arrêter, clore, solder un compte; créditer, débiter un compte; porter, passer en compte; virer une somme d'un compte à un autre; apurer, vérifier un compte.
P. métaph. :
13. ... un personnage de commerce presque impossible (...) une façon de Chicaneau, processif, astucieux, retors, éternellement en bisbille avec le compte courant de la vie. Courteline, L'Article 330,1900, p. 261.
c) État détaillé des opérations affectant chacun des éléments matériels ou financiers qui constituent une entreprise, une collectivité ou qui sont relatifs à son fonctionnement. Comment se fait-il que le compte Lambert frères soit débiteur de 7.832 francs? (Pagnol, Fanny,1932, III, 1, p. 169).
SYNT. a) Cf. supra, synt. b, c. b) Comptes d'actif, de passif; comptes de bilan; comptes financiers [compte (de) caisse, compte (de) banque]; comptes de gestion; comptes de charges, de produits; comptes de résultats; compte d'exploitation générale, de pertes et profits (ou profits et pertes) :
14. ... il ne se rencontra pas un seul récalcitrant parmi les créanciers. Personne ne pensait à passer sa créance au compte de profits et pertes ... Balzac, Eugénie Grandet,1834, p. 179.
P. métaph. :
15. Il se sentit magnanime, et marqua le sacrifice qu'il faisait au compte de doit et avoir qu'il tenait déjà avec la famille Dandillot. Montherlant, Le Démon du bien,1937, p. 1285.
2. Loc. et emplois métaph. ou fig.
a) [P. réf. aux techn. comptables]
Vieilli. Ne tenir ni compte ni mesure. Ne pas tenir de comptabilité, être désordonné dans ses affaires.
Avoir qqc. en compte. S'occuper de quelque chose, en être responsable.
En compte sur. À valoir sur. Prêter (...) en compte sur les bénéfices de l'année prochaine, la somme nécessaire à parfaire les sommes dues (Balzac, César Birotteau,1837, p. 395).
Vx. À compte.
Loc. adv. À valoir sur. Il donna cent cinquante francs à compte. Il a payé le reste en trois mois (Ponson du Terrail, Rocambole,t. 1, L'Héritage mystérieux, 1859, p. 108).
Loc. subst. Acompte. Les peines incroyables qu'on avait à toucher de légers à comptes (Marat, Les Pamphlets, Nouv. dénonciation contre Necker, 1790, p. 190).
b) [P. réf. au fait que l'on n'ouvre un compte que pour des choses importantes] On ouvre un compte aux fredaines, on les crédite, on consacre à ce chapitre certains bénéfices; mais entamer son capital!... ce serait une folie (Balzac, La Cousine Bette,1847, p. 282).Croyez-en ma vieille expérience : Le hasard ne peut pas en compte être passé (E. Augier, La Jeunesse,1858, III, p. 380).
Être de compte (vieilli); entrer en (ligne de) compte(s) (mod.). Avoir de l'importance, être pris en considération. Cet acte d'amour (...) n'entrait plus en ligne de comptes (Gide, Les Faux-monnayeurs,1925, p. 1046).À New York, on n'a égard qu'à l'utile et l'aspect que cela peut avoir n'entre pas en ligne de compte (Green, Journal,1943, p. 19):
16. Il est justement indifférent que M. Léon Brunschvicg se réveille chaque matin avec une bonne haleine et une bonne conscience : ses livres, ses enseignements et leurs suites réelles entrent seuls dans nos comptes. Nizan, Les Chiens de garde,1932, p. 131.
Faire compte de (vieilli); tenir compte de (mod.). Prendre en considération :
17. Échinez-vous toute une vie pour faire vivre vos enfants comme vous n'avez jamais vécu! Quand vous croirez avoir un pauvre mot de merci, vous aurez ça qu'on n'en fera même pas compte. On ne se soucie ni de vous ni de vos peines. Pourrat, Gaspard des Montagnes,Le Pavillon des amourettes, 1930, p. 148.
18. Je m'adressais de rapides remontrances, dont la légère griserie de ma tête, la vitesse acquise du discours m'empêchaient de tenir compte. Romains, Les Hommes de bonne volonté,La Douceur de la vie, 1939, p. 105.
Compte tenu de. Il devait, compte tenu des meubles vendus (...) et des mois de location impayés, quelque chose comme soixante-cinq mille francs (Fargue, Le Piéton de Paris,1939, p. 150).
Littér. Prendre compte de. Un homme marqué de qui nul ne prend compte (Claudel, Poésies diverses, Vers d'exil, 1952, p. 17).
c) [P. réf. au fait qu'un compte représente les intérêts d'une pers.; p. méton., la pers. elle-même] :
19. Ne savez-vous pas que les morts n'ont jamais de pitié? Leurs griefs sont ineffaçables, parce que leur compte s'est arrêté pour toujours. Sartre, Les Mouches,1943, II, 2, p. 47.
Savoir bien son compte, entendre son compte. Ne pas être facile à tromper en affaires.
Au compte, sur le compte de qqn. Aux frais de quelqu'un :
20. Je passe ordre pour vous de deux cents Sonchelles demain, en fin de bourse. Si elles baissent, elles sont à mon compte, si elles montent, je les tiens à votre disposition. Druon, Les Grandes familles,t. 2, 1948, p. 88.
Spéc. À compte d'auteur. Aux frais de l'auteur :
21. Bernard Grasset accepta de publier ma nouvelle, mais à compte d'auteur (...). Toutefois, Grasset, bon prince, s'engageait par contrat à éditer, à ses frais, mon prochain roman. R. Martin du Gard, Souvenirs autobiographiques et littéraires,1955, p. LV.
Au compte de qqn, pour le compte de qqn. Pour quelqu'un. Les applaudissements étaient pour son compte, et les sifflets pour celui de l'acteur (Ac.1835-1932).Non seulement je reçois du papier timbré pour mon compte, mais encore pour les autres, pour les domestiques! (Flaubert, Correspondance,1880, p. 325).Au compte de qui m'interrogez-vous? À son compte ou au vôtre? (Cocteau, Les Parents terribles,1938, II, 9, p. 251).Chien qui chasse pour son propre compte et qui garde trop longtemps la perdrix dans sa gueule (Mauriac, Journal 3,1940, p. 276).
C'est pour mon compte. Tant pis pour moi.
Spéc. [Dans la vie sociale, professionnelle] J'avais, autrefois, voyagé en Irlande pour le compte de la maison Claremoris and Son (Larbaud, A. O. Barnabooth,1913, p. 345):
22. ... j'ai pendant sept ans, pour le compte d'un huissier de Charonne, assuré l'expulsion de locataires insolvables. Giraudoux, La Folle de Chaillot,1944, I, p. 49.
À son compte. En étant son propre patron. Être à son compte. Anciens serveurs installés à leur compte et dont l'affaire périclitait (Druon, Les Grandes familles,t. 2, 1948, p. 222).
À/de compte à demi. En partageant les profits et les pertes :
23. Il débaucha de Grasse un ouvrier avec lequel il commença de compte à demi quelques fabrications de savon, d'essences et d'eau de Cologne. Balzac, César Birotteau,1837, p. 43.
P. métaph. :
24. ... ce mariage, n'est-ce pas, n'a pas trompé grand monde... sans aucune des joies ni de femme, ni de mère (...) ... Et cela au fond, un peu à cause de vous Simon. − À cause de nous deux, ma chère, dit-il. Vous y êtes de compte à demi, je crois. Druon, Les Grandes familles,t. 1, 1948, p. 180.
Pour mon compte. En ce qui me concerne. Son Eminence avait ordonné des prières publiques afin d'obtenir la pluie : pour mon compte, j'eusse bien fait un pacte avec la sécheresse (Mauriac, Journal 1,1934, p. 23).
Sur le compte de. Au sujet de. Marguerite m'a questionnée sur votre compte (A. Dumas Fils, La Dame aux Camélias,1848, p. 120).Popaul, je le croyais régulier, loyal et fidèle. Je me suis trompé sur son compte. Il s'est conduit comme une lope (Céline, Mort à crédit,1936, p. 123).
[Avec une idée de responsabilité]
Prendre à/sur son compte. S'attribuer, prendre la responsabilité. Il a consenti à prendre sur son compte le crime d'un autre (Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 185).Le soldat qui prend à son compte les aventures des camarades − et à qui, somme toute, il n'est rien arrivé (Gide, Journal,1914, p. 501).
Mettre, imputer, passer au/sur le compte. Attribuer, faire porter la responsabilité. Mes mélancolies, mes caprices, on les passait au compte de la puberté (A. Arnoux, Les Gentilshommes de ceinture,1928, p. 97).Des mots grossiers et balourds (...) qui seraient imputés au compte de sa folie passagère (Queffélec, Un Recteur de l'île de Sein,1944, p. 61).
d) [P. réf. au fait qu'un compte est un instrument de relation entre des pers.]
Être en compte avec qqn. Être en relations d'affaires avec quelqu'un. Martial n'a pas voulu d'argent : il dit qu'il est en compte avec vous (Jouy, L'Hermite de la Chaussée d'Antin,t. 2, 1812, p. 11).
Rare, fam. :
25. ... messieurs les fermiers sont en compte courant avec la Kommandantur! Ils lui achètent et lui vendent, en reçoivent de l'argent! Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 29.
Fam. Être de bon compte. Être loyal en affaires.
P. ext. :
26. ... je vous fais de légers reproches, comme je vous en ai fait de tout temps, et vous vous amusez à m'impatienter par une sécheresse de réponses qui n'a pas d'exemple. Soyez de bon compte : Me répondiez-vous ainsi dans les premiers temps que je vous ai connu? Leclercq, Madame Sorbet,1835, 4, p. 133.
Être de mauvais compte :
27. Dans la chambre voisine Alphonsine renâcla, en proie à un cauchemar. Didace, volontiers de mauvais compte quand il s'agissait de la bru, songea : − Elle sait seulement pas se moucher! G. Guèvremont, Le Survenant,1945, p. 80.
Pour solde de tout compte. Pour interrompre toute relation d'affaires. Je vous expédie par mandat postal la somme de 128 fr. 30 dont vous voudrez bien m'envoyer quittance pour solde de tout compte (Bloy, Journal,1903, p. 199).
3. P. méton. Solde, généralement débiteur; p. ext. somme due (cf. également supra II B). Emma (...) envoyait aux malades le compte des visites, dans des lettres bien tournées qui ne sentaient pas la facture (Flaubert, Madame Bovary,t. 1, 1857, p. 46):
28. marie. − Il me semblait bien, Monsieur Dupuis, que mon père s'était acquitté avec vous. dupuis. − Ne me dites pas cela, vous me feriez de la peine. marie. − Je suis certaine cependant, autant qu'on peut l'être, que mon père avait réglé son compte dans votre maison. Becque, Les Corbeaux,1882, IV, 10, p. 243.
a) Locutions
À bon compte
Moyennant une somme modique. Une bicoque mal close (...) qu'on loue à bon compte parce que nul n'en voudrait (G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Les Maîtres, 1937, p. 81).
P. ext. Sans se soucier de qui payera. Boire, manger à bon compte.
Au fig. Facilement, sans grand dommage. Ninon respira et s'estima bien heureuse d'en être quitte à si bon compte (Boylesve, La Leçon d'amour dans un parc,1902, p. 245).
Laisser qqc. pour compte. Laisser une chose à un vendeur, un créancier; ne pas acheter. Rester pour compte. Être laissé à un vendeur, un créancier; ne pas être acheté. La réserve des bagages oubliés, et parfois laissés pour compte par les clients qui sont partis sans payer (Fargue, Le Piéton de Paris,1939, p. 221):
29. Le marchand d'Anvers se refusait à prendre, au prix prévu, les trois cents tonnes de lentilles du Cantal (...). D'autre part, les lentilles du Chili, qui sont de bonne vente, risquaient aussi de rester pour compte, car le marché français était pour l'instant saturé... G. Duhamel, Chronique des Pasquier,La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 205.
Au fig. Rester, être laissé pour compte.
[En parlant d'une pers. ou d'une chose] Ne pas être pris en considération, être abandonné. S'il n'y a plus assez de jeunes gens pour toutes les filles, nous pouvons très bien rester pour compte (Maurois, Les Silences du colonel Bramble,1918, p. 124).
[En parlant d'une chose désagréable] Rester. L'on t'a dit : la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse; puis, Dieu absent, la crainte t'est restée pour compte (Gide, Journal,1933, p. 1193).
b) Spécialement
Somme due par un employeur à un salarié. Faire son compte (vx); donner son compte (mod.). Congédier. Si Madame me croit une voleuse, Madame n'a que me donner mon compte (Mirbeau, Le Journal d'une femme de chambre,1900, p. 93).Demander son compte. Quitter un emploi.
Juste rétribution d'une affaire, d'une action; ce qui revient de plein droit. Faire, trouver son compte; ne pas trouver son compte avec qqn (de plus habile que soi en affaires). Il a bien fait son compte dans cette recette (Ac.1835, 1878) :
30. Comme le vétérinaire protestait qu'il était lésé, à cause de la dot de Juliette qui avantageait la maison d'Honoré, le père lui répondit : − C'est comme ça, mais tu as raison de gueuler. Il faut toujours essayer d'avoir plus que son compte. Aymé, La Jument verte,1933, p. 34.
c) Au fig.
[En bonne part] Ce qui convient, ce qui plaît. La jointure de la vie édifiante avec la prospérité temporelle, où le pharisaïsme trouve son compte (et en particulier un certain protestantisme anglo-saxon) (Mauriac, Journal 1,1934, p. 81).Dans ce naufrage de la raison, l'angoisse, la déchéance solitaire, la lâcheté piteuse et le mauvais aloi trouvaient leur compte (G. Bataille, L'Expérience intérieure,1943, p. 59).
P. ext., loc. (En) avoir (pour) son compte. Avoir (une chose) en quantité suffisante, en trop grande quantité. Quant à moi, je fuis, j'ai mon compte, j'ai senti la corruption de ce lieu empesté qui me saisissait aux entrailles (Claudel, Le Soulier de satin,1929, 2ejournée, 12, p. 760).Une soutane, pauvre garçon! qui en a son compte d'argile et de déchirements (Audiberti, L'Ampélour,1937, p. 94).Un litre, dame! lorsqu'on a déjà son compte! J'ai dû m'arrêter de biberonner, à bout de souffle (Bernanos, Nouvelle Histoire de Mouchette,1937, p. 1286).
Spéc. Avoir reçu une blessure mortelle :
31. Sylvestre (...) se jeta sur la gauche, voyant la direction du coup qui allait partir. Mais, dans le mouvement de détente, le canon de ce fusil dévia par hasard dans le même sens. Alors, lui, sentit une commotion à la poitrine, et (...) il détourna la tête vers les autres marins qui suivaient, pour essayer de leur dire, comme un vieux soldat, la phrase consacrée : « Je crois que j'ai mon compte! » Loti, Pêcheur d'Islande,1886, p. 147.
[En mauvaise part] Désagrément, mauvais traitement, résultant d'une erreur, d'une faute; p. méton., différent entre des personnes. Partir sans demander son compte :
32. Il me faut recourir à tout un jeu de caleçons et de gilets, que j'enlève et remets vingt fois le jour. Si parfois je tente d'échapper à cette servitude et de me persuader qu'elle tourne à la manie, mon compte est sûr : je prends froid et j'en ai pour longtemps avec un rhume. Gide, Journal,1943, p. 214.
Régler, donner son compte à qqn; recevoir son compte. Il m'a fait un affront. Nous avons un compte à régler ensemble (Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 496).
Règlement de comptes. Les sanglants règlements de comptes entre danseurs, soupeurs, gangsters, entraîneuses, drogués, souteneurs, prostituées et apprentis voleurs (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 247).
Spéc. Tuer; être tué. Nous n'avons relevé dans la maison, ni dans le parc, aucune trace de sang. Le type a reçu son compte juste à l'endroit où il est tombé (Bernanos, Un crime,1935, p. 776).Belle camelote, ton espion! Fous-y son compte, imbécile! (R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 758).
Son compte est bon. Il subira le désagrément, le mauvais traitement qu'il mérite :
33. Si les gendarmes ainsi, m'avaient pincé en vadrouille, je crois bien que mon compte eût été bon. On m'aurait jugé le soir même, très vite, à la bonne franquette, dans une classe d'école licenciée. Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 26.
4. P. ext.
a) État, rapport détaillé de choses non évaluables en argent et, p. ext., non quantifiables (cf. compte rendu). L'Ambigu donnait une pièce nouvelle dont le compte devait être rendu par Lucien (Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 429).La Guillaumette, d'un lent regard, s'était rendu un compte exact de la disposition des lieux (Courteline, Le Train de 8 h 47,1888, 2epart., 5, p. 150).Vous êtes prudent, et vous tenez un compte exact de tout ce que vous faites (Claudel, L'Échange, 1reversion, III, 1894, p. 717):
34. Choisir les formes de courage auxquelles on se trouve spontanément porté. De là, s'élever aux autres. Saisir les bonnes occasions. Tenir un compte scrupuleux des succès et des échecs. G. Duhamel, Journal de Salavin,1927, p. 19.
Littér. Prendre compte (cf. infra, se rendre compte). L'expression physique de la luxure (...) c'est en feuilletant les albums de maladies vénériennes que nous en prendrons mieux compte (Claudel, Un Poète regarde la Croix,1938, p. 48).
Spéc. Rapport détaillé que l'on présente à une autorité supérieure pour se justifier; p. ext., justification. Demander des comptes à qqn. Je n'ai pas de compte à vous rendre; je ne suis pas en votre puissance et vous êtes dans la mienne (Scribe, Bertrand et Raton,1833, IV, 12, p. 213):
35. « ... J'estime que le refus de tuer est un signe d'élévation morale qui a droit au respect. Si vos codes et vos juges ne le respectent pas, c'est tant pis pour eux : tôt ou tard, ils auront un compte à rendre... » R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 539.
Loc. verbales
Demander compte. Il est écrit qu'au jour du jugement il nous sera demandé compte proportionnellement aux dons qui nous auront été faits (Estaunié, L'Empreinte,1896, p. 50).
Devoir compte. Un peuple, dont les mandataires ne doivent compte à personne de leur gestion, n'a point de constitution (Robespierre, Discours,Sur la constitution, t. 9, 1789-93, p. 504):
36. Celui-ci sera un jouet pour que je m'en amuse, − sur celui-ci je serai roi, à cette connaissance de hasard je devrai compte de mes actes comme l'intendant à son maître. Gracq, Un Beau ténébreux,1945, p. 33.
Amener en compte (rare) :
37. [On voit] pourquoi, lorsqu'on les poursuivait pour les amener en compte [les administrateurs] il [Necker] les consola si affectueusement de cette humiliation. Marat, Les Pamphlets,Nouv. dénonciation contre Necker, 1790, p. 185.
Rendre ses derniers comptes. Mourir. Le patron va rendre ses derniers comptes (...) la mort le travaille (Balzac, Gobseck,1830, p. 438).
b) Rendre compte (loc. verbale)
Emplois trans.
[Le suj. désigne une pers.] Présenter un rapport détaillé, spécialement à une autorité supérieure pour l'informer, se justifier auprès d'elle.
[Constr. nom.] :
38. Mais, chère Fanny, si cette femme [mademoiselle des Touches] était une sainte, elle n'accueillerait pas votre fils (...). J'irai la voir, moi (...) je vous en rendrai compte. Balzac, Béatrix,1839-45, p. 64.
[Constr. verbale (+ complétive)] Rare. Le commandant du 9ecorps rend compte qu'il tient la ferme Nozet (Foch, Mémoires,t. 1, 1929, p. 131).
Emploi abs. Aller rendre compte à l'inspecteur-chef (Bernanos, Un Mauvais rêve,1948, p. 982):
39. Ce fut Jacqueline qui parvint à dissuader le vieux Siegfried de continuer à faire lui-même l'aumône à ses gueux. (...). Jérémie, le valet de chambre, fut chargé de la distribution. Il s'en acquittait avec des airs dégoûtés d'archiduc et venait ensuite rendre compte à son vieux maître. Druon, Les Grandes familles,t. 2, 1948, p. 214.
[Le suj. désigne une chose] Expliquer. L'impuissance du mécanisme à rendre compte de la vie psychologique par des enclenchements de réflexes, si complexes fussent leurs rouages (Mounier, Traité du caractère,1946, p. 258):
40. ... n'est-il pas étrange qu'une théorie, qui commence par opposer plaisir et douleur, finisse par invoquer les mêmes principes pour rendre compte des phénomènes cliniques de la mélancolie et de l'hilarité? J. Vuillemin, Essai sur la signif. de la mort,1949, p. 108.
Emploi pronom. réfl. Se rendre compte. Remarquer, comprendre, s'apercevoir.
[Constr. nom.] J'ai fait un croquis d'un chêne, pour me rendre compte de la distribution des branches (E. Delacroix, Journal,1856, p. 44).Avec ce que j'ai dit précédemment on peut se rendre compte de ce que je ressentais (Verlaine, Confessions,1895, p. 161).
[Constr. verbales]
Se rendre compte que, ou plus rarement, de ce que + complétive.Elle avait essayé d'« écrire », mais s'était vite rendu compte qu'elle n'avait pas de talent littéraire (Montherlant, Les Jeunes filles,1936, p. 954).Mortier (...) se rendit compte de ce que le Duc allait lui rester sur les bras (Aragon, La Semaine Sainte,p. 473 ds Grev. 1969, p. 1013).
Se rendre compte + interr. indir.Je remarquai que mes souliers étaient déchirés et sales et (...) je me rendis compte combien je marquais mal (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 76):
41. ... il m'était infiniment plus difficile qu'en mai d'écrire cette lettre-envoi, et que seule l'expérience me permettrait de me rendre compte si je parviendrais à y éviter le factice... Du Bos, Journal,1928, p. 172.
Rem. Les constr. verbales sont condamnées par les puristes.
Emploi abs. Je te dis tout ça mon petit, C'est pour que tu te rendes compte, Que tu saches... (Géraldy, Toi et moi,Tendresse, 1913, p. 57).Il ne se rendit pas bien compte tout d'abord. Très vite pourtant il eut conscience qu'il était seul, sans le trot d'Aïcha près de lui (Genevoix, Raboliot,1925, p. 167).
Fam. [À la 2epers. du sing. ou du plur. de l'ind. ou de l'impér.; sert à souligner une affirmation] Rendez-vous compte! Un million! tu te rends compte, Anny, un million qui me file sous le nez (Druon, Les Grandes familles,t. 2, 1948, p. 134).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃:t]. p entre 2 consonnes et implosif par rapport à t pouvant faire partie de la syll. tonique ne se prononce pas : comptabilité, comptable, comptant, compter (et composés), compteur, comptoir, comptonie, domptable (in-), domptage, dompté (in-), dompter, dompteur, escompter, incompté, se mécompter, promptement, sculptable, sculpteur, sculpture, sculptural (cf. Fouché Prononc. 1959, p. 353). G. Straka (La Prononc. parisienne ds B. de la Faculté des Lettres de Strasbourg, 1952, p. 18, 23, 27) note que le p se prononce dans le Midi et que sous l'infl. de l'orth. on l'entend aussi parfois au nord de la Loire, ce qu'il juge être une prononc. déplaisante. Dans une communication faite au colloque C.N.R.S. en 1961, G. Straka pose la question de savoir jusqu'à quel point un dict. a ,,le droit de codifier des prononciations plus ou moins récentes, à l'origine populaire ou, au contraire, façonnées sur l'orthographe, qui, non conformes aux lois orthoépiques, ne cessent de gagner du terrain``. Admis ds Ac. 1694-1932. Homon. comte, conte. Dupré 1972, p. 488, souligne que les expr. compte courant et compte rendu ne prennent pas de trait d'union et que chacun des termes s'écrit avec s au plur. Il note que les mots composés du type compte-fils, compte-gouttes, etc. sont inv., leur 2eterme prenant s même au singulier. Étymol. et Hist. I. A. 1. Ca 1100 cunte « calcul d'une quantité » (Roland, éd. J. Bédier, 3078); 1165-70 p. méton. conte « quantité dénombrée » (Chr. de Troyes, Erec, éd. W. Foerster, 6950); 1220-25 à hicest conte « de ce point de vue » (G. de Cambrai, Barlaam et Josaphat, éd. H. Zotenberg et P. Meyer, p. 34, 16); ca 1350 fin de conte « finalement » (Gilles Li Muisit, Li Maintiens, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 1, p. 27 4) − av. 1615 (Pasquier, Recherches, 439 ds IGLF), puis 1690 en fin de compte (Fur.); fin xves. à bon compte « à un prix relativement bas » (Coquillart, Poésies, éd. Ch. d'Héricault, I, 82); 1549 compte rond (Est.); 1572 fig. être loin de son compte « être éloigné de son calcul » (Font. perill., fo6 vods Gdf. Compl.); 1595 au bout du compte (Montaigne, Essais, livre 2, chap. 12, éd. A. Thibaudet, p. 571); 2. 1549 trouver son compte (Est.); 1634 trouver son compte « trouver son profit dans » (Corneille, La Veuve, acte 5, scène 2); 1634 avoir son compte « avoir sa part, ce que l'on désire » (Corneille, op. cit., acte 5, scène 3); 1675 id., se dit de quelqu'un à qui il arrive malheur (Widerhold, Dict. all.-fr. d'apr. FEW t. 2, p. 997a); 1680 (Rich.); av. 1704 régler ses comptes avec « mettre au net une situation » (Boss., Sulp., 2 ds Littré); 1798 faire le compte à un domestique « lui payer ce qui lui est dû en le renvoyant » (Ac.); 1798 donner son compte à qqn « lui infliger la punition méritée » (Ac.); 1835 son compte est bon, son compte sera réglé (Ac.). B. « État détaillé des recettes et des dépenses » 1. au fig. 1155 cunte rendre de « rendre raison de » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 6626); fin xiiies. absol. rendre conte (J. de Meung, Testament, éd. M. Méon, p. 14, vers 258); 1283 demander conte (à qqn de qqc.) (Ph. de Beaumanoir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, chap. XII, § 395); av 1710 pronom. se rendre compte de « trouver l'explication de » (Fléch. ds Lar. 19e); 1220-25 tenir conte de « faire cas de » (G. de Cambrai, Barlaam et Josaphat, p. 138, 14); 2. au propre 1231 apeler de compe « appeler à rendre compte des recettes et des dépenses » (A.N. J 197 ds Gdf. Compl.); 1247 compe « état contenant le calcul du crédit et débit » (Règl. de la drap. de Châl.-s.-M. ds Gdf. Compl.); 1262 rendre compte (à nos Gens, de leur recette et de leur dépense) (Instruction de St Louis ds Du Cange t. 2, p. 473c); 1602 passer et allouer une somme ès comptes de (Henri IV ds Sully, IV, 208 ds Kuhn, p. 172, note 55); 1309 chambre des comptes (Ordonnance ds Isambert, Recueil général des anc. lois fr., t. 3, p. 40); 1663 prendre sur son compte « en assumer la responsabilité » (Molière, Critique de l'École des femmes, scène 6); 1678 pour leur propre compte « pour eux » (La Fontaine, Fables, livre 8, fable 13, éd. H. Régnier, t. 2, p. 278); 1740 à compte « à valoir, en déduction d'une somme » (Ac.). II. 1675 compte courant (J. Savary, Le parfait négociant, p. 355). I du b. lat. computus attesté au sens de « calcul », « quantité dénombrée »; « estimation, considération ». La graphie étymol. compte (3etiers xiiies. J. Le Teinturier, Mariage sept Arts ds T.-L.) s'est spécialisée au sens de « calcul », la graphie conte étant réservée au sens de « récit », v. conte. II, calque de l'ital. conto corrente, attesté dep. 1447-64 (Corrispondenza di una filiale dei Medici ds Batt.). Fréq. abs. littér. : 12 298. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 13 843, b) 16 131; xxes. : a) 16 228, b) 22 079. Bbg. Gohin 1903, p. 334. − Gottsch. Redens. 1930, p. 241, 256, 276. − Guiraud (P.). Mél. d'étymol. arg. et pop. Cah. lexicol. 1970, t. 17, no2, p. 12, 14. − Rog. 1965, p. 132, 137, 138, 234.

Compte : définition du Wiktionnaire

Nom commun

compte \kɔ̃t\ masculin

  1. Action de compter, dénombrement, calcul opéré sur tel ou tel ensemble de choses ; résultat de cette action.
    • Il sait le compte de son argent.
    • Faire le compte du linge qu’on donne à la blanchisseuse.
    • Je vous ferai votre compte.
    • Vous ne lui avez pas donné son compte.
    • S’il fallait rappeler toutes ses folies, le compte en serait long.
    • Inscrire régulièrement tous les jours le compte de ses recettes et de ses dépenses.
  2. État de ce qui a été reçu, ce qui est dû, dépensé, avancé ou fourni.
    • Des créanciers récalcitrants ont obtenu un jugement contre moi et mon compte est bloqué chez Hachette. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 206)
    • Le total d’un compte.
    • Compte de pertes et profits.
    • Tenir les comptes chez un marchand.
    • Donner son compte à un ouvrier, lui payer ce qui lui est dû.
    • Donner son compte à un domestique, lui donner ce qui lui est dû en le renvoyant. (Par extension) Le congédier.
    • Cela est à son compte, au compte d’un tel, c’est à lui à le payer.
  3. (Par extension) Écrit contenant l’énumération, le calcul, la supputation de cet état.
    • Les comptes nationaux sont une construction sociale, en perpétuelle évolution, reflétant toujours les préoccupations d'une époque. Les chiffres qui en sont issus ne doivent pas être fétichisés. — (Thomas Piketty, Le capital au XXIe siècle, éd. du Seuil, 2013, p. 103)
    • Un article de compte.
    • Livre de compte.
    • Passer, mettre quelque chose en compte.
    • Revoir, vérifier, examiner, recevoir, apurer un compte.
    • Régler, valider, balancer un compte.
    • Arrêter, clore, solder un compte.
    • Débiter, créditer un compte.
    1. (En particulier) Livret, solde chez un tiers avec lequel s’opèrent des échanges économiques.
      • Cet argent sera prélevé sur le compte que j'ai ouvert pour Hector afin qu'il puisse ouvrir un cabinet quand Sarah prendra les commandes du cabinet d'expertise comptable. — (Eggy Stephan, L'Amour en cavale, Éditions Publibook, 2009, page 195)
  4. (Figuré) Action de rapporter ce qu’on a fait, ce qu’on a vu, etc., et d’en rendre raison, de l’expliquer. Dans ce sens, il s’emploie ordinairement avec les verbes « rendre », « devoir » et « demander ».
    • Je ne vous dois aucun compte de mes actions.
    • Il ne doit compte à personne de son administration.
    • On nous demandera compte de nos actions.
    • Il est riche, estimé, on ne lui demande pas compte de la manière dont il a pu acquérir sa fortune. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 76.)
  5. Avoir une chose en compte, l’administrer, en disposer, à la charge d’en rendre compte à qui de droit.
  6. (Informatique) ensemble des ressources informatiques attribuées à un utilisateur, qui ne peut les utiliser qu’en s’identifiant sur le système avec son nom d’utilisateur (login) et son mot de passe.

Forme de verbe

compte \kɔ̃t\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de compter.
    • Je compte une biche, un cygneau, une grenouille, un ours, un lynx, cinq chiens et trois anguipèdes. — (Nicolas Bonin, Animae symphonia, 2019)
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de compter.
    • Cette ville, située à une altitude de mille toises sur le revers oriental des Rocheuses, au bord d’un torrent tributaire du Missouri, forme un vaste entrepôt pour les produits miniers de la région, et compte de quatorze à quinze mille habitants. — (Jules Verne, Le Testament d’un excentrique, 1899, livre 2, chapitre 12)
    • Ici, le bois se compte par cordes, dont l’unité de mesure peut varier d’un canton à l’autre, une corde, aux Crozets, vaut quatre stères. — (Jean-Baptiste Harang, Nos cœurs vaillants, Paris, Grasset, 2010, page 70)
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de compter.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de compter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de compter.
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Compte : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COMPTE. n. m.
Action de compter ou Résultat de cette action. Dénombrement, calcul opéré sur tel ou tel ensemble de choses. Il sait le compte de son argent. Faire le compte du linge qu'on donne à la blanchisseuse. Je vous ferai votre compte. Vous ne lui avez pas donné son compte. S'il fallait rappeler toutes ses folies, le compte en serait long. Inscrire régulièrement tous les jours le compte de ses recettes et de ses dépenses. Monnaie de compte. Voyez MONNAIE. Fam., Cela n'est pas de compte, Cela ne doit pas compter. Compte rond, dans l'usage courant, désigne un Nombre composé de dizaines, de centaines ou de milliers sans fraction. Dix, vingt, trente, cent, deux cents, mille sont des comptes ronds. Vingt et un n'est pas un compte rond. Quand on compte par espèces, Compte rond se dit d'un Nombre de ces espèces sans fraction. De compte fait, En comptant bien. De compte fait, ils étaient quarante-cinq. Il signifie figurément, Tout considéré. Il a de l'esprit, mais il en a dix fois moins, de compte fait, qu'il ne croit en avoir. On dit aussi dans le même sens, Tout compte fait. Malgré ses fautes, tout compte fait, il reste un grand homme. Prov., Erreur n'est pas compte, ne fait pas compte, On est toujours reçu à revenir sur une erreur de calcul et, par extension, à revenir sur une erreur quelconque. Donner son compte à un ouvrier, Lui payer ce qui lui est dû. Donner son compte à un domestique, Lui donner ce qui lui est dû en le renvoyant et, par extension, Le congédier. Fig. et fam., Donner à quelqu'un son compte, Le traiter comme il le mérite. Il ne se prend qu'en mauvaise part. De bon compte, En comptant bien, au moins, Sa terre lui rapporte, de bon compte, six mille francs par an. Avoir à bon compte, faire bon compte, Avoir à bon marché. Il a eu cela à bon compte. Ce banquier vous fera tenir votre argent à meilleur compte qu'un autre. On dit de même Vivre à bon compte, Vivre à bon marché. C'est une ville où l'on vit à bon compte. Fig., En être quitte, s'en tirer à bon compte, S'en tirer sans trop de dommage. Fig. et fam., Trouver son compte, Trouver du profit, de l'avantage. Il m'a rendu service et il a trouvé son compte. N'offensez pas cet homme-là, vous n'y trouveriez pas votre compte. Faire son compte signifie aussi Se proposer, ou S'attendre à, espérer que... Il fait son compte de partir demain. Il croyait que ses amis l'assisteraient, il faisait son compte là-dessus. Ne faites pas votre compte sur les promesses de cet homme-là. Ce tour a vieilli ; on dit plutôt Il compte partir demain. Il comptait que ses amis l'assisteraient. Ne comptez pas sur les promesses de cet homme-là. Être loin de compte, loin de son compte, Se tromper dans son raisonnement, dans son calcul, dans ses prétentions, dans ses espérances. Ils sont encore tous deux loin de compte, bien loin de compte, se dit de Deux personnes qui sont en traité, en marché de quelque chose, et qui ne peuvent tomber d'accord. Nous sommes loin de compte ensemble. Il est loin de compte avec moi. Fig., À ce compte-là, Selon cette manière de voir, cette supposition, ce raisonnement. À ce compte-là, je vois qu'il n'a pas tort. On dit de même À votre compte, cela serait ainsi.

COMPTE signifie encore État ou autre écrit contenant l'énumération, le calcul, la supputation de ce qui a été reçu, dépensé, avancé ou fourni. Un article de compte. Le total d'un compte. Livre de compte. Tenir les comptes chez un marchand. Passer, mettre quelque chose en compte. Ne mettez pas cela dans le compte, sur le compte. Il a chargé ses comptes de cela. Mettre ses comptes en règle. Dresser un compte. Rendre un compte. Rendre ses comptes. Reddition de compte. Présenter, affirmer un compte. Voir, vérifier, examiner, recevoir, apurer un compte. Revoir un compte. Débattre un compte. Débats de compte. Vérification de compte. Valider un compte. Allouer les articles d'un compte. Arrêter un compte. Arrêté de compte. Régler un compte. Clore un compte. Le compte est clos. Solder un compte. Reliquat d'un compte. Reliquat de compte. Les locutions et les phrases suivantes appartiennent plus spécialement au langage du commerce et de la banque. Compte courant. Compte de profits et pertes. Débiter, créditer un compte. Balancer un compte. Être en compte ouvert. Avoir un compte ouvert dans une banque. Compte de retour, État des frais et intérêts occasionnés par le non-paiement d'un effet de commerce protesté. Avoir une chose en compte, L'administrer, en disposer, à la charge d'en rendre compte à qui de droit. Cour des Comptes, Cour supérieure établie pour examiner et juger les comptes de ceux qui ont manié les deniers de l'État. Elle a remplacé la Chambre des Comptes, qui avait les mêmes attributions. Président de la Cour des Comptes. Conseiller maître à la Cour des Comptes, ou Maître des comptes. Conseiller référendaire à la Cour des Comptes. Cela est passé, vérifié, enregistré à la Cour des Comptes. Un arrêt de la Cour des Comptes. Prov., Les bons comptes font les bons amis. Fig. et fam., Être de bon compte, Ne pas chicaner. Soyez de bon compte, vous ne vous attendiez pas à cette aubaine. Je suis de bon compte, je reconnais qu'à votre place j'aurais eu moins de patience. Fig. et fam., Son compte est bon, On lui fera un mauvais parti. On dit dans un sens analogue Son compte sera bientôt réglé. Fig. et fam., Il en a pour son compte, il a son compte, se dit d'un Homme à qui il arrive quelque malheur ou quelque accident. On dit de même Il en a reçu, on lui en a donné pour son compte. À compte. Voyez À COMPTE. Être de compte à demi avec quelqu'un, Être en société d'intérêt avec quelqu'un, et partager par moitié les bénéfices et les pertes. Cela est à son compte, au compte d'un tel, C'est à lui à le payer. Les étoffes qu'un tel prend seront à votre compte. Je prends cela à mon compte. La nourriture de ce cheval est à votre compte. Laisser de la marchandise pour compte, La laisser au compte de l'expéditeur, refuser de la recevoir. Pour le compte de quelqu'un, En vertu de la commission que l'on a reçue de lui. Vendre, négocier, acheter, etc., pour le compte de quelqu'un. On dit par opposition Vendre, négocier, etc., pour son propre compte, pour son compte particulier, pour son compte. Pour le compte de quelqu'un, se dit encore figurément dans certaines phrases. Les applaudissements étaient pour son compte, et les sifflets pour celui de l'acteur, Les applaudissements étaient pour lui, et les sifflets pour l'acteur. Pour mon compte, Pour ce qui me regarde, quant à moi. Je n'ai, pour mon compte, rien à leur reprocher. Fig., Sur le compte de quelqu'un, Sur ce qui le concerne. Il se dit surtout en parlant de la Conduite et des actions d'une personne. On m'a donné sur son compte des renseignements qui ne lui sont guère favorables. Elle fait beaucoup parler sur son compte. Il n'y a rien à dire sur son compte. Nous étions fort inquiets sur son compte. Fig., Mettre une histoire, un livre, une faute, etc., sur le compte de quelqu'un, Le donner pour en être l'auteur. Mettre une aventure, faire courir une histoire, etc., sur le compte de quelqu'un, Faire croire qu'elle lui est arrivée. Fig., Prendre sur son compte, Se charger de quelque chose, s'en rendre responsable. Ne vous mettez point en peine de lui faire des excuses, je le prends sur mon compte. S'il arrive quelque chose de fâcheux, je le prends sur mon compte. Fig., Passer sur le compte de, Être attribué à. Ce qui était le fait d'une intention malveillante passa sur le compte de sa distraction. Fig., Tenir compte à quelqu'un d'une chose, Lui en savoir gré. Je lui tiens compte de sa bonne volonté. Dieu nous tiendra compte des moindres actes de charité. On dit aussi familièrement Mettre, faire entrer en ligne de compte. Fig., Faire compte, tenir compte de quelqu'un, de quelque chose, L'estimer, l'avoir en quelque considération. Il n'en fait pas grand compte. Il n'en tient pas grand compte. Il en fait peu de compte. Il ne fait, il ne tient aucun compte de ce qu'on lui dit. Fig., Au bout du compte. Locution familière dont on se sert en terminant un discours, un raisonnement, et qui signifie Tout considéré, après tout. Au bout du compte, que m'en peut-il arriver? Au bout du compte, il n'est rien tel que de faire son devoir. On dit aussi dans le même sens En fin de compte.

COMPTE se dit figurément de l'Action de rapporter ce qu'on a fait, ce qu'on a vu, etc., et d'en rendre raison, de l'expliquer. Dans ce sens, il s'emploie ordinairement avec les verbes Rendre, devoir, demander. Je vous rendrai compte de cette affaire. Rendre compte d'un ouvrage dans un journal. Nous devons compte à Dieu de toutes nos actions. On nous demandera compte de nos actions. Le compte que Dieu doit nous demander au jour du Jugement. Je ne vous dois aucun compte de mes actions. Il ne doit compte à personne de son administration. Se rendre compte de quelque chose, Se l'expliquer, s'en rendre raison. J'éprouvais un sentiment dont j'avais peine à me rendre compte. Rendre bon compte de sa conduite, Faire connaître qu'on a tenu une conduite à laquelle il n'y a rien à reprendre. Je rendrai bon compte de votre conduite. Je ferai connaître exactement la conduite que vous avez tenue. Fam. et par menace, Vous me rendrez bon compte d'une telle conduite, Je saurai bien vous en faire repentir. Compte rendu, en termes d'Administration, Exposé ou relation de certains faits particuliers. Compte rendu de l'état des finances, de la statistique criminelle. Compte rendu des séances d'une assemblée législative, etc. On dit aussi Le compte rendu d'un procès, d'une pièce de théâtre, d'une séance académique. Compte rendu de fouilles archéologiques.

Compte : définition du Littré (1872-1877)

COMPTE (kon-t') s. m.
  • 1Action de compter ; résultat de cette action. Faire un compte. Il sait le compte de son argent. Le compte est juste. J'ai reçu des compliments sans compte, Sévigné, 101. J'ai perdu plus que tous les autres en chevaux et en effets, mais j'ai le compte de mes membres, Courier, Let. I, 156. Cependant son dauphin d'une vitesse prompte Des ans de sa jeunesse accomplira le compte, Malherbe, Prière pour le roi.

    Ligne de compte, marge blanche qu'on laisse exprès à côté d'un compte, et contenant les chiffres répondant aux articles détaillés dans le compte ; pour le calcul on ne regarde que ce qui est tiré en ligne de compte.

    Fig. Mettre, faire entrer en ligne de compte, prendre en considération. Sans mettre en ligne de compte tous les savants qui y sont, Molière, Critique, 7. Si vous mettez en ligne de compte les incendies et les tremblements de terre, Rousseau, Orig. notes.

    Compte borgne, se dit quand la somme est composée de fractions, et aussi quand le compte n'est pas clair. Et dans le même sens : mauvais compte.

    Compte rond, nombre, somme sans fractions.

    Cela n'est pas de compte, cela ne compte pas.

    À compte, loc. adv. À valoir, en déduction. J'ai reçu mille francs à compte. Il dit à un valet de passer les parties à compte, La Bruyère, Théophr. 24.

    À-compte, s. m. Somme donnée ou reçue en déduction d'un compte, d'une dette. J'ai déjà reçu plusieurs à-compte.

    Au compte, suivant la manière de compter. Au compte de ces gens, Le marchand à sa peau devait faire fortune, La Fontaine, Fabl. V, 20.

    Fig. À votre compte, selon vous, suivant votre manière de voir… Suis-je un sot à ton compte, Molière, l'Étour. IV, 1. Oui, je suis donc un sot, un voleur à son compte, Racine, Plaid. II, 3.

    À ce compte, à ce compte-là, d'après ce raisonnement. À ce compte, ils en auraient plus qu'aucun de nous, Descartes, Méthode, 5, 9. L'Église à ce compte-là approuverait tous les abus, Pascal, Prov. 6. À ce compte, arrogante, un fantôme nouveau Te donne cette audace et cette confiance, Corneille, Héracl. I, 2. Je les ai subornés contre vous, à ce compte, Corneille, Nicom. III, 7.

    Au bout du compte, tout bien considéré, après tout. Au bout du compte, Je ne m'en soucie point du tout, Sévigné, 134. Il n'est qu'un homme au bout du compte, Pascal, dans COUSIN. On trouve au bout du compte que les choses sont bien comme elles sont, Fontenelle, Sapho, Laure. Au bout du compte je n'ai que trois questions à faire au docteur indien, Bernardin de Saint-Pierre, Chaum. ind.

    En fin de compte, finalement.

    Bois de compte, bûche de compte, se dit pour désigner un certain nombre de bûches qui se donne pour une certaine mesure en comptant et sans mesurer. Les jeter tout vivants dans un bûcher composé de deux voies de bois de compte et de deux voies de fagots à doubles liens, Voltaire, Lett. d'Argental, 22 janv. 1775.

    Monnaie de compte, voy. MONNAIE.

    Par compte, à fur et mesure. Pour distribuer tout le linge par compte, Sévigné, 43. Mme de Neuillan la chargea [Mlle d'Aubigné, plus tard Mme de Maintenon] de la clef de son grenier pour donner le foin et l'avoine par compte, Saint-Simon, 74, 214.

    On dit qu'un homme ne tient ni compte ni mesure quand il laisse aller ses affaires en confusion.

    Nombre de cent fils dans la largeur d'une pièce de toile.

    Compte se dit de plusieurs petites choses qu'on prend à la main ou qu'on jette ensemble pour compter plus rapidement. Les prunes se comptent deux à deux, trois à trois ; les espèces d'or et d'argent deux à deux, trois à trois, quatre à quatre ; et chaque prise ou jet se nomme un compte. Cette locution a vieilli.

  • 2Bon compte, bon marché. Le bon compte que l'on trouve chez ce marchand. Faire bon compte. Ce marchand vous fera meilleur compte.

    À bon compte, à bon marché, au propre et au figuré. Vendre, acheter à bon compte. Grâce aux bontés du ciel, j'en suis quitte à bon compte, Molière, Éc. des f. II, 6. En voici une, voire cent à meilleur compte, Pascal, Prov. 9. Laisser passer une occasion de gagner les bonnes grâces d'un Dieu tout miséricordieux et tout puissant à si bon compte, Fléchier, Serm. II, 124.

    De bon compte, en comptant bien, au moins. En peut donner au roi quatre cents [millions], de bon compte, Molière, les Fâcheux, III, 3. Six de bon compte, La Fontaine, Berc.

    Être de bon compte, se disait d'un associé qui ne trompait pas son associé ou son maître. Un homme de bon compte, homme sincère, qui ne trompe personne. Être de bon compte, être loyal et accommodant en fait d'intérêts ; et fig. Convenir franchement d'une chose. Soyez de bon compte, vous ne vous attendiez pas à cette aubaine.

    Manger, se divertir à bon compte, c'est-à-dire manger, se divertir sans se mettre en peine de rien, et aussi sans qu'il en coûte rien.

    Recevez cela à bon compte, c'est-à-dire en déduction de ce que je vous dois.

  • 3État de recettes et de dépenses. Solder un compte. Tenir un compte exact de ce qui leur est dû, Fénelon, Tél. III. Je suis dans l'embarras d'arrêter un grand compte de dix-neuf années, Sévigné, 427. Je viens ici pour faire nos comptes ensemble, Molière, le Bourg. gent. III, 4. Vous passeriez vos jours à tenir les comptes du ménage, Hamilton, Gramm. 9. C'est quelqu'un qui monte Apporter le compte Du restaurateur, Béranger, Cocag.

    Familièrement. Tenu comme un compte de cuisinière, tenu sans aucune des formes de comptabilité.

    De compte fait, le compte ayant été fait. De compte fait, je vous dois cinq cents francs.

    Fig. Tout considéré. Il a de l'esprit, mais dix fois moins, de compte fait, qu'il ne présume d'en avoir, La Bruyère, XI. N'avez-vous pas dans votre Église sept sacrements de compte fait ? Voltaire, Jenni, 3.

    Être à compte à demi avec quelqu'un, être en société avec quelqu'un, partager par moitié. Faire une chose de compte à demi avec quelqu'un, en partageant les dépenses et les bénéfices.

    Pour le compte de quelqu'un, pour faire ses affaires. Il m'établit pour son compte et s'en trouva bien, Rousseau, Ém. V.

    Faire le compte à un domestique, lui donner son compte, lui payer ce qu'on lui doit et le renvoyer. Et dans un sens analogue, le domestique demande son compte, quand il veut quitter la maison où il est.

    Fig. Je lui ai donné son compte, je l'ai traité de fait ou de parole comme il le mérite.

    Par extension, son compte est bon, son compte sera bientôt réglé, c'est-à-dire on lui fera un mauvais parti.

    Il en a pour son compte, il lui est arrivé quelque perte, quelque mésaventure. L'honnête homme morbleu ! vive monsieur Géronte ! Ma foi, sans moi la belle en avait pour son compte, Regnard, le Bal, sc. 18.

    C'est pour son compte, tant pis pour lui. Et dans un sens favorable : Les applaudissements étaient pour son compte.

    Régler ses comptes, établir ce que nous devons et ce qui nous est dû.

    Fig. Pour régler ses comptes avec la justice divine, Bossuet, Sulp. 2.

    Rendre ses comptes, justifier de l'emploi régulier des valeurs dont on a eu la gestion.

    Avoir quelque chose en compte, en disposer à la charge d'en rendre compte.

    Passer en compte, porter sur le compte de, mettre comme dû, au propre et au figuré. De même que j'ai été atteint du péché d'Adam, ma justice est passée en compte aux autres, Chateaubriand, Génie, II, V, 15.

    Passer sur le compte de, être attribué à. Ce qui était le fait d'une humeur un peu bizarre, d'un esprit distrait et capricieux, passait sur le compte de la fermeté de caractère et de la supériorité de jugement, Carrel, Œuvres, t. V, p. 202.

    Mettre quelque chose sur le compte de quelqu'un, lui attribuer quelque fait plus ou moins répréhensible.

    Prendre, mettre une chose sur son compte, se l'attribuer. Il prit cette complaisance sur son compte, Hamilton, Gramm. 4. Grossesse que le roi voulut bien prendre sur son compte, Hamilton, ib. 11. Il pourrait mettre les approbations sur le compte de son mérite, Sévigné, 291. Vos soins aimables que je dois mettre sur mon compte, Sévigné, 450. Je mets sur mon compte toutes les bontés que vous aurez pour elle, Sévigné, 224.

    Sur le compte de quelqu'un, en ce qui le concerne. Nous sommes fort inquiets sur son compte. On m'a donné sur son compte des renseignements qui ne sont guère favorables.

    Pour le compte de quelqu'un, pour ce qui le regarde. Pour mon compte, je suis résolu à obéir. Pour votre compte, vous ferez bien de partir au plus vite.

    Tenir compte à quelqu'un d'une chose, le dédommager d'une perte.

    Fig. Lui savoir gré de sa conduite en une circonstance.

    Faire son compte de, être dans l'intention de. Neptune peut bien faire compte De nous laisser avecque vous, Malherbe, VI, 9. J'avais toujours fait compte De ne m'en séparer qu'avecque le trépas, Malherbe, V, 29. Vous faites donc à la fin votre compte De me donner la baronne pour bru, Voltaire, Nan. II, 12. Elle fait son compte d'aller faire un tour à la foire, Molière, l'Avare, II, 6. Faites votre compte D'aller au Louvre accomplir mes souhaits, Molière, Impromptu, remercîment au roi.

    Faire son compte que, être assuré que. Faites votre compte que si vous ne m'aimez pas…, Sévigné, 39. Oui, croyez ma cousine, et faites votre compte Que ce jeune éventé vous couvrira de honte, Voltaire, Indiscr. sc. 18.

    Avoir son compte, avoir ce qu'on désire, ou être bien dans ses affaires ; et ironiquement, être très maltraité de fait ou de paroles ; être ivre.

    Entendre, savoir bien son compte, entendre bien ses intérêts.

    Trouver son compte à, avoir profit, avantage à. Ils ne trouveront point ici leur compte, Corneille, Ex. de Poly. Trouves-y ton compte et j'en serai ravie, Corneille, le Ment. IV, 9. Je trouve bien mieux mon compte avec l'un qu'avec l'autre, Molière, 2e Interm. de la Princ. Si vous ne trouvez votre compte d'un côté, vous vous jetez de l'autre, Pascal, Prov. 5. Il n'y trouvait pas son compte, Hamilton, Gramm. 4. L'une et l'autre trouva de la sorte son compte, La Fontaine, Fab. III, 8. Comparaison où il trouve son compte, La Bruyère, XIII. Nous trouvons aussi notre compte Avec tous les gens qui sans honte Savent dans un retour subit Changer d'habit, Béranger, Vieux habits. Dans un sens analogue. Je vous ai prêté vingt francs, vous m'en rendez dix-sept ; ce n'est pas mon compte.

    Fig. Cet hymen serait bien mon compte, La Fontaine, Nic. Amour fait tant qu'enfin il a son compte, La Fontaine, Cuv. Tout autre eût été mieux mon compte, La Fontaine, Nic. Pourvu qu'on crie, les jésuites auront leur compte, Pascal, Prov. 3. Si vous y veniez tous deux, ce serait bien mon compte, Sévigné, 594. Il voulut se retirer, ce n'était pas mon compte, Hamilton, Gramm. 3. Oui ; mais j'y suis blessée et ce n'est pas mon compte De souffrir dans mon sang une pareille honte, Molière, F. sav. III, 6.

    Fig. Vous ne trouverez pas votre compte avec cet homme-là, c'est-à-dire ne contestez pas contre lui ; il est plus fort, plus habile que vous.

    Être loin de compte, se tromper dans son calcul, dans ses combinaisons. Il était bien loin de compte, Hamilton, Gramm. 4. Ainsi Luther était bien loin de son compte, Bossuet, Var. II. Vous voici bien loin de compte, Rousseau, Ém. II. Vous vous êtes trouvé loin de compte après avoir vécu parmi nous, Rousseau, ib. IV.

    Par extension. Ils sont tous deux bien loin de compte, ils sont loin de tomber d'accord.

    Fig. À bon compte, tout de bon, effectivement. Qui, l'ayant prise [la lettre] comme pour s'en divertir, la lut à bon compte, Lesage, Gil Blas, IX, 6.

  • 4 Terme de droit. État de recette et de dépense des biens dont on a l'administration et des sommes que l'on a touchées. Le tuteur doit rendre compte. Affirmation, clôture d'un compte.
  • 5 Terme de commerce et de finances. État d'opérations tenu dans une forme régulière, état de situation entre deux personnes qui se doivent réciproquement. Livre de compte. Le crédit et le débit d'un compte. Avoir un compte ouvert avec quelqu'un, prendre chez lui à crédit. Avoir des marchandises à compte, les avoir à crédit.

    Terme de banque. Compte de retour, compte qui accompagne la retraite ou lettre de change tirée par le porteur d'une lettre protestée, et qui contient les frais et intérêts à rembourser au porteur.

    Compte courant, situation de deux personnes qui s'engagent à faire l'une pour l'autre des versements et des encaissements, sous la condition de régler à une certaine époque leur position réciproque. On dit que ce compte est courant, parce qu'il reçoit des articles successifs jusqu'à la clôture définitive. Être en compte courant avec la banque.

    Compte courant, état des opérations intervenues entre les personnes en compte courant.

    Anciennement. Chambre des comptes, cour souveraine qui allait à côté du parlement et qui connaissait, en dernier ressort, des finances et du domaine du roi.

    Aujourd'hui, Cour des comptes, cour supérieure établie pour examiner et juger les comptes de ceux qui ont manié les deniers de l'État.

  • 6Considération, cas. Le compte que l'on fait de lui. Le compte où l'on tient le livre publié par ce savant. Le peu de compte qu'il a fait de me répondre.

    En ce sens, compte ne se dit guère qu'avec les verbes faire et tenir.

    Faire compte, faire cas, tenir en estime, donner attention. Se plaignant que sa faute vient d'elle, Il n'en veut faire compte, Malherbe, I, 4. Et brisant tous ces nœuds dont j'ai tant fait de compte, Régnier, Élég. II. Non plus que de farceurs je n'en puis faire compte, Régnier, Sat. XI. D'un si faible service elle fait trop de compte, Corneille, Cid, IV, 3. D'un vain songe peut-être elle fait trop de compte, Racine, Athal. III, 4. Et dont alors on faisait plus de compte, La Fontaine, Faucon. Mais lui, ferme et constant, n'en a fait aucun compte, Molière, Fâch. I, 1. Quel compte devez-vous faire d'une amitié qui aboutit à votre réprobation ? Bourdaloue, Dominicales, I, Société des justes, 189. D'abord l'habitant ne fit pas grand compte de ces deux enfants pauvrement vêtus, Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virg. Leurs fronts sont couronnés de ces fleurs que la Grèce Aux champs de Marathon prodiguait aux vainqueurs ; C'est là leur diadème ; ils en font plus de compte Que d'un cercle à fleurons de marquis ou de comte, Voltaire, Ép. 76.

    Tenir compte de quelqu'un, de quelque chose, l'avoir en considération. Il ne tient aucun compte de ce qu'on lui dit. J'aurai donc nommé ces beaux yeux Tant de fois mes rois et mes dieux, Pour aujourd'hui n'en tenir compte, Malherbe, V, 17. J'accepte le présent, et crois pouvoir sans honte, L'ayant de votre main, en tenir quelque compte, Corneille, Othon, IV, 4. C'est et d'elle et de lui tenir bien peu de compte, Corneille, Rod. III, 5. Il n'en a tenu compte, Racine, Plaid. I, 1.

    Cette femme ne tient pas compte d'elle, se néglige, ou bien ne ménage pas sa réputation.

  • 7Rapport circonstancié. Demander, rendre compte d'un événement. Un valet… Qui rend comme espion compte exact de ta vie, Régnier, Élég. II. Il s'en retourna rendre compte de sa commission, Fénelon, Tél. III. Il lui rendait compte de tout ce qu'il pouvait découvrir, Fénelon, ib. XII. Il ne faut pas qu'un roi fasse le détail, c'est la fonction de ceux qui travaillent sous lui, il don seulement s'en faire rendre compte, Fénelon, ib. XXII. On rendait compte au roi de leur conduite, Bossuet, Hist. III, 5. Je vous rendrai compte de ma journée, Sévigné, 39. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte ; heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint, Bossuet, Louis de Bourbon.

    Rendre bon compte à, parler ou agir à la satisfaction de. Tu m'as commis ton sort, je t'en rendrai bon compte, Corneille, Hor. II, 5. Je vous en rendrai un très bon compte, Sévigné, 310. Elle vous rendra un bon compte de cette affaire, Sévigné, 14. Je vous rendrai bon compte de tout, Sévigné, 517.

    Dans un sens tout différent. Vous me rendrez bon compte de votre conduite, c'est-à-dire je vous en ferai repentir.

    Se rendre compte de quelque chose, en pénétrer la cause, le secret.

    Rendre compte d'un ouvrage dans un journal, l'apprécier en l'annonçant.

    Compte rendu, récit, exposé d'un fait ou d'une question. Compte rendu d'une séance, d'une audience. Compte rendu, exposé d'une situation, d'un ensemble d'opérations. Compte rendu présenté au roi, au mois de janvier 1781, par Necker. Compte rendu des travaux des ingénieurs des mines. Le compte rendu, exposé de principes politiques fait par les députés de la gauche en 1832.

    Justification, explication, responsabilité, avec les verbes devoir, rendre, demander. J'en dois compte au sénat et n'y puis consentir, Corneille, Nicom. V, 5. Et vous devez aux dieux compte de tout le sang…, Corneille, Cinna, II, 1. Que lui dirai-je enfin ? je dois lui rendre compte, Corneille, Cid, II, 1. Jamais un souverain ne doit compte à personne Des dignités qu'il fait et des grandeurs qu'il donne, Corneille, D. Sanche, III, 4. Je ne rendais qu'à moi compte de mes désirs, Racine, Bérén. II, 2. Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins, Racine, Iphig. IV, 6. J'en dois compte, madame, à l'empire romain, Racine, Brit. I, 2. Il me faut de leurs cœurs rendre un compte fidèle, Racine, Mithr. II, 3. Ô Dieu, devant qui je dois rendre un compte exact de toutes mes actions, Pascal, Prière. Je demanderai compte aux hommes de la vie des hommes, Pascal, Prov. 14. Rendre compte de leur administration, Bossuet, Hist. I, 5. Pour y rendre compte du sang qu'elles auront répandu, Bossuet, Polit. Le prélat ayant répondu selon sa coutume qu'il ne devait compte qu'à Dieu seul, son temporel fut saisi, Voltaire, Louis XV, 36. Il faut travailler, il faut être utile ; on doit compte de ses talents, Diderot, Lett. à Volt.

PROVERBES

À tout bon compte revenir, c'est-à-dire on ne doit pas craindre de compter une seconde fois, quand on n'a point trompé la première.

De méchant compte on revient au bon, c'est-à-dire les erreurs de compte peuvent toujours se rectifier.

Erreur n'est pas compte, même sens que les deux précédents.

Les bons comptes font les bons amis, c'est-à-dire on ne peut être ami sans garder la foi et la justice les uns aux autres.

On dit qu'un homme est trésorier sans rendre compte, pour exprimer qu'il dispose du bien d'autrui comme il lui plaît et sans être obligé d'en rendre compte.

Chacun veut avoir son compte, c'est-à-dire personne ne veut rien relâcher de ses intérêts.

Chacun son compte, il faut que chacun ait ce qui lui revient.

HISTORIQUE

XIe s. Cinquante mille chevaliers [ils] ont par cunte, Ch. de Rol. CCXXII.

XIIIe s. Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre venduz à conte, Liv. des mét. 270. Il loist bien as hoirs de celi qui fit testament, qu'il demandent conte as executeurs des biens qu'il orent por le testament acomplir, Beaumanoir, XII, 30. Il doit estre renvoiés au liu qu'il garda, tant qu'il ait rendu bon conte à son segneur, Beaumanoir, XII, 43. Cil qui est establis à autrui dete recevoir, doit dire : Je les ai recheues, et en doit rendre compte, Beaumanoir, XXIX, 13. Il se vesti de povres dras, E si se mist de haut en bas, Onques de rien conte ne tint, Grégoire le Grand, p. 84. Mès une remembrance m'espoente et affronte, Que qui plus tient de Dieu, plus a à rendre conte, J. de Meung, Test. 258.

XIVe s. Et semblablement est il de ceulz qui ne tiennent compte de exposer leur pecunes largement, Oresme, Eth. 280. Estre acoustumé de non tenir compte ou creindre trop choses terribles, Oresme, ib. 37. Nonpourquant fut ainsnez Bertran, si l'a dit on ; Mais compte n'en tint on nes [même] plus que d'un mouton, Guesclin. 85.

XVe s. Et les cardinaux et riches hommes d'Avignon s'obligerent à ce qu'ils le garderoient de si près, qu'ils en rendroient bon compte, Froissart, III, IV, 67. Et ne faisoient les seigneurs nul compte d'autres gens d'armes, s'ils n'estoient à heaumes et à tymbres couronnés, Froissart, I, I, 64. Et il ne fit point grand compte des François quand ils vindrent, Froissart, II, II, 227. À brief parler et sans faire long compte, Orléans, 1. Fin de compte, puisqu'est ainsi, Fermons nos cuers en aliance, Orléans, Rondeau. … smon que ayez Les maulx d'amours trop petit essayez, Et que jà sont de vos comptes rayez Et oubliez, Chartier, Débat des deux fortunes. Et que ceux où loquence habonde, Et qui ont belle theorique Et de parler bonne pratique En faiz de beaus comptes compter, Choses nouvelles rapporter, Et l'estat des pays voisins, Deschamps, Poésies mss. f° 413, dans LACURNE. Il faisoit bien son compte que il les rameneroit bien à la raison, Commines, II, 4. Qui en a, il est bien venu ; Qui n'en a point, on n'en tient compte, Villon, Ball. des Ecoutants.

XVIe s. Il conviendra quelque jour laisser le monde [mourir] pour aller rendre compte de son entremise et recevoir son loyer, Rozier histor. I, 3. Seigneur, n'entre point en conte avec ton serviteur : car nul vivant ne sera justifié devant toy, Calvin, Instit. 679. Appeler à conte, Calvin, ib. 680. Mais aussi, à ce compte…, Montaigne, I, 25. À leur compte, Montaigne, I, 212. Elle a meilleur compte d'incorporer une fois pour toutes…, Montaigne, I, 93. L'escrivain n'a à rendre compte que d'une verité empruntée, Montaigne, I, 103. Le peu de compte en quoy il tenoit les…, Montaigne, I, 118. Triumpher à bon compte, Montaigne, ib. Les menus comptes, payements, etc. Montaigne, I, 257. Les plus hardies sectes sont contrainctes de se plier à la loy civile, au bout du compte, Montaigne, II, 244. Quant à ceulx qui avoient la superintendance sur les trouppeaulx du roy, ilz n'en faisoient compte, et ne se soucioient point de leurs courroux, Amyot, Rom. 7. … Sans qu'il soit tenu de rendre compte de ce qu'il fait, Amyot, Cam. 31. Il resolut de s'en aller tout droit devant Sutrium, faisant son compte qu'il trouveroit les Thoscans en desarroy, Amyot, ib. 59. Quant à la soude [solde] ordinaire de ceulx qui porteroient les armes pour luy, qu'il la leur payeroit, non point à compte, mais à mesure, Amyot, Artax. 6. Ils succederont à compte de testes, que l'on dit in capita, et non par branches, que on dit in stirpes, Coustum. génér. t. I, p. 766. À vieux comptes, nouvelles disputes, Cotgrave Qui vit à compte, il vit à honte, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

COMPTE. Ajoutez : - REM. J. J. Rousseau a dit : Tourner à compte, pour : être avantageux. Ils aimeront mieux me faire une rente viagère, ce qui, vu mon âge et l'état de ma santé, leur doit probablement tourner plus à compte, Lettre à du Peyrou, 13 déc. 1764.

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Compte : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

COMPTE, s. m. (Commerce.) est un état calculé ou non calculé d’effets possédés, administrés, acquis, reçûs, dûs, ou dépensés. Ce terme a un grand nombre d’acceptions différentes dans le Commerce. On dit en ce sens que trois sortes de comptes sont absolument nécessaires pour la clôture des livres en parties doubles ; le compte de capital, le compte de profits & pertes, & le compte de bilan.

Le compte de capital est un compte particulier ouvert au débit du grand livre : il contient tous les effets d’un négociant, c’est-à-dire son argent comptant, ses marchandises, billets, promesses, obligations, parties arrêtées, meubles meublans, immeubles, & généralement tout ce qui lui appartient, franc & quitte de toutes dettes & hypotheques.

Le compte de profits & de pertes est ouvert sur le grand livre : il est composé de tous les gains ou pertes qu’un négociant a pu faire dans son négoce. Les pertes s’écrivent au crédit, & les profits se portent au débit. Voyez Crédit & Débit.

Le compte de bilan ne s’ouvre au grand livre que pour la clôture des livres. Quand il s’agit de la sortie des livres, on l’appelle compte de bilan de sortie ; & lorsqu’il est question de prendre de nouveaux livres, on le nomme compte de bilan d’entrée. Dans le premier on porte au débit tout ce qui est dû, & au crédit tout ce que l’on doit. Dans le second on porte au débit tout ce qui est au crédit du compte de bilan de sortie, & au crédit tout ce qui est au débit de ce même compte de bilan de sortie.

Comptes (livres de), ce sont des journaux, registres, sur lesquels les marchands, négocians, banquiers, & autres, portent leurs effets, leur recette, & leur dépense.

Ouvrir un compte, c’est le placer pour la première fois dans le grand livre ; ce qui se fait en écrivant en gros caractères les nom, surnom & demeure de celui avec qui on entre en compte ouvert ; ensuite on le charge des articles, soit en débit soit en crédit, à mesure que les affaires se présentent ; & l’on fait en même tems mention de ce compte sur le répertoire ou alphabet. Voyez Alphabet & Répertoire.

Apostiller un compte, c’est mettre des notes & apostilles à côté de chaque article, aux uns pour les alloüer, aux autres pour les débattre.

Vérifier un compte, c’est l’examiner.

Clorre un compte, c’est l’arrêter, & en fixer le reliquat.

Finito de compte, se prend pour l’arrêté même du compte.

Coucher une somme sur un compte, c’est enregistrer sur le grand livre, soit en crédit soit en débit, les parties dont les particuliers deviennent débiteurs ou créditeurs.

Pointer les parties d’un compte, c’est mettre un point à côté de chaque partie que le teneur de livres vérifie, pour justifier que la rencontre est juste.

Contre-partie d’un compte, en termes de banque & de commis aux bureaux des fermes du Roi ; c’est le registre que tient le contrôleur, sur lequel il enregistre toutes les parties dont le teneur de livres, si c’est pour la banque, ou le receveur, si c’est pour les fermes du Roi, charge le sien.

Ordre d’un compte, c’est sa division en chapitre de recette, dépense, & reprise.

Examiner un compte, c’est le lire exactement, en pointer les articles, en vérifier le calcul, pour voir s’il n’y a point d’erreur.

Solder un compte, c’est le calculer, le regler, l’arrêter, en faire la balance. Voyez Balance & Solde.

Passer en compte, c’est tenir compte à quelqu’un d’une somme qu’on a reçûe de lui ou pour lui.

Rendre compte, c’est lorsqu’on est comptable, fournir l’état de sa recette & de sa dépense.

Apurer un compte, c’est en juger tous les débats, & en faire lever toutes les souffrances ou apostilles mises en marge. Voyez Souffrance & Apostille.

Bordereau de compte, c’est l’extrait d’un compte, dans lequel on comprend toutes les sommes d’un compte tirées hors de ligne, tant de la recette que de la dépense. Voyez Bordereau.

Debet de compte, c’est la somme dont la recette excede la dépense.

Solde de compte, c’est la somme dont le débit excede le crédit, ou le crédit excede le débit, quand le compte est bien vérifié & arrêté, & que la balance en est faite.

Ligne de compte, c’est la somme qu’on tire à la marge blanche qu’on laisse à côté d’un compte sur la droite. Elle contient en chiffres la somme couchée en toutes lettres dans le corps ou texte de l’article qui y répond.

Affirmer un compte, c’est jurer & assûrer qu’il est véritable. Les comptables, quand ils présentent leurs comptes, ont coûtume de mettre à la marge de la premiere page ces mots : Présenté & affirmé véritable.

Débattre un compte, c’est faire des remarques sur les divers articles d’un compte, soit pour en augmenter la recette, soit pour en faire diminuer la dépense.

Compte en banque, c’est un fonds que les Marchands, Négocians, Banquiers, ou autres particuliers, déposent dans la caisse commune d’une banque, pour s’en servir au payement des billets, lettres de change, &c.

Compte en participation, est une espece de compte qui se fait entre deux marchands ou négocians, pour raison d’une société anonyme qu’on appelle société participe, ou société par participation. Voyez Société.

Compte est aussi un terme relatif qui concerne une société, quand deux ou trois personnes font des recettes ou des dépenses les unes pour les autres. On dit en ce sens : Cet homme est de bon compte.

Compte se dit encore d’un calcul ou dénombrement qui se fait de plusieurs choses ou quantités séparées qui sont d’une même espece. Du bois de compte, est ce sens une certaine quantité de bûches qui composent une voie.

Grand Compte, ou Compte marchand, & petit Compte, sont des termes usités dans le Commerce, pour signifier un certain nombre de morues ou de poignées de morues. A Orléans & en Normandie le cent de morues est de cent trente-deux morues, ou de soixante-six poignées ; c’est ce qu’on nomme grand compte : & à Paris il n’est que de cent huit morues ; ce qui s’appelle petit compte.

Comptes faits, sont de certaines tables ou tarifs où on trouve des réductions toutes faites de poids, de mesures, de changes, d’escomptes, d’intérêts, de monnoies, &c. tels sont les comptes faits de Barrême.

Compte signifie encore gain, profit, avantage, bon marché. Faire son compte, trouver son compte, &c. Il se dit encore des déboursés & frais volontaires qu’on ne pourra se faire passer en compte. S’il dépense au-delà de ses ordres, ce sera sur son compte.

Compte se dit encore de plusieurs petites choses qui se prennent à la main, ou qu’on jette ensemble pour compter avec plus de promptitude. Ainsi un cent de noix est composé de vingt comptes, avec les quatre au cent. Voyez les dict. de Trév. du Com. Dish. Chambers. (G)

Compte, (Jurisp.) il se prend ici pour l’état de recette & de dépense de biens dont on a eu l’administration.

Toute personne qui a géré le bien d’autrui doit en rendre compte lorsque sa gestion est finie ; & jusqu’à ce que ce compte soit rendu & apuré, & les pieces justificatives remises, le comptable est toûjours réputé débiteur.

Ainsi le mari ou ses héritiers, après la dissolution de la communauté, doivent en rendre compte à la femme ou à ses héritiers ; le tuteur, protuteur, curateur, doit un compte à son mineur après la tutelle finie ; l’héritier bénéficiaire doit un compte de la succession aux créanciers ; celui des associés qui a géré l’affaire commune, en doit rendre compte aux autres ; un marguillier comptable doit pareillement compter de son administration ; enfin un fondé de procuration, les fermiers judiciaires, sequestres, gardiens, & généralement tous ceux qui ont administré le bien d’autrui, doivent un compte.

Entre majeurs on peut rendre compte à l’amiable ou en justice ; mais on ne peut compter qu’en justice vis-à-vis des mineurs & autres qui joüissent du même privilége.

Quand le compte est rendu en justice, il est exécutoire pour le reliquat, s’il y en a un, sans qu’il soit besoin d’attendre le jugement pour cet objet, sauf en jugeant à augmenter le reliquat, s’il y a lieu.

Le compte peut être rendu par bref état, ou être dressé dans toutes les formes, par recette, dépense, & reprise.

L’intitulé du compte contient les noms & qualités du rendant compte & de l’oyant.

On explique ensuite ordinairement dans le préambule les objets du compte.

On porte ensuite successivement la recette, la dépense & les reprises, & chacun de ces objets est quelquefois divisé en plusieurs chapitres, selon que la matiere y est disposée.

Si le comptable a été commis par justice, on ne peut le poursuivre que devant le même juge pour rendre compte : mais quand il n’a pas été commis par justice, il faut le poursuivre devant son juge.

Si le comptable refuse de rendre compte, on le condamne à payer quelque somme, pour tenir lieu de ce qui en pourroit revenir à l’oyant ; & si c’est un dépositaire de deniers royaux ou publics, on le condamne par corps.

En matiere de compte on appointe ordinairement les parties à fournir débats & soûtenemens, parce que ces sortes de discussions ne peuvent guere être faites à l’audience.

Le jugement qui intervient sur un compte doit en fixer le reliquat.

Le compte jugé, on ne peut point en demander la revision ; mais s’il y a des erreurs de calcul, omissions de recette, faux & doubles emplois, on peut en demander la réformation : ces sortes d’erreurs ne se couvrent point, mais elles se réforment aux frais du rendant ; excepté pour l’erreur de calcul, au cas qu’elle ne vînt pas de son fait, mais de celui du juge. Voyez l’ordonn. de 1667. tit. xxjx.

Compte de bénéfice d’inventaire, voyez ci-devant Bénéfice d’inventaire, & ci-apr. Héritier bénéficiaire.

Compte par bref état, est celui qui se rend par un simple mémoire ; à la différence d’un compte en regle, qui doit être en la forme prescrite par l’ordonnance de 1667, tit. xxjx. art. 17. Suivant l’art. 22. du même tit. les majeurs peuvent compter devant des arbitres ou à l’amiable ; on ordonne même en justice que les parties compteront par bref état, lorsque c’est entre majeurs. Voyez ci-devant Compte.

Compte de clerc à maître, est celui où le comptable porte en recette tout le bénéfice qu’il a pû faire dans sa commission, & en dépense tous les frais qu’il a été obligé de faire, & les pertes qu’il a essuyées. Les fermiers du Roi sont toûjours reçûs à compter de clerc à maître du produit de leurs baux, & ne sont point tenus d’en payer le prix au-delà du bénéfice qu’ils en ont retiré, ou pû retirer.

Compte par colonnes, est celui dans lequel la recette & la dépense, quoique liquidées à la fin de chaque année, ne sont compensées qu’à la fin de la derniere année seulement, ou de trois en trois ans ; à la différence du compte par échelete, où la compensation se fait année par année. Chorier, en sa jurispr. de Guypape, p. 294. rapporte plusieurs arrêts pour l’une & l’autre façon de compter : mais le compte par échelete est le plus usité, & paroît en effet le plus équitable. Voyez le dict. des arr. au mot compte.

Compte des Comptables de la Chambre des Comptes, voyez ci-après à la fin de l’article de la Chambre des Comptes qui est sous ce même mot, Compte.

Compte de Communauté, voyez ci-dev. Communauté de biens.

Compte par échelete, est celui dans lequel l’imputation de la dépense se fait sur la recette année par année ; à la différence du compte par colonnes, où la dépense & la recette sont bien liquidées à la fin de chaque année ; mais la compensation & imputation ne s’en fait qu’à la derniere année seulement. Voyez ci-devant Compte par colonnes.

Compte par livres, sous, & deniers : l’usage en fut introduit dès l’an 755. Il fut ordonné de le pratiquer par Philippe VI. le 22 Août 1343, & encore le 26 Octobre suivant, & en 1347 & 1348. Le roi Jean ordonna la même chose en 1351, 1353, & 1354. Voyez le recueil des ordonn. de la trois. race.

Cette maniere de compter fut abrogée par édit de l’an 1577, qui ordonna de compter par écu.

Mais le compte par livres, sous, & deniers, fut rétabli par Henri IV. en 1602. Ess. polit. sur le Com. p. 247.

Anciennement on avoit la liberté de stipuler & de compter par livres, sous, & deniers parisis, ou en même valeur tournois ; ce qui venoit de la différence de monnoies parisis & tournois qui avoient cours en même tems, ou qui l’avoient eu précédemment. Mais l’ordonnance de 1667, tit. xxvij. art. 18. ordonne de compter par livres, sous, & deniers tournois, & non par parisis ; ce qui s’entend pour les conventions nouvelles : car pour les anciennes redevances qui sont dûes en livres, sous, & deniers parisis, il est toûjours permis de les compter suivant l’ancien usage, conformément au titre, sauf à les évaluer & réduire en sommes tournois.

Les Hollandois comptent par florins ou livres de gros ; les Anglois, par livres sterling ; les Vénitiens, par ducats. Ibid. p. 380.

Compte numeraire, signifie le compte d’une ou plusieurs sommes, par livres, sous, & deniers.

Compte de Société, voyez Société.

Compte de Tutelle, voyez Tutelle.

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Étymologie de « compte »

Étymologie de compte - Littré

Provenç. compte, comte ; espagn. cuenta ; portug. conta ; ital. conto ; du latin computus, compte, où l'accent est sur com (voy. COMPTER).

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Étymologie de compte - Wiktionnaire

Du latin computus (« compte », « calcul »). Conte en ancien français, on a changé l’orthographe pour éviter l’homonymie avec conte (« comte ») et conte (« conte, histoire ») et pour conformer à l’orthographe latine.
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Phonétique du mot « compte »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
compte kɔ̃t play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « compte »

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  • C'est le savoir faire qui compte. De Proverbe guadeloupéen
  • Nos comtes, quand on les compte, ressemblent à des contes. De Joseph de Maistre
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  • Je ne compte pas mes emprunts, je les pèse. De Michel de Montaigne
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  • Septennat : le compte des années de malheur. De Bertrand Bell
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Traductions du mot « compte »

Langue Traduction
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Synonymes de « compte »

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Antonymes de « compte »


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