Soutenir : définition de soutenir


Soutenir : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SOUTENIR, verbe trans.

A. − [Empl. concr.]
1. [Le compl. désigne une entité matérielle] Empêcher (quelque chose) de tomber en (le) maintenant stable.
a) [Le suj. désigne un animé] Synon. maintenir, porter, retenir, tenir; anton. lâcher.
α) [Avec un compl. prép. indiquant ce qui soutient] En passant près de nous, la soutenant dans ses bras, elle me confia la boulotte qu'elle défaillait ainsi la cousine jolie, à cause du départ récent d'un fiancé mobilisé dans la marine (Céline, Voyage, 1932, p. 109):
1. ... la porte, violemment lancée, vint frapper en plein dos Lantibout, l'homme de chambre, lequel (...) soutenait sur les mains une colonne de gamelles empilées le long de sa poitrine. Courteline, Train 8 h. 47, 1888, p. 61.
β) [Avec un compl. prép. indiquant le point de soutien] Je veux m'asseoir, prenez-moi par ma capote. En le soutenant par le col, on le posa sur la banquette de tir (Dorgeles, Croix de bois, 1919, p. 193).
γ) [Sans compl. prép.] Je jaunissais à vue d'œil et je ne pouvais plus soutenir mon fusil (Vigny, Serv. et grand. milit., 1835, p. 105).Ses mains affaiblies soutenaient à peine une valise dont le petit-fils de Cadette lestement le débarrassa (Mauriac, Baiser Lépreux, 1922, p. 193).
δ) Empl. pronom. Se soutenir (par, au moyen de qqc.). Se maintenir dans une position, un état sans tomber. Et l'on ne peut comprendre qu'un semblable filigrane puisse se soutenir en l'air depuis des siècles! (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 38).
ε) Spécialement
DANSE. ,,Garder le plus longtemps possible une jambe à la hauteur ou à la demi-hauteur avant de la poser à terre`` (Meunier, Danse class., 1931, p. 137).
PÊCHE. Pêche à soutenir. Pêche statique pratiquée en mer du haut d'un lieu surélevé (digue, jetée, etc.) où l'on maintient le fil tendu en permanence (d'apr. Pollet 1970, Schreiner 1975).
b) [Le suj. désigne une chose] Synon. maintenir, retenir, supporter.Une branche de coudrier très flexible, fichée sur cette planchette, soutient une petite sonnette qui tinte lorsque le poisson (...) donne des secousses à la corde (Stendhal, Chartreuse, 1839, p. 17).Elle était écrasée sous un treillis de fils (...) soutenant des lampes électriques, car on y donnait des courses nocturnes (Montherl., Bestiaires, 1926, p. 518).
2. [Le compl. désigne un animé susceptible de se mouvoir]
a)
α) Empl. trans. Maintenir (quelqu'un) debout, (l')empêcher de tomber. Synon. retenir, tenir.Voûtée, courbée, chancelante, elle marchait pesamment, soutenue aux aisselles par ses deux vieux serviteurs, aussi voûtés, aussi courbés, aussi chancelants que leur maîtresse (Mirbeau, Journal femme ch., 1900, p. 154).« Il y en a des étoiles, ce soir », soupira-t-elle. Bernard la soutenait. Soudain elle sentit deux lèvres ardentes lui écraser la bouche (Dabit, Hôtel Nord, 1929, p. 114).
β) Empl. pronom.
Se maintenir debout dans son milieu naturel, rester en état de marche. Les oiseaux se soutiennent en l'air au moyen de leurs ailes. Les nageurs se soutiennent sur l'eau par le mouvement de leurs bras (Ac. 1935).
P. anal. Nos corvettes, travaillées par la mer et obligées à chaque instant de laisser porter pour éviter les glaces, eussent eu bien de la peine à se soutenir au vent de la banquise (Dumont d'Urville, Voy. Pôle Sud, t. 2, 1842, p. 63).
Garder sa consistance. Anton. se défaire, s'amollir.Cette étoffe se soutient (Ac. 1935). On prend celui [l'abricot] de plein vent, parce qu'il a plus de goût et se soutient mieux à la cuisson, peu mûr et ferme (Audot, Cuisin. campagne et ville, 1896, p. 649).
b) En partic.
α) [Le suj. désigne une partie du corps] Porter, tenir. Anton. abandonner.Mes jambes ne me soutiennent plus. Viens, aide-moi à me soulever, je ne peux plus me lever seul (Montherl., Malatesta, 1946, iv, 9, p. 535).Pour soutenir le développement du tronc supérieur, les muscles renforcés de la région postérieure du tronc contrastent avec un fessier réduit (Mounier, Traité caract., 1946, p. 212).
β) Empêcher (quelqu'un) de défaillir en (lui) procurant des forces ou une certaine excitation. Synon. fortifier, remonter, sustenter.Il faut prendre un peu de nourriture pour vous soutenir (Ac.1935).
Empl. abs. Voyez-vous ce morceau de fromage aussi dur que de la craie? Eh bien ! nous en raclons de temps en temps sur une poignée de neige; cela soutient et désaltère (Dusaulx, Voy. Barège, t. 1, 1796, p. 257).
Empl. pronom. Enfin, il fallait aussi pouvoir payer les tasses de café noir que tous les matins il prenait au café Florian pour se soutenir jusqu'au soir dans une excitation nerveuse (Balzac, Massimilla Doni, 1839, p. 386).Son haleine échauffée sentait l'eau-de-vie qu'il prenait pour se soutenir et qui ne semblait pas monter à son cerveau (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 111).
B. − P. anal.
1. [Le compl. est lié à une activité]
a) [Le compl. désigne un domaine ou un type d'activité ou une manière de se comporter] Contribuer à quelque chose afin que cela puisse se développer et atteindre sa pleine extension. Synon. aider, appuyer, encourager ; anton. entraver, gêner.
α) Qqn soutient qqc.Soutenir la grève. Le général Beysser, un Alsacien de Ribeauvillé, devait nous suivre avec cinq à six mille hommes pour soutenir notre attaque (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 172).En effet la guerilla qu'elle soutenait contre la République s'est vu retirer soudain son aliment (J.-R. Bloch, Dest. du S., 1931, p. 23).
En partic. On ne craint pas de soutenir des procès scandaleux contre des propriétaires qui n'ont pas voulu se vendre (Chateaubr., Mém., t. 3, 1848, p. 271).
Loc. Soutenir la conversation, la discussion. Faire en sorte qu'elle ne s'arrête pas faute de sujet, l'alimenter. J'étais loin cependant de pouvoir soutenir la conversation avec une femme qui y portait un si grand éclat d'idées (Chênedollé, Journal, 1824, p. 130).Elle habitait un univers si borné et usait d'un vocabulaire si réduit qu'au bout de trois minutes je désespérais de soutenir la conversation (Mauriac, Nœud vip., 1932, p. 44).
Empl. pronom. La conversation se soutint sur des généralités (Balzac, Vieille fille, 1836, p. 367).
β) Qqc. soutient qqc.Mais ce qui produit beaucoup d'effet, quand le sujet l'exige impérieusement, devient fatigant quand ce n'est qu'un moyen matériel, employé pour soutenir l'attention (Delécluze, Journal, 1827, p. 459).
Part. passé en empl. adj. Sa piété solide, régulière, était courte et peu soutenue de lectures (Mauriac, Baiser Lépreux, 1922, p. 211).
b) [Le compl. désigne une pers. impliquée dans une activité] Aider quelqu'un à accomplir quelque chose, à traverser une épreuve dans laquelle il est engagé. Synon. assister, épauler, réconforter; anton. abandonner, lâcher.
α) Qqn/qqc. soutient qqn dans qqc.Cette récompense me soutient dans mon entreprise (Baudry des Loz.,Voy. Louisiane,1802,p. 261).Avant de nous émouvoir et de nous convaincre, les Pensées ont soutenu dans leur résistance plusieurs générations jansénistes (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 383).
β) Qqn/qqc. soutient qqn.Oui, ces souvenirs ont soutenu mon courage (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 240).Au fond, c'était mon meilleur ami. Il me soutenait, voyez-vous, monsieur David (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 302).
Au part. passé. [Delacroix] était soutenu par la musique (Barrès, Cahiers, t. 11, 1917, p. 292).La réunion entre ces deux groupements paraît assurée seulement par plusieurs divisions de cavalerie soutenues par des détachements de toute armée en face des troupes britanniques (Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 412).
γ) Empl. pronom. Se soutenir de/par qqc.Synon. se réconforter, se donner de l'assurance.Il se raccrochait à cette pensée, se soutenait de cette conviction (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 319).Il n'osait pas lever les yeux, et il fumait entre les plats, se soutenant par cette attitude (Montherl., Célibataires, 1934, p. 896).
c) En partic. Apporter une aide financière à quelqu'un, l'aider matériellement. Synon. secourir.Le gros Thuillier et sa femme, morte en 1810, s'étaient retirés en 1806 avec une pension de retraite pour tout bien, ayant employé leurs gains à donner à Jérôme l'éducation des temps et à le soutenir, ainsi que sa sœur (Balzac, Pts bourg., 1850, p. 13).
Empl. pronom. réfl. Synon. subsister, subvenir à ses besoins.Depuis plusieurs années, je m'étais fait une règle de me soutenir entièrement par moi-même (Nerval, Corresp., 1839, p. 65).
2. [Le compl. désigne qqc. ou qqn par rapport auquel on prend position] Œuvrer de manière que quelque chose ou quelqu'un puisse réussir à s'imposer, à avoir le dessus. Synon. défendre; anton. combattre.
a) Qqn soutient qqc.Soutenir une propagande, un parti, les droits de qqn. En Suisse, M. Guizot, à la remorque de l'Autrichien, soutenait les traités de 1815 (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 78).Le S.R.L. avait soutenu en novembre les revendications de Thorez (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 258).
b) Qqn soutient qqn (contre qqn).Nous étions forcés de combattre sans quartier des gens qui auraient dû nous soutenir contre l'étranger (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 257).C'est absolument contraire à la pratique même des socialistes allemands, qui ne craignent pas (...) de soutenir les bourgeois libéraux (Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 73).
c) En partic. Soutenir une thèse (de doctorat). Présenter et défendre son travail de thèse devant un jury qualifié pour décerner le diplôme requis. Les jeunes Anglais soutiennent des thèses à Calcutta en arabe, en persan et en bengali (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 1, 1821, p. 170).
3. [Le compl. désigne une opinion ou un fait de connaissance] Affirmer quelque chose en l'appuyant par des raisons, faire valoir quelque chose.
a) Qqn soutient qqc.Synon. défendre, plaider; anton. démolir, dénigrer, rejeter.Soutenir un argument, une idée, une opinion. Tous deux s'emportaient, en soutenant chacun l'exactitude de ses renseignements, lorsque des cris et des larmes éclatèrent (Zola, Germinal, 1885, p. 1146):
2. Après ce festin inespéré le Dr Ragu soutint très brillamment cette thèse déconcertante, qu'il étayait des meilleurs arguments: Hitler (...) ne serait qu'un jouet entre les mains d'un savant état-major... Gide, Journal, 1943, p. 192.
Empl. pronom. passif. Ça se soutient. Toute classification suppose l'intervention active du classificateur. J'en conviens, cela peut se soutenir (H. Poincaré, Valeur sc., 1905, p. 261).
b) Qqn soutient que + prop.Synon. maintenir, professer; anton. nier.Il soutenait que Thomas n'était rien de plus qu'un autre, mais il ne manquait pas une des cérémonies que Thomas organisait dans l'église ! (Queffélec, Recteur, 1944, p. 140).V. mordicus ex. de Goncourt.
4. [Le compl. désigne qqc. dont on évalue un aspect, une dimension]
a)
α) [Qqc. d'abstr.] Soutenir sa réputation; soutenir l'honneur, la gloire de sa famille, de son pays (Ac.). Loc. Soutenir son rang, soutenir sa dignité. ,,Vivre, agir, parler d'une manière conforme à l'idée qu'on a donnée de soi`` (Ac.).
β) Empl. pronom. Se maintenir à un niveau, à une intensité élevé(e). Anton. mollir, se relâcher.Il n'y avoit cependant pas un moment à perdre; car la brise qui se soutenoit encore, pouvoit manquer à chaque instant (Dentrecasteaux, Voy. rech. La Pérouse, 1808, p. 419).Il n'est pas possible que de pareils prix se soutiennent. Les locations font trembler. On n'a rien pour quatre mille francs (Balzac, Lettres Étr., t. 3, 1845, p. 140).
ÉCON., FIN. Se maintenir à un niveau élevé. Anton. s'effondrer.Le cours des fonds publics se soutient (Ac. 1935). Juliette: (...) Eh bien, docteur, entre nous, que pensez-vous des chemins de fer? Le docteur: Le nord se soutient; pour les autres, baisse générale (Feuillet, Scènes et com., 1854, p. 61).
Au fig. Continuer, ne pas se démentir. Le succès de cet ouvrage se soutient; cette pièce de théâtre se soutient (Ac.). Ça se soutient, la pièce? hasarda la grosse mangeuse, entre deux bouchées (E. de Goncourt, Faustin, 1882, p. 11).
b) Spécialement
α) MUS. Aider un son à se maintenir sans diminuer de hauteur ou de rythme. Soutenir la mélodie, sa voix. Les violons, à l'unisson du chant, le soutiennent (P. Lalo, Mus., 1899, p. 226).La prophétesse Miriam reprenait le refrain [du cantique], le soutenant (...) du battement des tambourins (Gastoué, Vie mus. église, 1929, p. 6).
Au part. passé. Et sa voix caverneuse roulait, soutenue par les accords plaqués (Flaub., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 203).C'est une voix enfantine, cuivrée, perçante et qui nasille, soutenue par des mandolines (Colette, Music-hall, 1913, p. 224).
β) PEINT., ARTS GRAPH. Favoriser la perception des lignes, des formes ou l'éclat des couleurs d'une œuvre. Synon. rehausser, mettre en valeur.
Au part. passé. On parla d'un certain blond, soutenu de rose, qui appartient en propre à Renoir (L. Daudet, Idées esthét., 1939, p. 251).Ils offrent une expression heureuse et souriante, soutenue par des traits ascendants et arrondis, des gestes larges et courbes (Mounier, Traité caract., 1946, p. 182).
Empl. pronom. Cette couleur se soutient. ,,Elle conserve son éclat, elle ne pâlit pas`` (Ac. 1935).
C. −
1. [Le suj. désigne une chose] Supporter sans fléchir ce qui exerce une force, une pression. Synon. maintenir, résister à, supporter1.Ce mur soutient une terrasse. Les murailles des terrasses (...) soutiennent les pentes cultivées du Liban et les collines fertiles des environs de Bayruth (Lamart., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 71).Un gros coussin de cuir soutenait ses pieds douloureux (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 232).V. colonne ex. 2.
Au part. passé. Les armes des Bricoule étaient soutenues par deux figures d'Hercule (Montherl., Bestiaires, 1926, p. 513).
2. [Le suj. désigne un humain; le compl. désigne une activité] Rester engagé dans ou mener une activité jusqu'à son terme. Le duc de Bourgogne se voyait donc forcé à soutenir une guerre active contre le Dauphin (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 198).Et laissant là les deux hommes âgés incapables de soutenir une pareille course, nous nous lançâmes à la poursuite des deux ombres (Alain-Fournier, Meaulnes, 1913, p. 134).
Soutenir la concurrence. Faire face à la concurrence. Synon. affronter.Ils ne sont même pas capables, avec l'avance qu'ils avaient, de soutenir la concurrence des « industriels improvisés », comme ils disent (Romains, Hommes bonne vol., 1938, p. 157).
a) [Le compl. est présenté comme qqc. de nég.] Endurer un événement, une situation éprouvante. Synon. supporter1, surmonter.Soutenir une plaisanterie; ne pas soutenir la vue de qqc. Soutenir la torture (Ac.). Enfin on s'apprêta à soutenir toute la rigueur d'un siége (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 199).Le bonheur de ses deux enfants le rendait si heureux qu'il réussit à soutenir, sans faiblesse, la longue épreuve de la cérémonie religieuse (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1582).
Loc. Soutenir le choc. Tenir bon, résister à un choc sans être mis hors combat. [Le picador] abaissa la pointe de sa lance, se mit en arrêt, et soutint le choc du taureau si victorieusement, que la bête farouche chancela (Gautier, Tra los montes, 1843, p. 79).Au fig. V. choc B 1.
Loc. fig. Soutenir la comparaison. Se montrer l'égal de quelque chose. Synon. rivaliser avec.Il n'est pas dans Florence un seul homme qui puisse soutenir la comparaison avec lui, dès qu'il s'agit du dévoûment et du respect qu'on doit aux Médicis (Musset, Lorenzaccio, 1834, ii, 4, p. 148).Je voyais mal qui pourrait, parmi les amies de mon père, soutenir longtemps la comparaison avec Anne (Sagan, Bonjour tristesse, 1954, p. 152).
b) [Le compl. désigne qqc. d'ordre perceptuel] Supporter. Leur dernier degré de condensation est encore si limpide, que l'œil de l'homme n'en pourroit soutenir l'éclat, s'il n'a acquis sa force et sa maturité (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p. 61).Le spectateur ne soutient pas la vue d'Élizabeth après avoir été témoin des derniers moments de Marie (Staël, Allemagne, t. 3, 1810, p. 18).
Loc. Soutenir le regard (de qqn). Regarder quelqu'un sans baisser les yeux. Nul ne pouvait soutenir son regard (A. France, Vie fleur, 1922, p. 341). Je le savais, répondit l'autre d'une voix humble. Mais il se redressa aussitôt, soutint le regard du doyen et dit fermement, tout d'un trait: Je dois solliciter de Monseigneur mon rappel à Tourcoing (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 127).
Prononc. et Orth.: [sutni:ʀ], (il) soutient [-tjε ̃]. Ac. 1694, 1718: soustenir; 1740: soû-; dep. 1762: sou-. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 880 « supporter, endurer » (Eulalie, 16 ds Henry Chrestomathie, p. 3: Melz sostendreiet les empedementz Qu'elle perdesse sa virginitet); b) 1297 « supporter une dépense, des frais » (Chart. S. Lamb., no434, A. Liège ds Gdf. Compl.); c) 1316 (Jean Maillart, Comte d'Anjou, éd. M. Roques, 8036: combien qu'aucune foiz aviegne Que couros ou paine soustiengne); d) 1422 (A. Chartier, Quadrilogue, éd. E. Droz, p. 12: les Troyens pour leur pays defendre soustindrent le siège des Grecs); 2. a) ca 1140 « maintenir, porter » (Voyage de Charlemagne, éd. G. Favati, 521: Veez vus cele estache que le palais sustent); b) ca 1165 en parlant d'une personne sei soutenir « se tenir debout » (Benoît de Ste-Maure, Troie, 22276 ds T.-L.); c) 1377 (Oresme, Ciel et monde, éd. A. D. Menut et A.-J. Denomy, p. 544: Et a monstrer que aer comprimé peut soustenir choses pesantes); d) 1581 hérald. soutenu (H. de Bara, Le Blason des Armoiries, p. 32); e) 1687 soutenir la vue de qqn, soutenir une pensée (Mmede La Fayette, Princesse de Clèves, éd. Cazes, p. 155); 3. a) ca 1050 « sustenter, fortifier » (Alexis, éd. Chr. Storey, 252: De la viande ki del herberc li vint Tant an retint dunt sun cors an sustint); b) ca 1210 réfl. « se nourrir » (Robert de Clary, Constantinople, 16 ds T.-L.); c) 1349 (Guillaume de Machaut, Confort d'ami, éd. Hoepffner, 1702: car nature est bien repeüe De moult petit et soustenue); 4. a) ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 1129: Chrestientet aidez a sustenir!); b) 1155 (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 10784: Se grant guerre m'est avenue, Vus l'avez od mei sustenue); c) 1155 (Id., ibid.: Dui arcevesque le menoent [le roi] (...) chescuns l'un braz li susteneit); d) 1341 (Guillaume de Machaut, Remède, éd. Hoepffner, 3021: Cils dous espoirs en vie me soustient); e) 1377 (Id., Loange des dames, éd. Chichmaref, t. 1, p. 166: Car dous espoirs soustient mon cuer en dous penser); f) 1385 (Eustache Deschamps, Miroir, éd. G. Raynaud, t. 9, p. 17: Que adonc tes filles et fils (...) Et ta viellesce soustendroient); 5. a) 1269-78 (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 18446: Qui peut tel fables soutenir); b) 1349 soutenir que (Guillaume de Machaut, Alérion, éd. Hoepffner, 1684); c) 1349 (Id., Roy de Navarre, 1036: soustenir tout le contraire; 1542: cils poins ne se puet soustenir; 1732: pour ma cause soustenir); 1370 soustenir son opinion (Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p. 112); 6. a) fin xives. (Froissart, Chroniques, éd. G. T. Diller, p. 216: soustenir la querelle des Anglois); b) 1412 soutenir un parti (A. Chartier, Débat des deux fortunés d'Amour, éd. J. C. Laidlaw, p. 187); c) 1601 (Fauchet, Fleur Maison de Champagne, p. 109: car les Grecs ont soustenu la peincture plate plus que la sculpture); d) 1648 soutenir un paradoxe (Voiture, Lettres, p. 521); e) 1649 soutenir une thèse (Patin, Lettres, t. 1, p. 4); f) 1671 soutenir la gageure (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 386); g) 1760 soutenir un raisonnement (Prévost, Monde moral, p. 73); 7. a) 1erquart xiiies. « aider à se poursuivre, faire durer » (Reclus de Molliens, Miserere, éd. Van Hamel, 152, 6: car prodom (...) fain et soi Vaint por se vie soustenir); b) 1340 réfl. « durer (en parlant d'un sentiment) » (Guillaume de Machaut, Roy de Behaingne, 1690); c) 1601 (Charron, Sagesse, p. 332: [l'authorité] se soustient de deux choses, admiration et craincte meslées ensemble); d) 1611 « tenir une note » (Cotgr.); e) 1663 soutenir la conversation (Molière, Critique de l'École des femmes, scène 2); f) 1734 se soutenir « se conserver en bonne santé (d'une personne) » (Marivaux, Paysan parvenu, p. 128); g) 1755 (Prévost, Nouv. lettres angl., p. 9: mon attention s'est soutenue); 8. a) 1340 « aider à ne pas déchoir » (Guillaume de Machaut, Roy de Navarre, 1064: Nous ferons une chose ouvertement (...) Ou vostre pois soit contenue, Et m'onneur y soit soustenue); b) 1647 langage soutenu (Vaugelas, Rem., éd. J. Streicher, Préface, p. LXXXI); c) 1681 soutenir sa réputation (Bossuet, Disc. hist. univ., p. 79); d) 1746 prononciation soutenue (Batteux, Beaux Arts, p. 179). Du lat. pop. *sustenι ̄re, lat. class. sustinēre (refait sur *tenι ̄re, v. tenir) « tenir par-dessous, maintenir », « entretenir, sustenter, nourrir, conserver en bon état », « avoir la charge de », « endurer, résister à » (comp. de tenere « tenir » et sub « sous »). Fréq. abs. littér. Soutenir: 6 497. Soutenant: 380. Fréq. rel. littér.: Soutenir: xixes.: a) 13 235, b) 9 073; xxes.: a) 7 280, b) 7 091. Soutenant: xixes.: a) 612, b) 817; xxes.: a) 487, b) 361. Bbg. Quem. DDL t. 21.

Soutenir : définition du Wiktionnaire

Verbe

soutenir \sut.niʁ\ ou \su.tə.niʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se soutenir)

  1. Porter ; supporter ; maintenir.
    • Cette colonne soutient tout le bâtiment.
    • Cette pièce de bois soutient la charpente.
    • Cet arc-boutant soutient cette muraille.
    • Donner la main à quelqu’un pour le soutenir.
  2. (Figuré) Appuyer ; réconforter.
    • De leur côté, Louis VII et son fils, Philippe Auguste (1180-1223), jouèrent la carte de la déstabilisation, en intervenant dans les comtés d'Auvergne et de Toulouse, ou en soutenant la révolte de Jean et Richard contre leur père Henri II. — (Antoine Destemberg, Atlas de la France médiévale. Hommes, pouvoirs et espaces, du Ve au XVe siècle, éd. Autrement, 2017)
    • Je vous soutiendrai dans cette affaire.
    • Cette pensée, cet espoir le soutient.
    • Pourquoi le soutenez-vous quand il a tort ?
    • Vos encouragements m’ont soutenu.
    • Il l’a soutenu contre tous ses ennemis.
    • Soutenir une entreprise.
    • Il est très important pour un orateur de soutenir sa voix à la fin des phrases.
    • Soutenir ses fins de phrases.
    • Soutenez votre cheval dans cette descente.
  3. Assurer, affirmer qu’une chose est vraie.
    • Par exemple il soutenait, et toujours colérique­ment, que tout est guerre, que la lutte pour le salaire est guerre, que toute rivalité est guerre, et qu’ainsi la guerre sera toujours. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 215, Hartmann, 1937)
    • Il y en a qui prétendent que le gofio se fait avec de la farine de maïs mais il n'y a que le dictionnaire de l'Académie espagnole pour soutenir pareille chose et dans ces cas-là on sait ce que ça veut dire. — (Julio Cortázar, Un Certain Lucas, traduit de l'espagnol (Argentine) par Laure Bataillon , Éditions Folio (Gallimard), 2014)
  4. Défendre, appuyer une opinion, une doctrine, etc.
    • Oui, je le soutiens, la superstition est plus injurieuse à Dieu que l’athéisme, […]. — (Denis Diderot, Pensées philosophiques, Texte établi par J. Assézat, Garnier, 1875-77)
    • Je quitte Dollero tout heureux car, au milieu de ses éloges, il a, prétend-il, trouvé une épigramme, […]. Je l’attriste en soutenant que c’est encore un éloge et pas une épigramme. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
  5. (Figuré) Supporter, endurer sans découragement, sans trouble, quelque chose de fâcheux, d’inquiétant, de mortifiant, etc.
    • La dernière grande guerre qu’avait soutenue l’Angleterre, la guerre contre les Boers, était oubliée, et le public avait perdu l’habitude de la critique militaire experte. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 54 de l’éd. de 1921)
    • Il n’a pu soutenir sa disgrâce, son malheur, sa ruine. — Il a soutenu ce revers avec un grand courage.
  6. Supporter, résister à une attaque, à quelque chose dont il est difficile de se défendre.
    • Il s’agit ici des combattants seulement ; mais il faut ajouter à ce chiffre les servants, les ouvriers qu’il fallait avoir en grand nombre pour soutenir un siège : soit au moins le double des combattants. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Si les Spinaliens soutinrent vaillamment un siège contre Charles le Téméraire, il n’en fut pas de même, deux siècles plus tard, quand Louis XIV déploya contre eux ses forces […]. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923)
    • Soutenir un procès.
  7. Sustenter, donner de la force ; il se dit des aliments.
    • Il faut prendre un peu de nourriture pour vous soutenir.
  8. (Pronominal) Se tenir debout ; se tenir droit.
    • Il est si faible qu’il peut à peine se soutenir.
    • Il a peine à se soutenir sur ses jambes.
    • La tige de cette plante n’a pas besoin de tuteur, elle se soutient d’elle-même.
  9. (Pronominal) Être porté, de manière à ne pas tomber ou s’enfoncer.
    • L’échalassement , s'il est mal soigné , nuit à tous les ceps , mais sur-tout aux jeunes ; ils sont trop foibles pour se soutenir par eux-mêmes, et si leur échalas est renversé, on les voit ramper sur la terre avec lui. — (Jean Antoine Roulet, Recueil des mémoires sur la culture de la vigne, 1808, page 121)
    • Les oiseaux se soutiennent en l’air au moyen de leurs ailes.
    • Les nageurs se soutiennent sur l’eau par le mouvement de leurs bras.
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Soutenir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SOUTENIR. (Il se conjugue comme TENIR.) v. tr.
Porter, supporter, maintenir. Cette colonne soutient tout le bâtiment. Cette pièce de bois soutient la charpente. Cet arc-boutant soutient cette muraille. Donner la main à quelqu'un pour le soutenir. Fig., Soutenir le faix, le fardeau des affaires, Avoir l'administration principale des affaires, en porter tout le poids.

SOUTENIR s'emploie aussi figurément et signifie Appuyer, réconforter. Je vous soutiendrai dans cette affaire. Cette pensée, cet espoir le soutient. Pourquoi le soutenez-vous quand il a tort? Vos encouragements m'ont soutenu. Il l'a soutenu contre tous ses ennemis. Soutenir une entreprise. Soutenir une maison, soutenir une famille, Faire subsister une maison, une famille. Soutenir un État, un empire, En empêcher, en arrêter la chute, la décadence. En termes de Guerre, Soutenir une troupe, L'appuyer, l'aider, la renforcer. Soutenir le courage de quelqu'un, L'empêcher de céder à la crainte, de se laisser aller au découragement. Soutenir son rang, sa dignité, Vivre, agir, parler d'une manière convenable à sa dignité, à son rang. Soutenir son caractère, Vivre, agir, parler d'une manière conforme à l'idée qu'on a donnée de soi; Il se dit surtout des Personnages de théâtre. Soutenir sa réputation, Faire des actions ou des ouvrages qui répondent à la réputation qu'on s'est acquise. On dit de même : Soutenir l'honneur, la gloire de sa famille, de son pays, etc. Soutenir une dépense, Fournir ce qu'il faut pour une dépense. Soutenir la conversation, Entretenir la conversation, empêcher qu'elle ne vienne à languir. En termes de Musique, Soutenir sa voix, En maintenir la force, ne pas la laisser tomber. On dit dans le même sens : Il est très important pour un orateur de soutenir sa voix à la fin des phrases. Soutenir ses fins de phrases. On dit encore : L'accompagnement soutient la voix, soutient le chanteur, Il l'aide, il lui prête son appui. En termes de Manège, Soutenir un cheval, Lui tenir la bride serrée pour l'empêcher de fléchir ou de tomber. Soutenez votre cheval dans cette descente.

SOUTENIR signifie encore Assurer, affirmer qu'une chose est vraie. Il soutient un mensonge comme un autre soutiendrait une vérité. Il a soutenu qu'il n'y avait rien de si vrai. Vous avez dit cela, le soutiendriez-vous? Il soutient l'avoir vu. Soutenir son dire, Persister dans son affirmation. Malgré les objections, il a toujours soutenu son dire.

SOUTENIR signifie aussi Défendre, appuyer une opinion, une doctrine, etc. Soutenir une proposition, un système. Soutenir le pour et le contre. Soutenir une cause, une discussion, une dispute, une querelle. Soutenir le parti de quelqu'un. Il soutient son droit. Cela peut se soutenir. Soutenir le gouvernement. Soutenir une thèse, Répondre dans une discussion publique à tous les arguments présentés contre cette thèse.

SOUTENIR signifie encore, figurément, Supporter, endurer sans découragement, sans trouble, quelque chose de fâcheux, d'inquiétant, de mortifiant, etc. Il n'a pu soutenir sa disgrâce, son malheur, sa ruine. Il a soutenu ce revers avec un grand courage. Il a très bien soutenu cette épreuve. Il signifie aussi Supporter, résister à quelque attaque, à quelque chose dont il est difficile de se défendre. Il soutint l'assaut des ennemis. Il fut longtemps seul à soutenir les efforts de l'ennemi. Soutenir un siège. Soutenir une attaque, un choc. Soutenir un procès.

SOUTENIR signifie encore Sustenter, donner de la force; il se dit des Aliments. Il faut prendre un peu de nourriture pour vous soutenir.

SE SOUTENIR signifie Se tenir debout, se tenir droit. Il est si faible qu'il peut à peine se soutenir. Il a peine à se soutenir sur ses jambes. La tige de cette plante n'a pas besoin de tuteur, elle se soutient d'elle-même. Il signifie également Être porté, de manière à ne pas tomber ou s'enfoncer. Les oiseaux se soutiennent en l'air au moyen de leurs ailes. Les nageurs se soutiennent sur l'eau par le mouvement de leurs bras. Fig., Le cours des fonds publics se soutient, Il reste au même taux, sans baisser. Fig., Cette pièce de théâtre se soutient, Elle continue d'être représentée. On l'emploie surtout en sous-entendant que La pièce se soutient tant bien que mal. Le succès de cet ouvrage se soutient, Il continue. Cette étoffe se soutient, Elle est ferme, elle ne s'amollit pas. Cette couleur se soutient, Elle conserve son éclat, elle ne pâlit pas, ne change pas. Fig., Ce discours se soutient bien, Il est également bon d'un bout à l'autre. Le participe passé

SOUTENU s'emploie adjectivement. Langage, style soutenu, Langage, style constamment élevé, par opposition à Langage, style familier. Dans ce roman, dans cette pièce de théâtre, les caractères sont soutenus, bien soutenus, Les personnages y restent fidèles à leur caractère tel que l'auteur l'a une fois tracé. L'intérêt est soutenu, L'action ne languit pas. En termes de Peinture, Couleur soutenue, Couleur franche et solide.

Soutenir : définition du Littré (1872-1877)

SOUTENIR (sou-te-nir) v. a.

Il se conjugue comme tenir.

Résumé

  • 1° Tenir par dessous, supporter.
  • 2° Il se dit des personnes qui supportent quelque chose.
  • 3° Donner, dans une action, dans une lutte, un secours effectif.
  • 4° Donner de la force, en parlant d'aliments.
  • 5° Donner les moyens de subsister.
  • 6° Fournir de l'argent.
  • Fig. Empêcher une personne de fléchir, donner des forces morales.
  • 8° Soutenir un sentiment en quelqu'un.
  • 9° Il se dit d'un sujet, d'une matière qui donne des forces à l'auteur.
  • 10° Favoriser, appuyer de crédit, de recommandation.
  • 11° Fig. Porter comme fait un appui.
  • 12° Fig. Porter d'une manière honorable.
  • 13° Correspondre à, être digne de.
  • 14° Entretenir.
  • 15° Rivaliser avec.
  • 16° Persévérer dans.
  • 17° Fig. Être le porteur de.
  • 18° Résister à quelque chose dont il est difficile de se défendre.
  • 19° Il se dit des choses qui résistent à une épreuve.
  • 20° Il se dit de sensations excessives auxquelles on résiste.
  • 21° Résister aux pleurs, aux instances.
  • 22° Fig. Endurer avec une suffisante fermeté.
  • 23° Fig. Pousser jusqu'au bout.
  • 24° Il se dit d'une lecture fatigante.
  • 25° Défendre quelque chose, se ranger du côté de quelque chose.
  • 26° Affirmer, attester.
  • 27° En peinture, faire valoir.
  • 28° En musique, servir de fondement à une partie. Empêcher la voix de fléchir.
  • 29° V. n. Endurer (emploi qui n'est plus usité).
  • 30° V. réfl. Se tenir debout, se tenir droit.
  • 31° Être soutenu, de manière à ne pas tomber ou s'enfoncer.
  • 32° Se maintenir, subsister, durer.
  • 33° Maintenir sa puissance, son crédit.
  • 34° Conserver sa santé, sa vigueur, sa fraîcheur, au delà du temps ordinaire.
  • 35° Défendre, maintenir sa situation morale.
  • 36° Être approuvé, en parlant d'une composition littéraire.
  • 37° Persévérer.
  • 38° Être appuyé, défendu, en parlant d'opinion, de doctrine.
  • 39° Être supporté, enduré.
  • 40° Se prêter mutuellement aide et secours.
  • 41° En termes de marine, se soutenir dans sa route.
  • 1Tenir par dessous, supporter. Cette colonne soutient tout le bâtiment. Pièce de bois qui soutient la charpente. Entre ces vieux appuis dont l'affreuse grand'salle Soutient l'énorme poids de la voûte infernale, Boileau, Lutr. v.
  • 2Il se dit des personnes qui supportent quelque chose. Soutenir un fardeau. Soutiendrez-vous un faix sous qui Rome succombe ? Corneille, Pomp. I, 1. Des hommes qui soutiennent facilement le poids de la faveur et de l'autorité, La Bruyère, XI.

    Empêcher de tomber. Mes filles, soutenez votre reine éperdue, Racine, Esth. II, 7. C'est vouloir [les apologistes de la religion chrétienne] soutenir un chêne en l'entourant de roseaux ; on peut écarter ces roseaux inutiles sans craindre de faire tort à l'arbre, Voltaire, Rem. Pens. Pascal, Préambule.

    Absolument. Vous me quittez, ô ciel ! mais, Lise, soutenez ; Je sens manquer la force à mes sens étonnés, Corneille, Suite du Ment. V, 3.

    Fig. Soutenir le faix, le fardeau des affaires, en avoir l'administration principale. Mes frères, nous soutenons pour vous tout le poids d'un ministère pénible, Massillon, Carême, Parole.

    Fig. Soutenir une maison, une famille, être l'appui d'une maison, d'une famille. Titus, me disait-il, soutiendrait ma famille, Voltaire, Brut. II, 2.

    Fig. Soutenir un État, un empire, en empêcher, en arrêter la chute, la décadence. Vous avez assez soutenu l'État, qui est attaqué par une force invincible et divine, Bossuet, Reine d'Anglet.

    Terme de manége. Soutenir un cheval, lui tenir la bride serrée pour l'empêcher de fléchir. Soutenez votre cheval dans cette descente.

  • 3Donner, dans une action, dans une lutte, un secours effectif. J'allais de tous côtés encourager les nôtres, Faire avancer les uns, et soutenir les autres, Corneille, le Cid, IV, 3. L'exécution était sûre [d'un complot contre Richelieu] ; le péril était grand pour nous ; mais nous pouvions raisonnablement en sortir, parce que la garde de Monsieur, qui était dans le logis, nous eût infailliblement soutenus contre celle du cardinal, qui ne pouvait être qu'à la porte, Retz, Mém. t. I, liv. I, p. 35, dans POUGENS. On le vit presque en même temps pousser l'aile droite des ennemis, soutenir la nôtre ébranlée…, Bossuet, Louis de Bourbon.

    Particulièrement, en termes de guerre. Soutenir une troupe, l'appuyer pour la secourir au besoin. On a commandé cinq cents hommes pour soutenir les travailleurs.

  • 4En parlant des aliments, donner de la force. Elles [les poules d'Inde] font quelquefois deux couvées de suite et sans aucune interruption ; mais, dans ce cas, il faut les soutenir par une meilleure nourriture, Buffon, Ois. t. III, p. 198.

    Soutenir la nature, prendre des aliments.

    Il se dit en un sens analogue d'une femme qui allaite. J'en ai chargé soudain cette esclave fidèle Qui soutient de son lait ses misérables jours, Voltaire, Orphel. II, 3.

    Absolument. Je vous disais cela, me répondit-il, pour vous avertir que vous en pourriez boire [du vin] le matin et quand il vous plairait, sans rompre le jeûne ; et cela soutient toujours, Pascal, Prov. v.

    Fig. Enfin voilà trois de vos lettres… c'est une nourriture ; sans cela on est en faiblesse, on n'est soutenu de rien, Sévigné, 27 sept. 1684. Nous lisons : cela nous soutient la vie, Sévigné, 10 juin 1671.

    Soutenir le cœur, se dit d'une boisson qui réconforte. Notre bon abbé vous assure de son très humble service ; votre bon vin lui a soutenu le cœur contre les détestables chemins, Sévigné, 27 oct. 1673.

    Fig. Ce qui nous a soutenu le cœur contre la douleur…, Sévigné, 16 mars 1689.

  • 5Donner les moyens de subsister. Je suis dans un état à plaindre, où j'ai souhaité cent fois que, si un Dieu la soutenait [la nature], elle le marquât sans équivoque, Pascal, Pens. XIV, 2, édit HAVET. Il se trouve qu'à Tourney et à Ferney je nourris cent cinquante personnes ; on ne soutient pas cela avec des vers alexandrins et des banqueroutes, Voltaire, Lett. d'Argental, 19 déc. 1766. Des plus vils animaux Dieu soutient l'existence ; Ils sont, ainsi que nous, les objets de ses soins, Voltaire, Eccl. Précis. Il emploie tous ses revenus à décorer les églises, à soutenir les ouvriers indigents, et à soulager les infortunés de toutes les classes, Genlis, Mères riv. t. II, p. 358.
  • 6Fournir de l'argent. Cette pauvre Bertillac est devenue passionnée… de l'insensible Caderousse… il lui a fait mettre en gage ses perles, pour soutenir un peu la bassette, Sévigné, 24 janv. 1680. Quoique vous ayez reçu bien des petites sommes qui devraient vous avoir soutenue, Sévigné, à Mme de Grignan, 1er avr. 1689.

    Empêcher une compagnie, un établissement de tomber. De pareils raisonnements aveuglaient le gouvernement, au point qu'il ne se lassait pas de faire continuellement de nouveaux efforts pour soutenir cette compagnie, Condillac, Comm. gouv. II, 17.

    On dit de même : soutenir le crédit. Il s'est trouvé un homme [M. de Montmartel] qui a soutenu le crédit de la nation par le sien [dans la guerre de 1740], crédit fondé à la fois sur l'industrie et sur la probité, Voltaire, Mél. litt. Panég. de Louis X.

  • 7 Fig. Empêcher une personne de fléchir, donner des forces morales. Quand on veut soutenir ceux que le sort accable, Corneille, Pomp. I, 1. Un Dieu te soutiendra, si tu soutiens sa foi, Rotrou, St-Genest, IV, 4. Ces mêmes jalousies qui troublaient la Grèce, la soutenaient en quelque façon et l'empêchaient de tomber dans la dépendance de l'une ou de l'autre de ces républiques, Bossuet, Hist. III, 5. Dans ce dessein vous-même il faut me soutenir, Racine, Mithr. II, 6. Est-ce ainsi que vous soutenez Télémaque contre le vice auquel il succombe ? Fénelon, Tél. VII. Aucun ne me soutient au bord de cet abîme, Voltaire, Mort de César, III, 2. Il n'y a que les goûts et les passions qui nous soutiennent dans le monde, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 12 avr. 1760.

    On dit aussi dans un sens analogue : Soutenir le cœur, la vertu. Mais, ma chère enfant, soutenez un peu votre cœur contre ce voyage, qui n'a point d'autre nom présentement, Sévigné, 524. Non, mes frères, rien n'est sûr dans les vertus humaines, si la vertu de Dieu ne les soutient et ne les fixe, Massillon, Pet. carême, Fausse gloire humaine.

    Soutenir le courage de quelqu'un, l'empêcher de se laisser aller au découragement. Il soutient sa constance, il l'exhorte au supplice, Voltaire, Orph. III, 5.

    On dit dans un sens analogue : Cet espoir, cette illusion, cette pensée le soutient.

  • 8Soutenir un sentiment en quelqu'un, l'entretenir, le faire durer. Il faut que vous lui disiez toujours [au bon abbé] quelque petite douceur, pour lui soutenir l'extrême envie qu'il a de vous aller voir, Sévigné, 24 juin 1672.
  • 9Il se dit d'un sujet, d'une matière qui donne des forces à l'auteur. Son sujet le soutenait.

    Absolument. Je vais, pour sortir d'embarras, me jeter d'abord sur la biographie ; c'est un moyen même d'éclairer les questions générales ; et raconter soutient toujours un peu, Villemain, Litt. franç. XVIIIe siècle, 2e part. 3e leçon.

  • 10Soutenir quelqu'un, le favoriser, l'appuyer de crédit, de recommandation. Il ne serait plus en place, si on ne le soutenait. Vos encouragements m'ont soutenu. Vous avez soutenu mon frère de votre crédit. On ne voit point dans ces pourpris Les cabales toujours mutines De ces prétendus beaux esprits Qu'on vit soutenir dans Paris Les Pradons et les Scudérys Contre les immortels écrits Des Corneilles et des Racines, Voltaire, Temple du Goût. La reine de Suède et le premier prince de France [le frère de Louis XIII] ne soutinrent point ce mauvais ouvrage [la Rodogune de Gilbert], comme depuis l'hôtel de Bouillon et l'hôtel de Nevers soutinrent la Phèdre de Pradon, Voltaire, Comm. Corn. Rem. Rodogune, Préface. Il [Louis XIV] soutenait Boileau, Racine et Molière contre leurs ennemis, Voltaire, Lett. milord Harvey, 1740. Soutenir quelqu'un, prendre son parti. Quoi ! vous la soutenez ? - En aucune façon. - Prenez-vous son parti contre moi ? - Mon Dieu ! non, Molière, Fem. sav. II, 6. Il soutint son ami et justifia Socrate, D'Alembert, Él. Montesq.

    Soutenir une pièce par son jeu. À tant de défauts, l'auteur [Dorat] avait joint la maladresse de choisir pour son héroïne Mlle Dubois, très jolie créature, mais peu faite pour soutenir une pièce, Bachaumont, Mém. secr. 6 mars 1763.

    À certains jeux de cartes, partager le jeu d'une autre personne.

  • 11 Fig. Porter, comme fait un appui. La noblesse est bien peu de chose, quand elle n'est pas soutenue par de grands biens, Lesage, Bach. de Salam. III, 14. Comme Athalie était soutenue par le pathétique de la religion, Voltaire, Mél. litt. à l'abbé d'Olivet. Partout où la leçon n'est pas soutenue par l'autorité, et le précepte par l'exemple, l'instruction demeure sans fruit, Rousseau, Écon. polit.
  • 12 Fig. Porter d'une manière honorable. Ma nièce de Coligny… soutiendra dignement la grandeur de cette succession, Sévigné, à Bussy, 14 févr. 1687. Ils vivaient de leur chasse dans leurs chaumières, et, par une sage économie, ils soutenaient fort bien leur noblesse, Lesage, Est. Gonz. 45. Lorsqu'il fallait soutenir la majesté du prince, Montesquieu, Lett. pers. 74. Soutenons à l'envi les grands noms de nos pères, Voltaire, Triumv. V, 5.

    Soutenir son rang, sa dignité, vivre d'une manière convenable à son rang, à sa dignité. Régnez, et de ce rang soutenez mieux la gloire, Racine, Alex. IV, 2.

    On dit familièrement dans le même sens : soutenir noblesse.

    Soutenir son caractère, être constant avec soi-même.

    Soutenir sa réputation, montrer qu'on en est digne.

    On dit de même : soutenir l'honneur, la gloire de sa famille, de son pays. Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison ! Corneille, Cid, I, 9. Ils ont à soutenir le bruit de leurs exploits, Racine, Bajaz. I, 1. Allez, et, soutenant l'honneur de vos aïeux, Dans cet embrassement recevez mes adieux, Racine, Mithr. III, 1. Songez plutôt à soutenir la réputation de votre père, Fénelon, Tél. I.

  • 13Correspondre à, être digne de. Othon, dont les hauts faits soutiennent le grand nom, Corneille, Othon, I, 1. Ta gaie humeur soutient ta bonne mine, Th. Corneille, l'Amour à la mode, II, 5. La seule simplicité d'un récit fidèle pourrait soutenir la gloire du prince de Condé, Bossuet, Louis de Bourbon. Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage, Rétablit l'appétit, réchauffe le courage, Boileau, Lutr. IV. Ses dernières années ne soutinrent pas parfaitement la réputation qu'il s'était acquise, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 471, dans POUGENS. C'était pour examiner si son éloquence [de saint Ambroise] répondait à sa grande réputation, et si ses discours soutenaient les applaudissements que lui donnait tout son peuple, Massillon, Carême, Parole. Nos manières, nos démarches, notre langage, tout notre extérieur doit y soutenir [dans le monde] la sainte dignité de notre état, Massillon, Confér. Man. dont les ecclésiast. doivent convers.
  • 14Entretenir. La vanité et les médisances qui soutiennent tous les commerces du monde, lui faisaient craindre tous les entretiens, Bossuet, Anne de Gonz. L'une de ces filles, qui a servi à l'opération de M. Marantin, soutenait la chaleur du four dans lequel cuisaient des pommes et de la viande de boucherie pendant l'expérience, Buffon, Suppl. à l'Hist. nat. Œuv. t. XI, p. 202.

    Soutenir la conversation, ne point la laisser languir. Il y a [à la cour d'Espagne] deux nains qui soutiennent toujours la conversation, Mme de Villars, Lettr. 26 janv. 1680.

  • 15Rivaliser avec. Je suis assurée que cette petite personne [Pauline] est jolie… et qu'elle soutient et même efface des beautés plus régulières, Sévigné, 2 mars 1689.

    Faire face à. Vous avez voulu soutenir les extrêmes honnêtetés de M. de Vivonne… il me semble que je vous vois prendre en votre courage ce que vos forces vous refusent, Sévigné, 26 mars 1680. J'ai une assez plaisante nouvelle à vous apprendre ; voyons un peu comment vous la soutiendrez, Genlis, Th. d'éduc. le Méchant par air, III, 3.

    Soutenir une dépense, y subvenir, en faire les frais.

  • 16Persévérer dans. Pour vouloir soutenir le courroux qu'on me donne, Mon cœur a trop su me trahir, Molière, Amph. II, 6. Les pensées pures, qui le rendraient heureux [l'homme], s'il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent, Pascal, Pass. de l'amour. Qu'une femme ne donne point d'atteinte à la foi conjugale, qu'elle ne soutienne pas un jeu outré… la voilà calme sur l'affaire du salut, Massillon, Mystères, Visitation. C'eût été un effort de dissimulation que je n'aurais pu soutenir, Marmontel, Mém. IX.
  • 17 Fig. Être le porteur de. La beauté est partagée en mille différentes manières ; le sujet le plus propre pour la soutenir, c'est une femme, Pascal, Pass. de l'amour.
  • 18Résister à quelque chose dont il est difficile de se défendre. Soutenir un siége. Ce petit bâtiment ne put soutenir le choc d'un grand navire. Le chêne ne put soutenir la force du vent. Enfin, je suis le prodige de Vichy, pour avoir soutenu la douche courageusement, Sévigné, 283. Secourez la vertu fatiguée du combat qu'elle soutient au dedans contre tant de tentations, Bossuet, Reine d'Anglet. Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus ! Racine, Mithr. II, 1. J'ai soutenu une honorable guerre contre Charles-Quint empereur et roi d'Espagne, Fénelon, Dial. des morts mod. (Louis XII, François 1er). Un jour il [Cyrus] soutint l'attaque d'un ours, et le terrassa, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 165. En vain le fameux chevalier Bayard soutint seul sur un pont étroit l'effort de deux cents ennemis qui l'attaquaient…, Voltaire, Mœurs, 111.

    Résister à des assaillants. Vaincus plus d'une fois aux yeux de la patrie, Soutiendront-ils ailleurs un vainqueur en furie ? Racine, Mithr. III, 1.

    Soutenir la torture, endurer la torture sans rien avouer.

    Terme de marine. Soutenir un combat, avoir affaire à des forces supérieures.

    Soutenir une chasse, fuir devant des forces supérieures, sans perdre aucun de ses avantages.

  • 19Il se dit des choses qui résistent à une épreuve. Cet ouvrage n'a pu soutenir le grand jour de l'impression. Cette hypothèse ne peut soutenir un examen approfondi, Fresnel, Instit. Mém. scienc. 1821 et 1822, t. V, p. 369.

    Certains vins ne peuvent soutenir la mer, ne peuvent être transportés par mer sans perdre de leur qualité.

  • 20Il se dit de sensations excessives auxquelles on résiste. Je ne puis soutenir ces éclats de voix. On dit que l'aigle soutient les rayons du soleil. Tous les chants convenables aux paroles [d'Esther] qui sont tirées des psaumes… sont d'une beauté qu'on ne soutient pas sans larmes, Sévigné, 21 févr. 1689. De longtemps je ne serai remise de la joie que j'eus hier… j'avais peine à la soutenir, Sévigné, 11 déc. 1664. Un rang… Dont je n'ai pu de loin soutenir la clarté, Racine, Brit. II, 3.

    Soutenir le vin, ne pas en ressentir les effets enivrants. Breteuil, avec qui j'ai quelquefois soupé, soutenait très bien le vin, Duclos, Œuv. t. VI, p. 165.

  • 21Résister aux pleurs, aux instances. Il ne soutiendra point la fureur qui m'anime, Racine, Iphig. III, 5. Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats, Racine, Phèdre, I, 3. Il soutenait leurs larmes sans s'émouvoir, et se sentait flatté de cette espèce de triomphe, Montesquieu, Lett. pers. 64.
  • 22 Fig. Endurer avec une suffisante fermeté. Plusieurs n'en sauraient soutenir la pensée [d'un précipice] sans pâlir et sans suer, Pascal, Pens. III, 3. Le pauvre M*** [Fouquet], qui était ivre de sa faveur, et qui a soutenu héroïquement sa disgrâce, Sévigné, 348. Que la lie de l'esprit et du corps [la vieillesse] est humiliante à soutenir ! Sévigné, 15 août 1685. Cette constance par laquelle, n'ayant pu vaincre la violence de la destinée, elle en a si noblement soutenu l'effort, Bossuet, Reine d'Anglet. Après cette grande foule d'hommes et d'affaires qui l'environnait, il s'était lui-même réduit à une espèce d'oisiveté et de solitude ; mais il la sut soutenir, Bossuet, le Tellier. Les mutins n'oseraient soutenir ma présence, Racine, Mithr. IV, 6. Misérable ! et je vis ! et je soutiens la vue De ce sacré soleil dont je suis descendue ! Racine, Phèdre, IV, 6. Comment pourra-t-il [le nouvel enrichi] soutenir ces odieuses pancartes [billets d'enterrement] qui déchiffrent les conditions et qui font rougir la veuve et les héritiers ? La Bruyère, VI. âme infidèle ! vous craignez de ne pouvoir soutenir la sainte tristesse de la pénitence, et vous avez pu soutenir jusqu'ici la tristesse secrète du crime ! Massillon, Carême, Pécheresse. Esprits vastes, mais inquiets et turbulents, capables de tout soutenir, hors le repos, Massillon, Petit carême, Fausseté de la gloire hum. Soutenez encore un peu ce temps d'épreuve et de tribulation, que le Seigneur a marqué pour purifier sa victime, Massillon, Paraphr. ps. XXVI, V. 20. La douleur de la honte et l'amour de la patrie prévalurent tellement dans la plus part d'entre elles [femmes de Sparte], que les époux ne pouvaient soutenir les regards de leurs épouses, et que les mères craignaient le retour de leurs fils, Barthélemy, Anach. ch. I.

    Soutenir de, avec un infinitif, avoir la force de, se résigner à. Je ne pourrais pas soutenir de voir mes deux enfants malades, Sévigné, 20 oct. 1680. Je trouve que M. de Sully a plus de courage que ceux qui passeront l'Yssel ; il a soutenu… de voir partir tout le monde, lui jeune, riche, en santé…, Sévigné, 29 avr. 1672.

  • 23 Fig. Pousser jusqu'au bout. Soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire, Pascal, Pens. XIII, 5. Un si heureux commencement mérite qu'on le soutienne, Sévigné, 22 nov. 1688. Accoutumées par leur faiblesse même à cacher leurs secrets, elles [les femmes] soutiennent ces rôles singuliers [la possession] avec plus de constance que les hommes, Voltaire, Hist. parl. 39. Soutenir la gageure, pousser une entreprise jusqu'au bout. Aussi bien j'ai résolu de ne pas faire une longue lettre ; si pourtant je savais quelque chose de réjouissant, je vous le manderais assurément ; car je ne m'amuserais pas à soutenir cette sotte gageure, Sévigné, 11 mars 1672.
  • 24Il se dit d'une lecture fatigante. Je n'ai soutenu que cinq ou six pages : je meurs de peur que vous n'en puissiez lire davantage, Maintenon, Lett. au duc de Noailles, t. V, p. 29, dans POUGENS. Ces mêmes ouvrages ne laissaient pas de contenir d'excellentes choses, mais si mal dites, que la lecture en était difficile à soutenir, Rousseau, Confess. IX.
  • 25Défendre quelque chose, se ranger du côté de quelque chose. Soutenir le pour et le contre. Soutenir le parti de quelqu'un. Soutenir le gouvernement. Soutenir une discussion. Mille de ses enfants [de Rome], beaucoup plus dignes d'elle, Pouvaient bien mieux que nous soutenir sa querelle, Corneille, Hor. II, 1. Le marquis : Quoi ! chevalier, est-ce que tu prétends soutenir cette pièce ? - Dorante : Oui, je prétends la soutenir, Molière, Critique, 6. Son imagination [de Pauline, fille de Mme de Grignan] ne l'engage à rien qu'elle ne soutienne avec toute la grâce et tous les tons nécessaires, Sévigné, 23 avril 1690. Les conjurés n'avaient formé de plan que pour la conjuration, et n'en avaient point fait pour la soutenir, Montesquieu, Rom. 12. Il [Cicéron] soutient en cent endroits la mortalité de l'âme dans ses Tusculanes, après avoir soutenu son immortalité, Voltaire, Dés. Lisbonne, not. Il [Luther] parla devant l'empereur et devant la diète, et soutint sa doctrine avec courage, Voltaire, Mœurs, 128.

    Soutenir une thèse, répondre, dans une dispute publique, à tous les arguments présentés contre la thèse. Le savant Ramus… ne se doutait pas qu'il se préparait une mort affreuse en soutenant une thèse contre la logique d'Aristote, Voltaire, Pol. et lég. Comment. délits et peines, X. On lui [J. J. Rousseau] reproche de soutenir des paradoxes, Bachaumont, Mém. secr. 15 juin 1762.

    Soutenir un procès. Je me trouvai auprès d'un Manceau… qui avait été obligé de soutenir un gros procès criminel, Furetière, Rom. bourgeois, p. 266.

  • 26Affirmer, attester. Vous avez dit cela, le soutiendrez-vous ? Vous m'aimez, vous me le soutenez, Et cependant je pars, et vous me l'ordonnez ! Racine, Bérén. V, 5. Un honnête libraire, nommé G***, s'avisa d'imprimer une histoire générale qu'il assurait être de moi, et il me le soutenait à moi-même, Voltaire, Mél. litt. à l'auteur du Mercure, 1761. Les hommes n'ont qu'un certain degré de lumière, mais n'ont aussi qu'un certain degré d'audace et de mauvaise foi ; ils soutiennent par honneur et par persuasion ce qu'ils ont adopté par prévention ou par fanatisme, D'Alembert, Destr. des jés. Œuv. t. V, p. 209. Séraphine vient de me faire un mensonge, et de le soutenir de la manière la plus assurée, Genlis, Ad. et Th. t. I, p. 144, dans POUGENS.

    Dans ce sens, il se construit avec l'infinitif, ou avec que et l'indicatif. Il soutient l'avoir vue. J'envoie demain des cartels aux Mores de Maroc et de Fez, où je m'offre à soutenir que l'Afrique n'a jamais rien produit de plus rare ni de plus cruel que vous, Voiture, Lett. 40. Veux-tu soutenir que cela n'est pas véritable ? Hauteroche, le Coch. sc. 3. Tu m'oses soutenir que Sosie est ton nom ? Molière, Amph. I, 2. Pangloss avouait qu'il avait toujours horriblement souffert ; mais, ayant soutenu une fois que tout allait à merveille, il le soutenait toujours et n'en croyait rien, Voltaire, Candide, 30.

    Soutenir son dire, persister dans son affirmation.

  • 27 Terme de peinture. Se dit des parties qui en font valoir d'autres. Les ombres soutiennent les clairs.
  • 28 Terme de musique. La basse soutient le dessus, elle lui sert de fondement.

    Les instruments soutiennent la voix, ils l'empêchent de fléchir, de baisser.

    Soutenir sa voix, en prolonger le son avec une même force. La durée non interrompue de son ramage qu'il soutient quelquefois pendant vingt secondes, Guénaud de Montbelliard, le Rossignol.

    Il soutient bien les cadences, il fait les cadences longues et égales.

  • 29 V. n. Endurer (emploi qui n'est plus usité). Jésus cherche quelque consolation au moins dans ses trois plus chers amis, et ils dorment ; ils les prie de soutenir un peu avec lui, et ils le laissent avec une négligence entière, Pascal, Pens. XXV, 209.

    Faire soutenir, s'est dit pour faire souffrir, faire endurer. Voiture était plutôt [pour Mlle de Rambouillet] un amant de galerie et pour badiner qu'autrement ; aussi le faisait-elle bien soutenir, Tallemant, Histor. t. II, p. 235, éd. de 1834.

  • 30Se soutenir, v. réfl. Se tenir debout, se tenir droit. Arrête, de faiblesse à peine il se soutient, Corneille, Théod. V, 8. Il [M. de Sévigné] a un rhumatisme sur une cuisse et sur une hanche, qui lui fait beaucoup de mal, et l'empêche de se soutenir, Sévigné, 321. Je ne me soutiens plus ; ma force m'abandonne, Racine, Phèdre, I, 3. L'une des plus bizarres [coutumes chez les Chinois] est de rendre les pieds des femmes si petits, qu'elles ne peuvent presque se soutenir, Buffon, Hist. nat. hom. Œuvr. t. V, p. 29.
  • 31Être soutenu de manière à ne pas tomber ou s'enfoncer. Les oiseaux se soutiennent en l'air au moyen de leurs ailes. Comme si tout à coup j'étais tombé dans une eau très profonde, je suis tellement surpris que je ne puis ni assurer mes pieds dans le fond, ni nager pour me soutenir au-dessus, Descartes, Méd. II, 1.

    Fig. Ces fortunes qui s'élèvent sans peine à des degrés éminents, tombent presque toujours d'elles-mêmes, parce que ceux qui ont l'ambition et les qualités propres pour y monter, n'ont pas d'ordinaire celles qu'il faut avoir pour s'y soutenir, Retz, Conjur. Fiesque.

    Ce bâtiment se soutient bien, il demeure à plomb et dans son entier.

  • 32Se maintenir, subsister, durer. L'amour donne de l'esprit il se soutient par l'esprit, Pascal, Pass. de l'amour. Il n'y a rien de plus malheureux qu'un État qui ne se soutient que par les étrangers, où il ne trouve ni zèle, ni sûreté, ni obéissance, Bossuet, Hist. III, 6. Paris, dont on ne peut abaisser l'orgueil, dont la vanité se soutient toujours malgré tant de choses qui la devraient déprimer…, Bossuet, Sermons, Résurrection dern. I. D'un air plus grand encor la poésie épique, Dans le vaste récit d'une longue action, Se soutient par la fable et vit de fiction, Boileau, Art poét. III. Il n'y a rien qui se soutienne plus longtemps qu'une médiocre fortune ; il n'y a rien dont on voie mieux la fin que d'une grande fortune, La Bruyère, VI. Ces grands zèles ne se soutiennent pas, Massillon, Carême, Tiéd. 2. Ce goût ne se soutint pas, Rousseau, Confess. IV.

    La conversation se soutient, elle ne languit pas.

    Le cours des effets publics se soutient, il reste au même taux, il ne baisse pas.

    Cette étoffe se soutient, elle est ferme, elle ne s'amollit pas.

    Cette couleur se soutient, elle conserve son éclat.

  • 33Maintenir sa puissance, son crédit. Deux fils de Henri IV, César de Vendôme et le grand prieur, veulent se soutenir contre lui [Richelieu], et il les fait enfermer à Vincennes, Voltaire, Mœurs, 176. On a vu quelquefois de petites armées renverser de grands empires : ici 250,000 hommes attaquent une femme sans défense [Marie-Thérèse], et elle se soutient, Voltaire, Mél. hist. Exam. du test. Alberoni.
  • 34Conserver sa santé, sa vigueur, sa fraîcheur, au delà du temps ordinaire. Cette personne se soutient bien. Je pense qu'à cet âge-là on peut passer pour vieille ; pour moi, je vous avoue que je me regarde comme telle ; tout le monde ne se soutient pas comme vous, madame, Marivaux, Pays. parv. 3e part.

    En parlant d'une convalescence. Le mieux se soutient, le malade continue à aller mieux.

    Il se dit d'un mourant dont la vie se prolonge. Mme Larkin s'est soutenue jusqu'au mardi matin, Letourneur, Trad. de Clar. Harlowe, Lett. 65.

  • 35Défendre, maintenir sa situation morale. Quelqu'un traitait-il avec Madame, il semblait qu'elle eût oublié son rang pour ne se soutenir que par sa raison, Bossuet, Duch. d'Orl. Semblable à un criminel pressé par des preuves invincibles, il [Jurieu] ne peut pas… se soutenir devant ses accusateurs, Bossuet, 2e avert. 10. Le monde, vu de près, ne se soutient pas longtemps contre lui-même, Massillon, Prof. rel. serm. 4. J'avoue que ces récits m'ont fait souffrir ; mais je me soutiendrai mieux dans la suite, Marivaux, l'Heur. stratag. I, 13.
  • 36Être approuvé, en parlant d'une composition littéraire. Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, Boileau, Art poét. IV.

    Cette pièce de théâtre se soutient, elle est toujours bien accueillie du public. Cette tragédie [Pompée], qui est en effet d'un genre particulier, qu'il serait très dangereux d'imiter, se soutient par les beaux morceaux de détail, Voltaire, Comm. Corn. Rem. Pomp. III, 4.

    Le succès de cet ouvrage se soutient, il continue.

  • 37Persévérer. Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, Pascal, dans COUSIN.

    Ne pas se démentir. Votre personnage remplirait dignement une comédie parfaite ; car il ne se dément point, et se soutient toujours également, Sévigné, 328. Constantin et Irène firent religieusement exécuter les décrets du septième concile ; mais le reste de leur conduite ne se soutint pas, Bossuet, Hist. I, 11. C'était là [dans le sénat] que se formaient les desseins qu'on voyait se soutenir par leur propre suite, Bossuet, ib. III, 6. Tout se soutient dans cet homme [le nouvel enrichi] ; rien encore ne se dément dans cette grandeur qu'il a acquise, dont il ne doit rien, qu'il a payée, La Bruyère, VI.

    Cet ouvrage, ce discours se soutient bien, toutes les parties en sont bien traitées.

  • 38Être appuyé, défendu, en parlant d'opinion, de doctrine. Cette opinion ne peut se soutenir.
  • 39Être supporté, enduré. Ces pensées ne se soutiendraient pas, si on ne pensait en même temps…, Sévigné, 11 sept. 1689.
  • 40Se prêter mutuellement aide et secours. Ne vous croyez point mal à la cour ; nous nous y soutiendrons, Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 11 mai 1677.

    Fig. Le respect et l'amour doivent être si bien proportionnés qu'ils se soutiennent sans que ce respect étouffe l'amour, Pascal, Passions de l'amour.

  • 41 Terme de marine. Se soutenir dans sa route, ne pas la perdre par l'effet de la dérive et des courants qui peuvent vous contrarier.

HISTORIQUE

Xe s. Melz [mieux] sostendreiet les empedementz, Qu'elle perdesse sa virginitet, Eulalie.

XIe s. Chrestientet aidez à sustenir, Ch. de Rol. LXXXVII. Je n'arai jà qui sustienge m'honor, ib. CCIV.

XIIe s. Ne pur el [autre chose] ne fist l'um le nostre ordre establir, Fors pur les suffraitus aidier e sustenir, Th. le mart. 96. Se nos avons les biens recieuz de la main lo senior, por coi ne sostenrions nos les malz ? Job, p. 452. Certes à merveile me vient, Comment la terre me sostient, Que ele desoz mei ne font, Grég. le Grand, p. 79.

XIIIe s. Mestre Symon, d'un exemple novel Vous part le jeu, et vous en choisissiez ; L'un en prenez et l'autre me lessiez, Et vostre part soustenez bien et bel, Bibl. des ch. 4e série, t. V, p. 316. Je veil [veux] bien que ma gent voient que je ne les soustendrai en nulles de leur mauvestiés, Joinville, 209. Bastons ieres [tu étais] por soustenir Le cors ke je voi enviellir ; Fils, c'as-tu fait ? porpense toi, Gui de Cambrai, Barl. et Jos. p. 146.

XIVe s. C'est plus fort chose de soustenir tristesses ou choses tristes, que n'est soy abstenir de choses delettables, Oresme, Éth. 89. Celui qui soustient selon raison les perilz des batailles, Oresme, ib. 38. Nul ne soustendroit paciemment que l'en li feist moins…, Oresme, ib. 257.

XVe s. Or, belle dame, fait il, taisiez vous en, et ne le soustenez pas, Les quinze joyes de mariage, p. 88. Le filz veult entrer en gouvernement plus que devant, car la mere le soustient, ib. Quant les autres justiciers veirent ce, ilz cesserent de plus faire justice ; car ilz n'avoient qui leur soustint le menton, et pour ce dit vray le proverbe : quant le chef est malade, tous les membres s'en deullent, Perceforest, t. II, p. 44. Tandiz qu'ilz soustenoient nature [mangeaient], ib. t. II, f° 143. Adonc fut trop esbahie, et se doubta que le chevalier ne soustenoit celle cause pour l'amour d'elle, ib. t. VI, f° 83.

XVIe s. Il y en a qui insisteront à l'encontre, en soustenant que cette lecture ne sçauroit que bien peu servir, Amyot, Préf. IX, 34. Soutenir des guerres, Amyot, Numa, 9. Quelque peu de vivres necessaires à soustenir la vie de l'homme, Amyot, ib. 18. Platon soustint la depense du voyage qu'il fit en Aegypte, avec l'argent qu'il gaigna sur des huiles qu'il y vendit, Amyot, Solon, 4. Et si ne cognoissoient la vertu valeureuse De ce prince lorrain [Guise], qui d'un grand empereur [Charles-Quint] Avoit soustins à Metz la force et la fureur, Du Bellay, J. III, 66, verso. Je ne veux pas que vous le poulsiez ni le bransliez ; mais seulement ne le soustenez plus, La Boétie, 24. J'ay soustenu les premiers personnages ez tragedies de…, Montaigne, I, 198. Ils traverserent jusques en la Grece, où les Atheniens les soutinrent [leur résistèrent], Montaigne, I, 231. Les uns et les autres sçavoyent bien qu'ils seroyent soustenus… après arriverent pour le soutien des uns messieurs l'Admiral…, Lanoue, 649.

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Soutenir : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SOUTENIR, v. act. (Gram.) C’est supporter un fardeau ; cette poutre soutient seule tout le bâtiment. C’est tenir suspendu ; l’air soutient les nuages. C’est appuyer ; si je ne l’avois soutenu de la main, il tomboit à terre. C’est nourrir & fortifier ; ces viandes soutiennent long-tems. C’est résister ; il faut soutenir vigoureusement ce poste. Tenir la bride haute & ferme ; soutenez ce pas-là. Voyez les articles suivans.

Soutenir, v. act. en Musique, c’est faire exactement durer les sons toute leur valeur, sans se relâcher vers la fin, & sans en passer une partie dans le silence, comme font très-souvent les Musiciens, surtout les Symphonistes. (S)

Soutenir, (Marine.) on se sert de ce verbe pour exprimer l’effort d’un courant qui pousse un vaisseau dans un sens, tandis que le vent le pousse dans un autre sens ; de sorte que par ces deux forces il est porté dans sa véritable route.

Soutenir, (Marine.) on sousentend le pronom se. C’est demeurer dans le même parage, & ne pas dériver, nonobstant les courans ou la marée contraire, sans avancer cependant, ou sans avancer beaucoup.

Soutenir la main, (Maréchal.) ou soutenir un cheval, en termes de Manege, c’est tenir la bride ferme & haute, pour l’empêcher de tendre le col & de s’en aller sur les épaules.

On dit soutenir un cheval de la jambe de dedans ou du talon de dedans, lorsqu’il s’entable, & qu’en maniant sur les voltes sa croupe va avant ses épaules.

On dit encore soutenir un cheval, lorsqu’on l’empêche de se traverser & qu’on le conduit également, le tenant toujours sujet sans que la croupe puisse échapper, sans qu’il perde ni sa cadence, ni son terrein, en lui faisant marquer ses tems égaux.

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Étymologie de « soutenir »

Étymologie de soutenir - Littré

Bourg. sôtenir ; prov. et esp. sostener ; catal. sostenir ; portug. soster ; ital. sostenere ; du latin sustinere ; de subtus, sous, et tenere, tenir.

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Étymologie de soutenir - Wiktionnaire

Du latin sustinere.
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Phonétique du mot « soutenir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
soutenir sutnir play_arrow

Conjugaison du verbe « soutenir »

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Citations contenant le mot « soutenir »

  • « En cette Journée mondiale des rangers, nous rendons hommage à nos collègues rangers qui sont décédés dans l'exercice de leurs fonctions au cours de l'année. Nous rendons également hommage aux membres des familles laissées derrière dans les communautés voisines chaque fois qu'un ranger est tué. Il est de notre devoir de veiller à ce que les sacrifices consentis par les rangers et leurs familles ne passent pas inaperçus et de continuer à soutenir les rangers africains », a déclaré Andrew Campbell, Directeur général de Game Rangers Association of Africa (GRAA). , Reconnaître et soutenir les rangers qui travaillent contre toute attente - UNESCO Centre du patrimoine mondial
  • L’Etat français continuera de soutenir sans « aucune ambiguïté » Air France, n’excluant pas si besoin une montée au capital. C’est ce qu’a affirmé, vendredi, la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, au lendemain d’une perte massive annoncée par la compagnie aérienne. « L’Etat sera au rendez-vous parce que nous estimons qu’avoir une compagnie nationale c’est un élément important de notre souveraineté », a-t-elle déclaré sur LCI. , L’Etat continuera de soutenir Air France sans « aucune ambiguïté »
  • POLITIQUE - Cinq personnalités demandent ce jeudi 30 juillet au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin de “respecter” et “soutenir” le “lanceur d’alerte” Amar Benmohamed, un brigadier-chef qui accuse d’autres policiers de “racisme” et “maltraitances” au tribunal judiciaire de Paris. Le HuffPost, Des personnalités appellent Darmanin à "soutenir" le policier "lanceur d'alerte" | Le HuffPost
  • Tout le monde le disait ; loin de moi la pensée de soutenir que ce que dit tout le monde doive être vrai. De Charles Dickens
  • Il faut soutenir les femmes partout dans le monde, là où elles se battent pour défendre leurs droits. De Salma Hayek / une interview au Figaro - 14 octobre 2014
  • Il faut qu'une cause soit bien mauvaise pour vouloir la soutenir par l'ignorance et la misère ! De Baron d’Holbach / L'imposture sacerdotale
  • Une étincelle d'amour de Dieu est capable de soutenir un coeur durant l'éternité. De Jacques-Bénigne Bossuet / Lettres spirituelles
  • Fanatique. Celui qui s'obstine à soutenir une opinion qui n'est pas la vôtre. De Ambrose Bierce
  • Un empire fondé sur les armes a besoin de se soutenir par les armes. De Montesquieu / Considérations sur les causes de la grandeur des Romains
  • La place de l’artiste est de soutenir des idées, et pas des personnalités. De No One is Innocent / Evene.fr - Avril 2007
  • Il faut, pour soutenir une conversation en société, savoir une foule de choses inutiles. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Moque-toi d'une mauvaise réputation. Crains une bonne que tu ne pourrais pas soutenir. De Robert Bresson / Notes sur le cinématographe
  • Il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise. De François de La Rochefoucauld
  • Les grands noms abaissent au lieu d'élever ceux qui ne les savent pas soutenir. De François de La Rochefoucauld / Maximes
  • On se ruine souvent pour soutenir qu'on est riche. De Gustave Le Bon
  • Il y a trois actes de gouvernement : éclairer, soutenir, combattre : éclairer les aveugles, soutenir les faibles, combattre les ennemis. De Henri Lacordaire / Pensées
  • Il faut des crimes pour soutenir des crimes. De Sénèque
  • Un Président doit soutenir son Premier ministre. De Lionel Jospin / Le temps de répondre

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Synonymes de « soutenir »

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