Galerie : définition de galerie


Galerie : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

GALERIE, subst. fém.

I.
A. −
1. Pièce intérieure ou extérieure (d'un appartement, d'un bâtiment), beaucoup plus longue que large et qui sert de passage, de dégagement ou qui permet de mettre en communication plusieurs pièces d'un même étage. Synon. couloir, corridor, balcon, loggia, véranda.Au premier étage s'étendait une galerie de bois à vieux balustres fendillés dans lesquels s'entortillaient les sarments de la vigne (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1836, p. 134).Dans la galerie vitrée ouvrant sur le jardin (...) les deux chaises du maître et de l'élève préparées, attendaient la leçon prochaine (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 453).À travers une galerie vaste et nue, (...) M. de Brécé conduisit l'avocat (...) dans la salle où le duc Guy (...) avait établi la bibliothèque (A. France, Anneau améth.,1899, p. 69).
En partic., ARCHIT. Passage de service (intérieur ou extérieur) généralement étroit, pris dans l'épaisseur des murs ou en surplomb, muni d'arcatures portées par des colonnes ou éclairé par de petites fenêtres. Sa triste et sévère façade [d'un château] présentait une courtine portant une galerie à mâchicoulis, denticulée et couverte (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 63).Une colonnade à fûts robustes soutient toute la construction [du Palais des Doges à Venise] et est surmontée d'un second rang de colonnes plus légères, formant une galerie trilobée et à jour (Ménard, Hist. B.-A., 1882, p. 37) :
1. À Notre-Dame de Paris, la façade (...) présente, au-dessus des trois portails, une première galerie (...) dont les entre-colonnements sont remplis de statues colossales des rois de Juda. Cette galerie est un véritable portique couvert par un plafond de dalles épaisses. Au-dessus est la galerie de la Vierge, sous la rose; celle-ci est découverte et n'est qu'une terrasse munie d'une balustrade. Une troisième galerie, en manière de portique très-svelte et très-riche, ceint la base des deux tours et les réunit. Viollet1875, p. 8.
SYNT. Galerie circulaire, extérieure, intérieure; galerie allongée, étroite, haute; galerie inférieure, supérieure; galerie ajourée; galerie à colonnades; galerie à/en arcades, à colonnes; galerie des Rois (de Notre-Dame de Paris).
Tribune située derrière les formerets des voûtes et qui surmonte les bas-côtés et l'abside d'une église. Synon. triforium.Galerie annulaire, de circulation. L'abside de la basilique des saints Jean et Paul, à Rome, présente (...) une galerie à jour, formée d'arcades portées par des colonnes (Lenoir, Archit. monast.,1852, p. 148).MAR., vx. Balcon en saillie à la poupe d'un navire. Mod. ,,Passage étroit ménagé dans toute la longueur de l'entrepont, entre la muraille intérieure du bâtiment et une cloison`` (Bouillet, 1859). On doit (...) figurer sur le plan de formes [d'un navire de guerre :] (...) Les amorces de mâts (...) La galerie du commandant, promenoir extérieur pouvant servir d'observatoire au commandant (Croneau, Constr. nav. guerre, t. I, 1892, p. 22).
2.
a) Salle vaste, beaucoup plus longue que large, richement décorée qui sert de promenoir et de lieu de réception. Aux fêtes de Versailles, les bijoux des courtisans scintillent à l'envi aux mille lumières de la Galerie des Glaces (Metta, Pierres préc.,1960, p. 10).
b) Salle où se trouvent réunies des collections (de tableaux, d'objets d'art); salle aménagée pour une exposition. Galerie des machines (à l'Exposition de 1889); galerie du muséum. Dans la grande galerie [du Louvre], admiré les Rubens. La figure de la Victoire en pleurs dans l'avant-dernier tableau (Delacroix, Journal,1849, p. 294).Ils ont [les impressionnistes] sauf de rares exceptions, exposé toujours à l'écart, dans des galeries particulières où un public restreint les connut (Mauclair, Maîtres impressionn.,1904, p. 4) :
2. ... il y a une logique totale du tableau ou du spectacle, une cohérence éprouvée des couleurs, des formes spatiales et du sens de l'objet. Un tableau dans une galerie de peinture, vu à la distance convenable, a son éclairage intérieur qui donne à chacune des taches de couleurs non seulement sa valeur colorante, mais encore une certaine valeur représentative. Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 361.
P. ext. Magasin où sont exposées, pour être vendues, des œuvres d'art. Galerie d'art, de peinture, de sculpture. Il avait inventé le coup de l'Américain, le tableau unique caché au fond d'une galerie (...) le tableau dont il ne voulait même pas dire le prix (...) et qu'il vendait (...) deux ou trois cent mille francs à un marchand de porcs de New-York (Zola, Œuvre,1886, p. 359).Exposées dans quelques galeries, (...) vendues directement à des amateurs en majorité étrangers, ces vastes séries d'œuvres [des impressionnistes] ont été pour ainsi dire ignorées du public français (Mauclair, Maîtres impressionn.,1904, p. 4).
P. méton. Réunion d'objets exposés. Synon. collection.Galerie de peinture, de tableaux, de médailles. Il y aura de bons vins, et je compte sur ma galerie pour vous compenser l'ennui qu'un artiste comme vous pourra éprouver parmi des négociants (Balzac, P. Grassou,1840, p. 456).Je visitai les galeries d'histoire naturelle en compagnie d'un des conservateurs qui me décrivait les zoolithes (A. France, Jard. Épicure,1895, p. 126).
En partic. Collection ou recueil de portraits de personnages célèbres (d'une même époque, d'un même pays, d'une même profession). Galerie des hommes célèbres, des orateurs (Ac.). Daumier entreprit une galerie satirique de portraits (Baudel., Œuvres compl., Crit. artistique, Paris, Gallimard, 1961 [1857], p. 1002).
Galerie d'ancêtres. Suite de portraits littéraires. Brantôme qui faisait une galerie des Dames illustres françaises et étrangères, après y avoir fait entrer Marie Stuart, avait pensé à y mettre Marguerite comme un autre exemple des injustices et des inclémences de la fortune (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 6, 1852, p. 183).J'étais sous le charme de cette vaste galerie de portraits d'après nature, que vous avez publiés sous le titre de Mémoires d'un seigneur russe (Sand, Impress. et souv.,1873, p. 297).
3. Passage couvert (réservé à la circulation piétonnière) aménagé à l'intérieur d'îlots bâtis, autour de jardins intérieurs ou longeant une voie urbaine et bordé ou non de magasins. Synon. arcade.Galerie Montmartre, du Palais-Royal, Vivienne. Je venais d'acheter [un bouquin] (...) aux étalages de l'ami Vaillant, sous les galeries (Arène, Veine argile,1896, p. 128).Il fit cinq ou six tours sous les galeries éteintes et désertes de l'Odéon, descendit les degrés dans la nuit et prit la rue de Médicis (A. France, Hist. comique,1903, p. 33).Je voyais le toit en dos d'âne d'une galerie couverte qui menait du petit au grand lycée (Green, Journal,1943, p. 79).
Galerie marchande. Allée centrale d'un centre commercial (Giov. 1971).
C'est/ce sont ses galeries (vieilli). Lieux habituellement fréquentés par quelqu'un; parcours qu'une personne a coutume de faire. Aller de Paris à St Cloud, ce sont ses galeries (Ac.1835, 1878).Il est encore (...) à traîner ses guêtres dans quelque guinche à la barrière de Vincennes; c'est ses galeries ([L'Héritier], Suppl. Mém. Vidocq., t. 2,1830, p. 213).
En partic. Galerie forestière. Voûte forestière formée par des arbres et des lianes longeant les cours d'eau allogènes des milieux non forestiers, des savanes (d'apr. George 1970). Synon. forêt-galerie.Parmi les grands arbres de la galerie forestière (...) un prodigieux pandanus, extraordinairement ramifié (Gide, Retour Tchad,1928, p. 998).
B. −
1. HIST. Allée longue et couverte qui bordait l'un des côtés des terrains des jeux de paume et où se tenaient les spectateurs; p. méton. les spectateurs eux-mêmes. Galerie d'un jeu de paume; faire juger un coup sous/par la galerie (Ac.).
Vieilli. Faire galerie. Regarder, être un témoin passif. Rabourdin était allé se confiner dans un salon voisin où l'on jouait, et il resta planté sur ses pieds à faire galerie (Balzac, Employés,1837, p. 209).Ne vaudrait-il pas mieux, loin de leur parlerie, N'être absolument rien et faire galerie? (Pommier, Colères,1844, p. 119).
P. ext. et fam. Ensemble indéterminé de personnes considérées comme spectateurs. Synon. monde, public.Étonner, impressionner la galerie; faire des effets (de qqc.) devant la galerie. Des loustics d'atelier (...) faisaient sourire la galerie en disant un mot plaisant sur la grimace de chaque cadavre (Zola, T. Raquin,1867, p. 84).Il amusait la galerie de ses gasconnades (A. Daudet, N. Roumestan,1881, p. 116).Dans ce métier où l'éloquence occupe la galerie, mais où l'entregent fait le reste, il n'y a pas de petites tâches (H. Bazin, Qui j'ose aimer,1956, p. 109).
Pour la galerie. Pour faire illusion, pour impressionner. Les orphelines ne posent pas pour la galerie, elles ravaudent tranquillement (Huysmans, Art mod.,1883, p. 168).Un romancier (...) me chuchota : « Quel vilain temps! » avec l'attitude et la figure − soignées pour la galerie − d'un homme qui pantèle au bord de l'extase (Colette, Cl. ménage,1902, p. 136) :
3. ... quelle tête aurai-je quand je sortirai enfin de ma solitude d'Aix-en-Provence (...) arborerai-je enfin mon véritable visage, non plus de bagarreur ou de casseur d'assiettes pour la galerie, mais de ce contemplatif que je n'ai jamais cessé d'être... Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 185.
2. En partic.
a) Balcon en encorbellement, à plusieurs rangs de spectateurs, sur le pourtour d'une salle de théâtre. Première, deuxième, troisième galerie. En haut (...) à la troisième galerie, autour de la rotonde du plafond (...) des appels et des rires sortaient d'un brouhaha continu de voix (Zola, Nana,1880, p. 1095).Vous donneriez cent sous pour trouver un col de chemise, du dixième rang de fauteuils à la deuxième galerie! (Colette, Vagab.,1910, p. 8).
b) P. méton.
Place (dans une salle de spectacle) située dans une des galeries; billet donnant droit à cette place. Elle (...) a pris au bureau une deuxième galerie; j'ai été obligé de la suivre en donnant au contrôleur ma première galerie pour une deuxième (Nerval, Voy. Orient, t. 1, 1851, p. 41).
L'ensemble des spectateurs occupant les dernières galeries. Quand il [Shakespeare] avait produit à la représentation l'effet qu'il s'était promis, quand la galerie surtout était satisfaite, il est probable qu'il ne s'inquiétait plus de l'opinion des puristes (Delacroix, Journal,1860, p. 274).Papa s'était dressé (...) « Je ne comprends pas (...) qu'un théâtre honorable joue de pareilles ordures! » Il y eut des rafales de cris, et, bientôt, de hurlements. « Va-t-en! » clamaient les galeries (Duhamel, Notaire Havre,1933, p. 122).
C. − Domaines techniques
1. Accessoire fixé sur le toit d'un véhicule afin de permettre le transport des bagages, de charges encombrantes. Galerie de toit, d'automobile. Il ne passe que des maraudeurs infâmes, ou des bagnoles à galerie (Colette, Ingénue libert.,1909, p. 240).
2.
a) Ornement en relief, au bord d'un meuble, d'une étoffe, etc. Châle, guéridon, lit à galerie. Le reste du mobilier était appareillé, une armoire à portes pleines et à colonnes, une commode à marbre blanc cerclé d'une galerie (Zola, Dr Pascal,1893, p. 30).
b) Bande de cuivre ou de bronze, devant le foyer d'une cheminée (d'apr. Jossier 1881).
c) Bordure placée dans le bassin d'un plat et destinée à maintenir les garnitures dressées autour de la pièce principale (d'apr. Mont. 1967).
II.
A. − Passage creusé par l'homme ou certains animaux. Galerie d'écoulement, d'aération; galerie larvaire, de ponte, de mulot. Lorsque la nappe [d'eau] est facilement accessible à flanc de coteau, (...) il est alors plus économique de construire une galerie que de forer un grand nombre de puits pour atteindre la nappe alluviale (Colas-Cab. 1968) :
4. L'égout a pris aujourd'hui un certain aspect officiel. Les rapports mêmes de police dont il est quelquefois l'objet ne lui manquent plus de respect. Les mots qui le caractérisent dans le langage administratif sont relevés et dignes. Ce qu'on appelait boyau, on l'appelle galerie; (...) on a construit tous les ans huit et même dix mille mètres de galeries, en maçonnerie de petits matériaux à bain de chaux hydraulique sur fondation de béton. Hugo, Misér., t. 2, 1862, pp. 522-527.
B. − Spécialement
1. MINES. Passage, conduit souterrain (muraillé ou boisé) pour l'exploitation des mines. La section complète d'une galerie muraillée comprend (...) deux piédroits (...) on les recouvre d'une voûte en plein cintre. Un radier (...) les réunit (Haton de La Goupillière, Exploitation mines,1905, p. 687) :
5. Les ouvriers se séparaient, se perdaient par groupes, au fond de ces trous noirs. Une quinzaine venait de s'engager dans celui de gauche (...). C'était une belle galerie de roulage, à travers banc, et d'un roc si solide, qu'elle avait eu besoin seulement d'être muraillée en partie. Zola, Germinal,1885, p. 1401.
SYNT. Galerie d'accès, d'allongement, chassante, de direction, d'épuisement, latérale, principale, de traçage, transversale, de retour; creuser, ouvrir une galerie; plafond, sol de la galerie.
P. méton. Équipe de mineurs travaillant dans une galerie. Sa galerie bientôt fut en avance sur les autres, il s'y battait contre la houille d'un élan si farouche, qu'on entendait monter du boyau le souffle grondant de sa poitrine (Zola, Germinal,1885p. 1553).
2. GÉNIE MILIT. ,,Conduit souterrain servant à l'attaque et à la défense des places`` (Bach.-Dez., 1882). Le boulevard était miné; c'est-à-dire que les Anglais avaient creusé en dessous des galeries dont ils avaient ensuite incendié les étais (A. France, J. d'Arc., t. 1, 1908, p. 144).
REM.
Galérienne, subst. fém.Sous les sombres galeries qui bordent (...) la salle de danse du Casino, se tiennent volontiers des femmes grasses et maquillées (...). On les appelle galériennes, parce qu'elles font galerie. Assises sur des banquettes (...) elles attendent (...) le visiteur (Rigaud, Dict. arg. mod.,1881, p. 187).
Prononc. et Orth. : [galʀi]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1316 « porche d'église » (doc. ds V. Mortet, Expertise de la cathédrale de Chartres en 1316, p. 8 ds IGLF), seulement m. fr.; 2. 1331 « long passage couvert servant à la circulation, à l'intérieur ou à l'extérieur d'un bâtiment » (L. Delisle, Actes normands, p. 29 ds IGLF); 3. 1501 galleries (du Hourt) « sortes de loges d'avant-scène (au théâtre) » (Le Livre de conduite du Régisseur et le Compte des dépenses pour le Myst. de la Passion joué à Mons en 1501, éd. G. Cohen, p. 469); 4. 1626 « passage enterré ou souterrain » (D'Aubigné, Hist. univ., III, 320 ds Littré). Empr. au lat. médiév. du domaine ital.galeria (dep. ixes., Anastase le Bibliothécaire ds Du Cange, dans un cont. profane; 1031, ibid., dans un cont. eccl.), issu par dissimilation ou par changement de suff. de galilaea « porche d'église de monastère » (nombreux ex. ds Du Cange), emploi fig. de Galilaea, « Galilée » : cette région était considérée dans l'Écriture comme le pays des Gentils par opposition à la Judée, patrie du peuple élu; de même le porche de l'église était l'endroit où se pressait le peuple à convertir par opposition à l'église elle-même. V. Cor.; DEAF, s.v. galilée; P. Gardette ds R. Ling. rom. t. 18, pp. 112-115. Fréq. abs. littér. : 2 601. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 3 832, b) 4 421; xxes. : a) 5 110, b) 2 348. Bbg. Archit. 1972, p. 35, 153, 212. - Hope 1971, p. 40. - Rommel, 1954, p. 24, 62, 69.

Galerie : définition du Wiktionnaire

Nom commun

galerie \ɡal.ʁi\ féminin

  1. Partie extérieure d’un bâtiment beaucoup plus longue que large, où l’on peut se promener à couvert.
    • Se promener dans une galerie, une galerie vitrée.
  2. (Construction) Vestibule, couloir spacieux courant le long des pièces d’un appartement.
    • Une galerie régnait tout le long des pièces.
    • Mais la porte de ce salon était fermée, et il fallait, pour y entrer, passer par une petite galerie assez obscure. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, XX. La danse, 1748)
    • Quand on a vu les offices et les cuisines, l'escalier suspendu du temps d'Henri IV vous conduit aux vastes appartements des premières galeries... — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854)
  3. (Spécialement) Salle de palais, de musée, plus longue que large où se trouvent exposées des collections de tableaux et d’œuvres d’art.
    • La grande galerie du Musée du Louvre.
    • La galerie des offices de Florence.
  4. (Par extension) Cette collection même de tableaux que la galerie renferme.
    • Galerie de tableaux.
    • La galerie d’un négociant en peintures.
  5. (Figuré) Suite, collection de portraits représentant des personnages célèbres qui appartiennent à une même profession, à une même famille, à une même époque.
    • La galerie des hommes célèbres du XXe siècle.
    • La galerie des orateurs, des peintres.
  6. (Par extension) (Histoire) Recueil de portraits littéraires et moraux.
    • Les lundis de Sainte-Beuve sont une galerie étonnamment variée.
  7. (Jeu de paume) Espèce d’allée longue et couverte d’où l’on regarde les joueurs.
  8. (Par extension) Les spectateurs mêmes qui s’y trouvent, ou assistent à une partie de jeu.
    • Faire juger un coup par la galerie.
    • La galerie l’acclama.
  9. (Par extension) Ensemble des spectateurs entourant une partie de boules.
    • La galerie, composée en majeure partie de Méridionaux, est bavarde au suprême degré. Les plaisanteries marseillaises et le parfum de l’ail y sont à l’ordre du jour. Quand une boule s’écarte de la direction, il se trouve toujours quelqu’un pour dire qu'elle va à couryoure (Collioure, sans doute), et, dès que le jeu languit, quelque ancien militaire au chapeau luisant, à la pipe culottée, grasseye du fond de sa gorge rude la fameuse invitation provençale : Rrrroulez, les guerriers ! — (Paul Féval, Les joueurs de boule, La Sylphide, 20 octobre 1851, page 172)
    • On ne conçoit pas davantage une partie de boules sans galerie qu’une représentation théâtrale sans public. — (Armand Vidal, Dictionnaire du jeu de boules, Jeanne Lafitte, 1990)
  10. (Figuré) (Familier) Société d’un groupe de personnes dont on attend le jugement. — Note : Ce sens est hérité de la pratique du jeu de paume.
    • Je ne me soucie pas d’amuser la galerie.
    • Parler pour la galerie. Étonner la galerie.
  11. (Théâtre) (Au pluriel) Sorte de balcon en encorbellement qui est destiné à recevoir chacun deux ou plusieurs rangs de spectateurs.
    • Le succès lui venant du public des galeries, c'était à lui qu'elle s'adressait. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
  12. (Architecture) Tribune continue, avec balustrade, dans le pourtour intérieur d'une église.
  13. (Marine) (Désuet) Sorte de balcon découvert qui était autour de la poupe d’un navire.
    • Comme le lieutenant le lui avait ordonné, il se rendit sur la galerie et s’accota solidement contre la balustrade, […] — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 230 de l’éd. de 1921)
    • Les vaisseaux à trois ponts ont deux galeries.
  14. (Architecture) Travail que faisaient les assiégeants dans le fossé d’une place assiégée, pour aller à couvert du feu au pied de la muraille.
    • Faire une galerie dans le fossé. — Se servir de madriers pour faire une galerie.
  15. (Par extension) (Militaire) Ensemble des travaux couverts destinés à s’approcher de l’ennemi.
  16. (Par extension) (Québec) Bâtiments commerciaux longiformes où des boutiques bordent une allée.
    • Il ne fait jamais de fautes de français, même quand il demande un hamburger all-dressed pas de relish à la waitress de la luncheonette du Dominion Supermarket des Galeries d'Anjou. — (Réjean Ducharme, L'hiver de force, Gallimard, 1973, p. 110)
  17. (Mines) Route que les mineurs pratiquent sous terre pour découvrir les filons et en détacher le produit à extraire.
    • Forer des carottes dans le roc, en analyser les teneurs, placer des bâtons de cheddite au fond de la galerie, les faire sauter, faire sauter toute la montagne [...] — (Michel Goeldlin, Panne de cerveau, Éditions Alban, 2004, page 220)
  18. Passage souterrain voûté pour l’écoulement des eaux.
  19. (France) (Automobile) Dispositif qui se fixe sur le toit d'une voiture et qui est destiné à y fixer des bagages.
    • Les valises et les skis sont attachés sur la galerie.
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Galerie : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GALERIE. n. f.
Partie extérieure d'un bâtiment beaucoup plus longue que large, où l'on peut se promener à couvert. Se promener dans une galerie. Galerie vitrée. Il se dit aussi d'un Vestibule, d'un couloir spacieux courant le long des pièces d'un appartement. Une galerie régnait tout le long des pièces. Il se dit spécialement des Salles de palais, de musées, plus longues que larges où se trouvent exposées des collections de tableaux et d'œuvres d'art. Il se dit aussi de la Collection même de tableaux que la galerie renferme. Galerie de tableaux. La grande Galerie du Musée du Louvre. La galerie des Offices de Florence. La galerie du Vatican. Par extension, La galerie d'un amateur. Il se dit aussi, figurément, d'une Suite, d'une collection de portraits représentant des personnages célèbres qui appartiennent à une même profession à une même famille, à un même temps. Galerie des hommes célèbres de tel siècle. Galerie des orateurs, des peintres. Par extension, il désigne en Histoire littéraire un Recueil de portraits littéraires et moraux. Les Lundis de Sainte-Beuve sont une galerie étonnamment variée. Il se dit, dans un Jeu de paume, de l'Espèce d'allée longue et couverte d'où l'on regarde les joueurs et, par extension, des Spectateurs mêmes qui s'y trouvent, ou encore de Ceux qui assistent à quelque partie de jeu que ce soit. Faire juger un coup par la galerie. La galerie l'acclama. Il se dit encore, figurément et familièrement, de la Société d'un groupe de personnes dont on attend le jugement. Je ne me soucie point d'amuser la galerie. Parler pour la galerie. Étonner la galerie. En termes de Théâtre, il se dit de ces Sortes de balcons en encorbellement qui sont destinés à recevoir chacun deux ou plusieurs rangs de spectateurs. Dans ce sens, il se met ordinairement au pluriel. Premières galeries. Secondes galeries. Galerie d'église, Espèce de tribune continue, avec balustrade, dans le pourtour de l'église. En termes de Marine, il se disait d'une Sorte de balcon découvert qui était autour de la poupe d'un vaisseau. Les vaisseaux à trois ponts ont deux galeries. En termes de Fortifications, il se disait du Travail que faisaient les assiégeants dans le fossé d'une place assiégée, pour aller à couvert du feu au pied de la muraille. Faire une galerie dans le fossé. Se servir de madriers pour faire une galerie. Dans ce sens, il se dit également, en termes militaires, de Tous les travaux couverts destinés à s'approcher de l'ennemi. Il se dit également, en termes de Mines, d'une Route que les ouvriers pratiquent sous terre pour découvrir les filons et en détacher le produit à extraire. Il désigne encore un Passage souterrain voûté pour l'écoulement des eaux.

Galerie : définition du Littré (1872-1877)

GALERIE (ga-le-rie) s. f.
  • 1Lieu d'une maison qui est couvert et qui est propre à la promenade. Allez l'entretenir dans cette galerie, Corneille, Cid. I, 5. Un petit cabinet qui joint la galerie, Mairet, Soliman, III, 2. Rien n'est égal à la beauté de cette galerie de Versailles ; cette sorte de royale beauté est unique dans le monde, Sévigné, 15 avr. 1685.

    Familièrement. Ce sont ses galeries, se dit du lieu où une personne se promène souvent. [Le cygne et l'oison] Des fossés du jardin faisant leurs galeries, Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur l'onde…, La Fontaine, Fabl. III, 12.

  • 2Corridor ou allée qui sert à la communication et au dégagement des appartements. Cette chambre se dégage par une petite galerie.
  • 3Galerie de tableaux, de peintures, galerie où on a réuni une collection de tableaux. La galerie du Louvre.

    La collection même de ces tableaux. C'est une immense collection que la galerie de Florence, Staël, Corinne, XVIII, 4.

    Fig. Collection de portraits, de statues ou de bustes représentant des personnages célèbres. Une galerie de poëtes, de rois. La galerie des rois dans la façade de Notre-Dame à Paris.

  • 4Galerie où l'on a réuni des objets d'histoire naturelle. Les galeries du muséum. Le palais des sciences dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d'instruments de mathématiques et de physique, Voltaire, Candide, 18.
  • 5Dans un jeu de paume, allée longue et couverte d'où l'on regarde les joueurs.

    Les personnes qui regardent jouer à la paume.

    Par extension, toute réunion de personnes qui en regardent d'autres jouer, à quelque jeu que ce soit. La galerie qui entoure une table d'écarté. La galerie est nombreuse. Je m'en rapporte à la galerie : parlez, messieurs, Picard, Les deux Philibert, III, 13.

    On dit aussi en ce sens : faire galerie.

    Fig. et familièrement. Le monde, les hommes considérés comme assistants. On doit faire le bien sans s'inquiéter de la galerie.

  • 6Dans les théâtres, balcon en encorbellement, avec un ou deux rangs de banquettes.
  • 7Galerie d'église, espèce de tribune, avec balustrade, dans le pourtour de l'église.
  • 8 Terme de marine. Espèce de corridor libre ménagé dans toute la longueur de l'entre-pont.

    Nom donné à des balcons saillants, hors du bordage, vers l'arrière.

    Fausse galerie, ouvrage de menuiserie sculpté, qui décore l'arrière et les côtés extrêmes de certains bâtiments.

  • 9 Terme de fortification. Passage couvert de tous côtés à l'aide de bonnes planches à l'épreuve du mousquet, et qui permet à l'assiégeant de passer le fossé de la face du bastion lorsque l'artillerie du flanc opposé est démontée.

    Chemin horizontal ou peu incliné régnant dans l'intérieur des mines ou y conduisant du dehors, servant à l'attaque ou à la défense.

  • 10 Terme d'exploitation de mines. Route que les mineurs pratiquent sous terre pour découvrir les filons. Entraîner dans d'immenses galeries des forêts coupées en étais ; soutenir les voûtes de ces galeries, contre l'énorme pesanteur des terres qui tendent à enfouir sous leur chute les hommes avares et audacieux qui les ont construites, Raynal, Hist. phil. VI, 19.

    Il se dit aussi des issues pratiquées pour les eaux. Les mines de charbon les plus aisées à exploiter ne sont pas celles qui sont dans les plaines ou dans le fond des vallons ; ce sont au contraire celles qui gisent en montagne, et desquelles on peut tirer les eaux par les galeries latérales, Buffon, Min. t. II, p. 287, dans POUGENS.

  • 11 Terme de construction. Passage souterrain et voûté destiné à l'écoulement de l'eau.
  • 12Ornement en rebord à un meuble et même à une lampe.

    Bande de cuivre qui se met devant les cheminées entre les chenets.

  • 13Nom que les fondeurs donnent aux espaces séparés par des murs, sur lesquels on applique des plates-bandes de fer.

    Espace autour du moule.

  • 14 Terme de pêche. La galerie pour la pêche de la morue verte s'établit depuis les haubans du grand mât jusqu'au delà du mât d'artimon.

HISTORIQUE

XIVe s. Grant compaignie de Fabiens qui avoient attendu en la galerie de la court, Bercheure, f° 45, recto. Et entrerent jusques en galeries du temple, Bercheure, f° 56, verso.

XVe s. Tant qu'au logis en nostre hostellerie Feusmes venus en une gallerie, Christine de Pisan, Dit de Poissy.

XVIe s. Ce siege se fit pied à pied dans la grande secheresse du marais, premier endroit où on a pratiqué les galeries, D'Aubigné, Hist. III, 320.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

GALERIE.
12Ajoutez : Nous avons des maisons qui font des chatons à la mécanique, des galeries découpées pour l'ornementation, des tubes creux sans soudure, Journ. offic. 14 juin 1874, p. 4012, 2e col.
15 Terme de fabricant de châles. Galerie de châle, bordure haute qui règne tout le long du châle, Journ. offic. 11 mars 1872, p. 1743, 1re col. Châle à galerie, à riche galerie.
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Galerie : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

GALERIE, s. f. (Archit. & Hist.) c’est en Architecture un lieu beaucoup plus long que large, vouté ou plafonné, & fermé de croisées. Ducange dérive ce mot de galeria, qui signifie un appartement propre & bien orné. Du-moins, c’est de nos jours l’endroit d’un palais, que l’en s’attache le plus à rendre magnifique, & que l’on embellit davantage, surtout des richesses des beaux Arts ; comme de tableaux, de statues, de figures de bronze, de marbre, d’antiques, &c.

Il y a dans l’Europe des galeries fameuses par les seules peintures qui y sont adhérentes, & alors on désigne ces ouvrages pittoresques, par la galerie même qui en est décorée. Ainsi l’on dit, la galerie du palais Farnese, la galerie du Luxembourg, la galerie de Versailles, la galerie de Saint-Cloud. Tout le monde les connoît, nous n’en parlerons donc pas ici ; mais avec le secours de M. l’abbé Fraguier, (mém. de l’acad. des inscript. tome IX.) nous pouvons entretenir le lecteur de la galerie de Verrès, qui valoit bien celles dont on réimprime si souvent les descriptions. Le rival d’Hortensius signala sa jeunesse à en tracer le tableau, lorsqu’il accusa & convainquit le possesseur de cette galerie, de n’être qu’un voleur public. Le goût curieux de ce voleur public embrassoit les plus rares productions de l’art & de la nature ; il n’y avoit rien de trop beau pour lui ; sa maison étoit superbe, ses cours & ses jardins n’offroient que marbre & statues : mais ce qu’il avoit rassemblé de plus précieux par ses rapines, remplissoit sa galerie. Jouissons du spectacle qu’en donne Ciceron ; il entre dans un des objets les plus importans & les plus curieux de ce Dictionnaire, la connoissance des ouvrages de l’antiquité.

La statue de Jupiter étoit une des plus apparentes qu’on vît dans la galerie de Verrès ; elle représentoit Jupiter surnommé ΟΥΡΙΟΣ, le dispensateur des vents favorables. On ne connoissoit dans tout le monde que trois statues de Jupiter avec ce titre ; l’une étoit au Capitole, où Quintus Flaminius l’avoit consacrée des dépouilles de la Macédoine ; l’autre dans un ancien temple bâti à l’endroit le plus étroit du Bosphore de Thrace ; la troisieme avoit été apportée de Syracuse dans la galerie de Verrès.

La Diane de Ségeste n’étoit pas moins remarquable ; c’étoit une grande & belle statue de bronze. La déesse étoit voilée à la maniere des divinités du premier ordre, pedes vestis defluxit ad imos ; mais dans cette grande taille, & avec une draperie si majestueuse, on retrouvoit l’air & la legereté de la jeunesse. Elle portoit le carquois attaché sur l’épaule ; de la main droite elle tenoit son arc, & de la main gauche elle avoit un flambeau allumé. L’antiquité chargeoit de symboles les figures de ses dieux, pour en exprimer tous les différens attributs ; en quoi elle n’a peut-être pas eu toûjours assez d’égard au tout ensemble. Cette statue de toute antiquité, avoit appartenu à Ségeste, ville de Sicile fondée par Enée ; elle en étoit en même tems un des plus beaux ornemens, & la plus célebre dévotion ; les Carthaginois l’avoient enlevée. Quelques siecles s’étant écoulés, le jeune Scipion vainqueur de Carthage la rendit aux Ségestains : on la remit sur sa base avec une inscription en grands caracteres, qui marquoit & le bienfait & la piété de Scipion ; Verrès peu scrupuleux se l’appropria.

Deux statues de Cerès qu’on voyoit ensuite, étoient en ce genre l’élite de celles de tous les temples de la Sicile, où Verrès avoit commandé pendant trois ans ; l’une venoit de Catane, l’autre d’Enna, deux villes qui gravoient sur leurs monnoies la tête de Cerès. Celle de Catane avoit de tous tems été révérée dans l’obscurité d’un lieu saint, où les hommes n’entroient point ; les femmes & les filles étoient chargées d’y célebrer les mysteres de la déesse : la Cerès d’Enna étoit encore plus remarquable.

Mercure chez Verrès n’étoit que trop à sa place ; c’étoit celui-là même à qui les Tyndaritains offroient tous les ans des sacrifices reglés : la statue étoit d’un très-grand prix ; Scipion vainqueur de l’Afrique l’avoit rendue au culte de ses peuples ; Verres sans victoires, la leur enleva.

L’Apollon étoit revenu de même à ceux d’Agrigente ; il étoit dans leur temple d’Esculape. Myron, ce fameux statuaire si connu, y avoit épuisé tout son art ; & pour rendre son nom éternel, il l’avoit écrit sur l’une des cuisses en petits caracteres d’argent. On sent combien le nom de Myron, mis contre la défense dans quelque pli de cette statue, en rehaussoit le prix dans la fantaisie des curieux.

L’Hercule de Verrès étoit de la main du même artiste ; son Cupidon étoit de la main de Praxitele ; & Pline le met au rang des chefs-d’œuvre de ce grand maitre.

Auprès de ces divinités, on voyoit les Canéphores, qui avoient tant de part dans la pompe des fêtes athéniennes. On appelloit Canéphores à Athenes, comme on l’a dit sous ce mot, de jeunes filles, qui parées superbement, marchoient dans les processions solemnelles, portant sur leurs têtes & soûtenant avec leurs mains des corbeilles remplies de choses destinées au culte des dieux ; telles on voyoit celles-ci : c’étoient des figures de bronze, dont la beauté répondoit à l’habileté & à la réputation de Polyclete.

Je glisse sur l’Aristée, le Péon, & le Ténès, autres statues très précieuses qui se trouvoient dans cette riche galerie ; parce qu’au milieu des dieux de toute espece qui la décoroient, on admiroit encore davantage la Sapho de bronze de Silanion : rien de plus fini que cette statue ; c’étoit non un poëte, mais la Poésie ; non une femme passionnée, mais la passion en personne : Verrès l’avoit tirée du prytanée de Syracuse.

Quantité d’autres statues que l’orateur de Rome n’a pas décrites, ornoient la galerie de Verrès ; Scio, Samos, Perge, la Sicile, le monde entier, pour ainsi dire, avoient servi tous ses goûts. Cicéron prétend que la curiosité de Verrès avoit plus coûté de dieux à Syracuse, que la victoire de Marcellus n’y avoit coûté d’hommes.

Un morceau unique que j’oubliois de citer, & que Verrès ne montroit qu’à ses amis, c’étoit la statue du joüeur de lyre d’Aspende, dont la maniere de toucher cet instrument avoit fondé un proverbe parmi les Grecs.

Entre les raretés de goût d’un autre genre, que Verrès avoit en grand nombre dans sa galerie, on pourroit mettre plusieurs petites victoires, telles que nous les voyons dans les médailles sur la main des divinités : il y en avoit de toutes sortes d’endroits ; celles-ci avoient été tirées des statues de Cerès ; celles-là d’un ancien temple de Junon bâti sur le promontoire de Malte.

Un grand vase d’argent en forme de cruche, hydria, ornoit une magnifique table de bois de citre : ce grand vase étoit de la façon de Boéthus, carthaginois, dont Pline nous a transmis la gloire, avec la liste de ses principaux ouvrages. A côté de ce vase, on en voyoit un autre encore plus admirable ; c’étoit une seule pierre précieuse creusée avec une adresse & un travail prodigieux : cette piece venoit d’Orient ; elle étoit tombée entre les mains de Verrès, avec le riche candélabre dont nous parlerons dans la suite.

Il n’y avoit point alors en Sicile, disent les historiens, de maison un peu accommodée des biens de la fortune, qui n’eût son argenterie pour servir au culte des dieux domestiques ; elle consistoit en patenes de toutes grandeurs, soit pour les offrandes soit pour les libations, & en cassolettes à faire fumer l’encens. Tout cela prouvoit que les Arts dans la Sicile avoient été portés à un haut degré de perfection. Verres aidé de deux grecs qui s’étoient donnés à lui, l’un peintre, l’autre statuaire, avoit choisi parmi tant de richesses, ce qui convenoit le mieux pour l’ornement de sa galerie. Ici c’étoit des coupes de formes ovales, scaphia, chargées de figures en relief, & de pieces de rapport ; là c’étoit des vases de Corinthe poses sur des tables de marbre, soûtenues sur trois piés, à la maniere du sacré trépié de Delphes, & qu’on appelloit pour cela mensæ delphicæ.

Nous ne parlerons pas de plusieurs autres raretés de cette galerie, qui ne laissoient pas que de l’embellir ; comme de cuirasses, de casques, de grandes urnes d’airain de Corinthe ciselé ; des dents d’éléphans d’une grandeur incroyable, sur lesquelles on lisoit en caracteres puniques, que le roi Massinissa les avoit renvoyées à Malte au temple de Junon, d’où le général de la flotte les avoit enlevées : on y trouvoit jusqu’à l’équipage du cheval qui avoit appartenu au roi Hiéron. A côté de cet équipage, deux petits chevaux d’argent placés sur deux pié-d’estaux, offroient un nouveau spectacle aux yeux des connoisseurs.

Quoique les vases d’or que Verrès avoit semés dans sa galerie en très-grand nombre, fussent modernes, il avoit sçû les rendre & plus beaux & aussi respectables que l’antique ; il avoit établi à Syracuse, dans l’ancien palais des rois, un grand attelier d’orfevrerie, où pendant huit mois, tous les ouvriers qui ont rapport à cet art, soit pour dessiner les vases, soit pour y ajoûter des ornemens, travailloient continuellement pour Verrès, & ne travailloient qu’en or.

Toutes les tapisseries de cette galerie étoient rehaussées de ce métal dont la mode venoit d’Attalus, roi de Pergame ; le reste des meubles y répondoit : la pourpre de Tyr y éclatoit de tous côtés. Verres pendant le tems de son gouvernement, avoit établi dans les meilleures villes de Sicile, & à Malte, des manufactures ou l’on ne travailloit qu’à ses meubles : toutes les laines étoient teintes en pourpre. Il fournissoit la matiere, dit Cicéron ; la façon ne lui coûtoit rien.

Outre quantité de tableaux très-précieux qu’il avoit tirés du temple de Minerve à Syracuse, pour sa galerie, il y avoit placé vingt-sept portraits des anciens rois de Sicile, rangés par ordre, & qu’il avoit aussi tirés du même temple.

La porte de la galerie étoit richement historiée ; Verres dépouilla pour son usage celle du temple de Minerve à Syracuse, la plus belle porte qui fut à aucun temple : plusieurs auteurs grecs en ont parlé dans leurs écrits ; & tous conviennent que c’étoit une merveille de l’art. Elle étoit décorée d’une maniere également convenable & au temple de la déesse des Beaux-Arts, & à une galerie qui renfermoit ce que les Beaux Arts avoient produit. Verres avoit enlevé des portes du même temple, de gros clous dont les têtes étoient d’or, bullas aureas, & en avoit orné la porte de sa galerie.

A côte de la porte, on trouvoit deux très-grandes statues, que Verrèsavoit enlevées du temple de Junon à Samos ; elles pouvoient être d’un Théodore de Samos, habile peintre & statuaire, dont parle Pline, & dont Platon fait mention en quelque endroit.

Enfin la galerie étoit éclairée par plusieurs lustres de bronze, mais sur-tout par un candélabre merveilleux, que deux princes d’Orient avoient destiné au temple de Jupiter Capitolin. Comme ce temple avoit été brûlé par le feu du ciel, & que Q. Catulus le faisoit réédifier plus superbe qu’auparavant, les deux princes voulurent attendre qu’il fût achevé de bâtir, pour y consacrer leur offrande ; un des deux, qui étoit chargé du candélabre, passa par la Sicile pour regagner la Comagene. Verres commandoit en Sicile : il vit le candélabre ; il l’admira, il l’emprunta, il le garda : c’étoit un présent digne & des princes qui le vouloient offrir au temple de Jupiter, & de ce temple même, le lieu de toute la terre le plus auguste, si l’on en excepte le temple du vrai Dieu.

Telles étoient les richesses de la galerie de Verrès. Cependant quelque curieuse, quelque magnifique qu’elle fût, ce n’étoit ni la seule, ni vraissemblablement la plus belle qu’il y eût à Rome. Personne n’ignore que dès que les conquêtes des Romains eurent exposé à leurs yeux ce que l’Asie, la Macédoine, l’Achaïe, la Béotie, la Sicile, & Corinthe, avoient de beaux ouvrages de l’art ; ce spectacle leur inspira l’amour passionné de ce genre de magnificence : ce fut à qui en orneroit le plus ses maisons à la ville & à la campagne. Le moyen le moins criminel qu’ils mirent en œuvre, fut d’acheter à vil prix des choses qui n’avoient point de prix : le gouvernement des pays conquis leur en offroit l’occasion ; l’avidité des uns enlevoit tout, sans qu’il fût question de payement ; les autres plus mesurés dans leurs démarches, sous des prétextes plausibles, empruntoient des villes ou des particuliers ce que ces particuliers & ces villes possédoient de plus exquis ; & si quelqu’un avoit le soin de le leur restituer, la plûpart se l’approprioient.

Mais enfin quoique les Romains ayent orné leurs palais de tous les précieux ouvrages de la Grece, ils n’eurent en partage ni le goût ni la noble émulation qui avoit animé les Grecs ; ils ne s’appliquerent point comme eux à l’etude des mêmes Arts dont ils admiroient les productions ; & nous le prouverons invinciblement quand il s’agira de parler des Grecs, de leurs talens, & de leur génie. Voyez ci-après l’article Grecs. (D. J.)

Galerie, s. f. en terme de Fortification, est une petite allée de charpente qu’on fait pour passer un fossé, qui est couvert de grosses planches de bois, chargées de terre & de gason.

Les côtés de la galerie doivent être à l’épreuve du mousquet ; ils sont composés d’un double rang de planches, comme de plaques de fer pour résister aux pierres & aux artifices dont l’ennemi se sert. Chamb.

On se servoit autrefois de ces galeries pour faciliter l’approche du mineur à la face du bastion ; elles portoient sur le fossé qu’on avoit soin de combler auparavant de barriques, de sacs à terre, & de fascines, lorsqu’il étoit plein d’eau. Pendant ce comblement, on démontoit l’artillerie des flancs opposés : cette galerie s’appelloit aussi traverse. Voyez Traverse : elle n’est plus d’usage à présent. Le mineur parvient au corps de l’ouvrage attaqué, ou par une galerie soûterreine qu’il pratique sous le fossé lorsque la nature du terrein le permet, ou à la faveur de l’épaulement qui couvre le passage du fossé. Voyez Passage du fossé.

On appelle encore galerie le conduit d’une mine, c’est-à-dire le chemin qu’on pratique sous terre pour aller jusque sous le terrein des ouvrages qu’on a dessein de faire sauter. Voyez Mine, Rameau, Araignée, &c.

Les assiégeans & les assiégés poussent aussi des galeries sous terre pour éventer réciproquement leurs mines, & les détruire après qu’ils les ont trouvées.

Galeries d’écoute. On appelle ainsi de petites galeries construites le long des deux côtés des galeries ordinaires : on y pratique de distance en distance de petits espaces pour contenir un homme. L’emploi de cet homme est d’écouter avec attention ce qui se fait dans les environs du lieu où il est placé, afin de donner avis du travail de l’ennemi. (Q)

Galerie, (Hist. nat. Minéralogie.) on nomme ainsi dans les mines métalliques les chemins que les mineurs sont sous terre, pour percer le sein des montagnes & en détacher les filons. Voyez l’art. Mines.

Galerie, (Marine.) Les galeries dans les vaisseaux sont des balcons couverts ou découverts avec appui, qui sont saillie vers l’arriere du vaisseau : ces balcons ne se sont pas seulement pour l’ornement, mais encore pour la commodité de la chambre du capitaine. En 1673, le roi de France ordonna que les vaisseaux de cinquante canons & au-dessous n’auroient plus de galeries ni de balcons.

Les navires anglois ont de grandes & superbes galeries ; les hollandois n’en ont que de très-petites. Voyez Pl. I. de Marine, la galerie cottée E ; voyez la Pl. III. fig. 1. représentant la poupe d’un vaisseau, où la galerie est cottée G. Voyez aussi la Planche IV. fig. 1. la galerie cottée 139.

Galerie du fond de Cale ; c’est un passage large de trois piés pratiqué le long du serrage de l’avant à l’arriere des vaisseaux qui sont au-dessous de 50 pieces de canon. cette galerie donne moyen aux charpentiers de remédier aux voies d’eau que causent les coups de canon donnés à l’eau. Ceux qui sans ordre vont aux galeries qui joignent les fontes, doivent être condamnés aux galeres, suivant l’ordonnance de 1689. (Z)

Galerie, terme de Riviere, espace de trois piés de largeur, faite en avant de la travure d’un bateau foncet.

Galerie, (Peinture.) terme d’Architecture que la Peinture a emprunté pour exprimer une suite de compositions dont les galeries sont quelquefois ornées : c’est dans ce sens que l’on appelle les tableaux dans lesquels Rubens a représenté l’histoire de Marie de Médicis, la galerie de Rubens ou la galerie du Luxembourg.

Si quelque chose peut rendre sensible les ressemblances si bien établies entre la Poésie & la Peinture, c’est sans doute les rapports qu’ont entre eux les différens genres de productions de ces deux Arts. Je dirai au mot Genre, les ressemblances principales qu’on peut admettre dans les ouvrages de Peinture & dans ceux de Poésie ; je vais en emprunter un seul trait, qui me paroît convenir particulierement à l’article Galerie.

Les compositions dont la Poésie se fait plus d’honneur, sont les poëmes composés de plusieurs parties qui susceptibles d’une beauté particuliere, exigent que cette beauté ait une juste convenance avec l’ouvrage entier, & une liaison combinée avec les parties qui précedent ou qui suivent. Dans la Peinture, un seul tableau, quelque grand qu’en soit le sujet, ne semble pas répondre parfaitement à cette idée : mais un assemblage de tableaux qui indépendamment des convenances particulieres auxquelles ils sont astreints, auroient entre eux des rapports d’action & d’intérêt qui les lieroient les uns aux autres, seroit une image sensible des poëmes dont je viens de parler. Une galerie décorée par un célebre artiste, dans laquelle les momens différens d’une histoire sont partagés avec l’intelligence nécessaire pour les rendre dépendans les uns des autres, est à la Peinture ce qu’est à la Poésie un poëme excellent, où tout marche & se suit. Despréaux, ce législateur des Poëtes, ajoûte qu’une composition de cette espece

N’est pas de ces travaux qu’un caprice produit ;
Il veut du tems, des soins . . . . . .


Il veut plus que tout cela, un véritable génie.

Quelle machine, en effet, à concevoir, à disposer, à créer, à animer enfin ! c’est à des ouvrages de cette espece qu’on reconnoît le caractere de divinité par lequel ce qu’on appelle génie a mérité dans tous les âges & méritera toûjours l’hommage des hommes. Il est un point de perfection où les Arts sont tellement au-dessus du méchanisme qui leur est propre, que leurs productions ne paroissent plus être que du ressort de l’ame. Mais pour revenir à l’art de la Peinture, je crois que les ouvrages de l’espece de ceux qu’on nomme galerie, ainsi que les plafonds, sont les moyens les plus propres à entretenir & à étendre ses progrès. A la vérité, les occasions d’entreprendre ces poëmes pittoresques sont encore rares ; mais il ne faut, pour les rendre plus communs, qu’un simple desir du souverain, & quelques exemples. Les arts plus goûtés & plus connus, ont déjà fait naître une espece de luxe qui est prêt à l’emporter sur l’étalage de ces superfluités qui n’ont d’autre merite que de venir de fort Join. Il arrivera peut-être que non-seulement des princes, mais des particuliers, pour satisfaire leurs penchans tolérés pour la somptuosité, donneront à des artistes distingués l’occasion d’entreprendre des poëmes pittoresques de différens genres, dans lesquels le génie de la Peinture prenant un libre essor, étendra les limites de l’art, & les portera aussi loin qu’il pourra lui-même s’élever. Eh, pourquoi dirigeant à un but honnête & même utile, ces effets de la prodigalité, ne consacreroit-on pas ces compositions à la loüange & à l’encouragement des vertus ? Si les descendans de ces maisons illustres auxquelles leurs chefs ont transmis une juste gloire, peuvent faire représenter dans les galeries de leurs palais les actions de ceux de leurs ayeux dont ils tiennent une distinction plus flatteuse que celle qui ne provient que d’une date éloignée, les particuliers moins illustres, en faisant retracer dans leurs maisons des actions moins éclatantes, pourroient rappeller les traits non moins honorables de la vie de leurs peres, de leurs amis, ou de leurs bienfaiteurs. Serions-nous moins sensibles à voir en action la générosité, la justice, l’attendrissement vertueux, que la majesté, la gloire, la vengeance, & ces inscriptions simples qu’on liroit au bas d’un tableau ? le ressentiment étouffé ou l’amitié éprouvée, ne parleroient-elles pas autant au cœur & à l’esprit dans leur genre, que celles dans lesquelles on annonce des ennemis vaincus & des places assiégées ?

Il seroit donc très-possible de lier ensemble les compositions des tableaux qui orneroient un simple cabinet, comme on voit unis & dépendans les uns des autres, ceux qui décorent les galeries des rois ; & des évenemens particuliers intéressans ou agréables, produiroient un plaisir vif à ceux qui connoîtroient particulierement ceux qui en seroient les acteurs, & un intérêt assez grand aux personnes indifférentes, à l’aide d’une courte inscription.

Il seroit aisé d’appuyer cette idée de raisonnemens & de preuves ; mais les raisonnemens & les preuves influent peu sur des usages que souvent le simple hasard introduit dans un tems ; tandis que dans un autre, des volumes de dissertations ne pourroient les faire adopter.

L’usage des galeries est encore d’y rassembler des tableaux de différens artistes anciens & modernes. Ces collections, loüables en elles-mêmes parce qu’elles contribuent à la conservation des chefs-d’œuvre des Arts, demanderoient sans doute une intelligence quelquefois rare dans ceux qui les forment, pour que chaque composition fût dans la place la plus favorable aux beautés qui font son mérite. Il en est des tableaux comme des hommes ; ils se sont valoir ou se détruisent par les diverses oppositions de leurs caracteres. Un coloriste rigoureux est un voisin redoutable pour un dessinateur fin & correct, qui n’a pas assez entendu la magie de la couleur. Un homme dont l’esprit est plein d’images & la conversation brillante, n’obscurcit-il pas celui dont la raison moins colorée, pour ainsi dire, se montre sous des formes justes, mais avec moins d’éclat ? Article de M. Watelet.

* Galeries, terme de Fonderie, sont des espaces séparés par des murs de grès maçonnés d’argille, élevés de deux assises de seize pouces d’épaisseur chacune, & d’un pié de hauteur : on les pose au fond de la fosse sur un massif de deux rangs de brique l’un sur l’autre : sur ces murs de galerie on applique des plates-bandes de fer de quatre pouces de large sur huit lignes d’épaisseur, entaillées aux endroits où elles se croisent : elles servent de base à l’armature. Voyez les Planches de la Fonderie des figures équestres.

Galerie, (Jardinage.) il y en a de verdure ; elles sont formées par des arcades des deux côté ; ce qui les distingue des berceaux.

Galeries d’Eau ; ce sont deux rangs de jets perpendiculaires qui tombent dans des rigoles ou goulettes de pierre ou de plomb, séparées ou contiguës sur deux lignes paralleles : on en voit une à Sceaux, ornée de bustes de marbre & de niches de treillages du dessein du fameux Lebrun. Voy. Jet d’eau. (K)

Galerie, terme de jeu de Paume ; c’est un passage qui borde celui des côtés d’un jeu de paume, qui est tout ouvert depuis la hauteur de trois piés jusqu’au toît : ce côté ouvert est sépare par des poteaux qui le divisent en six parties à-peu-près égales, dont il y en a trois de chaque côte de la longueur du jeu. La premiere division, qui regne depuis la corde jusque & compris la porte ou passage par lequel on entre dans le jeu, se nomme le premier ; l’espace compris depuis la porte jusqu’au poteau suivant, est appellé le second ; & le reste de l’ouverture est appellé le dernier.

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Étymologie de « galerie »

Étymologie de galerie - Wiktionnaire

(XIVe siècle) Du latin médiéval galeria (attesté au IXe siècle), issu par dissimilation de galilaea (« porche d'église de monastère »), emploi métaphorique du latin Galilaea (« Galilée »), pays considéré dans l'Écriture comme le pays des Gentils par opposition à la Judée, patrie du peuple élu ; le porche de l'église étant considéré comme l'endroit destiné au peuple à convertir par opposition à l'église elle-même.
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Étymologie de galerie - Littré

Espagn. galeria ; portug. galaria ; ital. galleria ; bas-latin, galeria, dont du Cange rapporte des exemples du IXe et du XIe siècles. Diez, réformant ses anciennes conjectures sur ce mot, le tire de γάλη, sorte de galerie (voy. GALÉE 1, à l'étymologie), par l'intermédiaire de galera, galère. Dans cette hypothèse, γάλη aurait donné galée par assimilation, et directement, à l'aide d'un suffixe, galerie. Cela est à prendre en bonne considération, mais n'est pas encore décisif. Aussi n'est-il pas hors de propos de signaler un rapprochement d'un autre genre. Il y a dans le bas-latin galilæa qui signifie porche d'église, portique, dans l'ancien français galilée : XIIIe s. Et il esgardent si com il issoient de l'iglise, si voient devant la porte du mostier defors la galilée un perron tot quarré, Merlin, f° 72, recto. Galilaea s'est-il corrompu dès les plus hauts temps en galeria ? Le fait est que dans le texte du XIe siècle rapporté par du Cange : Aequum est, ut omnibus intra galeriam stantibus, pacis osculum sibi invicem tribuere, on mettrait aussi bien galilaeam au lieu de galeriam. En tout cas rien de définitif n'a encore été trouvé sur l'origine de galerie.

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Phonétique du mot « galerie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
galerie galri play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « galerie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « galerie »

  • EXPOSITION. Le grand dessinateur suisse Cosey sera exposé à la galerie Barbier à Paris du 4 septembre au 3 octobre. (...) , Rentrée Cosey à la galerie Barbier - ActuaBD
  • Très dynamiques depuis la fin du confinement, une soixantaine de galeries parisiennes ouvrent encore une fois tout au long de cette fin de semaine. Voici une sélection de créations à voir, en accès libre, sur le parcours de Paris Gallery week-end, du 2 au 5 juillet. Le Figaro.fr, Un week-end à la galerie
  • Habitant Payrac depuis quelques années et après avoir créé une brocante, cette passionnée d’art depuis toujours est revenue à ses premières amours à savoir l’art en général et sous toutes ses formes. Ayant exploité une galerie similaire en Belgique, Margot , Lot. La culture s'expose à la galerie d'art Margot de Payrac, à ne pas manquer | Actu Lot
  • Francis Jacq Simonneau, directeur de la galerie Outreloire, expose, depuis le 13 juin jusqu'à fin août, des artistes, sur le thème de « La Loire revisitée, celle qu'on ne voit pas ». Rencontre avec l'un d'eux. Thierry Cartier, peintre plasticien, présente Brume et Bayou. www.lejdc.fr, Suite de la présentation des artistes à la Galerie Outreloire - Nevers (58000)
  • Dans son salon de tatouage situé au 5 rue du Bourg, qui fait aussi office de galerie d’art, Antonio de Oliveira exerce sa passion de peintre dessinateur. Il donne régulièrement des cours de dessin et accueille périodiquement des artistes couserannais en leur offrant la possibilité d’exposer gratuitement leurs œuvres afin de se faire connaître du grand public. À l’occasion de chaque exposition, il crée un grand mur éphémère qu’il décore de ses créations originales avec tout le talent qui l’anime. Chez Tonio, il n’y a aucun critère d’âge ni de style. ladepeche.fr, Saint-Girons. Un 14 juillet explosif à la galerie Ronink - ladepeche.fr
  • La galerie sera la vitrine de mes créations de peintures, photographies, vidéos et autres sculptures : un lieu où l’on échange et partage, d’où l’énergie se transmet » , Plestin. Christine-Marie Nobre ouvre une galerie d'art en centre-ville | Le Trégor
  • Chaque semaine le programme est différent et peut être consulté en amont sur le site internet de la galerie. , Eure. À Lorleau, des ateliers pour les enfants à la Galerie Desbiolles tout l'été | L'Impartial
  • Cambrioleurs, mais pas tous gentlemen : une galerie d'art à Tokyo a récemment proposé aux visiteurs de "voler" les oeuvres de leur choix, mais une part du butin s'est rapidement retrouvée sur des sites de vente aux enchères. Franceinfo, Tokyo : des visiteurs autorisés à voler les œuvres exposées dans une galerie d'art
  • C'est la cohorte des fourmis qui, dans les galeries souterraines des bas-fonds de la société, permet à l'économie d'avancer. De Moses Isegawa / Chroniques abyssiniennes
  • L'art étant devenu une des occupations recherchées des riches, les expositions se suivent avec un égal succès, quelles que soient ce qu'on exhibe, pourvu que les négociants de la presse s'en mêlent et que les étalages aient lieu dans une galerie connue. De Joris-Karl Huysmans / Certains
  • Chercher le bonheur dans son travail, c'est comme creuser une galerie dans la roche dure, à la recherche de l'or. On a besoin de toute son énergie, de toute la force et de l'ardeur de sa nature pour y parvenir. De Elizabeth Goudge / L'arche dans la tempête
  • Une foule n'est pas une compagnie, les visages ne sont qu'une galerie de tableaux et la conversation n'est rien qu'un bruit de cymbales où il n'y a pas d'affection. De Francis Bacon / Essais
  • L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies. De Alexis de Tocqueville / L’Ancien Régime et la Révolution
  • Chacun de nous se promène avec bienveillance dans cette galerie de portraits de lui-même qu'est sa mémoire. De Jean Guéhenno / Changer la vie

Images d'illustration du mot « galerie »

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Traductions du mot « galerie »

Langue Traduction
Corse galeria
Basque galeria
Japonais ギャラリー
Russe галерея
Portugais galeria
Arabe صالة عرض
Chinois 画廊
Allemand galerie
Italien galleria
Espagnol galería
Anglais gallery
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Synonymes de « galerie »

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