Fuir : définition de fuir


Fuir : définition du Wiktionnaire

Verbe

fuir \fɥiʁ\ intransitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. S’éloigner à toute vitesse, par peur.
    • Et il fuit, il fuit toujours, et il bute contre les pierres, contre les mottes de terre, contre les touffes d’herbe, poursuivi sans cesse par les cris de mort. — (Octave Mirbeau, « La Mort du chien » dans Lettres de ma chaumière, 1886)
    • En effet, mon arrière-arrière-grand-père avait fui la Chine, vers 1890, pour aller au Cambodge, à cause de la misère et de la pauvreté. Il n’est jamais retourné en Chine. — (David Lepoutre, avec ‎Isabelle Cannoodt, Souvenirs de familles immigrées, Éditions Odile Jacob, 2005)
  2. (Figuré) Différer, éluder, empêcher qu’une chose ne se termine, se dérober à une explication.
    • Je ne puis terminer avec cet homme, il fuit toujours.
    • Il fuit habilement, mais je l’atteindrai.
  3. (Par analogie) Courir ou se mouvoir avec rapidité, s’éloigner ou sembler s’éloigner, en parlant des choses qui s’échappent ou semblent s’échapper.
    • Un ruisseau qui fuit dans la prairie.
    • Les nuages fuient et le ciel se découvre.
    • Du vaisseau qui nous emportait nous voyions fuir le rivage.
    • Nos beaux jours fuient rapidement.
    • Hâtons-nous, le temps fuit.
    • Le terrain fuyait sous leurs pas.
  4. (Figuré) S’échapper à notre pensée, à notre mémoire.
    • Ce souvenir me fuit.
  5. (Peinture) Paraître s’enfoncer et s’éloigner de la vue du spectateur, en parlant des parties d’un tableau.
    • Cette partie ne fuit pas assez.
    • On fait fuir les objets en diminuant la proportion, en affaiblissant la couleur, etc.
    • (Par analogie)Son front fuit.
  6. S’échapper d’un réceptacle, par quelque fêlure, quelque fente, en parlant du liquide qu’il contient.
    • Les boues toxiques fuyaient du réservoir par une fissure sur l'un des côtés de la digue.
  7. Laisser échapper, par quelque fêlure, quelque fente, le liquide qu’il contient, en parlant d’un réceptacle.
    • Tu devrais réparer ce robinet qui fuit.
    • Ce tonneau, ce pot, ce vase fuit. — Il faut l’empêcher de fuir.
    • Cette conduite de gaz fuit.

fuir \fɥiʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. (Sens propre) (Figuré) Éviter quelqu’un ou quelque chose en s’en éloignant, par aversion, etc.
    • Tout le monde fuit cet homme. C’est un homme à fuir. Je ne saurais le rencontrer, il me fuit. La paix a fui ce séjour. Ils se fuyaient l’un l’autre.
    • La parfaite raison fuit toute extrémité,
      Et veut que l’on soit sage avec sobriété.
      — (Molière, Le Misanthrope, Philinte, acte I, scène I, 1667)
    • S’ils se sont répandus, nombreux, à travers d'autres pays, c’est soit pour fuir des catastrophes (guerres, révolutions, massacres,) soit pour échapper aux inconvénients de la surpopulation. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)

Verbe

fuir \fyir\

  1. Fuir.
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Fuir : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FUIR. (Je fuis; nous fuyons. Je fuis. Je fuirai. Fuis. Que je fuie. Que je fuisse. Fuyant. Fui.) v. intr.
S'éloigner en toute vitesse, par un motif de crainte. Les ennemis fuyaient en désordre. Fuis, sors d'ici. Fuir de son pays, hors de son pays. Il signifie au figuré Différer, éluder, empêcher qu'une chose ne se termine, se dérober à une explication. Je ne puis terminer avec cet homme, il fuit toujours. Il fuit habilement, mais je l'atteindrai. Il se dit, par analogie, des Choses qui courent ou se meuvent avec quelque rapidité, qui s'éloignent ou semblent s'éloigner, qui s'échappent ou semblent s'échapper. Un ruisseau qui fuit dans la prairie. Les nuages fuient et le ciel se découvre. Du vaisseau qui nous emportait nous voyions fuir le rivage. L'hiver a fui. Nos beaux jours fuient rapidement. Hâtons-nous, le temps fuit. Le terrain fuyait sous leurs pas. Il se dit encore figurément de Ce qui s'échappe à notre pensée, à notre mémoire. Ce souvenir me fuit. En termes de Peinture, il se dit des Parties d'un tableau qui paraissent s'enfoncer et s'éloigner de la vue du spectateur. Cette partie ne fuit pas assez. On fait fuir les objets en diminuant la proportion, en affaiblissant la couleur, etc. On dit de même, par analogie, Son front fuit. Le front du nègre fuit. Il se dit encore d'un Réceptacle qui a quelque fêlure, quelque fente par où s'échappe le liquide qu'il contient. Ce tonneau, ce pot, ce vase fuit. Il faut l'empêcher de fuir. Cette conduite de gaz fuit. Il s'emploie aussi comme verbe transitif et alors il signifie en général, tant au propre qu'au figuré, Éviter quelqu'un ou quelque chose en s'en éloignant, par aversion, etc. Tout le monde fuit cet homme. C'est un homme à fuir. Fuir un pestiféré. Fuir son pays. Fuir le châtiment. Fuir le danger. Fuir le mal. Fuir l'occasion du péché. Fuir le combat. Fuir le travail. Fuir le jeu. Je ne saurais le rencontrer, il me fuit. La paix a fui ce séjour. Le sommeil me fuit. Ils se fuyaient l'un l'autre. Fig., Se fuir soi-même, Chercher à éviter les remords, l'ennui, etc. Un criminel cherche vainement à se fuir lui-même. Quand on ne sait pas s'occuper, on cherche à se fuir soi-même.

Fuir : définition du Littré (1872-1877)

FUIR (fuir), je fuis, nous fuyons, vous fuyez, ils fuient ; je fuyais, nous fuyions, vous fuyiez ; je fuis, nous fuîmes ; je fuirai ; je fuirais ; fuis, qu'il fuie, fuyons, fuyez ; que je fuie, que nous fuyions, que vous fuyiez ; que je fuisse, que nous fuissions ; fuyant ; fui.
  • 1 V. n. Se soustraire hâtivement à un péril, à une menace, à quelque chose ou à quelqu'un. Fuir de son pays. Fuir hors de sa patrie. Il fuit, lui qui, toujours triomphant et vainqueur, Vit ses prospérités égaler son grand cœur, Il fuit…, Corneille, Pomp. I, 1. Il fuit pour mieux combattre, Corneille, Hor. IV, 2. Prince, il est temps de fuir quand on se défend mal, Corneille, Œdipe, II, 4. Enfin je l'ai fait fuir, et sous ce traitement De beaucoup d'actions il a reçu la peine, Molière, Amph. I, 2. Sa fierté l'abandonne, il tremble, il cède, il fuit, Boileau, Lutr. V. Le roi vient ; fuyez, prince, et partez promptement, Racine, Phèdre, V, 1. Quiconque ne sait pas dévorer un affront… Loin de l'aspect des rois, qu'il s'écarte, qu'il fuie, Racine, Esth. III, 1. Fuyez dans l'instant même, ou l'on va vous arracher la vie, Voltaire, Zadig, 8. Charles le Téméraire périt devant Nancy, trahi par le Napolitain Campo Basso, et tué, en fuyant après la bataille, par Bausemont, gentilhomme lorrain, Voltaire, Ann. Emp. 1477. Fuyons ensemble au fond des forets ; il vaut encore mieux se fier aux tigres qu'aux hommes, Bernardin de Saint-Pierre, Chaum. indienne. Ce repos [dans une ville] et la honte de paraître fuir enflammèrent son imagination [de Napoléon] ; on l'entendit dicter des ordres…, Ségur, Hist. de Nap. IX, 12.

    Quitter son pays, s'éloigner. Ce coup d'État, cette révolution a fait fuir bien des citoyens.

    Terme de chasse. Fuir, aller fuyant, galoper, courir, en parlant du daim, du cerf, etc.

    Terme de marine. Fuir devant le temps, fuir vent arrière, se dit d'un bâtiment qui, pris par un très gros temps, court avec une très grande vitesse en se laissant aller au vent. Fuir à cordes et à mâts, courir sans aucune voile dehors.

    Fuir, construit avec en, voy. ENFUIR, à la remarque.

  • 2S'éloigner de, s'écarter de. Où fuirais-je de vous après tant de furie ? Corneille, Rodog. V, 4. Fuis plutôt de ses yeux, fuis de sa violence ; à ses premiers transports dérobe ta présence, Corneille, Cid, III, 1. Quel malheureux destin vous conduit à présent Dedans cette vallée effroyable et profonde, Où, pour fuïr de vous, je fuis de tout le monde ? Racan, Berger. IV, 3. Je sais qu'il nous faut tous fuir de ces objets Qui laissent dans nos cœurs l'impression du vice, Racan, Psaume C. Tout fuit, tout se refuse à mes embrassements, Racine, Phèdre, III, 5.

    Fig. Il semble pourtant que, si Corneille avait voulu choisir des sujets plus dignes du théâtre tragique, il les aurait peut-être traités convenablement ; il aurait pu rappeler son génie qui fuyait de lui, on en peut juger par le début de Pulchérie, Voltaire, Comment. sur Corn. Rem. Pulchérie, Préf.

  • 3 Fig. Éluder, différer, échapper à une conclusion. Je ne puis terminer avec cet homme ; il fuit toujours.
  • 4En parlant des choses, passer, s'éloigner rapidement. Pareille à ces éclairs qui, dans le fort des ombres, Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus sombres, Corneille, Hor. III, 1. Que d'yeux étincelants, sous d'horribles paupières, Mêlent au jour qui fuit d'effroyables lumières ! Corneille, Tois. d'or, III, 5. Je m'en vais, je suis emporté par une force inévitable ; tout fuit, tout diminue, tout disparaît à mes yeux, Bossuet, Duch. d'Orl. Quand pourrai-je au travers d'une noble poussière Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière ? Racine, Phèdre, I, 3. Au seul son de sa voix la mer fuit, le ciel tremble, Racine, Esth. I, 3. Sa patrie semble fuir devant lui, Fénelon, Tél. I. Le port semblait fuir derrière nous, Fénelon, Tél. II.

    Terme de menuisier. Outil qui fuit, outil échappant à la main qui ne le tient pas assez ferme en le poussant.

  • 5Il se dit du temps qui s'écoule rapidement. L'hiver a fui. Hâtons-nous, le temps fuit et nous traîne avec soi, Boileau, Épître III.
  • 6Ne pas échoir. Cette succession ne peut lui fuir.
  • 7Fuir de, avec un infinitif, avoir de la répugnance pour, éviter de… Et fuirai, tant que je pourrai, de parler à lui, D'Urfé, Astrée, I, 9. Et, bornant tes désirs à ces dons éternels, Fuis d'être connu des mortels, Corneille, Imit. I, 8. Si votre âme les suit et fuit d'être coquette, Molière, Écol. des f. III, 2. Prince, je monte au trône ; et vous m'abandonnez ! Fuir d'en être témoin, est-ce chérir ma gloire ? Th. Corneille, Antioch. I, 3. La véritable vertu ne fuit pas toujours de se faire voir, mais jamais elle ne se montre qu'avec sa simple parure, Bossuet, Sermons, Honneur, 3. Il fuyait d'entendre les vérités dont il eût eu droit de se glorifier, Bourdaloue, 4e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 168.

    Fuir à, avec un infinitif, éviter de ; locution qui a vieilli. Ne désire donc pas, fuis même à regarder Tout ce que sans péché tu ne peux posséder, Corneille, Imit. III, 27.

  • 8Se dérober sous les pas. Le terrain qu'ils traversèrent fuyait sous leurs pas, Staël, Corinne, XIII, 1.
  • 9 Terme de peinture. Il se dit des parties du tableau qui paraissent s'enfoncer dans le lointain. Ce fond fuit très bien.

    Par analogie. Le front du nègre fuit en arrière.

    Terme de marine. La côte fuit dans telle aire de vent, son gisement a la direction de cette aire de vent.

  • 10Il se dit d'un vase ou tonneau qui laisse échapper le liquide. Le tonneau fuit.
  • 11 V. a. Éviter par crainte ou par aversion, se soustraire à. On ne vous oblige pas à fuir le monde en général ; mais on vous oblige à fuir un monde particulier qui vous pervertit, Bourdaloue, Myst. conc. de la Vierge, t. II, p. 46. Leur sombre inimitié ne fuit point mon visage, Racine, Brit. IV, 3. En fuyant mon rival, fuirez-vous ma présence ? Racine, Mithr. I, 2. C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé ; Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine, Racine, Phèdre, II, 5.

    Terme de manége. On dit d'un cheval, qui craint l'éperon : il fuit les talons.

    Faire fuir les jambes, les talons, apprendre au cheval à éviter la jambe que le cavalier approche de son flanc.

  • 12S'éloigner de, en parlant des personnes. …J'ai fui la ville aux muses si contraire Et l'écho fatigué des clameurs du vulgaire, Chénier, Élég. XI.

    Fig. Fuir le vice, le travail, l'occasion du péché. La paix a fui ce séjour. Je ne te puis blâmer d'avoir fui l'infamie, Corneille, Cid, III, 4. Il fuit plus que la mort la honte de servir, Corneille, Cinna, III, 4. Il ne fuit rien tant tous les jours que d'exercer les merveilleux talents qu'il a eus du ciel pour la médecine, Molière, Méd. malg. lui, I, 5. Ceux qui ne fuient rien tant que d'être hérétiques, Pascal, Prov. 18. Ma muse tremblante fuit d'un si grand fardeau la charge trop pesante, Boileau, Disc. au roi.

    Il se dit dans un sens analogue des choses qui, métaphoriquement, s'éloignent. Je me vois réduit à chercher dans vos yeux une mort qui me fuit, Racine, Andr. II, 2. Aussitôt dans son sein il plonge son épée ; Mais la mort fuit encor sa grande âme trompée, Racine, Mithr. V, 4. L'amour fuit la contrainte, Racine, Bérén. II, 4. La santé que j'appelle et qui fuit mes douleurs, Bien sans qui tous les biens n'ont aucunes douceurs, Chénier, Élég. VI.

  • 13Dépasser l'intelligence, la conception. Vous qui devez savoir les choses de la vie, Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé, La Fontaine, Fabl. III, 1. Entre les deux infinis qui l'enferment et qui le fuient, Pascal, dans COUSIN.
  • 14Ne pas se présenter à l'esprit. Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui, Boileau, Épît. VI.
  • 15Se fuir, v. réfl. Fuir loin l'un de l'autre. Autrefois ils se recherchaient, aujourd'hui ils se fuient.

    Se distraire d'un remords, d'une peine. Il se tourmente, il s'agite pour fuir la mort qui le saisit, ou du moins pour se fuir lui-même, Massillon, Avent, Mort du péch. Irai-je, errant encore, et me fuyant moi-même… ? Voltaire, Œdipe, IV, 3.

REMARQUE

Fuir, qui est présentement monosyllabe, ne l'a pas été d'une manière constante ; Malherbe l'a fait de deux syllabes : Est-il courage si brave Qui pût avecque raison Fuïr d'être son esclave ? V, 3. Racan aussi, dans les exemples notés plus haut (n° 2). Elle [l'Académie] m'approuvera sans doute quand je dis que fuir est d'une seule syllabe, quoiqu'on ait décidé autrefois qu'il était de deux, Voltaire, Lett. Duclos, 25 déc. 1761.

HISTORIQUE

Xe s. El [il] li enorte [exhorte]… Qued elle fuiet lo nom christien, Eulalie.

XIe s. Ne per lui ne s'en est fui, Lois de Guill. 4. Nostre Franceis n'ont talent de fuïr, Ch. de Rol. XCIII.

XIIe s. Dont li cheval fuient par les paluz, Ronc. p. 80. Mais li fuïrs ne lui vaulsist [valut] neant, ib. p. 95. Par Mahomet ! en quel terre fuirons ? ib. p. 117. Sainz Thomas li ad dit : Satanas, fui d'ci, Th. le mart. 44. S'il nous atendent, si ferron [nous frapperons], Et s'il s'enfuient, si fuiron [nous les poursuivrons], Brut, ms. f° 95, dans LACURNE.

XIIIe s. Jà ne plaist à Dieu qu'il me soit ja reprové que je foie del champ où j'en ai laissié l'empereour, Villehardouin, CXLIII. Et pour plus tost fuïr, [elle] se prist à se courcier [retrousser], Berte, XXXVIII. Tant a fouï la lasse par un estroit sentier…, ib. Et s'en ala combatre à l'empereur de Perse, et le desconfit et chassa de son royaume ; lequel s'en vint fuiant jusques au royaume de Jerusalem, Joinville, 264.

XVe s. Il monta sur son cheval, et se mit à suyvir ceste beste autant que son cheval pouvoit fouir à la course, Perceforest, t. VI, f° 16. Qui fuit toudis, treuve bien qui le chace, Deschamps, Poésies mss. f° 235. En somme, il fallut que tous fouyssent des seigneuries du duc de Bourgongne, Commines, I, 2.

XVIe s. N'est il meilleur mourir vertueusement bataillant que vivre fuyant villainement ? Rabelais, Garg. I, 39. …Dont estimarent que Gargantua estoyt fouy avecques sa bande, Rabelais, ib. I, 43. J'ay monstré, en la conduite de ma vie et de mes entreprinses, que j'ay plustost fuy qu'aultrement, d'enjamber par dessus le degré de fortune auquel Dieu logea ma naissance, Montaigne, III, 7. Que fuit elle tant que la société ? Montaigne, I, 273. Se desfaisants eux mesmes pour fuyr à la loy, Montaigne, I, 299. Estans haïs de tout le monde, et fouis comme gens excommuniez et maudicts, Amyot, Timol. 41. Si les Gaulois eussent chaudement poursuivy à la trace les fuyans, rien n'eust pu sauver la ville de Rome, Amyot, Cam. 36. Mon ange, prevoyant en vos yeux mon dommage, Et que deviez changer le repos de mon sort, Vouloit que de vos traits je fuïsse l'effort, Afin de ne tomber en l'eternel servage, Am. Jamyn, Poésies, p. 181, dans LACURNE. Remede contre la peste par art, Fuir tost et loing, retourner tard, Cotgrave

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Fuir : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

* FUIR, (Gramm.) c’est s’éloigner avec vitesse, par quelque crainte que ce soit : ce verbe est tantôt actif, comme dans cette frase, je fuis les ennuyeux ; tantôt neutre, comme dans celle-ci, il vaut mieux s’exposer à périr, que fuir. Il est pris au simple dans les exemples précédens ; au figuré, dans celui-ci, le méchant fuit la lumiere ; il a quelques acceptions détournées. Voyez les deux articles suivans.

Fuir les talons, (Manége.) on désigne communément par cette expression, l’action du cheval qui chemine de côté, ses hanches étant assujetties & forcées de suivre le mouvement progressif des épaules, en traçant & en décrivant une seconde piste.

L’utilité & l’avantage de cette action, relativement aux différentes manœuvres d’une troupe de cavalerie, ne m’arrêteront point ici ; je ne l’envisagerai qu’eu égard à la science du Manége ; & en me bornant à cet objet, je m’attacherai d’une part à dévoiler les moyens mis en pratique pour suggérer ce mouvement à l’animal, & détailler de l’autre ceux qui me paroissent les plus propres & les plus convenables à cet effet.

De tous les tems, la plûpart des maîtres ont imaginé que l’intelligence de la leçon dont il s’agit, dépend en quelque maniere de notre attention à profiter d’abord de la facilité que la muraille semble nous présenter, lorsqu’il est question de limiter les actions du cheval. On l’a par conséquent conduit le long d’un des murs du manége droit d’épaules & de hanches. Là, dans l’intention de travailler ensemble l’une & l’autre extrémité, on a insensiblement engagé la croupe par l’approche plus ou moins forte de la jambe ou du talon de dehors ; & tandis que cette même jambe étoit toute entiere occupée du soin de fixer, de contraindre, & de chasser le derriere en-dedans, la main armée du caveçon, ou des rênes de la bride, entretenoit le mouvement de l’épaule sur ce même côté où l’on se proposoit de porter l’animal. Si les aides de la jambe n’avoient point d’efficacité, on recouroit à celle du pincer ; & dans le cas de l’inutilité & de l’impuissance de celle-ci, on faisoit vivement sentir l’éperon. C’est ainsi que le célebre duc de Newkastle s’explique lui-même, en parlant de la méthode qu’il a suivie à cet égard ; & lorsque le cheval fuyoit les talons aussi facilement à une main qu’à l’autre, il le travailloit éloigné de ce même mur vis-à-vis duquel il l’avoit commencé.

Quelques écuyers, ainsi que quelques-uns de ceux qui ont paru de nos jours, ont encore ajoûté à ces aides & à ce châtiment, pour vaincre avec plus de succès l’impatience de l’animal : les uns ont employé le secours d’un homme à pié, muni d’une chambriere ou même d’un nerf de bœuf, & préposé pour frapper sans pitié sur le flanc répondant à la muraille, à l’effet d’en détacher la croupe, & de la maintenir sur le dedans ; les autres se sont saisis d’une gaule dans chaque main ; ils en attaquoient l’épaule, afin de la déterminer & de la mouvoir sur la main à laquelle ils travailloient ; & si les hanches demeuroient, ils adressoient leurs coups sur les flancs, sans négliger l’approche du talon, tandis qu’un homme pareillement à pié & placé du côté opposé à celui où ils tendoient, dirigeoit ceux de la gaule dont il étoit pourvû sur la poitrine à l’endroit des sangles, quand l’épaule n’obéissoit pas, & sur les fesses, quand le derriere étoit rébelle.

Il en est qui ont tenté de réussir par une autre voie : ceux-ci ne se donnoient pas la peine de monter le cheval pour l’exercer ; ils le rangeoient la tête au mur, un homme de chaque côté tenant une longe du caveçon, laquelle avoit deux ou trois aunes de longueur. Celui qui se trouvoit sur la main, où il étoit question d’aller, tiroit fortement à lui la tête de l’animal ; & dans l’instant que l’épaule portée, par exemple, à droite, la croupe se disposoit à fuir à gauche, l’écuyer qui suivoit attentivement s’opposoit au mouvement de cette partie ; il la déterminoit dans le sens du devant, par le moyen du châtiment, & l’empêchoit d’échapper.

D’autres enfin, & de ce nombre sont Pluvinel & la Noue, ont préféré la leçon du cercle à celle de la muraille. Dans le centre de ce cercle, étoit un pilier auquel ils attachoient l’animal, la tête en étant plus ou moins éloignée : le cavalier l’aidoit tant de la main & de la gaule que de la jambe & du talon. Il l’arrêtoit de tems en tems, & lui demandoit ensuite quelques pas semblables au premier ; il le reprenoit sur l’autre jambe, & cherchoit à lui en faire entendre le tems, l’aide, & l’avertissement : après quoi, pour le confirmer dans l’habitude qu’il lui avoit donnée par ce moyen, il le promenoit en liberté sur un autre cercle qu’il lui faisoit d’abord reconnoître sans le contraindre. Ce cercle suffisamment reconnu, le cavalier faisoit insensiblement effort de la jambe & du talon, & il aidoit de la gaule, à l’effet de mettre le cheval de côté ; le devant étant toûjours un peu plus avancé sur la circonférence de la volte, que le derriere ; & le cercle tracé, il l’arrêtoit pour le remettre sur l’autre main ; enfin il parvenoit à le travailler de suite à l’une & à l’autre.

Quelle que puisse être la réputation de ceux qui ont adopté ces diverses méthodes, j’oserai en proposer une autre, persuadé que l’autorité des plus grands noms est un vain titre contre la raison & l’expérience.

A en juger par les efforts & par les précautions des maîtres dont j’ai parlé, on devroit envisager l’action dont il s’agit, comme une de celles qui coûtent le plus à l’animal ; la difficulté qu’il a de s’y soûmettre ; le sentiment desagréable qu’elle paroît lui faire éprouver, semblent en offrir les plus fortes preuves. Nous conviendrons que quoique la nature ait construit & combiné ses ressorts de maniere à lui en permettre l’exécution, le mouvement qui opere en-avant le transport de son corps, lui est infiniment plus facile que celui qui le porte & le meut entierement de côté : mais cette observation & cet aveu ne peuvent que confirmer de plus en plus dans la persuasion où l’on doit être de la nécessité de profiter des ressources de l’art, & des secours de l’habitude, pour favoriser & pour perfectionner des déterminations primitives. Il est une gradation dans le développement des membres, comme il en est une dans leur accroissement ; c’est dans la science de cette gradation que résident les principes d’une saine théorie. Il ne suffit pas en effet de connoître ce que l’animal peut, il faut encore discerner les voies les plus propres à assouplir insensiblement les fibres destinées à l’exercice des opérations possibles, ainsi que les actes réitérés qui les rendront successivement capables de telle ou telle action, selon un certain ordre, & un certain enchaînement naturel. Tel mouvement conduit à un autre mouvement. Le passage de l’un à l’autre n’est pénible qu’autant qu’il est trop subit. L’animal ne se déplaira point dans le jeu de ses organes ; & ce jeu pour être excité n’aura pas besoin de l’impression de la force & de la violence, dès que les conditions sous lesquelles il peut être sollicité, seront exactement suivies, c’est-à-dire dès qu’il sera, s’il m’est permis de m’expliquer ainsi, en raison composée de la disposition premiere & de la disposition acquise de ces mêmes organes. J’entends par disposition acquise, celle qui résulte de la répétition d’une action, dont les rapports avec une nouvelle action demandée, sont évidens ; & si, eu égard au mouvement dont je traite ici, je recherche les actions qui lui étant relatives peuvent par leur nature y préparer le cheval, je les trouverai sans doute dans celles que suggerent les leçons qui tendent à procurer la souplesse des épaules, & un commencement d’union. Voyez Union. Ces leçons administrées 1° sur les cercles, 2° sur le quarré représenté par le manége, non-seulement invitent l’omoplate & l’humerus au mouvement circulaire dont ces parties sont susceptibles, mais elles contraignent, lorsque ce mouvement est bien effectué, les extrémités postérieurs à un retrécissement, d’où naît de la part de ces extrémités une propension à chevaler, puisque la foulée de l’une des jambes de derriere se rencontre toûjours au-devant de la piste de celle qui l’avoisine. V. Epaule. Or l’action de cheminer de côté, soit au pas, soit au trot, ne pouvant être accomplie qu’autant que les membres du devant & du derriere croiseront successivement, & que chaque jambe de dehors passera sur chaque jambe de dedans qui forme sa paire ou qui lui répond, il s’ensuit que le mouvement qui y a le plus de rapport & d’affinité, est sans contestation celui que les leçons dont je viens d’examiner les effets, sollicitent ; d’où, par une conséquence nécessaire, on peut juger de l’importance d’y exercer parfaitement & long-tems l’animal, avant de tenter & d’entreprendre de lui faire fuir les talons. Supposons à-présent que nous soyons assûrés de la liberté & de la franchise de ses membres, dans le sens où leur articulation sphéroïde leur permet de se mouvoir, nous débuterons par l’observation des lignes qui traçant de simples, conduisent à des changemens de main étroits. Nous maintiendrons d’abord scrupuleusement l’animal droit de tête, d’épaules & de hanches, sur celles de ces lignes qui sont droites, ainsi que sur la ligne oblique, que nous devons décrire pour arriver au mur. Ces demi-voltes exécutées avec précision à chaque main, nous commencerons à engager legerement la croupe, lorsque nous parviendrons sur cette derniere ligne, en dirigeant la rêne de dedans en-dehors, c’est-à dire en la croisant de maniere à rejetter foiblement néanmoins l’épaule de dedans sur le dehors, & à assujettir proportionnément par ce moyen les hanches, naturellement portées à se déterminer toûjours dans une direction opposée à celle du devant. Dans cet état le corps de l’animal chemine dans un degré d’obliquité imperceptible ; & les pistes de ses extrémités antérieures & postérieures sont telles, que la ligne oblique qui passoit auparavant entre ses quatre jambes sur la longueur, se trouve foulée par celle de dedans de devant, & par celle de dehors de derriere. A proportion de la facilité que le cheval acquiert par un travail réitéré & assidu, ce degré d’obliquité doit à l’une & à l’autre main, accroitre insensiblement, jusqu’à ce que la foulée du pié antérieur de dehors s’effectue toujours & à chaque pas, de maniere que si depuis cette foulée on tiroit une ligne droite en-arriere, cette même ligne répondroit au milieu de la piste tracée par les extrémités postérieures ; car les épaules dans cette action, doivent constamment précéder les hanches. Pour y parvenir, il s’agit d’augmenter insensiblement aussi la force de la rêne de dedans, qui doit captiver la croupe, en observant sans cesse de la croiser de telle sorte que la résistance ne cede que graduellement à l’effort de la puissance ; & comme l’effet de cette même rêne agissant seule, & portée sur le dehors à un certain point, s’imprimeroit avec trop de violence sur les épaules, & que celle de dehors se trouveroit dès-lors si contrainte & si retenue, qu’il ne seroit pas possible à l’animal de chevaler, & qu’il s’entableroit infailliblement ; il est indispensable à mesure qu’il présente de plus en plus le flanc sur le côté où il est mû, de croiser & de mettre en œuvre la rêne de dehors, dont l’office sera de porter continuellement la jambe de dehors sur celle de dedans, la rêne de dedans demeurant chargée de s’opposer à la sortie de la croupe. C’est ici que se manifestent principalement la nécessité & l’importance de saisir avec précision les tems des jambes. Les rênes, ces muscles artificiels, si je peux employer cette expression, n’ont d’efficacité qu’autant que la disposition actuelle des membres favorise la possibilité de l’action à laquelle elles doivent déterminer. Vainement les jambes seront-elles sollicitées dans l’instant de leur chûte, à suivre une autre direction que celle qui les attire sur le sol sur lequel elles descendent, & sur lequel elles sont en voie de se poser. Il faut donc absolument, & pour ne point faire violence à la nature, profiter des momens rapides & successifs, où elles seront dans leur soûtien. Celle de dehors est-elle en l’air ? celle de dedans est à terre. Croisez la rêne de dehors en-dedans, l’épaule de dehors obligée au mouvement circulaire de la faculté duquel elle est doüée, l’extrémité qu’elle dirige sera nécessitée de passer sur celle qui repose. Celle-ci est-elle élevée à son tour ? agissez de la rêne de dedans, mais en raison du mouvement que vous vous proposez de suggérer à la jambe du même coté, & opérez avec cette activité, cette finesse & cette subtilité qu’exigent les tems des deux rênes ; tems qui peuvent échapper d’autant plus aisément, qu’ils sont, ainsi qu’on doit le comprendre, extremement près & voisins l’un de l’autre.

Jusqu’à-présent nous ne nous sommes occupés que des aides de la main : celles des jambes du cavalier seroient-elles donc inutiles? Je n’ai garde de les envisager comme telles ; mais en me défendant des piéges du préjugé, je les regarde simplement comme des aides nécessaires ou auxiliaires, à-moins qu’il soit besoin de déterminer la machine en-avant ; car ce n’est que dans ce cas qu’elles doivent être tenues pour des aides capitales. Voyez Manége. Or dans la supposition où le cheval se seroit retenu lors de mes premieres opérations, j’aurois approché mes jambes à l’effet de le resoudre, tandis que ma main auroit toûjours conduit & reglé les mouvemens des membres ; & si ma rêne de dedans n’avoit pû contenir les hanches, & empêcher le cheval de devuider, j’aurois d’abord & sur le champ mis à moi la rêne de dehors, sans cesser de croiser l’autre dont j’aurois accru la tension ; & je n’aurois fait usage de ma jambe de dehors, que dans la circonstance de l’insuffisance de ces deux premiers agens.

Cet exercice sur les changemens de main étroits, pratiqué assez constamment pour frapper l’intelligence du cheval, & pour le confirmer dans l’exécution de cette leçon, on lui proposera des changemens de main larges. De ces changemens de main larges, on le conduira sur des cercles plus ou moins étendus, en cherchant à le rendre également libre aux deux mains ; & enfin on le travaillera de la même maniere, la tête ou la croupe au mur ; la tête au mur s’il tire, s’il pese, s’il a de l’ardeur, parce que par ce moyen il sera forcé de se rassembler, de s’allégerir & de s’appaiser avec moins d’aide de la bride, & non s’il a de la disposition à être rétif ou ramingue ; car les leçons étroites & si fort limitées le rappelleroient à son vice naturel. Ses progrès doivent au surplus nous décider, eu égard au tems où il convient de susciter le pli auquel la souplesse de son encolure le dispose, & d’exiger que sa tête soit toûjours fixée sur le dedans. Ce pli est non-seulement nécessaire à la grace, mais à l’aisance & à la liberté de l’action du devant, puisqu’il ne peut avoir lieu que la jambe de dedans ne soit portée en-arriere, & que celle de dehors n’ait par conséquent plus de facilité à chevaler & à croiser. Il sera imprimé par la tension de la rêne de dedans, dirigée d’abord près du corps du cavalier, & croisée subtilement ensuite ; car une partie de l’effet de sa direction au corps du cavalier, tendroit inévitablement à chasser la croupe sur le dehors, & il est besoin que cette partie de son effet soit détruite par le port de cette même rêne en-dehors. Du reste le cheval dans les commencemens doit être plié foiblement ; & on ne doit l’habituer qu’insensiblement & peu-à-peu, à regarder ainsi dans le dedans, vû la contrainte dans laquelle le jette le racourcissement que le pli occasionne, & le retrécissement de ses hanches qui se trouvent alors extrèmement pressées. Si ce retrécissement est tel qu’elles soient prêtes à échapper, elles pourront être contenues par la tension de la rêne de dehors, rapprochée du corps du cavalier, dans l’instant même où l’animal alloit les dérober, & par la précision avec laquelle la rêne de dedans sera croisée ; précision qui suppose dans l’une & dans l’autre une proportion exacte, mais très-difficile à rencontrer. Enfin dans le cas où l’animal se retiendra, les aides des jambes l’en détourneront, & même celles de la jambe de dehors secourront celles de la main, si elles étoient impuissantes.

Je terminerai cet article par quelques réflexions très simples, que je me dispenserai d’étendre, sur la pratique de ceux qui font fuir au cheval la gaule, la chambriere, ou le nerf de bœuf, plûtôt que les talons.

Il n’est pas douteux, en premier lieu, que l’action de l’animal sur une ligne vis-à-vis de la muraille, ne lui coûte infiniment davantage qu’une action moins bornée, & dans laquelle ses membres moins assujettis joüissent de la liberté de se déployer en avant. Or je n’apperçois aucune raison capable de justifier ceux qui préferent d’abord cette ligne aux lignes obliques ou diagonales.

En second lieu, l’idée d’employer continuellement la jambe & même le talon, & de leur confier le soin entier de maîtriser l’arriere-main (abstraction faite de l’endurcissement même qui en résulte de la part de l’animal, & de l’action de quoüiller, que de semblables aides occasionnent), me paroît peu conforme à celle que l’on doit concevoir du système de ses mouvemens, lorsque l’on consulte sa structure. La correspondance des épaules & des hanches est intime. Celles-ci fuient naturellement du côté opposé à celui où les premieres sont mûes, & les premieres tendent toûjours au sens opposé à celui où les secondes sont portées. La propension qu’elles ont à ce mouvement contraire, est rachetée par la faculté dont les membres sont doüés, conséquemment à leurs articulations sphéroïdes, de croiser les uns sur les autres ; & c’est par ce moyen que l’action progressive peut être effectuée de côté : mais cette propension est toûjours telle, que la dépendance du devant & du derriere ne cesse point. & que la contrainte de l’un entraine la contrainte absolue de l’autre. Or si lorsque j’entreprends de les mouvoir ensemble dans un même sens, je captive le devant par l’action de ma main, & le derriere en même tems par l’action plus ou moins violente de ma jambe, & par les châtimens que l’on substitue à cette action, dans le cas de son insuffisance, il est certain que toute la machine se trouve entreprise par la contrariété des effets qui suivent de ces différentes aides ; les hanches chassées & poussées sur le dedans, l’épaule que la main veut y porter est retenue sur le dehors, tout le corps se roidit, les membres ne joüissent plus de leur liberté, & l’animal se livre aux desordres que lui inspire la difficulté d’un mouvement, dont l’exécution, bien loin d’être facilitée, lui devient comme impossible. Il arrive encore que lorsque l’on est parvenu par un excès de force & de rigueur, & aux dépens de ses ressorts affoiblis par la gêne & par le travail, à l’habituer à l’obéissance & à le soûmettre par la voie dont il est question, à ce transport de biais & de côté, il est rare que son action soit exactement juste & mesurée, le cheval s’atteint & heurte fréquemment d’un sabot l’un sur l’autre. On remarque toujours le peu d’aisance avec laquelle l’épaule & le bras accomplissent le mouvement en rond, d’où résulte celui de chevaler ; il se plie, il se couche dans la volte, il pousse la côte, il s’accule, il s’entable, il croise dessous de tems-en-tems, au lieu de croiser dessus ; il se traverse, il n’embrasse jamais assez de terrein ; on est obligé de le presser pour l’engager à décrire une diagonale ; ses hanches enfin précedent continuellement le devant ; & l’on peut dire que le cavalier ne regle en aucune façon son action, puisqu’il ne dispose point à son gré les membres sur le lieu même où ils doivent se poser, & qu’il le pousse plûtôt qu’il ne le conduit. Tels sont en général les défauts qu’il est très-facile d’observer dans un nombre infini de chevaux exercés dans la plûpart de nos manéges. Ils ne naissent véritablement que de l’emploi dur, cruel & mal-entendu des jambes que l’on charge trop inconsidérément d’une grande partie des opérations que l’on doit attendre de la précision, de la finesse, de la sagacité de la main, tandis qu’elles ne devroient que la seconder dans ses effets, lorsqu’ils sont combattus par la résistance de l’animal. J’avoue que cette maniere de le travailler n’est pas propre à le conduire à l’intelligence des aides qu’elles peuvent fournir ; mais les exercices qui ont eu pour objet de le déterminer & de le resoudre, ainsi que l’action du pas écouté, & du passage par le droit qui a précédé cette leçon, ont dû la lui suggérer. D’ailleurs pourroit-on lui imprimer la connoissance de toutes les gradations de ces mêmes aides dans un mouvement aussi pénible pour lui, & qui exige constamment non-seulement l’approche la plus vive de la part de la partie qui doit aider, mais encore des châtimens & des secours étrangers ?

Le cheval peut encore cheminer de côte dans des autres allures que dans celles du passage, & même dans les airs relevés. Voyez les articles concernant ces airs & ces allures. (c)

Fuir ; il se dit en Peinture, des objets qui dans le lointain d’un tableau, s’éloignent naturellement des yeux : il faut faire fuir cette partie. On fait fuir les objets dans un tableau, en les diminuant de grandeur, de vivacité de couleur, c’est-à-dire en les faisant participer de celle de l’air, qui est entre l’œil & l’objet, & en les prononçant moins que ceux qui sont sur le devant. (R)

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Fuir : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « fuir » les plus populaires.

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Étymologie de « fuir »

Étymologie de fuir - Littré

Provenç. fugir ; espagn. huir ; ital. fuggire ; du lat. fugĕre, par changement de conjugaison ; grec, φυγεῖν (aoriste second).

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Étymologie de fuir - Wiktionnaire

Du latin populaire *fūgīre, en latin classique fŭgĕre, formé sur le parfait fūgī.
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Étymologie de fuir - Wiktionnaire

Du latin populaire *fūgīre, en latin classique fŭgĕre, formé sur le parfait fūgī.
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Phonétique du mot « fuir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
fuir fµir play_arrow

Conjugaison du verbe « fuir »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe fuir

Évolution historique de l’usage du mot « fuir »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « fuir »

  • Dans un entretien diffusé samedi, l’ancien patron du groupe automobile a déclaré qu’il devait aider tous ceux qui l’ont soutenu. Il a toutefois refusé de commenter de la situation des personnes accusées de l’avoir aidé à fuir au Liban depuis le Japon. Leblogauto.com, Ghosn dit vouloir aider ceux qui l'ont soutenu, un appel à parler ? - Leblogauto.com
  • Les faits se seraient déroulés ce dimanche 28 juin. Un utilisateur de Snapchat a ainsi diffusé une vidéo dans laquelle on voit Kaaris s’enfuir à bord d’un yacht sur l’un des ports de Cannes après avoir été pris à partie par une dizaine de personnes. Metro, Kaaris obligé de fuir à bord d'un yacht
  • L’Australie réfléchit elle aussi à des mesures pour accueillir des Hongkongais qui souhaitent fuir. Le Canada n’a quant à lui « absolument rien fait » à cet égard, s’insurge l’avocate Avvy Go, directrice de la Chinese and Southeast Asian Legal Clinic, à Toronto. « C’est extrêmement décevant. » Le Devoir, Des Hongkongais songent à fuir vers le Canada | Le Devoir
  • Au sommaire de ces mois de juillet-août : Les écolos aux manettes : faut-il fuir Lyon ? La crainte ridicule de leurs détracteurs, non les chars soviétiques ne vont pas débarquer Les dessous de l’ascension de Grégory Doucet La reine Hénocque : portrait et ITW Le coup de chaud des policiers de l’agglomération lyonnaise Lyonmag.com, Faut-il fuir Lyon et les écologistes ? Téléchargez le nouveau LyonMag !
  • Se voyant débusquer, le jeune âgé de 15 ans, demeurant à Soyaux, a à nouveau tenté de fuir et a opposé une vive résistance aux policiers qui l’ont placé en garde à vue. Son véhicule avait un pneu lisse, et il roulait sans être assuré. Il a déclaré avoir fuit parce qu’il avait peur sans mesurer la dangerosité de sa conduite en ville. SudOuest.fr, Angoulême : l’ado prend la fuite dangereusement à motocyclette pour fuir la police
  • Méfiez-vous : un robinet qui marche est un robinet qui essaie peut-être de fuir. De Anonyme
  • On a pris pour braves des lâches qui craignaient de fuir. De Thomas Fuller
  • Ce que je veux, c'est me fuir moi-même. De Luigi Pirandello
  • Pour fuir les hommes faut-il donc les haïr ? De George Gordon, Lord Byron / Le Pèlerinage de Childe Harol
  • La crainte me prêta des ailes pour fuir. De Alain-René Lesage / Gil Blas
  • Il faut fuir les équivoques comme le diable. De Saint Vincent de Paul
  • Il est plus facile de subir que de fuir. De Claire Martin / La Joue droite
  • L’alcool est notre pire ennemi, fuir serait lâche ! De Anonyme
  • On peut tout fuir, sauf sa conscience. De Stefan Zweig
  • Les heures préfèrent le silence pour fuir. De Robert Blondin / 7ème de solitude ouest
  • Se retirer n'est pas fuir. De Miguel de Cervantès / Don Quichotte
  • Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens. Charles-Ferdinand Ramuz, Questions, Grasset
  • fuir dans la révolte inutile et perverse ? Je suis hanté. L'Azur ! l'Azur ! l'Azur ! l'Azur ! Stéphane Mallarmé, Poésies, l'Azur
  • La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écume inconnue et les cieux ! Stéphane Mallarmé, Poésies, Brise marine

Traductions du mot « fuir »

Langue Traduction
Corse a scappà si
Basque ihes egiteko
Japonais 逃げる
Russe убегать
Portugais fugir
Arabe لكى تهرب
Chinois 逃跑
Allemand weglaufen
Italien scappare
Espagnol huir
Anglais to run away
Source : Google Translate API

Synonymes de « fuir »

Source : synonymes de fuir sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « fuir »


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