La langue française

Étayer

Sommaire

  • Définitions du mot étayer
  • Étymologie de « étayer »
  • Phonétique de « étayer »
  • Évolution historique de l’usage du mot « étayer »
  • Citations contenant le mot « étayer »
  • Images d'illustration du mot « étayer »
  • Traductions du mot « étayer »
  • Synonymes de « étayer »
  • Antonymes de « étayer »

Définitions du mot étayer

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTAYER, verbe trans.

[Correspond à étai2]
A.− Domaine phys.
1. Soutenir provisoirement avec un étai, des étais. Étayer un toit, un édifice. Des angles de rues étayés avec des morceaux de colonnes (Goncourt, MmeGervaisais,1869, p. 232).Deux pièces, que la chute attendue des dernières charpentes menaçait d'un continuel écrasement. Il avait même dû étayer une partie du plafond (Zola, Germinal,1885, p. 1240):
1. ... et ce puits semblait être en réparation, car l'échafaudage croisé des poutres qui soutenait les cloches paraissait être dressé, de haut en bas du tube, pour étayer les murs. Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 51.
Au fig. Quand (...) je secouais la voûte de plomb des mystères, Lamennais vint à propos étayer les parties sacrées du temple (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 487).Les coudes aux genoux, la tête dans ses mains, elle étayait en pensée l'édifice croulant de ses rêves (Péladan, Vice supr.,1884, p. 163).
Emploi pronom. à sens passif. Les façades s'étayaient de poutres allant d'une maison à l'autre (Hugo, Misér.,2, 1862, p. 311).Des murs géants s'étayent de contreforts gothiques, dentelés, ourlés à jour (Farrère, Homme qui assass.,1907, p. 139).
2. P. ext. Soutenir (quelqu'un ou quelque chose) en faisant jouer ou en jouant le rôle d'un étai.
a) [Le suj. désigne une pers.] Soutenir, mettre un support, un appui à. Les habitans du pays (...) n'étayaient leurs vignes qu'avec des os de morts (Michelet, Hist. romaine,t. 2, 1831, p. 159).En cassant son pot pour étayer sa table (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 103).
Étayer qqc. à qqc.Fixer à. La machine de Gutenberg, sans doute pour s'assurer plus de puissance, était étayée aux poutres du plafond de l'atelier (Civilis. écr.,1939, pp. 8-9).
Étayer qqc. de, avec, contre qqc.Ceux qui (...) étayent contre la carafe un journal plié (Colette, Music-hall,1913, p. 99).
Étayer qqc. sur qqc.Étayant sa tête sur ses poings fermés il s'endormit (Tharaud, Ville et champs,1907, p. 40).
Emploi pronom. réfl. S'étayer à, sur qqc.Je n'écoute personne quand je suis gris, répondit majestueusement Jacquemin Lampourde en s'étayant sur le coude (Gautier, Fracasse,1863, p. 307).Prête à tomber et forcée par instant de s'étayer de l'épaule aux murs (Goncourt, G. Lacerteux,1864, p. 216).
b) [Le suj. désigne une chose] Constituer un étai, un support à (quelqu'un ou quelque chose). Synon. soutenir.Un rucher s'adossait, vermoulu, à demi effondré. Des pousses de coudrier l'étayaient (Moselly, Terres lorr.,1907,p. 79).Tu tomberais si ce mur ne t'étayait pas (Arnoux, Juif Errant,1931,p. 33).
Emploi pronom. S'étayer à, sur.Et l'aveugle conduit Mara à la caverne qu'elle habite : un couloir formé de deux rocs qui s'étayent l'un sur l'autre (Claudel, Violaine,1901, III, p. 613).Murs de pierres sèches où s'étayaient les terres croulantes (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 283):
2. Dieu est toujours notre base, la base où tous les êtres viennent prendre leur point d'appui; il est l'arc-boutant où toutes les forces viennent s'étayer pour soulever les obstacles qu'elles ont à vaincre. P. Leroux, Humanité,t. 1, 1840, p. XVII.
B.− Au fig., littér. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Appuyer, soutenir.
1. Étayer qqc. ou qqn.Ma vie est trop isolée (...) et il me faut de toute nécessité une famille qui m'étaie dans le monde (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 254).Selon Alphonse Daudet, le roman étayait l'histoire. Il pouvait même l'éclairer par endroits et la justifier (L. Daudet, A. Daudet,1898, p. 181):
3. Seul, je ne sais ce que je serais devenu dans la défaillance entière de mes forces et de mon courage, mais Dieu, comme par précaution, a rangé autour de mon âme chancelante des amis qui la soutiennent, l'étayent, la maintiennent en elle-même avec la plus touchante sollicitude. M. de Guérin, Corresp.,1834, p. 162.
Emploi pronom. réfl. ou réciproque. Le parti de l'étranger, qui s'étayait du prétexte du rétablissement des Bourbons, acquérait chaque jour de nouvelles forces (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 332).Les machines s'étayèrent mutuellement de telle sorte qu'ils ne roulèrent pas dans le précipice (Romains, Copains,1913, p. 150).
2. En partic. [L'obj. désigne une chose abstr. dans le domaine du raisonnement] Renforcer, soutenir (à l'aide d'arguments).
a) Étayer + compl. d'obj. dir.Étayer une assertion, une conviction, une thèse. Un texte quelconque qui puisse aller à ce sens, et étayer ce mensonge (P. Leroux, Humanité,t. 2, 1840, p. 962).Dans l'exposition synthétique, (...) les faits ou expériences servent d'appui ou d'argument pour étayer les principes ou propositions générales (Bernard, Notes,1860, p. 182).
b) Étayer + compl. d'obj. dir. + compl. prép.
Étayer qqc. avec, de, par qqc.Il s'agit de franchir vite ce passage difficile, d'« étayer » votre foi avec des raisonnements solides (Martin du G., J. Barois,1913, p. 221).Ce jugement si net et toujours étayé de textes (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 18):
4. Aussi, malgré toute la force des preuves les plus lumineuses dont nous étayerons notre assertion, nous n'espérons convaincre que l'homme sage, le sincère ami de la vérité, disposé à lui sacrifier ses préjugés aussitôt qu'elle se montre à lui. Dupuis, Abr. l'orig. cultes,1796, p. 291.
Étayer qqc. sur qqc.Les arguments sur lesquels il étayait son avis semblaient plausibles (Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 37).Un savoir déductif, étayé sur une expérimentation toute-puissante (P. Morand, Confins vie,1955, p. 16).
c) Emploi pronom.
réfl. Ces connoissances leur fournissent dans l'occasion, des argumens dont ils s'étayent (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p. 1753).
réciproque. Écrire de belles pages d'histoire et de géographie à l'aide de représentations rapprochées, et combinées, s'étayant et s'éclairant l'une l'autre (L. Febvre, Combats pour hist.,1933, p. 104).
à valeur passive. S'appuyer, se fonder sur. Avec le culte tombaient les lois, le droit civil, la famille (...), tout ce qui s'étayait sur la religion (Fustel de Coul., Cité antique,1864, p. 265).
Prononc. et Orth. : [eteje], [etεje]. Radical nu, formes [etεj] et [etε] correspondant aux graph. (j')étaye et (j')étaie (d'apr. Barbeau-Rodhe 1930, Dupré 1972). Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1213 estaier « soutenir (un mur) à l'aide d'étais » (Faits des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, t. 1, p. 668). Dér. de étai2*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 268. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 243, b) 221; xxes. : a) 466, b) 531.
DÉR.
Étaiement, étayement, subst. masc.Action d'étayer; p. méton. ce qui étaye. Je pourrai empêcher l'écartement des constructions (...) par des arcs-boutants, par des contre-forts, par un système d'étayement extérieur (Viollet-Le-Duc, Archit.,1863, p. 457).Un ingénieux blindage avec un étayement de planches (Goncourt, Journal,1871, p. 715).Rem. La plupart des dict. attestent dans le même sens étayage, qui reçoit en outre un sens fig. en psychanal. pour signifier le fait qu'une pulsion sexuelle s'appuie au départ sur une fonction organique vitale (p. ex. succion du lait maternel) (cf. Lapl.-Pont. 1967). Les prononc. [etεjmɑ ̃] et [etεmɑ ̃] sont attribuées respectivement à étayement et étaiement. Étayement ds Ac. 1762-1878; étaiement ds Ac. 1932. 1reattest. 1459 estaiement (Noyon, ap. La Fons. ds Gdf. Compl.); du rad. de étayer, suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 2.
BBG. − Pris dans l'actualité. Jargons divers. Amis Lex. fr. Lex. dern. 1976, no10, p. 2. − Walt. 1885, p. 95.

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTAYER, verbe trans.

[Correspond à étai2]
A.− Domaine phys.
1. Soutenir provisoirement avec un étai, des étais. Étayer un toit, un édifice. Des angles de rues étayés avec des morceaux de colonnes (Goncourt, MmeGervaisais,1869, p. 232).Deux pièces, que la chute attendue des dernières charpentes menaçait d'un continuel écrasement. Il avait même dû étayer une partie du plafond (Zola, Germinal,1885, p. 1240):
1. ... et ce puits semblait être en réparation, car l'échafaudage croisé des poutres qui soutenait les cloches paraissait être dressé, de haut en bas du tube, pour étayer les murs. Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 51.
Au fig. Quand (...) je secouais la voûte de plomb des mystères, Lamennais vint à propos étayer les parties sacrées du temple (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 487).Les coudes aux genoux, la tête dans ses mains, elle étayait en pensée l'édifice croulant de ses rêves (Péladan, Vice supr.,1884, p. 163).
Emploi pronom. à sens passif. Les façades s'étayaient de poutres allant d'une maison à l'autre (Hugo, Misér.,2, 1862, p. 311).Des murs géants s'étayent de contreforts gothiques, dentelés, ourlés à jour (Farrère, Homme qui assass.,1907, p. 139).
2. P. ext. Soutenir (quelqu'un ou quelque chose) en faisant jouer ou en jouant le rôle d'un étai.
a) [Le suj. désigne une pers.] Soutenir, mettre un support, un appui à. Les habitans du pays (...) n'étayaient leurs vignes qu'avec des os de morts (Michelet, Hist. romaine,t. 2, 1831, p. 159).En cassant son pot pour étayer sa table (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 103).
Étayer qqc. à qqc.Fixer à. La machine de Gutenberg, sans doute pour s'assurer plus de puissance, était étayée aux poutres du plafond de l'atelier (Civilis. écr.,1939, pp. 8-9).
Étayer qqc. de, avec, contre qqc.Ceux qui (...) étayent contre la carafe un journal plié (Colette, Music-hall,1913, p. 99).
Étayer qqc. sur qqc.Étayant sa tête sur ses poings fermés il s'endormit (Tharaud, Ville et champs,1907, p. 40).
Emploi pronom. réfl. S'étayer à, sur qqc.Je n'écoute personne quand je suis gris, répondit majestueusement Jacquemin Lampourde en s'étayant sur le coude (Gautier, Fracasse,1863, p. 307).Prête à tomber et forcée par instant de s'étayer de l'épaule aux murs (Goncourt, G. Lacerteux,1864, p. 216).
b) [Le suj. désigne une chose] Constituer un étai, un support à (quelqu'un ou quelque chose). Synon. soutenir.Un rucher s'adossait, vermoulu, à demi effondré. Des pousses de coudrier l'étayaient (Moselly, Terres lorr.,1907,p. 79).Tu tomberais si ce mur ne t'étayait pas (Arnoux, Juif Errant,1931,p. 33).
Emploi pronom. S'étayer à, sur.Et l'aveugle conduit Mara à la caverne qu'elle habite : un couloir formé de deux rocs qui s'étayent l'un sur l'autre (Claudel, Violaine,1901, III, p. 613).Murs de pierres sèches où s'étayaient les terres croulantes (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 283):
2. Dieu est toujours notre base, la base où tous les êtres viennent prendre leur point d'appui; il est l'arc-boutant où toutes les forces viennent s'étayer pour soulever les obstacles qu'elles ont à vaincre. P. Leroux, Humanité,t. 1, 1840, p. XVII.
B.− Au fig., littér. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Appuyer, soutenir.
1. Étayer qqc. ou qqn.Ma vie est trop isolée (...) et il me faut de toute nécessité une famille qui m'étaie dans le monde (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 254).Selon Alphonse Daudet, le roman étayait l'histoire. Il pouvait même l'éclairer par endroits et la justifier (L. Daudet, A. Daudet,1898, p. 181):
3. Seul, je ne sais ce que je serais devenu dans la défaillance entière de mes forces et de mon courage, mais Dieu, comme par précaution, a rangé autour de mon âme chancelante des amis qui la soutiennent, l'étayent, la maintiennent en elle-même avec la plus touchante sollicitude. M. de Guérin, Corresp.,1834, p. 162.
Emploi pronom. réfl. ou réciproque. Le parti de l'étranger, qui s'étayait du prétexte du rétablissement des Bourbons, acquérait chaque jour de nouvelles forces (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 332).Les machines s'étayèrent mutuellement de telle sorte qu'ils ne roulèrent pas dans le précipice (Romains, Copains,1913, p. 150).
2. En partic. [L'obj. désigne une chose abstr. dans le domaine du raisonnement] Renforcer, soutenir (à l'aide d'arguments).
a) Étayer + compl. d'obj. dir.Étayer une assertion, une conviction, une thèse. Un texte quelconque qui puisse aller à ce sens, et étayer ce mensonge (P. Leroux, Humanité,t. 2, 1840, p. 962).Dans l'exposition synthétique, (...) les faits ou expériences servent d'appui ou d'argument pour étayer les principes ou propositions générales (Bernard, Notes,1860, p. 182).
b) Étayer + compl. d'obj. dir. + compl. prép.
Étayer qqc. avec, de, par qqc.Il s'agit de franchir vite ce passage difficile, d'« étayer » votre foi avec des raisonnements solides (Martin du G., J. Barois,1913, p. 221).Ce jugement si net et toujours étayé de textes (Mauriac, Bloc-notes,1958, p. 18):
4. Aussi, malgré toute la force des preuves les plus lumineuses dont nous étayerons notre assertion, nous n'espérons convaincre que l'homme sage, le sincère ami de la vérité, disposé à lui sacrifier ses préjugés aussitôt qu'elle se montre à lui. Dupuis, Abr. l'orig. cultes,1796, p. 291.
Étayer qqc. sur qqc.Les arguments sur lesquels il étayait son avis semblaient plausibles (Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 37).Un savoir déductif, étayé sur une expérimentation toute-puissante (P. Morand, Confins vie,1955, p. 16).
c) Emploi pronom.
réfl. Ces connoissances leur fournissent dans l'occasion, des argumens dont ils s'étayent (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p. 1753).
réciproque. Écrire de belles pages d'histoire et de géographie à l'aide de représentations rapprochées, et combinées, s'étayant et s'éclairant l'une l'autre (L. Febvre, Combats pour hist.,1933, p. 104).
à valeur passive. S'appuyer, se fonder sur. Avec le culte tombaient les lois, le droit civil, la famille (...), tout ce qui s'étayait sur la religion (Fustel de Coul., Cité antique,1864, p. 265).
Prononc. et Orth. : [eteje], [etεje]. Radical nu, formes [etεj] et [etε] correspondant aux graph. (j')étaye et (j')étaie (d'apr. Barbeau-Rodhe 1930, Dupré 1972). Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1213 estaier « soutenir (un mur) à l'aide d'étais » (Faits des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, t. 1, p. 668). Dér. de étai2*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 268. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 243, b) 221; xxes. : a) 466, b) 531.
DÉR.
Étaiement, étayement, subst. masc.Action d'étayer; p. méton. ce qui étaye. Je pourrai empêcher l'écartement des constructions (...) par des arcs-boutants, par des contre-forts, par un système d'étayement extérieur (Viollet-Le-Duc, Archit.,1863, p. 457).Un ingénieux blindage avec un étayement de planches (Goncourt, Journal,1871, p. 715).Rem. La plupart des dict. attestent dans le même sens étayage, qui reçoit en outre un sens fig. en psychanal. pour signifier le fait qu'une pulsion sexuelle s'appuie au départ sur une fonction organique vitale (p. ex. succion du lait maternel) (cf. Lapl.-Pont. 1967). Les prononc. [etεjmɑ ̃] et [etεmɑ ̃] sont attribuées respectivement à étayement et étaiement. Étayement ds Ac. 1762-1878; étaiement ds Ac. 1932. 1reattest. 1459 estaiement (Noyon, ap. La Fons. ds Gdf. Compl.); du rad. de étayer, suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 2.
BBG. − Pris dans l'actualité. Jargons divers. Amis Lex. fr. Lex. dern. 1976, no10, p. 2. − Walt. 1885, p. 95.

Wiktionnaire

Verbe

étayer \e.tɛ.je\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Appuyer, soutenir quelque chose avec un étai, des étais.
    • Vous la ferez réparer, monsieur Hobson, dès que la belle saison sera venue, répondit Mrs. Paulina Barnett, et vous profiterez de l’expérience pour l’étayer plus solidement. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
    • Les mines sont étançonnées et étayées avec du bois auquel on met le feu, ce qui fait tomber une partie des défenses de la barbacane. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
  2. (Plus rare) Soutenir, en parlant de personnes.
    • Bert, avec l’obstination convulsive de l’instinct, s’étaya contre les parois, jusqu’à ce que le ballon piquât du nez. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 252 de l’éd. de 1921)
  3. (Figuré) Ajouter de la crédibilité à un discours, une thèse.
    • Dans tous les articles, les auteurs s’attachent scrupuleusement aux faits, aux données brutes et concrètes : pas de bavardage, pas d’interprétations oiseuses, mais des informations précises étayées par des citations sourcées. — (Bulletin critique du livre français, no 666-669, Association pour la diffusion de la pensée française, 2005, page 5)
    • Le diagnostic d’une maladie se fait sur base d’en ensemble de critères. Le médecin peut aussi avoir recours à une batterie de tests afin de l’étayer. — (Adelin Albert, Jacques Bair et Daniel Justens, La Saga des courbes médicales : Courbes ROC, Bibliothèque Tangente no 58, décembre 2016, page 107)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTAYER. (Il se conjugue comme BALAYER.) v. tr.
Appuyer, soutenir avec des étais. Étayer une maison, une muraille. On a bien étayé ce bâtiment, il ne s'écroulera pas. Fig., C'est une affaire qui a besoin d'être étayée. Cette thèse s'étaie de nombreux documents.

Littré (1872-1877)

ÉTAYER (é-tè-ié), j'étaye, tu étayes, il étaye ou étaie, nous étayons, vous étayez, ils étayent ou étaient ; j'étayais, nous étayions, vous étayiez ; j'étayai ; j'étayerai, ou étaierai, ou étaîrai ; j'étayerais, ou étaierais, ou étaîrais ; étaye, étayons ; que j'étaye, que nous étayions, que vous étayiez, qu'ils étayent ; que j'étayasse ; étayant ; étayé v. a.
  • 1Appuyer, soutenir par des étais. Étayer un mur.

    Fig. Je ne voudrais pas qu'on allât faire un usage indiscret d'un ressort si bas [la gourmandise], ni étayer d'un bon morceau l'honneur de faire une belle action, Rousseau, Ém. II. Et du nom de justice Vous osez abuser pour étayer vos droits, Chénier M. J. Gracq. II, 3.

  • 2S'étayer, v. réfl. Se soutenir sur un étai, sur un bâton. Le vieux devin qui… Pour s'étayer dans sa marche incertaine, Courbe son corps sur un appui de frêne, Malfilâtre, Narcisse, II.

    Fig. En vain, pour s'étayer du nom de mes aïeux, Par l'éclat des emplois Charles flattait mes yeux, Delavigne, Vêp. sicil. I, 1.

    Se soutenir l'un l'autre. La richesse et le crédit s'étayent mutuellement, l'un se soutient toujours mal sans l'autre, Rousseau, Émile, V. Ces possessions formaient quatre masses trop éloignées les unes des autres pour s'étayer mutuellement, Raynal, Hist. phil. IV, 23.

HISTORIQUE

XIIIe s. Salomon son temple en estaie Sur sept pilliers…, J. de Meung, Tr. 112.

XIVe s. Despense pour estaier et relever le comble du toit, Bibl. des ch. 5e série, t. III, p. 239.

XVIe s. Fabius, par un moyen de proceder tout different, sousteint et estaya dessoubz [sa ville], Amyot, Péric. et Fab. comp. 2.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « étayer »

Étai ; Berry, atéyer.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(1213) Mot dérivé d’étai, par ajout de la désinence -er. Attesté pour la première fois en 1213 sous la forme estaier, au sens de (« soutenir (un mur) à l’aide d’étais ») [1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « étayer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étayer etaje

Évolution historique de l’usage du mot « étayer »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « étayer »

  • Le soutien-gorge a pour fonction de soutenir quelque chose de plus lourd que prévu, dont le poids a été mal calculé, et qu'il faut étayer après coup un peu comme on étaye avec des piliers et des contreforts le balcon d'une bâtisse mal construite. De Milan Kundera / L’Immortalité
  • Si le fisc conteste l’évaluation de biens taxés au titre de l’impôt sur la fortune immobilière, il doit étayer ses affirmations en se fondant sur plusieurs exemples de comparaison. Mieux Vivre Votre Argent, IFI : le fisc doit étayer ses évaluations en cas de contestation
  • Si le fisc conteste l'évaluation de biens taxés au titre de l'impôt sur la fortune, il doit étayer ses affirmations en se fondant sur plusieurs exemples de comparaison. , Pour l'impôt sur la fortune, le fisc doit étayer ses évaluations
  • Le CSS rappelle que, si le nombre de cas diminue, la pandémie du Covid-19 reste bien présente chez nous. Le masque fait partie des gestes barrières. Son efficacité pour réduire la propagation de gouttelettes et micro gouttelettes n'est plus à démontrer. Le CSS se base sur la littérature scientifique pour étayer sa recommandation. RTL Info, Le Conseil Supérieur de la Santé recommande le port du masque obligatoire dans les magasins - RTL Info
  • Du coup, l’avocat de la société n’a même pas eu besoin de prouver la bonne foi de son client pour obtenir gain de cause. Mais la Cour de cassation n’est pas d’accord. Un tribunal ne peut trancher qu’en possession des deux argumentations. Dernier point intéressant : auparavant, le salarié devait «apporter des éléments de nature à étayer sa demande». Mais entre étayer et prouver par A+B, la frontière était mince. Désormais, il faut plus simplement «apporter des éléments suffisamment précis». Sont ainsi recevables des extraits d’agenda, des mails datés, des attestations de collègues ou encore des relevés horaires internes… Capital.fr, Heures supplémentaires non payées : qui doit prouver qu'elles ont bien été effectuées ? - Capital.fr
  • Pour étayer ses propos, la préfecture rappelle que le coronavirus ne cesse de circuler. La Moselle ne recense pas moins de 721 cas positifs à la Covid-19 depuis le début du déconfinement. De plus, 248 personnes sont encore hospitalisées dans les centres de soins du département selon Santé Publique France.  , Gestes barrières plus respectés : le préfet de Moselle recadre les bars et restaurants | Lorraine Actu
  • C’est ainsi que l’ancienne ministre des Droits des femmes et l’actuelle sénatrice socialiste, Laurence Rossignol, qualifie ces deux nominations. En effet, alors que le gouvernement précédent avait choisi de montrer son attachement à la cause de la lutte pour l’égalité et contre les violences sexistes et sexuelles, notamment avec le lancement de son grenelle des violences conjugales, le choix de personnalités controversées indigne. Rappelons que le nouveau ministre de l’intérieur est visé par une enquête pour viol qui date de 2009 alors qu’il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP. La cours d’appel de Paris à d’ailleurs ordonné le mois dernier une reprise des investigations, une affaire toujours en cours donc. Le nouveau porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à toutefois choisi d’invoquer la présomption d’innocence pour étayer le fait que cette plainte ne constituait «pas un obstacle» selon l’entourage du président. Accessoirement, on le connait également supporter de la manif pour tous. Le second, en plus de ses sorties contre le parquet national financier et anti magistrats, s’est quant à lui souvent illustré par ses propos misogynes, fustigeant par exemple l’ « ère victimaire » post #metoo. Egalement sur le mouvement, Éric Dupond-Moretti estimait qu’ « il y a des ‘follasses’ qui racontent des conneries et engagent l’honneur d’un mec qui ne peut pas se défendre car il est déjà crucifié sur les réseaux sociaux », ou encore : « il y a des femmes que le pouvoir fait bander ». Le compte instagram Préparez-vous pour la bagarre a également ressorti une phrase prononcée par notre nouveau Garde des sceaux dont nous vous laissons apprécier la gravité. Toutelaculture, Gérald Darmanin et d'Éric Dupond-Moretti au gouvernement: Quelles réactions de la part du monde de la culture ? - Toutelaculture

Images d'illustration du mot « étayer »

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Traductions du mot « étayer »

Langue Traduction
Anglais back up
Espagnol apoyo
Italien backup
Allemand sichern
Chinois 备份
Arabe دعم
Portugais cópia de segurança
Russe резервное копирование
Japonais バックアップする
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Corse salva
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Synonymes de « étayer »

Source : synonymes de étayer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « étayer »

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