Passage : définition de passage


Passage : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PASSAGE1, subst. masc.

I. − Action, fait de passer (ou de faire passer).
A. − [Corresp. à passer11resection I A, B] Fait de circuler; fait de parcourir ou de traverser un lieu; avec ou sans idée d'obstacle à franchir. Nous arrivâmes (...) près d'un ruisseau assez rempli d'eau pour rendre le passage difficile, à pied sec du moins (Toepffer, Nouv. genev., 1839, p.23).
1.
a) [L'agent du procès est implicite] Contrée, région, zone de passage; priorité de passage. De Lyon, [les ingénieurs romains] profitèrent des facilités de passage qui s'offrent vers le Forez pour relier à la métropole des Gaules Roanne, Vichy, Clermont (Vidal de La Bl., Tabl. géogr. Fr., 1908, p.305).Qu'il s'agît d'aller chercher des marchandises au Proche-Orient ou de pousser jusqu'au fond de l'Asie, la Méditerrannée restait toujours (...) la voie de passage obligatoire (P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p.132).
Point de passage. On sait (...) à quel point les tourbières sont des obstacles à la circulation, et c'est pourquoi, dirions-nous, s'y rencontrent fréquemment des points de passage qui, en Suisse par exemple, portent les noms typiques de Bruggo, Bruggen, (...), Les Ponts, Pontet, Les Marches, Les Traverses, etc. (Brunhes, Géogr. hum., 1942, p.278).V. passeur ex. 3.P. métaph. Un ministre ne peut agir seul: en raison des compétences législatives et budgétaires du parlement vers lequel le Premier ministre est le point de passage obligé (...), un ministre doit en permanence «solliciter un autre pouvoir» (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.108).
DROIT
Servitude de passage. ,,Servitude établie par la convention des parties et destinée à permettre à l'une d'elles de traverser les terres d'un voisin pour parvenir plus aisément à une voie publique`` (cida 1973). Les bâtiments, cours et jardins attenants aux habitations sont exempts de la servitude de passage (Champly, Nouv. encyclop. prat., t.16, 1927, p.58).
Droit de passage ou passage. Droit de passer par la propriété d'autrui:
1. ... le droit de passage: article 682: «Le propriétaire dont les fonds sont enclavés et qui n'a sur la voie publique aucune issue, ou qu'une issue insuffisante pour l'exploitation, soit agricole, soit industrielle de sa propriété, peut réclamer un passage sur les fonds de ses voisins, à la charge d'une indemnité proportionnée au dommage qu'il peut occasionner.» Jaurès, Ét. soc., 1901, p.169.
P. plaisant. Marie Coquelière, en qualité d'ancienne nourrice, (...) jouissait d'un droit de passage. C'était elle qui portait le petit déjeuner du matin et servait les autres repas (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p.207).
POSTES, TRANSP. Avis de passage. Avis signalant à une personne absente de son domicile le passage du préposé venu lui remettre un colis ou une lettre recommandée (le terme officiel dans l'admin. des Postes est avis de mise en instance):
2. Le secrétaire d'État aux P.T.T. vient de (...) rappeler [la réglementation en vigueur] en réponse à une question écrite de M. Jean-Pierre Abelin, député U.D.F. de la Vienne, qui s'étonnait du nombre, à son opinion trop important, des «avis de passage» laissés au domicile des destinataires de paquets-poste ou d'objets recommandés, notamment en région parisienne. Journal officiel du 19 janvier dsLe Monde, 20 mars 1981, p.31.
SPORTS (athl.). Temps de passage. Temps réalisé par un coureur sur une fraction de la course. Sur 400 m une erreur d'appréciation d'une seconde sur le temps de passage aux 200 ou aux 300 m peut être funeste (Féd. Fr. Athlétisme, Les Courses, 1939ds Petiot 1982).
b) [Avec compl. prép.] Il n'y avait pas de route carrossable accédant aux cols de haute montagne. Il fallait réaliser des transbordements difficiles et des passages pénibles par chemins muletiers (Pineau, S.N.C.F. et transp., 1950, p.106).Un passeport collectif réduit au minimum les formalités de passage aux frontières (Defert, Pol. tour. Fr., 1960, p.76).V. passeur A 2 a ex. de Van der Meersch.
Passage à gué. V. gué1ex. de Thierry.
ÉCON. Carnet de passage en douane. Document douanier nécessaire à l'importation temporaire d'un véhicule dans un pays étranger. Les accords (...) de Genève et de New-York avaient, au lendemain de la guerre, précisé et complété les conventions antérieures, sur la délivrance des carnets de passage en douane et des triptyques (Jocard, Tour. et action État, 1966, p.214).
c) [Avec déterm. désignant l'objet du procès] Passage de la Bérésina, de la Mer Rouge, du Rubicon; passage des Alpes, de la Manche; passage d'un col, d'un pont; passage de la ligne (v. ce mot II B 2 géogr.); passage du cercle polaire (v. baptême B 1 b ex. de Le Clère); passage de la ligne de démarcation. Avec les barrages, on perd, aux passages des écluses, un temps assez considérable (Bourde, Trav. publ., 1929, p.336).Le passage de l'obstacle nécessite une technique extrêmement étudiée (R. Vuillemin, Éduc. phys., 1941, p.138).Ces variations [météorologiques] se produisent au passage d'une ligne marquée sur les cartes par un crochet des isobares, sur une longueur pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres (Maurain, Météor., 1950, p.101).V. passeur A 2 a ex. de F. Hammel.
d) P. méton., CIN. ,,Prise de vue de raccord montrant des personnages qui ne font que passer`` (Giraud 1956). On tourne. On tourne des «petits bouts», des «passages», ces allées et venues, ces vues de portes ouvertes et refermées, de couloirs, qui, posées comme des points de suture ingénieux, entre les scènes d'importance, donneront au spectateur l'illusion de la vérité, de la vie, de l'ubiquité (Colette, Pays. et portr., 1954, p.199).
2.
a)
α) [L'agent du procès est précisé] Des empreintes (...) indiquaient le passage récent de grands animaux, fauves ou autres (Verne, Île myst., 1874, p.85).Perpendiculairement au vilebrequin et à l'arbre à cames, un trou permet le passage d'un axe entraîné par un pignon porté par l'arbre à cames (Chapelain, Techn. automob., 1956, p.30).Les voyageurs de commerce, nantis d'une voiture à cheval (...) supplantèrent les colporteurs (...). Ils avaient une clientèle fidèle et considérable qui attendait leur passage annuel pour se réapprovisionner (Lesourd, Gérard, Hist. écon., 1966, p.382).V. automobile ex. 2, hep ex., horloge ex. 5, passerelle ex. 3.
Synon. de passée (v. ce mot B 1 a)J'avais obtenu que Maria, une vieille bonne Napolitaine (...) nous accompagnât au clos du Voméro, à deux pas, où nous passions l'après-midi, (...) nous cachant pour guetter les petits oiseaux dont c'était la saison de passage (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p.127).À chaque automne, je rentre à Paris quelques jours trop tôt: jamais je ne vois prendre les palombes. C'est saint Luc, le 18 octobre, qui préside au grand passage (Mauriac, Mém. intér., 1959, p.111).V. appelant ex. 3 et 4.
SYNT. Passage bruyant, continuel, fréquent, incessant, ininterrompu, rapide (de qqn/qqc.); passage d'un promeneur, d'une foule, d'une armée; passage de troupes; passage d'un avion, d'un traîneau, d'une voiture; passage de l'air, de l'eau, du courant électrique; passage d'une comète, d'un tourbillon; passage nuageux, pluvieux; accélérer, assurer, attendre, conditionner, déceler, détecter, empêcher, favoriser, gêner, guetter, interdire, interrompre, marquer, observer, permettre, provoquer le passage (de qqn/qqc.); s'opposer au passage, être prévenu du passage (de qqn/qqc.); laisser les traces de son passage; époque, heure, jour du passage (de qqn/qqc.); vitesse de passage (de qqc.).
AVIAT. Faire un passage. ,,Amener l'avion à basse altitude sur une base ou un point déterminé`` (Petiot 1982).
β) P. anal. [L'agent du procès est une entité linéaire continue] Le trafic international s'est accru de façon constante (...) au profit plus particulier des pays qui ont su devenir des lieux de passage des grands itinéraires (Pineau, S.N.C.F. et transp., 1950, p.8).
b) [Avec compl. prép.] Accorder à qqn libre passage sur son territoire. L'emploi de substances isotopiques organiques ou minérales dites «marquées» offre la possibilité de suivre littéralement à la trace leur passage à travers l'organisme et de situer avec précision les étapes de leur dégradation chimique (Bariéty, Coury, Hist. méd., 1963, p.681).
Littér. Mon Dieu! Pour un passage de tendresse dans ses yeux quand elle me regarde, mais je donnerais toute ma vie (Bourget, Crime am., 1886, p.183).
c) Locutions
α) Au passage de qqn/qqc. Au moment de son passage. Des marchandes de fleurs avaient jeté leurs oeillets au passage des civières (Malraux, Espoir, 1937, p.458).Soudain les pigeons du Luxembourg s'abattaient sur la place et s'envolaient au passage du petit train qui remontait les Halles (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p.68).
β) Absol. Au passage. Au moment du passage; tandis que se déroule l'action. Accrocher, arrêter qqn/qqc. au passage; interpeller qqn, serrer la main de qqn au passage; examiner, noter, souligner qqc. au passage; reconnaître, voir qqn/qqc. au passage.
[Celui qui passe est le compl. du verbe de la prop.] Dans la rue des Lombards, il sourit aux filles qui l'appelaient au passage (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p.231).De quelle province êtes-vous? D'autres auraient dit département et Maigret saluait au passage ce mot province qu'il aimait (Simenon, Vac. Maigret, 1948, p.48).V. déchiffrer ex. 4, guetter A 2 ex. de Stendhal.
[Celui qui passe est le suj. du verbe de la prop.] Synon. en passant.Un quart d'heure après, nous montons en automobile, (...). Nous prendrons au passage le capitaine H... à l'état-major de la division (Bordeaux, Fort de Vaux, 1916, p.46).On partit, on longea la tranchée bulgare que Conan explorait de sa lampe, signalant au passage les entrées d'abris, les postes de guetteurs, les emplacements de mitrailleuses (Vercel, Cap. Conan, 1934, p.208).J'indique au passage que ce fait ne doit pas constituer un alibi (Pineau, S.N.C.F. et transp., 1950, p.94).
γ) Sur le passage de qqn/qqc.
Au moment de son passage. Sur le passage du cortège, les femmes se signaient, les hommes du peuple se découvraient (A. France, Pt Pierre, 1918, p.279).Ces yeux trop grands pour son visage (...) faisaient se retourner les gens sur son passage (Triolet, Prem. accroc, 1945, p.228).
À l'endroit où il passe. Être embusqué sur le passage de qqn. Sur le passage de la troupe (...), la population féminine est aux fenêtres (Gautier, Guide Louvre, 1872, p.320).J'avais oublié mes gants, (...) j'empruntais les siens au premier camarade qui se trouvait sur mon passage (Ambrière, Gdes vac., 1946, p.326).Une voiture (...) paraissait avoir emprunté la piste étroite et fauché sur son passage les joncs dont j'apercevais partout les tiges brisées (Gracq, Syrtes, 1951, p.74).
3. En partic. Traversée à bord d'un navire. Billet de passage; payer son passage. 20 mercredi. Midi, embarqués à Belfast, débarqués jeudi 21 à six heures du matin à Glascow (...); le passage ne coûte que deux shillings (Michelet, Journal, 1834, p.141).La longueur du canal est de 168 kilomètres (...). Le passage s'effectue aujourd'hui en une douzaine d'heures (Albitreccia, Gds moyens transp., 1931, p.116):
3. Malgré la concurrence de l'avion, les navires marchands aménagés en «mixtes» sont devenus très nombreux sur les grandes routes maritimes, car beaucoup de voyageurs acceptent de rester un peu plus longtemps sur mer pour payer un prix de passage moins élevé. Le Masson, Mar., 1951, p.73.
DR. MAR. Contrat de passage. Contrat qui fixe les droits et les obligations de l'armateur et du passage pour ce qui concerne la traversée. Tarifs et contrat de passage (M. Benoist, Pettier, Transp. mar., 1961, p.39).
Prendre passage. S'embarquer. Le nègre a pris passage à bord d'un navire anglais (Ponson du Terr., Rocambole, t.3, 1859, p.422).
Région. (Canada). Transport par chemin de fer, autobus, bateau ou avion; p.méton., titre de transport. Payer son passage; un billet de passage. Le prix d'un passage de Montréal à Miami est de soixante dollars (Bél.1957).
4. ASTRONOMIE
a) ,,Traversée d'un plan ou d'une ligne remarquables par un corps céleste`` (Astron. 1980). V. draconitique ex. de Danjon.
Lunette de passage. Synon. de lunette méridienne (v. lunette B 1 c γ et méridien II A 3 b ex. de Hist. gén. sc.).
Passage au méridien. V. méridien II B 1 a et culmination A 2 spéc.; chronométrique ex. de Lalande.
b) ,,Cas particulier de conjonction [v. ce mot I A 2] où un astre passe devant un autre dont le diamètre est beaucoup plus grand`` (Encyclop. Sc. Techn. t.3 1970, p.637). Les passages de Mercure se produisent à raison de treize par siècle en moyenne; les passages de Vénus sont beaucoup plus rares: deux par siècle en moyenne (Astron.1973).
5. Au fig. [L'agent du procès est le temps ou une fraction du temps] Fait de s'écouler. Le cours de l'eau restera, pour nous, l'image la plus frappante de l'inexorable passage des heures (Senancour, Obermann, t.2, 1840, p.230).Pendant les heures sombres, je me consolais du passage du temps en me disant qu'un trésor s'accumulait qui me serait donné d'un seul coup, à la minute où je rentrerais à Paris. Surtout, je voulais voir la Seine (Green, Journal, 1945, p.230).Les couleurs du ciel et les odeurs de la terre qui font le passage des saisons étaient (...) sensibles à tous (Camus, Peste, 1947, p.1309).
B. − [Corresp. à passer11resection II]
1. [Avec compl. prép. désignant (le point de départ et) le point d'arrivée] Fait d'aller, de se rendre quelque part.
a) Passage de... à.V. originel ex. 1.
P. métaph. La solennité des trois coups frappés sur la scène et suivis d'un profond silence m'émut. Le lever du rideau fut vraiment pour moi le passage d'un monde à un autre (A. France, Vie fleur, 1922, p.384).
b) Passage dans.La stase sanguine dans l'abdomen provoque le passage dans le péritoine d'une partie du plasma sanguin. C'est ce qu'on appelle une ascite (Quillet Méd.1965, p.152).
c) Passage à[Avec une idée de déplacement durable] Sa famille est d'origine anglaise. Un de ses aïeux, venu en exil avec Jacques II en France (...). Achat d'une terre de Saint-Victor. Puis aux XVIIIesiècle, passage de sa famille à Saint-Domingue, où son père est né (Goncourt, Journal, 1860, p.787).
2. Au fig.
a) Fait d'avancer dans le temps ou dans un processus temporel, fait d'évoluer; fait de subir ou d'effectuer une transformation; fait de changer (de niveau, de catégorie professionnelle, d'activité, d'attitude, de sujet de préoccupation...).
α) [Le point de départ et l'aboutissement sont exprimés]
Passage de... à.L'histoire psychologique de l'influence familiale ne finit pas avec le passage de l'adolescence à la maturité (Mounier, Traité caract., 1946, p.105).C'est la guerre froide qui occupe la place de ce qui jadis entraînait le passage de l'état de paix au conflit armé (Jeux et sports, 1967, p.770).V. ennoblissement A ex. de Bonald.
SYNT. Passage d'un âge à un/l'autre, d'une catégorie à une autre, d'une époque à une autre, d'un état à un autre, d'une génération à une autre, d'un ordre à un autre, d'une valeur à une autre; passage d'une forme de civilisation à une autre, d'un type de société à un autre; passage de la colère à la joie, du jour à la nuit, du paléolithique au néolithique, de la pensée à l'action, de la vie aquatique à la vie terrestre, de la vie à la mort.
[Avec adj.] Comment peut-on, avec une pareille constitution politique, espérer un passage régulier et tranquille du capitalisme au socialisme? (Jaurès, Ét. soc., 1901, p.lxi).
SYNT. Passage automatique, brusque, continu, direct, graduel, immédiat, inévitable, inexorable, insensible, instantané, irreversible, progressif, rapide, reversible, subit, subtil de... à...
Passage de... dans(rare). La mémoire est fondée de proche en proche sur le passage continu d'un instant dans l'autre et sur l'emboîtement de chacun avec tout son horizon dans l'épaisseur du suivant (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception, 1945, p.307).
Passage entre (deux réalités).Une chaîne ininterrompue assure le passage entre la réalité, les formes naturelles qui l'évoquent, puis les formes artificielles qui l'imitent (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p.109).Entre ces termes [inconscient, subconscient et conscient] il y a autant de continuités de passage que de ruptures (Traité sociol., 1968, p.334).
(Constituer) une forme de passage, un terme de passage entre deux choses. L'étage danien [étage le plus élevé de la série crétacée] forme un terme de passage entre le néocrétacique [v. néo- II A 1] et le tertiaire (Lapparent, Abr. géol., 1886, p.327).On peut observer des formes de passage entre la cellule bipolaire à pôles distincts et la cellule en T à pôles confondus (Camefort, Gama, Sc. nat.1960, p.218).
β) [L'aboutissement est seul exprimé]
Passage à.Passage à l'âge adulte; passage à l'état gazeux, liquide, à l'état cristallin. Tu es un môme qui a de la peine à passer à l'âge d'homme mais tu feras un homme très acceptable si quelqu'un te facilite le passage (Sartre, Mains sales, 1948, 6etabl., 2, p.231).L'affection peut se compliquer (...) de néphrite, celle-ci parfois redoutable par le risque de passage à la chronicité (Ravault, Vignon, Rhumatol., 1956, p.565).V. aller ex. 18.
Passage dans.Passage dans la réserve, dans les troupes coloniales. Le gouvernement français sera invité à faciliter à ces soldats démobilisés leur passage dans la vie civile (Gide, Journal, 1943, p.173).Les conseils de la classe de 3edes établissements d'accueil du second degré (...) donnent leur avis sur le passage dans la classe de seconde moderne (Encyclop. éduc., 1960, p.108):
4. ... la papauté aurait favorisé à deux reprises la thèse du rattachement à l'Allemagne. Les études les plus objectives apportent peu d'aliments sérieux à une telle position: ce qui ne signifie pas que le Vatican aurait vu avec sympathie le passage définitif de la Sarre dans l'orbite française. Meynaud, Groupes pression Fr., 1958, p.332.
Passage vers.Un décret (N59-1402) améliore les conditions de passage des chercheurs du CNRS vers l'enseignement supérieur (Encyclop. éduc., 1960, p.252).
γ) Absol., littér. Le passage; le grand, le dernier, le terrible passage; le passage suprême. La mort. Peut-être que ce seul petit scrupule de conscience parmi tous ses crimes de vieux vagabond lui rendit plus facile le terrible passage (A. Daudet, Jack, t.2, 1876, p.323).Il faut se résoudre à mourir, et conserver, s'il se peut, en ce passage, une âme, que n'émeuvent plus ni l'espérance, ni la crainte (Toulet, Mariage Don Quichotte, 1902, p.146):
5. ... la tentation du désespoir guette presque toujours le croyant à son lit de mort. C'est là, je le vois bien, ce qui infirme dans l'esprit de Gide la religion tout entière dont le rôle, semble-t-il croire, est de donner à celui qui va faire le grand passage une assurance inébranlable. Green, Journal, 1950, p.41.
b) Spécialement
α) AUTOMOB. Au bout d'une dizaine de secondes, on entendait un bruit d'écrasement, celui que ferait une locomotive en broyant une rangée de barriques: c'était le passage de première en deuxième vitesse que le chauffeur venait de réussir d'un seul coup (Romains, Hommes bonne vol., 1932, p.260).
Passage des vitesses. Fait de manoeuvrer le changement de vitesse, d'enclencher le levier de vitesses dans la position voulue. La boîte ne doit pas permettre le passage simultané de deux vitesses (Chapelain, Techn. automob., 1956, p.92).
β) ENSEIGN. Examen de passage. Examen imposé à un élève dont le niveau n'a pas été jugé suffisant pour qu'on lui permette de passer directement dans la classe supérieure. Les élèves qui ne sont pas retenus pour le passage direct en classe de seconde devront subir l'examen de passage ordinaire (arrêté du 12 juin 1953) (Encyclop. éduc., 1960, p.108):
6. En règle générale, l'examen de passage porte sur une ou deux disciplines essentielles, lorsqu'il s'agit pour l'enfant d'un rattrapage qu'il peut, sans fatigue excessive, effectuer pendant les vacances. Encyclop. éduc., 1960, p.136.
γ) ETHNOL. Rites, rituel, cérémonie de passage. Cérémonial qui, dans le déroulement d'une vie d'homme, marque la séparation entre une étape qui finit et une autre qui commence: ,,pour [l'ethnologue français] Van Gennep, aucun événement normal de la vie n'échappe à la notion de rites de passage (...), le rite en lui-même comporte trois moments: la séparation d'avec l'étape antérieure, la phase transitoire et périlleuse, la réintégration de l'individu dans le groupe`` (Encyclop. univ. t.19 1975, p.1464). Il faut signaler chez les Juifs au moins 3 groupes de cérémonies obligatoires de passage (circoncision, mariage, funérailles) et 4 chez les Chrétiens: (baptême, première communion et confirmation, mariage, funérailles) (G.-H. Bousquet, Prat. rit. Islâm, 1949, p.116):
7. L'un des rites de passage le plus universellement répandu dans les sociétés archaïques est celui qui impose au guerrier diverses précautions pour se détacher de la vie ordinaire et s'y réintégrer ensuite. Jeux et sports, 1968, p.772.
δ) INSTIT. POL. Passage aux articles ou à la discussion des articles. [Dans la discussion parlementaire d'un projet ou d'une proposition de loi] Étape qui se place immédiatement après la discussion générale et qui est marquée par la résolution de l'assemblée concernée de poursuivre les débats par la discussion des articles (d'apr. Cap. 1936). Voir Lidderdale, Parlement fr., 1954, p.200.
ε) MATH. Passage à la limite (v. limite B 2 d). ,,Ce terme, d'origine topographique, a été d'abord employé par métaphore en mathématique pour désigner les nombres irrationnels en tant qu'ils sont la limite des fractions qui en fournissent des valeurs de plus en plus approchées. L'opération de passage à la limite consiste alors à tenir l'ensemble de ces valeurs pour acquises et à en pratiquer l'extrapolation`` (Legrand 1972, s.v. limite).
P. ext., PHILOS. ,,Opération intellectuelle par laquelle on passe d'une progression continue et indéfinie qui tend vers un terme à ce terme`` (Morf. Philos. 1980, s.v. limite). [Les docteurs de l'Inde] admettent, par une sorte de passage à la limite, que le moyen supérieur [parmi ceux qui permettent de s'acheminer vers le but] est déjà, en sa nature profonde, une anticipation de la fin (Philos., Relig., 1957, p.52-11):
8. Par une sorte de passage à la limite, l'attitude ludique cesse d'être une attitude parmi les autres; elle devient l'élément prédominant d'un style de vie rejetant toute norme de continuité, dont on trouverait des illustrations non seulement dans le stade esthétique kierkegaardien, mais chez le Barrès du culte du moi et chez son disciple Montherlant, ou encore chez le Gide des Nourritures terrestres. Jeux et sports, 1968, p.1171.
ζ) MUS. Lorsqu'on arrive à la dernière note possible dans un registre, et que, pour prendre le son suivant même s'il n'est qu'à un demi-ton, on change de mécanisme laryngien et en même temps de registre, ce changement prend le nom de passage (Arger, Init. art chant, 1924, p.163).
Note de passage. ,,Note étrangère à l'harmonie qui relie sur le temps faible, par degrés conjoints, diatoniques ou chromatiques, deux sons différents de la même harmonie ou de deux accords différents`` (Mus. 1976). Les notes de passage simultanées se traitent quelquefois entre elles, comme formant de véritables accords (...) ces notes ainsi harmonisées entre elles constituent donc ce qu'on pourrait appeler des accords de passage ou des harmonies de passage (Reber, Harm., 1949, p.207).
η) PEINT. [Dans la Joconde] les modelés restent très fins, très délicats, sans rupture dans le passage des lumières aux ombres (Moreau-Vauthier, Peint., 1933, p.195).
P. méton. ,,Mode de transition entre deux tons juxtaposés, entre des parties sombres et lumineuses`` (Adeline, Lex. termes art, 1884). [Memling] a déjà des passages, des demi-teintes vaporeuses et fondues que Van Eyck n'avait pas connues (Fromentin, Maîtres autrefois, 1876, p.409).[L'École byzantine] procède toujours par teintes plates et ignore les tons rompus, d'où la nécessité des passages et l'abondance des gris (Escholier, Greco, 1937, p.20).
θ) PSYCHOL. Passage à l'acte. ,,Impulsion violente, souvent agressive (meurtre, suicide, viol), traduisant l'irruption dans le comportement d'une représentation mentale`` (Méd. Flamm. 1975). Le passage de l'idée à l'acte est étonnamment rapide et complet (Janet, Obsess. et psychasth., 1903, p.100).
C. − [Corresp. à passer11resection III]
1. [Gén. avec compl. prép. ou adv. de lieu]
a)
α) Fait de s'arrêter pour un court moment, de séjourner quelque part de façon provisoire. Je compte sur ton amicale diplomatie pour m'excuser auprès de Natanson de tant d'embarras; dis-lui d'ailleurs qu'à mon passage à Paris je viendrai le remercier et m'excuser moi-même (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1894, p.226).Geoffroy ne fit qu'un passage très rapide à Dugny, où maintenant il n'aimait guère s'arrêter (Romains, Hommes bonne vol., 1938, p.262):
9. La loi du 8 juin 1923 (...) prescrit aux municipalités de faire placer, dans chaque salle de vote, une table sur laquelle les candidats pourront faire déposer des bulletins à leur nom, à la disposition des votants avant le passage à l'isoloir. Bacquias, Conseil gén. et conseil arrondiss., 1934, p.9.
En partic. [À propos de la vie humaine] Le passage de l'homme sur terre; le passage ici-bas. S'il n'y avoit pas de nouvelles épreuves après ce passage terrestre, ne trouverois-tu pas que ton retour dans la vérité seroit trop facile? (Saint-Martin, Homme désir, 1790, p.147).Nous, pauvres humains, nous comptons les instants de notre rapide passage (Sand, Pte Fad., 1849, p.iii).Jésus (...) a répandu en prodigue, pendant son court passage en ce monde, ces bienfaits merveilleux pour prouver qu'il était le Fils du Dieu vivant (Coppée, Bonne souffr., 1898, p.146).
β) P. méton. Ceux qui sont de passage. Ainsi, la petite ville d'Arcis, sans transit, sans passage (...) est, relativement, une ville riche et pleine de capitaux lentement amassés dans l'industrie de la bonneterie (Balzac, Député d'Arcis, 1847, p.322).Commerçant qui travaille avec le passage (GDEL).
b) Loc. adj.
α) De passage
[Le déterminé désigne une pers. ou un groupe de pers.] Qui ne fait que passer, qui ne s'arrête que pour un court moment (dans un lieu ou dans la vie de quelqu'un). Connaissance, convive, étranger, hôte, inconnu, maîtresse de passage; clientèle, troupe de passage. Zidore était à sec et Georgina, flairant la disette, avait levé le pied, était disparue une fois de plus avec l'un ou l'autre de ses clients de passage (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p.177).Je vous ai présenté tous les habitants ordinaires de la maison en dehors de la famille directe. Je ne parle pas des amis de passage: il y en a presque toujours (Duhamel, Suzanne, 1941, p.99).V. conquête B 4 b ex. de Murger.
Être de passage. Séjourner de façon provisoire. Je ne sais pas si le jeune homme était de passage pendant les vacances, ou s'il habitait toujours à Wartegg (Gyp, Souv. pte fille, 1928, p.324).
P. anal., rare. Oiseau de passage. Oiseau migrateur. Synon. oiseau passager.J'ai été visiter la colline (...). Il soufflait un vent impétueux; une nuée d'oiseaux de passage s'est abattue sur les arbres: ces oiseaux, dans leurs cris monotones, semblaient répéter leurs adieux en commençant leur nouvelle migration (Krüdener, Valérie, 1803, p.269).
P. anal. Qui n'est jamais installé, qui n'est chez lui nulle part. Nous ne vivons qu'en garni, voyageurs de passage, indifférents aux destinées qui ont précédé notre existence (Amiel, Journal, 1866, p.211).V. oiseau I B 3.
[Le déterminé désigne un sentiment] Qui n'est pas fait pour durer. Amour de passage. Vous nous présentâmes l'un à l'autre sans autre forme de procès. −M. Bernard Aubry. −M. Georges Lahrier (...) C'était autant qu'il en fallait pour sceller le pacte d'une camaraderie de passage (Courteline, Conv. Alceste, Margot, 1888, p.58).
β) En passage (vieilli). Synon. de passage (supra).Présumant qu'ils devaient être des étrangers en passage, je commençai par visiter les hôtelleries (Borel, Champavert, 1833, p.124).
2. En partic. Fait d'exercer une activité, d'occuper une fonction de façon transitoire; fait de se présenter (d'être présenté) devant une instance. Passage d'un appelé au centre d'instruction, d'un texte devant une commission; passage aux affaires, au pouvoir. Les accords, ententes et propositions, après passage au Comité Central de Coordination deviennent exécutoires lorsqu'elles sont approuvées par le Ministre des Travaux Publics (Nav. intér. Fr., 1952, p.13).Ce texte après son passage à la commission spéciale de l'assemblée est nettement en retrait sur le projet gouvernemental (Debatisse, Révol. silenc., 1963, p.205):
10. Après un bref passage de Carnot au Ministère de l'Instruction publique, de Falloux établissait d'abord deux projets de loi: un sur l'enseignement primaire, l'autre sur l'enseignement secondaire... Encyclop.éduc., 1960, p.67.
Passage par (un stade dans une évolution).Le passage par les écoles normales primaires est obligatoire pour les instituteurs (Encyclop.éduc., 1960, p.359).Ce cycle (...) représente la série des oxydations avec passage par plusieurs étapes (Hist. gén. sc., t.3, vol. 2, 1964, p.617).
D. − [Corresp. à passer11resection IV]
1. Fait de remettre, de transmettre quelque chose à quelqu'un.
SPORTS (athl.). Passage du témoin. Le relayeur qui vient de recevoir le témoin dans la main droite, le passe dans la main gauche afin de le transmettre à son suivant (Féd. Fr. Athlétisme, Les Courses, 1939ds Petiot 1982, s.v. témoin).
2. Fait de déplacer (un membre).
MUS. Passage de la main, du pouce. ,,Tant que le pianiste joue des trilles, des exercices pour cinq doigts, sans passage de la main (sur une seule position, pour parler comme les violonistes), la nécessité de la souplesse ne se fait pas sentir. (...). En revanche, dès que la figuration exige le passage du pouce ou de la main, autrement dit dès que la main se déplace vers le haut et vers le bas (à droite et à gauche sur le clavier), le problème de la souplesse surgit`` (H. Neuhaus,L'Art du piano, Tours, éd. Van de Velde,1971,p.105).Le passage du pouce nécessite un mécanisme différent suivant qu'il se produit en montant ou en descendant (Cortot, Ét. piano Chopin, 1917, p.51).Cette nécessité d'un legato absolu [quand on joue de l'orgue] (...) exige l'emploi de ces trois procédés: 1oLe Glissando 2oL'Enjambement et le Passage des doigts 3oLa Substitution (Dupré, Improvis. orgue, 1925, p.6).
NATATION. Dans une publication des États-Unis, en 1903, on trouvait trace de ce que l'on pourrait appeler un dos crawlé, battement et passage alternatif des bras [dans l'air] (Jeux et sports, 1967, p.1569).La brasse dite papillon, à cause du passage aérien des bras, fit son apparition en 1926 (Jeux et sports, 1967, p.1570).
3. Fait de soumettre quelque chose (ou quelqu'un) à un traitement particulier. Passage à la flamme, au tamis; passage sur un milieu de culture. Après plusieurs passages dans le liquide albumineux, le méningocoque s'acclimate assez aisément aux milieux usuels (Dopter dsNouv. Traité Méd.fasc. 11926, p.386).L'encollage [du tissu] se fait sur une machine dénommée encolleuse. Les fils s'imprègnent sur le parcours de cet appareil qui comporte le passage dans un bain de colle à chaud (Thiébaut, Fabric. tissus, 1961, p.48).Un léger nettoyage du parement (...) se fait (...) une fois le gros oeuvre terminé et couvert. Il consiste en un passage à la brosse métallique ou au rabot chemin de fer pour faire disparaître les coulures du ciment (Lambertie, Industr. pierre et marbre, 1962, p.98).
Passage à tabac* (fam.).
II. − P. méton.
A. −
1. Moyen, possibilité de passer; place pour passer. Connaître, trouver un passage; établir, ménager, pratiquer un passage; fournir un passage à qqn/qqc.; donner, offrir (un) passage à qqn/qqc.; demander passage pour qqn; barrer, refuser le passage à qqn. Des hommes (...) occupaient la chaussée et les trottoirs, laissant à peine le passage aux voitures (Romains, Hommes bonne vol., 1932, p.169).Bien que les passants s'efforçassent de «tenir le haut du pavé» (...), ils étaient bien obligés de céder le passage et de redescendre dans le ruisseau du milieu quand survenait l'équipage de quelque grand personnage (P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p.145).V. livrer A 4 d et passerelle A 1 b α ex. de Foch:
11. À mesure que l'ennemi battait en retraite, un effort vraiment remarquable fut accompli pour rétablir progressivement des passages au moyen de ponts, de passerelles provisoires et de bacs, tout en s'attaquant à la reconstruction définitive des ouvrages les plus importantes. J. Thomas, Route, 1951, p.310.
Se frayer, s'ouvrir un passage. Il leur fallut (...) s'ouvrir partout un passage le fer à la main. Mais nul obstacle n'arrêtait ces intrépides vétérans (Mérimée, Don Pèdre Ier, 1848, p.438).Il sortit du rang, se frayant un passage d'un coup de coude (Dorgelès, Croix de bois, 1919, p.53).
[La destination est spécifiée] Les Portugais, ayant découvert le passage aux Indes par le Cap de Bonne-Espérance, prétendirent avoir seuls la propriété du passage (Proudhon, Propriété, 1840, p.194).Henri Hudson cherche le passage de l'Atlantique au Pacifique par le nord 1610 (Hist. de la sc., 1957, p.1351).
P. métaph. Un parti que nous avions défendu durant quelques jours, seulement comme moyen, comme passage vers la liberté (Constant, Princ. pol., 1815, p.164).Florian était peut-être le passage nécessaire pour arriver à Goethe (Gobineau, Corresp.[avec Tocqueville], 1843, p.52).L'enseignement secondaire n'était qu'une voie et un passage conduisant à l'enseignement supérieur (Encyclop. éduc., 1960, p.28).
2.
a) Espace naturel ou aménagé, généralement limité, que l'on emprunte pour passer d'un endroit à un autre, pour franchir un obstacle. Élargir un passage; barrer, boucher, embouteiller, fermer, obstruer un passage; défendre, dégager, surveiller un passage; occuper un passage. Les villes et les passages étaient gardés par les troupes qui étaient revenues d'Azincourt (Barante, Hist. ducs Bourg., t.4, 1821-24, p.86).Placez six hommes sûrs, à la sortie du pavillon (...); surtout, n'allez pas dégarnir les passages (Dumas père, Chev. Maison-Rouge, 1847, iii, 4, p.108).V. forcer ex. 7, passé1ex. 17:
12. ... aux ponts, aux cols montagnards et dans tous les passages difficiles, les voyageurs virent se dresser la silhouette rassurante d'un logis, d'un hospice, d'une chapelle, à côté des bâtiments où vivaient les religieux chargés de l'entretien. P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p.73.
Synon. de passe
♦ V. passe II A 2 a.Une galère (...) venait de lever l'ancre (...) elle franchit (...) l'étroit passage ouvert sur le bassin d'Eunostos et gagna la haute mer (A. France, Thaïs, 1890, p.63).Les bouées sont des corps flottants mouillés sur des écueils ou servant à délimiter un passage ou un chenal (Bourde, Trav. publ., 1929, p.322).
♦ V. passe II A 2 b.Le passage des Thermopyles. Le royaume de Navarre grandit enfin des deux côtés du passage de Roncevaux, voie longtemps suivie à l'exclusion de toute autre par les pèlerins allant à Saint-Jacques de Compostelle (Vidal de La Bl., Tabl. géogr. Fr., 1908, p.361).
Synon. de passée (v. ce mot B 1 b b).Les hommes (...) s'étaient jusque-là bornés à quêter craintivement leur nourriture aux alentours de leur demeure, empruntant les passages frayés par les bêtes sauvages; ils s'enhardirent désormais à s'éloigner (P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p.8).
Passage + déterm.Passage large, glissant, sombre; passage sûr; passage désert, fréquenté; passage naturel; passage alpestre, arctique. Voilà l'élément vrai qui prouve le courant polaire et l'existence du passage nord-ouest. Dans quelle direction est ce passage? Voilà le hic! (Bellot, Voy. mers polaires, 1863, p.37).L'infanterie du 2ecorps d'armée française tenait les passages de la Meuse au sud de Namur en liaison avec l'infanterie belge (Joffre, Mém., t.1, 1931, p.246):
13. ... je me souviens de ces conciliabules en montagne avant d'entreprendre une ascension (...), de ces petits conseils de guerre, la veille d'une chasse au chamois: l'un prendrait tel sentier, l'autre tel couloir; attention, il y a un passage dangereux, il convient d'emporter un bout de corde. Bordeaux, Fort de Vaux, 1916, p.49.
ALPIN. Passage de tel ou tel degré. Partie d'un itinéraire d'ascension évaluée en fonction de la difficulté qu'elle présente. L'escalade de l'éperon Walker est caractérisée [.] par la nature des difficultés (plusieurs passages de 6edegré) (E. Frendo, La Face nord des Grandes Jorasses, 1947, p.99 ds Quem. DDL t.27, s.v. artificiel).
b) En partic.
α) Ruelle étroite, parfois couverte, généralement réservée aux piétons, qui sert de dégagement aux rues voisines. Passage public. Au bout de la rue Guénégaud, lorsqu'on vient des quais, on trouve le passage du Pont-Neuf, une sorte de corridor étroit et sombre qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine (Zola, Th. Raquin, 1867, p.3).Il venait d'entrer dans le passage Jouffroy quand, sous la lumière des devantures, un gros petit homme en casquette l'aborda (Flaub., Éduc. sent., t.2, 1869, p.196).Les tables des boutiques dans le passage, les gens arrêtés aux devantures, le va-et-vient, encombraient les arcades de l'Opéra grand-Théâtre, semblables aux arcades de l'Odéon, à Paris (Triolet, Prem. accroc, 1945, p.86).V. couvert ex. 2.
β) Corridor, dégagement entre deux pièces, deux parties d'un édifice. Qu'on se figure une salle de spectacle vide, (...): le rideau levé, l'orchestre désert, les lumières éteintes, (...) les comédiens, les chanteurs, les danseuses, disparus par les trappes et les passages secrets! (Chateaubr., Mém., t.3, 1848, p.36).
γ) ,,Tapis étroit dans un corridor`` (GDEL).
δ) [Avec déterm.]
Passage clouté. V. clouté II spéc. et ex. 1.
Passage protégé. Croisement, intersection où la priorité est enlevée à la voie de droite, au bénéfice de la voie principale (d'apr. Lar. encyclop.).
Passage souterrain. Passage en sous-sol, notamment sous une voie de communication. Dans les gares importantes des lignes très fréquentées, on fait passer les voyageurs par-dessus les voies au moyen d'une passerelle, ou par-dessous au moyen d'un passage souterrain (Bricka, Cours ch. de fer, t.2, 1894, p.260).Des passages souterrains (...), aux portes de Paris, permettent aux véhicules circulant sur la rocade dite «des boulevards militaires» d'éviter les courants de circulation qui empruntent les artères radiales de la capitale (J. Thomas, Route, 1951, p.313).
Passage à niveau. Endroit où s'effectue le franchissement d'une voie de chemin de fer par une route ou un chemin, le croisement se faisant au même niveau. Passage à niveau automatique. Un grand nombre de passages à niveau [pourraient être] supprimés, la garde des passages se faisant par signalisation électrique comme aux États-Unis (Pineau, S.N.C.F. et transp., 1950, p.67).Des automobiles attendant devant un passage à niveau (Butor, Modif., 1957, p.90).V. gardé II A 2.
Passage en/par-dessous ou passage inférieur. Le passage est dit par-dessous lorsque le chemin traverse la voie sous les rails (Bricka, Cours ch. de fer, t.1, 1894, p.82).Passage en/par-dessus ou passage supérieur. On appelle passages par-dessus ou passages supérieurs, les passages au moyen desquels les chemins franchissent la ligne au-dessus de la voie (Bricka, Cours ch. de fer, t.1, 1894, p.82).
Passage pour piétons. Espace délimité par des bandes, réservé aux piétons. Elles matérialisent sur la chaussée un passage réservé aux piétons (Encyclop.Sc. Techn.t.91973, p.596).
c) Spécialement
α) HIPP. Passage des sangles. ,,Partie antérieure du ventre où passent les sangles de la selle (à un travers de main en arrière du coude)`` (Tondra Cheval 1979).
β) MÉCAN. Passages à vide. ,,Ratés du moteur, Instants où il ne donne pas`` (Esnault, Notes compl. «Poilu», [1919] 1956).
Au fig. Passage à vide. ,,Moment où une activité (humaine ou non) cesse d'avoir la moindre efficacité`` (Rey-Chantr. Expr. 1979). Villain, après un passage à vide vers le deuxième kilomètre, a effectué un retour remarquable (L'Équipe, 22 sept. 1969ds Petiot 1982):
14. ... ce cycle de conférences et travaux dirigés, intéressant au sens le plus fort du terme les participants, allant à la rencontre de leurs inquiétudes et de leurs curiosités les plus vives (...), les libérera de combien de «passages à vide», souvent même leur épargnera le temps consumé en vain sur une fausse route... Antoine, Passeron, Réforme Univ., 1966, p.122.
γ) MÉD., au plur. Les voies génitales. [Le médecin]: −(...) d'après l'état des passages, j'aurais juré qu'il s'agissait d'une primipare (H. Bazin, Barbe, 1957, p.27).
3. Au fig. Synon. de passe (v. passe1II B 2).Rappelons-nous que la vie est courte, et suivie d'une vie immortelle: traversons ce passage avec intrépidité, comme un soldat qui va à la victoire (Simon, Relig. natur., 1856, p.189).Bien sûr qu'il avait connu de rudes passages (Genevoix, Raboliot, 1925, p.289):
15. Il y a dans la vie de chacun un passage difficile à franchir. C'est quand l'âge le fait entrer dans le personnage de ceux qui le guidaient et qu'il lui faut, sans rien perdre de sa faculté d'élévation, assurer de lui-même le rayonnement qui, naguère, la justifiait. J. Bousquet, Trad. du sil., 1936, p.186.
B. − Extrait, fragment, partie d'un texte, d'une oeuvre musicale. Durant sa maladie, mon petit camarade n'avait pas de plus vif plaisir que de m'écouter lui lire de longs passages choisis dans nos auteurs préférés (Bourget, Disciple, 1889, p.142).On entendit, comme tous les soirs, le piano de MlleCrissot. La musique, accélérée aux passages faciles, agonisait aux notes gênantes, et après des tâtonnements à un doigt, repartait follement (Hamp, Champagne, 1909, p.80).Auriez-vous la bonté de me citer le passage exact? dit-il en suçant la pointe de son crayon (Sartre, Nausée, 1938, p.142).V. déchiffrer A ex. de Gide.
SYNT. Passage caractéristique, essentiel, important, significatif; passage célèbre, fameux, réputé; passage admirable, curieux, difficile, ennuyeux, étonnant, excellent, intéressant, obscur, remarquable; passage original, emprunté; passage illisible; passage didactique, dramatique, pathétique, poétique; passage harmonique, mélodique; passage d'un article, d'un cahier, d'une déclaration, d'un discours, d'un document, d'un journal, d'une lettre, d'un opéra, d'un poème, d'une symphonie; passage de l'Écriture, de l'Exode, de l'Ancien Testament; passage de Bergson, de Chateaubriand, d'Homère, de Pascal, de Plaute, de Tacite; relever un passage; analyser, commenter, illustrer un passage; déclamer, interpréter, jouer, réciter un passage; imprimer, recopier, reproduire, transcrire un passage; dénaturer, sauter, supprimer un passage.
MUSIQUE
Ornement (v. ce mot II A 2 c) improvisé, autrefois introduit par l'exécutant dans un chant ou une pièce instrumentale. Après un passage (...) il faut reprendre la mélodie dans le même timbre (Garcia, Art chant, 1840, p.92).Acteurs et exécutants s'accordent [au XVIIes.] pour exiger ou improviser des fredons, diminutions ou passages (Ch. Lalo, Esthét. mus. sc., 1908, p.277).
Trait demandant de la dextérité technique, fréquent dans les études, airs de concert, pièces de virtuosité, concertos, noté par le compositeur (d'apr. Mus. 1976).
Prononc. et Orth.: [pɑsa:ʒ], [pa-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. Ca 1100 «défilé dans la montagne» (Roland, éd. J. Bédier, 657); 2. ca 1165 passage «traversée (en mer)» prendre passage «s'embarquer» (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 3980, 1804); 3. 1176 «partie, fragment d'un texte» (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 2723). Dér. de passer1*; suff. -age*. Fréq. abs. littér.: 8420. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 10709, b) 11518; xxes.: a) 10552, b) 14154. Bbg. Archit. 1972, p.36. _Gohin 1903, p.368. _Quem. DDL t.13, 16, 18, 20. _ Sculpt. 1978, p.659, 686.

PASSAGE2, subst. masc.

ÉQUIT. Figure de haute école consistant en un trot raccourci, très cadencé et élastique, donnant l'impression que le cheval ne fait qu'effleurer le sol (d'apr. Larousse du cheval, 1975, no55, p.122). Jamais aucun précipité des pieds et quel rythme dans les coups de lancette des éperons! Pas de différence de cadence entre le piaffer et le passage (Vialar, Brisées hautes, 1952, p.21).Dans le passage, le cheval doit progresser lentement vers l'avant en demeurant parfaitement droit et sans aucun balancement latéral (Larousse du cheval,1975,no55, p.122).V. passager2ex.:
. Lorsque le cheval augmente l'effort de projection verticale et amplifie le temps de suspension de sa masse, son trot tend vers le passage. Dans ce que les anciens appelaient le «doux passage», la suspension augmente au détriment de l'étendue des foulées. Decarpentry, Équitation académique, 1949ds Petiot 1982.
Prononc.: [pɑsa:ʒ], [pa-]. Étymol. et Hist. 1611 (Cotgr.). Empr., avec infl. de passage1*, à l'ital.passeggio, att. comme terme d'équit. dep. 1562 (C. Corte ds Tomm.-Bell.), propr. «passage», déverbal de passeggiare (v. passager2*). La forme passeige, att. en 1625 (Pluvinel, Instr. du roi, p.96 ds DG), est empr. directement à l'ital. V. FEW t.7, p.741a.

passage « endroit par où l'on passe »

Passage : définition du Wiktionnaire

Nom commun

passage \pɑ.saʒ\ ou \pa.saʒ\ masculin

  1. Action de passer. — Note : Il peut avoir pour complément celui ou ceux qui passent, ou le lieu par où passe l’agent de cette action.
    • Le plus grand ennui du voyage en Islande est le passage des rivières. […]. Elles sont si nombreuses, avec leurs tributaires, qu'on en traverse souvent une douzaine dans le cours d'une étape. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 10)
    • On ne voyait pas les tramways. […]. Pourtant les quais où ils roulaient, avec des piaulements plaintifs, n’étaient guère éloignés, car la rue, quelquefois, tremblait à leur passage […]. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 41)
    • Le passage du fleuve, large en ce point de deux cents mètres, se fait au moyen d’embarcations plates de six à dix mètres de long. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 143)
  2. (En particulier) Cette action en parlant des animaux migrateurs.
    • Le passage des ramiers, des cailles, des bécasses.
    • Le passage des harengs, des morues.
  3. Cette action en parlant des liquides et des gaz.
    • Faire une ouverture pour le passage de l’air, de la fumée.
    • Lever une vanne pour permettre le passage de l’eau dans une rigole.
  4. (Astronomie) Interposition d’un astre entre l’œil d’un observateur et d’autres corps célestes.
    • Observer le passage de Vénus sur le disque du Soleil.
  5. (Figuré) Transition.
    • Le passage du crétacé inférieur à la craie se voit bien quand on traverse le Vallage, de Vouziers à Tourcelles-Chaumont par exemple. — (Charles Hyacinthe Chenet, Le sol et les populations de la Lorraine et des Ardennes, H. Champion, 1916, page 43)
    • Le passage d’une teinte à une autre, dans un tableau.
    • Le passage d’un ton, d’un mode à un autre, dans un morceau de musique.
  6. Changement d’une situation, d’une disposition d’âme en une autre.
    • Le passage d’une vie mondaine à une vie chrétienne.
    • Le passage d’une confiance excessive à une méfiance exagérée.
    • (Figuré) La vie n’est qu’un passage, Elle est courte.
  7. Lieu par où l’on passe.
    • Il n’étoit pas possible que ses Troupes hivernassent en deçà des Monts , faute de Places fortes pour s’y maintenir: ainsi il les rappela sans attendre que les neiges en fermassent les passages. — (Isaac de Larrey, Histoire de France sous le règne de Louis XIV, Liège : Guillaume Ignace Broncart & Maestricht : Lambert Bertus, 1723, vol. 9, p. 269)
    • À la fin d’un long voyage, un navire doit traverser ce passage dangereux pour y porter ses marchandises, et le traverser encore pour revenir jusqu’au lieu du départ. — (Anonyme, Espagne. - Cadiz et Gibraltar, tome 1, Revue des Deux Mondes, 1829)
    • Mais le passage était si étroit, et le vertugadin de la reine de Navarre si large, que sa robe de soie effleura l’habit du jeune homme […] — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre V)
    • Cahin-caha, après avoir déposé tous ses passagers palestiniens et franchi encore quelques passages difficiles sur une route semée de chicanes, de ralentisseurs et de nids-de-poule, le taxi atteint notre troisième checkpoint, Zatara. — (Anne Brunswic, Bienvenue en Palestine: Chroniques d’une saison à Ramallah, Éditions Actes Sud, 2017)
  8. (En particulier) (Chasse) Lieu où passe le gibier.
    • Le Frisé, un jouvenceau d’un an, capricieux et fantasque en diable, lui donnait surtout du fil à retordre, cherchant à profiter de tous les passages frayés dans l’une ou l’autre haie pour s’éclipser subitement. — (Louis Pergaud, Un satyre, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • […] j’appris qu’il était d’autres joies que celles d’épier sous un arbre l’approche d’un ramier ou de placer le soir sur un passage dans les taillis d’invisibles lacets. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
  9. Va-et-vient ; fréquentation.
    • Il y a beaucoup de passage à cet endroit. C’est bon pour les affaires.
  10. (Architecture) Galerie couverte et réservée aux piétons, qui servent de dégagement aux rues voisines.
    • Un second passage, qui menait du faubourg du Temple aux étroites voies désertes du onzième arrondissement, me réservait des surprises. À peu près sur toute la longueur, et des deux côtés, il était flanqué d’hôtels meublés au piteux éclairage […] — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • À cet instant, dans le passage, d’autres voix s’élevèrent, accompagnées d’un martèlement de pas précipités. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Un passage pavé de dalles et couvert d’un vitrage.
    • La plupart des passages sont fermés de portes ou de grilles pendant la nuit.
  11. (Droit) Droit général ou particulier de passer sur la propriété d’autrui, par prescription ou par convention.
    • Passage de souffrance, de servitude.
    • Il doit un passage par son parc.
  12. Péage pour traverser une rivière dans un bac ou dans un bateau, pour passer sur un pont, par une écluse, etc.
    • Payez le passage, votre passage.
    • Ce passage de pont appartient à la ville.
  13. Somme qu’il faut payer pour un voyage sur mer, pour une traversée.
    • II avait donc décidé de s'embarquer pour l’Irlande, où il pleut plus qu'en Écosse ; mais comme il a un défaut de prononciation, on lui a donné à Leith un passage pour l’Islande. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 25)
    • Voici le passage et le billet de chemin de fer du prote que nous avons en vain attendu à la gare d’Orsay. — (Jules Supervielle, Le voleur d’enfants, Gallimard, 1926, collection Folio, page 149.)
  14. (Figuré) Partie du texte d’un ouvrage, article, document…
    • Revenons à l’œuvre de Stirner. Un des passages les plus remarquables de L’Unique et sa Propriété est celui où il définit la bourgeoisie par rapport aux déclassés. — (Émile Armand, Le Stirnérisme, 1934)
    • À cette occasion, il me revient à l’esprit certain passage de Marcel Schwob, cet admirable artiste qu’il est toujours précieux de relire […] — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
  15. (Musique) Quelques mesures ou quelques phrases d’une œuvre.
    • Cette position de retrait permet à Miles de dissimuler bon nombre de ratés dans les exposés et une certaine tendance à canarder dans les passages difficiles. — (Franck Bergerot, Miles Davis - Introduction à l'écoute du jazz moderne, Éditions du Seuil, 1996)
    • Au Bois, je fredonnais des phrases de la sonate de Vinteuil. Je ne souffrais plus beaucoup de penser qu’Albertine me l’avait tant de fois jouée, car presque tous mes souvenirs d’elle étaient entrés dans ce second état chimique où ils ne causent plus d’anxieuse oppression au cœur, mais de la douceur. Par moments, dans les passages qu’elle jouait le plus souvent, où elle avait l’habitude de faire telle réflexion qui me paraissait alors charmante, de suggérer telle réminiscence […] — (Marcel Proust, Albertine disparue, in À la recherche du temps perdu, t. IV, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1989, p. 139)
  16. (Biologie) Procédé de sous-culture de cellules animales.
  17. (Équitation) Sorte d’allure lente du cheval.
    • Le passage ou passège est un pas écouté, rassemblé et relevé, qui a l’action du trot, quoique plus raccourci, et plus mesuré et aussi plus cadencé que le pas ordinaire. — (Félix van der Meer, Connaissances complètes du cavalier, de l’écuyer et de l’homme de cheval, Lebègue & Cie / Dumaine, Bruxelles / Paris, 1865, p. 240)

Forme de verbe

passage \pa.saʒ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de passager.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de passager.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de passager.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de passager.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de passager.
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Passage : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PASSAGE. n. m.
Action de passer. Il peut avoir pour complément soit celui ou ceux qui passent, soit le lieu par où l'on passe. Guetter le passage de quelqu'un. Le passage de l'armée. Le passage des troupes. Le passage de la mer Rouge. Le passage de la rivière. Le passage des Alpes. Le passage du pont est interdit pendant les grosses eaux. Il se dit particulièrement en parlant des Oiseaux et des poissons qui changent de région dans certaines saisons. Le passage des ramiers, des cailles, des bécasses. Le passage des harengs, des morues. Oiseaux de passage, Les oiseaux qui en certaine saison passent d'un pays dans un autre. Les hirondelles, les cailles sont des oiseaux de passage. Fig. et fam., C'est un oiseau de passage, se dit d'une Personne qui n'est en quelque lieu que pour peu de temps, qui ne fait qu'y passer.

PASSAGE se dit aussi en parlant des Liquides et des gaz. Faire une ouverture pour le passage de l'air, de la fumée. Lever une vanne pour permettre le passage de l'eau dans une rigole. En termes d'Astronomie, il désigne le Moment où un astre est interposé entre l'œil d'un observateur et d'autres corps fixes ou mobiles auxquels il rapporte sa position. Observer le passage de Vénus sur le disque du soleil.

PASSAGE signifie figurément Transition. Le passage de cette idée à celle qui la suit est trop brusque, n'est pas bien ménagé. Le passage du jour à la nuit. Le passage d'une teinte à une autre, dans un tableau. Le passage d'un ton, d'un mode à un autre, dans un morceau de musique. Il désigne aussi le Changement d'une situation, d'une disposition d'âme en une autre. Le passage d'une vie mondaine à une vie chrétienne. Le passage d'une confiance excessive à une méfiance exagérée. Fig., La vie n'est qu'un passage, Elle est courte.

PASSAGE désigne encore le Lieu par où l'on passe. Cet endroit est très fréquenté, c'est un grand passage. Pourquoi voulez-vous traverser ce champ? ce n'est pas un passage. Ôtez-vous du passage, de mon passage. Se saisir, s'emparer des passages. Garder les passages. Ce pays a refusé de donner, de livrer passage par son territoire aux belligérants. Fermer le passage. Défendre le passage. Le passage est embarrassé. Le passage est ouvert. Se faire, s'ouvrir, se frayer un passage. Occuper, disputer, tenter un passage. Cette galerie sert de passage. Ce passage est bien étroit. Un torrent qui se fait passage entre des rochers. En termes de Chemin de fer, Passage à niveau, Endroit où une route traverse au même niveau une voie ferrée.

PASSAGE se dit de Galeries, généralement couvertes et réservées aux piétons, qui servent de dégagement aux rues voisines. Le passage Choiseul. Le passage des Panoramas. Construire un passage. Un passage pavé de dalles et couvert d'un vitrage. La plupart des passages sont fermés de portes ou de grilles pendant la nuit. En termes de Jurisprudence, il signifie Droit général ou particulier de passer sur la propriété d'autrui, par prescription ou par convention. Passage de souffrance, de servitude. Il doit un passage par son parc. Il se dit également du Droit qu'on paie pour traverser une rivière dans un bac ou dans un bateau, pour passer sur un pont, par une écluse, etc. Payez le passage, votre passage. Ce passage de pont appartient à la ville. Il se dit encore de la Somme qu'il faut payer pour un voyage sur mer, pour une traversée. J'ai payé mon passage sur le paquebot. On fait une réduction aux familles nombreuses sur le prix du passage, sur le passage.

PASSAGE signifie aussi, figurément, Certain endroit d'un auteur, d'un ouvrage, que l'on cite, que l'on allègue, que l'on indique. Il y a dans ce livre un beau passage, un passage très remarquable. Passage obscur, difficile. Citer, rapporter, commenter, expliquer un passage. Se reporter à un passage. Passage de l'Écriture, de saint Augustin, de Cicéron. En termes de Musique, il désigne Quelques mesures ou quelques phrases d'une œuvre. Travaillez beaucoup ce passage, il est difficile. Dans cet opéra, tout n'est pas intéressant, mais il y a de beaux passages.

Passage : définition du Littré (1872-1877)

PASSAGE (pâ-sa-j') s. m.
  • 1Action de passer, en parlant des personnes qui passent. Le passage de l'armée. Le passage des gens de guerre. Nous verrons comme tout ce passage [M. de Chaulnes et sa suite passant en Provence pour aller à Rome] si près de vous se tournera, Sévigné, 11 sept. 1689. Alexandre… dompta tous les pays qu'il trouva sur son passage, Bossuet, Hist. III, 5. Leur passage [des Romains en Sicile] et le secours donné à ceux de Messine est comme le premier pas qui devait les conduire un jour à ce haut point de gloire et de grandeur…, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 308, dans POUGENS.

    Action de passer, en parlant du lieu par où l'on passe. Le passage du pont. Je ne comprends point le passage du Rhin à la nage ; se jeter dedans à cheval, comme des chiens après un cerf, et n'être ni noyé, ni assommé en abordant, tout cela passe tellement mon imagination que la tête m'en tourne, Sévigné, à Bussy, 19 juin 1672. Voilà qui est extraordinaire, des cavaliers dans ce village-ci ! ce n'est point un passage de troupes, Dancourt, Vacances, SC. 5. Tel fut ce passage du Rhin, action éclatante et unique, célébrée alors comme un des grands événements qui dussent occuper la mémoire des hommes, Voltaire, Louis XIV, 10. Je vous demande pardon d'avoir dit qu'il y avait quarante à cinquante pas à nager au passage du Rhin ; il n'y en a que douze ; Pellisson même le dit ; j'ai vu une femme qui a passé vingt fois le Rhin sur son cheval en cet endroit, pour frauder la douane de cet épouvantable fort de Tholus, Voltaire, Lett. Hénault, 1er février, 1752. Le passage du Rhin en 1672, passage tant célébré, quoiqu'assez peu digne de l'être, D'Alembert, Éloges, Régn. Desmarais.

    Cette route est d'un grand passage, elle est très fréquentée.

    Terme militaire. Passage de défilé, passage de fossé, passage de lignes, nom des différentes évolutions pratiquées pour passer dans un défilé, traverser un fossé, etc.

  • 2Il se dit des animaux qui changent de lieu en certaines saisons. Le passage des ramiers, des bécasses. Le passage des harengs.

    Oiseau de passage, oiseau qui passe en certaine saison d'un pays dans un autre.

    Fig. Oiseau de passage, personne qui n'est en quelque lieu que pour peu de temps.

    Poissons de passage, ceux qui ne paraissent dans certains parages que dans des saisons déterminées.

    Fig. De passage, qui arrive à son tour. Sur le trône heureux des amours, Tous les plaisirs sont de passage, Voltaire, Ép. 68.

    Fig. De passage, provisoire. L'armée fit quelques camps de passage, et prit enfin celui de Leck, Saint-Simon, 11, 131.

    Fig. Qui ne dure pas, qui passe aussitôt. Saisir… Comme un rapide éclair un bonheur de passage, P. Lebrun, le Cid d'Andal. II, 3.

    Fig. De passage, par passade. L'indulgence, lui disais-je, que vous avez pour toutes mes intrigues de passage ne peut venir que de votre indifférence, Duclos, Œuv. t. VIII, p. 185.

  • 3Moment de passer. Son passage fut court. Nous guettons son passage. Mais, Zaïre, je puis l'attendre à son passage, Racine, Bajaz. I, 4.
  • 4Voie par où l'on passe. Il passe bien du monde par là, c'est un grand passage. Au milieu de tous trois je me faisais passage, Corneille, le Ment. II, 5. Un bras seul à nous trois nous ferme le passage, Corneille, Œdipe, IV, 2. Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement, La Fontaine, Fabl. IV, 6. Ses eaux [de Babylone] furent desséchées pour donner passage à son vainqueur, Bossuet, Hist. II, 4. Il [Cyrus] s'y ouvrit [par l'Euphrate] des deux côtés de la ville le passage…, Bossuet, ib. III, 4. Des paveurs en ce lieu me bouchent le passage, Boileau, Sat. VI. Au milieu de l'orage Un ais sur deux pavés forme un étroit passage, Boileau, ib. Il me parut que le parti le plus assuré était de s'emparer promptement de certains passages dans les montagnes qui étaient mal gardés, Fénelon, Tél. X. Savari, son interprète [de Charles XII], homme adroit et entreprenant, porte sa lettre à Andrinople, malgré la sévérité avec laquelle le grand visir faisait garder les passages, Voltaire, Charles XII, 6. Du camp des Sarrasins il connaît les passages, Voltaire, Tanc. II, 1. Ce Magellan était un Portugais auquel on avait refusé une augmentation de paye de six écus ; ce refus le détermina à servir l'Espagne et à chercher un passage par l'Amérique pour aller partager les possessions des Portugais en Asie, Voltaire, Mœurs, 149. Je suis très persuadé qu'on tenterait vainement d'aller au delà du 82e ou 83e degré, et que, si le passage par le nord est possible, ce ne peut être qu'en prenant la route de la baie d'Hudson, Buffon, Add. théor. terr. t. XII, p. 493. Ce fut Cabot qui le premier eut l'idée d'un passage par le nord-ouest à la mer du Sud, Raynal, Hist. phil. XVII, 7.

    Fig. Il me trouvera sur son passage, se dit par menace de quelqu'un à qui l'on se propose de faire obstacle.

    Au passage, dans le lieu où passe la personne dont il s'agit. Je vois voler partout les cœurs à mon passage, Racine, Brit. IV, 3. Je ne suis point surpris du nombre des sonnets faits à votre louange ; ce sont des fleurs qu'on jette partout sur votre passage, Voltaire, Lett. Campi, 1774. Je pars à pied modestement, Quand de bons vivants au passage M'offrent un déjeuner charmant, Béranger, Hab. de cour.

    Fig. Guettant à propos les fautes au passage, Régnier, Sat. XI. En tous lieux les chagrins m'attendent au passage, Boileau, Ép. VI.

  • 5À Paris et dans quelques grandes villes, galerie couverte où ne passent que les piétons. Passage éclairé au gaz. Un passage couvert d'un vitrage.

    On appelle aussi passages à Paris des rues découvertes et où passent les voitures (passages Violet, Saunier, etc.), mais que l'autorité administrative n'a pas classées au nombre des voies publiques, et dont elle laisse l'entretien à la charge des propriétaires, qui doivent les clore la nuit, etc. ; ce sont des rues privées.

  • 6 Terme d'architecture. Dégagement entre deux pièces ; corridor court et étroit.
  • 7Action de passer, sur un navire, d'un lieu à un autre ; voyage au delà des mers. Il peut facilement trouver un bon et sûr passage pour l'Amérique. Un brick américain me donna passage à son bord. En 1692, le roi fit, à la prière du roi d'Angleterre, le dessein d'une descente en Angleterre… l'infanterie devait s'embarquer à la Hogue et la cavalerie au Havre ; M. de Tourville devait assurer le passage et la descente, Villette, Mém. dans JAL. Mais pauvre, et n'ayant rien pour payer mon passage, Ils m'ont, je ne sais où, jeté sur le rivage, Chénier, Idylles, l'Aveugle.

    Passage de la ligne, instant où un bâtiment traverse la ligne équinoxiale. On dit aussi le passage des tropiques. Ces passages donnent lieu à des cérémonies burlesques.

    Embarquement, sur un navire, d'un individu qui ne fait pas partie de l'équipage, qui paye un prix convenu pour être transporté au lieu de la destination, et qui, pour cela, prend la dénomination de passager.

    Temps que dure une traversée sur mer, d'un port à un autre.

  • 8Droit qu'on paye pour passer sur un pont, sous un pont, etc. Payer son passage. Ce passage de pont appartient à une compagnie.

    Bateaux de passage, ceux qui servent à transporter des passagers du bord d'une rivière à l'autre, ou qui font d'autres trajets de ce genre.

  • 9 Terme de jurisprudence. Droit de passer sur la propriété d'autrui. Passage de servitude, liberté de passage dont on jouit sur l'héritage d'autrui par convention ou prescription.

    Passage de souffrance, celui qu'on est obligé de souffrir sur son fonds en vertu d'un titre.

  • 10 Terme d'astronomie. Le moment où un astre est interposé entre l'œil d'un observateur et d'autres corps fixes ou mobiles auxquels il rapporte sa position. Il [M. Halley] avait rapporté plusieurs autres observations de l'île Sainte-Hélène, et principalement celle du passage de Mercure sur le disque du soleil, Mairan, Éloges, Halley. L'abbé Chappe a observé le passage de Vénus sur le soleil à Tobolsk, vers le 58e degré, sur le terrain le plus froid et sous le ciel le plus nébuleux, Voltaire, Lett. Bailly, 9 fév. 1776.

    Passage du méridien, moment où un astre est le plus élevé et à distance égale de l'orient et de l'occident.

  • 11 Terme de manége. Pas relevé et cadencé, plus raccourci que le trot, diminutif de piaffer ; c'est un air bas.

    Passage des sangles, partie de la région costale située en arrière des coudes et où passe la sangle de la selle.

  • 12Point de passage, se dit quelquefois pour col de montagne.

    Terme de chemin de fer. Passage de niveau ou à niveau, endroit où un chemin de fer rencontre un chemin ordinaire, lorsque la différence de niveau n'est pas assez considérable pour nécessiter un pont.

  • 13Passage des poudres, service organisé sur un bâtiment de guerre pour que les gargousses soient délivrées des soutes et portées aux chargeurs des bouches à feu.
  • 14 Terme d'imprimerie. Espace au travers duquel le tympan passe sous la platine.
  • 15 Fig. Il se dit de ce que l'on compare à l'action de passer. Je puis donner passage à mes tristes soupirs, Corneille, Cid, III, 3. M. d'Harouys est très affligé, mais il me mande que la joie de votre accouchement et la naissance de votre fils se sont fait un passage au travers de sa tristesse ; et je l'assure aussi, en récompense, que sa tristesse s'est fait un passage au travers de ma joie, Sévigné, 9 déc. 1671. Elle [une dame cherchant à enlever le roi à Mme de Montespan] ouvrirait les chemins de l'infidélité, et ne servirait que comme d'un passage pour aller à d'autres plus jeunes et plus ragoûtantes, Sévigné, 30 sept. 1676. D'un geste menaçant, d'un œil brûlant de rage, Dans le sein l'un de l'autre ils cherchent un passage, Racine, Théb. v, 3. Je demeurai sans voix, et n'en repris l'usage Que par mille sanglots qui se firent passage, Racine, Iphig. I, 1. Si vous vivez dans la justice, vous mourrez dans la paix et dans la confiance du juste, et votre mort ne sera qu'un passage à la bienheureuse immortalité, Massillon, Av. Mort du péch. Ô ciel ! par quel ravage Les ans sur son front pâle ont marqué leur passage ! Delavigne, Paria, III, 4.
  • 16 Fig. Transition. Le passage du jour à la nuit. Le passage d'un ton, d'un mode à un autre. Alors, les passages de l'obscurité à l'ombre, de l'ombre à la lumière, de la lumière au grand éclat, sont si doux, si touchants, Diderot, Essai sur la peinture, ch. 3. Les jeunes gens, dans la fougue d'une imagination pleine de force, négligent trop cette règle importante ; pourvu qu'ils excitent du tumulte sur la scène et qu'ils forment des tableaux frappants, ils s'inquiètent peu des liaisons, des gradations et des passages, Marmontel, Œuv. t. IX, p. 292. M. de Lacépède… en disant que les salamandres faisaient le passage des lézards aux grenouilles…, Brongniart, Instit. Mém. scienc. phys. et math. sav. étrang. t. I, p. 597.

    Terme de peinture. Succession graduée des nuances d'une couleur, depuis la plus foncée jusqu'à la plus légère ; succession des ombres depuis la plus forte jusqu'à la plus claire, jusqu'au clair lui-même. [Dans un portrait] point de nuances, point de passages, nulles teintes dans les chairs, Diderot, Salon de 1767, t. IX, p. 36, éd. 1821.

    Terme de géologie. Forme intermédiaire entre une roche et une autre. On peut, tant par l'observation que par l'analogie, suivre tous les passages et saisir les nuances entre le grès, la pierre à fusil et l'agate, Buffon, Min. t. VII, p. 265.

  • 17 Fig. Changements qui se font dans les situations. La république de Marseille n'éprouva jamais ces grands passages de l'abaissement à la grandeur, Montesquieu, Esp. VIII, 4. J'avoue que la transformation totale du gouvernement par rapport aux finances cause un ébranlement actuel qui blesse un certain nombre de gens dans le passage, Lett. sur le nouv. syst. de fin. dans DESFONTAINES.

    Droit de passage, la somme que payaient, au profit de l'ordre, ceux qui, sortis d'un ordre religieux, étaient reçus dans celui de Malte, ou dans quelques autres ordres religieux ou militaires.

  • 18 Fig. Changement de disposition de l'âme. Tous mes moments ne sont qu'un éternel passage De la crainte à l'espoir, de l'espoir à la rage, Racine, Bérén. v, 4. Le plaisir n'est pour lui qu'un passage au dégoût, Bernis, Relig. veng. X. Ce passage inouï du courroux aux bontés, Voltaire, Pélopid. IV, 5. Rien n'est moins surprenant que le passage de la méchanceté à l'abjection, Rousseau, 2e dial.
  • 19Il se dit d'une chose de peu de durée. Votre image N'avait dans son esprit pu faire qu'un passage, Pour ne vous avoir vu que durant un moment, Molière, l'Ét. IV, 1. Chacun veut de la vie embellir le passage, Gilbert, Le 18e siècle.

    La vie n'est qu'un passage, c'est-à-dire elle est courte.

  • 20 Fig. Mort. Un coup de cloche ne fit venir que d'inutiles témoins de son passage, Bossuet, Lett. quiét. 413. Par ces admirables pratiques, cette princesse est venue à sa dernière heure, sans qu'elle eût besoin d'apporter à ce terrible passage une autre préparation que celle de sa sainte vie, Bossuet, Marie-Thér. La religion seule a des secrets pour ce terrible passage, Staël, Corinne, XX, 5. [Le crucifix] Aux lèvres du mourant collé dans l'agonie, Comme un dernier ami, Pour éclaircir l'horreur de cet étroit passage, Pour relever vers Dieu son regard abattu, Lamartine, Méd. II, 22.
  • 21 Fig. Ce qui est comparé à un lieu par où l'on passe difficilement ; embarras (sens peu usité). La courtoisie de cet adversaire me jette dans un passage assez difficile et capable d'attirer sur moi l'envie et la jalousie de plusieurs, Descartes, Rép. aux 1res object. 5.
  • 22 Fig. Citation d'un auteur, d'un ouvrage. Dans un passage que je rapporte de Lessius, Pascal, Prov. XI. Il est singulier de voir comment il échappe aux passages qui le pressent de toutes parts, Montesquieu, Esp. XXX, 25. La proclamation de Napoléon venait d'être lue ; on s'en répétait à voix basse les passages les plus remarquables, et le génie des conquêtes enflammait notre imagination, Ségur, Hist. de Nap. IV, 2.
  • 23 Terme de musique. Se dit d'une portion de chant, d'une ou de plusieurs phrases. Ce passage est charmant.

    Ornement qu'on ajoute à un trait de chant. Un savetier chantait du matin jusqu'au soir, C'était merveilles de le voir ; Merveilles de l'ouïr, il faisait des passages…, La Fontaine, Fabl. VIII, 2.

    Notes de passage, celles par lesquelles on remplit les degrés disjoints pour les franchir avec plus de grâce et qui n'appartiennent point à l'harmonie.

  • 24Se dit, au trictrac, d'une flèche vide de l'adversaire par laquelle on peut passer une dame au retour. Passage ouvert, par opposition à passage fermé, qui s'emploie lorsqu'il y a deux dames sur la flèche.

    Se dit aussi d'une flèche sur laquelle il n'y a qu'une dame.

  • 25Préparation que l'on donne aux peaux en les passant dans différentes drogues, afin de les adoucir.

HISTORIQUE

XIe s. Sel [si je le] puis trover à port ne à passage, Ch. de Rol. LI.

XIIe s. Bien se defendent à cet estroit passage, Ronc. p. 65. Sire, fait il, ne vieng passage demander, Th. le mart. 123.

XIIIe s. Joffrois de Ville-Hardoin fu meüs de la terre de Surie avec celui passage qui venus estoit en Constantinoble, Villehardouin, CXXXIII. Li avoirs fu porchaciés par l'ost, e assés i ot de ceus qui ne porent leur passage paier, Villehardouin, XXXIV. Sire, ce n'est mie giex [jeu], Ains est moult pesans ouvrages De bien guaitier deus passages, Bibl. des ch. 4e série, t. IV, p. 30. Et ses chevaus [son cheval] Qui moult tost l'enmaine au passage [de la mort], Lai du conseil.

XIVe s. Je [Charles le Bel] laisse à la Terre sainte 50 mille livres à payer et delivrer quant passage general se fera ; et est mon entente que se le passage se faisoit en mon vivant, de y aler en ma personne, Du Cange, passagium. Le port, c'est à savoir le passaige de la Saone, Du Cange, ib.

XVIe s. Le passage de la mort à la vie, Montaigne, I, 84. Chrysippes mesloit à ses livres, non les passages seulement, mais des ouvrages entiers d'autres aucteurs, Montaigne, I, 156. Il estoit commis à deffendre certain passage du Peloponnese contre les Arcadiens, Montaigne, I, 243. Ilz luy demanderent tribut et salaire pour luy donner passage par leurs terres, Amyot, Sertor. 9. Cet attendrissement se fait par bouillir dans l'eau claire, jusques à ce que, le fruit devenu mol, une espingle mise dans une piece d'icelui ne la puisse comme rien tenir enlevée en haut, ains, par sa propre pesanteur, s'eschappe de l'espingle, ce qu'en termes de l'art de confire s'appelle, faire le passage, De Serres, 851.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

PASSAGE.
10Ajoutez :

Lunette des passages, nom donné quelquefois à la lunette méridienne.

26 En Normandie, barrière fixe, facile à enjamber, qui permet de passer d'un herbage dans un autre, d'une prairie dans une autre prairie, Delboulle, Gloss. de la vallée d'Yères, le Havre, 1876, p. 253.
27Faire passage à, amener à. La coutume de vivre, plus forte que loi du monde, nous fait bien passage à des choses qui n'ont point de loi, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
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Passage : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PASSAGE, s. m. se dit en général de l’action d’un corps qui se meut d’un lieu dans un autre : je l’ai tiré au passage.

Il se dit encore en général d’un chemin pratiqué d’un lieu dans un autre.

Passage, s. m. en terme d’Astronomie, se dit proprement d’une planete qui passe sur le soleil.

Le passage de la lune devant une étoile s’appelle plus proprement occultation de cette étoile par la lune. Voyez Occultation.

Mercure & Vénus dans leur passage sur le soleil, paroissent comme des taches noires ou obscures.

Les passages de Mercure sur le soleil sont assez fréquens ; depuis l’invention des grandes lunettes, c’est-à-dire depuis 1610, on en a dejà observé onze. Voyez Mercure. La premiere de ces observations fut faite à Paris par Gassendi, le 7 Novembre 1631, & comme le dit ce philosophe, selon le vœu & l’avertissement de Kepler : car Kepler avoit prédit ce passage, & en avoit publié ou écrit l’année précédente, qui fut celle de sa mort. Il est vrai que le même auteur avoit rapporté dans son optique d’après une ancienne histoire de la vie de Charlemagne, qu’en 807 ou 808 la planete de Mercure fut vue dans le soleil comme une petite tache noire pendant huit jours ; mais le fait est manifestement faux ou équivoque, cette planete ne pouvant demeurer tout au plus que 5 à 6 heures sur le disque solaire ; & quoique, selon Kepler, il faille lire huit fois, octoties, au lieu de 8 jours, octo dies, on sait aujourd’hui qu’il n’est pas possible que dans un si court intervalle Mercure passe 8 fois ni même 2 fois sur le soleil. Ainsi il y a apparence que l’on avoit pris pour Mercure une grosse tache qui parut alors dans le soleil. Il devroit y avoir eu trois autres passages de Mercure par le soleil en 1615, 1618 & 1628, tous visibles de quelque endroit de la terre, & celui de 1618 a pu même se voir de divers lieux de l’Europe. Mais ou l’on n’étoit point en ces tems-là assez au fait de la théorie de Mercure, ou on ne se tenoit pas assez assuré de ces sortes de phénomenes pour se préparer à les observer, moins encore pour aller les chercher dans des pays éloignés. Shakerley, astronome anglois, fut le premier qui alla exprès à Surate en 1651, pour y observer un passage de Mercure sur le soleil, qui ne devoit arriver que de nuit en Europe. Ce fut la seconde des neuf observations ; elle fut suivie de six autres en 1661, 1677, 1690, 1697, 1723, 1736, 1743, 1753, & enfin la derniere a été en 1756. Nous en aurions cinq ou six de plus si on avoit imité le zele de Shakerley.

Tous ces passages de Mercure par le disque du soleil, tombent dans le commencement de Mai ou de Novembre, leur retour se trouvant jusqu’ici renfermé dans ces limites. Ces retours ont aussi différentes périodes de six à sept ans, de dix, de treize, &c. mais qui reviennent les mêmes après un certain nombre d’années conformément à la théorie de M. Halley, le premier qui ait approfondi cette matiere.

Les passages de Vénus sur le soleil ne sont pas à beaucoup près si fréquens. Il paroît que le premier qu’on a observé a été le 3 Décembre 1639, & l’observation est rapportée dans l’astronomie philolaïque de Bouillaud. On en a eu un autre en 1761, & M. Halley a averti les Astronomes de s’y préparer à cause de l’usage qu’on pourra en faire pour déterminer la parallaxe du soleil.

Les observations des passages de Mercure & de Vénus sur le soleil, sont très-utiles pour déterminer différens points de la théorie de ces planetes. On trouve dans les Institutions astronomiques de M. le Monnier, un mémoire de M. Picard sur ce sujet. Hist. acad. des Sciene. 1743, & les Inst. de M. le Monnier. Voyez Mercure & Vénus.

Passage se dit aussi lorsqu’une planete ou une étoile passe par le méridien, ou par quelque autre cercle. Voyez Culmination & Méridien. (O)

Passages, instrumens des, (Astron.) est un instrument qui sert à observer les ascensions droites des astres. Il peut servir aussi pour regler les pendules, en observant l’instant auquel le soleil passe au méridien. Messieurs Roemer & de Louville furent des premiers à le proposer pour observer les passages des planetes & des étoiles fixes, soit par le méridien, soit par le premier vertical ; mais il leur manquoit dans ce tems-là beaucoup de choses, de sorte que l’on peut dire que ce n’est que depuis une vingtaine d’années qu’on lui a donné une entiere perfection.

Cet instrument est composé principalement, voyez la fig. 1. d’une lunette fixée à angles droits sur un axe horisontal très-solide, avec lequel elle tourne dans le plan du méridien, & d’un autre axe vertical OC, sur lequel les supports du premier sont solidement adaptes. Ainsi on voit clairement qu’au moyen de ces deux axes, on peut observer les astres dans toutes sortes de verticaux, & à toutes sortes de hauteurs dans leur passage par le méridien : c’est ce qu’on reconnoitra encore plus clairement par la description suivante.

La fig. 1. représente une lunette AB, d’environ 2 piés, dont le tuyau cylindrique entre exactement & peut tourner en même tems dans un autre cylindre creux ab. perpendiculaire à l’axe MN. Toutes ces pieces soit de cuivre bien écroui, principalement les deux cones tronqués GHIK, EFOL, que l’on a fait creux en-dedans afin de les rendre plus légers. Les extrémités cylindriques de cet axe sont solides & d’une matiere dure qui peut exactement s’arrondir au tour. C’est de la perfection à laquelle on peut parvenir en travaillant ces deux extrémités cylindriques de l’axe, que dépend toute la justesse de l’instrument. Au foyer commun X de l’objectif & de l’oculaire est place le réticule de la fig. 2. ce qui se pratique par le moyen d’un petit tube, fig. 4. que l’on fait entrer dans le tuyau de la lunette, où il demeure arrêté lorsque le réticule est parvenu en X, c’est-à-dire au foyer du verre objectif. Ce petit tube est construit de maniere que la piece qui porte le réticule, & dont la fig. 3. représente le profil, puisse couler librement à droite ou à gauche : mais comme il est nécessaire d’assujettir cette piece afin de centrer la lunette, on se sert pour cet effet d’une vis, dont la tête en forme de chappe, est retenue dans un trou cylindrique pratiqué en Z, fig. 1. au tuyau de la lunette. Cette chappe est recouverte d’une platine percée d’un petit trou par où l’on introduit la clé ou tourne-vis quarré V. Comme cette vis ainsi contretenue ne peut avancer ni reculer, son écrou, & par conséquent le réticule dont l’écrou fait partie, doit se mouvoir toutes les fois que l’on tournera la clé. De cette maniere le réticule a la liberté de parcourir tout l’espace ombré que l’on apperçoit dans la fig. 5. c’est-à-dire l’espace que lui laisse l’épaisseur de l’anneau applati, qui est soudé à l’extrémité du petit tube de la fig. 4. Comme il est nécessaire qu’il y ait au foyer de la lunette au moins deux fils qui soient arrêtes, l’un dans une situation verticale, & l’autre dans une situation horisontale, on voit d’abord qu’il est facile d’y parvenir en tournant la lunette AB dans le cylindre creux ab, jusqu’à ce qu’un même objet, que je suppose que l’on appercevra à l’horison sous le filet vertical, paroisse suivre exactement ce filet lorsqu’on roulera peu-à-peu la lunette au-tour de son axe horisontal MN : on arrêtera pour lors cette lunette dans le cylindre creux ab, par le moyen de deux viroles ou anneaux brisés CC, DD, qui faisant ressort, peuvent s’ouvrir ou se resserrer à volonté par le moyen d’une petite vis. Il faut aussi remarquer que ce cylindre creux ab est fendu vers ses extrémités en deux endroits diamétralement opposés, comme on le voit dans la fig. 12. de sorte qu’on le resserre peu-à-peu à mesure qu’on tourne la petite vis de chaque anneau CC, DD. Du côté de l’objectif on a pratiqué à l’extrémité du tuyau, la coulisse gg, où l’on fait entrer l’extrémité de la piece B, fig. 6. laquelle sert à éclairer par reflexion, les fils de la lunette pendant la nait. On a renversé la 1. fig. afin de la faire voir par-dessous, & que par conséquent on y puisse mieux distinguer toutes les parties de la lunette, comme aussi la maniere dont le demi-cercle de la fig. 12. y est attaché. Ce demi cercle, qui sert à pointer la lunette, en plein jour, aux planetes ou aux étoiles fixes dont la hauteur est connue, n’est représenté dans cette premiere figure, que comme une simple regle de cuivre attachée avec deux vis de part & d’autre proche les deux viroles CC, DD.

Il nous reste maintenant à expliquer comment on place cet instrument, ensorte que son axe soit horisontal, & que sa lunette puisse rouler dans un plan vertical ou perpendiculaire à l’horison, & comment on peut le faire mouvoir successivement dans tous les azimuths, sans, que son axe ou sa lunette souffre aucune inclinaison.

La figure 12. représente l’instrument en entier, attache avec quatre vis contre l’appui d’une fenêtre ou balcon destiné aux observations que l’on fait chaque jour du passage des astres par le méridien. Il est beaucoup plus avantageux, principalement lorsqu’en veut observer dans les verticaux, d’attacher cet instrument à une barre de fer verticale terminée par trois empatemens soudés en plomb sur un plancher voûté ou sur une terrasse ; mais de quelque maniere qu’il soit arrêté, soit contre une piece de bois, soit contre un mur, on peut toujours s’en servir, en le vérifiant à chaque observation si c’est en plein jour, ou bien en prenant les passages des étoiles voisines de la lune ou des autres planetes que l’on observera pendant la nuit. On apperçoit dans la figure 12. la maniere dont l’axe AD est placé sur les deux coussinets qui sont à l’extrémité supérieure des deux montans AB, CD, attachés à une même piece de laiton BC. L’arbre de fer EFG est aussi attaché à angles droits à la piece BC ; ainsi les quatre pieces AB, BC, EFG, CD, ne forment qu’un même corps solide supporté en G par la piece OPQ abcd, & retenu par le collet KIL. Les deux montans AB, CD, sont inclinés vers l’œil de l’observateur ensorte qu’ils s’écartent d’environ 30°. de la ligne verticale, ce qui fait qu’on y peut observer tous les passages des astres depuis l’horison jusqu’au zénith.

L’axe AD doit toujours être dans une situation parfaitement horisontale ; ce à quoi l’on parvient au moyen d’un des coussinets qui peut hausser ou baisser autant qu’il est nécessaire, ce que l’on determine par le secours d’un niveau à l’esprit-de-vin, suspendu librement sur les tourillons qui sont aux deux extrémités de l’axe. La figure 7. représente la construction particuliere du coussinet mobile, sur lequel on voit le bout de l’axe qui ne porte qu’en deux points tt, l’écrou x étant immobile ; par le mouvement de la vis qui a la liberté de hausser ou de baisser, on fait monter ou descendre le coussinet entier abcdy. Il y a à l’extrémité supérieure du montant W une rainure pratiquée de façon que la piece abycd puisse y glisser exactement.

Le niveau à esprit-de-vin enchâssé de la maniere représentée dans la figure 8. se peut mettre parallele à l’axe horisontal par le moyen de la vis RT ; mais cela n’est pas absolument nécessaire d’abord, on saura bien le reconnoître, en mettant l’axe parfaitement horisontal par la pratique suivante. Il faut premierement mettre le niveau sur les tourillons de cet axe, comme dans la figure 12. & hausser ou baisser le coussinet mobile jusqu’à ce que l’extrémité de la bulle d’air du niveau réponde à un index ou à un trait délié marqué sur le tuyau ; ensuite on changera le niveau bout pour bout, ensorte que celui des crochets qui portoit, par exemple, à droite sur l’un des tourillons de l’axe, soit pour-lors à gauche sur l’autre tourillon ; si alors la bulle d’air revient au même endroit du tuyau marqué par l’index, l’on sera assuré que l’axe est parfaitement horisontal ; si elle n’y revient pas, on haussera ou baissera le coussinet mobile, jusqu’à ce que la bulle d’air ait parcouru la moitié de l’espace compris entre les deux différens points où elle s’étoit arrêtée sur le tuyau pendant la vérification, & alors l’instrument sera parfaitement rectifié quant à la position de l’axe horisontal. La raison de la méthode de vérification que nous venons de donner est trop évidente pour qu’il soit nécessaire de s’y arrêter, quoique M. Smith, dans son traité d’Optique, p. 323, en donne une longue démonstration ; car il est clair, 1°. qu’un niveau à l’esprit-de-vin qui ne seroit pas monté de façon que la bulle fût au milieu lorsqu’il seroit sur un plan horisontal, auroit toujours cette propriété que la bulle s’arrêteroit au même point lorsque ce niveau seroit sur ce plan, & par conséquent qu’en retournant bout pour bout le niveau sur l’axe des tourillons, & observant si la bulle revient au même point, on est sûr de reconnoître si cet axe est horisontal, car cette pratique revient à retourner le niveau sur un plan horisontal ; 2°. qu’en supposant le tube qui contient l’esprit-de-vin courbé, quoique fort peu, en portion de cercle (ce que l’on observe ordinairement), le milieu de la distance entre le point le plus haut & le point le plus bas où se trouve la bulle dans les différentes positions du niveau, est celui où elle doit s’arrêter lorsque l’axe sera horisontal.

Quand l’axe AD de rotation est une fois horisontal, il faut nécessairement que l’axe de la lunette parcoure un cercle vertical, autrement ces deux axes ne seroient pas exactement perpendiculaires l’un à l’autre ; & dans ce cas la lunette ne décriroit plus un grand cercle de la sphere. Nous avons déja expliqué la maniere dont on peut faire mouvoir le réticule qui est au foyer de la lunette, c’est pourquoi lorsqu’il y aura quelque erreur, c’est-à-dire, lorsque ses deux axes seront inclinés l’un à l’autre, l’on corrigera cette erreur en faisant mouvoir le réticule de la moitié de la différence observée dans la lunette pointée à l’horison, avant & après le retournement que je suppose que l’on aura fait. Si, par exemple, l’instrument étant dans sa situation ordinaire & sa lunette pointée au midi, l’axe de cette lunette est incliné à l’orient ; en retournant bout pour bout les extrémités de l’axe de rotation, de maniere que celui qui porte en A se trouve à la place de celui qui étoit en D, l’axe de la lunette paroîtra pour-lors incliné vers l’occident ; ce qui fera connoître par conséquent le double de l’erreur qui lui convient : en un mot, l’axe de rotation & l’axe de la lunette seront exactement à angles droits, lorsqu’avant & après le retournement, le fil de la lunette paroîtra répondre au même objet de l’horison.

Il n’est pas moins évident que cet instrument doit parcourir les verticaux, si l’on peut parvenir à mettre l’arbre EFG dans une situation verticale ; mais il faut faire ensorte que cet arbre soit bien rond vers ses deux extrémités, c’est-à-dire, au-dessous de EF & vers sa pointe G : car supposons qu’il soit dirigé vers quelque objet à l’horison ; par exemple, à celui que l’on aura reconnu dans le méridien du côté du sud, en faisant parcourir à la piece ABEGFCD un demi-cercle, ensorte que la lunette pointe du côté du nord, on reconnoîtra facilement si l’arbre ne panche pas du côté de l’orient ou du côté de l’occident, puisque, dans ce mouvement, le niveau qui est resté suspendu sur les tourillons fera connoître le double de l’erreur ou de l’inclinaison de l’arbre EFG ; c’est pourquoi faisant mouvoir les vis HM, c’est-à-dire, les vis ων (fig. 9.), on fera glisser la piece βθζδ, & changer peu-à-peu la situation de l’arbre, jusqu’à ce qu’il ne panche plus à l’orient ni à l’occident. L’on voit encore dans cette même figure 9. une autre vis μ qui sert à faire avancer la piece λ, afin de retrécir le trou cylindrique de la piece βθζδ par où passe l’arbre vertical, qui ne porte par conséquent qu’en trois endroits de ce trou cylindrique. L’écrou brisé α qui appartient à la vis ω ou ν, est représenté dans la figure supérieure qui est le profil de l’autre.

Lorsqu’on est une fois assuré que l’arbre EFG n’incline plus à l’orient ou à l’occident, il faut aussi s’assurer s’il ne panche pas vers le septentrion ou vers le midi, ce qui se pratique en dirigeant successivement la lunette à l’orient & à l’occident : car si la bulle d’air du niveau paroît changer de position, on corrige l’erreur ou l’inclinaison de l’arbre, en faisant parcourir à cette bulle la moitié de l’espace ou de la différence observée ; puisqu’en tournant la vis V, on peut reculer ou avancer la piece G, & par conséquent rectifier l’inclinaison de l’arbre EFG. Cette piece G se voit dans un plus grand détail (fig. 10.), où la vis υ étant contretenue fait mouvoir, lorsqu’on la tourne, son écrou φ, & par conséquent la piece γ qui soutient l’arbre vertical EFG.

Si après toutes ces vérifications l’on fait enfin parcourir à la lunette le tour de l’horison, & que la bulle d’air du niveau paroisse fixe, c’est-à-dire, précisément au même endroit du tube, l’arbre vertical EFG, de même que l’axe horisontal AD, n’auront pour-lors aucune inclinaison : c’est pourquoi l’instrument étant en cet état, si l’on eleve la lunette de plusieurs degrés au-dessus de l’horison, & que par le moyen de quelques vis on l’arrête immobile à cette hauteur, tous les astres qui passeront par son filet horisontal du côté de l’orient, seront précisément à même hauteur lorsqu’ils reparoîtront passer au même endroit du filet du côté de l’occident ; ainsi les observations de l’heure du passage de ces astres au filet horisontal, donneront à la pendule l’heure de leurs vrais passages au méridien, & par conséquent leurs différences en ascension droite, ce que l’on pourra vérifier un grand nombre de fois par rapport aux étoiles fixes. Mais parce qu’il suffit d’observer un astre, dont la déclinaison est septentrionale, deux heures avant & deux heures après son passage au méridien pour en déduire le tems de son arrivée au plan de ce cercle, il suit qu’étant une fois donnée la différence en ascension droite de deux étoiles fixes éloignées d’environ soixante degrés, si l’on observe encore la premiere de ces deux étoiles à l’orient & à l’occident pour connoître l’heure vraie de son passage au méridien, l’on en déduira fort exactement l’heure à laquelle la seconde étoile passera au méridien le même jour, & par ce moyen l’on fixera dans ce plan la lunette de l’instrument des passages. On fixe cette lunette dans le plan du méridien en serant les vis ZY de la piece XTQ ; car l’instrument ne sauroit alors parcourir les azimuths, ni s’écarter du midi à l’orient ou à l’occident, à-moins qu’on ne tourne peu-à-peu les vis RS. Quand donc on aura arrêté cette lunette dans le plan du méridien, & qu’on aura reconnu le point de l’horison qui lui répond, s’il arrivoit quelques changemens à la direction de l’instrument, causés par le chaud ou le froid, ou par le mouvement du mur contre lequel il est attaché, on pourra le rétablir facilement en dirigeant la lunette à l’horison, & faisant mouvoir les vis RS, jusqu’à ce que l’objet qui est au méridien, paroisse coupé en deux également par le fil vertical qui est au centre de la lunette. Il faut bien remarquer qu’on ne doit serrer les vis ZY, que lorsqu’on a presque entierement interrompu le mouvement autour de l’arbre vertical par le moyen de la vis N. Il est encore nécessaire que ce même arbre soit arrondi à l’endroit du cylindre creux XT, & même il peut y être taillé tout autour en X, afin que l’extrémité cylindrique de la petite vis X y soit retenue, qu’elle soutienne la piece XYTZQ, & l’empêche de retomber sur la branche horisontale OP à laquelle elle doit demeurer parallele : les figures 11. représentent cette piece plus en grand & avec tout le détail nécessaire. On a été obligé de construire deux différentes échelles, dont la premiere convient aux figures 2. 3. 4. 5. 6. 7. 9. 10. & 11. & l’autre aux figures 1. & 8. Voyez l’optique de Smith, pag. 321. & l’histoire céleste de M. le Monnier de l’acad. royale des Sciences, pag. 77.

Passage, le, des rivieres par les armées, est une des principales opérations de l’art militaire : elle souffre beaucoup de difficultés lorsque le général opposé est rusé & vigilant, & qu’il ne néglige aucune des attentions nécessaires pour n’être point surpris.

On passe les rivieres à la guerre pour pénétrer dans le pays ennemi, pour combattre l’armée opposée, pour se retirer & se mettre en sûreté à l’abri de la riviere lorsque les circonstances l’obligent, soit par la perte d’une bataille ou la grande supériorité de l’ennemi.

Les rivieres qu’il faut passer sont grandes ou petites ; celles qui ont des gués se passent à gué ; les autres se passent sur des ponts lorsqu’il s’en trouve dans le lieu du passage : mais comme les ponts construits sur les rivieres sont en petit nombre ; que d’ailleurs s’il s’en trouve qui puissent favoriser le passage, l’ennemi ne manque guere de les détruire pour en empêcher l’usage, on est obligé d’y suppléer par des ponts de bateaux ou de pontons, où par des radeaux. Voyez Pont de bateaux, Pontons & Radeaux.

Lorsqu’il n’y a point d’ennemis à combattre, le passage des rivieres est toujours facile, soit qu’on le fasse à gué ou sur des ponts de bateaux, supposant qu’on a toutes les différentes choses nécessaires à leur construction. Mais lorsqu’il s’agit de traverser une riviere en presence de l’ennemi qui emploie tous ses soins & ses forces pour s’y opposer ; il y a alors beaucoup de précaution à prendre pour éluder les difficultés qu’il peut opposer. Il faut joindre ensemble la ruse & la force pour lui faire prendre le change sur le lieu où l’on a dessein de passer ; faire ensorte de lui donner de l’inquiétude & de la jalousie sur plusieurs endroits, afin de l’engager par-là à partager son armée en plusieurs parties, qui opposent alors bien moins de résistance que si elle étoit réunie.

Quoiqu’il soit plus facile de défendre le passage d’une riviere que de le forcer, parce que l’armée qui veut l’empêcher est bien moins gênée dans ses manœuvres & ses mouvemens que celle qui veut traverser la riviere ; il arrive cependant que celui qui l’entreprend réussit presque toujours. La raison en est sans doute qu’on ignore la plûpart des avantages de la défense ; qu’on ne pénetre pas assez les desseins de l’ennemi, & qu’on se laisse tromper par les dispositions simulées qu’il fait dans un endroit, tandis qu’il effectue le passage dans un autre lieu sur lequel on n’a eu aucune attention.

Le premier objet de celui qui veut faire passer une riviere à son armée sur une riviere non-guéable, doit être d’en connoître bien exactement les deux bords, ainsi que la nature du terrein qui se trouve de part & d’autre. Il doit s’informer si la riviere est sujette à grossir tout d’un coup par les pluies ou la fonte des neiges dans certaines saisons de l’année, ou bien par des écluses dont l’ennemi pourroit se servir pour rompre les ponts, & augmenter ainsi la difficulté du passage.

A l’égard des lieux les plus propres au passage de la riviere, ce sont ceux où les bords n’ont point d’escarpement ; où ils font au contraire une espece de pente insensible où l’armée peut arriver aisément, & se mettre en bataille de l’autre côté dans une position avantageuse pour résister à l’ennemi.

Les endroits où la riviere fait une espece de coude, ou d’angle rentrant, sont très-favorables pour le passage, ainsi que ceux qui sont au confluent de la riviere qu’on veut passer, & d’une autre riviere navigable. Dans le premier cas la disposition de la riviere donne lieu de protéger le passage, ou la construction du pont par un feu d’artillerie qui découvre une plus grande partie du terrein opposé ; & dans le second, on a la commodité d’assembler les bateaux hors des yeux & de la portée de l’ennemi, & de les faire descendre promptement & sans obstacle dans l’endroit où il s’agit de construire les ponts.

Lorsqu’il y a des îles dans la riviere, elles peuvent encore servir à faciliter le passage, sur-tout si elles sont boisées. On joint d’abord le terrein de l’île par un pont qui y aboutit ; on gagne ensuite le bord opposé par un autre pont, qui, étant protégé du feu de l’artillerie que l’on établit dans l’île, & de la mousqueterie, s’acheve sans grandes difficultés.

Comme le passage d’une armée qui défile sur un seul pont demande bien du tems, que d’ailleurs il peut arriver que le pont se rompe par quelqu’accident, dans le tems qu’il n’y a encore qu’une petite partie de l’armée de passé, ce qui exposeroit cette partie à être battue par l’ennemi, sa communication avec l’autre partie se trouvant ainsi coupée ou interrompue, il est à propos pour éviter ces inconvéniens, de faire ensorte d’avoir assez de bateaux pour construire deux ponts à la fois, à peu de distance l’un de l’autre.

Lorsqu’on a tous les bateaux & les ustenciles nécessaire pour la construction d’un pont, on le fait très-promptement sur-tout si l’ennemi n’est pas en force sur la rive opposée pour en empêcher. M. le chevalier de Follard dit, dans son commentaire sur Polybe, avoir vu faire un pont de cinquante pontons sur le Rhin, qui fut achevé en moins de huit heures. Cette opération ne se fait pas toujours avec la même diligence ; elle dépend des circonstances plus ou moins favorables du terrein, des obstacles qu’on éprouve de la part de l’ennemi, & particulierement de l’habileté de celui qui conduit ou dirige cet ouvrage. Voyez Pont de bateaux.

Quelque vivacité que l’on apporte à la construction du pont sur lequel on veut passer une riviere, l’ennemi, pour peu qu’il veille avec attention sur les démarches de son adversaire, peut toujours en être informé ; & comme le passage des troupes exige du tems, il lui est facile de tomber promptement sur les premieres troupes parvenues de l’autre côté de la riviere, & de les culbuter dedans. Pour ne point être exposé à cet inconvénient, on ne manque jamais, soit qu’on passe les rivieres à gué, ou sur des ponts de bateaux, de protéger le passage par des batteries établies sur le bord de la riviere, & lorsqu’il y a quelques troupes de parvenues à l’autre bord, on fait, sans différer, un retranchement pour les couvrir & les mettre en état de résister aux attaques des différens corps que l’ennemi peut envoyer pour empêcher ou inquiéter le passage. On agrandit ensuite ce retranchement à mesure que le nombre des troupes qui y arrivent devient grand ; ensorte que toute l’armée puisse s’y réunir ou s’y assembler, & se porter de-là dans les lieux que le général juge à-propos de lui faire occuper.

Si l’ennemi est en bataille de l’autre côté de la riviere que l’on veut passer, il n’est guere possible de réussir dans cette entreprise, à-moins qu’on ne trouve le moyen de l’en éloigner par un grand feu d’artillerie, secondé de celui de la mousqueterie, si la largeur de la riviere n’excede pas la portée du fusil. Lorsqu’elle a plus d’étendue, on peut placer des fusiliers dans des bateaux, dont les bords soient assez élevés pour former une espece de parapet, derriere lequel les soldats puissent tirer à couvert des coups de l’ennemi. Ces bateaux étant protégés par le feu du canon, & bien garnis de soldats, assurent la construction du pont, & ils empêchent que l’ennemi ne puisse en interrompre le travail.

Si l’ennemi s’est fortifié sur le bord opposé de la riviere par de bons retranchemens, le passage est alors presque impossible dans cet endroit, à-moins qu’on ne trouve des situations sur le bord que l’on occupe, propres à établir des batteries qui foudroient & labourent tout le camp de l’ennemi, & qui ne lui permettent pas d’y demeurer.

Comme le terrein n’offre pas toujours des positions aussi avantageuses pour les batteries, ce qu’on a de mieux à faire en pareil cas, c’est de chercher à tromper l’ennemi. Pour cet effet, on feint d’abandonner l’entreprise pour aller chercher un passage où il y ait moins d’obstacles à vaincre. On fait marcher l’armée avec tout l’attirail des ponts, & l’on se met en devoir de faire le passage dans des lieux éloignés du pont ; mais on laisse secretement un bon corps de troupes dans les environs, avec ordre de profiter du départ de l’armée ennemie pour assûrer la tête du pont, si elle prend le parti de suivre celle qui veut forcer le passage.

Si l’ennemi abandonne sa position, les troupes qu’on a laissé pour l’observer se hâtent de passer dans de petits bateaux pour aller occuper le bord opposé, & s’y retrancher ; l’armée revenant ensuite pour protéger la construction du pont, peut par ce moyen effectuer le passage de la riviere sans grandes difficultés. Si au contraire l’ennemi reste toujours en force dans le même endroit, on cherche à faire le passage dans quelqu’autre lieu plus favorable qu’on a reconnu pour cet effet. Quand on craint qu’il ne vienne s’y opposer, on reste avec la plus grande partie de l’armée vis-à-vis de lui, en faisant toujours les démonstrations nécessaires pour lui faire croire qu’on veut s’obstiner à forcer le passage dans cet endroit. Pendant ce tems-là, les troupes qu’on a détachées pour chercher & tenter un autre passage, peuvent, en usant de beaucoup de diligence, passer la riviere dans le lieu où elles présument de trouver moins d’obstacles, & lorsqu’elles ont formé un bon retranchement à l’autre bord, & même du côté qu’elles occupoient d’abord pour mettre les deux issues du pont à l’abri des entreprises des détachemens de l’ennemi, l’armée alors marche à cet endroit où l’on acheve de construire le pont, & de faire passer les troupes malgré les efforts que l’ennemi peut faire par les détachemens de son armée pour s’y opposer. Comme il n’est guere possible qu’il garde également une grande étendue du cours de la riviere, les petits corps qu’il peut poster en différens endroits ne sont pas suffisans pour empêcher le passage : il faut qu’il leur envoye du secours. Si ce secours forme un corps considérable, la lenteur ou la pesanteur de sa marche donne le tems de se fortifier contre lui avant son arrivée. Si au contraire ce corps est petit, sa marche est plus légere & plus prompte, mais aussi il est plus aisé de se mettre en état de lui résister.

On voit par-là qu’en rusant un peu avec l’ennemi, & en calculant le tems de la durée, les différentes manœuvres qu’il peut faire, on peut avec de l’adresse & de la diligence le tromper & traverser les rivieres malgré les soins qu’il peut prendre pour s’y opposer. C’est ce que l’expérience fait voir tous les jours à la guerre.

Les précautions nécessaires pour passer les rivieres à gué, sont à-peu-près les mêmes que lorsqu’il s’agit de les passer sur des ponts. Il faut seulement avoir soin de bien faire reconnoître les gués avant que de commencer le passage, & s’assurer que l’ennemi ne les a ni gâtés, ni rompus.

Lorsque la riviere que l’on passe à gué est fort rapide, M. le marquis de Sancta-Crux conseille de mettre au-dessus des gués quelques escadrons de cavalerie qui, en se tenant bien fermes & bien serrés, rompent ainsi la force du courant que l’infanterie traverse par ce moyen avec plus de sureté & moins de danger. Ce même auteur observe qu’il est à-propos que l’infanterie interrompe de tems-en-tems son passage, & que les escadrons au-dessus se retirent pour un peu de tems, afin de donner un écoulement libre aux eaux de la riviere, dont le cours étant en partie arrêté pendant un tems considérable, pourroit par sa force entraîner ces escadrons & l’infanterie qui se trouveroit dans la riviere.

« Quelques auteurs, & en particulier Vegece, veulent que l’on mette aussi un peu au-dessous des gués, des escadrons qui y demeurent fermes, afin que le fantassin qui auroit été entraîné par l’eau, puisse s’arrêter à ces escadrons & se sauver. Cet expédient a été mis en pratique par plusieurs généraux. Il me paroît pourtant que cette cavalerie au-dessous du gué arrêtera l’eau, & par conséquent que l’espace entre les deux troupes au-dessus & au-dessous du gué deviendra plus difficile à passer. Je crois donc qu’il seroit seulement à-propos de prendre ce parti, lorsque la difficulté ne vient pas de la hauteur des eaux, mais uniquement de la rapidité du courant ; ou du moins il ne faut pas si fort doubler les rangs de la cavalerie, portée au-dessous du gué où passe l’infanterie, que le cours de l’eau en soit arrêté. Le plus sûr, au lieu de ces rangs de la cavalerie au-dessous du gué, seroit de faire traverser des cordes arrêtées sur les bords par de bons pieux, & soutenues au milieu par des tonneaux bien calfatés, afin que la corde ne s’enfonce pas, lorsque les fantassins qui auront été entraînés par l’eau viendront à la prendre. A cette corde seront attaches plusieurs autres cordes qui pendront dans la riviere, avec des morceaux de bois ou de liege au bout pour que ces mêmes fantassins puissent plus facilement les voir & les saisir.

» Quelque sorte de troupes que ce soit qui passe un gué rapide, doit le passer sur un front aussi grand que le gué le permet, & se tenir côte-à-côte les unes avec les autres pour mieux résister à la force du courant, pour passer plus vîte & se trouver déja rangées à mesure qu’elles sortent à l’autre bord. Les bataillons ou les escadrons ne doivent pas marcher si serrés de la tête à la queue qu’en arrêtant trop le courant des eaux, ils en augmentent la profondeur. La meilleure maniere de prendre les gués est de couper un peu vers le haut, excepté que pour chercher le fond bas, il ne faille s’écarter de cette regle. Réflex. milit. par M. le marq. de Sancta-Crux, tom. II. »

Lorsqu’on est parvenu à passer une riviere de quelque maniere que ce soit, on ne doit rien négliger de tous les avantages que le terrein peut procurer pour s’y mettre promptement en état de défense ; car il est certain que si l’on a en tête un ennemi actif & courageux, il ne manquera pas de tomber brusquement sur les troupes qui ont passé la riviere pour forcer le retranchement qui couvre le pont & interrompre le passage. Des troupes valeureuses & bien conduites ont dans ce cas, quel qu’en soit le nombre, un grand avantage dans l’action : elles peuvent être soutenues & secondées de celles qui les suivent, au lieu que celles de l’armée qui passe la riviere & qui sont parvenues à la traverser, ne reçoivent que des secours lents & tardifs ; elles sont d’ailleurs totalement perdues pour peu qu’elles soient poussées & enfoncées, inconvénient auquel les autres sont moins exposées. Comme l’ennemi néglige souvent de profiter du premier instant pour attaquer les troupes qui passent une riviere, il n’est pas étonnant que ce passage réussisse presque toujours ; en effet, s’il hésite un moment, s’il délibere & qu’il temporise un tant soit peu pour commencer son attaque, lorsqu’il n’y a encore qu’une petite partie de l’armée de passée, il donne le tems de se mettre en état de lui résister, de le combattre, & même de lui faire quitter le terrein.

Lorsqu’une armée se trouve obligée de passer une riviere pour s’éloigner de l’ennemi, elle doit prendre de grandes précautions pour qu’il ne vienne point la troubler & la combattre pendant cette opération. Non-seulement les ponts doivent être couverts des deux côtés de la riviere par de grands retranchemens bien garnis de troupes ; mais il faut encore que l’armée se renferme elle-même dans des especes de lignes du côté de l’ennemi qui la mettent en état de lui résister, s’il veut l’inquiéter dans le passage de la riviere. Ces lignes peuvent être formées par une espece d’enceinte de plusieurs rangs de redoutes qui se soutiennent les unes & les autres, de maniere que les troupes en se retirant, s’en trouvent couvertes & protégées jusqu’aux ponts ou au bord de la riviere. Les troupes qui gardent ces redoutes les abandonnent à mesure que l’armée se retire : lorsqu’elle est presque entierement passée, elles occupent le retranchement qui couvre les ponts, & lorsqu’on a commencé à les rompre, elles gagnent le bord opposé dans des bateaux particuliers préparés pour les recevoir.

Cet article deviendroit d’une longueur excessive, si l’on vouloit entrer dans tout le détail dont le passage des rivieres est susceptible. On s’est borné à donner ici ce qu’il y a de plus général sur cette importante matiere : ceux qui voudront des observations plus détaillées pourront avoir recours aux auteurs militaires, particulierement au commentaire sur Polybe, par M. le chevalier Folard, tom. IV. & V. pag. 56. & 142. aux réfléxions Militaires de M. le marquis de Sancta-Crux, tom. II. pag. 282. à l Ingénieur de campagne, par M. le chevalier de Clairac, page 163, &c.

On trouvera dans ces différens ouvrages, les principaux moyens qu’on doit employer à la défense du passage des rivieres. Nous remarquerons seulement ici que pour le faire avec succès, il faut s’appliquer à pénétrer les desseins de l’ennemi, & à bien reconnoître les endroits où le passage doit lui être le plus facile & le plus avantageux ; ce sont sur ces lieux qu’il faut veiller avec la plus grande attention, sans se négliger néanmoins sur les autres endroits. On ne doit point trop étendre son armée pour garder à la fois une grande étendue de riviere ; il suffit d’avoir de bons postes ou des redoutes de distance en distance dans les lieux où l’on présume que l’ennemi peut tenter le passage, de faire ensorte de n’être point surpris & de s’attacher à bien démêler ses mouvemens feints des véritables. Lorsqu’on a bien pris toutes les précautions que la science de la guerre suggere à cet égard, on peut rendre le passage d’une riviere très-difficile à l’ennemi. Il est important de convenir de signaux avec les différens postes qui gardent le bord de la riviere, & même avec les habitans des villages voisins, pour être informé promptement de toutes les démarches de l’ennemi. Si malgré les troupes qu’on lui oppose, il veut forcer le passage dans un endroit, il faut s’y retrancher & s’y bien épauler contre le feu de son artillerie ; la cavalerie doit être assez éloignée pour n’en avoir rien à craindre, de cette maniere elle est en état d’agir avec plus de force & d’impétuosité, lorsqu’il s’agit de lui donner ordre de charger.

Si malgré les obstacles qu’on oppose à l’ennemi, il parvient, sous la protection du feu de son artillerie, à établir ses ponts & à commencer de faire passer ses troupes ; on ne doit pas pour cela abandonner la défense du passage, mais tomber courageusement & sans délibérer, sur les premieres qui l’ont franchies, pour les culbuter dans la riviere ou leur faire regagner leurs ponts : comme l’ennemi ne peut les soutenir que difficilement, une attaque vigoureuse ne peut guere manquer de réussir. Si on ne peut parvenir à les chasser entierement, on retarde au moins le passage, & l’on se soutient ainsi pendant tout le jour. Lorsque la nuit est venue, & qu’il y a lieu de craindre que l’ennemi ne se trouve trop en force, le matin pour qu’on puisse lui résister, on se retire pour aller occuper un poste avantageux à peu de distance, où l’on puisse lui en imposer ou le gêner dans les opérations qu’il a dessein d’exécuter.

Quand on défend une riviere qui peut se passer à gué, il faut avoir soin de rompre & de garder les gués : on y jette pour cet effet des chausses-trapes, des arbres avec toutes leurs branches, bien amarrées avec de forts piquets dans le fond de la riviere, des madriers attachés de même & bien lardés de grands clous dont la pointe sort en-dehors, &c. (Q)

Passage du fossé le, (Fortification) est dans l’attaque des places le chemin qu’on pratique dans le fossé pour parvenir au pié de la breche, soit que le fossé soit sec ou plein d’eau.

Le fossé sec se passe à la sape, en s’épaulant du côté des parties des ouvrages par lesquels il est flanqué ou défendu. On forme vers ce côté un parapet de fascines, de barriques, ou vieilles futailles, de gabions, &c.

C’est dans le passage du fossé sec que l’ennemi a le plus d’avantage pour l’exécution de toutes les chicannes qui peuvent le retarder.

Le passage du fossé plein d’eau se fait en le comblant de fascines dans la largeur de 12 ou 15 piés. Pour cet effet, après avoir rompu la contrescarpe, on fait ranger dans toute l’étendue de la descente un nombre d’hommes suffisant pour en occuper la longueur, étant placés à deux piés de distance les uns des autres. Les hommes sont adossés au parapet de la descente, & ils se passent des fascines de main en main jusqu’à l’ouverture du débouchement, ou à la tête du passage. Le sapeur qui est en cet endroit jette les fascines dans le fossé, & il s’en forme en même tems un épaulement du côté de la place qui a vue sur le passage.

Après avoir jetté un assez grand nombre de fascines pour s’avancer de quelques pas dans le fossé & se couvrir, il continue d’en jetter la quantité nécessaire pour le comblement du fossé en cet endroit.

On pose les fascines de différens sens, & on en fait différens lits qu’on couvre de terre pour les faire enfoncer plus aisément. On pique aussi tous ces différens lits de fascines par de longs piquets, afin qu’ils soient liés ensemble plus solidement. A mesure que le passage avance, on fait avancer l’épaulement, sans lequel le travail ne pourroit se faire qu’avec un très grand péril.

Lorsque le passage se trouve plongé du feu du parapet de la place qui est vis-à-vis, ou de quelqu’autre endroit, on fait en sorte de s’en parer en se couvrant avec une montagne de fascines, ou par quelqu’autre expédient ; mais quel qu’il puisse être, dans ce cas le passage du fossé est toujours fort difficile & fort périlleux.

Après avoir dit un mot des passages des fossés secs & pleins d’eau dormante, il reste à parler de ceux qui sont remplis par un courant, & de ceux qui sont secs, mais qu’on peut remplir d’eau quand on le veut. Ces sortes de fossés sont fort difficiles à passer, à-moins que l’on ne puisse détourner le courant, en lui donnant un cours dans la campagne, différent de celui qui le fait passer dans les fossés de la ville, ou qu’on ne puisse parvenir à rompre les écluses qui retiennent les eaux que l’ennemi conserve pour inonder le fossé.

Il y auroit bien des choses à dire pour entrer dans tout le détail du travail qu’il faut faire pour le passage de ces sortes de fossés ; nous n’en donnerons ici qu’une idée.

Supposant que les fossés soient remplis d’eau par un courant, ou autre riviere à laquelle on ne puisse pas donner un autre cours, ce qui s’appelle saigner le fossé, il faudra jetter à l’ordinaire dans le fossé une grande quantité de fascines chargées de terre & de pierres, bien liées ensemble par de forts & longs piquets, & avancer ainsi le passage jusqu’à ce qu’en ait retréci le fossé à une largeur de 20 à 30 piés, sur laquelle on puisse mettre de petites poutres qui joignent le pont de fascines aux décombres de la breche. On peut encore se faciliter le comblement du fossé, & par conséquent son passage, en faisant passer le mineur dans ces décombres, & en lui faisant faire une mine qui fasse sauter une partie du revêtement de la face attaquée dans le fossé.

Si l’ennemi a des retenues d’eau dont il puisse disposer pour détruire tous les logemens du fossé, lorsqu’il ne pourra plus s’y défendre, il faut pendant le siége tâcher de ruiner les écluses, c’est-à-dire, les solides de maçonnerie, ou les travaux de charpente qui servent de barriere à ces eaux. On les peut détruire en jettant une grande quantité de bombes sur les endroits où l’on sait qu’elles sont placées. Si l’on peut parvenir à les rompre, on donnera un libre cours à l’eau, & l’on travaillera après son écoulement au passage du fossé, comme si l’eau étoit dormante ; s’il n’y a plus qu’un petit courant, on laissera un passage pour son écoulement, comme on vient de le dire précédemment.

Tout ce travail est fort long, fort difficile, & fort périlleux ; il ne peut absolument se faire qu’autant qu’il est protégé d’un grand feu, non-seulement de toutes les batteries du chemin couvert, & de celle des ricochets, mais encore de celui des logemens du glacis, & de ceux du chemin couvert.

Tout ce que nous venons de dire pour le passage du fossé est général, tant pour les fossés des dehors, que pour ceux du corps de la place.

Nous avons supposé qu’ils étoient revêtus, mais s’ils ne l’étoient point, la descente en seroit plus facile. On pourroit la faire dans son talud, & le passer ensuite comme nous avons dit.

Dans tout ce détail nous n’avons point parlé des cunettes, espece de petit fossé de trois ou quatre toises de large, & dans lequel il y a toujours de l’eau, qu’on pratique quelquefois dans le milieu du grand ; la cause de notre silence à son sujet, c’est qu’il ne peut guere augmenter la difficulté du passage du fossé dans lequel il se trouve construit. Dès qu’on est parvenu au bord de la cunette, on y jette des fascines pour la combler, comme dans le fossé plein d’eau. Son peu de largeur donne assez de facilité pour la combler ; elle n’augmente la difficulté du passage du fossé, que lorsqu’il se trouve dans le fossé des caponieres qui la commandent & l’enfilent. Alors pour faire le passage de la cunette, il faut nécessairement chasser l’ennemi de ces caponieres ; & c’est ce qu’on peut faire avec les bombes & les pierriers, & en faisant un feu continuel dessus, du logement du chemin couvert.

On se servoit autrefois pour le passage d’un fossé plein d’eau qu’on n’avoit ou saigner, d’un pont flottant de la largeur du fosse sur lequel on faisoit une galerie large de quatre ou cinq piés en-dedans, & haute de cinq à six tout compris. Elle étoit couverte en dos d’âne avec des peaux de vaches fraîches dessus, ou du fer blanc, pour empêcher que les feux d’artifices de l’ennemi ne l’endommageassent. La disposition de sa couverture en dos d’âne servoit à faire couler dans le fossé tout ce qu’on jettoit dessus.

Lorsque le fossé étoit sec, on construisoit une pareille galerie dans la largeur du fossé pour arriver au pié de la breche ; mais elles ne sont plus en usage à présent. Elles servoient particulierement à faire arriver le mineur plus sûrement au pié de la breche pour s’y attacher. Il y parvient aujourd’hui ou par une galerie souterraine qu’il conduit sous le fossé, si la nature du terrein le permet, ou à la faveur de l’épaulement qui couvre le passage du fossé. Lorsque le fossé est plein d’eau, & que son passage est fort avancé, le mineur fait ensorte de gagner le pié de la breche, soit à la nage, soit par le moyen d’un radeau. Dès qu’il y est arrivé il s’enterre très-promptement dans les décombres de la breche. Voyez Attachement du mineur. (q)

Passage, (Hist. mod.) dans l’ordre de Malte, est le droit de réception que payent les membres qui y entrent, & qui n’est pas le même pour tous Le passage d’un chevalier est de 250 écus d’or pour le trésor de l’ordre, & de douze écus blancs pour le droit de la langue, soit qu’il soit reçu chevalier d’âge ou page du grand-maître. Le passage d’un chevalier reçu de minorité est de mille écus d’or pour le trésor, & de cinquante écus d’or pour la langue. Celui des servans d’armes est de deux cens écus d’or pour le trésor, & de douze cens blancs pour la langue, & le passage des diaco est de cent écus d’or, avec douze écus blancs pour le droit de la langue. Autrefois on rendoit ces sommes aux présentés, quand leurs preuves n’étoient pas admises à Malte ; mais l’usage aujourd’hui est qu’elles demeurent acquises au trésor, dès qu’elles sont une fois consignées. Voyez Malte.

Passage, dans le Commerce, ou droit de passage, est un impôt que plusieurs princes exigent par le moyen de leurs officiers ou de leurs fermiers, dans de certains détroits ou lieux resserrés de leurs territoires, soit par terre ou par mer, de tous les vaisseaux, chariots, & voitures de toute espece, & même quelquefois des personnes ou passagers qui entrent dans les ports, ou qui en sortent, &c.

Le passage du Sund, (ce fameux détroit qui communique de la mer Germanique à la mer Baltique) est le passage le plus célebre qui soit en Europe. Les revenus en appartiennent au roi de Danemark, & se payent à Elseneur ou à Cronembourg. Voyez Sund. Les Suédois étoient exempts de ces droits par la paix de 1658 ; mais ils y ont été assujettis de nouveau par celle de 1720. Les François y jouissent aussi de quelque exemption qui ne regarde pas les droits, mais seulement la visite de leurs vaisseaux & marchandises, & le tems du payement pour lequel il leur est accordé trois mois. Dictionnaire de Commerce.

Passage, est aussi un droit que l’on paye pour le transport par mer des personnes & marchandises. On le nomme autrement fret. Voyez Fret. Idem.

Passage, (Architect.) c’est dans une maison une allée différente du corridor, en ce qu’elle n’est pas si longue.

Passage de servitude, c’est un passage dont on jouit sur le terrein d’autrui, par convention ou par prescription.

Passage de souffrance, passage qu’on est obligé de souffrir en vertu d’un titre.

Passage, en Musique, est un trait de chant fort court, composé de plusieurs petites notes ou diminutions, qui se chantent on se jouent très-légerement. C’est ce que les Italiens appellent passo. Voyez Broderie. (S)

Passage, se dit en Peinture, de la lumiere & des couleurs : on dit ces passages de couleur, de lumieres, sont charmans ; de beaux passages.

Passages de lumiere, se dit d’une ombre ou demi-teinte extrèmement légere, placée entre des masses de lumieres, & qui loin de les séparer semblent les réunir, en servant comme de route à l’œil pour passer facilement de l’une à l’autre.

Passage de couleur, se dit de l’espace qui se trouve dans un tableau entre deux couleurs différentes, & qui par degrés insensibles participe autant de l’une que de l’autre. Il est à remarquer que passage, en ce cas, ne seroit que fonte de couleur, si ces couleurs qui le forment, n’étoient pas ce qu’on appelle de beaux tons. On ne se sert jamais du terme de passage, sans l’épithete de beau ; ainsi de beaux passages, en ce cas, signifient toujours fonte ou passage de beaux tons de couleur.

Passage de couleur, se dit encore de celles qui restent distinctes, ne se perdant point ensemble par degrés insensibles, & qui par leur accord, font passer l’œil de l’une à l’autre d’une façon satisfaisante.

Passage, terme de Manége ; le passage se fait lorsque le cheval en tournant ou marchant de côté, croise les jambes, un peu moins celles de derriere que celles de devant ; & pour faire le passage des voltes bien proportionné, il faut que les jambes de devant fassent un cercle à-peu-près de la longueur du cheval, & celles de derriere un autre plus petit des deux tiers.

La méthode du passage est si bonne, qu’elle habitue le cheval à obéir franchement à la main, à la bride, & aux talons ; en un mot, à exécuter promptement & sans répugnance tout ce qu’on exige de lui.

Passage, terme d’ouvriers en cuir, qui signifie la préparation que l’on donne aux peaux en les passant dans différentes drogues, afin de les adoucir & de les rendre maniables & propres à être employées à différentes sortes d’ouvrages. Voyez Passer.

Passage du patron, (Rubanier.) est la même chose que le passage des rames. Voyez Passage des rames.

Passage des rames, (Rubanier.) voici la maniere de les passer ; on a dit ailleurs que le porte-rames de devant conteroient neuf rouleaux dont voici Pusage : on prend neuf rames ; savoir, six de figure, & trois de glacis, qui seront mises alternativement sur chacun, de la façon qu’il va être expliqué. Supposez que la premiere rame d’un patron fasse un pris, un laissé, un pris deux fois, deux laissés, deux pris, un laissé, un pris trois fois, deux laissés, deux pris, un laissé, un pris, deux laissés & le dernier pris ; je passe la rame de la premiere haute-lisse, puis la seconde haute-lisse faisant un laissé, je passe la rame à côté de la bouclette de cette seconde haute-lisse, qui fait un pris dans la bouclette, ensuite la troisieme haute-lisse faisant un pris, je passe la rame dans la bouclette de cette haute-lisse. La quatrieme faisant un laissé, je passe à côté de la bouclette de cette quatrieme ; la cinquieme qui fait un pris, doit être prise dans la cinquieme haute-lisse ; la sixieme & septieme haute-lisse faisant deux laissés, il faut de même que la rame passe à côté des bouclettes de ces deux hautes-lisses ; la huitieme & neuvieme font deux pris, la rame doit passer dans les bouclettes de ces deux hautes-lisses ; la dixieme fait un laissé ; la onzieme un pris trois fois alternativement ; il faut faire comme ci-dessus consécutivement, ce qui mene jusqu’à la quinzieme haute-lisse incluse ; la seizieme & dix-septieme haute-lisse faisant deux laissés, je passe la rame à côté des bouclettes de ces hautes-lisses ; la dix-huitieme & dix-neuvieme faisant deux pris, la rame est passée dans les bouclettes de ces deux hautes-lisses ; la vingtieme faisant un laissé, je passe à côté de la bouclette ; la vingt-unieme faisant un pris, je passe la rame dans la bouclette de celle-ci ; la vingt-deuxieme & vingt-troisieme faisant deux laissés, la rame se passe à côté des boulettes de la vingt-deuxieme & vingt troisieme haute-lisses ; enfin là vingt-quatrieme qui fait un pris, je passerai la rame dans la bouclette de cette vingt-quatrieme, ce qui achevera le passage de cette rame, que vous passerez ensuite sur le premier rouleau & à-travers la premiere grille du porte-rame de devant, vous attacherez une pierre à cette rame, qui y restera jusqu’à ce que toutes les rames du patron soient ainsi passées & arrangées sur les différens rouleaux, & à-travers les différentes grilles de ce porte-rames, en attachant toutes ces rames à la pierre, pour les tenir ensemble assujetties par le poids de cette pierre, & les empêcher par ce moyen de se dépasser : ce qui vient d’être dit pour cette rame, doit s’entendre de toutes les autres dont on ne parlera plus, pour éviter les répétitions. Après avoir passé cette premiere rame, on passe la seconde rame suivant l’ordre indiqué par le patron, & de la même maniere que la premiere, cette seconde rame se porte sur le second rouleau, mais dans la même grille que la premiere : de même la troisieme, & ainsi de suite jusqu’à la sixieme inclusivement ; on passe ensuite les trois rames de glacis de la même façon que les six autres : ces trois rames se postent sur les trois derniers rouleaux, & toujours dans la même grille. Elles doivent être attachées à une pierre séparée, où l’on attachera de même toutes les rames de glacis qui seront toujours sur les trois derniers rouleaux ; c’est-à-dire, les plus proches du battant, & cette opération s’appelle course de rames ; ensuite on pousse une grille pour donner passage à neuf autres rames qui vont suivre ; ces neuf rames que l’on va passer, doivent être prises du second retour, puis les neuf autres d’un troisieme retour, & toujours de même tant qu’il y aura de retours, observant de pousser une nouvelle grille après le passage de neuf rames ; on voit qu’après ces différens passages qu’il n’y a encore que neuf rames du patron de passées ; savoir, six de figure, & trois de glacis, puisque l’une n’est que la répétition de l’autre. Rendons-nous plus clair : supposons un patron à six retours, il est certain que la premiere rame du second retour n’est supposée que la continuation de la premiere rame du premier retour ; la premiere du troisieme retour de même, & ainsi des autres, jusqu’à la premiere du sixieme retour ; cette continuation supposée de la premiere rame se prouve de ce que ce sera toujours la même marche & la même haute-lisse qui la feront lever ; conséquemment ayant passé trente-six rames de figure, & dix-huit de glacis qui font cinquante-quatre ; il est aisé de voir que, puisqu’il y a six retours, & divisant trente-six rames par six retours, il vient six rames de figures ; de même divisant les dix-huit rames de glacis par les six retours, il vient trois rames de glacis, qui font en tout neuf rames de passées ; ces neuf rames étant ainsi passées, on en prend neuf autres du premier retour ; on fait de même qu’aux neuf premieres, on continue jusqu’au bout, observant que toujours après les six premieres rames passées, d’en prendre trois de glacis lorsque l’ouvrage en porte : lorsqu’il n’y a point de glacis ; les neufs rames sont par conséquent toutes de figure, & se passent, comme il vient d’être dit, il faut observer que l’on doit passer les rames de glacis lorsqu’elles ne travaillent point en glacis, comme les rames de figures avec lesquelles elles doivent être, c’est-à-dire, que lorsqu’une rame de glacis ne fait point glacis, elle doit être passée tout de même que la rame de figure, afin que la levée qu’elle devroit faire si elle travailloit, se confonde avec la figure ; mais lorsqu’elle travaille elle-même en glacis, il faut la passer suivant son propre patronnage : il faut encore observer que la premiere rame des six de figure, doit porter avec elle la premiere des trois rames de glacis ; la seconde de figure se passe seule ; la troisieme porte la seconde de glacis ; la quatrieme se passe seule ; la cinquieme porte la troisieme de glacis, & la sixieme se passe seule, & ainsi de toutes les autres.

Passage, terme de Fauconnerie ; on dit faucon de passage, c’en est une espece ; on appelle oiseau de passage tous ceux qui ne viennent dans le pays que dans certain tems de l’année.

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Étymologie de « passage »

Étymologie de passage - Littré

Passer ; bourg. passeige ; wallon, passeg ; prov. passatge ; espagn. pasage ; port. passagem ; ital. passaggio

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Étymologie de passage - Wiktionnaire

(Siècle à préciser) De passer avec le suffixe -age.
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Phonétique du mot « passage »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
passage pasaʒ play_arrow

Citations contenant le mot « passage »

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  • Ce dimanche 19 juillet en fin de journée, le passage à niveau situé entre Saint-Geours-de-Maremne et Josse a subi un défaut d’ouverture. Le temps que la maintenance rétablisse son bon fonctionnement, une déviation a été mise en place par Saint-Vincent-de-Tyrosse SudOuest.fr, Landes : le passage à niveau entre Saint-Geours-de-Maremne et Josse bloqué en position fermée
  • Le chef Thierry Marx était de passage à Limoges ce lundi au collège Ventadour. Il a rendu visite aux stagiaires de sa formation "Cuisine mode d'emploi(s)". Un stage gratuit de 11 semaines qui à Limoges intervient dans le cadre du plan Quartiers d'été 2020. France Bleu, Le chef Thierry Marx à Limoges pour voir les stagiaires de sa formation gratuite "Cuisine Mode d'Emploi(s)"
  • La Ville a lancé une foire aux questions pour répondre à tous ceux qui voudront circuler, se garer, mais aussi voir le passage du Tour dans les meilleures conditions. SudOuest.fr, Le passage du Tour de France à Rochefort en questions-réponses
  • À moins de 50 jours du passage du Tour de France, le Département de la Charente-Maritime organise, ce lundi 27 juillet, des animations autour du vélo, à la scène de la Pinède, à La Palmyre.  SudOuest.fr, Les Mathes-La Palmyre (17) : des animations pour préparer le passage du Tour
  • Un conducteur est en fuite après avoir percuté et tué une petite fille de 6 ans qui traversait une passage piéton lundi en Seine-Saint-Denis.  , Seine-Saint-Denis : une fillette tuée au passage piéton par un chauffard en fuite
  • Après deux passages lors de la cérémonie du 14-Juillet à Paris, la Patrouille de France survole ce jeudi les hôpitaux alsaciens et du Grand Est. Voici les horaires en détails. France Bleu, Hommage aux soignants : les horaires du passage de la Patrouille de France en Alsace
  • « L’industrie doit faire beaucoup plus avec beaucoup moins, pour avoir une chance de prospérer sur un marché restreint, et alors même que le nombre de passagers pour les années à venir reste incertain », rappelle Barbara Dalibard, PDG de la SITA. Dans ce contexte, SITA identifie 3 étapes clés pour permettre aux compagnies et aéroports d’opérer des voyages sûrs et à un coût raisonnable. La multiplication des applications et services de compagnies aériennes sur mobile facilite la préparation d’un vol. SITA insiste ainsi sur la nécessité de rendre les passagers prêts à embarquer dès leur entrée dans l’aéroport. L’autorisation de voyage, la dépose des bagages ou encore l’enregistrement peuvent être facilités en dehors de l’aéroport afin de réduire les files d’attente des passagers et de permettre une plus grande distance physique. TOM, Comment sécuriser et fluidifier le passage à l'aéroport ? - TOM
  • Un nouvel incident, sans gravité, s’est produit ce mercredi 15 juillet 2020 au passage à niveau d’Avenay-Val-d’Or dans la Marne. Il y a un an, jour pour jour, une femme et trois enfants perdaient la vie à cet endroit, après une collision entre un train et une voiture. France Bleu, Avenay-Val-d’Or : un nouvel incident au passage à niveau, un an jour pour jour après la collision mortelle
  • Le boulevard Carnot et la rue Vallon seront bientôt reliés par un passage, dont les travaux coûteront presque 3 millions d’euros. Les piétons pourront l’emprunter et passeront dans un parc et sous une belle demeure, qui sera préservée malgré la construction de quelques logements. Le Messager, Thonon-les-Bains : un passage va être créé entre deux rues du centre-ville - Le Messager
  • La Station spatiale internationale est régulièrement visible. Ces prochains jours, au cours de l'été 2020, elle doit faire plusieurs passages dans le ciel français. Comment anticiper la visibilité de l'ISS ? Numerama, Comment observer les passages de l'ISS à l'œil nu ?
  • Un permis de construire peut être délivré sur un terrain enclavé sous condition de produire un acte authentique de servitude de passage au plus tard au dépôt de la déclaration d’ouverture de chantier. , Un permis de construire délivré « sous condition de créer une servitude de passage » est légal - Éditions Francis Lefebvre
  • sur la page d’un carnet de dessins. De passage au Guerno la semaine passée, elle a décidé d’y rester trois jours de plus. Le Telegramme, Le Guerno attire les artistes de passage - Le Guerno - Le Télégramme
  • Après son passage à Nantes, le président du comité d’Organisation des JO est ensuite parti à Saint-Brévin-les-Pins pour labelliser, à son tour, la ville côtière. _"_C'est une commune qui croit au sport, qui y consacre de l'énergie, du temps, de l'argent, note Tony Estanguet, qui insiste sur le sport partout, pour tous. Je n'ai pas baigné dans le gigantisme, je viens d'une petite commune du sud-ouest. Toutes les communes doivent pouvoir être connectées à la magie des Jeux." France Bleu, Quatre ans avant les Jeux Olympiques, Tony Estanguet de passage à Nantes
  • C/2020 F3, aussi surnommée la comète NEOWISE, est passée au plus près de la Terre ce jeudi 23 juillet 2020. Vous pouvez revoir le passage de cet objet, actuellement visible à l'œil nu dans le ciel, immortalisé par un astronome. Numerama, Comment revoir le passage de la comète NEOWISE au plus près de la Terre
  • Alors que le passage des autoroutes à 110 km/h remplissait les colonnes de nombreux médias il y a quelques semaines, le projet n’a finalement pas abouti… pour l’instant. Toutefois, le gouvernement français se concerte aujourd’hui afin d’envisager le passage des agglomérations à une vitesse maximale de 30 km/h, sur tout le territoire. Actu-Moteurs, France : Vers un passage à 30 km/h dans toutes les agglomérations ? | Actu-Moteurs.com
  • On leur a proposé de se rendre à l’aire située sur le boulevard de l’Atlantique, qui dispose de sanitaires. Ils ont refusé. Ils savent fort bien que nous ne sommes pas dans les clous en ce qui concerne les aires de grand passage. Ils en jouent. , Dans la Manche, les aires de grand passage pour les gens du voyage sont très attendues | La Presse de la Manche
  • Le passage sous le pont SNCF de Monclar a été partiellement fermé à la circulation depuis quelques semaines. Il s’agit de remplacer une canalisation d’eau potable, jusqu’à la Maison pour Tous de Champfleury. , Environnement | Avignon : le passage sous le pont SNCF de Monclar partiellement fermé à la circulation
  • La SNCF va procéder à des travaux du 10 au 31 août, entraînant la fermeture du passage à niveau des Quatre Tours à Velaux entre le 10 et le 21 août. Une déviation des véhicules sera mise en place par le parc d’activités du Grand Pont. Les piétons devront emprunter le passage sous voie à côté du gymnase Roger Couderc www.maritima.info, Département - Vie des communes - Velaux : le passage à niveau des quatre Tours fermé pour travaux à partir du 10 août - Maritima.Info
  • Pour 2020, la Métropole a dû revoir ses plans, du fait de la crise sanitaire, car « du fait de la crise sanitaire, il ne devrait pas y avoir de grand passage pour cette année, en raison du contexte sanitaire », confirme Julie Escudier. , Gens du voyage. Toulouse : deux aires de grand passage permanentes seront installées dans la Métropole | Actu Toulouse
  • Cela ne passera pas au Sénat avant octobre et ensuite, il y aura une commission mixte paritaire et ensuite, il y aura de nouvelles lectures. Donc le texte n'est pas adopté au mieux avant la fin de l'année. La question, c'est pourquoi le passer au cœur de l'été, alors qu'on risque d'avoir effectivement beaucoup de collègues qui sont absents, alors que la liberté de manifestation est encore encadrée en ce moment, puisqu'on est toujours sur un régime particulier. Donc, on voit bien qu'il y a une volonté de passage en catimini et c'est dommage pour un sujet qui est important. Franceinfo, Loi bioéthique : "Il y a une volonté de passage en catimini", dénonce le député Les Républicains Xavier Breton
  • Il y a du rififi à Cléder, commune littorale du Léon. Objet : le passage du public au niveau du GR 34 du camping de Roguennic. Un camping dont les terrains appartiennent à la commune mais qui sont loués par un bail emphytéotique aux gérants privés et dont une partie, le GR34, est gérée par les services de l’État. Le Telegramme, Rififi autour du passage du GR34 sur le camping de Roguennic - Morlaix - Le Télégramme
  • L’identité de l’heureux gagnant reste secrète. On sait seulement qu’il s’agit d’un joueur occasionnel de passage avec sa famille, et qu’il est allé retirer discrètement son chèque le 16 juillet, au centre de paiement de l’agence Auvergne FDJ à Clermont-Ferrand. www.lamontagne.fr, Un joueur occasionnel de passage à Gannat (Allier) gagne 50.000 euros pour une mise de 1 euro au jeu de grattage - Gannat (03800)
  • Les quatre personnes portées disparues se trouvaient dans ce même Etat, touché par de fortes pluies ces dernières 48 heures. Plus d'un millier de Mexicains restent hébergés dans des abris temporaires après le passage d'Hanna, premier ouragan de l'année 2020 sur la côte Atlantique. , Mexique : Deux morts et quatre disparus après le passage de la tempête Hanna
  • Le passage clouté est le haut lieu de la tendresse municipale. De France Quéré / Au fil de l'autre
  • La joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection. De Baruch Spinoza / L’Ethique
  • Il n'y a que les usuriers pour jouir du passage du temps. De Valeriu Butulescu / Aphorismes
  • Même le temps n’est pas insensible à son propre passage. De David Mitchell / Ecrits fantômes
  • La mort n'est qu'un rite de passage. De Claude-Gérard Sarrazin / Phosphoros
  • Qui marche dans la neige ne peut pas cacher son passage. De Proverbe chinois
  • L'important c'est de n'être que de passage. De Eugène Dabit
  • La vie c’est le passage. Dire qu’elle est passage revient à dire qu’elle est action. De Gaston Berger / Encyclopédie française XX, 20.02.7.
  • Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs. De Michel de Montaigne
  • La politique est un passage obligé pour changer une société. De Mario Vargas Llosa / Entretien avec Catherine Argand - Février 1995
  • Nous sommes des oiseaux de passage, demain nous serons loin. De Proverbe tzigane
  • Au fou et au vent il faut livrer passage. De Proverbe espagnol
  • Une pensée est une idée de passage. De Pythagore
  • Les hommes sont des oiseaux de passage. De William Shakespeare
  • Vie : passage sur terre. Mort : passage sous terre. De Jicka
  • Je ne peins pas l'être. Je peins le passage. Michel Eyquem de Montaigne, Essais, III, 2

Traductions du mot « passage »

Langue Traduction
Corse passaghju
Basque pasabidea
Japonais 通路
Russe прохождение
Portugais passagem
Arabe الممر
Chinois 通道
Allemand passage
Italien passaggio
Espagnol paso
Anglais passage
Source : Google Translate API

Synonymes de « passage »

Source : synonymes de passage sur lebonsynonyme.fr

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