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Poser

Sommaire

  • Définitions du mot poser
  • Étymologie de « poser »
  • Phonétique de « poser »
  • Citations contenant le mot « poser »
  • Images d'illustration du mot « poser »
  • Traductions du mot « poser »
  • Synonymes de « poser »
  • Antonymes de « poser »

Définitions du mot poser

Trésor de la Langue Française informatisé

POSER, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Qqn pose qqc. ou qqn (pour un temps limité)
1. [Le plus souvent suivi d'un compl. second] Mettre dans un endroit qui assure un support, un appui. Synon. déposer, placer1; anton. enlever.
a) [Suivi d'un compl. locatif] Poser un objet sur un meuble, une échelle contre un mur, un outil à terre, un livre devant soi, un enfant à ses côtés, un livre dans une bibliothèque. À peine eut-elle posé Jeanne dans son grand lit, que ce pauvre petit corps de fillette fut agité de violentes convulsions (Zola, Page amour,1878, p.804).À sept heures Balionte entra avec une bougie, posa sur la table le plateau (Mauriac, Th. Desqueyroux,1927, p.266).
Empl. pronom. passif. J'appréhendais sans doute d'entendre se poser l'échelle du pailler contre la façade (Bosco, Mas Théot.,1945, p.192).
[Sans compl. locatif] [La] femme qui à l'église s'agenouille auprès du cierge qu'elle vient de poser (Du Bos, Journal,1928, p.93).
b) [Suivi d'un compl. de manière] Son fusil était posé la crosse en bas un peu obliquement (Flaub., Éduc. sent.,t.2, 1869, p.145).
2. En partic. [Le plus souvent sans compl. second] Se séparer, se débarrasser de ce que l'on porte. Synon. déposer, se décharger de.Poser ses bagages, sa canne, son parapluie. Posez vite vos affaires. Nous avons une bouillabaisse qui n'attend pas (Proust, Sodome,1922, p.900).Il posa sa valise, serra la main aux copains (Dabit, Hôtel Nord,1929, p.181):
1. Elle avait (...) pris sur ses bras notre petite soeur Suzanne pour monter le long escalier, en sorte qu'elle était essouflée. Elle posa l'enfant, se retint de respirer une seconde... Duhamel, Jard. bêtes sauv.,1934, p.27.
Loc. verb. Poser les armes (v. arme II A 4 a); poser, quitter l'épée*; poser, lever le masque*; poser culotte (v. culotte1A 1 b); poser sa chique (v. chique1A).
3. P. anal.
a) Mettre (une partie de son corps) sur/contre quelque chose ou quelqu'un. Poser sa tête sur un oreiller, sur l'épaule de qqn. Il se leva et vint poser son front contre les vitres (Maupass., Pierre et Jean,1888, p.414).Elle l'attire tendrement contre elle, prend la tête d'Andoche entre ses deux mains et la pose sur sa poitrine (Martin du G., Gonfle,1928, ii, 2, p.1200).
Poser le pied (dans un lieu). Commencer à y pénétrer. Que venait faire Cornebille à pareille heure, en plein coeur d'un parc où la marquise lui avait interdit de jamais poser le pied? (Boylesve, Leçon d'amour,1902, p.100).
b) Littéraire
Poser ses lèvres, un baiser sur (une partie du corps de qqn). L'embrasser de manière délicate. Et, sur les joues de la jeune femme impuissante, l'insolent posa deux baisers (Toulet, Tendres mén.,1904, p.139).Robert, se détournant un peu, posa ses lèvres sur le pied nu de Lilian (Gide, Faux-monn.,1925, p.968).
Empl. pronom. passif. Ses lèvres se posèrent sur les joues de Florentine (Roy, Bonheur occas.,1945, p.102).
Poser les yeux, le regard sur (qqc. ou qqn). Regarder en s'attardant. Elle pose sur lui un regard indéchiffrable, étrangement attentif et limpide (Bernanos, MmeDargent,1922, p.7).Je pose les yeux sur un évangéliaire anglais d'avant la conquête normande (Morand, New-York,1930, p.135).
Empl. pronom. Ses yeux se posèrent sur moi, souriants (Pesquidoux, Livre raison,1928, p.60).
Loc. fig. Poser un regard neuf, nouveau sur qqc. Regarder (quelque chose) sous un jour nouveau. Il s'aperçut qu'il posait sur la vie un regard neuf (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p.829).
B. − Qqn/qqc. est posé ou se pose
1. Vieilli. [Le suj. désigne une pers.] Être installé, s'installer en recherchant une pose ou un effet plus ou moins marqué. La marquise, posée théâtralement dans son grand fauteuil, s'apprêtait (...) à jouer sa petite comédie d'étiquette (Sand, Valentine,1832, p.165).
Empl. pronom. réfl.
[Suivi d'un compl. locatif] C'est une charmante jeune personne, dit Béatrix en se posant dans un fauteuil gothique (Balzac, Béatrix,1839, p.163).
[Suivi d'un compl. de manière] Il interrogeait les femmes d'un oeil heureux en (...) se penchant en arrière et se posant de trois-quarts (Balzac, Illus. perdues,1837, p.87).
2. [Le suj. désigne un animé ou un inanimé capable de voler]
a) [Le suj. désigne un oiseau] Être à terre, ne pas voler. Des mouettes posées marquetaient en troupe la plage mouillée (Chateaubr., Mém.,t.4, 1848, p.403).
Empl. pronom. réfl. Je vois deux hirondelles se poser dans l'allée du jardin (Delacroix, Journal,1853, p.67).
Posé sur.Perché sur. Un grand aigle aux plumes fauves, posé sur la branche d'un arbre (Green, Journal,1934, p.265).
Empl. pronom. réfl. Le Ramier se pose bruyamment sur l'arbre le plus proche pour descendre de branches en branches jusqu'à la rive (Vidron, Chasse,1945, p.66).
Rare, vieilli, empl. intrans. Poser sur.Se percher sur. Des merles bleus si légers qu'ils posent sur une herbe sans la faire plier (Renan, Vie Jésus,1863, p.67).Les oiseaux dans leur vol viennent poser sur lui [l'arbre solitaire] (Moréas, Stances,1901, p.113).
b) [Le suj. désigne un insecte qui vole] Être en position de repos, ne pas voler. Deux bambins occupés à attraper des mouches posées contre un mur (D'Allemagne, Récr. et passe-temps,1904, p.179).
Empl. pronom. réfl. Se placer. De grosses mouches venaient se poser sur moi (Maurois, Climats,1928, p.15).
c) Empl. pronom. passif. [Le suj. désigne un aéronef] Atterrir. Un avion militaire se posait dans leur verger (Giraudoux, Bella,1926, p.65).
[P. méton. du suj.] :
2. Je tournai donc autour de la lagune, à trente mètres d'altitude jusqu'à la panne d'essence. Après deux heures de manège, je me posai et capotai. Quand je me dégageai de l'avion, la tempête me renversa. Saint-Exup., Terre hommes,1939, p.162.
C. − Qqn pose qqc., qqn pose qqn.[De manière plus durable et avec une idée de précision]
1. Qqn pose qqc.Placer à l'endroit qui convient; procéder à l'installation d'un objet, d'un appareil ou d'un ensemble plus complexe. Synon. installer; anton. déposer.Poser une porte, des planchers, des rideaux, une serrure, l'électricité dans une maison, des voies ferrées. Dans les grandes villes, les lignes [téléphoniques] sont posées dans les égouts (A. Leclerc, Télégr. et téléph.,1924, p.312).Il ne restait à poser que les tuiles du toit (Abellio, Pacifiques,1946, p.276).
Loc. adv. Prêt à poser. V. prêt2A 2 a β.
Empl. pronom. passif. Ces planches en bois blanc se posent presque toujours transversalement, en évitant de multiplier les morceaux (Nosban, Manuel menuisier,t.2, 1857, p.208).
Loc. verb. (fig.). Poser des jalons (v. jalon); poser un lapin* (à qqn).
a) ARCHIT., CONSTR. Poser une pierre, une colonne, une statue. Les placer à l'endroit qui convient en procédant à leur fixation ou à leur stabilisation. C'était pendant qu'on posait les statues du pont des Saints-Pères (...). Il y avait foule pour voir (...) soulever des statues si lourdes (A. France, Bergeret,1901, p.46).
[Suivi d'un compl. de manière] Les pierres d'un édifice, posées deux à deux par points alternatifs, en affermissent toute la masse (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p.310).
Loc. verb.
Poser la première pierre* (d'un édifice).
Poser à cru. ,,Élever sans fondation (une charpente, un mur, un pilier)`` (Noël 1968; dict. xixeet xxes.).
Poser à sec. ,,Construire sans mortier, ce qui se fait pour les constructions en pierre de taille, en frottant les pierres avec du grès et de l'eau par leurs joints de lits bien dressés jusqu'à ce qu'il ne reste plus de vide`` (Noël 1968; dict. xixeet xxes.).
Poser de chant (ou de champ), sur champ. ,,Mettre en place une pierre, une brique, une pièce de bois, en la faisant reposer sur sa face la plus étroite`` (Noël 1968). Imaginez deux lignes de doubles briques posées sur champ, deux lignes carrées entre les pavés (Goncourt, Journal,1862, p.1151).Les briques sont posées de champ, (...) perpendiculaires à l'axe de la chaussée qu'on borde (Bourde, Trav. publ.,1929, p.94).
Poser à plat. ,,Mettre en place une pierre, une brique en la faisant reposer sur sa face la plus large`` (Noël 1968; dict.xixeet xxes.).
Vieilli. [Toujours empl. au part. passé ou en empl. pronom.; le suj. désigne une construction ou un ensemble de constructions] Installer, construire. Une vallée qui (...) semble bondir sous les châteaux posés sur ces doubles collines (Balzac, Lys,1836, p.29).Visite à Béni-Souef (...). Jolie petite ville posée sur le Nil (Fromentin, Voy. Égypte,1869, p.58).
Empl. pronom. passif. Être installé, construit. Le château (...) touche au hameau et se pose au bord de la place champêtre sans plus de faste qu'une habitation villageoise (Sand, Hist. vie,t.1, 1855, p.144).
b) Spécialement
ARITHM. Inscrire, au cours d'une opération (addition, soustraction, multiplication) le résultat obtenu en commençant par le chiffre des unités pour terminer par celui des dizaines, centaines, etc.:
3. Supposons que nous ayons à multiplier 372 par 465. (...) procédons comme il suit: 5 fois 2 font 10, je pose 0 et je retiens 1, 5 fois 7 font 35, 35 et 1 font 36, je pose 6 et je retiens 3, 5 fois 3 font 15, 15 et 3 font 18, je pose 8 et je retiens 1. Berkeley, Cerveaux géants,1957, p.242.
CHANT. Poser sa voix. ,,Émettre des sons avec aisance sans forcer le volume de la voix`` (Rougnon 1935, p.365). «Je suis un homme de théâtre», dit-il (...). On s'en est bien aperçu (...) à la façon dont il posait sa voix, dont il prenait ses temps (A. Daudet, Crit. dram.,1897, p.325).
Empl. part. Voix bien posée. ,,Voix qui, dans toute son étendue, peut émettre les sons pleins, fermes, ronds et vibrants, sans vacillation ou tremblement`` (Brenet Mus. 1926, p.365). Aussi le chanteur semblait-il triompher. Chaque note sortait avec une grande sûreté d'intonation; la voix était parfaitement posée (Reybaud, J. Paturot,1842, p.205).
JEUX. Poser un pion, un dé, une carte. Les jouer:
4. −Perrache, tu devrais te marier... −Pourquoi? −dit Perrache (...) −Pour moi! −dit Nachette en posant le double six. Goncourt, Ch. Demailly,1860, p.113.
2. Qqn pose qqn
a) Vieilli. Poser un garde, une sentinelle. Les mettre en faction à un endroit précis. Synon. poster.Des gardes furent posées sur les ponts et dans les places publiques (Barante, Hist. ducs Bourg.,t.3, 1821-24, p.59).Il était dur, après les marches, d'être obligé, à l'étape déserte (...) de poser des sentinelles, d'occuper des postes (Chateaubr., Mém.,t.2, 1848, p.451).
b) Vieilli. Déposer quelqu'un que l'on véhiculait à un endroit précis. La diligence la posait en ville [Lise] à une heure bien incommode (Lacretelle, Hts ponts,t.2, 1933, p.7).
c) BEAUX-ARTS
[Le suj. désigne l'artiste] Poser le modèle. Installer le modèle dans l'attitude souhaitée. Synon. usuel faire poser un modèle (v. ce mot II B 1).Il posait un beau modèle devant lui, le copiait péniblement (Gautierds La Presse,17 févr. 1849).
Loc. verb. [Le suj. désigne le modèle] Poser le nu, l'académie. Synon. poser nu (v. infra II B 1).Un peintre de Montparnasse lui demandait de poser l'académie (Arnoux, Paris,1939, p.217):
5. Cette présence de peintres, d'esthètes, de courtiers en tableaux, de poètes et de midinettes toujours prêtes à se déshabiller pour poser un nu... Fargue, Piéton Paris,1939, p.153.
d) Au fig. Poser sa candidature. Présenter officiellement sa candidature. Peu après il se tourna vers la politique active et posa sa candidature à la députation (Sartre, Nausée,1938, p.120).
D. − Au fig.
1. Qqn pose qqn.Jouer le rôle de, se faire passer pour. Synon. camper:
6. Au demeurant, il est d'un commerce sympathique; il ne pose jamais l'érudit, au contraire; il poserait plus volontiers l'homme du monde qui n'a besoin de rien savoir... Martin du G., Devenir,1909, p.33.
Poser à + subst.Poser au grand homme, au justicier. Le petit homme qui posait à l'arbitre se frappa les mains (Guèvremont, Survenant,1945, p.224):
7. Pour faire une blague, pour faire rigoler, pour poser au malin, pour rien, il leur avait donné ce papier. Van der Meersch, Invas. 14,1935, p.124.
Poser pour + subst.Il pose pour le don Juan, il est encore jeune, dans quelques années, vous le rencontrerez avec un vieux débris qui l'aura maté (Poulot, Sublime,1872, p.107).
Empl. pronom. réfl.
Se poser en + subst.Se poser en héros, en protecteur, en redresseur de torts, en séducteur. Personne n'a plus le droit de se poser en témoin ni en juge (J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p.274).−Avez-vous l'intention de vous poser en victime? (Duhamel, Passion J. Pasquier,1945, p.225).
Se poser comme + subst.Se poser comme un génie, comme le maître, comme un traître. On sent que sous la forme légère qu'il donne à ses paroles, le candidat remisé à la porte va sérieusement se poser comme le directeur des votes de l'Académie! (Goncourt, Journal,1893, p.364):
8. ... [les franciscains] se répandent sur l'Italie déchirée par tant de discordes, essayant de réconcilier partout les partis, de déraciner les erreurs, se posant comme les arbitres suprêmes... Montalembert, Ste Élisabeth,1836, p.XLVIII.
Se poser comme + adj.Quelquefois, se posant comme expérimentée, elle disait du mal de l'amour avec un rire sceptique qui donnait des démangeaisons de la gifler (Flaub., Éduc. sent.,t.1, 1869, p.189).
Fam. Se poser là. Faire preuve de peu de mesure, de peu de modération dans son comportement, dans ses actes. Comme délicatesse vous vous posez là (L'Est Républicain,6 mars 1984, p.409, col. 5).
2. Qqn pose qqc.
a) Admettre en affirmant comme une vérité irréfutable ou comme une conséquence nécessaire; présumer, supposer. Synon. établir, postuler, présupposer.Poser un principe, une règle:
9. Le dogme de l'immortalité future, et la définition de l'homme telle qu'on l'avait posée d'abord, formaient deux prémisses d'où se devait conclure, conséquence suprême et glorieuse, la résurrection de la chair. Ozanam, Philos. Dante,1838, p.252.
Poser (qqc.) pour (principe, etc). Poser Dieu pour principe, et le Verbe va suivre: le Fils naît forcément du Père (Chateaubr., Mém.,t.2, 1848, p.46).
Poser pour (maxime, etc.) que + ind.Posons, avait dit au contraire Jean-Jacques, pour maxime incontestable, que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits (Guéhenno, Jean-Jacques,1952, p.124).
Poser en (principe, axiome, règle, etc.) que + ind.Nous pouvons poser en principe que tout être vivant, fût-ce le plus rudimentaire, naît d'un être vivant préexistant (J. Rostand, La Vie et ses probl.,1939, p.26).Le Dr Coué pose en règle que la volonté contrainte le cède toujours et sans aucune exception, en efficacité, à l'imagination libre (Mounier, Traité caract.,1946, p.457).
Poser comme (principe, etc.) que + ind.Pour le moment, posons comme principe, si vous le voulez bien, que l'opération picturale implique un choix préalable, dans la réalité, de certains éléments rares et précieux (Lhote, Peint. d'abord,1942, p.11).
Poser que + ind.Soit un modèle à deux revenus seulement: salaire et profit. Posons que le produit tout entier est absorbé par les deux revenus (Perroux, Écon. XXes.,1964, p.417).
Ceci, cela posé. Ceci, cela admis. Vous n'êtes pas compromis, ni laissé là par moi. (...) soyez tranquille, je vous donnerai de l'ouvrage. Cela posé et bien dit, voici en quoi selon moi vous déviez (Hugo, Corresp.,1853, p.154).
b) Formuler, énoncer.
Poser un problème. Nul n'esquive le problème de la pratique; et non seulement chacun le pose, mais chacun, à sa façon, le tranche inévitablement (Blondel, Action,1893, p.x).
Empl. pronom. Le problème de Baudelaire pouvait donc (...) se poser ainsi: «Être un grand poète, mais n'être ni Lamartine, ni Hugo, ni Musset» (Valéry, Variété II,1929, p.145).
Poser une question. Quelqu'un pose la question: qui a fait cela? Je me lève et je réponds: c'est moi (Ricoeur, Philos. volonté,1949, p.55).
Empl. pronom. Ici se pose une question: le littérateur veut-il, en vertu de son essence, exprimer uniquement son âme personnelle? (Benda, Fr. byz.,1945, p.157).
3. Qqn pose qqc. à qqn
a) Poser un problème, une devinette, une colle à qqn. Soumettre à quelqu'un un problème, une devinette, une colle à résoudre. Il aimait naturellement à commander et à briller, et avec les ouvriers pas de risque qu'on lui posât des colles sur la géographie ou l'histoire ancienne (Aragon, Beaux quart.,1936, p.41).Il continua de la sorte à poser à tout le monde sa devinette (Druon, Gdes fam.,t.2, 1948, p.160):
10. Quelquefois (...), il (...) me faisait une question imprévue sur quelque vulgaire connaissance comme la géographie ou l'algèbre, me posant le plus facile problème d'enfant... Vigny, Serv. et grand. milit.,1835, p.154.
Empl. pronom. réfl. indir. C'est un problème qu'aujourd'hui encore je me pose sans pouvoir le résoudre (Reybaud, J. Paturot,1842, p.16).
b) Poser une question à qqn. Lui demander de répondre, de dire ce qu'il pense de. −Je vais te poser une question, fit-il. −Eh bien? Parle. −Ai-je bien agi avec Simon? Ai-je été juste? (Green, Moïra,1950, p.109).
Empl. pronom. réfl. indir. Chaque jour, et tout le long du jour, je me pose la question (...): est-ce que j'aurais peine à mourir? (Gide, Journal,1922, p.729).
c) Poser ses/des conditions (à qqn). Les formuler de manière nette et impérative. D'ailleurs, avant de commencer à réfléchir, il faut que je vous pose des conditions (Pagnol, Fanny,1932, i, 2etabl., 4, p.79).
4. Qqc. pose qqc.Soulever, faire apparaître. La disparition d'Olivier, sans l'inquiéter beaucoup, car elle le savait sujet à ces sortes de fugues, n'en posait pas moins un problème (Bernanos, Mauv. rêve,1948, p.998).La partition posait deux difficultés de principe: celle de la tablature, et celle de la technique de la notation (Schaeffer, Rech. mus. concr.,1952, p.81).
Qqc. pose qqc. à qqn.Il est bien clair que ces obsessions des malades nous posent un très curieux problème de psychologie (Janet, Obsess. et psychasth.,1903, p.27).
Empl. pronom. passif. Apparaître. D'autres problèmes, cependant, se posent en 1922 (Barrès, Cahiers,t.14, 1922, p.73).
5. Vieilli. Qqc. pose qqn.Le placer dans une situation avantageuse. Le succès obtenu par son livre l'a posé dans le monde des lettres. Je me livrerai à la peinture, aux beaux-arts, cela pose un homme (Flaub., Corresp.,1855, p.79).Cela posait tout de suite une demoiselle d'avoir sur son album à souvenirs le portrait de Christian II (A. Daudet, Rois en exil,1879, p.256).
Empl. pronom. réfl. Se poser (dans le monde). S'y faire une position avantageuse:
11. −Tu n'as pas su te poser à Juvigny. On donne des dîners partout; as-tu seulement tenté une démarche pour faire inviter ta femme et ta fille? −J'ai pour principe de ne jamais m'imposer, répondit le brave homme... Theuriet, Mariage Gérard,1875, p.43.
II. − Empl. intrans.
A. − Vieilli. [Le suj. désigne un élément d'une construction ou une partie du corps hum.] Poser sur (qqc.).Synon. reposer sur.Enfin mes pieds posèrent sur une plate-forme plus large (About, Roi mont.,1857, p.215).Une salle carrée dont le plafond bleu posait sur quatre piliers massifs (Gautier, Rom. momie,1858, p.169).
HÉRALD. Disposer, placer. Un pavillon aux armes de Monte-Cristo, armes représentant une montagne d'or, posant sur une mer d'azur, avec une croix de gueules au chef (Dumas père, Monte-cristo,t.2, 1846, p.383).
B. − Qqn pose
1. BEAUX-ARTS. [Le suj. désigne le modèle] Demeurer un certain temps immobile dans l'attitude choisie par l'artiste afin qu'il puisse reproduire son modèle. Faire poser un modèle; poser nu, debout, allongé. Une élégante Roumaine que tous voulaient faire poser, Manet comme Boldini et Helleu (Blanche, Modèles,1928, p.211).Philippe, avec dévotion, faisait des portraits de Suzanne et jamais la jeune femme ne refusait de poser (Duhamel, Suzanne,1941, p.229).
Poser pour (le buste, la tête). Pendant que je pose pour mon portrait, Bracquemond, tout en crayonnant, me raconte un peu sa vie (Goncourt, Journal,1879, p.48).[Les artistes] lisent les caractères dans les physionomies avec une finesse qui me faisait peur, quand je posais pour ce buste (Bourget, Tapin,Enf. morte, 1928, p.80).
Poser pour l'ensemble et, p.ell., poser l'ensemble. Poser en pied. (Dict. xixeet xxes.).
P. anal., LITT. Poser pour un écrivain. Lui servir de modèle pour créer un personnage de roman:
12. On peut reconnaître dans toute oeuvre d'art (...) celles [les femmes] qu'il a le plus aimées. Elles-mêmes n'ont fait que poser pour l'écrivain dans le moment même où, bien contre son gré, elles le faisaient le plus souffrir. Proust, Temps retr.,1922, p.901.
2. PHOTOGRAPHIE
a) Demeurer un certain temps immobile devant l'objectif afin d'être photographié. Ah! bel indifférent, vous donc aussi, avant de poser devant l'objectif, vous vous donnez un coup de peigne, et vous ne laissez courir que des photographies retouchées! (Veuillot, Odeurs de Paris,1866, p.401).Le temps interminable que mettaient autrefois à vous faire poser les photographes quand la lumière était mauvaise (Proust, Temps retr.,1922p.826).
b) Maintenir ouvert l'objectif d'un appareil photographique pendant un temps supérieur à un dixième de seconde afin de prendre un cliché. Votre photo est sombre, vous avez trop posé. (Dict. xxes.).
3. Au fig. Prendre une attitude affectée, manquer de naturel. Synon. fam. crâner, se pavaner.Les monarques posent toujours, et les grands monarques plus peut-être que tous les autres (Sand, Consuelo,t.3, 1842-43, p.213):
13. Qu'on ne te reproche pas ces simagrées que tu faisais avec tes nobles amis. Ce n'est rien. Tu posais, tu grimaçais malgré toi. Nous grimaçons tous. Guéhenno, Jean-Jacques,1952, p.51.
Loc. Poser pour la galerie*.
4. Vieilli. Faire poser qqn.Le faire attendre. Ah çà! (...) ils ne viendront pas, les médecins! (...) voilà une heure qu'ils nous font poser! (Gyp, Docteurs,1892, p.44).
En partic. Faire attendre (quelqu'un) en le trompant par des prétextes, des vaines promesses. Synon. fam. faire lanterner* qqn.Elle aurait bien voulu manquer encore celui-là [le rendez-vous], mais elle avait fait poser ce pauvre vicomte, deux fois le mois dernier, et elle n'osait point recommencer si tôt (Maupass.,Contes et nouv.,t.1, Rendez-vous, 1889, p.1111).
Rem. 1. Dans qq. ex., poser est empl. abusivement et par confusion graph. au sens de «pauser»: Nous nous donnâmes à peine le temps d'y poser [à Strasbourg] et ne fîmes presque que nous élancer de la voiture sur la selle des chevaux (Sainte-Beuve, Volupté, t.2, 1834, p.206). [Les guides] posaient une minute sur un bloc solide pour permettre au monsieur de reprendre haleine (A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p.183). 2. Empl. subst. a) Formulation. Au simple poser de telles questions l'orthodoxie s'insurge évidemment (Weill, Judaïsme, 1931, p.82). b) Équit. V. posé III A 2.
Prononc. et Orth.: [poze], (il) pose [po:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Fin xes. pausar «déposer, ensevelir» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 351); ca 1050 poser «id.» (Alexis, éd. Chr. Storey, 587); 2. a) 1188 «mettre en place une chose» (Aimon de Varennes, Florimont, éd. A. Hilka, 6250); 1680 poser la première pierre (Rich.); 1579 poser (des) sentinelles (Larivey, Les Jaloux, éd. Viollet le Duc, VI, 46); b) 1792 «jouer un dé au domino» (Encyclop. méthod. Jeux, t.3, p.71); 1654 arithm. (Cyrano de Bergerac, Le Pédant joué, II, 2); c) 1669 peint. «donner la pose appropriée au modèle» (Molière, Gloire du Val de Grâce, 91); 1840 mus. poser la voix (Garcia, Art chant, p.95); 3. 1155 «fixer, déterminer, établir» (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 71); 1269-78 «présumer, supposer» poson que (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 18757-18758); 1657-62 cela posé (Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg, section VII, 385); 1690 poser des principes (Fur.); 1879 poser un acte «accomplir» (Arrêt de la cour de cassation de Belgique ds Dupré 1972); 4. 1718 poser l'état d'une question «déterminer d'une façon précise les termes d'une question» (Ac.); 1789 poser une question (Mirabeau, I, 295 ds Ranft); 1862 poser sa candidature (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t.1, p.400); 5. ca 1150 «établir quelqu'un dans une fonction» (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 160); rare jusqu'au xixes. 1841 (Balzac, Fausse maîtr., p.44); 6. 1188 «mettre bas quelque chose qu'on porte sur soi» (Aimon de Varennes, Florimont, éd. A. Hilka, 2422); 1567 poser les armes (Amyot, Vies, Eumen, 8 ds Gdf. Compl.); 1669 poser le masque (Molière, Tartuffe, 4, 4); 1837 poser ses scrupules (Balzac, Employés, p.38); 1866 poser sa chique «se taire», «mourir» (Delvau, p.79); 1878 poser culotte (Rigaud, Dict. jargon paris., p.277). B. 1. a) Ca 1140 «reposer (en parlant d'un mort)» (Geoffroi Gaimar, Hist. des anglais, éd. A. Bell, 1742); b) 1680 «être appuyé sur quelque chose» (Rich.); c) 1822 peint. «(en parlant d'un modèle) rester immobile dans l'attitude voulue par le peintre» (Delacroix, Journal, p.20); d) 1834 faire poser (qqn) «le faire attendre» (Balzac, Gaudissart, p.290); e) 1835 «prendre des attitudes, des manières affectées (Ac.); 1883 poser pour la galerie (Huysmans, Art mod., p.168); 2. a) ca 1145 verbe pronom. «s'étendre (sur un lit)» (Wace, Conception N.D., éd. W. R. Ashford, 1532); b) av. 1794 «en parlant du regard» (Chénier, OEuvres poét., II, p.36); c) 1846 «se faire, se donner une position avantageuse» (Balzac, Cous. Bette, p.91); d) 1835 se poser comme (Id., Fille yeux d'or, p.353); 1839 se poser en (Id., Fille Ève, p.148); 1947 se poser là (Fallet, Banlieue sud-est, p.25); 3. a) 1538 part. passé «calme, mesuré» (Est.); 1840 gens posés «qui ont une situation sociale bien assise» (Balzac, Prince Bohême, p.381); b) 1869 verbe subst. le poser «action du cheval qui pose un pied sur le sol» (Littré); 1903 part. passé subst. «id.» (Nouv. Lar. ill.); c) 1874 part. passé fém. subst. «endroit où un navire pose sur le fond» (Rapport du préfet de la Manche dans l'Avranchin, 8 nov., Suppl. ds Littré Suppl. 1877). Du lat. pop. pausare «cesser, s'arrêter», d'où dans le lat. des inscriptions chrét. «se reposer (en parlant d'un mort)», a pris le sens de poser dans le lat. parlé de basse époque en absorbant les différents sens du lat. ponere (v. pondre), sens qui a éliminé le sens propre réservé à reposer* (Bl.-W.; cf. aussi A. Stefenelli, Geschichte des fr. kernwortschatzes, p.72 et 259). Fréq. abs. littér.: 10131. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 6661, b) 13661; xxes.: a) 16079, b) 20407.
DÉR.
Posage, subst. masc.,vieilli. Action de poser, de mettre en place à l'endroit qui convient; résultat de cette action. Quant à la difficulté du transport et du posage [des pierres] sans aucun moyen mécanique, elle disparaîtra (Voy. La Pérouse,t.4, 1797, p.34).Céram. Posage (des couleurs). Application, à la surface des poteries, de couleurs résistant au feu. [L'opération du] posage par immersion de l'enduit vitrescible (Al. Brongniart, Arts céram.,t.1, 1844, p.177).Le mathématicien (...) proposa de faire voir le posage des couleurs [sur les poteries] (Flaub., Éduc. sent.,t.1, 1869, p.251). [poza:ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. 1resattest. a) 1532 posage de bateaux «rade» (ds Delb. Notes mss ds DG), b) 1694 «action de poser» (Ac.); de poser, suff. -age*.
BBG.Klein Vie paris. 1976, pp.206-210. _Picoche (J.). Précis de lexicol. fr. Paris, 1977, p.81. _Quem. DDL t.17. _Spitzer (L.). Etymologische Miszellen. Neuphilol. Mitt. 1923, t.24, p.153.

Trésor de la Langue Française informatisé

POSER, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Qqn pose qqc. ou qqn (pour un temps limité)
1. [Le plus souvent suivi d'un compl. second] Mettre dans un endroit qui assure un support, un appui. Synon. déposer, placer1; anton. enlever.
a) [Suivi d'un compl. locatif] Poser un objet sur un meuble, une échelle contre un mur, un outil à terre, un livre devant soi, un enfant à ses côtés, un livre dans une bibliothèque. À peine eut-elle posé Jeanne dans son grand lit, que ce pauvre petit corps de fillette fut agité de violentes convulsions (Zola, Page amour,1878, p.804).À sept heures Balionte entra avec une bougie, posa sur la table le plateau (Mauriac, Th. Desqueyroux,1927, p.266).
Empl. pronom. passif. J'appréhendais sans doute d'entendre se poser l'échelle du pailler contre la façade (Bosco, Mas Théot.,1945, p.192).
[Sans compl. locatif] [La] femme qui à l'église s'agenouille auprès du cierge qu'elle vient de poser (Du Bos, Journal,1928, p.93).
b) [Suivi d'un compl. de manière] Son fusil était posé la crosse en bas un peu obliquement (Flaub., Éduc. sent.,t.2, 1869, p.145).
2. En partic. [Le plus souvent sans compl. second] Se séparer, se débarrasser de ce que l'on porte. Synon. déposer, se décharger de.Poser ses bagages, sa canne, son parapluie. Posez vite vos affaires. Nous avons une bouillabaisse qui n'attend pas (Proust, Sodome,1922, p.900).Il posa sa valise, serra la main aux copains (Dabit, Hôtel Nord,1929, p.181):
1. Elle avait (...) pris sur ses bras notre petite soeur Suzanne pour monter le long escalier, en sorte qu'elle était essouflée. Elle posa l'enfant, se retint de respirer une seconde... Duhamel, Jard. bêtes sauv.,1934, p.27.
Loc. verb. Poser les armes (v. arme II A 4 a); poser, quitter l'épée*; poser, lever le masque*; poser culotte (v. culotte1A 1 b); poser sa chique (v. chique1A).
3. P. anal.
a) Mettre (une partie de son corps) sur/contre quelque chose ou quelqu'un. Poser sa tête sur un oreiller, sur l'épaule de qqn. Il se leva et vint poser son front contre les vitres (Maupass., Pierre et Jean,1888, p.414).Elle l'attire tendrement contre elle, prend la tête d'Andoche entre ses deux mains et la pose sur sa poitrine (Martin du G., Gonfle,1928, ii, 2, p.1200).
Poser le pied (dans un lieu). Commencer à y pénétrer. Que venait faire Cornebille à pareille heure, en plein coeur d'un parc où la marquise lui avait interdit de jamais poser le pied? (Boylesve, Leçon d'amour,1902, p.100).
b) Littéraire
Poser ses lèvres, un baiser sur (une partie du corps de qqn). L'embrasser de manière délicate. Et, sur les joues de la jeune femme impuissante, l'insolent posa deux baisers (Toulet, Tendres mén.,1904, p.139).Robert, se détournant un peu, posa ses lèvres sur le pied nu de Lilian (Gide, Faux-monn.,1925, p.968).
Empl. pronom. passif. Ses lèvres se posèrent sur les joues de Florentine (Roy, Bonheur occas.,1945, p.102).
Poser les yeux, le regard sur (qqc. ou qqn). Regarder en s'attardant. Elle pose sur lui un regard indéchiffrable, étrangement attentif et limpide (Bernanos, MmeDargent,1922, p.7).Je pose les yeux sur un évangéliaire anglais d'avant la conquête normande (Morand, New-York,1930, p.135).
Empl. pronom. Ses yeux se posèrent sur moi, souriants (Pesquidoux, Livre raison,1928, p.60).
Loc. fig. Poser un regard neuf, nouveau sur qqc. Regarder (quelque chose) sous un jour nouveau. Il s'aperçut qu'il posait sur la vie un regard neuf (Martin du G., Thib.,Belle sais., 1923, p.829).
B. − Qqn/qqc. est posé ou se pose
1. Vieilli. [Le suj. désigne une pers.] Être installé, s'installer en recherchant une pose ou un effet plus ou moins marqué. La marquise, posée théâtralement dans son grand fauteuil, s'apprêtait (...) à jouer sa petite comédie d'étiquette (Sand, Valentine,1832, p.165).
Empl. pronom. réfl.
[Suivi d'un compl. locatif] C'est une charmante jeune personne, dit Béatrix en se posant dans un fauteuil gothique (Balzac, Béatrix,1839, p.163).
[Suivi d'un compl. de manière] Il interrogeait les femmes d'un oeil heureux en (...) se penchant en arrière et se posant de trois-quarts (Balzac, Illus. perdues,1837, p.87).
2. [Le suj. désigne un animé ou un inanimé capable de voler]
a) [Le suj. désigne un oiseau] Être à terre, ne pas voler. Des mouettes posées marquetaient en troupe la plage mouillée (Chateaubr., Mém.,t.4, 1848, p.403).
Empl. pronom. réfl. Je vois deux hirondelles se poser dans l'allée du jardin (Delacroix, Journal,1853, p.67).
Posé sur.Perché sur. Un grand aigle aux plumes fauves, posé sur la branche d'un arbre (Green, Journal,1934, p.265).
Empl. pronom. réfl. Le Ramier se pose bruyamment sur l'arbre le plus proche pour descendre de branches en branches jusqu'à la rive (Vidron, Chasse,1945, p.66).
Rare, vieilli, empl. intrans. Poser sur.Se percher sur. Des merles bleus si légers qu'ils posent sur une herbe sans la faire plier (Renan, Vie Jésus,1863, p.67).Les oiseaux dans leur vol viennent poser sur lui [l'arbre solitaire] (Moréas, Stances,1901, p.113).
b) [Le suj. désigne un insecte qui vole] Être en position de repos, ne pas voler. Deux bambins occupés à attraper des mouches posées contre un mur (D'Allemagne, Récr. et passe-temps,1904, p.179).
Empl. pronom. réfl. Se placer. De grosses mouches venaient se poser sur moi (Maurois, Climats,1928, p.15).
c) Empl. pronom. passif. [Le suj. désigne un aéronef] Atterrir. Un avion militaire se posait dans leur verger (Giraudoux, Bella,1926, p.65).
[P. méton. du suj.] :
2. Je tournai donc autour de la lagune, à trente mètres d'altitude jusqu'à la panne d'essence. Après deux heures de manège, je me posai et capotai. Quand je me dégageai de l'avion, la tempête me renversa. Saint-Exup., Terre hommes,1939, p.162.
C. − Qqn pose qqc., qqn pose qqn.[De manière plus durable et avec une idée de précision]
1. Qqn pose qqc.Placer à l'endroit qui convient; procéder à l'installation d'un objet, d'un appareil ou d'un ensemble plus complexe. Synon. installer; anton. déposer.Poser une porte, des planchers, des rideaux, une serrure, l'électricité dans une maison, des voies ferrées. Dans les grandes villes, les lignes [téléphoniques] sont posées dans les égouts (A. Leclerc, Télégr. et téléph.,1924, p.312).Il ne restait à poser que les tuiles du toit (Abellio, Pacifiques,1946, p.276).
Loc. adv. Prêt à poser. V. prêt2A 2 a β.
Empl. pronom. passif. Ces planches en bois blanc se posent presque toujours transversalement, en évitant de multiplier les morceaux (Nosban, Manuel menuisier,t.2, 1857, p.208).
Loc. verb. (fig.). Poser des jalons (v. jalon); poser un lapin* (à qqn).
a) ARCHIT., CONSTR. Poser une pierre, une colonne, une statue. Les placer à l'endroit qui convient en procédant à leur fixation ou à leur stabilisation. C'était pendant qu'on posait les statues du pont des Saints-Pères (...). Il y avait foule pour voir (...) soulever des statues si lourdes (A. France, Bergeret,1901, p.46).
[Suivi d'un compl. de manière] Les pierres d'un édifice, posées deux à deux par points alternatifs, en affermissent toute la masse (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p.310).
Loc. verb.
Poser la première pierre* (d'un édifice).
Poser à cru. ,,Élever sans fondation (une charpente, un mur, un pilier)`` (Noël 1968; dict. xixeet xxes.).
Poser à sec. ,,Construire sans mortier, ce qui se fait pour les constructions en pierre de taille, en frottant les pierres avec du grès et de l'eau par leurs joints de lits bien dressés jusqu'à ce qu'il ne reste plus de vide`` (Noël 1968; dict. xixeet xxes.).
Poser de chant (ou de champ), sur champ. ,,Mettre en place une pierre, une brique, une pièce de bois, en la faisant reposer sur sa face la plus étroite`` (Noël 1968). Imaginez deux lignes de doubles briques posées sur champ, deux lignes carrées entre les pavés (Goncourt, Journal,1862, p.1151).Les briques sont posées de champ, (...) perpendiculaires à l'axe de la chaussée qu'on borde (Bourde, Trav. publ.,1929, p.94).
Poser à plat. ,,Mettre en place une pierre, une brique en la faisant reposer sur sa face la plus large`` (Noël 1968; dict.xixeet xxes.).
Vieilli. [Toujours empl. au part. passé ou en empl. pronom.; le suj. désigne une construction ou un ensemble de constructions] Installer, construire. Une vallée qui (...) semble bondir sous les châteaux posés sur ces doubles collines (Balzac, Lys,1836, p.29).Visite à Béni-Souef (...). Jolie petite ville posée sur le Nil (Fromentin, Voy. Égypte,1869, p.58).
Empl. pronom. passif. Être installé, construit. Le château (...) touche au hameau et se pose au bord de la place champêtre sans plus de faste qu'une habitation villageoise (Sand, Hist. vie,t.1, 1855, p.144).
b) Spécialement
ARITHM. Inscrire, au cours d'une opération (addition, soustraction, multiplication) le résultat obtenu en commençant par le chiffre des unités pour terminer par celui des dizaines, centaines, etc.:
3. Supposons que nous ayons à multiplier 372 par 465. (...) procédons comme il suit: 5 fois 2 font 10, je pose 0 et je retiens 1, 5 fois 7 font 35, 35 et 1 font 36, je pose 6 et je retiens 3, 5 fois 3 font 15, 15 et 3 font 18, je pose 8 et je retiens 1. Berkeley, Cerveaux géants,1957, p.242.
CHANT. Poser sa voix. ,,Émettre des sons avec aisance sans forcer le volume de la voix`` (Rougnon 1935, p.365). «Je suis un homme de théâtre», dit-il (...). On s'en est bien aperçu (...) à la façon dont il posait sa voix, dont il prenait ses temps (A. Daudet, Crit. dram.,1897, p.325).
Empl. part. Voix bien posée. ,,Voix qui, dans toute son étendue, peut émettre les sons pleins, fermes, ronds et vibrants, sans vacillation ou tremblement`` (Brenet Mus. 1926, p.365). Aussi le chanteur semblait-il triompher. Chaque note sortait avec une grande sûreté d'intonation; la voix était parfaitement posée (Reybaud, J. Paturot,1842, p.205).
JEUX. Poser un pion, un dé, une carte. Les jouer:
4. −Perrache, tu devrais te marier... −Pourquoi? −dit Perrache (...) −Pour moi! −dit Nachette en posant le double six. Goncourt, Ch. Demailly,1860, p.113.
2. Qqn pose qqn
a) Vieilli. Poser un garde, une sentinelle. Les mettre en faction à un endroit précis. Synon. poster.Des gardes furent posées sur les ponts et dans les places publiques (Barante, Hist. ducs Bourg.,t.3, 1821-24, p.59).Il était dur, après les marches, d'être obligé, à l'étape déserte (...) de poser des sentinelles, d'occuper des postes (Chateaubr., Mém.,t.2, 1848, p.451).
b) Vieilli. Déposer quelqu'un que l'on véhiculait à un endroit précis. La diligence la posait en ville [Lise] à une heure bien incommode (Lacretelle, Hts ponts,t.2, 1933, p.7).
c) BEAUX-ARTS
[Le suj. désigne l'artiste] Poser le modèle. Installer le modèle dans l'attitude souhaitée. Synon. usuel faire poser un modèle (v. ce mot II B 1).Il posait un beau modèle devant lui, le copiait péniblement (Gautierds La Presse,17 févr. 1849).
Loc. verb. [Le suj. désigne le modèle] Poser le nu, l'académie. Synon. poser nu (v. infra II B 1).Un peintre de Montparnasse lui demandait de poser l'académie (Arnoux, Paris,1939, p.217):
5. Cette présence de peintres, d'esthètes, de courtiers en tableaux, de poètes et de midinettes toujours prêtes à se déshabiller pour poser un nu... Fargue, Piéton Paris,1939, p.153.
d) Au fig. Poser sa candidature. Présenter officiellement sa candidature. Peu après il se tourna vers la politique active et posa sa candidature à la députation (Sartre, Nausée,1938, p.120).
D. − Au fig.
1. Qqn pose qqn.Jouer le rôle de, se faire passer pour. Synon. camper:
6. Au demeurant, il est d'un commerce sympathique; il ne pose jamais l'érudit, au contraire; il poserait plus volontiers l'homme du monde qui n'a besoin de rien savoir... Martin du G., Devenir,1909, p.33.
Poser à + subst.Poser au grand homme, au justicier. Le petit homme qui posait à l'arbitre se frappa les mains (Guèvremont, Survenant,1945, p.224):
7. Pour faire une blague, pour faire rigoler, pour poser au malin, pour rien, il leur avait donné ce papier. Van der Meersch, Invas. 14,1935, p.124.
Poser pour + subst.Il pose pour le don Juan, il est encore jeune, dans quelques années, vous le rencontrerez avec un vieux débris qui l'aura maté (Poulot, Sublime,1872, p.107).
Empl. pronom. réfl.
Se poser en + subst.Se poser en héros, en protecteur, en redresseur de torts, en séducteur. Personne n'a plus le droit de se poser en témoin ni en juge (J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p.274).−Avez-vous l'intention de vous poser en victime? (Duhamel, Passion J. Pasquier,1945, p.225).
Se poser comme + subst.Se poser comme un génie, comme le maître, comme un traître. On sent que sous la forme légère qu'il donne à ses paroles, le candidat remisé à la porte va sérieusement se poser comme le directeur des votes de l'Académie! (Goncourt, Journal,1893, p.364):
8. ... [les franciscains] se répandent sur l'Italie déchirée par tant de discordes, essayant de réconcilier partout les partis, de déraciner les erreurs, se posant comme les arbitres suprêmes... Montalembert, Ste Élisabeth,1836, p.XLVIII.
Se poser comme + adj.Quelquefois, se posant comme expérimentée, elle disait du mal de l'amour avec un rire sceptique qui donnait des démangeaisons de la gifler (Flaub., Éduc. sent.,t.1, 1869, p.189).
Fam. Se poser là. Faire preuve de peu de mesure, de peu de modération dans son comportement, dans ses actes. Comme délicatesse vous vous posez là (L'Est Républicain,6 mars 1984, p.409, col. 5).
2. Qqn pose qqc.
a) Admettre en affirmant comme une vérité irréfutable ou comme une conséquence nécessaire; présumer, supposer. Synon. établir, postuler, présupposer.Poser un principe, une règle:
9. Le dogme de l'immortalité future, et la définition de l'homme telle qu'on l'avait posée d'abord, formaient deux prémisses d'où se devait conclure, conséquence suprême et glorieuse, la résurrection de la chair. Ozanam, Philos. Dante,1838, p.252.
Poser (qqc.) pour (principe, etc). Poser Dieu pour principe, et le Verbe va suivre: le Fils naît forcément du Père (Chateaubr., Mém.,t.2, 1848, p.46).
Poser pour (maxime, etc.) que + ind.Posons, avait dit au contraire Jean-Jacques, pour maxime incontestable, que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits (Guéhenno, Jean-Jacques,1952, p.124).
Poser en (principe, axiome, règle, etc.) que + ind.Nous pouvons poser en principe que tout être vivant, fût-ce le plus rudimentaire, naît d'un être vivant préexistant (J. Rostand, La Vie et ses probl.,1939, p.26).Le Dr Coué pose en règle que la volonté contrainte le cède toujours et sans aucune exception, en efficacité, à l'imagination libre (Mounier, Traité caract.,1946, p.457).
Poser comme (principe, etc.) que + ind.Pour le moment, posons comme principe, si vous le voulez bien, que l'opération picturale implique un choix préalable, dans la réalité, de certains éléments rares et précieux (Lhote, Peint. d'abord,1942, p.11).
Poser que + ind.Soit un modèle à deux revenus seulement: salaire et profit. Posons que le produit tout entier est absorbé par les deux revenus (Perroux, Écon. XXes.,1964, p.417).
Ceci, cela posé. Ceci, cela admis. Vous n'êtes pas compromis, ni laissé là par moi. (...) soyez tranquille, je vous donnerai de l'ouvrage. Cela posé et bien dit, voici en quoi selon moi vous déviez (Hugo, Corresp.,1853, p.154).
b) Formuler, énoncer.
Poser un problème. Nul n'esquive le problème de la pratique; et non seulement chacun le pose, mais chacun, à sa façon, le tranche inévitablement (Blondel, Action,1893, p.x).
Empl. pronom. Le problème de Baudelaire pouvait donc (...) se poser ainsi: «Être un grand poète, mais n'être ni Lamartine, ni Hugo, ni Musset» (Valéry, Variété II,1929, p.145).
Poser une question. Quelqu'un pose la question: qui a fait cela? Je me lève et je réponds: c'est moi (Ricoeur, Philos. volonté,1949, p.55).
Empl. pronom. Ici se pose une question: le littérateur veut-il, en vertu de son essence, exprimer uniquement son âme personnelle? (Benda, Fr. byz.,1945, p.157).
3. Qqn pose qqc. à qqn
a) Poser un problème, une devinette, une colle à qqn. Soumettre à quelqu'un un problème, une devinette, une colle à résoudre. Il aimait naturellement à commander et à briller, et avec les ouvriers pas de risque qu'on lui posât des colles sur la géographie ou l'histoire ancienne (Aragon, Beaux quart.,1936, p.41).Il continua de la sorte à poser à tout le monde sa devinette (Druon, Gdes fam.,t.2, 1948, p.160):
10. Quelquefois (...), il (...) me faisait une question imprévue sur quelque vulgaire connaissance comme la géographie ou l'algèbre, me posant le plus facile problème d'enfant... Vigny, Serv. et grand. milit.,1835, p.154.
Empl. pronom. réfl. indir. C'est un problème qu'aujourd'hui encore je me pose sans pouvoir le résoudre (Reybaud, J. Paturot,1842, p.16).
b) Poser une question à qqn. Lui demander de répondre, de dire ce qu'il pense de. −Je vais te poser une question, fit-il. −Eh bien? Parle. −Ai-je bien agi avec Simon? Ai-je été juste? (Green, Moïra,1950, p.109).
Empl. pronom. réfl. indir. Chaque jour, et tout le long du jour, je me pose la question (...): est-ce que j'aurais peine à mourir? (Gide, Journal,1922, p.729).
c) Poser ses/des conditions (à qqn). Les formuler de manière nette et impérative. D'ailleurs, avant de commencer à réfléchir, il faut que je vous pose des conditions (Pagnol, Fanny,1932, i, 2etabl., 4, p.79).
4. Qqc. pose qqc.Soulever, faire apparaître. La disparition d'Olivier, sans l'inquiéter beaucoup, car elle le savait sujet à ces sortes de fugues, n'en posait pas moins un problème (Bernanos, Mauv. rêve,1948, p.998).La partition posait deux difficultés de principe: celle de la tablature, et celle de la technique de la notation (Schaeffer, Rech. mus. concr.,1952, p.81).
Qqc. pose qqc. à qqn.Il est bien clair que ces obsessions des malades nous posent un très curieux problème de psychologie (Janet, Obsess. et psychasth.,1903, p.27).
Empl. pronom. passif. Apparaître. D'autres problèmes, cependant, se posent en 1922 (Barrès, Cahiers,t.14, 1922, p.73).
5. Vieilli. Qqc. pose qqn.Le placer dans une situation avantageuse. Le succès obtenu par son livre l'a posé dans le monde des lettres. Je me livrerai à la peinture, aux beaux-arts, cela pose un homme (Flaub., Corresp.,1855, p.79).Cela posait tout de suite une demoiselle d'avoir sur son album à souvenirs le portrait de Christian II (A. Daudet, Rois en exil,1879, p.256).
Empl. pronom. réfl. Se poser (dans le monde). S'y faire une position avantageuse:
11. −Tu n'as pas su te poser à Juvigny. On donne des dîners partout; as-tu seulement tenté une démarche pour faire inviter ta femme et ta fille? −J'ai pour principe de ne jamais m'imposer, répondit le brave homme... Theuriet, Mariage Gérard,1875, p.43.
II. − Empl. intrans.
A. − Vieilli. [Le suj. désigne un élément d'une construction ou une partie du corps hum.] Poser sur (qqc.).Synon. reposer sur.Enfin mes pieds posèrent sur une plate-forme plus large (About, Roi mont.,1857, p.215).Une salle carrée dont le plafond bleu posait sur quatre piliers massifs (Gautier, Rom. momie,1858, p.169).
HÉRALD. Disposer, placer. Un pavillon aux armes de Monte-Cristo, armes représentant une montagne d'or, posant sur une mer d'azur, avec une croix de gueules au chef (Dumas père, Monte-cristo,t.2, 1846, p.383).
B. − Qqn pose
1. BEAUX-ARTS. [Le suj. désigne le modèle] Demeurer un certain temps immobile dans l'attitude choisie par l'artiste afin qu'il puisse reproduire son modèle. Faire poser un modèle; poser nu, debout, allongé. Une élégante Roumaine que tous voulaient faire poser, Manet comme Boldini et Helleu (Blanche, Modèles,1928, p.211).Philippe, avec dévotion, faisait des portraits de Suzanne et jamais la jeune femme ne refusait de poser (Duhamel, Suzanne,1941, p.229).
Poser pour (le buste, la tête). Pendant que je pose pour mon portrait, Bracquemond, tout en crayonnant, me raconte un peu sa vie (Goncourt, Journal,1879, p.48).[Les artistes] lisent les caractères dans les physionomies avec une finesse qui me faisait peur, quand je posais pour ce buste (Bourget, Tapin,Enf. morte, 1928, p.80).
Poser pour l'ensemble et, p.ell., poser l'ensemble. Poser en pied. (Dict. xixeet xxes.).
P. anal., LITT. Poser pour un écrivain. Lui servir de modèle pour créer un personnage de roman:
12. On peut reconnaître dans toute oeuvre d'art (...) celles [les femmes] qu'il a le plus aimées. Elles-mêmes n'ont fait que poser pour l'écrivain dans le moment même où, bien contre son gré, elles le faisaient le plus souffrir. Proust, Temps retr.,1922, p.901.
2. PHOTOGRAPHIE
a) Demeurer un certain temps immobile devant l'objectif afin d'être photographié. Ah! bel indifférent, vous donc aussi, avant de poser devant l'objectif, vous vous donnez un coup de peigne, et vous ne laissez courir que des photographies retouchées! (Veuillot, Odeurs de Paris,1866, p.401).Le temps interminable que mettaient autrefois à vous faire poser les photographes quand la lumière était mauvaise (Proust, Temps retr.,1922p.826).
b) Maintenir ouvert l'objectif d'un appareil photographique pendant un temps supérieur à un dixième de seconde afin de prendre un cliché. Votre photo est sombre, vous avez trop posé. (Dict. xxes.).
3. Au fig. Prendre une attitude affectée, manquer de naturel. Synon. fam. crâner, se pavaner.Les monarques posent toujours, et les grands monarques plus peut-être que tous les autres (Sand, Consuelo,t.3, 1842-43, p.213):
13. Qu'on ne te reproche pas ces simagrées que tu faisais avec tes nobles amis. Ce n'est rien. Tu posais, tu grimaçais malgré toi. Nous grimaçons tous. Guéhenno, Jean-Jacques,1952, p.51.
Loc. Poser pour la galerie*.
4. Vieilli. Faire poser qqn.Le faire attendre. Ah çà! (...) ils ne viendront pas, les médecins! (...) voilà une heure qu'ils nous font poser! (Gyp, Docteurs,1892, p.44).
En partic. Faire attendre (quelqu'un) en le trompant par des prétextes, des vaines promesses. Synon. fam. faire lanterner* qqn.Elle aurait bien voulu manquer encore celui-là [le rendez-vous], mais elle avait fait poser ce pauvre vicomte, deux fois le mois dernier, et elle n'osait point recommencer si tôt (Maupass.,Contes et nouv.,t.1, Rendez-vous, 1889, p.1111).
Rem. 1. Dans qq. ex., poser est empl. abusivement et par confusion graph. au sens de «pauser»: Nous nous donnâmes à peine le temps d'y poser [à Strasbourg] et ne fîmes presque que nous élancer de la voiture sur la selle des chevaux (Sainte-Beuve, Volupté, t.2, 1834, p.206). [Les guides] posaient une minute sur un bloc solide pour permettre au monsieur de reprendre haleine (A. Daudet, Tartarin Alpes, 1885, p.183). 2. Empl. subst. a) Formulation. Au simple poser de telles questions l'orthodoxie s'insurge évidemment (Weill, Judaïsme, 1931, p.82). b) Équit. V. posé III A 2.
Prononc. et Orth.: [poze], (il) pose [po:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Fin xes. pausar «déposer, ensevelir» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 351); ca 1050 poser «id.» (Alexis, éd. Chr. Storey, 587); 2. a) 1188 «mettre en place une chose» (Aimon de Varennes, Florimont, éd. A. Hilka, 6250); 1680 poser la première pierre (Rich.); 1579 poser (des) sentinelles (Larivey, Les Jaloux, éd. Viollet le Duc, VI, 46); b) 1792 «jouer un dé au domino» (Encyclop. méthod. Jeux, t.3, p.71); 1654 arithm. (Cyrano de Bergerac, Le Pédant joué, II, 2); c) 1669 peint. «donner la pose appropriée au modèle» (Molière, Gloire du Val de Grâce, 91); 1840 mus. poser la voix (Garcia, Art chant, p.95); 3. 1155 «fixer, déterminer, établir» (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 71); 1269-78 «présumer, supposer» poson que (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 18757-18758); 1657-62 cela posé (Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg, section VII, 385); 1690 poser des principes (Fur.); 1879 poser un acte «accomplir» (Arrêt de la cour de cassation de Belgique ds Dupré 1972); 4. 1718 poser l'état d'une question «déterminer d'une façon précise les termes d'une question» (Ac.); 1789 poser une question (Mirabeau, I, 295 ds Ranft); 1862 poser sa candidature (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t.1, p.400); 5. ca 1150 «établir quelqu'un dans une fonction» (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 160); rare jusqu'au xixes. 1841 (Balzac, Fausse maîtr., p.44); 6. 1188 «mettre bas quelque chose qu'on porte sur soi» (Aimon de Varennes, Florimont, éd. A. Hilka, 2422); 1567 poser les armes (Amyot, Vies, Eumen, 8 ds Gdf. Compl.); 1669 poser le masque (Molière, Tartuffe, 4, 4); 1837 poser ses scrupules (Balzac, Employés, p.38); 1866 poser sa chique «se taire», «mourir» (Delvau, p.79); 1878 poser culotte (Rigaud, Dict. jargon paris., p.277). B. 1. a) Ca 1140 «reposer (en parlant d'un mort)» (Geoffroi Gaimar, Hist. des anglais, éd. A. Bell, 1742); b) 1680 «être appuyé sur quelque chose» (Rich.); c) 1822 peint. «(en parlant d'un modèle) rester immobile dans l'attitude voulue par le peintre» (Delacroix, Journal, p.20); d) 1834 faire poser (qqn) «le faire attendre» (Balzac, Gaudissart, p.290); e) 1835 «prendre des attitudes, des manières affectées (Ac.); 1883 poser pour la galerie (Huysmans, Art mod., p.168); 2. a) ca 1145 verbe pronom. «s'étendre (sur un lit)» (Wace, Conception N.D., éd. W. R. Ashford, 1532); b) av. 1794 «en parlant du regard» (Chénier, OEuvres poét., II, p.36); c) 1846 «se faire, se donner une position avantageuse» (Balzac, Cous. Bette, p.91); d) 1835 se poser comme (Id., Fille yeux d'or, p.353); 1839 se poser en (Id., Fille Ève, p.148); 1947 se poser là (Fallet, Banlieue sud-est, p.25); 3. a) 1538 part. passé «calme, mesuré» (Est.); 1840 gens posés «qui ont une situation sociale bien assise» (Balzac, Prince Bohême, p.381); b) 1869 verbe subst. le poser «action du cheval qui pose un pied sur le sol» (Littré); 1903 part. passé subst. «id.» (Nouv. Lar. ill.); c) 1874 part. passé fém. subst. «endroit où un navire pose sur le fond» (Rapport du préfet de la Manche dans l'Avranchin, 8 nov., Suppl. ds Littré Suppl. 1877). Du lat. pop. pausare «cesser, s'arrêter», d'où dans le lat. des inscriptions chrét. «se reposer (en parlant d'un mort)», a pris le sens de poser dans le lat. parlé de basse époque en absorbant les différents sens du lat. ponere (v. pondre), sens qui a éliminé le sens propre réservé à reposer* (Bl.-W.; cf. aussi A. Stefenelli, Geschichte des fr. kernwortschatzes, p.72 et 259). Fréq. abs. littér.: 10131. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 6661, b) 13661; xxes.: a) 16079, b) 20407.
DÉR.
Posage, subst. masc.,vieilli. Action de poser, de mettre en place à l'endroit qui convient; résultat de cette action. Quant à la difficulté du transport et du posage [des pierres] sans aucun moyen mécanique, elle disparaîtra (Voy. La Pérouse,t.4, 1797, p.34).Céram. Posage (des couleurs). Application, à la surface des poteries, de couleurs résistant au feu. [L'opération du] posage par immersion de l'enduit vitrescible (Al. Brongniart, Arts céram.,t.1, 1844, p.177).Le mathématicien (...) proposa de faire voir le posage des couleurs [sur les poteries] (Flaub., Éduc. sent.,t.1, 1869, p.251). [poza:ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. 1resattest. a) 1532 posage de bateaux «rade» (ds Delb. Notes mss ds DG), b) 1694 «action de poser» (Ac.); de poser, suff. -age*.
BBG.Klein Vie paris. 1976, pp.206-210. _Picoche (J.). Précis de lexicol. fr. Paris, 1977, p.81. _Quem. DDL t.17. _Spitzer (L.). Etymologische Miszellen. Neuphilol. Mitt. 1923, t.24, p.153.

Wiktionnaire

Verbe

poser \po.ze\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se poser)

  1. Placer, mettre sur quelque chose.
    • Ils avaient retiré leur tunique, posé leur épée à terre, et ils s’acharnaient superbement à la besogne. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 349 de l’éd. de 1921)
    • Moins l’habit et la cornette, c’est une sœur de la charité qui pose des ventouses, des cataplasmes, applique des sinapismes, masse les rhumatisants, ensevelit les morts. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Poser les armes, mettre les armes bas, se rendre.
    • Menacé d’encerclement, ce régiment dut poser les armes.
  2. (Figuré) Abandonner une chose.
    • Poser les armes, Faire la paix ou une trêve.
    • Les deux partis ont posé les armes.
  3. Mettre dans le lieu, dans la situation convenable, placer.
    • Poser des rideaux, des sonnettes, des tableaux.
    • Poser une figure, poser un modèle, poser le modèle, placer une figure, un modèle dans l’attitude la plus favorable.
    • Poser un corps de garde, poser des gardes, des sentinelles, les placer en quelque endroit.
  4. (Architecture) Mettre, fixer une pierre, une poutre, une colonne, une statue, etc., à la place qu’elle doit occuper.
    • Poser une pierre.
    • Poser la première pierre d’une église.
    • Poser une statue sur un piédestal.
    • Poser une pièce de charpente.
    • Poser les fondements d’un édifice.
    • Poser à sec, Construire sans mortier.
    • Poser à cru, élever sans fondation une charpente, un pilier, un étai.
    • Poser de chant, Placer sur la face la plus étroite une pierre, une brique, une pièce de bois, etc. ; et dans le sens contraire,
    • Poser de plat.
  5. (Figuré) Établir.
    • Poser un principe.
    • Poser pour principe.
    • Poser en principe.
    • Poser comme une vérité incontestable que…
    • Je pose cela comme un fait certain, comme une chose de fait.
    • Poser une question, la fixer, la préciser.
  6. Adresser, en parlant d'une question.
    • L’incrédulité de Bert était ébranlée. Il posait des questions, et le soldat y répondait complaisamment. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 24 de l’éd. de 1921)
  7. Mettre en bonne place, en valeur, en crédit.
    • Ce livre l’a posé.
    • Une bonne plaidoirie a enfin posé cet avocat.
    • Au Parlement européen le mois dernier, Tim Cook a fustigé un « complexe industriel de la donnée », une critique en creux de Google et d’Amazon, accusés de brasser beaucoup de données personnelles, alors qu’Apple se pose comme défenseur de la vie privée. — (Stéphane Moussie, Recherche : Tim Cook justifie la position privilégiée de Google dans les appareils Apple, MacGeneration, 19 novembre 2018 → lire en ligne)
  8. (Mathématiques) il se dit en parlant des chiffres qu’on écrit dans une opération, par opposition à Retenir.
    • 8 et 9 font 17 ; je pose 7 et retiens 1.
  9. (Musique) Attaquer un son avec fermeté et sûreté et le maintenir pendant toute la durée de la note.
    • Il sait bien poser un son.
    • Il pose bien, il pose mal sa voix.
  10. (Intransitif) Être posé ou appuyé sur quelque chose ; porter sur quelque chose.
    • Une poutre qui ne pose pas assez sur le mur.
    • Poser à faux.
    • Je te dirai la terre.
      Tes pieds posent sur elle et, quand tu en auras tiré le suc de tes jours, à son tour elle posera sur toi.
      — (Maurice Bedel, Traité du plaisir, 1945)
  11. (Intransitif) Prendre une certaine attitude pour se faire peindre, pour se faire photographier.
    • […] ; réellement, ils venaient se rincer l’œil car Paul faisait poser des modèles féminins, souvent de toute beauté, dans le plus simple appareil. — (Philippe Durant, Belmondo, Robert Laffont, 1993)
    • Les gens ne vont pas croire que je n’ai pas posé pour ces photos. Ils vont penser que je suis une vendue. Ils vont penser que je ne suis qu’une mannequin snob et prétentieuse. — (Meg Cabot, ‎Journal d'une princesse, tome 3 : Un amoureux pour Mia, traduit de l'anglais par Josette Chicheportiche, éd. Hachette Romans, 2003)
  12. (Intransitif) (Figuré) Étudier ses attitudes, ses gestes, ses regards, son langage, pour produire de l’effet.
    • Cet homme ne cesse pas de poser.
  13. (Pronominal) Se placer.
  14. (Pronominal) (En particulier) Se percher, en parlant des oiseaux.
    • L’oiseau est venu se poser sur le sommet de l’arbre, sur le faîte du toit.
  15. (Pronominal) (Figuré) Se donner une position, une situation, une attitude.
    • Se bien poser, se poser avantageusement dans le monde, s’y faire une position honorable, avantageuse.
    • Dès ses débuts il s’est bien posé au barreau.
  16. (Pronominal) Prendre un rôle, s’en donner l’apparence.
    • Ce conflit dynastique dégénérerait en guerre européenne. C’est pourquoi Dubois se pose en apôtre de la paix. — (Évelyne Lever, La diplomatie secrète du mystérieux abbé Dubois, dans Marianne (magazine) n° 765, 17 décembre 2011)
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Littré (1872-1877)

POSER (pô-zé) v. a.
  • 1Placer, mettre sur. Il la retira [Psyché] du gouffre, et, lui faisant prendre un autre chemin que celui qu'elle avait choisi, il l'éloigna de ces lieux funestes, et l'alla poser avec ses habits sur les bords d'un fleuve, La Fontaine, Psyché, II, p. 110. Lui-même [Dieu] la posa dans le sein de la reine, sa mère, ou plutôt dans le sein de l'Église catholique, Bossuet, Duch. d'Orl. Comme la colombe qui revient à l'arche, ne sachant où poser son pied, Bossuet, Exp. doct. cath. Avertiss. Mon fils, avec respect posez sur cette table De notre sainte loi le livre redoutable, Racine, Ath. IV, 1. C'est dans cette demeure élevée au-dessus de la terre que Jupiter a posé son trône immobile, Fénelon, Tél. IX. De vastes salles Où… Veillaient assis en cercle et se regardant tous Des dieux d'airain, posant leurs mains sur leurs genoux, Hugo, Orientales, 1.

    Poser à terre, mettre sur la terre. Cet animal [l'hyène] est si fort, qu'il enlève aisément un homme et l'emporte à une ou deux lieues sans le poser à terre, Buffon, Quadrup. t. IX, p. 60.

    Dans les exercices militaires, poser l'arme à terre, mettre son arme à terre, devant soi, le bout du canon en avant.

    Il se dit, au piano, de la manière de placer la main. Cet enfant pose mal sa main.

  • 2Mettre dans le lieu, dans la disposition convenable. Poser des rideaux, des draperies, une glace.

    Poser un modèle, le mettre dans l'attitude la plus favorable pour l'imitation.

    En termes de guerre, poser des sentinelles, les placer en quelque endroit. Madame, à chaque porte on a posé des gardes, Corneille, Suréna, IV, 2.

    Dans un sens analogue. J'ai posé des gens pour épier, Imbert, Jaloux sans amour, V, 1.

  • 3Fixer une pierre, une poutre, une colonne, une statue, etc. à la place qu'elle doit occuper. Poser la première pierre d'un édifice.

    Poser à sec, construire sans mortier.

    Poser à cru, élever sans fondation une charpente, un pilier.

    Poser de champ, placer sur la face la plus étroite une brique, une planche, etc. et, dans le sens contraire, poser de plat.

    Poser une sonnette, des sonnettes, les fixer à un mur, et établir les fils d'archal qui doivent les mettre en mouvement.

  • 4En arithmétique, poser des chiffres, les mettre en colonne aux rangs d'unités, de dizaines, de centaines, etc. dans l'opération de l'addition ou de la soustraction.

    Elliptiquement, pose pour : je pose ou posons. Dans le schisme des donatistes on ne peut guère compter moins de 400 personnes assommées : pose… 400, Voltaire, Phil. Déf. de Bolingbr. 42.

  • 5Jouer un dé ou un domino.

    Absolument. C'est à vous à poser.

  • 6 Terme de typographie. Poser une forme, la dresser.
  • 7Quitter, déposer, en parlant de quelque vêtement, de quelque chose que l'on porte sur soi. Oui, nous jurons… De ne poser le fer entre nos mains remis Qu'après l'avoir vengé [Joas]…, Racine, Ath. IV, 3. Je quittai la dorure et les bas blancs, je pris une perruque ronde, je posai l'épée, Rousseau, Confess. VIII. Les Morvandiaux sont bons soldats ; conscrits, ils quittent leurs chères montagnes avec regret ; mais à peine ont-ils posé leurs sabots et endossé l'habit militaire…, Dupin, Morvand, p. 24.

    Faire poser, faire déposer. Je vais, par des douceurs, puisque j'y suis réduite, Faire poser le masque à cette âme hypocrite, Molière, Tart. IV, 4.

    Fig. Poser l'épée, renoncer à l'état militaire. Il pouvait sans risque poser l'épée, bien sûr qu'on ne l'obligerait pas à la reprendre, Rousseau, Conf. XI.

    Poser les armes, les mettre bas, se retirer.

    Fig. Poser les armes, faire la paix ou une trêve. Il ne put les obliger à poser les armes, Bossuet, Hist. III, 5.

  • 8 Fig. Établir quelque chose, comme on fait un fondement. Il ne s'agit pas de preuves, il s'agit de bien poser la doctrine, Bossuet, Var. IV, 38. Quand nous nous mettons à raisonner, nous devons d'abord poser comme indubitable que nous pouvons connaître très certainement beaucoup de choses dont toutefois nous n'entendons pas toutes les dépendances ni toutes les suites, Bossuet, Libre arbitre, 4. Quelque vieux Chrysippe Voudrait follement Poser un principe Contre un sentiment, Bernard, Poés. div. Ép. 4.

    Absolument. On commence par rejeter ce qui est mauvais, et on le fait assez bien ; poser sera la grande peine, Bossuet, Var. XI.

    Poser une question, la fixer, la préciser.

  • 9 Fig. Supposer. Posez le cas que je ne sois point roi, mais seulement personne privée, Vaugelas, Q. C. 418. Mais posons qu'en ceci le sénat vous outrage, Mairet, Sophon. V, 2. Ayant une fois posé Sabine pour femme d'Horace, il est nécessaire que tous les incidents de ce poëme lui donnent les sentiments qu'elle en témoigne avoir, Corneille, Hor. examen.
  • 10 Terme de musique. Attaquer un son avec fermeté et sûreté, et surtout le maintenir pendant toute la durée de la note. Il pose mal sa voix.
  • 11 Fig. Poser quelqu'un, lui donner du crédit (emploi néologique). Cette action, ce livre l'ont posé. Poser un jeune homme dans le monde.

    Mettre en évidence. Voilà un manége qui pose une femme.

  • 12 V. n. Être posé, appuyé sur quelque chose. Poser à faux.

    Fig. Notre crainte [de la mort], ne pouvant poser sur rien de certain, n'est plus qu'un sentiment vague et confus, qui ne porte sur rien du tout, Massillon, Carême, Mort.

    Chez les doreurs, poser au livret, appuyer le bord de la feuille et ouvrir le livret à mesure que la feuille s'étend, sans faire aucun pli.

  • 13Prendre une attitude pour se faire dessiner ou peindre. Cet homme pose dans les ateliers de peinture. Jetant le voile qui te pèse, Réalité que l'art rêva, Comme la princesse Borghèse Tu poserais pour Canova, Th. Gautier, Émaux et camées, à une robe rose.

    Fig. Étudier ses attitudes pour produire de l'effet, chercher à paraître ce qu'on n'est pas (cet emploi est nouveau, c'est-à-dire date d'une quarantaine d'années). Cet homme pose toujours. Que cherches-tu sous les meubles ? - Le naïf pour qui tu poses, E. Augier, les Effrontés, III, 1.

    Faire poser, mystifier. Monsieur, dit-il tranquillement, comptez-vous me faire poser longtemps ? Ch. de Bernard, le Gentilhomme campagnard, I, 20.

  • 14Se poser, v. réfl. Se mettre, se placer. Comme une aigle qu'on voit toujours, soit qu'elle vole au milieu des airs, soit qu'elle se pose sur quelque rocher…, Bossuet, Louis de Bourbon. [Au soir] Les brises du matin se posent pour dormir, Le rivage se tait, la voile tombe vide, Lamartine, Harm. II, 6.

    Être posé. Son pied se posait sur le tapis.

  • 15Se créer un rôle original. Se poser en réformateur des abus.
  • 16 S. m. L'instant où, dans la marche, le pied du cheval arrive sur le sol. Le poser, dit aussi appui ou foulée.

HISTORIQUE

XIIe s. Et en sarquez [cercueils] pouser et aloer [les corps], Ronc. p. 176.

XIIIe s. Mès or soit posé que gel [je le] praingne, à jalousie la grifaigne Que porrions nous ore dire ? la Rose, 12898. Por ce, sire Dieux, les poseras bruchedos, c'est souz les piés des autres gens, Psautier, f° 28.

XIVe s. Posé que par desesperance il se noiast ou pendist, Ordonn. des rois, t. VII, p. 544.

XVIe s. Sa femme l'asseura que mal aulcun ne luy adviendroyt ; seullement que sus elle il eust à se pouser et repouser, Rabelais, Pant. IV, 47. L'harmonie si posée et religieuse de nos voix, Montaigne, II, 363. Aristides estoit de sa nature homme posé, droit et entier en sa vie, Amyot, Thém. 5. Et luy, posant incontinent son manteau, se meit à fendre du bois, Amyot, Philop. 3. Il les contraignit de poser les armes, et se rendre à luy, Amyot, Eumènes, 8. Si s'en allerent ces corbeaux poser sur l'un et l'autre bout des verges dela voile, Amyot, Cicéron, 59. Un de ses soldats en posant la garde le tua d'une harquebusade sans y penser, D'Aubigné, Hist. II, 63.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

POSER, v. act. (Gram.) C’est asseoir, fixer, mettre en place. On dit poser le modele ; ceux qui s’en mêlent devroient bien du moins quelquefois le poser plus naturellement, & d’une maniere plus analogue aux passions de l’homme & aux actions de la vie ; poser une pierre, poser les armes ; cette poutre porte ou pose à faux ; huit & huit font seize, je pose six & retiens un ; je pose en fait, pour constant, en principes ; je l’ai tiré posé ; poser d’abord clairement l’espece ; poser de bons fondemens à une tour ; c’est un homme posé.

Poser, v. act. (Architect.) c’est mettre une pierre en place & à demeure ; & déposer, c’est l’ôter de sa place, parce qu’elle ne la remplit pas, étant trop maigre ou défectueuse, ou parce qu’elle est en délit. Poser à sec, c’est construire sans mortier ; ce qui se fait en frottant les pierres avec du grès & de l’eau, par leurs joints de lit bien dressés, jusqu’à ce qu’il n’y reste point de vuide. C’est de cette maniere que sont construits la plupart des bâtimens antiques, & qu’a été commencé l’arc de triomphe du fauxbourg Saint-Antoine à Paris. Poser à cru, c’est dresser sans fondation, un pilier, une étaie ou un pointal, pour soutenir quelque chose.

Poser de champ, c’est mettre une brique sur son côté le plus mince, & une piece de bois sur son fort, c’est-à-dire, sur sa face la plus étroite. Poser de plat, c’est le contraire ; & poser en décharge, c’est poser obliquement une piece de bois pour empêcher la charge, pour arcbouter, & pour contreventer.

On dit la pose d’une pierre, pour signifier l’endroit où elle est placée à demeure. Daviler. (D. J.)

Poser les pieces d’une machine.

Poser un cordage. (Marine.)

Poser de plat, lorsqu’on met une piece de bois sur sa plus large face.

Poser en décharge, lorsqu’on met une piece de bois obliquement, soit pour empêcher la charge, soit pour arcbouter & contre-éventer.

Poser une forme, (Imprimerie.) c’est la même chose que la dresser.

Poser n’est terme de peinture que dans cette phrase. Poser le modele, c’est mettre un homme ou une femme dans différentes attitudes, pour dessiner ou peindre d’après ce modele. C’est le professeur du mois qui est chargé du soin de poser le modele à l’académie. Voyez Académie. On dit, cet homme entend bien à poser le modele.

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Étymologie de « poser »

Du latin pausare (« cesser »). L’intermédiaire se trouve dans l’emploi qu’on en faisait dans les épitaphes chrétiennes : hic pausat in pace ingenua — (Inscriptions chrétiennes par Le Blant, 3e livre page 373, fin du IVe siècle).
Il y a eu confusion entre pausare et le verbe ponere (« poser », « mettre »), qui a évolué en pondre : tous les composés de ponere ont adopté une forme en -poser : antéposer, apposer, déposer, disposer, exposer, imposer, interposer, opposer, préposer, proposer, supposer, superposer, transposer. En témoignent, pour chacun d’eux, un dérivé nominal en -ition (exposition, proposition, etc.) alors qu'on attendrait une forme en -ation pour un verbe latin en -are et français en -er.
Une seule exception à cette règle : reposer qui hérite des deux verbes latins deux sens : (« faire une pause ») (déverbal : repos) et (« poser à nouveau »).
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Provenç. pausar, pauzar ; espagn. posar ; port. pousar ; ital. posare ; du bas-lat. pausare (Lex Alam. tit. 45, § 2 : et pausant arma sua josum), qui est le lat. pausare, cesser (voy. PAUSE). L'intermédiaire se trouve dans l'emploi qu'on en faisait dans les épitaphes chrétiennes : Hic pausat in pace ingenua, Inscr. chrét. par LE BLANT, 3e liv. p. 373, fin du IVe siècle. Mais il ne faut pas méconnaître qu'il y a eu confusion entre poser, de pausare, et le verbe ponere, positus.

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Phonétique du mot « poser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
poser poze

Citations contenant le mot « poser »

  • La souffrance est pire dans le noir ; on ne peut poser les yeux sur rien. De Graham Greene / Le Fond du problème
  • Il est facile de poser la question difficile. De Wystan Hugh Auden / La Question
  • Il faut savoir poser des questions qui déboulonnent les certitudes. De Raymond Lévy
  • Il y a bien moins de difficultés à résoudre un problème qu’à le poser. De Joseph de Maistre
  • Vivre c'est pour apprendre à bien poser sa tête sur un ventre de femme. De Eugène Guillevic
  • Quand on commence à poser des questions, on commence à mourir. De Jacques Garneau / Inventaire pour Saint-Denys
  • Rien n'est plus simple que de poser une question difficile. De Wystan Hugh Auden
  • Un enseignement qui n’enseigne pas à se poser des questions est mauvais. De Paul Valéry
  • Qui a peur de poser des questions a honte d’apprendre. De Proverbe danois
  • Les fous se précipitent où les anges craignent de poser les pieds. De Alexander Pope / Essai sur la critique
  • Lire, c'est déjà poser l'équation de l'incertitude. De Jean-Michel Wyl / L'exil
  • Un artiste doit se poser certaines questions, se soucier de ses contemporains De Ettore Scola / Le cinéma italien parle, Aldo Tassone - 1982
  • Mon amie m’a mise en relation avec un chirurgien plastique qui adoptait une attitude chaleureuse de médecin de campagne. Je lui ai tout de suite fait confiance. Je lui ai dit que je ne voulais rien de trop gros. Je voulais juste que mes seins aient l’air plus ronds, un bonnet B peut-être. Il m’a assuré que l’opération était simple, pas plus compliqué que de se faire percer les oreilles, que mes nouveaux seins seraient indestructibles et dureraient une vie entière. Je me suis vue en Super Woman pulpeuse, et puis je me suis imaginée en train de me décomposer dans mon cercueil, avec de la poussière, des ossements et deux ballons de silicone intacts. Que penseraient les civilisations futures quand elles découvriraient ma tombe? Le Huffington Post, Pourquoi j’ai décidé de me faire poser des implants mammaires… et, plus tard, de les faire retirer - BLOG | Le Huffington Post LIFE
  • Quel est votre avis sur l'origine de l'expression "poser un lapin" ? On raconte, mais on ne sait pas trop qui est ce "on" que  c'est la déformation de "Tiens t'as qu'à déposer le pain sur la table". Au fil du temps, comme pour le fameux personnage de "Games of throne" Hodor, la phrase a fini par se simplifier.  France 3 Grand Est, "Poser un lapin" Connaissez-vous la véritable origine de l'expression ?
  • La même question menace de se poser aux Européens, cette fois au sujet de la Turquie. De manière plus douloureuse encore car, contrairement à la Russie, la Turquie, dans ce qu’il reste d’ordre international, fait partie du bloc occidental ; elle est un membre important de l’OTAN, alliance militaire transatlantique de trente Etats, fondée et dominée par les Etats-Unis. Il a même été envisagé de l’intégrer à l’Union européenne. Politiquement, géographiquement et humainement, la Turquie est plus imbriquée dans l’Europe que ne l’est la Russie. La laisser dériver ou, dans le jargon géopolitique, la perdre, aurait donc des conséquences plus graves. Le Monde.fr, « Qui a perdu la Turquie ? La question risque de se poser aux Européens »
  • Ce sont les vacances, après un épisode de confinement qui est venu nous rappeler combien notre santé est précieuse. Pour beaucoup d’entre nous, c’est aussi l’occasion de regarder l’année qui vient de s’écouler et de se poser un certain nombre de questions et en particulier de s’interroger son mode de vie et ses conséquences sur la Santé. www.pourquoidocteur.fr, Votre santé dans 10 ans : il est temps de se poser les bonnes questions
  • En dehors de cela, le rapport mondial Lave-vaisselle à  poser sur le marché 2020 fournit des informations cruciales concernant la catégorisation, les tendances de croissance évaluées, le réseau de distribution, les conditions économiques ou commerciales, et de nombreux autres éléments vitaux liés au Lave-vaisselle à  poser. L’augmentation rapide du revenu disponible et les produits innovants proposés par les fabricants devraient stimuler l’industrie Lave-vaisselle à  poser au cours de la période de prévision. Une clientèle vaste et croissante de l’industrie Lave-vaisselle à  poser crée une opportunité pour les producteurs de servir un marché important et de gagner de l’argent. INFO DU CONTINENT, Segment de marché mondial Lave-vaisselle à  poser 2020 - revenus de l'industrie et facteurs de croissance au cours des prévisions 2026 - INFO DU CONTINENT

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Traductions du mot « poser »

Langue Traduction
Anglais to pose
Espagnol para posar
Italien posare
Allemand posieren
Chinois 摆姿势
Arabe لطرح
Portugais posar
Russe чтобы представлять
Japonais ポーズする
Basque planteatu
Corse pona
Source : Google Translate API

Synonymes de « poser »

Source : synonymes de poser sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « poser »

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