Brave : définition de brave


Brave : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

BRAVE, adj. et subst.

I.− Adjectif
A.− [En parlant d'une pers.]
1. Vx ou région. (Qui est) bien habillé, qui a une belle apparence, (qui est) beau/belle (grâce à ses habits, ses bijoux, etc.). Pour être brave, je volerai de beaux habits, et alors Agostin m'aimera (T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 387).
2. Usuel
a) [Se dit aussi de son comportement] Qui ne craint pas les dangers, les entreprises difficiles, qui est prêt à les affronter avec courage. Synon. courageux, hardi, intrépide; anton. lâche.Modéré, mais brave, il [Manet] a été constamment prêt à affronter les préjugés (C. Mauclair, Les Maîtres de l'impressionnisme,1904, p. 55).
Spéc. [Avec souvent antéposition expressive de l'adj. épithète] À la guerre, dans les combats. Un brave soldat. Vous feriez un brave capitaine dans une armée bien batailleuse (Sartre, Les Mouches,1943, I, 1, p. 20).
b) Qui possède des qualités de droiture, de loyauté, d'honnêteté et fait des actions qui relèvent de ces qualités. Synon. honnête, loyal.
[En constr. d'épithète ou d'attribut] Avoir un fils bien élevé, brave, honnête homme (Sénac de Meilhan, L'Émigré,1797, p. 1877).Il est brave.
[Avec une valeur affective-expressive, placé devant le subst. et formant avec lui une loc. plus ou moins figée] Un brave cœur, un brave homme, un brave garçon, de braves gens :
1. Je ne connais pas au monde de plus brave homme que celui-là; de l'honneur, de la probité, la bonté même. Scribe, Varner, Le Mariage de raison,1826, p. 394.
2. Il y avait un peu de tout parmi elles, des coquines et de braves filles. Le niveau de leur moralité montait, d'ailleurs. Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 686.
Fam. [Les loc. précédentes en antéposition expressive] Un brave homme de mari. Un excellent brave homme de père, la bonté et la tendresse mêmes (E. et J. de Goncourt, Renée Mauperin,1864, p. 47).(Plais.) Ce brave garçon de chien (Barrès, L'Ennemi des Lois,1893, p. 160).
Fréq. [Avec une nuance de supériorité condescendante de la part de celui qui parle] Notre censeur était Joubin, insignifiant et « bien brave » (L. Daudet, Fantômes et vivants,1914, p. 113):
3. Les mêmes personnes souriront et s'attendriront, selon leur degré de libéralisme, sur le spectacle, (...) de ces braves nègres s'excitant au tam-tam. Ils sont certains eux, de posséder dans leur musique l'authentique élixir d'une spiritualité immaculée : cependant que bat, innocente et incontrôlée, une bottine révélatrice... P. Schaeffer, À la recherche d'une mus. concr.,1952, p. 169.
c) P. ext. et affaiblissement de sens. [Dans des formules de politesse et surtout placé avant un subst. qui désigne la pers. qu'on interpelle ou dont on parle] Brave lecteur. Synon. bon, gentil, cher :
4. À Paul de Saint-Victor. Paris, lundi soir (1862?). 42, boulevard du Temple. Êtes-vous assez brave pour venir, après-demain mercredi, dîner chez votre serviteur? Flaubert, Correspondance,1862, p. 309.
5. Cette « brave Oriane », comme il eût dit cette « bonne Oriane », ne signifiait pas que Saint-Loup considérât Mmede Guermantes comme particulièrement bonne. Dans ce cas, bonne, excellente, brave, sont de simples renforcements de « cette », désignant une personne qu'on connaît tous deux et dont on ne sait trop que dire avec quelqu'un qui n'est pas de votre intimité. Bonne sert de hors-d'œuvre et permet d'attendre un instant qu'on ait trouvé : « Est-ce que vous la voyez souvent? » ou « Il y a des mois que je ne l'ai vue »... Proust, Le Côté de Guermantes 1,1920, p. 100.
Rem. ,,On le [brave] met tantôt avant, tantôt après son substantif : suivant qu'il est ainsi placé, sa signification est quelquefois différente`` (Lav. Diffic. 1846). Cf. à ce sujet Verlaine, Œuvres posthumes, t. 2, Voyage en France par un Français, 1896, p. 41 : Les grognards − gens braves et braves gens en somme − passèrent. ,,Cependant on dit dans le sens de bravoure un brave capitaine, un brave soldat; l'analogie qu'il y a entre ces deux mots sauve l'équivoque`` (Lav. Diffic. 1846). Cf. à ce sujet supra a, et Maupassant, Contes et nouvelles, t. 2, Mademoiselle Fifi, 1881, p. 155 : On le disait brave homme autant que brave officier. Il semble pourtant qu'il y ait parfois équivoque : De bons et braves soldats; nos braves et chères forces (De Gaulle, Mémoires de guerre, 1956, p. 658, 709).
B.− [En parlant d'un animal]
1. Beau/belle :
6. [Tistet :] « Ah! mon Dieu! grand Saint-Père, quelle brave mule vous avez là! (...) Laissez un peu que je la regarde (...) Ah! mon Pape, la belle mule! » A. Daudet, Lettres de mon moulin,1869, p. 63.
2. Courageux, vaillant :
7. « Pour rendre les faucons braves et vaillants, il faut les nourrir, (...) avec le cœur des animaux braves et vaillants (...) tels que taureaux, sangliers et loups. » A. Dumas Père, La Reine Margot,1847, III, 8, p. 117.
3. Bon, gentil :
8. − Ah, tu sais, nous gardons le chat. Il est des grandes Bastides. Tu te souviens, quand Chabassut m'a apporté une charretée de foin? Il était couché dedans, paraît; c'est son chat. L'est bien brave. C'est une bonne bestiole; elle attrape les rats, faut voir ça. Giono, Colline,1929, p. 196.
C.− [En parlant d'une chose]
1. [En parlant d'un mets, d'une boisson] Excellent :
9. Une demi-bouteille de « côte-rouge » (...) Les charbonniers (...) n'en buvaient jamais d'aussi brave. G. d'Esparbès, La Légende de l'outil,1903, p. 174.
2. [Par personnification, avec une nuance affective] Bon :
10. Le Golria était un de ces vrais paquebots faits pour naviguer (...) et comme on n'en verra plus beaucoup, toutes ces « cages à poules » hautes sur l'eau, tous ces bons, vieux et braves bateaux ayant été envoyés par le fond durant la Grande Guerre et la Guerre Mondiale. Cendrars, Le Lotissement du ciel,1949, p. 14.
II.− Substantif
A.−
1. Homme courageux qui ne craint pas les dangers ou les entreprises difficiles, qui les a affrontés. Il n'y a pas d'heures pour les braves (Verlaine, Œuvres posthumes, t. 1, Souvenirs, 1896, p. 206):
11. ... tu es sûr du cœur et du bras de ce gladiateur? Il faut un brave pour défaire Sigognac, lequel, je l'avoue, bien que je le haïsse, n'est point lâche, puisqu'il a bien osé se mesurer contre moi-même. T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 347.
Loc. Se conduire en brave (Ac.1932).P. ext. [En parlant d'un animal] Il [le sanglier] prit son parti en brave, il fit tête aux chiens (Ponson du Terrail, Rocambole,t. 1, L'Héritage mystérieux, 1859, p. 596).
Un faux brave. Homme qui cherche à passer pour brave mais qui ne l'est pas. Il n'y a que les faux braves qui prétendent n'avoir jamais manqué de force et de cœur (G. Sand, Lettres d'un voyageur,1837, p. 5).
Faire le brave. Chercher à paraître brave. Quand on a peur, on ne fait pas le brave (Musset, Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée,1845, p. 247).Faire le brave contre Dieu :
12. L'héroïne racinienne relève la tête, se dresse contre l'aigle menaçant et prêt à fondre; Athalie fait la brave contre Dieu. Mauriac, La Vie de Jean Racine,1928, p. 195.
2. Spéc. Vaillant soldat. Se battre en brave (Ac.1932).Foi de brave! C'était un brave qui avait reçu la médaille militaire (Bordeaux, Les Derniers jours du fort de Vaux,1916, p. 221).
[Désigne en partic. les soldats de Napoléon Bonaparte] :
13. ... les Français s'aperçoivent que leur général n'est point avec eux. Un cri se fait entendre : « Soldats, en avant pour sauver le général! » Les braves reviennent aussitôt au pas de course sur l'ennemi, le repoussent jusqu'au delà du pont et Napoléon est sauvé. Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène,t. 1, 1823, p. 551.
[En parlant d'hommes de guerre fameux : Ney, La Fayette, etc.] Le brave des braves.
Par dérision :
14. Sa redingote bleue [de Philippe], blanchie aux lisières, était toujours décorée de la rosette. Aussi les passants regardaient-ils ce brave (...) avec une curiosité mêlée de pitié : car la rosette inquiétait le regard et jetait l'ultra le plus féroce en des doutes honorables pour la Légion-d'Honneur. Balzac, La Rabouilleuse,1842, p. 350.
Brave à trois poils. Soldat d'une bravoure éprouvée. Synon. auj. poilu (d'apr. J. de La Varende, Monsieur le Duc de Saint-Simon et sa Comédie humaine, 1955, p. 14) :
15. Il s'est comporté brillamment au front. Il a été blessé deux ou trois fois; d'ailleurs pas gravement. Des citations. La croix de guerre avec palmes. Il a fini la guerre comme capitaine de chasseurs alpins. On lui a collé la croix le 14 juillet dernier, sur son uniforme de brave à trois poils. Romains, Les Hommes de bonne volonté,La Douceur de la vie, 1939, p. 113.
P. ext. Homme dont la profession est de se battre :
16. Des braves de profession, classe d'hommes que la conquête avait créée, s'offraient en foule pour servir d'escorte jusqu'au terme du voyage; ... Thierry, Récits des temps mérovingiens,t. 2, 1840, p. 110.
B.− [En constr. d'apostrophe, par appellation fam. et condescendante] Mon brave :
17. ... celui-ci [Maheu] reprit, la langue déjà empâtée et maladroite : − Alors, monsieur, c'est tout ce que vous répondez.. Nous allons dire aux autres que vous repoussez nos conditions. − Moi, mon brave, s'écria le directeur, mais je ne repousse rien! ... Je suis un salarié comme vous, je n'ai pas plus de volonté ici que le dernier de vos galibots. Zola, Germinal,1885, p. 1324.
Rem. On rencontre dans la docum. a) Le néol. bravette, adj. fém. Gentiment brave, jolie, gentillette, bonne (cf. A. Daudet, Numa Roumestan, 1881, p. 31, 282; Tartarin sur les Alpes, 1885, p. 144; Port-Tarascon, 1890, p. 148). b) Le néol. bravomme, subst. masc. (L. Daudet, Bréviaire du journ., 1936, p. 167). Cf. brave homme supra I A 2 b. c) Le région. braveté, subst. fém. Qualité de braves gens. Ciel de Dieu! sont-elles bonnes pour nous, ces sœurs du Caylar! Cause de notre braveté en le pays (F. Fabre, Le Chevrier, 1867, p. 298). Cf. braverie. 1reattest. av. 1544 « élégance (ici, verbale) » (B. des Périers, Joyeux Devis, XXX-137, éd. Frank et Chenevière dans IGLF Litt.), seulement au xvies.; av. 1553 « bravoure, courage » (Amadis, 244, ibid.), rare et arch.; dér. de brave, suff. -eté (-ité*).
PRONONC. ET ORTH. : [bʀa:v]. Enq. : /bʀav/. Fér. Crit. t. 1 1787 propose la graph. brâve pour souligner la durée de la voyelle. Barbeau-Rodhe 1930 transcrit l'expr. un brave homme : [œ ̃bʀavɔm].
ÉTYMOL. ET HIST. − [Av. 1521 subst. brave « spadassin », v. bravo; l'adj. n'est pas attesté dans le Bon Berger de J. de Brie, comme le croit Quem. : les éd. du xvies. de cette œuvre (dont le ms. de 1379 est perdu) donnent vraye là où P. Lacroix, éditeur du xixes., a lu brave (d'apr. E. von Kraemer dans Actes du 4eCongrès des Romanistes Scandinaves, Copenhague, 1967, p. 80)]; 1. apr. 1535 « beau » (N. de Troyes, Grand Parangon, 51 dans Hug. : pompeuses et braves robes); 2. 1541 « fier, arrogant » (G. de Selve, Huict Vies de Plutarque, Coriolan, 84 ro, ibid. : jeunes gens braves et ostentateurs); 3. av. 1544 « bon » [en parlant d'une pers.] (Marot, le Balladin, ibid.) qualifié de ,,familier`` dep. Trév. 1704; 4. av. 1544 « noble » (Marot, Chants divers, 13, ibid. : brave origine); 5. 1549 « courageux » (M. Scève, Relation de l'Entrée triomphale de Henri II à Lyon dans A. Baur, Maurice Scève et la Renaissance lyonn., Paris, 1906, p. 95). Empr., en raison du caractère italianisant des 1ersaut. fr. attestant le mot (N. de Troyes, Rabelais, G. de Selve), à l'ital. bravo, attesté dep. 1346-67 (au sens de « courageux », Fazio dans Batt.; au sens d'« arrogant », av. 1529, Castiglione, ibid.; au sens de « bon », dep. 1555, Varchi, ibid.; également « sauvage, indompté [en parlant d'un animal] », dep. le xves., Pulci, ibid.), lui-même prob. empr., plutôt qu'à l'esp. (v. DEI et Cor., s.v. bravo), au prov. brau « sauvage » (dep. la 2emoitié du xies., Chanson de Ste Foy d'Agen, 455 dans E. von Kraemer, loc. cit., p. 76). Le prov., de même que le cat. brau dep. 1284, d'apr. Alc.-Moll., le port. bravo (dep. 1124 d'apr. Mach., s.v. barbaro) et l'esp. bravo (dep. 1030, doc. de León d'apr. Cor. et Menéndez Pidal, Origenes del español, 1964, p. 325), sont prob. issus du lat. barbărus, d'abord « barbare » (v. ce mot) puis « fier, sauvage » en parlant des animaux (Pline dans TLL s.v., 1740, 31, d'où esp. bravo appliqué au taureau et prov. brau « taureau », v. brau2), « sauvage » en parlant des plantes (Id., ibid., 28) et « inculte » en parlant de sols (en lat. médiév., v. attest. du domaine port. citées par J. Cornu dans Romania, t. 13, p. 112), devenu *barbru, puis par dissimilation *babru, d'où *brabu par translation du 2er (v. J. Çornu, loc. cit., pp. 110-113, Cor. et EWFS2). Cette étymol., proposée d'abord par J. Cornu, est reprise par tous les dict. étymol. modernes (REW5, EWFS2, FEW, Bl.-W.5, Cor., DEI) et par P. Aebischer dans R. port. Filol., t. 6, pp. 37-50. Se fondant sur des formules du Léon où le lat. pravus a le sens de « inculte » ou « sauvage », Menéndez Pidal, loc. cit., propose de voir dans ce mot l'orig. du mot rom., mais pravus représente prob. ici une fausse latinisation de bravo, très anc. sur le sol ibérique (cf. le topon. Costa Brava; v. aussi Cor., G. Rohlfs dans R. Ling. rom., t. 21, p. 308 et E. H. Tuttle dans Language, t. 7, pp. 213-214). L'hyp. de G. G. Nicholson dans Mél. Roques, t. 1, 1950, pp. 209-216, qui voit dans bravo un b. lat. bravus, latinisation du galicien brau, représentant un *branus issu de l'a. fr. brahain (fém. brehaine, fr. mod. bréhaigne*) « stérile », est invraisemblable.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 4 998. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 460, b) 11 074; xxes. : a) 8 311, b) 3 952.
BBG. − Aebischer (P.). Sur l'orig. port. de port., esp. bravo. R. port. Filol. 1953-55, t 6, pp. 37-50. − Brüch 1913, p. 103. − Cornu (J.). Bravo. Romania, 1884, t. 13, pp. 110-113. − Duch. 1967, § 13, 14, 41. − Feugère (F.). En marge de l'exposition Charles V. dans le vocab. de Duguesclin. Déf. Lang. fr. 1968, no45 p. 26. − Gottsch. Redens. 1930, passim.Goug. Mots t. 1 1962, p. 117, 118. − Hope 1971, p. 30, 167. − Kidman (J.). Les Empr. lexicol. du fr. à l'esp. des orig. jusqu'à la fin du xves. Paris, 1969, pp. 273-274. − Kohlm. 1901, p. 33. − Kraemer (E. von). Rem. sém. sur les descendants rom. de *brabus < barbarus. In : CONGRÈS DES ROMANISTES SCANDINAVES. 4. 1967. Copenhague. Copenhague, 1967, pp. 79-82. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 293. − Menéndez Pidal (R.). Orígenes del español. 5a ed. Madrid, 1964, p. 325. − Nicholson (G. G.). Orig. du mot brave. In : [Mél. Roques (M.)]. Paris, 1950, t. 1, pp. 209-216. − Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. Rem. lexicogr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 364. − Rohlfs (G.). Aspekte und Probleme spanischer Etymologie. R. Ling. rom. 1957, t. 21, p. 308. − Rupp. 1915, pp. 44-45. − Sain. Autour Sources 1935, pp. 161-168. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], pp. 415-417. − Sar. 1920, p. 38. − Schmeck (H.). Zu mfr. brave. Rom. Forsch. 1947, t. 60, pp. 551-553. − Tracc. 1907, pp. 116-117. − Wind 1928, p. 184, 206. − Zacc. 1927, pp. 65-66.

Brave : définition du Wiktionnaire

Adjectif

brave \bʁav\ masculin et féminin identiques

  1. Courageux ; vaillant
    • L’acquiescence active ou passive d'un vaste nombre d’Allemands au nazisme, la facile soumission de tous, sauf d'une brave et infime minorité, sont des faits d'une profonde signification historique. — (E. L. Woodward, Les origines de la guerre, Oxford University Press, éd. 1944, page 25)
  2. Serviable ; honnête ; bon ; obligeant.
    • Et la brave charcutière qui dépeçait et refaçonnait du porc à longueur de commande ne put en supporter davantage ; elle pensa « Mon Dieu » et s’abattit sur le sol. — (Michèle Ressi, Le mort du bois de Saint-Ixe, Fayard, 1973)
  3. (Familier) Qualifie une personne très gentille mais un peu stupide.
    • Il est bien brave.
  4. (Occitanie) Gentil, serviable, accommodant, obligeant.
    • Ton voisin m’a aidé à monter les courses, il est bien brave.
    • Tu seras brave d’aller me chercher ma caisse à outils (manière non obligeante de demander un service)
  5. (Vieilli) Qui a un costume soigné.
    • Les paysans se font braves aux grandes fêtes.
    • T’ai-je jamais refusé nulle chose,
      Soit pour ton jeu, soit pour tes vêtements ?
      En était-il quelqu’une de plus brave ?
      De ton vouloir ne me rendais-je esclave ?
      — (Jean de La Fontaine, Le calendrier des vieillards, conte libertin tiré de Boccace)
  6. (Familier) En s’adressant à des gens de condition inférieure.
    • Bonjour, mon brave.
  7. (Occitanie) Fort, grand, important.
    • il fait un brave vent
    • Tu t’es fait une brave tache : je crois qu’on peut jeter ce tricot.
    • – Quand même, il va se faire un brave mauvais sang ! — (Marcel Pagnol, Le château de ma mère, 1958, collection Le Livre de Poche, page 119)

Nom commun

brave \bʁav\ masculin et féminin identiques

  1. Homme (ou femme) courageux, vaillant.
    • Une sanglante bataille a été livrée; perdue ou gagnée, tout sommeille maintenant; mais combien de braves ne s'éveilleront plus ou ne se réveilleront demain que dans le ciel! — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
    • Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi;
      Je m’écarte, je vais détrôner le Sophi;
      On m’élit Roi, mon peuple m’aime; …
      - (Jean de La Fontaine; « La laitière et le pot au lait »)
  2. (Argot) (Vieilli) Assassin à gages; spadassin, bretteur.
    • Il y a toujours des braves à sa poursuite.
    • Sur ces entrefaites, mon père reçut la visite d’un brave du pays, appelé Grillo Monaldi, qui vint chez lui pour faire nettoyer ses pistolets. — (Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse, Histoire de Zoto, 1804-1810)
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Brave : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BRAVE. adj. des deux genres
. Qui a beaucoup de valeur, beaucoup de courage. Brave soldat. Brave capitaine. Il est fort brave, brave comme son épée. Il n'est brave qu'en paroles, il est brave jusqu'au dégainer, Ce n'est qu'un fanfaron. Il signifie familièrement Qui est honnête, bon, obligeant. C'est un brave homme. Vous êtes un brave homme d'être venu ici. C'est une brave femme. Il s'emploie souvent comme nom et signifie Homme courageux, vaillant. C'est un brave. Se battre, se conduire en brave. Une armée de braves. Il fait le brave et ne l'est pas. C'est un faux brave. Fam. et par plaisanterie, C'est un brave à trois poils, C'est un homme d'une bravoure éprouvée. Il s'emploie aussi familièrement en s'adressant à des gens de condition inférieure. Bonjour, mon brave.

Brave : définition du Littré (1872-1877)

BRAVE (bra-v' ; Chifflet, Grammaire, p. 123, remarque que l'a a le son que nous marquons par un accent circonflexe, brâ-v' ; la prononciation a changé) adj.
  • 1Qui affronte courageusement le danger. Les plus braves. Qui n'est brave qu'en paroles. M. de la Rochefoucauld a dit que vous aviez voulu paraître brave dans l'espérance que quelque charitable personne vous en empêcherait, Sévigné, 27. … Les meilleurs soldats et les chefs les plus braves, Corneille, Cinna, I, 3. L'éclatante vertu de leurs braves aïeux, Corneille, Cid, I, 1. Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme Des leçons d'Annibal ou de celles de Rome, Corneille, Nicom. I, 3. Il l'a fait en brave homme et le doit soutenir, Corneille, Cid, IV, 5. Être brave est montrer sa force, Pascal, Pens. div. 6. Que faisaient cependant nos braves janissaires ? Racine, Baj. I, 1.

    Brave se dit d'un cheval qui a du courage, de la vigueur et de la docilité.

  • 2 Familièrement, et surtout avec les mots homme et gens, bon, honnête, obligeant. C'est un brave homme. C'est une famille de braves gens.

    Ironiquement. Et les braves Pyrrhoniens, Pascal, dans COUSIN.

    Très familièrement. Vous êtes un brave homme d'être venu me voir. Nous n'avons, m'a-t-il dit, ni Lambert ni Molière ; Mais, puisque je vous vois, je me tiens trop content ; Vous êtes un brave homme, entrez, on vous attend, Boileau, Sat. III.

  • 3 Familièrement, vêtu, paré avec soin. Riquet à la houppe se présente à elle, brave, magnifique, et comme un prince qui va se marier, Perrault, Contes, 78. Elle se fait brave pour la noce de son fils, Perrault, 601. Ta forte passion est d'être brave et leste, Molière, Éc. des fem. V, 4. Est ce que tu es jalouse de quelqu'une de tes compagnes que tu voies plus brave que toi ? Molière, Am méd. I, 1. J'ai loué cet habit pour paraître un peu brave, Boursault, Ésope à la cour, III, 5.

    Brave comme une noce, comme un jour de Pâques, extrêmement paré.

  • 4 S. m. Un homme vaillant à la guerre. Il est de faux dévots ainsi que de faux braves, Molière, Tart. I, 6. Rien n'est plus lâche que de faire le brave contre Dieu, Pascal, Préf. gén. Faisons tant que nous voudrons les braves, la mort est la fin qui attend la plus belle vie du monde, Pascal, dans GIRAULT-DUVIVIER. Le brave la défie [la mort] et marche au-devant d'elle, Voltaire, Orphel. I, 5. Le droit de dominer où chaque peuple aspire De l'habile et du brave est le prix glorieux, Saurin, Spartac. III, 4. C'est trop d'incertitude, il faut mourir en brave, Delavigne, Vêp. sicil. IV, 4. Je crains peu, direz-vous, les braves du Parnasse, Boileau, Sat. IX. Les deux armées semblent avoir voulu se renfermer dans des bois et dans des marais, pour décider leur querelle, comme deux braves en champ clos, Bossuet, Louis de Bourbon. Gloire à ces braves ! Sparte et Rome Jamais n'ont vu d'exploits si beaux, Hugo, Odes, II, 3. Cela me fait souvenir de ce qu'on dit quelquefois : quand brave rencontre brave, brave demeure, Sévigné, 597.

    Familièrement et par plaisanterie, c'est un brave à trois poils, c'est un homme d'une bravoure éprouvée. Locution venue de la forme de la moustache des raffinés d'honneur sous Henri III et Henri IV.

    Mon brave, locution vulgaire qui se dit soit à un homme avec qui l'on est très familier, soit à un homme inférieur de position. Venez ici, mon brave.

  • 5Assassin à gages. Il le fit assassiner par un brave qu'il paya. Peu usité (voy. BRAVO 2).

REMARQUE

1. Un brave homme est un honnête homme ; un homme brave est un homme qui a de la bravoure. Cette distinction, qui est maintenant établie par l'usage, ne l'était pas au XVIIe siècle ; et, comme on peut voir dans les exemples, Corneille a dit constamment un brave homme pour un homme brave. Quant à braves gens, il a les deux sens et signifie soit des hommes vaillants, soit des hommes bons et obligeants.

2. Le sens de bon que brave a dans : c'est un brave homme, est étendu, dans le Midi, à toutes sortes d'emplois qui sont vicieux : notre curé est fort brave, voilà de braves poulets ; il faut dire : notre curé est un brave homme ; ces poulets sont beaux. Un brave curé, c'est un curé qui est un excellent homme ; un curé brave serait un curé qui aurait de la bravoure.

HISTORIQUE

XVIe s. Il avoit donné preuve de sa suffizance en quelque brave et docte sujet, Des Accords, Bigarrures, Avis au lecteur, p. 1. Tenir tables delicates, estre braves en accoustremens, Calvin, Inst. 881. Il est des morts braves et fortunées : je lui ay veu trencher le fil d'un progrez de merveilleux advancement, et dans la fleur de son croist, à quelqu'un, d'une fin si pompeuse, qu'à mon advis, ses ambitieux et courageux desseins n'avoient rien de si hault que feut leur interruption, Montaigne, I, 68. Donner dans la bresche, d'une brave asseurance, Montaigne, II, 7. J'aimerois mieulx une vie moins brave [aisée] et moins affaireuse, Montaigne, IV, 77. Il y avoit un barbier d'etuves qui estoit fort brave [fier], Despériers, Contes, XXXII. Cato adjousta à ce glorieux exploit une brave magnificence et haultesse de paroles, Amyot, Caton, 28.

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Étymologie de « brave »

Étymologie de brave - Littré

Provenç. brau (féminin brava), dur, méchant, brave ; catal. brau ; espagn. et ital. bravo ; bas-lat. bravus, sauvage. Le sens primitif est sauvage, dur, fougueux, d'où on passe facilement au sens de vaillant, courageux. Mais d'où vient celui de beau, bien habillé ? Sans doute de vaillant on est venu à habile (bravo en italien a cette acception), puis bon, beau, bien habillé. Cette acception est purement française et prouve que le mot brave est venu dans notre langue récemment de l'italien ou de l'espagnol ; s'il était ancien, il y serait sous la forme brou, répondant au provençal brau. Diez examine trois étymologies : 1° le latin pravus, méchant ; mais pravus a donné en provençal prau, et non brau ; 2° l'ancien haut-allemand raw, cru, d'où cruel, méchant, par l'épenthèse d'un b ; étymologie insuffisamment appuyée ; 3° le kymri braw, terreur, à laquelle Diez objecte que le sens de terreur ne se retrouve dans aucune langue romane. Aussi, admettant l'objection, on peut proposer comme quatrième conjecture le gaélique borb, cruel, barbare, hautain. Le bas-breton brao, beau, bien habillé, vient du français. On a aussi indiqué le latin bravĭum, brabīum, brabēum, du grec βραϐεῖον, prix de la victoire, récompense. Mais aucun intermédiaire, dans les langues romanes, ne permet de passer du sens de prix de la victoire à brave, surtout dans sa signification primitive ; puis l'accent diffère dans brave et dans bravīum : deux raisons qui ne permettent pas d'accueillir cette étymologie.

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Étymologie de brave - Wiktionnaire

(XVIe siècle) De l’italien bravo (« courageux »), plutôt que de l’espagnol bravo (« sauvage »). L’italien est un emprunt à l'occitan brau. La sixième acception est directement reprise de l’occitan brave.
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Phonétique du mot « brave »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
brave brav play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « brave »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « brave »

  • Braver l'interdit, était-ce aussi une sorte de défi ?Pour être honnête, je n'étais pas motivé par l'envie de braver un interdit. Je reconnais qu'il y avait quand même une petite histoire d'adrénaline un peu débile, mais pas forcément désagréable. Avec les gendarmes et les policiers, on avait conscience de jouer un peu au chat et à la souris. Ça peut paraître grisant de jouer avec la Police. Perso, je mettais une cagoule et un bob. Je n'avais absolument pas envie d'être affiché comme étant un mec qui désobéit, au cas où je me serais fait pincer. L'Équipe, Surf - Coronavirus : il a bravé l'interdit pendant le confinement, il témoigne - Surf - Coronavirus - L'Équipe
  • Quand le foot brave le confinement LaProvence.com, Sports | Quand le foot brave le confinement | La Provence
  • J’aime bien le navigateur Brave mais selon moi, Google Chrome reste au 1er plan en ce qui concerne une plus grande rapidité d’ouverture de certaines applications sur le web. Ce que Google Chrome fait en une seconde ou deux, brave le fait en trois à quatre fois plus de temps avec les mêmes extensions. Par contre, grâce à Widevine, Brave est au premier plan en ce qui concerne un meilleur visuel graphique sur le web comme la Télé en direct : TVA – LCN- Max – Canal D et autres. Pour la navigation sur le web, Google Chrome va chercher une rapidité grâce à des extensions, mais Brave est tout aussi rapide sans extension, ce qui lui donne un plus. Ce qui m’a aussi séduit est sa protection. En plus de bloquer tous les cookies, il bloque toute collecte de l’empreinte digitale d’appareil. Bref, je me sens un peu plus en sécurité contrairement à Google Chrome qui lui, a quelques mouchards qui collecte des informations personnelles à notre insu. Brave m’a aidé à voir ces mouchards. J’ai essayé plusieurs navigateurs : internet explorer de Microsoft, Firefox, Opéra, Microsoft Edge, Chromium, Google Chrome et Brave. Si j’ai à choisir un navigateur, Brave est mon premier choix. Sitegeek.fr, Brave : Le navigateur Internet le plus rapide du marché !
  • — Brave Software (@brave) October 24, 2019 ConseilsCrypto.com, Nouvelle version du navigateur web Brave qui ouvre sa publicité à 20 nouveaux pays - ConseilsCrypto.com
  • N'empêche, il aurait quand même pu caler un lien vers un artcile blog de brave sur le 1er lien, pour nous faciliter la lecture. , Que penser du navigateur internet Brave ? (Et pourquoi je privilégie Firefox…) - LinuxFr.org
  • Aujourd’hui, Brave serait jusqu’à 2 fois plus rapide que Chrome sur desktop et de 2 à 8 fois plus vite que Chrome/Safari sur mobile. Pour garantir sa rapidité, l’équipe derrière brave s’est appuyé sur le moteur open source Chromium à la base de Google Chrome, mais aussi de Vivaldi. En conséquence, le navigateur est compatible GNU/Linux, Mac OS X et Windows depuis ses débuts. L’économie des quelques 21% de batterie nécessaire au téléchargement de données supplémentaires du à la publicité en ligne n’est pas négligeable non plus, sans parler du dépassement de l’enveloppe de données pour les forfaits les moins bien garnis. La programmatique, qui permet de tailler les publicités selon les données récoltées sur un utilisateur Begeek.fr, Brave : un navigateur pour défendre les créateurs et votre vie privée
  • Le pirate doit savoir conduire sa barque aussi bien sinon mieux que les navigateurs qu'il brave. De Hubert Haddad / Evene.fr - Mars 2006
  • Les lâches meurent plusieurs fois avant leur mort ; Le brave ne goûte jamais la mort qu'une fois. De William Shakespeare / Jules César
  • Une fille, brave fille, deux filles, assez de filles, trois filles, avec la mère, quel tourment pour un père. De Proverbe occitan
  • Une minute vient toujours où le bon Dieu, qui est un brave homme, se met avec les honnêtes gens. De Georges Courteline / Bourbouroche
  • Vis comme un homme brave ; et si la fortune t’es contraire, affronte-la avec un coeur empli de courage. De Cicéron
  • L’homme brave va là où il est né ; le chien va là où il a été nourri. De Proverbe kirghiz
  • Vous pouvez vous estimer comme brave, si vous êtes réduit à vous mépriser comme aimable. De Stendhal / De l'amour
  • Si on le brave, le destin abandonne la plus haute étoile. De George Gordon, Lord Byron / Le pèlerinage du chevalier Harold
  • Il n’y a qu’une brave femme : tous croient l’avoir. De Proverbe occitan
  • Le courageux a du courage et le brave aime à le montrer. De Joseph Joubert / Carnet
  • On se cache d'être brave comme d'aimer. De André Gide
  • Un héros n’est pas plus brave qu’un homme ordinaire, mais il est brave quelques minutes de plus. De Ralph Waldo Emerson
  • Ce que mon désir brave, mon désir le conquiert. De Denys Gagnon / Chants et silences des trois créatures.
  • Heureux l'homme libre, brave et travailleur. De Le facteur Cheval
  • Le plus brave de nous a peur de son moi. De Oscar Wilde

Images d'illustration du mot « brave »

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Traductions du mot « brave »

Langue Traduction
Portugais bom
Allemand tapfer
Italien coraggioso
Espagnol valiente
Anglais brave
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Synonymes de « brave »

Source : synonymes de brave sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « brave »



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