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Banal

Variantes Singulier Pluriel
Masculin banal banaux
Féminin banale banales

Définitions de « banal »

Trésor de la Langue Française informatisé

BANAL, ALE, AUX, ALS, adj. et subst.

I.− Emploi adj.
A.− DR. FÉOD. [En parlant d'un obj. concr. ou d'un animal] Qui appartient au seigneur et dont l'usage est imposé à ses sujets moyennant redevance (cf. ban I C) :
1. ... le couvent avait, d'ordinaire, la seigneurie du village sur le territoire duquel il était placé. Il avait des serfs dans la seule partie de la France où il y en eût encore; il employait la corvée, levait des droits sur les foires et marchés, avait son four, son moulin, son pressoir, son taureau banal. Le clergé jouissait de plus, en France, comme dans tout le monde chrétien du droit de dîme. Tocqueville, L'Ancien Régime et la Révolution,1856, p. 94.
Jusqu'au XIXes., vx, droit admin. des communes. [En parlant du bien commun dont les habitants du village ont la libre jouissance] Chasse, forêt, pâture banale; four, moulin, puits banal. Synon. mod. communal.
Rem. Dans un autre domaine, plus récemment « les échaudoirs banaux » dans les abattoirs municipaux (cf. L'Œuvre, 15 juill. 1941); la fosse banale ou fosse commune (cf. également l'arbitrage banal dans Ac. 1932).
B.− Au fig.
1. Sans nuance péj. [En parlant d'une pers. ou d'une chose] Qui est commun, qui est à la disposition de tout le monde.
a) [En parlant d'une pers.] Témoin banal.
P. anal. et parfois avec une nuance péj. Un amant banal, une maîtresse banale; ou p. ext. un cœur banal, une couche banale :
2. ... on doit se donner rarement, ne pas avoir un cœur banal, et hésiter longtemps avant de se livrer. J. Simon, Le Devoir,1854, p. 186.
Rem. À noter dans le même sens un emploi subst. chez P. Borel, Champavert, Passereau, l'écolier, 1833, p. 168 : ,,Sur les ponts publics on ne paie pas, en femmes, c'est le contraire, ce sont les banales qu'on paie.``
b) [En parlant d'une chose]
[En parlant d'un obj. ou d'un ensemble matériel] Qui ne présente aucun élément singulier, qui est conforme à des normes adaptées au plus grand nombre d'usagers. Une banale chambre d'hôtel; un fauteuil, un hall de gare, un parloir banal :
3. Poursuivant l'examen global de mes raisons de dire banale cette chambre, c'est la notion de normal qui me vient maintenant à l'esprit, (...) elle est on ne peut plus normale, en ce sens qu'elle m'offre les commodités qu'on est en droit d'attendre d'une chambre de prix égal dans un établissement de classe égale. L. Jerphagnon, De la banalité,Paris, Vrin, 1965, p. 51.
Spéc., COMM. Article banal. Article usuel, de vente courante tel que le pain, le sucre, etc., et ne nécessitant donc pas d'information particulière de l'acheteur. Anton. article anomal.
[En parlant d'un événement] Qui peut arriver à tout le monde. Un accident, un événement, un incident banal; p. oppos. un accident, un fait-divers peu banal.
[En parlant d'une maladie] Une fracture, une grippe, une lésion banale et p. ext. un remède banal.
[En parlant des relations hum. cour.] Amabilité(s), civilité(s), politesse(s) banale(s); conseil(s), geste(s), sourire banal(s). Synon. habituel, usuel.
Rem. On rencontre fréquemment dans l'expr. écrite ou orale des tournures telles que : dans la plus banale acception du terme, dans son usage le plus banal; l'observation banale formule que; rien que de très banal; rien de plus banal.
2. Avec une nuance péj.
a) [En parlant d'une pers.] Qui manque d'originalité, de personnalité. La crainte d'être banal; p. oppos. un être (pas) peu banal. Synon. médiocre, quelconque :
4. Il s'en débarrassa pourtant et courut d'un bond jusqu'à l'hôtel. Emma n'y était plus. Elle venait de partir, exaspérée. Elle le détestait maintenant. Ce manque de parole au rendez-vous lui semblait un outrage, et elle cherchait encore d'autres raisons pour s'en détacher : il était incapable d'héroïsme, faible, banal, plus mou qu'une femme, avare d'ailleurs et pusillanime. Flaubert, Madame Bovary,t. 2, 1857, p. 133.
5. Piètre figure que fait Goethe devant les Français en 1806. Il pleure d'effroi. Sa platitude, son abaissement, la lettre qu'il écrit au grand chancelier quand il reçoit la Légion d'honneur. Je ne le croyais pas aussi banal. Green, Journal,1950-54, p. 257.
b) [En parlant d'une chose concr. ou abstr.] Qui devient vulgaire, anonyme à force d'être utilisé, vécu, regardé.
[En parlant d'un obj. matériel ou plus gén. d'un cadre de vie] :
6. Il demeure rue Montparnasse. (...). On nous introduit dans un salon au rez-de-chaussée, à papier grenat, aux meubles de velours rouge, à formes Louis XV de tapissier, − salon froid, nu, bourgeois et banal, rappelant assez le salon d'une maison de prostitution d'une ville de province. E. et J. de Goncourt, Journal,1862, p. 1178.
7. ... ainsi sa compagnie tournait fatalement mon attention vers de menus détails de l'existence quotidienne qui à mes yeux prenaient inopinément une importance significative. Car tout avait un sens, mais il restait indéchiffrable. J'étais peu à peu entouré d'une multitude de figures; l'objet le plus banal se détachait de son néant pour solliciter ma pensée, et tant d'êtres sortaient de l'ombre au passage de Geneviève que tout Théotime s'animait d'une sourde vie morale. Bosco, Le Mas Théotime,1945, p. 143.
SYNT. Un cadre, un cadeau, un décor, un luxe, un modèle, un parfum banal; une ville banale.
[En parlant d'une manière d'être ou d'un style de vie] :
8. Cette ambition l'aveuglait; il en était arrivé à ne plus sentir, autour de lui, la petite allure de la vie, à ne plus voir l'aspect monotone, plat et banal, des choses : le surveillant d'étude qui bâille sur ses auteurs de licence, les paresseux qui bâclent leur thème, et les cancres qui attrapent des mouches, ou qui regardent tristement vers les fenêtres où le ciel de nacre s'approfondit en nuit bleue. Larbaud, Fermina Marquez,1911, p. 48.
SYNT. Un amour, un air, un passe-temps, un projet, un sentiment banal; une passion banale; de banales effusions.
Le plus fréq. [En parlant des formes d'expr. écrite ou orale] :
9. Connaissant tout le monde, dans tous les mondes (...), ils [Mmede Guilleroy et Olivier Bertin] étaient exercés à ce sport de la causerie française fine, banale, aimablement malveillante, inutilement spirituelle, vulgairement distinguée qui donne une réputation particulière et très enviée à ceux dont la langue s'est assouplie à ce bavardage médisant. Maupassant, Fort comme la mort,1889, p. 12.
10. ... il suffit à l'œuvre littéraire, pour avoir droit à l'existence, de nous fournir sur le monde ou sur l'homme quelque connaissance nouvelle. À l'inverse, le roman est-il inhumain et sans vie, c'est qu'il est banal, déjà vu, fait de lieux communs. Ce que la langue chiffrée des critiques entend de nos jours par vivant, humain, véridique et le reste, c'est d'abord nouveau, inattendu, inexploré. Paulhan, Les Fleurs de Tarbes,1941, p. 189.
SYNT. Un adage, un argument, un compliment, un exemple, un lieu commun, un livre, un point de vue, un prétexte, un propos, un proverbe, un refrain, un style, un sujet, un thème banal; une appellation, une épithète, une excuse, une expression, une formule de politesse, une idée, une louange, une métaphore, une plaisanterie, une phrase, une vérité banale. − PARAD. a) (Quasi-)synon. commun, conventionnel, courant, normal, ordinaire, quelconque, routinier, uniforme; synon. de qualité : ennuyeux, facile, fade, impersonnel, incolore, inconsistant, inintéressant, insignifiant, médiocre, monotone, morne, neutre, niais, pauvre, plat, sans profondeur, prosaïque, stérile, terne, triste, trivial, vague, vide, vulgaire; synon. cour. dans le domaine de la conversation : éculé, rebattu, usé. b) (Quasi-)anton. bizarre, curieux, étrange, extraordinaire, inouï, insolite, nouveau, original, rare, surprenant.
Rem. Grev. 1964, p. 293, § 358, écrit au sujet du plur. de l'adj. : Banal, employé comme terme de féodalité, fait au pluriel masculin banaux : Fours banaux. Dans l'emploi ordinaire, il fait généralement banals : Des compliments banals (Ac.). (...) mais, dans cet emploi on dit aussi banaux : Un des banaux accidents (Fr. Jammes, M. le Curé d'Ozeron, p. 218). Pour Gramm. Lar. 1964, p. 196, § 298, ,,l'usage hésite entre banals et banaux``. Cf. aussi Ortho-vert 1966, p. 46 : ,,Il est toute une série d'adjectifs en al qui ne sont pas usités, au masculin pluriel (pénal) ou dont le pluriel est mal défini. Pour cette raison, on évite d'employer ces derniers au masculin pluriel; ce sont : astral, austral, banal, boréal, frugal, jovial, matinal, papal, pluvial, tonal, etc.``
C.− Emplois techn.
1. CH. DE FER. Machine banale. Qui peut être conduite par deux équipes (cf. Ch. Bricka, Cours de ch. de fer, t. 2, 1894, p. 77).
Voie banale. Voie où les trains peuvent circuler dans les deux sens (cf. banalisation et banaliser).
2. ÉCON. Espace banal. Conjonction de données économiques et géographiques en un point du territoire national (cf. Perroux, L'Écon. du XXes., 1964, pp. 127-137).
3. ÉLECTRON. Mémoire banale. Mémoire électronique non spécialisée pouvant enregistrer aussi bien des nombres que des adresses ou des instructions.
II.− Emploi subst.
A.− Caractère de ce qui est banal. Frôler le banal; descendre, sombrer dans le banal. Synon. banalité* :
11. Shade était là pour chercher du pittoresque ou du tragique, mais son métier lui répugnait : le pittoresque était dérisoire, et rien n'était plus tragique que le banal, que ces milliers d'existences humaines semblables à toutes les autres, que ces faces couvertes de douleur comme toutes l'étaient d'insomnie. Malraux, L'Espoir,1937, p. 726.
B.− Arg. des polytechniciens. Petite table placée dans la salle d'étude et sur laquelle on serre les objets d'un usage commun (Lévy-Pinet 1894, p. 49).
Rem. Attesté dans la plupart des dict. d'arg. à notre disposition.
PRONONC. : [banal], plur. [-o]. Enq. : /banal/.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1247 dr. féod. bannel « soumis à la banalité (le sujet est un animé) » (Runk., I, 185, 22 dans Leipziger Romanistische Studien, Leipzig, 1937, 16, 112 : les bourgeois de Bourc sunt bannel à mes moulins); 1269 « appartenant à un ban, à une circonscription seigneuriale, et sujet à la banalité (four, moulin, etc.) » (Charmes, 8, A. Meurthe dans Gdf. Compl.), maintenu après la disparition du régime féod. comme synon. de communal « qui est à la disposition de tous les habitants d'une commune » (1866, Lar. 19e); 2. a) 1718 (Ac. : [...] On appelle fig. Tesmoin banal, celuy qui est toujours prest de servir de tesmoin à tout le monde. Et on dit dans le mesme sens, caution banale, galant banal); b) 1798 « extrêmement commun, sans originalité » (Constant, Des Suites de la contre-révolution de 1660 en Angleterre, éd. Buisson, p. 86 : Il faut [...] donner à notre pacte social les moyens d'exécution, qu'on a remplacés jusqu'à ce jour, par des convulsions révolutionnaires, et la garantie sans laquelle une constitution n'est que l'étendart banal des partis, qui se le disputent et se l'arrachent tour-à-tour). 1 dér. de ban* dr. féod. étymol. 2; suff. -al*; à rapprocher du lat. médiév. bannalis « id. », 1032 (Fundatio Barr., éd. Waitz, MG Script. XV, p. 981, 36 dans Mittellat. W. s.v., 1337, 57) et 1223 (Chart. Lux. 11, 158, ibid., 42); 2 p. ext. à partir de 1 (Darm. Vie, p. 78).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1 531. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 792, b) 1 738; xxes. : a) 3 131, b) 3 020.
BBG. − Darm. Vie 1932, p. 78. − Duch. 1967, § 60.

Article lié : Pluriel de banal : « banals » ou « banaux » ?

Wiktionnaire

Adjectif 2 - français

banal \ba.nal\

  1. (Figuré) Qui se met à la disposition de tout le monde.
    • Cœur banal, générosité banale, amitié banale.
  2. Commun, très employé, trivial, ordinaire.
    • Je suis perplexe, comme on dit dans je ne sais quel bête de vaudeville. J’ai devant moi des épreuves dont j’étais près de donner le bon à tirer. J’y parle de fours banaux. Quand en coupant les pages du tome III du « Traité de médecine et de thérapeutique » publié sous la direction de M. Brouardel, mes yeux tombent, à la page 5, ligne 16, sous la signature de M. J. Girode, sur ces mots : « des faits assez banals ». J’ai cru d’abord à un lapsus d’imprimerie, n’ayant pas souvenance d’une exception pour banal de la règle du pluriel des noms et des adjectifs en al. J’ai ouvert une demi-douzaine de dictionnaires : l’Académie (1884), Littré, Landais, [Jean-François-Marie Bertet] Dupiney de Vorepierre, Larousse et Bescherelle ; partout j’ai vu que, quoique employé surtout au sens féodal, le pluriel de banal était bien banaux. Quel n’a pas été mon étonnement en poursuivant mon enquête de trouver presque toujours le pluriel banals ! Voyez plutôt :
      M.
      [Louis-Félix-Achille] Kelsch, Traité des maladies épidémiques, t. I, p. 93 : « microbes banals » ;
      M. J.
      [(Joseph)] Girode, Traité de médecine et de thérapeutique, t. I, p. 102 : « processus banals » ;
      M. R. Blanchard, Traité de pathologie générale, t. II, p. 652 : « exemples
      banals » ;
      M. Chantemesse, Traité de pathologie générale, t. II, p. 374 : « saprophytes
      banals » ;
      M. Chantemesse, Traité de pathologie générale, t. II, p. 406 : « microbes
      banals ».
      J’ai pensé alors que c’était là une de ces fautes
      médicales que beaucoup répètent sur la foi d’un maître, sans remonter aux sources. Mais mon étonnement a grandi en trouvant in « Petits poètes du XVIIIe siècle », éd. Quantin, 1888, Notice sur la vie et les œuvres de Gresset, sous la signature de M. L. [(Léopold)] Derome, p. xv : « compliments banals », et p. xxii « des proverbes banals ».
      Enfin cet étonnement est devenu de la stupéfaction quand j’ai lu dans la « Revue », —je ne la désigne pas autrement, tout le monde sait qu’on dit la Revue, comme on disait autrefois Urbs, — t. 129e, année 1895, p. 413, ligne 4, sous la signature de M. Louis-Paul Dubois : « Ces moyens
      banals de publicité » ; — t. 137e, p. 919, de M. A. Bellessort : « ils ne sont que trop banals. »
      Je suis très perplexe avec mes « fours
      banaux ». A-t-on vraiment, à Paris, changé tout cela ? Mais alors qu’on le dise.
      J’ai consulté à ce sujet les projets de réforme proposés dans la « 
      Revue scientifique » par M. Richet, le fisiologiste. J’ai relu attentivement l’article de M. Michel Bréal, les corrections que M. Clédat a adoptées pour le « Bulletin de l’Université de Lyon », rien n’est venu me tirer d’incertitude.
      Banals ou banaux, voilà la question. Parmi les lecteurs du Lyon Médical, il ne manque pas de membres de l’Université capables de faire cesser mon angoisse. — (P.-J. Navarre, « Banals ou banaux », in Bulletin du Lyon médical, 28e année, tome LXXXIII, numéro 46, Librairie médicale de Louis Savy, Lyon, 15 novembre 1896, p. 391)
    • Quelque citation latine banale de ci, de là, un aphorisme philosophique ou pédagogique, une ironie forcée mais acerbe, rehaussent son prestige. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • a) La plupart des adjectifs en -AL font leur pluriel en -AUX.
      ● des conseils conjugaux
      EXCEPTIONS
      bancal, fatal, natal, naval
      ● des combats navals
      b) Certains adjectifs acceptent les deux pluriels, avec ou sans différence de sens ; les plus courants sont :
      banal : -aux quand banal est un terme féodal
      ● des moulins banaux [qui appartiennent au seigneur]
      -als (rarement -aux) au sens courant
      ● des propos banals
      final : souvent -als, rarement -aux
      ● des examens finals
      idéal : -als ou -aux
      ● des êtres idéals / idéaux
      prénatal : le plus souvent -als, rarement -aux
      ● des cours prénatals
      — (Jacqueline Bossé-Andrieu, Abrégé des règles de grammaire et d’orthographe, Presses de l’Université du Québec, Québec, 1996, ISBN 2-7605-0864-1, p. 31)
    • Il y a une grande ironie : on cherche la perle rare et on tombe sur quelqu’un de banal. — (Iegor Gran, « Entretien avec Daniel Delattre, papyrologue : « Avec la technologie, on a l’impression de comprimer le temps » », in Charlie hebdo, n°1240, 27 avril 2016, page 15)
    • Il faut traduire ce qui est normal, la façon normale banale de parler dans une langue, dans ce qui est non moins banal et normal dans l’autre langue, même si dans cette autre langue, c’est très différent du mot à mot. — (Paul Veyne,  Référence nécessaire)
    • À 19 h 20, après avoir dîné, les Washington ont entamé une partie de mistigri en écoutant de vieux succès de l’ère doo-wop. La conversation, en partie masquée par la musique, était banale. — (Dean Koontz, L’Escalier du diable, traduit de l’américain par Sébastien Danchin, Éditions de L’Archipel, 2020)

Adjectif 1 - français

banal \ba.nal\

  1. (Féodalité) Qui appartient à un seigneur, et dont les paysans se servent en échange d’une redevance.
    • Four banal, moulins banaux.
    • Les ressources de la mer voisine qui venaient en aide à la charité publique, les levées de marais et quelques prairies banales où les plus gênés menaient pacager leurs vaches, un climat très-doux qui rendait les hivers supportables, tout cela faisait que les années passaient sans trop de détresse, et que personne ne se plaignait du sort qui l’avait fait naître à Villeneuve. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 27)
    • Je suis perplexe, comme on dit dans je ne sais quel bête de vaudeville. J’ai devant moi des épreuves dont j’étais près de donner le bon à tirer. J’y parle de fours banaux. Quand en coupant les pages du tome III du « Traité de médecine et de thérapeutique » publié sous la direction de M. Brouardel, mes yeux tombent, à la page 5, ligne 16, sous la signature de M. J. Girode, sur ces mots : « des faits assez banals ». J’ai cru d’abord à un lapsus d’imprimerie, n’ayant pas souvenance d’une exception pour banal de la règle du pluriel des noms et des adjectifs en al. J’ai ouvert une demi-douzaine de dictionnaires : l’Académie (1884), Littré, Landais, [Jean-François-Marie Bertet] Dupiney de Vorepierre, Larousse et Bescherelle ; partout j’ai vu que, quoique employé surtout au sens féodal, le pluriel de banal était bien banaux. Quel n’a pas été mon étonnement en poursuivant mon enquête de trouver presque toujours le pluriel banals ! Voyez plutôt :
      M.
      [Louis-Félix-Achille] Kelsch, Traité des maladies épidémiques, t. I, p. 93 : « microbes banals » ;
      M. J.
      [(Joseph)] Girode, Traité de médecine et de thérapeutique, t. I, p. 102 : « processus banals » ;
      M. R. Blanchard, Traité de pathologie générale, t. II, p. 652 : « exemples
      banals » ;
      M. Chantemesse, Traité de pathologie générale, t. II, p. 374 : « saprophytes
      banals » ;
      M. Chantemesse, Traité de pathologie générale, t. II, p. 406 : « microbes
      banals ».
      J’ai pensé alors que c’était là une de ces fautes
      médicales que beaucoup répètent sur la foi d’un maître, sans remonter aux sources. Mais mon étonnement a grandi en trouvant in « Petits poètes du XVIIIe siècle », éd. Quantin, 1888, Notice sur la vie et les œuvres de Gresset, sous la signature de M. L. [(Léopold)] Derome, p. xv : « compliments banals », et p. xxii « des proverbes banals ».
      Enfin cet étonnement est devenu de la stupéfaction quand j’ai lu dans la « Revue », —je ne la désigne pas autrement, tout le monde sait qu’on dit la Revue, comme on disait autrefois Urbs, — t. 129e, année 1895, p. 413, ligne 4, sous la signature de M. Louis-Paul Dubois : « Ces moyens
      banals de publicité » ; — t. 137e, p. 919, de M. A. Bellessort : « ils ne sont que trop banals. »
      Je suis très perplexe avec mes « fours
      banaux ». A-t-on vraiment, à Paris, changé tout cela ? Mais alors qu’on le dise.
      J’ai consulté à ce sujet les projets de réforme proposés dans la « 
      Revue scientifique » par M. Richet, le fisiologiste. J’ai relu attentivement l’article de M. Michel Bréal, les corrections que M. Clédat a adoptées pour le « Bulletin de l’Université de Lyon », rien n’est venu me tirer d’incertitude.
      Banals ou banaux, voilà la question. Parmi les lecteurs du Lyon Médical, il ne manque pas de membres de l’Université capables de faire cesser mon angoisse. — (P.-J. Navarre, « Banals ou banaux », in Bulletin du Lyon médical, 28e année, tome LXXXIII, numéro 46, Librairie médicale de Louis Savy, Lyon, 15 novembre 1896, p. 391)
  2. (Droit) Commun, en parlant de biens dont le public a la jouissance.
    • Arbitrage banal.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BANAL, ALE. adj.
T. de Droit féodal. Qui était soumis à une banalité. Four banal. Moulins banaux. Voyez BAN. Il se dit encore, en termes de Droit administratif, des biens communs dont le public a la jouissance. Arbitrage banal. Il signifie aussi figurément, en parlant des personnes ou encore des choses morales, Qui est, qui se met à la disposition de tout le monde. Témoin banal. Cœur banal. Amitié banale. Il signifie encore Qui est extrêmement commun, qui est devenu trivial ou insignifiant à force d'être employé. Cette expression est banale. Phrase banale. Louanges banales. On lui a fait un compliment banal. Se servir d'une excuse banale, d'un prétexte banal. Au sens figuré, BANAL fait au pluriel banals. Des compliments banals.

Littré (1872-1877)

BANAL (ba-nal, na-l') adj.
  • 1 Terme de féodalité. Se dit des choses desquelles les gens d'une seigneurie étaient obligés de se servir, en payant une redevance au seigneur du fief. Four banal. Moulins banaux. De plus certain procès qu'on m'a sottement fait Pour certain four banal sis en mon territoire, Regnard, Légat. III, 6.
  • 2 Fig. Qui se met à la disposition de tout le monde. Cœur banal. Témoin banal. Générosité banale. Des sophistes du temps l'adulateur banal, Gilbert, Mon apol.
  • 3Commun et trivial. Des consolations banales. Tous les hommes se flattent, nous avons tous à la bouche cette phrase banale : Il y a bien loin d'aujourd'hui à telle époque, Chateaubriand, Pensées, 297. Si l'on vous dit que l'art et que la poésie, C'est un flux éternel de banale ambroisie, Hugo, F. d'aut. 3.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

BANAL, terme de coûtume, se dit d’un moulin, four, pressoir ou autre chose semblable, que le seigneur entretient pour l’usage de ses censitaires, & dont il peut les contraindre d’user. Voyez ci-dessous Banalité.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « banal »

Ban.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(1247) Dérivé de ban, avec le suffixe -al. (1269) bannel.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « banal »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
banal banal

Fréquence d'apparition du mot « banal » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « banal »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « banal »

  • La mort n'est qu'un banal incident qui ne dure qu'un instant. Une affaire où l'on a plus de peur que de mal.
    Samuel Butler
  • L'expression du sentiment vrai est toujours banale. Plus on est vrai, plus on est banal. Car il faut chercher pour ne pas l'être.
    Paul Valéry — Tel quel
  • Quoi de plus banal, de plus prosaïque que la mort ? Elle est à la portée du premier venu. Mais vivre est une autre affaire !
    Pierre Gélinas — L'or des Indes
  • Un bien banal peut produire un désir supérieur à ce qui provient de la jouissance la plus grande et la plus estimable.
    David Hume — Traité de la nature humaine, 1739
  • Quand on a peur on s'ennuie. Et s'ennuyer, c'est banal et vulgaire.
    Réjean Ducharme — L'Océantume
  • Effrayant et banal ! C'est une combinaison atroce, la pire de toutes.
    Elizabeth Taylor (écrivain) — Le coeur lourd
  • On peut réinventer chaque jour le luxe et le banal, la démesure et le commun.
    Marc Levy — Vous revoir
  • Combien le train du monde me semble lassant, insipide, banal et stérile !
    William Shakespeare — Hamlet
  • La création est une déformation, une sublimation positive ou négative d'un élément banal.
    Michel Conte — Nu... comme dans nuage
  • En bon policier, il était capable de camoufler sa personnalité à volonté, de devenir aussi inoffensif et banal qu'un meuble.
    P.D. James — Sans les mains
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Images d'illustration du mot « banal »

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Traductions du mot « banal »

Langue Traduction
Anglais banal
Espagnol banal
Italien banale
Allemand banal
Portugais banal
Source : Google Translate API

Synonymes de « banal »

Source : synonymes de banal sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « banal »

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Banal

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